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Compte à rebours en Iran

vendredi 11 mai 2007, par Alain Gresh

Le Monde diplomatique publie un numéro de son bimestriel Manière de Voir intitulé « Tempêtes sur l’Iran » (disponible en kiosque). Il est divisé en trois parties : la première porte sur l’Iran avant 1979, et notamment le coup d’Etat de 1953 qui brisa l’expérience démocratique dans ce pays ; la deuxième sur la révolution islamique, une révolution à nulle autre pareille ; enfin la troisième sur la crise nucléaire et les évolutions du régime.

Je publie ci-dessous la préface de ce numéro.

Compte à rebours

Silencieusement, furtivement, à l’abri des caméras, la guerre contre l’Iran a commencé. De nombreuses sources confirment que les Etats-Unis ont intensifié leur aide à plusieurs mouvements armés à base ethnique – Azéris, Baloutches, Arabes, Kurdes, minorités qui, ensemble, représentent environ 40 % de la population iranienne –, dans le but de déstabiliser la République islamique. Début avril, la télévision ABC révélait ainsi que le groupe baloutche Jound Al-Islam (« Les soldats de l’islam »), qui venait de mener une attaque contre des gardiens de la révolution (une vingtaine de tués), avait bénéficié d’une assistance secrète américaine. Un rapport de The Century Foundation (1) révèle que des commandos américains opèrent à l’intérieur même de l’Iran depuis l’été 2004. Le 29 janvier 2002, dans son discours sur l’état de l’Union, le président George W. Bush classait l’Iran, avec la Corée du Nord et l’Irak, dans l’« axe du Mal ». Le 18 juin 2003, il affirmait que les Etats-Unis et leurs alliés « ne toléreraient pas » l’accession de ce pays à l’arme nucléaire.

Il n’est pas inutile de rappeler le contexte de l’époque. M. Mohammad Khatami était alors président de la République islamique et multipliait les appels au « dialogue des civilisations ». En Afghanistan, les Etats-Unis avaient bénéficié du soutien actif de Téhéran, qui avait utilisé ses nombreux relais pour faciliter le renversement du régime des talibans. Le 2 mai 2003, lors d’une rencontre à Genève entre l’ambassadeur iranien Javad Zarif et M. Zalmay Khalilzad, à l’époque envoyé spécial du président Bush en Afghanistan, les dirigeants de Téhéran soumettaient à la Maison Blanche une proposition de négociation globale sur trois thèmes : les armes de destruction massive ; le terrorisme et la sécurité ; la coopération économique (2). La République islamique se déclarait prête à soutenir l’initiative de paix arabe du sommet de Beyrouth (2002) et à contribuer à la transformation du Hezbollah libanais en parti politique. Le 18 décembre 2003, Téhéran signait le protocole additionnel du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), protocole que seuls quelques pays ont ratifié et qui renforce considérablement les capacités de surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Tous ces gestes d’ouverture furent purement et simplement balayés par l’administration américaine, qui reste focalisée sur un objectif, le renversement du « régime des mollahs ». Pour créer les conditions d’une éventuelle intervention militaire, elle continue à agiter la « menace nucléaire ». Depuis des années, des rapports alarmistes ont été produits par les administrations américaines successives, et toujours démentis. En janvier 1995, le directeur de l’Agence américaine pour le contrôle des armements et le désarmement affirmait que l’Iran pourrait avoir la bombe en 2003 ; parallèlement, le secrétaire à la défense William Perry affirmait que cet objectif serait atteint avant... 2000. Ces « prévisions » furent répétées l’année suivante par M. Shimon Pérès (3). Pourtant, en avril 2007, malgré les progrès accomplis par l’Iran en matière d’enrichissement d’uranium, l’AIEA estime que Téhéran ne disposera « des capacités » de produire la bombe que d’ici quatre à six ans.

Qu’en est-il réellement ? Depuis les années 1960, donc bien avant la victoire de la révolution islamique, l’Iran a cherché à développer une filière nucléaire pour préparer l’après-pétrole. Avec l’évolution des technologies, la maîtrise totale du cycle du nucléaire civil rend plus facile le passage au militaire. Les dirigeants de Téhéran ont-ils pris une telle décision ? Rien ne permet de l’affirmer. Le risque existe-t-il ? Oui, et pour des raisons faciles à comprendre.

Durant la guerre irako-iranienne (1980-1988), le régime de Saddam Hussein a utilisé, en violation de tous les traités internationaux, des armes chimiques contre l’Iran ; ni les Etats-Unis ni la France ne se sont indignés de cet usage d’armes de destruction massive qui a traumatisé le peuple iranien. D’autre part, les troupes américaines campent en Irak et en Afghanistan, et l’Iran est enserré dans un réseau dense de bases militaires étrangères. Enfin, deux pays voisins, le Pakistan et Israël, disposent de l’arme nucléaire. Quel leader politique iranien serait insensible à un tel contexte ?

Comment, dès lors, éviter que Téhéran n’accède à l’arme nucléaire, ce qui relancerait la course aux armements dans une région déjà bien instable et porterait un coup sans doute fatal au traité de non-prolifération ? Contrairement à ce qui est souvent avancé, l’obstacle essentiel ne réside pas dans la volonté de Téhéran d’enrichir l’uranium : l’Iran, selon le TNP, en a le droit mais a toujours affirmé qu’il était prêt à apporter volontairement des restrictions à ce droit et à accepter un renforcement des contrôles de l’AIEA pour éviter toute éventuelle utilisation de l’uranium enrichi à des fins militaires.

La préoccupation fondamentale de la République islamique est ailleurs, comme le prouve l’accord signé le 14 novembre 2004 avec la « troïka » européenne (France, Royaume-Uni, Allemagne) : l’Iran acceptait de suspendre provisoirement l’enrichissement de l’uranium, étant entendu qu’un accord à long terme « fournirait des engagements fermes sur les questions de sécurité ». Ces engagements ayant été refusés par Washington, l’Iran reprit son programme d’enrichissement.

Au lieu de poursuivre une politique indépendante, l’Union européenne s’est alignée sur Washington. Les nouvelles propositions formulées par les cinq membres du Conseil de sécurité et par l’Allemagne, en juin 2006, ne contenaient aucune garantie de non-intervention dans les affaires iraniennes. Dans sa réponse, en août, Téhéran exigea à nouveau que « les parties occidentales qui veulent participer aux négociations annoncent en leur nom et celui des autres pays européens la mise de côté des politiques d’intimidation, de pressions et de sanctions contre l’Iran ». Seul un tel engagement permettrait de relancer les négociations.`

Autrement, l’escalade est inévitable. D’autant que l’élection à la présidence, en juin 2005, de M. Mahmoud Ahmadinejad ne facilite pas le dialogue, le nouvel élu multipliant les déclarations incendiaires, notamment sur le génocide des Juifs et sur Israël. Mais l’Iran, un grand pays à la riche histoire, ne se résume pas à son président. Les tensions sont fortes au sein même du pouvoir, et M. Ahmadinejad a subi une déroute électorale aux élections des municipalités comme de l’Assemblée des experts en décembre 2006. Plus largement, la contestation à la fois économique et sociale reste forte, et les aspirations à plus de libertés sont vives, notamment chez les femmes et chez les jeunes. La société refuse toute caporalisation. Le seul atout que possède le régime pour souder la population autour de lui reste, justement, le nationalisme, le refus des ingérences étrangères dont l’Iran a souffert tout au long du XXe siècle...

Malgré le désastre irakien, rien n’indique que le président Bush ait renoncé à attaquer l’Iran. Cet objectif s’inscrit dans sa vision d’une « troisième guerre mondiale » contre le « fascisme islamique », une guerre idéologique qui ne peut se terminer que par la victoire totale. La diabolisation de l’Iran, facilitée par la posture de son président, s’inscrit dans cette stratégie, qui peut déboucher sur une nouvelle aventure militaire. Ce serait une catastrophe, non seulement pour l’Iran et pour le Proche-Orient, mais aussi pour les relations que l’Occident, et en premier lieu l’Europe, entretient avec cette région du monde.

(1) Sam Gardiner, « The end of the “summer of diplomacy” : Assessing US military options on Iran », Washington, DC, 2006.

(2) Sur cette offre, lire Gareth Porter, « Burnt offering », The American Prospect, Washington, DC, juin 2006.

(3) Lire « Quand l’Iran aura-t-il l’arme nucléaire ? ».

Israël. Une société bousculée

Dominique Vidal, journaliste au Monde diplomatique, publie aux éditions du Cygne un livre intitulé Israël, une société bousculée. 25 ans de reportages sur le terrain. Composé de sept textes écrits entre 1981 et 2007, il offre une vision exceptionnelle de la société israélienne, une société souvent mal connue et caricaturée. Comme l’écrit Leïla Shahid, déléguée générale de Palestine auprès de l’Union européenne, dans sa préface : « Actuellement, les deux sociétés, israélienne et palestinienne, vivent toutes les deux, pour des raisons différentes, une crise historique fondamentale. S’agissant d’Israël, vous en trouverez les raisons et les origines dans (ces) reportages. Crise profonde dans deux partis majeurs, disparition des grandes mouvances idéologiques en faveur des groupes ethniques et des mouvements religieux, transformation du rêve pionnier sioniste socialiste en capitalisme, libéralisme mondialisé où le secteur privé remplace le welfare state et, finalement, syndrome de la citadelle assiégée, Massada, qui refuse de s’ouvrir au monde l’entourant et impose une politique unilatérale suicidaire que symbolisent le mur et l’annexion de Jérusalem. »

Grèves ouvrières en Egypte

On rend rarement compte des mouvements sociaux qui agitent le monde arabe. Le mouvement ouvrier égyptien a une longue histoire vieille de plus d’un siècle. Dans un article récent, pubié par Middle East Report Online et intitulé « Strikes in Egypt Spread from Center of Gravity », Joel Beinin and Hossam el-Hamalawy (respectivement directeur du département Middle East studies à l’université du Caire et un journaliste basé au Caire). « La plus longue et la plus forte vague de protestations ouvrières depuis la fin de la seconde guerre mondiale déferle sur toute l’Egypte. En mars, le quotidien libéral al-Masri al-Yawm estimait à pas moins de 222 sit-in, grèves, arrêts de travail, grèves de la faim et manifestations se sont déroulées en 2006. Durant les cinq premiers mois de 2007, le quotidien a rapporté une action syndicale presque tous les jours. Le groupe citoyen Egyptian Workers and Trade Union Watch a rapporté 56 incidents durant le seul mois d’avril et 15 autres durant la première semaine de mai seulement. »

17 commentaires sur « Compte à rebours en Iran »

  • permalien
    13 mai 2007 @20h16   »

    les méchants naméricains qui font qu’à aider les kurdes et les zazéris nen Iran et tout ça contre les gentilsnayatolas de la gentille révolution islamique .
    Ah oui à propos seul Khamenei, Guide suprême de la révolution islamique, a du pouvoir en Iran , le reste c’est du vent , des marionnettes .

  • permalien K. :
    13 mai 2007 @21h35   « »
    Israël. Une société bousculée.

    Un petit aperçu de la société israélienne donné « négligemment » par le New York times, et analysé par Jeremy Sapienza pour le site AntiWar. Traduction :

    « Négligemment, le NYT détaille le nettoyage ethnique israélien.

    Aujourd’hui est mon jour de congé ; Je n’avais même pas envisagé de regarder les nouvelles, mais elles étaient sur ma page Google et quand j’ai ouvert mon navigateur, elles étaient là : « Énigme israélienne : Amour de Jérusalem, haine d’y vivre » : “énigme israélienne : Amour de Jerusalem, Haine d’y vivre”. Je serai bref, comme l’article parle pour lui-même. L’article débute de manière tout à fait non pertinente en déclarant qu’Israël a essayé de fourrer plus de juifs dans Jérusalem tout en essayant de faire sortir les autochtones.

    Depuis quatre décennies, Israël a œuvré dans le sens de la construction et de l’expansion des quartiers juifs, tout en essayant de limiter la croissance des parties arabes de la ville.

    Je n’ose imaginer le tollé que cela provoquerait au sein du journalisme si un certain état du sud des Etats-Unis se mettait, par exemple, a subventionner la construction de quartiers blancs tout en refusant des permis de construire privés dans les quartiers noirs surchargés. En 2007, ce serait les seules nouvelles pendant des semaines. Mais il s’agit d’Israel, alors le New York Times gesticule.

    L’article continue en documentant la montée du fanatisme religieux [juif, a Jerusalem] qui motive les israéliens laiques a fuir vers des villes plus modernes et plus cosmopolites comme Tel Aviv, principalement en raison du taux de natalité étonnant des extrémistes religieux juifs.

    Mme. Angel [qui a quitté Jérusalem après y avoir vécu 30 ans] a dit qu’elle a été de plus en plus outrée par l’intolérance religieuse et politique. Elle s’est rappelée d’un jour où elle était modestement habillée quand une femme juive ultra-Orthodoxe a commencé à lui hurler qu’elle n’était pas correctement vêtue. »
    A suivre

    Voir en ligne : Nonchalantly, NYT Details Israeli Ethnic Cleansing

  • permalien K. :
    13 mai 2007 @21h38   « »
    Israël. Une société bousculée.

    Un petit aperçu de la société israélienne donné « négligemment » par le New York times, et analysé par Jeremy Sapienza pour le site AntiWar. Traduction, suite et fin.

    « En outre, parce que les ultra-Orthodoxes sont à peine actifs sur le plan économique, ajouté à l’écrasement économique volontaire des Palestiniens dans leurs ghettos, Jérusalem est devenu pauvre en services et les investissements s’éloignent vers des régions plus libérales d’Israël. Les Israéliens cultivés ne veulent simplement pas vivre là. Mais, tandis que,

    Plus de 60 pour cent des israéliens ont dit qu’ils ne voudraient pas que les lieux saints de la ville échappent au contrôle israélien, même dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens… 78 pour cent des israéliens ont indiqué qu’ils n’envisageraient pas d’habiter à Jérusalem ou préféreraient habiter ailleurs en Israël.

    Ils ne veulent pas y vivre, mais ils veulent que leur gouvernement continue le nettoyage ethnique de la population autochtone de la vieille ville. Et le New York Times trouve cela seulement barbant [yawnable]. »

    Voir en ligne : Nonchalantly, NYT Details Israeli Ethnic Cleansing

  • permalien Daniel :
    13 mai 2007 @22h59   « »

    Israël, une société bousculée. Bah, à qui n’est-il pas arrivé de se faire bousculer ? Les voisins se font voler, dévaster, humilier, frapper, blesser, estropier, assassiner, réduire à trois fois rien.

    Alors, l’Israël - quel Israël : l’Israël juif et blanc ? - bousculé...

  • permalien K. :
    13 mai 2007 @23h03   « »
    Israël. Une société bousculée

    Sérieusement, Mme Leïla Shahid, quelle différence celà fait-il pour les arabes en général et les palestiniens en particulier qu’Israel soit “socialiste” ou “capitaliste” ?

    En outre un état aussi sectaire et aussi barbare envers les autres dès ses origines, avait-il des chances de se préserver longtemps ?

  • permalien K. :
    13 mai 2007 @23h32   « »

    « Olmert et la classe politique et militaire au pouvoir sont depuis plusieurs mois gravement compromis dans de multiples scandales de corruption et de mœurs, l’ échec » de la guerre du Liban n’est perçu que dans la dimension de ce qu’il a coûté aux Israéliens de leurs certitudes sur leur force, leur capacité à imposer leur loi par les armes, et aussi en pertes humaines et économiques. Le reste n’intéresse pas l’opinion. De quoi est fait ce reste est sans doute le plus remarquable et le plus affligeant, c’est la relation à l’autre, dans toutes ses dimensions qui depuis 7 ans a été méthodiquement effacée des consciences -7 ans sans parler du passif bien plus ancien sur lequel repose cette société, construite sur la négation d’un peuple- . »

    Voir en ligne : Une société formolisée

  • permalien Pierre :
    14 mai 2007 @09h40   « »
    Compte à rebours à Washington

    Bush, président le plus isolé depuis Nixon, selon les démocrates

    Irak : Bush averti par les siens

    Des parlementaires républicains ont fait savoir cette semaine au président George Bush, lors d’une réunion privée à la Maison blanche, que la situation en Irak devait s’améliorer rapidement sans quoi il continuerait à perdre des soutiens au sein de son parti, rapporte le New York Times.

    Poursuite de la violence en Irak

    Gordon Brown, candidat à la succession du Premier ministre Tony Blair a lui indiqué qu’il allait prochainement se rendre en Irak. Défavorable à un calendrier de retrait des troupes britanniques, il envisage un changement de la politique de Londres en Irak vers une priorité à la réconciliation et au développement économique.

    Bientôt Sarkozy à l’épreuve

    Et très vite, le pragmatique président français va être confronté à une personnalité au moins aussi intransigeante que la sienne : Gordon Brown, le futur Premier Ministre britannique, aux positions européennes également très tranchées et à l’opposé de celles de Nicolas Sarkozy.

    Bush ’impatient de travailler’ avec Sarkozy

    L’Irak rapproche Washington et Téhéran

    Au Congrès américain, des élus lançaient des appels depuis l’an dernier en faveur de pourparlers directs avec Téhéran, une approche également recommandée fin 2006 par le rapport bipartite Hamilton-Baker, plaidant pour une politique réaliste.
    - 616 DAYS 20 Hrs 25 Min 27.4 Sec
  • permalien Pierre :
    14 mai 2007 @11h19   « »
    Compte à rebours en Iran : 64 jours 16 h. 16s 10s.

    De fins stratèges en combinant subtilement, l’élection de Gordon Brown, les phases de la lunes, la léthargie (coupable) de l’ONU, le calendrier des marèes dans le golfe persique, et le calendrier électoral des États-Unis, ont placé le compte à rebours en Iran à 64 jours 16 h. 16s 10s.

  • permalien K. :
    14 mai 2007 @19h51   « »
    Grèves ouvrières en Egypte

    Grèves ouvrières en Egypte

    Selon IPS ce jour, l’agitation sociale s’étend.

    « ...

    Notamment, la récente agitation des ouvriers a été marquée par l’absence de représentation syndicale officielle, la plupart des actions étant indépendamment organisées par les travailleurs eux-mêmes. La raison, disent les représentants des ouvriers et les commentateurs, en est que l’Egyptian Trade Union Federation (ETUF) – La seule organisation syndicale légale disponible — a largement échoué à protéger les droits des travailleurs.

    Ils prétendent que l’ ETUF n’est pas véritablement indépendante et en fin de compte obéit aux volontés du Parti National Démocratique du Président Hosni Moubarak. Dans plusieurs cas, en même temps que les revendications salariales, les organisateurs des grèves ont aussi demandé le remplacement de leurs représentants syndicaux officiels.

    "Notre syndicat s’est toujours rangé du côté de l’état plutôt qu’avec nous," a dit l’organisateur des sit-in du métro.

    Selon Hussein, l’ETUF a toujours marché avec les loyalistes du gouvernement qui prennent leurs directives du Parti National Démocratique plutôt que des ouvriers qu’ils sont censés représenter.

    ...

    Les représentants du gouvernement, eux, ont suggéré que des groupes clandestins communistes ou des associations illicites de travailleurs sont responsables de l’organisation de la récente vague de grèves. A la fin du mois dernier, les autorités ont fermé le Centre for Trade Union & Worker’s Services basé au Caire, une organisation indépendante dévolue aux questions des droits des travailleurs, déclenchant une tempête de condamnations émanant de groupes de droits civils et humains. »

    A suivre

  • permalien K. :
    14 mai 2007 @20h03   « »
    Grèves ouvrières en Egypte

    Grèves ouvrières en Egypte

    Selon IPS ce jour, l’agitation sociale s’étend. (suite et fin)

    « Mais la plupart des observateurs informés disent que, loin d’être le résultat d’une conspiration politique, l’actuelle agitation sociale ne revêt aucune dimension politique. Ils attribuent le phénomène à la cherté croissante de la vie, notant que l’inflation a continué à croître même après une dévaluation majeure de la monnaie locale en 2003.

    L’agitation sociale a été accompagnée par de nombreuses allégations d’intimidation par l’état contre les organisateurs des grèves. Mais il y a eu relativement peu d’exemples de violence franche par les services de sécurité de l’état du genre de celles vues lors des grèves précédentes ou des récentes manifestations a caractère politique.

    " Les forces de sécurité ne peuvent utiliser la violence contre les grévistes comme ils l’avaient fait dans les années 1980 et 1990," a dit Hussein. " Parce que plus que quiconque, elles réalisent combien le ressentiment est profond."

    Même certains officiers de sécurité expriment discrètement des réserves sur l’utilisation potentielle de la force contre les grévistes.

    "Notre travail n’est pas de persécuter les ouvriers," a dit un officier de sécurité qui préfère garder l’anonymat. "En fait nous sympathisons avec eux dans leur lutte pour leurs droits légaux." »

    (retard du à une panne d’internet)

  • permalien K. :
    14 mai 2007 @20h28   « »
    Egypte

    Si je ne m’abuse Anouar Al Sadate avait motivé sa décision de faire la paix avec Israel, par la part trop importante du budget de l’armée, qui grevait lourdement les efforts de développement de l’Egypte. Qu’en est-il aujourd’hui ?

  • permalien Rudo de Ruijter, chercheur independant, Pays-Bas :
    15 mai 2007 @09h35   « »

    A Alain Gresh,

    Bonjour,
    J’aimerais tirer l’attention sur des faits importants, qui se passent dans les coulisses du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran : la preparation d’un cartel des pays a armes nucleaires pour s’emparer du marche des combustibles nucleaires.
    Vous pouvez lire les faits sur :
    http://www.courtfool.info/fr_Hold_u...

    Je vous autorise a copier et publier l’article. (Il est disponible en plusieurs langues sur www.courtfool.info )

    Rudo de Ruijter
    Chercheur independant
    Pays-Bas

    Voir en ligne : États-Unis contre l’Iran : Hold-up sur le marché des combustibles nucléaires.

  • permalien Sébastien :
    16 mai 2007 @11h34   « »

    Bonjour,

    Je ne sais pas si je suis hors sujet, mais je pense que la seule solution raisonable pour les lieux saints de Jérusalem est de les mettre sous souveraineté de l’ONU.

    Vu l’histoire aucune religion n’a le droit de s’approprier pour elle toute seule les lieux saints.

    Jérusalem est le berceau des religions juives et chrétiennes, et en 638 lorsqu’elle fut conquise par le Sultant Omar celui-ci en fit une ville sainte de l’Islam.

    Qu’importe de savoir qui était la en premier, (les juifs ou les arabes ), aucune des trois religions du Livre n’a le droit de s’approprier la ville sainte pour elle toute seule.

    Les rabbins peuvent dire que la Mosquée Al Aksa est batie sur les vestiges du Temple de Jérusalem, les Imans peuvent dire que le Mur des Lamentations est un lieu de culte musulman, SEULE L’ONU DEVRAIT POUVOIR EXERCER LA SOUVERAINETE SUR LES LIEUX SAINTS DE JERUSALEM.

    Sébastien

  • permalien Shirine :
    16 mai 2007 @19h54   « »

    Merci pour votre article, mais une petite remarque tout de même, l’Israël n’a pas de frontières en commun avec l’Iran ! C’est un pays certes proche et situé dans la même région mais en aucun cas un pays voisin d’Iran comme le Pakistan. Merci de réctifier.

  • permalien Kourosh K. :
    19 mai 2007 @20h35   « »

    Cher Alain Gresh,

    J’ai été, comme beaucoup de camarades iraniens progressistes, très déçu par la dernière livraison de "Manière de voir". Seul point positif : la cartographie, merveille de clarté et de pédagogie, qui est l’un des points forts du "Monde diplomatique" de façon générale. En revanche, quel incompréhensible biais idéologique dans l’analyse de l’Iran ! A aucun moment le cacractère totalitaire et sanguinaire de la Répulique islamique n’est mis au jour. Quelle surprise de voir Rafsandjani affublé du gentil surnom de "conservateur pragmatique" ou Khomeyni, qui a sur les mains le sangs de dizaines de milliers d’Iraniens, dont une grande partie de démocrates, de patriotes et de communistes, ramené à une figure de "spiritualité" et de "religiosité" pleine de "charisme"... seul le Chah, que je ne porte pas dans mon coeur certes, est critiqué comme un "héritier mégalomaniaque"....

    Sans aucun discernement, le "Diplo" republie des articles - très datés décidément - du temps de la révolution, pleins d’admiration délirante pour la "voie révolutionnaire iranienne"... ne manquerait plus ici que les folies, indignes de lui, qu’a pu écrire à ce moment là Michel Foucault... et que dire quand on voit cohabiter dans un même numéro d’authentiques spécialistes de l’Iran, comme M. Bromberger, et des lumpen-intellectuels comme Yann Richard ?...

    Votre critique de la politique anglo-américaine au Moyen Orient perd sa crédibilité à gommer ainsi les aspects totalitaires et ultraviolents de la théocratie iranienne. N’oubliez pas, cher ami, vos camarades iraniens morts ou torturés, en Iran ou en exil. Quant à la "semi-démocratie" dont vous qualifiez le régime en place, cette expression me laisse rêveur... un système bâti sur la terreur, fondé sur la censure, soutenu par la police politique, quand bien même il est électif n’est pas semi-démocratique.

    Il est fasciste.

    Amitiés tout de même,

    Kourosh K.

  • permalien K. :
    24 octobre 2008 @14h48   « »

    Un groupe de réflexion bipartisan appelle aujourd’hui ouvertement à bombarder l’Iran.

    Deux membres du dit groupe développent leurs arguments dans un article récent du WAPO.

    Jim Lobe et Glenn Greenwald en rendent compte.

    Ce qui ressort essentiellement est que les membres du groupe sont pour la plupart de farouches pro-likoud, néocons pour la plupart.

    Dennis Ross, membre du groupe également, a une double particularité : il se situe dans la mouvance pro-travailliste et fait partie des conseillers d’Obama. Par ailleurs sa mouvance pro-travailliste est incohérente puisqu’il s’est retrouvé à plusieurs reprises associé au Washington Institute for Near East Policy (WINEP), soit « un think tank au service du Likoud ».

    Dennis Ross a une longue expérience du conflit israélo-palestinien, ayant travaillé sous deux administrations américaines (Bush père et Clinton) comme intermédiaire des négociations de paix.
    Mais les fonctions qu’il souhaiterait occuper lors d’une administration Obama seraient celles ayant rapport avec le dossier iranien, pour mieux pouvoir protéger les “intérêts” d’Israël.

    Selon Jim Lobe, si les désirs de Dennis Ross sont exaucés, il ne faudra pas attendre longtemps avant de voir l’Iran bombardé par l’administration Obama.

  • permalien K. :
    25 octobre 2008 @18h12   «

    Question du Haaretz (ce jour) à Dennis Ross : la crise financière, la dette US, ajoutée aux deux guerres menée par les Etats-Unis n’empecheront-elles pas le prochain président US de faire face au danger iranien ? :

    Assuming that the next president’s capacity to deal with these issues will be limited because of national debt, two ongoing wars and the recent financial crisis, can he really promise anything - and keep his word ?

    La réponse de Dennis Ross : On s’est mépris sur la volonté d’engager l’Iran d’Obama. Ce dernier veut juste prouver à la communauté internationale qu’il n’y a rien à tirer de barbus enturbannés fanatisés par une idéologie rétrograde. Une fois la chose prouvée Obama n’hésitera pas à bombarder l’Iran, « non seulement pour défendre les intérets d’Israel, mais aussi ceux des Etats-Unis » (selon une lecture “entre les lignes”)

    "In the first instance, [Obama] views the issue of Iran as an urgent priority, because the Bush administration’s approach to Iran has failed. I talk about how Obama wants to use our willingness to talk as a means to get others to actually apply more pressure on the Iranians, as a way to ensure the talks’ success, but also because the talks themselves send a signal [to] those who fear [that] applying more pressure means you’re descending toward a slippery slope of confrontation. This is a way of saying, ’Look, we’re trying to see if there’s a way to avoid that.’ Preventing Iran from going nuclear is a very high priority for him, not only because it’s such a threat to Israel, but because it’s such a threat to the United States.

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