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Agitations diplomatiques au Proche-Orient

jeudi 15 mars 2007, par Alain Gresh

Une intense agitation diplomatique anime le Proche-Orient alors que le sommet arabe devrait se tenir les 28 et 29 mars à Riyad. Prélude à un tournant diplomatique de Washington ? ou simple détente provisoire, en attendant une attaque contre l’Iran ?

Les négociations autour de la crise libanaise se poursuivent avec le voyage de Javier Solana au Liban, en Arabie saoudite et en Syrie. En Arabie, le représentant de l’Union européenne a déclaré qu’il soutenait les efforts de Riyad (qui s’apprêterait, selon diverses sources citées par la presse libanaise, notamment The Daily Star du 14 mars, à réunir les dirigeants de l’opposition et de la majorité à Riyad). En ce qui concerne le premier voyage en Syrie d’un officiel de l’Union européenne, Le Monde du 14 janvier titre « Solana veut maintenir la pression sur Damas » Dans le même temps, les autorités libanaises annoncent l’arrestation et les aveux de sept membres de l’organisation islamiste Fatah al-islam, impliqués dans les attentats du 13 février contre des autobus. Bien que l’organisation ait démenti ces accusations, elles alimentent l’idée d’un développement de groupes radicaux liés à Al-Qaida au Liban. « « La nébuleuse Al-Qaeda met un pied au Liban » », titre Libération (14 mars), sous la plume de son envoyée spéciale Isabelle Dellerbale. Le célèbre journaliste américain Seymour Hersh avait accusé il y a quelques semaines le gouvernement libanais et les autorités américaines de s’appuyer sur de tels groupes. Il revient sur le sujet dans un entretien accordé au site Antiwar.com et à Charles Goyette, « Why Is the US Backing Sunni Jihadists ? »

Mais le dossier libano-syrien est loin d’être le seul sur la table de négociations. La réunion de Bagdad du 10 mars des pays voisins de l’Irak et de différentes autres puissances, dont les Etats-Unis, a vu se côtoyer pour la première fois depuis longtemps officiels iraniens et américains. Peu a filtré, mais les comptes rendus indiquent plutôt une atmosphère positive. On annonce une réunion du même type, mais au niveau des ministres des affaires étrangères, au mois d’avril. Dans le même temps, et selon un responsable de l’armée irakienne cité par une dépêche de l’AFP du 14 mars, il y aurait eu une baisse de 80% des morts dans la capitale depuis un mois, date de la mise en place du nouveau plan de sécurité.

Enfin, le sommet arabe devrait relancer l’initiative de paix arabe du printemps 2002 – établissement d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, en échange d’une normalisation des relations entre tous les Etats arabes et Israël. Le premier ministre israélien Ehoud Olmert, au plus bas dans les sondages, a brusquement trouvé des aspects positifs dans ce plan qui avait été jusqu’à présent rejeté par le gouvernement israélien. The Jerusalem Post, du 13 mars cite des sources diplomatiques israéliennes affirmant qu’Israël et les Etats-Unis espèrent que le sommet arabe acceptera de modifier le plan de 2002 – notamment en renonçant à toute mention de la résolution 191 de l’Assemblée générale des Nations unies sur les réfugiés palestiniens. La ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni devrait discuter de cela à Washington le 14 avec Condoleezza Rice ; cette dernière devrait aussi se rendre dans la région la semaine prochaine. Mais la volonté israélienne d’altérer le plan – notamment le refus de revenir aux frontières de 1967 et d’une "solution juste" au problème des réfugiés – fait peser quelques doutes sur ce revirement israélien. Lors d’une conférence de presse, le 13 mars, Saoud Al-Fayçal, ministre des affaires étrangères saoudien, a déclaré : « Nous entendons toujours Israël poser des conditions à tout, sans rien accepter. Vous ne pouvez pas mener des négociations comme ça, vous acceptez les propositions et ensuite vous en parlez. (...) Cela semble une façon absurde de négocier. »

D’autre part, le vice-premier ministre Shimon Peres, ainsi que des responsables palestiniens (dont Saeb Erekat, chargé des négociations avec Israël) et jordaniens participent à Tokyo à une conférence, ce qui confirme que des négociations ont bien lieu entre Palestiniens et Israéliens. La formation du gouvernement d’union nationale palestinien, dont la composition devrait être rendue publique le 15 mars, confirme le succès des accords de La Mecque. Elle confirme aussi les évolutions du Hamas qu’avait décelées Pascal Delmotte dans un article du Monde diplomatique de janvier 2007, « Le Hamas et la reconnaissance d’Israël ». Dans un entretien donné au quotidien pan-arabe Al-Shark al-Awsat (Londres, 14 mars), Ahmad Youssouf, conseiller du premier ministre Ismaïl Haniyyeh, déclare : « Le Hamas pourrait connaître des changements idéologiques dans la prochaine période. Une lecture de la scène politique pourrait amener à changer certaines idées du mouvement, particulièrement si la politique nous permet de réaliser ce que nous cherchons à obtenir par la lutte armée. Si nous ne pouvons pas obtenir ce que nous voulons (par la négociation), nous pourrions revenir à l’option de la résistance, car nos cadres seront toujours présents. »

Dans une tribune du journal Le Monde du 13 mars, « Palestine, l’Europe face à ses responsabilités », Robert Malley, directeur du programme Proche-Orient de l’International Crisis Group et ancien conseiller du président Bill Clinton, explique : « Le succès de La Mecque dépendra également, et pour beaucoup, de l’attitude internationale. Déjà s’élèvent des voix qui, tout en saluant hypocritement l’effort saoudien, réclament du gouvernement à venir qu’il respecte les conditions précédemment imposées. De l’administration Bush on ne s’attendait guère à mieux. Mais de l’Europe ? N’aura-t-elle rien appris de cette faillite collective ? Si accord il y a eu en Arabie saoudite, c’est bien parce que le Hamas n’a pas été sommé d’accomplir une révolution idéologique qu’il ne fera pas mais plutôt encouragé à réaliser une évolution pragmatique qu’il fera peut-être. Par conséquent, demander le respect des conditions du Quartet, c’est exiger une renégociation des accords de La Mecque, ce qui revient à les torpiller. »

« Le parcours du Hamas est tel qu’il justifie qu’on le mette à l’essai : est-il prêt à accepter et à imposer un cessez-le-feu réciproque ? Est-il disposé à laisser les mains libres au président Abbas, dûment mandaté en tant que dirigeant de l’OLP à négocier avec Israël ? Est-il d’accord pour que soit soumis à référendum tout accord que Mahmoud Abbas aura conclu ? Et s’engage-t-il à en respecter les résultats ? »

Mais l’Union européenne est-elle prête (et capable) de jouer un rôle actif dans la solutions des drames du Proche-Orient ?

Tensions entre Moscou et Téhéran Retour à la table des matières

« Russia losing patience with Iran over its nuclear stance » (la Russie perd patience avec l’Iran au sujet du nucléaire), titre le Los Angeles Time du 13 mars, sous la signature de David Holley. Selon le journaliste, « la compagnie d’Etat Atomstroyexport, qui construit la première centrale nucléaire iranienne, a déclaré qu’elle ne pourrait fournir ce mois-ci le combustible à la centrale de Bushehr, qui est presque achevée, à la suite de différends sur le paiement. Le lancement de la centrale, prévu pour septembre, serait lui aussi retardé ». D’autre part, toujours selon le journal, un officiel russe a déclaré aux agences de presse russes : « L’Iran avec une bombe nucléaire ou un potentiel pour la créer est inacceptable pour nous. (...) Nous ne jouerons pas avec l’Iran le jeu de l’anti-américanisme... Les Iraniens utilisent notre attitude constructive et n’ont rien fait pour nous permettre de convaincre les autres pays de la cohérence de la position de Téhéran. » Ces informations sont confirmées par Asia-Times du 10 mars : « A key summit and Russia’s hour of decision », par Kaveh L Afrasiabi, qui rapporte ces propos de Ali Larijani, le président du Conseil national de sécurité iranien, selon lesquels il y aura de sérieuses conséquences sur les relations irano-russes si la Russie n’honore pas ses engagements de fournir du combustible nucléaire. Rappelons que Moscou non seulement construit la centrale nucléaire de Bushehr, mais qu’elle a d’importantes relations économiques et militaires avec Téhéran.

16 commentaires sur « Agitations diplomatiques au Proche-Orient »

  • permalien K. :
    15 mars 2007 @08h52   »

    Une autre interview de Hersh traduite en français est disponible sur Contre Info.

  • permalien Jean :
    15 mars 2007 @12h43   « »

    Merci pour le recul donné par cette synthèse très bien ficelée, alors que les évènements s’enchaînent de façon chaotique.

    Europe ? Pas d’espoirs tant que les citoyens n’auront pas repris le pouvoir dans cette machine à lobbies. D’abord, il faudrait que les-dits citoyens s’intéressent un peu plus aux problèmes du monde. Quant à la France : qu’allez-vous élire, un atlanto-sioniste de droite ? un sionophile du centre ? une rosi-sioniste pâle et franco-centrée ? Le droit et l’équilibre politique ne sont pas très bien placés dans les projections actuelles. Attendons sans espoirs démesurés les réponses aux questions posées par afps44...

    Une question très concrète : en quoi consiste le "nouveau plan de sécurité" à Bagdad ?

    Cordialement

  • permalien K. :
    15 mars 2007 @19h18   « »

    « Why Is the US Backing Sunni Jihadists ? » (voir référence donné par AG)

    Traduction de quelques passages :

    Hersh : Les Etats-Unis ont réuni des forces avec les britons, les israéliens, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, et la Jordanie - les pays arabes sunnites modérés - dans une coalition conçue pour contrecarrer les chiites. Ces derniers sont une minorité, mais une minorité très puissante. Comme vous le savez, l’Iran est chiite. En ce moment au Liban, le gouvernement sunnite, mené par un homme qui est le premier ministre Saniora, est sous l’énorme pression d’une coalition dirigée par le Hezbollah - qui est chiite. Il y existe des chrétiens aussi, mais la coalition veut une plus grande part du gâteau au Liban - plus de pouvoir.

    Les États-Unis se jettent dans les bras de tous ceux qui veulent arrêter les chiites partout au Moyen-Orient. C’est une énorme prise de risque parce que, entre autres, la contradiction croissante de cette politique est que nous avons fait des chiites en Irak nos alliés. La solidité de cette alliance n’est plus tout à fait claire, (…). Cette politique est si compliquée, si contradictoire et si aléatoire, que vous vous demandez à quoi ces types pensent exactement.

    Goyette : Je les ai décrit dans mon exposé - Bush et ces personnes - comme des apprentis-sorciers. Ils ont lâché ces forces qu’ils ne peuvent pas contenir- ils ne peuvent pas prévoir. Mais n’y a-t-il personne dans l’administration qui soit submergé par la honte de ne pas avoir prévu ce qui était évident : que la De-Ba’assification et l’invasion de l’Irak ne pouvaient que contribuer sensiblement à un bloc de pouvoir chiite ? Je veux dire, cela semblait prévisible en 2002.

    Hersh : Vous savez, vous devez comprendre combien ces néocons sont inflexibles...

    Mais dans les deux ou trois mois [qui ont suivi la guerre en 2003], mes copains de l’intérieur disaient, « nous commençons à voir l’insurrection pointer le bout de son nez. » Nous pouvions les entendre communiquer les uns avec les autres. Nous ne pouvions pas déchiffrer le code, mais nous avons pris des messages. C’était des signaux iraniens. C’était une affaire assez sensible. Les Iraniens communiquaient [avec les Irakiens]. D’ailleurs - pourquoi n’auraient-ils pas du ? Je veux dire, cela n’est pas un péché. Pourquoi ne devraient-ils pas [l’Iran] aider leurs alliés et chercher à nous affaiblir ? C’est la manière dont fonctionne le monde. ...

    Goyette : Il s’agissait même de plus que ça encore, puisque nous annoncions clairement au monde qu’une fois ayant fini avec l’Irak, nous allions nous occuper de l’Iran et de la Syrie. Nous avons ainsi fait en sorte qu’il soit de leur [l’Iran] intérêt que nous restions embourbés.

    A suivre

  • permalien K. :
    15 mars 2007 @19h37   « »

    « Why Is the US Backing Sunni Jihadists ? » (voir référence donné par AG) Traduction de quelques passages (suite) :

    Goyette : Bien, expliquez moi au sujet de ce revirement [US] en direction des sunnites qui va dans le sens des intérets d’Al Qaeda ou de ses apparentés

    Hersh : Je ne savais rien à ce sujet, [jusqu’à ce que je sois allé au Liban] ou j’ai rencontré Nasrallah. (...) Si vous vous rappelez l’été passé, il avait mené quelque chose qui n’avait jamais eu lieu auparavant. Il avait fait une guerre contre Israël – tenu tête à Israël et les a battu. Le seul pays arabe à l’avoir jamais fait. Personne n’est plus important en ce moment. Ce n’est pas seulement moi qui le dis. Nos agents du service des renseignements au gouvernement me disent, « l’homme le plus important au Moyen-Orient est en ce moment Nasrallah »

    Dans des endroits comme l’Egypte – je reviens juste du Caire - il est plus populaire que quiconque faisant partie du gouvernement égyptien. Lui un chiite. Dans l’Egypte presque totalement sunnite - dans ce qu’ils appellent « la rue arabe, » c’est Nasrallah - il est le boss.

    J’arrive finalement chez ce type et lui dit, « Que se passe-t-il, mec [sic] ? Je ne savais pas que tu avais aussi peur des Israéliens ? » Il dit, « Oh non, il ne s’agit pas des Israéliens. Il s’agit d’arabes : le renseignement jordanien, des Salafistes, des Wahhabistes - des djihadistes. Ce sont les types les plus extrémistes. »

    Les Salafistes et les Wahhabistes sont hors de l’Arabie Saoudite. Ce sont des radicaux sunnites, qui sont reliés à Al-Qaeda dans le sens qu’ils croient que quiconque n’est pas Sunnite est un infidèle - un infidèle et jetable comme un papier mouchoir.

    Alors vous découvrez qu’il y a 3, .., 3 unités, une grande et les 2 autres plus petites – toutes les trois terroristes liées aux unités d’Al-Qaeda au Liban qui toutes ont été formées au cours des six, huit derniers mois. Et nous, les Etats-Unis d’Amérique, regardons de l’autre coté pendant que de l’argent provenant de nous-même et de l’Arabie Saoudite coule sous la table pour fournir à ces types [ des terroristes d’Al-Qaeda] des armes, des vêtements, et des biens matériels de sorte qu’ils… [il s’interrompt]

    Pourquoi soutenons-nous les Sunnites ? Pourquoi soutenir les mêmes types - je veux dire les Salafistes, [Wahhabistes etc.] que nous aurions arrêté il y a deux ou trois ans et aurions mis à Guantanamo ? Maintenant nous les soutenons parce qu’ils sont des alliés potentiels contre Nasrallah et le Hezbollah. Ils [Sunnite] sont durs. Le Hezbollah est dur...

    A suivre

  • permalien K. :
    15 mars 2007 @19h48   « »

    « Why Is the US Backing Sunni Jihadists ? » (voir référence donné par AG) Traduction de quelques passages (suite) :

    C’est au cas où nous finirions avec une guerre civile là-bas. Nous voulons avoir des alliés. (…) ce qui se passe en Irak entre Sunnites et chiites est fou. Et où sont les chrétiens en Irak ? Il y en avait deux millions - maintenant ils sont partis.

    Goyette : Cela me semble Orwellien. On aurait au moins pu penser que les américains auraient le peu de mémoire nécessaire pour se rappeler que ces djihadistes sont supposés etre les mauvais gars.

    Hersh : Bien. Regardez les américains, ils viennent juste d’apprendre cette histoire. Il n’a été parlé de cette histoire que pendant deux jours. Les médias de référence n’en ont pas encore parlé probablement parce qu’ils ne savent pas comment le faire.

    Goyette : Ils ne comprennent pas de quoi il s’agit…

    Hersh : J’ai travaillé pendant neuf années au New York Times. J’ai toujours un sentiment mélangé à son sujet. C’est le journal le plus important en Amérique. Il l’est toujours. Quand ils rapportent une histoire, elle a une énorme influence. Ils n’ont pas été présents pendant cette présidence. Je pense simplement que peut-être ils ne savent pas comment l’aborder. Je suis stupéfait du fait qu’ils n’aient pas été présents pendant cette présidence.

    Goyette : Bien, retour à Nasrallah, existe t-il une nouvelle guerre israélo-libanaise se préparant en ce moment ?

    Hersh : Sûr. Je dirais que nous avons remplacé les Israéliens dans cette situation. Je ne pense pas qu’il va y avoir un conflit ouvert. Je pense que ce que vous voyez en ce moment est une pression énorme placée sur Nasrallah pour qu’ils soient neutralisés par nous, en soutenant le gouvernement en place

    Ce que Nasrallah veut est un plus grand morceau du gâteau. Selon les folles règles du Liban, la manière dont ils ont divisé le pays politiquement est un scandale. Ils ont fixé le pourcentage que chacun peut avoir au parlement. Les chiites - ceci a été fait en 1943 - ont été fixés alors à vingt pour cent. A suivre

  • permalien K. :
    15 mars 2007 @19h50   « »

    « Why Is the US Backing Sunni Jihadists ? » (voir référence donné par AG) Traduction de quelques passages (suite ET FIN) :

    Bien, les chiites sont sacrément au-dessus de ce chiffre de 20%. Et ils pourraient même représenter plus de 50%. Ce que veut en substance Nasrallah, c’est de changer ces chiffres. Il veut une plus part du gâteau, et il a obtenu une coalition qui inclut un très éminent chrétien, un homme nommé Michel Aoun, qui a obtenu 74 pour cent du vote chrétien lors des dernières élections [c’était avant son alliance avec le Hezbollah]. Ainsi Nasrallah n’est pas isolé dans cette affaire. Ils veulent une révision du code électoral. C’est la question critique.

    Notre position américaine est, il n’y aura aucun compromis au Liban. Ils ne vont rien obtenir. Si cela signifie la guerre, et aprés ?

    ....

  • permalien K. :
    15 mars 2007 @21h39   « »

    « ..les autorités libanaises annoncent l’arrestation et les aveux de sept membres de l’organisation islamiste Fatah al-islam » (AG)

    Le ministre de l’Intérieur libanais, Hassan al-Sabaa, annonçant l’arrestation de membres du groupe Fatah Al Islam, a déclaré :

    “Ce n’est pas un secret que le Fatah Al Islam, c’est le Fatah Al Intifidada, et que le Fatah Al Intifada fait partie de l’organisation syrienne du renseignement.”

    Hersh au sujet de Fatah Al Islam déclare lui :

    « Alastair Crooke, qui a passé presque trente ans au MI6, le service de renseignement britannique, et maintenant travaille pour le compte de Conflicts Forum, un think tank à Beyrouth, m’a dit, « le gouvernement libanais ouvre les portes à ces gens. Ça peut être très dangereux. » »

    « Crooke a indiqué que le groupe extrémiste sunnite, Fatah al-Islam, s’était séparé de son groupe d’origine pro-Syrien, Fatah al-Intifada, dans le camp de réfugiés Nahr al-Bared, au Nord-Liban. »

    « Il comptait alors moins de deux cents adhérents. « On m’a dit qu’en vingt-quatre heures ils se sont vus offrir des armes et de l’argent par des personnes se présentant comme étant des représentants des intérêts du gouvernement libanais - vraisemblablement afin de s’en prendre au Hezbollah, » poursuivait Crooke. »

  • permalien chahid :
    15 mars 2007 @23h28   « »

    Il est un peu tôt de croire ou de crier au succès des accords de la Mecque. Et il est difficile aussi de savoir si cette union de façade entre le Hamas et le Fatah va durer longtemps. Rien n’a vraiment changé. Avec Israël il faut toujours s’attendre au pire. Dans le contexte actuel, où le monde entier retient son souffle et tremble à l’idée que Bush pourrait attaquer l’Iran, si Israël rejette ce gouvernement et traîne l’initiative arabe (le temps qu’il faudra), le reste suivra (Europe, nations unies etc.). Le pragmatisme du Hamas ne lui servira à rien. Bien avant lui l’OLP a donné concessions après concessions et elle se retrouve aujourd’hui avec presque 23% de la Palestine historique et des cadres complètement domestiqués par Israël. Si l’avenir de la Syrie et de l’Iran est en train de se jouer en Iraq, l’avenir de la Palestine semble se jouer pour les israéliens en Iran et tout dépendra d’une confrontation militaire ou pas avec ce pays. J’oserais même dire que ceux qui ont orchestré cet accord voulaient tout simplement priver l’Iran d’un front éventuel dans sa guerre contre les américains et les israéliens. Une fois l’Iran neutralisé, retour à la case départ en Palestine : épuration ethnique, colonisation, assassinats ciblés des membres du Hamas etc. Les régimes arabes peuvent alors continuer à bâtir bagnes et palais tranquillement !

    Voir en ligne : Avec Israël il faut toujours s’attendre au pire

  • permalien
    16 mars 2007 @09h16   « »

    La réponse de Yossef Lapid à un article d’Anton Shamas, auteur palestino-israélien, parue dans le numéro de Yom Haatzmaout de l’hebdomadaire tel-avivien.

    L’auteur palestino-israélien, connu pour l’égalité de sa plume, écrivait : "Mesdames et Messieurs, le moment est venu, en ce jour de fête, de reconnaître avec une totale franchise, sans sentiment de honte, ni en baissant les yeux, que toute cette affaire s’est mal terminée.

    L’aventure sioniste s’est soldée par un échec total".

    Réponse de Yossef Lapid

    "Shamas, mon ami,

    Le sionisme est la plus grande "success story" du XXe siècle.

    • Cinquante ans après la défaite d’Hitler et du Mufti de Jérusalem, le sionisme vit et prospère au cœur du Moyen-Orient, dans un Etat de 4 millions et demi de Juifs, dont la survie pouvait faire doute, à un moment donné.

    • La langue hébraïque (une des merveilles du sionisme) a fait l’union des Sabras [Israéliens nés dans le pays] et des réfugiés des camps, des Séfarades et des Juifs d’Orient et d’Occident.

    • En un demi-siècle et en partant pratiquement de zéro, les sionistes ont forgé un Etat qui lance ses propres satellites dans l’espace et approvisionne la marine américaine en avions-espions sans pilote.

    • Un Etat qui exporte des progiciels compliqués et enseigne aux Latino-Américains comment faire pousser des melons.

    • Un Etat qui exporte tous les mois des produits, pour une valeur de plus d’un milliard de dollars, vers l’Europe occidentale, les Etats-Unis et même le Japon.

    • Une démocratie exemplaire, où les ministres craignent les contrôles de comptes et où les juges ne craignent que D-eu.

    • Un Etat qui a produit une armée considérée comme l’une des meilleures du monde.

    • Un Etat où il y a peu de crimes de sang, mais beaucoup de bons concerts.

    • Où les fidèles de toutes les religions jouissent de la liberté de culte, et où les non-croyants sont également les bienvenus.

    • 10% des citoyens du pays sont de nouveaux immigrants.

    • 89% estiment que, malgré toutes les difficultés (et l’Agence Juive), c’est un pays où il fait bon vivre. Voilà un Etat où un Anton Shamas est libre, un jour de fête nationale [israélienne], de publier une virulente attaque contre tout ce qui est cher aux Juifs vivant dans ce pays. Shamas sera peut-être capable de nous pardonner tout cela.

    la suite ci-dessous

  • permalien
    16 mars 2007 @09h17   « »

    suite et fin

    Mais ce qu’il ne peut pas supporter, c’est le fait que, présentés à la lumière des réalisations du sionisme, les échecs arabes apparaissent si humiliants et déprimants.

    • Combien y-a-t-il de Palestiniens, mon ami ? un million ? deux ? trois ?

    • Et combien d’Etats arabes t’entourent ? - Vingt ? Vingt pays de rois et de dictateurs, de terreur et d’effusion de sang.

    • Il n’existe pas une seule démocratie arabe avec liberté d’expression et droits civiques.

    • Tu nous parles de l’échec de l’Etat d’Israël. Comparé à qui, à quoi ? - A l’Algérie ? A l’Egypte ? A l’Irak ?

    • Combien y a-t-il d’Arabes entre l’Océan Atlantique et le Golfe Persique ? - Cent millions ? Deux cents millions ?

    • Et combien y a-t-il de musulmans ? - Un milliard ! et ils prient tous le même Allah, au nom du même prophète, Mahomet. Et tous, tant qu’ils sont, ils ne peuvent pas résoudre le problème des égouts à Gaza !

    Depuis 47 ans, vous vous êtes préparés à l’indépendance palestinienne,

    et pourtant vous ne vous êtes toujours pas mis à ramasser les ordures ménagères à Jéricho.

    Malgré tout le pétrole du monde,

    vous n’êtes pas parvenus à mobiliser la fraternité arabe nécessaire pour construire l’hôpital, à Deir El Balah.

    Et tous les robinets en or massif d’Arabie Saoudite et tous les jacuzzis du Koweït

    ne suffisent pas à fournir de l’eau potable à Jabalyia.

    Ceci dit, mon ami - tu le sais bien, n’est-ce pas ? - si un million de Juifs vivaient à Gaza, cette ville deviendrait un paradis sur terre. A ce moment-là, les ouvriers palestiniens feraient la queue [au passage d’] Erez pour y travailler.

    S’il y avait dans le monde un milliard de croyants juifs, les Juifs de Gaza n’auraient pas besoin d’aumônes onusiennes.

    Les Juifs du monde prendraient soin des Juifs de Gaza, et Gaza serait depuis longtemps la perle de la Méditerranée. Allons, tu sais tout cela, Anton Shamas, et c’est bien ce qui t’exaspère.

    C’est l’envie qui te dévore et qui t’égare.

    Ainsi, vois-tu, le moment est venu de conclure avec une totale franchise,

    sans sentiment de honte, ni en baissant les yeux :

    cela n’a pas marché, toute cette affaire.

    L’aventure palestinienne s’est soldée par un échec total."

    Yossi Lapid *

    * Yossi Lapid, écrivain, journaliste et leader de Shinoui (en hébreu, ’changement’), parti réformateur centriste. http://www.upjf.org/actualitees-upj...

  • permalien saintyves :
    16 mars 2007 @11h00   « »

    Les Juifs du monde prendraient soin des Juifs de Gaza, et Gaza serait depuis longtemps la perle de la Méditerranée. Allons, tu sais tout cela, Anton Shamas, et c’est bien ce qui t’exaspère.

    De la meme maniere dont ils avaient pris soin des juifs d’allemagne Nazie, LES SIONISTES ETAIENT COMPLICES D’HITLER et des NAZIS, ILS SONT ENTRAIN DE RECOLTER LE FRUIT DE LEUR TRAHISON envers les juifsil n’est plus à démontrer !

  • permalien
    16 mars 2007 @12h57   « »

    Tableau des nazis devenus conseillers des pays arabes

    Leers, Dr Johannes von, alias Omar Amin Adjoint de Goebbels, chargé de la propagande antisémite Responsable de la propagande anti‑israélienne au Caire depuis 1955

    Luder Karl Chef des jeunesses hitlériennes, responsable de crimes antisémites en Pologne Ministère de la Guerre au Caire

    Mildner Rudolf, SS Standartenführer Chef de la Gestapo à Kattowitz, chef de la police au Danemark Depuis 1963, vit en Égypte, membre de l’organisation Deutscher Rat

    Moser Aloïs, Gruppenführer SS Recherché en URSS pour crimes contre les juifs Instructeur des mouvements paramilitaires de jeunesse au Caire

    Münzel Oskar Général SS de blindés Conseiller militaire au Caire, années 50

    Nimzek Gerd von, alias Ben Ali En Égypte, années 50

    Oltramare Georges, alias Charles Dieudonné Directeur du Pilori en France sous l’Occupation Responsable de l’émetteur La Voix des Arabes au Caire. Décédé en 1960

    Peschnik Aehim Dieter, alias el‑Saïd Réside en Égypte

    Rademacher Franz,

    alias Thomé Rossel 1940‑1943, dirige la section antijuive aux Affaires étrangères journaliste à Damas

    Rauff Walter Chef du SD en Tunisie Au Moyen‑Orient (Syrie) jusqu’en 1961. Arrêté, puis relâché au Chili, le 4 décembre 1962

    Seipel, SS Sturmbannführer, alias Emmad Zuher Gestapo à Paris Converti à l’Islam. Service de sécurité du ministère de l’Intérieur au Caire

    Sellmann Heinrich, alias Hassan Suleiman Chef de la Gestapo à Ulm Ministère de l’Information au Caire, Services spéciaux égyptiens

    Thiemann Albert, alias Amman Kader Officier SS en Tchécoslovaquie Ministère de l’Information au Caire

    Weinmann Erich, SS Standartenführer Chef SD, Prague Déclaré mort en 1949. En fait, à Alexandrie conseiller de la police

    Et avec de tels génies (du mal) dans leurs rangs, les arabes n’ont pas gagné les guerres contre Israel.

    PHOTOS ET TEXTES

    SUITE CI-DESSOUS

  • permalien K. :
    16 mars 2007 @15h05   « »

    Jean, à votre question, voilà une réponse de Anthony Cordesman (à défaut d’Alain Gresh qui a malheureusement pour nous décidé de “n’intervenir qu’exceptionnellement”), « l’influent analyste de défense au centre des études stratégiques et internationales [Center for Strategic and International Studies] », réponse publiée en partie par le chicago tribune :

    « En fait, la situation en Irak est si sombre, dit-il, qu’aucune des « moins mauvaises options » se présentant maintenant aux décisionnaires des États-Unis ne permettra probablement aux États-Unis de réaliser ses buts : créer un Irak politiquement et économiquement relativement stable avec un niveau réduit de violence et qui puisse se défendre contre les états voisins. »

    D’un point de vue perceptuel, la « victoire » peut déjà être impossible parce que la plupart des personnes en Irak, de la région, et des mondes arabes et musulmans regarderont probablement l’effort des USA comme un échec et comme une défaite partielle même si les USA peuvent quitter l’Irak comme un état relativement stable et sécurisé à un certain moment de l’avenir.

    « Quelques paragaphes plus loins, il dit ceci :»

    Si les américains arrivent à gagner n’importe quelle « victoire » dans cet environnement, ce sera probablement au prix d’une augmentation de l’influence chiite, en particulier si la politique des USA continue à encourager un retrait rapide sans stratégie pour traiter d’une part le probleme de l’Irak après le retrait des principales forces des USA et d’autre part la sécurité et la stabilité globales de la région.

    Toutes les factions de l’Irak, y compris le gouvernement central dominé par par les chiites, savent que le temps est autant un ennemi des USA et de la Grande-Bretagne en Irak que n’importe quel groupe ou milice insurgés. Les USA peuvent parler de « longues guerres, » mais n’ont pas une structure politique capable de les affronter, et les erreurs passées de l’administration Bush ont énormément compliqué ce problème.

    A suivre

  • permalien K. :
    16 mars 2007 @15h11   « »

    chicago tribune : (suite)

    « Les États-Unis ont fait fausse route en mettant tellement l’accent sur Bagdad, indique Cordesman. En substance, les décisionnaires des États-Unis ont en Irak le vieux problème des deux lièvres qu’il faut courir en meme temps ; l’un des deux lièvres étant la violence. »

    « Assurer la sécurité de la ville et laisser les 11 autres villes principales et la campagne de l’Irak aux factions sectaires et ethniques de l’Irak n’est pas une victoire d’un point de vue stratégique, c’est une défaite. Comme il en a été discuté auparavant, la condition minimale pour une stratégie américaine réussie est un Irak relativement stable et sécurisé et non pas le controle militaire américain provisoire de Bagdad. »

    « Cordesman note la complexité du problème se posant aux États-Unis en disant qu’il existe au moins quatre conflits faisant rage en Irak :»

    « L’insurrection islamique Néo—Salafiste extrémiste ; Arabes irakiens sunnites contre Arabes irakiens chiites, Arabes chiites entre eux, et Arabes contre Kurdes. Chacun de ces conflits implique un niveau et un mélange différents de violence. »

    « Et ce n’est même pas l’intégralité du défi. Cordesman omet au moins trois conflits supplémentaires évidents qui concernent surtout les américains-extrémistes islamistes contre les américains, Sunnites-Baathistes contre les américains et chiites contre les américains. »

    A suivre

  • permalien K. :
    16 mars 2007 @15h14   « »

    chicago tribune : (suite et FIN)

    « À la fin de son analyse, Cordesman met le doigt sur l’aspect qui est peut-être le plus préoccupant, que ce qui se produit maintenant en Irak est en grande partie hors du controle des États-Unis. »

    Une autre réalité clée est que les USA ne controlent plus vraiment les choses ne serait ce que le « plan A ; » le controle est entre les mains du gouvernement irakien.

    Le plan britannique de retrait peut simplement être encore un autre avertissement que l’éventualité réelle est le plan I - celui controlé et formé par les luttes internes pour le pouvoir en Irak. D’ailleurs, si la stratégie de l’administration Bush échoue, pratiquement tous les plans à venir seront formés par les combats et les luttes pour le pouvoir entre les Irakiens où les USA devront répondre aux événements formés a la fois par les ennemis et les « alliés. »

    Une des leçons que l’administration Bush et ses divers adversaires et critiques américains peuvent encore devoir apprendre est qu’à un niveau donné de défaite, d’autres acteurs controlent les événements. Les discussions américaines sur les plans et les stratégies de remplacement peuvent bien se révéler en grande partie non pertinentes.

    Cordialement

  • permalien Jean :
    16 mars 2007 @17h26   «

    Bonjour K,

    Je vois que nous partageons la même opinion concernant le plan de sécurité à Bagdad...

    En créant des "nouveaux plans de sécurité" chaque mois, le "chiffre des violences" -selon l’expression des déonto-medias- va bien finir par s’effondrer.

    A+

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