Le Monde diplomatique
Bonus et primes : le (résistible) chantage des « compétents »
jeudi 26 mars 2009, par Frédéric Lordon

De la crise que connut la Grèce antique issue de la décomposition de la royauté mycénienne en la première agora, Jean-Pierre Vernant, citant Theognis, indique très clairement le germe : « Ceux qui aujourd’hui ont le plus convoitent le double. La richesse, ta chrémata, devient chez l’homme folie, aphrosunè » [1]. Et Vernant, décrivant l’état des mœurs de cette Grèce du VIème siècle en crise d’ajouter pour sa part : « Qui possède veut plus encore. La richesse finit par n’avoir plus d’autre objet qu’elle-même (…), elle devient sa propre fin, (...)

A propos de 10 points de PIB
Le paradoxe de la part salariale
mercredi 25 février 2009, par Frédéric Lordon
Il faut avoir la bonne mine de Jean Peyrelevade pour soutenir face caméra sourire aux lèvres que la part salariale n’a pas varié « depuis cinquante ans » [1]. Il est vrai que Jean Peyrelevade est le seul à dire aussi ouvertement que la part des salaires dans la valeur ajoutée est bien trop élevée et qu’il s’agirait qu’elle rende au plus vite 3 ou 4 points au profit [2]. Admettons qu’il y a là un certain courage dans la joyeuse provocation, à moins qu’il (...)
La « menace protectionniste », ce concept vide de sens
mardi 17 février 2009, par Frédéric Lordon
Ce texte n’offre pas une analyse économique de la configuration souhaitable des échanges internationaux. Il propose le démontage d’une question mal posée — la question dudit « protectionnisme ». Quitte à répondre à des questions, autant en effet que ce soient les bonnes... Le préalable à un débat qui veut produire quelque chose n’est-il pas d’éviter les questions trop mal ficelées — où se jettent avec délice tous ceux qui agitent des « menaces » et voient (...)
Surtout ne changez rien !
mardi 10 février 2009, par Frédéric Lordon
C’est le mode d’emploi de la bombe à hydrogène politique, il n’est nul besoin d’aller en chercher les composants chimiques dans un obscur recoin de l’internet, tous sont là, exposés sous nos yeux, il suffit de les observer et d’attendre leur précipité. Petite recette de chimie détonante : 1) la tragique désorientation des décideurs ; 2) la (remarquable) persévérance dans l’obscénité des hommes de la finance, même aux tréfonds de la déconfiture ; 3) l’état (...)
Pour un système socialisé du crédit
lundi 5 janvier 2009, par Frédéric Lordon
C’est un texte un peu long. Mais, d’abord, on n’est pas obligé de lire, et ça c’est bien… Ensuite il n’était pas facile de faire court dès lors que l’analyse des formes que pourraient prendre des institutions bancaires radicalement restructurées à la lumière de la crise financière était inévitablement amenée à croiser un débat sur la création monétaire qui agite beaucoup, non sans raisons, quelques secteurs de ladite "blogosphère". Ces débats monétaires sont (...)
Le Monde diplomatique
Dans le numéro de juillet 2009 :
par Pierre Rimbert
par Pierre Lagrange
RQPJQ (Rien Que Pour Jean Quatremer)
lundi 1er décembre 2008, par Frédéric Lordon
A mon dernier texte, Jean Quatremer a pris le mors aux dents. Il a mis en ligne sur son blog une réaction délicieuse intitulée « L’imposture Frédéric Lordon ». On notera l’oubli, volontaire évidemment, de la préposition génitive « de », qui aurait normalement donné « l’imposture DE Frédéric Lordon », en vue de suggérer qu’une imposture peut m’être imputée. Mais non, c’est toute ma personne qui est une imposture, une imposture ontologique et sur pattes. C’est (...)
Cette Europe-là est irréparable
dimanche 30 novembre 2008, par Frédéric Lordon
Dans une sorte d’apothéose de bêtise doctrinaire et avec un insurpassable sens de l’à-propos historique, la Commission européenne, en l’occurrence incarnée par Mme Kroes, gardienne des règles de la concurrence, vient d’intervenir dans le grand débat de la crise financière. Pour dire que les injections d’un total de 10,5 milliards d’euros décidées par l’Etat français pour recapitaliser six banques (BNP Paribas, Crédit agricole, Banques populaires, Crédit (...)
Adieux à la finance
dimanche 19 octobre 2008, par Frédéric Lordon
C’est probablement LE document de la crise. Les événements historiques nous font parfois la grâce de se présenter entièrement ramassés en une seule pièce, une image, une parole ou un texte, qui par une puissance de concentration vertigineuse en offre une synthèse quasi-parfaite. Que la crise des subprimes appartienne à la catégorie des événements historiques, il faudrait être stupide ou bien borné pour ne pas l’apercevoir. Même Jean-Claude Trichet, un peu (...)
Changement d’époque ?
lundi 8 septembre 2008, par Frédéric Lordon
Ce texte est l’épilogue d’un ouvrage intitulé Jusqu’à quand ? L’éternel retour de la crise financière, à paraître fin octobre aux éditions Raisons d’agir. S’il était besoin de le préciser, autant prendre le temps de le dire très explicitement : s’occuper à entrer dans le détail de ses mécanismes n’est pas faire de la finance une entité complètement autonome, coupée de tout et capable d’une vie propre sans contact aucun avec le reste de l’économie. Mais n’a-t-on (...)
Taxe Tobin, SLAM, BLAM, FLAM
lundi 5 mai 2008, par Frédéric Lordon
Un internaute se demande s’il a bien lu ou si dans les « neuf propositions pour en finir avec les crises financières » il n’y aurait pas une absente remarquable, à savoir une taxe à la spéculation de type Tobin. Une première réponse, un peu paresseuse, consisterait à dire que la taxe Tobin est dans le paysage, et bien installée, depuis suffisamment longtemps pour qu’on n’ait pas besoin de rappeler son existence et qu’on puisse la considérer comme (...)
Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières
mercredi 23 avril 2008, par Frédéric Lordon

Alors que la crise présente n’est que la répétition formelle d’une scène caractéristique de la déréglementation financière déjà expérimentée maintes fois depuis deux décennies, il devrait être parfaitement clair pour tout le monde que, sitôt les pertes digérées – il faudra certes encore quelques trimestres –, banques et fonds n’auront pas d’autre préoccupation que d’identifier (...)

Manière de voir




Le Japon méconnu



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