Le Monde diplomatique
Accueil du site > Nouvelles d’Orient > La méduse, l’OTAN et l’Afghanistan

La méduse, l’OTAN et l’Afghanistan

samedi 9 septembre 2006, par Alain Gresh

Un journal. A l’occasion de la visite de Tony Blair au Proche-Orient, le quotidien britannique The Independent du 8 septembre consacre sa Une à Gaza, sous le titre « A People betrayed by the World » (Un peuple trahi par le monde). Le reportage de son correspondant Patrick Cockburn, s’étale sur les pages 2 et 3 et s’intitule « "Gaza is a jail. Nopbody il allowed to leave. We are all starving now" » (Gaza est une prison. Personne n’est autorisé à partir. Nous mourons tous de faim). L’éditorial de la rédaction s’intitule « A brutal siege the world mus ignore no longer » (un siège brutal que le monde ne doit plus ignorer)

Un entretien. Pour ceux qui connaissent l’anglais, un entretien sur une radio américaine de l’ancien président Mohammed Khatami (7 septembre), en visite aux Etats-Unis.

Travailleurs étrangers dans le Golfe. Le 6 septembre 2006, l’organisation américaine Human Rights Watch publiait un communiqué intitulé : « Saudi Arabia : Chadians Barred From Schools, Hospitals » (Arabie saoudite : les Tchadiens exclus des écoles et des hôpitaux). Ce texte appelle les autorités à cesser immédiatement les discriminations contre les 100 000 résidents tchadiens dont la plupart sont nés dans le pays. Il semble que l’offensive contre les résidents tchadiens, dont la grande majorité ne connaît pas le Tchad ait débuté après l’arrestation à la Mecque en 2003 d’un Tchadien accusé de terrorisme. De plus en plus de Tchadiens se sont vus refusés le renouvellement de leur permis de séjour et leurs enfants ont été expulsés des écoles. Ils n’ont plus accès aux hôpitaux. Human Rights Watch a écrit la Commission pour les droits de la personne en Arabie saoudite, qui a le statut d’un ministère et qui a promis d’enquêter sur les faits ; mais elle ne l’avait toujours pas fait le 29 août. Le statut des immigrés – arabes, africains ou asiatiques – dans l’ensemble des pays du Golfe est tès instable. Ces travailleurs sont souvent à la merci de leurs employeurs ou des autorités, même quand ils habitent le pays depuis plusieurs générations. L’expulsion de 300 000 Palestiniens du Koweït après la défaite irakienne de 1991 a été le signe le plus éclatant de cet arbitraire. Il faut toutefois noter que, depuis quelques années, un certain nombre de voix se font entendre pour appeler à la défense de ces travailleurs qui ont conribué pour beaucoup à la prospérité des pays du Golfe. Lors d’un voyage au printemps de cette année en Arabie saoudite, Mme Hammad Suhail Z. Abidin, une des dirigeantes de l’Association nationale des droits de la personne, fondée en 2003 par les autorités, m’expliquait que, pour certains immigrés, « ils ont toujours vécu ici, ne parlent pas d’autres langues, ne connaissent pas d’autres pays. Il est injuste qu’ils risquent d’être chassés ». Son association travaille en ce sens. Le débat engagé dans la presse a certes permis l’adoption de nouveaux décrets pour protéger les employés de maison, tous étrangers, mais il a aussi encouragé l’expression d’un certain racisme, notamment à Jedda, où s’agglutinent des immigrés clandestins venus sous couvert de pèlerinage à La Mecque.

La méduse, l’OTAN et l’Afghanistan

Le samedi 9 septembre, un attentat-suicide a eu lieu à Kaboul à l’extérieur de l’ambassade américaine, dans l’un des quartiers les plus sécurisés de la capitale afghanse. Il a fait une quinzaine de tués, dont deux soldats américains. C’est l’attentat le plus meurtrier qui s’est déroulé dans la capitale afghane depuis la chute du régime des Talibans à la fin de l’année 2001. La multiplication de ces attentats-suicide, méthode jusque-là inconnue en Afghanistan, permet à Juan Cole, sur son blog du 8 septembre, d’évoquer « L’“irakisation” de l’Afghanistan ».

Ces attentats se déroulent au moment même où l’OTAN a lancé, le 2 septembre, une grande offensive dans le sud du pays surnommée Medusa (Méduse en latin), qui se heurte à une résistance inattendue. Si l’on en croit « Le Dictionnaire historique de la langue française » d’Alain Rey, Méduse est une figure de la mythologie caractérisée par sa « laideur épouvantable et son regard qui avait le don de pétrifier quiconque osait la regarder ». La question est de savoir qui est pétrifié par les troupes de l’OTAN et si le bilan de 350 combattants talibans tués ne couvre pas un grand nombre de civils décrétés combattants, un pratique que les Américains ont largement utilisés au Vietnam dans les années 1965-1973 et qui servait à démontrer qu’ils étaient en train de gagner « la guerre ». Sur les raisons des succès de l’offensive des talibans, on pourra lire dans le numéro du Monde diplomatique de septembre l’analyse du journaliste Syed Saleem Shahzad, « Comment les talibans ont repris l’offensive ».`

Dans un article du 9 septembre intitulé « Les troupes de l’Alliance surprises par “l’intensité des combats” et la résistance des talibans dans le Sud », l’envoyée spéciale du Monde, Françoise Chipaux, note : « Les bavures commises par les troupes de l’opération "Liberté immuable", dirigée par les Américains, comme celles de l’OTAN, sont largement exploitées par les recruteurs talibans qui sillonnent les villages. “L’effort de propagande de l’ennemi dans les campagnes est massif et fort sur les thèmes de la corruption du gouvernement, de la subordination à la volonté des étrangers et de l’aliénation culturelle”, notait récemment le chef des services de renseignement afghan, Amrullah Saleh, dans un rapport sur la stratégie des insurgés. » Le problème, c’est qu’on ne connaît pas de guerre sans bavures, surtout quand ces guerres sont menées par des troupes étrangères au pays, à ses traditions, à son histoire...

L’OTAN, a pris le commandement il y a trois ans des troupes de la coalition internationale présente en Afghanistan, l’International Security Assistance Force (ISAF). Elle a remplacé, le 31 juillet, les Etats-Unis à la tête du contingent de 8 000 hommes installés au Sud (20 000 soldats de l’OTAN déployés dans tout le pays), une des régions les plus instables. Dans les deux derniers mois, les troupes de l’OTAN ont eu 35 tués, pour l’écrasante majorité des Britanniques et des Canadiens. Le général américain James Jones commande l’ensemble des forces militaires de l’OTAN en Europe, ainsi que celles des plus de trente pays qui participent aux opérations en cours de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. Ce vétéran du Vietnam a affirmé qu’il ne pouvait pas comprendre pourquoi les renforts promis par les pays membres de l’alliance n’arrivaient pas->http://news.yahoo.com/s/afp/2006090...]. Cette idée des militaires qu’avec quelques soldats de plus, qu’avec un peu plus de temps, ils pourraient écraser les insurgés ne date pas d’aujourd’hui : l’armée française prétendait que si on lui avait laissé quelques mois de plus elle aurait gagné la guerre d’Algérie ; l’armée israélienne reproche aux « politiques » de ne pas lui avoir laissé les mains libres au Liban pour écraser le Hezbollah, etc. C’est oublier une leçon fondamentale de l’histoire : les troupes étrangères sont rarement bien accueillies dans n’importe quel pays. En Afghanistan, les Soviétiques en, ont fait la triste expérience, eux qui intervenaient aussi au nom du progrès, de la libération des femmes, etc. (Ayant été personnellement à Kaboul en 1989, je peux témoigner que jamais les femmes afghanes de la capitale n’ont disposé d’autant de possiblité de travailler, de circuler comment elles voulaient, que lors de la présence soviétique dans le pays.) ...

La France a 1200 hommes qui participent à l’ISAF et sont basés à Kaboul. De plus deux cents membres des forces spéciales participent depuis 2001 aux combats contre le terrorisme dans le sud du pays. On peut s’interroger sur le sens de ces missions et sur l’acceptation par la France d’un rôle accru de l’OTAN dans une région qui est totalement en dehors du champ d’action de l’alliance. Alors que la France s’oppose, en principe, au projet américain d’un OTAN global, autorisé à intervenir n’importe où dans le monde, comment justifier le rôle de l’organisation en Afghanistan ? Sur cet important débat, qui sera au centre du prochain sommet de l’OTAN à Riga (novembre), on pourra lire l’article de la revue Foreign Affairs (septembre-octobre), « Global Nato », d’Ivo Daadler et James Goldgeier.

Le résultat de cinq ans d’occupation étrangère de l’Afghanistan est là : insécurité s’est accrue dans tout le pays et la reconstruction marque le pays ; l’Afghanistan produit désormais 90% de l’opium mondial ; les chefs de guerre n’ont jamais été aussi puissants ; les Talibans, dont le régime était honni par une bonne partie de la population, ont retrouvé une popularité qu’ils avaient largement perdue.

20 commentaires sur « La méduse, l’OTAN et l’Afghanistan »

  • permalien
    9 septembre 2006 @15h12   »

    Les derniers évènements en Afghanistan sont le témoignage éclatant de l’échec de la politique américaine dans ce pays. La présence de l’Otan sous influence et commandement américain n’a fait que cristalliser la haine contre les Etats-Unis. De plus, le gouvernement afghan ne peut avoir de légitimité aux yeux de son peuple car il se révèle être une marionnette et vous devinerez qui est le marionnetiste...Je ne comprends également pas l’attitude de la france qui intervient sous tutelle de l’Otan donc américaine. N’a t-elle pas intérêt à faire valoir une politique étrangère qui lui est propre et qui lui permettrait de se libérer de l’emprise américaine via l’U.e.

    Concernant les commentaires sur ce blog, je regrette la portée pris par certains qui ressemblent plus à des réglements de compte, des discussions de chat...Nous devons pouvoir discuter plus sereinement et rationnellement...Cf l’intro d’Alain Gresh Nico

  • permalien jugurta :
    9 septembre 2006 @16h09   « »

    antiaméricanisme quand tu nous tiens... c’est drôle mais je vais juste reprendre les mots de Stephane..ça se passe de commentaires..et ça explicite les erreurs d’analyses trouvées sur ce blog néanmoins intéressant...

    En fait, on a beau tourner le sujet dans tous les sens, le seul problème du monde, c’est les Etats-Unis. Les USA fournissent des armes à Israël, "déstabilisent" le Moyen-Orient en dérangeant les dictateurs qui y vendaient paisiblement leur pétrole, et parallèlement, restent froids et inactifs devant les "bonnes" catastrophes (comprendre, celles qui n’ont pas d’effet sur le prix de l’essence. Ceci dit sans matérialisme aucun, bien sûr.) Bref, ça ne va jamais. D’un côté on leur reproche de jouer aux gendarmes du monde, de l’autre, de ne pas agir avec la responsabilité et la diligence de gendarmes du monde. Un reportage édifiant sur la tragédie du Darfour expliquait les atermoiements des Etats-Unis sur ce dossier, donc leur responsabilité sur les centaines de milliers de morts de ce génocide. L’opposition de la Chine et de la Russie à l’ONU ? Aucun reproche. L’inertie de la France, grande donneuse de leçon devant l’éternel sans avoir l’excuse d’être déjà engagée en Irak ? Le reportage n’en parlera pas. Un seul pays est sur la sellette, toujours le même.

    Voir en ligne : antiaméricanisme

  • permalien Stephane :
    9 septembre 2006 @17h44   « »
    La méduse, l’OTAN et l’Afghanistan @jugurta

    "L’anti-americanisme" est l’artifice par lequel on essaye de faire taire toute critique de la politique américaine ? ça semble être de fond de ton poste.

    La vaire question est de savoir si LE REJET de la POLITIQUE AMERICAINE (et remarque toujours que les critiques portent sur la politique américaine) sont justifiée ou pas.

    Rien que les justificatifs fallacieux , à l’agression (car c’est bien une agression, et non point une guerre, ni conlit) contre l’Irak , qui se volatilisent de jour en jour, Abu-Gharib, Guantanamo, les civils massacrés ... prouve que en tête de les actuels décideurs américains sont bien plus des criminels et de guerre, et de droit commiun, que des politiciens. Et ceci est une critique de leurs faits et politique, et non pas de leur nationalité, couleurs de peaux, confessions ;..ni même leurs idéologies.

  • permalien
    9 septembre 2006 @20h16   « »
    et les Palestiniens ?

    "Alors que tous les regards sont braqués sur le Liban,l’offensive israélienne contre Gaza,(....),se poursuit dans l’indifférence. D’autre part,la colonisation de la Cisjordanie,(....), s’intensifie.(Alain Gresh,le 6-o9, dans ce blog,article : Polémiques)

    Aujourd’hui, il cite un reportage de The Independent intitulé :"Gaza est une prison. Personne n’est autorisé à partir.Nous mourrons tous de faim."

    Je me demande si, nous aussi,nous ne plongeons pas dans l’indifférence, ou sous le sentiment de totale impuissance.

    Je regarde les différentes cartes insérées dans le livre : Israel,Palestine,vérités sur un conflit. A.Gresh,Hachette,coll pluriel,

    Je regarde les différentes cartes du site du monde diplomatique,in cartographie, Proche-Orient, notamment :

    - Un Etat Palestinien morcelé par les colonies (2000)
    - Gaza, détruite et isolée (septembre 2005)
    - Un champ de ruines sur la frontière (septembre 2005)
    - L’eau convoitée.(Juin 2000), avec ce commentaire "90% de l’eau de la Cisjordanie est utilisée au profit d’Israel, les Palestiniens ne disposant que des 10% restants"

    Je pense aux multiples résolutions, injonctions , mises en garde, protestations émises contre Israel, et dont il se moque éperdument,

    Et j’en viens à pencher du coté de ceux qui estiment que la solution est la disparition de l’Etat d’Israel. De l’Etat, pas des Israéliens, pas des petits enfants qui ont écrit des I Love You sur les missiles à destination des enfants Libanais, et qui promettent une bonne génération de bons démocrates, bien formatés. J’ai écris L’Etat Israélien.

    (Une question : combien de fois ces scandaleuses photos ont-elles été diffusées sur les chaines de TV françaises ? Voilà de quoi "interpeller" les plus ignorants ou indifférents, ces photos. Elles auraient du etre passées "en boucle").

    Disparition de l’Etat d’Israel et création d’un Etat unique pour les deux peuples qui occupent ce territoire, à l’image de ce qui s’est passé en Afrique du Sud. Voir entre autres, l’article de Nico Hirtt,"Irrationnelle, la politique du gouvernement israelien ? Non., dans La Libre Belgique, publié le jeudi 7/09 sur le site de l’Association France Palestine Solidarité www.france-palestine.org>...

    Je ne vois pas d’autre alternative.

  • permalien sophie :
    9 septembre 2006 @20h36   « »
    et les Palestiniens ?

    Et les Palestiniens ? 9 septembre 2006 20h16, signé Sophie.

  • permalien Ahmad :
    9 septembre 2006 @21h57   « »

    salam,ou sont les humanistes pour dire ,témoigner du génocide qui se déroule a gaza.OU sont ceux qui passent leur temps a dire a la jeunesse plus jamais ça en parlant du génocide juif(il faut banir le mots de shoah qui est biblique,de puis quand le sacré intervient-il dans l’histoire des etre humains,on voit qui mélange les genres ici) et qui se taisent sur le génocide palestinien,qui comme l’ont bien montré plusieurs journalites et professeurs israeliens s’oppère de façon ce que l’ont ne voit pas qu’il s’agit d’un génocide.Ou sont ceux qui passent leur temps a emener la jeunesse française dans les musée de la résistance et qui criminalient la résistance palestiniennne(lorsque’on nous dit aujourd’hui que l’école forment l’esprit critique,quel plaisanterie,elle formate la jeunnesse,on leur dit penser par vous mème,mais cela veut direz en fait lisez kant,socrate,foucault et compagnie,encore une escroquerie.Quand au régime saoudien l’on sait depuis longtemps ce qu’il est mais qui en occident dénonce les complicité des politiques occidentales avec cette dictature comme avec les autres comme la tunisie,la syrie,l’égypte......Ce qu’il faut aujourd’hui c’est une dénonciation clair du soutien occidental au dictature,le reste c’est du vent.D’ailleurs les les gens de gauche devrait passer moins de temps à critiquer les usa et un peu plus à critiuqer l’union européenne,bien plus dangereuse,car elle donne l’illusion d’une politique alternative mais ce n’’ets qu’une ilusion et les prisons des usa sur les territoire euopéens en sont une preuve.S’agissant de l’otan ils n’ont rien a faire en afghanistan(ils ferait mieux d’aller à gaza et en cisjordanie combattre l’armée israelienne),donc qu’ils assument ce qui leurs arrivent,je n’adhère pas a la vision des talibans concernant l’islam,cela ne veut pas dire que j’accepte les crimes de l’otan dans ce pays,comme en iraq la résistance armée est légitime,et j’espère bien qu’elle gagnera,salam

  • permalien Alain Gresh :
    9 septembre 2006 @22h26   « »

    Rectificatif. L’attentat cité au début de la partie sur l’Afghanistan a eu lieu vendredi 8 et non samedi 9. Désolé

  • permalien Orangerouge :
    10 septembre 2006 @09h43   « »
    un état... deux état... faudrait d’abord sauver la population de Gaza

    à Et les Palestiniens du 9 à 20h16

    Je pense que la solution d’un seul état est la seule qui soit économiquement viable. Mais une étape intermédiaire peut être deux états. Parce qu’il faudrait que les deux parties le souhaitent... Mais il y a du boulot avant qu’Israël et les sionistes de l’étranger l’acceptent.

    Il faut d’abord qu’Israël accepte de devenir un état multi-religieux, multi-éthnique et multi-culturel. Et que les sionistes extérieurs à Israël renoncent à leur rêve de conservatoire racial pour les juifs (parce que le conservatoire culturel et religieux, vu ce qui se passe actuellement en Palestine..., je trouve que c’est déjà vraiment raté).

    Il faudra aussi qu’Israël accepte le "droit au retour" des palestiniens chassés de leurs terres et qui vivent actuellement dans des camps dans différents pays arabes (dont le Liban).

    Selon moi la politique sioniste est complètement barbare presque nécessairement : parce qu’à partir d’une définition raciale de la nation, il faut éliminer les autres "races" d’une manière ou d’une autre. (je parle de race au sens de "race perçue", parce scientifiquement il n’y a qu’une seule race la race Humaine).

    Pourtant le cas de l’Afrique du Sud montre que la communauté la plus riche (la plus éduquée et disposant des ressources et du capital les plus importants) reste dominante aux postes de pouvoir dans un état qui devient multiracial. Il faudrait tout de même que les sionistes arrêtent de considérer que d’investir dans une armée toujours plus meurtrière est la seule solution.

    - Je suis atterée de ce qui se passe à Gaza (1 millions et demi de palestiniens) où les gens sont affamés sans pouvoir sortir, où la faim fait évidemment croître la criminalité, où les incursions israéliennes tuent sans cesse, des civils et des enfants.

    Pendant ce temps notre très coûteuse armée se balade au Liban, en s’efforçant d’oublier qu’Israël viole constamment toutes les résolutions de l’ONU ; donc que la coercition devrait logiquement être du côté du plus violent et de celui qui tue le plus de civils : Israël.

    J’ai honte de mon pays.

  • permalien Orangerouge :
    10 septembre 2006 @09h52   « »
    Traduction de l’article de Cockburn sur Gaza

    Ce lien conduit à une traduction de l’article de Cockburn sur Gaza

    Voir en ligne : Gaza se meurt

  • permalien Orangerouge :
    10 septembre 2006 @09h58   « »
    le lien vers questionscritique.free.fr

    Lien vers le site sur lequel se trouve l’article de Cockburn sur Gaza car le lien que j’ai laissé plus haut ne semble pas marcher.

    Voir en ligne : questionscritiques.free.fr (pour l’article sur Gaza)

  • permalien Orangerouge :
    10 septembre 2006 @11h19   « »
    La gauche en Israël

    Critique par Uri Avnery de la position des gens de gauche en Israël http://www.europalestine.com/articl...

    et je vais peut-être enfin parvenir à donner le lien de la traduction de l’article dur Gaza

    Voir en ligne : Gaza se meurt

  • permalien jugurta :
    10 septembre 2006 @13h09   « »
    La méduse, l’OTAN et l’Afghanistan @ stéphane

    Bien entendu on peut rejeter la politique menée par l’administration Bush.

    Etre antiamércain c’est simplement être fanatique avec les modérés ( le monde occidental, les démocraties libérales où l’on peut tous débattre sur ce blog) et modéré avec les fanatiques ( groupes terroristes, enfants envoyés à l’abattoire, autoritarisme abêtissant...) selon la formule célèbre de Jean François Revel.

    La politique US répond à un impératif : la lutte pour "le coeur de l’islam". C’est à dire détruire l’islam militant pour faire accoucher l’islam modéré. Pour ce faire le statu quo des dictatures n’est plus de mise. Mettre en place au Moyen Orient des démocraties parfois par la force (irak) parfois par l’aide aux dissidents (Iran) en partant du postulat que les démocraties ne se font pas la guerre.

    Or s’il l’on réfléchit, un peu, on peut se dire que, certes, cela est une première chose mais que c’est en rien suffisant. L’islam militant se fout des démocraties ou des régimes autoritaires, il est diffus, il est partout et nulle part, il prospère sur n’importe quel terreau.

    L’opération irakienne n’est qu’une étape. Il faudra bien plus pour mettre un terme à la haine que propagent les soldats de l’islam militant (éducation, économie ouverte, société ouverte, aide aux musulmans anti-antisémite....). Ils s’en sont pris tout d’abord aux juifs, ensuite aux musulmans algériens (pas assez muslim à leur gouts), puis aux occidentaux en général, les kouffars, tous ceux qui n’entrent pas dans leur schéma totalitaire.

    Pour parler vulgairement, on a donc du pain sur la planche...

  • permalien Pierre BLEUE :
    10 septembre 2006 @15h31   « »
    UN CHOC DES CIVILISATIONS EST NECESSAIRE, mais pas celui désigné par les médias de masse

    Toute société, mouvement laic ou mystique à sa part d’intégristes / extrêmistes qui en temps normal de paix et de relative prospérité plafonnent à env. 10 %. On peut vérifier ça tant à l’échelle d’un pays que d’un village. la radicalité fait partie du système humain.

    Toute action violente et destabilisatrice fera monter ce chiffre proportionnellement à la gravité de l’agression qu’elle soit militaire , médiatique ou économique. C’est quasiment mécanique.

    Il est donc incontestable qu’à l’opposé des Français ou des Espagnoles (par exemples) , les politiques américaines et israéliennes ont toujours simulé une lutte contre les radicaux, mais en fait ont de tout temps orchestrés des agressions maximales contre les pays modérés non inféodés à leurs interets. Ces pays comme l’Iran, l’Irak ou la Palestine se sont donc radicalises. Pour au final les pointer du doigt comme pays extrêmistes "terroristes" et lancer des campagnes militaires ultra-destructrices et meutrières.

    Il y a donc deux grandes écoles de civilisations :

    - Les parasites qui vivent aux crochets du monde semant le chaos et la haine entre les peuples, diviser pour mieux rêgner. Attitude suicidaire de court terme.
    - Les équitables qui pronent la complémentarité solidaire. Sans cesse retablir les équilibres, stabiliser, arbitrer, construire. Attitude visionnaire du court et du long terme.

    C’est sans doute le seul choc civilisationnel qui mérite d’être encouragé, il me semble. Face à la sauvagerie du parasite, l’équité de l’Humain.

  • permalien Orangerouge :
    10 septembre 2006 @15h44   « »
    Un point de vue sur la (les?) stratégies occidentales

    En tant que française j’aimerais que la France s’éloigne radicalement des guerres américaines (en particulier sortir vite d’Afganistan). Parce que ces actions n’amènent la démocratie nulle part. Si la démocratie était l’objectif, je pense que les américains s’y prendraient différemment et que leurs soldats seraient formés à respecter les civils ce qui n’est pas le cas. Les guerres américaines qui tuent un nombre considérable de civils, ne font que justifier et faire s’épanouir le terrorisme.

    Un article intéressant de Gilbert Achcar (originaire du Liban et enseignant en sciences politiques à Paris 8), sur les stratégies américaine, israélienne, et française au Liban, sur le site aloufok.net Cet article considère que français et américains ont la même stratégie. C’est une question que je me pose... sans avoir arrêté mon opinion.

    Voir en ligne : Liban : la guerre des 33 jours et la résolution 1701 du Conseil de Sécurité.

  • permalien Pierre BLEUE :
    10 septembre 2006 @17h03   « »

    OrangeRouge,

    Sure que si Sarko prend le pouvoir la question de savoir si la politique française n’est qu’une filiale du rouleau compresseur israélo-américain, ne se posera plus.

    En attendant, il y a quand meme des Villepinistes à droite et des Védrinistes à gauche, dont la complicité avec l’"empire" est très très peu vraisemblable.

  • permalien Sophie :
    11 septembre 2006 @00h25   « »
    Et les Palestiniens ?

    En réponse à Orangerouge

    Jusqu’à présent, je me ralliais à la position : retrait des Israeliens sur les frontières d’avant 1967, puisque c’était ce que les Palestiniens demandaient.

    Mais à voir l’attitude des Israeliens à Gaza, en Cisjordanie, au Liban , leur mépris des instances internationales, le non respect des accords qu’ils signent, ...etc, leur politique expansionniste,(c’est quoi le territoire des Palestiniens maintenant ?) j’en arrive à la conclusion, comme d’autres, qu’ils ne veulent pas d’un Etat Palestinien sur "leurs" terres.

    Rien ne sert de leur demander "d’accepter"," de bien vouloir", de "négocier", de "réfléchir sur...", ils ne voudront jamais d’un Etat Palestinien. Ils le prouvent depuis 1948.

    Les Blancs d’Afrique du sud ont-ils accepté de partager le pouvoir et les terres avec les Noirs , de renoncer à l’apartheid ? Non, cela leur a été imposé par les luttes de l’ANC et les pressions internationales (boycott).

    La phase intermédiaire que vous suggérez, c’est ce que nous vivons actuellement. Pensez-vous qu’elle manifeste la volonté des Israeliens d’accepter un Etat Palestinien ?

    La première fois que j’ai pris connaissance de cette position (un seul Etat, pour les Israeliens et les Arabes) j’ai été très perplexe.(Est-ce réaliste ?, après tant d’exactions , de spolations, de haines et de peurs ). Mais n’en y avait-il pas autant en Afrique du sud ? Je ne sais pas très bien comment ça marche là-bas, mais à ma connaissance il n’y a pas de guerre civile, et le pays existe encore.

    Il suffit de regarder les cartes des différentes phases de découpage de la Palestine depuis 1920 ( site le monde diplomatique>cartographie>proche-orient) pour comprendre que Israel n’a jamais voulu ,ne veut pas et ne voudra jamais d’un Etat Palestinien sur ce territoire qu’il considère comme lui revenant de droit (divin ou historique, le résultat est le meme).

  • permalien Orangerouge :
    11 septembre 2006 @09h52   « »
    faire pression sur Israël

    à Sophie,

    Le sens de mon post était que puisqu’il n’y a pas de pression sur Israël, on peut toujours discuter un état... deux état... cela reste complètement virtuel, donc un peu vain.

    - Ce qui est urgentissime dans l’immédiat c’est une véritable pression de la France (les français et l’état français) et de la communauté internationale pour qu’Israël cesse la guerre menée à Gaza contre la population palestinienne. On ne voit rien venir.... et c’est vraiment atroce.

    Je souhaiterais aussi qu’on s’adresse un peu plus vigoureusement en France aux sionistes et aux représentants d’entreprises israéliennes. Ceux qui soutiennent Israël, sans s’élever contre sa politique, ont une vraie responsabilité dans ce qui se passe. L’impunité constante accordée à Israël est criminelle.

    Y a-t-il des rabbins en France qui s’élèvent publiquement contre la guerre menée par Israël aux civils libanais et à la population palestinienne ? C’est une question.

  • permalien Orangerouge :
    11 septembre 2006 @17h51   « »
    Quelques questions sur Israël à Alain Gresh

    On parle souvent d’emprisonnement d’enfants par Israël.

    J’ai le souvenir du chiffre de 300 enfants emprisonnés.

    Est-ce vrai ?

    Si oui, y a-t-il des organisations humanitaires qui ont accès à ces enfants et aux prisonniers palestiniens en général ?

    La pratique de la torture dans les prisons israéliennes est souvent évoquée. Est-elle prouvée ?

  • permalien Pierre BLEUE :
    11 septembre 2006 @18h37   « »

    Les derniers rapport d’Amnesty ou d’HRW sont limpides sur le sujet : la torture est massive dans la prisons israéliennes ainsi que dans les camps de transit après les rafles. Les prisonniers qui bien souvent comptent des femmes et des enfants sont systématiqument humiliés, insultés et soumis à des interrogatoires comportant de la torture physique et mentale. Les viols d’enfants, de femmes ou d’hommes sont totalement tabou en Palestine, ils sont rarement porter à la connaissance du public faute de plaintes déposées, mais partout ou le Shinbet (Gestapo israélienne) est intervenu dans les prisons américaines en Irak, en Afghanistan ou a Guantanamo, les tortures sexuelles ont été encouragés et minitieusement orchestrées selon des protocoles assez précis qui suggère une longue expérience de la part des "consultants en torture" israéliens.

  • permalien Pierre BLEUE :
    14 septembre 2006 @18h52   «
    Israël a emprisonné le quart de la population palestinienne des territoires occupés

    Source :Al_Jazeera

    Israël a emprisonné le quart de la population palestinienne des territoires occupésUn rapport statistique établi par le ministère palestinien des prisonniers et libérés indique qu’Israël a arrêté depuis 1967 plus de 700 000 palestiniens ce qui représente plus de 25% de la population globale palestinienne des territoires occupés. Selon ce rapport le nombre actuel des prisonniers, répartis sur environ 30 prisons et centres de détentions, a atteint 10100 prisonniers dont 5000 ont été arrêtés pendant la seconde intifada.

    Ce rapport précise que 86% des prisonniers arrêtés depuis 1967 sont originaires de la Cisjordanie, 7,4% sont de Gaza et 6 ,6% sont originaires de Jérusalem et des arabes de 1948.

    Il apparaît dans ce rapport que :

    74,9% des prisonniers sont célibataires 44,7% ont été condamnés, 45,9% sont en attente de jugement et que 9,4% sont placés en détention administrative sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux.

    Les prisonnières et les enfants

    Selon ce rapport, les forces d’occupation ont arrêté au cours de l’Intifada d’Al Aqsa plus de 500 femmes palestiniennes, parmi elles 104 (dont 4 ont moins de 18 ans et trois ont accouchés en prison) croupissent toujours dans les geôles israéliennes.

    Selon les informations fournies par le service chargé de l’enfance et de la jeunesse, plus de 5000 enfants ont été arrêtés depuis le début de l’Intifada d’Al Aqsa et 335 sont encore dans les prisons israéliennes.

    Le rapport montre que 99 de ces enfants souffrent de maladies diverses et sont privés de soins et que 99% d’entre eux ont été torturés.

    Les responsables politiques kidnappés

    Le rapport affirme que 41 députés et 5 ministres du nouveau gouvernement palestinien sont derrière les barreaux des prisons israéliennes, 25 de ces députés ont été arrêtés à la fin du mois de juillet suite à l’enlèvement du caporal Gilad Shalit.

    Les prisonniers martyrs

    Le rapport indique que 183 prisonniers sont morts soit à la suite de tortures, soit parce qu’ils ont été tués ou soit par manque de soin, la dernière victime en date est le martyr Sulaimane Mohammed Daraïja mort par manque de soin le 26 avril 2006 dans la prison Hasharon.

Ajouter un commentaire

loupe