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Liban, Iran, Syrie... et les risques de guerre ; la situation des femmes dans le monde arabe

jeudi 7 décembre 2006, par Alain Gresh

Traductions. Certains d’entre vous traduisent de très longs textes et je les en remercie. Mais pour que leur travail ne se perde pas au milieu d’autres envois qui parfois n’ont rien à voir, je vous propose de les faire parvenir directement au Monde diplomatique et je les mettrai en ligne (avec, si celui-ci le souhaite, le nom du traducteur). Pour cela, j’ai besoin que vous laissiez une adresse où l’on peut prendre contact avec vous.

Le « bien » contre le « mal » au Liban.

Dans le quotidien Al-Akhbar, proche de l’opposition, Joseph Samaha, le rédacteur en chef, s’interroge dans son éditorial du 6 décembre sur la signification d’une déclaration de Walid Joumblatt, le chef druze, qui affirme que les forces de la lumière affrontent celles des ténèbres au Liban. Joumblatt affirme : « Nous croyons dans l’émergence d’un Liban démocratique et éclairé qui coopère avec l’axe de la modération arabe contre l’axe de "l’iranisation" et des dictatures. »

« Pour respecter le droit d’auteur, écrit Samaha, il est de notre devoir de dire que la phrase précédente n’a pas été inventée par le dirigeant progouvernemental qui l’a prononcée. Il l’a prise dans le lexique de ceux qui théorisent la campagne néocoloniale dans la région, campagne qui converge avec la poussée expansionniste sioniste. Chaque personne de l’actuelle administration américaine à Washington a dit quelque chose d’équivalent. Chaque néo-conservateur a joué avec cette idée. »

Après avoir remarqué que cette déclaration de Joumblatt tend à imposer la vision de confrontation régionale véhiculée par Washington sur le débat libanais, Samaha affirme que cela s’éloigne de la tradition politique libanaise fondée sur les compromis. « Les autorités libanaises sont aujourd’hui une force centrifuge. L’opposition demande sa participation au gouvernement. Les autorités disent qu’elles préfèrent la destruction et la paralysie. »

L’axe de la modération auquel se réfère Joumblatt suscite d’autres remarques. D’abord, il est constitué par des régimes (saoudien, jordanien, égyptien) qui sont des dictatures. D’autre part, si on évoque la « modération libanaise », Samaha rappelle que des forces qui soutiennent le gouvernement n’hésitent pas à utiliser un langage confessionnel, notamment au sein de l’institution sunnite, et décrivent le conflit actuel comme un conflit confessionnel dans lequel le Hezbollah les empêcherait de lancer l’assaut final contre l’« entité sioniste ». « Oui, il y a une dimension hybride au cœur même des forces qui soutiennent le gouvernement, un discours qui condamne ceux qui ont combattu avec succès Israël, mais qui affirment qu’ils ne veulent pas seulement libérer les fermes de Chebaa, mais aussi l’ensemble de la Palestine. Ce discours est encore plus contradictoire quand on voit la pratique de ses tenants. S’il n’y a aucun doute que la tendance de la plus importante fraction au pouvoir est proche du système officiel arabe et de l’axe de la modération » (qui inclut aussi Mahmoud Abbas), il emprunte en même temps à la terminologie d’Abou Moussab Al-Zarqawi (le dirigeant d’Al-Qaida en Irak, qui a été tué).

Sur le sujet du Liban, je signale l’article de Pierre Prier dans Le Figaro du 4 décembre, « Les Libanais vont-ils à nouveau faire les frais d’un éventuel accord syro-libanais », que je ne trouve pas sur le site du quotidien. Il a le mérite d’écrire que les enjeux internationaux pesants « masquent une réalité libanaise complexe, où ce sont les acteurs locaux qui tentent d’utiliser les puissances extérieures. Le Hezbollah, estime Joseph Alagha, professeur à l’Université libanaise-américaine et auteur d’un ouvrage sur le parti chiite, vise d’abord à renforcer sa représentation au gouvernement, qu’il estime ne pas être au niveau de son poids dans la société libanaise. Quant au général chrétien Michel Aoun, dont les partisans vêtus d’orange sont descendus en masse dans la rue aux côtés du Hezbollah, il demande comme le parti chiite un gouvernement d’union nationale ».

Faut-il attaquer la Syrie et l’Iran

Robert Gates, qui vient d’être confirmé comme secrétaire à la défense des Etats-Unis, a témoigné le 5 décembre devant une commission du Congrès. Voici ses déclarations ] concernant une éventuelle attaque américaine contre l’Iran et la Syrie.

SENATEUR BYRD : (...) Appuyez-vous l’idée d’une attaque contre l’Iran ?

M. GATES : Je pense qu’une action militaire contre l’Iran devrait être effectuée seulement en dernier ressort ; que quels que soient nos problèmes avec l’Iran, notre premier choix devrait être la diplomatie et le travail avec nos alliés pour tenter de résoudre les problèmes que nous pose l’Iran. Nous avons vu avec l’Irak que, une fois que la guerre commence, elle devient imprévisible. Et je pense que les conséquences d’un conflit, d’un conflit militaire avec l’Iran pourraient être dramatiques. Et donc je mettrai en garde contre une action militaire, à moins que ce ne soit en dernier ressort et si nous pensons que nos intérêts vitaux sont menacés.

SEN. BYRD : Etes-vous favorable à une attaque contre la Syrie ?

M. GATES : Non, je ne le suis pas.

SEN. BYRD : Croyez-vous que le président a l’autorité, sous le couvert soit de la résolution (du Congrès) de guerre du 11-Septembre ou de la résolution sur la guerre avec l’Irak, d’attaquer l’Iran ou la Syrie ?

M. GATES : Autant que je sache, je ne le crois pas.

SEN. BYRD : Pouvez-vous nous décrire brièvement les conséquences d’une attaque contre l’Iran.

M. GATES : C’est toujours difficile de formuler des prévisions sur un cas hypothétique. Mais je pense que, bien que l’Iran ne puisse pas nous attaquer directement, il a la capacité de fermer le golfe Persique à toutes les exportations de pétrole, de déchaîner une vague importante de terreur à la fois au Proche-Orient et en Europe, et même ici. L’Iran ne nous aide pas en Irak, et il met en cause nos intérêts, mais il a la capacité de nous faire beaucoup plus de mal.

Je pense aussi qu’ils pourraient fournir certains types d’armes de destruction massive, en particulier chimiques et biologiques, à des groupes terroristes. Leur capacité à obtenir du Hezbollah qu’il déstabilise encore plus le Liban est sérieuse. Ainsi, bien que leur capacité de riposte contre nous dans le domaine militaire conventionnel soit très limitée, ils ont la capacité à faire tout ce dont je viens de parler.

SEN. BYRD : Et une attaque contre la Syrie ? Pouvez-vous nous décrire brièvement les conséquences d’une attaque américaine contre la Syrie.

M. GATES : Je crois que la capacité syrienne à nous faire du mal est bien plus limitée que celle de l’Iran, mais je crois qu’une attaque américaine contre la Syrie aurait des conséquences dramatiques à travers tout le Proche-Orient, en termes de relations avec un grand nombre de pays. Elle déclencherait une vague d’anti-américanisme encore plus grande que celle que nous connaissons. Elle compliquerait immédiatement nos relations avec pratiquement tous les pays de la région.

SEN. BYRD : Diriez-vous qu’une attaque contre l’Iran ou la Syrie aggraverait la violence en Irak et aboutirait à plus de pertes américaines ?

M. GATES : Oui, je pense que cela est très probable.

SEN. BYRD : Votre réponse est oui aux deux questions.

M. GATES : Oui. Très probablement.

SEN. BYRD : En ce qui concerne Oussama Ben Laden : environ huit mois après la prise de Bagdad, nos troupes ont capturé Saddam Hussein. Mais, cinq ans après le 11-Septembre, Oussama Ben Laden court toujours. Qui est responsable, à votre avis, du 11-Septembre Saddam Hussein or Oussama Ben Laden ?

MR. GATES : Oussama Ben Laden, Sénateur.

SEN. BYRD : Durant les cinq années passés, qui a représenté une plus grande menace pour les Etats-Unis, Saddam Hussein ou Oussama Ben Laden ?

M. GATES : Oussama Ben Laden.

SEN. BYRD : Comment comptez-vous capturer Oussama Ben Laden ?

M. GATES : Sénateur, je n’ai aucun doute que nos troupes ont fait de leur mieux pour capturer Oussama Ben Laden. Je ne suis pas familier avec les efforts faits pour cela dans les deux ou trois dernières années. Oussama Ben Laden est devenu plus un symbole qu’un organisateur et un planificateur d’attaques terroristes. Une des conséquences de notre succès en Afghanistan a été d’empêcher ce pays d’être le lieu de planification d’attentats terroristes très sophistiqués, comme ceux qui ont eu lieu le 11-Septembre.

Je pense que s’il est important de continuer à traquer Oussama Ben Laden, sa capacité d’organisation directe et de planification d’attentats comme ceux qui nous ont durement frappé le 11-Septembre est limitée. (...)

La situation des femmes dans le monde arabe.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié le 7 décembre le quatrième rapport consacré au monde arabe. Ce rapport, disponible en anglais, concerne la situation des femmes, notamment dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la participation à la vie politique.

« Promouvoir le courage et le militantisme des femmes dans le monde arabe, c’est défendre les moteurs du développement humain. Les avancées durement acquises sur le plan des droits des femmes constituent l’aboutissement de plusieurs décennies d’engagement de la part de générations de militantes féministes et de leurs alliés au sein des pouvoirs publics des pays de la région », a affirmé Madame Amat Al Alim Alsoswa, directrice du Bureau régional des États arabes du PNUD, dans le communiqué de présentation.

« Ce Rapport affirme que, malgré l’égalité que le droit international accorde aux femmes arabes, malgré les multiples talents de ces dernières et les réalisations à leur actif dans différentes sphères de l’activité humaine, et malgré leur contribution inestimable au sein de leur famille et de la société, de nombreuses femmes ne sont pas encouragées à développer leurs capacités et à les utiliser au même titre que les hommes. Dans la vie publique, des facteurs culturels, juridiques, sociaux, économiques et politiques empêchent les femmes d’accéder comme les hommes à l’éducation, à la santé, aux opportunités professionnelles, aux droits civiques et à la représentation politique. Dans la vie privée, les schémas éducatifs traditionnels, les dispositions discriminatoires du droit de la famille et le code du statut personnel perpétuent les inégalités et la subordination. »

« Sur le plan culturel, explique le Rapport, le principal obstacle à l’autonomisation des femmes reste l’arbitrage à opérer entre l’impératif d’une économie productive respectant des normes reconnues internationalement, d’une part, et les traditions et la coutume, d’autre part. »

« Ce Rapport indique que l’occupation étrangère et la « guerre au terrorisme » constituent les principaux freins au développement de nombreux citoyens arabes, hommes ou femmes. « Les femmes souffrent à double titre pendant une occupation étrangère », affirme le Rapport, et, bien souvent, les droits et les libertés fondamentaux des citoyens arabes, depuis le droit à la vie jusqu’aux droits sociaux et économiques, en passant par les droits civiques et politiques, sont en permanence bafoués. »

Un point important est souligné dans le rapport, que résume le communiqué de presse : « Les mouvements islamiques, souvent uniformément qualifiés de forces malveillantes en Occident, sont en réalité dans bien des cas à l’avant-garde de l’autonomisation des femmes, affirme le Rapport. "Au cours des cinq dernières décennies, la dynamique interne de ces mouvements, leurs relations avec l’ensemble de la société et leurs positions sur des questions sociales vitales, sur les droits humains, la bonne gouvernance et la démocratie, ont significativement évolué", explique le Rapport. »

« Selon le RADH, la plupart des mouvements islamistes dominants assistent au développement remarquable, en leur sein, d’une nouvelle génération de dirigeants, relativement plus jeunes et éclairés. De plus, ils connaissent une dynamique ascendante vers davantage de démocratie interne, qui part de la base la plus large, affirme le Rapport. Néanmoins, ces évolutions positives ne font pas disparaître certains courants minoritaires, qui pourraient chercher à remettre en cause la liberté et la démocratie s’ils arrivaient au pouvoir, particulièrement pour ce qui touche aux femmes. »

On trouvera dans ce rapport des données très concrètes sur les taux d’alphabétisation, d’accès aux études secondaires et supérieures, de participation à la vie politique ; sur les différents législations, notamment concernant le statut personnel, leur évolution, et les blocages persistants.

Toujours sur la situation des femmes dans le monde arabe, on pourra lire le livre de la spécialiste américaine du Proche-Orient, Nikki Keddie, Women in the Middle East : Past and Present (Princeton University Press, 2006). Et l’entretien avec elle sur le site Truthdig.

121 commentaires sur « Liban, Iran, Syrie... et les risques de guerre ; la situation des femmes dans le monde arabe »

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  • permalien K :
    13 décembre 2006 @19h33   « »

    Faut-il rappeller l’immense soutien populaire de la rue Arabe Sunnite au Hezbollah pendant la guerre des 33 jours ? ou encore « l’appel du guide suprême des frères musulmans [Sunnite bien sur] égyptiens pendant la guerre a initier le Jihad et a envoyer des Egyptiens pour combattre ».->http://www.carnegieendowment.org/fi...

    « [Bien que] des Gouvernements... particulièrement en Egypte et en Jordanie, ont formulé leurs objections aux actions du Hezbollah en termes religieux, soulignant le caractère Chiite du Hezbollah et faisant référence au danger de permettre à des visées chiites de prendre le dessus sur les intérêts de la majorité sunnite, le soulèvement de cet épouvantail [a] été peu efficace pour amoindrir le soutien public au Hezbollah » (meme reference que ci-dessus)

    Georges Corm : « Dans la rue arabe, Nasrallah s’est imposé comme la nouvelle icône de la résistance, au-delà des divisions idéologiques et confessionnelles... »

    Il y a une grosse différence entre les gens du pouvoir inféodés a “l’axe du bien”, et les peuples qu’ils gouvernent.

  • permalien K :
    13 décembre 2006 @20h39   « »

    Pierre, « le comportement de l’Iran peut être compris en étudiant l’ambition et l’intérêt nationaux, plutôt que les proclamations idéologiques d’Ahmadinejad » et « [Ahmadinejad] ne décide pas plus de la politique de la République islamique concernant Israel qu’il ne déciderait de l’utilisation des armes nucléaires si l’Iran les acquérait par la suite. », et enfin « en dépit de la rhétorique anti-Israélienne menaçante d’Ahmadinejad, le rôle de l’Iran dans le conflit Israelo-Palestinien a été longtemps défini par ce que Takeyh appelle sa « réticence d’investir des forces dans la lutte réelle contre l’état juif. » Cela n’a pas changé. »

    Voir Defiant Iran

    Amicalement

  • permalien Pierre :
    13 décembre 2006 @21h56   « »

    K, d’après les mouvements de contestation qui se multiplient en Iran et dont nous avons de faibles échos, il semble qu’Ahmadinejad soit de plus en plus contesté.

    Personnellement, je trouve dommage que le chef d’un état aussi grand et ayant une telle culture passe son temps à discuter d’affaire qui se sont déroulées il y a 60 ans en Europe, avec des propagandistes condamné dans leurs pays pour négationnisme.

    C’est peut-être une vision moderne du chef d’état, et elle me dépasse.

    Ce que je ne comprend pas chez les négationnistes, c’est qu’ils ne parlent jamais, les opposants politiques d’Hitler, ni des communistes, ni des tziganes et des homosexuels. A force de nier la réalité ils deviennent eux-même, des entités abstraites et intemporelles. Leurs dénégations par définition rendent leurs propos abstraits, puisqu’elles ne sont que verbales.

    Est-ce que l’obstination d’Ahmadinejad à poursuivre les juifs de sa haine est une réalité ou est-ce qu’il faut la nier aussi ? Le raisonnement qui consiste à dire, la shoa n’a pas existé, donc Israel, n’avait pas le droit d’être créé, donc j’ai le droit de détruire Israel, est-il un raisonnement digne d’un homme qui supposé gouverner un pays ?

    Les histoires de musulmans unis contre les juifs, ce sont des balivernes et pour longtemps.

    Les oppositions en Irak sont bien entre chiites et sunnites, et les perses ne sont pas prêt à tomber dans les bras des arabes, tout simplement parce que le fossé culturel entre les uns et les autres est abyssal.

    D’après ce que j’ai compris, la situation Libanaise est surtout la conséquence d’un gouvernement corrompu et incapable d’organiser la défense de ses administrés. Les alliances qui se sont créées contre le gouvernement, voleront en éclat dès la chute de celui-ci.

    Amicalement.

  • permalien Vvolodia :
    13 décembre 2006 @22h09   « »

    Si "la rue arabe" allait se battre aussi facilement qu’elle manifeste et braille, ils auraient peut être déjà gagné la guerre contre Israel. Mais "tu causes tu causes c’est tout ce que tu sais faire", n’est-ce pas un dicton oriental ? dieu merci d’ailleurs. (lol)

  • permalien Pierre :
    13 décembre 2006 @22h32   « »

    Mais Vvolodia, pour gagner la guerre, il faut être d’abord en guerre.

    C’est ça le gros problème de l’unilatéralisme¡

    Amicalement.

  • permalien K :
    13 décembre 2006 @22h44   « »

    Mais Pierre, on est bien d’accord. Tout ce que je disais c’est que Ahmadinejad n’est pas, dieu merci, l’Iran.

  • permalien Pierre :
    13 décembre 2006 @22h57   « »

    k, en tout cas, Ahmadinejad n’est pas les étudiants iraniens.

  • permalien
    13 décembre 2006 @23h04   « »

    A Vvolodia,

    Juste au nord d’Israël, la rue arabe n’a pas fait que causer en juillet dernier. Elle a attrapé deux ploucs juifs et les a planqués. Elle s’est battue, en a tué quelques autres et a flanqué une sacrée trouille en Israël, qui regardera à deux fois avant de recommencer sa promenade au Liban. Le Hezbollah a fait preuve de retenue. Mais on croit savoir qu’il a engrangé de chouettes modèles de missiles qui vont jusqu’à Tel-Aviv.

    Par ailleurs, on peut entendre jusqu’ici Sderot et Ashkelon chanter tous les jours ou presque : « Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire »...

  • permalien Vvolodia :
    13 décembre 2006 @23h11   « »

    Ces étudiants iraniens ont un courage fou ; ils sont suicidaires. Ils savent ce qu’ils risquent, et pourtant...je crois sans exagérer qu’on peut les comparer à ces jeunes étudiants français qui ont résisté aux nazis.

    Personne, en occident, ne peut imaginer à quel point certains peuvent aimer la liberté.

  • permalien Vvolodia :
    13 décembre 2006 @23h18   « »

    213h04, je ne veux pas pourrir le blog ; aussi, je vous ferai seulement remarquer que les ennemis des juifs ne se battent pas comme des hommes, mais comme des lâches, et se camouflent derrière les femmes et les enfants pour lancer au hasard des projectiles sur des civils ; et vous savez pourquoi ? parce qu’ils sont incapables de faire mieux.
    Belle victoire que d’avoir rapter 2 gus, et tuer quelques autres. Nos prisons sont pleines de terroristes, que nous avons été chercher dans les territoires. Et alors ? ça avance à quoi ? nous sommes gagnants sur le nombre. Belle victoire. La seule victoire, c’est la paix.
    Et l’éradication du terrorisme islamiste.

  • permalien
    14 décembre 2006 @18h31   « »

    Vvolodia 23:18,

    « 23h04, je ne veux pas pourrir le blog », dites-vous, le ton magnanime. Mais vous n’avez pas le pouvoir de pourrir ce blog, Vvolodia, même si vous en rêvez. On n’est pas en Palestine, ici. Ne vous montrez pas plus puissant que vous n’êtes, comme un mégalomane en sa phase maniaque. On pourrait se mettre à croire au pouvoir juif, et voilà qu’on vous le devrait ?

    Ah, « les ennemis des juifs ne se battent pas comme des hommes » ? « Des lâches, qui se camouflent derrière les femmes et les enfants » ? « Cet argument, on l’entend dans la bouche de citoyens qui savent parfaitement où tourner dans la rue Ibn Gabirol à Tel Aviv pour se rendre au complexe militaire implanté au cœur civil de leur ville. Cet argument, on l’entend répéter dans la bouche des parents de soldats armés qui emmènent leur arme chez eux chaque week-end. On l’entend aussi déclamé par des soldats dont les bases jouxtent des colonies, des soldats qui ont bombardé des quartiers civils palestiniens à partir de chars et de positions qui ont été installés dans des colonies civiles. » Amira Hass – Ha’aretz, 16 aôut 2006.

    J’aimais ce bout de phrase-ci aussi « lancer au hasard des projectiles sur des civils ». Les 1 000 morts civils de cet été au Liban en savent quelque chose. Et ce bout de phrase-ci aussi, tiens : « terroristes (…) que nous avons été chercher dans les territoires ». Ça fait juifs qu’on allait chercher dans le ghetto. C’était rigolo ? Remontez vos manches, Vvolodia, qu’on tâte vos biceps et vos triceps de catcheur. Puis, patience. Vous verrez, les « incapables » finissent toujours par mieux faire et apprendre de leurs voisins : jusqu’à Tel Aviv, écrivais-je, pour « éradiquer le terrorisme » israélien… juif.

  • permalien Vvolodia :
    15 décembre 2006 @22h51   « »

    courageux, 18h31, mais pas intrépide. Surtout ne signez pas, on pourrait vous retrouver.

    Un ghetto, c’est un mellah, en réalité. Et la différence entre le mellah et la palestine réside dans le fait que les palestiniens sont surarmés, et que les juifs ne l’étaient pas. C’était, dans ces conditions, facile d’aller "les chercher". D’ailleurs, ils (les arabes) n’y allaient que surarmés, et en bande ; que dis-je bande ? des hordes !! hurlant, violant, cassant tout sur leur passage. Pire que des polonais. (lol)

    eh oui, la roue tourne !!

    Mais pour l’instant, ils s’entretuent. J’espère qu’ils vont cesser, ce n’est pas bon pour le tourisme, ni pour le commerce. Mieux vaut des voisins calmes et prospères que des voisins en perpétuelle révolution.

  • permalien
    15 décembre 2006 @23h03   « »

    Eh, oui, la roue tourne. Souvenez vous en Vvolodia, et souvenez vous aussi, qu’au fond, peu vous chaut.

  • permalien Daniel :
    15 décembre 2006 @23h33   « »

    "Un ghetto, c’est un mellah, en réalité. Et la différence entre le mellah et la palestine réside dans le fait que les palestiniens sont surarmés, et que les juifs ne l’étaient pas." C’est Vvolodia qui dit ça.

    Et Dominique Vidal, que dit-il, à propos de juifs surarmés et de Palestiniens d’Israël qui ne le sont pas ?

    Aux portes du Néguev, le Diplo du 14 décembre.

  • permalien Vvolodia :
    16 décembre 2006 @13h45   « »

    ce que j’aime, Daniel, ce sont les commentaires ; l’un des, pour être précis : "cela rappelle les methodes NAZIS dans un certain TRIBLINKA je suis ecoeuré"

    si j’ai bien compris, et si je me souviens du sort fait aux juifs à Tréblinka, on n’entendra bientôt plus parler de ces arabes la. Ils deviendront, à l’instar des juifs, des "luftmenschens".

    C’est du négationnisme. Mais nous avons l’habitude, c’est le mode de pensée de certaines communautés dont nous avons un échantillon en Iran.

    Et vous voulez qu’on prenne au sérieux les déblatérations des uns et des autres ? alors soyez sérieux. Si les bédouins vont à la Cour Suprême et si leur combat est légitime, ils gagneront ; parce que la cour suprême israélienne est une heureuse exception au Moyen-Orient.

  • permalien Jean-Charles :
    23 décembre 2006 @23h53   « »

    Bonjour tout le monde.

    je regrette le côté passionnel que prend parfois cette discussion mais bon je pense que c’est normal vu les souffrances des uns et des autres (Israéliens arabes et juifs et Palestiniens).

    Je remercie celui d’entre vous de m’avoir indiqué ce site : "Géographie sociale et politique" qui aborde la question des relations Israël-Liban
    car franchement j’y ai appris beaucoup de choses et de façon finalement assez peu partisane ce qui est à mon sens assez rare en ce qui concerne la situation au Proche-Orient.

    Je vous indique aussi ce texte du même auteur, Fabien Guillot qui provient du site précédent (enfin du blog du site) qui apporte une réflexion sur le Liban, le Hezbollah, Israël la Syrie et l’Iran. :

    Voir en ligne : Du Liban à l’Iran : une guerre dans la guerre ?

  • permalien K :
    25 décembre 2006 @23h53   « »

    Jean-Charles, un site qui prétend que les syriens sont « eux aussi Chiites » dans l’article que vous proposez (“Du Liban à l’Iran : une guerre dans la guerre ?”), à votre place je me montrerais plus circonspect. C’est au minimum de l’incompétence, et au pire de la désinformation.

    En effet la Syrie est un pays à majorité sunnite, et le pouvoir, minoritaire, est Alaouite !!! Les renseignements d’un site ne sont pas fiables du seul fait qu’ils vont dans le sens de nos à-priori.

    Amicalement

  • permalien K :
    26 décembre 2006 @18h39   « »

    Traduction de quelques passages d’un article d’aujourd’hui de Jorge Hirsch sur le site Antiwar :

    Signification du vote du Conseil de Sécurité sur l’Iran.

    (...)

    Le vote du Conseil de Sécurité est sinistre parce qu’il permet à Bush un « copier/coller » de son discours du 17 mars 2003, sur l’attaque imminente de l’Irak, en changeant le « q » par le « n » :

    (...)

    - La seule manière de réduire le danger et la durée de la guerre est d’appliquer toute la force et la puissance de nos militaires, et nous sommes disposés à le faire.

    Dans le cas de l’Iran, cette dernière déclaration serait particulièrement sinistre, parce qu’elle signalerait que les États-Unis utiliseront des armes nucléaires contre l’Iran. Rappelez vous que Bush a explicitement refuser d’écarter l’option d’une frappe nucléaire des États-Unis contre l’Iran.

    L’Iran ne stoppera pas son programme d’enrichissement nucléaire, et ne le fera certainement pas comme une condition préalable à des négociations. Ceci devrait être évident à Bush, aussi bien qu’à la Russie et la Chine. Par conséquent on doit se demander : pourquoi Bush poursuit-il cette approche, et pourquoi la Russie et la Chine, bien qu’à contre-coeur, la soutienne ?

    Quelles sont les intentions de Bush envers l’Iran ?

    Si Bush avait n’importe quelle intention de conclure un accord négocié avec l’Iran, il a eu abondance d’occasions de poursuivre de telles options.

    En l’absence de concession de la part des États-Unis, l’Iran ne se soumettra pas à ses demandes, et les faibles résolutions des sanctions n’exercent aucune vraie pression sur l’Iran. La seule explication raisonnable pour comprendre la pression des États-Unis pour passer des résolutions contre l’Iran, bien que faibles, est que son but est de préparer le terrain à l’action militaire prévue.

    Si l’intention est d’attaquer l’Iran, il était important que Bush ait cette résolution du conseil de sécurité (et la précédente du 31 juillet), qui réalise une demande que l’Iran ne satisfera pas, approuvée à l’unanimité pour fournir un argument minimal qu’une action est exigée « du monde », comme la résolution 1441 du Conseil de Sécurité l’a fait dans le cas de l’Irak.

  • permalien K :
    26 décembre 2006 @18h50   « »
    Traduction de quelques passages d’un article d’aujourd’hui de Jorge Hirsch (suite)

    (...)

    Les conditions finales pour l’action militaire imminente sont rapidement mises en place pendant que nous parlons :

    • 19 déc. : Les États-Unis envoient des porte-avions au golfe Persique pour « avertir » l’Iran

    • 20 déc. : Blair désigne l’Iran en tant qu’obstacle principal à la paix au Moyen-Orient

    • 23 déc. : vote des résolutions des sanctions.

    Comment cela débutera t-il ? Soit un incident du type Golfe-du-Tonkin-, soit une attaque par Israël, soit un incident en Irak dont on reportera le blâme sur l’Iran. N’importe quoi pour provoquer une réponse Iranienne, arguer l’ « autodéfense, » et conduire à l’escalade de la confrontation jusqu’à ce qu’elle mène à sortir nos grandes armes, les armes nucléaires.

  • permalien K :
    26 décembre 2006 @18h55   « »
    Traduction de quelques passages d’un article d’aujourd’hui de Jorge Hirsch (suite)

    Comment cela peut-il être prévenu ?

    (...)En l’absence « d’une option nucléaire, » les États-Unis sont fortement peu susceptibles d’attaquer l’Iran parce que cela aurait un coût militaire énorme. Cependant, il devrait être clair à la plupart des personnes raisonnables que l’utilisation des armes nucléaires, a si petite échelle que ce soit, contre l’Iran aurait des conséquences désastreuses pour le futur du monde.

    En conséquence, je dis que pour empêcher une confrontation militaire avec l’Iran et pour faciliter une solution diplomatique, il est essentiel que l’option nucléaire Américaine contre l’Iran soit éliminée.

    La Russie et la Chine ont pu déjà avoir en privé assuré Bush que l’utilisation des armes nucléaires contre l’Iran ne leur serait acceptable en aucune circonstance, quelque soit « la nécessité militaire » ou « les développements militaires inattendus », et que toute préparation des États-Unis projetant l’usage éventuel tel le déploiement d’armes nucléaires tactiques ne leur serait acceptable. La Russie et la Chine ont pu déjà avoir en privé averti Bush des actions qu’elles pourraient prendre en réponse à l’emploi du nucléaire par les États-Unis contre l’Iran, actions a teneur diplomatiques, économiques ou militaires. La Russie et la Chine pourraient demander que Bush renonce publiquement a « l’option nucléaire » comme condition préalable au soutien de toute autre action diplomatique contre l’Iran. L’option nucléaire des États-Unis contre l’Iran ne va pas presser l’Iran d’abandonner l’enrichissement, et l’abondon de l’option nucléaire aiderait certainement à désamorcer la tension.

    Le Congrès Démocratique nouvellement élu pourrait éliminer l’option nucléaire contre l’Iran. Le congrès pourrait passer une loi interdisant les militaires des États-Unis d’utiliser les armes nucléaires contre les états sans armes nucléaires. Tandis que la constitution fait du président le « commandant en chef, » elle affecte au congrès la responsabilité « des règles à suivre par le gouvernement et la régulation » des forces armées. Par conséquent le congrès pourrait passer une loi ôtant de l’autorité de Bush l’ordre de l’utilisation des armes nucléaires contre l’Iran, à moins que le congrès déclare d’abord que l’Iran est une puissance nucléaire.

  • permalien K :
    26 décembre 2006 @18h59   «
    Traduction de quelques passages d’un article d’aujourd’hui de Jorge Hirsch (suite et FIN)

    Les membres du congrès devraient apporter cette question a l’attention publique, réclamer des auditions, et présenter des décrets concernant l’utilisation des armes nucléaires. Le Représentant Dennis Kucinich a pris les devants en réclamant publiquement que les États-Unis renoncent à la politique nucléaire préventive. Toutes les assurances privées qui ont pu avoir été données aux membres du congrès concernant des plans de déploiement et d’utilisation d’armes nucléaires devraient être portées à l’attention du public. Le public a le droit de savoir.

    L’utilisation d’armes nucléaires contre l’Iran affectera l’Amérique dans les générations à venir. Il est de la responsabilité de chaque membre du congrès de faire tout ce qui est possible pour annuler la possibilité qu’une décision si importante puisse être prise en solo par un président qui a gagné un record d’impopularité. Tout comme « obéir aux ordres » ne constitue pas une excuse en regard du droit international dans l’exécution d’actes illégaux et immoraux, chaque membre du congrès sera tenu entièrement responsable du choix d’ignorer.

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