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Discours de George W. Bush

par Alain Gresh, 11 janvier 2007

Le discours du président Bush sur l’Irak a été publié par le site du New York Times, sous le titre : « Transcript of President Bush’s Address to Nation on U.S. Policy in Iraq ». On peut aussi en voir des extraits sur le même site.

En voici quelques extraits traduits qui me semblent significatifs. Ils confirment la vision idéologique du président Bush, en rupture désormais avec une partie importante des élites américaines, y compris républicaines. Pour lui, le monde vit une nouvelle guerre mondiale et l’Irak est un terrain de cette guerre dans laquelle les Etats-Unis ne peuvent reculer (voir le paragraphe "troisième guerre mondiale" sur mon blog). On remarquera aussi qu’il ne fait aucune allusion à la solution du problème palestinien.

« Ce soir en Irak, les forces armées des Etats-Unis sont engagées dans un combat qui déterminera la direction de la guerre globale contre le terrorisme et notre sécurité ici à la maison. La nouvelles stratégie que je développe ce soir changera notre orientation en Irak et nous aidera à gagner dans le combat contre le terrorisme. » (...)

« Après voir analysé les succès et surtout les échecs de la stratégie américaine, le président Bush affirme : "Les conséquences d’un échec sont claires : le radicalisme islamique extrémiste grandirait, grandirait en force et gagnerait de nouvelles recrues. Ils seraient en meilleure position pour renverser des gouvernements modérés, créer le chaos dans la région, et utiliser les revenus pétroliers pour financer leurs ambitions. L’Iran serait encouragée à poursuivre sa recherche d’armes nucléaires. Nos ennemis auraient des bases sûres d’où ils pourraient planifier et lancer des attaques contre le peuple américain. Le 11 septembre 2001, nous avons vu ce qu’un refuge pour les extrémistes de l’autre côté du monde pouvait apporter dans les rues de nos villes. Pour la sécurité de notre peuple, nous avons besoin que l’Amérique réussisse en Irak. »

Après avoir affirmé que l’essentiel était de rétablir la sécurité à Bagdad (et les raisons pour lesquelles les précédents plans avaient échoué), il affirme que le déploiement de plus de troupes irakiennes et l’envoi de 20 000 soldats américains permettraient d’atteindre cet objectif. Il souligne les engagements pris par le gouvernement irakien et dit que « j’ai fait clairement comprendre au premier ministre et aux autres dirigeants irakiens que l’engagement américain n’était pas indéfini dans le temps. Si le gouvernement irakien ne remplit pas ses promesses, il perdra le soutien du peuple américain – et aussi du peuple irakien ».

Le président Bush souligne ensuite les obligations du gouvernement irakien à améliorer le sort des citoyens, sur le plan économique et sécuritaire. Il dit que le gouvernement irakien s’est engagé à investir 10 milliards de dollars à cette fin, à tenir des élections locales avant la fin de l’année, à réformer les lois sur la débaasisation (qui interdit à des anciens membres du parti Baas d’occuper des fonctions officielles) et à amender la constitution.

Parmi les objectifs fixés, l’envoi de 4000 soldats dans la province d’Al-Anbar où opère Al-Qaida. « Nos soldats, hommes et femmes en uniforme, ont supprimé la base sûre dont Al-Qaida disposait en Afghanistan, et nous ne lui permettrons pas d’en recréer une en Irak ».

« Réussir en Irak demande aussi de défendre son intégrité territoriale et de stabiliser la région face au défi extrémiste. Cela nécessite d’abord de regarder (adressing) l’Iran et la Syrie. Ces deux régimes permettent aux terroristes et aux insurgés d’utiliser leur territoire pour entrer et sortir d’Irak. L’Iran donne un appui matériel aux attaques contre les troupes américaines. (...) Nous allons chercher et détruire les réseaux qui fournissent des armes sophistiquées à nos ennemis en Irak. »

« Nous devons prendre aussi des mesures pour renforcer la sécurité de l’Irak et protéger nos intérêts au Proche-Orient. J’ai récemment ordonné le déploiement d’un nouveau porte-avions dans la région. Nous étendrons le partage des informations et nous allons déployer des systèmes de défense aérienne Patriot pour rassurer nos amis et nos alliés. Nous allons travailler avec les gouvernements turc et irakien pour résoudre les problèmes le long de leurs frontières. Et nous allons travailler avec d’autres pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires et de dominer la région. »

« Nous allons utiliser toutes les ressources diplomatiques des Etats-Unis pour rassembler des soutiens à l’Irak à travers la région. Des pays comme l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Jordanie et les Etats du Golfe doivent comprendre qu’une défait américaine en Irak créerait un nouveau sanctuaire pour les extrémistes et poserait une menace stratégique pour leur sécurité. » (...)

« Ce qui se joue à travers le grand Moyen-Orient est plus qu’un conflit militaire. C’est la guerre idéologique décisive de notre temps. D’un côté, il y a ceux qui croient en la liberté et en la modération ; de l’autre, les extrémistes qui tuent des innocents et ont proclamé leur intention de détruire notre mode de vie. A long terme, le moyen le plus réaliste de protéger le peuple américain est d’offrir une solution de rechange pleine d’espoir face à l’idéologie de haine de l’ennemi, et cela en faisant avancer la liberté dans cette région du monde. » (...)

Après avoir annoncé sa volonté d’informer le Congrès sur la nouvelle stratégie, d’écouter le point de vue des élus, de former un nouveau groupe bipartisan qui « aidera à gagner la guerre contre le terrorisme ». Et Bush annonce sa volonté d’augmenter les effectifs de l’armée américaine.

« Et il conclut en s’adressant aux citoyens américains : L’année qui vient demandera de la patience, des sacrifices et de la détermination. Il peut devenir tentant de penser que les Etats-Unis peuvent renoncer aux fardeaux de la liberté. Mais les temps d’épreuves révèlent le caractère de la nation. Et, tout au long de l’histoire, les Américains ont toujours su faire face aux pessimistes, et nous avons pu ainsi renforcer notre foi dans la liberté. Aujourd’hui, nous sommes engagés dans une nouvelle lutte qui déterminera le cours du nouveau siècle. Nous pouvons gagner et nous gagnerons. Nous allons de l’avant avec confiance dans l’Auteur de la liberté qui nous guidera dans ces heures difficiles. Merci et bonne nuit. »

Alain Gresh

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