Le Monde diplomatique
« Jaffa, la mécanique de l’orange », un film d’Eyal Sivan
Jaffa, histoire d’un symbole
lundi 15 mars 2010, par Marina Da Silva
Jaffa, l’une des plus anciennes villes du monde, était aussi l’une des villes les plus prospères et les plus peuplées de Palestine. Avec ses orangeraies déployées à perte de vue, elle fournissait du travail, depuis la cueillette du fruit jusqu’à sa préparation pour l’exportation, non seulement aux Palestiniens mais à des ouvriers venus d’Egypte, de Syrie, du Liban. En 1948, plus de 4 000 bombes tombent sur Jaffa. Sur les 85 000 Arabes qui y vivaient, il (...)
Son nouveau film, « Liberté », sort le 24 février
L’art libertaire de Tony Gatlif
mardi 23 février 2010, par Mehdi Benallal
« Il n’y a que toi, moi et les chiens qui aimons les Gitans dans ce monde. » (Extrait d’un dialogue de Transylvania) Les films libèrent la tête, affirmait Fassbinder. C’est chose certaine : qu’ils soient « classiques » ou contemporains, muets ou parlants, de « prose » ou de « poésie » (selon la distinction que tenta un jour d’établir Pasolini), tous les grands films sont libérateurs. Ils libèrent la tête en nous confrontant au lointain, à l’étranger, à (...)
Morgan Freeman et Clint Eastwood s’emparent du mythe Mandela
Les dérobades d’« Invictus »
mardi 12 janvier 2010, par Mona Chollet
Le choix de raconter l’après-apartheid à travers l’organisation par l’Afrique du Sud, en 1995, de la Coupe du monde de rugby, ne semble pas se justifier uniquement par sa cinégénie. Invictus, réalisé par Clint Eastwood, témoigne aussi d’un credo idéologique peut-être inconscient, mais très caractéristique : faire tenir une société, ce n’est rien d’autre que lui offrir quelques satisfactions symboliques, en même temps que des modèles identificatoires qui (...)
« La Merditude des choses », un film de Felix van Groeningen
« Affreux, sales et méchants », version flamande
mardi 29 décembre 2009, par Carlos Pardo
C’est un film où l’on vomit en gros plan. Où l’on urine assis dans un bar après avoir inventé un Tour de France avec des figurines, sous la forme d’un jeu de l’oie dans lequel les verres d’alcool balisent la route de la course. Un film où l’on se tape dessus pour un oui pour un non, où l’on époussette le téléviseur dont l’huissier s’empare, où ça fume et ça boit dans toutes les scènes, où le patron du bar du coin, en mal de publicité, organise une course à (...)
« Les temps changent », un film de Luc Leclerc du Sablon
L’autre France du terroir
mardi 8 décembre 2009, par Marina Da Silva
C’est un titré emprunté à Bob Dylan (Times are changing), Les temps changent, qui clôturait le mois du documentaire au Luxy (Ivry-sur-Seine) sur le thème « Aux urnes citoyens ». Luc Leclerc du Sablon signe là son troisième film, qui n’a pas encore trouvé de distributeur mais a rencontré son public, une salle pleine et enthousiaste devant cette insolite construction à la Prévert. Le réalisateur, qui a tourné de septembre 2006 à mai 2007, a voulu (...)
Le Monde diplomatique
Dans le numéro de mars 2010 :
par François Musseau
par David Garcia
« Capitalism : A Love Story » et la critique française
Michael Moore l’impatient
jeudi 3 décembre 2009, par Mehdi Benallal
Après son attaque ciblée contre les actionnaires et dirigeants de General Motors (Roger et moi, 1989), son argumentaire contre les vendeurs d’armes à feu (Bowling For Columbine, 2002), son pamphlet contre l’administration Bush et sa « guerre contre le terrorisme » (Fahrenheit 9/11, 2004) et sa charge contre le système privé de santé états-unien (Sicko, 2007), Michael Moore a rassemblé ses critiques contre le virage à droite du capitalisme américain (...)
A la Maison de la poésie, à Paris
« Timon d’Athènes » raconté à tous
lundi 30 novembre 2009, par Marina Da Silva
Le plateau est nu et noir. Il y a d’abord une musique sourde, entre vrombissement inquiétant et quiétude étrange. Et puis des silhouettes obscures prennent peu à peu forme humaine. Et quelle forme ! Casey, D’de Kabal, Denis Lavant, Mike Ladd, Marie Payen et Doctor L, qui sera à peu près le seul à rester dans son propre rôle, celui du musicien génial, naviguant entre ses percussions et sa guitare. Rien qu’eux tous, des noms qui claquent pour les (...)
Primitive, une installation d’Apichatpong Weerasethakul
Thaïlande : Nous tournons en rond dans la nuit
mardi 17 novembre 2009, par Xavier Monthéard
En 1978, Guy Debord s’appropriait le palindrome In girum imus nocte et consumimur igni pour titrer son cinquième film. On s’accorde généralement sur une traduction qui, sans parvenir à la perfection magique de la phrase latine, en restitue le désarroi : « Nous tournons en rond dans la nuit, et sommes dévorés par le feu. » La vie va et vient comme un palindrome, mais la boucle est serrée. Le double sens ne constitue pas une issue. Après une existence de (...)
Royaume-Uni : artistes étrangers indésirables
lundi 2 novembre 2009, par Evelyne Pieiller
Que ce soit par la vertu des Lettres anglaises d’un Voltaire ébloui, par le rayonnement d’une monarchie parlementaire pionnière dans une Europe absolutiste, ou grâce aux charmes conjugués de la mini-jupe et des maxi-cheveux, longtemps la Grande-Bretagne fut si bien associée à l’idée de liberté que c’en était devenu un cliché, et même Mme Thatcher fut impuissante à totalement l’effacer. Mais ce qui se passe aujourd’hui dans le domaine de la nouvelle (...)
En Algérie, les enfants d’octobre 1988
vendredi 30 octobre 2009, par Delphine Gourlay
Mathématicien converti au journalisme de terrain, pop romancier, dramaturge et poète algérien, Mustapha Benfodil est la figure élémentaire d’une nouvelle équation non exilable d’insolents écrivains, dont les langues de traverse, délestées du poids du « butin de guerre » et du naturalisme historique, usent de l’anamorphose littéraire pour fouiller le réel jusqu’à son implosion. Des récits dérangeants et des « attentats sémantiques » que le poète a voulu (...)
Darwich, deux textes
Et la poésie se transmet comme la langue…
mardi 20 octobre 2009, par Marina Da Silva
On ne présente pas Mohamed Rouabhi, auteur dramatique, comédien, metteur en scène, scénariste, réalisateur… figure atypique et irréductible de la scène française. On ne présente pas davantage Mahmoud Darwich, la voix poétique de son peuple, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Palestine occupée, devenu poète universel à la force et à la fulgurance de la plume, nommé en 1997 commandeur dans l’ordre des arts et des lettres. Mais on invite vivement à aller voir (...)