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Lettre de Bruxelles

Le JT à jeter de la télévision belge

jeudi 21 décembre 2006, par Olivier Bailly

Ce 13 décembre, vers 20h30, je suis devant mon PC quand un SMS tombe : « Les Flamands viennent de déclarer leur indépendance ! » (Dixit mon frère.) Un rapide tour sur les sites des différents médias belges francophones : je ne vois rien de tel dans les dépêches et en conclus à une blague. Dix minutes plus tard, La Libre Belgique annonce un canular de la RTBF, chaîne télévisée francophone belge : dans un JT fiction, ils ont annoncé avec fracas la déclaration d’indépendance de la Flandre.

Faute d’un signalement clair et rapide, les téléspectateurs se sont fait prendre au piège et enragent. Des forums sont rapidement ouverts sur les sites du Soir et de La Libre. Ils sont envahis de messages largement négatifs.

Ce faux JT est devenu un phénomène. Les gens ne parlent plus que de ça. Outre les échanges (et bien souvent les altercations) qui volent entre internautes, le débat s’invite aussi dans le réel : vendredi soir lors d’un dîner chez des amis, dimanche lors d’un apéro, lundi soir au sport, ou la journée au boulot. Les partisans de l’initiative se réjouissent du courage de la RTBF, de son audace. Accessoirement, d’avoir fait la nique aux Flamands, et de tourner en dérision leurs demandes autonomistes. Et enfin, d’avoir créé le débat.

J’écoute. J’ai depuis vu l’émission sur le Net. Elle est bien réalisée : efficace. J’imagine les journalistes qui ont pris part à cette aventure – car ce dut en être une. Excités, forcément. Un projet dont on allait parler. Des débats qui suivent ce JT, l’essentiel a trait à la pertinence de pareille initiative venant d’un service public, au cocktail détonant qui secoue fiction et documentaire. Et le fond ? L’unité de la Belgique ? Absent. Le message est le média.

Mais, font valoir les défenseurs de l’initiative, ce canular aura eu le mérite de remettre la question institutionnelle au centre des débats. Peu probable… Le 4 mai de cette année, deux régionalistes (José Happart et Jean-Claude Van Cauwenberghe), qui ont en commun d’avoir auprès de la nouvelle génération autant de crédit que Frank Michaël [1], déposaient une proposition de « Constitution wallonne » au Parlement wallon. A peine trois mois plus tard, le ministre-président de la Région flamande, Yves Leterme, déclarait à Libération : « Je veux être clair : mon parti ne participera pas à un gouvernement, après les élections de 2007, s’il n’y a pas de nouveaux transferts de compétences vers les régions. » Le mardi 12 décembre, soit 24 heures avant la diffusion du faux JT, l’agence de presse Belga (reprise par plusieurs médias) annonçait que « le CD&V et la N-VA [2] confirment leur volonté de voir la Belgique évoluer vers un système confédéral ». Et, entre ces trois anecdotes, multitude de déclarations incendiaires de politiques, tantôt démocrates, tantôt extrémistes. Prétendre que la question de l’avenir de la Belgique n’était pas (comme c’est le cas depuis des lustres) au centre des débats, et qu’il fallait réveiller la population, c’est un peu comme repasser le coup de boule de Zidane en le présentant comme « ce moment que vous n’avez pas vu à la télévision en 2006 ».

Bien d’autres sujets, moins spectaculaires, valaient la peine d’être investigués au cours des deux dernières années (durée d’incubation du faux reportage, paraît-il). Pourquoi pas les institutions belges expliquées à mon fils sans qu’il s’endorme, la pauvreté grandissante en Belgique, le réchauffement climatique dans vingt ans, ou les répercussions de la directive Bolkestein sur notre quotidien ? Bien sûr, c’eût été moins people, et le Roi ne se serait pas enfui pendant l’émission. In fine, choisir l’éclatement de la Belgique, n’était-ce pas terriblement convenu ? Un faux culot, calculé et rentable d’office ?

Audacieuse, la RTBF ? L’audace seule n’a jamais été gage de qualité. A quand une émission en flamand [3] ? A quand une programmation équilibrée, qui intègre notamment des émissions culturelles de qualité (parent pauvre du diktat de l’audimat), et si possible avant 22 heures ? A quand une véritable vision, une véritable ambition ? Pas un coup d’éclat, une politique [4].

Autre reproche à faire à ce reportage : la violence de son hypothèse. Les Flamands se réunissent en catimini pour décider seuls du sort de la Belgique. Ils nous fomentent un coup d’Etat dans le dos ! Le complot ! Des milliers de Flamands éclatent de joie sur la place d’Anvers. Ils sont réunis dans une immense salle pour fêter et chanter l’indépendance, drapeaux en main. Les trams s’arrêtent à la frontière (comme les TGV s’arrêtent outre-Quiévrain, c’est bien connu…), la police contrôle la frontière linguistique, la RTBF ne peut pas rentrer au Parlement flamand parce que « francophone » et donc ennemie… On s’est décidément bien amusé boulevard Reyers (siège de la RTBF) ! Mais, comme le résume Benoît Scheuer, sociologue : « Des méchants, des victimes et un marketing de la peur : une recette de l’extrême droite. » Stigmatiser un camp pour inciter au dialogue, l’efficacité de la technique reste à démontrer…

Mais les auteurs du JT, qui pensaient sans doute que le bon peuple avait raté tous les épisodes du feuilleton politique à rallonge « La Belgique stop ou encore ? », font sans doute confiance à ce même public pour digérer l’émotion, décoder les formes et réagir avec clairvoyance face aux caricatures flamingantes et wallonnes. Et tant pis si, inquiétant, plus de 80% des téléspectateurs se sont déclarés pris au piège, au moins en début d’émission.

Il est un peu facile de faire confiance au discernement de chacun, apte à faire la part entre le faux et le vrai, entre l’analyse et le fantasme, quand on n’est pas plongé dans ce long processus qu’est l’éducation permanente. Comme le relevait une responsable d’association de la jeunesse dans un mail personnel : « Les "audacieux" doivent maintenant travailler sur ce qu’ils ont semé en fournissant la possibilité à leur public de développer une rationalisation de leur émotion et ainsi leur permettre d’aller au-delà de la caricature flamingante qui leur a été imposée. (…) Les spectateurs, et surtout ceux qui ne disposent pas forcément des clés de lecture (que ce soit par rapport à ce mélange des genres fiction – réalité ou par rapport à une déconstruction du discours sur les Flamands), vont confirmer les stéréotypes qui leur trottaient déjà bien dans la tête : "Sales flamands séparatistes violents et fachos !" Je ne serais donc pas étonnée d’entendre, au sein de l’association dans laquelle je travaille, mes p’tits jeunes me dire que les "blonds" (c’est-à-dire les Flamands, vous l’aurez compris) sont vraiment des abrutis dangereux et qu’il faut les exterminer. Il s’agit des jeunes avec qui nous travaillons pourtant depuis longtemps sur une réflexion d’ouverture d’esprit, de tolérance et de déconstruction d’images préconçues. » Les auteurs du canular auraient-ils l’audace (une de plus) d’affirmer que ce sont en fait les acteurs de terrain qui ne font pas confiance à leur public ? Qu’ils exagèrent ? Peut-être même ne connaissent-ils pas la réalité que eux, les faiseurs d’opinion, filment ? Ainsi, et à n’en pas douter, ce faux JT n’est pas neutre, et ses effets risquent de flotter longtemps dans les consciences. Il porte les germes de la haine, une vision qui pousse le pays vers un processus destructeur. La prophétie devenant réalité.

Ultime critique à lui adresser : le mélange fiction-documentaire, jamais balisé. Pour l’écrivain Berrenboom, « en ces temps troublés, où la Belgique traverse une série de crises particulièrement graves, où l’Internet se charge de propager des rumeurs sans contrôle, où l’on attend du service public au moins une information rigoureuse, fabriquer un poisson d’avril en décembre ne relève pas seulement de l’erreur culinaire. C’est une faute (juridique, déontologique) qui illustre l’égarement de dirigeants d’une télévision qui n’a plus rien à offrir aux citoyens qui la financent ». Aujourd’hui, le présentateur De Brigode et ses acolytes ont repris leur place de journalistes après le canular. Laissant le téléspectateur sceptique sur l’information qu’il reçoit. En cela, l’émission est un formidable outil pour l’éducation au langage médiatique – « outil », ou plutôt « déclencheur ». C’est une chose d’ouvrir les yeux sur la nécessaire construction de l’information effectuée par les médias. C’en est une autre d’instiller le doute derrière chaque info. Aux fidèles de la petite lucarne de se débrouiller, à présent. Le dessinateur Kroll représentait, dans les pages du Soir du vendredi 15 décembre, un couple regardant un sujet sur le Darfour.

Lui : - C’est quoi leur fiction, ce soir ?
Elle : - Oh, bien fichue… J’y ai bien cru cinq minutes.

Et ça, c’est le cadeau de fin d’année de la RTBF, service public qui se cherche. Vivement qu’il se trouve.

Notes

[1] Chanteur permanenté populaire auprès des trois fois vingt.

[2] Cartel politique flamand de Leterme, en tête dans les récents sondages, constitué d’un parti chrétien-démocrate (CD&V) et d’un parti nationaliste (N-VA).

[3] Chaque communauté linguistique dispose d’une entreprise publique pour la télévision et la radio. La RTBF, qui comprend plusieurs chaines télé et radio, nationales et internationales, diffuse des programmes francophones, la VRT des programmes en flamand et la Belgischer Rundfunk des émissions en direction de la communauté germanophone.

[4] En mars 2006, différents collectifs et associations se sont réunis pour une semaine d’initiatives et de débats sous le titre « La RTBF est aussi la nôtre », à l’appel du cinéma Nova et de Bernard Hennebert, auteur du livre du même nom, afin d’interpeller la direction de la chaîne publique à l’occasion de la renégociation de son contrat de gestion. Un dossier complet regroupant ces différentes initiatives est disponible ici.

17 commentaires sur « Le JT à jeter de la télévision belge »

  • permalien Jamal comme X :
    21 décembre 2006 @17h26   »
    Belgique-fiction

    « Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux » énonçait Debord. Et il est vrai que la Belgique soit l’un des centres les plus anciens de l’invraisemblable et du « monde réellement renversé » d’aujourd’hui. Son passé de canular historique en atteste.

    Aussi comment prendre au sérieux l’éclatement d’un pays qui n’a jamais vraiment existé ? L’Article I de la Constitution dés 1830 ne dit-il pas : « le Royaume de Belgique est institué pour y discuter de l’éclatement de la Belgique ». Comment prendre au sérieux le discours de la classe politique belge et ses faux airs d’outragé ? Sans y voir un imposteur qui a trouvé plus imposteur que lui, momentanément. On savait, depuis Valéry, que la politique c’était l’art d’empêcher les gens de s’occuper de ce qui les regarde ; on sait aujourd’hui que c’est celui de les empêcher de regarder le monde alentour, tellement qu’il n’existe pas. Et pourtant dans le monde réel aucune signalétique ne nous indique que « ceci n’est peut-être être pas la réalité ».

    Dans le virtualisme ambiant, et son carnaval de Venise permanent, on ne sait qui est la dupe de qui. Le politique croyant avoir le monopole de la manœuvre en matière communautaire, en jouant tour à tour de l’accélérateur ou du frein, a nourrit le Golem-communauté jusqu’à ce qu’il s’émancipe et vive de sa vie propre et finisse par le dévorer, nous faisant oublier qu’il n’a plus le moindre pouvoir, car le pouvoir est autour de lui, au-dessus de lui, par-devers lui, en-deça de lui, mais plus en lui ; les journalistes de la RTBF croyant avoir fait un coup, car il s’agit essentiellement d’esbroufe pour reconquérir un place de choix dans le champ des médias belges, le JT de référence en Belgique c’est celui de RTL !,ont peut être mis le feu au poudre du vaisseau fantôme Belgique qui n’en finit pas, à marche forcée, d’ appareiller vers un destination inconnue, globalisation oblige, mais plus certainement, ils n’ont fait que réanimer provisoirement un mort, qui a signé son acte de décès peu après l’affaire Dutroux . Une tentative d’exorcisme donc.

    Mais ce fut également une bien singulière tentative d’émancipation : les journalistes de la RTBF nous signifiaient qu’ils n’étaient plus « aux ordres » du politique, mais passaient sous les fourches caudines du « marché ». La fausse provocation, n’est-elle pas sa rhétorique préférée ? Quant à la population, dont on a pu juger de sa crédulité, sa panique n’était pas tant provoquée par la subversion de l’entreprise que par la peur du vide ambiant, le constat cinglant que leur univers est régi par un principe d’irréalité : la Belgique-fiction…

    Jamal comme X

  • permalien
    21 décembre 2006 @18h30   « »
    Une page de publicité...

    Pour le vrai faux journal de France Inter, c’est par. C’est une vrai fiction, très bien faite. Pour le canular belge, j’avoue ne pas comprendre ce pays. Plus on est prêt de la frontière linguistique et particulièrement à Bruxelles, moins le communautarisme est présent. Par contre, plus on s’éloigne, plus les opinions sont virulentes. De même le roi, garant de l’unité nationale, ne sert à rien concrètement. Il n’a aucun pouvoir politique. Mais les belges veulent quand même le garder.

    Ma foi, tout ça nous rendra pas l’Congo ! (humour).

    Et merci pour votre analyse.

  • permalien
    21 décembre 2006 @19h02   « »

    Je trouve ça personnellement génial :)

    Ca devrait avoir lieu plus souvent, parce que faut savoir rire, encore plus à la télévision et encore plus des sujets qui fâchent.

  • permalien Marouan Moussa :
    21 décembre 2006 @19h09   « »
    Le JT à jeter de la télévision belge - Conjugaison.

    « Bien d’autres sujets, moins spectaculaires, valaient la peine d’être investigués au cours des deux dernières années (...) »

    Je me trompe peut-être, mais le verbe "investiguer" n’existe pas, n’est-ce pas ?

  • permalien
    22 décembre 2006 @09h58   « »
    Belle gigue immortelle

    Quelques commentaires par rapport à cette émission, ce faux JT, mais vraie fiction : tout d’abord j’ai marché. Et j’ai aimé. Peut-être parce que du côté francophone de notre mur linguistique, je n’ai pas vu "le complot flamand" dans l’émission en question. Mais je ne nie pas que ce soit une interprétation possible, voire aisée. Toutefois, il me semble que ce faux JT laissait également la parole aux indépendantistes wallons. Toutes les parties étaient caricaturées, pas seulement les flamands.

    Ensuite, ce que cette fiction me semble avoir "rappelé", c’est que toute information est un point de vue. L’information "objective" n’existe pas. François de Brigode (ou tout autre) n’est pas moins crédible quand il présente un sujet sur le Darfour que quand il parle de la famille royale, d’un match de foot... ou qu’il présente un docu-fiction. Pour l’anecdote, je me souviens de ces photos présentant notre ex-premier ministre, Wilfried Maertens, en compagnie de Mobutu : dans la presse belge, les traits de Maertens étaient clairs, Mobutu était sous-exposé. Dans la presse africaine, c’était le contraire : les traits de Mobutu étaient distincts, tandis que le ministre belge était sur-exposé. C’était pourtant la même photo, le même cadrage. Cette analyse de l’information, seule l’émission "Arrêt sur image" la propose régulièrement. Et encore peut-on objecter qu’il ne s’agit là que d’une analyse (elle-même orientée) ne portant que sur certaines images (orientées et choisies) de sujets également choisis... Mais ce serait là un débat sans fin. Bref, même d’une manière "pied dans le plat" (chère justement au journaliste Jean-Claude Defossé), ce document a, à mes yeux, bien rempli son rôle informatif et critique sur le nécessaire questionnement de toute information.

    Pour cela en tout cas, pour la volée de bois vert qu’ils ont prise par les représentants de nos principaux partis politiques (qui étaient pourtant bien informés de l’initiative), les journalistes concernés par ce grand bluff ont toute ma sympathie. N’ont-ils pas dénoncé, plutôt qu’un pseudo complot, une double hypocrisie(celle de l’objectivité du journaliste, celle du discours politique) qui se referme à présent sur eux ? Merci.

  • permalien Jean-Paul :
    22 décembre 2006 @15h10   « »

    Il faut peut-être dire plus : les JT sont d’avance peu crédibles.Mises en scène devant toucher et non informer.Les bons sont toujours les mêmes et les méchants aussi. D’une certaine manière, il ne se passe rien. Que l’on songe encore à tout ce qui se passe et dont on ne parle pas. Comme il ne se passe rien et qu’il faut impérativement toucher, l’idée géniale, c’est d’inventer pour remuer une bonne fois.Voilà enfin du neuf et de l’info - et on en parle ! Quoi de mieux ?(J’ajoute que le temps laissé à l’info est tel qu’il n’est pas possible d’informer correctement).

  • permalien Zinnekongo :
    22 décembre 2006 @15h29   « »

    Ce qui est passionnant dans cette émission ce sont les scénarios sur les conséquences : quid de la dette, du téléphone et des autres communications... L’électrochoc c’est aussi de dire : bon vous prenez ce truc à la légère, tout le monde dit la Belgique on s’en fout. Là on prend conscience de ce que fait et est la Belgique. Ne serait-ce qu’en terme d’infrastructures.

  • permalien Lecomte Romain :
    22 décembre 2006 @16h11   « »

    "[...] le présentateur De Brigode et ses acolytes ont repris leur place de journalistes après le canular. Laissant le téléspectateur sceptique sur l’information qu’il reçoit. [...] C’est une chose d’ouvrir les yeux sur la nécessaire construction de l’information effectuée par les médias. C’en est une autre d’instiller le doute derrière chaque info."

    J’ai été peiné de lire et entendre, de la part des hommes politiques belges comme de la part de pas mal de médias (et notamment RTL-TVI qui en a bien profiter...) qu’on insistait beaucoup trop sur les questions de la déontologie des médias et du soi-disant scepticisme sucité désormais chez le spectateur vis-à-vis des médias. Soyons sérieux deux minutes, les spectateurs qui se sont laissés berner - et ils sont nombreux - ont désormais compris (sauf ceux qui n’ont absolument pas suivi les commentaires qui ont suivi l’émission) que cette émission était caricaturale à l’extrême, présentait un scénario inimaginable.

    Il est très naïf de croire que, désormais, les spectateurs douteront de toutes les informations données à la RTBF. En effet, non seulement la RTBF n’a pas joué le jeu très longtemps et a très vite montré que c’était une fiction, mais en plus a volontairement insisté sur les clichés. Le mensonge, lorsqu’il est réalisé de façon aussi extrême, ne résiste pas : on en a eu la preuve. Même si la RTBF n’avait rien dit concernant le caractère fictif de son émission (ni pendant, avec le message "ceci est une fiction", ni après), les autres médias (et c’est ce qui est d’ailleurs arrivé, notamment avec la Libre), tout comme les homme spolitiques, les citoyens mieux informés, etc., auraient dévoilé le mensonge ! En réalité, ce qui pose problème aux spectateurs bernées n’est pas la crainte d’être désinformés par la RTBF dans l’avenir, mais le ressentiment (qui va logiquement se réduire avec le temps) d’avoir été "sottement" trompé, l’espace d’une trentaine de minutes.

    Non, le spectateur de la RTBF ne va pas douter de toutes les nouvelles informations diffusées par la chaîne publique. Oui, il est temps de cesser de s’attarder sur cette question. La RTBF a déjà commencé à animer des débats sur la question de la compréhension intercommunautaire, nécessaire pour combattre des clichés tels que ceux volontairement mobilisés dans l’émission. Et cela, dans un sens comme dans l’autre (Wallons<->Flammands. L’émission ne devindra pas une prophétie autoréalisatrice, mais au contraire elle a déjà amené à la création de nouveaux projets pour instaurer une plus grande intercompréhension entre deux communautés géographiquement proches, mais pourtant si éloignées. Le Soir et le journal fllammand "Het Standard", suite à cette émission, ont ainsi décidé de réaliser un projet collaboratif afin de combattre les clichés, de présenter enfin la Flandre aux Wallons, et la Wallonie aux Flammands.

  • permalien
    22 décembre 2006 @16h16   « »

    Effectivement, la docu-fiction de ce J.T.n’apporte rien de vraiment positif : au même moment, à la B.R.T.- canvas que j’avais prise par le plus grand des hasards, Christian Laporte, journaliste à La Libre, s’exprimait avec aisance en néerlandais avec un autre journaliste flamand de la presse écrite et le présentateur-maison : voilà l’exemple à suivre pour les francophones de bonne volonté. Pierre Guyot

  • permalien jcd Bruxelles :
    22 décembre 2006 @19h36   « »

    1. Là où l’on ne parle plus que respect de la déontologie, de respect de l’image "sérieuse" de l’information, rares sont ceux qui se sont manifestés avec autant de véhémence lorsque les mêmes médias (sans afficher le bandeau "ceci est peut-être une fiction") nous ont promenés dans la fiction d’une constitution européenne démocratique ! Alors stop à l’imposture : tout ce qui se dit dans les médias est sujet à caution et doit être recoupé et surtout réfléchi par le téléspectateur, l’auditeur, le lecteur.

    2. Scénario idiot ou outrancier, caricatural ? Réfléchissons et lisons par exemple les documents parlementaires. Le parlement flamand vote régulièrement TOUS partis confondus (des verts à l’extrême droite nationaliste) des résolutions pour la séparation de la Flandre (les dernières en date portent par exemple sur la scission du dernier arrondissement électoral commun aux francophones et aux flamands dans l’ancienne province du Brabant). Pourquoi un jour ne voterait-elle pas la scission ? Le Monténégro, dix fois moins d’habitant que la Flandre a déclaré unilatéralement sont indépendance. Les déclarations unilatérales d’indépendance (ratées ou réussies) sont les cas les plus nombreux. Ce qui les retient encore : le partage de la dette ! et peut-être l’unité syndicale (quoique se pose la question : pour qui votent les affiliés flamands de l’ACV ou de l’ABVV ?) Le scénario proposé n’a rien d’irréaliste. Les partis flamands pomperont la Belgique, puis partiront le processus est en cours depuis cinquante ans, ils ne demanderont pas l’avis des Wallons ni des Bruxellois. Et qui sait peut-être même obtiendront-ils en échange du don de Bruxelles à l’Union européenne la bénédiction des instances européennes !

    3. Le journalisme, pas plus que la politique ne sont des actes pédagogiques ! Le peuple n’est pas à éduquer, il doit être convié à des débats sérieux, politiques, ouverts, non truqués.

    4. Subsidiarement : le Soir par exemple s’obstine à traduire le solgan du Vlaams belang : "que la Belgique éclate" alors que dans l’esprit de nombreux Flamands la traduction exacte est "que la Belgique crève" ; Le président d’un des premiers partis de Flandre estime que les francophones sont trop bêtes pour apprendre le néerlandais, cela fait un tollé mais ne nous leurrons pas pas : c’est ce qu’il pense. La ministre flamande du l’Economie de la région flamande trouve qu’il n’est pas vraiment nécessaire de parler néerlandais pour travailler en Flandre, il suffit d’accepter de travailler "à l’usine", comme le font déjà paraît-il de nombreux Français du Nord. les rapports Flandre versus Bruxelles et Wallonie sont de plus en plus une caricature des rapports Nord-Sud planétaire, une resucée du colonialisme.

    5. Alors vive ce genre de provocation. retirons aux appareils politiques leur petit joujou et discutons de la Belgique comme de l’Europe.Et ne jetons pas la RTBF !

  • permalien Giorgio :
    23 décembre 2006 @13h22   « »

    Une émission en flamand à la RTBF ? Et quoi encore ? Toujours ce syndrome de la joue gauche, typique chez tant de politiciens francophones. Le néo-colonialisme flamand fait suffisamment de ravages que pour que nous y prêtions la main. La Belgique en tant qu’État unitaire n’est qu’une fiction, un triste héritage de Talleyrand, et le faux reportage de la RTBF un coup de fouet que j’espère salutaire.

  • permalien Francine Lecrenier :
    23 décembre 2006 @16h48   « »

    Depuis ce canular, il est question de déontologie du journalisme. Il me semble qu’il est temps d’en revoir les détails : un journaliste de TV qui rend compte des nouvelles politiques doit être neutre, ce qui n’est pas facile, mais il ne peut surtout pas être une vedette. Qu’il y ait des « vedettes » dans les autres domaines, peu importe, même s’ils sont souvent « nombriliques » (vr les bêtisiers)… mais on aime les vedettes. Il me semble que les journalistes TV qui rendent compte des nouvelles générales et ne peuvent donc pas se mettre en avant devraient être plus nombreux pour se relayer, évitant ainsi de laisser aux téléspectateurs une image fixée, porteuse, sans doute, de l’une ou l’autre idéologie.

  • permalien
    26 décembre 2006 @12h29   « »
    La Lettre à jeter du Monde Diplo

    RTBF ? Il s’agissait d’une émission de Libon et Dutilleux (Strip-Tease). Vous argumentez à partir d’informations approximatives ou personnelles. Et votre analyse ne porte pas sur les points importants de cette émission. Vous n’avez pas compris qu’il y avait un intérêt caché dans cette initiative et que les concepteurs ont largement atteint leur but. Enfin, vous vous engouffrez dans la brèche d’une pseudo-critique qui, finalement, laisse les choses en l’état. "Alles kommt, wie es bleiben soll", disent les germanophones en pareil cas.

    Meilleurs voeux cependant, - au Monde Diplo, à ses lecteurs et bien entendu à vous-même. sk.

    Voir en ligne : skarlet

  • permalien Fred :
    26 décembre 2006 @12h34   « »
    investiguer ?

    @ Marouan Moussa : le verbe "investiguer" existe mais...

    v. intr.
    - Anglicisme à remplacer par enquêter, examiner ou étudier.

    (dictionnaire Antidote/32)

  • permalien xéno :
    27 décembre 2006 @23h05   « »

    Le canular était drôle mais beaucoup sont passés à côté.

    En diffusant une émission sur le séparatisme flamand uniquement sur la RTBF, c’est la Wallonie qui en réalité a fait sécession.

    Son instigateur s’est justifié en prétendant que l’objectif de la "blague" était "pédagogique". Les flamands resteront donc ignares.

    S’il fallait être drôle, il aurait fallu déclarer l’indépendance de la Wallonie ou du Brabant !

    En se référant au tableau de Magritte "ce tableau n’est pas une pipe", le parallèle qui me vient à l’esprit est celui, de cet autre rigolo, qui quelque part en Iran déclare, « ce massacre n’était pas une Shoa ».

    Décidément l’avenir appartient aux bouffons. Et les perspectives de bidouillages des opinions publiques nous laisse entrevoir des lendemains désopilants

  • permalien
    30 décembre 2006 @09h30   « »

    Va dire ca à marco p’tit oli, dit lui donc qu’il a fait ca pour l’audience....

  • permalien ilyess :
    12 septembre 2007 @09h28   «

    bonjour bonsieur,madame voila ont et un jeune couple qui a perdu nos droit parentaux je jouer avec le fils de ma compagne puis il et tomber contre le mure cetai un acident et sa etai reconu devant le trubunal corectionel que jetai inocent et lenfant de ma compagne et bien avec moi puis voila le fils de ma compagne a etai placer par des gents et ont a pas su pkoi puis ont ma acuser moi et ma compagne de kidnapind d enfants je vener davoir un anfant avec ma compagne il avait tous juste 1ans quand ont nous la placer maintanant sa fait 4ans quont courd pour nos enfants et ont nous a toujour pas dit pkoi ont nous les a retirè et personne ne comprend et ont et desz parents pas parfait mais bien comme tous les parents nos goss non jamais manquer vrement de rien sait la maraine de ma compagne qui a salie nos dossier parce que elle veux pas nous les remtre et la justice et de son coter que peux ton nous faire ont tien plus le coups sait deja 4ans et ils ont dit quont les recupere 1 septembre mais ont veux pas sait deja 4ans et ma compagne et enceinte de mon 2ieme avec elle merci pour votre comprenhension jatend une reponse de votre part

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