Le Monde diplomatique
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La carte scolaire

lundi 26 février 2007

En France, la carte scolaire, qui attribue aux élèves un établissement public en fonction du lieu où ils habitent, est contestée. Elle a fait l’objet d’une attention spectaculaire lors de la rentrée de septembre 2006. Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, en campagne présidentielle, a prôné sa suppression. Candidate du Parti socialiste, Mme Ségolène Royal a proposé pour sa part de laisser « le choix entre deux ou trois établissements ». La vingt-sixième mesure de son programme présenté le 11 février 2007 spécifie sans autre précision la nécessité de « réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire ». Le premier ministre Dominique de Villepin a lancé une concertation en vue d’« aménager » cette carte, car sa suppression « conduirait inévitablement tous les parents à vouloir inscrire leurs enfants dans les mêmes établissements », provoquerait « plus d’injustice » et « un formidable dérèglement de l’organisation scolaire ».

Lorsqu’elle est créée dans les années 1960, la carte scolaire constitue est un outil administratif de répartition des moyens qui vise d’abord à faire face à l’accroissement du nombre des élèves, lié aux politiques d’allongement des scolarités, et à assurer un maximum d’hétérogénéité sociale interne aux établissements. Pour l’Education nationale, elle permet de « promouvoir la mixité sociale » et l’« intégration », en contraignant chaque élève à fréquenter un établissement précis en fonction de l’adresse où il réside (en principe, cette contrainte s’exerce uniformément sur tous les individus). Creuset d’intégration sociale, l’école dite républicaine doit permettre la socialisation commune d’élèves d’origines sociales diverses.

Les détracteurs de la carte scolaire postulent que le découpage empêcherait les familles de choisir l’établissement de leurs enfants alors que, selon eux, le jeu de la concurrence permettrait d’atténuer les inégalités. Ses partisans font valoir qu’un assouplissement de la sectorisation conduirait à une augmentation des inégalités de niveau entre établissements et que la liberté de choix ne profiterait qu’à une minorité. Ils préconisent un assouplissement limité uniquement destiné à permettre la mobilité ascendante des élèves défavorisés.

Mais au fond, ce débat n’est-il pas un rideau de fumée occultant la principale injustice, qui réside d’abord dans la distribution sociale des lieux de résidence ?

C’est ce qu’argumentent, dans le numéro de mars du Monde diplomatique, Jean-Christophe François et Frank Poupeau, sous le titre « Carte scolaire, les enjeux d’un débat mal posé ».

37 commentaires sur « La carte scolaire »

  • permalien Valerie :
    27 février 2007 @00h57   »

    Je pense que la suppression de la carte scolaire menerait à un clientèlisme dont les enfants les plus démunis (de par leur milieu social ou leur capacité à se fondre dans le moule de l’école) seraient encore une fois les laissés pour compte de la réfome. Les écoles les plus côtées pourraient alors choisir les meilleurs élèves et en refuser d’autres ?! Alors, comment être sûrs que chaque enfant puisse être inscrit dans un établissement ? En même temps, parler de mixité sociale est une vue de l’esprit. Dans notre belle République les inégalités ne cessent de s’accroître et ceci dès l’école. Mais comment blâmer les parents qui lorqu’ils en ont le choix, préfèrent inscrire leurs enfants dans une école privée ou s’ils peuvent obtenir une dérogation, dans un établissement public plus fréquentable ? Enfin, même avec des moyens accrus, les chances de réussite sont moindres dans les établissements difficiles parce que malheureusement, l’école ne peut pas tout.

  • permalien Marie (Nancy) :
    27 février 2007 @09h57   « »

    L’école ne peut pas tout ,certes ! Mais il faut se demander pourquoi des "professeurs des écoles"(instituteurs) publiques inscrivent leurs enfants dans des Etablissements privés dès la 6 eme ? Est ce cohérent ? D’autre part , si l’on considère que la carte scolaire permet une proximité pour se rendre dans son Etablissement scolaire du quartier ...comment expliquer qu’un lycée comme H. Poincaré à Nancy (54) acceuille des élèves de Saint Nicolas de Port (commune éloignée de Nancy de 15 KM environ ) notamment ? quelle est la proximité géographique ? L’argument du brassage social est utilisé selon ce que l’on veut faire passer comme message ...car dans un quartier comme celui des lycées de centre ville ,les logements sont de standing et non accessibles aux classes/revenus moyen(ne)s. Par conséquent, la carte scolaire qui met en avant la proximité dans son quartier n’est pas valable pour defendre la mixité sociale ... Rien n’est simple ,puisque la carte scolaire ne repond plus aux besoins d’accroissement du nombre d’élèves (comme à l’origine de sa creation) . Pourtant , le principe de laisser le choix entre plusieurs établissements est deja en cours ...Mme Royale ne fait que reprendre l’existant ...en effet parfois selon son quartier ,on propose aux parents jusqu’à 3 établissements possibles. Pourquoi ne pas expliquer clairement à l’opinion publique que tout cela a deja été pensé ? La politique est un "art" bien complexe ! Il convient d’ajouter que parfois un élève n’a pas envie d’aller dans un Etablissement scolaire "réputé rigoureux"car cela lui fait peur et vouloir à tout prix que son enfant y soit , c’est parfois le conduire à l’échec scolaire ou à la dépression . L’idéal est de construire un systhème qui laisse le choix aux parents ( contribuables ,s’il en est !)et également de redonner aux professeurs des écoles de quoi être fiers de leurs responsabilités et aux professeurs de quoi avoir foi en leurs capacités à faire du bon travail quelque soit la population d’élèves qu’ils ont devant eux . Tout n’est pas lié au salaire ...les conditions de travail c’est important mais le salarié fonctionnaire peut aussi raisonner à l’optimum ( comme dans le privé) et marquer sa MOTIVATION à défendre l’Etablissement Publique ...le systhème qui le fait vivre socialement . Comment redonner à ces fonctionnaires l’enthousiasme d’excercer un si beau métier , celui d’enseigner à des jeunes en devenir ?

  • permalien Jacques :
    27 février 2007 @10h17   « »

    Je suis tout a fait d’accord sur la dernière phrase de l’article :

    Mais au fond, ce débat n’est-il pas un rideau de fumée occultant la principale injustice, qui réside d’abord dans la distribution sociale des lieux de résidence ?

    Alors supprimer ou maintenir ou alléger la carte scolaire ne changera pas grand chose au problème posé. La seule solution ne serait-elle pas la recherche de l’excellence dans tous les établissements scolaires à condition bien sur de leur en donner les moyens financiers et humains et en leur donnant aussi une autonomie réelle car chaque établissement a ses propres problemes (les populations concernées ne sont pas identiques, les professeurs ne sont pas identiques d’un établissement à un autre, idem pour les locaux).

    Au XXIeme siècle le rôle du ministère de l’éducation nationale ne peut plus être celui de décider de tout pour tous, mais au contraire de fixer des objectifs communs, de donner les moyens d’atteindre ces objectifs, d’évaluer les résultats obtenus dans la transparence et de laisser à ceux qui sont sur le terrain la vraie responsabilité de trouver les moyens à mettre en oeuvre.

    Dans notre état jacobin, ce n’est pas gagné.... !

  • permalien Patrick de RENNES :
    27 février 2007 @11h08   « »

    Comme dans beaucoup de domaines en FRANCE, nous sommes excessifs et n’avons souvent par voie de conséquence que l’alternative de passer d’un extrême à l’autre. La carte scolaire est un dispositif de régulation, mais qui est une contrainte incontournable pour les plus démunis, et une occasion de jouer à leur sport favori pour bien des privilégiés, le contourner, comme pour beaucoup de lois. Nous sommes donc encore une fois dans notre pays dans une situation où nous affichons notre belle devise républicaine en pleine hypocrisie. Mon propos n’est pas de prôner une option sur la question, mais de rappeler que la carte scolaire est en pleine contravention avec les directives européennes de libre circulation des personnes. Encore une fois, nous sommes prostrés sur notre nombril, croyant que la FRANCE est encore le ou un des centres du monde. Si nous ratons notre dernier rendez-vous en 2009, notre dernière chance, par rapport à l’EUROPE, celle-ci redémarrera sans nous.

  • permalien avatabanana :
    27 février 2007 @11h39   « »

    Il ne faut pas être hypocrite.

    Il y a de bons lycées et de moins bons

    Il y a de bons élèves et de moins bons.

    Pourquoi ne pas donner toutes leur chances aux bons élèves en les inscrivant dans les bons lycées.

    Plutôt que de laisser faire le tri par les relations où l’argent, pourquoi ne pas faire passer un concours national aux elèves au moment de leur inscription dans un lycée.

    Puis ensuite les affecter selon leur choix.

    Ce débat enfant-famille-école serait probablement le moment idéal pour faire une réelle orientation.

  • permalien Matthieu :
    27 février 2007 @12h09   « »

    Je pense que le débat ne se situe pas là exactement ; ne faisons pas dangélisme, des inégalités il y en aura tout le temps avec tous les systèmes (c’est un attribut humain). Mais le problème de fond n’est-il pas sur le rôle de l’état ? Pour moi son rôle est d’éviter que ce soit toujours les mêmes qui aient accès à une éducation de qualité. Tout le monde a le droit d’avoir accès au même niveau d’enseigenmeent quelque soit son millieu (social, géographique, économique, ...). Je veux dire que le problème est plus général encore : on pourrait parler de l’hégémonie parisienne dans ce secteur car c’est là bas que ce situent les "meilleurs" lycée, les "meilleures" prépas bref les "meilleurs" cursus.

    J’apporte pas grand chose au débat, je sais, mais peut être que le problème n’est pas la carte en elle même mais la différence de niveau d’enseignement entre établissement.

  • permalien odilone :
    27 février 2007 @21h54   « »

    ouf !!!

    Les commentaires ci-dessus me font froid dans le dos. Car enfin, quel serait le rôle de l’école avant celui, éventuellement, de former à une profession. Le rôle de l’école est avant tout, à mon avis, d’apprendre à lire, à écrire, à compter pour chaque enfant né, sans discrimination aucune. Le rôle de l’école est d’ouvrir au monde l’esprit de chaque enfant né, sans discrimination aucune, de lui fournir des clés afin de comprendre le monde tel qu’il est, de lui fournir des clés pour l’affronter, faire la part des choses entre ce que disent certains, ce que disent d’autres. De lui permettre d’analyser, même sommairement, ce qui se trame et de se forger une personnalité propre, citoyenne, épanouissante, enrichissante, créatrice pour lui et ses contemporains. À lui ensuite, en toute conscience et de sensibilité intérieure de poursuivre ou non des études. Et puis de lui donner envie de vivre et de se battre pour la vie. À ce titre, tous les enfants, sans discrimination aucune, ont droit à une scolarité minimale, essentielle et indispensable dans ce pays dit démocratique. La France est un pays riche, elle a les moyens de dispenser ce minimum vital pour tous. Nos ministres et nos élus sont payés suffisamment chers pour que l’on puisse attendre d’eux une solution satisfaisante pour tous ou alors à quoi bon ? Quelle leçon donner à nos enfants si le gouvernement n’est pas fichu d’offrir à ses enfants une éducation digne de ce nom ?

  • permalien mc :
    27 février 2007 @22h47   « »

    je reprendrai la dernière question ... rideau de fumée, car finalement certes la distribution de l’habitat est rarement synomyme de mixité sociale , et la distribution des places scolaires est à l’image de l’occupation des habitations... mais qu’à cela ne tienne prenons un exemple ou la carte scolaire ne fonctionne pas, LILLE pour ne pas la nommer ... et bien la non-carte scolaire est encore plus ségrégative... école primaires qui n’acceptent les enfants qu’en fonction des résultats antérieurs , et peut être plus incidieusement en fonction de la profession des parents....cette situation serait à analyser sérieusement pour peut-être voir que la carte scolaire protège de discrimination à la tête ou au profil....malgré tous les défauts qu’elle peut avoir... et que finalemnt la question de la sélection scolaire se pose à un autre niveau.. celui de la reproduction sociale qui s’opère par le jeu des acteurs de l’institution.

  • permalien Raina :
    28 février 2007 @08h20   « »

    Tout à fait d’accord avec votre conclusion.

    La ghettoïsation scolaire naît dans les quartiers « Cachan » où les mêmes origines sociales, affublées de tous leurs problèmes, s’entassent faute de ne pouvoir matériellement accéder à des conditions d’hébergement dignes ; des conditions qui partent d’un logement à taille humaine conforté par un loyer décent et termine au beau milieu « des meilleurs » voisinages.

    De fait, la ghettoïsation scolaire commence dès la maternelle avec la réunion de bambins dont les points communs sont les carences, le rang social, la couleur de peau ; elle s’accentue dans le secteur primaire avec l’apprentissage de la lecture et des fondamentaux entre enfants de mêmes carences, de même rang social, de même couleur de peau ; et elle émerge enfin de façon flagrante au collège poussée par un passif de carences qui continuent de s’accumuler à une heure où le cerveau tourne à plein régime et les crises d’adolescence, privées de mots et d’amour, sont dévastatrices…

    Les cocottes minutes finissent toujours par exploser à force d’un trop plein de pression. Dans la ZEP, cette pression est sociale et territoriale. J’insiste sur l’aspect territorial. C’est bien évidemment sur ces deux points dès la maternelle qu’il faut travailler…

    Ne nous étonnons pas des phénomènes de discrimination à l’embauche quand "un monde" vient à la rencontre de "l’autre monde" pour demander du travail et qu’avant jamais ces deux mondes ne se sont rencontrés, ont échangé, tout simplement vécu ensemble...

    Il faut détruire tous les grandes concentrations d’individus de même rang social et les répartir judicieusement au sein de tous les autres quartiers sans distinction... C’est pour moi la seule façon d’apprendre enfin à vivre ensemble !

    Le veut-on vraiment ? là est la vraie question au sens politique du terme.

    Voir en ligne : L’enseignement et le sous enseignement

  • permalien Jérémy Courel :
    1er mars 2007 @15h49   « »
    Des réformes de fond

    (je vais faire long et donc poster plusieurs messages - désolé)

    La "vraie" solution est évidemment contenue dans l’interrogation finale. Travailler à une meilleure répartition socio-culturelle spatiale des ménages est le moyen le plus efficace pour lutter contre les inégalités. C’est un objectif ambitieux mais indispensable. Dès lors que celui ci serait atteint la carte scolaire pourrait remplir plus efficacement son rôle. J’ajouterais que cette mixité urbaine doit se faire à une échelle fine, infra-communale, faute de quoi on ne ferait que déplacer le problème. On notera d’ailleurs que, déjà aujourd’hui, plus on observe des territoires fins plus les inégalités sont fortes : en d’autres termes, les différences entre collèges et lycées sont plus fortes à l’intérieur d’une même commune qu’entre deux communes, entre deux communes qu’entre deux départements etc... Toutefois il faut aussi convenir que l’objectif d’une mixité socio-culturelle spatiale satisfaisante est un objectif de long terme.

    Alors que faire ? L’urgence sociale, qui s’est notamment manifestée au travers de la grave crise de novembre 2005, impose d’agir au plus vite pour combler un fossé de plus en plus infranchissable. Déjà engager les moyens pour que ce chantier indispensable soit mis en oeuvre. Ces moyens sont financier mais également politiques. Il faut contraindre les communes à aller dans ce sens de manière déterminée et efficace. En gros il faut une loi SRU aménagée et surtout renforcée avec des moyens de contrainte sur les maires et autres élus récalcitrant (le plus souvent pour des question de satisfaction de leur électorat soit de respect d’une volonté communautariste venue d’"en haut"). Il faut également et simultanément réfléchir à une adaptation de la carte scolaire pour qu’elle remplisse mieux ce rôle qu’on souhaite lui attribuer de produire de la mixité sociale (je parle de mixité sociale, socio-culturelle, mais il est évident qu’il faut aussi prendre en compte la dimension "ethnique" même si cette dernière est relativement bien "re-couverte" par la dimension sociale).

    Comment faire ? C’est une question à laquelle je n’ai pas de réponse toute faite. Je pense qu’il faut revoir le découpage à la lumière des inégalités pré-existantes. Quitte à ce que ce découpage soit moins efficace sur la question de la proximité de l’établissement par rapport au domicile. Quitte à organiser des services de transports collectifs pour les élèves. Quitte à améliorer la question de l’après-classe avec des travaux dirigés en "étude". Quitte à inventer des solutions nouvelles...

  • permalien Jérémy Courel :
    1er mars 2007 @15h51   « »
    Des réformes de fond

    Ensuite je pense aussi qu’il faut lutter contre les différentes formes d’évitement scolaire. Ces stratégies d’évitement minent le rôle de la carte scolaire. Il est légitime de vouloir le meilleur pour ses enfants (je connais le problème) mais il est inacceptable de laisser se produire un phénomène qui fragilise tant les fondements de notre vivre-ensemble. Il faut être plus vigilant sur les question de fraudes, sur les arrangements par relations des familles avec les chefs d’établissements etc... Il faut également sortir de la logique des "fausses options" qui sont autant de prétextes pour échapper à la carte scolaire (comme de prendre turkmène avancé en lv3...). Pour autant il ne s’agit pas de supprimer ces enseignements mais de les sortir de la décision d’affectation. Si un enfant souhaite apprendre le russe il le pourra. Il lui suffira d’aller dans le collège / lycée qui l’enseigne le samedi matin par exemple mais il ira dans le collège / lycée attribué par la carte scolaire pour l’ensemble de ses autres cours. Personnellement, lorsque j’étais au lycée j’avais une option dans un autre et ça ne m’a pas tué que de devoir fréquenter deux établissements. Bien sûr cela demande de l’organisation tant du point de vue des familles que du personnel des établissements mais je doute que cela soit insurmontable.

    Reste pour finir le problème des écoles privées. Déjà rappelons que les écoles privées ne se localisent pas par hasard. Actuellement l’analyse de leur répartition spatiale montre qu’elles suivent deux contraintes principales : se localiser là où il existe déjà une offre d’enseignement (elles ne comblent donc pas les trous - en général en tout cas) et également sur des territoires présentant des contextes sociaux plutôt favorisés. En simplifié elles vont là où elles ont une clientèle potentielle déjà existante et là où il y a des ressources. Il faut donc sans doute inclure l’enseignement privé dans la carte scolaire afin d’éviter que les amateurs de stratégies d’évitement ne se replient sur cette solution.

  • permalien Jérémy Courel :
    1er mars 2007 @15h52   « »
    Des réformes de fond

    Par ailleurs il faut noter que la question d’un accès moins inégal à l’enseignement ne se pose pas que du coté des ménages. Il faut également regarder ce qui se passe du coté du monde enseignant. Et bien on y retrouve des phénomènes comparables. Les jeunes enseignants inexpérimentés sont dans les zep ou dans les zones défavorisées : dans certains établissements on trouve jusqu’à 50% d’enseignants de moins de 25 ans... Tandis que dans d’autres un tiers sont âgés de plus de 50 ans. L’âge des enseignants n’est pas garant de la qualité de l’enseignement mais admettons quand même que l’expérience n’est pas non plus complètement inutile ou que son absence (enseignants tout juste sortis des IUFM) n’est pas non plus complètement négligeable sur le plan de la qualité de l’enseignement. Partant de là, pour diminuer les inégalités entre établissements il faut bien travailler sur la répartition des enseignants et pas uniquement se préoccuper (même si c’est également essentiel) de questions d’effectifs par classe ou de moyens matériels etc.... Il faudra bien trouver des mesures (incitatives et non coercitives) pour obtenir une répartition plus homogène du corps enseignant.

    Le débat sur la carte scolaire n’aura de sens que si on prend en compte l’ensemble de ces éléments (et sans aucun doute d’autres auxquels je ne pense pas). Sans ces éléments la carte scolaire n’a effectivement qu’une importance marginale sur la question de la mixité socio-culturelle. Elle est inefficace. Mais elle est également un point indispensable à une bonne marche vers cette mixité dès lors que l’on a attaqué les autres problèmes. Sans elle on verrait à coup sûr se recréer des ghettos favorisés et leurs pendants défavorisés.

    Il en fait très facile, aujourd’hui, de remettre en cause l’efficacité de la carte scolaire sur le plan de la mixité sociale puisque rien n’est fait pour que le contexte lui permettent de produire le moindre effet ou presque. C’est le contexte et la lettre qu’il faut revoir pas le principe même de la carte.

  • permalien claude :
    1er mars 2007 @21h09   « »

    Lorsque nous parlons de phénomènes de ségrégation scolaire, il faut avoir à l’esprit que c’est le résultats de DEUX logiques qui vont se renforçant l’une l’autre. La ségrégation spatiale est souvent avancée pour expliquer l’école à deux vitesses, mais je pense que la démission totale de l’institution scolaire quant à l’instruction des enfants des classes populaires (à un moment où, avec la multiplication des problèmes sociaux et la diversification de l’immigration, la tâche devenait sensiblement plus difficile)a considérablement favorisé les stratégie d’évitement de certaines familles qui pensent avant tout à l’avenir de leurs enfants (et c’est tout à fait légitime). Le renoncement à l’instruction sous couvert de jeunisme, d’arguments démagogiques ("à quoi sert-il d’apprendre ceci ou cela ?") ; la capitulation devant des phénomènes de violences qui empêchent tout enseignement véritable, tout cela a considérablement dégradé la réalité scolaire des quartiers les plus défavorisés, favorisant la fuite de ceux qui le pouvaient. Si l’on voulait élever véritablement le niveau d’étude des jeunes issus de milieux populaires (et non comme aujourd’hui rallonger le temps passé à l’école, ce qui est complètement différent), on commencerait par porter les efforts dès le plus jeune âge en faisant en sorte que chaque enfant maîtrise véritablement la langue dans laquelle il va étudier, en étant intransigeant dans l’acquisition des savoirs fondamentaux qui conditionnent toute la scolarité d’un individu. A cette condition seulement, la réputation d’un établissement scolaire ne constituera plus un argument de vente pour des agences immobilières, ce qui signifiera qu’enfin le phénomène de ségrégation pourra s’inverser. Et l’enseignant que je suis aura quelques raisons d’espérer voir se reproduire l’ascension sociale par le savoir dont il a pu bénéficier en d’autres temps.

  • permalien FJ :
    2 mars 2007 @12h36   « »
    La carte scolaire

    Quelques petits commentaires bien modestes par rapport à ce sujet fort complexe :

    Tout d’abord,l’Etat n’est plus compétent depuis 2004 notamment s’agissant de la sectorisation des collèges ; celle des écoles relève des communes.Il ne reste donc plus à l’Etat que celle des lycées. Ces précisions méritent d’être rappelées à un moment où tout le monde s’accorde sur le nécessaire rapprochement entre les décideurs et les usagers.

    Sauf à sortir les établissements scolaires des quartiers en difficultés, on ne voit pas trop comment faire de la mixité sociale en pratique dans ces "zones" (sauf à reconsidérer l’urbanisations du territoire) ; les acteurs locaux et les parents sont attachés, d’ailleurs, ce qui est logique et légitime, à la présence de ces établissements dits de proximité ( voir à ce sujet les opérations réalisées au titre de l’ANRU). Il y a là une contradiction assez ingérable qui me fait penser que l’on focalise plus sur les conséquences (la sectorisation)que sur la cause qui est souvent le déficit d’attractivité de ces entités éducatives, dont les raisons sont bien sûr multiples.

    Quels remèdes alors pour la développer :

    - agir sans dogmatisme sur la taille des établissements en précisant que des établissements trop petits ou trop normalisés génèrent une absence de mixité
    - mesurer (et, puis communiquer) avec pertinence sur la performance réélle scolaire des écoles et des collèges
    - faire émerger de vrais projets d’établissement, menés à bien par des équipes avec un profil adapté, et en lien avec tous les acteurs extérieurs

    - et d’autres bien sûr

    Au plaisir de lire vos réactions.

  • permalien kaeme :
    3 mars 2007 @03h18   « »

    Tout d’abord j’aimerai dire qu’il est faux de penser que les "professeurs des ecoles" placent leurs enfants dans le privée. C’est une phénomene minoritaire. Ce que l’on peu remarquer c’est que leurs enfants sont souvent placés dans les meilleurs etablissements. Mais a la poste ce sont les enfants des facteurs qui travaillent l’été, a la SNCF de meme. Il est legitime d’une certaine solidarité tribale a l’interieur du professorat. Et a vrai dire, le probleme qui se pose a nous aujourd’hui, ne serait t’il pas de remettre en cause le financement des etablissements privés par l’Etat ? Car au fond, nous contribuable, je finance des etablissements privée, parfois religieux, ou une stricte selection est effectuée.

  • permalien Jean-Yves VACHER-CHICANE : La PLAINE des PALMISTES/REUNION :
    3 mars 2007 @16h16   « »

    Le débat sur la carte scolaire ne serait-il pas opportunément ressorti de son carton pour masquer d’autres tristes et lamentables réalités de notre système éducatif ?

    Trouvez-vous normal que les trois vertus républicaines, qui sont de savoir lire, écrire et compter à l’entrée en sixième, soient de moins en moins maitrisées par nos enfants ?

    Acceptez-vous sans sourcilier que le "collège unique" nous ai conduit au " collège inique " autant redouté des enfants que l’était le service national pour les jeunes des années 70 ?

    Comment concevoir que nos enseignants, sous prétexte d’être plus performants, soient sur-qualifiés pour la mission qui leur est dévolue, et de ce fait de plus en plus coupés de la réalité sociologique de la nation .

    Ne serait-il pas plus urgent de reposer totalement la problèmatique globale de l’éducation nationale en commençant par la nécessaire maternelle et en finissant par une réelle université en phase avec le monde du travail et donc avec la réalité !!! Je crois que tout le monde politique français, quel que soit sa couleur, ergote sans fin depuis des lustres pour ne pas avoir à affronter au final une triste et lamentable réalité : la gabegie des immenses moyens financiers que l’état engloutit dans la survie thérapeutique du " mammouth " alors qu’il est conscient que l’inéluctable fin du système, mis en place à la Libération, est proche ... Mais il est vrai que la stratégie de l’autruche enfouissant sa tête dans le sable est depuis trop longtemps la seule ligne de conduite de notre état .

    En conclusion, nous avons tous oublié que "la démocratie est le pire des régimes mais que l’on a rien trouvé d’autre pour la remplacer" : faudra-t-il qu’un grand traumatisme national survienne pour nous rappeler que notre jeunesse est l’avenir de notre société ???

  • permalien Pascal :
    3 mars 2007 @16h44   « »

    Analyse très pertinente qui confirme que le contournement, l’assouplissement ou la suppression de la carte scolaire ne peuvent être considérés comme des facteurs de démocratisation. Sans doute le découpage des secteurs est-il parfois à réactualiser. Mais la pire des hypocrisies, c’est l’existence de l’enseignement privé et particulièrement de l’enseignement privé sous contrat : c’est lui qui favorise les discriminations sociales. Pas de solution aux problèmes des banlieues et des quartiers difficiles tant que l’enseignement privé sous contrat permettra de fausser l’intégration républicaine. Peu d’espoir que nos libéraux de gauche abordent cette question pourtant primordiale.

  • permalien Marc :
    3 mars 2007 @23h40   « »
    hypocrite égalité

    Il y a beaucoup d’éléments d’analyse proposés dans les articles précédents. Personnellement je me demande pourquoi notre société tolère l’injustice scolaire. A de nombreux niveaux y compris à l’intérieur des établissements défavorisés eux même il existe des solutions qui diminuent les écarts entre les enfants. Pourquoi ne sont elles pas mises en oeuvre ?

    Paradoxalement la réduction des inégalités semble à portée de l’action politique et pédagogique sans pour autant mobiliser les énergies. Il faudrait interroger cette forme d’apathie. Les inégalités sont elles tolérées parce qu’elle semblent justes, impossibles à combattre, ou pas assez injustes pour faire l’objet d’un réel débat et de prises de décisions ?

    En réalité on s’accomode facilement d’un système profondément injuste. On se pose ici le problème de retenir les enfants qui fuient les établissements ghettos, ne faudrait-il pas simplement améliorer de façon significative le fonctionnement de ces écoles : nombre d’élèves par classe, moyens supplémentaires, conditions de travail etc. Les classes moyennes n’auraient pas envie de traverser la banlieue ou faire des kilomètres pour fuir l’établissement du secteur si les conditions d’apprentissage y étaient bonne.

    C’est notre pseudo système républicain qui est peut-être en cause, pseudo collège unique, tout le monde sait que l’on n’enseigne pas la même chose partout. Cela ne nous empèche pas de payer nos impôts et envoyer nos enfants à l’école, en jouant des coudes s’il le faut, parce que tout le monde pense qu’il a quelque chose à gagner dans le jeu scolaire. En un sens c’est plutôt bon signe, il faut même relativiser l’échec dans les établissements en question. Mais du contournement de la carte scolaire, aux cours privés, le collège dit unique est un hypocrite. Et le pire c’est que chaque enfant est rendu responsable de sa trajectoire.

  • permalien niamreg :
    4 mars 2007 @10h30   « »
    La note de vie scolaire

    Le gouvernement actuel a récemment mis en place une nouvelle note (la note de vie scolaire ou NVS), attribuée non plus par un enseignant, mais pas l’administration, et reposant sur des critères très flous pouvant être globalement assimilés à une "docilité" de l’élève par rapport au système. Mon interprétation de cette NVS est qu’elle prépare la suppression de la carte scolaire en donnant aux établissements scolaires un moyen de choisir leurs futurs élèves sur un critère non plus uniquement scolaire, mais aussi de discipline. Cette interprétation est bien en accord avec un point soulevé dans l’article : la suppression de la carte scolaire donnera d’abord la possibilité aux établissements de choisir leurs élèves (qui deviendront leur premier "argument de vente"), bien avant de donner aux familles, surtout les plus défavorisées, la possibilité de choisir leur établissement.

  • permalien Axel :
    5 mars 2007 @20h37   « »
    Les "établissements poubelles" ne peuvent-ils être vus comme des établissements de confiances ?

    Je souhaiterais réagir quant à la dénomination « établissements poubelles », expression péjorative qui porte préjudice à des élèves qui n’ont souvent qu’un souhait, celui d’occuper une position sociale qui leur permettrait d’effectuer décemment des études. Il est vrai que ces établissements rassemblent des enfants et des adolescents coutumiers des problèmes scolaires. Néanmoins, est-ce une raison pour les abaisser ainsi ? Si au lieu de les dénigrer, nous les soutenions et les aidions moralement (puisque socialement et écomiquement cela est devenue impensable), ce serait un excellent moyen pour leur redonner confiance. Peut être qu’ils pourraient alors croire dans une société qui dit tout faire pour réduire la fracture sociale.

  • permalien ammenius :
    6 mars 2007 @09h04   « »

    Les objections des auteurs à la suppression de la carte scolaire sont à la fois de "bon sens" et vaines, dans la mesure où ils écartent à priori les raisons que peuvent avoir des parents de choisir l’enseignement privé ; est-ce une disqualification motivé par les à-priori idéologiques de nos auteurs ?! Mais à ne jamais aborder de front les problèmes de l’école publique (violence, problème d’intégration, corps professoral aux qualités variables, envoi systématique des profs inexpérimentés en ZEP, etc.), la passionnante & cruciale querelle de la carte scolaire n’est plus qu’un théâtre d’ombres. Dommage. D’autant que le budget de l’Education national est de loin le premier de la nation, et qu’on ne pourra faire mieux sur ce plan ; d’ailleurs, le problème est-il vraiment budgétaire, comme l’annoncent régulièrement les syndicats parfois de manière démago (" une école plutôt qu’un porte-avion") ?

  • permalien martine à Mimet 13 :
    9 mars 2007 @17h22   « »
    La carte scolaire - la mixité sociale encore et toujours - Martine à Mimet

    je ne peux m’empêcher de faire le raprochement avec les belles déclarations contenues dans la Loi S.R.U. dans laquelle on dit haut et fort qu’il faut créer des logements socaiux, votée par les élus et non appliquée par les élus. Ceux-ci se donnent bonne conscience ou plutôt essaient d’aganter les électeurs les plus défavorisés, mais nombreux sont ceux qui préfèrent faire payer une amende aux contribuables locaux, plutôt que de dévaluer leur patrimoine, ou perdre leurs électeurs, en construisant des logements sociaux - la première adjointe de ma commune a même écrit que Mimet serait" détraquée"par l’immigration, la délinquance si elle réalisait des logements sociaux

    l’égalité des chances, que ce soit à l’école, ou dans le droit au logement : ce n’est pas pour demain

  • permalien
    9 mars 2007 @18h00   « »

    Pour ce que j’en sais, il existe au moins dans le primaire, à l’échelle des départements, une carte scolaire des établissements publics et une carte scolaire des établissements privés.

    Elles mentionnent les ouvertures et fermetures de postes d’enseignement et d’établissements.

    Je pense qu’il manque à l’exposé de cet article sur la carte scolaire, des exemples montrant l’évolution de quelques cartes scolaires sur plusieurs années, les différences de gestion dans la durée de cartes scolaires de l’enseignement public en comparaison de celles de l’enseignement privé.

  • permalien henri :
    9 mars 2007 @18h28   « »

    A la lecture de quelques commentaires, je m’aperçois que certains n’ont pas lu l’article en entier. Je me charge donc d’instruire ceux-ci de sa fin. Les deux auteurs font une analogie du problème scolaire avec ceux qu’ont (ou vont) posé les différents services publics. Le système est d’une simplicité extrême, mais il est malheureusement occulté des médias. Il est le suivant : on rend l’animal à l’état de fauve expirant, en le privant des moyens élémentaires à sa survie, et on le montre du doigt avec pitié et en montrant l’importance d’un autre modèle. C’est ce qui se faisait couramment à Rome, et faisait vivre tantôt des dictateurs tantôt une République. Notre belle école, va ou est aujourd’hui dans un état d’affamée. Les ministres de l’éducation n’ont-ils pas ces derniers temps passés leurs mandats a diminué le nombre de professeurs, à supprimer les classes optionnelles, à diminuer, à supprimer... Et ceci dans un silence de mort, que les médias ont colportés (sauf pour les premiers symptômes de la fin de la bête). Ne nous étonnons pas de voir prochainement nos habiles gouvernants promulguer la nécessité absolue de privatiser l’Education ( je n’y mettrais plus de majuscule si c’est le cas). Je sais cela ne se peut mais cela y revient, voyez l’Angleterre où un enseignement "digne de ce nom" se fait dans le privée, ce qui rend les écoliers trop souvent salariés au petit matin. Ne nous trompons jamais le monde dans lequel nous vivons n’est plus l’œuvre de la nature mais celui des hommes. C’est lui qui le crée, le maintient, et le change. Dans tous ces commentaires, vous ne faites qu’accepter la réalité actuelle, et proposer des solutions à celle-ci. Vous jouez donc à merveille les-dits gouvernants. Si j’étais Premier Ministre je vous engagerais tous (je plaisante, nous sommes tous aussi bêtes). Je pense qu’il ne faut pas accepter la réalité actuelle et d’abord s’éforçer de la dénoncer, et surtout de dénoncer ses causes simplissimes et ses responsables. Si on avait dit tous les soirs pendant une semaine sur toutes les chaînes télévisées, sur toutes les radios, dans tout les journaux : "Le gouvernement met en faillite EDF/GDF et veut privatiser en raison de ses mauvais procédés", pensez-vous que son avenir fusses celui d’aujourd’hui.

    suite qu prochain message (je m’étonne d’ailleurs que l’on soit limité dans un journal si humanisme)

  • permalien henri :
    9 mars 2007 @18h30   « »

    Nous vivons dans un monde d’inégalités instaurées par les hommes, dis-je à l’enfant. Par tous les hommes ? Non, assurément non. Par un groupe d’hommes ? Pas exactement, plutôt par un groupuscule d’homme, n’oublie pas que plus de 2 milliards de tes semblables vivent dans deux pays, ce qui rend ce groupuscule de 200 hommes, ou même 200 000, ou 2 millions insignifiants, rien, quedal. Mais pourquoi cela ? Continue le sage ignorant. Car cela leurs apporte le pouvoir. Pour quoi faire ? Pour le préserver. C’est si tu veux comme dans ton corps : il faut réguler en permanence pour maintenir un équilibre. La constante à réguler est le pouvoir, les variations de celle-ci proviennent de l’environnement, là c’est le reste des hommes, les moyens de réguler sont tous ceux que lui apporte la constante c’est à dire le pouvoir, dont les moyens sont de plus en plus grands. Mais, s’écrit-il, cela ne peut durer, s’il ne s’agit que d’un groupuscule il peut se faire renverser à tout moment par les hordes de soumis se rendant compte de la tromperie ? Ah mais c’est oublier l’intelligence qu’ils savent gaspiller à leur préservation : ils maintiennent leurs sous-fifres dans l’ignorance la plus totale, au moins pour le plus grand nombre. La preuve que cela fonctionne, le tiers-état du moyen-âge est toujours là aujourd’hui (n’oublie pas les Indiens d’Inde, les Africains, les Arabes, d’autant plus qu’il faut juger à l’échelle du monde). Dans notre pays, l’homme avait su ramasser les miettes du gâteau et les balancer à la figure de ces tyrans, mais aujourd’hui ils savent les rattraper. Vous vous dites il dérape, il sort du sujet. Je dis non. J’essaye de voir en grand, j’enlève les œillets qui me cachent ce qu’on ne veut pas que je vois. Si l’école est imparfaite c’est parce que les hommes le sont, et car plutôt que de travailler à le changer, on le conditionne, le transforme en une tête bien pensante. Pourquoi la philosophie n’est-elle enseigner qu’en terminale ? Parce que c’est l’ennemi du pouvoir, en cela qu’elle risque de rendre les hommes clairvoyants. Il faudrait enseigner la philosophie dès le primaire. Bien sûr dans une forme différente de celle du lycée, sans apprendre la pensée de tel auteur sur tel sujet, mais en apprenant à douter de tout. D’autant plus que la philosophie n’est pas que les textes avec un vocabulaire technique précis, il y a aussi, par exemple, Voltaire et ses contes philosophiques.

  • permalien henri :
    9 mars 2007 @18h32   « »

    Si on disait à l’école « Prenez garde à ne jamais accepter une idée sans qu’elle soit démontrable », les erreurs d’aujourd’hui seraient moins grandes. Pour que l’école soit égale pour tous, il faut que tous soient égaux, et cela a été dit dans plusieurs utopies, j’arrête donc ici de paraphraser ce que les grands auteurs ont infiniment mieux dit. Du moins j’espère que pour certains d’entre vous le problème s’imposera dès lors dans un tableau plus large et plus long, et que ma jeune expérience, que vous avez dû deviner, servira à raviver la flamme dans votre esprit pour un monde dont la fin serait le bonheur et la connaissance. Vous comprenez que le problème de l’école est donc pour moi insoluble avec cette société, qu’il faudrait tout recommencez. Mais cela est impossible je le sais tout est allé trop loin. L’homme cherche à tromper, à s’enrichir, à profiter, à détruire la Terre sur laquelle il vit, et tout cela uniquement au profit de celui qui est au-dessus de lui. C’est bien pourtant l’école la chose la plus importante dans toute société, tout le monde le sait (même Hitler avec les jeunesses hitlériennes) mais aujourd’hui il ne s’agit d’en former certaines pour qu’elles maintiennent les autres sous leurs semelles de fer.

    (merci à ceux qui ont eu le courage de me lire)

  • permalien
    10 mars 2007 @12h00   « »

    Les derniers messages me rappellent le troisième slogan de Big Brother : "L’ignorance, c’est la force"

    La manipulation de la carte scolaire, est bien l’un des outils, gestion des fermetures ouvertures d’écoles et d’enseignements publics qui sous le biais des économies d’échelles, déménagement du territoire, et des transferts de charges, concentration des populations, est à récupérer en amont de la mise en oeuvre de cet enjeu-là.

  • permalien Jean-Pierre Kerckhofs :
    11 mars 2007 @11h03   « »
    Un peu de sérieux !

    C’est avec stupéfaction que j’apprends que les deux candidats à l’élection présidentielle les plus médiatisés remettent en question la Carte Scolaire. Ainsi, Nicolas Sarkozy est favorable à la suppression de la Carte parce que « le jeu de la concurrence permettrait d’atténuer les inégalités ». La candidate socialiste, Ségolène Royal, propose elle de « l’assouplir » avec pour objectif de « supprimer les ghettos scolaires et d’assurer la mixité sociale ».

    En tant qu’enseignant Belge et responsable d’une association destinée à promouvoir un enseignement démocratique, je voudrais signaler que la Belgique fait partie des rares pays qui ont un système d’affectation des élèves ultra-libéral. Les parents peuvent choisir l’école de leurs enfants sans la moindre contrainte (si ce n’est celle du manque de place). Et, au delà de l’enseignement public, il existe un réseau privé fréquenté par presque 60 % des élèves du pays et largement subventionné. S’il y a un endroit où le jeu de la concurrence joue, c’est donc bien en Belgique.

    Et que constate-t-on ? Selon les résultats d’une enquête réalisée par l’OCDE, c’est en Belgique que les inégalités face à l’Ecole sont les plus grandes. Plus généralement, nous avons réalisé une étude en comparant les données de cette enquête et les structures des systèmes éducatifs des pays concernés. Les résultats sont sans ambiguïté : Plus un pays est rigide dans son système d’affectation des élèves, plus il lutte avec une certaine efficacité contre les inégalités sociales à l’Ecole. De même, plus un réseau d’enseignement privé est développé à l’intérieur d’un pays, plus ce pays est socialement inégalitaire par rapport à l’Ecole. Donc, non Monsieur Sarkozy la concurrence ne permettra pas d’atténuer les inégalités, elle les accentuera. Non Madame Royal, l’assouplissement de la Carte ne supprimera pas les ghettos scolaires, elle les renforcera. J’apprends par « Le Monde Diplo » que le tracé de la Carte Scolaire en France produit davantage de mixité que les zones d’habitation. En Belgique, c’est exactement l’inverse : la ségrégation des établissements est bien plus forte que les ségrégations géographiques.

    La France se situe, selon l’OCDE, au milieu du classement parmi les pays européens en ce qui concerne les inégalités sociales à l’école. Pour faire mieux, mieux vaut regarder vers le haut, pas vers le bas ! Deux suggestions. Pour affecter les élèves aux établissements, il faudrait, outre le critère géographique, tenir compte de critère sociaux (via la déclaration fiscale par exemple). Il faudrait aussi supprimer le réseau privé. Ces deux mesures ayant pour but d’éviter les stratégies de contournement.

    En tout cas, en ce qui concerne les deux candidats, soit leurs préoccupations ne sont pas sincères, soit ils doivent mieux s’informer.

    Voir en ligne : http://www.ecoledemocratique.org

  • permalien Jordi :
    11 mars 2007 @12h14   « »

    Marseille, deuxième ville de France (800 000 hab environ), n’applique absoluement pas la loi concernant les secteurs des écoles primaires. Le maire, JC GAUDIN, est bien connu de la France entière comme soutien du candidat Sarkosy. La municipalité laisse l’inspection d’académie modeler et modifier à sa guise le découpage des secteurs qui peuvent se mettre à changer sans aucune concertation ni controle. Il faut dire aussi que l’opposition municipale animée par le principal soutien de Mme Royal, M. Menucci, n’a jamais exigé que soit mis à l’ordre du jour du conseil municipal l’élaboration du découpage géographique des secteurs des écoles. Il y a curieusement un consensus général aussi de la plupart des associations de parents et/ou des syndicats d’enseignants pour s’accommoder de cette situation. Cela favorise en réalité les arrangements à l’amiable entre des parents informés et inquiets du développement des écoles ghettos et l’inspection d’académie qui a une oreille plus ou moins attentive suivant le milieu social (ou ethnique ?) des parents. Récemment une famille a requis le tribunal administratif qui a rendu son jugement : Il a conclu à l’abus de pouvoir de la part de l’inspection académique qui n’avait pas à fixer de secteur géographique en l’absence de décision du conseil municipal. Aujourd’hui, il n’y a toujours pas de réaction officielle de la mairie, quand à l’inspection académique, celle-ci a répondu aux parents qu’elle était désormais incompétente... Qui va délimiter la carte scolaire à la rentrée des écoles communales de Marseille ? Nul ne le sait à ce jour...

  • permalien Dan :
    13 mars 2007 @16h25   « »

    Voilà bien un débat franco-français... et que de littérature pour un faux problème ! Hubert Védrine a raison quand il invoquait encore dernièrement ces réflexes obsolètes, de penser que la solution se trouve nécessairement chez soi... Vu de l’extérieur, càd, d’un autre pays européen, ce débat est consternant. Et plutôt que de gaspiller tant d’énergie à défendre sa petite idée sur la chose, voyez donc ce qui se pratique hors des frontières françaises, et n’allez surtout pas croire que l’enseignement n’y est pas d’égale qualité pcq’il ne s’y trouve pas de système de "carte"... Que l’Europe serve au moins à cela pour ceux qui doutent de ses avantages : s’ouvrir aux autres pour voir ce qui s’y passe et étudier la manière dont ils trouvent des solutions aux problèmes que l’on a du mal à résoudre chez soi...

    Enfin, ce n’est certainement pas "une carte" qui réduira les inégalités entre les individus... Ce serait tellement simple ! Cette question-là est d’une toute autre portée et demande un courage et un engagement politiques qui malheureusement ne font plus partie des qualités morales de nos classes dirigeantes (sauf dans leurs discours !) tout pays confondus...

  • permalien fred :
    16 mars 2007 @11h13   « »
    BUSING

    Sur un sujet aussi fondamental au coeur des problèmes de formation et de ségrégation, on attendait mieux que cet article dont la teneur est en fait : touchez à rien, la carte scolaire ca marche pas, mais y a pas mieux et de toute façon c’est la faute de la Société qu’est dégueulasse ! Bon, soit. Mais l’article n’est en rien informatif sur le sujet dans la mesure où il se contente de carricaturer toutes les tentatives de réflexion ou les expériences alternatives et notamment celle de l’option de la fermeture des établissements ghettos où personne ne veut plus aller (ni profs, ni élèves dont les parents sont informés et mobiles) quels que soient les moyens mis. L’argument des auteurs : y a pas assez de place pour les pauvres hors des ghettos. C’est un peu court. Une politique de fermeture des établissements les plus ghettoisés va avec l’idée que plutôt que de tenter de forcer les classes moyennes à aller où elles ne veulent pas (et où de toute façon , elles n’iront pas : privé, dérogation, déménagement, fausses adresses etc...)on propose à ceux qui n’ont pas le choix d’intégrer des établissements à l’environnement moins dégradé. Etablissements qui sont quand même très nombreux et pas exclusivement du centre ville, contrairement à ce que disent les auteurs. C’est bien sur l’idée du BUSING américain qui tentait de déségréger les ghettos noirs. Pourquoi ca pourrait marcher en France alors que ca a globalement pas marché aux Etats unis, d’une part parceque les établissements ghettos ne sont quand même pas si nombreux, d’autre part parce que les villes y sont plus denses, moins étalées et le réseau en transport en commun plus développé, donc les problèmes de transport serait réels, mais moins aigues. Enfin parce que le système du privé sous contrat permettrait d’imposer au privé de participer à l’accueil des éléves défavorisés répartis sur de nombreux établissements.

  • permalien Cheyrel :
    14 mai 2007 @14h24   « »

    Je viens juste de découvrir cet article. L’analyse est puisssante et pertinente. Elle fait montre également d’un aspect insupportable du débat politique médiatisé : la simplification à outrance des problématiques comme celle-ci, qui, à la lecture de cet article révèle toute leur complexité. Il n’y a plus de temps à la réflexion. C’est du consommable tout fait que l’on nous offre par des politiques qui sont censés avoir travaillé et réfléchie. Quel lamentable débat politiuqe on a assisté lors de ces présidentielles.

  • permalien KASMUR :
    14 mai 2007 @15h32   « »
    La carte scolaire : spéculations et faits

    Le choix parental de l’établissement scolaire est expérimenté p.ex. en Suède et dans plusieurs villes aux Etats-Unis. Ces expériences sont bien documentées et étudiées. Les résultats montrent exactement le contraire de ce que les auteurs affirment : ce sont les élèves faibles qui en bénéficient le plus. Ceux qui pensent - contrairement à François & Poupeau - que la connaissance des faits plutôt que des spéculations idéologiques devrait guider une politique scolaire raisonnable et émancipatrice devraient se prendre le temps pour lire le livre de Jay P. Greene, Education Myths. Et ceux qui pensent qu’un engagement politique de gauche exclut le choix parental et la concurrence entre établissements pourraient apprendre qu’ils ont tort en lisant les conversations sur ce thème animé par l’économiste de gauche Herbert Gintis, accessible en ligne. Si l’on laisse pour une fois le blabla répbublicain de côté, on découvrira que l’école française n’est pas si différente des écoles d’autres pays. Et ce qui est certainement commun aux différents systèmes scolaires : ils ne se laissent pas réformer en ignorant les faits.

    Voir en ligne : Gene V. Glass, « School Choice : A Discussion with Herbert Gintis » dans : {Education Policy Analysis Archives}, Volume 2 Number 6, February 20, 1994

  • permalien Cheyrel :
    14 mai 2007 @17h10   « »
    La carte scolaire : pourquoi spéculation contre faits ?

    Le dernier commentaire me surprend un peu. En quoi les auteurs ont-ils torts dans leur analyse ? Moi même, depuis peu sortie du cursus scolaire, j’ai observé cette cartographie des meilleurs écoles et des populations les plus favorisés. j’ai fait ma scolarité jusqu’au bac dans une ZUP à Argenteuil et j’ai intégré ensuite une prépa de mathématiques supérieures dans un lycée parisien. Eh bien dans ce lycée la population des élèves que j’ai rencontré de la seconde à la terminal et en classe de prépa n’avait rien avoir avec la population présente dans ma ZUP. Le terme de mixité sociale ne voulait absolument rien dire. N’est-ce pas là un fait ? C’est aussi une réalité tout comme les références d’études dont il est fait mention par le dernier commentaire. Mais je pense qu’il ne faut pas opposer des faits à d’autres faits. Il faut avoir une vision certes analytique du problème, mais aussi une vision synthétique et si vous nommez "spéculation" une vision synthétique nécessaire permettant de mener des politiques qui englobe le problème dans sa globalité, alors je préfère la "spéculation".

  • permalien KASMUR :
    14 mai 2007 @19h03   « »
    La carte scolaire : spéculation et faits (2)

    Réponse à Cheyrel : Les auteurs ont tort de dire que le choix de l’établissement et la concurrence entre établissements favorise les nantis et condamne les autres à une école de mauvaise qualité. Ce n’est simplement pas ce qui s’est passé ni en Suède ni aux Etats-Unis, selon une multitude d’études quantitatives de haute qualité. L’expérience personnelle ne peut pas se substituer à ces études - l’affirmation générale que le choix de l’établissement & la concurrence produit des conséquences néfastes peut - et doit - être testée avec les meilleurs méthodes des sciences sociales. J’appelle "spéculation" la tentative de justifier des affirmations générales sans s’appuyer sur les données empiriques que nous découvrons par ces études. Je suis sûr que Cheyrel ne veut pas défendre la méthode de l’église catholique contre celle de Galilé. Et si l’on accepte la perspective empirique de Galilé, il faut aussi être prêt à remettre en cause quelques idées reçues. Et à propos de la "vision synthétique" : personne ne prétend sérieusement que le choix de l’établissement & la concurrence constitue la baguette magique pour créer le paradis scolaire. Mais nous avons de bonnes raisons de croire qu’une réforme intelligente de l’école devrait incorporer ces éléments.

  • permalien Cheyrel :
    15 mai 2007 @10h29   « »
    La carte scolaire : spéculation et faits (3)

    Je comprend totalement le point de vue de Kasmur et suis tout à fait d’accord pour dire que les décisions politiques doivent nécessairement tenir compte des expériences et études concrètes. Ce n’est que confrontées à la réalité, aux données empiriques que les grandes théories scientifiques ont pu voir le jour dans leur capacité à expliquer tout un pan de la réalité. Mais le problème c’est que je ne suis pas convaincu qu’il faille comme ça extrapoler aussi vite les conclusions de ces études. Elle ne réfute en rien ce que les auteurs de l’article sur lequel nous débattons affirment. C’est aussi une partie de la réalité. Et il ne faut pas non plus tomber dans le travers de dire puisque ça fonctionne comme ça ailleurs ça fonctionne comme ça exactement ici. Sommes nous face au même environnement socio-économique, face au même mode comportemental des populations, en gros, face à la même culture ? Déjà d’un de point de vue du comportement économique, du management d’entreprise etc... nous sommes face à des cultures différentes (je me rappelle un peu de mes cours de management et culture d’entreprise), alors, au niveau de la problématique qui nous interesse, il ne me semble pas évident que les comportements des familles suédoises ou américaines soient les mêmes que celles des françaises.

    En bref quoiqu’il en soit, nous sommes face à des populations dont le comportement est régie par des facteurs aux variables tellement complexe ayant une entropie si forte que je trouve qu’il n’est pas vraiment envisageable de comparer aussi facilement des pays de type anglosaxon aux pays de type latin. Ce qui s’observe chez l’un ne s’observe pas forcément chez l’autre.

    Mais c’est sur que les politiques devraient au moins utiliser les outils à leur disposition tels que les études sociologiques. En gros, travailler un peu plus, réfléchir un peu plus, plutôt que de dépenser leur énergie à la conservation de leurs pouvoirs et leur privilèges.

    Peut-être je ne comprends pas totalement le point de vue de Kasmur ?

  • permalien KASMUR :
    16 mai 2007 @12h52   «
    La carte scolaire : spéculation et faits (4)

    Réponse à Cheyrel : Les différences culturelles sont parfois, mais pas toujours, petrinents pour les arrangements institutionnels. Elles existent par ailleurs aussi au sein des pays. Je doute que les catégories "famille française" ou "pays de type anglosaxon" (et celle des "élèves d’origine bourgeoise" de François et Poupeau) définissent des systèmes de valeur et de comportement suffisamment homogènes pour élucider les enjeux de l’école (voir à ce propos : Inglehart et al, Human Values and Beliefs : A Cross-Cultural Sourcebook). Les différences culturelles sont-elles pertinentes pour la mise en place du choix d’établissement & la concurrence ? C’est encore une question empirique. Et les résultats de la recherche suggèrent clairement que ce n’est pas le cas. Voici un exemple récent : H.A. Patrinos, "Public-Private Partnerships : Contracting Education in Latin America" (disponible sur le site de la Banque Mondiale). On peut donc présumer que le choix de l’établissement & la concurrence est en effet bénéfique dans une multitude d’environnements culturels et sociaux. Si l’on veut plaider pour une exception française, il faut des arguments solides. Je n’en connais point.

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