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De l’assassinat de Gemayel à la crise libanaise

par Alain Gresh, 26 novembre 2006

Je ne suis pas intervenu plus tôt sur l’assassinat du ministre libanais Pierre Gemayel, le 21 novembre, pour deux raisons. La première est que ce blog ne « réagit » pas à chaud à chaque événement et n’a pas pour but de donner « rapidement » une interprétation (J’ai donné des éléments pour comprendre le contexte libanais dans d’autres textes de ce blog) ; d’autre part, l’ensemble des médias a immédiatement désigné avant toute enquête le coupable, la Syrie, et le simple fait de s’interroger là-dessus peut apparaître suspect.

Qu’on soit clair. Je ne sais pas qui a tué Pierre Gemayel. Cet assassinat a peut-être été commis sur ordre des autorités syriennes, ou à l’initiative de tel ou tel de ses services secrets. Mais, pour l’instant, personne n’en a apporté la preuve. Je pense en revanche intéressant de s’interroger sur certaines des « preuves » contre Damas et aussi, à partir de ce tragique événement, sur le contexte libanais.

Le premier argument est connu. A qui profite le crime ? Selon ses accusateurs, le régime syrien craint la mise en place du tribunal international chargé de juger les assassins de Rafic Hariri (ce qui est probable) ; mais en quoi l’assassinat de Pierre Gemayel règle-t-il ce problème ? Dès le 25 novembre, le gouvernement libanais (en l’absence des ministres du Hezbollah et d’Amal, démissionnaires) a adopté le projet de tribunal international. De plus, il était évident que Damas serait désigné comme « responsable » de ce crime par les Etats-Unis et la France et que cela ne pourrait que renforcer le front antisyrien, au moment même où Damas multiplie les gestes d’ouverture en direction de l’Occident.

Un des meilleurs spécialistes du pays, le journaliste Robert Fisk, vit au Liban et couvre le conflit depuis plus de trente ans. Il écrit dans le quotidien britannique The Independent du 23 novembre, sous le titre « Gemayel’s mourners know that in Lebanon nothing is what it seems » (ceux qui pleurent Gemayel savent qu’au Liban rien n’est jamais comme il semble) : « Les Libanais ont répondu à l’indignation internationale sur le meurtre de Gemayel avec moins d’emphase que le président George Bush dont les promesses de "soutien au gouvernement Siniora et à la démocratie libanaise" ont été accueillies avec le mépris qu’elles méritent. C’était le même George Bush qui a regardé en silence cet été les Israéliens agresser le gouvernement démocratique de Siniora et bombarder le Liban pendant trente-quatre jours, tuant plus d’un millier de civils. Et les Libanais savent également quoi penser des remarques de Tony Blair – celui-là même qui a œuvré à retarder un cessez-le-feu qui aurait sauvé d’innombrables victimes – affirmant que "nous devons tout faire pour protéger la démocratie libanaise". Un milicien chrétien à la retraite, rival du clan Gemayel, résume : "Ils (les dirigeants occidentaux) ne se préoccupent pas le moins du monde de nous.". » (...)

« Les puissances occidentales pointent du doigt la Syrie. Oui, les cinq responsables libanais assassinés durant les vingt derniers mois étaient antisyriens. (...) Est-ce qu’une Syrie vengeresse ne frapperait pas l’indépendance du Liban en tuant un de ses ministres ? Si. Mais alors quel serait le meilleur moyen de miner la force nouvelle et arrogante du Hezbollah prosyrien, la guérilla chiite qui a demandé la démission du gouvernement Siniora ? Ne serait-ce pas en tuant un ministre et en sachant que de nombreux Libanais accuseraient les alliés Hezbollah de la Syrie ? »

On présente souvent le Hezbollah et les forces d’opposition au gouvernement de Fouad Siniora comme inféodés à Damas et cherchant avant tout à empêcher la mise sur pied du tribunal international. Pourtant, selon le quotidien francophone du Liban, L’Orient Le-Jour, du 25 novembre, dans un article « Amal et le Hezbollah réclament le respect des « mécanismes constitutionnels » » Amal et le Hezbollah ont apporté leur soutien de principe à la mise en place d’un tribunal international, mais conformément à des « mécanismes conformes à la Constitution ». « Face à l’exploitation du crime de l’assassinat du député et ministre Pierre Gemayel, qui vise à déformer notre position vis-à-vis du tribunal international, nous exprimons notre soutien absolu à la mise en place d’un tribunal international dont les mécanismes seraient conformes à la Loi fondamentale », assure le communiqué conjoint des deux formations chiites. « En même temps, cela ne nous empêchera pas de continuer à insister, en usant de tous les moyens démocratiques autorisés par la loi, sur notre droit à une participation politique véritable, conformément aux fondements de l’entente nationale. »

Cette position sur le tribunal vient d’être réaffirmée avec force par un communiqué commune du 24 novembre de Nabih Berri, le président du parlement libanais et chef du parti Amal et par Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah (je le publie en anglais plus bas).

Ammar al-Musawi, membre du bureau politique du Hezbollah, a déclaré sur Al-Jazira, le 24 novembre :« Il est clair que les forces du 14 février (Said Hariri et ses alliés) tentent de présenter le tribunal comme un sujet de discorde entre les Libanais. Je veux rappeler que, durant les négociations entre les différents dirigeants libanais, ceux-ci ont tous approuvé le tribunal international. Mais les gens en place tentent de nous empêcher de discuter le projet de résolution sur le tribunal (transmis par les Nations unies) (...) Nous discutons aussi avec les forces du 14 février de la création d’un gouvernement d’union nationale et de l’obtention d’une minorité de blocage d’un tiers. » Car la vraie question que pose l’opposition est celle-ci : le pays peut-il être dirigé contre la moitié au moins de sa population ?

Il est facile de schématiser la situation au Liban. Christophe Ayad écrit ainsi dans Libération du 23 novembre, « Le Liban victime des enjeux régionaux » : « Depuis la constitution d’un inattendu axe franco-américain, à l’été 2004, qui a abouti à l’adoption de la résolution 1559, le Liban est devenu le champ d’une gigantesque bataille entre deux visions du monde, correspondant à deux projets politiques et deux camps radicalement opposés. D’un côté, le camp "du 14 mars" (référence à la manifestation géante après la mort de Hariri), constitué de tous les partis antisyriens, à commencer par celui de Saad Hariri, l’héritier de Rafic Hariri, victime présumée du régime syrien. Les forces du 14 mars, qui contrôlent les deux tiers de l’Assemblée et le poste de Premier ministre, sont soutenues par Paris et Washington, qui voient, dans leur victoire électorale du printemps 2005, qui a suivi le retrait syrien du Liban, un triomphe de la démocratie. En face, la coalition prosyrienne, où toutes les confessions sont présentes, gravite dans l’orbite du Hezbollah. Le parti chiite, qui a grandi à l’ombre du double parrainage de l’Iran et de la Syrie, les deux principaux ennemis de Washington dans la région, est devenu un acteur majeur depuis son relatif succès face à l’armée israélienne pendant la guerre de l’été. »

Peut-on présenter la situation aussi schématiquement ? En oubliant, par exemple, le général Michel Aoun, l’opposant le plus déterminé à Damas depuis quinze ans, qui dirige le principal parti maronite et qui est allié au Hezbollah ?

Le point de départ de toute analyse non partisane est d’accepter ce fait : le pays est divisé en deux et la « victoire » de l’un des deux camps sur l’autre est impossible sans guerre civile. C’est ce que rappelle Joseph Samaha, rédacteur en chef du quotidien libanais Al-Akhbar, dans son éditorial du 23 novembre, qui s’étonne du fait que les forces du 14 mars, qui dénonçaient les projets de manifestation du Hezbollah et de ses alliés, aient appelé à faire des funérailles de Pierre Gemayel une grande manifestation politique : « Dire que les manifestations d’aujourd’hui (avec les funérailles) sont dirigées contre une partie des Libanais n’empêche pas de dire que les manifestations prévues du Hezbollah et de ses alliés visaient aussi une autre partie importante de Libanais. (...) Chaque citoyen a le droit d’avoir telle ou telle opinion. Mais tous les citoyens devraient prendre conscience qu’ils affrontent une partie importante de leurs concitoyens. (...) C’est notre cohésion nationale qui est menacée. »

Le problème du Liban, c’est bien évidemment celui des ingérences étrangères. Pas seulement celles de la Syrie, mais celles d’Israël, des Etats-Unis, de l’Iran, de la France, etc. L’instabilité régionale favorise de telles interventions. Charles Glass, un journaliste qui a vécu au Liban entre 1972 et 1976 et de 1983 à 1985, qui a été pris en otage par le Hezbollah en 1987 et auteur de plusieurs livres sur le Proche-Orient, écrit dans Counterpunch, « How to Let Lebanon Live » (comment laisser le Liban vivre)

« Que peuvent faire les Etats-Unis ? Je peux vous dire ce qu’ils ont fait. En 1976, le secrétaire d’Etat Henry Kissinger a approuvé l’occupation syrienne du Liban. En 1982, son successeur Al Haig a encouragé l’invasion israélienne du Liban. En 1990 encore, un autre secrétaire d’Etat américain, James Baker, a donné le feu vert au retour de l’armée syrienne dans des zones qu’elle avait dû abandonner en 1982. Ni la Syrie ni Israël n’ont pénétré au Liban sans OK américain. Un diktat américain pourrait les tenir tous les deux à l’écart, si vraiment les politiciens américains se préoccupaient du Liban comme ils le prétendent. »

« La seule solution pour le Liban serait que la Syrie et Israël (et maintenant l’Iran) cessent de s’ingérer dans les affaires libanaises. Beaucoup de Libanais éprouvent de la gratitude pour le soutien des Etats-Unis et de la France à la résolution 1559 qui a forcé la Syrie à se retirer. Mais leur gratitude n’a pas été jusqu’à remercier les Etats-Unis d’avoir permis (en fait encouragé) l’assaut israélien de 34 jours contre leur pays en juillet et en août. Les Etats-Unis (...) pourraient tracer des lignes rouges : ni Israël ni la Syrie ne pourraient plus utiliser l’autre comme prétexte pour jouer avec le Liban ; les Etats-Unis pourraient aller plus loin et sponsoriser un traité entre Israël et la Syrie concernant les hauteurs du Golan occupé. »

Cette nouvelle orientation américaine semble peu probable. Joshua Landis, sur son site SyriaComment, qui offre par ailleurs de nombreuses réactions de la presse américaine à l’assassinat de Pierre Gemayel, remarque : « Il était clair déjà avant l’assassinat de Gemayel que le président Bush était déterminé à contrecarrer les efforts pour ouvrir un dialogue avec la Syrie et l’Iran. L’assassinat ne va faire que renforcer sa résolution à isoler les deux pays pour "gagner en Irak", comme il affirme qu’il le fera. Il semble que les Etats-Unis sont plutôt décidés à se tourner vers le problème palestinien pour trouver un moyen d’apaiser les tensions arabes et s’assurer l’appui de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie dans leur confrontation avec l’Iran et la Syrie. »

« Cette stratégie échouera. L’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie ont peu d’intérêt à s’engager contre leurs voisins. Ils ne peuvent rien faire pour aider Washington à gagner en Irak. Et Washington a fait la preuve qu’il était incapable de résoudre la question palestinienne, et encore moins de convaincre les Arabes qu’il pensait sérieusement à faire pression sur Israël pour que ce pays abandonne les colonies. La stratégie de Bush contribuera seulement à radicaliser la région, à accroître le bain de sang en Irak et à accélérer le déclin de l’influence américaine. »

Communiqué en anglais de Amal et du Hezbollah du 24 novembre

Amal movement, Hezbollah clarify position on Lebanon tribunal
Text of report headlined : "Joint statement by Speaker Birri, Al-Sayyid Nasrallah, Amal, Hezbollah parliamentary blocs affirm support for international tribunal in accordance with mechanisms that safeguard constitution ; will be compelled to use all available democratic means if other side continues with intransigence and flout national accord pillars" ; carried by Lebanese National News Agency website

Beirut, 24 November : Nabih Birri, leader of the Amal Movement and Speaker of the Lebanese Chamber of Deputies ; Al-Sayyid Hasan Nasrallah, secretary-general of Hezbollah, and the Amal and Hezbollah parliamentary blocs in the Chamber of Deputies, have issued a joint statement addressed to all the Lebanese. The following is the text of the statement :

O Lebanese, the recent escalation of the debate on the stand on the international tribunal and the exploitation attempts by many quarters to peddle specific political stands, has made it necessary to address you to state the truth as it is from the premise of our national and political constants and our principles, which are based on justice and truth.

Immediately after the major crime of the assassination of Martyr Prime Minister Rafiq al-Hariri and his comrades that has afflicted Lebanon, the Amal Movement and Hezbollah affirmed and announced their eagerness to work to expose this crime and those who planned and carried it out, and to punish them, given that this is a national priority that must be attained. While we were daily reiterating our commitment to fulfil all the requirements for the establishment of an international tribunal, the crime of assassination of Martyr Deputy Jubran Tuwayni took place. The issue of expanding the investigation and the establishment of an international tribunal was listed on the agenda of an extraordinary cabinet session without giving the ministers the opportunity to discuss and prepare themselves for the issue to make it easier to be adopted. But the prime minister at the time insisted on not changing the date of the session and did not give the ministers two days to pr ! epare and discuss the issue. Had the prime minister agreed to do this, it would have been [long] enough to reach the necessary conclusions and the ministers of Amal and Hezbollah would not have suspended their participation in the government because their role in the preparation, participation and adoption of the decision has been ignored.

Since the leaders of the two parties are eager to establish the tribunal and seek the truth, they kept reaffirming their support for the tribunal on every occasion until the national dialogue conference convened on 2 March 2006. The conference convened at the invitation of Speaker Nabih Birri. The first item on its agenda emphasized the need to unravel the truth about the assassination of Prime Minister Rafiq al-Hariri and its ramifications. Since the Amal Movement and Hezbollah have been constantly supporting the truth, they explicitly stated at the first session of the national dialogue that they support an international tribunal. Unanimous agreement on this item was reached in the first hour after the conference convened. Those attending paid tribute to the advanced stands of Speaker Birri and Hasan Nasrallah - stands that have been registered in the records of the conference.

Since they insist on not having their stand on the tribunal be misconstrued, the leaders of the movement and the party grasped every opportunity during central celebrations and through Speaker Birri and His Eminence Al-Sayyid Nasrallah from the time when the national dialogue conference was held until the recent consultation meeting to reaffirm their decisive stand on this issue while the parliamentary majority was trying for political reasons to cover up some of their crises by making the people believe that any political change or stand on the government or its performance stems from the rejection of the tribunal.

This showed that the facts on political issues that are related to the Israeli war on Lebanon and the economic, social and financial crises had been distorted in a manner that caused controversies. This weakened the unity that used to exist on the need to unravel the truth ; did not serve the cause of the tribunal ; and created some confusion among the people although the movement and the party kept reiterating their stand on the issue.

O Lebanese : In view of the developments that prevailed in the Lebanese arena at the end of the Israeli war of aggression on Lebanon, Speaker Birri took the initiative to send out invitations for a consultation meeting among the parties to the dialogue on the issue of the formation of a national unity government and a new election law and to prepare for what is needed on the economic and financial level. Since we were eager to remind people of our positive stand on the tribunal, the consultation meeting was an opportunity to expand the discussion to reiterate the stand on the tribunal.

The conferees spent some time discussing the issue and the Amal Movement and Hezbollah reiterated their known stand on this issue in a frank and explicit manner at the first and second consultation sessions. A limited meeting took place during the third session when Deputy Sa’d al-Hariri joined a meeting that was being held on the sidelines of the sessions between Speaker Birri and Deputy Ali Hasan Khalil on one side and Deputy Muhammad Ra’d and Minister Muhammad Funaysh and Deputy Husayn al-Hajj al-Hasan on the other. Deputy Al-Hariri proposed to the conferees a formula based on reaching agreement on the principle of the establishment of an international tribunal, discussing the details related to this tribunal in side meetings among the three parties before submitting it to the cabinet to ensure its expeditious and unanimous adoption, and approving at the same time the formation of a national unity government in which the opposition forces will have more tha ! n one third of the portfolios, where effective participation will be ensured, and which will be the introduction to the discussion and settlement of controversial issues.

Since we were eager to settle the issue of the tribunal, we made many contacts in the wake of this meeting that was held before the consultation session was suspended to expedite receiving the draft project on the tribunal to implement what was agreed upon. The reply came at 2200 [local time] on Friday night that preceded the last session of consultations and after Prime Minister Fu’ad al-Sanyurah had contacted Speaker Birri, who stressed to him not to set a date for the cabinet meeting on this issue before the meeting that was scheduled to be held on Saturday - that is, not before carrying out the implementation steps that were agreed upon during the limited meeting with Deputy Sa’d al-Hariri to facilitate the adoption of the draft resolution. This would give the ministers and the relevant committee the time to study the details of the draft project on the tribunal. But we were surprised to find out at the onset of the session the next day, Saturday, 11 Novem ! ber, that there was an intensive campaign depicting us as if we were ready to barter the international tribunal for political demands while no mention was made of what took place in the limited meeting that was initiated by Deputy Sa’d al-Hariri. Monday, 13 November 2006 was then set as a date for the next cabinet meeting without discussing this with anyone and without taking into consideration all the statements we made saying that we were ready to discuss the draft project with a positive attitude and open mind. This was accompanied by ending the political discussion on the basic provision that was listed on the cabinet agenda dealing with the formation of a national unity government because key leaders of the majority decided that this demand could not be discussed.

O Lebanese : In view of the fact that the crime of assassination against Deputy and Minister Martyr Pierre al-Jumayyil is being exploited in order to continue defaming our stand on the international tribunal, we have related the above facts in order to emphasize our firm support for this tribunal in accordance with the mechanisms that safeguard constitutional procedures and secure the attainment of the aspired objective. We say this while we insist on our legitimate right to call for a genuine political participation and we will not submit to any blackmail to have us change our stand on this participation. The confrontation by the other side of our legitimate political demands by resorting to the international tribunal to confuse public opinion and compensate for its weakness certainly does not serve the cause of truth and justice. Therefore, all of this will not dissuade us from committing ourselves before the Lebanese people to continue our call and have reco ! urse to the available democratic means within the laws and regulations in force. We will be compelled to use these means if the other side remains intransigent and flouts the pillars of Lebanese national accord. We ask God to stand witness to what we say.

Source : Lebanese National News Agency website, Beirut, in Arabic 2129 gmt 24 Nov 06

Compassion

Dans une tribune publiée dans The Jerusalem Post du 22 novembre, « No revenge, compassion » (pas de revanche, de la compassion), Gershon Baskin, un des dirigeants du Israel/Palestine Center for Research and Information, écrit : « Les familles des survivants des tragiques tueries de Beit Hanoun ont dit qu’elles n’étaient pas intéressées par la vengeance. Noam Shalit, le père du caporal Gilad Shalit, capturé près de Gaza, a rendu visite aux familles de Beit Hanoun à l’hôpital de Tel-Aviv et a exprimé sa sympathie pour leurs souffrances et leur deuil. Une telle démonstration de compassion normale est bien rare. Combien puissante est une telle émotion, et pourtant combien elle manque aux deux sociétés. Quand sommes-nous devenus aveugles aux souffrances des autres ? Est-ce que nos propres souffrances ont tellement submergé nos cœurs que nous ne sommes plus capables d’exprimer de la compassion pour les autres ? »

Alain Gresh

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