Le Monde diplomatique

Le SLAM

vendredi 23 février 2007, par Frédéric Lordon

Dans le numéro de février du Monde diplomatique, l’économiste Frédéric Lordon proposait la création d’un nouvel impôt, le SLAM, comme Shareholder Limited Authorized Margin (« marge actionnariale limite autorisée ») (lire l’article : « Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM ! »). Cette proposition a soulevé un certain enthousiasme et des interrogations. L’auteur — qui veut faire du SLAM un programme à élaborer collectivement — répond ci-dessous à quelques-unes d’entre elles, et ouvre le débat. (Voir aussi « “Là-bas si j’y suis” : le SLAM » (« La valise diplomatique », 1er février 2007.)

Tout n’est pas dit, loin s’en faut, dans l’article de février à propos du SLAM. Le Diplo n’a pourtant pas manqué de largesse et n’a pas mégoté l’espace — deux pages plutôt bien remplies et pas toujours simples à lire pour le non-spécialiste... Heureusement ses colonnes électroniques sont également largement offertes ; et comme elles autorisent ce que les colonnes-papier ne permettent pas, profitons-en, ceci d’autant plus que bon nombre de précisions doivent encore être apportées et que les objections ne manqueront pas.

Ce que le SLAM n’est pas — et ce qu’il est vraiment

Pour procéder par l’arme de l’impôt, le SLAM n’est cependant pas une mesure de politique fiscale. Rapporter des recettes supplémentaires à l’Etat n’est pas sa vocation première — même si on ne crachera pas dans cette bonne soupe. Le SLAM n’est pas davantage un prélèvement de redistribution ou un instrument direct de lutte contre les inégalités.

Le SLAM est une proposition de transformation des structures de la finance. Il a pour objet premier de modifier les contraintes de rentabilité qui pèsent sur les entreprises — et que les entreprises accommodent en en reportant la charge sur les salariés, c’est-à-dire en réduisant à marche forcée les coûts salariaux, par le licenciement des uns et l’intensification sans fin des efforts productifs des autres. Le SLAM ne vise donc pas en premier lieu l’obtention de recettes fiscales, mais l’allègement des épuisantes contraintes de mobilisation productive que fait naître l’exigence actionnariale sans limite, et sa transmission, sans perte en ligne, via les directions d’entreprises et au travers de l’organisation hiérarchique dont elles ont le commandement. Le SLAM est donc une action sur les structures du capitalisme d’aujourd’hui, et notamment sur celles qui définissent la configuration actuelle du rapport actionnaires-managers-salariés. Il part de la prémisse qu’il n’est pas d’autre moyen que de borner autoritairement l’exigence actionnariale de rentabilité indéfiniment croissante si l’on veut soulager le salariat des insupportables tensions qui lui sont imposées pour convertir son effort en plus-values et dividendes.

Le SLAM n’est pas non plus un instrument de lutte directe contre les inégalités, mais c’est un effet qu’il pourrait cependant avoir indirectement. Enrayer les mécanismes qui poussent irrésistiblement les entreprises à réduire la masse salariale — licenciements, externalisations, rejet systématique des revendications salariales — ou bien à favoriser « l’ajustement flexible » — recours à l’intérim, multiplication des contrats précaires et des statuts hétérogènes, émiettement des horaires, intensification des cadences, déplacements autoritaires des sites, détérioration générale des conditions de travail, etc. — est le commencement de toute action sérieuse de réduction des inégalités et de restauration d’une condition salariale moins indigne.

Dans le collimateur du SLAM : les stock-options

La taxe de SLAM vise les actionnaires de tout poil, c’est entendu. Mais tous ne sont pas également « intéressants », ou prioritaires, à cibler. L’article mentionne les plus importants, ceux qui viennent en premier sur la liste, il s’agit bien sûr des investisseurs institutionnels, fonds de pension, fonds mutuels, compagnies d’assurance, etc.

Le lecteur perspicace s’avisera sans doute qu’il est une autre catégorie d’actionnaires, qu’on ne rangera ni dans la catégorie des institutionnels ni dans celle des « petits épargnants », et à qui le SLAM ira comme un gant : ce sont les patrons à stock options, bien sûr !

Il faut peut-être prendre le temps de redire un mot des enjeux stratégiques attachés aux stock-options, bien au-delà du scandale immédiat de l’enrichissement sans borne de quelques dirigeants. Le « capital », en effet, n’est pas cette entité homogène et monolithique qu’on croit parfois. Lui aussi est traversé par ses conflits internes — et notamment celui qui oppose sa fraction « industrielle » à sa fraction « financière ». On peut bien dire que cette conflictualité-là est « secondaire » car elle n’est jamais suffisamment puissante pour remettre en cause l’unité supérieure de l’ensemble dans le conflit « primaire », qui l’oppose au « travail ». Pour autant la « logique actionnariale » de la rentabilité financière intransitive, c’est-à-dire de la rentabilité pour la rentabilité, indifférente aux activités sur lesquelles elle prospère, peut s’avérer antagoniste à la « logique industrielle » du développement, de l’expansion, de la réalisation de choses, dès lors précisément que les normes de rendement exigé deviennent si élevées qu’elles censurent de fait bon nombre d’investissements, ceux que le capital industriel aurait jadis lancés, mais qui maintenant ne « passent plus la barre ».

L’approfondissement de la déréglementation financière a fait surgir une puissance actionnariale désormais capable de soumettre le capital industriel à ses logiques propres de la « rentabilité indifférente » — mais de la rentabilité demandée toujours plus élevée. Le conflit d’objectifs qui en résulte est suffisamment aigu pour que se soit posée la question de sa « régulation » — interne à l’ordre du capital. Les stock-options en sont la solution de compromis la plus évidente puisqu’elle règle le problème en alignant les intérêts des hommes du capital industriel sur ceux du capital actionnarial. Pour leur faire oublier leurs rêves de grandeur industrielle et brider leurs pulsions d’expansion, rien de tel qu’une rémunération grassement comptée et indexée sur les critères de la performance actionnariale. Les mieux « travaillés » par l’esprit du temps ont fini par intégrer la discipline actionnariale comme une seconde nature et s’y conforment sans même s’en apercevoir ; les autres se sont fait une raison, bien aidés en cela par leurs paquets de stock-options.

Or, à n’en pas douter, cette composante-là de leur rémunération, le SLAM ne lui fera pas du bien... Ne s’en émouvront que ceux qui persistent dans ce morceau de bravoure idéologique voulant que les gros revenus récompensent les grands mérites — comme si le patron était le seul démiurge d’une performance d’entreprise d’ailleurs évaluée selon les critères les plus douteux, ceux de la valorisation boursière... Pour tous les autres, il y aurait deux motifs d’accueillir le SLAM plutôt favorablement. Le raccourcissement automatique des gains réalisés sur stock-options aura d’abord pour effet de diminuer sensiblement les incitations pour les patrons à conformer entièrement leur politique d’entreprise aux exigences de la finance actionnariale. Il aura également l’honnête mérite de contribuer à ramener la rémunération patronale globale à des niveaux un peu moins obscènes.

Le SLAM contre le court-termisme

Le SLAM, rappelons-le, prend pour cible la rémunération actionnariale effective en ces trois composantes : plus-values, bien sûr, mais aussi transferts financiers variés de l’entreprise aux actionnaires (dividendes et buy-back). A chaque actionnaire réalisant une vente de titres dans l’année courante est imputé une quote-part proportionnelle de ces transferts sur la base conventionnelle de leur valeur l’année précédente (en tout cas tant que la politique de dividendes et de buy-back de l’année en cours n’est pas encore connue).

Mais quid d’un actionnaire qui achèterait et revendrait pendant la même année fiscale et surtout qui revendrait sans avoir touché ni dividende ni buy-back ? N’est-il pas injuste de lui imputer sa quote-part des transferts financiers de l’année passée alors qu’il n’en aura pas vu la couleur (ni l’année passée, ni l’année en cours) ? Cette configuration n’a rien d’exceptionnel, elle est même extrêmement fréquente puisque les opérateurs financiers passent leur temps à effectuer ainsi des mouvements courts d’allers-retours sur des titres. On ne se laissera pas impressionner par les arguments de « justice » ou « d’équité » en général utilisés de manière partielle, ad hoc et asymétrique : ceux qui crieront à l’injustice d’une imputation de transferts non perçus seront probablement les mêmes qui trouvent parfaitement juste et normal qu’on licencie, pressure et précarise pour satisfaire leurs objectifs chéris de rentabilité... Cette injustice qui n’en est pas une a au contraire d’excellentes propriétés d’incitation à l’allongement des horizons temporels des opérateurs boursiers : elle les convainc en effet d’attendre suffisamment avant de revendre leurs titres — « suffisamment », c’est-à-dire d’avoir au moins effectivement perçu les transferts financiers qui leur seront de toute façon imputés ! Se trouve ainsi découragée la multiplication des allers-retours de très court terme qui nourrissent la pression spéculative autour des entreprises.

Le SLAM sans effet au delà des limites du CAC40 ?

C’est l’une des objections que j’ai pu lire dans un forum en ligne [1]. L’internaute fait observer que, s’appliquant aux entreprises cotées, le SLAM ne touche que le CAC40 et reste sans effet sur l’essentiel du tissu productif, constitué de PME non cotées. La remarque est loin d’être absurde. Elle manque pourtant de voir que le SLAM aurait un impact de bien plus grande portée qu’elle n’imagine.

En premier lieu le CAC40 est loin d’épuiser le champ des entreprises cotées, il n’est que « l’indice » c’est-à-dire le sous-ensemble des plus grosses. Il n’en est pas moins vrai que la majorité des entreprises françaises sont des PME, ni dans le CAC ( !), ni cotées à Paris, ni ailleurs. Et pourtant bon nombre de ces PME sont concernées — quoique indirectement — par le SLAM et en connaîtront les effets. C’est que l’exigence de la rentabilité financière, appliquée de première main par les grands actionnaires institutionnels aux entreprises cotées, ne s’y arrête pas. L’obtention des taux de profit requis passe en effet non seulement par la mobilisation productive interne mais aussi par l’obtention externe de prix de fournisseurs toujours plus drastiquement tirés. Ainsi la pression actionnariale se propage-t-elle tout au long de la chaîne de sous-traitance et pénètre-t-elle le tissu industriel dans toute sa profondeur, bien au-delà des seules limites de la « grande entreprise du CAC ». Le meilleur exemple en est donné dans le film de Gilles Perret, Ma mondialisation [2], où l’on voit des PME de décolletage de la vallée de l’Arve, bien loin en apparence de l’agitation de la Bourse de Paris et des investisseurs institutionnels qui s’y ébattent gaiement... et pourtant directement exposées aux pressions croissantes de leurs grands donneurs d’ordre — en l’espèce les constructeurs automobiles qui, eux, sont en première ligne, mais ont les moyens de transmettre la charge d’effort productif à tous ceux qui se trouvent en leur dépendance hiérarchique (salariés) ou commerciale (sous-traitants).

Ici se noue l’interaction toxique de la financiarisation et de la mise en concurrence généralisée. Soumis aux diktats de leurs donneurs d’ordre, eux-mêmes mis sous pression par leur environnement actionnarial direct, les sous-traitants se battent à mort pour conserver leurs marchés et luttent, parfois désespérément, pour satisfaire les demandes sans fin de baisse des prix, n’ayant guère d’autre solution à leur tour que de faire porter la charge de cet effort à leurs salariés ou bien le cas échéant à leurs propres sous-traitants, et ainsi de suite jusqu’aux couches les plus profondes du tissu industriel dont, nulle, aussi lointaine soit-elle, n’est épargnée par cette mise en tension généralisée qui est le propre du capitalisme déréglementé.

Notes

[1] Cf. http://fr.answers.yahoo.com/questio...

[2] Dont on peut se procurer le DVD depuis le site www.lesfilmsduparadoxe.com.

135 commentaires sur « Le SLAM »

0 | 100

  • permalien a :
    23 février 2007 @13h39   »

    Maintenant, il s’agit de savoir comment faire pénétrer au milieu de trois sondages - forts débiles - ce thème de débat dans la campagne présidentielle ?

    Mais ce n’est pas là le point essentiel. Le point essentiel est de partager cette espace (cette brèche plutôt) de discussion entre européens. Il n’y a pas de bonnes idées sans bonne stratégie pour leur faire faire débat et pression. Nous sommes face à une domination qui n’a pas de visage, il faut donc trouver un contre-poids à sa (dé)mesure. On en revient à une idée politique un peu occultée, celle d’un mouvement social européen, ou d’une réflexion politique européenne qui ne soit pas unioniste. L’UE est d’ailleurs en train de remplir petit à petit le vide laissé par le non/nom au traité constiutionnel. Voilà qui pourrait donner une couleur antagoniste et donc démocratique à l’espace européens. Et les unionistes ne l’entendent surement pas ainsi.

    Et Bruxelles ne se laissera pas impressionner.

  • permalien albertszam :
    23 février 2007 @13h50   « »

    Ce serai la plus grand plaisir pour les jans surexploité et hyperstressé ,de liberer un peu
    d’énergie pour les passe-temps humain , par ce que tirer une char même les boeufs
    sonts capables .
    Si on est d’accord sur l’existance de la consciance , c’est une bonne nouvelle même
    pour les actionnaires , qui se comportent en ce moment comme une horde d’enfants gatées !
    Albertszam

  • permalien fds :
    23 février 2007 @13h52   « »

    L’article de Frédéric Lordon pointe à juste raison la Loi de déréglementation financière comme début de cette séquence de prise de contrôle par les marchés financiers. Il prend acte de cette déréglementation et propose une mesure modératrice de l’un de ses effets.

    Vient une question à laquelle, me semble-t-il, il n’est pas répondu dans l’article. Qu’est-ce qui, dans la situation antérieure à la loi de 1986, permettait une régulation des apétits des marchés financiers ?

    Si cette loi a « install[é] les conditions de ces grands mouvements de capitaux qui vont balayer le marché », c’est qu’antérieurement, ces conditions n’existaient pas. On peut alors se demander pourquoi, au lieu de créer un nouvel instrument, ne pas revenir à la configuration juridique antérieure en abrogeant la loi de 1986 ou en remettant en place les dispositifs qu’elle avait elle-même abrogés.

    En effet, le SLAM aurait ce défaut, commun à toutes les mesures modératrices, qu’il entérine juridiquement un système par le fait même de lui fixer une limite. Consacrer juridiquement un système, même pour le restreindre, n’est pas équivalent à constater son existence.

    Bref, pour pouvoir évaluer le SLAM en tant que dispositif juridique, il me semble nécessaire de savoir jusqu’à quel point un retour en arrière - expression aussi honnie que les adjectifs « autoritaire » et « réglementaire » - avant 1986 est envisageable et susecptible d’entraîner des effets. Un examen détaillé de ce moment que l’article présente comme une rupture et un exposé de la configuration juridique que la loi de 1986 a aboli ou modifié paraîtraient ainsi utile.

    Par ailleurs, l’article n’accorde, selon moi, pas assez de place aux conditions concrètes de la prise de pouvoir des marchés financiers. La question du financement des activités productives par le crédit bancaire - comme alternative au financement par le marché - est un vieux problème. Quel rôle jouent les banquiers (grandes banques, mais aussi banques régionales) dans le processus décrit ? N’y a-t-il pas là aussi un moyen de modérer ce processus de financiarisation en contraignant leur activité, en dirigeant de façon « autoritaire et réglementaire » les fonds disponibles vers la production ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    23 février 2007 @14h45   « »
    Le SLAM, réponse à fds

    La remarque de fds est frappée au coin du bon sens politique. Elle me permet donc de préciser les choses : le Slam répond à un exercice sous contrainte d’un type particulier : comment trouver de quoi arraisonner la finance actionnariale sans avoir à en passer par une re-réglementation franche et massive, pour l’heure interdite par les traités européens qui ont sanctuarisé la liberté de mouvement des capitaux ? Pour autant, il n’en demeure pas moins que cette re-réglementation directe est l’objectif impératif de toute action sur la sphère financière. Se peut-il que ce soit tout à fait par hasard que les seuls pays à avoir échappé à la crise financière internationale de 1998 — certes une crise qui n’a pas touché principalement les marchés d’action, mais qui a tout de même été une crise de libéralisation financière pur sucre — soit ceux qui n’avaient pas renoncé à des systèmes de contrôle des capitaux, ayant notamment pour effet de pénaliser sévèrement les mouvements des capitaux courts, à savoir : la Chine, le Chili et la Malaisie ?
    On pourra donc dire, à la façon des économistes, que le Slam est un "second best". Il a vocation à apporter une première réponse à la question financière à cadre juridique européen constant. Il a donc, pour ainsi dire, les avantages de ses inconvénients. Si le Slam n’est pas tout à fait notre objectif final, il offre en revanche une solution susceptible d’être mise en place vite, et sur une base nationale. Le "first best" de la re-réglementation ne doit pas disparaître pour autant de notre agenda — comme l’objectif de révision anti-financière des traités européens qui en est le corrélat nécessaire.

  • permalien Frédéric Lordon :
    23 février 2007 @14h52   « »
    Le SLAM, réponse à a

    C’est bien parce que se pose ce genre de questions — comment parvenir à glisser le Slam entre deux sondages débiles — qu’il appelle un effort collectif. Car il faut dire les choses franchement : je ne suis pas un as en agit-prop...
    Le Slam a donc besoin : 1) de compétences techniques pour en affiner le dispositif, anticiper tous ses contournements, les déjouer etc ; 2) de compétences politiques pour porter l’idée et réussir à la mettre à l’agenda.
    Cet agenda est nécessairement européen (voir réponse à fds) car le Slam est un pis-aller. L’objectif décisif c’est de revenir sur la libre circulation des capitaux — celle-là même que les traités protègent méticuleusement

  • permalien Aa :
    23 février 2007 @15h54   « »

    @ F. Lordon :

    Très bien, je commence par une boutade : pas agit-prop c’est sûr, mais quand on est hétérodoxe, c’est difficile, je crois, dans le champ des économistes de ne pas être considéré comme tel, ou d’être exoassigné à cette position.

    Pour le reste, nous sommes bien d’accord. La question est aussi celle du "comment" - pour revenir à l’idée de champ (bourdieu) - la faire entrer dans l’espace public.

    Je pousse plus loin en suivant ces deux premières remarques. Admettons une scène à la TV, où on discute du slam (ce n’est pas une hypothèse irréaliste, J. Sapir ne me taperea pas sur les doigts), un titre tout à fait neutre e tpas à côté de la plaque : "le slam : une solution à la mondialisation ou utopie" comme savent le faire nos biens-aimés journalistes. On est déjà loin dans la prospective, je sais.

    Que des économistes orthodoxes sur le plateau. Première objection : "mais si nous appliquons une telle mesure, les capitaux vont fuir à l’étranger, comme c’est déjà le cas avec la Chine, alors on voit bien que la question n’est pas celle des capitaux mais celle de la concurrence et des barrières" (retour à La grande Transformation) ... et acquièscement du journaliste.

    Je ne fais pas la suite du laïus, j’ai déjà fait un effort difficile, mais ce discours n’est pas forcément imaginaire.

    Dans cette scène, que répondre - puisque vous évoquez la technique, on pourrait même dire la légitimité scientifique - à une telle assertion ?

    Pour que nous soyions bien d’accord, je ne partage pas l’opinion des brain washers, mais c’est un élément qu’il me serait difficile de rejeter sans avoir quelques hésitations.

  • permalien laurent :
    23 février 2007 @23h30   « »

    @lordon
    voyez vous une complémentarité possible entre le Slam et la proposition d’une CSG entreprise assise sur la valeur ajouté (venant en substitution des cotisations sociales) modulable en fonction du nombre de salariés ? L’objectif est me semble t’il le même (sortir de la logique financière de valorisation immédiate distribuée aux actionnaires), mais les modalités me semble plus opérationnelles. Merci d’avance.

  • permalien Frédéric Lordon :
    24 février 2007 @10h05   « »
    Le SLAM, réponse à aA

    Pour ce qui est de l’objection "technique" de la fuite des capitaux dans le cas "Slam dans un seul pays", je vous renvoie à l’article d’origine (Diplo février) qui lui apporte réponse — en fait l’objection était très prévisible...
    Pour ce qui est de la situation "débat sur le Slam à la télé", imaginaire elle est, et imaginaire elle restera, du moins pour un moment encore. Dans son état actuel la télé, toutes chaînes confondues, est ABSOLUMENT inapte à offrir les conditions de parole adéquates à un débat quelque peu technique et qui nécessite d’avoir le temps de présenter soigneusement un argument.
    Pourquoi je ne vais pas à la télé et dans peu d’endroits seulement à la radio ? Parce que nulle part, ou presque, on ne peut trouver des conditions de parole appropriées. Les éditorialistes de pacotille et les faux intellectuels de médias n’ont besoin que de 5 secondes pour émettre une de ces bonnes grosses âneries dont ils nous ont donné l’habitude — en étant à peu près certain au surplus de rencontrer le sens commun et de "convaincre". Défaire un cliché, une idée reçue ou un lieu commun bien ancré, bref un de ces faux problèmes navrants qui font l’ordinaire du débat médiatique ("faut-il changer le modèle social français ?", "le courage de réformer", "pour ou contre la société d’assistanat ?", etc.) nécessite 5 à 10 bonnes minutes de déconstruction préalable, avant d’entamer — 10 mn supplémentaires — une reconstruction alternative du débat. A 3mn vous passez déjà pour l’universitaire pénible, de toute façon jamais on ne vous laissera aller au bout, le cuistre en face ne manquera d’ailleurs pas de vous interrompre pour relancer sa première sottise par une deuxième, et vous êtes défait en rase campagne. Moralité : ne pas aller se fourrer dans des situations perdues d’avance...
    Pour que le débat sur le Slam ait lieu à la télé, il faudra d’abord que le système télévisuel ait été rasé et entièrement reconstruit...

  • permalien Frédéric Lordon :
    24 février 2007 @10h16   « »
    Le SLAM, réponse à Laurent

    Les deux dispositifs — Slam et CSG étendue — n’ont pas grand chose à voir. Le fait que vous fassiez ce rapprochement me donne d’ailleurs l’occasion de préciser un point important : le Slam n’est pas un impôt sur les ENTREPRISES mais sur les ACTIONNAIRES. La CSG sur la valeur ajoutée porterait, elle, sur les entreprises. N’étant pas omnicompétent, je n’ai pas d’avis bien établi sur l’opportunité d’une telle CSG-VA, mais je peux en dire au moins une chose : elle n’aurait strictement aucune incidence sur le biais financier-actionnarial du comportement des firmes. Si vous vouliez produire un tel effet "anti-financier" en agissant directement sur les entreprises il faudrait plutôt envisager une super-taxation des profits distribués (en y réintégrant d’ailleurs les buy-backs). Cette mesure-là, oui, serait complémentaire avec le Slam (en fait même redondante). Je pense qu’il faut lui préférer le Slam car une telle taxation des profits redistribués, à elle seule, n’ôte rien des incitations auxquelles sont exposées les entreprises à dégager toujours plus de rentabilité : observant qu’une taxe ampute les transferts financiers venant des firmes et dont ils sont bénéficiaires, les actionnaires demanderont simplement aux entreprises... de dégager plus de cash encore pour compenser ce manque à gagner ! L’incitation au sur-profit indéfiniment croissant vient des actionnaires, c’est donc sur eux qu’il faut agir — ce que ne ferait en aucun cas une CSG-VA.

  • permalien laurent :
    24 février 2007 @19h00   « »

    @Lordon

    Pas d’accord avec votre réponse distinguant imposition personnelle et imposition société !
    La CSG entreprise à automatiquement un fort impact sur les profits distribués sous forme de dividendes...

    D’abord parce qu’ils rentrent dans l’assiette d’imposition (sociale) ce qui n’était pas le cas auparavant !

    De plus, on sait qu’il y a un jeu de vases communicants, dividendes-salaires : donc une modulation de la CSG entreprise selon les effectifs, est une très forte incitation à l’embauche (et donc à une réduction mécanique de la part VA donnée aux dividendes)...

    Je pense que les deux mesures Slam et CSG entreprises peuvent prendre en tenaille la logique actionariale actuelle, c’est en ce sens que je demandais des précisions sur la complémentarité technique (en gros le Slam joue sur les taux, et la CSG entreprise joue sur les flux de dividendes...).

  • permalien dvh :
    25 février 2007 @22h56   « »

    Est-ce que le SLAM ne va pas provoquer une expatriation des sociétés visées par ce dispositif ? Qu’est-ce qui empécherait les actionnaires de déplacer le siège social de l’entreprise vers un autre pays pour y échapper ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    26 février 2007 @09h33   « »
    Réponse à dvh : Slam et délocalisation des sièges

    C’est évidemment une question importante. On peut y apporter deux types de réponse.

    1) En premier lieu, il faut observer que la délocalisation des sièges pourrait ne pas changer grand chose au problème : les établissements productifs demeurant par hypothèse sur le sol français, ceux-ci deviennent des entités juridiques propres de droit français, filiales du siège à l’étranger. La remontée du cash des filiales au siège s’opérant le plus souvent par des versements de dividendes, le Slam s’y applique (en incluant d’ailleurs dans la base taxable les transferts divers qui, outre les dividendes, réalisent ces remontées de cash, inclusion qui se justifie sur le même mode que la prise en compte des buy-backs dans le cas d’un Slam proprement boursier). Par conséquent, tout délocalisé qu’il soit le siège n’a pas plus qu’avant les incitations ou les moyens de sur-exploiter ses établissements productifs. L’occasion en tout cas est donnée de préciser un point important : le Slam doit s’appliquer tout autant aux relations actionariales hors-marché qu’à l’actionnariat proprement "boursier". Les relations siège-filiales en offrent un exemple particulier (c’est en quelque sorte une relation actionnariale "interne"), mais cette précision a surtout vocation à insister sur le fait que les fonds de Private Equity également seraient — et même : impérativement — justiciables du Slam !

  • permalien Frédéric Lordon :
    26 février 2007 @09h34   « »
    Suite de la réponse à dvh (Slam et délocalisation des sièges)

    2) Il est un autre mécanisme, mais d’une nature très différente, qui pourrait minimiser grandement cette tentation de la délocalisation des sièges : les patrons industriels pourraient réaliser qu’ils ont eux-mêmes un intérêt au Slam. La contrainte de rentabilité actionnariale est une entrave permanente à leurs projets d’investissement et de développement. La logique industrielle d’expansion est très souvent contrecarrée dans son mouvement par la logique actionnariale de rentabilité courte. Bon nombre de patrons industriels tiennent in petto un discours extrêmement critique sur les marchés et seraient preneurs d’un système de limitation de la rentabilité actionnariale qui allègerait leur assujetissement aux réquisits des investisseurs financiers. Evidemment pour que ces patrons prennent clairement conscience de ce qui est leur intérêt objectif d’INDUSTRIELS, il faut d’abord les avoir désintoxiqués de leurs stock-options, c’est-à-dire avoir tué L’ACTIONNAIRE en eux. Mais le Slam lui-même les y aidera ! En effet (voir les compléments ci-dessus) le Slam s’appliquera aussi à cette catégorie un peu particulière d’actuionnaires que sont... les patrons à stock-options. Placés, comme personnes physiques, sous Slam, les patrons, qui verront les performances de leurs stock-options ratiboisées comme le reste, cesseront d’épouser le point de vue actionnarial et de faire rechercher à leur entreprise la rentabilité financière à toute force... puisque celle-ci aura cessé de les enrichir directement. Redevenus authentiquement industriels, ces patrons pourraient alors très bien percevoir tout l’intérêt que présenterait pour eux un dispositif de protection vis-à-vis des demandes actionnariales délirantes — et n’avoir aucune envie d’échapper à ce qui pourrait leur apparaître, à eux aussi, comme une protection.

  • permalien drakkar.bleunoir :
    26 février 2007 @09h43   « »

    Bonjour à tous

    E.Chouard a raison F.Lordon est toujours intéressant

    Voici le titre de l’article trouvé sur le site technique
    sur le controle interne

    Le SLAM mors de la finance actionnariale ?

    le site "controle interne thèses synthèses"

  • permalien corbeau :
    26 février 2007 @22h15   « »
    sémiologue profane

    Ce qu’il y a de plus difficile aujourd’hui, c’est de lutter contre la façon dont les idées néolibérales (du fric ! du fric !- pour être vague - et assez précis aussi)sont devenues naturelles, ingurgitées par le plus grand nombre qu’incessamment (à la Grosse Bertha) l’on a convaincu du naturel, de l’évident, du "bon sens" de ces idées terriblement insanes - devenues arguments d’autorité. Voilà ce contre quoi on lutte. Autant s’en prévenir tout de suite. La naturalité de ces idées c’est leur force. Mais c’est aussi leur faiblesse. Creusons. Creusons franchement. L’inanité de ces idées sera vite atteinte.
    Un exemple banal : on me traite d’anti-américain primaire. Qui est vraiment l’anti-américain ? Qui est vraiment le primaire ? Celui-ci qui laisse lestement un pays se vautrer dans des bourbiers bellicistes aporétiques, dans un système médiatique à même de créer des monstres tels que Fox News, celui qui proclame béatement les E-U comme la plus grande Démocratie du monde, en évitant soigneusement d’interroger les "petites" imperfections. Ou celui-là qui sait combien une partie du peuple américain (malheureusement minoritaire, merci le rouleau compresseur médiatique) vomit Bush et toute sa politique (intérieure, extérieure, sociale, économique, écologique, culturelle...) qui se dirige tout droit dans le mur.
    Alors qui est pragmatique ? Qui ne l’est pas ? Ne nous laissons pas dépasser par ces concepts vides brandis sans cesse. Démontons-les, déconstruisons-les, confrontons-les à leur fausse lisibilité - car véritablement il n’y a que du vide dans le pseudo-raisonnement dont ces concepts résultent.

  • permalien goutelle lionel :
    26 février 2007 @22h20   « »
    Le SLAM : comment le populariser ?

    Pour faire "passer" le SLAM dans la population, on peut envisager certains des moyens classiques de "l’agit prop". Je pensais à un tee-shirt frappé d’un slogan style "le SLAM, enfin la propostion qui attaque frontalement l’injustice sociale"" (ça engagerait la curiosité et les discussions). On peut aussi penser à un "tract".Mais là, il faudrait trouver des mots appropriés pour expliquer simplement une proposition technique relativement complexe pour les non-économistes....Si Frédéric Lordon nous pondrait un document mélangeant son ironie (indispensable), ses explications techniques (sans simplifications exagérées) et les conséquences qu’on peut en attendre, sans oublier les valeurs sous-jacentes qui l’inspirent....Je promets de le coller dans tous les quartiers de Marseille....Mais c’est beaucoup lui demander peut-être... C’est l’occasion au passage de voir combien les contraintes stylistiques et techniques qu’on impose aux rédacteurs de tracts sont souvent folles...

  • permalien
    26 février 2007 @23h32   « »

    Pour faire de l’agit-prop, je pense que le titre de l’article du Diplo ne serait pas un mauvais slogan : Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM !

    Comme quoi, Fréderic Lordon n’est peut être pas si mauvais qu’il le pense pour ce genre d’activité ;-)

  • permalien Frédéric Lordon :
    27 février 2007 @09h29   « »
    Agit-prop ? Réponse à Lionel Goutelle

    Il est difficile de ne pas être touché par la proposition. Un tract ? En effet pourquoi pas un tract ? Il va cependant falloir sérieusement débrancher l’homo academicus en moi pour que je parvienne à rédiger un tract (demandez au Diplo : même avec une dotation de 30 000 signes, je râle encore...). Mais après tout c’est un exercice de style. J’ai votre mail, je prends directement contact avec vous pour que vous me conseilliez. Merci !

  • permalien Frédéric Lordon :
    27 février 2007 @15h55   « »
    A Lionel Goutelle et à l’anonyme indulgent

    Vous avez gagné, je me lance dans les slogans :
    Fonds de pension : le Slam ratiboise !
    LBO : le Slam ratiboise !
    Stock-options : le Slam ratiboise !

  • permalien laurent :
    28 février 2007 @09h33   « »

    @Lordon
    Vous ne me répondez pas sur la CSG entreprise !!

    Sinon, on peut aussi envisager une autre mesure symbolique interessante.
    — Sur le plan des salaires, on institue le SMAC (salaire maximum autorisé de croissance) pour encadrer l’éventail des revenus salariaux, et venir en complémentarité du SMIC.
    — Et on met en place symétriquement une assurance de retour minimale pour les petits détenteurs d’actifs, un SLAm...

    Avec cela on se retrouve avec un nouveau projet de capitalisme régulé et efficace mais humain car borné (cf. normes de Durkheim qui agissent comme catalyseurs et libérateurs).
    La maxime de Keynes me parait parfaite pour "vendre" le "package"
    "(…) pour stimuler ces activités et satisfaire ces penchants (à l’enrichissement personnel), il n’est pas nécessaire que la partie se joue avec des mises aussi élevées qu’aujourd’hui. Avec des mises beaucoup plus faibles le jeu serait tout aussi efficace dès lors que les joueurs en auraient pris l’habitude"

    Cordialement

  • permalien dvh :
    28 février 2007 @12h05   « »
    Le SLAM : délocalisation du siège social (bis)

    Permettez-moi de revenir à la charge. Si le siège social est délocalisé, le SLAM reste efficace seulement si l’entreprise expatriée garde une filliale en France. Or que se passe-t’il si la production est aussi déplacée à l’étranger ou externalisée vers un sous-traitant local ? Il existe de nombreux exemples d’entreprises où une séparation géographique et légale entre biens immatériels (marque, brevets, ressources financières..) et entités physiques de production/commercialisation permet de faire jouer la concurrence fiscale. Je pense aux marques de vêtements, ou encore aux sociétés de matériel informatique (Apple, Nvidia...), mais il y en a d’autres. Le siège social engrange les revenus liés à la marque/aux brevets/intérêts des prêts consentis aux partenaires. Ces transferts d’argent vers des partenaires localisés en France sont-ils taxés ? Par la TVA par exemple ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    28 février 2007 @12h25   « »
    Le SLAM, réponse à dvh

    Que les établisements proprement productifs qui font la vraie substance de l’entreprise puissent partir à l’étranger, nous savons bien que c’est possible : ça s’appelle des délocalisations ! Mais tout ce qui est délocalisable à l’heure actuelle n’est-il pas délocalisé, ou en voie de l’être, et ceci alors qu’il n’y a pas de Slam ?! En effet à quoi répondent ces délocalisations ? A l’impératif d’être à la hauteur des exigences actionariales de rentabilité, à quoi les entreprises répondent par la compression des coûts salariaux. Que cette contrainte de rentabilité soit levée et les incitations à la délocalisation s’en trouveront de facto diminuées. Résumons nous :
    Soit l’entreprise — patron en tête — prend le parti de saisir les avantages objectifs du Slam, et rien ne bouge, ou plutôt : il y a beaucoup moins de mouvement de délocalisation qu’il n’y en aurait eu sans Slam.
    Soit l’entreprise fait le choix de se soustraire au Slam à toute force. Deux sous-cas : 1.ceux de ses établissements non délocalisables — parce qu’ils concentrent des compétences ou jouissent d’avantages (proximité de centres de recherche ou autres) qu’ils n’auraient pas ailleurs ne seront pas délocalisés, siège en France ou au Bahamas. 2) Ceux de ses établissements qui sont délocalisables le seront... comme ils l’auraient été sans Slam en vertu du principe qui veut que, sous surpression actionnariale, ce qui peut être délocalisé le sera.

  • permalien Frédéric Lordon :
    28 février 2007 @13h52   « »
    Le SLAM, réponse à Laurent...

    ... avec mes excuses pour le retard à l’allumage ! Votre idée de CSG à modulation n’est pas mauvaise, mais à mon avis elle ne rend pas un aussi "bon" service que le Slam. En effet le Slam ôte TOUTE incitation à pressurer l’entreprise pour lui faire rendre plus de profit (en fait j’exagère : il reste les incitations en provenance non plus des actionnaires mais du patron industriel lui-même qui veut le profit pour assouvir sa pulsion d’expansion. Mais cette incitation "interne" est plus aisée à maîtriser dans l’entreprise (par le conflit social par exemple, ou la négociation, en fait l’un ne va pas sans l’autre) que lorsqu’elle vient des marchés). Avec la CSG VA, le patron sous pression actionnariale sera toujours tenté de regagner par tous les moyens la perte de profit résultant de la CSG. Or on sait parfaitement comment se rattrapent les manques à gagner du capital : sur le travail. Certes votre effet de modulation par les effectifs rend plus difficile ce rattrapage mais n’en annule pas la possibilité : tous les ajustements possibles autres que licenciements brutaux seront mis en oeuvre : flexibilisation à outrance, intensification du travai, etc) Si le trade-off de la CSG-VA est plus rude, on peut craindre que le rattrapage ne soit plus saignant... Ceci étant dit une combinaison des deux (Slam et CSG-VA) pourrait être intéressant à la condition expresse — mais vous n’omettez pas de le préciser — que cette CSG soit modulée comme vous l’indiquez.

  • permalien goutelle lionel :
    28 février 2007 @16h05   « »
    Le SLAM : esquisse d’un tract 1

    ci dessous une esquisse d’un tract très difficile à faire me semble-t-il. (qui vise-t-on ? qu’est-ce qui est prioritaire à dire ? que faut-il détailler ? etc...). IL offrira aussi l’avantage pour Frédéric Lordon de voir comment un non économiste assimile ou pas ses travaux...

    Le S.L.A.M, enfin une proposition de loi contre la (principale) cause de nos problèmes : le pouvoir démentiel des actionnaires sur nos vies.

    Comme la plupart des gens de ce pays, tu connais la « musique » qu’on nous impose chaque jour un peu plus dans les médias et ailleurs : depuis 30 ans, à les écouter, les salariés de ce pays seraient trop bien payés, trop protégés etc…La France et ses entreprises ne seraient pas assez « compétitives » sur les marchés et les « investisseurs » risqueraient de se détourner d’elle si les salariés n’acceptaient pas encore de travailler plus dur dans des conditions encore plus difficiles.
    Or, nous savons par des exemples concrets (par exemple l’usine Nestlé dans les Bouches du Rhône) que la plupart du temps, les entreprises dans lesquelles on débauche (ou que l’on cherche à délocaliser) sont en réalité rentables, mais simplement elles ne le sont pas assez du point de vue des actionnaires. Ainsi, pour prendre l’exemple de Nestlé dans les Bouches du Rhônes, cette entreprise dégageait une marge de profit de 9%, alors que la « norme » exigée par ses actionnaires était fixée à 13%. On voit donc bien sur ce cas concret que le problème ne vient pas du manque de productivité de l’entreprise et de ses salariés, mais de la position de « maîtres chanteurs » dans lequel se trouvent les actionnaires aujourd’hui, qui peuvent ainsi du jour au lendemain démolir la vie de centaines de salariés parce qu’ils estiment que leurs poches ne se remplissent pas assez vite (voilà une délinquance complètement ignorée de nos candidats vedettes : or ses ravages nous touchent bien plus concrètement que celle dont on nous rabat les oreilles) La conclusion s’impose donc d’elle-même : pour commencer à résoudre le problème qui pèse sur les salariés de ce pays, il faut d’abord contrôler et prendre en main le pouvoir des actionnaires.

  • permalien goutelle lionel :
    28 février 2007 @16h07   « »
    Le SLAM : esquisse d’un tract 2

    Or nous dit-on, c’est une chose rigoureusement impossible que d’agir sur ce plan-là à l’échelle d’un pays. La « loi » de la libre circulation des capitaux (que nos « amis les socialistes » ont voté eux-mêmes en 1986 pour mieux affirmer plus tard qu’ils n’y pouvaient rien. Rire : de l’art de nous prendre pour des cons) fait qu’un pays ne peut plus légiférer seul sur ce plan là, car la « sanction » serait immédiate : fuite des capitaux et des investisseurs dans un autre pays (qui lui serait resté assez bête pour continuer à accepter leurs « lois ») . C’est un peu vrai, et il faudra bien un jour s’attaquer aux lois européennes, voire mondiales, qui contrôlent -ou plutôt ne contrôlent plus- la « finance » (Au fait, ils sont où nos syndicats européens, leur combativité et leur intelligence bien placée ? s’inspirent-ils de Bourdieu « pour un mouvement social européen » ?). Mais aujourd’hui ce raisonnement est largement faux (et reste à vérifier s’il fût vrai un jour d’ailleurs). Certes, les « investisseurs » pourraient bien ne plus avoir grand intérêt à « investir » dans les entreprises françaises si l’on « bornait », si l’on « ratiboisait » autoritairement leur taux de profit aujourd’hui exorbitant (comme le ferait le S.L.A.M), et ils pourraient bien être tentés de fuir pour essayer de nous faire chanter (Mais malheur à eux si les autres pays aussi décidaient de ne plus se laisser faire !). Mais cela n’aurait plus grande importance à vrai dire. En effet, contrairement à une légende bien répandue (par eux même), ils ne contribuent que très peu au financement des entreprises (lorsque bien sûr on a l’honnêteté de mettre en rapport ce qu’ils prélèvent avec ce qu’ils apportent). Sait-on ainsi que « la part des actions dans le financement des entreprises non financière se monte dans le cas de la France à….2,6% sur la période 1986-1996 » (source : « et la vertu sauvera le monde » Frédéric Lordon, p 29 en note).

  • permalien goutelle lionel :
    28 février 2007 @16h10   « »
    Le SLAM : esquisse d’un tract 3 et fin

    Autrement dit, comme le dit encore Frédéric Lordon, « si de la finance actionnariale ne reste plus que la nuisance tutélaire –sans le capital !- on aurait tort de redouter quoi que ce soit de grave à se passer de ses « services ». Ou encore traduit en termes plus « médicaux » pour l’ensemble de la société française, certes la fuite des actionnaires (est-elle si sûre d’ailleurs sur le long terme ?) pourrait nous infliger une infime douleur locale, mais largement compensée par toutes les grosses douleurs qui disparaîtraient (sans compter aussi les gains en terme d’estime de soi et de bonne santé psychologique qu’on peut trouver dans le fait de défendre ses valeurs devant un (petit) chantage matériel).
    Ainsi, contrairement à ce qu’on nous dit, le S.L.A.M (impôt sur les sur-profits des actionnaires qui vise en gros à ramener leur gain aux 3 à 5% des années 80 contrairement aux 15 à 20% actuels) qui n’a pas pour but de créer de nouvelles ressources fiscales pour l’Etat, mais qui cherche surtout à neutraliser l’intérêt malsain des actionnaires à exploiter les salariés est une chose non seulement faisable, mais incontournable pour stopper la maltraitance (devenue insupportable) des salariés par les actionnaires dans ce pays (comme dans d’autres bien sûr !). Nos « décideurs » seraient bien inspirés de décider de faire ce pour quoi on les élit, car le taux d’encaissement de la violence sociale qu’on impose aux habitants de ce pays commence à être brûlant …..Et nous ne les laisserons pas dire qu’ils ne savaient pas quoi faire en face des « marchés »…
    Pour plus d’infos sur le S.LA.M, son principe, et l’esquisse de sa mise en œuvre technique, voire l’article de son initiateur, l’économiste Frédéric Lordon, dans le Monde diplomatique de février 07. Il faut absolument imposer son existence dans le débat électoral, monter des pétitions pour montrer sa popularité etc….

  • permalien A :
    28 février 2007 @18h49   « »

    Donc, si je comprends bien les aspects les plus positifs du slam :

    1 - Une espèce de transfert du pouvoir actionnarial vers le pouvoir industriel, et ils ne sont pas les mêmes personnes.

    Par conséquent, on devrait voir la part des investissements industriels sur le long terme augmenter, et les investissements purement ou apparenté spéculatif à court terme continuer à fuir. C’est un peu l’histoire des vases communicants.

    2 - Le conflit et la négociation redeviennent possible : en effet le rapport de domination serait localisé. Je ne vois pas comment gêner aujourd’hui des centres d’entreprises éparpillés aux 4 coins du monde.

    Enfin, je tiens à vous faire part d’une légère expérience que je viens de vivre, en cherchant sur internet cette page, je suis tombé sur une séance démocratie participative d’une candidate à l’élection présidentielle.

    Et que vois-je ? "Autour du slam débat" je ne sais quoi...

    Bon sang ! me dis-je, c’est pas vrai que c’est pas possible. J’ouvre la page étonné... C’était un poème pour la dite candidate.

    Me voilà revenu sur terre.

  • permalien Yann :
    1er mars 2007 @12h05   « »

    Bravo pour votre travail éthique !

    Je vous soutiens mais me pose tout de même une question :

    Vous dîtes que si l’entreprise fait le choix de se soustraire au Slam, "ses établissements qui sont délocalisables le seront... comme ils l’auraient été sans Slam en vertu du principe qui veut que, sous surpression actionnariale, ce qui peut être délocalisé le sera."

    Le SLAM ne risque-t-il donc pas d’accélérer les délocalisations d’établissements - certes délocalisables même sans SLAM  ?

    Merci.

  • permalien Frédéric Lordon :
    1er mars 2007 @12h17   « »
    Le SLAM, réponse à Yann

    Merci de votre message à ceci près que mon travail n’a strictement rien d’éthique : il est entièrement politique. En appeler à "l’éthique dans les comportements" — c’est-à-dire faire la morale — n’ayant jamais rien changé au cours des choses, c’est par la politique, et même par la "grande politique", celle qui vise les structures, ici les structures de la libéralisation financière, qu’il faut passer.
    Par ailleurs, la réponse à votre question... est entièrement dans le message dont vous avez extrait un passage. Je ne peux donc que vous y renvoyer...

  • permalien Frédéric Lordon :
    1er mars 2007 @12h24   « »
    Le SLAM, réponse à A

    Je ne suis pas sûr que je produirais le même résumé du Slam que vous...
    Mon résumé serait plutôt le suivant :
    1. Les entreprises — et leurs salariés — sont soumises à des exigences de rentabilité sans limite.
    2. Ces exigences sont le fait d’un groupe particulier, le capital actionnarial, qu’aucune force n’entrave plus.
    3. Mettre un terme à cette situation exige de mettre une borne aux revendications du capital actionnarial. Cette borne à la rentabilité actionnariale ôte ipso facto toute incitation à la surexploitation.
    Pour ce qui est de votre expérience poétique, en effet vous aviez rêvé les yeux ouverts...

  • permalien Yann :
    1er mars 2007 @13h14   « »

    Merci de votre réponse !

    Acceptez-vous donc que le SLAM risque d’accélérer les (ou des) délocalisations d’établissements - certes délocalisables même sans SLAM ?

    Si c’est le cas, il me semble y voir là le principal argument anti-SLAM.

  • permalien Frédéric Lordon :
    1er mars 2007 @13h49   « »
    Le SLAM, réponse à Yann

    Cher Yann, mais non je ne l’accepterai pas ! Je pense au contraire que le Slam pourrait avoir des effets nets positifs en cette matière (je veux dire que les pressions à la réduction de l’effort de rentabilité évitera plus de délocalisations que les tentatives de certaines entreprises de se soustraire au Slam n’en provoqueront)

  • permalien Yann :
    1er mars 2007 @14h14   « »

    Vous, ou toute autre personne compétente sur ce sujet, devriez peut-être expliciter davantage encore en quoi l’argument anti-SLAM que j’ai cité - cheval de bataille de M. Sarkosy, entre autres - n’est pas valide. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article sur le journal du Monde diplomatique ainsi que la discussion sur ce site. Je ne pense pas y avoir suffisamment compris les raisons quasiment quantifiables - Ne parle-t-on pas de gros sous ? - qui pousseraient concrètement les patrons à jouer le jeu du SLAM.

    Je ne suis pas très connaisseur en économie mais je m’intéresse aux initiatives visant à un monde plus juste.

  • permalien Goutelle Lionel :
    1er mars 2007 @16h30   « »
    Le SLAM : l’idée du tract est-elle abandonnée ?

    Je ne sais ce que vous pensez de l’esquisse du tract ci dessus et donc je ne me risquerai pas à le tirer sans votre accord. En avez vous abandonné l’idée ? Manquez vous de temps ? Est-il "nul" et déforme-t-il trop votre analyse et votre proposition ?.....Je persiste à dire qu’un affichage mural peut être une bonne idée (parmi d’autres), notamment pour toucher les "catégories populaires", en tous cas certains des gens de ma rue que je croise tous les jours....

  • permalien Frédéric lordon :
    1er mars 2007 @17h59   « »
    Le SLAM, pour Lionel Goutelle

    Non non elle ne l’est pas ! — et de toute façon vous n’auriez nul besoin de mon autorisation. Ceci étant, si vous me laissez un peu temps (ressource rare en ce moment), je vous proposerais volontiers mon propre essai, car j’y ai un peu songé entre temps...

  • permalien Laurent :
    3 mars 2007 @11h02   « »
    Fuites...

    Bonjour Frédéric,

    Votre article concernant le SLAM n’en finit pas de susciter en moi un bouillonnement de réflexions et questions en tous sens. Le principe me plaît beaucoup, mais certains points me posent problème.
    Le principal de ces points, comme Yann et dvh, est la délocalisation, ou plus généralement la fuite des capitaux et investissements hors de France.

    1) « Qu’ils fuient, ma foi, c’est bien possible » : nous sommes d’accord.
    J’y vois non seulement une accélération (plus l’écart de gain est grand plus on incite à faire vite), mais aussi un élargissement du nombre d’entreprises délocalisables, ce qui est plus grave. Le risque est qu’une usine passe du statut « non délocalisable » au statut « délocalisable », car le SLAM représente un coût. Et cela même quand on parle par exemple de pôle de compétences : les financiers auront vite fait de calculer le coût du transfert de ces compétences et de le mettre en face de ce qu’ils perdent dans le SLAM, qui rend l’équation économique encore plus défavorable pour un site en France. La délocalisation des sièges est aussi à prévoir : le bénéfice n’est pas forcément fait au sein des établissements productifs, qui peuvent vendre leurs produits à marge minimum au siège qui les commercialisera et fera les bénéfices, non soumis au SLAM. 
    J’ai par ailleurs des doutes sur le mécanisme « qui pourrait minimiser grandement cette tentation de la délocalisation des sièges ». Les patrons auront beau « réaliser qu’ils ont eux-mêmes un intérêt au SLAM », ils ne sont pas les détenteurs des capitaux malheureusement nécessaires pour faire tourner les usines.

    2) Même en imaginant que les capitaux ne fuient pas, on peut être sûr qu’ils ne viendront pas. Qui voudra investir en France alors qu’il peut avoir une meilleure rentabilité ailleurs ? Sans investissements, que deviendront la recherche et le tissu industriel ?

    3) « Que ce soit un problème réel, c’est déjà beaucoup plus contestable » : j’ai là aussi des doutes. Que « les prélèvements de dividendes et de rachats d’actions sont devenus supérieurs aux injections de capitaux frais », cela indique seulement que les actionnaires deviennent franchement gloutons, mais cela n’enlève rien au fait qu’une entreprise a besoin de capitaux pour tourner. Et les détenteurs des capitaux, on les connaît…

    On peut ajouter à tout cela que la chaîne de sous-traitance n’est pas sortie d’affaire : les entreprises non cotées continueront à subir les pressions de leurs clients étrangers, non soumis au SLAM.

    Si on considère ces points, on constate que pour être efficace, le SLAM doit être appliqué de manière internationale. Et là, on parle d’un rêve…
    Dites-moi que j’ai tort !

    Laurent

  • permalien Frédéric Lordon :
    4 mars 2007 @11h52   « »
    Le SLAM, réponse à Laurent

    Dans l’ordre de vos interrogations :

    1-a. Par construction il n’y a pas de risque (à court-moyen terme) qu’une entreprise passe du statut "non délocalisable" au statut "délocalisable" car les facteurs qui la rendent non délocalisables ne sont pas substituables (comme disent les économistes) : en clair, vous ne pouvez pas substituer à un ingénieur français (cher) un maçon moldovalaque (pas cher). Il n’y a aucune commune mesure entre ces deux types de salariés qui rendrait possible un arbitrage de coût et la substitution de l’un par l’autre. Slam ou pas Slam, si l’entreprise veut continuer à faire de la haute technologie elle devra rester où elle est pour tirer parti des avantages "localisés" (proximité de centres de recherche, main d’oeuvre très qualifiée, etc) sans lesquels elle ne peut fonctionner

    1-b. Le slam s’appliquera à tous les transferts intra groupe donc à toutes ces relations actionnariales un peu spéciales que sont les relations filiale-mère (au moins dans le cas d’une "mère" non résidente). Le slam doit être adapté d’une manière un peu particulière puisque les transferts changent de nature : ils comprennent les dividendes (comme d’hab) mais doivent aussi inclure les écarts sur prix de cession internes qui sont l’un des moyens de faire remonter du cash des filiales aux mères (ce qui suppose de définir une "norme" pour les prix de cession interne — mais ceci est une problématique bien connue de la fiscalité de groupe)

    1-c. En effet, les conseils d’administration pourraient décider contre les patrons, vous avez raison. Ceci étant, les CA sont souvent peuplés moins d’actionnaires que d’autres patrons... et c’est heureux.

    2. Qui voudra investir en France ? Des investisseurs décidés à se contenter d’une rentabilité raisonnable et de toute façon obligés d’en passer par la France pour des raisons de diversification géographique de leurs portefeuilles. Ca fera moins qu’avant ? C’est possible. Ce sera un problème "pour financer la recherche et le tissu industriel" ? C’est à voir. Savez vous quels sont les deux pays développés où les IED (investissements étrangers directs) sont les plus faibles ? Les USA et le Japon ! Leur taux d’IED est ridiculement bas comparé à celui de la France. Trouvez vous que ceci gêne dramatiquement le développement technologique et industriel des USA et du Japon ?... Poser la question c’est y répondre.

  • permalien Frédéric Lordon :
    4 mars 2007 @11h54   « »
    Le SLAM, réponse à Laurent, suite

    3-a. "Ca n’enlève rien au fait qu’une entreprise a besoin de capitaux pour tourner". C’est bien vrai. Mais qui dit que ces capitaux doivent nécessairement venir du marché boursier ? Il y a plein d’autres moyens de financer les entreprises : le crédit bancaire et toute la gamme des financements de marché obligataires ou quasi-obligataires. Comment était structuré le financement des entreprises pendant les trente glorieuses ? Les actions y tenaient une part ridicule. Ceci a-t-il gêné en quoi que ce soit l’investissement productif ? Pas le moins du monde. De fait la part des actions dans leur financement d’aujourd’hui est beaucoup plus faible que ce que veut donner à croire l’idéologie boursière. La contribution nette des marchés d’action à ce financement est même tendanciellement nulle (elle est négative aux USA...) Et puis le Slam réduira sans doute les flux d’épargne passant par les marchés d’actions mais sans les annuler complètement. Et comme cette épargne devra trouver à s’investir elle pourra choisir d’autres produits de marché (titres à revenu fixe) qui soutiendront d’autres modalités de financement des entreprises.

    3-b. "Les entreprises non cotées continueront de subir les pressions de leurs clients étrangers non soumis au slam". Non car les sous-traitant seront, pour l’essentiel, en relation avec les filiales de droit français des donneurs d’ordre étrangers. Ceci dit, il est vrai que certains demeureront dans la situation que vous indiquez. Mais toutes choses égales par ailleurs le Slam leur aura ôté un peu de pression, et même pas mal : toute celle de leurs relations commerciales en France.

    Merci en tout cas ! J’ajoute toutes vos interrogations un peu angoissées aux miennes et c’est comme ça que le Slam avance et se consolide !

  • permalien
    5 mars 2007 @15h12   « »

    Je suis complètement d’accord avec l’idée du SLAM

    il faut partir d’une
    PROPOSITION DE LOI (contre la misère)

    "Les secours indispensables à celui qui manque du nécessaire
    sont une dette de celui qui dispose du superflu :
    il appartient à la loi de déterminer la manière dont cette
    dette doit être acquittée"

    [réf 1793 propriété, projet non adopté de la convention,
    déclaration des droits de l’homme, source p244 à 252, écrits
    de Robespierre, Claude Mazauric]

    APRES , une fois évacué la "charité" , comme à être la panacée de la lutte contre la misère, et le principe de la fraternité réaffirmé,
    certes il reste encore à argumenter le SLAM pour l’imposer,
    mais les grandes idées sont posées
    la traçabilité des capitaux est possible, il suffit de convaincre en sorte qu’il en soit légiféré (Denis Robert)
    je ne vois pas de problème, il faut continuer, merci à Frédéeric Lordon

  • permalien Aa :
    5 mars 2007 @19h12   « »

    Si vous dites moldo-valaques, les transylvaniens vont faire la tronche ou inversement, sans compter les Aroumains, sans compter les turcistes et autres...

    Puisque c’est un message hors sujet j’en profite pour faire une deuxième boucle, avez-vous bosser sur les pays de l’Est de l’Europe, je connais des gens qui seraient vivement intéressés par le slam. L’article n’a pas (encore ?) été traduit, il me semble dans tout ces pays.

  • permalien Frédéric Lordon :
    6 mars 2007 @09h16   « »
    Le SLAM, pour aA

    Je suis assez incompétent en matière de pays de l’est... En revanche j’ai de sérieuses connexions auprès de (très) bons spécialistes de la chose. Quand je vous disais que le Slam sera nécessairement un prgramme de travail collectif !

  • permalien jean-baptiste :
    6 mars 2007 @14h02   « »
    Le SLAM + des mesures protectionnistes ?

    Ne peut-on pas envisager des mesures protectionnistes destinées à accompagner le SLAM ? La France est après tout un marché énorme (le cinquième mondial) qu’il est difficile pour une entreprise de déserter. Si le SLAM est perçu comme une perte d’attractivité pour la France (ce qui, vous l’avez bien dit, est faux, puisqu’il permettrait aux entreprises - en limitant les appétits pantagruéliques des actionnaires - un réinvestissement plus massif des profits, favorable à la compétitivité - technologique - de l’entreprise : ceci dans l’hypothèse que le PDG ne soit pas un vulgaire administrateur aussi intéressé que les actionnaires, et peut-être faudrait-il envisager le conflit d’intérêt qu’un tel administrateur représente au sein d’une entreprise), si donc le SLAM est perçu à court terme comme une perte d’attractivité pour la France, ne faudrait-il pas compenser cette perte d’attractivité, par des mesures protectionnistes contrariant l’entrée en France de produits fondés sur un jusqu’au boutisme actionnarial : les critères de ce jusqu’au boutisme seraient bien concrets, car il n’y a pas de miracles quand aux chiffres records des profits de certaines entreprises ; prenons Wal Mart, qui tourne autour de 20% : le succès de cette entreprise fonctionne sur une délocalisation permanente, non pas même de sa production mais de ses sous-traitants ; on fait pression pour que ces sous-traitants produise au moindre coût ; la rentabilité de ces sous-traitants, qui ne sont pas même des filiales, n’a aucune importance, si ils font faillite on va ailleurs ; quasiment aucunes règles quant au travail des ouvriers ; la production est ensuite ramenée aux E-U où elle devient produit Wal Mart, avec une marge faramineuse. Ce type de conduite, qui économiquement n’est viable que pour un petit nombre de pays ponctionnant un grand nombre de néocolonies esclavagistes, il paraît légitime de le refuser, et donc de gêner (voire interdire) la diffusion de produits fabriqués dans de telles conditions. Qui s’opposera sérieusement, en-dehors des cris d’orfraies néolibéraux destinés au seul vacarme pseudo-pragmatique, à ce que l’on interdise son marché (en l’occurence la France) d’être pénétré par ces produits dont la fabrication a tout, d’ailleurs, de la concurrence déloyale (s’il faut absolument, en-dehors de toute éthique du travail - c’est si dépassé dans notre monde qui bouge... -, donner une justification économique à ces mesures protectionnistes) ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    6 mars 2007 @15h15   « »
    Le SLAM, réponse à Jean-Baptiste

    Le Slam se tient assez bien tout seul et n’a a priori pas besoin d’une béquille. Ceci étant dit, il est évident que votre proposition, en tout cas à un certain niveau de généralité, s’impose comme devant être considérée. De même que la contrainte actionnariale produit toute seule ses effets, ceux-ci se trouvent démultipliés de l’interaction avec la contrainte de concurrence libre. Les entreprises sont donc prises entre le marteau (la finance) et l’enclume (la concurrence) et l’idée de de voir traiter les deux simultanément fait plus que sens ! Votre idée entre cependant davantage dans le champ de la re-régulation des marchés de biens et services, et c’est là une problématique en soi... pour laquelle je ne suis pas le plus compétent.

    En résumé : les deux questions sont, en première approximation, séparables, mais leurs effets politico-économiques sont extrêmement complémentaires. Un chantier de plus donc !

  • permalien
    7 mars 2007 @11h54   « »

    Le SLAM dans son énoncé me fait irrésistiblement penser
    de ce que d’autrefois, l’on considérait en France, parmi les différentes manières de nuire comme un délit : l’ usure.

    Définition :

    " - L’usure consiste à demander un taux exagéré de l’argent que l’on prête.
    Vous savez que, pour l’argent placé dans un commerce, une entreprise quelconque, et qui s’appelle capital, on a le droit de réclamer tous les ans une certaine somme qui se nomme intérêt.
    Vous entendrez vos parents dire qu’à la Caisse d’épargne l’intérêt est de 3 % ; que dans tel entreprise il est de 4 ; c’est à dire que pour 100 francs prêtés on vous donne 3 ou 4 francs chaque année.
    Eh bien ! quelqu’un qui profiterait du besoin extrême où serait une personne pour lui prêter de l’argent à un taux exorbitant, à 10 ou 12 % par exemple, serait coupable ; il serait un usurier. "

    (source : Manuel de morale et d’instruction civique à l’usage de l’enseignement primaire cours moyen et cours supérieur librairie E. Vitte, 1909, ds différentes manières de faire tort au prochain, leçon CXXX)

  • permalien Frédéric Lordon :
    7 mars 2007 @12h07   « »
    Le SLAM, à propos de l"l’usure"

    En fait c’est une remarque... lumineuse ! Elle ramène dans le débat une notion ancienne, bien connue, très lourdement chargée de sens, donc propre à frapper intensément les esprits... et très rigoureusement adaptée à la situation que le Slam tente de décrire et de combattre. Oui, on peut bien dire, et sans abus de langage ou dérapage rhétorique qu’il y a une usure actionnariale. Dire les choses ainsi "IL Y A UNE USURE ACTIONNARIALE", est une mise en forme dont l’efficacité politique, sans, je le redis, rien céder à la rigueur, ne devrait échapper à personne.

  • permalien kazeo :
    7 mars 2007 @21h52   « »

    Au risque de paraitre simpliste étant donné mon jeune âge (et oui à 16 ans on peut lire le monde diplomatique !!!) plutôt que de taxer l’actionnaire afin de ramener son TSR à des proportions normales ne devraient-on pas jouer sur la part du bénéfice net de l’entreprise reversée aux actionnaires sous formes de dividendes et de rachats d’actions ? En effet, sachant qu’elle s’élève aujourd’hui à 42% (chiffre des échos) ne pourrait-on pas la ramener à chiffre raisonnable de 5 ou 10% en laissant libre-choix à l’entreprise de réinvestir ces 30% dans de futurs projets ou alors dans le cas où elle ne compte pas les investir, les verser aux salariés de manière progressive (pour éviter le jackpot que pourrait toucher le PDG ). Tout dépassement serait bien sur sanctionné. Evidemment cela ne résoudrait pas le problème de la pressurisation de l’entreprise par les actionnaires. Cette mesure aurait malgré tout le mérite de ne pas être une taxe qui on le sait à notre époque est devenue le mot abhorré, en veuille pour prendre sur le plan sémantique l’invention de la notion même de bouclier fiscal (dans la doctrine libérale l’impôt est devenu terroriste). De plus cela permettrait aux entreprises d’investir sur l’avenir, ou de redonner justement les bénéfices à ceux qui ont été obligés de "travailler plus sans gagner plus". Cette mesure enfin, aurait également un effet similaire au SLAM dans le sens où aujourd’hui beaucoup d’actionnaires préfèrent conserver leurs actions afin de toucher le gros lot des dividendes (les dividendes servant à les "fidéliser") et des buy back qui (rectifiez si je me trompe) constituent une grosse part du TSR.

  • permalien Frédéric Lordon :
    8 mars 2007 @14h36   « »
    Le SLAM, réponse à kazeo

    J’aurais bien voulu avoir votre conscience politique à 16 ans...

    Vous faites les questions et les réponses ! Vous avez bien vu vous-même qu’un dispositif qui ne s’en prendrait qu’aux dividendes et aux buy-backs, laisserait de côté les plus-values qui ne sont pas la moindre (ça dépend des conjonctures boursières) source de la rémunération actionnariale. "Mais ça serait déjà ça" dites vous en substance. Oui et non... En fait, d’ailleurs, surtout non. Car les actionnaires tenteront par tous les moyens de récupérer — sur les plus-values — ce qui leur a été retiré sur les dividendes. Il se pourrait donc que, à rebours de votre intention, ce système en vienne à intensifier davantage encore l’exigence de performance économique, de profitabilité et de compression des coûts salariaux, dont on escompte qu’elles seront reflétées dans les cours, qui doivent maintenant être encore plus haut pour compenser le manque à gagner sur les dividendes... Non pas allègement de la contrainte actionnariale, mais déplacement et sur-intensification là où elle fait le plus mal...

    Le mot "taxe" est abhorré ? C’est bien pour ça que je le dis chaque fois que l’occasion m’en est donnée. La politique ça se passe avec les mots et les défaites lexicales sont les défaites politiques les plus silencieuses mais les rudes. Les esprits se gagnent (entre autres) en imposant ses propres catégories, porteuses de sa propre vision du monde. Renoncer au mot taxe, c’est renoncer à taxer, c’est se soumettre à l’idée que le monde doit être "tax-free"... et c’est avoir perdu en rase campagne. Répétons gaiement : TAXE !, LOI !, REGLEMENT ! TAXE !, LOI !, REGLEMENT !

  • permalien Frédéric Lordon :
    8 mars 2007 @14h45   « »
    Le SLAM, pour Kazeo, à propos du TSR

    La dernière remarque de Kazeo me donne l’occasion de faire une précision importante. Au sens strict du terme le TSR ne saurait intégrer les buy-backs. Pour une raison simple : les buy-backs sont des opérations de marché dont le produit, côté actionnaire, apparaîtra dans les plus-values. L’ensemble dividendes + buy-backs + plus values, peut être considéré comme UNE SORTE de TSR, ou encore comme un TSR étendu — reflétant d’ailleurs moins la relation "entreprise / actionnaire particulier" que la relation "entreprise / marché dans son ensemble". En tout cas, il est très important stratégiquement que les buy-backs (via le mécanisme de quote part et d’imputation décrit dans le Diplo) fasse partie de la base taxable. En effet, comme le buy-back n’est pas (pour l’actionnaire particulier) un revenu actionnarial effectivement perçu, il donne lieu à une forte incitation pour les actionnaires à demander aux entreprises qu’elles cessent de faire des buy-backs puisque ceux-ci élargissent leur base taxable sans augmenter leur revenu ! C’est donc du marché financier lui-même que viendra l’ordre donné aux entreprises de cesser leur buy-backs !

  • permalien
    8 mars 2007 @16h45   « »

    L’argent n’est qu’un moyen commode d’échange, inventé par les hommes pour les hommes,
    c’est à l’humanité de s’en démerder

    La loi du marché, loi de la réalité, loi de l’échange est la seule à être réalisée et universelle en régime capitaliste, la seule à avoir la forme de l’universalité de la loi comme en physique E=mgh E=mc²
    Personne ne lui échappe, s’il veut survivre, quelques uns en jouissent, beaucoup en souffrent, mais c’est toujours la jouissance souffrance de l’esclave sans dialectisation

    Nous sommes libre de faire n’importe quoi,
    d’ hypothéquer l’avenir de la planète et des génération à naître,
    de subventionner le rétablissement de l’esclavage dans l’objectif, et de lutter contre la pollution, et de rétablir le plein emploi,
    pourvu que cela s’échange sur le marché,
    car il n’y a plus de maître, il n’y a que le Système
    le Système n’est pas sujet, il n’a pas d’identité, il n’est pas le signifiant, pas d’état d’âme, pas d’entendement, pas d’esprit, ne pense pas , ne réfléchit pas, il est irresponsable, amnésique, insensible, indifférent

    Pourtant sans l’humanité, le marché n’existe pas, il lui manque d’être nécessaire, il n’a plus de nécessité, ce n’est plus qu’une coquille vide destinée de se désagréger,
    donc l’humanité est la nécessité du marché
    il conviendrait donc à l’humanité de travailler à réfléchir le marché,
    d’apposer à côté de la loi de la réalité du marché, la loi de la nécessité de l’humanité, qui est aussi celle du marché, comme sur les deux plateaux d’une balance,
    et rejuger, légiférer, réfléchir la nécessité dans la réalité de nos échanges, dans le respect du contradictoire, le fondamentale de la justice des hommes, le jugement réfléchissant

    Le SLAM est une proposition qui s’exprime ici et maintenant mais encore judicieusement en vue de là...

  • permalien
    12 mars 2007 @09h21   « »

    Sur "le retour des prophètes gestionnaires aux affaires du monde",
    plusieurs articles sur Attac, notamment
    "LE NOUVEAU MUR DE L’ARGENT. REALITES DE LA GLOBALISATION FINANCIERE
    Un nouveau « mur de l’argent » est dressé depuis une dizaine d’années par les grandes banques internationales qui a pour résultat de contrer la volonté des politiques et notamment des gouvernements démocratiquement élus"
    (par François Morin, professeur de sciences économiques – université de Toulouse 1, membre du Conseil de la Banque de France 1985-93)
    vont dans le sens de votre description...

  • permalien PhL38 :
    12 mars 2007 @10h46   « »

    Je propose (pour les français dont on sait le peu d’affinités avec les langues étrangères, et aussi pour nos amis québecois dont on connait le peu d’empathie pour la langue de "l’envahisseur") d’utiliser l’acronyme VALEUR comme

    Valeur Arbitraire Limitant les Excès Usuraires des Rentiers.

    Merci à Fréderic Lordon pour les apports complémentaires sur son idée de départ au travers de ses réponses aux critiques constructives, et à l’internaute qui a rappelé le texte sur l’usure.

    Pour ma part, travaillant dans une transnationale où la majorité des productions matérielles sont d’ores et déjà expatriées hors de France, je vois tout de même qu’il reste encore des cerveaux utilisés dans ce pays, mais toujours plus mis en concurrence avec d’autres issus de pays à plus faible taux salarial (Inde, Maroc, Tunisie, Chine, pays de l’Est européen, etc). Comme je constate qu’un certain nombre des dirigeants de la dite entreprise sont fortement rémunérés sur la valeur boursière via les stock-options et que, de plus, je n’ai guère de confiance dans la part morale de leur individu, je redoute quelque peu la délocalisation totale des activités restant en France vers des pays moins contraignants où leur part d’ego sera mieux servie avec les règles actuelles.

    On peut m’objecter que cette transnationale n’est pas un cas représentatif. Je pense au contraire qu’il l’est et d’autant plus qu’on a assisté ces dernières années (décennies ?) à un développement outrancier de la part de services au détriment de la part industrielle.
    Je rejoins en cela la critique apportée à propos de la délocalisation possible des "pôles de compétitivité" ou "pôles de compétences" : les pays émergents ne nous ont pas attendus pour avoir des ingénieurs extrêmement qualifiés et nombreux, des méthodes industrielles efficaces et une âpreté au gain au moins égale à la nôtre.

    Je serai content de pouvoir être contré avec des arguments chiffrables.

    Au plaisir,
    PhL

  • permalien Romain :
    17 mars 2007 @00h25   « »

    Quelques reactions suscitees par votre idee emballante :

    - Prechons la bonne parole sur le web : forums, debats, blogs (j’ai fait un lien éclair sur un blog auquel je contribue en modeste amateur), radios locales, pourquoi pas le marketing viral sur You Tube par des realisateurs en herbe ?

    - Pour vendre ce concept aux differents acteurs, ne faudrait-il pas employer les recettes de la taxe en premier lieu a l’investissement productif ? Un fonds national d’investissement serait constitue, l’entreprise dont les titres sont taxes y aurait un droit prioritaire, mais il faudrait en attribuer une partie a des societes non-cotees ayant un projet industriel solide et recherchant du capital-risque. Ainsi la Bourse financerait indirectement les societes qui en ont le plus besoin. N’oublions pas que les buy-backs sont aussi effectues par des entreprises qui n’ont tout simplement plus de strategie industrielle, d’ou l’interet de diriger le surplus vers d’autres canaux.
    Dans le meme ordre d’idees, afin de contenter autant que faire se peut les actionnaires, l’on pourrait envisager certes de les deposseder de la jouissance immediate de leurs sur-profits, mais de leur donner le choix du projet d’investissement auquel leur argent ira, et pourquoi pas leur laisser une partie des plus-values realises par la nouvelle entreprise beneficiaire de l’apport en capital. Cela pimenterait la mesure, ne negligeons pas le “joueur de loto” qui sommeille en chaque actionnaire.

    - Pour lancer un mouvement rien de mieux que de donner l’exemple, bien qu’ici les interets soient irreconciliables au point que l’attaque frontale semble inevitable : faudrait-il trouver quelques entreprises, cotees ou non, dont les actionnaires acceptent de se plier volontairement au SLAM et soucieux de se faire mousser en echange (pardon, que l’on honore leur demarche citoyenne) ? Le mecenat d’art marche tres bien en ce moment, nous pourrions imiter ce systeme. Une charte prete a l’emploi redigee par quelques juristes compatissants nous ferait gagner du temps.

    - L’on pourrait rendre la mesure progressive, fixer le plafond a 15%, puis 14%, etc… mais cela laisserait trop de temps aux actionnaires pour s’organiser. Ou au contraire imposer le SLAM d’emblee au niveau europeen. Longue vie a cette idee ou plutot qu’elle s’incarne au plus vite !

  • permalien Citoyen Etienne :
    17 mars 2007 @09h57   « »
    L’économie administrée attirera toujours...

    Bonjour.

    La lecture du Monde diplomatique est toujours stimulante, quelles que soient les convictions qui nous animent. L’article sur le SLAM s’inscrit bien dans la tradition de méfiance-défiance-refus à l’égard du capitalisme qui caractérise le Monde diplomatique. D’où un certain unilatéralisme de l’éclairage...
    L’article de Scaramouche rétablit quelques faits purement économiques, que F. Lordon semble avoir quelque peu négligés.

    Voir en ligne : Le grand méchant actionnaire sert-il à quelque chose ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    17 mars 2007 @11h45   « »
    Le SLAM, réponse à Citoyen Etienne

    Ce n’est pas un message que livre Citoyen Etienne dans son article (voir le lien), c’est quasiment un portrait robot : grand libéral, ça va sans dire, probablement homme d’entreprise (mais ça n’est pas certain, en tout cas : à l’aise dans sa vie matérielle), demi-habile comme dirait Pascal, c’est-à-dire suffisamment frotté d’économie pour engager la discussion sur un terrain technique... mais pas assez pour lui éviter les travers qu’il dénonce chez les autre - l’idéologie - mais sous la pire espèce, à savoir l’idéologie inconsciente d’elle-même. En cette matière, la perle est à la fin : "L’analyse financière est neutre comme la science économique, ni de droite ni de gauche, elle se contente de fournir des descriptions et des explications". Pour être un peu technique on fera remarquer à Citoyen Etienne que l’apparition dans "l’analyse financière neutre", au début des années 90, de nouveaux indicateurs comme le ROE ou l’EVA, entièrement conçus pour exprimer le point de vue actionnarial a conduit à reconfigurer radicalement les critères de gestion des firmes, dans le sens, évidemment, du primat des intérêts des actionnaires - comme neutralité, on repassera... Comme tous les tenants de la fin des idéologies sont des idéologues qui s’ignorent, les tenants de la science économique "neutre, ni de droite ni de gauche" sont des libéraux à coup sûr. Dans un ordre d’idée proche, trahissant son libéral façon Claude Imbert, on notera des morceaux de journalisme prêts à l’emploi - "la triste vérité c’est que les blocages de la société française empêchent notre économie, etc" - ou des sarkozismes de base - "la logique d’incitation à l’effort du capitalisme". Que Citoyen Etienne soit à l’aise dans sa vie matérielle, on s’en apercevra à sa façon de faire la leçon à "l’employé français", cette entité imaginaire : "il n’est pas prêt à accepter que sa rémunération soit composée d’un fixe et d’une part variable", des différences de salaire inter-entreprises seraient "inacceptables pour l’égalitarisme français". Effectivement quand la moitié de la population est en dessous de 1300 euros, une part variable est insupportable - mais Citoyen Etienne nous dira peut-être à combien se monte son "fixe" à lui, on découvrira alors que dans ses conditions supporter un "variable" n’est pas trop difficile. L’employé français n’est pas seulement égalitariste, il est feignant et immobile : "la mobilité d’une entreprise à l’autre est vécue comme un calvaire, ou une punition". Citoyen Etienne accepterait sans doute avec grâce ce qu’on a imposé par exemple aux salariés de Moulinex, à savoir d’être reclassé dans un site situé à 100 km de chez eux, avec réveil à 3h du mat pour embauche à 6, et risque d’accident de voiture en prime.

    Mais ne restons pas trop dans les mouvements d’humeur et causons un peu technique.

  • permalien Frédéric Lordon :
    17 mars 2007 @11h48   « »
    Le SLAM, réponse à Citoyen Etienne 2

    Citoyen Etienne a au moins un point : il a raison de remarquer que l’intégration des buy backs dans la rémunération actionnariale pose un problème puisque les buy backs étant des opérations de marché, leur effet est déjà intégré dans les plus values. Je m’en suis expliqué ailleurs (mise en ligne de ces éléments bientôt sur le site du Diplo) mais je ne peux pas faire le reproche à CE de n’être pas tombé dessus. Je maintiens que la base taxable du Slam doit les intégrer (moyennant un traitement technique particulier) et je renvoie à la mise en ligne à venir.

    Pour le reste malheureusement, c’est tout faux ou presque.

    En premier lieu Citoyen Etienne confond ROE et TSR... La norme des 15% s’applique au ROE qui n’est pas une mesure de rémunération actionnariale mais un indicateur de performance des entreprise - petit contresens. Du coup le calcul de Citoyen Etienne sur Total met complètement à côté de la plaque. Il suffit de consulter les résultats de Total en ligne. L’indicateur donné est un ROCE (Return on Capital Employed), certes un peu différent du ROE (mais d’un esprit similaire et qui de toute façon sous-estime le ROE du fait de l’effet de levier). ROCE des trois branches Chimie, Aval, Amont : 13%, 23%, 35%. No comment...

  • permalien Frédéric Lordon :
    17 mars 2007 @11h50   « »
    Le SLAM, réponse à Citoyen Etienne 3

    Viennent ensuite les perles en série :

    1. "C’est l’essence même du capitalisme que de revoir en permanence les allocations de ressource en faveur de ce qui rapporte". C’est à ce genre de généralité sentencieuse qu’on devine quelques lointaines années d’apprentissage de la science économique (en école de commerce ?) ripolinées à la lecture de Jacques Marseille. Citoyen Etienne a-t-il oublié les années 1995-2000 et les géniales "allocations de ressource" de la bulle internet ? Traversés par des courants de mimétisme grégaire, les marchés financiers allouent le capital en dépit du bon sens (rappelons nous tout de même les flots de capitaux déversés sur des start ups sans profit, sans chiffre d’affaire et sans avenir, quand les entreprises les mieux installées et les plus florissantes mais ayant le tort d’être étiquetées "ancienne économie" étaient déclarées ringardes et has been) avec au suprlus le risque d’accidents boursiers phénoménaux dont l’économie réelle (c-à-d l’emploi) paiera les pots cassés...

    2. "Le capitalisme financier se tempère donc de lui-même dans l’intérêt de ses prudents acteurs" Quelle rigolade ! Depuis que la déréglementation financière a été lancée, nous n’avons pas vécu plus de 4 ans d’affilée sans crises de marché majeures : fin 80’s : crise de l’immobilier et des Savings and Loans ; 92 : crise du SME 1 ; 93 : crise du SME 2 ; 97 : crise financière internationale 1 ; 98 : crise financière internationale 2 ; 2001-2003 : éclatement de la bulle internet... Citoyen Etienne devrait s’accrocher car des risques de toutes sortes (private equity, hedge funds, immobilier, dollar) sont en train de monter dans le système financier actuel au point d’inquiéter sérieusement, mais un peu tard hélas, ses "prudents acteurs"...

    3. "Des gestionnaires très prudents comme les fonds de pension, dont l’aversion pour le risque croît avec la taille" ? Parce qu’ils se font une concurrence acharnée pour servir à leur mandants des rentabilités toujours plus hautes, les gestionnaires sont au contraire de plus en plus tentés de prendre des risques inconsidérés. Il faudrait entrer ici en détail dans l’analyse du champ des gestionnaires avec ses dispositifs propres (notamment le benchmarking et le ranking à tout va) pour voir combien toutes ses structures intensifient la concurrence... et la prise de risque. Citoyen Etienne ne sait manifestement pas que les mutuals funds sont de plus en plus tentés de confier une part de leurs actifs à des hedges funds... dont la prudence est légendaire

  • permalien Frédéric Lordon :
    17 mars 2007 @11h51   « »
    Le SLAM, réponse à Citoyen Etienne 4

    3. Le Slam ignore le cycle économique ? En aucun cas. Si vraiment ce cycle avait des effets sur la rémunération actionnariale, celle-ci baisserait et la taxe Slam baisserait avec ! - peut-être même la rémunération actionnariale passerait-elle sous le seuil d’imposition... En fait la performance boursière est le plus souvent très déconnectée du cycle réel et les entreprises, sous pression actionnariale, sont obligées d’effectuer les compensations ad hoc, un surplus de dividendes venant par exemple se substituer à des plus values insuffisantes ou à des moins values (comme ça a été typiquement le cas après l’éclatement de la bulle où les entreprises ont dû élever leurs transferts financiers aux actionnaires pour compenser la médiocre conjoncture boursière)

    Allez Citoyen Etienne, encore un effort pour vous désintoxiquer de l’idéologie du capitalisme financier...

  • permalien Frédéric Lordon :
    17 mars 2007 @12h05   « »
    Le SLAM, réponse à Romain

    Ca c’est vraiment les joies du débat collectif : on voit de temps en temps arriver des idées sensationnelles ! Il y a quelque temps, un internaute à rappelé à mon attention la catégorie d’usure, en mentionnant combien elle était pertinente pour qualifier le capitalisme financier d’aujourd’hui. Je m’en suis resservi depuis mais comme cet internaute est resté anonyme, pas moyen de le citer ou de lui dire ma reconnaissance !

    L’idée de Romain d’un fonds d’investissement abondé par les recettes du Slam est excellente. Mais je la détournerais quelque peu. En premier lieu il faut bien voir que ce fonds verrait ces recettes diminuer tendanciellement — et ce serait là le signe de la réussite du Slam ! en fin de processus les firmes auraient réorienté leur gestion pour ne plus servir outrancièrement les actionnaires et les rémunérations actionnariales seraient d’elles-mêmes ajustées au seuil de Slam. C’est pourquoi il ne faudra pas trop compter avec ces recettes pour soutenir de l’investissement dans le long terme. En revanche on pourrait utiliser ce fonds à autre chose qui serait au moins aussi utile : réorganiser le contrôle capitalistique des grandes entreprises françaises par la montée en puissance d’un actionnaire public (par exemple par l’intermédiaire de la CDC). La propriété du capital des entreprises françaises de nouveau protégée par cet actionnaire public, ces entreprises ne seraient plus exposées à des risques d’OPA, il est vrai accru du fait de la mise en place du Slam (puisqu’un plafond à la rémunération actionnariale aura sans doute un effet dépressif sur les cours). Le "fonds de sécurisation" abondé par les recettes du Slam permettrait donc de modérer considérablement l’un des risques associés au Slam lui-même. C’est une solution que je ne trouve pas sans vertus esthétiques...

    Pour le reste, cher Romain, je ne suis hélas pas sûr qu’il puisse se trouver quelque part sur terre, au moins en nombre significatif, des actionnaires qui seraient d’eux-mêmes prêts à modérer leurs propres revendications de rentabilité. Comptons davantage sur les règles et sur les lois que sur la morale !
    En tout cas, grand merci de cette contribution stimulante !

  • permalien Citoyen Etienne :
    17 mars 2007 @19h37   « »
    Le grand méchant actionnaire sert-il à quelque chose ? Première réponse aux réponses de Frédéric Lordon.

    Tout d’abord, puisque ma situation personnelle semble intéresser F. Lordon, mettons les choses à plat : je suis ingénieur salarié, relativement à l’aise dans ma vie matérielle, je ne suis jamais passé par une école de commerce. Il m’est effectivement acceptable de supporter l’absence d’une part variable une année maigre.
    "Grand" libéral ? Si cela signifie que j’estime qu’on n’a rien trouvé de mieux que le capitalisme pour produire des richesses et que le débat politique devrait se concentrer sur les moyens de le "tempérer", en rejetant une fois pour toute les tentations de rupture, franche ou larvée, avec ce système, alors oui, je me qualifierais de libéral.

    Le mythique 15% était présenté comme l’exigence des investisseurs en termes de rendement, de leur "point de vue" s’entend. Puisque le SLAM se propose de taxer les actionnaires, c’est celui qui importe : il comprend le ratio dividende/action et la plus-value. Ce sont ces chiffres que j’ai comparés pour Total au seuil de 15%. [L’article de Scaramouche, adoptant ce point de vue de l’actionnaire, désignait de manière impropre le retour sur investissement de l’actionnaire (c’est-à-dire le ratio dividende/action) par "retour effectif sur fonds propres investis" ; corrigé.]

    F. Lordon a tout à fait raison de souligner que le ROE, tout comme le ROCE, n’est pas une mesure de la rémunération actionnariale. Mais de quoi prétend-on s’indigner ? De ROE pharaoniques ou de TSR indécents ?
    Dans le cas de Total, veut-on taxer un ROCE pondéré autour de 24% ou un TSR autour de 8% en incluant les rachats d’actions, 4% en les excluant ?
    Dans l’article de F. Lordon, il est fait référence au capital d’une entreprise, sans que soit précisé s’il s’agit des fonds propres ou de la capitalisation boursière. Dans le cas de Total, les chiffres sont respectivement de 45 G€ et de 120 G€ (évidemment proche du ratio 8%/24%). C’est précisément parce que le ROCE est très largement au-dessus de ce que peut fournir l’économie dans son ensemble, que la capitalisation boursière et les fonds propres sont complètement disconnectés.
    Du coup, on mélange tout : on propose un seuil de 6% de rémunération actionnariale car "c’est déjà plus raisonnable que les 20% en vigueur pour le ROE". L’exemple de Total montre qu’avec un ROE de 24%, on peut ne servir aux actionnaires que 4%.
    Alors qui/que veut-on taxer ?

  • permalien Citoyen Etienne :
    17 mars 2007 @19h49   « »
    Le grand méchant actionnaire sert-il à quelque chose ? Deuxième réponse aux réponses de F. Lordon.

    La bulle Internet a effectivement été un ratage de l’allocation de ressources, dû à une illusion collective d’investisseurs. Mais en quoi cela remet-il en cause que "l’essence du capitalisme, c’est de revoir en permanance les allocations de ressources" ? La preuve, c’est qu’elle a bien fini par éclater ! Trop tard, incontestablement, tout le monde en est d’accord, après coup bien sûr. "Le marché" n’est pas omniscient, il est même parfois crétin. Mais que proposez-vous à sa place ?

    Quand aux accidents boursiers "phénoménaux" liés à cette bulle, ils ont touché quasi-exclusivement une catégorie de parasites bien connus : les actionnaires. La reprise en main financière du secteur n’a pas conduit à des licenciements massifs, car la "vraie" demande en technologies Internet était, elle, tout à fait réelle : ce qui lui manquait, c’était un "modèle économique" viable.

  • permalien Citoyen Etienne :
    18 mars 2007 @11h27   « »
    Le grand méchant actionnaire sert-il à quelque chose ? Troisième réponse aux réponses de F. Lordon.

    Que le capitalisme se tempère, que de nouvelles régulations se mettent en place, c’est une évidence, comme il est évident que de nouvelles possibilités de déséquilibre apparaissent régulièrement et continueront très certainement à apparaître. Il est dificile d’imaginer que la COB et les autorités de tutelle bancaire, échaudées, laissent aujourd’hui passer une situation "pourrie" comme l’était celle du Crédit Lyonnais à la veille du scandale ; aux États-Unis, l’affaire "Enron" a généré la loi Sarbanes-Oxley ; etc... Intoxiqué peut-être, mais je crois très improbable, dans un avenir proche à Paris, un effondrement comparable à la division par 4 du titre Alcatel en quelques semaines (dont -38% en une séance, en septembre 1998).

    Tout le monde est d’accord pour reconnaître le risque que constituent les "hedge funds", qui effectivement ne sont pas des acteurs "prudents", ceci d’autant plus que, ainsi que le souligne F. Lordon, des acteurs financiers réputés, eux, prudents (fonds de pension, mutuelles, compagnies d’assurance, ...) ont investi dans ces fonds dits "alternatifs", ce qui brouille l’évaluation de la menace qu’ils font réellement peser sur le système financier mondial.
    La Chancelière A. Merkel prétendait faire de leur encadrement un des axes de la présidence allemande. Vu la puissance des lobbys et les divergences d’intérêt entre pays, il est assez probable qu’elle ne réussisse pas grand chose et qu’aucun encadrement sérieux ne sera mis en place avant une véritable crise.

    Il vaut néanmoins la peine de remarquer que les dernières mises en difficulté de fonds alternatifs sont les conséquences de comportements très spéculatifs sur des marchés volatils (métaux et gaz naturel dans les cas de red Kite et d’Amaranth) qui n’ont pas grand chose à voir avec la prise de contrôle d’entreprises (ou la simple participation au capital) dans une logique de "pressuration actionnariale", à moyen-long terme.
    L’aversion pour le risque (l’attrait pour l’économie de casino si l’on préfère), c’est bien ce qui différencie les fonds de pension, les fonds d’investissements et les fonds alternatifs (en allant du plus prudent au moins prudent).

    Le développement de la com’ financière, avec sa langue de bois et ses trompe-l’œils, procède de la même logique d’auto-régulation à l’intention des acteurs les plus prudents : éviter les surprises, les décrochages soudains, etc...
    Ainsi que l’explique l’article de Scaramouche, les rachats d’action contribuent également à ce lissage des cours.

    Enfin il ne faut pas tout mélanger, en particulier les crises monétaires, liées à des déséquilibres macroéconomiques (SME dans les années 80, Argentine, dollar demain ?) et les crises financières, locales ou mondiales. Tout est connecté à tout, certes, mais on n’a pas besoin de dérégulation financière pour créer une bulle immobilière (cas du Japon autour de 1990).

    Voir en ligne : Le grand méchant actionnaire sert-il à quelque chose ?

  • permalien Romain :
    18 mars 2007 @19h42   « »

    Comme vous y allez M. Lordon, l’idee du fonds d’investissement etait bien candide ; voici deux reflexions suscitees par les derniers echanges :

    1. Le “taux d’usure” : a ma connaissance trois situations peuvent expliquer l’usure sur un marche du capital.

    - le capital est rare et s’alloue vers les entreprises offrant les rendements les plus eleves. A la lecture de la presse economique, cela ne semble pas etre le cas, mais si cela l’etait l’on pourrait encourager un transfert des milliards d’euros que represente l’epargne vers l’acquisition d’actions. Certes c’est plus de risque, mais sans ce risque les epargnants n’auraient bientot plus d’entreprises a qui preter.

    - Les actionnaires s’entendent entre eux pour faire pression sur les entreprises (en effet malgre les millions d’epargnants qui apportent leur capital aux “pension funds” ces derniers se concentrent pour augmenter leur pouvoir de marche) : pour briser cette entente, le SLAM est certes une bonne solution (radicale), ou bien il faut qu’un ou plusieurs acteurs apporte du capital en quantite tout en exigeant des taux moins eleves, c’est peu probable disez-vous. Remarquons que si le liberalisme s’est entoure d’une plethore de mesures anti-concurrencielles, aucune (corrigez-moi) ne semble reglementer et reconnaitre les “cartels” d’actionnaires – c’est peut-etre car les patrons y trouvent leur compte.

    - Les actionnaires ne font pas confiance a la majeure partie des entreprises, ils jugent le risque trop eleve et restreignent d’eux memes le capital en circulation. Nous faudrait-il un Mohammed Yunus de l’actionnariat, qui prouve aux “Ebenezers Scrooge” du monde entier que fournir du capital a des taux faibles l’enrichirait paradoxalement car cela ferait naitre sans cesse de nouvelles entreprises et accroisserait les profits dus au volume et non au taux de retour des capitaux engages ?

    2. Je rejoins le citoyen Etienne sur la necessite de l’allocation efficace du capital. Certes dans un monde parfait le dirigisme etatique et le liberalisme sont aussi efficaces (voir Lecons sur la societe industrielle de Raymond Aron), mais l’exemple de la defunte union sovietique me fait douter que plus d’Etat dans l’actionnariat ne resolve ce probleme. Qui est le mieux place pour decider quels projets sont les plus dignes d’etre appuyes ? Une solution intermediaire serait d’adapter le taux du SLAM suivant les secteurs de l’economie. Ainsi l’actionnaire serait dissuade de traire “les vaches a lait” (pour reprendre la terminologie du Boston Consulting Group) – qui ne sont autres que les salaries, pour investir dans les secteurs strategiques. L’Etat imposerait une contrainte (ainsi que les cahiers de charges pour les compagnies d’aviation) mais laisserait assez de liberte aux actionnaires pour qu’ils puissent continuer a s’ebrouer gaiement dans les champs toujours fertiles du capitalisme.

  • permalien Frédéric Lordon :
    19 mars 2007 @09h20   « »
    Réponse à la réponse 1 de Citoyen Etienne

    Les choses sont extrêmement claires. Un ROE est un indicateur de performance d’entreprise formé à partir de ses données comptables. Le ratio est calculé d’après ses capitaux propres. Le TSR est une mesure de rémunération actionnariale. Il est formé à partir d’une valeur de portefeuille boursier. Le Slam s’applique à cette rémunération actionnariale, aux actionnaires pas aux entreprises. Je ne suis pas allé vérifier les éléments de calcul donné par Citoyen Etienne dans le cas de Total. Mais peu importe, les choses sont simplissimes : si le TSR d’un actionnaire d’une entreprise est si misérable que ça... il ne subira pas l’imposition du Slam puisqu’il sera au dessous du seuil d’imposition, point à la ligne. Je rappelle que le Slam ne confisque pas la totalité de la rémunération actionnariale mais seulement ce qui dépasse une borne réglementaire. Si les pauvres actionnaires ne gagnent qu’un misère ils ne seront pas imposés.

  • permalien Frédéric Lordon :
    22 mars 2007 @10h08   « »
    Le SLAM, réponse à Romain

    Je ne crois à aucune des trois explications de "l’usure actionnariale" que vous avancez (et dont vous récusez certaines vous-même d’ailleurs), en revanche, il me semble que vous avez oublié la 4ème — la bonne !

    Rareté du capital ? Sûrement pas, jamais les liquidités déversées sur les marchés n’ont été aussi abondantes

    "Cartel des actionnaires" ? Pas davantage, ces gens là se coordonnent rarement explicitement, et même ils se font souvent une rude concurrence. Ceci n’exclut pas, en revanche, qu’ils aillent tous dans le même sens, mais plus sous l’effet d’interactions mimétiques et de comportements collectifs polarisés que par l’effet d’une action concertée.

    "Manque de confiance dans les entreprises" ? Encore moins — à supposer même qu’on puisse définir correctement ce concept : on a "confiance" en telle ou telle entreprise, mais pas "en les entreprises".

    La 4ème solution oubliée par vous : l’usure actionnariale est l’effet d’un rapport de force favorable aux investisseurs. Ce rapport de force est lui-même déterminé par un certain état des structures de la finance internationale. Je vous renvoie au papier du Diplo où sont esquissés quelques uns des mécanismes par lesquels transite cet empire de la finance actionnariale sur les entreprises.

  • permalien Frédéric Lordon :
    22 mars 2007 @10h30   « »
    Le SLAM, à Romain et Citoyen Etienne, réponse 1

    "Je rejoins Citoyen Etienne sur la nécessité de l’allocation efficace du capital" dit Romain. Mais qui ne le rejoindrait pas ?? Moi aussi je suis très favorable à ce que le capital soit le mieux alloué possible !! La question est la suivante : le marché financier est-il la forme institutionnelle qui réalise cette meilleure allocation du capital ? Ma réponse est : il y de gros gros doutes ! La bulle internet a été un cas de délire caractérisé : des volumes considérables de capital ont été dirigés vers des entreprises sans chiffre d’affaire, sans profit et sans avenir, et ceci du seul fait d’un engouement collectif quasi millénariste. La parfaite liberté de circulation des capitaux rend possible ces surréactions mimétiques avec emballement dans un sens, puis retrait tout aussi emballé et brutal dans l’autre qui laisse des secteurs ou des économies entières exsangues de capitaux après les avoir noyés de liquidités (et bien sûr, ce faisant, avoir produit une inflation des prix d’actifs totalement déraisonnable — une bulle). La succession des crises financières que j’évoque en réponse à Citoyen Etienne ne mélange rien : j’ai précisé moi-même que ces crises ont pris place dans des compartiments variés de la finance (pas seulement sur les marchés d’actions). Mais, par delà leur diversité, elles ont en commun d’être toutes ce qu’on pourrait appeler des crises de la finance déréglementée.

  • permalien Frédéric Lordon :
    22 mars 2007 @10h32   « »
    Le SLAMn à Citoyen Etienne et Romain, réponse 2

    Mais la finance déréglementée n’a jamais été la seule forme institutionnelle concevable du financement de l’économie. Faute de vous en souvenir, vous êtes l’un et l’autre proches de tomber dans cette terrible antinomie qui ne laisse le choix qu’entre "libéralisme" (sous sa forme actuelle) ou "dirigisme" (on voit bien que dans vos esprits c’est souvent proche de "soviétisme"...) Mais cette alternative est absurde — et les catégories qu’elle oppose beaucoup trop grossières. Si la lecture du capitalisme ne peut sortir de la dichotomie "la mondialisation ou la Corée du Nord" — et c’est exactement ce genre de schèmes qu’on retrouve à longueur de chroniques et d’éditoriaux — alors évidemment la discussion est d’emblée vouée à l’inanité.
    Heureusement il est très facile d’y échapper. Le Slam en est d’ailleurs une illustration : il ne touche pas aux structures de la finance déréglementée... mais il pèse sur elles suffisamment pour en modifier sensiblement les effets. Qu’il soit bien clair que, dans mon esprit, le Slam est ce que les économistes appellent un 2nd best (un merle faute de grive, si vous voulez) : je pense qu’il est indispensable de s’attaquer plus directement à ces structures. Mais je m’étais donné pour le Slam le cahier des charges suivant : faire un truc euro-compatible et applicable unilatéralement (dans un seul pays).
    Le Slam n’est donc en rien un dispositif dirigiste autoritaire d’allocation du capital qui remplacerait le marché (quoique je n’ai rien contre l’idée de réfléchir à la montée en puissance de tels dispositifs sinon en substituion, du moins en complément du marché). Il est une mesure pour éviter qu’au nom de la fameuse allocation du capital, d’ailleurs si mal opérée par les marchés, les actionnaires n’en profitent pour s’enrichir dans des proportions insoutenables — et parfaitement injustifiées eu égard à la qualité du "service" que, globalement, ils rendent à l’économie. Car cette "qualité de service" est à la fois très pauvre (allocations du capital parfois en dépit du bon sens) et très coûteuse : directement par le coût du capital tel qu’il est extorqué aux entreprises ; indirectement par les dégats macro et systémiques qu’infligent régulièrement les marchés d’actions aux économies. Contrairement à ce qu’affirme Citoyen Etienne, OUI ! ce sont les salariés qui ont payé, et pas qu’un peu, les pots cassés du krach "nouvelle économie" : l’investissement s’est effondré car les entreprises était trop occupée à utiliser leurs profits à "refaire" leurs bilans, la croissance a ralenti et l’emploi a chuté : vous souvenez vous de ce qu’a été la remontée du chîomage de 2001 à 2005 ?...

    Enfin je confirme à Romain que le Slam est un seuil différencié non seulement par secteur mais par entreprise cotée !

  • permalien Aa :
    22 mars 2007 @15h38   « »

    @ : F. Lordon :

    Je crois que vous n’avez pas bien compris, ou je me suis mal exprimé peu importe, le sens de ma question.

    Ce dont je m’inquiète, c’est de l’absence de débats autour d’une notion comme celle-ci dans des pays en proie à une intense campagne d’économie orthodoxe. Le fait est que cela peut donner une petite bulle d’air pour penser un débat impensé. Je parle ici des pays de l’est, mais K. Hart soulignait que les débats (interdisciplinaires sur l’économie) étaient d’une grande difficulté dans le monde anglo-saxon à un colloque où nous étions tout deux présents.

    Je sais bien que vous avez de bonnes connexions avec de très sérieux-(ses) spécialistes de la Russie, mais ce débat doit être autre chose qu’un questionnement hexagonal ou occidental. Et si ce type d’instrument ne peut être partagé dans les pays d’Europe de l’est et centrale (Kornaï ne suffira pas), d’autres seront imposés. Car, si les économistes ouverts ne se penchent pas sur ces questions, leurs opposants l’on fait depuis déjà plus de 15 ans. L’économie n’est pas discutée, c’est de l’ordre de la nature ou des décisions de l’UE dans de nombreux de ces pays, grâce à des impositions idéologiques puissantes relayées localement. Si le slam ou toutes autres mesures est adoptée, les contre-feux seront déjà allumés à l’Est, et il y a aura un retour de batons.

    Je m’inquiète encore de savoir si votre article a été imprimé en Europe de l’Est dans les versions nationales. Si ce n’est pas le cas, il y a de fortes questions à se poser sur les causes de cette autocensure.

    Ma question-constat n’amène pas de réponse mais une réflexion à plus long terme. Encore une je sais !

    Bon courage.

  • permalien kazeo :
    23 mars 2007 @00h22   « »

    J’aimerais réagir sur une phrase écrite par Citoyen Etienne ou il affirme "La main invisible fait son travail : les capitaux dont la rentabilité risque de ne pas être à la hauteur sont rendus aux investisseurs, ce qui permet de sauvegarder le précieux ratio." N’aurait-il pas volontairement fait référence à la théorie d’Adam Smith ?

    En effet celle-ci présuposait qu’une main invisible agissait sur l’économie ajustant automatiquement et en temps réels le prix des produits selon la loi de l’offre de la demande. Au-delà même cette simple définition, elle rejoignait l’idée que finalement l’homme à la recherche de son intérêt individuel conduisait à créer l’ordre économique parfait ou en tout cas optimal. Idée qui sera reprise par de nombreux économistes libéraux que ce soit par la métaphore de la ruche développée par Mandeville dans La Fable des Abeilles ou encore Hume. Au delà de la simple infirmation d’une thèse qui n’est que pure affabulation. D’une part par les bases sur lesquelles elle repose (information immédiate, atomicité des agents et ajustements automatiques). D’autre part par la légitimation de l’égoïsme comme moteur de l’économie, due à son hypothétique vertu intrinsèque.

    Tout ceci m’amène donc à me demander s’il n’est pas paradoxal de dire que l’on n’est pas un "grand libéral" lorsqu’on cite les fondateurs même de l’idéoligie libérale ? Mais peut-être vois-je le vice là ou il n’y en a pas et dans ce cas, on aura tôt fait de me le démontrer...

  • permalien Citoyen Etienne :
    23 mars 2007 @07h20   « »
    L’économie administrée attirera toujours (2).

    J’avoue que j’ai du mal à vous suivre, M. Lordon. "Des volumes considérables de capital ont été dirigés vers des entreprises sans chiffre d’affaire, sans profit et sans avenir..." dites-vous, pour vous plaindre ensuite de la chute de l’investissement consécutif à l’éclatement de la bulle Internet.
    Fallait-il continuer à investir dans des entreprises sans chiffre d’affaire et sans avenir ? C’est ça votre allocation "plus intelligente" du capital ?

    L’éclatement de la bulle Internet a marqué les esprits, mais à l’échelle de l’économie mondiale, c’est une péripétie. Vous le dites vous-mêmes, les liquidités sont abondantes sur les marchés de capitaux et elles l’étaient déjà en 2001. Les entreprises n’avaient donc pas de problèmes de financement (et n’en ont toujours pas). Si l’investisement est effectivement resté à des niveaux très bas en France, c’est tout simplement parce que la demande, notamment intérieure, n’était pas là. [S’y ajoute le problème de la pénurie de main d’œuvre : le capital ne suffit pas pour générer de l’activité, il y faut également des ressources humaines. Je sais que j’aborde ainsi un sujet tabou, très difficile pour la gauche bien-pensante ; j’en resterai donc là.]

    Faut-il investir pour investir, simplement pour être sûr que trop ne tombera pas dans les fouilles des actionnaires ? Quand il n’y a pas de perspectives dans un secteur, on continue quand même à investir, plutôt que de déplacer le capital [et les ressources humaines...] vers des secteurs où les perspectives sont meilleures ?

    Votre évocation des "volumes considérables de capital" est amusante ; décidément, vous ne ratez aucuns des poncifs de la langue de bois libéralo-boursière : "Des milliards de dollars détruits en Bourse !" lit-on parfois dans la presse. Mais les capitalisations "énormes" qui se sont évanouies n’étaient jamais que du virtuel. Quand le prix d’un objet s’effondre, l’objet n’est pas détruit ou ne s’abime pas pour autant. Les activités Internet requérant finalement assez peu d’équipement, les ressources (capital physique + main d’œuvre) véritablement gaspillées pendant la bulle n’ont rien à voir avec les chiffres de Bourse.

  • permalien Citoyen Etienne :
    23 mars 2007 @07h44   « »
    Le SLAM, réponse à Kazéo

    Oui, je faisais bien référence à la main invisible d’Adam Smith. Et dans ma réponse à F. Lordon, je ne me défends pas du tout d’être un "libéral" si on entend par là "qu’on n’a rien trouvé de mieux que le capitalisme pour produire des richesses, etc...", le mot libéral étant utilisé avec des sens tellement divers qu’il vaut mieux préciser. C’est juste le "grand" que j’ai mis entre guillemets car je trouvais que c’était trop d’honneurs !

    Les limites de la théorie classique "pure" sont connues et notamment la non-pertinence de l’hypothèse d’information parfaite, particulièrement criante quand on discute des marchés boursiers et de leur comportements erratiques, panurgesques, etc...
    Mais, moyennant prise en compte de ces limitations, je pense que la théorie classique est encore le meilleur moyen d’appréhender le fonctionnement de l’économie. Et je le répète, à mon sens, elle n’est ni de droite ni de gauche, elle est descriptive. Elle ne dit rien sur le niveau d’imposition souhaitable/réalisable, ni sur l’éventail des salaires, etc...

    Quand aux "vertus de l’égoïsme", qui en sont effectivement la pierre angulaire, je pense qu’il faut entendre cette expression dans un sens très large, et ne pas restreindre l’égoïsme à l’avidité financière. Je me permets de vous renvoyer à un autre article de Scaramouche sur le sujet, qui développe ce point de vue.

    Voir en ligne : L’utopie de la gratuité.

  • permalien Frédéric Lordon :
    26 mars 2007 @10h42   « »
    Le SLAM, réponse à aA

    Je comprends mieux votre propos — et je cherche dans ma mémoire "qui peut bien être aA ?" puisque nous avons été en présence !

    Que les pays de l’Est soient l’objet d’un matraquage orthodoxe, comment ne pas être d’accord avec vous ! A ce titre l’idée du Slam comme contrefeu les concerne sans aucun doute. Ma question serait toutefois celle-ci : la finance actionnariale est-elle le danger numéro un pour ces économies là ? Intuitivement, je n’en suis pas persuadé. Les structures de la financiarisation n’y sont pas si développées qu’elles aient produit les dégâts caractéristiques que nous connaissons — et ceci notamment du fait du verrouillage du contrôle capitalistique à la suite des privatisations ; on pourrait dire en quelque sorte que les grandes entreprises russes connaissent un régime "oligarque" du contrôle capitalistique, un régime intensément politique (au sens généralisé du mot, pas seulement au sens politique-étatique) et finalement peu médiatisé par les marchés d’actions. Les restructurations capitalistiques ne se font pas principalement par voies d’OPA soumises à l’approbation des investisseurs institutionnels, mais par des processus politiques où se mêlent et s’affrontent pouvoirs privés et pouvoir d’Etat. Le pouvoir des investisseurs institutionnels ne me semble donc pas y être le plus puissant ni le plus dangereux — pour l’heure ! Dit simplement : ce ne sont pas des fonds de pension qui règnent sur le capitalisme russe, c’est une classe très resserrée d’oligarques qui détiennent l’essentiel des participations stratégiques. Mais, oui, avec le temps, ça pourrait changer...

    Si ce pouvoir existe et manifeste ses nuisances, ça n’est pas tant dans le champ capitalistique proprement dit que sur les marchés des titres de la dette publique et du change, comme l’a montré spectaculairement la crise de 98. En ce sens, oui, il y a bien "quelque chose" à faire pour protéger ces économies de la libéralisation financière.

  • permalien Marxou :
    29 mars 2007 @15h32   « »

    Monsieur Lordon, vous faites souvent face aux critiques droitières ou libérales mais si vous vous intéressez à un point de vue marxiste, une discussions sur votre proposition a débuté ici...

    http://revolution.celeonet.fr/index...

  • permalien Frédéric lordon :
    29 mars 2007 @15h43   « »
    Le SLAM, signe à Marxou

    J’ai eu un peu de mal à trouver l’entrée, mais j’y suis. Je ne peux pas répondre tout de suite, mais n’ayez crainte, je ne me défile pas. Le fait est que ça va me changer de mes contradicteurs habituels ! Merci de la connexion

  • permalien bal :
    1er avril 2007 @10h11   « »

    Un autre problème concerne les règles comptables, en vigueur en France, au sujet des prix de transfert de produits de filiales à filiales, qui ne sont souvent pas respectées et permettent les évasions fiscales vers les paradis fiscaux au nez et à la barbe de Bercy qui ne maîtrise pas la situation. Les témoignages de consultants de ma connaissance me l’ont confirmé.
    Voir aussi : http://www.alternatives-economiques...

    Sinon, une info intéressante concernant, la non ratification du TCE par l’allemagne, car contraire à leur constitution , ci-dessous, qui n’est pas évoquée par nos présidentiables, pas au courant ou gênés par ce détail faisant désordre :

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EE...

    A écouter les entretiens de Yves SALESSE, membre du conseil d’état :

    http://dsedh.free.fr/emissions_pass...

    Voir en ligne : prix de transfert

  • permalien
    5 avril 2007 @13h49   « »

    Dans ma logique à moi, le SLAM est une mesure salutaire,
    puisque en fin de compte, l’action c’est faire,
    mais non pas d’un faire qui s’imagine à faire affaires d’investir des actions
    calculées de faire du beurre avec l’argent du beurre et la crémière avec
    des calculs, dont jadis déjà la fable se moque dans " la poule aux oeufs d’or"

  • permalien
    22 avril 2007 @06h18   « »

    Bonjour,

    J’ai entendu parler du SLAM récemment, et j’ai compris qu’il s’agirait de mettre en place une rentabilité actionariale maximale de 7, 8 ou 9% (dans ces eaux la en tout cas)

    Du coup je m’interroge sur l’intérêt de cette mesure vu que cela constitue déjà la rentabilité moyenne des marchés financiers (9.5% pour l’indice CAC40 depuis sa création, donc un peu moins pour les sociétés le consituant (disons aux alentours de 8.5%) vu que les mauvais élèves sont éliminés au fur et à mesure)

    Concrètement, qu’apporterait le SLAM de plus que ce qui existe déjà ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    5 mai 2007 @14h56   « »
    Le SLAM, réponse à l’intervention qui précède

    Quelle est cette "rentabilité" du CAC40 à laquelle l’intervention qui précède fait référence ? Si c’est la progression du CAC40, c’est-à-dire son taux de plus-value global, il est loin de prendre en considération tous les éléments de la rentabilité actionnariale puisqu’il oublie en cours de route les dividendes, et qu’au surplus il laisse également de côté les transferts financiers relutifs qu’opèrent les entreprises au moyen des buy-backs.

    Quand bien même la donnée serait exacte (ce dont je doute a priori) il reste deux choses :
    1) C’est une donnée moyenne — donc qui dissimule des variations internes dans l’ensemble "CAC 40". Certains doivent se trouver au dessus. Le slam s’y appliquera. Pour ceux qui sont en dessous, non — c’est aussi simple que ça.
    2) Il est utile de rappeler que le plafond de Slam n’est pas uniforme — toutes les entreprises ne sont pas passées à la même toise : le plafond Slam est différencié par entreprises, puisque les primes de risque sont variables.

  • permalien Cassius36 :
    5 mai 2007 @18h05   « »
    Populariser le SLAM

    Comment populariser le SLAM

    Tout d’abord bravo à Frédéric LORDON pour cette innovation réjouissante !

    Un internaute a proposé de réaliser un tract. Je pense que c’est une bonne idée (celle du T-Shirt aussi). Il faudrait un recto-verso avec d’un côté un résumé percutant et accrocheur et de l’autre un développement assez simple (ce qui, précisément n’est pas simple à faire...). Je vais m’y essayer... on verra bien.... (Ce serait utile, aussi, que Frédéric LORDON réalise un schéma très simple montrant la ventilation et la répartition des bénéfices, profits réalisés par l’entreprise avec traduction en français des sigles ROE, EVA, etc...)

    Mais il me semble que devrait aussi être envisagée en complément la diffusion, sur Internet, de petits films comme ceux du site de "lautrecampagne.org".

    Enfin, et surtout, dans un deuxième temps, une tournée de conférences-débats, à l’invitation de collectifs locaux, de syndicats, d’associations, etc.. pourrait permettre de constituer progressivement un tissus-relais collectif de diffusion.

    Je pense en effet que le SLAM est un très bonne idée non seulement en elle-même mais parce qu’il est un outil de re-mobilisation de la vraie gauche : Le SLAM + la réfutation de l’argument des délocalisations + l’objectif de la re-régulation de la circulation des capitaux, offre une perspective concrète de lutte, un objectif revendicatif aussi bien sur le plan syndical que politique.
    Il permet de sortir de la paralysie engendrée par la crainte des délocalisations et/ou de la fuite des capitaux. Il permet même d’engager le dialogue avec des humanistes capitalistes mais opposés à la démesure de l’avidité de prédateurs des dirigeants de l’économie actuelle.
    Il pourrait être la colonne vertébrale du programme alternatif de la gauche à gauche du PS qui totalisait 10,57% au premier tour de la présidentielle et qui, dispersée, compte pour zéro ou presque.

    Questions subsidiaires :
    1°) le surcoût de la Bourse constaté aux USA est-il constaté et validé par de nombreux économistes, chercheurs, universitaires et entrepreneurs ? Si oui, quelles sources (en français) peuvent en attester ? C’est très important pour argumenter et surtout convaincre.
    2°) en cas de financement "à l’ancienne", par le système bancaire, ne faudrait-il pas imposer une réglementation complémentaire pour éviter que les banques n’augmentent elles aussi leurs taux d’intérêts (si ma question est stupide, cela s’explique par le fait que je ne suis ni économiste, ni gestionnnaire mais simplement travailleur social syndicaliste et militant politique amateur de base : d’où l’intérêt de tracts et de conférences "grand public")

    Post-Scriptum : Je suis prêt à organiser une soirée à CHATEAUROUX si Fédéric LORDON veut et peut s’y déplacer (à 2H de train de PARIS, gîte et couvert assuré à l’hôtel ou chez l’habitant, au choix)

    Cassius36

  • permalien Cassius36 :
    5 mai 2007 @20h12   « »
    Populariser le SLAM : proposition de tract

    Le SLAM : une mesure contre la démesure de l’avidité des actionnaires

    Depuis maintenant 20 ans :

    1. Les entreprises — et leurs salariés — sont soumises à des exigences de rentabilité sans limite. Elles sont prises entre le marteau (la finance) et l’enclume (la concurrence).

    2. Ces exigences sont le fait d’un groupe particulier, le capital actionnarial, qu’aucune force n’entrave plus. Les actionnaires sont devenus des usuriers (*) !

    3. Mettre un terme à cette situation exige de mettre une borne aux revendications du capital actionnarial. Cette borne à l’avidité actionnariale ôterait toute incitation à la surexploitation.

    4. Cette limite consisterait, par voie légale, à n’autoriser qu’une rémunération égale au taux de l’intérêt habituel augmenté d’une "prime de risque" spécifique à chaque branche industrielle. Le total moyen serait de l’ordre de 5 à 6%. Tout ce qui se situerait au-dessus serait intégralement prélevé par le fisc et reversé à la collectivité. Cette taxe a été imaginée par l’économiste Frédéric LORDON qui l’a malicieusement nommée le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin).

    Mais alors, les actionnaires qui ont pris goût à leurs profits à deux chiffres ne s’enfuiraient-ils pas hors du pays qui les taxerait ainsi ?
    Car il est un fait qu’une entreprise a besoin de capitaux pour tourner.

    Mais qui dit que ces capitaux doivent nécessairement venir du marché boursier ?
    Il y a plein d’autres moyens de financer les entreprises : le crédit bancaire en particulier et toute une gamme d’autres possibilités.

    Comment était structuré le financement des entreprises pendant les trente glorieuses ? Les actions y tenaient une part ridicule. Ceci a-t-il gêné en quoi que ce soit l’investissement productif ? Pas le moins du monde !

    Pourquoi donc ne pas revenir à une situation antérieure et partager différemment les fruits du travail ?

    Grâce au SLAM ce serait possible
    ... en attendant de pouvoir réglementer à nouveau la circulation des capitaux, comme avant 1986, date de l’accession au pouvoir sans partage de la finance sur l’humanité grâce à la décision prise par le gouvernement socialiste de l’époque.

    Le SLAM est une mesure euro-compatible et applicable unilatéralement (dans un seul pays).
    Le Slam n’est en rien un dispositif dirigiste autoritaire d’affectation du capital qui remplacerait le marché : il ne touche pas aux structures de la finance déréglementée... mais il pèse sur elles suffisamment pour en modifier sensiblement les effets. Il est une mesure pour éviter que les actionnaires ne s’enrichissent dans des proportions insoutenables.

  • permalien Cassius36 :
    5 mai 2007 @20h21   « »
    Populariser le SLAM : proposition de tract (suite)

    Le tract : suite

    Je me suis contenté de coller plusieurs extraits de réponses de Frédéric LORDON sur ce forum en me permettant de remplacer quelques termes techniques par d’autres plus "grand public".
    Le verso pourrait comporter un développement plus précis et un encadré pour les coordonnées d’un collectif local et/ou une invitation à une soirée débat.

    Il faut ajouter la définition de l’usure à la fin du tract. Elle me semble indispensable pour donner à la fois une actualité et une épaisseur historique à la valeur (très spinozienne) de modération.

    (*) Définition de l’usure :
    " - L’usure consiste à demander un taux exagéré de l’argent que l’on prête. Vous savez que, pour l’argent placé dans un commerce, une entreprise quelconque, et qui s’appelle capital, on a le droit de réclamer tous les ans une certaine somme qui se nomme intérêt. Vous entendrez vos parents dire qu’à la Caisse d’épargne l’intérêt est de 3 % ; que dans tel entreprise il est de 4 ; c’est à dire que pour 100 francs prêtés on vous donne 3 ou 4 francs chaque année. Eh bien ! quelqu’un qui profiterait du besoin extrême où serait une personne pour lui prêter de l’argent à un taux exorbitant, à 10 ou 12 % par exemple, serait coupable ; il serait un usurier. "
    (Manuel de morale et d’instruction civique à l’usage de l’enseignement primaire cours moyen et cours supérieur librairie E. Vitte, 1909, "Des différentes manières de faire tort au prochain, leçon CXXX")

  • permalien hayekFan :
    7 mai 2007 @10h19   « »

    Bonjour,
    je suis choque par la proposition de SLAM qui veut plafonner fiscalement au taux d’interet legal plus une petite prime de risque toute rentabilite financiere.
    Ce qui me choque n’est pas l’absurdite d’une telle proposition, que n’importe quel etudiant d’economie peut reconnaitre, mais la distance qu’elle revele entre le monde de la recherche publique francaise et le monde international des affaires.
    Qui jamais detiendrait (de son plein gre) des actions de societes, vu que la rentabilite d’un tel investissement ne pourrait depasser dans le meilleur des cas celle d’un emprunt d’Etat additionnee d’une legere prime de risque ? Tandis que dans le pire des cas, avec la faillite de l’entreprise, on aurait perte de l’integralite de son capital ?
    J’imagine aussi que la SLAM s’applique egalement au marche immobilier, et que le pavillon de l’auteur a l’ile de Re, triple de valeur en 5 ans, ne serait vendu qu’a 6%x5=30% de plusvalue.
    Dans ces conditions (impossibilte de realiser plus de 6% par an dans n’importe quelle activite economique), le choix rationnel est celui d’investir en emprunts d’Etat des Etats europeens les moins endettes. La croissance francaise devra bien chercher d’autres relais, et Euronext autant qu’il mette ses cles sous la porte.
    Il serait vraiment utile de reflechir a la marge de l’activite de chercheur de l’auteur : salaire de chercheur/capital investi = 2000 euros/0 = infini, et de la reduire a 6%, en lui payant un salaire de 6%x0 = ....0 !

    PS mais je fais peut etre un cauchemar, et quelqu’un va me reveiller en m’expliquant que j’ai mal compris la proposition

  • permalien Romain :
    14 mai 2007 @22h27   « »
    Le SLAM : reponse a HayekFan

    A l’amateur de Hayek :

    Avant de mettre en cause la prime de risque, l’avez-vous evaluee ? Je vous mets au defi de revenir sur ce blog en ayant utilise les outils de la theorie economique standard pour calculer quel devrait etre le taux d’une prime de risque qui tienne compte du taux moyen de faillites et de la perte de valeur du capital dans un secteur donne (moi je bosse j’ai pas le temps en ce moment).

    Vous ne raisonnez pas non-plus ("Qui jamais detiendrait..." c’est presque de la tragedie) en adoptant la philosophie qui, je crois, sous-tend la pensee de M. Lordon : que les hommes ne devraient s’enrichir que par un travail justement remunere, et non en faisant faire des petits a leur pecule ("En un mot, la valeur semble avoir acquis la propriété occulte d’enfanter de la valeur parce qu’elle est valeur, de faire des petits, ou du moins de pondre des œufs d’or" - Le Capital, Livre I, Section II, Chapitre IV). Oui, la theorie de M. Lordon fait resurgir le marxisme a l’interieur d’un systeme international qui pensait l’avoir etouffe sous la contrainte de la mondialisation. M. Lordon essaie de trouver un compromis avec ce systeme sans pour autant tuer la poule aux oeufs d’or.

    Je dois avouer que je suis bluffe par votre solidarite avec l’heureux proprietaire du pavillon sur l’ile de Re...
    Quant a la pique sur le capital investi d’un chercheur, le principal interesse y repondrait bien mieux que moi, mais je ne crois pas que des annees de these passees a moins que le SMIC et au final le choix conscient ou non de faire une carriere peu payee dont l’accession est cent fois plus concurrentielle qu’un entretien d’embauche a la city londonienne soient ce qu’on appelle menager sa peine.

    M. Lordon, peut-on suivre les aventures du SLAM sur un site internet ? (J’ai encore lache le nom, sur un site d’economie publique nomme Ecopublix). Sans etre indiscret, avez-vous abandonne vos activites de chercheur a Sciences-Po ? Si oui pourquoi sachant que vous seriez peut-etre plus utile dans la recherche academique que dans les meetings - laissez peut-etre la vulgarisation a des moins doues ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    15 mai 2007 @09h17   « »
    Le SLAM, réponse à Romain

    Il y a les messages auxquels on répond et ceux qu’il vaut mieux laisser de côté comme s’is n’avaient pas eu lieu. Hayek Fan, s’il lit ceci croira sans doute, compte-tenu de son ouverture d’esprit manifeste, que je réponds ici à Romain parce qu’il est plutôt d’accord avec moi et pas à lui parce qu’il est en désaccord... Je prends donc deux lignes, mais pas plus, pour lui expliquer que j’ai eu, en d’autres lieux, de nombreuses et substantielles discussions avec de fermes contradicteurs — mais qui laissaient de côté les vomissures droitières habituelles sur les chercheurs qui ne trouvent pas, le Cnrs qui ne fout rien, etc. Ceux-là, comme HayekFan, je les laisse végéter dans leurs remugles. Aux autres, ceux qui ont l’envie de discuter et des arguments à y apporter, je me fais un devoir de répondre.

    Ca ne m’empêche pas d’éprouver une discrète satisfaction que Romain s’en soit chargé... A Romain, cette fois, je préciserai que : 1) je n’ai jamais été "chercheur à Sc-Po", j’y ai enseigné — un bon moment d’ailleurs, une expérience intéressante à de nombreux égards. 2) Je suis chercheur au Cnrs, je le suis encore, maintenant comme à l’époque. 3) Ca n’est pas la première fois que j’interviens dans le débat public (je considère que ça fait partie de mon "travail" de chercheur), mais c’est la première fois que j’y lance une proposition positive de politique économique. 4) Je ne considère pas que ceci entre à proprement parler dans le registre de la "vulgarisation", registre d’ailleurs bien mal nommé — s’adresser aux non-chercheurs, ce serait "vulgaire" ? — et que j’ai bien l’intention de pratiquer d’ici peu j’espère. 5) Mon activité principale reste celle ... d’un chercheur, avec toute la dose requise d’ésotérisme académique ! Si,Romain, vous avez en tête un argument ricardien d’avantage relatif, n’ayez aucune inquiétude... 6) J’ai la vive intention de regrouper sur un site unique toutes les contributions relatives au Slam, les miennes et celles d’un petit groupe de travail en train de se constituer. Tout ça traîne bien trop... mais c’est que mon temps est bien absorbé par l’ésotérisme académique en ce moment...

  • permalien hayekFan :
    16 mai 2007 @16h23   « »
    Le SLAM : reponse a Frederic et Romain (I)

    En remerciant Frederic et Romain pour leurs contributions,
    je constate d’abord avec amertume que FREDERIC evite soigneusement de repondre a mes observation sur le SLAM, en preferant un langage ("vomissures" -sic-), evidemment habituel dans ses milieux, pas particulierement dans mes cordes.
    Peu importe, avancons quelques pensees sur le SLAM, a tout avantage de ceux qui souhaitent une confrontation civile, que ROMAIN ne semblait pas dedaigner.
    1) Opposer aujourd’hui revenu de capital et revenu de travail n’a aucun sense. J’invite FREDERIC a gerer mon patrimoine a ma place et je parie qu’il repartira vite aux conviviales machines a cafe du CNRS. Ou l’on travaille dur, certes, mais pas plus que dans la terrible competition des marches financiers. Et la competence et les annees d’etudes necessaires pour reussir a Wall Street ou a Londres ne sont pas moindres que pour gagner un concours au CNRS.
    2) Nombreux sont ceux qui ne voient dans la finance aucune contribution pour la societe, et qui nient par consequent le caractere de TRAVAIL de l’investissement. Mais rien n’existe sans besoin, la musique existe car il y a des melomanes qui paient, la recherche economique existe car il y a des organismes qui la soutiennent, et l’investissement existe car il y a toujours qui veut vivre au-dela de ses moyens, et a donc besoin d’emprunter pour satisfaire ses reves (devenir proprietaire, entrepreneur, etc). Preter de l’argent a ces personnes n’est donc pas plus immorale que de vivre en jouant du triangle ou en chercheur du CNRS.
    3) Etabli que l’investissement demande de l’effor et c’est un travail comme un autre, pourquoi ne serait-il pas remunere ? Aucune proposition de SLAM n’a ete faite a ma connaissance pour plafonner a 6% de la valeur de son cabinet le revenu d’un cardiologue, ou a 6% de la valeur de leur raquette les prix gagnes aux tennis par M. Gasquet ou Mlle Mauresmo. D’ou vient cette haine envers l’investissement ?
    4) Je trouve par ailleurs choquant qu’on puisse gaganer de l’argent sans aucune garantie financiere pour la communaute. Dans une civilisation parfaite, n’importe quel travailleur devrait mettre en gage un capital qui puisse remunerer son employeur en cas d’erreur grave, malveillance, negligence. On deviendrait alors tous investisseurs, capitalistes. Seulement quelques boulots sans responsabilite et a bas salaires devraient etre accessible sans capital, (car tout le monde n’a pas herite de fortune).
    5) Si vraiment l’investissement permet un honteux et indu enrichissement sans effor, pourquoi ne pas s’y essayer, FREDERIC ? Comment vous dites ? Cela n’a pas marche ? Vos actions Eurotunnel n’ont pas fait de veritable percee et les EADS n’ont jamais decolle ?

  • permalien hayekFan :
    16 mai 2007 @16h25   « »
    reponse a Romain e Frederic (II)

    6) Passons aux choses serieuses ! Pourquoi le SLAM n’atteint pas son but ? L’actionnaire de reference ne sera jamais affecte. Il lui est facile de se faire embaucher comme PDG ou consultant, et de se faire voter n’importe quelle remuneration. Au lieu des dividendes ou des plusvalues, la richesse lui parviendrait alors sous forme de salaire pouvant donc atteindre n’importe quel ampleur.
    7) Les consequences seraient dramatiques pour les petits porteurs, exposes sans contrepartie au risque (qui n’est pas negligeable, ROMAIN, car c’est le necessaire complement de tout gain en Bourse : ma perte est une partie de votre gain), donc vendeurs en masse de leurs titres a benefice des majoritaires. La seule consequence du SLAM serait donc une concentration extreme de la propriete actionnaire et donc tout particulierement des revenus financiers.
    8) Les degats faits pas le SLAM ne sont pas finis. Les actionnaires n’auraient aucun interet a une croissance de leur propre societe (en plusvalue ou dividendes) a plus de 6% : on retournerait a une sorte de communisme sovietique ou l’on sabotait la reussite vu qu’on ne pouvait en tirer aucun avantage. Et de toute facon, pourquoi s’incommoder a faire des conseils d’administration, quand on peut avoir la meme remuneration avec des emprunts d’Etats hollandais ou australiens ?

    Fort heureusement il est probable que pour une dixaine d’annees au moins en France les propositions comme le SLAM n’iront pas tres loin, mais que le chercheur qui veut experimenter sur la peau des autres ne perde pas courage ! Il parait qu’au Venezuela un drole de personnage, non content d’avoir fait de son pays le seul grand pays petrolier pauvre (sans aucune guerre), veut edifier une societe ou le SLAM trouverait certes sa petite place, une fois que le dictateur et ses proches en soient exoneres.

    Je remercie en avance d’une reponse polie et interessante, sur chacun de mes 8 points.

  • permalien Kazeo :
    17 mai 2007 @00h41   « »
    Réponse à HayekFan

    N’étant pas économiste, il m’est possible de répondre à côté mais je vais quand même essayer de répondre aux 8 points de HayekFan.

    1) Je veux bien qu’il faille faire des années études pour devenir financier et ainsi arriver à maximiser les gains mais, à mon avis, en tant que "petit porteur", il est déjà possible de gagner pas mal sans prendre trop de risque. Voyons par exemple quelqu’un avec un minimum de sens commun en économie qui aurait su investir dans l’ensemble des valeurs du CAC 40 juste après la crise de la bulle immobilière et vendre aujourd’hui. Même avec des frais bancaires conséquents, je pense qu’il aurait tout de même réalisé une plus-value importante sans avoir pris trop de risques...

    2)La finance, effectivement n’est pas toujours mauvaise mais dans sa forme actuelle où son ingérence dans les entreprises devient de plus en plus grande, elle impose des contraintes de rentabilité allant dans le sens d’investissements et d’horizons court-termistes (et qui donc incluent des formes néfastes de management et de concurrence au sein même des entreprises). De plus, elle fait peser un risque majeur sur l’économie mondiale, à travers les crises qu’elle provoque (dont d’ailleurs elle ne paie que rarement les pots cassés)

    3)L’investissement exige rémunération ? Sur, dès qu’il s’inscrit dans une dynamique d’entreprise et non dans un objectif de rentabilité immédiate ou en permanente progression.

    4)AH, le fameux salrié malveillant, mais rassurez-vous, il est de plus en plus facile de le renvoyer.

    5) Voir réponse 1. A propos d’EADS effectivement on a pu voir à l’oeuvre les actionnaires privés et les résultats qui en découlent comme le plan power 8 et une diminution vertigineuse des bénéfices l’année dernière...

    6)Il est facile à l’actionnaire de se faire embaucher comme salarié ou PDG, soit. Dans ce cas il sera imposé sur le revenu et s’il lui plaisait de préférer les stock options le slam l’atteindrait...

    7)Quelle attention pour les petits porteurs !! Mais comme leurs noms l’indique ils sont petits et donc je ne suis pas sur qu’ils représentent grand chose sur les marchés financiers. Quant à la concentration financière, elle est déjà une réalité, à travers les fonds de pension par exemple.

    8)Je pense qu’il n’est pas nécessaire de s’attarder sur la critique ou plutôt devrait-t-on dire l’insulte (de votre point de vue) de communiste, ni même sur le Venezuela dont on sait très bien qu’il ne dispose toujours pas d’une économie solide puisque très dépendante aux ressources naturelles du pays (ici pétrole). Ces attaques dénotent de la réduction habituelle et schématique des néo-libéraux qui veut que tout opposant à la financiarisation de l’économie, soit communiste et que le monde soit toujours bipolaire avec d’un côté les (gentils) américains (ultra)libéraux et les (méchants)communistes russes et/ou (probablement selon vous) altermondialistes.

  • permalien kazeo :
    17 mai 2007 @11h35   « »
    rectificatif

    bulle internet je voulais dire dans la réponse 1)

  • permalien hayekFan :
    18 mai 2007 @09h44   « »
    Le SLAM : reponse a KAZEO (I)

    Kazeo,
    merci pour votre attention et vos polies reponses, que je trouve neanmoins parfois seches, surtout le 3, 4, 6 et 7.
    1) D’abord vous semblez croire dans la possibilite d’ un enrichissement relativement facile a travers la finance, mais si c’est le cas, pourquoi l’entraver avec des impots absurdes comme la SLAM ? On a aujourd’hui en France un probleme de pouvoir d’achat, de pauvrete, laissons donc les gens se faire comme vous dites "des plusvalues importantes sans prendre trop de risque" ! La realite, cher KAZEO, est que pour un gagnant de "plusvalue importante" il y a des centaines de perdants, et que investir est un travail comme les autres, qui demande creativite, effor, risque. Si on taxait tout gain sauf un 6% (que je repete on peut obtenir, cela oui sans risque, en pretant son argent a des pays moins endettes donc plus surs que la France) alors ce serait certes la fin de l’investissement en actions pour le public, sans doute le vrai but de la proposition de M. LORDON.
    2) Vous devriez en suite m’expliquer pourquoi le proprietaire d’une pizzeria, d’un tabac, d’un bijouterie, d’une pharmacie (qui ne travaillent pas forcement plus qu’un financier pur) auraient droit a des marges enormes, et pas un proprietaire actionnaire. Comme vous le savez ces entreprises peuvent etre des societes, avec des actions non cotees. Le SLAM s’appliquerait-il a ces actions non cotees ? C’est pour cela que je dis que parler de SLAM implique ignorer la realite economique. Si j’etais proprietaire de 100 restaurants, ma marge ne serait pas impacte par le SLAM (j’espere), mais si on est a plusieurs donc titulaires d’actions alors le SLAM s’applique ?
    Et venons au point le plus important : vous dites, je cite "l’ingérence [de la finance] dans les entreprises devient de plus en plus grande, elle impose des contraintes de rentabilité.." C’est une terrible erreur de perspective, sous l’influence de certains media ! Qui est le proprietaire des entreprises ? Les actionnaires legitimes, certainement et pas le PDG, ni les syndicats, ni l’Etat. Et le but des actionnaires est certainement la rentabilite, a long comme a court terme. Dans les medias et dans votre tete les actionnaires ont deja ete depossedes de leurs droits et se permettent aussi d’exercer une ingerence !!!! Voyez-vous l’erreur ? L’etape suivante de cette erreur est certes le SLAM : mais qu’est-ce qu’il veulent ces actionnaires ? Profiter de leur propriete ? Qu’on leur donne un maigre 6% et encore.. Comme si on vous disez que vous etes proprietaire de votre vehicule, mais que vous pouvez seulement rouler le dimanche, ou de votre maison sans pouvoir y habiter toute la semaine. Le SLAM est bien le prelude a la nationalisation staliniste, qu’il realise deja sur les benefices de la propriete.

  • permalien
    18 mai 2007 @10h02   « »
    Le SLAM : reponse a KAZEO (II)

    Kazeo,
    5) Ne vous trompez pas sur Airbus : ses difficultes ne viennent pas des actionnaires prives, mais de l’absurde volonte de chacun des deux Etats actionnaires d’exercer le meme pouvoir que l’autre, voire plus. Le resultat est un vrai manque d’autorite qui conduit a des exces lamentables comme les dixaines de millions payes a M. Forgeard apres sa gestion catastrophique. Qui decide vraiment chez Airbus ? Personne, et les dirigeant se remplissent les poches. Plutot que delirer de SLAM, pourquoi ne pas proposer un plafond variable aux remunerations globales des grands dirigeants, par example a 20 fois la remuneration du plus bas salaire de l’entreprise ? Si l’entreprise est tellement florissante, pourquoi tous les salaries n’en profiteraient pas ?
    8) Et ne vous trompez pas sur le Venezuela : beaucoup d’autres pays dependent du petrole, mais ils ont su en faire leur richesse, a partir de la Norvege et des emirates arabes. Allez voir Dubai ! Communiste n’est pas un insulte, il s’agit d’une idee interessante qui a ete largement experimentee, mais qui n’a pas marche une seule fois, car les hommes sont motives par l’amelioration constante de leur etat economique, et il n’y a rien de mal dans cela.
    Enfin les US ne sont pas forcement plus gentil que les russes (et on l’a vu quand Clinton a bombarde l’Europe en Serbie pendant 2 mois, aussi sur des hopitaux et des ecoles), mais curieusement il y a tous les ans des dixaines de milliers de russes et de chinois qui emigrent aux US, et vriament tres peu d’americains qui vont dans l’autre sens. Curieux, non ?

  • permalien
    20 mai 2007 @21h40   « »

    Oh la la la, moi dans ma logique à moi, je dirais les choses comme ça

    Aujourd’hui l’idée du "village global" est morte, la globalisation ne marche pas, la liberté du marché n’a pas tenu ses promesses ( =>entre autres : le nationalisme exclusif, négatif, puant est de retour)

    Ou autrement dit

    Si les politiques portent un système économique universel
    (irresponsable, indifférent, insensible, amnésique....)
    et que ce système détruit le monde
    - Où les politiques mettent-ils les pieds ?
    - Où allons-nous mettre les nôtres ?

    Le SLAM est une proposition qui réfléchit de ces questions-là
    ( se peut-on poursuivre, encore et encore, de continuer à nier les problèmes pour prétendre de les résoudre ? alors que l’air s’échauffe, les glaciers fondent, l’eau va mobiliser )

  • permalien Romain :
    23 mai 2007 @22h24   « »

    Permettez-moi d’apporter une reponse personnelle, et restons courtois, il est vrai, meme si c’est souvent celui qui est en position de force (ici les liberaux) qui l’invoque :

    1) Je ne suis pas sur que l’on oppose ici gerants de patrimoine et travailleurs. C’est des actionnaires et des travailleurs dont il s’agit. Les gerants de patrimoine effectuent un travail, qui est de s’assurer d’une rentabilite optimale du capital, et emploient des methodes issues de la physique mecaniste, des mathematiques, du simple empirisme...bref ce sont des professionels comme l’ouvrier a la chaine. Le souci, c’est que le gerant de patrimoine est souvent paye a la commission ; et comme le capital, de par les rapports de force qui prevalent aujourd’hui, peut pretendre a des rendements ahurissants (contre-nature pour reprendre la pensee de Marx), le gerant de patrimoine preleve une partie de cette manne. Or tout l’enjeu est d’enlever au capital sa propriete contre-nature de faire de l’argent avec de l’argent. Les gerants de patrimoine continueront a etre remuneres honetement, car entre le placement sans risque et 6% de taux de profit il y a une difference qui legitime l’emploi des dits gerants.

    2) Je pense que la finance est utile, car sans finance pas de liquidite du capital et pas de dynamisme economique ou d’innovation dans la societe. La ou je differe, c’est lorsque vous dites "rien n’existe sans besoin". C’est par la que la gangrene gagne notre societe. Si j’ai besoin d’une rolls royce ou d’un yacht de luxe, cela legitime-t-il la deviation de ressources rares qui pourraient etre employees a bien meilleures fins ? Comme la recherche fondamentale ou la mise au point d’un vaccin contre le SIDA ?
    Passant outre ce point, que tout besoin est justifie, il n’est pas immoral de preter de l’argent, cela est meme necessaire, la thesaurisation est un leurre, car en gros on finira tous par crever et ne pas preter c’est comme ne pas finir son assiette (super les references).

  • permalien Romain :
    23 mai 2007 @22h26   « »
    Le SLAM : Reponse a Hayekfan (II)

    3) Oui je pense que l’investissement doit etre legerement remunere. A preciser que le cardiologue voit deja son revenu limite, cela s’appelle les honoraires conventionnes, qui est plus contraignant qu’un taux de 6% de profit puisqu’on lui impose une grille de prix. C’est une securite aussi, pour lui et pour le public qui n’a pas a subir d’effets de rarefaction de l’offre de soins - il les subit en temps d’attente avant l’operation ou le rendez-vous medical mais il y a d’autres mecanismes (le numerus clausus) qui permettent de mitiger ces inconvenients. Quant a Mlle Mauresmo elle beneficie d’effets de pyramide - dans une discipline sportive mediatisee ou non il ne peut y avoir qu’un champion - qui font que le gagnant remporte une prime sans commune mesure avec le travail fourni. C’est le meme phenomene qui est a l’oeuvre dans la remuneration des patrons d’entreprises du CAC40. Ce que les actionnaires ne comprennent pas, c’est que quelqu’un d’autre est susceptible de faire le boulot aussi bien tant est qu’il y soit forme. Je pense que les revenus de ceux qui beneficient de ces effets devraient etre limites. Encore une fois je pense que c’est une question de morale.

    4) Sans trop me meprendre il me semble qu’il existe des lois qui permettent a un employeur de se retourner face a un employe negligent ou malveillant. Un comptable public est par exemple responsable sur sa fortune personnelle de l’integrite des comptes qu’il signe - et doit d’ailleurs mettre un montant en gage.

    5) Ah ah ca sent l’attaque en regle. Le souci c’est que pour gagner a ce jeu-la il faut avoir beaucoup beaucoup d’argent et un pouvoir de negociation et que seule une categorie finit par gagner, celle des fonds de pension. Les "day-traders" ne font a mon avis qu’augmenter la variance des cours et ne peuvent faire que des coups, generalement rates. Il me semble necessaire de separer ici les batisseurs d’empires ou les corsaires (commandites par des grandes puissances), qui constituent les veritables adversaires, des pirates de bas etage qui peu ou prou jouent au loto.

  • permalien Romain :
    23 mai 2007 @22h27   « »
    Le SLAM : Reponse a Hayekfan (III)

    6) Oui la vous avez raison, mais comme le dit Kazeo l’actionnaire-PDG serait impose sur le revenu, ce qui n’est pas si mal. La prochaine etape est bien entendu de reguler les salaires des PDGs.

    7) Les petits porteurs ne m’interessent pas tant, il ne font que prendre le train en marche et profitent du rapport de forces. Ils se sont deja fait royalement avoir dans des operations comme Eurotunnel de toute facon. La concentration de la propriete du capital n’est pas un souci, surtout lorsqu’elle est entre les mains de l’Etat - non la c’est une boutade, rien n’est dit que l’Etat ne soit meilleur gestionnaire.

    8) Oui mais 6% c’est deja pas mal ! Surtout si le reste est transfere en revenus du travail ou en investissement productif. Et oui les actionnaires n’auront plus autant d’interet que ca a etre actionnaires et pourront commencer a se retrousser les manches.

    Je ne pense pas qu’un chercheur puisse experimenter quoi que ce soit sur notre dos dans une democratie ou les partis elus annoncent clairement leurs programmes. Oui Hugo Chavez est un dictateur malsain (n’en deplaise a Kazeo) mais le rapprochement avec M. Lordon est un peu tendencieux, surtout que vous avez raison il est tres probable que M. Chavez ne fasse que capter a son profit la rente qui etait autrefois percue par des multinationales, tant est qu’il soit capable de gerer efficacement ses gisements ce qui n’est pas gagne. Enfin, il a l’air de montrer une sorte d’interet pour le peuple, ce qui n’est pas si dramatique.

  • permalien Romain :
    23 mai 2007 @23h05   « »
    Le SLAM : Reponse a la reponse de Hayekfan a Kazeo (I)

    Je continue, permettez-moi, dans ma lancee de debatteur :

    1) Il n’est pas raisonnable d’appater le grand public avec les gains faramineux de la bourse. C’est un peu l’argument plus que discutable que Thierry Breton avait employe en plaignant le pauvre proprietaire d’un pavillon sur l’ile de Re qui allait devoir payer l’impot sur la fortune alors que c’est ma pauv’dame c’est un modeste pecheur qui l’a herite de ses ancetres pecheurs bien avant lui...je le repete : la bourse ne profite aux petits que parce qu’ils participent de la tyrannie des grands.

    2) Marges enormes d’un proprietaire de tabac, ca m’etonnerait. D’autant plus qu’elles sont bouffees par le loyer qu’exigent les proprietaires du terrain, et on retrouve le capital ici encore. Le proprietaire de 100 restos peut etre touche par le SLAM puisqu’en compta il est fait une difference entre le salaire que le proprietaire se verse a lui-meme sur l’argent disponible (ou non, il peut se payer a perte je presume) et le reste qui constitue le profit.
    Ne confondez pas propriete d’une voiture et propriete d’un moyen de production. Vous n’escomptez pas que quelqu’un puisse effectuer un travail grace a votre voiture et que cela vous rapporte de l’argent (ou alors vous gerez une compagnie de taxis). Alors qu’un proprietaire d’usine verra son capital rapporter sans que lui ne leve le petit doigt.

    5) D’accord sur la limitation des revenus patronnaux mais cela laisse entier le probleme de l’actionnaire.

    8) Vive Dubai et sa societe harmonieuse : en gros riches maitres et esclaves ignorants. Bon, cela n’empeche qu’ils sont riches. Le communisme n’a jamais vraiment ete atteint dans sa perfection, il a toujours derive vers un totalitarisme effroyable. "Les hommes sont motives par l’amelioration constante de leur etat economique" est un autre dogme, adore par votre maitre autrichien, qui ne s’en revele pas moins faux dans la realite. Et bien sur que c’est le Mal meme, l’Eglise elle-meme le dit. Le pape l’a encore rappele au Bresil il y a quelque temps. La seule recherche de l’argent, c’est le Mal, car les ressources sont en quantite limitee et que nous sommes deja si nombreux. Et la reproduction oisive de l’argent c’est le Mal. "The devil finds work in idles hands" comme diraient nos cousins.
    Et meme si vous n’etes pas chretiens, c’est immoral.

  • permalien Romain :
    23 mai 2007 @23h10   « »
    Le SLAM : Reponse a la reponse de Hayekfan a Kazeo (II)

    Ce qui n’est pas immoral, c’est le Travail, c’est le travail de la terre, de l’energie de l’atome, de toutes ces richesses que nous produisons, de notre vie qui s’allonge et qui doit etre pleine d’amour, non pas de l’amour qu’un president porterait a ses enfants sur le yacht de son pote milliardaire, ca n’importe quelle bete sauvage aime ses petits et un serial killer meme est inoffensif envers ses proches, non je parle de l’amour porte aux semblables, et que notre but devrait etre que chacun puisse se nourrir, se loger, se soigner et penser et agir librement sans compromettre ce but.

    Encore une fois c’est une question philosophique, un choix de societe, qui plus est surement plus efficace economiquement que le systeme actuel si tant est que l’on engloble toute l’humanite dans le perimetre de cette economie et non pas seulement quelques puissants.

    Ca y est je m’excite tout seul, quelle est votre philosophie, quelle est sa valeur pratique dans un monde ou ceux qui possedent exploitent le travail des autres ? Allez-vous repondre la liberte et la responsabilite individuelle ? Mais on ne leur donne pas les moyens d’etre libres, aux travailleurs (ne parlons pas des chomeurs), on ne leur laisse pas cette chance.

  • permalien
    24 mai 2007 @10h06   « »
    Le SLAM : reponse a Romain point 1

    Cher Romain,
    1) je ne suis pas d’accord sur plusieurs points pour vous evidents :

    1a) de formation scientifique, je ne comprends pas l’idee de "remuneration contre nature" : quelle est la remuneration selon nature ? Celle gravie a lettres en or sur l’evangile de Notre Seigneur Karl Marx ? Celle prevue par les islamistes, ou par l’Eglise Catholique, ou celle pratiquee par le microcredit de Grameen Bank (qui est arrivee dans le passe jusqu’a 35%) ?

    1b) finalement detrompez vous : il y a aujourdh’hui des placements plus surs des emprunts d’Etat francais qui rapportent 6% et plus, ce sont les emprunts de nombreux Etats moins endettes que la France : par consequence, le SLAM serait la fin certaine de tout gerant d’argent : plus besoin de chercher les perles du CAC 40 quand on peut faire du 6% sans probleme avec des emprunts d’Etats de pays tres solides.

  • permalien
    24 mai 2007 @10h14   « »
    Le SLAM reponse a Romain point 2

    Cher Romain
    2) la thesaurisation n’est pas un leurre : s’il est vrai qu’on va tous mourir, le gros probleme est qu’on ne sait pas quand. Regardez les Etats europeens en grande difficulte pour payer des retraites aux ultracentenaires de plus en plus nombreux, deja on parle de reduire le montant de retraite pour prendre en compte une plus longue duree de vie. (le meme montant d’argent etale sur un temps plus long).
    A cela on rajoute une prise en charge medicale qui va progressivement disparaitre (la prochaine etape est la franchise, deja pour cette annee). Aimeriez-vous vous retrouver avec une maladie tres couteuse a soigner, voire impossible en France, qui demande des soins aux USA evidemment non rembourse par la Secu (j’ai connu plusieus cas)

  • permalien
    24 mai 2007 @10h25   « »
    Le SLAM : reponse a Romain point 3

    cher Romain
    CARDIOLOGUES ET MAURESMO

    1) honoraire conventionne ? Vous voulez plaisanter ? Avez-vous jamais entendu parler d’honoraire libre ? Et puis le revenu depend du nombre de client ! Reinsegnez-vous sur la declaration de revenu d’un cardiologue, d’un radiologue, d’un pediatre ou aussi d’un notaire ou d’un agent immobiliaire.
    Le SLAM veut introduire une contrainte entre CAPITAL employe et REMUNERATION, rien a voir avec le travail fourni, que (je vous repete) pour un investisseur ou un trader n’est pas moindre que pour un radiologue.
    Or croyez-vous que les revenus des libres professions soient 6% du capital employe ? Detrompez vous !

    2) Mauresmo championne du monde ? Meme pas la FED CUP ! Mais les investisseurs aussi ont leurs champions du monde, vous savez ? Mauresmo a tout son droit de gagner ce qu’elle peut, et l’investisseur aussi. Pour gagner tout cet argent, elle doit fournir une performance exceptionelle. L’investisseut aussi. Essayez-vous si vous pensez que c’est facile. Soit au tennis, soit au trading ! Je ne vois pas de difference entre Mauresmo et un trader.

  • permalien
    24 mai 2007 @10h35   « »
    Le SLAM reponse a Romain point 4

    cher Romain
    4) vous n’avez pas compris mon point j’avoue tres insolite.
    Je voudrais vous faire comprendre l’enorme difference entre un salarie comme M. Lordon, qui ne risque rien, si non la fin de son contrat de travail (et encore), et un capitaliste qui risque tout le jour son patrimoine. Les salaries ont l’enorme avantage sur les investisseurs, que j’appelle "avantage de la remuneration infinie", ils peuvent faire de l’argent sans capital.
    Comment dire : c’est beau le travail : on peut manger sans posseder quoique ce soit. Les marxistes oublient cela un peu trop souvent.
    Dans un Etat equitable, a tout travailleur serait demande de fournir un capital bloque, disponible pour l’employeur en cas de bourdes, ce qui est pas le cas aujourd’hui : il peut y avoir des poursuites, qui menent a rien du moment que l’employe n’est pas solvable. Bien entendu de petits bolouts sans vraie responsabilite seraient toujours disponible pour qui ne possede rien.

  • permalien
    24 mai 2007 @10h42   « »
    Le SLAM reponse a Romain point 5

    cher Romain

    5) ce que vous dites est vrai en partie. Comme dans toutes les activites, les gagnants sont souvent les plus gros, le plus puissants, le mieux organises. C’est vrai dans les bagarres de rue, c’est vrai dans le sport, ou les champions viennent des organisations sportives les mieux organises typiquement russes, francaises, americaines, c’est vrai dans l’economie. Mais l’investissement est peut etre le seul endroit ou un Jim Rogers arrive a NewYork de la pauvre Oklahoma avec $600, et devient miliardaire avec l’investissement. C’est aussi l’un des tres rare endroits qui reste pour une ascension sociale non controlle par l’Etat, l’Education Nationale ou le piston. Et le SLAM tuerait ce creneau, aucune merveille que l’idee de SLAM plaise autant aux organisations etatiques

0 | 100

Ajouter un commentaire