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Une nouvelle stratégie de contre-insurrection américaine

mardi 16 janvier 2007, par Alain Gresh

Excuses. Je suis actuellement en voyage dans le Golfe. A Bahreïn, j’ai participé au lancement d’une édition locale du Monde diplomatique en arabe. Dans les Emirats arabes unis, j’ai donné des conférences sur la France et l’islam et cherché un partenaire pour une autre édition en arabe du Monde diplomatique. J’ai eu des problèmes de connexion au site, problèmes dus peut-être à de la censure. Mais, si c’est le cas, j’ai découvert (après un certain temps) que l’on pouvait facilement contourner les censures en entrant indirectement sur le site. Et je reprends donc mon blog.

Arabie saoudite. Human Rights Watch publie son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. On y trouvera des chapitres consacrés à tous les pays du Proche-Orient (y compris Israël) et de l’Afrique du Nord. La partie consacrée à l’Arabie saoudite se veut très pessimiste. Le rapport note que « la réforme politique naissante s’est grippée en 2006. Le gouvernement n’a pas suivi les recommandations de la cinquième et plus récente session du Dialogue national de décembre 2005, ou de sessions antérieures, notamment la possibilité de désigner des femmes comme juges. Le point de vue des conservateurs s’est durci en réponse aux petits pas de démocratisation sociale ». Une délégation de l’organisation a été admise dans le pays à la fin de l’année 2006, mais cette visite, selon HRW, avait donné lieu à quelques incidents, notamment le refus de laisser la délégation visiter une prison.

L’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri La polémique enfle sur le rapport présenté par Serge Brammertz – le juriste belge nommé pour succéder à Detlev Mehlis comme président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur l’assassinat de Rafic Hariri le 14 février 2005 et qui assure cette charge depuis décembre 2005. Cette polémique est évoquée dans un article du quotidien libanais en anglais Daily Star, de Hour Samaha, intitulé « Beirut sidesteps Security Council tiff over Hariri probe » (13 janvier), affirmant que le Liban ne prendra pas parti. Selon le rapport de Brammertz, dix pays n’ont pas coopéré avec la commission et le ministre de l’information Ghazi Aridi a dit que « la coopération avec la commission des Nations unies était demandée à tous », mais il n’a pas évoqué la lettre du représentant russe au Conseil de sécurité Vitaly Churkin demandant la publication de la liste des dix pays. Cette demande a été rejetée par le Conseil de sécurité, notamment par la France. Selon l’édition du 12 janvier du quotidien libanais en arabe Al-Akhbar, proche de l’opposition, ces pays qui refusent de donner des informations seraient notamment les Etats-Unis (qui disposeraient de photos satellites de l’attentat) ; Israël (qui n’a pas fourni les photos prises par ses avions d’espionnage avant et après l’attentat contre Hariri) ; la France (qui refuse de remettre le suspect Mohammed Said Saddik qu’elle détient à la commission et au gouvernement libanais). Parmi les autres pays cités par le quotidien, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Australie, les Emirats arabes unis et le Brésil. Plusieurs sites ont lancé au mois de décembre cette polémique, notamment Loubnan ya loubnan du 24 décembre. Interrogé le 12 janvier, le porte-parole du ministère français des affaires étrangères a répondu à une question sur le sujet : « Je n’ai pas de commentaire à ce sujet. Nous avons pleinement coopéré avec la Commission. Je ne vois pas d’où peut venir cette information. »

Une nouvelle stratégie de contre-insurrection américaine

Deux nominations de militaires ont précédé le discours du président Bush, celle du général quatre étoiles David Petraeus, 54 ans, qui commandera les troupes de la coalition en Irak (en remplacement du général George Casey) et celle de son adjoint, le général Ray Odierno, 52 ans. Ces nominations semblent indiquer une « inflexion » de la stratégie militaire de « contre-insurrection » en Irak. Petraeus a déjà assuré deux commandements en Irak, où il est resté pendant deux ans et demi ; d’abord celui de la division aéroportée 101 lors de l’invasion américaine en mars 2003 ; ensuite la supervision de l’entraînement de la nouvelle armée irakienne. Il a été l’une des têtes pensantes de la mise à jour du manuel de contre-insurrection publiée au mois de décembre 2006. Diplômé de l’académie militaire West Point, il a aussi soutenu un doctorat de l’université de Princeton sur le thème : « L’armée américaine et les leçons de la guerre du Vietnam ». Rick Atkinson du Washington Post (7 janvier) en dresse un portrait flatteur, le présentant comme un des intellectuels de l’armée, dans « Iraq Will Be Petraeus’s Knot to Untie » (L’Irak sera le prochain nœud à défaire pour Petraeus).

Dans un entretien donné au New York Times du 8 janvier, sous le titre « War Could Last Years, Commander Says » (La guerre pourrait durer des années déclare le commandant), son adjoint, le général Ray Odierno, affirme qu’il faudra deux à trois ans aux troupes américaines et irakiennes pour l’emporter. « Je crois que le peuple américain, s’il sent que nous allons l’emporter, sera patient. » Et il ajoute : « La frustration actuelle qu’il ressent vient du fait qu’il n’a pas l’impression que nous faisons des progrès. » Selon le général, si les efforts pour « sécuriser » Bagdad n’ont pas réussi, c’est que les troupes américaines ne pouvaient rester sur place après avoir pris le contrôle d’un quartier ; maintenant, avec l’augmentation des effectifs, elles le pourront. De plus, au lieu de se concentrer uniquement sur les quartiers sunnites, elles iront dans tous les quartiers.

La spécialiste du Proche-Orient Helena Cobban ne partage pas les vues positives qui circulent dans la presse sur les deux nouveaux dirigeants militaires. Elle les conteste sur son blog. Odierno a commandé la quatrième division d’infanterie en Irak, entre mars 2003 et avril 2004. Elle cite le livre du journaliste du Washington Post Thom Ricks, Fiasco : The Americain Military Adventure in Iraq (Fiasco : l’aventure militaire américaine en Irak), qui évoque les écrits d’Odierno sur l’utilisation d’une forte puissance de feu : « Nous avons utilisé les Paladins (un système de canon de 155 millimètres) tout le temps que nous avons été sur place (…) Nous avons utilisé la plupart des nuits les bombardements que j’appelle “pro-actifs ”. » La conclusion du général est que « l’artillerie joue un rôle significatif dans les opérations de contre-insurrection ». Cela est contraire, explique Cobban, à l’expérience de toute l’histoire des activités de contre-insurrection qui prône l’utilisation la plus restreinte possible de l’artillerie, une restriction difficile à mettre en œuvre avec une artillerie qui tire de loin… « En fait, ce qu’Odierno écrit est que le mode d’opération en Irak inclut de tirer de manière indiscriminée, avec des pièces d’artillerie lourde, simplement pour “harceler” et, souvent de manière préventive, “interdire” toute action d’éventuels opposants, peut-être imaginaires. »

« Dans les pages qui suivent, poursuit Cobban, Ricks écrit sur les excès meurtriers et croissants commis par un des commandants travaillant sous la direction d’Odierno dans la quatrième division, le colonel David Hoggs. » Le livre donne des détails sur l’utilisation de moyens disproportionnés par la quatrième division, qui a pacifié la région à court terme, mais qui a aliéné des larges parties de la population à long terme. Le livre donne beaucoup de détails sur l’utilisation de la violence par cette division ; selon un général qui a servi en Irak, « ce qu’a fait la quatrième division est un crime ».

Ces pratiques sont d’autant plus inquiétantes qu’elles sont reprises dans le nouveau manuel de contre-insurrection, que Helena Cobban analyse, chapitre par chapitre, de manière détaillée, et dont elle définit les grandes lignes :

« 1- Petraeus et ses coauteurs ont formulé une doctrine pour des situations dont ils pensent sans doute qu’elles se produiront dans l’avenir, au-delà de l’Irak et de l’Afghanistan et dans lesquelles les troupes américaines aideront des gouvernements amis à combattre des contre-insurrections. Aucun des exemples donnés dans le chapitre 1 ne se réfère à l’Afghanistan.

2- La doctrine assume une possibilité très étendue pour les militaires américains d’éliminer n’importe quel “extrémiste” que l’on juge violent et/ou ne voulant pas se réconcilier avec le gouvernement hôte.

3- La doctrine affirme que les commandants militaires américains se trouvant dans des opérations de contre-insurrection devraient avoir la prééminence dans la prise de décision sur le personnel local de l’ambassade américaine, les ONG, et même le gouvernement hôte.

4- Le manuel tente d’aborder des problèmes fondamentaux de la théorie démocratique, comme celle du consentement des gouvernés, la primauté du contrôle des politiques sur les militaires ou la souveraineté nationale. Mais les militaires américains sont ce qu’ils sont et le manuel ne répond pas à ces défis conceptuels. »

« En conclusion, écrit Cobban, le général Petraeus a tenté fortement d’être brillant et de produire une doctrine qui puisse permettre aux forces occupantes étrangères d’écraser un mouvement national de résistance aux multiples facettes et profondément enraciné, et de faire tout cela d’une manière “démocratique”. Mais il a échoué. »

20 commentaires sur « Une nouvelle stratégie de contre-insurrection américaine »

  • permalien K :
    16 janvier 2007 @08h05   »

    Voici auussi l’avis de Juan Cole sur mercurynews le 14.01.2007

    MISREADING THE ENEMY (MAL INTERPRÉTER L’ENNEMI).

    Qui est l’ennemi en Irak, exactement ? En premier lieu, c’est environ 50 groupes principaux de guérilla arabes sunnites. Ceux-ci ont des noms tels que les brigades de la révolution 1920, l’armée de Mohammad, et le Conseil du Guerrier Saint. Certains ont leurs racines dans le parti Baath, un parti nationaliste et socialiste arabe qui avait dirigé l’Irak a partir de 1968. D’autres ont une base dans des quartiers urbains ou dans les clans ruraux. Certains se composent de musulmans fondamentalistes. Un de ces groupes se fait appeler « Al-Qaida » mais n’a aucun vrai lien avec Oussama Ben Laden et son organisation, et a simplement adopté le nom. Les Baathistes et les néo-Baathistes, menés par Izzat Ibrahim al-Douri (un ancien bras droit de Saddam Hussein), sont probablement les plus importants et les plus mortels de ces groupes de guérilla.

    Ces cellules de guérilla sont enracinées dans le secteur arabe sunnite, environ 20 pour cent de la population de l’Irak, qui avaient apprécié des siècles de domination en Irak. De lui sont venus les hauts bureaucrates, les directeurs des compagnies, les corps dirigeants, le peuple qui savent comment faire les choses. Ils savent où se trouvent environ 200.000 tonnes restants d’explosifs cachés, disséminés dans le pays par l’ancien régime. Ils ne peuvent pas pour la plupart accepter d’être dirigés par ce qu’ils voient comme un nouveau gouvernement d’Ayatollahs chiites et des seigneurs de guerre Kurdes, ou d’être occupés par l’armée et les marines américains. Ces Sunnites irakiens ont l’appui de millions de Co-religionnaires dévoués, et parfois riches, en Syrie, en Jordanie, en Arabie Saoudite et les royaumes du pétrole du golfe Persique.

    Suite ci-dessous

  • permalien K :
    16 janvier 2007 @08h09   « »

    Suite Juan Cole

    ...

    Les guérilleros savent qu’ils ne peuvent pas combattre de front les militaires des États-Unis. Mais ils n’en ont pas besoin. Ils savent quelque chose que les Américains ne pourraient pas entièrement comprendre. L’Irak est un pays de clans et de tribus, de Hatfields et de McCoys, de rancune et d’inimitié. Les clans sont plus importants que les identités religieuses telles que Sunnite ou Chiite. Ils sont plus importants que les appartenances ethniques telles que Kurde ou Arabe ou Turkmène. Tous les membres du clan sont liés par l’honneur pour défendre ou venger chacun des autres membres. Ils sont des bandes non pas de frères mais de cousins.

    Le Président Bush dans son discours mercredi a imaginé que les guérilleros parvenaient aux voisinages de Bagdad et dans les villes de la province d’Al-Anbar de l’extérieur. Il a proposé que, comme solution à ce problème, les États-Unis et les troupes irakiennes devraient les dégager hors de la et alors tenir les quartiers urbains pendant un certain temps, pour les empêcher de revenir. Mais les guérilleros ne sont pas des étrangers. Ils sont les habitants de ces quartiers urbains, qui gardent des armes dans leurs W-C et sortent masqués la nuit pour s’adonner au massacre et au sabotage.

    Bush croit que $1 milliards investis dans un programme d’emplois produiront de l’emploi ce qui amènerait les jeunes hommes a moins probablement succomber aux flatteries des recruteurs de guérilleros. Mais sans sécurité vous ne pouvez pas avoir une économie prospère qui puisse produire des emplois, et n’importe quel argent que vous mettez dans une telle situation sera simplement du gaspillage. Les guérilleros font souvent $300 par mois, un très bon salaire dans l’Irak d’aujourd’hui. Il y a peu de probabilité que le programme d’emplois de Bush produira beaucoup d’emplois qui convaincront les Irakiens de quitter leurs groupes de guérilleros et milices. Pour beaucoup d’entre eux, servir est une question de protection du voisinage ou d’engagement idéologique. Tout n’est pas question d’argent.

  • permalien K :
    16 janvier 2007 @08h13   « »

    Suite et Fin Juan Cole

    Une autre raison pour laquelle les $1 milliards de Bush pour l’a création d’emplois ne sont pas impressionnants est que l’Iran offre à l’Irak $1 milliards d’aide aussi bien. Et on estime que les guérilleros dans le port méridional de Bassora volent et passent en contrebande $2 milliards par année d’équipements pétroliers de la ville. Faites le total, et les Etats-Unis sont battus d’une large marge.

    Puisque les guérilleros arabes sunnites ne peuvent être défaits ou empêchés de provoquer des inimitiés massives de clans qui déstabilisent le pays, il n’y a qu’une façon de sortir du marécage. Les Etats-Unis et le gouvernement Chiite d’Irak doivent négocier un règlement mutuellement satisfaisant avec les chefs arabes sunnites de guérillas. Ces entretiens seraient plus faciles si les guérilleros formaient un parti politique civil qui agirait en tant que leur porte-parole. Ils devraient être encouragés à faire ainsi. Leur première et plus pressante demande est que les Etats-Unis établissent un calendrier pour le retrait de ses troupes. Les Etats-Unis devraient accepter leur offre de pourparlers une fois qu’un calendrier est annoncé.

    L’engagement de Bush de plus de 20.000 troupes est prévu pour faire face a seulement une des tactiques des guérilleros, consistant a conquérir puis tenir des quartiers. En cela, il se concentre sur seulement une petite partie des territoires arabes sunnites. Les guérilleros n’ont pas besoin de tenir de tels voisinages pour continuer à s’engager dans le sabotage et la provocation des inimitiés artificielles.

    Tant que les Arabes sunnites de l’Irak sont si profondément mécontents, ils produiront simplement plus de guérilleros avec le temps. Bush suit la tactique militaire pour gagner une guerre qui peut seulement être gagnée par la voie des négociations.

  • permalien vlad :
    16 janvier 2007 @08h47   « »

    le dernier manuel du Pentagone,livre de chevet de Bush,dont un des inspirateurs est le general Petraeus est analysé dans l’article :
    Baghdad 2025,The Pentagon Solution to a Planet of Slums
    By Nick Turse
    http://www.tomdispatch.com/index.mh...

  • permalien bert :
    16 janvier 2007 @08h54   « »

    "Ceci est contraire, explique Cobban, à l’expérience de toutes l’histoire des activités de contre-insurrection qui prône l’utilisation la plus restreinte possible de l’artillerie, une restriction difficile à mettre en œuvre avec une artillerie qui tire de loin…"

    Ceci est une erreur de la part de Mme Cobban. je ne citerais qu’un rapport rédigé au début des années 90 suite au retour d’expérience de la guerre des soviétiques en Afghanistan, guerre qui eut un fort impact sur les stratégies et tactiques US en matière de "contre -insurrection" :
    "maneuver units and artillery must cooperate more closely than in conventional warfare (...) direct fire is a viable offensive firing technique, not just a defensive mesure (...)artillery assets can play a major, active role in convoy escort and accompaniment (...)cities, towns and villages will have civilians in them and gunners will have to develop techniques to fight around them (...) precision guided munitions have an increasing role in counterinsurgency"

    Je ne jugerais pas de la valeur de ce rapport, ni des implications juridiques ou morales de ce qui y est écrit, mais ces quelques exemples montrent que l’armée américaine veut utiliser l’artillerie comme pivot dans la guerre menée en Irak.

    Quand à l’arrivée d’un énième "homme providentiel", cela n’aura évidemment aucune influence sur le cours du conflit. On sait depuis longtemps qu’une guerre ne se gagne pas avec un général, voire plusieurs. De plus, cette guerre ne se gagnera pas, car il n’y a jamais eu, au sens qu’avait Clausewitz du terme, de but de guerre précis. Enfin, on ne gagne jamais une guerre d’agression et d’occupation, sauf à commettre un génocide.

    le seul vainqueur de cette guerre est Israel, débarassé d’un rival puissant dans sa sphère d’influence. Maigre résultat pour l’armée US ?

  • permalien Pierre :
    16 janvier 2007 @10h11   « »

    Saint Eustache et Saint Roch témoignent de la redoutable efficacité de l’artillerie en milieu urbain !

  • permalien Jean :
    16 janvier 2007 @12h50   « »

    A Bert,

    Israel vainqueur ? Ils ont réussi à mettre le bazar, c’est sûr, et à mettre un écran de fumée de 3 ans sur leurs activités coloniales. Par contre, vu l’instabilité nouvelle qu’ils ont largement contribué à susciter avec leurs amis d’outre atlantique, la victoire ressemble à ce qu’ils ont fait au Liban.

    C’est bien pour ça qu’ils poussent à la poursuite du conflit, pour entraîner les US en Iran, et si possible en Syrie. En Israel non plus, les baffes ne servent pas de leçon. "Si un problème ne peut être résolu par la force, alors il le sera par plus de force" (c’est de qui ?). La victoire n’est vraisemblablement pas encore à portée de main.

    Bon, on va encore exporter de la démocratie pour longtemps.... Heureusement que le peuple libéré (et survivant) l’accueille avec des fleurs......

    Cordialement

  • permalien bert :
    16 janvier 2007 @13h52   « »

    C’est vrai, le terme vainqueur est impropre. On ne connait pas les buts, donc, difficile de savoir s’il sont atteint, voire s’il est seulement possible de les atteindre !
    Mais l’état d’Israel ne peut qu’être satisfait de voir l’Irak détruit, au mieux victime d’une partition forcée plus problématique pour d’autres rivaux que pour Israel. la Turquie, l’Iran avec les kurdes, les états arabes sommés de choisir leur camp, l’Iran jouant ses pions dans un contexte difficile. En termes de politique à long terme, je crois que c’est tout bénéfice pour Israel, mais les choses, les conditions changent si vite !

    Au début des années 80, l’Irak et l’Iran étaient en guerre, tandis que les soviétiques occupaient l’Afghanistan, Israel au Liban...Au début des années 90, l’Irak subissait sa première défaite contre l’occident, on apprenait qu’en fait, pendant les années 80, Israel aidait militairement l’Iran, les européens plutôt l’Irak, les USA aidaient les deux...Les soviétiques n’existaient plus, chassés d’Afghanistan, et la Syrie arrivait au Liban. En 2000, indifférence envers l’Afghanistan, laissée au Pakistan, l’Irak sous embargo, Israel face à un "sérieux" et peu désiré processus de paix...
    Qu’en sera t’il en 2010 ?

  • permalien Pierre :
    16 janvier 2007 @16h17   « »

    En attendant la guerre atomique, l’Iran tremble :

    PetroChina, filiale cotée de CNPC, a récemment signé un protocole d’accord pour acheter trois millions de tonnes de gaz de Pars pendant 25 ans, à partir de 2011.

    1 - Accord TOTAL/GDF sur le GNL en Iran

    2 - Iran : contrats avec Total

    3 - Gazprom examine sa coopération avec l’Iran sur le gaz

  • permalien K :
    16 janvier 2007 @20h38   « »

    Les politiques américaines amoindrissent la sécurité d’Israel disent les experts israéliens

    Après des années de politique de support de l’administration Bush au Moyen-Orient, un nombre de plus en plus important d’Israéliens critiquent ouvertement les Etats-Unis l’accusant de créer plus, et non pas moins, de danger pour Israël.

    Les experts israéliens affirment que les politiques américaines ont déstabilisé l’Irak, renforcer les forces anti-Occidentales d’Iran au Liban et ont préparé le terrain du contrôle de l’autorité palestinienne par les Islamistes militants.

    « Les menaces pour la sécurité et la stabilité de Moyen-Orient ont empiré en 2006, » ont récemment averti des experts au Centre pour les Etudes Stratégiques de Jaffee de l’université de Tel Aviv. « L’échec américain en Irak a lésé la position des États-Unis au Moyen-Orient. »

    Peut-être de façon plus saisissante, dans leur évaluation annuelle de la situation, les analystes israéliens ont conclu qu’il valait mieux que les Etats-Unis sortent de l’Irak plutôt que d’ajouter des troupes, comme le propose le Président Bush.

    « Aucun intérêt israélien n’est servi par la continuation de la présence américaine en Irak, » a dit Mark A. Heller, un chercheur du centre Jaffee qui a aidé à produire le rapport annuel « Middle East Strategic Balance » du groupe.

    L’administration Bush « est simplement discréditée dans la région en tant qu’acteur, » a dit Yossi Alpher, un ancien responsable du centre Jaffee, maintenant co-directeur de www.bitterlemons.org, un site Web commun Palestino-Israélien financé par des donations privées et une concession de l’union européenne.

  • permalien K :
    16 janvier 2007 @20h49   « »

    Les politiques américaines amoindrissent la sécurité d’Israel disent les experts israéliens : (SUITE et FIN)

    La conclusion que les Etats-Unis ont amoindri la sécurité d’Israel, et la critique croissante de la politique de l’administration Bush sont pour le moins ironiques.

    Sécuriser Israël, l’allié le plus étroit de l’Amérique dans la région, était l’une des justifications de l’administration Bush de renverser Saddam et pour favoriser la démocratie dans toute la région. Israël a été constant dans son appui des initiatives des États-Unis depuis les attaques terroristes du 11/9/2001, de l’évincement des Talibans en Afghanistan au renversement de Saddam jusqu’aux menaces envers l’Iran et la Syrie. Les anciens fonctionnaires et conseillers d’administration de Bush qui ont poussé ces initiatives sont parmi les défenseurs américains les plus inconditionnels d’Israël.

    Mais un nombre de plus en plus important d’experts israéliens croient maintenant que la politique des États-Unis a échoué. La menace de l’armée de Saddam a été remplacée par les dangers d’une guerre civile volatile qui menace les frontières de l’Irak. En évinçant Saddam et les Talibans, les Etats-Unis ont éliminé deux contrepoids essentiels par rapport à l’Iran, qui a plaisir maintenant à accroître puissance et influence.

    “Quand le Etats-Unis ont enlevé Saddam Hussein du pouvoir, les gens étaient contents ici parce que il représentait une menace majeure » a dit Eytan Gilboa un professeur en science politique à l’université Bar-Ilan. « Mais ceci a augmenté la menace Iranienne, et l’Iran est le plus dangereux pays au monde »....

    « Le genre d’image flatteuse que les Américains ont d’eux-mêmes et, franchement, que chacun a de l’Amérique, est que d’une façon ou d’une autre les Etats-Unis sont capables de faire n’importe quelle chose qu’elle s’est mise en tête et tout ce dont elle a besoin est qu’elle en ait la volonté politique, » a t-il dit. « Je pense que c’est une interprétation totalement erronée de la réalité. »

  • permalien K :
    16 janvier 2007 @21h15   « »

    L’auteur du dernier paragraphe « Le genre d’image flatteuse etc.. » n’est pas Eytan Gilboa comme le texte peut le laisser croire, mais Heller (plusieurs passages entre les deux derniers paragraphes n’ont pas été traduits)

    Par ailleurs Yossi Alpher, co-directeur de www.bitterlemons.org évoqué dans cet article, est le même qui avait déclaré, aprés la guerre du Liban (article nyt : “Dans le Nouveau Moyen-Orient, une vieille amitié à l’épreuve”) :

    - « Pour qu’Israël garde le contrôle, nous avons besoin de plus de vieux Moyen-Orient, pas du nouveau Moyen-Orient. »

    - « À la différence de Bush, un chef israélien regarde l’Iran par le prisme de l’holocauste et de sa responsabilité envers la survie des juifs. Cela peut sembler pompeux, mais à la fin du jour cela importe, et ainsi nous pouvons être disposés à faire les choses les plus étranges. »

    Etranges déclarations pour un co-directeur d’un “site dédié a la paix”.

  • permalien Pierre :
  • permalien Daniel :
    16 janvier 2007 @21h29   « »
  • permalien Pierre :
    16 janvier 2007 @21h36   « »

    Oui mais pas de démenti pour les propos d’Olmert qui met directement en cause les Etats-Unis.

  • permalien saintyves :
    17 janvier 2007 @02h19   « »

    La guerre d’Irak :
    Conçue en Israël ?
    WTM Enterprises

    Dans un article fleuve paru dans The American Conservative ,l’historien et vieux routier de la diplomatie, Paul W. Schroeder, y remarque (juste en passant) :

    "La vraie raison, ainsi que la motivation cachée derrière cette politique, est vraisemblablement : la sécurité d’Israël."

    Si la sécurité d’Israël, écrit Schroeder, est la véritable motivation américaine pour faire la guerre, alors, à ma connaissance, cela représenterait quelque chose d’unique dans l’histoire.

    Pour moi, ce serait le premier exemple où une grande puissance (USA) (en fait, une super-puissance) combattrait en tant que mandataire d’un petit pays satellite (Israel).

    Pour découvrir les véritables motivations de la guerre projetée contre l’Irak, il faut d’abord se poser cette question :

    Comment les attaques terroristes du 11 septembre ont-elles pu conduire à planifier cette guerre contre l’Irak, même s’il n’y a aucune preuve que l’Irak ait été impliquée ?

    Depuis le jour de ces agressions, les néo-conservateurs, essentiellement (mais pas exclusivement) d’origine juive et de conviction sioniste de droite, ont essayé d’utiliser cet évènement pour fomenter une guerre à grande échelle contre le terrorisme islamique, dont les cibles coïncideraient avec les ennemis d’Israël.

    l’un d’eux sinon, le principal architecte de cette invasion ( Wolfowitz) a ete recompensé pour sa "bravour" en heritant de la presidence de la Banque Mondiale, http://questionscritiques.free.fr/edito/Weekly_Standard/Fred_Barnes_22_mars _2005.htm

    Uri Avnery, qui connaît bien le premier ministre israélien, a écrit que Sharon a imaginé, depuis longtemps, des plans grandioses pour restructurer le Moyen-Orient et que "les vents qui soufflent aujourd’hui à Washington me rappellent Sharon

    Une autre preuve de la main d’Israel dans les evenements en Irak, et probablement de ce qui se passera pour l’Iran (une autre menace potentielle pour Israel), est l’assassinat aujourd’hui de 68 universitaires Irakiens, repartis entre etudiants et professeurs, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=ADI20060306&articleId=2066
    les plans machiaveliques SIONISTES, imposés aux etanusiens ont decidé de "suprimer" tout les aspect d’un etat moderne en Irak, en l’occurence, les universitaires et les savants.

    D’autre part, l’Iran est toujours sur la Sellette, les Israeliens s’impatientent, et sont meme pres à un compromis, faire un "cadeau" (etat aux frontieres provisoires qu’ils pourront reannexer plus tard) aux Palestiniens, en echange d’un bombardement des installations nucelaires Iraniennes.

    Voir en ligne : La guerre d’Irak : A ete conçue en Israel ?

  • permalien saintyves :
    17 janvier 2007 @02h50   « »

    Un debut de siecle sanglant

    le neo colonialisme, ou l’IMPERAILISME americain, imposé par la bande des NEOCON’s, est entrain de coduire le monde vers une confrontation planetaire.
    L’idéologie fondatrice de cette nouvelle vision est celle du theoricien Leo Strauss, qui est lui meme disciple de Carl Schmitt, les articles reunis dans le site online demontre sans ambiguité la naissance d’un nouveau totalitarisme, qui dans un passé reçent a conduit à l’avenement du NAZIZME, et la deuxieme guerre mondiale.

    Les réseaux straussiens

    Le principal straussien dans l’administration Bush est le vice-ministre de la Défense, Paul Wolfowitz, qui a étudié auprès d’Allan Bloom à l’université de Chicago. Depuis les années 70, il compte parmi ses collaborateurs Richard Perle, Steven Bryen et Elliot Abrams. On peut en citer un autre, l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, aujourd’hui membre du Defense Policy Board.

    Strauss, Carl Schmitt et le Troisième Reich
    par Barbara Boyd

    Il est indispensable de connaître le contexte historique dans lequel se sont développées les idées de Leo Strauss et de son professeur et collaborateur Carl Schmitt. Les néoconservateurs modernes ont reconceptualisé la théorie fasciste de Schmitt afin qu’elle s’intègre bien aux structures de croyance « fondamentalistes chrétiennes », une évolution assez inquiétante de l’administration Bush au sein de laquelle néo-conservateurs et fondamentalistes chrétiens sont légion. Selon le professeur allemand Heinrich Meier, il faut remonter à la source : la collaboration, dans les années 30, entre Strauss et Schmitt sur la théorie d’Etat totalitaire telle qu’elle a été développée par Schmitt.

    Le principal juriste des nazis, Carl Schmitt, a puisé à différentes sources - dont le droit romain, Thomas Hobbes, Jean-Jacques Rousseau et Emmanuel Kant - pour concocter une théorie du droit synthétique qui subvertit la Constitution de la République de Weimar et rationalisa le putsch d’Hitler

    .

    Voir en ligne : Leo Strauss : l’idéologie fasciste des faucons

  • permalien Pierre :
    17 janvier 2007 @07h16   « »

    Vous avez dit insurrection ?

    Arabie saoudite : pas de réunion extraordinaire de l’OPEP face à la chute du cours

    De plus, la position saoudienne est loin d’être désintéressée dans l’affaire, car à l’heure ou l’Irak s’apprête à autoriser des compagnies étrangères à exploiter ses importantes réserves de pétrole, l’Arabie saoudite pourrait devoir restreindre ses propres quotas dans le cas ou l’Irak se verrait à nouveau fixer des niveaux de production. En tout état de cause, le gouvernement saoudien pourrait être réticent à restreindre à nouveau les volumes de pétrole. Si la mesure s’avérait inefficace pour enrayer la chute des cours, elle diminuerait cependant mathématiquement ses revenus, les quantités produites étant moindres.
  • permalien PJ. A. :
    17 janvier 2007 @23h44   « »

    A propos de l’utilisation des Paladins dans les opérations de contre-guérilla en Irak évoquées par le général Ray Odierno.

    Dans son ouvrage "Les Etats-Unis hyperpuissance militaire" (Economica, Paris, 2005, pages 104 et 105), Philippe Richardot décrit ainsi le système Paladin : "Le M109A6 Paladin, mis en service en 1991, est un obusier automoteur doté d’une pièce de 155 mm. [Il s’agit en fait d’un canon qui, au lieu d’être tracté par camion, dispose de son propre système de propulsion, qui le fait donc ressembler à un char]. Il pèse 32 tonnes et tire à 24 km des munitions normales et à 30 km des munitions autopropulsées". Il dispose de divers systèmes de navigation et de conduite de tir, un système de navigation, une protection NBC".

    On ne peut qu’être frappé de l’inadéquation entre les caractères de la guérilla et l’utilisation du Paladin. Pour donner un ordre de grandeur, Paris est censé mesurer 18 km d’est en ouest. 24 km, cela représente 6 km de plus : comme si on tirait du bois de Vincennes sur la Défense !
    L’impression qui se dégage de ce type de tactique est celle du possesseur d’un engin qui cherche à trouver des utilisations à cet engin sans se demander si cette utilisation est adéquate. On peut, dans un premier temps, en tirer deux remarques :

    - Les habitudes de la guerre du Vietnam ont été conservées. Contre des guérilleros se déplaçant à pied, se mouvant dans des souterrains, les Etats-Unis ont mis en oeuvre des porte-avions, des B-52 venus de Guam. Bien que plus "légers", les Paladins relèvent de la même logique.

    - Il existe une cohérence psychologique et culturelle dans les divers comportements des Américains. En médecine, ils privilégient une chirurgie "high-tech", très chère, qui réalise des prouesses, mais délaissent la médecine préventive et abandonnent leur population pauvre à la suralimentation, qui cause obésité, diabète, affections cardio-vasculaires, cancers, etc. Mais cette médecine préventive est bon marché, obscure et lente à produire ses effets, donc peu gratifiante. Dans cet ordre de comparaison, le choix d’une "guerre de riches" répond à d’autres critères que ceux de l’efficacité.

  • permalien Pierre :
    20 janvier 2007 @21h04   «

    L’artillerie permet des tirs d’une grande précision à 10 km pour les 155 en lobant les obstacles..

    Dans le cas d’utilisation en milieu, urbain l’objectif est surtout" terroriste", après les traumatismes subits par la population pendant les bombardements de Clinton et lors de la guerre Bush, quelques obus éclairants, peuvent réveiller des blessures psychiques, bien plus efficacement qu’une opération de maintien de l’ordre traditionnel et sans danger pour les artilleurs.

    Dans le cas de traque de personnes, l’artillerie a une précision suffisante pour détruire un pâté de maisons.

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