Le Monde diplomatique
Front national : mêmes causes, mêmes effets...
mercredi 2 mai 2012, par Frédéric Lordon
Dans une parfaite prescience de ce qu’est notre condition actuelle, Rousseau ne cachait pas être effaré qu’on puisse appeler « démocratie » un système qui donne la parole au peuple une fois tous les cinq ans pour le renvoyer à la passivité et à l’inexistence politique tout le reste du temps. Il vaut donc mieux ne pas louper l’ouverture de la fenêtre quinquennale ! — coup de chance c’est maintenant… comme en témoignent les cris d’horreur des médias (...)
A 75 % les riches partiront ?
vendredi 16 mars 2012, par Frédéric Lordon
Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas. Ils sont très remplaçables, leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public. Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte. Avant de la prendre. Les faux-semblants de la gauche serpillière Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES institutionnalisant (...)
Le commencement de la fin
jeudi 11 août 2011, par Frédéric Lordon
Pareilles aux images aériennes du front de tsunami avançant inexorablement vers une côte japonaise dont le sort est scellé, le déploiement de la crise financière depuis trois ans donne une impression d’irrésistible fatalité, avec en prime cette sorte d’incrédulité un peu stupide de dirigeants qui croient encore pouvoir tout sauver quand tout est déjà compromis. Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez (...)
Qui a peur de la démondialisation ?
lundi 13 juin 2011, par Frédéric Lordon
Dans une tribune récemment publiée sur Mediapart (6 juin 2011), des membres du conseil scientifique d’Attac (Geneviève Azam, Jacques Cossart, Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, Catherine Samary et Aurélie Trouvé) déclarent « s’inquiét(er) de la fortune rencontrée par la démondialisation ». Je crois avoir à leur endroit suffisamment d’estime et d’amitié pour leur dire mes désaccords – à plus forte raison (...)
G20-G8, ou la passion des faux problèmes
mercredi 1er juin 2011, par Frédéric Lordon
On ne pourra pas dire que le G20-G8 n’a pas d’idées : il en a au moins deux. Une idée théorique (variable) et une idée pratique (fixe). Une idée théorique affichée pour mieux dissimuler l’idée pratique inavouée. À vrai dire, l’idée pratique n’est pas neuve, elle est maintenant d’un robuste classicisme et comme une marque de fabrique en train de se patiner : tout faire pour ne rien avoir à faire – contre la déréglementation financière – et envoyer des leurres (...)
Le Monde diplomatique
Dans le numéro de mai 2012 :
par Gilbert Achcar
par Pierre Rimbert
Le plan de sauvetage européen est-il illégal ?
mardi 24 mai 2011, par Frédéric Lordon
Pour une fois, ce sera court. Il y a un an, confrontés à la première secousse – grecque – sur les dettes souveraines de la zone euro, les gouvernements européens, après des mois d’atermoiements dont le seul effet aura été de bien faire mûrir la crise et d’amener les taux grecs à des niveaux de perte de solvabilité, ont échafaudé dans l’urgence un plan de secours dont le principal dispositif consiste en une nouvelle institution, l’EFSF (European Financial (...)
Déstabilisation monétaire internationale ?
Les deux gros cochons, partie 2
jeudi 28 avril 2011, par Frédéric Lordon
Renversement de la liquidité internationale ? Si par une sorte de dialectique un peu scolaire, le premier commentaire a d’abord sursauté à la nouvelle proprement économique de la mise sous surveillance des Etats-Unis (voir Partie 1), puis s’est corrigé pour en minimiser la portée et y voir un « simple avertissement » politique, il serait utile (négation de la négation) de revenir, pour la redramatiser quelque peu, à l’économie du problème. Le parallèle (...)
Partie 1 : après les « PIGS », le tour des Etats-Unis et du Royaume-Uni ?
Les deux gros cochons
mardi 26 avril 2011, par Frédéric Lordon
Ainsi donc il va falloir envisager d’agrandir la porcherie… Car deux fameux gorets tapent du groin à la porte. Au commencement, ils étaient trois petits – les cochons. Grèce, Portugal, Espagne. Et comme il fallait un « I » (pour bien faire PIGS), on eut d’abord l’idée de l’Italie – puisque les crottés sont nécessairement les Méditerranéens. Sauf que ce fut l’Irlande. Et la théorie financière des types et des climats connut un premier accident. La pauvre se (...)
Ne pas détruire les banques : les saisir !
jeudi 2 décembre 2010, par Frédéric Lordon
Il faut peut-être prendre un ou deux pas de recul pour admirer l’édifice dans toute sa splendeur : non seulement les marchés de capitaux libéralisés, quoique les fabricateurs de la crise dite des dettes souveraines (voir « Crise : la croisée des chemins »), demeurent le principe directeur de toutes les politiques publiques, mais les institutions bancaires qui en sont le plus bel ornement sont devenues l’unique objet des attentions gouvernementales. (...)
Crise européenne, deuxième service (partie 2)
lundi 15 novembre 2010, par Frédéric Lordon
(Lire la première partie) Des deux volets du projet franco-allemand de révision du traité de Lisbonne, il n’y en décidément pas un pour rattraper l’autre. La version européenne du SDRM (Sovereign Debt Restructuring Mechanism) envisagé il y a quelques années par le FMI, et déjà vouée au plus désastreux des acronymes en français, partage avec lui la même ignorance des conditions réelles, c’est-à-dire politiques, de l’efficacité institutionnelle. Le (...)
Crise européenne, deuxième service (partie 1)
lundi 8 novembre 2010, par Frédéric Lordon
On connaît ce propos de Marx rappelant la phrase de Hegel selon laquelle les grands événements surgissent toujours deux fois sur la scène de l’histoire, mais – complétait Marx – la première fois comme tragédie, la seconde comme farce… La construction européenne a décidément le sens de la tragicomédie récurrente – il n’est d’ailleurs pas certain qu’elle s’en tienne à deux occurrences seulement –, un peu à la manière de ce comique de répétition si (...)