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Iran, Liban, incohérences françaises

dimanche 21 janvier 2007, par Alain Gresh

Erratum. J’avais signalé dans mon blog « Médias, mensonges et islam. L’exposition des caricatures sur la Shoah de Téhéran » le caractère absurde du chiffre de 9 millions de visiteurs à l’exposition de caricatures sur le génocide des juifs à Téhéran. La médiatrice du Monde, Véronique Maurus prend acte de cette erreur dans son billet intitulé « Erratum » du quotidien daté du 14-15 janvier.

Tunisie, le bâillon. La répression continue dans ce pays souvent présenté en Europe comme un îlot de stabilité et un bastion de la lutte contre l’intégrisme. Les membres de l’IFEX-TMG, un réseau d’échange international sur la liberté d’expression, rappellent, un an après la tenue en Tunisie du Sommet Mondial de la Société de l’Information (SMSI), sommet parrainé par les Nations Unies :

« Les membres du TMG ont également exprimé leur inquiétude face à la censure exercée par le gouvernement tunisien à l’occasion des altercations meurtrières entre des agents de sécurité et des groupes armés qui ont eu lieu fin décembre 2006 et début janvier 2007 dans les banlieues du sud de Tunis. »

« L’IFEX - TMG appelle donc les autorités tunisiennes à permettre aux écrivains, journalistes, bloggers et éditeurs de s’exprimer en toute liberté sans craindre d’être persécuté ou emprisonné, en accord avec l’Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et avec le Pacte International des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques, dont la Tunisie est signataire. »

Ce communiqué est publié alors que les accrochages avec des groupes armés se sont déroulés en Tunisie, comme le rappelle José Garçon, dans Libération du 4 janvier, sous le titre, « Fusillades à répétition dans La Tunisie tranquille de Ben Ali ».

Benny Morris et le second holocauste. Dans une tribune publiée par le quotidien anglophone The Jerusalem Post du 18 janvier, l’historien Benny Morris, pubie un article intitulé : « This Holocaust will be different » (Cet holocauste sera différent). Benny Morris fut l’un des premiers historiens israéliens à avoir fait des recherches sur l’expulsion des Palestiniens en 1948-1950 et à avoir analysé la politique israélienne de cette période de manière très critique. Son livre, The birth of the Palestinian refugee problem, 1947-1949 (Cambridge University Press), publié pour la première fois en 1987, reste un classique (Pour un livre en français qui synthétise l’historiographie israélienne sur l’expulsion, on pourra lire, de Dominique Vidal, Le péché originel d’Israël. L’expulsion des Palestiniens revisitée par les "nouveaux historiens" israéliens, aux éditions de l’Atelier). Mais, depuis la seconde Intifada, il a "radicalisé" ses positions, expliquant que l’expulsion était justifiée et que l’Etat d’Israël serait plus tranquille sans minorité arabe. Son texte cité ci-après annonce un nouvel holocauste contre les juifs et l’impuissance de tous à l’arrêter.

« Le second holocauste sera très différent. Un matin ensoleillé, dans cinq ou dix ans, peut-être durant une crise régionale ou peut-être sans crise, un jour, un an ou cinq ans après que l’Iran aura acquis la bombe, les mollahs de Qom se réuniront en session secrète, sous le portrait de l’ayatollah Khomeiny au regard d’acier et donneront le feu vert au président Mahmoud Ahmadinejad, qui sera dans son deuxième ou troisième mandat. » Et l’Iran lancera des bombes nucléaires sur Israël.

« Certains des morts seront inévitablement des Arabes (...) Il est improbable qu’un tel massacre de masse de musulmans troublera Ahmadinejad et les mollahs. Les Iraniens n’aiment pas spécialement les Arabes, notamment les sunnites (...) Les Palestiniens, dispersés à travers le monde, survivront comme peuple, comme survivra la plus grande partie de la nation arabe dont ils font partie. Et pour se débarrasser de l’Etat juif, les Arabes accepteront de faire certains sacrifices. »

Iran, Liban, incohérences de la politique française

« En préparant une initiative diplomatique unilatérale en direction de l’Iran, pour discuter avec les autorités de Téhéran de "questions régionales", surtout du Liban, la France a pris de court ses partenaires européens. Le Quai d’Orsay a répété, jeudi 18 janvier, que l’envoi " éventuel" d’un émissaire français était à l’étude, mais qu’aucune décision définitive n’avait été prise à ce sujet. » Dans un article du Monde daté du 19 janvier, « L’initiative française sur l’Iran suscite des réactions mitigées en Europe », Natalie Nougayrède, revient sur une initiative française controversée.

« France planned, then canceled a diplomatic visit to Iran », titre International Herald Tribune du 17 janvier, sous la plume de Elaine Sciolino. La journaliste affirme que l’Elysée avait décidé d’envoyer Philippe Douste-Blazy à Téhéran pour discuter notamment du dossier libanais, mais que le voyage a été annulé deux jours avant, Douste-Blazy ayant dit qu’il ne voulait pas y aller (selon Natalie Nougayrède, Le Monde du 17 janvier, « L’Iran et la campagne électorale française », Nicolas Sarkozy aurait fait pression sur lui). Finalement, c’est Jean-Claude Cousseran, un diplomate qui s’était déjà rendu à Téhéran, qui devait y retourner, mais la polémique semble avoir fait avorter le projet. Sciolino note, à juste titre, que « l’initiative de Chirac est étonnante, car le président a toujours pris une position dure à l’égard de l’Iran et son programme nucléaire, affirmant que l’on ne pouvait lui faire confiance. Alors que d’autres acteurs internationaux, y compris la Russie et la Chine, ont envoyé régulièrement des envoyés officiels de haut niveau à Téhéran, la France s’est allié avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Etats-Unis, en faisant pression l’Iran pour qu’il suspende son programme d’enrichissement de l’uranium ou de subir des sanctions du Conseil de sécurité. En fait, la France a rédigé la plus grande partie de la résolution initiale de la résolution du Conseil, dans une langue dure qui a été atténuée à la fin ». En fait, poursuit la journaliste, le but du voyage envisagé n’est pas de discuter du programme nucléaire iranien, mais du Liban où se trouvent 1 700 soldats français.

Pourtant, dans un article intitulé « Nucléaire : Américains et Européens s’opposent sur la mise en œuvre des sanctions contre Téhéran », Natalie Nougayrède explique dans Le Monde du 18 janvier : « De fortes tensions opposent les Etats-Unis aux Européens, notamment la France, sur la question de la mise en œuvre de la résolution 1737 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a été votée le 23 décembre 2006 et impose, pour la première fois, des sanctions contre l’Iran en raison de la poursuite de ses activités nucléaires. »

« L’administration américaine entend donner l’interprétation la plus large possible à ce texte, dans le but d’accroître la pression sur le régime iranien, notamment concernant les transactions financières avec l’Iran, tandis que les Européens favorisent une approche plus restrictive dans le but de préserver des chances de règlement diplomatique de la crise avec Téhéran. »

« Ces désaccords sur la mise en œuvre d’un texte de l’ONU s’ajoutent à un profond mécontentement américain concernant la façon même dont la résolution 1737 a été négociée en décembre. Washington considère que les Européens sont allés trop loin dans leur souci de s’assurer du soutien de la Russie et de la Chine, qui s’opposaient à des mesures sévères contre l’Iran et voulaient préserver leurs intérêts économiques dans ce pays. »

L’éditorial du Monde du 18 janvier, « Cavalier seul en Iran », note :

« En se lançant dans une ouverture diplomatique vis-à-vis de l’Iran, Jacques Chirac poursuit deux objectifs. D’abord s’assurer que le régime des mollahs ne cherchera pas à s’en prendre, par l’intermédiaire du Hezbollah, son allié au Liban, aux soldats français de la Force internationale, à la frontière avec Israël. Ensuite, essayer de gagner le soutien des Iraniens à une stabilisation démocratique au Liban, où l’opposition est dans la rue pour renverser le gouvernement de Fouad Siniora. »

« Ces objectifs sont compréhensibles, voire louables. Mais la manière dont ils sont poursuivis est étrange. La France agit en solitaire, alors que, jusqu’à maintenant, elle avait étroitement coordonné sa politique libanaise avec les Etats-Unis et qu’elle était à l’origine de la troïka européenne, avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne, qui a négocié pendant plus de trois ans sur le dossier nucléaire iranien. C’est précisément au moment où le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé à l’Iran des sanctions, pourtant édulcorées sur l’insistance de Moscou, que Paris a décidé de faire cavalier seul. »

A quelques mois de l’élection présidentielle, la politique française au Proche-Orient paraît bien incohérente. « Pourquoi la France hésite », nous demandions-nous le 23 août 2006, à propos de l’envoi de troupes au Liban. Nous avions souligné déjà, dans un article du Monde diplomatique de juin 2006, « La voix brouillée de la France », les inflexions et les contradictions de la politique française au Proche-Orient. Si Paris souhaite stabiliser le Liban, pourquoi engager un dialogue avec Téhéran et refuser tout contact avec la Syrie ? La diplomatie française peut-elle utiliser le dossier nucléaire iranien pour sceller un rapprochement avec Washington en 2004-2006, pour faire cavalier seul ensuite ? Le Quai d’Orsay peut-il ignorer que la stratégie décidée par le président Bush en Irak est totalement contraire aux intérêts de la France et pousse à l’affrontement avec l’Iran ? La politique de la France au Proche-Orient est en crise, et il serait souhaitable que l’élection présidentielle permette un débat sur un sujet si important pour l’avenir.

43 commentaires sur « Iran, Liban, incohérences françaises »

  • permalien Pierre :
  • permalien Daniel :
    21 janvier 2007 @12h41   « »

    Lire : Le plan de Bush pour l’Irak : pousser l’Iran à la guerre - Par Trita Parsi, diffusé à l’origine par Electronic Iraq.

  • permalien K :
    21 janvier 2007 @12h43   « »

    Cette incohérence de la politique M-O de la france me semble due en partie au fait qu’elle veuille miser sur plusieurs chevaux à la fois, l’issue de la crise y régnant étant incertaine. Il faut craindre qu’en bout de course les gains soient bien modestes.

  • permalien K :
    21 janvier 2007 @13h05   « »

    Concernant les liens entre le Hezbollah et l’Iran, voila ce qu’on peut lire sous la plume d’un des plus farouches porte-parole du camp dit “du 14 mars”, Issa GORAIEB dans un édito ou il évoque « les ouvertures iraniennes en direction de Washington » en 2003 dans lesquelles les iraniens se disaient prets à lacher le Hezbollah :

    « ...ces contacts souterrains devrai[en]t, plus que jamais, donner à réfléchir aux dirigeants du Hezbollah. »

    « Car l’heure est largement venue pour ce parti de convaincre les nombreux sceptiques qu’il n’est pas un instrument aux mains de Téhéran et Damas, qui finira un jour dans la remise à outils ; que c’est lui au contraire qui tire avantage de ses amitiés extralibanaises ; et surtout qu’il le fait dans sa quête sincère d’un Liban meilleur, plus juste, plus serein, plus en paix avec lui-même. Dans sa longue interview télévisée d’hier soir [19.1.2007], Hassan Nasrallah a, comme d’habitude, déployé des trésors d’intelligence, d’éloquence, d’assurance tranquille. »

  • permalien K :
    21 janvier 2007 @14h12   « »

    En écho à la nouvelle révélée par Pierre, Total se renforcerait en Iran, la France semble ne plus vouloir « sacrifier ses intérêts économiques, l’Elysée [ayant] mis [précédemment] son veto à la signature d’un important accord entre la compagnie pétrolière Total et la Syrie... » (voir lien « La voix brouillée de la France »)

  • permalien Alain Gresh :
    21 janvier 2007 @15h27   « »

    A propos de Total. Dans la discussion sur la politique française, il faut évidemment prendre en compte les différents intérêts et les différents groupes de pression. Total (comme d’autres entreprises françaises qui travaillent avec l’Iran) est l’un de de ces groupes. Mais il l’était aussi il y a deux ans, et pourtant la politique française à l’époque s’est rapprochée de celle des Etats-Unis. On ne peut donc expliquer cette politique française par un seul facteur et je pense que le changement que j’évoque est avant tout dû à la situation au Liban et à la présence de troupes françaises au Sud, dans une zone sous forte influence Hezbollah. Et Paris tient, pour des raisons évidentes, à garantir la sécurité de ses troupes là-bas.

  • permalien Vvolodia :
    21 janvier 2007 @16h34   « »

    " Le second holocauste sera très différent. "

    Comme ça, vous serez contents ? 7(millions) d’un coup !! quelle grande victoire, digne d’une grande nation, d’un grand peuple !!

  • permalien K :
    21 janvier 2007 @21h30   « »

    Benny Morris et le second holocauste.

    Voila ce que nous dit aussi ce monsieur dans son apocalyptique « scénario de jour du Jugement dernier » (meme reference que celle d’A.G) :

    [Le leadership israélien] aura t-il le culot (ou plus vulgairement, "les couilles"- Would they have the stomach for this?].) pour ceci (l’utilisation du nucléaire) ? Leur détermination à sauver Israel ira-t-elle jusqu’à tuer de maniere préventive des millions d’Iraniens et, en fait, détruire l’Iran ?

    Puis Benny ajoute : L’arsenal nucléaire d’Israel est inutilisable. Il peut seulement être employé trop tôt ou trop tard. Il n’y aura jamais un « bon » moment. L’employer « trop tôt, » c-a-d avant que l’Iran n’acquière des armes semblables, et Israel se retrouvera dans le rôle du paria international, une cible universelle d’attaques musulmanes , sans ami dans le monde ; « trop tard » c-a-d après que les Iraniens aient frappé.

    C’est :

    - un des textes les plus retors qu’il m’ait été donné de lire : qu’Israel frappe (de manière préventive s’il vous plait) l’Iran, et elle n’aura plus d’ami. Que l’Iran frappe Israel et cela restera sans conséquence pour l’Iran puisque Benny nous dit que comme avec le premier holocauste, la communauté internationale ne fera rien. Tout sera fini pour Israel, en quelques minutes.

    - Une invitation claire à utiliser (de manière préventive s’il vous plait) le nucléaire contre l’Iran, le pathos qui l’enrobe étant destiné à la “communauté internationale” pour que le moment venu celle ci l’excuse de ce geste certes terrible, mais malheureusement inévitable...

    S’il y a de quoi pleurer on sait exactement pourquoi.

  • permalien
    21 janvier 2007 @22h44   « »
    Bush doit partir

    Bush doit partir Seule sa mise en accusation peut l’arrêter

    par Paul Craig Roberts

    Mondialisation.ca, Le 16 janvier 2007

  • permalien Pierre :
  • permalien K :
    22 janvier 2007 @14h51   « »

    Benny Morris et le second holocauste

    Independent 22 janvier 2007 : Israelis prepare public for conflict with ’genocidal’ Iranian regime (Les Israéliens préparent le public pour un conflit avec le régime iranien « génocidaire »)

    Le Chef de l’opposition israélienne Benyamin Natanyahou a dit lors d’un forum de sécurité à Herzliya hier que les différents états et compagnies devraient dépasser les sanctions économique de l’ONU. Il a argué du fait que la première étape devrait être d’appeler à des sanctions financières qui « empechent le génocide » et « délégitimise le régime de l’Iran par la pression économique et politique ».

    « Ou cela arrêtera le programme nucléaire sans qu’il y ait besoin d’une opération militaire, ou cela y conduirait. Quand nous parlons de gagner l’appui de l’opinion publique sur le génocide, qui mènera la charge sinon nous ? Personne ne viendra défendre les juifs s’ils ne se défendent pas. C’est la leçon de l’histoire. »

    The Swoop : The gathering crisis over Iraq has, as one NSC official acknowledged, “made a US attack on Iran not a rational proposition.” However, White House analysts have concluded that the Israelis also discern the same US reluctance on Iran. “Therefore,” we have heard, “the Israelis may try to force our hands by acting on their own.” Ironically, US tactical intelligence on Israeli attitudes toward striking Iran is not good.

    Traduction : Les répercussions de l’Irak, comme l’a reconnu un fonctionnaire du NSC , « ne font pas d’une attaque des USA contre l’Iran une proposition raisonnable. » Cependant, les analystes de la Maison Blanche ont conclu que les Israéliens aussi discernent la même hésitation des USA concernant l’Iran. « Par conséquent, » nous a t-il été dit, « les Israéliens pourraient essayer de nous forcer la main en agissant eux memes. » (les démocrates américains, amis d’Israel avant tout, seraient alors forcés de les soutenir)

  • permalien Ana :
    22 janvier 2007 @15h39   « »

    Après la rhétorique Benny Morris, la reprise du thème du ’génocide à venir’ par le politique : Les Israéliens préparent le public à un conflit avec le "régime iranien génocidaire", par Anne Penketh, 22 janvier 2007 - The Independent

    A droite toute - en Israël.

  • permalien Ahmad :
    22 janvier 2007 @15h43   « »

    salam,Mr gresh évoque certaines libertés que des médias prennent(et parfois corrigent)les éditions font pas mal aussi,voir larticle e, ligne sur oumma.com à propos de flamarion et de tariq ramadan,qui au passage, passera dans risposte sur france 5 à 18h dimanche 28 janvier,face a philipe de villiers. salam

  • permalien K :
    22 janvier 2007 @18h20   « »

    - Virginia Tilley :

    Pourquoi une alliance Américano-Israélienne si dangereuse dans une mission aussi clairement folle ? La vieille stratégie nécon d’un Clean Break (une rupture nette), est une réponse évidente. Mais les objectifs peuvent être plus larges. Une frappe sur l’Iran par Israël pourrait être la solution magique pour les néocons américains en perte de vitesse et leur cahotante mission militaire globale. Aucun démocrate vivant de nos jours ne voterait alors contre les fonds américains nécessaires pour « défendre Israël » d’une contre-attaque iranienne. Générer une menace directe envers Israël peut en effet maintenant être leur seule manière d’assurer la poursuite d’un financement généreux de la guerre.

    Si une attaque israélienne est en effet en suspend, seul quelque chose ressemblant a un coup d’état à Washington peut l’arrêter.

    - Clean Break :

    « D’après Rainer Rupp, spécialiste international du journal allemand « Junge Welt »4 , cette nouvelle guerre contre le Liban est aussi la deuxième phase d’un plan stratégique élaboré en 1996 par l’extrême droite américaine. Cette stratégie est exposée dans un document, « A Clean Break » (une rupture nette),5 soumis à l’époque au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Elle visait à rompre avec le processus de paix d’Oslo et de fournir à Israël la possibilité d’étendre une fois pour toute son empire loin au-delà des frontières actuelles. »

  • permalien Ana :
    22 janvier 2007 @18h41   « »

    Moshe Yaalon en remet une couche : Le conflit n’est pas dû à l’occupation.

  • permalien K :
    22 janvier 2007 @18h55   « »

    Pour le Clean Break, voir aussi Caroline Pailhe.

  • permalien Groucho :
    23 janvier 2007 @06h48   « »

    Bonjour, Je lis souvent la solution : "un seul état". Quelqu’un peut-il m’expliquer plus cette solution ? Quelques liens sont les bienvenus.

  • permalien Pierre :
    23 janvier 2007 @09h08   « »

    Groucho,

    Définir l’État a toujours été source de conflit dans le monde académique.

    Le XIXième par sa brutalité (industrialisation, colonisations) a généré des reactions utopistes dans les populations.

    Ces utopies ont étés nourries par les malheurs des hommes : luttes de classes, pogromes, conflits racistes, esclavagisme, guerres etc.

    Ces utopies ont générées des expériences pendant tous les XXième siècle. (soviètisme, apartheid, nazisme, communisme etc.) qui ont toutes échouées.

    Le sionisme est la dernière utopie qui ait survécue au XIX et XXiémes siécles. L’état sioniste d’Israel (à coté d’un état palestien) a été créer sur les ruines du IIIième reich au moment ou les états du monde se mettaient en route vers une "gouvernance globalisé" afin d’éviter les conflits inter-états.

    L’économie israélienne a besoin des palestiniens, les palestiniens ont besoin des israéliens, d’où l’idée d’un état unique. L’utopie a joué son rôle en permettant la création de l’état Israël. Si l’état Israël est créer alors le sionisme n’a plus de raison d’être. Si le sionisme persiste, c’est qu’il n’a pas atteint son but. C’est donc un échec.

    Israël-Palestine : un Etat pour tous, Yéhouda

  • permalien Groucho :
    23 janvier 2007 @10h23   « »

    Merci Pierre. Est-ce que cette solution a été envisagée à un niveau officiel ? Un tel projet a-t-il été discuté à un haut niveau ? Quelles sont les positions officielles vis à vis d’un tel projet ?

  • permalien Pierre :
    23 janvier 2007 @11h29   « »

    Le problème, c’est que depuis l’affaire du canal de Suez le couple franco-britannique qui faisait la loi dans la région s’est disloqué sous le pression des Etats-Unis.

    l’Angleterre s"est tournée vers les US, et la France vers l’Europe.

    Depuis le guerre des 6 jours, ce sont les Etats-Unis, qui décident de qui fait quoi, car ils ont bâti leur économie sur le dogme de l’énergie abondante et bon marché et que la région regorge de matères premières.

    Même si les dirigeants palestiniens et israéliens (et encore plus leurs peuples qui se côtoient de fait) ont conscience de la situation, un mauvais génie (genre main invisible de A. Smith) vient les séparer.

    L’intervention des Etats-Unis est permanente, surtout depuis la chute du mur Berlin où là aussi les US entretenaient une situation économique artificielle qui leur permettait de justifier la présence de bases militaires au centre de l’Europe. Cette pression qui s’exerçait directement en Europe (premier concurrent commercial des US), s’est déportée vers la périphérie.

    Les rumeurs récentes de négociations entre la Syrie et Israel interrompue sous la pression US illustrent cette situation.

  • permalien K :
    23 janvier 2007 @12h44   « »

    Benny Morris et le second holocauste

    Wash Av Huffy Crew (Blog) :

    Benny Morris and the "determination" to pre-emptively kill millions of Iranians (Benny Morris et la "détermination" à tuer de manière préventive des millions d’Iraniens) :

    ...je m’indigne à l’idée qu’une attaque nucléaire sur des Iraniens innocents serait moins qu’un acte de génocide. La différence réside t-elle dans le fait qu’une attaque Iranienne ressortirait d’une haine aveugle, alors qu’une attaque nucléaire israélienne obéirait a un acte (préventif) défensif ? Mais l’Iran a déjà des excuses défensives pour la même sorte d’attaque (..). En effet, même avant l’annonce du développement nucléaire de l’Iran les Etats-Unis ont encouragé le changement de régime de Téhéran. Depuis le début du programme nucléaire le risque d’attaques possibles contre l’Iran n’a fait qu’augmenter.(..) L’article de Morris est soit l’expression d’un pessimisme total ou un appel tacite pour une attaque nucléaire « déterminée ». Je ne vois de pertinence dans aucune des deux propositions

    Matthew Iglesias :

    - Il y a des raisons théoriques et historiques plus que convaincantes de croire qu’aucun pays ne lancerait le premier une attaque nucléaire contre un autre pays possédant réllement lui-meme une capacité de réplique nucléaire.

    - Il y a très peu de raison de croire qu’une frappe militaire unilatérale non provoquée contre l’Iran retarderait sensiblement la date à laquelle l’Iran pourrait ou ne pourrait pas être en mesure de construire une arme nucléaire.

    - Rien n’est plus à meme de convaincre les futurs gouvernements iraniens qu’ils devraient engager des attaques « préventives » sur d’autres nations dans la région qu’un précédent d’attaque « préventive » sur l’Iran.

  • permalien Vvolodia :
    23 janvier 2007 @12h44   « »

    Pierre, c’est déjà difficile entre juifs ashkénazes, séfarades, mizrahim, couchime et vous voulez y coller les palestiniens ? dur dur. Eux veulent un état dont les lois seront issues de la Sharia, ou franchement la Sharia. Nous voulons des lois issues de ce que vous appelez "l’ancien testament". On peut envisager des accords comme pour l’Europe, tout le monde a à y gagner, et surtout l’indépendance. Ces Etats-Unis du moyen-orient sont la seule solution, et ce serait la preuve que tous veulent la paix, et non pas la disparition de l’autre.

  • permalien K :
    23 janvier 2007 @12h49   « »

    Benny Morris (ref AG) : Comme avec le premier, le deuxième holocauste aura été précédé par des décennies de préparation des coeurs et des esprits, par les chefs iraniens et arabes, les intellectuels occidentaux et les médias. Les messages sont adressés à différentes assistances — mais tous (objectivement) ont servi le même but, la démonisation d’Israel. L’enseignement des musulmans s’est propagé a travers le monde : « Les Sionistes \ juifs sont l’incarnation du mal » et « Israel doit être détruit. » Et des occidentaux, plus subtilement, déclarent : « Israel est un état oppresseur raciste » et « Israel, a cet âge de multiculturalisme, est un anachronisme et superflu ». Des générations de musulmans et au moins une génération d’occidentaux ont été élevées a l’air de ces catéchismes.

    Tony Judt en 2002 :

    ....il vaut la peine de noter qu’en dehors des communautés arabes dans ces pays [européens], irritées par les événements au Moyen-Orient, il y a peu de preuve d’une quelconque augmentation du sentiment anti-Juif parmi les Européens en général. L’extrème droite en Allemagne et en France a toujours été anti-sémite ; et ses partisans peuvent même être responsables d’une partie des destructions de synagogues et des graffitis néo-nazis des derniers mois. Mais ceci justifie difficilement l’argument d’un retour du passé hanté de l’Europe. Le racisme et la xénophobie en Europe sont aujourd’hui un réel et actuel danger, oui. Mais leur cible primaire sont les musulmans, pas les juifs. Les Américains qui sont prompts a accuser les Français en particulier d’anti-sémitisme profondément enraciné pourraient marquer une pause pour réfléchir sur les manifestations d’auto-louange qui a accompagné le choix « hors des sentiers battus- » d’Al Gore d’un juif (Joe Lieberman) en tant comme co-listier -et rappelle que la France a déjà eu cinq premiers ministres juifs depuis la deuxième guerre mondiale.

  • permalien Groucho :
    23 janvier 2007 @13h12   « »

    //Ces Etats-Unis du moyen-orient sont la seule solution, et ce serait la preuve que tous veulent la paix, et non pas la disparition de l’autre.//

    Ces paroles sont très sensées. je desespérai de les entendre de la part de Vv

  • permalien Pierre :
    23 janvier 2007 @13h29   « »

    Vvolodia, des gens qui ne s’entendent pas pas il y en a partout dans le monde et encore plus dans le Livre.

    Journellement des milliers de gens contournent le mur dans les 2 sens, pour subsister.

    Les tribunaux sont là pour trancher les différents.

    Ceux qui de loin remuent la cendre, pourrait bien y trouver le feu.

    Amicalement.

  • permalien K :
    23 janvier 2007 @18h49   « »

    ISRAEL is ready to blitz Iran (ISRAEL est prêt à bombarder l’Iran ) selon The Sun :

    ISRAEL est prêt à bombarder l’Iran dans les mois qui viennent à moins que les mollahs renoncent a leur programme d’armes nucléaires

    La menace de frappe, qui a émergé lors de briefings privés dans une conférence de haute importance sur la sécurité du Moyen-Orient près de Tel Aviv [conférence de Herzileah], horrifiera les leaders du monde discutant toujours au sujet de l’Irak.

    Mais des sources anonymes provenant d’officiels de haut rang ont indiqué clairement que seule une reculade de l’Iran peut maintenant éviter la guerre. La question la nuit passée était si une attaque devrait obtenir le feu vert sans restriction du Président George Bush - ou si l’Amérique frappera d’abord.

  • permalien Ahmad :
    23 janvier 2007 @21h56   « »

    salam,en parlant d’incohérence française,ou sont les médias français pour dénoncer la présence des politiques au repas du crif,c’est du communautarisme,ou est bernard cassen,grand ami du sarkozy de gauche(chevenement),ou est le monde diplomatique ? salam

  • permalien K :
    23 janvier 2007 @22h28   « »

    Dror Zeevi (prof à l’université Ben Gourion, département des études sur le M-O) a une vision complètement différente de l’Iran par rapport à Morris et BERNARD LEWIS qui a émis récemment une opinion aussi désastreuse que celle de Morris.

    Dror Zeevi : « Téhéran est motivé par la peur, non la haine »

  • permalien Ana :
    23 janvier 2007 @22h31   « »

    Au revoir Dan (Haloutz), bonjour Gaby (Ashkenazi)...
    Le Soir, ce 23 janvier.

    Le 19ème chef d’état-major d’Israël : Gabi Ashkenazi
    Arouts 7, ce 23 janvier aussi. Mais dans Arouts 7, mieux que le texte, souvent : les commentaires.

  • permalien K :
    23 janvier 2007 @22h42   « »
  • permalien K :
    23 janvier 2007 @23h35   « »

    Traduction de l’article de Dror Zeevi.

    « (...)

    Le besoin iranien de possibilités nucléaires ressort plus de la crainte que de la haine. Israel, hostile, a des armes nucléaires ; ainsi que le Pakistan sunnite et les Etats-Unis- superpuissance située sur la frontière Iranienne d’Est en Ouest - de même que la Russie, à la frontière Nord de l’Iran. Les armes nucléaires permettraient à Téhéran de faire face à ces menaces comme un égal et de se conduire comme une superpuissance régionale.

    Dans toute discussion concernant les intentions de l’Iran, il convient de noter que tout au long de l’existence de la République islamique, depuis 1979, il n’a pas lancé une seule guerre.

    La guerre contre l’Irak lui a été imposée en 1980 par Saddam Hussein. Les Iraniens n’ont pas envahi l’Afghanistan, malgré leur crainte du régime taliban radical. Ils n’ont pas envahi le sud de l’Irak, et ils n’ont pas essayé d’augmenter leur frontière au nord lors de la chute de l’ancienne URSS. Ils ont été assez futés pour résoudre leurs conflits avec les état du Golfe persique par des moyens diplomatiques.

    Les Iraniens ont toujours montré une sagesse politique et une compréhension réaliste des limites de la puissance. D’ailleurs, en dehors d’Israel et de la Turquie, l’Iran est le plus proche d’être un pays démocratique au Moyen-Orient. L’Iran n’est pas une dictature absolue, et ses dirigeants sont également soumis à la règle de la loi.

    La politique iranienne a un mécanisme sophistiqué d’équilibres et de contraintes pour limiter le pouvoir de ses chefs. Le Président iranien Ahmadinejad n’est pas l’état souverain. Il est obligé d’adhérer à la règle du chef suprême (actuellement Ali Khamenei), et il est aussi élu par le Conseil des Gardiens, un groupe de religieux élus par des élections nationales.

    (....) En dépit des arguments (récemment soulevés par Bernard Lewis) concernant un extrémisme messiannique - à savoir qu’ils seraient prets à se sacrifier dans le processus - les Iraniens n’ont aucune intention de provoquer toute la destruction de l’Iran par leur propre volonté, en particulier au nom d’un nouvel âge et de la réapparition du Mahdi. » A suivre

  • permalien K :
    23 janvier 2007 @23h38   « »

    Suite et fin traduction Dror Zeevi

    « La peur, a dit Master Yoda dans [le film] la Guerre des Etoiles, mène au côté sombre. C’est vrai quand cela concerne le besoin de l’Iran de développer des armes nucléaires, et peut-être, à Dieu ne plaise, de les employer. Ce n’est pas moins vrai la où Israel est inquiet d’assurer sa sécurité par une frappe préventive due à la crainte d’une bombe iranienne.

    Une frappe si préventive peut seulement mener à une guerre dure et globale dans la région qui ruinerait l’économie mondiale, et Israel souffrirait probablement de lourdes pertes. Au lieu de frapper un coup, nous ferions bien de chercher les manières de calmer les craintes israéliennes et iraniennes.

    Le gouvernement israélien devrait faire une proposition à la communauté internationale par laquelle il serait disposé à placer son programme nucléaire sous surveillance internationale pendant 20 années, au bout desquelles il réexaminerait la question. Cela s’appliquerait à tous les états dans la région, y compris l’Iran et le Pakistan, les conduisant à accepter les mêmes règles de surveillance sans limitation, et à stopper le développement de toutes les armes nucléaires.

    L’objectif d’un tel mouvement non seulement viserait à atteindre un compromis et à empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires, mais également accélérerait le processus de changement du régime. Il est bien connu que le fossé entre le régime et les iraniens se creuse.

    Il est évident que le régime emploie l’excuse de l’injustice nucléaire pour renforcer ce qui lui reste d’appui populaire. Une position israélienne dans le sens d’un compromis sur cette question prouverait au public iranien que les arguments du régime sont spécieux, ce qui accélèrerait sa disparition. »

  • permalien K :
    24 janvier 2007 @00h01   « »

    Les commentaires D’Arouts. Insomnie assurée.

  • permalien Pierre :
  • permalien Ana :
    24 janvier 2007 @11h12   « »

    Arouts 7, sans les commentaires, alors...

    Israël rejoindra-t-il les rangs de l’Otan ? 23 janvier 2007

    (...) "Des officiers de Tsahal ont souligné que jusqu’à présent, le dialogue entre Israël et l’Otan ne portait que sur des questions maritimes. Sans négliger son importance, ils ont estimé qu’il fallait à présent l’étendre à d’autres domaines pouvant être profitables pour Israël. Ils ont indiqué par exemple que si Israël, membre de l’Otan, était attaqué par l’Iran, il pourrait alerter les autres pays liés au Traité de l’Atlantique Nord et bénéficer de leur aide et de leur protection."

    (...) "La question a été évoquée au cours de la Conférence de Herzliya qui se déroule ces jours-ci. L’ancien chef d’état-major de l’armée britannique, Lord Charles Guthrie, a estimé qu’il n’était pas question pour le moment qu’Israël soit admis au sein de l’Otan, "tant que ne serait pas résolu le conflit israélo-palestinien".

    (...) "Un autre adepte de l’adhésion d’Israël à l’Otan : le sénateur démocrate John Edwards, candidat à la présidence de son parti aux Etats-Unis. Il a estimé que "les missions de l’Otan dépassant désormais le cadre de l’Europe, il était naturel qu’Israël y soit associé".

  • permalien K :
    24 janvier 2007 @13h47   « »

    OTAN/Israel. Déja le 16.10.2006 un accord de coopération était signé : « This Israel-NATO framework agreement not only has a bearing on the military build-up in the Eastern Mediterranean, which in practice is directed against Syria and Lebanon, it is also related to the massive deployment of US naval forces in the Persian Gulf, oppositie Iran. »

  • permalien K :
    24 janvier 2007 @14h13   « »

    Ce qui frappe c’est le déploiement d’une armada aussi impressionante contre des pays de puissance militaire, économique etc.. de bien bien moindre importance. Mais il est vrai que l’on ne méfie jamais assez des serviteurs du diable (de l’axe du mal) qui peuvent avoir plus d’un tour (maléfique) dans leur sac.

  • permalien K :
    24 janvier 2007 @22h49   « »

    Je traduis quelques paragraphes d’un long article en Anglais de la française Elisabeth PICARD ayant trait aux « incohérences françaises », ici, au Liban.

    LA SCÈNE INTERIEURE FRANÇAISE ET LE LIBAN : PEU DE SENS, TROP DE SENSIBILITÉ.

    Comme mentionné précédemment, la division "gauche-droite" dans la vie politique française tend à se brouiller quand elle en vient à la politique étrangère. Elle disparaît même parfois, une fois confrontée à une crise sérieuse : c’est ainsi que les acteurs politiques français ont parlé d’une voix unanime rare contre l’unilatéralisme américain au début de la deuxième guerre du Golfe, en mars 2003, et l’épisode a brièvement rétabli les ambitions d’une politique française indépendante au Moyen-Orient. La majeure partie du temps cependant, le consensus est faible. Nous pouvons noter une proximité historique entre le parti socialiste et Israel (la génération qui a visité les kibboutz dans les années 60 est maintenant aux commandes) et la sympathie déclarée de François Mitterrand envers les chefs du parti travailliste, et personne n’a oublié le voyage de Lionel Jospin en tant que premier ministre en Israel et en Palestine en février 2000, quand il a parlé du Hezbollah comme d’une « organisation terroriste » . En même temps, dans le parti Gaulliste, l’ambition « d’une politique arabe française indépendante » s’est rapidement fanée, affaiblie par les contradictions entre l’idéologie (opposition au « fondamentalisme », par exemple) et les intérets. D’ailleurs, les acteurs français ont montré peu de compétence à s’imposer dans les coulisses de l’arène politique du Moyen-Orient. En 2006, les ministres et successeurs potentiels a la présidence de Jacques Chirac (des élections sont programmées pour avril 2007), Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, et Dominique de Villepin, premier ministre, se sont concurrencer dans l’expression de leur sympathie pour Israel afin d’attirer les électeurs juifs : Sarkozy a téléphoné pour témoigner de son son appui à ses contre-parties israéliennes à Tel Aviv dès le 12 juillet. Quant à Villepin, il a donné un nouvel élan à la coopération culturelle et militaire en 2002 quand il était ministre des Affaires Etrangères.

    Ceci peut expliquer le consensus tacite sur la politique du Moyen-Orient - des intellectuels au monde des affaires, pour ne pas mentionner les militaires, dont certains ont été frappés par le « syndrome du Vietnam » aprés un sevice au sein de l’UNIFIL ou dans le MF [?]. Le monde universitaire spécialisé en politique arabe a été prié de prendre une pause. Les diplomates au Quai d’ Orsay sont tenus dans l’ignorance. A suivre

  • permalien K :
    24 janvier 2007 @22h53   « »

    LA SCÈNE INTERIEURE FRANÇAISE ET LE LIBAN : PEU DE SENS, TROP DE SENSIBILITÉ. Suite

    Plutôt qu’une discussion stratégique, la crise libanaise a provoqué une course politique et la poursuite d’intérêts corporatifs. La seule résistance au consensus sur la politique du Moyen-Orient de Chirac vient des franges du spectre politique, parmi les pro-Arabes persistants : extrémistes de droite anti-sémites, extrémistes de gauche anti-impérialistes et militants islamistes, tous étant de fait exclus de la chaine de décision. Ce qui plus est, la guerre de l’été 2006, comme l’invasion de 1982, se sont produites pendant les « grandes vacances » françaises [les vacances d’été], qui veut dire, pendant une période d’indifférence sociale et politique générale. Quelques démonstrations isolées et contradictoires organisées par des Palestinians et des Libanais à Paris (toutes appuyant le Liban, mais pas toutes le Hezbollah) completent l’image d’un corps politique français paresseux sinon indifférent.

    Ajouter à ceci que Jacques Chirac a personnellement suivi les affaires libanaises depuis 1998, mais en excluant le sujet du débat parlementaire. Tout au long de l’été 2006 le président est resté omniprésent a travers des déclarations solennelles et des réunions au sommet. Il a semblé contrôler la crise « par les tripes », comme suggéré par un éditorial de Libération, ce qui a conduit à rappeler la critique de Chirac envers George Bush en 2003 quant au fait que celui-ci « se fiait à ses tripes » pour faire face à l’Irak de Saddam Hussein. Même si la monopolisation et la gestion étroite de la politique étrangère par le président n’est pas neuve - Mitterrand a également monopolisé cette fonction « régalienne » - Chirac a mis beaucoup de sentiment dans la politique arabe. Il est bien documenté qu’il a établi les alliances étrangères de la France selon ses affinités personnelles et n’hésite pas à mélanger les affaires publiques et les intérêts d’affaires, un modèle de patronage identifié comme étant une pratique courante dans les états moyens-orientaux et pas tout à fait méconnues des « démocraties de l’hémisphère nord » , quoi qu’elles puissent dire.

  • permalien K :
    24 janvier 2007 @22h55   « »

    LA SCÈNE INTERIEURE FRANÇAISE ET LE LIBAN : PEU DE SENS, TROP DE SENSIBILITÉ. Suite et FIN

    Un exemple de telles pratiques pourrait être la protection spéciale qu’il a accordé au fils et héritier de Hafez Al-Assad, Bashar, qui a été reçu à l’Elysée quand son père était encore vivant et dont les efforts infructueux de réforme politique, économique et administrative, ont été accueillis favorablement par une diplomatie française complaisante pendant trois ans (2000-2003). Par la suite, le ressentiment personnel de Chirac contre Bachar et sa détermination a exclure son protégé non seulement de la scène libanaise, mais également des négociations régionales, ont indiqué le même comportement émotif et impulsif qui entrave la gestion d’une politique étrangère raisonnable. Un autre exemple serait les liens étroits que le président français a établi avec Rafic Hariri et plus tard, aprés l’assassinat du père, avec son fils Saad. Sans aller jusqu’a répéter les accusations de corruption faites par rapport aux deux hommes, le milliardaire Saoudo-Libanais et le politicien français, nous devrions au moins reconnaître pour le meilleur ou pour le pire, que les perceptions de Chirac du Liban d’après-guerre et de la politique française dans ce pays ont été influencées par les idées ultra-libérales de marché de Rafic Hariri. Comment de telles politique menées si émotionnellement , étiquettées avec peine de « limitées et anecdotiques », peuvent t-elles faire face aux vastes projets de la puissance américaine au Moyen-Orient ?

    Bibliographie disponible dans l’article original.

  • permalien
    30 janvier 2007 @21h41   « »

    Bonjour, dans l’article LA SCÈNE INTERIEURE FRANÇAISE ET LE LIBAN : PEU DE SENS, TROP DE SENSIBILITÉ vous dite que l’on a demandé aux universitaires spécialisés sur le monde arabe de faire une pause : c’est à dire ? d’où viennent précisemment les pressions ? D’autre part, je souhaiterai savoir comment vous envisagez l’évolution de la politique extérieure française en direction du Moyen-Orient ? Merci

  • permalien K :
    4 février 2007 @19h02   « »

    Bonjour 30 janvier 21:41 : Ce n’est pas moi qui le dit mais Elisabeth PICARD, chercheur en science politique au CNRS.

  • permalien K. :
    26 juin @22h10   «

    “Depuis qu’il a quitté l’Elysée, Jacques chirac occupe un appartement appartenant à la famille Hariri”, peut-on lire dans Le Monde (ce n’est évidemment pas de Mouna Naim).

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