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Nègres, Noirs... Du bon usage des mots en cartographie

jeudi 17 mai 2007, par Peggy Pierrot et Philippe Rekacewicz

Ce billet a été revu, édité et augmenté de nouvelles images et d’informations complémentaires sur le nouveau site de Visions cartographiques le 19 novembre 2014.

Il est désormais consultable à cette adresse :

http://visionscarto.net/negres-noir...

Comme nous l’avons écrit dans le billet « la carte dans tous les sens », il est utile de ressortir ces vieux atlas et d’en faire cette lecture « verticale » qui réserve parfois d’étonnantes surprises. Il faut, par exemple, ouvrir et comparer trois éditions (1959, 1970 et 1994) de l’atlas autrichien « Hölzel », publié en France depuis le début des années 1950 par les éditions Bordas (connu sous le nom d’Atlas général Bordas dont les auteurs étaient Pierre Serryn, René Blasselle, Marc Bonnet et Henri Bordas, tous agrégés d’histoire et de géographie). La première chose qui frappe est la grande similarité des cartes thématiques de géographie physique et humaine du début de l’ouvrage : langues, religions, densité de population, mais aussi températures et précipitations. Elles sont identiques à quelques exceptions près, comme si le monde était figé : mêmes contours, mêmes couleurs, même aspect, mêmes légendes. Ou presque.

Attardons-nous un peu plus sur la carte du peuplement dans le monde, ici intitulée « races ». Même carte pour les éditions de 1959 et de 1970, sur l’atlas le plus ancien : le papier a un peu vieilli et les teintes sont un peu plus fades, mais pas d’erreur, il s’agit bien du même document. Faites un petit exercice comparatif et rendez-vous un peu plus bas dans quelques secondes.

Pour tous les documents, n’hésitez pas à cliquer sur les images pour voir plus de détails.

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Carte mondiale des races 1959
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Carte mondiale des races 1970
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Légende détail de la carte mondiale des races 1959
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Légende détail de la carte mondiale des races 1970

Collision. Entre ces deux cartes s’engage dès 1960 le grand mouvement de décolonisation de l’Afrique. Le terme « nègre », acceptable en 1959, ne l’est plus en 1970 et est remplacé par le terme « Noirs », qui apparaît dès le 18e siècle, comme dans le nom du groupe abolitionniste la Société des amis des Noirs, mais n’est vraiment utilisé que depuis la seconde moitié du 20e. Pourtant, dans cette deuxième moitié du XXe siècle, on est en plein débat sur le refus et, finalement, l’abandon par la plupart des anthropologues de la notion de « race humaine » et sur la recherche d’autres critères de différenciation (par exemple religieuse, ethnique, culturelle). L’édition de 1970 ignore totalement ce débat, lacune apparemment comblée - mais avec beaucoup de retard - puisque, dans l’édition de 1993, la carte des « races » a finalement été supprimée.

Une autre particularité de cette carte, c’est la présence de cette catégorie très incertaine : des zones vertes légendées « races en voie d’extinction » couvrant le Caucase, les côtes namibiennes en Afrique australe et le nord de l’île d’Hokkaido au Japon. Cette carte fut crée il y a environ soixante ans et il n’est plus possible d’interroger les auteurs, mais saura-t-on un jour de quelles « races » il s’agissait vraiment ? Il faut rappeler, quand même, qu’une génération entière de collégiens et lycéens a appris la géographie à l’aide de cet outil.

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Légende détail de la carte mondiale des races 1959

Pour compléter cette « dégustation cartographique verticale » et revenir sur la question sémantique, exhumons un ouvrage d’André Demaison datant de 1936 - véritable caricature de la littérature coloniale - intitulé La vie des noirs d’Afrique (Editions Bourrelier, Paris).

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Couverture du livre d’André Demaison
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Photo extraite du livre d’André Demaison

« Je dois à l’Afrique et à ses Noirs les plus belles heures de ma vie de jeune homme […] en face de la nature vraie et d’êtres plus ou moins primitifs », écrit André Demaison [1] en introduction. « Mes derniers voyages à travers ces peuples d’Afrique noire, poursuit-il, m’ont démontré que des changements s’étaient opérés : maintenant, c’est l’indigène qui envahit l’existence des hommes blancs tandis que ceux-ci, pourtant répandus grâce à l’automobile semblent vivre en dehors de la vie des Noirs.

Nous pourrions élargir le champs de nos pérégrinations si nous voulions relater la vie de tous les Noirs de l’univers. Il nous faudrait alors faire mention des nègres australiens, demeurés dans les plus bas degrés de l’humanité […], les mélanésiens, les Papous d’Océanie, tous fort anciens dans la race noire.

Devant l’impossibilité matérielle de suivre dans leur pays ces variétés de Noirs, nous resterons en Afrique, leur plus grande patrie.

Les Noirs ne furent pas les premiers occupants de l’Afrique [qui] était habitée [avant] par des hommes rougeâtres, petits […], qu’on a appelés Pygmées, puis Négrilles. »

André Demaison termine son introduction en déclinant « sa » géographie des races, partiellement figurée sur la carte de l’Atlas Hölzel. « Les Noirs peuvent être groupés en trois grands clans : les Bantous, qui se répandirent dans le Sud ; les Noirs mélangés de Sémites qui demeurèrent dans l’Est de l’Afrique […] et les vrais Nègres qui remplissent […] l’espace immense compris entre le Nil et l’Océan Atlantique. »

Dans cette introduction, ainsi que dans le livre, toute la gamme terminologique possible est employée : nègres, Négrilles, Noirs, Sauvages, Indigènes (appellation péjorative en français mais admise en anglais - Indigenous people). Voilà pour le passé, mais quelle évolution terminologique le présent nous offre-t-il ?

L’examen des catégorisations, termes et définitions, de leur pouvoir structurant, de leur efficacité sociale et politique, s’avère complexe à cause des balancements permanents de la langue.

Le terme « nègre », péjoratif s’il en est, a connu des utilisations variées : après avoir connu des heures à prétention scientifique quand il était utilisé par les philosophes et classificateurs des Lumières, puis par les théoriciens des races, il reste aujourd’hui une expression stigmatisante, violente et réductrice, sauf dans quelques contextes culturels très précis.

La désignation de peuples très différents par un terme générique se référant à une couleur de peau fantasmée (trouvez-moi un Noir vraiment noir) ne se comprend qu’en suivant le mouvement de justification de la mise à l’index d’une partie des êtres humains, de leur renvoi à la périphérie de l’humanité, voire de la négation de leur humanité même, accentuée par la traite transatlantique qui voit la définition de nègre et celle d’esclave fusionner [2].

La pensée fourre-tout derrière le « nègre-Noir » est en spirale : noir est le terme générique désignant ce qui est mauvais, comme dans l’expression la « noirceur de l’âme ». Les nègres, les Noirs sont mauvais par essence, on peut justifier un peu tout ce qu’on leur fait. Par où on commence et où on s’arrête ? La Bible et sa « malédiction des fils de Cham » ou les pâtisseries chocolatées dites « têtes de nègre », le « nègre violeur » ou le « nègre ambianceur » né ? Indissociable de la pensée esclavagiste, l’expression « nègre » désigne toujours le tâcheron comme celui qui, derrière l’écrivain, souque à fond de cale pour écrire les livres à sa place.

Sont méconnues, surtout en France métropolitaine, les multiples variations que prirent au cours de la colonisation et principalement dans les Antilles françaises les différentes appellations alambiquées utilisées pour désigner les « Noirs », encadrant une organisation sociale et hiérarchique de la noirceur [3]. Des termes comme métis, quarteron, mulâtre, octavon, câpre, griffe, chabin, mamelouque, marabou, sacatra..., permettaient de distinguer le bétail humain, et de rapprocher du maître les plus clairs du cheptel. La classification établie par Louis-Élie Moreau de Saint-Méry dans sa monographie de l’île de Saint Domingue en propose 128 variations [4].

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C’est le « pouvoir des mots » [5] : le langage décrit une réalité (ici les tonalités de la couleur de peau) et dans le même mouvement contribue à la structurer et à la figer. Les métis et mulâtres sont progressivement devenus des catégories sociales aisées et instruites, d’abord au service du maître dans les maisonnées et sur les plantations, puis au service de l’État, fournissant des générations de contremaîtres puis d’instituteurs et de fonctionnaires, etc. Ces classifications (plus on est clair, plus on est haut dans la société) ont eu des conséquences profondes sur des générations de « Noirs », par exemple lorsque, étudiant dans les métropoles européennes, de jeunes et fringants mulâtres finissaient par n’être que des nègres dans le regard de leurs compagnons d’études. Dans la préface de l’entretien avec le grand chercheur anglais d’origine jamaïcaine Stuart Hall [6], Eric Macé et Eric Maigret nous expliquent l’importance qu’a eue pour Hall d’être le « plus noir de sa famille », tout en étant éduqué pour être un « Anglais d’Oxford », et comment son expérience de se découvrir « Noir chez les Blancs » a influencé sa pensée des identités mouvantes.

Le cafre est devenu cafard, et, malgré tout, les « nègres », depuis les années cinquante, prennent le stigmate et le renversent (E.Goffman) pour en faire un étendard : de la négritude de Senghor et Césaire, au « I’m Black and I’m proud » des années 70 puis au « Niggaz with Attitude » [7] de Dr Dre et de Ice Cube, le « nègre » désigne en créole et en argot américain un « mec », un « type » , voire un « pair », un ami...

« To all the Niggers in the house », scandé à l’assemblée hip hop, tant et si bien que petits Blancs et Latinos finissent par tous s’appeler « nigger » ou « nigga » par signe de reconnaissance, comme, en France, dans les quartiers populaires, tous les jeunes finissent par se frapper la poitrine pour se saluer.

Le Noir devient « Black » dans les années 80 en France par euphémisme hypocrite des années d’illusion « black blanc beur », et entre récemment dans la catégorie « racaille », dans les années du « diviser pour mieux régner », à défaut d’être vraiment devenu quelqu’un à part entière. L’abondante littérature publiée sur la « nouvelle question noire française » donne le tournis, tant incompréhensions, amalgames et relégation pointent toujours derrière les mots, comme avant sur la carte.

Articles du Monde diplomatique :

Ces zoos humains de la République coloniale, août 2000
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/08/BANCEL/14145

Une loi contre l’histoire, avril 2005
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/04/LIAUZU/12080.

Cartographie complémentaire

- Le Hold-up colonial, par Philippe Rekacewicz, 2003.

- La décolonisation et les nouveaux territoires, par Philippe Rekacewicz, 2003.

- La décolonisation en Afrique, par Cécile Marin, juin 2006.

Sites à consulter :

Site de l’association DiversCités
http://www.diverscites.org/

L’Article « Nègre » sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nègre
Consultez en particulier dans cet article la reproduction d’une page (dont la lecture fait froid dans le dos) d’un manuel scolaire de cours préparatoire et de CM1 de 1926 (La géographie vivante, d’Onésime Reclus, frère du grand géographe anarchiste Elisée Reclus…) et la citation de l’article « Nègre » tirée du Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle Larousse de 1872.

A lire aussi

En néerlandais :
Lire : Bambi Ceuppens, Marc benoemt ’s morgens de dingen ou sa traduction en anglais (pdf à télécharger ici), un article qui traite de l’utilisation, en néerlandais, des mots « neger » et « zwarte ». Une version raccourcie du texte de la chercheuse belge est parue dans le journal De Standaard, accompagnée, de manière exceptionnelle pour ce journal, d’une photographie de l’auteure. Dans une réaction non publiée par le quotidien, la chercheuse revient sur ce que signifie, en termes de disqualification de son discours, le fait de l’accompagner d’une telle photographie.


Notes

[1] André Demaison (1883-1956), commerçant en Afrique avant la première guerre mondiale, écrivain et journaliste, fut nommé directeur de la Radiodiffusion Nationale à Vichy en 1942. Il était membre du Conseil national. Condamné par la justice pour collaboration après la seconde guerre mondiale, il fut finalement amnistié.

[2] Cf Dominic Thomas, Black France, Indiana, Bloomington, 2007.

[3] Lire à ce sujet : Jean-Luc Bonniol, La Couleur comme maléfice, Une illustration créole de la généalogie des Blancs et des Noirs, Albin Michel, 1992.

[4] Louis-Élie Moreau de Saint-Méry, Description topographique, civile et historique de la partie française de l’isle de Saint-Domingue, 1798

[5] Sur ce sujet lire aussi bien : Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire, l’économie des échanges linguistiques , Fayard, 1982, rééd. Langage et pouvoir symbolique, Seuil, 2001, que Judith Butler, Le pouvoir des mots, politique du performatif, Amsterdam, 2004, qui abordent tous les deux la question des mots « agissants », de l’efficacité du langage, mais en proposent des analyses différentes.

[6] Mark Alizart, Stuart Hall, Amsterdam, 2007.

[7] « NWA », Niggaz with attitude, est un groupe de rap de la fin des années 80, qui, par ses paroles provocantes, valorisant le crime et le sexe facile tout en dénonçant les bavures policières, a balisé le genre « Gangsta rap ». Ice Cube poursuit une carrière solo de chanteur et d’acteur de comédies populaires, et Dr Dre est devenu un grand « producteur », lançant entre autre le « rappeur blanc » controversé Eminem.

7 commentaires sur « Nègres, Noirs... Du bon usage des mots en cartographie »

  • permalien Nicolas Krebs :
    17 mai 2007 @22h32   »
    explorons le nord du Japon

    « le nord de l’île d’Hokkaido au Japon. Cette carte fut crée il y a environ soixante ans et il n’est plus possible d’interroger les auteurs, mais saura-t-on un jour de quelles « races » il s’agissait vraiment ? »

    Pour le Japon, il s’agit très probablement des Aïnous. Regardez le nord d’Hokkaïdo dans la carte « Religions » de l’édition de 1994 en votre possession. Voir aussi

    Voir en ligne : « les Aïnous, peuple aborigène installé dans la région depuis la nuit des temps et aujourd’hui quasi disparu. »

  • permalien Chahid :
    18 mai 2007 @00h41   « »
    Nègres, Noirs.... Du bon usage des mots en cartographie

    Aujourd’hui encore, l’attitude des blancs vis-à-vis des noirs est profondément empreinte du syndrome de la « Vénus hottentote » !

    Voir en ligne : Les murs, l’humiliation, le « Divide ut imperes » et Lavinia.

  • permalien Nathalie :
    18 mai 2007 @10h46   « »
    Nègres, Noirs.... Du bon usage des mots en cartographie

    La classification en fonction de la noirceur que rapporte Moreau de Saint-Méry a perdu quelques uns de ses mots, mais elle est encore vivace, notament aux Antilles, où la description d’une personne passe par son identification à l’une ou l’autre de ces catégories : empreintes encore "fraîches" de la société coloniale...

  • permalien Simplicissimus :
    18 mai 2007 @12h56   « »
    A propos du mot "indigène"

    Un petit mot pour signaler qu’en français helvétique, le mot indigène est utilisé dans un sens particulier. Voir p. ex. Le Petit Dictionnaire suisse romand, éditions Zoe, 2000 : personne bénéficiant du statut d’habitant dans une région donnée, donnant droit à certains privilèges.

    L’interessé est alors porteur de sa carte d’indigène qui justifie desdits droits (tarif réduit, par exemple). On trouve aussi indigénat, avec par exemple l’indigénat communal, helvétisme administratif synonyme de bourgeoisie (autre helvétisme !)

  • permalien clioweb :
    18 mai 2007 @21h26   « »
    Nègres, Noirs.... Du bon usage des mots en cartographie

    un manuel de 6eme en 1961 :
    http://clioweb.free.fr/manuels/pernet.htm

  • permalien David L. :
    19 mai 2007 @14h19   « »
    Nègres, Noirs.... Du bon usage des mots en cartographie

    Suite à votre dernière livraison, je me suis replongé dans l’Atlas Vidal-Lablache publié de 1890 à 1894 par A. Colin en 24 livraisons bimestrielles .

    Aux bas des planches concernant les colonies, on remarque, dans le texte commentant les cartes, des phrases telles que la « reprise de traditions conformes aux aptitudes manifestes de notre race » à propos de la création du second empire colonial (planche 80, 12e livraison) ou « l’obstacle qu’oppose à la colonisation une race indigène et inassimilable » à propos de l’Algérie et de la Tunisie (planche 81, 13e livraison).

    Mais sur ces mêmes planches, on ne trouve pas grand chose concernant l’Afrique sub-saharienne, les Antilles ou Madagascar. Ce qui semble montrer que le sauvage inassimilable est souvent celui qui refuse de se laisser coloniser sans combattre, comme cela a été le cas lors de la conquête des Antilles par les Espagnols qui identifiaient les îles comme peuplées de « Caraïbes » (synonymes de cannibales à cette époque donc de sauvages que l’on pouvaient réduire à l’esclavage ou tuer sans complexe) lorsqu’elles se rebellaient ou d’Arawak lorsqu’elles se soumettaient. Certaines îles ont d’ailleurs changé « d’étiquettes ». (Voir lien en bas de message)

    Je me souviens avoir consulté dans une brocante un ouvrage de la période du Vidal-Lablache contenant des cartes qui décrivaient les différentes races africaines de "notre empire" (illustrations à l’appui) avec en regard une liste de qualités et de défauts du type « travaillleurs », « sournois », « fainéant »...etc.

    Sur l’usage des mots, je reviens depuis l’été 2006 de 6 ans passés en Guadeloupe. L’empreinte du vocabulaire colonial et de la préoccupation de la couleur est encore patent dans cette société. Des collègues locaux m’ont expliqué cette ambiguité qui consiste à assumer fièrement sa couleur tout en espérant pour ses enfants ou comme gendre ou belle-fille la peau la plus claire. L’idéal féminin n’est pas la blonde mais la belle « chabine » ce qui transparait nettement dans les expressions des jeunes et les paroles de leurs musiques préférées (R’nb, ragga...). Une expression que m’avait expliqué une collègue résume tout cela : « po chapé ». Synonyme de métis, elle vient de peau échapée, peau sauvée. Sauvée de quoi ? de la noirceur...

    David Landry.

    Voir en ligne : http://www-peda.ac-martinique.fr/hi...

  • permalien Gilda :
    21 mai 2007 @16h22   «
    Nègres, Noirs.... Race Du bon usage des mots...

    Nous avons une expression aux Antilles pour désigner une femme ou un homme tenace, fort, intègre, courageux, on dit "I ni ras" littéralement, "il ou elle a de la race". J’ai quant à moi décidé de me constituer un petit lexique que j’appelle colonial, et que j’enrichie au fur et à mesure de mes lectures. Je pourrais y ajouter le mot sacatra.
    Je crois que c’est ce que je suis. Mais avec tout ces mélanges, sur des siècles et des siècles, comment savoir ? Pouvons nous être autre chose qu’une couleur ?

    Voir en ligne : Le petit lexique colonial

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