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Iran : négocier ou faire la guerre ? (suite)

vendredi 2 mars 2007, par Alain Gresh

Mieux vaut Assad que les Frères musulmans. Dans un article du quotidien Haaretz, le chroniqueur militaire du journal Zeev Schiff, très lié à l’establishment militaire israélien, signe un article « Some serious thoughts on Syria » (quelques réflexions sérieuses sur la Syrie). Il fait état des opinions très contradictoires des divers services de renseignement israéliens sur les relations entre Israël et la Syrie : Israël doit-il négocier avec le gouvernement de Assad ? Doit-il rendre le Golan ? Le texte se termine par une sorte d’avertissement : « En dépit de tout, il est préférable d’avoir Bachar Al-Assad au pouvoir à Damas que les Frères musulmans. »

Darfour. « Environ deux millions de personnes ont fui le Darfour (nord-ouest du Soudan) depuis 2003, deux cent cinquante mille depuis août 2006. Le Tchad voisin est déstabilisé par l’afflux de deux cent vingt-cinq mille réfugiés. En quatre ans, le conflit aurait fait quatre cent mille morts. Les équipes humanitaires des Nations unies et des organisations non gouvernementales (ONG) ont dû changer trente et une fois l’implantation de leurs camps afin d’échapper aux violences. Ce qui n’a pas empêché plusieurs de leurs agents d’être arrêtés par la police soudanaise et battus à coups de crosse, le 19 janvier, à Nyala. Douze travailleurs humanitaires ont été tués au cours de massacres, et cinq autres ont disparu. » Ainsi commence l’article de Gérard Prunier dans Le Monde diplomatique de mars, intitulé « Darfour, la chronique d’un "génocide ambigu" ». Cet article paraît alors même que le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Campeno, a désigné un ministre soudanais et un chef des milices janjawids comme faisant partie des hauts responsables des crimes commis au Darfour. Un éditorial du Monde du 27 février, « Le Darfour et la CPI », met en lumière l’ambiguïté de la position de la « communauté internationale » : « Plusieurs pays, à commencer par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont menacé de recourir à une politique musclée pour contraindre Khartoum d’accepter le déploiement d’une force internationale. L’inculpation de responsables soudanais est supposée s’insérer dans l’ensemble des pressions internationales. Or, tandis que Washington menace Khartoum de mesures coercitives, des membres des services de renseignement américains continuent d’entretenir des liens avec leurs homologues soudanais, dans le cadre de la guerre contre les mouvements armés islamistes internationaux. Entre la guerre contre le terrorisme et la guerre au Darfour, quelle est la véritable priorité ? Il conviendrait de l’établir clairement pour éviter que, d’obstacles techniques en contradictions politiques, le processus judiciaire engagé contre deux responsables soudanais ne soit promis à un destin d’impuissance, que les habitants du Darfour vivraient, eux, dans leur chair. »

Une toute autre perspective est proposée par le quotidien de Qatar, Al-Chark du 28 février, qui voit dans les mises en cause de responsables soudanais un nouvel exemple du « deux poids, deux mesures » des instances internationales, notamment après le refus de la Cour de La Haye, la veille, de qualifier de génocide la politique de la Serbie en Bosnie durant la guerre. Cette politique de « deux poids, deux mesures » viserait particulièrement les Arabes et les musulmans. « Au lieu de tentatives de punir des nations (plutôt que des officiels), nous nous attendions à ce que l’on accorde une priorité au lancement d’un processus de réconciliation nationale au Soudan, chacun contribuant à sortir le pays de ses désastres après la guerre civile qu’il a subie durant des décennies. »

Blog sur la présidentielle.La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine annonce la mise en ligne du blog-journal de campagne « Elections 2007- le droit pour la paix ». Ce blog-journal a vocation à assurer le suivi des prises de position des candidats sur la question palestinienne.

Iran : négocier ou faire la guerre ? (suite)

Le gouvernement irakien a décidé d’inviter à Bagdad le 10 mars des représentants des pays voisins, dont l’Iran et la Syrie (et aussi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité), pour discuter de l’avenir de l’Irak. Cette première réunion serait suivie d’une autre, en avril, au niveau des ministres des affaires étrangères. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a salué cette initiative et affirmé que son pays y participerait. Le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow, a déclaré le 28 février qu’il n’y avait pas de changement de la position américaine : « Les Etats-Unis ont déjà participé à de nombreux forums ces dernières années où étaient présents l’Iran et la Syrie », notamment sur l’Afghanistan. « Ce n’est donc pas une brèche dans le mur (a crack in the wall), mais c’est un exemple que les Etats-Unis travaillent sur le plan diplomatique. »

Est-ce un tournant de la politique américaine ? « Les virages à 180 degrés sont rares sous la présidence de George W. Bush, et il vaut mieux y regarder à deux fois, répond le correspondant du Figaro à Washington, Philippe Gélié. En décidant de s’asseoir à la même table que des représentants de l’Iran, la diplomatie américaine prend manifestement un tournant après des semaines d’escalade verbale et militaire. Mais l’accent mis par Washington sur cette « nouvelle offensive diplomatique » s’inscrit autant dans une stratégie globale plus qu’il ne la contredit. »

Dans cet article du 1er mars, intitulé « Washington amorce un dialogue avec l’Iran », le correspondant poursuit :

« ll y a pourtant une différence entre la participation à une conférence et le dialogue sans condition recommandé par Baker (il évoque le rapport Baker-Hamilton). Condoleezza Rice a promis de longue date aux dirigeants iraniens l’ouverture de négociations, s’ils renoncent à enrichir de l’uranium, conformément aux résolutions de l’ONU. "Ces conditions demeurent", a prévenu Sean McCormack. Washington a entamé lundi des discussions avec ses partenaires en vue de durcir les sanctions. "Il n’y a pas de changement dans notre politique", insiste le porte-parole du département d’Etat. "Loin de se limiter à une campagne militaire, nos efforts en Irak avancent sur tous les fronts à la fois, explique Mme Rice : sécuritaire, politique, économique et diplomatique." »

« Ce qui a surtout changé, du point de vue des dirigeants américains, c’est le contexte. En isolant l’Iran à l’ONU, en promettant de "détruire ses réseaux" subversifs en Irak, en déployant deux groupes navals de combat, en multipliant les raids de surveillance sur la frontière Iran-Irak, en augmentant la pression sur le système bancaire iranien et les capacités d’investissement du secteur pétrolier, Washington pense avoir suffisamment affaibli le président Ahmadinejad pour parler en position de force. "Nous étions convaincus que les Iraniens ne nous prenaient pas au sérieux, a expliqué Philip Zelikow, ancien conseiller diplomatique de Rice. Alors nous avons fait en sorte que cela change, et maintenant on peut essayer la diplomatie." »

Alors que, toujours selon Le Figaro du 1er mars, « La France hésite à se joindre à la conférence ministérielle », notamment du fait de la participation syrienne, les tentatives d’explication de la décision américaine se multiplient. Rares sont ceux qui pensent qu’il s’agirait d’un véritable tournant.

Plusieurs quotidiens de la presse arabe du jeudi 1er mars expriment cependant un certain espoir. Dans le quotidien progouvernemental libanais An-Nahar du 1er mars, Sahar Baasirié écrit : « La décision américaine est, quels que soient les critères choisis, un changement majeur par rapport au discours d’escalade dominant, même si le résultat n’est pas garanti. Elle peut servir à désamorcer, au moins temporairement, les dangers croissants d’une possible confrontation militaire. Nous disons temporairement car il est encore trop tôt pour savoir si nous avons affaire à un changement stratégique ou simplement à une manœuvre tactique de l’administration qui tente de contenir la colère du Congrès et le malaise de l’armée sur la possibilité d’une guerre avec l’Iran. »

Comme le dit l’éditorialiste, une explication possible réside dans la volonté américaine d’obtenir des crédits militaires supplémentaires pour leur intervention en Irak, et amadouer une majorité démocrate. Or, comme le souligne Le Monde du 1er mars,« Les démocrates se divisent sur la façon de s’opposer à George W. Bush en Irak ». Ce geste d’ouverture contribuera donc à la division des démocrates.

D’autres commentateurs américains mettent en avant d’autres causes : la volonté de l’administration américaine de montrer qu’elle a exploré toutes les voies avant de s’engager dans la guerre ; les pressions de l’Union européenne ; la conviction de l’administration que les sanctions économiques adoptées contre l’Iran commencent à porter leurs fruits et qu’il est donc temps de récolter les résultats ; etc.

On trouvera une analyse très détaillée de la position américaine et de ses implications sur le blog de Juan Cole du 1er mars, écrite par Gerald B. Helman, qui fut un ambassadeur américain et intitulée « Regional conference on Iran ».

Plus généralement, on note une activité diplomatique intense, avec la visite du président Ahmadinejad en Arabie saoudite le 3 mars et la préparation du sommet arabe à Riyad le 22 mars. Mais, en conclusion, la question posée est toujours la même, « négocier ou faire la guerre ? » et la réponse toujours aussi incertaine.

33 commentaires sur « Iran : négocier ou faire la guerre ? (suite) »

  • permalien Yann :
    2 mars 2007 @18h49   »

    Voici les termes possibles de la négociation :

    L’Iran arrête de produire du nucléaire et les pays nucléarisés s’engagent à arrêter de produire du nucléaire.

    Seule manque encore la volonté politique de négocier.

    Toute autre proposition me semble... hypocrite.

  • permalien Pierre :
    2 mars 2007 @19h03   « »

    Pensée binaire, monde bipolaire, demi-mesures, pile ou face, des perversions de l’esprit, la paresse de l’intelligence.

    Mieux vaut Assad que les Frères musulmans.

    Mieux vaut les talibans que les communistes.

    Mieux vaut Pinochet qu’Allende.

    Mieux vaut Hitler que Rosa Luxembourg.

    Mieux vaut Ben Ali que Ben Laden.

    Mieux vaut des vaches que des juifs.

    ... comme si la terre était plate comme une pièce de 50¢,et que la moitié de l’univers était de trop.

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @20h24   « »

    Dans le quotidien pro-gouvernemental libanais An-Nahar, précise à juste titre A. Gresh.

    Pour Mouna Naim, la population libanaise ne compte tout au plus que 2 millions d’habitants (au lieu de 4 approximativement) depuis le 02.03.07, à 14h17 précisément. Du moins c’est ce que peut laisser penser son papier rédigé à ce moment là et dont le titre, tout à fait en conformité avec le contenu, est le suivant : « Les Libanais redoutent les conséquences d’une reprise de contact entre Washington, Damas et Téhéran » (en faisant référence au meme article d’An-Nahar du 1er mars).

    Mouna Naim estime, à juste titre, que la Syrie et l’Iran ne devraient pas s’ingérer dans les affaires libanaises. Mais elle serait plus convaincante si elle ajoutait que l’Arabie Saoudite et les américains ne le devraient pas non plus.

    Entre les deux projets, le “croissant chiite” iranien, et le Nouveau M-O américain, Mouna Naim prend clairement position : de meme que Zeev Schiff pense qu’il vaut « mieux Assad que les Frères musulmans », elle pense, elle, que mieux vaut le dessein américain que l’iranien.

    Projet américain dont on peut voir une des illustrations ici à Baghdad. Sans doute les « douleurs de l’accouchement » qui se poursuivent...

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @20h55   « »

    Iran : négocier ou faire la guerre ?

    Jim Lobe, IPS, 28/02/07 : :

    ...

    La question est maintenant si l’approbation ostentatoire de Rice de l’appel de l’ISG pour engager l’Iran - même si nominalement l’initiative en revient au gouvernement irakien et dans le cadre étroit de la sécurité de l’Irak - marque un tournant stratégique tel qu’il pourrait renverser la trajectoire récente vers la confrontation avec Téhéran, ou s’il représente une simple manoeuvre tactique conçue pour calmer un congrès de plus en plus impatient et pour prévenir tout mouvement de sa part pour retenir l’administration.

    Sur cette question, quelques critiques étaient mardi prudemment optimistes, avec Hagel qualifiant les réunions proposées de « première étape importante » et Biden exprimant l’espoir que « l’avis des personnalités les plus éclairées de l’administration commence à prévaloir ».

    De manière plus sceptique, le Chef de la majorité du sénat Harry Reid a aussi décrit l’annonce comme « une première étape, mais… pas suffisante à elle seule. » « Notre sécurité nationale exige un robuste effort diplomatique au Moyen-Orient, et l’administration Bush ne peut encore s’engager dans de simples demi-mesures, » a-t-il dit.

    Notant les changements récents des positions politiques qui ont favorisé les « réalistes » aux dépens des faucons de l’administration, aussi bien que des indications fortes que la crème de l’élite militaire est « très, très, très opposée… à engager un combat avec l’Iran, » un observateur averti de la politique des États-Unis a suggéré que les déclarations de mardi pourraient en effet signaler un tournant stratégique.

    « Puisque le Président Bush a montré la capacité de changer son esprit, sinon son coeur, sur la Corée du Nord, » a noté mardi soir Chris Nelson, éditeur et rédacteur de la lettre de l’initié du “The Nelson Report”, « on doit se demander si l’annonce d’aujourd’hui de Rice montre que le président réalise… au minimum… que s’il a une chance de résoudre le problème de l’Irak, cela est impossible tout en poursuivant une crise avec l’Iran. Une crise à la fois... »

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @22h38   « »

    Mieux vaut Assad que les Frères musulmans

    L’avis de Zeev Schiff rejoint celui de Yossi Alpher ( Voir article du nyt traduit dans ce blog : “Dans le Nouveau Moyen-Orient, une vieille amitié à l’épreuve”) : les israéliens, aprés avoir été, sinon les initiateurs, du moins de fervents partisans du projet de nouveau M-O, disent maintenant : « nous avons besoin de plus de vieux M-O. »

    Ce qui est redouté maintenant en fait, c’est l’éventualité d’un nouveau M-O d’un genre tout à fait contraire à celui qu’ils espéraient. UN M-O ou Israel n’aurait plus la suprématie écrasante qui est (était ?) la sienne jusqu’à présent et ou ce pays serait donc obligé de composer avec ses voisins arabes.

    D’ou la “subite montée de désespoir d’Israel” (Israel’s surge of despair), selon les termes de Gregory Levey (15/02/07) :

    Une série d’entrevues récentes avec des fonctionnaires actuels et anciens du gouvernement israélien indique un niveau de pessimisme au sein du gouvernement israélien qui est sans précédent dans les dernières décennies. Plusieurs hauts fonctionnaires ont reconnu sans équivoque qu’Israel a perdu la guerre contre le Hezbollah, et ont confirmé que c’est une vue très répandue à l’intérieur du gouvernement israélien — en dépit de beaucoup de déclarations publiques contraires faites par les leaders israéliens.

    ...quelques fonctionnaires avec qui j’ai parlé ont exprimé des craintes croissantes— et de la désapprobation — concernant la manière de procéder de l’administration Bush vis a vis de l’Irak et de l’Iran. Ces fonctionnaires incluent l’octogénaire Rafi Eitan, actuellement ministre du cabinet israélien, qui m’a dit qu’à la suite des efforts manqués d’Israël d’écraser le Hezbollah, et avec la crise croissante en Irak, Israël est dans une des situations les plus périlleuses qu’il ait jamais connu en ses sept décennies de service militaire et gouvernemental. Concernant la manière de procéder du Président Bush en Irak, Eitan a indiqué, « à moins que les politiques changent, elle est sans espoir. »

    Une conversation récente avec un membre de haut rang du corps diplomatique d’Israël — quelqu’un ayant une longue expérience de l’establishment de politique étrangère d’Israël — m’a laissé estomaqué par le degré de négativité. Je le connais personnellement depuis plusieurs années et ne l’ai jamais vu aussi sombre sur les perspectives du pays. « Nous avons perdu la guerre, » m’a t- il dit, concernant le conflit de l’été passé. « Nous savons tous cela, » a t- il continué, ajoutant que l’échec contre le Hezbollah est la « raison principale » du pessimisme croissant à l’intérieur du gouvernement. Ceci diffère nettement, naturellement, de la ligne officielle du gouvernement.

    A suivre

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @22h46   « »

    Suite et fin de : (Israel’s surge of despair) :

    Cependant, les racines du sens apparemment omniprésent de désespoir peuvent émaner plus de ce qui se passe dans les coulisses du pouvoir de Washington que dans celles de Jérusalem.

    En décembre, Daniel Levy, qui a servi de conseiller spécial à l’ancien premier ministre Ehoud Barak et est maintenant un membre de premier ordre du New America Foundation à Washington, m’a indiqué que les politiques Moyen-Orientales de l’administration Bush sont « tout a fait contraires a ce qui serait une bonne politique pour les États-Unis et Israel. » Ces politiques dit-il « ont mené Israël dans la situation la plus dangereuse que l’on puisse se souvenir ».

    ....

    Chaque année, une évaluation influente de la situation sécuritaire au Moyen-Orient est éditée par le centre Jaffee de l’université de Tel Aviv, un des plus importants think tanks d’Israël. L’évaluation de cette année, éditée en janvier, était non seulement morne, mais également critiquait ouvertement la politique des États-Unis. Ces sobres conclusions pourraient faire l’effet d’une douche froide à ceux aux Etats-Unis — qu’ils soient juifs américains ou conservateurs evangélistes — qui ont soutenu les politiques de l’administration Bush en partie parce qu’elles étaient censées aider Israël....

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @22h54   « »

    « Les menaces pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient ont empiré en 2006, » avertissaient en effet récemment des experts au Centre pour les Etudes Stratégiques de Jaffee de l’université de Tel Aviv. « L’échec américain en Irak a lésé la position des États-Unis au Moyen-Orient. ».

    Certes « les menaces pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient ont empiré en 2006 », mais également les menaces pour la suprématie absolue d’Israel ont empiré en 2006. De plus l’échec américain en Irak a lésé la position des États-Unis ET d’Israel au Moyen-Orient.

    Et rappelons que : la conclusion que les Etats-Unis ont amoindri la sécurité d’Israel, et la critique croissante de la politique de l’administration Bush sont pour le moins ironiques.

    Sécuriser Israël, l’allié le plus étroit de l’Amérique dans la région, était l’une des justifications de l’administration Bush de renverser Saddam et pour favoriser la démocratie dans toute la région. Israël a été constant dans son appui des initiatives des États-Unis depuis les attaques terroristes du 11/9/2001, de l’évincement des Talibans en Afghanistan au renversement de Saddam jusqu’aux menaces envers l’Iran et la Syrie. Les anciens fonctionnaires et conseillers d’administration de Bush qui ont poussé ces initiatives sont parmi les défenseurs américains les plus inconditionnels d’Israël.

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @23h03   « »

    On aura compris qu’il ne faut pas se faire d’illusion : si les israéliens sont en colère contre les américains, ce n’est pas parce qu’ils étaient contre le délire sanglant des néocons, mais parce que celui-ci ne fonctionne pas, et qu’il devient de plus en plus dangereux pour tout le monde.

    Ainsi, nous dit Gregory Levey (meme référence que ci-dessus), tandis que les États-Unis et Israël sont clairement unis dans le but d’arrêter l’Iran quant aux armes nucléaires, quelques leaders israéliens ont perdu confiance en la prise en charge de Bush de ce souci crucial.

    Gregory Levey semble par ailleurs aussi désemparé que les israéliens quand il ajoute : vis à vis du contexte d’agitation croissante dans la région, la dépression paralysante du gouvernement israélien l’a clairement affaibli. Ceci peut avoir des conséquences malheureuses de deux manières différentes en ce qui concerne l’Iran. Dans une perspective belliciste, cela pourrait créer une situation où, alors que toutes les options diplomatiques échouent et que les Etats-Unis n’interviennent pas, Israël pourrait devoir agir militairement seul contre l’Iran — mais le gouvernement pourrait être si paralysé qu’il ne pourrait pas avoir la confiance ou le capital politique nécessaires pour lancer les frappes militaires incroyablement risquées considérées comme nécessaires. Peut-être de manière plus dangereuse encore, d’un point de vue plus pacifique, les leaders du gouvernement peuvent choisir de surcompenser le sentiment de faiblesse d’Israël — ou le leur propre — en s’engageant dans une campagne potentiellement désastreuse de bombardement, sans peser complètement les risques énormes qu’elle implique ou explorer d’abord toutes les solutions de rechange.

    « ...et ainsi nous pouvons être disposés à faire les choses les plus étranges. » Yossi Alpher.

  • permalien tj :
    2 mars 2007 @23h17   « »

    Ahmenijab devrait construire des raffineries dont le peuple iranien a besoin plutot que d’essayer d’envoyer des petits champignons à 3 mètres du sol (ils n’iront jamais plus loin) ; mais non , il est trop con (en plus d’être un cinglé complexé) !

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @23h26   « »

    Traduction partielle d’un article de Ray McGovern, ancien analyste de la CIA (12/02/07) Bush/Cheney Risk Israel’s Survival (Bush/Cheney jouent la survie d’Israel.) :

    Le Président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney jouent inconsciemment au Dr. Jack Kevorkian en aidant l’état d’Israël à se suicider.

    Ceci est la conséquence inévitable des attaques aériennes et par missiles prévues sur l’Iran. Le paysage de désolation en Irak, au Liban, et en Afghanistan et les files d’attente sans fin dans les centres d’embauche de Al-Qaeda et autres stations recruteuses de terroristes témoignent éloquemment des conséquences non calculées par les décisionnaires myopes de Washington et Tel Aviv. ...

    Une attaque américaine et/ou israélienne sur l’Iran lâchera la bride des chiens de guerre. Ces chiens ne sont jamais allés à l’école de l’obéissance. Ils ne laisseront pas échapper leur chance de mordre, et l’arsenal d’armes nucléaires d’Israël sera impuissant pour les museler.

    A mon avis, Depuis 1948, jamais l’existence même d’Israël n’a été aussi menacée. Bush/Cheney et les chefs israéliens ne peuvent-ils pas le voir ?

    ...L’ironie suprême est que dans leur ferveur d’aider Israël, et de l’utiliser, Bush et Cheney semblent comme des imbéciles heureux menant Israël au bord du gouffre.

    Provoquer et agir par anticipation.

    Bien sûr, Cheney a récemment indiqué à Wolf Blitzer de la CNN que la politique de l’Irak de l’administration sera « un énorme success story » mais ne croit pas ceux qui [le] discréditent comme étant « délirant ». Lui et ses amis « néo—conservateurs » sont fous comme des renards. Ils poussent pour la confrontation avec l’Iran depuis de nombreuses années, et évaluent l’invasion de l’Irak à l’aune [de cette confrontation]. A suivre

  • permalien K. :
    2 mars 2007 @23h32   « »

    Traduction partielle d’un article de Ray McGovern, ancien analyste de la CIA (12/02/07) Bush/Cheney Risk Israel’s Survival (Bush/Cheney jouent la survie d’Israel.)- Suite et fin :

    Faisant référence aux mouvements récents des militaires U.S, l’auteur Robert Dreyfuss décrit correctement les néoconservateurs comme « croisant leurs doigts dans l’espoir que l’Iran répondra aux provocations, pour embraser brusquement ce qui n’est jusqu’à présent qu’un feu de basse intensité . »

    Des amis dangereux

    Les chefs israéliens risquent beaucoup si la rhétorique du président les rassure, en particulier vis-à-vis de l’Iran. Je suis constamment stupéfait de trouver, quand je discute dans le pays [aux Etats-Unis], que la grande majorité des Américains instruits croient que nous avons un traité de défense avec Israël. Nous n’en avons pas, mais on peut aisément voir pourquoi ils se trompent. Écoutez le président il y a deux ans exactement :

    « Clairement, si j’étais le leader d’Israël et avais entendu certaines des déclarations des Ayatollahs iraniens concernant la sécurité de mon pays, je serais aussi préoccupé par l’Iran ayant une arme nucléaire. Et, du fait qu’Israël est notre allié- et du fait que nous avons un engagement très fort quant au soutien d’Israël- nous soutiendrons Israël si sa sécurité est menacée. »

    Nous ne faisons aucune faveur aux leaders israéliens en leur donnant l’impression qu’ils ont carte blanche dans leur région- et particulièrement vis-à-vis de l’Iran, et que nous les tirerons d’affaire quoi qu’ils fassent.

    N’ont-ils rien appris du passé récent ? Loin d’augmenter la sécurité d’Israël, l’invasion de l’Irak par les États-Unis et l’encouragement de Washington de l’attaque inefficace d’Israël sur le Liban l’été passé a eu comme conséquence une plus grande base pour des activités terroristes contre Israël.

    Ceci semblera un jeu d’enfant comparé à ce qui se présenterait, si l’Iran était bombardé par les États-Unis et/ou Israël.

    Il existe une menace croissante d’attentats par des kamikazes en Israël. Les deux plus dangereux travaillent dans la Maison Blanche.

  • permalien saintyves :
    3 mars 2007 @02h11   « »

    Le texte de la lettre de Carter

    Adresse aux citoyens juifs d’Amérique

    L’ancien président Jimmy Carter accuse (certes) l’AIPAC, mais aussi des ’chrétiens comme lui-même’ d’être responsables du ’parti pris pro-israélien’ des médias

    Voir en ligne : Lettre de Carter Adresse aux citoyens juifs d’Amérique}

  • permalien Pierre :
    3 mars 2007 @07h36   « »

    Quand l’Eurovision s’invite dans le débat :

    Teapacks - "Push The Button". (Eurovision 2007 - Israel)

    Le choix des israéliens, traduit semble-t-il, la réussite des campagnes de propagandes anxiogènes incessantes, qui maintiennent la population juive sous pression.

    L’objectif étant de rendre concevable l’inacceptable.

  • permalien Pierre :
    3 mars 2007 @08h24   « »

    tj : Ahmenijab devrait construire des raffineries dont le peuple iranien a besoin plutot que d’essayer d’envoyer des petits champignons à 3 mètres du sol (ils n’iront jamais plus loin) ; mais non , il est trop con (en plus d’être un cinglé complexé) !

    Le pétrole flambe. Une fois de plus.

    Nervosité du marché pétrolier dûe à la crise internationale déclenchée par le programme d’enrichissement d’uranium en Iran. Mais pas seulement. Les Echos rappellent aussi les difficultés de raffinage aux Etats-Unis, alors que la demande de carburant est en hausse en ce moment dans le premier pays consommateur de pétrole au monde.

    tj, il semble bien que les "bombinettes nucléaires iraniennes" soient plus efficaces que les raffineries U.S.

    Votre remarque justifiée concernant l’Iran est aussi valable pour Bush et les priorités budgétaires US.

  • permalien Jeff :
    3 mars 2007 @20h18   « »

    K : "Mouna Naim estime, à juste titre, que la Syrie et l’Iran ne devraient pas s’ingérer dans les affaires libanaises. Mais elle serait plus convaincante si elle ajoutait que l’Arabie Saoudite et les américains ne le devraient pas non plus."

    C’est bien tout le fond du problème...

  • permalien Sophie :
    3 mars 2007 @20h54   « »

    Bonsoir à tous,

    Merci à K pour ses traductions précieuses. Meme en français j’ai du mal à assimiler les infos , alors en anglais...

    Ce que je comprends grosso modo, c’est que c’est une grande
    confusion du coté américain et un moral en baisse du coté
    israelien.
    Quelle sera l’issue ? fuite en avant suicidaire pour tout le monde avec notamment l’attaque de l’Iran, ou nouveaux rapports de force ?

    Je reviens sur l’article de Leila Farsakh, Israel-Palestine
    "l’heure d’un Etat binational est-elle venue ?"(le monde diplomatique, mars 2007), pour citer sa conclusion :"Le
    problème, cependant, demeure que les trois principaux acteurs politiques sont loin d’etre convertis à cette idée.
    La classe politique et une majorité d’Israéliens souhaitent
    la séparation, comme le montre le soutien écrasant au mur. La "communauté internationale" se fixe pour but une solution biétatique, sans toutefois agir pour la mettre en oeuvre ou controler son avancement.Le Leadership palestinien , quant à
    lui, n’a plus de stratégie, au point que des combats violents continuent d’opposer le Hamas au Fatah. C’est peut-
    etre dans cette impasse que se trouve une lueur d’espoir : il aura fallu soixante ans pour mettre à l’épreuve le partage
    et assister à ses limites ; le temps n’est-il pas venu de réfléchir à des solutions originales et inédites ?"

    Et pendant ce temps il est très peu question de politique
    étrangère dans nos débats préelectoraux français, notamment du P-O ,
    d’ou l’importance du blog cité par A.Gresh,
    plateforme-palestineelections2007.blogspot.com

    Voir en ligne : http://plateforme-palestineelection...

  • permalien saintyves :
    4 mars 2007 @00h32   « »

    L’Iran constitue-t-il une menace pour les Etats-Unis et Israël ?

    Interview accordée début mars (2006) à l’EIR, Martin Van Creveld, professeur d’histoire militaire à l’Hebrew University, a donné son point de vue sur les
    ambitions nucléaires de l’Iran.
    ..

    ... Si l’Iran posait un si grand danger, pourquoi l’administration Bush a-t-elle décidé à l’époque d’attaquer l’Irak, « qui n’était un danger pour personne, au lieu d’attaquer l’Iran ? Tres bonne question !

    ... chaque pays qui s’est doté de l’arme nucléaire est devenu moins aventureux. Je ne vois pas pourquoi cela ne s’appliquerait pas à l’Iran. »

    ...Je ne doute pas que les Iraniens veuillent se doter d’armes nucléaires. ...

    ... Et si j’étais Iranien, je travaillerais aussi sur les armes nucléaires. "Après tout, vu de Téhéran, la situation stratégique de l’Iran s’est beaucoup détériorée au cours des trois dernières années.

    ...L’Iran est donc bel et bien entouré par des forces américaines. Et tout le monde sait que, là où les forces américaines sont déployées, l’arme nucléaire n’est pas loin. »

    « Quant à Israël, ... Nous avons tout ce qu’il faut pour nous défendre ou pour dissuader une attaque iranienne. Nous jouissons de cette capacité depuis plus de 20 ans.

    D’abord, des avions à grand rayon d’action avec ravitaillement en vol, ensuite des missiles capables d’atteindre Téhéran, et maintenant une capacité de deuxième frappe à partir de sous-marins, chacun muni de quatre missiles de croisière.

    Nous avons déjà trois sous-marins et en aurons bientôt deux autres. Ainsi, à tout moment, il y aura des missiles de croisières, sans doute dotés d’ogives thermonucléaires, pointés sur Téhéran. (...) Je pense aussi que l’effort nucléaire iranien n’est pas dirigé en premier lieu contre nous(Israeliens). Il est dirigé contre les Etats-Unis - et c’est compréhensible.

    Puis, après la première guerre du Golfe, en 1991, où
    nous avons dit à l’Allemagne : "Vos missiles sont tombés sur nous". La réponse des Allemands : "OK, vous aurez trois sous-marins". Et maintenant, cela marche à nouveau. "Les Iraniens construisent des armes nucléaires pour nous éliminer" ; réponse : "OK, vous aurez deux autres sous-marins, presque gratuitement. »
    ...

    Quand le "Bébé" Israel pleurniche, "on" lui donne la tétine sous forme de soumarins ou de missiles

    ... Pour cet historien militaire, le véritable danger pour l’existence d’Israël est plutôt d’ordre interne, découlant de l’occupation de la Cisjordanie. « L’Intifada risque de déclencher une guerre civile en Israël. (...) On l’a vu avec l’assassinat de Rabin. (...) Le grand danger pour nous, presque le seul, est interne. »

    Voir en ligne : L’Iran constitue-t-il une menace pour les Etats-Unis et Israël ?

  • permalien Pierre :
    4 mars 2007 @08h27   « »

    La schizophrénie de l’administration Bush sse dirige vers une phase inquiétante.

    Écartelée entre le dogme "occidental" du "conflit des civilisations", et la "real politic" "orientale", entre la nécessité "régionale" de négocier et l’armure médiatique du rédempteur, les objectifs économique, et l’absence de résultats, cette administration de plus en plus isolée "urbi et orbi" est en passe de devenir incontrôlable.

    Irak : Washington et Téhéran vont se parler

    Pour le moment, cette répartition des revenus du pétrole sera plutôt maigre. L’Irak, à cause de la guerre et de structures obsolètes, ne produit plus que deux millions de barils par jour, ce qui n’assure même pas ses besoins domestiques.

    C’est beaucoup moins que ce que produisait Saddam Hussein avant l’invasion américaine en 2003.

    Iran : menace de mutinerie des généraux US

    Une source a révélé au Times que « quatre ou cinq Généraux et Amiraux que nous connaissons démissionneraient si Bush ordonnait l’attaque de l’Iran. » « Il n’y a aucun appétit pour ça au Pentagone, et de nombreuses personnes se demandent si une attaque pourrait réussir, ou même si elle est possible ».

    Ahmadinejad à Ryad pour tenter de régler les crises régionales

    M. Ahmadinejad a par ailleurs déclaré que l’Arabie saoudite et l’Iran avaient décidé de travailler ensemble pour contrecarrer les "complots ennemis" visant à diviser le monde islamique.

    Iran : les États-Unis préparent l’attaque, par Anne Penketh.

    Ce rapport semble contredire les réfutations de l’administration Bush selon lesquelles elle ne planifierait pas la guerre contre l’Iran, malgré des préparatifs militaires étasuniens dans le Golfe.
  • permalien Pierre :
    4 mars 2007 @08h49   « »

    Schizophrénie ( suite et fin)

    Les Américains opèrent secrètement au Liban et en Iran

    La nouvelle direction ainsi intimée par ces trois personnages à la « lutte globale contre le terrorisme » est de concentrer une pression belliqueuse et les attaques non plus sur les « groupes sunnites extrémistes affiliés à Al Qaîda » mais sur l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, l’idée étant de « multiplier les provocations contre les Iraniens pour les pousser à enfin commettre l’erreur qui justifiera une attaque militaire américaine contre l’Iran ». La conception du nouveau plan se fait, affirme Hersh, secrètement, sans que la CIA soit informée ni le Pentagone encore moins le Congrès américain.
  • permalien K. :
    4 mars 2007 @11h00   « »

    On trouvera une analyse très détaillée de la position américaine et de ses implications sur le blog de Juan Cole du 1er mars, écrite par Gerald B. Helman, qui fut un ambassadeur américain et intitulée « Regional conference on Iran ». (A.G). En voici une traduction partielle :

    « Dans les semaines qui viennent, l’administration essayera probablement de minimiser l’importance de son accord de participer à une conférence régionale sur l’Irak. La décision a été annoncée par Rice à la fin de son témoignage le 27 février au Comité des Crédits du Sénat (Senate’s Appropriations Committee). Les porte-parole de l’administration semblent suggérer que l’accord des USA d’appuyer maintenant une proposition sporadiquement préconisée par le gouvernement de Maliki soit, selon les points de vue, une récompense au bon comportement récent du gouvernement irakien, une occasion d’embrocher l’Iran et la Syrie pour leurs méfaits en Irak, et quoi qu’il arrive ne constitue rien de nouveau puisque les USA sont disposés depuis longtemps à considérer une conférence régionale.

    À mon avis, cependant, la décision de participer à une telle conférence s’avérera être un développement important, avec sa propre dynamique, et impliquera inévitablement plus de questions que le seul statut de l’Irak. Mais l’Irak sera prioritaire.

    ... certaines choses peuvent être avancées quant à sa dynamique en se basant sur ce que nous savons maintenant.

    ** Sur le plan interne, le président pourrait penser que si le parti républicain participe aux élections 2008 alors qu’une guerre civile se poursuit et des Américains meurent, le parti sera grillé. Tous ses gains qui ont débuté dans les années Reagan seront perdus, peut-être pour une décennie. Dans la bureaucratie, le modeste succès réalisé jusqu’ici en ayant recours a la diplomatie multilatérale dans le cas de la Corée du Nord et en maintenant la pression sur l’Iran a pu avoir renforcé la position de Rice, vraisemblablement aux dépens de Cheney. Gates doit être un plaisir après Rumsfeld. A suivre

  • permalien K. :
    4 mars 2007 @11h11   « »

    La position américaine et ses implications. Blog de Juan Cole. Suite traduction partielle :

    ....

    ** Militairement, plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu :

    La prise de conscience du fait que le renforcement des troupes aux niveaux actuels ne fonctionnera pas et qu’en envoyer plus de 20.000 mènera à une résistance forte et franche des services en uniforme, du congrès et de plus en plus d’éléments du parti républicain. D’ailleurs, les militaires irakiens seraient incapables ou peu disposés à agir aux niveaux souhaités par les USA.

    La menace d’une action militaire contre l’Iran rencontre déjà une forte opposition interne et internationale. Elle ne peut continuer plus longtemps sans être interprétée comme un bluff inefficace.

    La décision du R-U de débuter le retrait fait qu’un fardeau plus lourd repose sur les USA et élimine pratiquement la fiction d’une coalition. Maintenant, tout repose sur les USA et uniquement sur eux.

    Enfin, point le plus important peut être, l’Afghanistan chauffe et nous pouvons être amenés à y augmenter significativement nos forces pour parer l’offensive prévue au printemps des Talibans. Les Iraniens ont soutenu les objectifs anti-talibans en 2002 ; ils peuvent être nécessaires encore.

    ** Et politiquement il existe aussi un certain nombre de facteurs :

    . Avec le désengagement du RU, pas un pays ne nous aiderait (à l’exception de l’Australie).

    . Les pays « modèrés » de la région, peuvent eux-mêmes être consternés du manque de justesse politique de l’administration et de plus en plus inquiets du fait que si des mesures ne sont pas prises pour favoriser la stabilité à plus long terme, le chaos pointe a l’horizon, ce qui pourrait menacer leur propre futur. Il n’est pas étonnant par conséquent de voir l’Arabie Saoudite (et la Jordanie ?) favoriser activement auprés de l’Iran, la Syrie et d’autres (USA y compris) l’idée d’une offensive diplomatique.

    . Le gouvernement de Maliki semble vraiment vouloir cette conférence, en partie peut-être pour établir sa légitimité (et indépendance ?) en tant qu’acteur international. Et sa politique étrangère souligne la nécessité de bonnes relations avec l’Iran et la Syrie.

    A suivre

  • permalien K. :
    4 mars 2007 @11h13   « »

    La position américaine et ses implications. Blog de Juan Cole. Suite et Fin traduction partielle :

    ....

    Mais certainement, les affaires de la conférence se concentreront énormément sur une question : comment et quand les forces des USA partiront d’Irak. Nous pouvons nous attendre à ce qu’il y ait très peu de soutien pour notre poursuite du renforcement des troupes, le maintien des bases [militaires ?] et de tout départ lointain et conditionné. Les USA peuvent chercher à accuser l’Iran et la Syrie, mais cela est facilement traité. Tous les deux nieront l’injustice et s’associeront aisément à une résolution de la conférence indiquant de ne pas interférer dans les affaires internes de l’Irak. Il y aura certainement un appel d’aide économique à l’Irak, facilement appuyé par le biais d’un papier IOU (une reconnaissance de dette).

    La conférence peut également donner aux USA une occasion quant à l’objectif à long terme d’établissement et d’institutionnalisation d’un environnement de sécurité plus stable dans la région, avec la participation admise des USA et de ses forces. L’administration pourrait faire de la préparation des positions de la conférence un effort véritablement bipartisan et même proposer un certain niveau de participation au congrés. De manière regrettable, cette administration manque de l’imagination, du courage et du temps nécessaires pour y accéder.

  • permalien K. :
  • permalien K. :
    4 mars 2007 @13h24   « »

    Comme Yann, Frida Berrigan propose que « l’Iran arrête de produire du nucléaire et les pays nucléarisés s’engagent à arrêter de produire du nucléaire » et qualifie toute autre proposition d’« hypocrite ».

    « Nuclear Hypocrisy and Iran » :

    Chaque étape qui voit les Etats-Unis s’éloigner du consensus international sur l’illégalité et l’immoralité des armes nucléaires est une nouvelle incitation et justification pour que d’autres nations poursuivent et brandissent des armes nucléaires. Dans un rapport en 2006, l’indépendante Commission des « armes de destruction massive » a estimé probable l’apparition de dix nouvelles puissances nucléaires en une décennie. À la fin janvier, le Bulletin of the Atomic Scientists a réglé son horloge du jour du Jugement dernier à cinq minutes du minuit nucléaire, en partie en raison du fait que « les Etats-Unis remettent à l’ordre du jour le concept de l’utilité militaire des armes nucléaires. »

    L’administration Bush assigne environ $1 milliards par année à l’effort crucial de non-prolifération (à peu prés la même somme que l’administration Bush brûle quotidiennement en Irak).

  • permalien Pierre :
    4 mars 2007 @14h26   « »

    L’hypocrisie c’est de faire croire qu’il existe une "gomme à conneries", y croire, c’est de la naïveté. Comme j’aimerais être naïf !

  • permalien Pierre :
    4 mars 2007 @14h54   « »

    USA : Un bouclier pour le président

    L’Amérique peut, et veut, changer la taille, la composition et le caractère de nos forces nucléaires. Cette nouvelle direction reflète la réalité. La guerre froide est terminée". Ces propos étaient tenus le premier mai dernier à Washington par le président G.W. Bush dans son premier discours sur la sécurité nationale. Dans une autre déclaration il définissait le traité ABM (Anti Ballistic Missile Treaty) comme "une relique du passé". Ce traité avait été signé en 1972 entre les USA et l’URSS et de nos jour le Kremlin le considère toujours comme la garanVoirtie d’une paix armée durable.

    Voir les différentes positions : Armement et désarmement nucléaires, et en particulier le capitre sur les gommes : Les thèses abolitionnistes

  • permalien Yann :
    4 mars 2007 @16h54   « »
    Désarmement nucléaire, un autre monde est possible

    J’ai beaucoup apprécié les derniers liens proposés par K. et Pierre.

    La paix mondiale peut paraître une utopie... Il s’agit pourtant bel et bien de dessiner un avenir à l’humanité.

    Pour la petite histoire (triste celle-ci) :

    15:53 Report : Iran to issue new banknote with atomic symbol (Reuters) in Haaretz Flash News

    (Communiqué : L’Iran va émettre un nouveau billet de banque avec un symbole nucléaire.)

  • permalien K. :
    4 mars 2007 @16h57   « »

    War Powers Resolution of 1973 :

    Concerning the war powers of Congress and the President.

    ...

    SEC.2-(c) The constitutional powers of the President as Commander-in-Chief to introduce United States Armed Forces into hostilities, or into situations where imminent involvement in hostilities is clearly indicated by the circumstances, are exercised only pursuant to :

    (1) a declaration of war,

    (2) specific statutory authorization, or

    (3) a national emergency created by attack upon the United States, its territories or possessions, or its armed forces.

    Selon Dennis J. Kucinich, un des représentants de la Chambre américaine le plus farouchement anti-guerre, Bush pourrait vouloir coute que coute impliquer la responsabilité iranienne quant à la mort de soldats américains, pour justement pouvoir utiliser cette section 2(c). Cela lui permettrait de court-circuiter la Chambre des Représentants.

  • permalien Pierre :
    4 mars 2007 @17h19   « »

    Yann , dire que ceux qui veulent la paix ont raison, peu paraitre, évident, Pourtant si on en croit Eramus de Rotterdam, c’est la folie qui mène le monde, et nous sommes bien obligés de constater que les faits lui donnent raison (ou déraison... je ne sais plus).

  • permalien Riga77 :
    4 mars 2007 @18h27   « »
    Blog sur la présidentielle

    M. Gresh

    Puis-je vous signaler le cas du professeur Sami Al-Arian, palestinien enseignant à l’Université South Florida, persécuté depuis bientôt quatre ans par la justice US pour ses idées. Pour plus de détails sur son calvaire (il est gravement malade), voir l’article de Alexander Cockburn sur le site de CounterPunch datédu 3 mars 2007 (www.counterpunch.org) ainsi que le site militant pour sa libération (www.freesamialarian.com)

    Voir en ligne : A Federal Witchhunt - The Persecution of Sami Al-Arian

  • permalien
  • permalien Jeff :
    4 mars 2007 @22h37   « »

    L’histoire (le calvaire, devrais-je dire) des Palestiniens dure depuis 59 ans (au moins).

  • permalien Pierre :
    5 mars 2007 @06h52   «

    Alors que le monde entier a accepté bon gré mal gré la destruction de l’Irak, pour des motifs hypothétiques, L’administration Bush s’obstine à argumenter, justifier, intellectualiser une intervention en Iran.

    Comme si sa puissance de destruction, sans risque pénal, lui donnait des vertiges existentiels qu’elle ne se sent pas prête à assumer :

    Les tambours de guerre se font plus insistants après que l’Iran ait refusé de se plier à la date butoir fixée par l’ONU par Peter Symonds

    Étant donné la faiblesse des arguments cherchant à accuser l’Iran de posséder des armes nucléaires, l’administration Bush tente maintenant de changer d’argumentation. Par un tour de passe-passe rhétorique, les officiels américains parlent de plus en plus maintenant de la nécessité d’empêcher l’Iran non pas d’avoir des bombes nucléaires mais « d’avoir la capacité » de construire des bombes nucléaires. Vendredi, un haut représentant américain a déclaré au New York Times : « Personne n’a défini la limite que les Iraniens ne peuvent franchir. » Mais, a-t-il affirmé, le président Bush est déterminé à « ne pas leur permettre d’être à un tour de vis d’obtenir la bombe nucléaire. »

    Toutes ces contorsions intellectuelles ne semblent plus destinées qu’à alimenter une réflexion personnelle. L’administration Bush "raisonne" pour convaincre l’administration Bush.

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