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Illustration et apologie de la dictature tunisienne

mercredi 20 septembre 2006, par Alain Gresh

Sondage. Un sondage réalisé entre le 14 et le 16 septembre par le Palestinian Center for Policy and Survey Research in the West Bank and the Gaza Strip, publié dans la presse, mais qui n’est pas encore en ligne sur le site donne les résultats suivants. 54% des personnes se déclarent insatisfaites du bilan du gouvernment du Hamas, une insatisfaction qui culmine à 69% sur les questions économiques. Pourtant, en dépit de ce mécontentement, le rapport de force entre les différentes factions a peu évolué en trois mois : les intentions de vote en faveur du Hamas sont passés de 38% à 39%, tandis que celles pour le Fatah sont passées de 39% à 41%. Le point culminant de la popularité du Hamas avait été atteint en mars 2006, avec 47% d’intentions de vote. D’autre part, une majorité des deux tiers (66%) estime que le Hamas ne devrait pas accepter les conditions posées par les bailleurs de fonds pour reprendre leur aide.

Un conseiller de Sarkozy persiste et signe

Les déclarations de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis (lire mon blog continuent de susciter quelques remous. Le quotidien Libération du 18 septembre, publie un article intitulé « Jacques Chirac juge "lamentable" l’atlantisme de Sarkozy ». Dans la même livraison, Pierre Lellouche, conseiller politique de Nicolas Sarkozy persiste et signe. Dans un texte intitulé « L’antiaméricanisme, religion des imbéciles », il écrit : « La dictature du politiquement correct à la française est telle que dire que nous sommes les amis et les alliés des Etats-Unis, que l’on peut pis ! être l’ami d’Israël, serait devenu une sorte de "faute" politique. Celui qui s’en rend coupable serait, en effet, au mieux un inconscient, au pire un supplétif de l’impérialisme américain, mais de toute façon condamné par l’électorat national. Comme Nicolas Sarkozy, je suis convaincu que le refrain de la haine antiaméricaine, ce mauvais nationalisme des imbéciles, n’est que l’apanage d’une certaine élite, au demeurant en perte de vitesse, à gauche comme à droite. » (...)

« Et puis il y a notre intérêt national, en ce début de XXIe siècle particulièrement chaotique et dangereux. Globalisation de la menace terroriste de l’islam radical, qui frappe à New York, Washington, Londres, Madrid et peut, à tout moment, frapper Paris, comme l’a menacé ces derniers jours Ayman al-Zawahiri, le numéro 2 d’Al-Qaeda. Prolifération des armes nucléaires à portée des villes européennes, désintégration d’un certain nombre de pays à la périphérie de l’Europe, multiplication des conflits au Proche-Orient, tous ces sujets exigent plus que jamais l’union des grandes démocraties, que les décisions soient prises en commun, que les stratégies soient communes en matière de renseignement, de lutte antiterroriste, mais aussi de développement et de promotion de la démocratie. »

Et Pierre Lellouche de conclure : « La crise de 2003 a été grave, car émotionnelle, la plus grave sans doute depuis 1966, comme l’a très justement analysé Nicolas Sarkozy. Et, oui, il est temps de tourner la page, de refonder une alliance entre égaux, en confiance, c’est-à-dire sans récriminations inutiles. Il est dans l’intérêt de la France de bâtir une Europe forte dans une alliance équilibrée avec les Etats-Unis. »

Une insulte à la mémoire de Maxime Rodinson

Dans Le Figaro du 19 septembre, Robert Redeker signe une tribune intitulée, « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». Ce texte suinte la haine et l’islamophobie, mais ce qui est particulièrement inacceptable c’est la tentative d’enrôler le grand orientaliste français Maxime Rodinson sous sa bannière. Utilisant des bouts de citations tirées de l’article écrit par Rodinson dans l’Encyclopédie Universalis sur Mahomet, Redeker prétend réusmer ainsi la vision développée par Rodinson : « Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. » Quiconque connaît un peu l’oeuvre de Rodinson, sait à quel point ce résumé ne reflète absolument pas sa pensée. Rodinson, juif et agnostique, a écrit un livre sur le prophète de l’islam, Mahomet (Points, Le Seuil), dans lequel il tente d’expliquer l’action de Mahomet à travers une grille d’analyse matérialiste. Cet ouvrage, souvent censuré dans le monde musulman, n’en présente pas moins une vision respectueuse de l’homme que fut Mahomet, de son action. Rien à voir avec les raccourcis haineux de Robert Redeker...

Illustration et apologie de la dictature tunisienne

Le régime tunisien dispose, depuis de longues années, de nombreux thuriféraires en France. Le premier est sans aucun doute le président de la République Jacques Chirac – ainsi déclarait-il au cours de sa visite officielle en Tunisie, début décembre 2003 que « le premier des droits de l’homme c’est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat, ajoutant que de ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays » (Lire la réaction de la Ligue des droits de l’homme à ces propos). Jacques Chirac n’a pas le monopole de cette complaisance et des responsables politiques, de gauche comme de droite, n’hésitent pas à chanter les louanges du régime de Zine Abidin Ben Ali.

C’est le cas aussi de certains « intellectuels », comme le prouve un des derniers ouvrages d’Antoine Sfeir, intitulé Tunisie, terre des paradoxes, qui vient de paraître aux éditions de l’Archipel. Le degré de flagornerie à l’égard du chef de l’Etat tunisien y est assez exceptionnel. Ben Ali est ainsi décrit comme réunissant « en sa personne toutes ces compétences. D’une part, elles lui permettent de se montrer plus efficaces, et les résultats obtenus plaident en sa faveur ; d’autre part, la réunion de ces compétences en un seul homme évite de les voir entrer en conflit. » (p. 213)

Le régime est-il policier ? Citant un rapport du département d’Etat, l’auteur affirme que la Tunisie compterait entre 450 et 1000 prisonniers, dont très peu ont été condamnés pour des actes de violence. « On peut le déplorer, certes », précise-t-il. « Mais que penser du Patriot Act ? Faudrait-il accepter que les Etats-Unis se protègent contre l’islamisme et non la Tunisie, où le danger est pourtant bien plus réel et pressant : tentatives de coup d’Etat, assassinats, attentats – dont celui de la synagogue de Djerba – et volonté affichée de renverser le régime pour y instaurer, par la force et la terreur, un Etat dépourvu de toute liberte ? » Etrange raisonnement, puisque l’auteur lui-même affirme que les prisonniers ne sont pas inculpés pour des actes de violence... D’autre part, qui approuve le Patriot Act ? (lire p. 13)

« Autre accusation, poursuit Sfeir : le régime tunisien est un régime policier. Actuellement, il ne l’est pas plus que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, ou même la France » Il suffit de lire n’importe quel rapport d’Amnesty International, de Human Rights Watch, ou de savoir que, depuis l’arrivée de Ben Ali au pouvoir le nombre de policiers a quadruplé, pour mesurer le sérieux de cette affirmation.

L’auteur célèbre la tenue du sommet mondial sur la société de l’information, dont la seconde partie a eu lieu en novembre 2005. « Le succès de ce Sommet de Tunis, organisé de façon irréprochable, et qui a rassemblé plus de 21 000 participants (...) a été reconnu par tous. » (p. 217). Par tous ? Dans un communiqué distribué à la presse, la délégation américaine s’est déclarée « déçue de voir que le gouvernement tunisien n’a pas tiré profit de cette importante manifestation pour démontrer son engagement en faveur de la liberté d’expression et d’association en Tunisie ». Le président de l’association Reporters sans frontières, Robert Ménard, a été refoulé par les autorités tunisiennes alors qu’il souhaitait assister au sommet. Ceux qui veulent vraiment savoir quelle est la situation de l’information dans un pays où naviguer sur l’Internet peut conduire en prison, peuvent lire un rapport de diverses organisations des droits humains sur la Tunisie et l’information.

En conclusion de son livre, Sfeir aligne une série de déclarations de responsables internationaux saluant le régime de Ben Ali, qui s’ouvre sur le président de l’Union des écrivains russes qui « adhère (...) à la politique d’ouverture et de dialogue initiée » (p. 226) par Ben Ali. « Une question, écrit Sfeir, pourquoi toutes ces déclarations positives pour la Tunisie de Ben Ali ? » Effectivement, on peut s’interroger sur les raisons qui poussent Chirac, le roi Juan Carlos, le ministre allemand de l’intérieur ou le président Bouteflika à faire l’éloge d’un tel régime. Cela demanderait effectivement une étude sérieuse, comme celle de savoir pourquoi certains intellectuels et journalistes se font les défenseurs de Ben Ali...

14 commentaires sur « Illustration et apologie de la dictature tunisienne »

  • permalien Ahmad :
    20 septembre 2006 @15h10   »

    salam,voir l’article de tariq ramadan(sur son site):le pape et l’islam,le vrai débat,salam

  • permalien
    20 septembre 2006 @17h37   « »
    A propos de Pierrre Lelouche

    Lellouche a écrit :

    Pierre Lellouche, conseiller politique de Nicolas Sarkozy persiste et signe. Dans un texte intitulé « L’antiaméricanisme, religion des imbéciles »,

    On peut compter sur cet ardent supporter des Néo Conservateurs US pour s’aligner sur les crimes de guerre américains et israéliens au Moyen Orient

    On peut également compter sur Lelouche pour relayer la propagande semi raciste contre les musulmans , tous islamistes ou suspects !!!!!!!!!

    Rien à attendre de lui pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux mêmes que se soit en Palestine occupée ( où les barbares israéliens assassinent tous les jours des civils)
    ou en Irak , ou au Liban

    Lellouche comme Sarkosy et d’autres doivent être dénoncés pour ce qu’ils sont :

    des propagandistes meutriers du lobby sioniste type AIPAC aux USA !

    des comunautaristes à 150% !

    Il faut les faire battre électoralement et à tout prix !!

    picvert

  • permalien
    20 septembre 2006 @18h25   « »
    Sfeir et Lellouche

    Qu’ont-il en commun ? l’islamophobie.

    Lellouche n’a comme principal programme politique que de défendre les USA et Israel, alors que c’est un politique français. Il n’hesite pas pour cela à cracher sur la France et les français. Selon la logique sarkozienne "la France tu l’aime ou tu la quitte" il devrait être parti depuis longtemps !

    Sous le titre "Jean-François Revel’s Not Dead" Sebastien Fontenelle nous fait au moins rire des tissus d’âneries de Peter Lellouche :

    http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/...

    Sur Sfeir (expert auto-proclamé) Bakchich a un petit papier qui présente cette sommité des "vendus aux puissants" :

    Voir en ligne : La Sfeïr tunisienne

  • permalien K :
    20 septembre 2006 @22h35   « »

    ...pourquoi toutes ces déclarations positives pour la Tunisie de Ben Ali ? »
    Décidement les (ir)responsables politiques de ce monde n’apprennent rien.

    Ces "laicités a coup de trique" a la fois brutales et corrompues genre Tunisie de Ben ali n’expliquent t-elles pas le succés de l’islamisme militant ?

    N’est ce pas en réaction a leur gestion désastreuse de la "res publica" que les masses musulmanes se sont,en desespoir de cause, retournées vers ceux que l’on a coutume d’appeler les islamistes, épouvantails du "monde libre" ?

    "Une laicité sans démocratie" n’est-elle pas "un désastre a la fois pour la démocratie et pour la laicité" (A.Maalouf) ?

    Alors oui, pourquoi toutes ces déclarations positives pour la Tunisie de Ben Ali ?

  • permalien Enma :
    20 septembre 2006 @22h53   « »
    Un conseiller de Sarkozy persiste et signe...

    Je ne comprend pas pourquoi certains sont séduits par des propos totalement vains, gratuits et qui n’apportent rien de nouveau à la situation sur le terrain. Sarkozy n’a qu’à envoyer 50 000 hommes en Irak ou en Afghanistan, ils seront reçus à bras grands ouverts... Et comment être crédible face à la menace Iranienne quand on n’arrive même pas à "mater" quelques bandes de sauvageons pour près d’un mois ?

  • permalien Pierre :
    21 septembre 2006 @06h38   « »

    Salut les imbéciles !

    La technique est toujours la même :

    . Être en accord avec la majorité des américains, c’est de l’anti-américanisme.

    . Nier la raison au nom de la foi, c’est la raison.

    . Priver des peuples de la démocratie, c’est la démocratie.

    Lelouch, Bush, Benoit même religion : le Toa-tö-king (tout ce qui est en haut est en bas, tout ce qui est chaud est froid etc.)

    Ajoutons :

    . Tout ce qui combat le cynisme est cynique.

    . Tout ce qui ne va pas dans mon intérêt est imbécile

  • permalien
    21 septembre 2006 @09h58   « »
    Illustration et apologie de la dictature tunisienne_Picvert

    pierre a écrit

    Salut les imbéciles !

    La technique est toujours la même : et bla,bla, bla .....

    je suis fier "d’être anti américain " quand il s’agit de l’occupation de l’Irak condamnée par l’ONU !

    je suis fier "d’être anti israélien " quand il s’agit de lutter contre les crimes des racailles
    de Tsahaal " dans les territoires palestiniens occupés depuis 50 ans !!!!

    je suis fier d’être antisioniste ou anti américain quand il s’agit de défendre le droit international !

    libre à toi d’être le caniche du criminel GW Busch ou le caniche de tes pôtes sionistes
    assassins d’enfants dans les territoires occupés palestiniens !!!

    Informe toi sur ce qui se passe derriere le discours dominant en Israél

    Que diable est-il arrivé à l’armée ?
    publié le lundi 14 août 2006 par Uri Avnéri
    traduit sur http://www.france-palestine.org/art...
    sinon sur Gush Shalom

    http://zope.gush-shalom.org/home/en...

    allez à tchao !!

    et apprends à argumenter , par respect pour A Gresh !!!

    ce blog n’est pas " un crachoir " !!

  • permalien Fugue :
    21 septembre 2006 @10h46   « »
    A 09:58

    Pierre faisait de l’humour.

    Il faisait référence à l’article de Fontenelle en lien sur un post plus haut.

    C’est sûr que ce monde orwellien n’aide pas à pratiquer l’ironie, mais ce serait dommage de s’en passer. On ne peux pas être en colère en permanence. Surtout quand la ficelle est si grosse comme avec Lellouche et cie.

  • permalien Pierre :
    21 septembre 2006 @11h58   « »

    Cher(e) Picvert,

    Vous avez parfaitement raison de haïr Castro, Lula, Chavez puisque votre détestation anti-américaine, est parfaitement argumenté.

    Pour ma part je me bornerais a émettre d’énormes réserves sur l’administration Bush comme la moitié des étasuniens mais je reconnais qu’à part le désespoir, la misère et la mort que cette administration est capable de générer, je n’ai aucune argumentation sérieuse à vous proposer.

    Je vous remercie de défendre A. Gresh contre les dangereux comploteurs de mon espèce, car son blog est un lieu de libre expression extraordinaire.

  • permalien Fugue :
    21 septembre 2006 @14h42   « »
    Une insulte à la mémoire de Maxime Rodinson.

    Dans Le Figaro du 19 septembre, Robert Redeker écrit :

    "Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine."

    Cela me semble à mettre en parallèle avec un article que je reposte :


    Ce que le Pape a dit sur l’islam
    21 septembre 2006 13:44, par Fugue

    Alain Gresh a écrit :

    "Et la volonté du Pape d’identifier christianisme à pensée grecque et à l’Europe me semble dangereuse."

    Robert Pollard (ancien professeur d’histoire-géographie) a écrit un article très intéressant dans libé (lien ci-dessous) qui semble aller dans ce sens.

    Extraits :

    "la véritable affaire ne vient pas d’une confrontation maladroite entre islam et chrétienté mais de l’affirmation du dogme de la chrétienté qui s’impose à l’ensemble de l’Europe occidentale. La nouvelle Reconquista est en marche, elle vise à chasser la liberté d’une pensée ontologique athée ou agnostique au profit d’une Europe repentante et retrouvée " (...)

    "C’est alors que la conclusion papale prend toute sa dimension quand il dit, à Ratisbonne, devant les « représentants de la science » (Galilée était absent...) : « L’Occident est depuis longtemps menacé par l’aversion contre les interrogations fondamentales de sa raison et il ne peut qu’en subir un grand dommage. Le courage de s’ouvrir à l’amplitude de la raison, et non le refus de sa grandeur, tel est le programme par lequel une théologie engagée dans la réflexion sur la foi biblique entrera dans les débuts du temps présent. » Véritable déclaration de guerre... aux incroyants et non-pratiquants, aux scientifiques, aux philosophes de l’athéisme et de l’agnosticisme, aux hommes libres de ne pas croire, aux fauteurs de désordre, aux anticapitalistes, aux échappés du Logos et de l’Eden." (...)

    Voir en ligne : La raison unique de Benoît XVI

  • permalien marc saint-upéry :
    21 septembre 2006 @17h11   « »

    Tout à fait d’accord avec les propos de Gresh sur Ben Ali et la complaisance de certains intellos et journalistes.

    Reste à savoir pourquoi certains intellos et journalistes, comme Ramonet et Lemoine, par exemple, font preuve d’un complaisance tout aussi répugnante à l’égard de Fidel Castro.

  • permalien Alberto ZAMBRANO :
    25 septembre 2006 @23h26   « »

    Deux remarques :

    "Rodinson, juif et agnostique" : peut-on être chrétien et agnostique ? ou musulman et agnostique ? ou protestant et agnostique ? En général, peut-on être croyant et agnostique ? Sommes-nous crhétiens, musulmans, juifs ou protestants -et il y a d’autres réligions, vous pouvez ajouter ici la liste- si nous n’y croyons pas ? Parce que mon père, ou mon arrière grand-mère y croyaient ?

    "Le président de l’association Reporters sans frontières, Robert Ménard, a été refoulé par les autorités tunisiennes alors qu’il souhaitait assister au sommet." Quiconque connait ce qu’est RSF et son "president" ne peut s’offusquer de cette information. S’il s’agisait d’un sommet sur l’information, c’est normal que les représentants de la désinformation n’aient pas été invités.

  • permalien Winny :
    28 septembre 2006 @06h46   « »

    Je ne suis nullement surpris par les propos d’Antoine Sfeir. Il suffisait de voir ses soit disant "analyses" au moment de la guerre israelienne contre le Liban, ou il accusait le Hezbollah de tous les maux et son article apres les propos du Pape.

    Pour revenir a la Tunsie de Ben Ali, l’ Agence Tunisienne de Communication Exterieure n’a pour role que de polisser l’image du regime. Tous ceux qui font l’apologie de ce regime en sont les sous traitants. Depuis l’arrivee du General Ben Ali en 1987, le nombre des policiers a ete mutiplie par 4 ou 5 au minimum. Si vous deambulez avenue Habib Bourguiba a Tunis, vous n’avez pas besoin d’etre un specialiste pour vous rendre compte que des centaines de jeunes policiers font le trotoire en civil. Les murs de l’aeroport de Tunis sont truffes de micros et une salle d’ecoute existe dans l’enceinte de l’aeroport. Tous les telpohones de l’aeroport sont sur ecoute. Si vous etes un etranger non europeen, vous avez beaucoup de chance d’etre interroges par l’"Irchad" au moment de presenter votre demande de carte de resident... On peut mutiplier les exemples a l’infini, mais il faut avoir vecu en Tunisie longtemps pour comprendre a quel point le regime est ploicier.

    Mais ce regime seduit de deux manieres :

    A l’interieur, il a poursuivi depuis 1987 une politique "sociale" et notamment via le fonds social 26-26 en direction des plus demunis ; il a poursuivi une politique de logement social amorcee depuis l’ere Bourguiba, a "reussi" sur le plan economique depuis la mise en place du PAS l’ete 1987 avant l’arrivee de Ben Ali qui a engendre un taux de croissance soutenu jusqu’a 6 % certaines annees. Sur le plan cutlturel, les festivals d’ete se comptent par dizaines et les chanteurs du Moyen Orient sont les tres bien venus chaque annee ce qui permet de donner une impression festive et de "bien etre" surtout durant les vacances scolaires et permet de passer les augmentations de prix... Les jeunes desouvres de la grande banlieue sud, des quartiers nords tres pauvres du nord Tunis et des villes de l’interieur ont trouve dans les dizaines de milliers de postes offerts par le ministere de l’interieur l’occasion d’echapper a leur misere et d’avoir de l’autorit. Ce sont ces memes jeunes qui sont la generation securitaire de Ben Ali et les executants des basses besogne de la police politique. Le parti quasi unique encadre l’ensemble du territoire et intervient pour distribuer des avantages (licences de taxis, contre des services a rendre a la police en matiere de surveillance de la population par exemple)et elargir la clientele du pouvoir. Le parti au pouvoir (RCD) travaille main dans la main avec les differents services de securite.

    Sur le plan exterieur, le regime utilise deux arguments : la lutte contre l’islamisme et l’economie. La lutte contre le mouvement Nahda a commence depuis le temps ou le general etait ministre de l’interieur et a ete sans merci. Des milliers de jeunes -accuses ou voire juste soupconnes de sympathie avec Nahda - se sont retrouves en prison et a leur sortie ont ete prives de passeport et obliges de "pointer" au commissariat de maniere quotidienne ou hebdomadaire selon leur "dangerosite". Les detenus politiques actuels ou anciens se comptent par milliers. Mais par la suite, cette repression n’a epargne ni les democrates, ni les syndicalistes de gauche, ni les etudiants... Cela les defenseurs de l’ordre anti islamiste l’oublient ou feintent de l’oublier.

    Le deuxieme argument, ce sont les perforamances economiques : le regime vante le "guichet unique", les zones franches, le systeme "off-shore"... Mais la generalisation de ces meme avantage par de nombreux pays a fait partir de Tunisie de nombreuses entreprises. La crise du textile avec la fin des quotas a fini par perdre a la Tunisie son avantage. Reste le tourisme "tres bon marche", les apports des tunisiens travaillant a l’etranger et l’agriculture... Mais la situation jadis "florissante" dans les annees 90 l’est moins aujourd’hui.

    Mais ce qu’oublient -ou ne veulent pas voir-les zelateurs du regime Ben Ali c’est la gestion mafieuse et la mise en coupe reglee du pays par la famille du president. Ces freres (l’un d’eux trafiquant de drogue notoire avait ete assassine), ses gendres (Selim Chiboub ex dirigeant du premier club de football et partenaire de "Carrefour"), les freres de son epouse Leila Trabelsi ( ex coiffeur devenue licenciee en Droit et mere d’un possible successeur au general) sont la veritable elite economique du pays. Ils sont de tous les projets importants de gre ou de force et empruntent aux banques de la meme maniere...

    On peut continuer longtemps a parler de la corruption, des passes droits... Mais cela tout le monde le sait y compris Sfeir et autres zelateurs

  • permalien Nathan Clarcque :
    8 mars 2008 @19h58   «

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

    Je propose à Antoine Sfeir de revoir son livre en intégralité, je pense qu’il n’a pas été se promener dans les rues en Tunisie tout en discutant avec les tunisiens. La Tunisie est loin de cette croissance économique que le gouvernement Ben Ali revendique, comme pour les élections présidentielles, les chiffres de la croissance sont faux.
    Un autre exemple de cette manipulation avec l’affaire de madame Sameh Harakati, la preuve même que la Tunisie va mal avec des tribunaux qui font tout et n’importe quoi.
    La Tunisie est devenu avec le temps un pays dangereux pour les tunisiens mais aussi pour les touristes.

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

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