Le Monde diplomatique
Il faut fermer la Bourse
vendredi 12 mars 2010, par Frédéric Lordon
Regret que Marianne2 n’ait pas retenu le titre original proposé par Emmanuel Lévy : « La Bourse à la corbeille ! »… Emmanuel Lévy : Dans un long papier paru dans le Monde Diplomatique vous préconisez la fermeture de la Bourse. Est-ce vos options politiques de dangereux gauchiste désireux de couper des têtes, ou vos motivations s’inspirent-elles d’une argumentation compatible avec un monde capitaliste ? Les idéologues libéraux, qui ont l’amnésie (...)
Au delà de la Grèce : déficits, dettes et monnaie
mercredi 17 février 2010, par Frédéric Lordon
Du chatoyant spectacle qu’offre la « crise grecque » il est probable que l’élément le plus pittoresque demeurera ce racisme réjoui et déboutonné qui conduit chaque jour spéculateurs et commentateurs, par là parfaitement unis, à nommer sans le moindre scrupule « PIGS » les États dont les finances publiques sont contestées sur les marchés financiers. Portugal, Ireland, Greece, Spain, les trois petits cochons sont maintenant quatre. C’est bien là le genre (...)
Instabilité boursière : le fléau de la cotation en continu
mercredi 20 janvier 2010, par Frédéric Lordon
Première partie d’une analyse qui se poursuivra dans Le Monde diplomatique de février sous le titre : « Et si on fermait la Bourse ? ». Il faut reconnaître d’emblée qu’évoquer un « fléau », nuisance de forte taille, généralement bien identifiée du sens commun — peste, choléra, algues vertes, droite sarkozyienne — à propos d’une obscure particularité technique des marchés financiers comme la « cotation en continu », a toutes les chances de déconcerter quelque (...)
Si le G20 voulait...
vendredi 18 septembre 2009, par Frédéric Lordon
Il ne faut pas s’étonner que « ça » résiste. C’est une forme de vie que la finance se prépare à défendre et, il faut en être tout à fait certain, de celles dont elle a tiré tant de joies qu’elle ira jusqu’au bout pour la faire perdurer. Décidément une enclave dans la société, et comme un empire dans un empire, la finance a vécu, en marge de la condition ordinaire, la vie étincelante, au double sens de la vie glamour et de la vie à millions. Que la fortune (...)
Bonus : les faux-semblants de la régulation Potemkine
vendredi 21 août 2009, par Frédéric Lordon
On prête à Grigori Potemkine, favori de la tsarine Catherine II, d’avoir, pour lui plaire et masquer la réalité misérable des campagnes russes, fait construire des villages de carton-pâte destinés à donner l’image d’un développement en fait inexistant. Si, à en croire les historiens, il y aurait encore matière à discuter de la véracité de cette allégation, nul doute qu’elle s’applique avec une parfaite pertinence à l’état présent de la régulation financière, (...)
Réponse à Nicolas Cori
Critique des médias, critique dans les médias
lundi 17 août 2009, par Frédéric Lordon
Comme on pouvait l’attendre d’un événement de cette magnitude, la crise fait des dégâts bien au-delà des limites de son ordre, et si les agents de l’économie sont évidemment les premiers à souffrir, l’onde de choc atteint des lieux d’une autre nature, et menace de faire des victimes d’une autre sorte. Ainsi, par exemple, l’univers confiné et soigneusement verrouillé des économistes académiques est-il devenu un champ de tir où les noms d’oiseau volent bas. (...)
Bonus et primes : le (résistible) chantage des « compétents »
jeudi 26 mars 2009, par Frédéric Lordon

De la crise que connut la Grèce antique issue de la décomposition de la royauté mycénienne en la première agora, Jean-Pierre Vernant, citant Theognis, indique très clairement le germe : « Ceux qui aujourd’hui ont le plus convoitent le double. La richesse, ta chrémata, devient chez l’homme folie, aphrosunè » [1]. Et Vernant, décrivant l’état des mœurs de cette Grèce du VIème siècle en crise d’ajouter pour sa part : « Qui possède veut plus encore. La richesse finit par n’avoir plus d’autre objet qu’elle-même (…), elle devient sa propre fin, (...)

A propos de 10 points de PIB
Le paradoxe de la part salariale
mercredi 25 février 2009, par Frédéric Lordon
Il faut avoir la bonne mine de Jean Peyrelevade pour soutenir face caméra sourire aux lèvres que la part salariale n’a pas varié « depuis cinquante ans ». Il est vrai que Jean Peyrelevade est le seul à dire aussi ouvertement que la part des salaires dans la valeur ajoutée est bien trop élevée et qu’il s’agirait qu’elle rende au plus vite 3 ou 4 points au profit. Admettons qu’il y a là un certain courage dans la joyeuse provocation, à moins qu’il ne (...)
La « menace protectionniste », ce concept vide de sens
mardi 17 février 2009, par Frédéric Lordon
Ce texte n’offre pas une analyse économique de la configuration souhaitable des échanges internationaux. Il propose le démontage d’une question mal posée — la question dudit « protectionnisme ». Quitte à répondre à des questions, autant en effet que ce soient les bonnes... Le préalable à un débat qui veut produire quelque chose n’est-il pas d’éviter les questions trop mal ficelées — où se jettent avec délice tous ceux qui agitent des « menaces » et voient (...)
Surtout ne changez rien !
mardi 10 février 2009, par Frédéric Lordon
C’est le mode d’emploi de la bombe à hydrogène politique, il n’est nul besoin d’aller en chercher les composants chimiques dans un obscur recoin de l’internet, tous sont là, exposés sous nos yeux, il suffit de les observer et d’attendre leur précipité. Petite recette de chimie détonante : 1) la tragique désorientation des décideurs ; 2) la (remarquable) persévérance dans l’obscénité des hommes de la finance, même aux tréfonds de la déconfiture ; 3) l’état (...)
Pour un système socialisé du crédit
lundi 5 janvier 2009, par Frédéric Lordon
C’est un texte un peu long. Mais, d’abord, on n’est pas obligé de lire, et ça c’est bien… Ensuite il n’était pas facile de faire court dès lors que l’analyse des formes que pourraient prendre des institutions bancaires radicalement restructurées à la lumière de la crise financière était inévitablement amenée à croiser un débat sur la création monétaire qui agite beaucoup, non sans raisons, quelques secteurs de ladite "blogosphère". Ces débats monétaires sont (...)