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La peur de l’islam

mardi 5 décembre 2006, par Alain Gresh

A nouveau sur le blog. Je voudrais rappeler quelques-uns des principes qui régissent les forums sur ce blog et faire part de quelques décisions concernant l’organisation des débats. D’abord, le blog ne peut accepter des messages qui sont racistes ou qui sont des appels à la violence et au meurtre, et qui tombent donc sous le coup de la loi. De même pour les messages diffamatoires. D’autre part, les appels à la haine sont contraires à l’esprit de ce blog. C’est dans cet esprit que j’ai supprimé certains messages. Je tiens à préciser que je n’ai jamais supprimé un message parce qu’il contenait une opinion contraire aux miennes, mais le racisme ou la diffamation ne relèvent pas de la « libre opinion ». Enfin, il y a des messages qui sont tout à fait « hors sujet ».

D’autre part, j’avais décidé de limiter la taille des interventions à 3000 signes (deux feuillets), pour éviter que chacun soit soumis à des analyses sans fin de certains internautes (chacun est libre, par ailleurs, de créer son propre blog pour défendre ses opinions). Mais je voudrais désormais limiter le nombre des interventions de chacun : intervenir 20 ou 30 fois sur un seul forum revient à monopoliser la parole, et surtout à déraper sur des sujets qui n’ont plus rien à voir avec les textes proposés. Le conflit israélo-palestinien semble particulièrement propice à ce genre de « débats » de sourds, que je trouve particulièrement inutiles. Je propose donc que l’on se limite à cinq interventions pour chaque forum ; au-delà, je me réserve le droit de supprimer les messages (avec quelques exceptions, comme quand l’un d’entre vous traduit un long document qu’il « offre » à la collectivité). Je continuerai, bien évidemment, à supprimer les messages diffamatoires ou insultants (le fait que j’en laisse parfois passer, parce que je ne peux passer mon temps à suivre les forums, n’autorise personne à envoyer à son tour des messages insultants ; mais vous pouvez me signaler les messages que j’aurais laissé passer) ; ainsi que les messages hors sujet.

Irak. Le 6 décembre devrait être publié le rapport de l’Iraq Study Group Report sur le site www.usip.org. Ce rapport bipartisan (c’est-à-dire à la fois républicain et démocrate) devrait formuler un certain nombre de propositions pour permettre à Washington de sortir de l’impasse irakienne. Il semble toutefois peu probable que ce texte amène un changement radical de la position du président Bush à l’égard de l’Irak (ou de l’Iran).

Comment Israël en est arrivé là? L’échec de leur armée, cet été, semblait avoir troublé les Israéliens. Allaient-ils exiger que leur pays négocie enfin avec ses voisins ? Il n’en a rien été. Ni les crimes de guerre au Liban, ni ceux commis à Gaza depuis, ni la nomination au poste de vice-premier ministre d’un leader fascisant n’ont suscité de réactions massives. Pourquoi, s’interroge Akiva Eldar, journaliste israélien à Haaretz, dans le numéro de décembre du Monde diplomatique. Dans le même numéro, l’intellectuel libanais George Corm fait « Un rêve "dissident" de règlement global » pour la crise au Proche-Orient.

La peur de l’islam

Voici la conclusion d’un numéro de Manière de voir, publication bimestrielle du Monde diplomatique, paru en août 2002 et intitulé « Islam contre islam ».

61 commentaires sur « La peur de l’islam »

  • permalien Jean :
    5 décembre 2006 @13h01   »

    D’après B Guetta ce matin, israel serait en train de mettre en place une alliance avec les pays arabes voisins, y compris la syrie, pour isoler l’iran... Pensez vous qu’une telle analyse puisse tenir la route ???

  • permalien Pierre :
    5 décembre 2006 @14h41   « »

    Ce qui est criticable chez monsieur Redeker, ce n’est pas qu’il critique une religion, mais, qu’il fasse l’amalgame entre une religion des cultures des ethnies des économies et des systèmes politiques.

    Ceci est criticable, parce que si ce monsieur s’autorise ces amalgames, il autorise à quiconque d’employer les mêmes méthodes au nom de principes qui justement fustigent ces manipulations.

    Si quiconque peut pratiquer les méthodes de monsieur Redeker, il peut m’assimiler par mon origine à monsieur Redeker.

    Si monsieur Redeker est protégé par la police de mon pays avec mon argent, qui me protège des conséquences des propos de monsieur Redeker ?

    Sur ce sujet je me demande si mes élus ont agi dans le sens de la collectivité.

    Peur et haine de l’Islam

  • permalien k :
    5 décembre 2006 @14h55   « »

    « Il existe, « ici » et « là-bas », affluence de courants, de forces, de tendances, même si là-bas elles s’expriment souvent à travers un langage religieux - l’attachement massif à la religion étant une caractéristique de l’« aire musulmane ». »

    Cet “attachement” mériterait d’étre nuancé a mon avis :

    Je voudrai rappeler l’analyse, qui me parait pertinente, faite par Mr Olivier Roy dans un texte paru en Anglais et que j’ai traduit ici (forum 2097) :

    « Dans la plupart des cas, 20% représente le soutien potentiel maximum d’un tel parti [islamiste]. Ainsi, pour réaliser plus de 20% un parti doit faire appel à un plus grande assistance. Les partisans supplémentaires ne votent pas pour l’Islam mais pour une bonne gouvernance, y compris la lutte contre la corruption. »

    Par ailleurs Amr Hamzawy écrit ceci dans le numéro de Novembre 2006 de Arab Reform Bulletin : (je traduis)

    « Les forces non Islamistes –qu’elles soient du gouvernement ou de l’opposition- se sont rendues au langage de la religion et tout autre langage intellectuel et idéologique a été marginalisé. » Soit dit en passant je trouve partisan par ailleurs cet article, ne serait ce que parce qu’il qualifie les dirigeants de l’Egypte et de la Jordanie de modérés et qu’il semble minimiser la responsabilité des régimes Arabes "laiques" « que n’épuise aucun adjectif - répressifs, mensongers, traîtres et corrompus - » (Dominique Eddé) dans le triomphe de l’Islamisme.

  • permalien yvyd :
    5 décembre 2006 @16h22   « »

    Le "choc des civilisations" il y a 10 ans on découvrait ce terme et sa définition et on se demandait comment une idée aussi simplificatrice pouvait être écoutée. Aujourd’hui les gens ne se posent plus la question, c’est devenu une évidence, il y a l’Islam et Nous, chacun dans un monde totalement différent. Les personnes politiques de "gauche" portant les idées progressistes de nos sociétés sont aussi dans ce schéma simpliste : refuser de parler au Hamas et parler avec un gouvernement israélien soutenant des thèses d’extrème-droite et dont l’aile armée est responsable de nombreux carnages. La réflexion objective a disparue de notre monde, on est écrasé par les remarques à l’emporte pièce, ne compte plus que le bien-paraître, le politiquement correct, la stratégie politicienne. Les grands médias nous assomment, insultent nos intelligences, crachent sur la souffrance. Pour résister à ce flot continu de faux-semblants et ne pas se noyer, ç-à-d ne pas renoncer à l’utopie de la recherche de la vérité historique, aux efforts nécessaires à une compréhension, non pas objective à 100%, mais qui rendrait à César ce qui appartient à César, seul un remède de cheval pourrait nous aider : MARX. Et oui, grâce à son analyse des phénomènes de domination on comprend pourquoi une telle simplification des choses à lieu aujourd’hui, pourquoi le terrorisme est devenu, alors qu’il a toujours existé, un phénomène aussi important au niveau des relations internationales. Marx nous permet de comprendre que au delà du choc des civilisation il y a des relations dans le système international qui ne dépendent pas de l’appartenance à un monde où l’autre, mais de l’appartenance à une classe économique et sociale. Cette appartenace sociale a aussi ces défauts, mais elle permet de comprendre les chose de manière plus complexe et sans jouer avec le bien-paraître, les idées communément admises. si je devais mettre un âge mental sur le différentes théories qui nous permettent de comprendre le monde, celle du "choc des civilisations correspondrait au première sensation de l’éveil à la compréhension du monde : "tiens y’a d’autres gens que moi, y’ a une carte du monde, tiens y’a différents pays, différentes cultures." Le stade post-anal en quelque sorte. L’adolescence serait la découverte des phénomènes de domination, les instruments marxistes, et l’âge adulte, la maturité, mais là çà devient plus complexe, pour atteindre cet âge lisez Habermas, Jean-Marc Ferry, José Fontaine...

    J’ME LACHE désolé.

    Ouvrons nos yeux et nos coeurs car nous serons jugés selon nos actes ne l’oubliez pas. Et écouter de la disco pour garder la pêche.

    signé yvyd

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @19h57   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination"

    Par Mark Danner, dans le NEW YORK REVIEW OF BOOKS VOLUME 53, NUMERO 20 • 21 DECEMBRE 2006.

    (....)

    C’était en Octobre 2005, la veille du référendum national sur la constitution de l’Irak, et j’étais venu à Fallujah, le coeur de la province rebelle d’Anbar, pour voir si les Sunnites allaient la voter. Dans une première mouture à l’origine exigée par les Kurdes, une première mouture qui a caractérisé un processus politique Américain et qui avait été prévue pour unifier le pays mais qui à la place avait conduit à la division, la constitution proposée pouvait être rejetée si, dans trois des dix-huit provinces de l’Irak, plus de deux sur trois Irakiens se présentant aux scrutins votaient le non. Pendant la première élection de l’après-Saddam lors du mois de janvier précédent, (…) les Sunnites avaient boycotté les scrutins. Cette fois, après des efforts herculéens de persuasion et de négociation par l’ambassadeur américain, on s’est attendu à ce que la plupart des Sunnites votent.

    Et ainsi je me suis assis après minuit à la veille du vote, gribouillant dans mon calepin dans le bunker faiblement éclairée du C-Moc (Centre des Opérations Militaro-Civiles [Civil-Military Operations Center]) quand le jeune diplomate m’a expliqué les complexités de la politique de la ville vaincue. Je fus heureux de le voir soudainement se pencher vers l’avant et, avec des regards rapides a gauche et a droite, m’offrir une confidence. « Vous savez, demain vous allez être étonné, » m’avait-il dit, parlant doucement. « Tout le monde va être étonné. Les gens ici vont non seulement voter, mais ils vont voter oui. »

    J’ai été abasourdi. Que les Sunnites allaient réellement soutenir la constitution serait un virage étonnant et, pour l’effort américain en Irak, énormément positif ; en ce que cela signifierait, en dépit de l’escalade de la violence sur le terrain, particulièrement ici a Anbar, que l’Irak en fait irait vers un semblant de consensus politique. Cela signifierait que sous le paysage sanglant des opérations-suicide et des assassinats et des bombes placées sur le bord des routes une idée commune de politique et de compromis se dessinait. Cela signifierait que ce qui semblait un processus politique illégitime qui a entériné et même empiré les divisions croissantes parmi les Irakiens était devenu réellement le moyen de les réunir. Cela signifierait qu’il pourrait y avoir de l’espoir.

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @20h05   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    (....)

    Et j’ai pensé à ses mots encore plusieurs jours plus tard quand on a confirmé que dans la province d’Anbar -où l’Américain le mieux informé, expérimenté, infatigable m’avait confié ce qu’il avait ardemment cru, a savoir que sur le vote critique sur la constitution « un grand nombre de gens voterait oui »- que dans Anbar, 97% des Irakiens qui avaient voté avaient voté le non. Avec tous ses contacts et engagements, avec toute son énergie et son lustre, sur la question la plus fondamentale et la plus critique de politique sur terre il avait eu entièrement, et de façon catastrophique, tort.

    ...confrontés à une réalité ambiguë qu’ils n’aiment pas, ils s’en éloignent, ignorant le paysage ombragé et changeant et forçant leurs yeux à regarder obstinément vers leur propre lumière idéologique. Incapables de comprendre, ils imposent leur propre compréhension. Considérez, par exemple, ces mots de Donald H. Rumsfeld, au sujet de la guerre de l’Irak le 9 novembre, deux jours après les élections [du Congrès et du Sénat] et le lendemain de son renvoi par le Président Bush :

    « Il est très clair que les principales opérations de combat ont été un énorme succès. Il est clair que dans la Phase Deux, ce ne se soit pas assez bien passé ou passé assez vite. »

    Trois ans et huit mois après que la guerre d’Irak ait commencé, le secrétaire de la défense et ses alliés ne voient pas en Irak une guerre mais deux. L’une est la Vraie Guerre d’Irak- « un succès absolu » ["outright success"] celle que seulement très peu nieraient, la guerre dans laquelle les forces américaines étaient « saluées comme libérateurs, » selon la prédiction célèbre de Dick Cheney (....) et puis… aprés ? Bien, Ou que nous soyons maintenant : une Phase Deux, « une phase d’après-guerre » (comme l’appelle parfois Bob Woodward) qui dure depuis trois ans et demi et continue. Dans la première guerre, « réussie et vraie » de l’Irak, 140 Américains sont morts. Dans la phase d’après-guerre 2.700 Américains sont morts. Ce qui se produit maintenant en Irak n’est pas en fait une guerre du tout mais une phase, une non-guerre, quelque chose d’anonyme, de non conceptualisé-non planifié.

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @20h09   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    N’importe qui cherchant à comprendre ce qu’est devenue l’énigme centrale de la guerre d’Irak- comment est ce que des fonctionnaires si accomplis, expérimentés, et intelligents sont venus a faire ensembles de telles erreurs monumentales, répétées et, surtout, évidentes, des erreurs qu’une grande partie du gouvernement savaient très bien qu’elles l’étaient-doit voir au delà de ce qui semble être une simple rhétorique d’autojustification et la suivre où elle mène : vers la Guerre de l’Imagination que les hauts fonctionnaires ont décidé de mener au printemps et lors de l’été 2002 et à l’image de laquelle ils se sont accrochés longtemps après que la réalité ait pris un brusque tournant contraire. En ce que la victoire de la Guerre d’Imagination se devait d’être décisive, accablante, démontrant une terrible puissance-assez pour effacer le déshonneur du 11 septembre et pour refaire le monde menaçant. Dans State of Denial, Woodward rappelle comment Michael Gerson, en ce moment rédacteur en chef des discours de Bush, avait demandé a Henry Kissinger pourquoi il avait soutenu la guerre d’Irak :

    « Parce que l’Afghanistan n’était pas assez, » avait répondu Kissinger. Dans le conflit avec l’Islam radical a t-il dit, ils veulent nous humilier. « Et nous devons les humilier. »

    La réponse américaine au 9/11 se devait d’être essentiellement plus que proportionnelle- à une plus grande échelle que la simple invasion de l’Afghanistan et le renversement des Talibans. Autre chose était essentiel. La guerre d’Irak était essentielle pour envoyer un message plus important, « faire la remarque que nous n’allions pas vivre dans ce monde qu’ils veulent nous imposer. »

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @20h13   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Bien qu’à toute personne familière de la rhétorique « réaliste » de Kissinger sur le pouvoir et la crédibilité son analyse ne révèle aucune surprise, Gerson, l’idéaliste profondément religieux qui a composé la musique la plus vibrante de Bush sur la « fin de la tyrannie » et « débarrasser le monde du mal, » semble modérément déçu : Kissinger « a vu l’Irak seulement du point de vue des politiques de pouvoir. Ce n’était pas de l’idéalisme. Il n’a pas semblé se rallier au but de Bush de favoriser la démocratie. »

    (....)

    La pensée géopolitique animant cette « théorie démocratique des dominos » pouvait être discernée sans difficulté avant la guerre, comme je l’ai écrit cinq mois avant que les tanks de l’armée Américaine franchissent la frontière d’Irak :

    Derrière la notion qu’une intervention américaine fera de l’Irak « la première démocratie arabe, » comme l’a proclamé le député du secrétaire de la défense Paul Wolfowitz, se trouve un projet de plus grande ambition. Il envisage un Irak de l’après Saddam Hussein-séculaire, avec une classe moyenne, urbanisée, riche en pétrole- qui remplacerait l’autocratie de l’Arabie Saoudite en tant qu’allié américain principal dans le golfe Persique, permettant le retrait des troupes des Etats-Unis du royaume. La présence d’une armée américaine victorieuse en Irak servirait alors de puissant vecteur pour modérer des éléments en Iran voisin, accélérant l’évolution de ce pays critique loin des mollahs et vers un cours plus modéré. Une telle évolution à Téhéran mènerait à un retrait du soutien iranien au Hezbollah et à d’autres groupes radicaux, isolant la Syrie et réduisant de ce fait la pression sur Israel. Ce désengagement des radicaux sur les frontières nords d’Israel et dans la Cisjordanie et Gaza signifierait la fin définitive de Yasser Arafat et mènerait par la suite à une solution favorable du problème Israélo-Arabe. C’est une vision a grande échelle et riche en imagination : complète, prophétique, évangélique. Dans ses ambitions, elle est complètement étrangère à la modestie de la retenue, à l’idéologie d’une puissance de statu quo au coeur de la stratégie américaine pendant un demi siècle. Elle signifie de refaire le monde, pour offrir à une menace politique une réponse politique. Elle représente une grande étape sur la route vers la vision finale du Président Bush « du triomphe de la liberté contre tous ses ennemis historiques. »

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @20h29   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    « Cela a représenté également un jeu stupéfiant, en ce que si la victoire en Irak était de réaliser ce qui était prévu-qui est disons, « humilier » les forces de l’Islam radical et rétablir le prestige et la crédibilité américains ; servir de « modèle de démonstration » pour prévenir les attaques de n’importe quel état-voyou qui pourrait menacer les Etats-Unis, soit directement soit en fournissant des armes de destruction massive aux terroristes ; et transformer le Moyen-Orient en envoyant « un tsunami démocratique » cascadant de Téhéran a Gaza- si la guerre d’Irak était de réaliser ceci, la victoire doit être rapide, décisive, et accablante. »

    Suite demain (ou plus tard si insomnie)

  • permalien Ahmad :
    5 décembre 2006 @20h39   « »

    salam,j’avais dans des messages précédent émis des avis négatifs envres Hubert Védrine,concernat notament ses silences dans la crise algériennes des années 90,et ausssi sur ses accusations non fondées de la responsabilité du hamas dans l’escalade,suite a l’enlévement du soldat israelien.or il a dit sur la chaine parlementaire,qu’il avait dés le début condamner la non reconnaissance de la victoire du hamas,et le refus de l’UE de parler avec le hamas,ainsi que l’rrèt des aides aux palestiniens,cela est courageux et noble,car rare dans la politique française,et come il faut etre juste alors,il faut dénoncer ce qui est dénonçable,mais aussi dire ce qui est honorable.Dans le sujet de la peur de l’islam,afin que cette peur fonde car souvent basé sur des discours de pompiers pyromanes,je recommande l’article:la démocratie et l’islam du dr Youssouf al Qardaoui,une des plus grandes références,et un des plus suivit du monde musulmans sur le site islamophile.org,salam

  • permalien massinissa :
    5 décembre 2006 @22h17   « »

    si l’islam fait peur aujourd’hui, cela est sans doute dû au fait que ses manifestations incitent à avoir une attitude de méfiance envers cette religion. on ne peut pas tout le temps dédouaner l’islam et jeter l’opprobre sur les autres.

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @23h11   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    (....)

    « L’élection du 7 novembre 2006, marque le moment où la Guerre de l’Imagination s’est décisivement transformée en guerre sur le terrain et où des fonctionnaires de tout le gouvernement américain, non moins que le président lui-même, ont été forcées d’identifier et de reconnaître une réalité qu’une grande partie du public américain avait discerné des mois ou des années auparavant. Le vernis idéologique s’est effacé aujourd’hui. Les groupes d’étude sont à leur travail. Le moment est venu pour les Américains de savoir ce qu’ils ne savent pas. S’ils étaient confrontés à cette simple question que le souriant Président Iranien Ahmadinejad avait posé à Mike Wallace en août passé - « je vous demande, monsieur, ce que l’armée américaine fait en Irak ? » - combien d’Américains pourraient-ils donner une réponse claire et convaincante ?

    Pendant que la guerre traîne et que les solutions de rechange échouent et que les décès américains et irakiens s’élèvent, nous semblons savoir de moins en moins, certainement « où nous allons finir. » Ainsi nous arrivons à notre moment thérapeutique du moment-le moment des « solutions, » apporté par l’identification, après trois années et demi, que nous n’avons aucune idée comment « finir » la Phase Deux. C’est maintenant un sujet pour l’ Iraq Study Group de Baker et le "strategic review team" des militaires et les nouveaux Présidents du comité démocratique (…) Toutefois rapidement la discussion se déplace maintenant à l’hydraulique géopolitique, à considérer la solution de la partition par rapport a celle du retrait partiel, par rapport a des conférences et des groupes de contact régionaux et tout le reste, la vérité est qu’aucune de ces propositions, seule ou en association, n’est capable de terminer rapidement la guerre.

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @23h14   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    (...)

    Hors de ce maelstrom, comment définir aujourd’hui « comment avons nous commencé » en Irak ? On pourrait faire pire que la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale intitulée : « Irak : Buts, objectifs et stratégie, » le rapport top-secret des objectifs Américains prévu pour guider tous les départements et agences du gouvernement, signé par le Président George W. Bush le 29 août 2002 :

    « But des USA : Libérer l’Irak afin d’éliminer les armes de destruction massive irakiennes, leurs modes de livraison et les programmes associés, empêcher l’Irak de sortir de la retenue et de devenir une menace plus dangereuse pour la région et au-delà. Terminer les menaces irakiennes envers ses voisins, cesser la tyrannie du gouvernement irakien envers sa propre population, couper les liens irakiens avec et le patronage du terrorisme international, maintenir l’unité de l’Irak et son intégrité territoriale. Et libérer les irakiens de la tyrannie, et les aider en créant une société basée sur la modération, le pluralisme et la démocratie…. Objectifs : conduire la politique d’une manière qui réduit au minimum la possibilité d’une attaque par des armes de destruction massive contre les Etats-Unis, les équipes sur le terrain Américaines, nos alliés et nos amis. Réduire au minimum le danger des instabilités régionales. Décourager l’Iran et la Syrie d’aider l’Irak. Et réduire au minimum la rupture de pétrole sur les marchés internationaux. »

    Ce document secret, révélé par Bob Woodward, est vraisemblablement le plus simple, le moins idéologique, que les fonctionnaires américains ont pensé que le pays qu’ils mènent essayerait de réaliser dans la prochaine guerre…(…..) Que pouvons-nous dire maintenant, pendant que nous regardons l’Irak de novembre 2006, au sujet de ces buts et objectifs officiels sur la guerre en Irak ?

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @23h18   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Les célèbres armes de destruction massive ont disparu, la plupart d’entre eux probablement il y a quinze ans, et leur absence a probablement causé du tort aux Etats-Unis et sa puissance –la puissance déployée tous les jours, qui dépend de l’autorité des mots et des déclarations et pas directement ou seulement de la force des armes- plus sévèrement que leur présence pourrait jamais avoir. (...) les fonctionnaires de l’administration Bush ont sévèrement miné la crédibilité des Etats-Unis, la crédibilité de ses agences de renseignement, et le soutien à la guerre et à la politique des USA parmi les Américains, les musulmans, et autour du monde.

    La « retenue » de l’Irak, menaçant seulement dans le royaume imaginaire des décisionnaires avant la guerre, a été ébrèchée. La Menace du pays « pour la région, » avec des jihadistes provenant des puissances sunnites voisines dans Anbar et Bagdad et des agents de renseignement Iraniens s’écoulant dans le sud Chiite, s’accroît quotidiennement, avec le pire cas de figure en prévision, le paysage confus et noirci d’une guerre sectaire régionale, se tenant déjà clairement visible a l’horizon comme conséquence possible d’un conflit d’escalade.

    Bien que Saddam ait été convaincu de meurtres en masse et condamné à mort, et bien qu’un gouvernement élu et inefficace délibère dans la Zone Verte, il est difficile d’arguer du fait que « la soumission a la tyrannie » de la population irakienne n’a pas empiré. Tous les jours en moyenne cent Irakiens ou plus meurent de la violence d’une guerre civile de plus en plus compliquée. Les Sunnites attaquent les Chiites avec des bombes de toute sorte-(..)-et maintiennent le niveau de la terreur à un taux sans précédent et presque inimaginable. Dans les six derniers mois la seule Baghdad a subi 488 « bombardements reliés a la terreur, » une moyenne presque de trois par jour.

    Les leaders Chiites répondent avec les pelotons de la mort, dont les membres, tirés des milices des partis et souvent alliés au ministère de l’intérieur et la police irakienne, à ce jour ont torturé et assassiné des milliers de Sunnites. Pendant que les Irakiens font leurs achats ou leurs prières ils sont mis en morceaux par des opérations-suicide. Pendant qu’ils conduisent en ville en plein jour ils sont tirés de leurs voitures par des hommes armés, dans les barrages routiers, qui les décapitent ou leur tirent sur la nuque. (..- [je vous épargne le récit des autres atrocités])… selon un expert en tortures des Nations Unies, la situation est si mauvaise que beaucoup de gens disent qu’elle est pire qu’au temps de Saddam Hussein. »

  • permalien K :
    5 décembre 2006 @23h21   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Quant aux liens du pays avec le terrorisme international, nous pourrions regarder le consensus officiel des agences de renseignement américaines publié en avril 2006 disant que « le jihad de l’Irak forme une nouvelle génération de chefs et agents terroristes » et que « le conflit de l’Irak est devenu « la cause célèbre » pour des jihadistes, nourrissant un ressentiment profond vis-à-vis de l’intervention des USA dans le monde musulman et cultivant des partisans pour le mouvement jihadiste global. » les craintes de l’administration Bush au sujet de la collaboration possible de l’Irak avec des groupes terroristes, en grande partie conjecturales, ont depuis la chute de Saddam atteint une terrible réalité.

    Dans le même temps « l’unité et l’intégrité territoriales » de l’Irak, est devenue la question centrale, alors que la guerre devient de plus en plus sectaire, des villes et des régions « sont ethniquement nettoyées, » et les Chiites poussent vers une loi, face à une amère opposition sunnite, rendant l’autonomie du sud possible, le point culminant d’un processus politique qui, commençant par le premier vote boycotté par les Sunnites, a servi à empirer le conflit sectaire.

    La question centrale de la façon dont le pouvoir et les ressources devraient être divisés en Irak et de ce a quoi le pays devrait ressembler, une question qui allait être réglée paisiblement par les institutions politiques naissantes de la « première démocratie arabe, » est devenue la question politique critique divisant le Kurde du Sunnite et le Sunnite du Chiite, et divisant également les coalitions politiques communautaires elles-mêmes. le premier ministre Nouri Al-Maliki, le chef du « gouvernement d’unité, » a qui le Président Bush a demandé à plusieurs reprises de « démanteler les milices, » est en fait dépendant pour sa propre survie politique de Moqtada Al-Sadr, le créateur et chef de la plus grande milice, l’armée du Mahdi. En effet, les deux milices les plus importantes sont commandées par les deux partis les plus puissants au parlement.

    De plus en plus le « gouvernement d’unité » lui-même, se disputant avec force dans la Zone Verte, sert d’écho impuissant de la guerre sauvage faisant rage au delà des murs. La partition de l’Irak est maintenant ouvertement préconisée par beaucoup -y compris par des politiciens américains éminents tels que le sénateur Joseph Biden du Delaware, le Président entrant du Comité des Relations Etrangères du sénat-désespérés de trouver « une solution, » cependant illusoire, à la guerre, quelque chose qui permettra aux Américains de se retirer, tout en évitant de reconnaître leur défaite.

  • permalien saintyves :
    6 décembre 2006 @03h18   « »

    Bonjour à tous

    Mr Alain gresh (permetez ma mise en page de votre texte)

    J’ai côtoyé de nombreux militants musulmans inscrits dans la lutte altermondialiste :

    ils ne me semblent ni plus ni moins qualifiés que d’autres militants,

    - catholiques,
    - juifs,
    - protestants
    - ou athées,

    pour participer à des luttes d’émancipation.

    - Pourquoi alors suscitent-ils une telle méfiance ?
    - Pourquoi une organisation altermondialiste qui compte parmi ses membres Témoignage chrétien ou encore le CCFD s’interroget- elle longuement pour savoir si elle peut mener un dialogue avec des organisations musulmanes ?
    - Pourquoi ce rejet est-il spécifique à la France ?
    - Pourquoi des militants qui ont toujours combattu le racisme semblent soudain sensibles à la « peur de l’islam » ?
    - Pourquoi aussi certains de leurs arguments résonnent-ils si familièrement, reprenant des préjugés qui avaient fleuri durant la période coloniale ?

    Autant de questions qui laissent perplexe, je croix que la diabolisation de l’Islam par une certaine presse, y est à l’origine. Au debut les gens doutent, ne pretant pas attention au phenomene, mais le tapage mediatique diabolisant l’islam, genre :

    - Islam fasciste de W. Bush,
    - la provocation par les carricaturistes Danois,
    - les propos du Pape, la terminologie suggestive ( terroristes islamistes du Hamass, mouvement terroriste chiite du Hizbollah, terroristes quasi-quotidien
    - la diabolisation de l’Iran au sujet de son programme nucleaire pacifique (Mme royale dans le face à face avec Fabius et DSK lui reffuse meme un nucleaire à des fins pacifiques)

    Ce tapage mediatique finit à coup sur par porter ses fruits, et convainc les plus sceptiques.

    Je suis tenté d’evoquer la fameuse question

    A QUI ÇA PROFITE ?

    Voir en ligne : L’ISLAM LA REPUPBLIQUE ET LE MONDE par Alain Gresh

  • permalien Sophia :
    6 décembre 2006 @04h21   « »

    L’Islamophobie existait avant le 11 septembre 2001 mais le 11 Septembre l’a exacerbée. En 1984 je m’assieds avec mon époux Belge pour un entretien avec une fonctionnaire de l’immigration à Paris. A l’époque j’étais enceinte de mon premier enfant. La fonctionnaire me regarde et me dit ’Il y a beaucoup de naissances basanées en France’. Je suis moi-même basanée d’origine Libanaise. Je me tais. Ensuite elle me demande à qui ira mon allégence en cas de guerre entre la France et l’Islam. Je lui répond que le problème ne se pose pas pour moi puisque je suis chrétienne. Elle marmonne ensuite quelque chose. Il est clair que nous avions affaire à une dame proférant des propos racistes dans l’exercice de ses fonctions. Je voulais porter plainte après l’entretien mais mon époux m’a découragée, ne voulant pas avoir des problèmes pour l’obtention de la nationalité. Je ne vis plus en France. Mais j’ai ri intérieurement aux propos de cette dame récemment quand j’ai su que des juifs Français se battaient dans les rangs de Tsahal au Liban. Le problème de la double allégence est réel cependant il ne peut se poser comme cette dame l’a posé entre une religion et un pays mais plutôt entre deux pays... On veut nous faire croire que l’occident et l’Islam sont en guerre mais il s’agit là d’une confusioin conceptuelle essayant de reproduire des pôles comme pendant la guerre froide. L’Islam comme cause politique n’est porté par aucun pays ni par un bloc homogène de pays, il ne peut donc faire la guerre à l’occident.

    http://lespolitiques.blogspot.com

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @09h00   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Le problème de Kennan [personnage emblématique abordé par l’auteur dans une partie non traduite de l’article] de connaître « où vous allez finir » commence, comme il l’a bien su, sur le terrain ; mais il ne finit pas là. L’information obtenue par des humains accomplis mais profondément faillibles, voyage a partir d’endroits comme Fallujah par le câble et le courriel et la parole, du vaste bunker de quatre-mille-mètres carré de la Zone Verte, (…), et de là au grand labyrinthe informe de la bureaucratie de la sécurité nationale de Washington, jusqu’aux milliers de rédacteurs des multiples bureaux et agences et finalement aux personnes situées au-dessus des pyramides d’organisation : les personnes qui, est-il dit, « prennent les décisions. » Dans la mieux contrôlée des administrations existe, entre ceux présents sur le terrain qui écoutent et apprennent et ceux présents dans des bureaux qui discutent et décident, beaucoup de « bruit bureaucratique. » Et celle-ci, hélas, comme tant de prises de décision sur la guerre le rendent trop clair, n’est pas la mieux contrôlée des Administrations. En effet, ses haut-fonctionnaires, doués et expérimentés pour beaucoup d’entre eux, semblent avoir volontairement collaboré, pour des raisons d’ego ou d’ambition ou de lubbies idéologiques, en se rendant collectivement aveugles.

    [Suit une série d’exemples montrant le manque de coordination entre les différents centres décisionnaires, le manque de prise en compte de renseignements capitaux, et l’incurie des plus hauts responsables comme Rumsfeldt et Rice]

  • permalien Pierre :
  • permalien Vvolodia :
    6 décembre 2006 @10h00   « »

    L’islam ne fait pas peur à la majorité de la population, l’islamisme, oui. On a tendance à confondre les deux.

    l’islamisme, c’est le nazisme déguisé avec les oripeaux de l’antiracisme.

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @15h40   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Le début d’une réponse à ce qui est la question la plus douloureuse et la plus insurmontable au sujet de la guerre d’Irak -comment des fonctionnaires des Etats-Unis pouvaient à plusieurs reprises et uniformément prendre des décisions si peu judicieuses et si étonnamment stupides, commençant par leur manque de planification de « l’après-guerre » - peut être trouvé dans ce petit jeu de chambre dans le Bureau Ovale, et dans le fait qu’au moins deux-tiers de la caste dirigeante semblent complètement incapables de comprendre le manuscrit. Selon Woodward, Rice, qui était alors le fonctionnaire responsable de la coordination des bureaucraties de la Sécurité Nationale du gouvernement des Etats-Unis, a qualifié ce qui avait été dit de « discussion plutôt théorique, » parvenant d’une façon ou d’une autre à manquer le fait qu’elle et le Conseil de Sécurité Nationale qu’elle dirigeait a ce moment la avaient été occultés des prises de décision sur la guerre d’Irak -et occultés, en outre, en faveur d’un fonctionnaire, le secrétaire de la défense Rumsfeld, qui, si nous devons croire Woodward, n’a même pas pris la peine de renvoyer [au président] ses [ceux de Rice] appels téléphoniques.

    (..)

    Nous entendons encore l’explication patiente de Powell- lequel semble avoir eu pour vocation dans l’administration Bush de jouer le rôle de Cassandre, prédisant des prophéties sinistres destinées a être ignorées aussi sûrement qu’elles devaient s’avérer vraies-laissant Woodward penser avec certitude que « le Pentagone ne résoudrait pas les conflits parce que Wolfowitz et Feith favorisaient leurs propres petits jeux et avaient leur propre ordre du jour, celui de favoriser Chalabi. »

    Inhérentes à la guerre de l’imagination étaient certaines contradictions plutôt évidentes : Le rêve de Donald Rumsfeld d’une guerre de « démonstration modèle » devant conduire a une victoire rapide et accablante n’a pas prévu une occupation prolongée -au contraire, le secrétaire de la défense a nié, publiquement et férocément, toute notion que ses troupes devaient être employées pour « construire une nation. » La guerre de Rumsfeld a envisagé une victoire rapide et un départ rapide. Wolfowitz et les autres néoconservateurs du Pentagone, d’autre part, ont imaginé « une transformation démocratique, » une révolution sociale complète qui transformerait le parti Baasiste en un régime a fonctionnement démocratique -sans participation d’anciens responsables Baasistes.

    Comment résoudre cette contradiction ? La réponse, pour le Pentagone, semble s’être résumée à un mot : Chalabi. « Quand on en est venu a l’Irak, » écrit James Risen dans State of War, le Pentagone a cru qu’il possédait le Joker dont il avait besoin pour éviter la construction cahoteuse d’une nation- un gouvernement temporaire en exil, érigé autour de Chalabi, pourrait être établi puis apporté à Bagdad après l’invasion.

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @16h52   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Cette prétendue « opération clés en main » semble avoir apparu comme étant le parfait plan de compromis : Chalabi était Chiite, de même que la plupart des Irakiens, mais il était également un laique qui vivait en Occident depuis presque cinquante ans et était proche de plusieurs civils du Pentagone. Hélas, il y avait un problème : l’idéaliste confirmé de la Maison Blanche « était résolu a ce que les Etats-Unis ne se mêlent pas de la construction » de la démocratie irakienne naissante. Chalabi, a cause de toute son immense popularité auprès du Pentagone et auprès du bureau du vice-président, ne sera pas installé au poste de président de l’Irak.

    Bien que l’« engagement de Bush en faveur de la démocratie ait été louable, » comme Risen l’observe, son intervention maladroite « n’était pas vraiment la réponse adaptée à la question de la planification d’après-guerre. » Il continue :

    Une fois que Bush annula les plans du Pentagone, l’administration n’a développé aucune alternative acceptable…. Au lieu de cela, une fois que le Pentagone réalisa que le président n’allait pas les laisser installer Chalabi, la direction du Pentagone n’a pratiquement rien fait. Après Chalabi, il n’y avait aucun Plan B.

    Un fonctionnaire anonyme de la Maison Blanche a décrit à Risen les conséquences ubuesques pour le gouvernement de l’attachement du président à l’idée d’élections démocratiques en Irak :

    Ce qui explique en partie que la planification pour l’Irak de l’après-Saddam était si inexistante était que le Département d’Etat avait indiqué que si une invasion a lieu, un plan d’après-guerre devait être prévu. Et DOD [Department Of Defense] a dit, « non, il n’est pas besoin d’en avoir. On peut établir un gouvernement temporaire en exil autour de Chalabi. » DOD avait un plan stupide, mais il avait un plan. Mais si vous ne réalisez pas ce plan, et n’amenez pas le Pentagone à travailler avec le Département d’Etat pour développer autre chose, vous allez alors faire la guerre sans plan.

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @18h18   « »

    [ Ensuite, l’auteur de l’article, Mark Danner, plutot que de retenir la thèse de Bob Woodward (Denial of State) qui met en cause la « cassure » de l’appareil dirigeant (comprenant les plus importants membres du gouvernement englobés dans le Conseil de Sécurité Nationale) tel qu’il a été organisé depuis le National Security Act de 1947 et qui permet une liaison entre les bureaucraties et le Président, privilégie les analyses de Ron Suskind. Ce dernier précise que le Conseil de Sécurité Nationale n’a pas seulement un role d’intermédiaire, mais également de « surveillance des prérogatives et du pouvoir de l’Executif ».]

    « C’est précisément ce que le président n’a pas voulu, particulièrement après le 11 septembre ; profondément méfiant envers la bureaucratie, désireux d’actions rapides et décisives, impatient avec les bureaucrates et les intellectuels de la politique, le président a voulu agir. Suskind écrit :

    Pour George W. Bush, il y a eu une évolution concernant de tels sujets – Au début, un président pré-9/11, qui a eu peu de prise sur les affaires étrangères et a pris peu de décisions importantes dans ce domaine ; puis un président post-9/11, qui a relevé les défis étrangers de l’Amérique avec une rapidité de décision soutenue par une certitude auto-produite, basée sur la foi, née d’un sentiment de prédestination. Le processus politique, en fait, n’a jamais beaucoup changé. Les questions discutées, souvent férocement, au niveau des députés et des décisionnaires ont rarement atteint pleinement le bureau du président ; et, si cela arrivait, c’était souvent après que Bush ait déjà pris sa décision se fiant a ce qui a été si souvent cité comme étant son « instinct » ou ses « tripes. » »

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @19h32   « »

    (...)

    Sa vision du bien et du mal, et des actions justes- telles qu’attaquer le mal ou étendre « le cadeau de Dieu » de la démocratie- se sont éloignées du genre d’analyse traditionnelle et nuancée qui a été le lot de la plupart des présidents. Le quotidien de ce président commence par la lecture de la bible à l’aube, une séance d’entraînement, un déjeuner, et des briefings sur les menaces étrangères et internes…. L’analyse dure et complexe, dans ce modèle, se résume a peu de chose, passant par les filtres de Cheney ou de Rice, ou non ne passant pas du tout.

    … Ceci a accordé certains avantages sans pareil à Bush. Avec peu de personnes conviées aux décisions réelles, une confidentialité plus stricte a pu être préservée, réduisant les fuites. Des décisions rapides – préemptant une délibération détaillée ou l’ignorant -peuvent immédiatement passer à exécution, accélérant la vitesse d’exécution et soulignant les comment plutôt que les pourquoi plus complexes. Ce que Bush sait avant, ou pendant, une décision importante demeure en grande partie un mystère. Seul un minuscule groupe-Cheney,Rice, Card, Rove, Tenet, Rumsfeld- pourrait casser ce scellé.

    Si la considération sobre de l’histoire et des faits freine l’action audacieuse alors c’est l’histoire et les faits qui seront rejetés. Le risque de ne rien faire, c’est-à-dire, le risque du statu quo, a justifié l’action. Etant donné les faits sinistres sur le terrain -concernant la probabilité d’une future attaque terroriste à partir du Moyen-Orient « malin », l’impossibilité de protéger entièrement le pays contre cette attaque –il vaut mieux embrasser l’inconnu. C’est-à-dire qu’il vaut mieux agir dans le sens « de l’instabilité constructive » - une expression merveilleusement évocatrice, qui, comme Suskind l’écrit, était le terme employé par divers hauts fonctionnaires par rapport a l’Irak- un terme qui a ses racines dans les idées pré-9/11 de certains néoconservateurs concernant le besoin d’une position américaine nouvelle, musclée, illimitée ; et dont les conséquences se sont vite dessinées après que les attaques aient relégué facilement tout fait d’avant le 9/11 à l’histoire poussiéreuse.

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @20h23   « »

    [Nous arrivons maintenant a Bremer, arrivé en Irak en remplacement de Garner en poste depuis moins d’un mois. Une dé-baasification compléte de l’Irak est prévue par Bremer alors que jusque la il ne s’agissait que de renvoyer les hauts cadres du parti. De plus il est question de congédier les militaires Irakiens].

    « On peut argumenter sur la « De-Baasification profonde » de l’Irak. On peut argumenter également sur le démantèlement de l’armée irakienne. Il est difficile, néanmoins, d’argumenter que de telles étapes ne se soient pas tenues en contradiction dramatique et insoluble au plan du Pentagone de retirer toutes les troupes américaines, sauf 30.000, d’Irak en quelques mois. Sans l’armée irakienne, et tous les membres du parti Baath jetés hors des ministères et des agences du gouvernement, toutes les formidables forces de sécurité de Saddam sommairement saquées- et avec toutes ces forces transformées en ennemis assermentés de l’occupation Américaine -qui précisément allait maintenir l’ordre en Irak ? Et qui allait construire cette « nouvelle et fraîche armée » dont Bremer parlait ? »

  • permalien Ahmad :
    6 décembre 2006 @20h49   « »

    salam,il est notoire que certains et en particulier les plotiques et médias,voir chercheurs utilise d’attaquer l’islamisme pour attaquer l’islam,d’ailleurs pour l plupart il nous disent jamais ce qu’est l’islam a part ce qu’on apprend au collège et au mieux a la fac,je me souvient d’ailleurs avoir assister à un cours sur l’islam a la fac,la prof ne connaissait mème pas son sujet et était incapable de siter ces sources,c’est dire le serieux de ce qui est enseigner dans les université française en matière d’islam.on peut aussi retrouver ce manque de serieux chez la gauche,à par peut etre pour des gens comme Alain gresh,sinon c’est du domaine du sinistre et de la superficialité.Lorsqu’on voit ce que la gauche dit par exemple sur la palestine,il faut un état palestinien,mais c’est tout elle ne propose rien pas de méthode,juste une belle parole de principe.si la droite dans le monde est spécialiste de couvrir ces crimes par le maquillage des belles paroles(démocratienliberté,droits de l’homme)la gauche elle est spécialsite de ne jamais faire ce qu’elle dit,mème de faire le contraire,en d’autre terme championne de l’hypocrisie,on sait par exemple que c’est sous la gauche que s’est construit le plus grand nombre de colonies en palestine,c’est a ce demander si la différence que l’on fait en israel entre droite et gauche a un sens.je trouve d’ailleurs assez sidérant tout ces grands combattant contre e racisme,contre le pen,et qui soutiennent un état(israel) ou des ministres d’extrème droite siègent.Que dire aussi de ceux qui disent qu’un état se base sur la race(ce mots a t-il encore un sens)ou la religion et qui accepte la notion d’état juif.En terme de rationalité certains ont vraiment des questions a se poser,mais aussi en terme éthique,salam

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @21h02   « »

    Les implications politiques en Irak furent incalculables, en ce que la De-Baasification et la dissolution de l’armée ont toutes deux semblé aux Sunnites être des déclarations de guerre ouverte contre eux, convainquant beaucoup qu’ils seraient jugés non pas selon qu’ils avaient fait mais selon ce qu’ils étaient. Ceci a en soi miné tout espoir de créer la condition sine qua non d’une démocratie stable : une opposition loyale, c’est a dire une opposition qui croit assez en la neutralité du système pour qu’elle renonce à la violence. « Vous les Américains, vous savez, » ainsi que me l’a dit un jeune Sunnite en octobre 2003, alors que l’insurrection était déjà en pleine efflorescence, « que vous avez créé vos ennemis ici. »

    Après presque quatre ans de guerre en Irak au moment où nous entrons dans la Période des solutions proposées, les conséquences de ces premières décisions définissent le paysage sanglant. En écartant et en humiliant les soldats et les dirigeants de l’armée irakienne nos chefs, en effet, ont fait beaucoup pour favoriser l’insurrection. En assurant bien trop peu de troupes pour sécuriser les énormes dépôts d’armes de Saddam ils l’ont armée. En apportant un trop petit nombre de troupes pour assurer l’ordre ils ont favorisé l’énorme violence et la désintégration sociale qui ont fourni a l’insurrection un sol si fertile. En purgeant gaiement des dizaines de milliers de personnes de l’élite Baasiste du pays, quelque soient leurs responsabilités, et par l’établissement musclé et inepte de l’occupation américaine sans « visage irakien, » ils ont créé un ressentiment croissant parmi les Irakiens qui ont stimulé l’insurrection et ont encouragé les gens à l’abriter. Et en fournissant trop peu de troupes pour sécuriser les frontières d’Irak ils l’ont aidé a se renforcer d’un nombre sans fin d’extrémistes islamiques sunnites des états voisins. C’était avant tout la stratégie des Islamistes étrangers de favoriser leur cause de jihadistes en provoquant une guerre civile sectaire en Irak ; en n’empêchant pas leurs attaques et en ne protègeant pas les Chiites qui sont devenu leurs cibles, les chefs Américains leur ont permis de réussir.

  • permalien Sophia :
    6 décembre 2006 @21h28   « »

    Monsieur Gresh,

    Vous avez permis la traduction de documents et textes dans les commentaires mais il me semble que K abuse de ce dernier moyen pour noyer la section des commentaires. Il est absolument nécessaire de modérer votre blog car certains essaient de noyer le message. J’ai eu affaire à ces individus moi-même sur mon blog et j’ai dû procéder à une modération des commentaires. Ils sont nombreux sur la blogosphère et il me semble qu’ils n’ont rien d’autre à faire ou alors ils sont payés pour cela...

    http://lespolitiques.blogspot.com

  • permalien Pierre :
    6 décembre 2006 @21h56   « »

    Rassurez-vous Sophia le message reste très clair.

    Avez-vous pensez à lire les traduction de K ? elles sont souvent pertinentes, mais peut-être que le temps que vous passez à modérer votre blog : http://lespolitiques.blogspot.com, ne vous permet pas de le perdre à autre chose.

    Amicalement.

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @22h05   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Aux Américains maintenant, l’heure semble très tardive en Irak. Lassés profondément d’une guerre qui a précocement perdu sa raison d’être, la plupart des Américains ne veulent rien davantage qu’un moyen d’en sortir. Le président et ses conseillers, même dans les semaines avant les élections, avaient commencé à redéfinir l’idée de la victoire, revoyant nettement à la baisse les buts qui ont été présentés dans la directive présidentielle de sécurité nationale d’août 2002. Ainsi le vice-président Cheney, interrogé la semaine précédent les élections sur une « stratégie de sortie » d’Irak, a avoué que « nous ne recherchons pas une stratégie de sortie. Nous recherchons la victoire » mais a continué pour offrir une définition plutôt modeste :

    La victoire viendra le jour où les Irakiens résoudront leurs problèmes politiques et respecteront leur propre gouvernement, et quand ils seront capables d’assurer leur propre sécurité.

    C’était avant que les Américains se soient présentés aux scrutins et aient massivement condamné les politique Irakiennes de l’administration -avec comme résultat que, comme un comédien l’a dit, « dans la nuit de mardi, dans un tournant ironique, l’Irak a apporté un changement de régime aux Etats-Unis. ». Le jour qui a suivi les élections, le président, dépouillé de sa majorité dans le Congrès, est venu présenter une définition encore plus modeste : La victoire signifierait produire en Irak « un gouvernement qui peut se défendre, se gouverner et se soutenir. »

    En fait, même ces modestes mots semblent ambitieux, et peut-être irréalistes. Pendant que j’écris, l’opération Operation Together Forward, l’effort commun mené par les américains et les forces irakiennes pour sécuriser la ville de Bagdad, a échoué. Le commandant américain dans la capitale, confronté à une augmentation de 26 pour cent des attaques pendant l’opération, a déclaré les résultats « décevants, » une franchise publique qui aurait paru inconcevable de la part d’un haut dirigeant des USA il y a un an.

  • permalien Alain Gresh :
    6 décembre 2006 @22h23   « »

    PROPOSITION. Un certain nombre d’entre vous traduisent des textes, parfois très longs, pour les mettre à la disposition de tous. Je les en remercie. Mais pour permettre aux forums de rester concentrés sur des thèmes précis et aussi pour donner plus de visibilité aux traductions longues, je propose qu’elles me soient envoyées directement et que je les mette sur le blog dans un envoi spécial.

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @22h24   « »

    Salut Sophia

    Mon but, je puis vous l’assurer, n’est pas de « noyer la section des commentaires. ». J’avais proposé précédemment de créer un encart a part pour les traductions, justement pour ne pas encombrer les sections. Voir Forum 2002.

    Par ailleurs, je gagne suffisamment bien ma vie pour ne pas me préter a un gagne-pain aussi stupide. Enfin, le sabotage d’un Blog qui va plutot dans le sens de mes idées me parait une accusation étrange...

    Je comprends que vous ayez pu faire l’objet de plusieurs tentatives de sabotage de votre blog (dont je suis un admirateur soit dit en passant), mais ne versez quand meme pas dans la paranoia.

    Merci a Pierre d’avoir pris ma défense avec son tact habituel.

    PS : ces traductions m’épuisent...

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @22h25   « »

    Avec plaisir Monsieur Gresh. Ou dois je vous les envoyer ?

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @22h57   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite)

    Je termine quand meme cette traduction :

    « L’opération Operation Together Forward avait pour but non seulement de démontrer que les Irakiens pouvaient maintenant « se défendre, » comme le président l’a dit, mais de permettre que le « gouvernement d’unité prenne les décisions difficiles nécessaires a l’unification du pays. » L’opération a été prévue pour émousser la puissance des insurgés sunnites et pour dégager ainsi la voie pour que le premier ministre Nuri Al-Maliki prête son appui au désarmement et à l’élimination des milices Chiites qui sont responsables d’une grande partie des massacres des escadrons de la mort à Bagdad. Malheureusement, les milices-en particulier, l’armée du Mahdi et le Organisation Badr -demeurent une partie essentielle de l’infrastructure politique du gouvernement d’unité. Ce fait politique incommode mais fondamental rend une grande partie de la rhétorique de l’administration Bush au sujet de sa stratégie actuelle en Irak presque absurde. La contradiction évidente entre la politique et la réalité, et les réactions de colère d’Al-Maliki aux efforts des militaires US de maitrise des milices par le lancement d’incursions dans la ville de Sadr, ont remué les rumeurs, à Bagdad et à Washington, d’un coup d’état après les élections pour remplacer Maliki par un « gouvernement de salut national. » Il est difficile de savoir ce qu’un tel gouvernement, qu’il soit mené par Ayad Allawi, un favori de longue date de Washington qui a été brièvement premier ministre par intérim (et qui rejeté la possibilité d’accéder au pouvoir par un coup d’état), ou un autre « homme fort, » pourrait accomplir, ou si les bénéfices dans le domaine de la sécurité pourraient être supérieurs aux coûts politiques du renversement d’un gouvernement qui, même s’il est inefficace, a été élu par les Irakiens. L’établissement de ce gouvernement se présente même comme une des rares (même ambiguë) réalisations restant du programme de départ dévolu a l’Irak. »

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @23h04   « »
    Traduction (partielle) de "Iraq : The War of the Imagination" (suite et Fin)

    (....)

    « Si nous sommes en effet dans le troisiéme acte-comme j’en rendrai compte dans un futur article-alors il se peut fort bien que cet acte final s’avère très long et très douloureux. Vous pouvez ou ne pouvez pas savoir où vous commencez. Vous ne savez jamais où vous allez finir. »

  • permalien K :
    6 décembre 2006 @23h59   « »

    Il y a un point intéressant qui avait été abordé par Mouna Naim, journaliste au Monde, il y a quelques années concernant l’Iran : Peut-on voir une république islamique se démocratiser ?

    Dans la mesure ou l’Iran, seule république islamique contemporaine, n’a jamais été complètement maitre de son destin (obstacles Américains obligent) c’est une question qui demeure sans réponse a l’heure actuelle. Mais peut-il exister une véritable démocratie s’il est sous-entendu que la république ne peut etre qu’islamique ?

  • permalien Orangerouge :
    7 décembre 2006 @00h06   « »
    Pourquoi ce titre qui fait propagande ?

    Ce titre "La peur de l’islam" : On dirait une ouverture de journal télévisé alarmiste !

    Je ne crois pas du tout que la peur de l’islam soit forte en France, les gens connaissent des musulmans dans leur voisinage. Les valeurs des musulmans sont proches des valeurs traditionnelles catholiques (charité, règles de vie etc...)(qu’on ne me sorte pas, à moi une femme, la situation des femmes, car sur ce chapitre la plus part des hommes catholiques de mon temps n’avaient rien à envier, sur ce thème, aux musulmans français aujourd’hui).

    On craint les terroristes fanatiques, mais la majorité des gens savent faire la différence.

    Moi ce qui me terrorise ce sont les islamophobes. La propagande islamophobe je lui vois plusieurs origines : l’extrème droite, les néocons américains et les sionistes.

    Volodia nous a fait la démonstration, ici même, d’une islamophobie vraiment très pénible.

    Et sur beaucoup de site l’islamophobie est tolérée, alors que l’ombre d’une ombre de critique de la communauté juive est très vite censurée.

    Voir en ligne : Vous avez dit peur de l’islam ?

  • permalien Orangerouge :
    7 décembre 2006 @00h11   « »
    à K

    En Asie des pays musulmans évoluent très favorablement vers la démocratie.

    Il n’y a ni culture ni religion rétives à la démocratie.

    Savoir se protéger politiquement et économiquement de l’exploitation par les américains, parvenir à avoir un développement économique et une répartition des richesses qui permettent l’émergence d’une classe moyenne, cela semble parmi les conditions.

  • permalien K :
    7 décembre 2006 @00h45   « »

    Bonjour Orangerouge

    Il y a malentendu. Il est certain « qu’il n’y a ni culture ni religion rétives à la démocratie. »

    En fait les pays que tu évoques sont musulmans mais ne sont pas des Républiques Islamiques comme l’Iran ou des Royaumes Islamiques comme l’Arabie saoudite (qui elle est non-démocratique parce que le pouvoir est entre les mains d’une dynastie) où, a priori, un laique, et a fortiori un athé ne peuvent accéder au pouvoir.

    Amicalement

  • permalien Sophia :
    7 décembre 2006 @00h54   « »

    Merci K. et Pierre de vos réponses. Je ne verse absolument pas dans la paranoia et j’avoue que je n’ai pas fait la lecture entière des traductions de K car il est très difficile de lire des textes coupés comme celui qui est dans cette section. Je réagissais juste à la forme des interventions de K.

    http://lespolitiques.blogspot.com

  • permalien Pierre :
    7 décembre 2006 @10h33   « »

    Orangerouge :

    Ce titre "La peur de l’islam" : On dirait une ouverture de journal télévisé alarmiste !

    Je ne crois pas du tout que la peur de l’islam soit forte en France, les gens connaissent des musulmans dans leur voisinage.

    Vous faites allusion je suppose au journal télévisé français, et au djerbien ouvert tard le soir Orangerouge ? (bien que le djerbien a toute les chances d’être juif)

    L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit !

  • permalien Orangerouge :
    7 décembre 2006 @12h05   « »
    La peur de l’islamophobie

    Je fais allusion aux journeaux télévisés français oui.

    Mais je ne comprends pas votre allusion au djerbien... ?

  • permalien Pierre :
    7 décembre 2006 @12h34   « »

    C’est bien ça qui pose problème Orangerouge.

    Savez vous que 80% du territoire français ignore ce qu’est un musulman (si on excepte leurs passages rapides pour aller aux fronts pendant le Grande et la Drôle). (Ce n’est pas "on a tous")

    Savez-vous que 9% des français de confession musulmane ont tous dans leur voisinage des protestants des juifs et des catholiques et autres athées tout aussi français qu’eux ?

    Quant au djerbien c’est une blague tunisienne qui en fait le synonyme d’épicier, et dans les villes françaises (hors les lieux de ban) les épiciers sont souvent l’emblème du "musulman dans le voisinage". (Ce qui est drôle c’est qu’a Djerba, il y a une importante communauté juive)

    (Je sais, c’est un peu lourd)

    Relisez-vous et interrogez-vous sur la lepénisation des esprits.

    Amicalement.

  • permalien Abdeloum :
    7 décembre 2006 @13h06   « »

    Oui !! il faut le dire haut et fort, la grande majorité des français n’est pas raciste et encore moins sioniste. Oui, il y’a en France un nombre de personalité rallié directement ou indirectement à la cause sioniste qui pourri la vie des français. Des hommes comme Bhl, Adler, El Kabach, Sarkosy, Gluksman, Lelouche, Val, Fienkelkraut... travaillent dure pour maintenir et attiser cette peur de l’islam.

    Le Message (en arabe الرسالة, en anglais Mohammad, Messenger of God, 1976), un film magnifique dirigé par Moustapha Akkad décrivant la vie du prophète de l’islam, Mahomet n’a jamais été diffusé sur une chaîne française. Pourquoi ? alors que nous connaissons par coeur les films sur Jesus ou Moîse .

    Creer et maintenir cette peur est le travail d’un grand nombre de personnes politiques et médiatiques, ... qui sont payés avec l’argent du contribuable français.

  • permalien Jean :
    7 décembre 2006 @13h41   « »

    Pas un journal télévisé ni un journal radio sans au moins un petit sujet ayant un rapport - toujours défavorable - avec l’islam, l’islamisme, les musulmans, ou tout simplement "les jeunes" (étant bien entendu dans le contexte qu’il s’agit de jeunes basanés).

    Cela ne vous rappelle rien ? 2002 et la propagande massive sur l’insécurité ?

    Il semble que la formule ait été validée et soit réutilisée tout aussi massivement pour pointer l’islam. De la même façon, certaines émissions à grande écoute comme "Envoyé Spécial" par exemple, pratiquent ceci avec une régularité métronomique. Bien entendu, tout cela est fait de façon ""soft"" (je double les guillemets), de façon plutôt insidieuse et à large spectre, pour ne pas prêter le flanc à d’éventuelles mesures pénales, ou tout simplement à une réaction de l’opinion sur des propos trop outranciers.

    C’est une sorte de lavage de cerveau à l’usure. L’inculcation lente de réflexes subconscients sur des amalgames négatifs avec l’islam.

    Par qui ? J’avoue ne pas toujours bien cerner l’intérêt des rédactions nombreuses et diverses dans cet exercice, ni même leur inquiétante unanimité. Question déjà posée sur ce blog : qui pourrait lever le voile sur le mode d’organisation des officines de propagande sioniste et leur emprise sur les médias nationaux ? Je ne serais pas surpris d’y voir une des sources, importante, de ce concert médiatique. Ma question n’a rien à voir avec une quelconque théorie du complot. Il est tout à fait clair que des groupes de pression existent, et par exemple leur influence sur le champ politique, principalement sur les grandes tendances, n’est plus à démontrer. J’aimerais par contre comprendre un peu mieux leur efficacité sur la teneur du discours "à long terme" des médias.

    A Sophia et K : les articles de K sont sourcés, pertinents, et très complets. Leur traduction paraît très bien faite. Bien sûr leur lecture sur le mode "blog" n’est pas des plus confortables, mais il serait très dommageable de les voir disparaître. Il n’est interdit à personne de faire un peu de copier/coller pour reconstituer un texte sur un support propre... Honnêtement j’aime beaucoup moins lire les provocateurs assermentés, qui semblent aussi très assidus.

    Cordialement

  • permalien Orangerouge :
    7 décembre 2006 @15h50   « »
    à Pierre

    Je ne comprends décidément rien à votre post Pierre, plein de sous-entendus étranges... ! Oui...j’ai dit "les gens" en parlant des français non musulmans... mais j’ai du mal à voir où mon message pose vraiment un grave problème... !

    Ce que je veux souligner c’est que les préjugés et la propagande islamophobes me paraissent effectivement venir des catégories en position de pouvoir : les médias, les politiques, le pouvoir économique...

  • permalien Pierre :
    8 décembre 2006 @08h47   « »

    "Demander des oranges aux pommiers est une maladie commune."

    Gustave Flaubert Extrait d’une lettre à Louise Colet - 24 Avril 1852Vv

  • permalien Orangerouge :
    8 décembre 2006 @10h05   « »
    Soupçon !

    Bonjour Pierre qui instruit mon procès en racisme mais à mots couverts... Aussi j’ai été un peu longue à comprendre !

    La religion catholique est dominante en France et nous imprègne tous, agnostiques, juifs, protestants, etc...

    Il y a des années je n’avais aucune idée de ce qu’était l’islam (je n’ai pas une passion pour les religions). Quand des croyants m’ont expliqué quelques éléments, ce qui m’a frappé c’est que j’y retrouvais des éléments importants communs avec "les valeurs" (considérées comme valeurs pour le croyant) du catholicisme.

    Certains ici veulent mettre une appartenance communautaire sous chaque pseudo... Ce penchant m’est assez étranger, et je n’y adhère pas.

    Sous le soupçon je précise : par caractère je ne me sens pas proche des croyants en général, quelque soit leur religion, ni proche de ceux pour qui la communauté culturelle-religieuse des semblables est très nécessaire. Je pourrais être intolérante sur ce thème, mais je me raisonne car manifestement beaucoup de personnes sont ainsi, il faut bien l’accepter.

    Le conflit communautaire du Moyen Orient m’apparaît d’une violence monstrueuse et très profondément injuste. Oui j’y vois une puissance terrible d’un côté et une population acculée de l’autre. Et c’est proche, à quelques heures d’ici. Le conflit communautaire qu’on nous concocte aussi ici me fait peur.

    Je cherche à comprendre comment ça fonctionne dans les têtes, je pose donc parfois des questions qui manifestement créent la gène : certains de mes posts ont été censurés, preuve qu’ils choquaient. Pourtant je récuse ce procès en racisme qui m’est fait à mots couverts.

    Pourquoi ne pas exprimer franchement ce qui pose problème, au lieu d’en rester ainsi à l’allusion ou bien à la censure ?

  • permalien Pierre :
    8 décembre 2006 @11h42   « »

    Orangerouge, loin de moi l’idée d’instruire un quelconque procès, j’essayais simplement d’attirer votre attention sur votre formulation qui pouvait prêter à confusion.

    Je sais que vous êtes de bonne fois, et c’est pour cela que j’ai essayé de ne pas vous heurter.

    Pour vous mettre à l’aise, je fait partie des racistes, mais je me soigne. Les antiracistes auto proclamés devaient eux aussi peut-être se soigner.

    La réalité comme je vous l’ai montré dans mes précédents posts, c’est que l’islam dans sa pluralité est totalement marginalisés par l’économie les média et la politique, et rejetée dans les banlieues.

    On ne peut pas tous les jours se trouver face à L. F. Céline, Hanna Arendt à montrer que le danger est dans la "banalité du mal".

    Dire que somme toute en France les choses ne se passent pas si mal est contraire à la réalité.

    Amicalement.

  • permalien K :
    8 décembre 2006 @17h52   « »
    Comment Israël en est arrivé là ?

    Société israélienne : un consensus nationaliste par Sylviane de Wangen.

    — Comment expliquer un tel consensus ?

    - En premier lieu, la peur.

    « Habitués à l’usage unilatéral de la violence, les citoyens de l’Etat d’Israël sont, ces jours-ci, totalement désorientés et, comme d’habitude, ont un fort sentiment d’être des victimes, victimes de la haine en tant que Juifs », écrit Michel Warschawsky

    ...Qu’en attaquant sans pitié les peuples dont ces combattants (islamistes) sont issus, ils sont dans une « guerre juste », le bras armé d’une croisade du bien contre le mal.

    Ce sentiment de légitimité de la violence utilisée a été conforté par l’attitude de la communauté internationale

    - Le rôle des médias dans la formation du consensus

    ...l’écrasante machine de propagande de l’armée. Celle-ci a envahi les grands médias audiovisuels et même la presse écrite.

    - La faillite des intellectuels du « camp de la paix » ?

    Malheureusement, la majorité d’entre eux ont soutenu la guerre avec enthousiasme. Dès le début et presque jusqu’à la fin, nombre d’écrivains internationalement connus comme Amos Oz, A.B. Yehoshua et même David Grossman ou Yoram Kaniuk ont justifié la guerre et ont écrit des communiqués de soutien. Pourquoi cet unisson [des intellectuels du « camp de la paix » ] ? : « Cette partie, large, du « camp de la paix » appartient à la majorité sioniste d’Israël. Globalement elle soutient aussi l’actuelle politique mondiale américaine et ses initiatives.

    « (...) Depuis le début du mouvement travailliste juif dans le pays, la gauche a souffert d’une contradiction interne : elle était à la fois socialiste et nationaliste. De ces deux composantes, le nationalisme était de loin la plus importante. » (Uri Avnery)

  • permalien K :
    8 décembre 2006 @17h55   « »
    Comment Israël en est arrivé là ?

    Société israélienne : un consensus nationaliste

    « Aujourd’hui un vif débat traverse Israël que Sylvain Cypel résume ainsi [Sylvain Cypel, « L’impuissance de la puissance », Le Monde, 20-21 août 2006.] : « Deux tendances se dégagent des vigoureux débats qui s’engagent. La première vise à remédier aux principales incuries “logistiques”. Si Israël n’a pas gagné, c’est qu’il était mal préparé et s’y est mal pris. La seconde remet en cause la logique même de la force comme réponse spontanée à toute situation conflictuelle avec ses voisins. Selon que l’on adopte l’une ou l’autre des deux attitudes, les leçons à tirer sont diamétralement opposées. » Les premiers sont, souligne l’auteur, très majoritaires. La société israélienne, en faisant le choix de la force, se met elle-même en danger. Elle crée les conditions d’une violence accrue contre elle et en son sein. La société internationale peut l’aider à ouvrir les yeux en obligeant, y compris par des sanctions, son gouvernement à choisir la voie du droit à la place de celle de la force. Pour cela les forces qui s’opposent à la logique du conflit des civilisations doivent arriver à faire de cette région, non le centre de gravité de ce prétendu « conflit » mais celui, pour lequel elle est particulièrement bien placée, du dialogue des civilisations. »

  • permalien Pierre :
    8 décembre 2006 @18h28   « »
    Comment Israël en est arrivé là ?
  • permalien K :
    8 décembre 2006 @21h49   « »
    Analyse du rapport de l’Iraq Study Group par PATRICK COCKBURN

    Les mots prudents du rapport Baker-Hamilton contrastent énormément avec la sauvagerie et la terreur qui dominent la vie quotidienne à Bagdad. Plusieurs des terribles désastres décrits dans ce rapport comme étant potentiels se produisent en fait déjà. Il [ce rapport] déclare qu’il y a un risque « de glissement vers le chaos », mais avec presque 4.000 Irakiens tués par mois, le chaos est déjà la.

    « Le nettoyage ethnique pourrait s’accélérer, » avertit le rapport. Mais, en réalité, il n’est pas besoin que l’Irak se fragmente en trois patries hostiles Sunnite, Chiite et Kurde. Bagdad et l’Irak central se sont déja morcelées en banlieues noires fortement armées et hostiles de Sunnites et de Chiites.

    Le rapport indique : « Les Etats-Unis devraient travailler étroitement avec les leaders d’Irak pour soutenir l’accomplissement d’objectifs spécifiques—ou d’étapes importantes—sur la réconciliation nationale, la sécurité et la gouvernance . » Le problème ici est que l’Irak comme entité politique s’est déja émietté. Des établissements censément nationaux tels que la police, l’armée et les ministères du gouvernement ont été répartis selon des critères confesionnelles.

    Ces trois communautés ne vont pas se réunir de nouveau et peuvent seulement être réconciliées par des accords spécifiques définissant le pouvoir de chacun..

    l’Irak demeure si divisée que n’importe quel supposé progrès sur la sécurité nationale demeurera une illusion. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne forment et équipent l’armée et la police. Mais le problème réel des forces irakiennes de sécurité est que ses unités n’agiront pas contre leurs propres communautés.

    Le rapport prévoit la commande irakienne de son armée en avril prochain, la prise en charge des provinces en septembre et le controle par les irakiens de la sécurité en décembre prochain. Cela semble raisonnable mais ne répond pas à la question de savoir quels Irakiens seront aux commandes.

    A suivre

    Voir en ligne : The Iraq Study Group’s Cautious Appraisal

  • permalien K :
    8 décembre 2006 @21h52   « »
    Analyse du rapport de l’Iraq Study Group par PATRICK COCKBURN (suite et fin)

    Le rapport indique qu’il est incertain « s’ils [les irakiens] mèneront à bien les missions au nom de buts nationaux au lieu d’un ordre du jour sectaire ». Cela parait innocent mais cela contredit implicitement l’incantation souvent-répétée de Tony Blair qui veut que la mission Américaine et britannique a pour but de créer les forces irakiennes de sécurité.

    Des mythes systématiquement promulgués par les porte-parole civils et militaires des Etats-Unis lors de milliers de conférences de presse à Bagdad et à Washington sont tranquillement discrédités par M. Baker et son groupe. À plusieurs reprises, ces portes-parole ont souligné le rôle des combattants étrangers dans la guerre en Irak mais le rapport cite des fonctionnaires militaires des Etats-Unis disant qu’Al-Qa’ida est responsable seulement d’une petite partie de la violence en Irak. Ils indiquent qu’il y a seulement 1.300 combattants étrangers dans le pays. Ils notent que l’armée du Mehdi de l’ecclésiastique nationaliste Muqtada Al-Sadr réunit au moins 60.000 hommes.

    Il existe encore une autre tache aveugle dans le rapport. Les Etats-Unis sont en partie responsable de la faiblesse du gouvernement irakien. Ils n’ont jamais voulu une administration irakienne dominée par les partis Chiites ayant possiblement des sympathies avec le régime de Téhéran. Une telle issue était un cauchemar politique pour Washington. Les Etats-Unis ont aidé à créer un système politique dans lequel chaque communauté peut paralyser une action unie. Ils ont également essayé de scinder l’alliance Chiite qui a gagné la plupart des voix dans les deux élections en 2005.

    En termes de politique interne irakienne , l’aspect le plus positif du rapport est qu’il expose au grand jour l’inanité des déclarations de la Maison Blanche et de Downing Street sur le fait que la victoire en Irak est encore faisable et qu’elle n’est qu’une question de temps.

    Voir en ligne : The Iraq Study Group’s Cautious Appraisal

  • permalien K :
    9 décembre 2006 @21h42   « »

    Nietzsche (Par-delà le bien et le mal) : « ...et il [l’homme] accepte tout ce que lui crie à l’oreille n’importe quelle voix ayant autorité - parents, maîtres, lois, préjugés sociaux, opinion publique. Le fait étrange que l’évolution humaine soit si limitée, si hésitante, si lente, souvent si régressive et si piétinante, tient à ce que l’instinct grégaire de l’obéissance est celui qui s’hérite le plus aisément... »

  • permalien K :
    9 décembre 2006 @21h52   « »

    « Ce qu’on peut dire c’est qu’un instinct grégaire est revenu soulever l’Empire américain. Il se veut plus que jamais représentant du monde libre, il se veut le héros blessé (blessure qu’on lui reconnaît et à laquelle on compatit) mais qui omet d’assumer le fait que sa politique ne fut toujours qu’un moyen au service de sa Bourse et de ses sociétés, comme sources d’enrichissement à son seul profit, avec le mépris affiché pour ceux qui ne participent pas au festin de la "pastorale américaine". »

    Voir en ligne : UN MONDE QUI S’EFFONDRE

  • permalien
    10 décembre 2006 @21h29   « »
    Le non dit contre l’islam en Europe.
  • permalien
    11 décembre 2006 @07h55   « »
    Comment Israël en est arrivé là ?
  • permalien
    11 décembre 2006 @15h02   « »

    Pierre Bourdieu parle de l’Islam et de l’intellectuel collectif. Interview par Franz Schultheis et Anna Schosser, Frankfurter Rundschau, 21 novembre 2001. [Version originale allemande] [traduction française par Marie Meert, pour Les Pages Bourdieu]

    FR : Il y a quelques semaines paraissait en allemand un autre volume de vos interventions intellectuelles (Contre-feux 2). En quoi consiste la mission de l’intellectuel dans des situations comme la crise actuelle ?

    Pierre Bourdieu : J’ai commencé à faire de la sociologie lorsque j’ai été appelé au service militaire en Algérie, pour des raisons que l’on peut qualifier de politiques. Je voulais essayer de mettre à la disposition des Français les moyens de se faire une idée réaliste de la situation là-bas. Je me suis rendu compte à ce moment que les choses qui sont discutées dans le domaine de la politique ne peuvent pas être seulement l’objet de prises de position personnelles. La tâche ne consiste pas simplement à exprimer des opinions, aussi nobles et progressistes soient-elles, mais à fournir le tableau le plus authentique possible de la réalité – et ce faisant, des raisons d’agir. J’ai donc entamé un travail scientifique qui n’est pas un but en soi, mais veut combler un vide politique, ou plutôt, un vide de la pédagogie politique. Mais c’est tout à fait autre chose qu’élaborer un programme politique agrémenté de légitimations scientifiques.

    Dans ce contexte, je revendique depuis longtemps déjà l’établissement de « l’intellectuel collectif », soit une organisation réunissant des spécialistes, économistes, sociologues, ethnologues et historiens qui sont décidés à mettre leurs compétences réunies à la disposition des citoyens pour leur fournir des instruments scientifiques leur permettant de comprendre dans leur complexité les problèmes de l’actualité, que ce soit en Afghanistan, en Israël ou en Irak.

    FR : Pour en venir aux problèmes actuels, voyez-vous dans le fondamentalisme religieux une forme de résistance à la mondialisation ?

    PB : Le fondamentalisme islamique est une réaction extrême mais compréhensible à la situation des états et des peuples arabes et islamiques. La logique qui régit aujourd’hui les univers économiques et politiques, celle du double standard, « deux poids, deux mesures », contribue à ce développement. Je pense que toute personne qui participe d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, à la vie arabe ou à l’Islam, expérimente chaque jour des atteintes ou des humiliations, en actes, en décisions politiques ou en paroles. Et si le problème israélo-palestinien se trouve au cœur de cette expérience d’injustice scandaleuse, c’est parce que cette logique y est représentée, en dépit de tous les semblants de solutions, sous une forme concentrée et condensée.

  • permalien
    11 décembre 2006 @15h05   « »

    Pierre Bourdieu parle de l’Islam et de l’intellectuel collectif. Interview par Franz Schultheis et Anna Schosser, Frankfurter Rundschau, 21 novembre 2001. [Version originale allemande] [traduction française par Marie Meert, pour Les Pages Bourdieu]

    FR : Que peut-on faire face à cela – et quelle est la tâche de l’intellectuel dans cette situation ?

    PB : Les intellectuels algériens, syriens, égyptiens, iraniens et libanais n’ont cessé de faire appel au soutien des nations dites démocratiques et de leurs intellectuels. Ils ont vu que le combat qu’ils menaient dans leur propre pays contre les partisans de l’abrutissement des masses était condamné à l’échec, dans la mesure où se poursuivait la politique du double standard – accompagnée de l’indifférence des intellectuels occidentaux qui favorisent ce développement, en ne faisant rien ou presque rien pour le combattre.

    FR : Comment expliquez-vous la croissance du fondamentalisme ?

    PB : Si la résistance à l’impérialisme économique et culturel des pays occidentaux et en particulier des USA a pris la forme d’un fondamentalisme religieux, c’est peut-être parce que les pays touchés par cet impérialisme ne disposent d’aucune autre ressource culturelle mobilisable et mobilisatrice. On peut déplorer – et beaucoup d’arabes et de musulmans le font – que la résistance contre l’hégémonie et l’impérialisme n’ait pas trouvé d’autre moyen d’expression que celui qu’offre la tradition religieuse, souvent dans sa formule sévère et archaïque. Mais il ne faut pas oublier par ailleurs que les structures économiques et sociales qu’a contribué à produire la domination coloniale et néocoloniale, n’ont pas favorisé la modernisation du message religieux et que les pays occidentaux et leurs services secrets ont travaillé sans relâche à étouffer dans l’œuf tous les mouvements politiques et culturels progressistes – et qu’ils continuent à le faire aujourd’hui. Le drame des damnés de la terre, des Latino-américains, des Africains ou des Asiatiques, est une ironie tragique de l’histoire. Pour défendre leur cause aujourd’hui, il ne peuvent plus s’appuyer que sur les individus et les peuples qui, sur base de leur conservatisme – pas seulement religieux – ont été instrumentalisés par les dominants pour combattre ceux qui ont monopolisé naguère la défense des inté