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Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?

vendredi 6 octobre 2006, par Alain Gresh

Affaire Redeker (bis). Deux excellentes réflexions sur l’affaire Redeker, la première de Jean Baubérot, de l’Ecole pratique des hautes études, dans Le Monde du 6 octobre, « Non aux propos stéréotypés ! ». On retiendra notamment cette phrase où il épingle ceux qui défendent le professeur « quel que soit le contenu de l’article ». « Je ressens cela comme une grave menace pour la liberté de penser elle-même. J’imagine la situation en 1894 ; supposons une minute qu’ait existé alors un groupe d’extrémistes menaçant Edouard Drumont ou un autre publiciste antisémite (...), pouvons-nous concevoir ceux que l’affaire Dreyfus allait qualifier d’intellectuels écrivant pour défendre le publiciste attaqué "quel que soit le contenu de la Libre Pensée (l’organe de Drumont ?) ». D’autre part, dans Le Figaro du 5 octobre, Patrick Prado, chercheur au CNRS, écrit un texte intitulé « La religion, l’Histoire et le piège des citations ». Il incite dans sa conclusion Redeker à lire le Coran : « Redeker n’est pas Rushdie. Peut-être redécouvrira-t-il un jour, en tant qu’intellectuel et philosophe, ce beau mot de tolérance et que Kant appelait l’"esprit élargi" à savoir que l’esprit religieux n’est pas par nature intolérant. Quand cesserons-nous, à travers tous les fanatiques, de jouer à nous faire peur plutôt que d’essayer de vivre dans un monde adulte ? ». D’autre part, le SNES-FSU conteste le contenu de l’appel en faveur de Robert Redeker publiée par Le Monde de 3 octobre ; cet appel était notamment signé par Claude Lanzmann, Pascal Bruckner, Elisabeth Badinter et Romain Goupil. « Nous avons été très surpris, affirme le SNES, de lire dans ce point de vue la phrase suivante : "pas plus que nous n’admettons les premières déclarations du Snes, syndicat d’enseignants qui se désolidarisait d’un professeur aujourd’hui menacé dans sa vie même".  » Jugeant « cette mise en cause diffamatoire », il rappelle avoir été l« e premier syndicat d’enseignants à s’être exprimé dès qu’il a eu connaissance des menaces à l’encontre de ce collègue, le vendredi 29 septembre, par le biais » d’un communiqué de presse. Dans ce communiqué, le syndicat affirmait qu’ « au delà de l’avis que chacun peut porter sur cette tribune, il est en tout état de cause inacceptable, dans notre République, que des propos tenus par un citoyen conduisent à une telle situation ». Le syndicat demande instamment aux signataires de l’appel de faire paraître dans le journal Le Monde, la mise au point qui s’impose.

Des universités pour surveiller les médias. Eric Lipton, dans The International Herald Tribune du 5 octobre, écrit un petit article intitulé : « Universities join the U.S. to monitor foreign news » (les Universités se joignent au (gouvernement) des Etats-Unis pour surveiller les médias). Il annonce qu’un groupe d’universités américaines prestigieuses,, dnt Cornell, l’université de Pittsburgh et celle d’Utah, ont signé un accord avec le département de la sécurité intérieure (Homeland Security Deparment) pour mettre au point un logiciel qui surveillerait les points de vue des médias étrangers sur la politique américaine. Joe Kilman, le coordinateur du projet explique : « Nous voulons comprendre la rhétorique de ce qui est publié et l’intensité de celle-ci et les différences entre "ne pas aimer" et "excommunier". » Cette initiative a suscité de fortes oppositions et Lucy Dalglish, directrice exécutive du Comité des journalistes pour la liberté de la presse a déclaré : « Cela fait tout simplement frissonner, c’est orwellien. »

Les morts de l’après-guerre. Chaque jour, depuis la fin de la guerre du Liban, trois personnes meurent ou sont blessées par des bombes à fragmentation larguées par l’armée israélienne durant les derniers jours du conflit. Selon les estimations des Nations unies, il y aurait dans le sud du Liban, un million de bombes non explosées. Selon l’article du New York Times du 6 octobre, « Israeli Bomblets Plague Lebanon » (les bombes israéliennes empoisonnent le Liban), « des efforts répétés pour obtenir des justifications de responsables israéliens pour l’utilisation de ces bombes ont été inutiles »... Cette présence des bombes rend très difficile le retour des villageois du Sud dans leur maison.

Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?

Un internaute me demande ce que je pense de l’initiative de l’International Crisis Group, dont j’ai rendu compte sur mon blog->http://blog.mondediplo.net/2006-10-...]. Les fondements d’une position politique sont souvent inconscients. Il est important de prendre le temps de réfléchir là-dessus et de savoir ce qui nous détermine à prendre position sur le conflit israélo-palestinien. D’autre part, comment déterminer une position entre "réalisme" politique et "justice" ? comment prendre en compte les réalités qui se sont créées sur le terrain - la création de l’Etat d’Israël, de cinq millions d’Israéliens juifs - et qui ont été entérinées par les Nations unies ? Autant de problèmes dont la solution est loin d’être facile contrairement à ce que semblent penser une partie des lecteurs de ce blog...

Je renvoie pour tout cela à un texte que j’ai écrit pour l’Asociation France-Palestine Solidarité et intitulé Palestine, les bases de la solidarité. D’autre part, je publie ci-dessous une partie de l’introduction de mon livre Israël-Palesine, vérités sur un conflit (Hachette), écrite en 2001, qui se présente sous la forme d’une « lettre à ma fille ».

« "Avec mon frère contre mon cousin, avec mon cousin contre les étrangers" : l’adage, paraît-il, résumait la spirale des massacres que connaissait le Liban plongé dans la guerre civile, durant les années 1970. Cette logique, je l’ai toujours rejetée. Faut-il l’accepter aujourd’hui, à l’heure où l’on célèbre le « village planétaire », les droits universels de la personne et l’égalité entre êtres humains ? Faudrait-il considérer comme légitime que les juifs soient solidaires d’Israël, les musulmans des Palestiniens ? On peut comprendre des proximités familiales, affectives, religieuses. « Presque tous les juifs de Strasbourg, notait un responsable du Conseil représentatif des organisations juives de France (CRIF) après divers incidents antisémites à l’automne 2000, ont de la famille là-bas. Le sentiment de base est une réaction d’anxiété pour les proches. Dès qu’un danger menace Israël, la solidarité joue à plein. » Quant aux jeunes d’origine musulmane, ils s’identifient à ces lanceurs de pierres, pour des raisons sociales - « Déshérités de tous pays, unissez-vous » - ou par un sentiment, plus ou moins diffus, d’appartenance culturelle et religieuse. Une note des Renseignements généraux du mois de décembre 2000 soulignait que les agressions antisémites, assez isolées, exprimaient surtout le défoulement de quelques jeunes des cités et qu’on ne devait pas leur attribuer de caractère politique. Mais cela durera-t-il ? »

« Car la gauche reste étrangement à l’écart des événements de Palestine. Figée par la crainte de débordements, faisant appel aux autorités religieuses pour calmer les tensions, elle a abandonné à leur sort ces jeunes qui grandissaient en dehors de son influence, de sa culture, de sa vision du monde. Elle n’a pas su s’adresser à eux, répondre aux tourments qu’ils rencontraient dans les cités, trouver les mots qui touchent, mener les actions qui auraient pu donner à ce qui se passait en Palestine et en Israël un contenu universel. Écoeurés, vers qui se tourneront ces jeunes ? Vers ceux qui donnent à ce combat une explication, et une solution, religieuse ou communautaire ? »

« Pourtant, des voix courageuses, même minoritaires, rejetèrent et cette cécité de la gauche, et la dérive des solidarités « communautaires ». Le 18 octobre 2000, Le Monde publiait un appel : "Citoyens du pays dans lequel nous vivons et citoyens de la planète, nous n’avons pas de raisons ni pour habitude de nous exprimer en qualité de juifs", écrivaient des dizaines d’intellectuels, dont le résistant Raymond Aubrac, l’ancien président de Médecins sans frontières Rony Brauman, le philosophe Daniel Bensaid, le médecin Marcel-Francis Kahn, l’avocate Gisèle Halimi, le mathématicien Laurent Schwartz, l’historien Pierre Vidal-Naquet. »

« "Nous combattons, poursuivaient-ils, le racisme, dont, bien sûr, l’antisémitisme sous toutes ses formes. Nous condamnons les attentats contre les synagogues et les écoles juives qui visent une communauté en tant que telle et ses lieux de culte. Nous refusons l’internationalisation d’une logique communautaire qui se traduit, ici même, par des affrontements entre jeunes d’une même école ou d’un même quartier." »

« "Mais, en prétendant parler au nom de tous Ies juifs du monde, en s’appropriant la mémoire commune, en s’érigeant en représentants de toutes les victimes juives passées, les dirigeants de l’État d’Israël s’arrogent aussi le droit de parler, malgré nous, en notre nom. Personne n’a le monopole du judéocide nazi. Nos familles aussi ont eu leur part de déportés, de disparus, de résistants. Aussi le chantage à la solidarité communautaire, servant à légitimer la politique d’union sacrée des dirigeants israéliens, nous est-il intolérable." Quelques semaines plus tard, avec des intellectuels arabes ou d’origine arabe, ils créaient un comité pour défendre une paix juste au Proche-Orient. Les deux groupes - ils ne furent pas les seuls heureusement - tentaient de transcender les logiques identitaires au nom de principes universels et malgré les condamnations : Roger Ascott, dans L’Arche, le mensuel du judaïsme français (juillet-août 2001), dénonça comme "une poignée de demi-traîtres" ces juifs qui n’étaient pas solidaires d’Israël. Il n’a cependant pas exigé qu’on les fusille. »

(...) « L’affrontement en Palestine est l’un des plus anciens de la planète. Il remonte à un siècle environ, avec l’émergence du mouvement sioniste en Europe et les premières vagues de colonisation en Palestine. De la Première Guerre mondiale à aujourd’hui, il a impliqué, à chaque époque, toutes les grandes puissances, de l’Empire ottoman à la Russie tsariste, de l’Union soviétique à l’Allemagne nazie, des États-Unis à la Grande-Bretagne. Il s’est traduit par cinq guerres, dont certaines ont failli dégénérer en conflagration mondiale. Dans le programme d’histoire de terminale, qui aborde le monde d’aujourd’hui, le Proche-Orient est éclaté en plusieurs chapitres, en plusieurs thématiques. De surcroît, pour des raisons déjà évoquées, comme nombre de professeurs répugnent à aborder ce sujet « sensible », qui tombe rarement à l’épreuve du baccalauréat, la confusion est de mise. Or la connaissance est une condition indispensable à tout débat. Des points de vue divers peuvent se confronter si jeunes et moins jeunes possèdent, ce qui n’est généralement pas le cas, les éléments historiques de base. Je rappellerai donc les faits et les enchaînements qui me paraissent indispensables à tout débat sérieux. »

« Mais ces précisions sont insuffisantes. Après tout, il existe déjà des centaines d’ouvrages décortiquant le conflit, son histoire et ses protagonistes. Ce n’est pas pour cela que les « spécialistes » tombent d’accord. Pourquoi ? Parce que chacun lit, consciemment ou non, ce conflit à travers des « grilles d’analyse », qui donnent un « sens » aux événements. Que répondre à quelqu’un qui proclame que la terre d’Israël a été donnée aux juifs par Dieu ? Peut-on contester Dieu ? Une vision religieuse, fondée sur un message divin, est non négociable. Comment convaincre des élèves musulmans qui pensent que la Palestine est un waqf (bien de mainmorte) islamique et qu’elle ne peut être un élément de marchandage ou de compromis ? »

« Comprends-moi bien. La ligne de démarcation, pour ce qui concerne la Palestine ou pour tout autre affrontement, ne passe pas toujours entre les religieux et les autres. Certains laïques défendent des positions nationalistes extrémistes, qui attribuent une supériorité aux "leurs" contre les "autres" - nous l’avons vu en Serbie ou en Croatie. »

« Par ailleurs, certains religieux recommandent une lecture humaniste. Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde du 9 janvier 2001, le rabbin David Meyer rappelait que, dans la tradition juive, l’idée de « terre sainte » ou de « promesse inconditionnelle » sur la terre d’Israël n’existe pas. Il citait le chapitre IV du Deutéronome (un des premiers livres de la Bible) : "Maintenant donc, ô peuple d’Israël, écoute les lois et les règles que je t’enseigne pour les pratiquer, afin que vous viviez et que vous arriviez à posséder le pays que l’Éternel, Dieu de tes pères, vous donne. [...] Voyez, je vous ai enseigné des lois et des statuts, selon ce que m’a ordonné l’Éternel, mon Dieu, afin que vous vous y conformiez dans le pays où vous allez entrer pour le posséder. Observez-les et pratiquez-les ! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples [...].Or, quand vous aurez engendré des enfants, puis des petits-enfants, et que vous aurez vieilli sur cette terre, si vous dégénérez alors, si vous fabriquez une idole, image d’un être quelconque, faisant ainsi ce qui déplaît à l’Éternel, ton Dieu, et l’offense, j’en prends à témoin, aujourd’hui contre vous, les cieux et la terre ; vous disparaîtrez promptement de ce pays pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain, vous n’y prolongerez pas vos jours, vous en serez proscrits." Et le rabbin s’interroge sur ce culte insensé "que constitue l’idolâtrie de la terre d’Israël, du "Grand Israël", qui fait passer " les notions de sainteté et de sacré avant celle du respect de la vie humaine". Certains de nos intellectuels laïques devraient en prendre de la graine ».

« Pour ma part, je n’appartiens à aucun « parti de Dieu », je me contente, comme le « bâtard Goetz », le personnage central de la pièce Le Diable et le Bon Dieu, de Jean-Paul Sartre, d’appartenir à celui des hommes, ou plutôt à celui des êtres humains. Je ne reconnais aucune hiérarchie entre eux, pas plus que je ne classe sur une échelle ascendante ou descendante les communautés religieuses ou nationales ; Même si je comprends que, pour des raisons parfois familiales, quelquefois religieuses, souvent culturelles, nous puissions nous sentir plus proches de tel ou tel peuple... À condition de ne pas l’idéaliser, à condition de ne pas absoudre les crimes commis en son nom ».

« Claude Lanzmann est le directeur des Temps modernes, une revue fondée par Sartre. Elle joua - mais c’était bien avant ta naissance - un rôle dans le débat intellectuel français. Lanzmann a commis un film pitoyable et apologétique sur l’armée israélienne. C’est son droit, nous sommes dans un pays libre. Il en a réalisé un autre, marquant, sur le génocide des juifs. I1 en a tourné un troisième intitulé Pourquoi Israël ? À aucun moment il n’y évoque les Arabes. Interrogé sur le pourquoi de cette absence, il répond, dans une tribune du Monde (7 février 2001) : "C’est à eux de le faire." Arrête-toi une minute sur l’aberration de ce propos. Les Noirs devraient écrire sur les Noirs, les Arabes sur les Arabes, les juifs sur les juifs... Logique ethnique, tribale, logique de guerre, éloignée de tout idéal humaniste. »

« En Palestine, il n’existe pour moi aucun droit "naturel" ou "religieux". Remonter à trois mille ans ou même à mille ans pour définir quel arpent de terre appartient à qui est un exercice absurde, illégitime, mais aussi sanglant. Une telle argumentation a été utilisée par la direction de Belgrade pour justifier un « droit » sur le Kosovo, « berceau de la Serbie ». Nous savons que les nations modernes remontent au XVIIIe siècle et à la Révolution française. Je reviendrai sur ce point dans le chapitre III. Mais l’occupation de telle région française par des tribus germaniques ou de l’Aquitaine par les "Anglois" ne crée aucun droit... »

« Comment, alors, s’y reconnaître dans des revendications opposées ? Par l’affirmation du primat du droit international. Que disent, en substance, les résolutions des Nations unies sur la Palestine et sur Israël ? Elles reconnaissent que, désormais, sur la terre historique de la Palestine sont installés deux peuples, l’un juif israélien, l’autre palestinien, et que ces deux peuples ont droit chacun à leur État indépendant. »

« Nuançons néanmoins cette symétrie. D’abord, le peuple israélien dispose déjà d’un État depuis plus de cinquante ans, alors que les Palestiniens en sont toujours privés et vivent dans l’exil forcé ou sous occupation. D’autre part, la situation actuelle est née d’une injustice originelle : les Palestiniens ont été chassés de chez eux, notamment en 1948-1950, par les milices juives puis par l’armée israélienne, comme je le développerai dans le chapitre IV. Cette expulsion, longtemps niée ou refoulée en Israël comme en Occident, est désormais un fait établi, grâce notamment aux travaux des « nouveaux historiens » israéliens. Nous vivons à une époque et dans un ensemble, l’Europe, où l’on invoque à satiété le « devoir de mémoire ».Très bien, mais ne faisons pas preuve de sélectivité. L’injustice faite aux Palestiniens mérite, comme d’autres - multiples durant la période coloniale -, réparation et d’abord reconnaissance. Cette dimension morale ne peut être occultée car elle conditionne une réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. »

« Sur ce conflit pèse lourdement le génocide des juifs. Les prises de position, en France comme au Proche-Orient, sont marquées au fer rouge par ce qui constitue un des crimes les plus abominables de ce siècle. L’anéantissement des juifs par le nazisme et ses alliés, l’incapacité des grandes puissances de l’époque à stopper ce crime ont créé une culpabilité dans les opinions occidentales et une inclination en faveur de ceux qui se revendiquent comme héritiers de l’histoire et de la mémoire des juifs. Ce martyre a favorisé le vote de l’Assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 1947 en faveur du partage de la Palestine, et donc de la naissance de l’État d’Israël. Mais ce sont les Palestiniens qui ont payé le prix d’un crime qu’ils n’avaient pas commis. Je reviendrai aussi plus longuement, dans le chapitre V, sur cette contradiction. »

« Quand on évoque le Proche-Orient, on ne peut pas être "au-dessus de la mêlée". La neutralité relève de l’illusion. Pourtant, je refuse la solidarité abstraite avec un des deux camps. Je ne pense pas qu’un peuple, quel qu’il soit, soit "bon", "juste", "supérieur" par nature ou par une quelconque grâce divine ou immanente. Aucun peuple n’est investi d’une "mission supérieure". En revanche, il existe des "causes justes". Cette distinction échappe parfois aux commentateurs. Richard Liscia, dans un article sur - ou plutôt contre - la presse publié par L’Arche en novembre 2000, dénonçait un des "mécanismes" des médias et du public, la solidarité avec les "révoltés" : "L’admiration du public pour les grévistes de la SNCF et de la RATP, ou pour les transporteurs routiers - qui, pourtant, lui empoisonnent l’existence -, n’est peut-être pas sans rapport avec la défense frénétique de la cause palestinienne. On se range maintenant, presque systématiquement, du côté des révoltés." Faut-il vraiment s’offusquer que l’opinion soit, spontanément, du côté des victimes ? »

(...) « Pierre Vidal-Naquet, historien et pourfendeur de la torture durant la guerre d’Algérie, combattant inlassable des causes justes, cite cet ancien commentaire rabbinique de la Bible, que je dédie aux croyants et aux mécréants : "Dieu est toujours du côté de qui est persécuté. On peut trouver un cas où un juste persécute un juste, et Dieu est du côté du persécuté ; quand un méchant persécute un juste, Dieu est du côté du persécuté ; quand un méchant persécute un méchant, Dieu est du côté du persécuté, et même quand un juste persécute un méchant, Dieu est du côté de qui est persécuté." »

(...) « On applique à ce petit territoire Palestine-Israël d’autres principes, d’autres règles d’analyse que ceux que l’on utiliserait ailleurs. Je suis toujours confondu de constater que des intellectuels éminents, prompts à se mobiliser pour d’innombrables causes, renâclent quand il s’agit de la Palestine. Même un philosophe comme Jean-Paul Sartre, dont les positions généreuses sont connues, de la guerre d’Algérie à la lutte des Noirs américains, était pour le moins timoré en ce domaine. Souvent inconsciemment, nous appliquons au Proche-Orient la règle "deux poids, deux mesures". » (...)

82 commentaires sur « Quelle est la “bonne” position sur le conflit israélo-palestinien ? »

  • permalien
    6 octobre 2006 @16h49   »
    {{Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?}}

    On ne peut être objetif sur tous les sujets, surtout pas celui là ! Israël un pays ami un pays occidental qu’il faut supporter. D’ailleurs, tous les juifs sont bons donc leurs état sera à leur image !

  • permalien Firass :
    6 octobre 2006 @16h50   « »
    {{Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?}}

    « comment prendre en compte les réalités qui se sont créées sur le terrain - la création de l’Etat d’Israël, de cinq millions d’Israéliens juifs - et qui ont été entérinées par les Nations unies ? Autant de problèmes dont la solution est loin d’être facile contrairement à ce que semblent penser une partie des lecteurs de ce blog... »

    C’est vrai, bien sûr, mais en même temps, la logique de l’état de fait est dangereuse car les colonies, la judaïsation du "Grand Jérusalem", les routes de contournement... ont aussi créé une réalité sur le terrain. Dira-t-on qu’une solution juste ne passe pas par leur démantèlement (en très grande partie du moins) ?

    Il faut en tout cas distinguer deux choses : la présence juive en Palestine, qui est irréversible et qui doit être acceptée par les Palestiniens quelle que soit la solution au conflit (ça, c’est du fait) et l’existence de l’Etat d’Israël comme Etat des Juifs (avec les conséquences que cela implique en matière de discrimination pour la minorité palestienne d’Israël et en matière de "droit au retour").

    Comprenez-moi bien (car je suis sur un terrain mouvant et tout propos peut être mal interprété) : cela ne veut pas dire que cet Etat doit nécessairement disparaître ou que sa judéité doit être nécessairement remise en cause. En revanche, je reste persuadé que confondre les deux questions obscurcit le débat.

  • permalien Nadine Ghys :
    6 octobre 2006 @17h30   « »
    Des universités pour surveiller les médias

    … et les universités américaines surveillées.

    Universités en péril

    Par Sara Roy
    London Review of Books
    Vol. 26 No. 7 - 1 avril 2004

    Titre anglais : Short Cuts

    Sara Roy est une chercheuse universitaire émérite au Centre pour les Études sur le Moyen-Orient de Harvard. Elle est l’auteure de plusieurs travaux sur le conflit israélo-palestinien.

    Dernièrement, à l’Université de Harvard où je suis basée, un étudiant juif sous un pseudonyme non juif a commencé à placarder des déclarations antisémites sur le panneau de l’Initiative for Peace and Justice (HIPJ:un groupe pro-palestinien et anti-guerre du campus). Il se trouve que l’étudiant est le secrétaire des Étudiants d’Harvard pour Israël - groupe qui s’est dissocié de cet incident - et il avait précédemment accusé le HIPJ d’être trop tolérant envers l’antisémitisme. Maintenant, il fait secrètement son possible pour provoquer l’antisémitisme sur le campus. Dans une des affichettes, par exemple, il s’est référé à Israël comme à un État « AskenNAZI ». Des incidents de ce genre, qui deviennent de plus en plus communs sur les campus américains, sont le reflet d’une détermination plus large de provoquer, dénoncer, diffamer et punir les individus et les institutions à l’intérieur de l’académie dont ils considèrent les idées comme étant répugnantes. La campagne est dirigée contre tous les domaines d’études, mais les attaques les plus virulentes sont réservées à ceux d’entre nous qui étudions le Moyen-Orient et dont les idées sont considérées comme anti-israéliennes, antisémites ou anti-américaines.

    La relation entre les tenants pro-israéliens de la ligne dure et le « professorat arabe » (c’est ainsi qu’ils nous appellent) est tendue depuis longtemps. Après le 11 septembre, la droite a accusé les universitaires traitant du Moyen-Orient d’enseignement extrémiste et de trahison intellectuelle. Un rapport publié en novembre 2001 par le American Council of Trustees and Alumni (une organisation à but non lucratif fondée par Lynne Cheney, la femme du vice-président, et par le sénateur Joseph Lieberman) « Defending civilisation : How our universities are failing America and what can be done about it » a effectivement accusé l’université d’être anti-patriotique et anti-américaine, une cinquième colonne apportant un soutien intellectuel au terrorisme global. Ce rapport a cité pour preuve plus de cent déclarations d’universitaires (et d’autres personnalités) qui demandaient un examen plus critique des causes des évènements du 11 septembre et du rôle qu’aurait pu jouer la politique étrangère des États-Unis.

    Une autre accusation envers les études du Moyen-Orient est apparue dans le texte de Martin Kramer : « Ivory Towers on sand : The failure of Middle Eastern Studies in America » publié en octobre 2001 par le pro-israélien Washington Institut for Near East Policy. Kramer, qui enseigne l’histoire arabe et la politique à l’université de Tel Aviv, déclare que les études moyen-orientales aux États-Unis sont dominées - en fait, mutilées - par un sentiment pro-arabe et anti-américain. L’université, pense-t-il, n’anticipe pas et même cache la menace islamiste grandissante qui s’est concrétisée par l’attaque contre le World Trade Center. Il déclare que les études moyen-orientales passent trop de temps sur les sujets historiques et culturels qui ne sont n’aucune utilité à l’État et à ses besoins impératifs de sécurité nationale, et risquent même de leur faire du tort. Il dit qu’une nouvelle approche est nécessaire pour étudier le Moyen-Orient, approche qui gravite autour de l’idée que « les États-Unis jouent un rôle essentiel et bénéfique dans le monde ».

    Il n’y a pas de répit. Septembre 2002 a vu la création du Campus Watch, un site web dont le but premier est de surveiller les études moyen-orientales dans les départements des universités à travers toute l’Amérique pour chercher des signes d’anti-américanisme et d’anti-israélisme. Campus Watch a été créé par Daniel Pipes, un collègue de Kramer et le directeur du Forum sur le Moyen-Orient, un groupe de réflexion dédié à la promotion des intérêts américains au Moyen-Orient.

    « Je ne veux pas voir Noam Chomsky enseigné dans les universités, au même titre que je ne veux pas y voir les écrits de Hitler ou de Staline », dit Pipes lors d’un interview. « Voilà des idées folles et extrémistes qui, selon moi, n’ont pas leur place dans une université. » Non seulement Campus Watch surveille les universités pour traquer les signes de « sédition », comme par exemple les opinions sur la politique étrangère des États-Unis, sur l’Islam, la politique israélienne et les droits des Palestiniens, que Pipes considère comme inacceptables ; mais il encourage également les étudiants à dénoncer les professeurs dont ils trouvent les idées offensantes. Bush a dernièrement nommé Pipes au conseil d’administration de l’US Institut of Peace, une « institution fédérale indépendante et non partisane créée par le Congrès pour promouvoir la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits internationaux ».

    Étant donné que le climat politique est ici déterminé en grande partie par une alliance des soutiens d’Israël de droite avec des membres néo-conservateurs de l’establishment, ce n’est pas surprenant que l’attaque portée contre les études sur le Moyen-Orient risque d’être bientôt encadrée par une loi. Le 21 octobre de l’année dernière, la Chambre des Représentants a proposé un projet de loi, HR 3077, International Studies in Higher Education Act. Le projet de loi fait partie de la réactualisation du Higher Education Act connu sous le nom de Title VI qui date de 1959 et mandate le financement fédéral des études internationales et langues étrangères. Le Title VI renouvelle les programmes d’éducation internationale et d’entraînement aux langues et a apporté plusieurs améliorations importantes. Mais il contient également des dispositions qui affectent le cursus universitaire, les embauches universitaires et les fournitures pour les cours dans les institutions qui acceptent le financement fédéral.

    Une des figures clés derrière le HR 3077, est Stanley Kurtz, un collègue et chercheur à l’Institut Hoover et un associé de Kramer et Pipes. Lors de son témoignage devant la Chambre des Représentants le 19 juin 2003, Kurtz a accusé les universitaires spécialistes du Moyen-Orient et d’autres domaines, d’avoir détourné le Title VI avec « leurs critiques extrêmes et partiales de la politique étrangère américaine ». Il estime que le concept « qu’il est immoral, de la part d’un universitaire, de mettre ses connaissances des langues et de cultures étrangères au service du pouvoir américain » est le principe de base de la théorie post-coloniale, et il cite le travail d’Edward Saïd dans ce domaine comme étant le plus pernicieux. Le témoignage de Kurtz a été accepté par le Congrès sans débat, et nombre de ses recommandations pour « réparer » les dommages ont été adoptées par la Chambre des Représentants.

    La plus potentiellement coûteuse de ces recommandations est la création d’un comité de conseil de l’éducation supérieure pour s’assurer que les programmes financés par le gouvernement « reflètent les différentes perspectives et toute la gamme des vues sur les régions du monde, les langues étrangères et les affaires internationales ». Le conseil se composerait de sept membres : trois nommés par le secrétaire à l’Éducation, dont deux « représenteront les agences fédérales qui ont des responsabilités au niveau de la sécurité nationale » ; deux, nommés par le porte-parole de la Chambre des Représentants, et deux par le président en exercice du Sénat. Une des fonctions du conseil sera de recommander les façons « d’améliorer les programmes (...) pour mieux refléter les besoins nationaux ayant rapport avec la sécurité nationale ».

    Les recommandations du conseil ne seront pas sujettes à une révision ou à une approbation venant d’un officier du gouvernement fédéral, y compris du secrétaire à l’Éducation. Et malgré le fait que ce projet de loi n’a pas le droit de « mandater, diriger ou contrôler le contenu spécifique de l’enseignement prodiqué par une institution d’éducation supérieure, ni le curriculum ou le programme d’enseignement », il est autorisé à « étudier, surveiller, informer et évaluer un échantillon des activités financées sous le Title VI. Ce qui revient au même : une intrusion sans précédent, mandatée au niveau fédéral, dans le contenu et la conduite des programmes d’études de secteurs basées dans les universités.

    La liberté universitaire et l’éducation supérieure américaines sont en jeu. Si le HR 3077 devient une loi - le Sénat va ensuite en examiner le contenu - cela créera un organisme qui vérifiera jusqu’à quel point les universités reflètent la politique gouvernementale. Puisque la législation assume que toute imperfection vient « des experts et non de la politique », le gouvernement pourrait avoir le pouvoir d’introduire des voix politiquement sympathiques dans le courant de pensée universitaire et de réformer les frontières d’enquête universitaire. La résistance institutionnelle pourrait être punie en retirant le financement, ce qui serait extrêmement dommageable surtout pour les centres d’études du Moyen-Orient.

    Le HR 3077 contient d’autres dispositions qui sont tout autant scandaleuses. Il exige, par exemple, que les institutions Title VI fournissent aux recruteurs du gouvernement des informations concernant les étudiants et leur recrutement. Le projet ordonne même au secrétaire à l’Éducation et au conseil consultatif d’étudier (c’est-à-dire, d’espionner) les communautés de citoyens américains qui parlent une langue étrangère, « surtout les communautés qui comprennent des personnes qui parlent des langues qui sont critiques pour la sécurité nationale des États-Unis ».

    Tout cela revient à une tentative de faire taire toute critique de la politique américaine et de mettre fin au désaccord avec l’agenda des néo-conservateurs. Ce n’est plus la diversité qui est recherchée, mais la conformité.

    Sara Roy

    (Traduit de l’anglais par A. Cléja)

  • permalien Nadine Ghys :
    6 octobre 2006 @17h38   « »
    Des universités pour surveiller les médias

    … et les universités surveillées.

    Universités en péril

    Par Sara Roy
    - London Review of Books
    Vol. 26 No. 7 - 1 avril 2004

    Titre anglais : Short Cuts

    Sara Roy est une chercheuse universitaire émérite au Centre pour les Études sur le Moyen-Orient de Harvard. Elle est l’auteure de plusieurs travaux sur le conflit israélo-palestinien.

    Dernièrement, à l’Université de Harvard où je suis basée, un étudiant juif sous un pseudonyme non juif a commencé à placarder des déclarations antisémites sur le panneau de l’Initiative for Peace and Justice (HIPJ : un groupe pro-palestinien et anti-guerre du campus). Il se trouve que l’étudiant est le secrétaire des Étudiants d’Harvard pour Israël - groupe qui s’est dissocié de cet incident - et il avait précédemment accusé le HIPJ d’être trop tolérant envers l’antisémitisme. Maintenant, il fait secrètement son possible pour provoquer l’antisémitisme sur le campus. Dans une des affichettes, par exemple, il s’est référé à Israël comme à un État « AskenNAZI ». Des incidents de ce genre, qui deviennent de plus en plus communs sur les campus américains, sont le reflet d’une détermination plus large de provoquer, dénoncer, diffamer et punir les individus et les institutions à l’intérieur de l’académie dont ils considèrent les idées comme étant répugnantes. La campagne est dirigée contre tous les domaines d’études, mais les attaques les plus virulentes sont réservées à ceux d’entre nous qui étudions le Moyen-Orient et dont les idées sont considérées comme anti-israéliennes, antisémites ou anti-américaines.

    La relation entre les tenants pro-israéliens de la ligne dure et le « professorat arabe » (c’est ainsi qu’ils nous appellent) est tendue depuis longtemps. Après le 11 septembre, la droite a accusé les universitaires traitant du Moyen-Orient d’enseignement extrémiste et de trahison intellectuelle. Un rapport publié en novembre 2001 par le American Council of Trustees and Alumni (une organisation à but non lucratif fondée par Lynne Cheney, la femme du vice-président, et par le sénateur Joseph Lieberman) « Defending civilisation : How our universities are failing America and what can be done about it » a effectivement accusé l’université d’être anti-patriotique et anti-américaine, une cinquième colonne apportant un soutien intellectuel au terrorisme global. Ce rapport a cité pour preuve plus de cent déclarations d’universitaires (et d’autres personnalités) qui demandaient un examen plus critique des causes des évènements du 11 septembre et du rôle qu’aurait pu jouer la politique étrangère des États-Unis.

    Une autre accusation envers les études du Moyen-Orient est apparue dans le texte de Martin Kramer : « Ivory Towers on sand : The failure of Middle Eastern Studies in America » publié en octobre 2001 par le pro-israélien Washington Institut for Near East Policy. Kramer, qui enseigne l’histoire arabe et la politique à l’université de Tel Aviv, déclare que les études moyen-orientales aux États-Unis sont dominées - en fait, mutilées - par un sentiment pro-arabe et anti-américain. L’université, pense-t-il, n’anticipe pas et même cache la menace islamiste grandissante qui s’est concrétisée par l’attaque contre le World Trade Center. Il déclare que les études moyen-orientales passent trop de temps sur les sujets historiques et culturels qui ne sont n’aucune utilité à l’État et à ses besoins impératifs de sécurité nationale, et risquent même de leur faire du tort. Il dit qu’une nouvelle approche est nécessaire pour étudier le Moyen-Orient, approche qui gravite autour de l’idée que « les États-Unis jouent un rôle essentiel et bénéfique dans le monde ».

    Il n’y a pas de répit. Septembre 2002 a vu la création du Campus Watch, un site web dont le but premier est de surveiller les études moyen-orientales dans les départements des universités à travers toute l’Amérique pour chercher des signes d’anti-américanisme et d’anti-israélisme. Campus Watch a été créé par Daniel Pipes, un collègue de Kramer et le directeur du Forum sur le Moyen-Orient, un groupe de réflexion dédié à la promotion des intérêts américains au Moyen-Orient.

    « Je ne veux pas voir Noam Chomsky enseigné dans les universités, au même titre que je ne veux pas y voir les écrits de Hitler ou de Staline », dit Pipes lors d’un interview. « Voilà des idées folles et extrémistes qui, selon moi, n’ont pas leur place dans une université. » Non seulement Campus Watch surveille les universités pour traquer les signes de « sédition », comme par exemple les opinions sur la politique étrangère des États-Unis, sur l’Islam, la politique israélienne et les droits des Palestiniens, que Pipes considère comme inacceptables ; mais il encourage également les étudiants à dénoncer les professeurs dont ils trouvent les idées offensantes. Bush a dernièrement nommé Pipes au conseil d’administration de l’US Institut of Peace, une « institution fédérale indépendante et non partisane créée par le Congrès pour promouvoir la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits internationaux ».

    Étant donné que le climat politique est ici déterminé en grande partie par une alliance des soutiens d’Israël de droite avec des membres néo-conservateurs de l’establishment, ce n’est pas surprenant que l’attaque portée contre les études sur le Moyen-Orient risque d’être bientôt encadrée par une loi. Le 21 octobre de l’année dernière, la Chambre des Représentants a proposé un projet de loi, HR 3077, International Studies in Higher Education Act. Le projet de loi fait partie de la réactualisation du Higher Education Act connu sous le nom de Title VI qui date de 1959 et mandate le financement fédéral des études internationales et langues étrangères. Le Title VI renouvelle les programmes d’éducation internationale et d’entraînement aux langues et a apporté plusieurs améliorations importantes. Mais il contient également des dispositions qui affectent le cursus universitaire, les embauches universitaires et les fournitures pour les cours dans les institutions qui acceptent le financement fédéral.

    Une des figures clés derrière le HR 3077, est Stanley Kurtz, un collègue et chercheur à l’Institut Hoover et un associé de Kramer et Pipes. Lors de son témoignage devant la Chambre des Représentants le 19 juin 2003, Kurtz a accusé les universitaires spécialistes du Moyen-Orient et d’autres domaines, d’avoir détourné le Title VI avec « leurs critiques extrêmes et partiales de la politique étrangère américaine ». Il estime que le concept « qu’il est immoral, de la part d’un universitaire, de mettre ses connaissances des langues et de cultures étrangères au service du pouvoir américain » est le principe de base de la théorie post-coloniale, et il cite le travail d’Edward Saïd dans ce domaine comme étant le plus pernicieux. Le témoignage de Kurtz a été accepté par le Congrès sans débat, et nombre de ses recommandations pour « réparer » les dommages ont été adoptées par la Chambre des Représentants.

    La plus potentiellement coûteuse de ces recommandations est la création d’un comité de conseil de l’éducation supérieure pour s’assurer que les programmes financés par le gouvernement « reflètent les différentes perspectives et toute la gamme des vues sur les régions du monde, les langues étrangères et les affaires internationales ». Le conseil se composerait de sept membres : trois nommés par le secrétaire à l’Éducation, dont deux « représenteront les agences fédérales qui ont des responsabilités au niveau de la sécurité nationale » ; deux, nommés par le porte-parole de la Chambre des Représentants, et deux par le président en exercice du Sénat. Une des fonctions du conseil sera de recommander les façons « d’améliorer les programmes (...) pour mieux refléter les besoins nationaux ayant rapport avec la sécurité nationale ».

    Les recommandations du conseil ne seront pas sujettes à une révision ou à une approbation venant d’un officier du gouvernement fédéral, y compris du secrétaire à l’Éducation. Et malgré le fait que ce projet de loi n’a pas le droit de « mandater, diriger ou contrôler le contenu spécifique de l’enseignement prodiqué par une institution d’éducation supérieure, ni le curriculum ou le programme d’enseignement », il est autorisé à « étudier, surveiller, informer et évaluer un échantillon des activités financées sous le Title VI. Ce qui revient au même : une intrusion sans précédent, mandatée au niveau fédéral, dans le contenu et la conduite des programmes d’études de secteurs basées dans les universités.

    La liberté universitaire et l’éducation supérieure américaines sont en jeu. Si le HR 3077 devient une loi - le Sénat va ensuite en examiner le contenu - cela créera un organisme qui vérifiera jusqu’à quel point les universités reflètent la politique gouvernementale. Puisque la législation assume que toute imperfection vient « des experts et non de la politique », le gouvernement pourrait avoir le pouvoir d’introduire des voix politiquement sympathiques dans le courant de pensée universitaire et de réformer les frontières d’enquête universitaire. La résistance institutionnelle pourrait être punie en retirant le financement, ce qui serait extrêmement dommageable surtout pour les centres d’études du Moyen-Orient.

    Le HR 3077 contient d’autres dispositions qui sont tout autant scandaleuses. Il exige, par exemple, que les institutions Title VI fournissent aux recruteurs du gouvernement des informations concernant les étudiants et leur recrutement. Le projet ordonne même au secrétaire à l’Éducation et au conseil consultatif d’étudier (c’est-à-dire, d’espionner) les communautés de citoyens américains qui parlent une langue étrangère, « surtout les communautés qui comprennent des personnes qui parlent des langues qui sont critiques pour la sécurité nationale des États-Unis ».

    Tout cela revient à une tentative de faire taire toute critique de la politique américaine et de mettre fin au désaccord avec l’agenda des néo-conservateurs. Ce n’est plus la diversité qui est recherchée, mais la conformité.

    Sara Roy

    (Traduit de l’anglais par A. Cléja)

  • permalien Vvolodia :
    6 octobre 2006 @18h03   « »
    {{Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?}}

    Vous aimez les "nouveaux historiens", Monsieur Gresh ? moi aussi. Mes préférences vont à Benny Morris, parce qu’il a cherché la vérité, il a erré, il a avoué ses errances, et il est revenu dessus.

    Sylvain Cypel ne nous en voudra pas, si nous utilisons de larges extraits d’un de ses articles, je pense.

    .../"J’ai toujours eu des doutes sur la sincérité des Palestiniens, dit aujourd’hui Benny Morris. Mais depuis Camp David, j’ai des certitudes. Ils ont refusé la proposition la plus généreuse qui soit, puis se sont lancés dans la violence. N’importe quel premier ministre aurait fait la même politique que Sharon. Ehoud Barak m’a dit qu’il aurait mené l’opération "Mur de protection" avec beaucoup plus de force encore. Les Palestiniens sont un peuple malade, psychotique. Peut-être y avons-nous une part ? Mais ils sont les premiers responsables de leur sort, aujourd’hui comme hier."

    .../Pourtant, l’historien est celui qui, à partir de documents israéliens, a mis au jour l’expulsion des Palestiniens en 1948, et le fait qu’elle a été envisagée dès les années 1930 par la direction du mouvement sioniste. Rejette-t-il aujourd’hui ses anciens écrits ? "Non : une moitié des Palestiniens ont bien été expulsés. Mais il n’y avait pas de plan préconçu. Ce fut le résultat d’une guerre qu’ils ont eux-mêmes déclenchée. Eux et les pays arabes sont donc les vrais responsables. Certes, à l’été 1948, notre gouvernement a décidé d’empêcher le retour des réfugiés. Tout Etat en guerre l’aurait fait.Aujourd’hui, estime Benny Morris, l’OLP-Organisation de libération de la Palestine- voudrait un Etat sans accord de paix. Les réfugiés ne s ! ont pas l’objet de la dispute, ils en sont les instruments ; c’est un stratagème afin de poursuivre la lutte jusqu’à la disparition d’Israël."

    .../Benny Morris est désormais catégorique : "Nous sommes dans une guerre existentielle. Si les Palestiniens l’emportent, Israël n’existera plus." Irait-il, pour qu’Israël gagne cette guerre, jusqu’à accepter une nouvelle expulsion des Palestiniens ? "Oui, répond-il. Par leurs actes, ils justifient ce qui pourrait leur arriver. S’il y a une guerre régionale, et que les Palestiniens, y compris les Arabes d’Israël, empêchent l’armée de faire la guerre, Tsahal devra les expulser. Ils n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes."

    .../Le plus sévère est Ilan Pappé, spécialiste du conflit israélo-palestinien, aujourd’hui menacé d’être exclu de l’université de Haïfa (du calme, allons, il est toujours payé à déblatérer sur Israel, à moins qu’il ne soit à la retraite)

    .../ Sans ce refus, il n’y aurait pas eu de réfugiés. On peut toujours rétorquer que, sans sionisme, il n’y aurait pas eu de malheur palestinien.
    ........................

    Monsieur Gresh, que vous a donc fait Israël ? pourquoi oubliez vous que ce sont les arabes qui ont refusé le plan de partage, attaqué l’état juif à plusieurs reprises, et de diverses manières ?

    Les conséquences d’une guerre ne sont jamais très jolies, et si par malheur les arabes avaient gagné ces guerres, il n’y aurait plus un seul juif sur la terre de Palestine pour jouer les "nouveaux historiens".

    Vous ne pouvez nier que les israéliens étaient prêts à beaucoup de concessions pour vivre en paix avec les voisins ; le Yichouv n’a pas hésité à faire sauter un bateau, l’Altalena, appartenant à l’Irgoun, afin qu’il n’y ait en Israël qu’un seul pouvoir, risquant ainsi la guerre civile. L’état juif existait, Tsahal existait, il ne pouvait y avoir 2 pouvoirs en Israël.


    Vous avez également Ilan Pappé de l’Université de Haïfa, qui appelle au boycott de sa propre université ainsi que du reste des universités israéliennes. Ilan Pappé affirme qu’Israël a commis une épuration ethnique en masse contre les Arabes en 1948, et que l’armée israélienne était plus puissante que toutes les armées arabes réunies. Il est un ardent défenseur de Teddy Katz, un étudiant de l’Université de Haïfa qui soumit en 1998 une thèse de maîtrise dans laquelle il affirma, sur la base de témoignages oraux, que l’armée israélienne avait massacré les résidents du village arabe de Al-Tantura en 1948. Poursuivi en diffamation par les anciens soldats accusés de crime, Katz rescinda ses affirmations. Sa défense fut financée par l’Autorité palestinienne. Le procès ainsi qu’un comité scientifique établi par l’Université de Haïfa montrèrent que les affirmations de Katz ne reposaient pas sur des preuves historiques tangibles et qu’il y avait de grandes différences entre les témoignages recueillis par Katz et leur transcription dans sa thèse. L’Université de Haïfa invalida rétroactivement la thèse en 2002."

    http://israelfr.com/tikiwiki/tiki-r...

    Désolé de me servir des textes d’autrui, ce sont les seules preuves que je possède.

    Une défense financée par l’autorité palestinienne. Certains, même historiens, n’ont vraiment aucune honte.

    Voir en ligne : http://www.debriefing.org/1317.html

  • permalien Denis :
    6 octobre 2006 @18h09   « »
    Affaire Redeker, un autre RER D ?

    Rappelons-nous l’histoire de cette jeune femme, violée dans le RER. L’histoire était si crédible, elle répondait tellement à l’attente de la presse, du public. Ce fut énorme. Rappelons-nous.
    J’ai voulu vérifier la réalité des menaces qui pèsent sur le Rushdie toulousain, ma curiosité ayant été piqué au vif par le fait que dans une de ses lettres, il affirme que le plan de son domicile est exposé sur Internet. . Rien. Je n’ai rien trouvé. Il est vrai que je ne lis pas l’arabe. Mais, par contre, j’ai trouvé des milliers de pages, au bas mot, pour soutenir la liberté d’expression, que l’on dirait toutes copiées les unes sur les autres...
    Ah, cette jeune femme avait tout inventé. J’espère que mon propos ne sera pas jugé diffamatoire. Après tout, je ne fais qu’exercer ma liberté d’expression.

  • permalien Firass :
    6 octobre 2006 @18h20   « »
    A Vvolodia

    Tout ce que vous dites est connu (notamment les positions de Morris) mais quelle solution préconisez-vous ?

  • permalien Ana :
    6 octobre 2006 @18h37   « »
    "Monsieur Gresh, que vous a donc fait Israël ?"

    "Pourquoi oubliez-vous que ce sont les arabes qui ont refusé le plan de partage, attaqué l’état juif à plusieurs reprises, et de diverses manières ?" demande Vvolodia peu après 18 heures.

    Vvolodia, qui pose la question, ne se demande pourtant pas pourquoi diable les Arabes auraient dû accepter ce fameux plan de partage, et qui plus est, sans sourciller.

  • permalien Pierre :
    6 octobre 2006 @19h18   « »
    Des universités pour surveiller les médias.

    « Universities join the U.S. to monitor foreign news »

    Peut aussi se traduire tout aussi justement par "des universités rallient la nation pour le contrôle de la presse étrangère".

    Tout est dit.

    Ce type de programme est irréalisable, en fait il utilise l’information comme arme de dissuasion, c’est en réalité une menace qui traduit l’impuissance de l’argent sur la question de savoir "pourquoi ne nous aiment-ils pas ?"

    Tout y est, les énormes budgets votés, le ralliement des "intellectuels" à la défense de la nation, la volonté d’imposer sa vision du monde, et l’alibi scientifique.

    Mais ce n’est que la comm.

    Ca pourrit l’ambiance et c’est fait pour ça et les propos de Lucy Dalglish : "It is just creepy and Orwellian," pourraient tout aussi bien se traduire par : "Ca ne sert qu’à faire frissonner et c’est orwelien".

  • permalien Vvolodia :
    6 octobre 2006 @19h22   « »

    Firass, il ne peut y avoir de solutions qu’entre personnes sincères, et qui ne veulent pas la destruction du voisin, ou qui veulent imposer de force soit une religion soit une idéologie que l’autre refuse.

    Si nous avons la paix en Europe, c’est bien parce qu’après des siècles de guerres, nous avons tous compris que nous devons accepter l’autre avec ses différences. C’est toute une éducation à refaire pour beaucoup d’habitants du M.O.

  • permalien Ahmad :
    6 octobre 2006 @20h12   « »

    Salam,Mr Gresh cite le grand spécialiste de la laicité Jean Baubérot donc il faut signaler la sortie cette semaine, du livre,très interressant,et bien venu:l’intégrisme républicain contre la laicité aux éditions l’aube/essaie

  • permalien K :
    6 octobre 2006 @21h09   « »

    La visite de Rice aux palestiniens, véritable partie de poker menteur, n’a apparemment pas convaincu l’éditorialiste du daily star, Liban :

    " Forgive us if we are mistaken, but is it fair to say that in the final analysis, when all was said and done, and Condoleezza Rice’s diplomatic tour had come and gone, that the world’s mightiest power, which seeks to redraw the maps and reconfigure the political genetics of the Middle East, had proposed to improve tomato exports from Gaza(....) If that is interpreting the results of Rice’s visit too narrowly, we and several hundred million others in this region would love to hear her explain more precisely the aims of American diplomacy."

    " Pardonnez nous si nous nous trompons, mais n’est il pas permis de dire, en derniere analyse, apres solde de tout compte, et une fois achevee la tournee diplomatique de Condoleza Rice, que le plus grande puissance du monde, qui cherche a retracer les cartes et remodeler les genetiques politiques du Moyen-Orient, a propose d’ameliorer les exportations de tomates a partir de Gaza (...). Si c’est interpreté les resultats de maniere trop partielle, nous et des centaines d’autres personnes dans la region adorerions l’entendre expliquer les objectifs de la diplomatie americaine."

    Il n’ya pas de doute, ce n’est pas du cote des neocons que l’on saura "Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?"

    Voir en ligne : Tomatoes and partisan troops are not a recipe for effective diplomacy

  • permalien Abdeloum :
    6 octobre 2006 @22h01   « »

    Bravo Ana !!!

  • permalien Pierre :
    6 octobre 2006 @22h08   « »

    K,
    L’exportation des tomates peut-être un objectif diplomatique rentable pour une administration nèocon (en attendant de trouver du pétrole dans la bande de Gaza).

    Et puis c’est un sujet de conversation plus consensuel que l’administration de Jérusalem-est.

  • permalien Leila Salem :
    6 octobre 2006 @22h20   « »
    Affaire Redeker

    Redeker, le « philosophe » qui voulait péter plus haut que son c...


    Naissance d’une « étoile »

    Hier, c’était un parfait inconnu ; aujourd’hui, il est devenu une vedette dans les colonnes de la presse, sur les écrans de télévision et sur la toile. Professeur de philosophie dans un lycée de la banlieue toulousaine ; Robert Redeker fut toujours persuadé d’être "Je suis une célébrité, sortez moi de là" . Il est décrit par plusieurs de ses collègues comme quelqu’un d’imbu de sa personne, arrogant et égocentrique et les élèves n’en pensent pas moins ; ses cours de philo tournaient autour de sa petite personne et ses articles étaient souvent lus en classe.

    Cet ardent défenseur des valeurs occidentales est devenu plus sioniste que sioniste et fait tout pour le faire savoir. En effet, Redeker écume depuis longtemps les rédactions de tout ce que la France compte comme gazette islamophobe, ses papiers sont imprégnés par un fort racisme et une rage contre la gauche qui à ses yeux est coupable de complicité. Il justifie son « islamophobie au nom de ses sympathies sionistes... »comme l’écrit Danielle Bellatrach. Ses tribunes répétées, concentré de haine anti-musulman, lui ont permis d’avoir le ticket d’accès au cercle des nouveaux réactionnaires ; ces intellectuels de la « gauche » ultralibérale fort médiatisés et promoteurs de la guerre des civilisations.

    Il faut dire que notre homme, développe des théories aussi extravagantes les unes que les autres avec une parfaite médiocrité qui lui est sienne.

    Pour rehausser son CV et donner plus de consistance au personnage, ses parrains n’ont pas hésité à lui trouver des jobs dans diverses revues.

    Il est, par exemple, membre du comité de rédaction de la revue « les Temps Modernes », publication dirigée par Claude Lanzman, réalisateur d’un film qui fait l’apologie de l’armée sioniste.

    Redeker est aussi ami et ex-collaborateur pour ProChoix de Caroline Fourest, une autre islamophobe patentée.

    Il a également publié des tribunes véhémentes dans divers quotidiens dont Le Monde, Libération, Le Figaro.... Dans l’une de ses publication, il traita les médias de complaisants (sic !) à l’égard des dernières émeutes des banlieues. D’après lui, la faiblesse et le laxisme de ces derniers les ont conduits à chercher une « justification » sociale à cet embrasement. Dans une autre, il dénonça la « pédagogie déferlante » et la « sociolâtrie » qui transforment, selon lui, les professeurs en vulgaires animateurs de quartiers. Il y eut aussi cette autre tribune où il légitima la publicité et fit son éloge « suscitant du désir (...), humanise, nous rendant, au même titre que la raison, plus hommes... » avait-il affirmé.

    De même, il a collaboré dans l’Arche, mensuel du judaïsme français. Dans cette revue, il y a publié un article virulent contre les palestiniens et les jeunes des banlieues « le Palestinien et le jeune de banlieue jouent les fantômes du Prolétaire, venant hanter les nostalgies de certains intellectuels et des militants de gauche », à la différence du Prolétaire qui « était affecté du signe positif du progressisme » le Palestinien et le jeune de banlieue « n’expriment qu’un mixte de fanatisme religieux et de fétichisme consumériste » écrivait-il dans l’Arche.

    Dans un autre article publié dans la même revue, il s’attaqua à la gauche devenue, selon lui, « antisémite » par « vacuité intellectuelle et politique »
    « Le vide politique actuel de la gauche » l’a conduit à « la haine sur son objet primaire ancestral, le Juif. » affirmait-il.

    Tempête dans un verre d’eau

    Le 19 septembre, le « philosophe » revint à son activité favorite, l’islamophobie, et publia dans le Figaro une diatribe sur l’islam. Le 20 septembre, dans son bulletin d’information « Hassad Al Yaoum » la chaîne Al-jazeera diffusa la nouvelle - sans citer le nom de l’auteur- Le même jour, dans une émission hebdomadaire d’Al Jazeera, dont le thème portait sur la polémique créée par les propos du pape, Al-Kardaoui, survola l’affaire de la publication du Figaro sans citer ni le nom du journal ni celui de l’auteur. Au cours de cette émission, il appela à une manifestation pacifique le 22 septembre, baptisée « jour de la colère » en guise de protestation contre les multiples attaques subies par les musulmans ces derniers temps. Il mit en garde contre tout débordement et conseilla les musulmans de ne pas tomber dans le piège des médias occidentaux et donner l’image du musulman violent, cliché dont les médias sont friands. À aucun moment, Al-Kardaoui n’a désigné le « philosophe » français à la vindicte, comme l’ont affirmé Caroline Fourrest et autres personnes et médias français (y compris l’Huma qui devrait vérifier ses informations avant de les publier). L’émission est archivée sur le site de la chaîne et consultable.

    La liberté d’expression s’arrête là où mes intérêts commencent

    Le Figaro qui se pavane devant son lectorat français dans les habits du grand défenseur de la liberté d’expression, se fend, au même moment, en excuse devant ses clients arabes et se désolidarise de Redeker. Le 21 septembre Pierre Rousselin, directeur-adjoint de la rédaction du Figaro exprima sur Al Jazeera ses regrets concernant la publication de l’article de Redeker. Il déclara que la publication d’un tel article est une erreur ; il affirma que ce texte n’exprime pas l’avis du journal et qu’il a été publié dans le cadre d’une tribune libre qui n’engage que son auteur. Il ajouta que parfois des erreurs se produisent, des textes sont publiés sans vérification préalable et il s’en excusa. Le même jour, l’article incriminé fut retiré du site du Figaro.

    La désillusion

    Le 22 septembre, jour de la dite manifestation, les médias français se mirent en branle et sortirent leur grosse artillerie pour capter les images de foules musulmanes hystériques et violentes afin de les diffuser sur toutes les chaînes occidentales. À leur grand regret, rien ne se passa comme ils l’escomptaient ; les rares manifestations se déroulèrent dans le calme et aucun acte violent ne fut relevé. Ce jour-là, l’attention des gens étaient portée vers le discours « Du jour de la Victoire » de Nasrallah. Personne ne demanda la tête de Redeker ni même évoqua l’affaire du « philosophe » français. Redeker conserva son statut du parfait inconnu dans le monde arabo-musulman ; les peuples arabes et musulmans restent beaucoup plus préoccupés par les situations dramatiques que vivent la Palestine, le Liban, l’Irak et l’Afghanistan que par les petites bisbilles franco-françaises à la sauce Redeker.


    Une opération publicitaire bien réussie.

    Redeker, cet intégriste du vedettariat et de la publicité a signé sa tribune dans le Figaro en se présentant comme professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet impliquant ainsi le lycée où il exerce et la ville qui l’accueille. Le 22 septembre, Redeker informa le lycée des menaces de mort dont il aurait fait l’objet et que désormais, il vivra dans la clandestinité sous la protection de la DST. Cette nouvelle se propagea comme une traînée de poudre et une vraie effervescence régna au lycée « y a mon prof de philo qui a fait un sale article ! » dit un élève de cet établissement. Les lycéens se passèrent des papiers chiffonnés reproduisant des extraits de l’article de Redeker, les survolèrent d’abord vaguement, puis s’arrêtèrent, choqués, sur la violence des propos : « Jésus est amour » contre « Mahomet est haine », « massacreur de juifs », « pillard »...L’un d’entre eux demanda, « il est de qui cet article ? Redeker ! Ah oui, celui qui brandit ses articles et les partage si humblement à ses élèves... je m’en souviens !  ». Un autre lança, désabusé, «  je ne lirai pas son torchon car lui, il dit qu’on mérite pas ses cours je ne vois pas pourquoi il mériterait mon attention  ». Et un autre ajouta «  y a mon frère qui l’a eu l’an dernier, ce prof dit que la dictature est le meilleur système possible et il dit que quelqu’un qui n’aime pas la pub est quelqu’un qui n’aime pas la vie ? ».
    « Ah ! bon  » s’en étonna un autre, « c’est dans le programme de philo ça ?  » Questionna-t-il. « Pas plus que ses articles qu’il fait lire à ses élèves sur ses heures de cours  » répondit un autre. « Chapeau Redeker, joli coup de pub » ricana un autre ; « C’est son jour de gloire, c’est ce qu’il a toujours cherché, il doit en être content  » poursuit-il en éclatant de rire.


    L’armada de l’islamophobie

    Au fil des heures, élèves et enseignants se rendirent compte du piège dans lequel veut les faire entraîner Redeker et ses acolytes. Avec intelligence et lucidité, les élèves et leurs professeurs calmèrent la situation et oublièrent, dès le lendemain, l’affaire Redeker, et la vie au lycée de Saint-Orens reprit son cours normal.

    Cependant, certains médias, ses pompiers pyromanes amateurs des eaux troubles, ne l’entendaient pas de cette oreille. Eux, qui voulaient la tempête, ont été déçus par l’attitude responsable des élèves, du corps enseignant, des syndicats et du maire de la ville de Saint-Orens. Deux jours après, caméras au point, les télés débarquèrent en meute au lycée Saint-Orens pour rallumer le feu. Les émissions se multiplièrent, les journaux abondèrent dans le même sens et les défenseurs inconditionnels du « philosophe » se précipitèrent sur les plateaux de télévisions et ondes de radios pour venir à son secours contre les méchants ennemis de la liberté d’expression-entendez par là : musulmans et une gauche accusée de complicité.

    D’un côté, les extrémistes communautaires issus d’une partie de la droite, de l’extrême droite traditionnelle et des groupes ultrasionistes dénoncèrent «  la menace totalitaire et fanatique » réclamèrent « l’expulsion des extrémistes  » et saluèrent «  la lucidité des propos » de Redeker. De l’autre côté, les nouveaux réactionnaires d’André Gluksmann à Alain Finkielkraut en passant par Bernard-Henri Lévy, Pierre-André Taguieff, Caroline Fourest et Cie profitèrent de l’occasion pour renouveler leur haine et leur racisme anti-musulman à haute voix et sans aucun complexe. Afin de venir en aide à leur frère siamois, ils lancèrent un appel de soutien au « philosophe »

    Philippe de Villiers , allant dans le même sens, lança sa propre pétition de soutien et demanda, sans rire, à Jacques Chirac "d’héberger" le bon père de famille.

    La culture de la haine

    Par sa haine aveugle, ce pseudo philosophe cherche à propager davantage la thèse du choc des civilisation au sein de la société française et à semer la haine entre les citoyens. Par son égocentrisme et son irresponsabilité, il a terrorisé les élèves du lycée où il exerce et a inquiété les parents, les élèves et les parents musulmans plus que les autres. En effet, des groupuscules d’extrême droite sont très actifs dans la région Toulousaine et cette affaire risque de les revigorer. Cet été un lycéen de Saint-Orens de la mouvance d’extrême droite fut mis en examen pour avoir fabriqué un engin explosif de 6kg ! Ce garçon, au profil dangereux se préparait à passer à l’acte. Bien entendu, les médias, si prompt à dénoncer les méchants métèques n’ont dirent mot, à peine un petit encadré paru dans la dépêche du midi [1].

    La liberté d’expression

    Redeker, le menacé, n’est qu’un pion faisant partie d’un système qui utilise la propagande de façon subtile afin de guider le peuple vers des buts bien précis. Les médias, ces organisations aux pratiques totalitaires disposent de pouvoirs considérables et sont liées entre elles par des objectifs et des intérêts communs et inavoués. Elles instrumentalisent les peurs, divisent les citoyens, fabriquent les évènements et les opinions ; de plus, elles ont appauvri la vie culturelle, ont favorisé la pensée unique et ont réussi à tuer l’esprit critique du citoyen.

    Avant d’accuser les musulmans, une proie si facile, les vaillants défenseurs de la liberté d’expression devraient s’attaquer à Goliath et libérer la parole du joug des industriels et des marchands d’armes.

  • permalien Aziz :
    6 octobre 2006 @22h50   « »

    Bonjour Mr Gresh

    Votre "bonne" position est claire. C’est une élaboration dont le principal principe, si je puis dire, est contenu dans cette phrase :

    « Comment, alors, s’y reconnaître dans des revendications opposées ? Par l’affirmation du primat du droit international. Que disent, en substance, les résolutions des Nations unies sur la Palestine et sur Israël ? Elles reconnaissent que, désormais, sur la terre historique de la Palestine sont installés deux peuples, l’un juif israélien, l’autre palestinien, et que ces deux peuples ont droit chacun à leur État indépendant. »

    Autrement dit, vous êtes d’accord avec la solution des deux États, car c’est la solution que préconise le "droit international".

    Pourtant, certains pensent que ce droit n’est que l’expression civilisée d’un rapport de force qui est, depuis la naissance de l’ONU, un des instruments de l’hégémonisme occidental qui appuie le "deux poids deux mesures" que vous critiquez.

    Finalement, votre position, somme toute très respectable en comparaison à celle de plusieurs autres intellectuels occidentaux, est réaliste. Mais, malheureusement, on ne peut pas dire qu’elle est juste.

    Par ailleurs, j’aurais aimé savoir pourquoi vous ne seriez pas d’accord avec la solution d’un seul État démocratique (en remplacement de l’État raciste qu’est Israël) ? Je ne peux croire que la volonté de ne pas aller à l’encontre du droit international y soit la seule raison.

    Que Dieu vous aime ! (malgré votre athéisme ;-)

    Aziz

  • permalien K :
    6 octobre 2006 @23h22   « »
    Pour etre tout a fait complet au sujet de Benny Morris

    " Dans un entretien avec Ari Shavit publié dans le journal Ha’aretz le 9 janvier 2004, Morris va plus loin. À propos des réfugiés palestiniens de 1948 : "On ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs … Quand le choix est entre être détruit et détruire, il vaut mieux détruire … Il y a des circonstances dans l’Histoire qui justifient la purification ethnique. Lorsque le choix est entre la purification ethnique et le génocide –l’annihilation de votre propre peuple- je préfère la purification ethnique … Un État juif n’aurait pas pu émerger sans le déracinement de 700,000 Palestiniens. Il était donc nécessaire de les déraciner … Il n’était pas possible de laisser une cinquième colonne dans le pays. Dès l’instant où le Yishuv fut attaqué par les Palestiniens et les États arabes, il n’y avait pas de choix, il fallait expulser les Palestiniens. N’oubliez pas que les Arabes contrôlent une grande partie de la planète du fait de leurs conquêtes et de leurs meurtres. Ils ont 22 États. Les Juifs n’en avaient pas même un. Il n’y avait pas de raison de leur refuser ce droit.

    Donc, de mon point de vue, le besoin d’établir cet État passe avant l’injustice infligée aux Palestiniens." Mais ce n’est pas tout. Ben-Gourion, en 1948, "aurait dû finir le boulot. Je sais que cela enrage les Arabes et les tenants du politiquement correct, mais Ben-Gourion aurait dû organiser une expulsion en masse et vider le pays de tous ses Arabes –et ce jusqu’au Jourdain." Et Ari Shavit de répliquer : "J’ai du mal à croire ce que j’entends." Effectivement. Mais attendez, ajoute Morris, il n’est jamais trop tard : il est encore possible d’expulser les Arabes de Galilée et de CisJordanie dans le cas d’une "attaque arabe généralisée contre nous." "En cas de menace existentielle contre Israël" conclut Morris, "une telle expulsion sera justifiée."
    (....)

    "Et alors Ari Shavit lui demande : "Benny Morris, seriez-vous devenu de droite ?" "Non, non" répond-t-il, "je suis toujours de gauche." Et pourtant il ajoute : "Ben-Gourion disait que les Arabes ne comprennent que la force … Il avait raison." "Et vous-vous dites de gauche ?" insiste Shavit. "Je suis réaliste" précise Morris." (....)

    PS : cet article est d’un defenseur de Benny Morris ! C’est dire l’etat d’esprit de certains..., comment les qualifier ?

    Voir en ligne : Par Emmanuel Navon. Intervention au College des etudes juives de l’Alliance israelite universelle

  • permalien K :
    6 octobre 2006 @23h33   « »

    Le lien exact concernant ce qui precede est le suivant :

    Voir en ligne : http://www.nuitdorient.com/n2437.htm

  • permalien Sophie :
    6 octobre 2006 @23h51   « »

    Bonsoir à tous,

    je suis très perplexe sur les positions, telles que je les comprends, d’Alain Gresh sur la "bonne" position sur le conflit israélo-palestinien, après avoir lu "Palestine : les bases d’une solidarité "(compte-rendu de la conférence le 10
    octobre 2002 à Paris) publié par l’Association France Palestine Solidarité, et relu Lettre à ma fille.

    Je vais essayé d’etre claire, mais c’est plutot nébuleux dans ma tete.

    Tout d’abord réfléchir à ce qu’il écrit sur ce blog en introduction : " Les fondements d’une position politique sont souvent inconscients. Il est important de prendre le temps de réfléchir là-dessus et de savoir ce qui nous détermine à prendre position sur le conflit israélo-palestinien".

    Ca me renvoie à l’observation de mon fils(
    fervent auditeur d’Alain Finkelkraut sur France Culture)
    "je trouve bizarre ces prises de positions pour défendre les Palestiniens, pourquoi pas le Darfour dans ce cas, ou d’autres ?".

    Je m’interroge donc : Est-ce que je défends les droits des Palestiniens par aversion ou ressentiment contre les Juifs ? Très sincèrement je pense qu’il y a eu de ça
    dans mon désir de comprendre ce conflit. L’impression que nos médias étaient "sous influence" et qu’ils étaient
    très partiaux.(Inutile de crier à l’antisémitisme : d’abord je n’ai jamais compris ce terme, les arabes étant des sémites, ensuite soit mon impression est confirmée par les chiffres donc c’est une réalité, soit elle est infirmée par les chiffres et je suis donc raciste... mais je me soigne).

    Par la suite plusieurs documentaires sur ce conflit ou sur la société israelienne,
    passés à la TV à des heures de grande audience ( de 23h
    à 3h du matin par exemple pour le documentaire "Ligne ou Route 181, j’ai oublié de rechercher la référence ), m’ont
    littéralement stupéfiée. Sont venues les lectures, les articles du Monde Diplo, la participation à des manifestations, la signature de pétitions...

    Je dois dire que, depuis que je participe à ce blog, en lisant certaines interventions qualifiées de paranoiaques
    ou hysteriques mon "racisme anti-juif" a plutot diminué, paradoxalement. Lisant aussi ce qu’ a écrit plusieurs fois Alain Gresh notamment "Il nous faut aussi prendre en compte que ce génocide,inscrit dans l’histoire, a créé des peurs réelles, des peurs réelles dans les communautés juives du monde ainsi qu’en Israel."( ouvrage cité ci-dessus, p5). Depuis je me pose souvent la question : si j’étais juive, avec le poids de cette Histoire , comment je réagirais ?
    Comme VVolodia ? Comme l’Union Juive Française pour la Paix ? Evidemment je n’en sais rien.

    Par ailleurs, et c’est ce que j’ai répondu entre autre à mon fils, avec cinq millions d’Arabes en France et je ne sais combien de Juifs ce conflit ne peut pas ne pas avoir de répercussions chez nous. C’est pourquoi , ni Juive ni Arabe, je me sens cependant concernée par ce conflit.

    Fin de la première partie. Je réfléchis à la suite et je reviens.

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @00h05   « »
    Benny Morris suite

    Cette fois tiré de la meme reference que notre co-fumeuse, pardon, "forumeuse"

    " Très peu de "nouveaux historiens" israéliens suivent Benny Morris dans son virage. Tous reconnaissent son "apport indiscutable" de précurseur dans l’historiographie israélienne. Pour le reste, "c’est un charlatan", juge Avi Shlaim, qui enseigne à Oxford. Selon lui, M. Morris tronque volontairement ses analyses pour en tirer les conclusions qui l’arrangent. L’historien-journaliste Tom Segev dit : "Avec le terrorisme aveugle, Benny, comme la plupart des Israéliens, a pris peur." Amnon Raz, professeur d’histoire juive à Beersheba, est plus méprisant : "Morris, dit-il, a souffert d’être marginalisé. En rejoignant le consensus, il espère être reconnu comme historien et admis dans la tribu. Et accessoirement devenir professeur titulaire."

    Voir en ligne : http://www.debriefing.org/1317.html

  • permalien
    7 octobre 2006 @01h07   « »
    A Sophie

    ""Racisme anti-juif"" ? Je ne vois honnetement pas ce que cela vient faire la, meme mis entre guillemets. Avoir souffert dans sa chair, été victime

  • permalien Sophie :
    7 octobre 2006 @01h10   « »

    me revoila,

    Entretemps j’ai lu les réflexions d’Aziz qui me permettent
    de mettre un peu d’ordre dans mes idées.

    Vous écrivez Alain Gresh (p3 in Palestine : les bases d’une solidarité, publié par l’AFPS, compte-rendu de la conférence le 10 octobre 2002 à Paris)" J’essaye de fonder mes prises de position à partir de ce que j’appelle un mélange du droit international et des rapports de forces tels qu’ils sont et non tels que je les reve".

    Première remarque, que vous faites d’ailleurs vous meme,( p3
    meme texte) :"Il faut aussi etre conscient que ce droit international s’applique dans un contexte donné, celui d’une hégémonie américaine totale sur le monde et d’une alliance américano-israélienne stratégique". Et depuis 2002
    la situation n’a pa du s’améliorer.

    Donc un droit international très orienté par les EU et qu’en plus Israel ne respecte pas sans s’attirer de sanctions.

    Plus loin vous écrivez :"Les résolutions des Nations unies sur la Palestine et sur Israel() reconnaissent que sur la terre
    historique de la Palestine sont installés deux peuples,
    l’un palestinien, l’autre juif israelien, et que ces deux peuples ont droit chacun à leur Etat indépendant"p19.

    Oui, sauf que Israel existe depuis 1948 et que la Palestine n’existe toujours pas.

    Ensuite par "réalisme" vous dites en substance qu’il faut reconnaitre "les faits accomplis" ,"désormais Israel existe et il forme une société vivante et dynamique"p30. Et que désormais l’objectif essentiel est "rassembler une majorité de l’opinion en faveur de la création d’un Etat palestinien indépendant au coté de l’Etat d’Israel"p31

    Ca me choque profondément que le Droit international
    entérine la loi du plus fort. Que Les Palestiniens n’aient droit qu’à 22°/° de la Palestine historique,( si un jour ils y ont droit).
    Par ailleurs , d’une part meme cette portion congrue Israel
    ne parait pas décidé à la lacher, d’autre part je me demande quelle sera la viabilité de cet Etat Palestinien.
    N’est-ce pas une bombe à retardement que nous léguons aux générations futures ?

    Certes comme vous le dites, c’est facile , en France bien
    au chaud et en paix, d’avoir des positions radicales. C’est
    pourquoi je soutiens les Palestiniens quelque soit la
    position qu’ils adoptent. Simplement je ne crois pas que cela apportera une paix juste et durable. C’est tout.

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @01h12   « »
    A Sophie

    ""Racisme anti-juif"" ? Je ne vois honnetement pas ce que cela vient faire la, meme mis entre guillemets.

    Avoir souffert dans sa chair, été victime d’un génocide, justifie t-il cette "politique" ignoble et inhumaine qu’est celle adoptée actuellement et depuis un certain temps
    ( trop longtemps helas ) par israel ?

    Il ne m’a pas du tout semblé que les propos d’Alain Gresh allaient dans le sens d’une indulgence envers les semeurs de mort et de haine.

  • permalien Ahmad :
    7 octobre 2006 @01h13   « »

    Salam,il y a une contradiction majeure à dire come le fait l’onu que deux peuples,ont le droit à exister sur la terre de palestine,car cela ces droits ont été imposer,rappelons,qu’il n’y eu d’égalité déja à l’époque,ou c’était plus des visées coloniales,que du respect de principes de justices(d’ailleurs ce partage n’a rien a voir avec la justice,il suffit de voir la surface donnée à chacun,alors que les palestiniens avit le plus de terre avant le partage),au momment mème ou l’on dit le droit,cela établi un droit injuste et imposé,c’est exactement la démarche international de bush aujourd’hui,si on regarde de plus près,une proposition,soit diant pour le droit,mais qui est injuste et de surcroit imposé.On peut d’ailleurs voir la tromperie dans l’expression droit internationnal,si il existe ce ne fut certainement pas la réalité d’un droit internationnal qui fut apliquer à cette époque(d’ailleurs pas plus qu’aujourd’hui).Le pire c’est que l’on a persuadé des palestiniens de la solution de deux états,cela peut certes etre temporaire ,mais jamais absolue.Seul l’état unique,semble voir le jour à l’horizons,ce que ne voit pas israel aujourd’hui,c’est chaque parti détruite chez les palestinines est en mème temps une parti d’israel qui part,étrange paradoxe,c’est en voulant se construire,s’étendre qu’ israel se détruit,tel est la conséquence de l’injustice,cela plus israel fait cela plus seul la solution,d’un état unique sera possible,létat sioniste d’israel est entrain de s’écrouler ,et de plus en plus de gens le voient,Salam

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @01h23   « »

    Bon, comme cela arrive parfois nos reflexions se sont croisees. Votre dernier post est sans ambiguite.

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @01h29   « »

    L’avis de Georges Corm sur la complaisance envers Israel.

    Voir en ligne : http://georgescorm.com/fr/articles/...

  • permalien saintyves :
    7 octobre 2006 @03h38   « »

    Pour VVOLDIA

    Je te renvoie à un site qui rapporte les propos d’un "gentil" rabin qui preconise de "tuer tous palestiniens males de plus de 13 ans"

    "A Jewish rabbi living in the West Bank has called on the Israeli government to use their troops to kill all Palestinian males more than 13 years old "

    http://www.imemc.org/content/view/2...

  • permalien Pierre :
    7 octobre 2006 @06h22   « »

    Au fur et à mesure de l’avancement de ce blog, j’ai de plus en plus le sentiment d’être comme un enfant devant un théâtre de marionnettes.

    Guignol avec son esprit frondeur le « petit », l’espiègle contre l’ordre et la loi n’est-il pas palestinien ?

    Le Gendarme avec sa loi divine son bâton « tsahal », sa volonté de soumettre guignol a sa loi n’est-il pas Israélien ?

    Et Gnafron l’alcoolique, le « philosophe a 2 balles », le copain ambigu de Guignol qui est-il ?

    · L’opinion publique ?

    · L’administration Bush ?

    · L’Europe ?

    · La Russie ?

    · Les états arabes ?

    Une seule chose est certaine, c’est que le marionnettiste est un importateur de tomates.

  • permalien
    7 octobre 2006 @08h33   « »
    Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ? Grand Guignol (suite)

    C’est stupéfiant, je viens de changer de place dans la salle et là je vois le spectacle sous un autre angle :

    . Guignol c’est le peuple juif constamment pourchassé.

    . Le Gendarme c’est l’ O.N.U. qui frappe Guignol à grand coups de résolutions.

    . Gnafron c’est Condi qui souffle des répliques dans l’oreille de Guignol pour relancer l’intrigue.

    Autour de moi dans la salle ce sont les Palestiniens qui enragent d’avoir étés chassés du spectacle.

    Le manipulateur c’est toujours l’importateur de tomates !

    Je n’ose plus me déplacer ce spectacle est diabolique.

  • permalien Orangerouge :
    7 octobre 2006 @09h14   « »

    Un bon article pour comprendre qu’il y a vraiment beaucoup beaucoup d’argent et de pressions pour que nous oublions tous, que les médias et les politiques oublient vite, les victimes palestiniennes, et que nous prenions la "bonne" position sur le conflit.

    Le CRIF (et peut-être d’autres organisations) est en France le relais de ces organisations américaines et cette institution a des liens extrêmement serrés avec les politiques de notre pays.

    Pourquoi les médias parlent-ils tant d’un Redeker qui n’a pas le moindre intérêt : il dit ce qu’ils ont envie d’entendre.

    http://www.mondialisation.ca/index....

  • permalien Jean :
    7 octobre 2006 @10h23   « »

    Bonjour à Nadine Ghys et son mari qui font un travail énorme pour aider à la diffusion de l’information concernant la catastrophe du Proche-Orient.

    J’ai plein de petites remarques à faire, à la lecture de ce fil :

    A Sophie : vous dites ressentir "moins de "rascisme anti-juif"" ! Pensez-vous que l’émotion que suscite en vous l’injustice terrifiante des évènements actuels soit l’expression d’un racisme ? Attention au sentiment de culpabilité habilement cultivé par les bataillons sionistes dans la frange de l’opinion qui pourrait s’émouvoir de ce qui se passe en Palestine. Attention également à la vision trop schématique qui voudrait voir tous les juifs unis derrière ce mouvement. Ce n’est pas parce que le CRIF, lobby apportant son total soutien à la politique israélienne, et particulièrement bien enraciné dans le milieu politique français, se nomme "conseil représentatif des Juifs de France" qu’il l’est. Il est avant tout représentatif d’un activisme sioniste dévastateur. La grande majorité des Juifs est comme la majorité de l’opinion : désinformée, peu concernée, et par ailleurs plutôt ennuiée de ce qu’on fait en son nom.
    Ne tombez pas dans le piège : l’association de la critique d’Israël à du rascisme est de la propagande, assez habile. On vous dira également que vous souffrez d’un syndrome de culpabilité, et autres joyeusetés. Mais ne vous découragez pas et assumez votre révolte, avec intelligence !

    A Ana et Abdeloum : Vv nous ressert un argument éculé comme quoi les arabes ont refusé tous les plans de paix et la bonne volonté supposée des israéliens. La lecture attentive desdits plans de paix et de leurs conditions associées montre qu’ils étaient écrits de façon à être inacceptables. Voir l’affaire de l’"offre généreuse d’Ehoud Barak", qui a été très minutieusement documentée. Le terme "offre généreuse" est un bel exemple -encore une fois- de propagande. Les Palestiniens ont accepté la perte de la majorité de leur territoire, le découpage de leur terre en deux entités disjointes, la mise sous quota drastique du "droit au retour" des réfugiés, une tutelle juive effective sur leurs institutions. Ils ont refusé leur exclusion définitive de Jérusalem et le morcellement complet de la Cisjordanie : voilà ce que les sionistes qualifient de refus des offres de paix.

    A Aziz et Ahmad au sujet de la solution à un ou deux états : je pense que ce n’est pas à nous mais aux Palestiniens eux-mêmes de discuter ce genre de solutions. Je suis solidaire de leurs souffrances et essaie de faire ce que je peux (c’est très peu) pour lutter contre les ignominies qui leur sont faites. J’ai du mal à imaginer que la fusion des soociétés puisse être possible après 60 ans d’horreurs, d’assassinats, d’occupation féroce et de dépossession. Mais je me refuse à intervenir dans ce débat et je ne comprends pas pourquoi il a tant d’écho dans les mouvements de lutte solidaires avec la Palestine.

    A je ne sais plus qui (désolé) : sur le thème que l’Europe s’impliquerait dans un problème qui ne la concerne pas. C’est oublier un peu vite que :
    - la France et l’Angleterre ont colonisé et administré l’ensemble de cette région (et ce n’est pas si vieux).
    - Theodor Herzl est un européen, ainsi que la grande majorité des théoriciens et activistes sionistes du début du 20è siècle. Les pays occidentaux ne voyaient pas ces activités d’un mauvais oeil, ça leur permettait de se débarrasser en quelque sorte de la communauté juive, dans une ambiance globale d’antisémitisme.
    - Lord Balfour était anglais. Son papier a été au minimum un élément déclencheur.
    - La majorité des immigrants juifs en Palestine étaient européens
    - Sans évoquer l’horreur de la "solution finale", théorisée puis mise en pratique... en europe, qui, après la capitulation nazie, valida les thèses sionistes.
    La SDN puis l’ONU, sous influence euro-américaine, ont entériné la création de l’état d’Israël, dans un certain mépris du droit des populations puisque jamais elles ne furent consultées ni il n’y eu contrainte sur Israël pour qu’elles fussent a minima prises en compte (je ne dis même pas "respectées").
    Par conséquent les citoyens Européens sont concernés AU PREMIER CHEF. Leur désintérêt et leur méconnaissance du problème est accablante.

    Enfin un mot sur Benny Morris : aussi infectes soient ses idées, reconnaissons lui au moins le mérite d’avoir contribué à casser le mythe sioniste de la "terre vierge". Pour rappel, avant ses publications, les sionistes affirmaient haut et fort que les massacres d’Arabes perpétrés en 48 par les israéliens n’étaient que propagande, que la terre de Palestine était vierge et que les Arabes avaient fui de terreur devant eux (ne pas chercher les contradictions). -Il y a en Israël environ 500 villages rasés dont les ruines ont été enfouies sous des parcs nature ou sous des constructions nouvelles, et il a été dit qu’ils n’avaient jamais existé-. Sans Morris, ce fait serait encore nié aujourd’hui. Ce qui est triste est qu’il le justifie, et de la façon la plus raciste qui soit.

    Je suis trop long. Amicalement

  • permalien fb :
    7 octobre 2006 @10h50   « »

    Bonjour, salam

    Un proverbe arabe (ou hadith) dit
    "si tu vois une injustice, aide celui qui la subit et celui qui l’a commet"
    On comprend qu’il faille aider la victime mais aussi l’agresseur en l’empechant de commetre ses méfaits.
    Le peuple palestinien est victime d’une colonisation qui se poursuit avec le mur et les implantations en Cisjordanie.
    Un état qui se construit sur une injustice ne pourra jamais etre viable. C’est aussi dans l’intérêt du peuple israelien qu’il faut adopter une position de justice. Beaucoup d’israeliens l’ont compris et se sont les meilleurs critiques de la politique israelienne.

    Bonne continuation

  • permalien Orangerouge :
    7 octobre 2006 @10h56   « »

    Georges Corm (lien donné par K ci-dessus, aujourd’hui) nous donne une clé idéologique essentielle : sans en prendre conscience et sans cynisme aucun, mais très efficacement, l’Europe s’est débarrassée de sa culpabilité sur le dos des palestiniens.

    L’argent du lobby sioniste américain et le patrimoine financier important détenu par des responsables du CRIF nous donne "le nerf de la guerre".

    La conséquence est terrible :

    JENINE : UNE SITUATION DRAMATIQUE. LE DIRECTEUR DE L’HOPITAL TIRE LA SONNETTE D’ALARME
    Publié le 6-10-2006 sur le site europalestine (lien en fin d’article)

    Nous reproduisons, avec son accord, une lettre du Dr Mohamed Abu Ghali, chirurgien et directeur de l’hôpital de Jenine, à Christophe Oberlin, chirurgien et responsable de missions d’enseignement de la chirurgie réparatrice en Palestine.

    Jenine, 5 octobre 2006

    Cher ami Christophe,

    Bonjour a tous. Je suis très inquiet de tout ce que se passe maintenant en Palestine, surtout au plan de la vie quotidienne et pour toutes les catégories de la population palestinienne. C’est l’impasse. Nous sommes arrivés à un point de non retour, surtout pour les employés de l’Etat, dans tous les secteurs : santé, éducation, protection civile, police, tous les ministères sont touchés.

    Le pays est en grève générale depuis le 2 septembre : les salaires sont coupés depuis le mois de février 8 mois. Le gouvernement a seulement versé à chaque employé 6000 shekel depuis cette date, à l’exception de la Santé où les salariés ont reçu une aide de l’Union Européenne sous la forme de trois versements correspondant de 50% à 70% du salaire (en fonction du niveau de rémunération).

    La situation actuelle est critique :

    1- SANTE EN GREVE : la vaccination n’est plus faite que tous les quinze jours, les médicaments pour les maladies chroniques ne sont plus distribués que tous les quinze jours, pas de consultations de médecine générale, centres de PMI fermés, les hôpitaux ne font que les urgences extrêmes : césariennes, plaies, urgences chirurgicales de l’abdomen, hémodialyse, thalassémie, néonatologie, réanimation.

    Le reste ne rentre pas à l’hôpital : le taux d’occupation des lits est de 20% ...

    2- EDUCATION : pas de rentrée scolaire, écoles fermées, sauf les écoles privées. Et, le nombre des écoles privées étant minime, et leur coût très élevé, les enfant sont dans la rue...

    3- SECURITE : cela va de mal en pis. Une tension populaire de plus en plus marquée, le crime ne tardera pas à s’installer en Cisjordanie : à Gaza c’est déjà fait. Et le risque de guerre civile s’accroît. Dieu nous protège, InchAllah, de ce risque.

    4- POLITIQUE : Toujours d’avantage de bouclages. Chaque jour sans exception, les soldats israéliens entrent en ville, accrochages, explosions, tirs de toutes sortes d’armes, c’est notre vie quotidienne.

    Mais le plus inquiétant dans l’affaire, c’est que le gouvernement et la Présidence ne sont pas d’accord entre eux, ni sur le problème politique ni sur le problématique de la vie quotidienne, et le peuple est perdu entre les deux. Pour le gouvernement : « c’est de la responsabilité du président de faire rentrer l’argent et de lever le blocus ». Pas de négociations avec les israéliens, pas de reconnaissance d’Israël, pas de changement de gouvernement pour les quatre ans qui viennent, malgré la souffrance du peuple. C’est la souffrance de l’accouchement d’un nouvel état islamique. « Ce sera long et dur, mais c’est la démocratie : les électeurs en ont décidé ainsi, et nous sommes majoritaires au parlement. Vous n’avez qu’à attendre pendant quatre ans ». Aucun gouvernement ne peut voir le jour sans l’accord du Hamas, et il doit nécessairement être présidé et composé par au moins de 70% de membres du Hamas.

    Mais ils en prennent vraiment à leur aise, Fatah et Hamas : des négociations pour former un gouvernement d’unité nationale qui durent depuis... 7 mois ! Une pauvreté qui monte dramatiquement : les mendiants commencent à réapparaître. Pendant le mois de Ramadan on distribue habituellement des repas pour les pauvres. L’an passé, ces distributions se faisaient sans problème. Mais cette année la demande est presque multipliée par dix ! On trouve des cadres de l’Etat qui font la queue pour avoir un repas gratuit. J’ai discuté avec les uns et les autres, de tous bords. Tout le monde a peur du proche avenir. Quant à l’avenir lointain, il est bien obscur. Le problème est compliqué. Comment survivre dans des conditions supportables ou insupportables ? Personne ne cherche le luxe, tous cherchent simplement à survivre, avec le moins de dégâts physiques, moraux, et mentaux. Et, heureusement, le seul hôpital qui ne soit pas en grève, c’est l’hôpital psychiatrique !

    « Hélas, tous les mêmes » : c’est le mot qui est sur toutes les bouches. « On a cru que ce serait différent, mais pas du tout : tous cherchent un siège, cherchent à placer les leurs, sans autre critère. Si tu n’est pas avec moi, tu es contre moi, dégage la route pour les miens ». Les salaires sont très maigres. « Il faut s’entraider pour passer cette période qui est difficile ». Les plus riches donnent aux pauvres de la nourriture. « L’électricité n’est pas essentielle dans la vie, on peut s’en passer ». « L’école, on va la rattraper quand le président ramènera de l’argent de l’extérieur ». « La sécurité ne peut être assurée que par les nôtres ». « Les autres sont corrompus ». Crise de confiance, confusion...

    Mon ami Christophe, je sens que ce que j’ai essayé de construire en dix ans s’est volatilisé. Ai-je perdu la bataille, ou bien la guerre ?

    Excuse-moi, mon ami, mais c’est trop.

    Ton ami, MOHAMMED ABU GHALI

    CAPJPO-EuroPalestine

    http://www.europalestine.com/articl...

  • permalien Orangerouge :
    7 octobre 2006 @11h17   « »
    à Jean, sur la "représentativité" du CRIF

    Tu présentes le CRIF comme presque marginal par rapport à la communauté juive française.
    Mon sentiment, c’est que ce sont les juifs opposés au CRIF qui sont minoritaires.

    Bien sûr il est difficile d’apprécier le nombre de personnes qui se sentent juives et ne se reconnaissent aucunement dans le CRIF car leur opinion ne s’exprime pas nécessairement publiquement.

    Mais enfin à ma connaissance, il n’y a pas eu pour l’instant en France de soutien vraiment massif aux appels de personnalités juives courageuses contre le CRIF.

    Et je pense que si l’institution continue à pouvoir s’appeler Conseil "Représentatif" des institutions juives de France, c’est qu’elle est représentative, pas de tous les juifs français, mais d’une partie significative d’entre eux.

    Je préfèrerais vraiment avoir tort.

  • permalien
    7 octobre 2006 @13h09   « »

    A mon avis, les meilleurs forumeurs de ce Blog sont : le tres efficace Jean, a l’argumentation tres solide ; Pierre, a l’humour fin et jamais hors de propos, et (mais ou est-il donc passe ?) Fugue (tres proche de jean).

    Il est remarquable de voir que les meilleurs denonciateurs, quant a l’argumentation, des injustices israeliennes sont des non-arabes.

  • permalien Sophie :
    7 octobre 2006 @13h19   « »

    Bonjour à tous,

    Tout d’abord merci à Leila Salem pour toutes ses informations sur "l’affaire Redeker". Elles confirment mon
    impression de provocation délibérée ,"habilement"(mais est-ce si habile ? la ficelle est si grosse et commence à etre usée) utilisée par certains médias et autres intellectuels.

    Réponse à Jean : Je n’entre pas du tout dans le shéma d’une quelconque culpabilité, qui pourrait me faire accepter
    l’inacceptable de la part d’Israel ou de certains Juifs.
    J’essaie de faire un peu de clarté sur le pourquoi de mes engagements au coté des Palestiniens. Et fb me donne tout à fait la réponse par ce proverbe arabe  :"si tu vois une injustice, aide celui qui la subit et celui qui la commet".. C’est tout à fait dans cette optique que j’essaie de me placer. Plus loin fb écrit " un état qui
    se construit sur une injustice ne pourra jamais etre viable"
    . Exactement ce que je voulais développer aujourd’hui. Donc voila mes doutes sur la justesse et la justice de la résolution 242 adoptée par les Nations-unies .

    Alain Gresh, la spoliation et l’injustice dont sont victimes les Palestiniens ne datent pas de deux siècles,
    mais du début du XXème siècle. Certes , plus personne ne demande aux Américains de rendre leurs terres aux Indiens, ni aux Australiens de rendre leurs terres aux Arborigènes, à part les descendants de ces populations. Mais qui se soucie des revendications des Indiens et des Arborigènes,
    sur la scène internationale ?

    L’injustice vis à vis des Palestiniens, elle se commet maintenant, de mon vivant et plus encore en mon nom, si
    je ne dit pas très fort que je ne suis pas d’accord. Je suis un tout petit grain de sable, mais je me sentirai encore plus mal si je ne réagissais pas.

    De plus, la question que me pose cette résolution 242 est celle de la viabilité d’un Etat Palestinien, sur un si petit territoire (la Cisjordanie, la bande de Gaza, Jerusalem Est). Je n’ai pas le temps maintenant de me documenter sur : la population concernée, la superficie
    de ces territoires ,le nombre d’habitants/km2 , les ressources dont disposerait cet Etat...etc. Mais ma première impression est que ce n’est pas viable. Dans ce cas
    va t-on vraiment vers une paix durable ?

    Voila pourquoi j’écoute et je lis ceux qui pronent la disparition de l’Etat d’Israel, et la création d’un seul
    Etat. Que cette solution ne soit pas un long fleuve tranquille, j’en suis parfaitement consciente.

    Il y aurait encore beaucoup à ajouter, à discuter, mais place aux autres.

  • permalien Orangerouge :
    7 octobre 2006 @13h53   « »
    à l’anonyme de 13h09

    Et tu distribues des porte-clés aux "bons" forumeurs ???

    Toi qui sais si bien faire la différence, grâce au discours ou au pseudo ? ... entre arabes et non-arabes...

     !

  • permalien
    7 octobre 2006 @14h07   « »

    OR,

    Non le Crif n’est sûrement pas marginal, mais pas représentatif. Oui les juifs ouvertements opposés au Crif sont ultra minoritaires, et je leur exprime mon admiration car c’est de leur part extrêmement courageux. J’ai beaucoup d’amis Juifs, et leur désir le plus grand est de ne surtout pas entendre parler du problème "israélien". (-ironie-, dans le discours, le problème est bien sûr toujours arabe). Leurs parents ont en général connu l’horreur nazie, ils ont survécu en se cachant, en dissimulant leur identité. Ils se sont totalement intégrés, et ne souhaitent en général pas "remuer tout celà". Ils disent en général que "c’est un problème sans solution", suivant en celà une idée rémanente qui sert bien ceux qui ne tiennent surtout pas à la solution d’un règlement le moins injuste possible. Certains ont une sensibilité naturelle qui les portent à une sympathie certaine pour les thèses du Crif, mais c’est plus par ignorance que par conviction profonde. J’ai beaucoup de mal à communiquer avec eux sur ces sujets car le discours est miné : tout et son contraire a été dit sur tout, et l’argumentaire sioniste a atteint un niveau de pénétration dans le "politiquement correct" tel qu’il est impossible de discuter sans une profonde connaissance du sujet, ni une volonté de votre interlocuteur de dépasser les idées reçues. Ceci ne nous empêche pas d’être amis... il suffit de savoir, chacun, où nous nous trouvons. Mais je suis encore en train de disgresser.

    Ton lien vers http://www.mondialisation.ca/index.... est très intéressant, et le parallèle avec le Crif est patent : un hyperactivisme d’un nombre non négligeable mais minoritaire de personnes très efficaces, une sympathie latente d’une partie importante de la communauté et un désintérêt d’une autre partie non négligeable, un lobbying considérable du politique français. Mêmes recettes, mêmes effets. On se bouscule aux dîners du Crif, quitte à se faire pourrir par Cukiermann devant tout le monde (parlez-en aux Verts !), on déroule le tapis rouge devant les personnalités israéliennes recommandées par le Crif, quelles que soient leurs politiques sur place, on se précipite dans les colonies israéliennes en Cisjordanie pour y planter des oliviers, et réanimer l’amitié franco-israélienne "en danger" (!). Accessoirement, on signe des contrats d’armement considérables avec l’IAI (industrie israélienne de l’armement). C’est l’actualité du tout-politique en France depuis quelques années. Enfin on clame tous en choeur qu’Israël a le droit de se défendre, alors que Beyrout est écrasé sous les bombes.
    Tout ça pour dire que la représentativité du Crif est surtout apparente, en phagocytant l’univers médiatique et politique et ce autant à droite qu’à gauche.
    Les Juifs -personalités publiques- qui s’opposent ouvertement à la politique israélienne sont très courageux et surtout doivent s’attendre à des mesures de rétorsion considérables. Même une sommité intellectuelle comme Edgar Morin a été attaquée de la façon la plus vile par un des bras armés du Crif, "avocats sans frontières", et ceci a été très éprouvant pour lui. Voir aussi Pascal Boniface, "démissionné" du PS, et qu’on essaie de démissionner de l’IFRI. Et tant d’autres.

    A Anonyme ci-dessus : est-ce un compliment ?
    J’espère que la non-arabité n’est pour vous pas disqualificative pour parler de questions qui, j’en suis intimement convaincu, me concernent directement. Vous n’ignorez pas que la campagne électorale a commencé en France, et il me serait désagréable d’élire un pékin qui ira serrer la main à Olmert (pas gênant) et lui offrira une partie de mes impôts pour soutenir son économie militaro-coloniale (très gênant).

    Mon souhait est que davantage de personnes, arabes, juives, bouddhistes ou shintoïstes s’emparent de ce débat et y apportent leur humanité.

    A Sophie : je partage ton sentiment. J’ai réagi à la tonalité de ton 1er post : il semblait que ton fils te reprochait "fortement" ton intérêt pour la question du P.O. et que ça te perturbait. J’ai aussi subi ce genre de pressions amicales, c’est tout !

    Amicalement

  • permalien Ana :
    7 octobre 2006 @15h17   « »

    A propos du Plan de Partage - ou si l’on préfère, de l’expression du Droit International du plus fort, déjà - lire l’intéressant compte-rendu de Hesi Carmel dans L’Express du 27/11/1997. L’article se clôture par cette réflexion de David Ben Gourion, qui sait que le piège tant souhaité de la création d’Israël va se refermer mortellement sur tous les protagonistes : « Je ne peux être de ceux qui dansent... Nous sommes à la veille d’une guerre à la vie à la mort... et nous allons y perdre la fleur de notre jeunesse. » Les Arabes de Palestine quant à eux y perdront quasi tout.

    New-York, 1947

    Les secrets d’un vote historique

    « Pendant huit mois, à l’ONU, les partisans du clan sioniste et les représentants des pays arabes se sont livrés à un intense lobbying » (…)

    Hesi Carmel, journaliste d’investigation, diplômé de Sciences-po, a été officier et diplomate.

  • permalien Jean :
    7 octobre 2006 @15h20   « »

    Sophie,

    Je lis plus attentivement ton dernier post.
    La 242 est a minima le respect d’une résolution qu’on peut considérer comme un minimum vital (je ne parle même pas de justice ni de droit, bafoués dès le début). Ca permettrait au moins au peple palestinien de se poser, de ne plus être soumis à la pression considérable de la colonisation (voir le quotidien vécu à Hébron, à Qualquilya, à Bethléem.. et dans toute la Cisjordanie, vallée du jourdain etc), et ceci d’une façon "légale", c’est à dire avec des règles définies, une vraie limite (une frontière) reconnue, les bétonneurs israéliens repoussés sur leur "côté", bref une ébauche de droit.

    La question de la viabilité est autre, et dépend d’une part de la bonne volonté internationale dans ses diverses composantes (aide extérieure, commerce, etc), et d’autre part et AVANT TOUT des Palestiniens eux-mêmes. Je limite mon combat (? je prends la grosse tête !) à l’exigence du respect d’un début de commencement de droit international, et à mon droit de penser et d’être informé correctement en France. Il est hors de question pour moi d’intervenir dans ce qui relève du libre arbitre des Palestiniens eux-mêmes. Ils ont résisté pendant 60 ans d’une façon extraordinaire, seuls, dans le mépris total du monde, et j’estime qu’ils sont capables de prendre eux-mêmes leur destin en main, malgré la destruction quasi complète de leur société.

    A+

  • permalien
    7 octobre 2006 @15h50   « »

    " A Anonyme ci-dessus : est-ce un compliment ? J’espère que la non-arabité n’est pour vous pas disqualificative pour parler de questions qui, j’en suis intimement convaincu, me concernent directement."

    1 Absolument un compliment

    2 Les arabes ont tout mon respect, je dis juste qu’un peu moins d’emotivite serait salutaire.

    Avec toute mon admiration pour la grosse majorite des participants de ce Blog.

  • permalien Vvolodia :
    7 octobre 2006 @16h11   « »

    à anonyme de 14.07, qui écrit " Vous n’ignorez pas que la campagne électorale a commencé en France, et il me serait désagréable d’élire un pékin qui ira serrer la main à Olmert (pas gênant) et lui offrira une partie de mes impôts pour soutenir son économie militaro-coloniale (très gênant).

    Je vous signale que l’état d’Israël arrive à bouffer sans vos impôts - que je sache ce n’est pas à l’état juif que vont vos impôts, mais à ces braves palestiniens qui vivent de la charité mondiale.

    Je vous signale aussi que l’état juif a fait un appel d’offres pour des pièces de 2 shekels, et que la France a enlevé le morceau. Egalement pour la construction d’un métro. L’état juif est votre client, mon cher, pas votre pauvre ; pour ça, vous avez la Palestine.

    "Finances de l’Autorité palestinienne et subventions des parrains [modifier]
    Les finances de l’Autorité palestinienne sont grandement dépendantes de l’assistance étrangère. Voici comment elle se répartit : Budget 2005 de l’Autorité palestinienne : Total : 1,96 milliard de dollars (1,62 milliard d’euros)

    Aide étrangère : Total : 1,1 milliard de dollars (910 millions d’euros), dont un tiers pour les salaires gouvernementaux et frais de fonctionnement, le reste pour les infrastructures et projets de reconstruction.

    Principaux bailleurs de fonds :

    Union européenne : 295 millions de dollars (245 millions d’euros), principalement en aide au développement.

    Contributions individuelles des pays de l’UE : 300 millions (250 millions d’euros), les deux principaux pays donateurs étant l’Allemagne à 56 millions de dollars (46 millions d’euros) et le Royaume-Uni à 50 millions de dollars (41 millions d’euros).

    États-Unis : 234 millions de dollars (193 millions d’euros), principalement pour des projets de développement.

    Pays arabes : 204 millions de dollars (168 millions d’euros)

    Norvège : 60 millions de dollars (50 millions d’euros)

    Japon : 30 millions (25 millions d’euros)

    Revenus des impôts : 2005 : 396 millions de dollars (327 millions d’euros)

    Autres revenus :- Droits de douanes et TVA collectés par Israël par l’Autorité palestinienne chaque mois : 50 millions de dollars (45,39 millions d’euros).

    Sources : Banque mondiale, ministère palestinien des Finances et gouvernements individuels

    aucun autre état n’a reçu autant de subsides, dans une période si longue, tout en ne faisant aucun effort afin d’être indépendant financièrement ; aucun autre état n’a vu ses finances, fruits de la charité mondiale, ne servir qu’à l’achat d’armes, de fabrications de tunnels, d’enrichissement personnel des autorités dirigantes.
    aucun autre état n’a laissé la veuve du dernier dirigeant ne jamais donné de compte concernant ses finances personnelles, prises sur quel budget ?

    Vous pouvez voter pour qui vous voulez, les français ne sont pas personna grata en Israël, personne ne peut nous encadrer ; ni en Israël, ni ailleurs. Ni en Amérique, ni en Afrique. Nos "amis" n’attendent de nous que subsides et cadeaux. On nous trouve arrogants, et à ce que je constate, c’est la vérité, la triste vérité. Israël peut survivre sans vous, mais la Palestine, non.

    Voir en ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Autori...

  • permalien Vvolodia :
    7 octobre 2006 @17h04   « »

    à anonyme de 14.07, qui écrit " Vous n’ignorez pas que la campagne électorale a commencé en France, et il me serait désagréable d’élire un pékin qui ira serrer la main à Olmert (pas gênant) et lui offrira une partie de mes impôts pour soutenir son économie militaro-coloniale (très gênant).

    Je vous signale que l’état d’Israël arrive à bouffer sans vos impôts - que je sache ce n’est pas à l’état juif que vont vos impôts, mais à ces braves palestiniens qui vivent de la charité mondiale.

    Je vous signale aussi que l’état juif a fait un appel d’offres pour des pièces de 2 shekels, et que la France a enlevé le morceau. Egalement pour la construction d’un métro. L’état juif est votre client, mon cher, pas votre pauvre ; pour ça, vous avez la Palestine.

    "Finances de l’Autorité palestinienne et subventions des parrains [modifier]
    Les finances de l’Autorité palestinienne sont grandement dépendantes de l’assistance étrangère. Voici comment elle se répartit : Budget 2005 de l’Autorité palestinienne : Total : 1,96 milliard de dollars (1,62 milliard d’euros)

    Aide étrangère : Total : 1,1 milliard de dollars (910 millions d’euros), dont un tiers pour les salaires gouvernementaux et frais de fonctionnement, le reste pour les infrastructures et projets de reconstruction.

    Principaux bailleurs de fonds :

    Union européenne : 295 millions de dollars (245 millions d’euros), principalement en aide au développement.

    Contributions individuelles des pays de l’UE : 300 millions (250 millions d’euros), les deux principaux pays donateurs étant l’Allemagne à 56 millions de dollars (46 millions d’euros) et le Royaume-Uni à 50 millions de dollars (41 millions d’euros).

    États-Unis : 234 millions de dollars (193 millions d’euros), principalement pour des projets de développement.

    Pays arabes : 204 millions de dollars (168 millions d’euros)

    Norvège : 60 millions de dollars (50 millions d’euros)

    Japon : 30 millions (25 millions d’euros)

    Revenus des impôts : 2005 : 396 millions de dollars (327 millions d’euros)

    Autres revenus :- Droits de douanes et TVA collectés par Israël par l’Autorité palestinienne chaque mois : 50 millions de dollars (45,39 millions d’euros).

    Sources : Banque mondiale, ministère palestinien des Finances et gouvernements individuels

    aucun autre état n’a reçu autant de subsides, dans une période si longue, tout en ne faisant aucun effort afin d’être indépendant financièrement ; aucun autre état n’a vu ses finances, fruits de la charité mondiale, ne servir qu’à l’achat d’armes, de fabrications de tunnels, d’enrichissement personnel des autorités dirigantes.
    aucun autre état n’a laissé la veuve du dernier dirigeant ne jamais donné de compte concernant ses finances personnelles, prises sur quel budget ?

    Vous pouvez voter pour qui vous voulez, les français ne sont pas personna grata en Israël, personne ne peut nous encadrer ; ni en Israël, ni ailleurs. Ni en Amérique, ni en Afrique. Nos "amis" n’attendent de nous que subsides et cadeaux. On nous trouve arrogants, et à ce que je constate, c’est la vérité, la triste vérité. Israël peut survivre sans vous, mais la Palestine, non.

    Voir en ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Autori...

  • permalien Ana :
    7 octobre 2006 @17h37   « »
    Après les euros, les dollars

    « Aucun autre état n’a reçu autant de subsides, dans une période si longue », écrit Vvolodia peu après 16 heures.

    Je remarque que Vvolodia parle d’« état », qu’il nommera un peu plus loin « la Palestine ». Vvolodia ne s’aperçoit pas qu’il parle de quelque chose qui n’existe pas, et réussit alors ce tour de force de parler de la survie de qui n’a jamais vécu.

    Vvolodia poursuit : « Aucun autre état n’a vu ses finances, fruits de la charité mondiale, ne servir qu’à l’achat d’armes ». Vvolodia ne sait pas qu’Israël reçoit des Etats-Unis plusieurs milliards de dollars par an, dont il peut disposer à loisir. Israël est le plus gros bénéficiaire au monde de la charité américaine. Israël choisit d’ailleurs sans faillir d’affecter les chers billets verts à son armée qui est dans le plus grand besoin. Pour l’armement atomique, il est pourvu depuis belle lurette.

    Vvolodia conclut son post par ces mots : « Israël peut survivre sans vous. La Palestine, non ». C’est bien ce que je me disais déjà.

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @18h14   « »

    Les éditoriaux du journal "le monde" concernant le Moyen-Orient, en particulier la question palestinienne, sont de plus en plus consensuels. Pour preuve celui d’ aujourd’hui : Tragédie annoncée.

    Décidément la "modération" prend un visage de plus en plus douteux....

  • permalien Vvolodia :
    7 octobre 2006 @18h15   « »

    Ana

    Qui n’a jamais vécu parce que n’a jamais existé ; la Palestine est une invention anglaise, et romaine, que les croisés avaient adoptée. Que les turcs, musulmans, avaient rejetée. Mais Baroukh Hachem pour eux, vos palestiniens ne meurent pas de faim, nous en aurions des placards de photos, pas comme le Darfour qui ne mérite pas un cil de votre part. Ils doivent être bien nourris, pour avoir encore la force de se réunir pour brailler "mort à Israël", ne croyez vous pas ? je vous assure que les juifs du ghetto de Varsovie avaient moins de force, eux aussi mouraient de faim. Ce ne doit pas être la même conception du mot "faim". Un juif a moins de besoin en calories qu’un palestien, je pense. Non, pardon, vous pensez.

    Vvolodia sait qu’Israël est le premier bénéficiaire des largesses de tonton Sam, et sait que l’Egypte est le second. Mais Ana ne le sait pas. Elle ne sait pas non plus que les billets verts ne servent pas à loisir, ce n’est pas un puit sans fond, et pas pour des loisirs. On ne peut emmener sa princesse faubourg Saint-Honoré se payer une ou deux garde-robes, par exemple, d’abord les ministres israéliens étant israéliens changent souvent, démocratie oblige. Et de toute manière, il y a ce qu’il faut à Tel-Aviv, merci, inutile de vider le Faubourg.
    Tonton étant tonton et pas l’armée du salut, ne prête que pour des achats aux States ; demandez donc à vos amis égyptiens, qui eux aussi achètent des armes afin d’éviter eux aussi d’avoir à faire leurs bagages sous la poussée islamo-palestinienne.

    Mais nous sommes très évolués, à Jérusalem, aussi fabriquons nous aussi des armes, et des ordinateurs, et toutes sortes de matériels que même les pays arabes nous achètent. Même des systèmes hydrauliques pour arroser le désert.

    Pour l’armement atomique, nous sommes tellement évolués que même lorsque nous avons été attaqués à 4 reprises, nous ne nous en sommes pas servi. Mais je vous l’ai dit, nous sommes très évolués.

    Et si vous pensez que la Palestine ne peut survivre sans vous, ne vous contentez pas de déblatérer sur internet ; d’abord, crachez au bassinet. Ils ont besoin d’armes avant d’avoir besoin de pain. Et engagez-vous, un héros israélien disait "qu’il est doux de mourir pous sa Patrie". Vous pourrez jouer "la dormeuse du Val", nous, nous aimons la vie, nous ne courtisons pas la mort.

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @18h28   « »

    Ana a tout a fait raison, pour preuve ces commentaires d’universitaires Americains (sans doute des "islamo-fascistes") :

    "(....)
    Depuis la Guerre d’Octobre 1973, Washington a fourni à Israel un soutien en diminuant celui qui était donné aux autres états. Israel a été le plus grand bénéficiaire de l’aide économique directe et de l’assistance militaire annuelles depuis 1976, et est au total le plus grand bénéficiaire depuis la Seconde Guerre Mondiale, pour un montant de plus de 140 milliards de dollars (en 2004).

    Israel reçoit environ 3 milliards de dollars par an en aide directe, soit environ un cinquième du budget de l’aide étrangère, et une somme d’environ 500 dollars par an par Israélien.

    Cette largesse heurte particulièrement depuis qu’Israel est maintenant un Etat industriel riche avec un revenu par personne à peu près égal à celui de la Corée du Sud ou de l’Espagne.

    D’autres bénéficiaires obtiennent leur argent par des acomptes trimestriels, mais Israel reçoit la totalité de sa dotation au début de chaque exercice budgétaire et peut donc empocher dessus des intérêts.

    La plupart des bénéficiaires de l’aide attribuée à des fins militaires doivent la dépenser en totalité aux Etats-Unis, mais Israel est autorisé à utiliser environ 25% de son attribution pour subventionner sa propre industrie de la défense.

    C’est le seul bénéficiaire qui n’a pas à expliquer comment l’aide est dépensée, ce qui rend pratiquement impossible d’empêcher l’argent d’être utilisé pour des besoins auxquels les Etats-Unis s’opposent, comme la construction de colonies en Cisjordanie."

    La version Originale est disponible (malgre de fortes pressions du lobby juif americain) sur le site d’Harvard.

    Voir en ligne : Par John Mearsheimer et Stephen Walt

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @18h44   « »

    Pour les anglophones qui aiment voir les choses a leur source, voir le lien.

    Voir en ligne : http://ksgnotes1.harvard.edu/Resear...

  • permalien Vvolodia :
    7 octobre 2006 @19h07   « »

    je sais les américains très généreux, regardez le plan Marshal - mais pas stupides. Cet argent ne sert qu’à l’achat de matériel américain, et c’est normal. La France en fait autant, elle prête de l’argent à des pays qui achètent à des sociétés françaises avec cet argent. Toutes les nations riches le font, même la Russie, l’urss le faisait, l’egypte avait à l’époque "vendu" sa production de coton pour plus de dix ans, à des prix défiant toute concurrence, afin d’acheter des armes pour détruire Israël.A un prix bloqué, en plus ; très drôle, non ?

    Quand aux implantations, ce n’est pas avec l’argent américain. Cet argent est bloqué en banque ; il y a certainement des systèmes possible avec les sociétés afin de grossir le montant d’une facture et de filer un pourcentage à quelqu’un, genre l’affaire des ascenseurs des HLM de je ne sais plus quelle ville, c’est plus prudent.Et je ne sais plus quel était le système, mais vous voyez ce que je veux dire.

    Par contre, si vous me dites que construire des routes pour aller aux implantations, donner priorité à la sécurité dans ces implantations au détriment de certaines priorités israéliennes, oui. L’argent qui sert aux implantations manque peut être par ailleurs, je ne sais pas, mais les américains ne paient pas.

    Pouvez-vous me donner le nom des implantations dont il est question ? j’ai la mémoire qui flanche.....

  • permalien Vvolodia :
    7 octobre 2006 @19h35   « »

    je précise au sujet des industries de défense israéliennes, que les américains y ont leur mot à dire. Même plus que leur mot, c’est un discours. Alors ils peuvent investir, ça leur profite d’une autre manière. Rien n’est jamais gratuit, vous ne vous imaginez quand même pas qu’ils font des cadeaux parce qu’ils aiment les juifs, ou qu’ils croient au Messie à ce point ? si ? vous êtes bien naïfs.

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @20h03   « »

    la démocratie américaine a l’ere des néocons fait bien pale figure : l’issue des élections parlementaires va peut etre se jouer sur une banale histoire de moeurs.

    " Les démocrates (...) bénéficient par défaut du scandale sexuel au Congrès : 80 % des électeurs ont suivi les frasques du républicain Mark Foley avec des lycéens travaillant au Congrès, sur lesquelles l’état-major du Congrès pourrait avoir trop longtemps fermé les yeux."

    Mais enfin, si cela peut servir a arreter toute cette folie...

    Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/web/imprimer_...

  • permalien Ana :
    7 octobre 2006 @20h44   « »
    Nous y sommes

    Je me demandais quand nous y arriverions : nous y voilà. Alain Gresh ouvre un forum qu’il intitule « Nouvelles d’Orient » ? Vvolodia se précipite aujourd’hui peu après 18 heures en avançant le Darfour : « Vos palestiniens ne meurent pas de faim, nous en aurions des placards de photos, pas comme le Darfour qui ne mérite pas un cil de votre part ». S’il s’était appelé André Gluskmann, ç’aurait été la Tchétchénie.

    Il ne vient pas l’esprit de Vvolodia que ce n’est pas une question de cil, mais de sujet. Il parvient aussi - mais ça, c’est un classique - à glisser le ghetto de Varsovie : « Je vous assure que les juifs du ghetto de Varsovie avaient moins de force, eux aussi mouraient de faim ». Il sait ce que je pense de la faim des uns et des autres, dont je n’ai pas parlé.

    Ben si, je sais que l’Egypte est le second bénéficiaire des largesses américaines. Vvolodia trouve normal qu’Israël en soit le premier. Il trouve normal, tant qu’à faire, que l’Egypte en soit le second, puisque c’est pour acheter des armes, comme le fait le premier. Il croit même savoir pourquoi : « Eux aussi achètent des armes afin d’éviter d’avoir à faire leurs bagages sous la poussée islamo-palestinienne » (! ). Il ajoute : « A Jérusalem aussi nous fabriquons des armes ». Ce doit être ça, « être évolué ».

    Après m’avoir conseillé de « cracher au (même) bassinet », Vvolodia conclut par ce qui va de soi : « Nous, nous aimons la vie, nous ne courtisons pas la mort. »

  • permalien Sophie :
    7 octobre 2006 @21h35   « »
    Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ?@14h07et Jean 15h20

    Bonsoir à tous,

    A anonyme 14h07
    Merci pour tes encouragements. C’est vrai que je m’inquiète
    des lectures actuelles, et des prises de position (verbale uniquement, j’espère) de mon fils et que les discussions deviennent difficiles. Je lui ai demandé de simplement regarder les 8 cartes inserrées dans le livre d’Alain Gresh(Israel, Palestine.Vérités sur un conflit). Il ne l’a pas fait . Par contre l’écoute d’Alain Finkelkraut, BHL, et les lectures de Renaud Camus, ça marche... Attendons voir.

    Il est vrai aussi que moi je refuse d’écouter AF, BHL et d’autres ; quand je l’ai fait, il y a longtemps ,ça m’a donné des boutons...

    A Jean, Bien sur que c’est aux Palestiniens de décider et pas à moi qui vit en paix dans la douce France, riche et
    démocratique malgré quelques ratés. D’ailleurs j’ai écrit dans mon premier post (j’apprends peu à peu la langue des blogeurs )que je soutenais la position des Palestiniens
    (acceptation de la résolution 242), si c’est cela qu’ils demandent (et pour toutes les raisons que tu invoques). Ca ne m’empeche pas de penser que ce Droit International entérine la loi du plus fort, et d’exprimer mes craintes sur la viabilité de ce compromis.

    Mais on parle, on parle, et la balle est toujours dans le camp d’Israel. Il me semble que les Palestiniens ont fait
    beaucoup d’avancées pour la recherche d’une solution et qu’ils se heurtent toujours à un mur d’obstination du coté israelien. Qu’est-ce qui va les obliger à modifier leur
    politique ?

    PS à VVolodia : cette fois je vous ai complètement zappé. Trop c’est trop !

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @23h31   « »
    l’esprit religieux {{musulman}} selon le nouveau Avicenne

    "l’esprit religieux n’est pas par nature intolérant"

    Sauf l’esprit religieux musulman selon... " Mohamed Kacimi, né en Algérie, [qui] pose un regard sans illusions sur le monde arabe et l’islam" interrogé par Libé (voir lien)- A coté, les Jugurta et autres Mizo passeraient presque pour des mollah.

    Jugez plutot :

    " En islam les limites symboliques entre la vie et la mort sont ténues (...) Ce que, nous [ n’allez surtout pas me confondre avec cette bande de sauvages a cause de mes nom et prenom ], nous appelons « mort » est, pour eux, une forme de jouissance (sic). Ce que nous percevons comme une explosion insoutenable est en fait un mariage céleste (re-sic)."

    Délire verbal ? Pas lui, mais le coran : "Il y a en effet dans le langage coranique, dans la langue arabe, quelque chose de l’ordre de l’écran avec la réalité." (...) " Le livre sacré fonctionne de bout en bout comme jouissance du verbe " Et, comme élément imparable de sa "démonstration", il nous révèle que la popularité de Nasrallah s’explique essentiellement par sa "grande maîtrise du verbe"

    CQFD ! Avez vous compris bande de jouisseurs ?

    Il n’ya pas de doute, ce type sera la nouvelle coqueluche des medias Francais...

    Quant au journaliste chargé de l’interroger....

    Voir en ligne : La rue arabe n’existe pas...

  • permalien K :
    7 octobre 2006 @23h37   « »

    Pour un lien concernant L’article de libe.

    Voir en ligne : http://www.judeoscope.ca/breve.php3...

  • permalien
    7 octobre 2006 @23h47   « »

    Sophie, votre fils est en révolte ; souvenez-vous de votre jeunesse, n’était-ce pas votre cas ?
    Ne contrariez pas votre fils. Il aime Finkielkraut ? achetez lui les livres, faites en sorte qu’il les lise, et discutez en avec lui. Et si par malheur pour vous il est sioniste, achetez lui la Hatikva (l’Hymne national israélien) et passez lui en boucle.
    S’il n’est pas guérit par ce traitement de choc, envoyez le dans un kibboutz un mois pour qu’il cueille des oranges.En général, ça guérit radicalement.

    vous avez écrit, parait-il "A Sophie : vous dites ressentir "moins de "racisme anti-juif"" ! Pensez-vous que l’émotion que suscite en vous l’injustice terrifiante des évènements actuels soit l’expression d’un racisme ? "

    Vous êtes antisémite ? ravi de l’apprendre. Ne vous gênez pas pour ressentir encore plus de racisme antijuif, la haine est si proche de l’amour. Peut être finirez vous par nous aimer ?

    Peut être que ce fils qui admire des juifs est une punition du ciel ?J’imagine votre rage, Sophie, et c’est jouissif. Ce doit être ça, l’humour juif.

    Monsieur Gresh, j’espère que vous n’avez pas d’ancêtres juifs, parce que Sophie n’aimerait pas ça du tout. Non, ce n’est pas drôle, mais mieux vaut en rire.

  • permalien Pierre BLEUE :
    8 octobre 2006 @01h17   « »
    Les sionistes comme tous les mafieux forcent la confusion...

    Les sionistes comme tous les mafieux forcent la confusion entre leur organisation criminelle et les peuples qu’ils parasitent.

    Alors faudra-t-il le rappeler 10.000 fois
    "juif" et "sioniste" sont aussi dissemblable que les termes "humains" et "virus"... et sur ce forum il n’a jamais été question de s’en prendre aux humains (les juifs) mais de neutraliser l’espêce de chimère cancerigène : le sionisme.

    De mon point de vue la pire insulte pour un juif devrait être "sioniste".

  • permalien
    8 octobre 2006 @05h34   « »

    Cher fielleux 7 octobre 2006 23:47

    "Seuls les mots ne mentent jamais." A. Finkielkraut - émission de P. Amar

    Pour ma part je préfère Spinoza.

    Je me permet de rester anonyme pour respecter votre timidité.

    Croa-croa.

  • permalien K :
    8 octobre 2006 @10h32   « »

    A anonyme (?) de 7 octobre 2006 23:47, et 8 octobre 2006 05:34 : Allez voir un Psy.

  • permalien Vvolodia :
    8 octobre 2006 @13h24   « »

    Pierre bleue, ô que j’ai douce souvenance.....de vos écrits d’alors !

    "Mes grands parents sont morts dans les camps nazis
    à cause de petits connards de banquiers usuriés , de spéculateurs immobiliers, de patron de presse cyniques,.. qui aujourd’hui réclament leur tresor de guerre écomique ammassé principalement durant la crise de 1929, pour réinvestir dans la presse,
    la guerre,la spéculation, l’immobilier et le nationalisme sioniste.

    De l’horreur économique à l’horreur nationaliste,
    la litanie sinistre d’un peuple déshumanisé par une doctrine toxique anachronique. Des hommes et des femmes intelligents et cultivés engagés
    en pure perte dans une voie sans issue.
    Simplement un gachis monstreux. "

    Et vous n’êtes pas antisémite, dites vous ? Vous mesurez vos écrits, auriez-vous eu des problèmes avec la loi ? je ne crois, je ne crois pas que vos écrits puissent faire l’objet de poursuites judiciaires ; simplement, l’idée qui s’en dégage empeste ;


    "Quand à mon voyage en Iran, ça m’a permis de
    constater de visu que l’immense majorité des
    iraniens ne supportent plus les barbus (intégristes) tout en maintenant un fort attachement à leur religion avec une approche
    modéré. Ce qui les énnervent prodigieusement
    c’est quand des sionistes américains font
    leur possible pour diaboliser le peuple iranien,
    sans distinction et font voter des embargos à répétition contre leur pays, pour le plus grand
    plaisir des Barbus obscurantistes en perte de vitesse. "

    http://www1.alliancefr.com/accueil....

    sur ce lien, suffit de taper "pierre bleue", on se croirait dans l’antre des fachos-barbus islamistes. Pierre bleue, vous êtes le porte-parole des islamistes ? vous êtes converti à l’islam ? sinon vous devriez y songer.

    le 14 avril 2001 - vous avez donc été en Iran ? pour féliciter Khomeiny de pendre des fillettes et des jeunes garçons ?

    Voir en ligne : http://www1.alliancefr.com/accueil....

  • permalien Fred :
    8 octobre 2006 @18h01   « »

    Bonjour Sophie,

    Je me retrouve complètement dans votre post. Je me suis posé et me pose encore les mêmes questions que vous : Qu’est ce qui, dans mon histoire personnelle détermine mon soutien à la cause palestinienne, comment réagirais-je si j’étais juif moi-même ?….

    Bien entendu il serait présomptueux de ma part d’affirmer que j’ai trouvé les réponses, mais au moins ai-je quelques pistes… Pour ma part, et au-delà de mon histoire personnelle qui fut plutôt marquée par une éducation que l’on qualifierait de « gauche » (avec toutes les précautions d’usage que recouvrent ce terme), ma sympathie Palestinienne s’explique par le fait que je soutiens plus volontiers l’oppressé contre l’oppresseur (jusque là rien de nouveau), à plus forte raison quand l’oppresseur se revendiquent de valeurs qui sont les miennes. Car pour moi c’est là que le bât blesse. N’en déplaise aux sionistes, Israël est d’abord une création des puissances démocratiques occidentales qui, pour des raison humanitaires évidentes ont accordé, après guerre, aux juifs ce qu’ils leurs avaient d’abord promis pour des raisons de basse politique avant la guerre. Depuis l’Etat Israéliens a grandi et prospéré en grande partie grâce au soutien politique, économique et militaire de ces mêmes démocraties occidentales avec lesquelles Israël partage (ou prétend partager, c’est selon), des valeurs comme la démocratie, le respect des droits de l’homme, la liberté…. Alors quand aujourd’hui, un pays frère comme l’Etat Hebreux, occupe illégalement des territoires qui ne lui appartiennent pas, opprime un peuple entier, déclare une guerre à un de ces voisins en s’en prenant essentiellement à ses populations civiles et qu’il le fait soit disant au nom de nos valeurs communes, je me sens effectivement particulièrement concerné, et peut être même plus que lorsqu’un Saddam Hussein terrorise son peuple, car dans dernier ce cas, l’homme est un dictateur qui « fait son travail de dictateur » sans se réclamer de nos valeurs et sans que nous puissions – Helas !- y faire grand chose (encore que l’on aurait pourrait commencer par ne plus armer et ne plus soutenir toutes les dictatures de la planète).

    Donc à toutes celles et ceux qui s’interrogent sur la raison de l’intensité du soutien de certains occidentaux à la cause palestiniennes, je veux dire combien la proximité et les liens que nous entretenons avec l’Etat israélien rendent insupportables ses violations du droit international et des droits de l’homme. Contrairement aux dictatures du monde entier que nous ne pouvons contrôler, l’appartenance même de l’Etat d’Israël au club des nations occidentales démocratiques permet à nos gouvernements, si ils s’en donnaient les moyens, de faire pression sur Israël, pour normaliser ses relations avec ses voisins. Donc là plus qu’ailleurs notre voix peut se faire entendre et servir à quelques chose.

  • permalien Vvolodia :
    8 octobre 2006 @20h08   « »

    Fred, que vous soyez pro-palestinien, dans le fond, importe peu ; vous avez raison de plaindre les pays arabes, à part les rois du pétrole, ils sont dans une extrême pauvreté.

    Israël est 15èm - devant la France. Alors en effet, les palestiniens méritent votre pitié. Mais ils devraient prendre en compte le proverbe chinois "si tu rencontres quelqu’un qui a faim, apprends lui à pêcher".

    Table 3. List of countries/economies in each stage of development

    Voir en ligne : http://www.weforum.org/fweblive/gro...

  • permalien Sophie :
    8 octobre 2006 @22h55   « »
    à 7 octobre 2006 23.47

    Bonsoir à tous et spécialement à 23h47,

    Je croyais que la volée de bois vert viendrait de VVolodia,
    mais elle vient de 23h47 ! Heureusement que le post de Fred
    me réconforte.

    Déjà que j’étais déprimée après ma lecture de :Les Etats arabes
    et la question palestinienne. compte-rendu de la conférence le 7 novembre 2002 à Paris de Jérome Bocquet, publié par l’Association France Palestine Solidarité....

    Noir, c’est noir...( L’horizon, je veux dire, pour les Palestiniens et pour nous). Et votre post par-dessus !

    Vous avez du me lire sans mettre de lunettes ou alors il faut les nettoyer. Mon fils n’est pas en révolte, il lit,
    il est attiré en ce moment par les réflexions philosophiques , et il vient de s’inscrire au P.S... Et il a 30 ans, et c’est sa vie à lui. Et j’aurai jamais du parler de lui !!!!et de ma vie privée.

    J’ai essayé de faire un examen de conscience sincère sur le
    pourquoi de mon engagement auprès des Palestiniens en évitant le traditionnel :"je ne suis pas antisémite "(expression que je conteste mais c’est un autre débat), donc "je ne suis pas antisémite mais...."bla bla bla....

    Le pourquoi de mon opposition à toute modération de ce blog
    c’est pour permettre, notamment, à toutes les opinions, stéréotypes,
    rancoeurs, haines,racismes, enfin tout ce qui est trouble en nous, et que l’on censure dans la vie courante (avec raison ,je pense, sinon ce ne serait que pugilats)
    de pouvoir s’exprimer et de se confronter à la réaction des autres. Avec vous, je suis servie... Mais je persiste , vous devriez relire ce que j’ai écrit, à tete reposée.

    Si,si... Je crois bien qu’Alain Gresh est juif, à moitié, au quart ou en totalité, né en Egypte, je crois bien l’avoir lu dans un de ses livres, ou un article du monde diplo. (Ca me rappelle que je dois acheter son dernier livre : L’islam, la République et le Monde. Hachette,coll Pluriel.), et que je dois aller me coucher.

    Encore merci à Fred !

  • permalien Jean :
    9 octobre 2006 @13h03   « »

    Cher Fred,

    je me retrouve moi-même complètement dans ce que tu écris, sauf peut-être que chez moi c’était milieu agricole très conservateur et catho. Mes vieux parents étaient bien sûr des partisans d’israël contre les méchants arabes, jusqu’à, je me souviens, ce qu’ils fassent un pélerinage sur place et se rendent compte que la situation réelle (ou du moins le peu qu’il leur fut donné d’en voir) était singulièrement différente et plus complexe que les clichés qu’ils en avaient. C’était dans les années 90...

    En ce qui me concerne j’avais déjà fait le ménage côté religion et de ce que j’appellerais "opinions de classe".

    Un travail de volontariat en Afrique Centrale m’a permis de casser mes représentations mentales étriquées de la marche du monde. Beaucoup de rencontres m’ont donné des éclairages nouveaux sur d’anciennes certitudes. Israël-Palestine, je n’y connaissait rien que ce qu’en disaient les médias ; mais c’est l’élection de Rabin, puis son assassinat, qui m’ont quelque peu capté. La suite, le torpillage du processus d’Oslo, les manipulations médiatiques, puis l’horreur : l’élection de Sharon, la 2è intifada, Jénine, Rafah, le mur, les attentats suicides... un résumé de l’immense cynisme confinant à la stupidité. Ma révolte vient en grande partie de l’attitude des personnalités politiques et médiatiques françaises par rapport à ce drame. La découverte que des personnalités dont je tenais le travail en haute estime se prêtaient à cette sinistre réinterprétation des faits a été un choc. Depuis j’ai beaucoup lu sur le sujet, j’ai, je crois, appris à décoder l’"information", ses angles de vue soigneusement choisis et surtout ses omissions, savoir qui parle et au nom de qui, retourner aux origines des questions, analyser les discours. J’ai compris que s’informer était un travail ardu, mais aussi une responsabilité. J’y brûle une partie de mon temps libre, mais c’est trop important pour laisser ça à l’AFP et à la Métula.

    Tu as parfaitement raison, je crois, de considérer Israël comme un pays frère : le fond structurel de sa société est très proche du nôtre, et nous avons une responsabilité immédiate dans sa création. Par contre tu sembles sous-estimer les influences occidentales, et en particulier française, dans le fonctionnement des états du monde : Saddam Hussein est bien un pur produit occidental, par sa formation, et le soutien à l’établissement de son pouvoir. Cocasse, si j’ose dire, le manque de lucidité que donne l’appétit économique : la France a fourni la technologie à Israël (j’ignore si ce fut monnayé) ; puis, elle la vendit à Saddam ; enfin Israël bombarda les installations irakiennes... Ca, c’est de la politique internationale et des valeurs françaises. En tout état de cause, la France est un important marchand d’armes, et a fait tourner ses industries sur le dos des peuples qui ont subi toute cette merde. Il faut quand même en être conscient.

    A ce sujet je ne sais ce que marmonnait Vv sur les flux financiers vers Israël, mais il faut savoir également que la France a signé l’été dernier un contrat d’achat d’armement à Israël pour 180 millions d’euros, pour de la technologie drônes. Le récipiendaire est IAI, fabricant d’armes israélien, qui ne néglige certainement pas une telle rentrée d’argent frais : blinder les bulldozers caterpillar et fabriquer des merkavas ça coûte des sous... (parallèlement on paye aussi des chercheurs du CNRS pour faire la même chose ; mais bon, il faut bien soigner nos relations amicales avec le turbulent frangin israélien).

    J’écrivais plus avant mon pessimisme quant à l’émergence d’un vrai mouvement européen structuré exigeant le respect des droits de l’homme et des valeurs telles qu’elles nous furent enseignées. Le système est terriblement noyauté, et les résistances sont morcelées, non synergiques, parfois antagonistes. Par contre je crois de plus en plus en la surrection d’un véritable mouvement populaire en provenance d’amérique latine, et j’espère que nous pourrons prendre le train en marche. De toutes façon : ne pas baisser les bras.

    Merci encore à A Gresh, qui nous donne du carburant ! Amicalement

  • permalien K :
    9 octobre 2006 @19h25   « »
    A Fred

    Le " club des nations occidentales démocratiques " n’est pas, sans meme compter israel, exempt de "violations du droit international et des droits de l’homme", a commencer par la premiere d’entre elles. Vous en conviendrez, je suppose ?

  • permalien
    9 octobre 2006 @22h57   « »

    POur K

    J’en conviens parfaitement et c’est pour les même raisons que je suis tout aussi critique envers "la première d’entre elle". Nous, démocraties occidentales sommes restées scotchées sur une vision binaire du monde héritée de la seconde guerre mondiale, lorsque l’on pouvait dire que la lutte des alliés contre le nazisme était le combat du bien contre le mal absolu. Aujourd’hui nos élites se gargarisent de mots grandiloquents, parlent de lutte contre le nouveau fascisme, de liberté des peuples... sans même se rendre compte que c’est de notre côté que se profilent les plus grandes menaces pour la liberté de ce monde.

  • permalien K :
    10 octobre 2006 @14h56   « »
    "Les morts de l’après-guerre"

    Il ya aussi les morts de la guerre (qui, comme le rappelle Fisk, sont presque tous des civils) dont les corps ne sont retrouves qu’apres la guerre.

    " Pas plus loin que la semaine dernière, les Libanais ont récupéré les corps de cinq enfants supplémentaires sous les ruines du centre de formation professionnelle pneumatique de Sidon. Ali Alawiah a identifié ses enfants Aya, Zeinab et Hussein et ses neveux Battoul et Abbas. Tous auraient été vivants si seulement Blair et Margaret Beckett avaient exigé un cessez-le-feu. Mais ils sont morts. Et Blair et Beckett et Bush devraient avoir ceci sur leur conscience."

    Tu parles ,s’ils l’ont dans la conscience.

    Voir en ligne : http://news.independent.co.uk/world...

  • permalien Fred :
    10 octobre 2006 @16h38   « »

    Vvolodia... quelques petites mises au point :

    Le fait d’être pro palestinien (encore que je n’aime pas ce terme) ne fait pas de moi un anti israélien. Je préfère être clair à ce sujet avant tout malentendu

    Je n’ai pas de pitié pour les palestiniens mais de la compassion pour un peuple qui vit une occupation étrangère

    "Apprendre à pécher" aux Palestiniens c’est ce que l’Europe fait depuis des années, mais régulièrement, Israël s’applique à détruire méthodiquement toutes les installations économiques et industrielles subventionnées à grand renforts d’Euros par les européens (destructions, des porrs, aéroports, héliports, centrales électriques....). Si Israël veut un interlocuteur valable pour négocier, qu’il cesse d’écraser son adversaire à coup de talon chaque fois que ce dernier tente de se relever.

    Fred

  • permalien Vvolodia :
    11 octobre 2006 @18h47   « »

    il n’estpas interdit de rétorquer, et même plus durement que cela a été fait, à un adversaire qui commet des attentats contre des populations civiles - ce qui est considéré comme un "crime contre l’humanité" -
    il a fallu moins que ça à l’europe pour se déclarer la guerre. Accepter que ses citoyens se fassent sauter chez le voisin est un acte de guerre que jamais Arafat ni ses sbires n’ont condamné sérieusement.

    et Madame Arafat, au fait, que devient-elle ? de quoi vit-elle ? pas trop dure, la vie, pour elle ? vous ne croyez pas que c’est à mourir de rire, cette bonne femme ? et l’argent d’Arafat, que lui seul pouvait toucher, ou son héritière, qu’est-il devenu ?

  • permalien Pierre BLEUE :
    11 octobre 2006 @20h35   « »
    Ségolène Royal : "Il faut rétablir immédiatement les aides européennes aux Palestiniens"

    Quand on connait la sauvagerie des lobbys sionistes en Europe et plus particulièrement en France, jusqu’à l’intérieur même du PS, on ne peut que saluer le courage de Ségolène Royal quand à ses prises de positions extrêment claires d’aujourd’hui sur l’aide à apporter au peuple Palestinien, en proie à la barbarie croissante des milices nazies israéliennes.

    Ségolène Royal prône le rétablissement immédiat des aides européennes à destination des Palestiniens.

    "Il faut rétablir immédiatement les aides européennes aux Palestiniens. Si la famine s’installe, si le désespoir s’installe,alors la guerre civile s’installe", a déclaré la présidentiable socialiste lors d’une conférence de presse, à l’Assemblée nationale.

    Personne ne doit pouvoir "compter sur cette perspective de guerre civile pour éliminer le Hamas", a-t-elle souligné. Ilfaut "maintenir la pression mais on ne peut pas sacrifier les peuples pour je ne sais quel résultat politique".

  • permalien levayhcam :
    12 octobre 2006 @02h47   « »

    Hitler avait des complices juifs sionistes

    La tragédie de la collaboration de juifs avec le fascisme

    un site pour coprendre l’interraction entre le Lobby sioniste et les neocon de Bush, http://www.enfantsdepalestine.org/ar,656

    Voir en ligne : La tragédie de la collaboration de juifs avec le fascisme

  • permalien K :
    14 octobre 2006 @16h49   « »

    " 96 % des dossiers d’enquête sur des violations de propriétés par des colons israéliens, 100 % de ceux sur des atteintes présumées aux propriétés et 79 % de ceux concernant des agressions ont été clos sans acte d’accusation, affirme Yesh Din, un groupe israélien de défense des droits de l’homme. La grande majorité des enquêtes ouvertes en Israël sur les violences commises par des colons israéliens à l’encontre de Palestiniens en Cisjordanie ont échoué, en 2005, affirme un groupe israélien de défense des droits humains dans un rapport publié lundi 11 septembre."

    Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/cgibin/ACHATS...

  • permalien K :
    15 octobre 2006 @12h47   « »

    Concernant ce que j’ai ecrit ci-dessus la page n’est plus disponible a l’adresse que j’ai donne.

    Voila un autre lien celui de Yesh Din meme (en anglais, arabe et hebreu).

    Voir en ligne : Rapport paru le 11 Septembre/2006 par les volontaires de Yesh Din pour les droits de l’homme

  • permalien K :
    15 octobre 2006 @22h34   « »
    Le plan machiavelique de Sharon selon URI AVNERY

    [L’"experience" est menee pour obliger le peuple palestinien a rejeter le hamas.]

    URI AVNERY : (Traduction de l’anglais)

    " La grande experience : est-il possible de soumettre a l’occupation tout un peuple en l’affamant ?

    Le laboratoire de l’expérience est la bande de Gaza, et les cobayes sont le million et quart de Palestiniens vivant là.

    Cela a été fait de la façon suivante : D’abord, Ariel Sharon a déraciné les colonies israéliennes qui etaient coincées là. Après tout, vous ne pouvez pas entreprendre une expérience fiable avec des animaux de compagnie errant autour du laboratoire. Il a été fait dans la « détermination et la sensibilité », les larmes ont coulé a flots, les soldats se sont embrassés et ont embrassé les colons expulsés, et il a encore ete montré que l’armée israélienne est la plus morale du monde.

    Le laboratoire nettoyé, la phase suivante pouvait commencer : toutes les entrées et sorties étaient hermétiquementes scellées, afin d’éliminer les influences dérangeantes du monde extérieur. Cela a été fait sans difficulté. Les gouvernements israéliens successifs ont empêché la construction d’un port dans Gaza, et la marine israélienne s’est employée a ce qu’aucun bateau n’approche du rivage. Le splendide aéroport international , construit pendant les jours d’Oslo, a été bombardé et fermé. La bande entière a été isolee par une barrière tres efficace, et seules quelques voies de passage sont demeurées, toutes sauf une commandées par l’armée israélienne.

    Là est resté un lien unique avec le monde extérieur : la frontière de Rafah avec l’Egypte. Elle ne pouvait pas être fermée de la meme maniere que les autres voies de passage, parce que cela aurait exposé le régime égyptien a l’accusation de collaborateur d’Israel. Une solution sophistiquée fut trouvée : Selon toute apparence l’armée israélienne a quitté cette voie de passage et l’a confié à une équipe internationale de supervision. Ses membres sont de gentils types, pleins de bonnes intentions, mais dans la pratique ils dépendent totalement de l’armée israélienne, qui surveille cette voie d’une salle de commande voisine. Les observateurs internationaux vivent dans un kibboutz israélien et peuvent atteindre cette voie seulement avec le consentement israélien.

    Ainsi tout fut pret pour que débute l’experience."

    (......)

    Voir en ligne : Gaza as Laboratory

  • permalien K :
    15 octobre 2006 @22h41   « »
    Le plan machiavelique de Sharon selon URI AVNERY (suite)

    (....)

    " Actuellement, les directeurs de l’expérience scientifique refléchissent a une question embarassante : comment diable, malgré tout, les Palestiniens tiennent-ils encore ? Selon toutes les règles, ils devraient avoir été brisés depuis bien longtemps !

    (....)

    En bref : qu’est il necessaire de faire, et dans quelle proportion, pour obtenir d’une population qu’elle se rende ?

    Tous les scientifiques participant à l’expérience - Ehud Olmert et Condoleezza Rice, Amir Peretz et Angela Merkel, Dan Halutz et George Bush, pour ne pas mentionner le lauréat du prix Nobel de la paix Shimon Peres - sont penches au-dessus des microscopes et attendent une réponse, qui assurément sera une contribution importante à la science politique.

    J’espère que le Comité Nobel observe."

  • permalien K :
    16 octobre 2006 @19h37   « »

    Quand les Etats Unis cherchent a declencher une guerre civile entre le Hamas et le Fath.

    $42m ont ete en effet dernierement offerts au Fath, officiellement a titre de financement de la prochaine campagne electorale palestinienne.

    En realite cet argent servirait a l’achat d’armes.

    Voir en ligne : http://observer.guardian.co.uk/worl...

  • permalien Patrick :
    19 octobre 2006 @11h35   « »

    Cher Alain Gresh,
    Tout d’abord merci pour votre blog qui alimente ma réflexion sur le conflit israélo-palestinien. Il est cependant une question qui ne trouve pas, à mon sens, de réponse satisfaisante : la résistance armée palestinienne et la distinction que vous faites entre les objectifs civils et militaires (*).

    Chaque jour des fermiers cisjordaniens sont expulsés par des colons armés sous le regard bienveillant de l’armée israélienne. Les terres ainsi expropriées permettent l’extension d’une implantation juive existante ou la création d’une colonie dite « illégale ».

    Sachant qu’aucune plainte palestinienne déposée auprès de la Cour de Justice israélienne n’aboutit et que les pays membres du Quartet ne dénoncent et n’empêchent jamais le développement de la colonisation que reste-t-il comme solution à la victime ?
    Doit-elle se résigner et attendre un règlement global du conflit et le dépeçage final de la Palestine pour savoir de quel côté de la frontière se trouvera sa maison ou au contraire prendre les armes et attaquer le « civil » qui l’a spolié ?

    Je me suis, plusieurs fois, rendu dans les territoires occupés, j’y ai souvent croisé, et toujours avec effroi, des colons armés de fusils d’assaut ou simplement d’armes de poing. Doivent-ils être considérés comme des militaires ou d’innocents civils ?

    Doit-on juger criminel le paysan palestinien qui fait exploser son ancienne maison, blessant ou tuant les membres de la famille juive qui l’occupe, ou le colon juif qui a installé sa femme et ses enfants sur une terre volée ?

    Merci de m’éclairer.

    Admicalement.

    Patrick

    * Dans votre article Quelle est la « bonne » position sur le conflit israélo-palestinien ? publié le vendredi 6 octobre 2006 vous faites référence à un texte que vous avez écrit le 16 janvier 2005 pour l’Association France-Palestine Solidarité et intitulé Palestine, les bases de la solidarité.
    « …Au nom des idéaux que nous défendons, nous devons accepter l’idée avancée par Amnesty qu’un « principe fondamental du droit international humanitaire est que les parties au conflit doivent, en toutes circonstances, faire la distinction entre les civils et les combattants, ainsi qu’entre les biens civils et les objectifs militaires »… »

  • permalien Alain Gresh :
    22 octobre 2006 @17h37   « »

    Objectifs militaires et objectifs civils. Je comprends les interrogations de Patrick et je n’ai pas de réponse simple. Le droit international affirme d’abord un principe, celui du droit des peuples à résister à l’oppression et notamment à l’occupation étrangère. La question des moyens de cette résistance est différent : on a certes le droit de résister les armes à la main, mais dans cette résistance on ne peut mettre sur le même pied civils et militaires, même si la distinction n’est pas toujours facile, notamment entre un colon armé et un soldat (mais ce principe de ne pas viser de civil devrait s’appliquer d’abord à Israël qui est un Etat "organisé"). D’autre part, le droit d’utiliser les armes ne veut pas dire que c’est forcément la tactique la plus efficace : pour des raisons diverses, la résistance palestinienne n’a jamais été capable de mettre sur pied une action armée efficace (contrairement au Hezbollah). Y-a-t-il une meilleure tactique ? je n’en sais rien, la réponse est dans les mains des Palestiniens.

  • permalien Rose :
    12 novembre 2006 @17h30   « »

    "On applique à ce petit territoire .... d’autres principes, d’autres grilles d’analyse que celles que l’on appliquerait ailleurs."
    J’en suis moi-même frappée depuis que je suis sérieusement la situation au Proche-Orient. Et je ne suis pas seulement "confondu"e par tous ces intellectuels ou militants incapables des mêmes analyses, mêmes prises de position, mêmes condamnations, mêmes appels à la solidarité et à l’engagement dés qu’il s’agit de Palestine-Israël.

    Je vois régulièrement des compagnons d’autres luttes, des amis politiques, y compris réellement courageux sur d’autres sujets, soit refuser de se positionner, soit carrément se renier en acceptant, voire justifiant tout acte israèlien.

    C’est pour la militante politique que je suis, un trouble extrème ; à la fois, parce que incompréhensible et parce que remettant pour moi en cause la sincérité, la vérité du reste de leurs convictions affichées. Comment croire des indignations qui choisissent parmi les peuples ceux qui "méritent" d’avoir leurs droits ?

  • permalien Marsiho :
    18 novembre 2006 @12h47   « »

    Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les juifs n’ont qu’une idée en tête, fuir cette Europe. Le sionisme était né quelques temps avant la guerre. Une immigration avec donc commencé en Palestine, alors sous mandat britannique, mais ne concernait que peu de familles. En 1922, on dénombrait 600 000 arabes pour 84 000 juifs sur ces territoires. Mais de 1929 à 1939, ce sont 250 000 juifs, de culture européenne, peu au fait de la civilisation arabe, qui vont s’installer en Palestine. En face, la nation arabe tente de s’organiser pour contrer cette invasion.

    La guerre ne va rien arranger d’abord de par la Shoa, mais également par les alliances parfois conclues entre Palestiniens et Allemagne nazie. Alors que les Juifs vont naturellement s’appuyer sur les USA où se trouve une communauté importante et dont le gouvernement avait déjà des vues sur ces territoires pour affaiblir les Anglais alors sur place. Après la Shoa, les survivants imaginent un temps d’aller s’installer aux USA. Mais pour l’Oncle Sam, il n’en était pas question (entre 1941 et 1945, seulement 21 000 juifs furent acceptés aux Etats-Unis). Les Juifs se tournent alors vers la Palestine.

    Mais l’Angleterre n’entend pas perdre le contrôle du territoire. Faut-il rappeler l’épisode de l’Exodus (Yetziat Europa), attaqué en mer par la marine britannique ? Malgré tout le terrorisme juif va frapper fort, tuant environ 200 soldats anglais. Il y aura des pendaison des deux côtés des belligérants (et en représailles des synagogues seront brûlées en Grande-Bretagne) ; et finalement, l’opinion publique anglaise émue par les morts anglais, poussera son armée à se retirer de Palestine. L’erreur première est là. Avoir cédé devant le nombre et l’opinion.

    En 1947, devant le fait accompli et les remords de la Shoa, l’ONU adopte un plan de partage de la Palestine. Deux états indépendants doivent naître le 1er Août, qui devraient accéder à l’autonomie totale deux mois plus tard. Un statut spécial est prévu pour les lieux saints de Jérusalem. Ce plan sera imposé aux Arabes qui ne sont pas du tout d’accord. Les arabes de Palestine font une grève générale tandis que 7 pays arabes se réunissent en Egypte pour tenter de s’opposer à ce partage.

    En 1948, le CNJ proclame l’indépendance de l’Etat d’Israël. Le lendemain, une coalition armée arabe entre en Palestine. Israël va gagner ce conflit ; et en profite pour s’attribuer le double de la surface prévue ! L’exode des Palestiniens commence. Sans compter les massacres perpétrés le long de son avancée, comme à Tantoura où 200 arabes palestiniens furent massacrés par les Juifs (histoire sortie de l’ombre par un israélien Teddy Katz). « Les Palestiniens doivent être expulsés rapidement, sans prêter attention à leur âge ». Cet ordre vient d’un lieutenant-colonel : Itzhak Rabin. 400 villages palestiniens allaient être rasés...

    Voir en ligne : La naissance d’Israël...

  • permalien Odile :
    28 juillet 2008 @17h38   « »
    INETHIQUE

    Dans votre propos du 6 octobre 2006 vous écrivez, entre autres

    « D’autre part, comment déterminer une position entre "réalisme" politique et "justice" ? »

    Quoique reconnaissante envers celui qui permet à certains d’entre nous d’évoluer ici sur leur position ou d’enrichir leurs connaissances historiques sur ce drame palestinien sans égal dans l’Histoire, je m’étonne de votre point de vue ou de votre choix de critères, ou bien alors je comprends mal sa formulation

    Le seul critère, c’est l’éthique dite universelle, et en fait terrienne, puisqu’on ne sait as encore ce qu’on pense et fait sur d’autres planètes de l’Univers

    On ne peut pas au nom d’un pseudo réalisme « Israël avec plus de 5 millions de Juifs …… » s’asseoir sur l’éthique.. Car l’irréalisme, c’est de le faire précisément.

    La préparation de la création, la création et la trop longue vie plus que sexagénaire maintenant d‘Israël est totalement « inéthique », immoral, snon amorale et la Shoah que vous invoquez quelque peu comme une des justifications n’y a joué qu’un rôle secondaire

    Il n’y a donc qu’u position possible, celle qui n’insultera plus l’éthique. Et, désolée, c’est la mienne ,-)))

    Et celles de quelques autres, heureusement ici dont certains ne me semblent pas des inconnus et d’autres sont de mes relations.

    Si vous voulez bien toujours nous offrir le gîte et la table, nous remettrons donc le couvert à la rentrée, même avec des renforts peut-être. Surtout si vous nous donnez une idée claire de l’audience réelle et de la rentabilité de nos efforts et de l’utilisation de notre temps qui serait autrement plus utile ailleurs à nos amis palestiniens torturés jours et nuits, au sens propre comme au sens figuré.

    Bonnes vacances, si vous arrivez à ne plus penser, jour et nuit, aux torturés.

  • permalien Sylvain :
    28 juillet 2008 @17h52   «
    On va être en manque ;-))))

    Et personnellement j’en serais presque à souhaiter qu’au moins un évènement grave, mais de large préférence non mortel, vous oblige à consacrer le moins de temps possible de vos vacances certainement très méritées pour lancer une discussion

    Vous nous privez de vous combien de semaines ? Vous continuerez de lire votre blog ?

    Peut-être aurez-vous le temps de répondre à cette question « Que je leur parle du pape ou de Sœur Emmanuelle ou d’un village perdu de l’Afghanistan ou d’Obama, « ils » vont essentiellement dévier sur la Palestine et le sionisme. Comment gérer au mieux cette réalité ? »

    De tout cœur, avec reconnaissance, bonne réflexion et bonnes vacances, Monsieur Alain Gresh. Et la même chose à votre « complice » Monsieur Vidal.

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