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Juifs de France, Russie-Iran, Egypte

par Alain Gresh, 21 mars 2007

Asile politique aux Etats-Unis. « French Jews petition U.S. for asylum » (Des juifs français signent une pétition pour obtenir l’asile politique aux Etats-Unis) titre Jewish Telegraphic Agency du 20 mars. A la suite du meurtre d’Ilan Halimi, les signataires (au nombre de 7000) affirment que, devant la montée d’actes antisémites commis par les fondamentalistes islamiques, de nombreux membres de la communauté juive de France ne se sentent pas en sécurité. Les signataires demandent au Congrès américain de promulguer une loi accordant le statut de réfugiés aux juifs de France. Haim Musicant, un des dirigeants du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a qualifié cette pétition de bizarre, stupide et déplacée.

Iran-Russie, la crise ? Plusieurs articles confirment les tiraillements entre Moscou et Téhéran concernant le programme nucléaire. « Russia gives Iran an ultimatum on enrichment » (la Russie lance un ultimatum à l’Iran sur l’enrichissement), titre d’un article d’Elaine Sciolino pour le New York Times, reproduit par International Herald Tribune du 21 mars. Selon le journal américain, la Russie aurait informé l’Iran qu’elle suspendrait la fourniture de combustible nucléaire pour l’usine de Bushehr à moins que l’Iran suspende son programme d’enrichissement (jusqu’à présent, les raisons avancées à Moscou pour le retard dans la fourniture de combustible tournaient autour de retards de paiement). Cet ultimatum, selon la journaliste, aurait été transmis la semaine dernière par Igor S. Ivanov, le secrétaire du Conseil national de sécurité russe, à Ali Hosseini Tash, l’adjoint du négociateur iranien pour les questions nucléaires.

Une dépêche de l’Associated Press en provenance de Vienne (siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique), signée George Jahn et intitulée « Russia Is Reportedly Pulling Its Experts From Iranian Nuclear Reactor Site » (la Russie retire ses experts du site iranien nucléaire), va plus loin. Une partie des 2000 ouvriers, techniciens et experts russes auraient quitté le site de Bushehr la semaine dernière.

Démocratie à l’égyptienne. « Égypte : Moubarak verrouille sa succession », titre de l’article de Tangi Salaün, dans Le Figaro du 20 mars. Plusieurs amendements à la constitution ont été adoptés par le Parlement. « Le premier remet en question la supervision judiciaire des élections, seule garantie, selon les opposants, d’un processus honnête et transparent. Le second prévoit le remplacement de la loi d’urgence, en vigueur depuis l’assassinat du président Sadate en 1981, par une nouvelle législation antiterroriste qui donne à la police des pouvoirs étendus, notamment en matière d’écoutes, d’arrestations et de procès devant des tribunaux d’exception. »

Ce sont les Frères musulmans, principale force de l’opposition et victimes depuis plusieurs semaines d’une campagne d’arrestations, qui sont particulièrement visés. « Ils critiquent la décision d’inscrire dans la constitution l’interdiction de former un parti politique sur une base religieuse, barrant la voie à toute légalisation de la confrérie (interdite, mais tolérée). Or, compte tenu des conditions drastiques imposées aux candidats indépendants, seuls les représentants de partis légaux devraient pouvoir participer à la prochaine présidentielle. Les islamistes en seraient donc exclus. "Le régime veut écarter l’opposition pour assurer sa survie", a dénoncé le porte-parole de la confrérie, Essam el-Erian, selon lequel "la force de l’opposition repose sur la capacité de mobilisation des Frères." Pour contourner cet obstacle, la confrérie envisage de créer un parti civil ouvert aux non musulmans, mais renvoyant à la constitution, qui stipule que "l’Islam est la religion de l’État". »

Dans un communiqué du 18 mars, Amnesty International dénonçait : « Égypte. Les amendements à la Constitution tels qu’ils ont été proposés représentent la plus grave tentative d’érosion des droits humains depuis vingt-six ans ». « "Les amendements proposés à la Constitution ne feraient qu’assurer la pérennité des abus nés des pouvoirs accordés au titre de l’état d’urgence et donner au mauvais usage de ces pouvoirs une légitimité factice. Au lieu de demander aux députés égyptiens de voter la fin des détentions au secret, "disparitions" forcées, actes de torture et procès inéquitables devant des tribunaux militaires et des tribunaux d’exception, on leur demande de se prononcer en faveur de l’abandon de toute garantie constitutionnelle contre ces atteintes aux droits humains", a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. »

Malgré ces protestations, les amendements ont été adoptés et seront soumis à référendum le 26 mars. L’opposition n’a pas encore décidé si elle boycotterait le scrutin ou appellerait à voter non. Comme le faisait remarquer une dépêche de l’AFP du 21 mars signée par Sylvie Lanteaume, et intitulée « Washington a nettement réduit ses exigences démocratiques pour l’Egypte » : « Les Etats-Unis ont considérablement réduit leurs exigences démocratiques à l’égard de l’Egypte, un allié clé pour la relance du processus de paix israélo-palestinien, dont l’administration Bush a fait l’un de ses principaux objectifs de fin de mandat.
Alors que les Etats-Unis avaient jusque-là critiqué sévèrement les manquements du régime du président Hosni Moubarak en termes de droits de l’Homme, l’organisation hâtive la semaine prochaine en Egypte d’un référendum sur des amendements constitutionnels dénoncés par l’opposition comme antidémocratiques a donné lieu à une réaction étonnamment mesurée du porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack. "Il faut placer ceci dans le contexte des réformes politiques et économiques en Egypte", a déclaré M. McCormack, interrogé au cours d’un point de presse sur ce référendum précipité. »

Alain Gresh

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