Le Monde diplomatique
Accueil du site > Nouvelles d’Orient > Génocide, négationnisme et Israël

Génocide, négationnisme et Israël

mercredi 20 décembre 2006, par Alain Gresh

Défaite des conservateurs en Iran. La presse souligne la double défaite des conservateurs en Iran, à la fois à l’assemblée des experts et aux municipales. L’assemblée des experts est un organe clef du pouvoir, composé de 88 membres élus pour huit ans. C’est lui qui a pour charge de contrôler le Guide de la révolution Ali Khamenei et de nommer éventuellement son successeur (Khamenei est âgé de 67 ans). Pour le scrutin relatif à cette assemblée, un article du Monde de Marie-Claude Decamps daté du 18 décembre, « En Iran, les proches du président Ahmadinejad essuient leur premier revers électoral », note : « L’ancien président iranien, le pragmatique et affairiste Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, devenu récemment, en raison de ses prises de position plus ouvertes et moins antioccidentales sur le dossier nucléaire, l’adversaire le plus craint par M. Ahmadinejad, est en voie de remporter un véritable plébiscite à l’Assemblée des experts, avec l’appui des réformateurs. Il aurait plus de 1,5 million de voix à Téhéran. Et même si, au final, l’Assemblée reste dominée par les conservateurs, mis en place patiemment ces dernières années par le Guide, l’ayatollah Ali Khamenei, l’échec de l’ayatollah fondamentaliste Mezbah Yazdi, mentor politique du président Ahmadinejad, qui ne finirait qu’à la sixième place, est très symbolique. »

Quant au Figaro, il note le même jour, sous la plume de son envoyée à Téhéran, « Revers électoral pour le président Ahmadinejad » : « Au niveau local, l’offensive des ultraconservateurs semble également avoir échoué. Les résultats partiels des élections municipales, où les partisans d’Ahmadinejad avaient fait leur première percée en politique en 2003, laisse entrevoir un net recul du clan du président. D’après l’agence Fars, la liste menée par Parvine Ahmadinejad, sa sœur, dans la capitale iranienne, ne décrocherait que trois sièges sur les quinze que compte le conseil municipal de Téhéran. Belle avancée, en revanche, pour la liste de l’actuel maire conservateur à tendance modérée, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui aurait gagné neuf sièges. Quant aux réformateurs, qui avaient été évincés du conseil aux précédentes élections, ils pourraient y faire leur retour avec deux sièges. En province, où plusieurs femmes sont arrivées en tête dans différentes grandes villes, c’est la même tendance qui transparaît. »

Ces résultats sont d’autant plus notables que, malgré les prévisions, la participation électorale a été élevée, reflétant la politisation de la population. Pour bien saisir tous les enjeux de ces élections et aussi comprendre, loin des schématismes, le fonctionnement du système politique iranien, on pourra se reporter à l’article d’Alexandre Leroi-Ponant, « L’Iran du président Ahmadinejad » dans Le Monde diplomatique de décembre (disponible encore quelques jours en kiosque).

D’autre part, l’Iran s’apprêterait à prendre une décision importante : remplacer le dollar par l’euro. La correspondante du Figaro note le 19 décembre « L’Iran veut abandonner le dollar pour l’euro » : « Cette décision de passer à l’euro « n’est pas irrévocable », précise Nadimi. Mais elle apparaît comme un moyen de pression dans le bras de fer qui oppose Téhéran à Washington, notamment sur la question nucléaire. Les États-Unis, qui s’impatientent de la lenteur des sanctions que pourrait imposer le Conseil de sécurité, ont lancé il y a quelques mois une série de mesures de rétorsions indirectes. Il y a d’abord eu la pression renforcée sur de grandes banques occidentales pour qu’elles cessent leurs activités avec l’Iran, provoquant une suspension de nombreuses lettres de crédit. »

« En septembre, Washington a coupé tout lien entre le système financier américain et la banque iranienne Saderat, accusée d’être un bailleur de fonds du Hezbollah, la milice chiite libanaise. La pression se serait récemment étendue à certains organismes financiers des Émirats arabes voisins, qui refusent désormais d’octroyer des lettres de crédit à des compagnies iraniennes. "Les Américains bloquent notre pays. Il est normal de réagir", explique Iradj Nadimi. D’après l’analyste iranien Mahyar Emami, "les blocages imposés par l’Amérique ont causé du tort aux entreprises iraniennes qui font leurs transactions en dollars". On parle de nombreux projets gelés. Le passage à l’euro serait "un moyen, pour l’Iran, de s’affranchir des décisions politiques et financières d’un seul pays". Certes, un certain nombre de contrats, notamment pétroliers, ont été conclus sur une base pluriannuelle, en dollars. Mais techniquement, un changement de monnaie n’est pas insurmontable. Reste à tester la bonne volonté des partenaires commerciaux de l’Iran, et surtout la réaction des États-Unis à cette remise en cause de leur autorité monétaire. »

Montée de l’islamophobie en Europe. Le rapport en anglais Muslims in the European Union : Discrimination and Islamophobia (Les musulmans au sein de l’Union européenne : discrimination et islamophobie) a été publié le 18 décembre par l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC). Selon le communiqué publié à Vienne, il « présente les données disponibles sur la discrimination dont sont victimes les musulmans au niveau de l’emploi, de l’éducation et du logement. Les manifestations d’islamophobie vont des menaces verbales aux agressions physiques à l’encontre des personnes et des biens. Le rapport souligne que l’importance et la nature des actes de discrimination et d’islamophobie dont sont victimes les musulmans européens restent sous-documentées et sous-déclarées. Le rapport de l’EUMC recommande donc aux États membres d’améliorer la déclaration des incidents et de mettre en œuvre des mesures visant à lutter plus efficacement contre la discrimination et le racisme. Toute discrimination est illégale, et risque de saper le sentiment d’appartenance qu’ont les musulmans à l’Union européenne ».

Les faits saillants du rapport ont été traduits en français. Voici les principales conclusions :

Indépendamment de leur origine ethnique et/ou de leur rapport à la religion, de nombreux musulmans européens sont victimes d’actes de discrimination au niveau de l’emploi, de l’éducation et du logement.

La discrimination à l’encontre des musulmans peut être attribuée à des attitudes islamophobes aussi bien qu’à des comportements racistes et xénophobes, ces éléments étant souvent étroitement liés. Il faut par conséquent interpréter l’hostilité à l’égard des musulmans dans le cadre plus général de la xénophobie et du racisme à l’encontre des migrants et des minorités.

Il est évident que les musulmans font l’objet d’actes islamophobes allant d’insultes à des agressions physiques, même si des données relatives à des incidents à connotation religieuse sont collectées de façon limitée. Les données disponibles sur les victimes d’actes discriminatoires montrent que les musulmans européens sont souvent représentés de manière disproportionnée dans les zones où les conditions de logement sont mauvaises, alors que leur réussite scolaire est inférieure à la moyenne et leur taux de chômage, lui, supérieur à la moyenne. Les musulmans ont souvent des emplois nécessitant peu de qualifications. En tant que groupe, ils sont sur-représentés dans les secteurs peu payés de l’économie.

Des obstacles freinent la promotion sociale de nombreux musulmans européens, notamment chez les jeunes. Cela peut donner lieu à un sentiment de frustration et d’exclusion sociale.

Le racisme, la discrimination et la marginalisation sociale sont des menaces sérieuses à l’intégration et à la cohésion communautaire.

Génocide, négationnisme et Israël

La conférence sur le génocide qui s’est achevée en Iran a regroupé un nombre non négligeable de négationnistes connus, dont nombre d’éléments d’extrême droite et fascisants. Elle a soulevé une indignation justifiée. Pourtant, il est important de comprendre le sens de ces manifestations négationnistes et la manière dont elles peuvent être utilisées. Robert Fisk, dans une tribune publiée le 16 décembre dans The Independent, « Different narratives in the Middle East » (différentes histoires - ou récits - au Proche-Orient), revient sur le génocide et son interprétation dans le monde arabe.

« Je vous (aux Arabes) demande toujours comment vous pouvez espérer que l’Occident comprenne et accepte le fait que le nettoyage ethnique de 750 000 hommes femmes et enfants a bien eu lieu en Palestine en 1948, alors que vous ne tentez pas de comprendre l’énormité de ce qui a été fait aux juifs d’Europe ? Et, bien sûr, c’est la terrible ironie de toute cette affaire. Car ce que les musulmans du Proche-Orient devraient expliquer au monde est qu’ils ne sont pas responsables de l’holocauste des juifs et qu’aussi terrible et mauvais qu’il ait été, c’est une injustice honteuse et outrageante que les Palestiniens doivent souffrir pour quelque chose à laquelle ils n’ont pas de part et, encore plus repoussant, qu’ils soient traités comme s’ils en avaient une. Mais Ahmadinejad n’a ni l’intelligence ni l’honnêteté de saisir cette équation simple et vitale. »

Plus loin, le journaliste britannique précise que toute « comparaison entre le comportement des troupes allemandes durant la seconde guerre mondiale et les soldats israéliens aujourd’hui (avec leur proclamation toujours trahie de "la pureté des armes") est dénoncée comme antisémite. De manière générale, je crois que cela est vrai. Israël ne commet pas des viols de masse, des meurtres ou n’installe pas des chambres à gaz pour les Palestiniens. Mais les actions de l’armée israélienne ne sont pas toujours telles qu’on peut éviter ce type de parallèle fou ». Après avoir rappelé les massacres de Sabra et Chatila, il cite l’écrivain israélien A. B. Yehoshua : même si les soldats israéliens n’avaient pas su ce qui se passait dans ces deux camps, « ce serait le même argument que celui avancé par des Allemands qui étaient aux portes de Buchenwald ou de Treblinka et qui auraient prétendu qu’ils ne savaient pas ce qui s’y passait »

« Et je dois dire, poursuit Fisk, – et je crois que cela doit être dit – que, après les innombrables réfugiés libanais brutalement poussés sur les routes par les guerres israéliennes de 1978, 1982, 1993, 1996 et à nouveau cet été, comment peut-on éviter les souvenirs des attaques de la Lutwaffe sur les réfugiés français sans défense en 1940 ? Des milliers de Libanais ont été tués de cette façon durant les vingt-cinq dernières années. »

Après avoir rappelé d’autres crimes, Robert Fisk affirme : « Non, les Israéliens ne sont pas des nazis. Mais il est temps de parler de crimes de guerre, à moins que ne cessent ce type d’attaques contre les réfugiés. Les Arabes ont le droit de parler de la même manière. Ils devraient le faire. Mais ils doivent arrêter de mentir sur l’histoire juive et apprendre, peut-être, une leçon auprès des historiens israéliens qui disent la vérité sur la sauvagerie qui a accompagné la naissance de l’Etat d’Israël. »

En conclusion, Robert Fisk se moque de ceux qui se sont indignés de la négation du génocide juif, mais qui, comme Lord Blair ou Shimon Peres, tentent de nier le génocide des Arméniens.

Une autre réaction importante est celle du député arabe israélien Azmi Bishara, qui est parue dans le quotidien pan-arabe Al-Hayat du 14 décembre [1]. L’auteur m’a envoyé la version anglaise de ce texte que vous trouverez en document attaché et dont je donne quelques extraits en français.

« Ce n’est pas seulement le nombre de victimes qui distingue l’holocauste. Aussi unique qu’il ait été au XXe siècle, des millions d’habitants autochtones ont été exterminés en Amérique dans les siècles précédents. Ce n’est pas non plus une question d’échelle : bien plus de personnes sont mortes durant la seconde guerre mondiale que dans les chambres à gaz : Russes, Allemands, Polonais, Français, Italiens et beaucoup d’autres nationalités. La vraie horreur de l’holocauste ne réside pas seulement dans la singularisation délibérée d’un peuple – Juifs et Tsiganes – pour extermination, ni dans l’échelle du crime, mais aussi dans le caractère total de l’objectif et la manière "rationnelle" dont le crime a été conduit. »

(...) « La plupart des juifs qui sont morts dans les camps de concentration n’étaient pas sionistes ; en fait beaucoup n’avaient jamais entendu parler du sionisme. » (...)

« Le mouvement sioniste a commencé et s’est fixé sur la Palestine bien avant l’Holocauste. C’est seulement avec le recul que les sionistes ont utilisé l’Holocauste pour justifier leur projet national ; et cette justification a amené certains Arabes à nier l’existence de l’holocauste. Cela étant, bien qu’il existe des gens qui pensent qu’en minimisant ou même en niant l’Holocauste ils sapent les demandes juives d’un Etat en Palestine, la majorité de l’opinion arabe éduquée et informée n’a jamais nié l’Holocauste ou l’existence d’un antisémitisme en Europe. Au contraire, elle a argumenté, justement, que comme cette horreur avait eu lieu en Europe, les Palestiniens ne devaient pas en payer le prix. » (...)

Après avoir dénoncé la manière dont le mouvement sioniste a utilisé les drames de la seconde guerre mondiale, Azmi Bishara regrette que « le défi de comprendre et de tirer les leçons du phénomène nazi soit réduit à une sorte de thérapie dans laquelle les victimes aident ceux qui exercent le pouvoir à purger leur culpabilité (...) Il y a quelque chose de moralement répugnant dans cette transmission du péché (ou de l’innocence) des parents aux enfants, et cela s’oppose à tout processus objectif d’étude historique visant à combattre le racisme sous toutes ses formes et dans toutes les sociétés. Les principales victimes du racisme en Europe aujourd’hui ne sont pas les juifs, et en Palestine le sionisme n’est pas une victime mais un coupable ».

(...) « Il faudrait que toutes les victimes du racisme à travers le monde fassent campagne pour casser la mainmise sioniste sur le rôle de porte-parole des victimes de l’holocauste. Les Arabes et les Palestiniens qui nient l’holocauste offrent au racisme européen et sioniste le plus grand cadeau. En quoi est-ce dans les intérêts arabes ou islamiques d’exonérer l’Europe d’une des pages les plus sombres de son histoire ? Cela ne revient pas seulement à absoudre l’Europe d’un crime qui a réellement eu lieu, mais aussi à gagner son mépris et à se réveiller un jour pour découvrir que l’Europe et lsraël ont uni leurs forces contre les négationnistes arabes et musulmans avec un tel venin que l’on finira par croire que l’Holocauste a eu lieu en Egypte ou en Iran et que ceux qui nient l’Holocauste sont bien plus dangereux que ceux qui l’ont commis. »

En conclusion, le député dresse un parallèle intéressant : « Durant la seconde guerre mondiale, quand certains Arabes et d’autres peuples du tiers-monde lorgnaient vers l’Allemagne parce que celle-ci combattait les puissances coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne, la gauche arabe et du tiers-monde, qui s’était alliée à l’Union soviétique, répliquait que c’était erroné pour les victimes du racisme de s’aligner sur le régime nazi raciste. Sa position était juste. Aujourd’hui, il n’y a même pas une justification pragmatique (et immorale) pour se retrouver aux côtés du racisme européen. La négation de l’Holocauste ne sape pas les justifications morales de l’existence de l’Etat d’Israël, comme certains le croient. Ce que fait cette négation, c’est, au contraire, de donner à la droite européenne et à Israël un ennemi commode sur lequel se débarrasser de leurs problèmes. Cet ennemi inclut les Palestiniens et les Arabes, et plus précisément les musulmans fondamentalistes, ceux que Bush aime appeler les "fascistes islamiques". La réaction initiale des Arabes à l’Holocauste était beaucoup plus simple et directe, et bien plus rationnelle. L’Holocauste a eu lieu, mais c’était une tragédie dans laquelle les Européens, pas les Arabes, doivent assumer leurs responsabilités. C’était l’opinion qui prévalait dans les années 1940 et 1950, et le sens de la normalité qui continue de nous habiter nous pousse à nous y tenir. »

Notes

[1] Mai 2007 : une traduction intégrale en français, par Xavier Rabilloud, est désormais disponible sur le site du Réseau des traducteurs pour la diversité linguistique, sous le titre « D’une négation l’autre ».

17 commentaires sur « Génocide, négationnisme et Israël »

  • permalien Jean :
    20 décembre 2006 @12h18   »
    Montée de l’islamophobie en Europe

    Merci pour ces textes d’une pertinence rare. Je voulais ajouter un mot sur l’islam-bashing en France. Je n’ai pas le sentiment que la rue soit davantage anti-islam ou anti-arabe (la confusion est totale dans l’esprit du quidam) qu’auparavant. Sans ignorer le problème, bien entendu.

    Ce qui est troublant, c’est le battage médiatique anti-islam permanent. Sans aller jusqu’à des types comme Philippe Val qui en ont fait leur fond de commerce, on peut voir ça partout. Envoyé Spécial (F2) ne fait pas une édition sans un sujet avec rapport négatif à l’islam, Inter c’est troublant, et ainsi de suite. Dimanche soir, je devais être très fatigué, je laisse le 20h de TF1 allumé : sujet sur les sectes, et bien le sujet commence par des islamistes floutés filmés dans la rue. Procédé pervers ? La nouvelle "déontologie journalistique" doit inclure l’affidation au combat contre le Mal, version GWBush...

    Doit-on y voir un effet collatéral de la propagande israélienne auprès de nos groupes médiatiques ? Le sentiment anti-arabe étant ce qu’il est, en Israël.

    Cordialement

  • permalien Grosse FAtigue :
    20 décembre 2006 @14h27   « »

    Il faudra bien un jour sortir du dilemme de l’essentialisme des peuples : arabes contre juifs, musulmans contre occidentaux, etc... Le débat est piégé d’avance puisqu’il utilise les concepts fondamentaux de ceux qui ne croient qu’à cela : l’identité culturelle et la différence indépassable. Il faudra bien qu’un jour tout ceux qui veulent simplement cultiver leur jardin autorisent leurs filles à se marier à ceux qui ne désirent que la même chose : vivre heureux en attendant (lentement si possible) la mort. Tout le reste mènera, d’une manière ou d’une autre, à défendre des identités, des héritages, des conflits. Bien entendu, on ne verra que cela pendant encore très longtemps. Mais si l’on pouvait aussi, un peu d’utopie que diable, outrepasser ces satanées cultures pour contempler, perplexes, nos espérances de vies...

    Voir en ligne : Grosse FAtigue

  • permalien Clint :
    20 décembre 2006 @14h41   « »
    Montée de l’islamophobie en Europe

    La montée de l’islamophobie en France avec une telle facilité et une telle rapidité est véritablement une question préoccupante ? Depuis les attentats du 11/9, nous assistons à cette propagande, visiblement certains n’ont pas hésité à exploiter ce drame pour leurs intérêts.

    Un candidat, avait annoncé lors de sa candidature aux élections 2002, qu’il devient urgent de mettre fin à l’insécurité grandissante dans notre pays. Immédiatement après cette annonce, les médias dominants se sont emparés du sujet.

    A travers tous les sujets, le message était : jeune délinquant = jeune magrébin = musulman. Avant le séisme du premier tour, le jeune délinquant menotté par la police était associé avec le délit sans aucun masquage. Tous les soir, dans tous les JTs , nous avions le droit à cette délinquance du jeune…

    Après le séisme du premier tour, plus aucuns reportages sur la délinquance des jeunes (comprendre musulman)

    Après le deuxième tour, du fait qu’on nous avait démontré (comprendre programmer nos cerveaux à faire cette association que jeune délinquant = jeune magrébin = musulman), nous avons une nouvelle fois droit à l’insécurité grandissante dans notre pays a travers certains reportages plus que douteux, car cette fois-ci le jeune délinquant est masqué, mais pas les mains, qui nous rappelle qu’il est basané (comprendre musulman).

    Et si aucun jeune n’est arrêté pas la Police, alors nous avons le droit à une mise en scène comme par exemple : une personne âgée a été agressée, on nous montre le trottoir sur lequel la personne agressé a été retrouvé, trottoir nettoyé pour enlever le sang, mais pour les bons observateurs, le trottoir, n’a pas été nettoyé comme le prétend le reportage, et bien sûr pas de trace de sang !!! Pour que ce reportage soit bien ficelé, il faut l’image d’un responsable, à cet instant nous avons le droit, à une manœuvre de la caméra (trottoir => balcon), sur le balcon que voit-on ? Une femme musulmane avec son foulard.

    Puis, soudain, l’insécurité de la délinquance s’est transformée en insécurité routière…

    NB : Si j’arrive à obtenir l’accord d’un ami de confession d’origine musulmane, je vous ferais une synthèse de ses mésaventures conséquences d’une islamophobie.

    NB : Pour tous les musulmans victimes de d’islamophobie, ce collectif est vous : L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit!

    Le rapport de L’EUMC en français

  • permalien
    20 décembre 2006 @17h24   « »

    cela voudrait dire que lorsque un maghrébin cherche un travail, on lui demande sa religion ? et s’il est chrétien, ou athée ? l’islamophobie ? à l’égard des dames qui se promènent avec gants noirs et burkas, certainemement. Vous ignorez peut être qu’il existe des maghrébins et des arabes non musulmans, et que tous les musulmans ne sont pas arabes. Alors je pense que le terme d’islamophobie n’est pas adapté. Et au vu des mariages entre "gaulois" et maghrébins, ou entre "gaulois" et africains, je pense que c’est un mensonge. Une hirondelle ne fait pas le printemps, un raciste rencontré par hasard ne fait pas une France raciste. La France n’est pas raciste, elle est laïque. Nuance.

  • permalien
    20 décembre 2006 @18h04   « »

    S&ans vouloir généraliser, et le simple exemple d’Azmi Bishara nous en prémunit, la question de l’instrumentalisation de la Shoah est trop sérieuse et trop grave pour qu’on ne s’y attarde pas.

    Je crois qu’il faut aller plus loin pour stigmatiser les "hypocrites de la mémoire".

    A ce sujet : je vous copie-colle (veuillez m’en ’excuser) le message que j’adresse à l’UJFP suite au communiqué de son bureau national :

    - courriel au BN de l ’UJFP :

    "je relisais justement les notes sur l’occupation d’E.Hazan, et notamment le passage sur la perception qu ’ont de nombreux palestiniens de la Shoah, qu’ils désignent le plus souvent par "Holocauste". E Hazan parle d’une sorte de "syllogisme tordu" : "les juifs nous ont volé notre terre et nous persécutent,
    - l’ holocauste est leur justification morale,
    - donc l’holocauste n’existe pas" (...)

    Bêtement ou hypocritement, C’est sur cette ignorance et cette naîveté que surfent les dirigeants iraniens, espérant par là renforcer le mouvement anti-israélien.

    C’est vraiment le plus malsain et plus mauvais des calculs !

    Pour ma part je pense qu’il faut stigmatiser l’ hypocrisie totale des dénonciateurs du "négationnisme pro palestinien" arabe ou musulman etc..., en leur demandant d’aller plus loin sur les moyens de le combattre réellement à savoir : l’éducation. Il existe les moyens d’organiser des échanges culturels se donnant pour priorité l’histoire de la Shoah ;

    Et d’abord : qui propose, parmi nos dirigeants si prompts a dénoncer et stigmatiser antisémitisme et négationnisme, la moindre inititative permettant à de jeunes palestiniens de venir séjourner en Europe, et de leur faire connaître ce qu’ a veritabelemnt été la Shoah, en leur faisant visiter des sites, rencontrer des témoins ?

    Voilà ce qu’il faut faire : exiger du concret pour faire avancer la connaissance mutuelle de populations, leur faire connaitre, sans qu’ils en ressentent de culpabilité, la réalité de ce que l’Europe a laissé faire, alors que leurs grands parents étaient bien loin de tout cela.

    Plus la compréhension avancera, moins l’israël et ses inconditionnels pourront prendre ce genre de prétexte.

    Alors ? que nos reponsables et dirigeants politiques arrêtent de pleurer et dénoncer, et proposent des initiatives concrètes en ce sens.*

    RB

    *PS : note pédagogique : 0/20 pour Mrs Elie Wiesel, Alain Finkielkraut et autres, qui préfèrent attiser la haine et les conflits - le monde ne doit pas leur paraitre assez dangereux !-Encore qu’ ils sont à l’abri, loin des zones sensibles - ce en quoi leurs amis et familles éventuelles en Israël, peucvent les remercier-

  • permalien
    20 décembre 2006 @19h38   « »

    Lancement du Rapport Arabe sur le Développement Humain 2005 « Vers la promotion des femmes dans le monde arabe »

    est-ce que quelqu’un sait s’il existe une traduction, ou un résumé en français de ce rapport ?

  • permalien K :
    20 décembre 2006 @22h02   « »

    Les Etats-Unis n’ayant plus les moyens d’imposer leurs politiques au Moyen-Orient, la nouvelle stratégie Américaine pour continuer à diriger cette région est la promotion des guerres civiles. C’est du mois ce qu’affirme Jonathan Cook qui dit encore :

    « La question évidente, alors, est pourquoi les États-Unis voudrait et fasse tout pour qu’une guerre civile fasse rage à travers le Moyen-Orient, menaçant apparemment des intérêts stratégiques comme l’approvisionnement du pétrole et la sécurité d’un allié régional essentiel, l’Israel ? »

    « Jusqu’à la présidence de Bush Jr. , la doctrine Américaine au Moyen-Orient avait été d’installer ou de soutenir des hommes forts, les controlant ou les remplaçant quand ils entraient en disgrace. Alors pourquoi ce changement radical et, au moins en apparence, incompréhensible de politique ? »

    « La réponse semble être liée à la domination des néocons, qui ont finalement mis la main sur le pouvoir avec l’élection du Président Bush. Le site Web de nouvelles le plus populaire d’Israel, Ynet, a récemment commenté sur les néocons : « Beaucoup sont des juifs qui partagent un amour pour Israel. » »

    « L’objectif constant de la politique israélienne depuis des décennies, de gauche et de droite, a été d’acquérir plus de territoires aux dépens de ses voisins et d’obtenir sa suprématie régionale à travers la devise « diviser et régner, » en particulier aux dépens de ses voisins les plus faibles tels que les Palestiniens et le Libanais. Elle a toujours exécré le nationalisme arabe, particulièrement dans sa variété Ba’athiste en Irak et en Syrie, parce qu’elle semble immunisée contre les intrigues israéliennes. »

    « Pendant de longues années Israel a favorisé à la même approche coloniale traditionnelle que l’Occident a utilisé au Moyen-Orient, où la Grande-Bretagne, la France, et plus tard les États-Unis ont soutenu des chefs autocratiques, habituellement issus des populations minoritaires, pour qu’ils régnent sur la majorité dans les nouveaux états qu’ils avaient créé qu’il s’agisse des chrétiens au Liban, des Alaouites en Syrie, des Sunnites en Irak, ou des Hachémites en Jordanie. La majorité a été de ce fait affaiblie, et la minorité a été forcée de devenir dépendante des faveurs coloniales pour maintenir sa position privilégiée. »

    « Mais des décennies passées a commander et a opprimer la société palestinienne a permis a Israel de développer une approche différente de la devise " diviser et régner " : ce qui pourrait se nommer chaos organisé, ou le modèle de la « discorde », adopté d’abord par elle meme et plus tard par les néocons. »

  • permalien Orangerouge :
    20 décembre 2006 @22h09   « »

    Je pense comme Jean que le racisme et l’arabophobie sont particulièrement répandus dans les médias et au sein des ""élites"" ayant un quelconque pouvoir : combien de personnes beurs ou d’origine arabe ou combien de musulmans sont en position de responsabilité dans nos partis politiques ? Combien parmi les animateurs de télévision et parmi les journalistes ? Très peu par rapport à ce qu’ils représentent en proportion de la population totale.

  • permalien Clément :
    20 décembre 2006 @22h09   « »

    L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit !

    Non, l’islamophobie n’est pas un délit, c’est une opinion. Le racisme est une opinion. L’antisémitisme est une opinion. Dont on a fait un délit : un délit d’opinion.

    Qu’une opinion puisse être blessante, nul ne le contestera. Bien des opinions le sont : à propos des femmes, des homosexuels, des chômeurs, des croyants, des pauvres et bien d’autres. Criminaliser des opinions relève de l’imbécillité, de l’inconséquence, d’une politique de courte vue. Ce qu’on ne peut pas dire paraît plus vrai encore que ce qu’on peut dire et crée, dans l’ombre, un abcès de fixation sur l’interdit. Qui a 60 ans aujourd’hui se souvient encore de son désir, de son appétit à lire les livres autrefois mis à l’index par l’église catholique.

    On ne dira plus tout haut, on dira de plus belle, tout bas. On dira encore, encore et encore, mais la bonne conscience sera sauve : nous ne l’entendrons plus. L’opinion interdite tombera à notre insu dans des oreilles qui ne sont pas les nôtres : plus fragiles, plus réceptives, plus… attentives. Est-ce mieux ? Et quand nous prendrons conscience des ravages, nous aurons en prime le culot de nous montrer surpris !

  • permalien K :
    20 décembre 2006 @22h11   « »
    Génocide, négationnisme et Israël- Suite du texte de Cook :

    « Durant son occupation de la Cisjordanie et de Gaza, Israel a préféré la discorde à un homme fort, consciente du fait que la conséquence obligatoire du deuxieme choix serait la création d’un état palestinien pourvu d’une force de sécurité bien armée . Ni l’une [état palestinien ] ni l’autre [force de sécurité bien armée ] option n’ont été sérieusement envisagé. »

    « Le modèle de la discorde d’Israel atteint maintenant son apothéose : guerre civile de basse intensité et permanente entre la vieille garde du Fatah et les soldats du Hamas. (...) Les neocons, apparaît-t-il, ont été impressionnés par ce modèle et ont voulu l’exporter vers d’autres pays Moyen-orientaux. Sous Bush ils l’ont "vendu" à la Maison Blanche comme la solution aux problèmes de l’Irak et du Liban, et finalement de l’Iran et de la Syrie aussi. La provocation d’une guerre civile a certainement semblé être le but de l’assaut d’Israel contre le Liban au cours de l’été. L’attaque a échoué, (...) »

    « La raison est qu’un Moyen-Orient chaotique (...), bien que ce soit un désastre selon l’opinion de la plupart des observateurs avisés, semble être considérablement désiré par Israel et ses alliés néocons. Ils croient que tout le Moyen-Orient peut être mené avec succès de la meme manière qu’Israel a mené les populations palestiniennes à l’intérieur des territoires occupés, où les divisions religieuses et séculaires ont été accentuées, et a l’intérieur Israel même, où pendant des décennies les citoyens arabes étaient « Dé-Palestinianisés » et transformés en Musulmans, Chrétiens, Druzes, et Bédouins en manque d’identité et tranquilles. »

    « La conclusion peut sembler farfelue, mais pas plus que la vision de la Maison Blanche qu’il est engagé dans un « clash des civilisations » qu’il peut gagner grace a une « guerre contre la terreur. » Tous les états sont capables d’agir d’une façon irrationnelle ou suicidaire, mais Israel et ses défenseurs peuvent être plus vulnérables à cet échec que la plupart. C’est parce que la perception des Israéliens de leur région et de leur futur a été excessivement déformée par l’idéologie d’état officielle, le sionisme, avec sa croyance au droit inaliénable d’Israel de se préserver comme état ethnique ; ses prétentions Messianiques confuses, étranges pour une idéologie séculaire, au sujet de juifs retournant à une terre promise par Dieu ; et son mépris envers et son refus à comprendre, tout arabe ou musulman. »

    « Si nous nous attendons a un comportement raisonnable d’Israel ou de ses alliés néocons, nous sommes encore plus fous. »

  • permalien Pierre :
    20 décembre 2006 @22h29   « »

    Pour continuer la série des "bonnes" nouvelles :

    L’administration Bush élabore des plans pour un bain de sang en Irak, par Bill Van Auken.

    Nous quittons la phase irrationnelle du conflit pour entrer dans la phase "toutes les options sont sur la table".

  • permalien Vvolodia :
    20 décembre 2006 @22h47   « »

    mms ://207.232.26.152/events/IRANHOLOCAUST.WMV (faire un copier-coller pour cette adresse, vous verrez et entendrez l’envoyé d’Allah)

    http://www.memritv.org/Search.asp?ACT=S5&P1=156.

    Pour consulter l’intégralité des dépêches de MEMRI en français, visiter le site www.memri.org/french

  • permalien Martial :
    21 décembre 2006 @01h32   « »

    En Iran viennent de se tenir des élections qui ne semblent contestées par personnes. Il s’agit donc d’un régime démocratique... comme chez nous. J’imagine que, comme chez nous, la plupart des électeurs votent non pas sur des choix de politique étrangère, mais plutôt de politique intérieure.

    Malheureusement les informations que l’on nous donne par rapport à l’Iran ne concernent que la politique extérieure et non l’intérieure (si on excepte la question du nucléaire, et là encore que...). La politique iranienne est définie ici (en Europe) en une lutte (démocratique puisque par bulletin de vote interposé) entre « conservateurs », « conservateurs modérés » et « réformateurs ». Je remarque d’ailleurs que des femmes sont candidates aussi bien chez les « conservateurs » (la sœur du président par exemple).

    Questions : Quels sont les programmes de politique intérieure de ces « partis », quelqu’un saurait-il me dire où trouver des informations là-dessus ? Il est impensable qu’en Iran, il n’y ait de clivage social – ou de classe sociale – donc de lutte revendicative... Il me semble avoir lu que le président était issu d’une classe « défavorisée » (terme utilisé maintenant pour ne plus dire « exploitée ») et qu’il avait été élu sur un programme social. Qu’en est-il après quelques années de pouvoir ? Il serait aussi intéressant de savoir comment sont utilisés les revenus pétroliers avec le prix élevé du baril. L’échec des partisans du président (excusez-moi j’ai la flemme d’aller chercher le nom pour l’orthographier correctement) et des « conservateurs » est-il la conséquence d’un échec dans la gestion de la politique intérieure ? D’autre part, peut-on trouver quelque part une analyse sociologique de ce scrutin (c’est peut-être encore un peu tôt) ? Je serais heureux de lire une analyse là-dessus. Merci d’avance.

  • permalien K :
    21 décembre 2006 @07h36   « »

    Martial, vous pouvez avoir les réponses aux questions trés pertinentes que vous posez, dans l’article d’Alexandre Leroi-Ponant dans le dernier numéro du monde diplomatique.

    Pour ne pas vous laissez complètement sur votre faim, Ahmadinejad avait bien été élu sur un programme social qui a été un échec. Vous avez raison, il existe bien un clivage social en Iran, l’argent du pétrole bénéficiant essentiellement a des “protecteurs” et (protégés) du règime. Cela prouve qu’un certain “Islam” se retrouve trés proche de l’exploitation capitaliste éhontée que l’on retrouve par exemple chez... les néocons Américains.

    Le meilleur garant de la pérennité d’Ahmadinejad et de ses gens est d’ailleurs l’Amérique néocon comme on vous l’expliquera dans le monde diplo.

  • permalien Pierre :
    21 décembre 2006 @07h40   « »

    "Il s’agit donc d’un régime démocratique... comme chez nous."

    (!) Martial, je le crains aussi (¡) .

    "Le régime des mollahs n’est pas en danger"

    FAUT IL AVOIR PEUR D’AHMADINEJAD?

    D’après ces 2 articles, il semble que la république iranienne soit trop récente pour avoir pu mettre en place un système oligarchique comme le notre, alors on utilise le système des réseaux et des "pré-élections" idéologiques.

    Les électeurs sont leurrés par Israël comme nous le sommes par la B.C.E.

  • permalien saintyves :
    22 décembre 2006 @01h44   « »

    Bonsoir à tous

    Pour Martial

    Voici un site ou on peut télécharger un document PDF très intéressant de la Fondation pour la Recherche Stratégique qui a organisé des tables rondes sur la question de l’Iran Dont voici les Grands Chapitres :

    - Première table ronde : La question nucléaire

    - Deuxième table ronde : la situation intérieure

    - Troisième table ronde : l’Iran sur la scène internationale

    http://www.isn.ethz.ch/pubs/ph/details.cfm?lng=en&id=21011

  • permalien
    22 décembre 2006 @18h32   «

    Les indices de l’influence croissante de cet islam radical sont notamment, selon les RG, le port d’habits religieux et la dégradation du statut des femmes, en particulier celles d’origine maghrébine vivant à l’européenne, qui "sont régulièrement victimes d’injures et de violences". L’école constitue, selon les RG, "un véritable miroir grossissant des dérives" constatées dans certains quartiers. Selon le rapport, les enseignants ont noté une "radicalisation des pratiques religieuses (ramadan, interdits alimentaires), une certaine remise en cause des cours d’histoire, de sciences naturelles et de sport, tandis que les jeunes filles subissent de la part des élèves masculins des pressions pour porter le voile". Autre lieu où s’exerce la pression religieuse : l’entreprise. Ainsi, des concessionnaires automobiles ont constaté une multiplication des demandes de salles de prières et des exigences de salariés voulant organiser leur travail en fonction de leur pratique religieuse. Dans le parc d’attraction de Disneyland Paris, une dizaine de salles de prières clandestines ont déjà été découvertes.

Ajouter un commentaire

loupe