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Pourquoi un blog sur le Proche-Orient ?

par Alain Gresh, 24 juillet 2006

Depuis au moins quarante ans, le Proche-Orient est au centre de l’actualité internationale. Il passionne les opinions publiques du Vieux continent. Pour des raisons multiples : accumulation de crises et de guerres ; proximité géographique ; présence de fortes communautés juives et musulmanes.

Ce blog se fixe un double objectif :
— essayer de faire passer une information qui fait de plus en plus défaut dans les médias, où dominent le zapping et l’absence de mémoire. Replacer les faits dans leur contexte, dans la durée, permet de mieux saisir les évolutions et les changements ;
— rompre avec la vision dominante des médias, adopter une « manière de voir » qui ne soit pas seulement « occidentale », mais qui tente aussi de comprendre le point de vue de l’autre, le point de vue des « Orientaux ».

Il est difficile de prétendre à une vision « objective » des conflits au Proche-Orient. Nous sommes tous marqués par notre histoire, par nos origines, par nos engagements. Comme le prouve le conflit israélo-palestinien, on peut tirer des mêmes faits des points de vue radicalement opposés. Sans revenir sur ce que j’ai pu écrire ailleurs (lire les préfaces à Israël-Palestine, vérités sur un conflit et à L’islam, la République et le monde) je souhaite rappeler d’où je parle, quels sont mes convictions. Que le lecteur les accepte ou les refuse, qu’il en soit au moins informé.

Je pense qu’il faut d’abord s’appuyer sur le droit international, qui est loin d’être parfait, mais qui constitue à un progrès par rapport à des situations antérieures. Il mérite d’être pris en compte, d’être appliqué de manière uniforme, et non sélective ; trop souvent au Proche-Orient (comme ailleurs) domine le principe de « deux poids, deux mesures ».

D’autre part, je pense qu’il existe dans le monde (et dans chaque pays) des « dominants » et « dominés », des « forts » et des « faibles » et que si les seconds n’ont pas toujours raison, c’est eux que le journaliste se doit d’abord de défendre.

Enfin, j’adopte (en tous les cas j’essaie), dans mes analyses, un point de vue laïque, rationnel et « internationaliste ». Cela signifie que je n’ai pas de « sympathie » religieuse, ethnique ou autre avec aucun protagoniste au Proche-Orient et que j’applique à cette région les règles d’analyse que les sciences sociales utilisent ailleurs. D’autre part, pour reprendre une formule d’un vieil ami juif égyptien aujourd’hui décédé : « Chaque être humain a plusieurs identités. Je suis un être humain. Je suis égyptien lorsque les Egyptiens sont opprimés. Je suis noir lorsque les Noirs sont opprimés. Je suis juif lorsque les juifs sont opprimés et je suis palestinien lorsque les Palestiniens sont opprimés. »

Je commence ce blog alors que la guerre au Liban se déroule depuis bientôt quinze jours, sans que la soi-disant « communauté internationale » soit capable d’y mettre un terme. Il est d’autant plus urgent d’essayer de comprendre que les dégâts, matériels et humains, sont très lourds et que ce conflit risque de se généraliser.

Alain Gresh

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