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Dans un discours prononcé le 29 août, le président George W. Bush a affirmé que, en Irak, les Etats-Unis étaient en guerre contre le fascisme islamique.. Après avoir évoqué Al-Qaida, le Hamas, le Hezbollah, le président explique : « Malgré leurs différences, ces groupes forment un mouvement unique, un réseau mondial de radicaux qui utilisent la terreur pour tuer ceux qui se mettent sur le chemin de leur idéologie totalitaire. Et les caractéristiques unificatrices de leur mouvement, le lien qui surmonte les divisions confessionnelles et les revendications locales, est la conviction ferme que les sociétés libres sont une menace pour leur visions déformées de l’islam. La guerre que nous livrons aujourd’hui est plus qu’un conflit militaire. C’est la lutte idéologique décisive du XXIe siècle. »
« D’un côté, il y a ceux qui croient aux valeurs de la liberté et de la modération, au droit des gens de parler, de croire et de vivre en liberté. D’un autre, il y a ceux qui sont poussés par les valeurs de la tyrannie et de l’extrémisme, le droit d’un petit groupe de gens auto-désignés d’imposer leur point de vue fanatique aux autres. Comme des vétérans, nous avons connu ce type d’ennemi avant. Ils sont les successeurs des fascistes, des nazis, des communistes et des autres totalitarismes du XXe siècle, et l’histoire montre quelle sera l’issue de cette lutte. Cette guerre est difficile, elle sera longue et elle se terminera par la défaite des terroristes, des totalitaires, et une victoire pour la cause de la liberté. »
Il n’y a, bien évidemment, rien d’original dans cette interprétation de la situation actuelle. On pourrait même dire qu’elle est, comme disent les Américains, une prophétie auto-réalisatrice : ainsi, tout le monde le sait, l’Irak n’était pas du tout impliqué, avant l’invasion américaine, dans "le terrorisme" ; depuis, des centaines de combattants se sont formés là-bas et exportent leur savoir-faire en Afghanistan (où, par exemple, les attentats-suicide, inconnus durant les années de guerre contre l’invasion soviétique, se sont multipliés) ou ailleurs. Le type d’analyse "nouvelle guerre mondiale" des conflits amène les Etats-Unis à appliquer des grilles d’analyse et des politiques qui renforcent les groupes mêmes contre lesquels on prétend lutter. On lira de ce point de vue, l’analyse éclairante de Gérard Prunier sur la Somalie, « Liaisons dangereuses de Washington en Somalie », dans le numéro de septembre du Monde diplomatique.
Ce type d’analyse sur la nouvelle guerre mondiale est reprise en France et dans les pays occidentaux,par des intellectuels et largement popularisée par les médias. Ainsi l’appel de douze intellectuels, dont Bernard-Henri Lévy, Philippe Val, Caroline Fourest, Salman Rushdie, Antoine Sfeir... intitulé « Ensemble contre un nouveau totalitarisme » et publié dans L’Express du 2 mars 2006.
C’est un point de vue distinct qu’a développé, devant la conférence des ambassadeurs, le président Jacques Chirac, le 29 août, le jour même où le président Bush faisait son discours. Ayant évoqué les drames du Proche-Orient, il a précisé : « Au-delà de ces affrontements se profile un danger majeur, celui du divorce entre les mondes, Orient contre Occident, islam contre chrétienté, riches contre pauvres ». La question est de savoir si la politique actuelle de la France contribue à atténuer ce divorce entre les mondes. On voudrait le croire...
Aux lecteurs (suite).
Je souhaiterais que les commentaires soient plus brefs (maximum 3000 signes), le renvoi à des articles devant se faire par lien hyper-texte. Cela m’amène à rappeler que le fait qu’un article circule sur Internet ne signifie ni qu’il est vrai, ni qu’il a une signification quelconque (je pense ici au type de texte « Un diplomate israélien arrêté à l’aéroport de Buenos Aires avec une valise bourrée d’explosifs », publié en commentaire à mon blog Terrorisme). D’autre part, il faut vérifier les citations : je pense qu’il est nécessaire de remonter à la source (le fait qu’une citation soit répétée à satiété ne signifie pas qu’elle est vraie : de ce point de vue Internet crée une illusion d’optique, puisque l’on reproduit à l’infini des soi-disant déclarations). Enfin, il me semble inutile de poursuivre une polémique entre deux internautes dont les articles du blog sont un simple prétexte : cela ôte de l’intérêt aux discussions.
Scène de rue à Damas
Quelques dizaines de jeunes filles syriennes, ventre à l’air et drapeaux du Hezbollah au vent, poursuivies par la police dans les rues de Damas, c’est l’image que rapporte Samir Aita de son séjour dans la capitale syrienne. Loin des clichés convenus sur la laïcité, l’islamisme, les femmes...
Brève
Dans le International Herald Tribune du 1er septembre, cette brève qui raconte les démélés d’un militant arabo-américain des droits de la personne à l’aéroport Kennedy. Il portait un T-shirt avec, en anglais et en arabe, l’inscription « Nous ne resterons pas silencieux ». On lui a interdit de monter dans l’avion et un des responsables lui a dit : « Aller à l’aéroport avec un T-shirt en arabe est comme aller dans une banque en portant un T-shirt sur lequel serait inscrit “Je suis un voleur”. »






