Le Monde diplomatique
« Ode maritime », un spectacle de Claude Régy
Au Portugal, un Pessoa qui parle français
vendredi 30 juillet 2010, par Marina Da Silva
Créé en Avignon en 2009, Ode maritime de Fernando Pessoa, mis en scène par Claude Régy et interprété par Jean-Quentin Châtelain, a fini sa vie polémique au Portugal, dans le cadre du festival d’Almada, ville ouvrière posée de l’autre côté du Tage, en face de Lisbonne. Né il y a vingt-sept ans à l’initiative du metteur en scène Joaquim Benite, ce festival, qui se déroule chaque année du 4 au 18 juillet, a su rester fidèle à l’utopie du théâtre populaire. Avec (...)
Un documentaire de Mariana Otero
« Entre nos mains », après les utopies
vendredi 28 mai 2010, par Mehdi Benallal
On n’a pas tous les jours l’occasion de torpiller l’organisation hiérarchique de son entreprise. A Orléans, au printemps 2009, les salariés – surtout des femmes – de Starissima, fabricant de sous-vêtements, se voient offrir la possibilité de transformer leur boîte en Scop, ou coopérative. Car l’ancien patron est parti, l’entreprise est au bord de la faillite, et seul son refinancement par les employés peut la sauver. Mais cela signifie pour chaque (...)
Apichatpong Weerasethakul, une Palme épineuse
mercredi 26 mai 2010, par Xavier Monthéard
Une Palme d’or pour un cinéaste thaïlandais. La première. Remise à Apichatpong Weerasethakul pour Oncle Bunme Who Can Recall Hist Past Lives, la distinction suprême fera grincer des dents au « pays du sourire ». Les films d’Apichatpong y échappent rarement aux coupes de la censure, et peu de ses concitoyens connaissent cette œuvre exigeante, souvent présentée en Europe (voir par exemple sur ce blog « Thaïlande : Nous tournons en rond dans la nuit ») et (...)
« Aisheen », un documentaire de Nicolas Wadimoff
Gaza, la vie dans les décombres
lundi 24 mai 2010, par Marina Da Silva
Aisheen est une expression qui signifie « toujours vivant » en arabe. La caméra balaye longuement un paysage lunaire où tout a été détruit. A perte de vue, c’est un enchevêtrement de ruines et de métaux calcinés, un anéantissement dont on prend la mesure et qui empêche de respirer. Pour accompagner ce long et terrifiant travelling, un rap palestinien du groupe Darg Team bat la mesure : « On restera là pour reconstruire. » « Toujours vivant », après la (...)
« Desperate Housewives », la régression enchantée
Femmes au foyer désespérantes
vendredi 21 mai 2010, par Mona Chollet
Au moment où s’achève aux Etats-Unis la diffusion de la sixième saison de Desperate Housewives, il y a de quoi rester rêveur en se rappelant avec quels délires louangeurs la presse, à l’époque de son débarquement en fanfare sur Canal+, en 2005, avait déroulé le tapis rouge au feuilleton créé par Marc Cherry. Celui-ci apparaissait alors comme l’un des fleurons de cette nouvelle génération de séries tantôt grand public (24 heures chrono, Lost…), tantôt plus (...)
Le Monde diplomatique
Dans le numéro d’août 2010 :
par François Denord
par Zoé Lamazou
Y aurait-il du collectif dans le roman ?
dimanche 9 mai 2010, par Mona Chollet
« Pourquoi tant de remerciements ? » s’agace Nelly Kaprièlian, critique littéraire aux Inrockuptibles, en constatant dans son éditorial que, « de plus en plus, dans les romans étrangers, les pages de fin sont dédiées aux remerciements à rallonge. Comme si le roman était le fruit d’un travail d’équipe » – hypothèse qu’elle semble trouver hautement baroque. Et elle déplore : « Au temps jadis, un auteur n’avait besoin que de toute sa tête pour écrire, (...)
« White Material », un film de Claire Denis
« Affaire de Blancs »
lundi 12 avril 2010, par Françoise Feugas
« Quelque part en Afrique, dans une région en proie à la guerre civile, Maria refuse d’abandonner sa plantation de café avant la fin de la récolte, malgré la menace qui pèse sur elle et les siens . » Le laconisme du synopsis correspond bien au récit que fait Claire Denis de la genèse du film. Isabelle Huppert lui avait proposé d’adapter le roman de Doris Lessing, Vaincue par la brousse , qui a manifestement déjà inspiré la réalisatrice de Chocolat en (...)
« Départs anticipés », un roman de Christopher Buckley
L’angoisse du « péril gris »
mardi 6 avril 2010, par Evelyne Pieiller
Qu’on l’aime ou non, il est probable que chacun s’accordera à reconnaître que l’époque est perturbante. Les plus nerveux auraient même tendance à la trouver pathogène. Les repères se brouillent. La « modernisation » est quasiment devenue synonyme de « licenciement », et naguère on aurait nommé « régression » ce qui aujourd’hui se baptise « réforme ». Il suffit d’appeler « marque » la Fête de la Fraternité, rendue célèbre par la Révolution de 1848, et de la (...)
Kapuscinski, une autre idée de la vérité
vendredi 26 mars 2010, par Evelyne Pieiller
Ryszard Kapuscinski a écrit plusieurs livres de reportage, qui sont peu à peu devenus de magnifiques classiques. Le Négus, Le Shah, Ebène, n’ont pas seulement offert à leurs lecteurs des informations et des détails, ils leur ont également donné accès à des mondes singuliers, à leurs tensions, à leurs enjeux, à leurs silences. Ce journalisme-là ne relevait pas du seul événement, mais permettait d’en faire rayonner les vibrations, d’en déchiffrer (...)
« Jaffa, la mécanique de l’orange », un film d’Eyal Sivan
Jaffa, histoire d’un symbole
lundi 15 mars 2010, par Marina Da Silva
Jaffa, l’une des plus anciennes villes du monde, était aussi l’une des villes les plus prospères et les plus peuplées de Palestine. Avec ses orangeraies déployées à perte de vue, elle fournissait du travail, depuis la cueillette du fruit jusqu’à sa préparation pour l’exportation, non seulement aux Palestiniens mais à des ouvriers venus d’Egypte, de Syrie, du Liban. En 1948, plus de 4 000 bombes tombent sur Jaffa. Sur les 85 000 Arabes qui y vivaient, il (...)
Son nouveau film, « Liberté », sort le 24 février
L’art libertaire de Tony Gatlif
mardi 23 février 2010, par Mehdi Benallal
« Il n’y a que toi, moi et les chiens qui aimons les Gitans dans ce monde. » (Extrait d’un dialogue de Transylvania) Les films libèrent la tête, affirmait Fassbinder. C’est chose certaine : qu’ils soient « classiques » ou contemporains, muets ou parlants, de « prose » ou de « poésie » (selon la distinction que tenta un jour d’établir Pasolini), tous les grands films sont libérateurs. Ils libèrent la tête en nous confrontant au lointain, à l’étranger, à (...)
Manière de voir




Le temps des utopies



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