Le Monde diplomatique
Accueil du site > Nouvelles d’Orient > Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe

Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe

mardi 26 septembre 2006, par Alain Gresh

Le test du musée. Ariel Rubinstein écrit dans le quotidien israélien Yedioth Aharonoth du 25 septembre un article intitulé « The test museum » (Le test du musée). Supposons, dit-il en substance, que, dans vingt ans, nous fassions le plan d’un musée pour célébrer notre victoire sur les Palestiniens durant la seconde Intifada. Il propose quelques idées : « Dans l’aile principale, nous pourrions montrer comment les avions militaires israéliens les plus avancés, les chars les plus lourds et les techniques de renseignements les plus précises ont permis de faire sauter les ateliers de forgerons qui étaient utilisés pour construire des roquettes Qassam, d’abattre n’importe quelle créature à deux jambes qui s’approchait des barbelés de la frontière et de couler les petits bâteaux de pèche utilisés pour la contrebande d’armes. » (...) « Une section spéciale serait consacrée à la justice, où nous organiserions un son et lumières expliquant comment nous avons violé la lettre de la loi pour autoriser l’expropriation des terres, les démolitions de maisons, les emprisonnements et autres merveilles de l’occupation. »

Pourquoi citer un empereur byzantin ? Dans une opinion publiée le 25 septembre dans le International Herald Tribune, Erwan Lagadec, un chercheur associé au Centre pour les relations transatlantiques de l’université John Hopkins, s’interroge après les déclarations du Pape : « Why quote a Byzantine emperor ? ». « La réfutation de l’islam par Manuel II est le dernier avatar d’un genre littéraire qui avait de profondes racines historiques. Des érudits aussi importants que Pierre le Vénérable (1094-1156) ou Thomas d’Aquin (1225- 1274) ont contribué de manière significative à cette tradition. Toutefois, ils ne contestaient pas l’islam de la même manière que Manuel II. Au contraire, leur point de départ était la raison et ils acceptaient le fait que les musulman partageaient. Sur cette base, ils discutaient pour savoir si la raison faisait du chrisitianisme ou de l’islam une doctrine irréfutable. Dans ces joutes, les auteurs chrétiens n’ont jamais remis en cause la capacité des musulmans d’allier la raison et la fois. Ils affirmaient simplement que leurs arguments étaient plus convaincants. »

« Si le pape a de manière inexplicable puisé dans un des textes les plus polémiques du Moyen Age, est-ce que cela ne s’explique pas par le fait que notre époque, notre dialogue inter-religieux et inter-culturel, est "sombre" ? La différence de point de vue entre les traités de Pierre le Vénérable ou Thomas d’Aquin d’un côté, Manuel II de l’autre est facile à expliquer. Aux XIIe et XIIIe siècles, quand Pierre le vénérable ou Thomas d’Aquin écrivaient, le christianisme était en ascension. Il reconquerrait ou conquerrait des terres contrôlées par des Etats musulmans faibles (durant ce processus, le monde chrétien commettait le plus de massacres et de "conversions par l’épée"). Le christianisme avait confiance dans sa force, y compris sa force intellectuelle.  »

« Tout cela était bien éloigné du contexte de Constantinople en 1400. Manuel II et ses prédécesseurs avaient consacré leur vie à une bataille dont ils savaient qu’elle était perdue. L’islam était à l’offensive. L’empereur était sous siège, humilié par les musulmans et par les catholiques romains. »

« Donc la vraie question est de savoir pourquoi le Pape se sent si proche du contexte culturel que connaît un empereur vivant sous siège, en guerre, humilié et du côté des perdants de l’histoire. Il faut espérer que dans son dialogue avec le monde musulman, l’Occident ne partage pas les sombres vues de Manuel Paleologue ou la conviction que les circonstances d’alors et d’aujourd’hui sont les mêmes. Donner du poids à de telles notions nous forcera à transformer "le choc des civilisations" en prophétie auto-réalisatrice (a self- fulfilling prophecy). »

Bat Ye’or, Eurabia, et l’axe euro-arabe

Parmi les personnes qui défendent une vision "orientaliste", on peut distinguer deux types : les uns maîtrisent une connaissance réelle du monde musulman, tel Bernard Lewis – ce qui n’empêche pas que l’on puisse contester leurs analyses, comme j’ai pu le faire dans Le Monde diplomatique d’août 2005 ; d’autres sont de purs idéologues dont les travaux relèvent uniquement d’une volonté d’engager le monde dans une guerre de civilisation. Parmi ces derniers, on compte Bat Ye’or, dont les "travaux" sont complaisamment reproduits par tous les sites, toutes les revues engagées dans la "troisième guerre mondiale" contre l’islam.

Son dernier livre s’intitule Eurabia, l’axe euro-arabe, un mélange de théorie du complot et de conviction que depuis la naissance de l’islam l’Europe et l’Occident sont confrontés à une menace existientielle.

Une fois n’est pas coutume, j’ai voulu offrir aux lecteurs de ce blog, sans commentaires, une partie de son livre. A eux de juger...

Extraits de la préface (pages 16 et 17)

« Dès les années 1970, une sorte de tabou occulta ce sujet en Europe et, même, l’exfiltra de l’histoire. Il fallut attendre l’attaque jihadiste du 11 septembre 2001 aux USA pour rompre le silence. La guerre contre le terrorisme jihadiste, proclamée par le président George W Bush, traumatisa les chefs d’État européens. Les enquêtes judiciaires révélèrent que la plupart des attentats terroristes contre les États-Unis et d’autres pays avaient été fomentés par des cellules islamistes disséminées en Europe. »

L« es ondes de choc américaines du Il septembre gagnèrent l’Europe. On y voyait dans les banlieues, parmi des immigrés, la popularité de Ben Laden et la fierté des coups terroristes portés à l’Amérique, symbole d’un Occident haï. Stupéfaits, sortant de leur torpeur, les Européens découvraient les diverses faces d’Eurabia, ce continent de la peur, du silence, de la dissimulation et de la diffamation qui n’était déjà plus l’Europe. Dès le VIIe siècle, et pour plus d’un millénaire, l’Europe avait résisté aux armées jihadistes lancées des territoires islamisés à l’assaut de ses îles et de ses côtes. Mais à partir de 1968, sous la pression du terrorisme palestinien, de l’attrait de l’or noir et de l’antisémitisme rampant, la CE choisit une direction radicalement différente. Elle opta délibérément pour une politique d’intégration avec le monde arabe selon une doctrine qui envisageait la fusion des deux rives de la Méditerranée. L’Europe devait se réconcilier avec un monde qu’elle incorporerait et qui la prolongerait en Afrique et en Asie. Les trois symptômes les plus apparents de cette politique s’exprimèrent par l’antiaméricanisme, l’antisémitisme/antisionisme et le culte palestinien, trois politiques imposées et diffusées du sommet de l’Union européenne dans chaque État membre, du haut en bas de l’échelle sociale, par un appareil et des relais organisés. Dans la confusion créée par le soudain surgissement du terrorisme islamiste sur sol américain, par la guerre contre les talibans en Afghanistan et la politique du chaos et des bombes humaines inaugurée par Arafat en Israël, les gouvernements européens, inextricablement liés aux pays arabes, recoururent à la politique de l’autruche et déclarèrent à qui mieux mieux qu’il n’y avait pas de terrorisme islamiste. Ce que l’on appelait à tort le terrorisme, c’était tout bonnement la folie, la stupidité et l’arrogance de la politique américaine, son « injustice » vis-à-vis des Palestiniens, ses « deux poids, deux mesures ». La véritable source du terrorisme, la cause principale de la guerre, c’était Israël, généralement dénommé « l’injustice », responsable par sa seule existence de la frustration, de l’humiliation des Arabes, de la misère, du désespoir et de tous les maux qui frappaient vingt-deux pays arabes, et même des guerres qui affligeaient la planète. Il suffisait de supprimer « l’injustice » pour parachever l’harmonieuse entente euro-arabe, la pureté du monde et la paix. »

« Qui s’y opposaient ? L’Amérique qui avait reçu une leçon bien méritée le 11 septembre et les communautés juives de la diaspora. L’UE et sa puissante Commission dirigèrent alors leurs batteries médiatiques contre les États-Unis et Israël, déversant dans toutes les strates sociales le langage d’Eurabia. Elle se manifesta au Forum international à Stockholm (janv.-fév. 2004), où une composition « artistique » honorait une islamikaze qui avait massacré vingt et un Israéliens, hommes, femmes et enfants en grande majorité chrétiens, tranquillement attablés lors d’un dimanche ensoleillé à un restaurant clé Haifa. Son portrait fut affiché sur les murs de vingt-six voies de métro. Mais, plus prosaïquement, une fièvre antisémite multipliait dans la vie quotidienne les agressions physiques et verbales antijuives dans les écoles, les rues, contre les synagogues et les cimetières en France, en Grande-Bretagne, en Suède, en Espagne, en Norvège. Elles se développaient dans une sorte d’impunité railleuse, d’autisme à l’échelle européenne, accompagnées d’hymnes à la victimologie palestinienne. Les États de l’Union européenne ne s’en émurent que lorsque ces événements, largement couverts par la presse américaine, firent scandale. »

Extraits issus du chapitre 19, « Conditionner les esprits » (pages 302 à 309)

Un continent terrifié

« Dans son livre sur la vie quotidienne en Andalousie, Charles-Emmanuel Dufourcq décrivait ce qu’il désigne "une grande peur" : la terreur de populations européennes soumises aux incursions jihadistes. À l’est de la Méditerranée, les chroniqueurs grecs et slaves rapportent la même terreur provoquée par l’avance turque. Le géographe serbe du début du XXe siècle, Jovan Cvijic, écrivait dans son livre très instructif sur les Serbes que, durant des siècles, la population dhinitnie vécut dans la peur. »

« Dès le début du Dialogue (entre l’Europe et le monde arabe), le public européen fut conditionné par la peur de contrarier les partenaires arabes et surtout de les humilier. Jacques Berque, l’influent arabisant français né en Algérie, évoquait dans ses mémoires cette grande peur qui accompagna son enfance. Aussi, en maintes occasions, recommandait-il la prudence vis-à-vis du monde arabe. Quand la France hésitait à participer à la guerre du Golfe, en août 1990, Berque déclarait : "[Les Arabes] pèsent lourd sur les flancs de l’Europe, et même en son cœur, avec les immigrants. L’humiliation du monde arabe est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre." Le respect pour l’arabisme est lié à cette angoisse ancestrale européenne, fustigée d’ailleurs par de nombreux politiciens qui dénoncent des préjugés irrationnels. Cependant, une alarme bien plus grande agite les cercles politiques européens. Le développement depuis trente ans du terrorisme de l’OLP, du Hamas, du Hezbollah et des autres mouvements jihadistes internationaux les a conduit à nier une réalité qu’ils se refusaient à affronter. Bien avant l’effondrement politique de l’Espagne après l’attentat terroriste du 11 mars 2004 à Madrid, qui tua 191 voyageurs, la peur de provoquer des représailles dictait les décisions politiques des ministres européens. Le pacifisme et l’opportunisme joints à la collusion avec Arafat dans les domaines médiatique, politique et financier garantirent à l’Europe le répit temporaire et conditionnel du dar al-sulh. En mars-avril 2003, les manifestations dans les rues d’Europe de centaines de milliers d’Européens solidaires d’Arafat et de Saddam Hussein témoignaient de cette peur. Le ministre des Affaires étrangères français, Dominique de Villepin, déclara au secrétaire d’État américain Colin Powell que la guerre en Irak et l’aggravation des hostilités avaient attisé "un sentiment d’inquiétude et d’humiliation dans le monde arabe". »

« Pour la « vieille Europe », la déclaration de guerre américaine au terrorisme et l’affirmation des valeurs judéo-chrétiennes représentent une inadmissible provocation et le seul vrai danger. (...) Dans son livre dense sur l’idéologie religieuse et la littérature politique des islamikazes, Raphaël Israeli, professeur de chinois et d’études islamiques et moyen-orientales de l’université hébraïque de Jérusalem, détaille les innombrables justifications très populaires du terrorisme contre l’Occident. » (...)

Une culture de haine

Le jihad incarne une conception de la guerre perpétuelle. Aussi requiert-il de perpétuels ennemis que l’oumma est obligée de combattre et d’assujettir. Le concept corrélé de dar al-barb, pays de la guerre destiné à la conquête, incite à une hostilité permanente contre les opposants. (...) Dans son livre explorant l’idéologie soutenant le terrorisme, Hatred’s Kingdom (Le Royaume de la haine), Dore Gold, expert du Moyen-Orient et ancien ambassadeur israélien auprès des Nations unies, décrit la haine qui nourrit le jihad. Il cite Cheikh Abdul Aziz bin Baz, vice-chancelier de l’université islamique de Médine : "Selon le Coran, la sunna et le consensus des musulmans, c’est le devoir des musulmans d’être hostiles aux juifs, aux chrétiens et autres musbrikun [polythéistes]". Bin Baz ajoute que divers versets du Coran démontrent « avec une clarté absolue, qu’il y a une obligation religieuse à mépriser les juifs et chrétiens infidèles et les autres musbrikun ». En 1974, Cheik bin Baz ftit nommé président du Directoire des recherches religieuses, des règlements religieux, de la propagande et de la direction religieuse, un important organe officiel, législatif et religieux.

« Fin 2002, Cheikh Muhammad bin Abdul Rahman al-Arifi, imam de la mosquée de l’académie de défense King Fahd écrivait : "Nous contrôlerons le Vatican ; nous contrôlerons Rome et y introduirons l’islam. Oui, les chrétiens qui gravent des croix sur les poitrines des musulmans du Kosovo et, auparavant, en Bosnie, et, avant, en de nombreux endroits dans le monde, nous paieront la jiziya, comme humiliation, ou se convertiront à l’islam". Le lien entre haine, guerre et humiliation est évident. Les nombreux et divers signes de dégradation rattachés à l’existence du dhimmi visaient à focaliser la haine sur lui. Le mépris et les diatribes qui les justifiaient pouvaient se développer librement dans le monde silencieux et humble de la dhimmitude. Ce discours traditionnel, si prévalent dans les sociétés arabes, déborde aujourd’hui en Europe, importé par les canaux du Dialogue à travers l’UE. La haine jihadiste a remis du vitriol nazi et fasciste dans la décoction eurabienne. »

« (...) En vingt ou trente ans, l’immigration de plusieurs millions de musulmans, principalement des pays arabes et de l’Asie, a importé tout le contexte de la dhimmitude en Europe même comme le montrent les intifadas à répétition en France et ailleurs. »

Les agents

« Les politiques dhimmies de soumission, de bons offices, de dénis mêlés d’antisémitisme et d’antiaméricanisme confèrent à la dhimmitude européenne une structure complexe. Elle se conforme au schéma historique du jihad, qui fomente des discordes interdhimmis et la division entre les nations infidèles. Il n’est pas surprenant que certains milieux religieux soient devenus les meilleurs agents de la dhimmitude en Europe. La condamnation de Bush pour impiété par certains protestants et catholiques européens va dans ce sens ; les commentaires négatifs sur sa religiosité évangélique illustrent le ressentiment et les peurs suscités par ses dénonciations du jihad. Un anathème contre Bush « faux chrétien » fut lancé dans les Églises en tandem avec les sentiments antiaméricains de l’UE. Les clergés islamophiles dhinunis le conspuèrent et, paradoxalement pour des ecclésiastiques, rejetèrent ses invocations de Dieu. Alors que les Américains sont fiers de leurs valeurs judéo-chrétiennes, les Européens les cachent comme des dhimmis. De tels sentiments se manifestent avec une force accrue dans les Églises arabes. Prouver leur animosité antioccidentale fut, depuis des siècles, la rançon de leur survie. Vecteurs de la politique arabe dans le dar al-barb, elles substituent le problème palestinien à la discrimination du christianisme d’islam. En juillet 2003, les dirigeants de l’Église palestinienne déclarèrent que les chrétiens américains qui soutenaient, sur des fondements bibliques, le droit d’Israël à la Terre sainte n’étaient pas chrétiens, suggérant par là que l’accusation de déicide est fondée. Il est indéniable que les Églises dhimnies contribuèrent à tisser le réseau psychologique, religieux et moral de la dhimmitude en Occident. Elles y gagnèrent non seulement la bienveillance de leurs maîtres musulmans, mais aussi un rôle politique de premier plan fort peu compatible avec leurs devoirs spirituels. »

(...) « La contribution des politiciens et intellectuels chrétiens arabes au militantisme dhimmi sous le pavois d’Edward Saïd fut déterminante en Europe et en Amérique. Les chrétiens du Moyen-Orient réfugiés en Occident, ainsi que les historiens des Balkans dénoncèrent souvent la collaboration chrétienne d’autrefois, qu’ils reconnaissent aujourd’hui en Occident. Malgré leur ténacité et leur courage, les Libanais, les coptes et les Assyriens réfugiés des pays arabes peuvent difficilement s’opposer aux « arabisants », leurs frères ennemis, généreusement financés et protégés par de puissants lobbies et qu’ils considèrent comme des traîtres. Depuis trente ans, les Européens sont soumis à une campagne de désinformation permanente générée par l’Association parlementaire euro-arabe et les multiples réseaux du Dialogue, essaimant par le biais de commissions et sous-commissions dans les affaires et la finance, les médias et l’édition, l’université et l’Église. Les fonctionnaires « eurabiens » de l’UE peuplent les centres de décision et exécutent le programme de stratégie commune, liant l’Europe au monde arabe. La guerre terroriste palestinienne, commencée en octobre 2000, et la collusion de l’UE avec Arafat, entraînèrent une campagne médiatique commune dans toute l’Europe et à l’échelle internationale. Elle illustrait la solidarité du partenariat euro-arabe dans la ligne des nombreuses résolutions relatives à cette stratégie. »

« Pourtant, la majorité des Européens est hostile à cette politique imposée à leur insu par les Eurabiens et dans laquelle ils se sentent emprisonnés et avilis, impuissants à combattre ce qui est devenu une culture de reddition et de haine. » .

30 commentaires sur « Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe »

  • permalien ant.h :
    26 septembre 2006 @19h02   »

    2 tranxen et au dodo.
    Plus sérieusement, ça s’est pris au sérieux ? Comment peut-on écrire de pire absurdité. Comment peut-on faire preuve d’une telle malhonnêteté intellectuel et moral, de tel contre sens volontaire, d’un tel cinisme ? C’est à un psychiatre qu’il faut demander une analyse.

    D’autre part, avec benoît le 16ème, il ne faut pas être naïf. C’est quelqu’un qui n’est pas bête, qui est plutôt diplomates (de statut) comme le sont les papes. Provoquer au plus mauvais moment et de la pire des manière n’est pas hasardeux, c’est une logique de provocation volontaire. Peut-être espérait-il reprendre quelques part de marché aux évangélistes, mais surtout redorer son blason par la continuation du projet de guerre des civilisations. Car c’est désormais de cela qu’il s’agit une lutte entre ceux qui ont besoin de cela comme mode de légitimation à leur domination et ceux qui, pour vivre, devront affronter cette logique culturalisante, réifiante, qui fait fi de l’histoire, et de toute connaissance réelle.

  • permalien Pierre :
    26 septembre 2006 @20h22   « »

    Ah ! ça ne vient donc pas de moi !

    C’est vrai qu’il y a beaucoup de mots... par moment on dirait même que ça fait des phrases... !

    Mais c’est dense.

  • permalien Denis :
    26 septembre 2006 @22h38   « »

    Pour la dernière partie (Bat ye’Or ), j’ai là un excellent livre "Comment faire un bon scénario". Tout y est : une structure forte, voire simple, et surtout ne pas quitter son sujet. Mais appliquons à cette "hypothese" le critère de falsification de Popper, et si un seul fait ne rentre pas dans la théorie, jetons tout... Quand à moi, j’en vois plusieurs (de faits)... mais assez perdu de temps. Ce qui m’interresse plus ce sont les propos du Pape. J’ai fait l’effort de lire tout ce que j’ai pu sur ses propos, et je l’avoue, il faut à mon avis une sacrée dose de mauvaise foi pour y voir une attaque sur l’Islam seul... J’y ai vu aussi une attaque contre toutes les visions religieuses aux dieux transcendentaux. Spinoza n’est pas très loin. En tous cas, certainement inspiré par l’évangile de Jean, où il est dit que le logos existait avant même Dieu ! Bref, quoi qu’on en pense, de la théologie, point à la ligne. Une autre manière d’étudier le discours du Pape serait d’étudier le nombre d’occurrences où il est question de l’Islam, je suis prêt à parier que celle là lui a échappée par inadvertance, vu le contexte... Mais ce n’est qu"un avis personnel. En tout cas la preuve que le Pape n’est pas infaillible... marrant. Plus certainement ces rencontres universitaires sont les lieux ou le catholicisme tente de refabriquer une théologie dans un monde déenchanté, avec quelques siecles de retard sur le déjà cité Spinoza, à qui l’occasion m’est offerte ici de rendre hommage, dont acte.

  • permalien K :
    26 septembre 2006 @23h19   « »
    Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe- A Denis

    Votre exercice de style est brillant (vraiment), et je partage votre admiration (o combien) pour le grand Spinoza, mais du temps, je trouve que vous n’en avez pas mis assez concernant votre reaction quant a "l’ouvrage" de Bat ye’or. Partagez vous ses vues ?

  • permalien kotédiwa :
    27 septembre 2006 @01h02   « »

    mdr d’apres lui si nos dirigeants européen ne citent pas dieu comme bush c’est parcequ’ils ont honte d’affirmer leur identité judeo-chretienne ? Il me semblait qu’il s’agissait juste du principe républicain de séparation de l’eglise et de l’etat mais bon...

    Quel ramassi de fantasmes, on dirait que c’est gens revent de voir un grand clash rien que pour pouvoir rendre legitime leur islamophobie degeulasse

    Et quelle vision manichéenne du conflit israelo-palestinien et du monde en general...

    Et quelle vision simpliste : altermondialiste = anti americain = anti sionniste = antisemite c’est vraiment du terrorisme intellectuel...

    La theorie du complot vu par les islamophobes...

  • permalien
    27 septembre 2006 @07h57   « »

    Le 11 septembre nous a grillé la cervelle

    Ces jours ci la planète, pensive, se demande de quelle manière le 11 septembre a changé à jamais le monde et notre vie. Du rétrécissement de notre intimité à l’insécurité, tout un tas de conséquences ont été fouillées de fond en comble. Un changement cependant n’est jamais mentionné. C’est que le 11 septembre nous a tous rendus plus stupides : les avions qui se sont fracassés sur le World Trade Center ont non seulement dissous l’acier des Twin Towers mais ils nous ont aussi grillé la cervelle. Le dommage collatéral le plus dévastateur est celui qui a broyé notre capacité de raisonner. On ne s’expliquerait pas autrement comment en cinq années aucun homme politique, aucun philosophe, éditorialiste, linguiste n’ait jamais tenté sérieusement d’analyser la notion qui, depuis ce fatidique matin de septembre, tyrannise le champ sémantique de notre débat politique, à savoir le concept de « guerre au terrorisme ». Analyser signifie évaluer si cette expression doit être prise à la lettre, ou au sens métaphorique, ou bien connotatif, ou si au contraire ce n’est qu’un pseudo concept.

    A coup sûr, elle ne peut pas être prise à la lettre : le terrorisme constitue une sous technique spécifique de l’art de la guerre, comme la guérilla ou le parachutisme. Dans cette acception, déclarer la « guerre au terrorisme » a autant de sens que déclarer la « guerre au parachutisme ». Ou, pour rester dans le sujet, qu’une « guerre à la guérilla ». Mais si ce n’est pas à la lettre, comment ?

    Peut-être comme métaphore ? De la même manière que le président Lyndon Johnson déclarait en 1964 la « guerre à la pauvreté » ? Certainement pas, étant donné que la guerre au terrorisme n’a rien de métaphorique et le sang qu’elle verse est plus que réel. Alors peut-être dans un autre sens, rhétorique, qui remplace le substantif abstrait singulier par la multiplicité concrète des agents : ici, « guerre au terrorisme » remplacerait « guerre aux terroristes », comme « guerre à la drogue » vaut pour « guerre aux narcotrafiquants » (dans le meilleur des cas) ou « aux drogués » (dans le pire). S’il en était ainsi, la comparaison serait décourageante : en 30 ans, la « guerre à la drogue » n’a conduit nulle part.

    Mais même « guerre aux terroristes » est un terme glissant parce qu’il amalgame des sujets différents, avec des objectifs différents, des idéologies différentes, uniquement du fait qu’ils pratiquent une forme de lutte commune : ainsi déclarer la « guerre aux guérilleros » mettrait ensemble les vietcongs et les contras sandinistes, Che Guevara et Savimbi. En outre : « terroriste » est déjà en soi une définition hétéronome : personne ne se traitera tout seul de terroriste, ce seront toujours ses ennemis qui le définiront comme tel. Pour les nazis, étaient terroristen les maquisards français ; pour la puissance coloniale anglaise, le terroriste était le juif Menahem Begin ; pour les français, les terroristes étaient les militants du Front de Libération National algérien ; pour les Soviétiques, le terroriste était l’afghan Ahmad Shah Massoud ; pour les Israéliens, les terroristes sont les Hezbollah. Mais maintenant, pour les français, les Terroristen de 1940-45 sont des héros résistants ; pour l’Algérie post-coloniale les moudjahidin sont des martyrs de l’indépendance ; pour les Israéliens, Begin est un père de la patrie (tandis que la communauté internationale l’a honoré d’un prix Nobel de la paix) ; Massoud est célébré dans d’innombrables sagas et films hollywoodiens comme « le lion du Panchir ». On en déduit que « terroriste » est le terme par lequel on désigne l’ennemi pendant le conflit, et l’ennemi battu après le conflit (aux Usa, personne n’ose appeler « terroristes » les vietcongs, uniquement parce que la guerre, c’est eux qui l’ont gagnée). La valeur heuristique du terme est ainsi nulle. Terroriste est tout ennemi qu’il nous plaît de définir comme tel.

    Dans la « guerre au terrorisme » il y a ensuite une dernière aporie : le terrorisme est la forme de combat adoptée par celui qui n’est pas en mesure de mener une véritable guerre. On déclare donc la guerre à celui qui se soustrait à la guerre. On objectera que la spécificité du « terrorisme » se trouve justement dans le fait de terroriser des civils sans armes : mais il n’en va pas ainsi, et on le voit chez les nombreux états qui, pour faire plier l’ennemi, inspirent le maximum de terreur chez les civils ennemis, depuis les bombardements de Dresde dans lesquels périrent des centaines de milliers d’allemands, jusqu’aux bombardements plus récents au Liban, où sont morts des centaines de femmes et d’enfants : et pourtant l’expression « terrorisme d’état » n’a pas la faveur des politologues et des mass medias. Non, on se réfère toujours et seulement au « terrorisme ‘NG’ », pas à celui d’état (en anglais, « NG » ne veut pas dire « Non gouvernemental » mais bien « Non Etatique »). Déjà l’aporie de déclarer la guerre à une forme de lutte adoptée par ceux qui ne sont pas en mesure de mener une guerre nous indique l’impasse, non seulement logique, mais politique, matérielle, dans laquelle la « guerre au terrorisme » nous dirige. Plus les grandes puissances déploient leur supériorité technologique, plus ceux qui s’y opposent sont réduits à se tourner vers ce que Chalmers Johnson appelle « les attaques asymétriques ». Dans un livre à paraître, Mike Davis définit les attentats suicides comme « l’aviation des pauvres ». Le résultat est que la « guerre au terrorisme » génère des terroristes, les multiplie, les alimente. Et on en vient à se demander comment ce résultat n’a pas été pris en considération par ceux qui ont forgé le terme.

    Il reste une dernière hypothèse : que ce soit un pur slogan, efficace, modulable selon tous les besoins mais qui, comme dans les spots où on utilise une femme en déshabillé pour vendre une voiture puissante, dise autre chose. C’est-à-dire qu’il indique simplement « guerre à l’Islam ». Le paralogisme logique de Samuel Huntington selon lequel « la guerre au terrorisme » est en réalité un « choc des civilisations » se dévoilerait alors, par le simple fait que la première serait le nom du second. Mais le tragique réside justement dans ce fait que nous subissons de façon soumise ces expressions, que nous acceptons qu’elles dirigent notre vie, qu’elles déterminent des guerres, des invasions, des tueries, au nom, au mieux d’un slogan, au pire d’une supercherie.

    PS : La raison continue cependant obstinément à montrer son nez de temps en temps. Ainsi la critique au concept de « guerre au terrorisme » ne vient pas seulement d’un journal extrémiste et considéré comme anti-israélien, comme Il manifesto : cela fait plaisir qu’un milliardaire célèbre et philanthrope comme le hongrois d’origine juive Georges Soros, dans Le Monde de vendredi dernier, attaque ce concept comme fourvoyant et contreproductif.

    Edition de mercredi 13 septembre 2006

    Il manifesto

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

  • permalien ragnvald :
    27 septembre 2006 @12h24   « »
    Pourquoi citer un empereur byzantin ?

    Voici un texte d’Uri Avnery qui met bien des pendules à l’heure.

    "Jésus a dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ». Le traitement des autres religions par l’Islam doit être jugé à ses actes : comment les dirigeants musulmans se sont-ils conduits pendant plus de mille ans quand ils avaient le pouvoir de « propager la foi par l’épée » ?

    Eh bien, ils ne l’ont tout simplement pas fait.

    Pendant des siècles, les musulmans ont gouverné la Grèce. Les Grecs sont-ils devenus musulmans ? Quelqu’un a-t-il même essayé de les islamiser ? Au contraire, les Grecs chrétiens occupaient les plus hautes positions dans l’administration ottomane. Les Bulgares, les Serbes, les Roumains, les Hongrois et les autres nations européennes ont vécu à une époque ou à une autre sous domination ottomane et sont restés fidèles à leur foi chrétienne. Personne ne les a contraints à devenir musulmans et tous sont restés des chrétiens pratiquants."
    [...]
    "Quand les catholiques ont reconquis l’Espagne sur les musulmans, ils ont institué un règne de terreur religieuse. Les juifs et les musulmans se sont trouvés face à un choix cruel : devenir chrétiens, être massacrés ou partir. Et où sont donc partis les centaines de milliers de juifs qui refusaient d’abandonner leur foi ? Presque tous ont été reçus à bras ouverts dans les pays musulmans. Les juifs séfarades (espagnols) se sont installés dans tout le monde musulman, du Maroc à l’ouest à l’Irak à l’est. De la Bulgarie (alors partie de l’empire ottoman) au nord au Soudan au sud. Nulle part ils n’ont été persécutés. Ils n’ont rien connu de tel que les tortures de l’Inquisition, les flammes de l’Autodafé, les pogroms, les terribles expulsions de masse qui ont eu lieu dans presque tous les pays chrétiens jusqu’à l’Holocauste.

    POURQUOI ? Parce que l’islam interdisait expressément toute persécution des « peuples du Livre ». Dans la société islamique, une place spéciale était réservée aux juifs et aux chrétiens. Ils ne jouissaient pas de droits totalement égaux, mais presque. Ils devaient payer des impôts locaux spéciaux, mais étaient exemptés du service militaire - une compensation qui était vraiment tout à fait appréciée par de nombreux juifs. On a dit que des dirigeants musulmans désapprouvaient toute tentative de convertir des juifs à l’islam même par la persuasion, parce que cela représentait une perte d’impôts.

    Tout juif honnête qui connaît l’histoire de son peuple ne peut que ressentir une profonde gratitude envers l’islam qui a protégé les juifs pendant cinquante générations, tandis que le monde chrétien persécutait les juifs et avait essayé maintes fois « par l’épée » de les obliger à abandonner leur foi."

    L’épée de Mahomet

  • permalien jean :
    27 septembre 2006 @12h53   « »
    Le test du musée

    Le texte est intéressant.

    Faites l’effort de lire les commentaires au texte, sur le site du Yedioth : c’est très instructif sur le niveau atteint par la haine, la bêtise et la brutalité en Israël. Eprouvant. 35 post sur 40 aboient leur sincère appartenance à une "endosociété" avec sa mythologie carrée et définitive.
    Of course la colonisation est hors-sujet.

    La paix n’est pas pour demain...

    Je parlais tantôt du talon d’Achille des démocraties. Même si l’on ne peut surtout pas faire de statistiques sur des réactions à un blog, l’impact des propagandes sur les citoyens, d’un niveau d’éducation plutôt très élevé par rapport au niveau moyen mondial, est stupéfiant.
    Où est l’erreur ? Est-ce que l’éducation impose le formatage ? Est-ce que l’éducation est un sujet trop sensible pour que le politique n’impose pas le formatage ? Est-ce que la nécessité individuelle d’appartenance à un groupe social déterminé est plus forte que toute raison construite et surdétermine les options individuelles ?

    La question est ouverte.

  • permalien
    27 septembre 2006 @12h55   « »

    Je suis un peu partagé sur la publication de ce texte. D’une part, c’est un tel tas de mensonges que cela n’a aucun intérêt sur le plan de la connaissance. En plus, quand il y a une telle densité de contre vérité et d’absence de logique et d eprincipe de réalité, il est très difficile d’en sortir, cela oblige à se justifier, on est sur le banc des accusés. Technique de propagande exemplaire manipulant le culturalisme à volonté. S’il s’agit de cupidité et d’extremisme complètement débile et pathogène, il n’est pas question de sutpidité. Le texte est d’une technique assez avancée. Une technologie de propagande au demeurant fort usité.

    Mais, d’un autre côté, et c’est peut-être là son intérêt principal, cela nous met au courant de ce qui se passe du côté des idéologues. Le fait que de tels textes puissent être publiés à doite et à gauche, et pris au sérieux, est assez révélateur. C’est un néoconservateur de plus et un jour, il faudrait peut-être en donner une petite liste. Il y a des ingénieurs en propagande, des agents propagateurs et des surveillants. Ce serait pas mal d’y voir plus clair. Il y a des continuités évidentes dans ces textes avec la période de guerre froide.

  • permalien Jean :
    27 septembre 2006 @18h19   « »

    Voir la page Wikipédia sur Bat Ye’or...

    Seriez-vous en train d’insulter une grande historienne ?

    (humour noir)

  • permalien Vvolodia :
    27 septembre 2006 @20h44   « »

    ragnvald vous écrivez :
    Voici un texte d’Uri Avnery qui met bien des pendules à l’heure.

    Si, les musulmans ont propagé leur religion par l’épée - la preuve, les musulmans de l’ex-Yougoslavie ; Bosnie, Albanie. Ne parlons pas de l’Afrique. Réservoir à esclaves et à nouveaux convertis.

    Les grecs ont la foi chevillé au corps ; encore maintenant.

    Quand aux position enviables des chrétiens et des juifs dans les administations musulmanes, elles ne tenaient qu’à une chose : la sécurité du potentat en place.
    En effet, ni un juif, ni un chrétien, ne pouvait, d’aucune manière, prendre la place du sultan en l’assassinant, parce qu’en tant que dhimmis ils ne peuvent commander à des musulmans, avoir le pouvoir sur eux.
    Le dhimmi, en outre, avait un "privilège" : payer l’impôt de la dhimmitude, qui enrichissait agréablement le pouvoir en place ; on laisse le juif et le chrétien s’enrichir, et ensuite on le vide en n’oubliant pas, auparavant, de lui prendre ses biens contre sa vie.

    vous trouverez sur internet la liste des massacres commis par les musulmans contre juifs et chrétiens ; autre temps autre moeurs de toute manière. Ni les juifs ni les chrétiens ne sont actuellement la proie des musulmans, la roue tourne.
    Sauf en Egypte, dans certains pays d’asie, les Philippines, indonésie, etc.... Quelques pays d’afrique aussi.

  • permalien
    30 septembre 2006 @10h33   « »

    Merci de signaler cet ouvrage M Gresh. Je ne partage pas vos analyses mais je trouve que faire lire Eurabia à vos lecteurs est comment dire "fair play".

    Sur Eurabia, que je suis en train de lire, je dirais qu’une chose, Bat Ye’Or cite toutes ces sources, si on veut la contredire faut apporter des arguments vérifiés par des faits et des sources. Or force est de constater que malgré la virulence de ses propos, lesdits propos sont argumentés et malheureusement sont démontrés dans les actes de notre président. L’europe puissance dont il rêve est : antichrétienne, antioccidentale, antiaméricaine, antisémite...

  • permalien Alain Gresh :
    30 septembre 2006 @18h08   « »

    Que vous considériez l’Europe dont rêve Chirac comme antichrétienne, antioccidentale, antiaméricaine, antisémite... est votre droit. Mais, franchement, nous sommes là en dehors de toute discussion rationnelle. Il suffit de lire les déclarations des dirigeants israéliens sur la politique française pour comprendre l’absurdité des positions de Bat Ye’or. Le fait de mettre bout à bout des citations ne fait pas une analyse et personne de sérieux qui travaille sur la politique française ne peut partager cette opinion. Mais, encore une fois, les arguments rationnels n’ont souvent pas de prise sur ceux qui sont "croyants". J’ai reçu pas plus tard qu’hier un livre d’un auteur libanais de plusieurs centaines de pages, rempli de tableaux et d’explications scientifiques, expliquant de les théories d’Einstein étaient fausses et qu’elles faisaient partie d’un complot sioniste... Comment réagir ? ou j’essaie de réfuter l’ouvrage et j’entre dans un débat sans fin où l’auteur trouvera toujours de nouveaux arguments (c’est la logique négationniste à l’oeuvre aussi bien dans la négation du génocide des juifs que dans les théories fumeuses sur le 11-Septembre) ; ou je refuse, et je me fais accuser de refuser le débat. Franchement, je préfère cette deuxième solution.

  • permalien Vvolodia :
    30 septembre 2006 @19h13   « »

    où va se loger l’antisémitisme....je croyais, Mr Gresh, que vous plaisantiez.
    Que vous aviez de l’humour. Vous en avez peut être, je le souhaite, mais pas concernant Einstein.

    Voila de quoi amuser ou conforter vos lecteurs....

    "Aujourd’hui, on peut légitimement se poser la question de savoir pourquoi Einstein fut ainsi projeté sous les feux de la rampe et encensé par les thuriféraires d’une science élevée au rang d’une religion. Les raisons étaient-elles des intérêts financiers ou simplement idéologiques ? Sans doute un peu des deux. Einstein était sioniste, c’est un fait. "

    Merci de m’avoir fait connaître cette histoire.

    Voir en ligne : http://quanthomme.free.fr/energieen...

  • permalien Alain Gresh :
    30 septembre 2006 @19h33   « »

    Eisntein était sioniste. Mais il écrivait aussi : « La manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un Etat juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera sur le judaïsme - et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs (...) Un retour à une nationa, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes. » Prophétique...

  • permalien jugurta :
    30 septembre 2006 @20h29   « »
    Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe @ M Gresh

    M Gresh,

    Bat’Ye’Or n’emet pas une opinion. Elle a étudié les liens tissés entre les dirigeants européens et les dirigeants arabes dans ce que l’on appelle le dialogue euro-méditerranéen et elle en tire des conclusion basées sur des faits.

    Les dirigeants européens ont sous couvert de bonnes relations économiques avec les dirigeants arabes formé une "entité" : l’eurabia...

    Une europe encore une fois antiaméricaine, (position du quay d’Orsay sur l’irak), antisémite ( soutien indéfectible à l’OLP , où a été soigné Arrafat ?) antioccidentale ( renier ses valeurs, liberté d’expresssion) antichrétienne ( aucune mention de ce fait dans la constitution)...maintenant à vous de juger..et de me démontrer qu’elle se trompe avec des arguments et des faits...

    L’europe n’est -elle pas en train de devenir une eurabia qui prend toujours faits et cause pour les dictateurs arabes au mépris avant tout des populations locales arabo-berbero-perso-etc ????

  • permalien Raouf :
    30 septembre 2006 @20h57   « »

    M Gresh

    jugurta, essaye de chercher un lobby arabe en europe qui serait l’equivalent de l’AIPAC et de celui d’europe dont on connait pas le non mais dont on voit aisaiment la face immergé.

    Ce livre finalement n’est qu’un écran de fumé...comme un tas d’autres, rien de nouveaux.

    D’ailleurs, n’importe quel crétin en manque de notoriété insulte les arabes, et le voîlà ensencé par les médias, plus personne n’est dupe.

  • permalien jugurta :
    30 septembre 2006 @21h39   « »
    Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe @raouf

    Raouf ?

    Avez vous lu Eurabia ? Si oui essayez d’apporter des arguments contre la thèse de Bat Ye’Or, sinon vos commentaires sont vains ...

    Je n’essaye pas de trouver un "lobby arabe", il me semble simplement au vu de ce que j’ai lu pour l’instant de l’ouvrage de cette chercheuse, j’en suis à la page 222 "le rapt des socialistes par la ligue arabe", qu’elle démontre avec moults arguments et sources l’envie de dirigeants européens et notamment français de créer une europe puissance adossée aux dictateurs arabes pour faire contre poids au USA et à Israël...une Eurabia dont les principales victimes sont les populations musulmanes des deux rives de la méditerranée.

    Donc mon cher Raouf apportez des arguments ou laissez tomber le débats d’idées contradictoires...

  • permalien Raouf :
    30 septembre 2006 @21h46   « »

    Si l’europe a couper toute aide au palestiniens, c’est par ce qu’elle est pro arabe.

  • permalien
    30 septembre 2006 @22h06   « »

    Raouf, tu as l’air nouveau dans ce Blog.
    Mefie toi de 2 energumenes : L’inenarable Volo, qui a au moins le merite de vomir au grand jour sa haine, et le vicieux Jugurta qui nous la joue, raisonnable et pondere, alors que c’est un demago haineux de premiere.

    A bon entendeur, salut. Et Bienvenu, dans ce Blog.

  • permalien jugurta :
    30 septembre 2006 @22h27   « »

    L’europe a coupé, et ce n’est pas une décision définitive, elle en discute encore, son aide aux palestiniens (une aide par ailleurs détournée sur le compte en banque de la femme d’Arafat bien logée à "Panam" au détriment des palestiniens qui mangent des cailloux) tout simplement parce que le Hamas a gagné les élections.

    L’Europe sous influence française est sans aucun doute favorable non au peuple palestinien mais aux dirigeants palestiniens. La France chiraquienne a aidé l’OLP, elle tente maintenant de s’accomoder avec les fanatiques du Hamas.

    Souvenons nous des commentaires de Chirac sur la réponse disproportionnée, sur l’aide médicale a Arafat, mort certainement du Sida du fait de son homosexualité (voir les sources de Ion Pacepa, ancien chef des services secrets roumains), sur l’invective à l’égard d’Israël et du renoncement devant l’Iran et les "conneries " proférées par Boutef’.

    Oui l’Europe sous influence "chirakiene" est clairement adossée aux dictateurs arabes, c’est une Eurabia.

  • permalien jugurta :
    30 septembre 2006 @22h39   « »
    Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe@ l’anonyme imbécile

    le vicieux Jugurta qui nous la joue, raisonnable et pondere, alors que c’est un demago haineux de premiere.

    L’insulte comme argument. Pathétiquement caché derrière un écran, tapotant sur un clavier, relié par le réseau des multiples possibles et de la bêtise crasse.

    Alors que le blog de Alain Gresh, dont je ne partage pas les analyses, essaye tant bien que mal de faire avancer le débat sur les relations internationales.

    Un débat que nous aimerions, argumenté, basé sur des faits, sur la force de la Connaissance, un débat civilisé, encore peu accessible à l’inanité des propos de certains imbéciles heureux exhalant leur médiocrité méphitique.

  • permalien
    30 septembre 2006 @23h23   « »

    " les journalistes [de Haaretz] Amos Harel et Avi Isacharoff, citant un expert israélien, qualifiaient de « très petite » la possibilité qu’Arafat ait contracté le sida, tout en soulignant que, pour de nombreux médecins, les symptômes faisaient plutôt penser à un empoisonnement."

    Alors ou est le "débat que nous aimerions, argumenté, basé sur des faits, sur la force de la Connaissance (sic)"

    C’est bien ce que je disais, vous etes un vicelard de premiere....

    Quant au "civilise", mon dieu...

    Voir en ligne : Yasser Arafat a-t-il été assassiné ? Par Amnon Kapeliouk monde diplo novembre 2005

  • permalien Raouf :
    30 septembre 2006 @23h41   « »

    Si les sionistes massacre les Palestiniens tous les jours, c’est par ce que la femme d’Arafat bien logée à "Panam" profite de l’argent détourné.

    Finalement c’est pour leur bien.

    Et si l’europe ne branche pas, coupe toute aide aux palestiniens, coopere miltairement avec israel, laisse faire en Irak, en Afganistant, menace la Syrie et L’Iran, finalement c’est quelle est pro arabe.

  • permalien Raouf :
    30 septembre 2006 @23h52   « »

    Le plus gros propriétaire terrien en Palestine est Sharone, il est aussi impliqué lui et une majorité de dirigeants israéliens dans des scandales financiers et de meurs.

  • permalien jugurta :
    1er octobre 2006 @10h53   « »
    Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe @ anonyme + raouf

    Il est certain cher anonyme que l’article du diplo ne va pas vous éclairer sur la mort d’Arafat, pensez bien que si les palestiniens et autres adorateurs du terrorisme palestinien, savaient que celui ci est mort du sida pour cause d’homosexualité, le tolé que cela engendrerait pour des gens qui ne reconnaissent pas la liberté sexuelle. Un des grand tabou en terre islamisée.

    Ensuite raouf,
    vous dites : Si les sionistes massacre les Palestiniens tous les jours, c’est par ce que la femme d’Arafat bien logée à "Panam" profite de l’argent détourné.
    Non, Israël se défend tant bien que mal contre des bombes humaines lobotomisées par des médias palestiniens et arabes dont l’antisémitisme n’est plus à prouver. ( Voir le site memri.org qui fait de la veille sur les médias arabes)
    Si j’étais né en palestine nul dout que je serais peut être devenu une bombe humaine.

    La femme d’Arafat se la coule douce, les palestiniens mangent des cailloux.

    ensuite vous nous dites :

    Et si l’europe ne branche pas, coupe toute aide aux palestiniens, coopere miltairement avec israel, laisse faire en Irak, en Afganistant, menace la Syrie et L’Iran, finalement c’est quelle est pro arabe.
    L’Europe n’est pas encore totalement sous influence française, quand elle est tirée par la politique pro-dictateur arabe du quay d’Orsay, elle est sans conteste anti-israëlienne. Le dernier épisode dans la guerre au sud liban est un exemple flagrant. La France à tout fait pour arrêter Israël dans sa guerre contre le Hezbollah.

    Si l’Europe s’aligne sur les positions anglosaxonnes, elle sera un moteur pour la paix au moyen orient. Une paix qui aura en amont détruit l’islam militant.

    Si l’Europe sous influence française continue de soutenir les dictateurs arabes alors il est certain que nous allons droit vers l’Eurabia décrite par Bet Ye’Or.

    Voir en ligne : http://memri.org

  • permalien Nicolas Krebs :
    11 juin 2007 @20h09   « »

    Lire, en anglais, les articles de
    - SuperFrenchie, « Eurabia : the myth ! », superfrenchie.com, 2 mars 2007
    - Johann Hari, « ’America Alone : The End of the World as We Know It’ by Mark Steyn », The New Statesman, 09/03/2007

    Voir en ligne : Eurabia : the myth !

  • permalien BleueEyesGB :
    13 décembre 2008 @09h03   « »

    Je suis de confession chrétienne et je puis vous assurer que je n’ai aucune envie de l’Eurabia mais alors aucune envie. En tant que femme, la religion mulmane représente tout ce que je déteste.

    Je souhaiterai que l’Europe s’unisse aux Etat Unis et à Israel pour défendre les valeurs de la démocratie et soutenir Israel.

    L’Europe, si elle ne se réveille pas, regrettera son manque de courage lorsque les illuminés de l’Islam auront imposé cette religion de terreur, d’oppression, de mensonge et d’inhumanité à leurs concitoyens.

    J’ai 55 ans et j’espère n’avoir jamais à voir ce jour là car alors il n’y aura plus de paix, plus de liberté, plus d’amour.

  • permalien pierre :
    2 février @02h42   « »

    Ce qu’elle dit est parfaitement vrai, mais les gauchos voient de belles fleurs partout et surtout nient l’évidence, faites comme vous voulez, mais moi j’ai arrêté depuis longtemps les beaux discours hypocrites et pro-arabes, la démocratie est en danger .

  • permalien Apostat :
    8 juillet @15h04   «

    Bat Ye’or - " la fille du Nil " - est née en Egypte sous la monarchie, quand ce pays était encore un trait d’union entre l’Orient et l’Occident. Elle en a été expulsée en 1957, sous Nasser : parce que juive. Un traumatisme qui n’a pas cessé de la hanter : " J’ai assisté, en l’espace de quelques années à peine, à l’anéantissement d’une communauté qui vivait en Egypte depuis deux mille six cents ans… J’ai vu la désintégration des familles, leur humiliation et leur spoliation, la profanation des synagogues, la terreur qui frappait une population entière, les quartiers détruits au canon… J’ai vécu personnellement l’exil, la condition d’apatride. Et j’ai voulu comprendre pourquoi près d’un million de juifs des pays arabes avaient connu le même destin que moi ".

    Ses premiers travaux portent, tout naturellement, sur l’histoire de sa communauté : Les Juifs en Egypte paraît en 1971 (Editions de l’Avenir, Genève). Elle découvre à cette occasion que, contrairement aux idées reçues, les juifs n’ont jamais joui sous l’islam d’un régime de véritable tolérance. Mais aussi que la condition des chrétiens – notamment des coptes, descendants directs des Egyptiens anciens – n’a pas été meilleure. Les uns et les autres sont, aux yeux des musulmans, des " dhimmis " : un terme qu’on traduit généralement par " protégés ", mais dont le véritable sens est " dominés ".

    Ce sera l’objet de deux autres livres, Le Dhimmi, paru en 1980 (Editions Anthropos) et Juifs et chrétiens sous l’islam, qui paraît en anglais dès 1985 puis en français dix ans plus tard (Editions Berg International). Des ouvrages qui font date dans la mesure où, pour la première fois, la condition de dhimmi n’est pas traitée seulement sous l’angle des textes pieux musulmans ou de la loi, mais également à travers les pratiques sociologiques. Pour Bar Ye’or, " la dhimmitude est inséparable du djihad ", la guerre sainte musulmane, et en constitue même " l’aboutissement ". Adeptes d’une religion monothéiste antérieure à l’islam, les juifs et les chrétiens ne sont pas contraints de se convertir, à la différence des païens. Mais ils deviennent une sorte de " butin collectif " des musulmans : " En échange de la cessation des hostilités, ils doivent abandonner leurs terres. En échange de droits civils et religieux limités, ils doivent verser un impôt spécial. Pour assurer leur survie, ils doivent accepter d’être humiliés et avilis ".

    Source : http://michelgurfinkiel.com/article...

Ajouter un commentaire