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Afghanistan, Irak : quand la mort vient du ciel

dimanche 3 juin 2007, par Alain Gresh

2000 civils irakiens ont été tués durant le mois de mai, selon le gouvernement de Bagdad. Ces chiffres sont supérieurs de 30% à ceux du mois d’avril. Le nombre de civils tués en Afghanistan est aussi en augmentation. Un des aspects méconnus de ces guerres est le rôle de l’aviation dans les opérations. « Si l’OTAN poursuit sa politique de raids aériens durant toute l’année 2007, elle perdra la guerre contre les talibans », affirme Ahmed Rashid, un journaliste pakistanais, dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, traduit en français sur le site Bassirat.net, le 31 mai. Très favorable à un engagement militaire plus soutenu des Occidentaux dans ce pays, il écrit toutefois : « Par ses frappes aériennes, l’OTAN s’est aliéné le sud de l’Afghanistan et elle a totalement modifié la situation. Elle cherchait naturellement à protéger ses propres soldats, mais elle a désormais besoin de troupes supplémentaires au sol. Si l’OTAN poursuit sa politique de raids aériens durant toute l’année 2007, elle perdra la guerre contre les talibans. »

Selon un article publié par CBS News, le 1er juin, « U.S. General Defends Afghan Airstrikes », le président afghan Hamid Karzai, réagissant au nombre de civils tués dans des opérations aériennes et terrestes des Etats-Unis, a déclaré, le 2 mai, que son gouvernement « ne pouvait plus longtemps accepter » ces pertes. Le 8 mai, la chambre haute du parlement afghan a adopté une résolution appelant à un cessez-le-feu et à des négociations avec les talibans.

Selon Bennett, le chef de la section des droits humains de la mission d’assistance des Nations unies à l’Afghanistan, entre 320 et 380 civils auraient été tués durant les combats des quatre derniers mois.

Philippe, de Tours, signale aussi l’article de Antiwar.com, du 25 mai, « The Air War in Iraq Uncovered », de Nick Turse et Tom Engelhardt

Au cours des derniers mois, alors que les talibans renaissent en Afghanistan et que les troupes de l’OTAN manquent de moyens, « on a fait de plus en plus appel à la puissance aérienne et les pertes civiles ont augmenté. Et les Afghans ont été de plus en plus en opposition à cette politique ». Les auteurs indiquent également que, en Irak, l’armée américaine fait aussi de plus en plus appel à l’aviation, avec les pertes civiles qui s’ensuivent.

Cela me remet en mémoire le livre de Sven Lindqvist Maintenant, tu es mort. Histoire des bombes, publié par le Serpent à plumes, et dont Le Monde diplomatique a publié des bonnes feuilles sous le titre « La mort venait du ciel ». L’auteur rappelle l’une des premières utilisations de la guerre aérienne, en 1922, en... Irak.

« En février 1923, Lionel Charlton, officier d’état-major récemment arrivé à Bagdad, visite l’hôpital de Diwaniyya. S’attendant à des diarrhées et à des jambes cassées, il se trouve tout à coup devant le résultat d’une frappe aérienne britannique. Et la différence entre une matraque de police et une bombe vous saute aux yeux assez brutalement.

En tant qu’officier, s’il s’était agi d’une guerre ou d’une insurrection ouverte, il n’aurait fait aucune objection, écrit-il dans ses mémoires, mais ce "bombardement aveugle d’une population avec le risque de tuer des femmes et des enfants, tenait du massacre gratuit".

Bientôt, un nouveau cheikh lève l’étendard de la révolte et il doit être puni. Mais le frapper, lui précisément, d’une hauteur de 1000 mètres, n’est pas facile. (...) A-t-on le droit de faire payer les crimes d’un seul homme à une ville entière ? Et d’ailleurs, est-il vraiment un criminel ? (...) Bombarder une ville sur de telles bases est une forme de despotisme qui risque de faire encore plus détester les Britanniques. (...)

Comme on pouvait s’y attendre, une vingtaine de victimes, femmes et enfants, périssent quand on bombarde le cheikh insurgé. Charlton n’en peut plus. Il demande à être relevé de son poste pour cas de conscience. Le quartier général l’envoie en Angleterre, où il est mis à la retraite d’office en 1928. »

Actions clandestines, fondamentalistes sunnites et Iran Retour à la table des matières

Le Liban continue à être dans la tourmente et une discussion a eu lieu sur ce blog sur les origines du Fatah Al-islam et sur le financement de certains groupes fondamentalistes sunnites. Je verse une autre pièce au dossier, un article de David Samuels, « Grand Ilusions », paru dans The Atlantic Monthly de juin. Toutefois, et afin d’éviter toutes les théories complotistes, je tiens à préciser que ces informations sur l’aide apportée à certains groupes par les Etats-Unis et leurs alliés ne signifie pas que ces groupes ne soient pas aidés par ailleurs. On a déja vu des mouvements aidés par des puissances aux intérêts contradictoires. D’autre part, comme le rappelle un très intéressant article publié dans The New York Times du 31 mai, « Jihadist Groups Fill a Palestinian Power Vacuum », de Steven Erlanger et Hassan M. Fattah, les groupes djihadistes remplissent un vide de pouvoir, vide créé à Gaza par l’affaiblissement du gouvernement palestinien (accéléré par le boycott occidental) et à Ayn Al-Helweh, un camp du Sud-Liban, par la politique de discrimination systématique menée par les gouvernements libanais successifs depuis 1982 (et, aussi, par l’affaiblissement de l’OLP). Enfin, la détermination des combattants du Fatah Al-Islam ne se résume pas à l’argent qu’ils reçoivent ou aux manipulations dont ils peuvent être l’objet.

Revenons à l’article publié par The Atlantic Monthly. L’auteur écrit que, après la victoire des démocrates aux élections de novembre 2007 au Congrès, « deux camps se sont affirmés à Washington : l’un croyait en la possibilité d’un Etat stable et démocratique en Irak et insistait pour que l’administration soit dure avec l’Iran ; l’autre, dirigé par James Baker, voulait négocier avec l’Iran et la Syrie comme prélude à un retrait américain de l’Irak. » (...)

« Alors que le débat faisait rage entre les deux camps durant l’hiver, Rice et ses collègues de l’administration décidèrent de s’engager dans une troisième voie audacieuse et risquée : une campagne coordonnée, menée avec l’aide des services de renseignement de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, de la Jordanie, d’Israël et des Emirats arabes unis. Alors que l’aile dure préférait une action militaire directe contre l’Iran, l’administration choisit un mélange plus subtil de diplomatie et de pressions économiques, d’exercices militaires à grande échelle, de guerre psychologique et d’actions clandestines. La facture pour les actions clandestines, qui comprennent le financement de mouvements confessionnels et paramilitaires en Irak, en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens, se monterait à 300 millions de dollars. Ils sont payés par l’Arabie saoudite et d’autres pays concernés du Golfe, pour lesquels un départ américain de l’Irak précipité et un Iran nucléaire signifieraient des problèmes. »

Et l’auteur de poursuivre :

« Des sources aux Etats-Unis et au Proche-Orient, familières avec les actions clandestines américaines pour repousser l’Iran, m’ont expliqué que ces efforts sont accompagnés par d’autres mesures, plus actives. Ils en veulent pour preuve une montée des actions de guérillas à l’intérieur de l’Iran, y compris l’attentat à Zahada, le centre économique du Balouchistan, qui a tué 11 soldats du corps d’élite de Gardiens de la révolution islamique le 14 février ; la mort mystérieuse d’un savant iranien, Ardashir Hosseinpour, qui travaillait sur l’enrichissement d’uranium à Ispahan ; la défection de l’ancien ministre de la défense, qui était aussi un officier des Gardiens de la révolution responsable de l’entraînement et de la fourniture de matériel au Hezbollah durant sa guerre contre Israël dans les années 1980. Les infrastructures de l’Iran pourraient aussi être un autre objectif. "Les gens ont tendance à se concentrer sur les installations nucléaires et la difficulté qu’il y aurait à les éliminer", m’a dit l’ancien secrétaire d’Etat George Shultz dans son bureau de la Hoover Institution à l’université de Stanford. "Mais il n’est pas très difficile de saboter les raffineries." »

Ces dernières informations recoupent celles que j’ai données dans mon envoi du 11 mai, « Compte à rebours en Iran », et qui sont aussi dans le numéro de Manière de voir, « Tempêtes sur l’Iran », publié par Le Monde diplomatique et disponible en kiosques.

Juin 1967 : Quarante ans plus tard. Retour à la table des matières

Le numéro de juin du Monde diplomatique consacre cinq pages à la guerre israélo-arabe de juin 1967 : « Erreurs tactiques, choc de stratégies », par Henry Laurens ; « Même de Gaulle était isolé... », par Dominique Vidal et Alexis Berg ; « Une génération arabe traumatisée par la défaite », par Bassma Kodmani ; « Comment l’occupation a transformé Israël », par Meron Rapoport.

Le nécessaire dialogue avec la Syrie. Retour à la table des matières

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté une résolution créant un tribunal international pour juger les assassins de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri (avec toutefois cinq absentions sur quinze, ce qui affaiblit considérablement la décision). Robert Malley et Peter Harling, de l’International Crisis Group, publient une opinion dans Le Monde du 2 juin, « Dialoguer avec la Syrie, une nécessité ».

« La France notamment semble aveugle : alors que Paris jouissait il y a peu d’excellentes relations avec la Syrie et d’un enracinement historique au Liban, ses positions reviennent à monter le Liban contre la Syrie et une moitié de la population libanaise contre l’autre. A mesure que la crise s’approfondit et que le Liban vacille, la France sacrifie toujours davantage son rôle de médiateur, pourtant indispensable à la stabilité d’un petit pays où tout repose sur de savants équilibres. C’est la position de la France qui en ressort affaiblie, et ce des deux côtés de la frontière. »

« Il est de toute façon illusoire de prétendre "sanctuariser" le Liban en y soutenant un gouvernement perçu comme hostile par la Syrie, qui dispose de capacités d’action sur le terrain libanais dépassant de loin celles des Etats occidentaux. La France doit tâcher de retrouver sa crédibilité en facilitant une redéfinition et une normalisation des relations entre ces deux voisins inextricablement liés. Bien sûr, il ne s’agit pas de donner à la Syrie un blanc-seing pour le Liban, où elle a recouru à des procédés impardonnables. » (...)

72 commentaires sur « Afghanistan, Irak : quand la mort vient du ciel »

  • permalien K. :
    3 juin 2007 @19h27   »

    William Blum :

    « Peut-on imaginer le cas d’Américains tirant un missile sur une maison à Paris ou Londres ou Ottawa juste parce qu’on soupçonnerait la présence de hauts dirigeants d’Al Qeada ? Même si les Etats-Unis connaissaient leur présence avec certitude, et non par simple spéculation comme dans les cas mentionnés ci-dessus ? Et bien, probablement pas, mais on n’est jamais vraiment sûr de rien avec ces Superarrogants-Superfrimeurs-Cowboys-sous-stériodes. Après tout, ils l’ont déjà fait chez eux, en Pennsylvanie. Le 13 mai 1985, une bombe fut larguée d’un hélicoptère de la police et incendia tout un pâté de maisons, détruisant quelques 60 habitations, tuant 11 personnes, dont plusieurs enfants en bas age. La police, le bureau du maire, et le FBI étaient tous impliqués dans un effort pour déloger une organisation appelée MOVE de la maison où ils vivaient.

    Les victimes étaient tous noirs bien sur. Alors posons la question autrement. Peut-on imaginer que les officiels Américains tirent un missile sur un quartier résidentiel de Beverly Hills ou un quartier chic de Manhattan ? »

  • permalien Vvolodia :
    3 juin 2007 @20h02   « »

    K, vous êtes de mauvaise foi ; [la secte Waco avait été attaquée par une véritable armée,-

    http://www.prevensectes.com/rev0007.htm#22a

    je ne crois pas que qui que ce soit ait échappé au massacre ; pourtant ils étaient tous blancs, et américains. Alors du calme. Le racisme n’existe pas seulement aux USA, voir le Darfour.

  • permalien K. :
    3 juin 2007 @20h30   « »

    Actions clandestines.

    Mais n’existe-t-il pas une relation entre cette “troisième voie” (il est édifiant de constater que ses tenants comprennent, au moins, un “réaliste” de l’administration, en l’occurence Rice) et le “vide de pouvoir” que remplissent donc les groupes djihadistes ? Autrement dit on a l’impression que tout se passe comme si la voie actuelle choisie par les américains est : soit mes pions soit le chaos (prétendument “organisé”) qui conduit justement à ce vide de pouvoir.

    Qu’en pensez-vous ?

  • permalien
    3 juin 2007 @20h49   « »

    ce qui est frappant dans le traitement des "informations" concernant l’afghanistan dans les medias, c’est qu’il semble acquis que les bombardements ne touchent que les talibans : "30 talibans ont été tués au nord est de xxx", "50 talibans ont été tués au sud ouest de zzz". on trouve régulièrement ce genre de brève dans les journaux et les radios sans jamais plus d’explication. l’idée que les frappes ne soient pas "chirurgicales" n’est quasiment jamais remis en cause. la valeur de la vie des afghans semble etre à un cours très bas dans la Bourse de la compassion.

  • permalien K. :
    3 juin 2007 @21h23   « »

    Concernant le Liban, alors qu’au moment meme ou j’écris les troubles entre djihadistes et l’armée s’étendent de nouveau au Camp de Ein Al Hilwé à Saida (chef-lieu du sud du Liban), selon un article de l’IHT sur les mouvements incessants des djihadistes d’Irak entre l’Irak et d’autres pays arabes :

    « vous avez 50 combattants venus d’Iraq au Liban actuellement, mais, en étant mesuré, je peux dire qu’il y en a des centaines de fois plus, 5.000 ou plus, qui attendent le moment opportun pour agir," a dit dans un interview vendredi Mohammad al-Massari, un dissident saoudien vivant en Grande Bretagne qui s’occupe d’un forum djihadiste sur un site Internet, Tajdeed.net. »

  • permalien K. :
    3 juin 2007 @21h38   « »

    Pour mon dernier lien il ne s’agit pas seulement de mouvements entre l’Irak et d’autres pays arabes mais concerne également des aspirants djihadistes qui vivent en Occident et font leur “apprentissage” en Irak, avant de revenir en Occident.

  • permalien K. :
    3 juin 2007 @23h02   « »

    Je retiendrai pour ma part trois points :

    - On a déjà vu des mouvements aidés par des puissances aux intérêts contradictoires

    - La politique de discrimination systématique [à l’endroit des palestiniens] menée par les gouvernements libanais successifs depuis 1982

    - Enfin, la détermination des combattants du Fatah Al-Islam ne se résume pas à l’argent qu’ils reçoivent ou aux manipulations dont ils peuvent être l’objet.

    Merci pour ces enseignements

  • permalien K. :
    3 juin 2007 @23h39   « »

    « La chroniqueuse US Georgie Anne Geyer, qui s’effraie de l’affaire du camp palestinien du Liban Nahr el-Bared et de l’apparition du groupe Fatah al-Islam comme d’un signe de l’expansion du terrorisme à partir de la catastrophe irakienne, nous donne quelques indications de plus sur la forme [mentale] de GW [comprendre Bush le petit], — dans sa chronique du Dallas News, du 31 mai. » :

    Des amis à lui du Texas ont été récemment choqués de le trouver avec un regard d’illuminé, se frappant la poitrine trois fois tandis qu’il répétait « je suis le président ! » Il a également clairement indiqué qu’il travaillait en Irak de telle manière que son successeur ne puisse sortir « du destin de notre pays. »

    Que Dieu nous protège.

    Voir en ligne : La rubrique de l’état d’esprit de GW

  • permalien
    3 juin 2007 @23h40   « »

    Bombardements israéliens ? non, libanais.

    au moins 20 civils et 60 miliciens auraient été tués. Le bilan des victimes civiles des derniers affrontements n’a pu être établi,

    heureusement que ce ne sont pas les israéliens les responsables de ce massacre à la tronçonneuse, qu’aurions nous pas lu ou entenu !!

    Vous remarquerez que les "camps" de réfugiés palestiniens sont composés d’immeubles en dur ? c’est la même chose dans les Territoires ou à gaza.

    Gaza-city a même de très très beaux immeubles.

  • permalien Chahid :
    4 juin 2007 @00h43   « »

    « les actions clandestines », tout le monde fait dans les actions clandestines, et l’Iran n’est pas un pion cloué au sol ! Des coups tordus de la part des américains et de leurs alliés ou vassaux, mais aussi de la part des iraniens. Résultat : la région regorge de « cellules dormantes », de « cinquième colonne », de mercenaires et de « bombes à retardement », et ce sont les populations civiles qui devront payer de leur sécurité et développement les 10 années à venir. « Quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui meurent ». Dans la stratégie des américains, des russes, des chinois, des iraniens, des européens, des régimes arabes…il y’a et il y’aura toujours une seule constante : « Après moi le déluge » ! Pitoyable le pouvoir des éléphants !

    Chahid

    Voir en ligne : Time, Kissinger, Amr Khaled et les fameux « musulmans modérés ».

  • permalien Pierre :
    4 juin 2007 @06h48   « »

    La sur-estimation de sa propre valeur, la négation de la valeur de l’autre est une pathologie déctite par Marie-France Hirigoyen et qui s’appelle la pervertion narcissique :


    - Leur manque d’état d’âme, de remords ou de problème de conscience peut être si extrême, qu’au début de leur relation avec elles, leurs victimes ne peuvent y croire. Ce manque de scrupule les déroute, les estomaque ou les abasourdit.

    - Il n’est « courageux » que quand il est sûr de gagner, et que cela va dans le sens du renforcement gratifiant de son image narcissique. Sinon, il fait preuve d’une extrême prudence et s’abstient de faire preuve de courage. Lors du naufrage du Titanic, il sera le premier à passer, selon les prétextes les plus fallacieux, avant les femmes et les enfants, dans le canot de sauvetage. La notion d’honneur ou d’élégance morale lui est inaccessible.

    - Voici quelques exemples du mode de pensée du pervers narcissique :

    · « Je suis génial, je suis fort, je suis au dessus des autres, dans le haut du panier ». · « Les autres ne peuvent pas ne pas m’aimer ». · « Je vais me servir de l’autre pour obtenir ce que je veux, ce à quoi j’ai droit ». · « Je vais m’arranger pour que ma victime se sente coupable afin qu’elle ne m’en veuille pas et qu’elle n’ait aucun désir de prendre son indépendance ». · « Pourquoi aurais-je un problème de conscience, ce n’est quand même pas de ma faute si elle est à ce point stupide ou naïve. Je n’y suis pour rien si elle est si naïve ». · « Ma victime me remerciera pour ce que je fais pour elle, ce qui est normal étant donné que c’est vrai, sans moi elle ne serait rien, c’est un honneur que je lui fais ». · « Quand il arrive un problème - même si c’est autrui qui a ce problème -, j’ai de la peine pour moi, pas pour autrui » (ce raisonnement est généralement inconscient).

    - Les pervers narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune « humanité », aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculeurs, totalement indifférents à la souffrance d’autrui.

  • permalien Pierre :
    4 juin 2007 @08h23   « »

    Perversion narcissique (suite et le meilleur pour la fin) :

    - Quelle évolution pour le pervers narcissique ?

    Le pervers narcissique peut-il remédier à son « vide », à son absence d’intérêt pour les autres, cesser de projeter vers les autres une personnalité qui n’est pas la sienne ?

    En réalité il est extrêmement rare qu’il change ou veuille changer d’attitude ou de valeurs morales. Car les gains que lui ont valu cette attitude sont souvent très importants et très gratifiants pour lui (admiration, célébrité, pouvoir…). On ne pourra pas changer un pervers narcissique par un « discours rationnel » car la quête perpétuelle de pouvoir est un moteur puissant et une source intarissable de plaisir, une véritable drogue dure.

    Pour qu’il puisse changer, il faudrait qu’il subisse des chocs violents et des épreuves très importantes, susceptibles, par exemple, de déstabiliser la très haute conception qu’il a de lui-même, et surtout le convaincre qu’à la longue l’efficacité de ses mensonges et de ses tactiques s’est émoussée. C’est seulement ainsi qu’on pourrait espérer le voir, peut-être, un jour (?), évoluer favorablement. À vrai dire cela n’arrive presque jamais.

    Mais en laissant espérer à son entourage, souvent aveugle, pareil changement, le pervers narcissique renforce son pouvoir. En donnant à ses victimes l’impression de chercher sincèrement à s’amender, il endort leur méfiance et en fait plus aisément ses dupes.

    De fait tout effort d’amélioration personnelle lui paraît dérisoire voire ridicule, et il craint surtout d’avoir tout à y perdre - sa force, son pouvoir, le respect qu’on lui porte - avec le risque supplémentaire de se faire duper à son tour.

  • permalien Sophie :
    4 juin 2007 @13h28   « »

    Bonjour à tous,

    Pierre, je pense que avec la description du "pervers narcissique", vous pensez à G.W.BUSH ? En tout cas moi, j’y ai pensé tout-de-suite.

    Ca me rappelle un vieux film avec Jerry Lewis, dans lequel on voyait un haut gradé militaire Américain ( ah oui l’adjectif substantivé prend une majuscule, merci Chahine de nous raffraichir la mémoire), donc ce militaire , en privé se baladait avec une énorme sucette pour bébé. De grands enfants , tellement dangereux ...Ca m’avait choqué à l’époque, car je croyais naivement que nous étions gouvernés par des gens raisonnables mais depuis... j’en suis revenue.

    Ce préambule pour dire combien je pense que les opinions publiques doivent s’organiser et se faire entendre.

    Et donc ma question est : Qui connait Avaaz.org ?

    Dans leur page : Nous connaitre, ils détaillent leur mission et leur Equipe ? Merci de me donner votre opinion sur cette organisation. Bien ? Fiable ? ou non ?

    Je précise mes critères de jugement, en fonction d’ou je parle : Occidentale avec majuscule, mais sans complexe de supériorité ; contre le soi-disant "Choc des civilisations" ; pour une réforme du Droit international ne permettant pas à des pays de l’ignorer impunément (Israel, les E-U,) ou d’etre si peu virulent à le faire appliquer (l’U E, la France) ; contre l’occupation des territoires Palestiniens ; pour des relations Nord-Sud équitables...à gauche du Parti caméléon PS, mais ou ?

    Bref, si cette organisation Avaaz.org correspond , ce serait pour moi un espoir auquel me raccrocher.

    Merci à qui pourra éclairer ma lanterne.

    Saintyves, je ne suis pas contre le gras, la preuve. Mais essayons de nous adresser à la raison de nos interlocuteurs, et non à provoquer une décharge d’adrénaline... D’autant que je partage vos positions sur les territoires occupés par les Israeliens.Et je trouvais dommage que leur impact soient diminués.

    Merci à Chahine, grace à qui je rédige mes textes avec un dictionnaire à coté de moi ! (si,si), et pour avoir répondu à ma question Que faire. Mais je voulais dire Que faire , moi, à ma place , en tant que citoyenne de France, auprès des mes Elus.

    Voir en ligne : Nous connaitre

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @14h27   « »
    Juin 1967 : Quarante ans plus tard

    Le numéro de juin du Monde diplomatique consacre cinq pages à la guerre israélo-arabe de juin 1967 : « Erreurs tactiques, choc de stratégies », par Henry Laurens.

    Henry Laurens est un « spécialiste » du Moyen-Orient et de la question palestinienne. Hélas, son parti pris idéologique biaise singulièrement son propos et ôte à ses écrits toute prétention à l’impartialité. Ainsi, en lisant son article dans le Diplo, vous ne saurez rien sur le rôle des Soviétiques qui, par un rapport en date du 13 mai 1967, font savoir au Caire et à Damas qu’Israël a massé des forces considérables sur sa frontière nord en vue d’une attaque de la Syrie alors qu’il n’en est rien (le Premier ministre israélien a d’ailleurs invité l’ambassadeur de l’URSS à vérifier lui-même la situation le long de la frontière, ce que l’ambassadeur a refusé de faire).

    Vous ne saurez pas qu’une fois les troupes de l’ONU évacuées du Sinaï, à la demande de Nasser, les fedayin palestiniens recommencent à lancer des attaques contre Israël à partir de la frontière égyptienne.

    Vous ne saurez pas que le gouvernement israélien dit et répète depuis 1957 que la fermeture du détroit de Tiran (c’est-à-dire le blocus du port israélien d’Eilat qui conduirait à terme à l’asphyxie économique de l’Etat hébreu) constituerait un casus belli auquel il serait contraint de riposter.

    Vous ne saurez rien de la violence de la propagande arabe ; d’Oum Kalthoum chantant : « Egorge, égorge, égorge et sois sans pitié, Egorge, égorge, égorge, et lance leur tête Dans le désert, Egorge, égorge, égorge Tout ce que tu voudras, Egorge tous les sionistes et tu vaincras »

    Vous ne saurez pas que le 27 mai 1967, Nasser fait savoir : « Notre objectif de base est la destruction d’Israël. Le peuple arabe veut se battre » ; que le 28 mai, il déclare : « Nous n’accepterons aucune coexistence avec Israël. Il n’est pas question de l’établissement d’une paix entre les pays arabes et Israël. La guerre avec Israël est une réalité depuis 1948 » ; que le 31 mai 1967, le président irakien Aref enfonce le clou : « L’existence d’Israël est une erreur qui doit être rectifiée. Nous avons maintenant l’occasion d’effacer l’ignominie qui existe depuis 1948. Notre but est clair : effacer Israël de la carte ».

    (à suivre)

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @14h28   « »
    Juin 1967 : Quarante ans plus tard

    Le numéro de juin du Monde diplomatique consacre cinq pages à la guerre israélo-arabe de juin 1967 : « Erreurs tactiques, choc de stratégies », par Henry Laurens.

    (suite)

    Henry Laurens laisse entendre que l’expression d’« envoyer les juifs à la mer » est une invention sioniste. En réalité, c’est le chef de l’OLP de l’époque, Ahmad Choukeïri, qui avait tenu ces propos. Ce dernier, dans une conférence à Hôtel Continental (Mont Scopus), à la question « Qu’allez-vous faire avec les juifs après la victoire arabe ? » répond tout simplement : « Il n’y aura plus de problème juif ». Quant au roi Hussein de Jordanie, voici le langage qu’il tient à ses troupes : « Résistez, patientez, endurez, persévérez ! Tuez-les là où vous les trouvez, avec vos armes, avec vos mains, avec vos ongles, avec vos dents ! ».

    Ce que vous ne saurez pas c’est qu’en Israël, l’effroi et l’angoisse sont tels qu’on creuse des tombes dans les parcs publics en attendant la guerre.

    Vous ne saurez rien des chiffres des forces en présence à la veille de la guerre : 215 000 hommes côté arabe (la coalition regroupe l’Egypte, la Jordanie, la Syrie et l’Irak) contre 125 000 côté israélien, 1520 blindés contre 1050 et 1182 avions contre 326.

    Vous ne saurez pas qu’au début de la guerre, il n’y a aucune unité israélienne de première ligne en Cisjordanie, toutes les troupes étant concentrées dans le Sinaï ; qu’Israël n’avait pas l’intention de conquérir la partie orientale de Jérusalem ; que c’est un officier jordanien qui, le matin du 5 juin 1967, a pris seul l’initiative de prendre le quartier général des observateurs des Nations unies situé dans la partie ouest de Jérusalem ; que la Légion arabe (troupe d’élite jordanienne placée sous commandement égyptien) a commencé à bombarder les quartiers juifs de Jérusalem ; que ce n’est qu’alors que les Israéliens ont riposté (après qu’ils aient réitéré leurs demandes au roi Hussein de Jordanie de ne pas intervenir dans le conflit).

    Vous ne saurez pas non plus que jusqu’alors, les Juifs ne pouvaient se rendre dans la Vieille ville de Jérusalem qui leur était interdite ; qu’en définitive, si le roi Hussein avait pu ne pas se mêler de la guerre entre Israël et l’Egypte, la Cisjordanie serait probablement toujours jordanienne.

    Vous ne saurez rien du refus de la résolution 242 du Conseil de sécurité par l’OLP et par la Syrie, tandis qu’Israël la considère comme une base de travail.

    Vous ne saurez rien de la résolution du sommet arabe de Khartoum et des « trois non » restés célèbres.

    (à suivre)

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @14h30   « »
    Juin 1967 : Quarante ans plus tard

    Le numéro de juin du Monde diplomatique consacre cinq pages à la guerre israélo-arabe de juin 1967 : « Erreurs tactiques, choc de stratégies », par Henry Laurens.

    (suite et fin)

    Vous ne saurez pas, enfin, qu’après 1967, en dépit de l’occupation de la Cisjordanie par Israël, tout le système administratif jordanien est respecté ; que pour la première fois, des universités sont créées en Cisjordanie ; que le niveau de vie de la population palestinienne commence de s’élever significativement ; qu’au départ, la population palestinienne n’oppose que très peu de résistance à l’occupation ; qu’enfin, la perspective de la création d’un Etat palestinien souverain comme solution à la question palestinienne devient possible avec la victoire israélienne, une telle chose étant impensable tant que la Cisjordanie demeurait sous tutelle jordanienne.

  • permalien Jeff :
    4 juin 2007 @14h37   « »

    @ Cordoba : "Henry Laurens est un « spécialiste » du Moyen-Orient et de la question palestinienne. Hélas, son parti pris idéologique biaise singulièrement son propos et ôte à ses écrits toute prétention à l’impartialité."

    "Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ?" (Saint Luc, VI-41).

    A vous lire, les Palestiniens devraient remercier Israël. Quels ingrats, les bougres !

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @15h02   « »

    @ Jeff :

    Pas du tout. J’essaye juste d’apporter des nuances et de la complexité à un article (celui d’H. Laurens) qui, sous couvert d’objectivité, dresse un tableau un peu trop "bichrome" à mon goût de la situation, qui ne restitue pas l’atmosphère de l’époque et qui renvoit dos-à-dos Israël et l’Egypte dans la question de la responsabilité de la guerre, ce qui me semble à tout le moins contestable.

  • permalien Chahin(e) :
    4 juin 2007 @16h02   « »
    Question pour Cordoba

    Pouvez-vous nous révéler vos sources ?

    Vous évoquez un rapport de force déséquilibré à la veille de la guerre des Six-Jours mais vous ne citez pas vos sources. Permettez-moi d’être un peu sceptique surtout après la lecture du Péché originel d’Israël de Dominique Vidal ( avec Joseph Algazy ) qui déconstruit le mythe de David contre Goliath durant la guerre de 1948.Donc pour la guerre de 1967 je demande des sources.

    Enfin Cordoba , je croyais que ce forum était nauséabond .

    De rien Sophie , étant d’origine iranienne , je me sens concerné par le sujet du nucléaire - sans pour autant prétendre être orfèvre en la matière.

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @16h37   « »
    Réponse à Chahin

    Je tire mes sources du dossier consacré à la guerre des Six Jours dans L’Histoire, n° 321, daté de juin 2007, page 34.

    40 ans après les faits, il est facile de juger rétrospectivement le rapport des forces israélo-arabe en montrant qu’Israël disposait d’avantages certains. Mais au moment où la crise s’est produite, bien malin était celui qui aurait pu en prédire l’issue. Israël, dans cette affaire, ne pouvait pas courir le risque d’attendre une attaque militaire égyptienne. Car pour l’Etat hébreu, perdre la guerre aurait signifié la disparition. Il y avait, côté israélien, une dimension existentielle dans ce conflit - dimension qui n’existait pas chez ses adversaires égyptien, jordanien, syrien et irakien.

    PS : je n’ai jamais dit que ce forum était nauséabond. Je parlais des propos tenus par un ou deux internautes dans leurs messages (notamment "saintyves").

  • permalien Sébastien :
    4 juin 2007 @17h12   « »

    Bonjour,

    Sur la guerre des six jours, il est intéressant de rapporter l’évolution des positions de l’OLP : " jusqu’en 1967, les positions palestiniennes ont la simplicité des dogmes les juifs doivent être jeté à la mer", ( retour du berger à la bergére pour 1948). La défaite arabe en 1967 rend cette politique iréaliste, et c’est alors que l’OLP, ( et le monde arabe en général ), envisagent la cohabitation judéo-arabe, ( dans un seul état, et dans deux états par la suite ).

    Mes sources : "Proche Orient, une guerre de cent ans", livre publié en 1982, et écrit conjointement par Domonique Vidal et par Alain Gresh.

  • permalien Pierre :
    4 juin 2007 @18h50   « »

    Sophie, vous remarquerez que le définition du pervers narcissique s’applique aussi au pilote de bombardier, bien a l’abri de quelques millions de dollar de technologie, va sans état d’âme massacrer la vie de quelques inconnus, persuader de leur apporter la démocratie, ou à l’industriel, qui attend que le bombardier soit passé pour "offrir" son savoir faire pour la reconstruction, ou le diplomate qui va entre deux couloir monter une provocation dans laquelle il présentera son pays comme victime, et justifiera une riposte légitime et impitoyable.

    En fait tout conflit (à mon avis) est à la base l’expression d’une perversion narcissique.

    Pour les majuscules des substantifs ne vous inquiétez pas. Tout dépend de ce que vous voulez dire, si vous faites une phrase elliptique du sujet, votre adjectif reste un adjectif et n’a pas besoin de majuscule. Par exemple on peut dire : "les Israéliens et les Palestiniens se combattent", si on considère le fait d’être Israélien® ou Palestinien® comme une prédétermination, mais on peut aussi dire : "les ressortissants israéliens et palestiniens sont des hommes comme les autres", ce qui dans un style raccourci d’un blog peut se transformer en :"les israéliens et les palestiniens sont des hommes comme les autres".

    Mais où Chahin a raison c’est que dans un blog sur le Proche-Orient il n’est pas inutile de préciser de quoi on parle pour ne pas froisser les susceptibilités.

  • permalien
    4 juin 2007 @19h10   « »
  • permalien K. :
    4 juin 2007 @19h44   « »
    Juin 1967 : Quarante ans plus tard.

    Six jours de guerre, 40 ans de peine.

    ...

    « Alors, en regardant rétrospectivement la guerre et ses conséquences sur les 40 années qui ont suivi, les gens des deux côtés peuvent éprouver bien des regrets. Akiva Eldar, un historien israélien et commentateur du quotidien de centre-gauche Ha’aretz, a servi dans la guerre comme réserviste du service de renseignement militaire israélien. Il est parmi ceux qui pensent que la guerre des six jours se poursuit toujours.

    « Je pense que nous sommes toujours dans le septième jour de la guerre, » a-t-il dit. « Nous avons gagné les six premiers jours de la guerre mais nous continuons à perdre le septième jour, et il ne semble pas que les choses vont s’améliorer dans un avenir proche. Pour la première fois depuis la création d’Israël nous avions une chance de gagner la paix avec les arabes en marchandant les territoires que nous avons pris à la Jordanie, la Syrie et l’Egypte, mais nous sommes tombés amoureux du marchandage en tant que tel. Moshe Dayan (alors ministre de la défense israélien) avait l’habitude de dire que nous sommes justes en train d’attendre un appel téléphonique des arabes pour parler de paix, mais les arabes ont essayé de nous appeler a quelques reprises depuis et nous avons refusé de prendre l’appel. »

    David Wilder est à l’autre extrémité du spectre politique d’Israël. Natif du New Jersey, il est l’un des quelques centaines de juifs qui vivent sous une massive protection militaire dans la première et la plus extrême de toutes les colonies juives de la Cisjordanie, au sein du coeur historique de la ville palestinienne de Hebron.

    Lui aussi, croit qu’Israël a commis une erreur cruciale après la guerre des six jours, bien que ce ne soit pas celle qui a été citée par Eldar. « L’erreur que le peuple d’Israël a faite est d’avoir refuser de reconnaître qu’Eretz Israel (la terre biblique revendiquée par Israël) est une partie intégrale du peuple juif et que Hébron et Jérusalem ne font pas moins partie d’Eretz Israel que Tel Aviv et Haïfa, » indique Wilder.

    « Les Arabes ont une mentalité qui respecte la force et dédaigne la faiblesse, et Israël a fait preuve de faiblesse lors des 20 ou 30 dernières années du fait qu’Israël refuse de reconnaître que cette terre nous revient de droit, et cela fait que les Arabes poursuivent leur terrorisme. L’exemple typique est Gush Katif (les colonies de Gaza abandonnés par les israéliens en 2005). Nous leur avons donné Gush Katif et le résultat est qu’ils sont en train de nous lancer des fusées. » »

    ...

  • permalien Paul :
    4 juin 2007 @21h11   « »
    La défaite de la langue française

    En 1987 , Alain Finkielkraut dans La défaite de la pensée soutenait que « le clip a eu raison de la conversation » .Plus prosaïquement,je dirais qu’Internet a eu raison de la langue française. Force est de constater cette terrible situation . Hormis Cordoba et Chahine (qui,soit dit en passant,écrivent de façon élégante),les internautes ne respectent pas l’emploi des majuscules,l’écriture des titres en italique et tout simplement l’orthographe . Au-delà de l’ignorance que cela révèle,ce mépris pour la langue ne laisse pas d’inquiéter .

    Sophie comprenez enfin l’usage correct des majuscules pour les adjectifs de nationalité substantivés.

    Exemple : les Américains mais un militaire américain.

    Dieu sait si je n’aime pas Alain Finkielkraut quand il enlève sa casquette de philosophe mais je dois dire que son livre La défaite de la pensée est d’une actualité stupéfiante.

  • permalien
    4 juin 2007 @21h45   « »

    Paul vous avez raison de vous concentrer sur la forme. Votre mépris pour le mépris vous honore et vous permet de vous exprimer, c’est très intéressant.

  • permalien Sophie :
    4 juin 2007 @22h12   « »
    Défense de l’orthographe et @Cordoba

    Bonsoir à tous,

    OK, d’accord , je n’ai pas appliqué correctement la règle expliquée par Chahin, modifiée par Pierre et réexpliquée par Paul. Alain Gresh devrait créer un blog pour les Nul(les). Je m’y inscrirais illico.

    Sur la guerre des Six Jours qui est perdant, qui est gagnant  ? Moi, ce que je vois c’est que les Palestiniens n’ont toujours pas d’Etat, et que cette perspective s’éloigne chaque jour plus. Je vois que les Israeliens n’ont pas la Paix a laquelle ils disent aspirer, et ils payent bien cher pour se maintenir sur cette portion de terre. Et nous aussi nous le payons bien cher, avec toutes ces menaces de guerre qui s’accumulent, les menaces terroristes, la montée des communautarismes dans notre pays...etc.

    Quitte à me faire désintégrer par Cordoba, je dis mon opinion sur la création de l’Etat d’Israel. C’est une création occidentale sur des terres qui appartenait aux Palestiniens. Et Israel ne pourra jamais vivre "normalement" (ce à quoi la population doit aspirer, avec raison), de ce fait. Et quand certaines voix s’élèvent pour demander la disparition d’Israel, en tant qu’Etat (pas la disparition des Israeliens,la disparition de l’Etat), je me demande si ce n’est pas la solution. Cela n’explique pas toutes les tensions mondiales, mais une bonne partie et moi je ne veux pas mourir pour Israel. Excusez-moi, mais ça ne passe pas.

    Paul, laissez le droit de parler aux analphabètes, aux pauvres d’esprit, aux défaits de la pensée, sinon nous deviendrons de plus en plus violents. Le monde n’est pas réservé aux Elites. Amen.

  • permalien Pierre :
    4 juin 2007 @22h28   « »

    Ah bah tant qu’on y est :

    Bombardements turcs au Kurdistan irakien

    L’armée turque a pilonné des positions des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les montagnes du nord de l’Irak, a affirmé Massoud Barzani, président de la région irakienne du Kurdistan.

  • permalien Philippe Arnaud :
    4 juin 2007 @22h28   « »

    @ Cordoba

    La présentation d’Israël comme un « pauvre-petit-pays-sans-défense-faisant-face-courageusement-à-des-hordes-arabes-surarmées », participe de la même propagande qui a martelé, durant plus de 40 ans, que les « hordes » du pacte de Varsovie allaient déferler sur l’OTAN. Or, de même que, tout au long de la guerre froide, l’OTAN a toujours été supérieur, dans tous les domaines, au pacte de Varsovie, Israël a toujours été, militairement, très supérieur à tous ses voisins.

    Dans les deux cas, on accumule les chiffres d’hommes, de chars, de canons, les présentations cartographiques de l’immense monde arabe, face à un Israël gros comme une épingle. [Comme, avant guerre, les affiches de propagande présentaient l’empire français et l’empire anglais face à la minuscule Allemagne. On connaît le résultat…].

    Cette représentation participe du cinéma que le monde occidental aime bien se projeter depuis l’empire romain : se voir en situation d’assiégé, face à des hordes barbares, pouilleuses, et envieuses. De sainte Geneviève à Lutèce à Jean Parisot à Malte, du comte Starhemberg à Vienne aux 55 jours de Pékin, de Fort Alamo à Camerone, de Dien Bien Phu à Khe Sanh, etc. Ah, qu’il est bon de se sentir au chaud entre soi, au milieu de gens « civilisés », face à la marée qui bat nos murailles ! Suave mari magno…

    L’usage psychologique et idéologique de tels clichés est évident : se venger, par Etat interposé, des déboires de la guerre d’Algérie – et de toutes les guerres de décolonisation. Se raconter des histoires réconfortantes, du type : « Les Arabes tiennent tête, à 6 millions, à un milliard de musulmans. Si nous, Occidentaux, avions la même résolution, comment que nous les remettrions au pas, tous ces métèques, des Arabes aux Chinois et des Sud-Américains aux Soudanais ! Ah, ils feraient moins les malins, les Chavez, Castro, Ahmadinejad et compagnie… »

  • permalien K. :
    4 juin 2007 @22h53   « »

    Avraham Burg :

    (Article paru au départ en hébreu dans le quotidien israélien Yediot Aharonot, avant d’être traduit par la revue The Forward puis repris par le Guardian le 15 Septembre 2003.)

    « Il s’avère que la lutte de 2000 ans pour la survie juive se ramène à un état de colonies, dirigé par une clique amorale de hors la loi corrompus qui sont sourds à leurs citoyens et à leurs ennemis. Un état sans justice ne peut pas survivre. De plus en plus d’israéliens sont en train de le comprendre lorsqu’ils demandent à leurs enfants où ils comptent vivre dans 25 ans. Les enfants qui sont honnêtes admettent, au grand dam de leurs parents, qu’ils ne savent pas. Le compte à rebours de la fin de la société israélienne a commencé.

    Il est très confortable d’être un sioniste dans des colonies de Cisjordanie tels que Beit El et Ofra. Le paysage biblique est charmant. Vous pouvez fixer des yeux les géraniums et les bougainvillées et ne pas voir l’occupation. En voyageant sur la voie rapide qui se trouve à peine à un demi mile à l’ouest des barrages routiers palestiniens, il est difficile de comprendre l’expérience humiliante de l’arabe méprisé qui doit ramper pendant des heures le long des routes bloquées qui lui sont assignées. Une route pour l’occupant, une route pour le colonisé. Cela ne peut pas fonctionner. Même si les Arabes baissent leurs têtes et avalent leur honte et leur colère a jamais, cela ne fonctionnera pas. Une structure établie sur la cruauté humaine s’effondrera inévitablement d’elle-même. Noter ce moment aussi : La superstructure du sionisme s’effondre déjà comme une salle de mariage bon marché de Jérusalem. Seuls les fous continuent de danser sur le plancher du dessus pendant que les piliers du dessous s’effondrent…

    Israël, ayant cessé de s’inquiéter pour les enfants des palestiniens, ne devrait pas être étonné quand ils viennent plein de haine et se font sauter dans les centres ou les israéliens feignent de ne rien voir. Ils remettent leur vie à Allah dans nos lieux de détente, parce que leurs propres vies ne sont que torture. Ils versent leur propre sang dans nos restaurants afin de ruiner nos appétits, parce qu’ils ont des enfants et des parents à la maison qui sont affamés et humiliés. Nous pourrions tuer mille meneurs par jour et rien ne sera résolu, parce que les leaders viennent de la base - des puits de haine et de colère, des « infrastructures » de l’injustice et de la corruption morale… »

    À suivre

  • permalien K. :
    4 juin 2007 @22h57   « »

    Avraham Burg :

    Suite et fin

    « Entre la Jordanie et la méditerranée il n’y a plus de manière certaine une majorité juive. Et ainsi, camarades citoyens, il n’est pas possible de garder l’ensemble sans payer un prix. Nous ne pouvons pas garder une majorité palestinienne sous une domination israélienne et en même temps se penser la seule démocratie au Moyen-Orient. Il ne peut y avoir démocratie sans égalité de droits pour tous ceux qui vivent ici, l’arabe comme le juif. Nous ne pouvons garder les territoires et préserver une majorité juive dans le seul état juif du monde - pas par des moyens humains et moraux et juifs. »

    Avraham Burg est sioniste, ancien membre du cabinet israélien.

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @23h07   « »
    Réponse à Sophie

    Quitte à me faire désintégrer par Cordoba, je dis mon opinion sur la création de l’Etat d’Israel. C’est une création occidentale sur des terres qui appartenait aux Palestiniens. Et Israel ne pourra jamais vivre "normalement" (ce à quoi la population doit aspirer, avec raison), de ce fait. Et quand certaines voix s’élèvent pour demander la disparition d’Israel, en tant qu’Etat (pas la disparition des Israeliens,la disparition de l’Etat), je me demande si ce n’est pas la solution. Cela n’explique pas toutes les tensions mondiales, mais une bonne partie et moi je ne veux pas mourir pour Israel. Excusez-moi, mais ça ne passe pas.

    Je ne veux désintégrer personne, rassurez-vous. Comme les partisans d’un Etat binational (un Etat palestinien unique où Juifs et Arabes coexisteraient pacifiquement), vous êtes favorable à la disparition de l’Etat d’Israël comme Etat juif. C’est peut-être beau sur le papier, mais c’est une chimère pour la bonne et simple raison que les Israéliens ne renonceront jamais à vivre dans un Etat souverain juif. Les y forcer (par quels moyens ?) reviendrait à s’asseoir sur le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est-à-dire à commettre à leur égard l’injustice qui, jadis, a été commise à l’encontre des Palestiniens.

    Un pro-israélien pourrait vous dire qu’il existe une autre solution au conflit du Proche-Orient, connue sous le nom d’« option jordanienne ». Après tout, l’idée selon laquelle l’Etat palestinien existe déjà et qu’il s’appelle la Jordanie a des arguments. Elle avait – et elle a encore dans certains cercles – des défenseurs. Mais, de la même manière que l’Etat binational, c’est une chimère car les Palestiniens ne l’accepteront jamais.

    Vous vous demandez si la disparition de l’Etat d’Israël n’est pas la solution. La solution – s’il elle existe – ne peut être selon moi que dans le partage de la terre et la négociation. Les Palestiniens et les Israéliens y sont prêts. Des deux côtés, il y a des gens de bonne volonté. On a trouvé des Israéliens et des Palestiniens éminents pour signer le pacte de Genève. Les peuples sont las de la guerre. Personne n’aime vivre dans la crainte des bombardements ou des attentats. Hélas, l’Histoire bégaye. Elle demande du temps. Et elle n’accouche que dans la douleur. Du sang, de la sueur et des larmes.

    Enfin, ne vous inquiétez pas : pas plus que pour le pétrole irakien vous ne mourrez pour Israël. Si Israël n’existait pas, le monde n’en serait pas moins dangereux. Je vous recommande à ce propos la lecture de cet article qui avait fait scandale il y a quelques années.

  • permalien Cordoba :
    4 juin 2007 @23h10   « »
    Réponse à Philippe Arnaud

    De quoi me parlez-vous ? L’empire contre les barbares ?! Lesquels de mes propos ont pu vous faire penser que je me considérais comme un « civilisé » face à des hordes de barbares ?!!

    Quant à votre petit couplet sur l’OTAN / Pacte de Varsovie, je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis plutôt content d’avoir grandi de ce côté-ci du rideau de fer. Jusque-là, mes libertés ne s’en sont que mieux portées.

    se venger, par Etat interposé, des déboires de la guerre d’Algérie – et de toutes les guerres de décolonisation.

    Si seulement vous saviez à quel point vous êtes à côté de la plaque en me disant cela…

  • permalien Sophie :
    4 juin 2007 @23h15   « »
    Pour Politis

    Re-bonsoir, après je m’en vais,

    Zut, j’ai encore oublié de parler de Politis qui fait "partie de ces rares médias qui n’appartiennent ni à un avionneur ami du président de la République, ni à un ami du président de la République fabricant de missiles ou bétonneur..."(Denis Sieffert, Politis n°953,p.3),

    Politis qui nous demande de l’aider à passer l’étape critique de l’été, en souscrivant un abonnement pour un(e) ami(e), ou un abonnement de solidarité. Abonnement pour un an : 99 euros, au lieu de 146, pour 48N° dont 2 hors-série. Le dossier du N°954 est intitulé Israel-Palestine 1967-2007, Quarante ans d’occupation.

    Politis.fr

    Voir en ligne : http://www.politis.fr

  • permalien Philippe Arnaud :
    4 juin 2007 @23h18   « »

    - La guerre aérienne des Etats-Unis au-dessus de l’Afghanistan et de l’Irak, guerre méconnue (et occultée) est intéressante à plus d’un titre.

    - C’est le trait typique d’une armée technologiquement supérieure à son adversaire. C’est le penchant irrépressible à utiliser le domaine où on est le plus fort. Et c’est une tendance lourde de l’armée américaine, des bombardements sur l’Allemagne au Vietnam. La première guerre du Golfe a été aérienne : 40 jours de bombardement, 5 jours d’offensive terrestre. La guerre du Kosovo, en 1999, n’a été qu’une guerre aérienne. La guerre d’Afghanistan, en octobre 2001, a été une guerre aérienne (les commandos expédiés en Afghanistan étaient là pour guider les frappes). La guerre israélienne du Liban de 2006 a été une guerre aérienne.

    - C’est une guerre où, avec le temps, les pertes en aéronefs ont été de plus en plus faibles. Au Vietnam, près de 8600 aéronefs (avions et hélicoptères). Dans la guerre du Koweit de 1991 : 59 aéronefs, tous alliés confondus. Guerre du Kosovo de 1991 : 2 avions américains. Les per-tes aériennes en Afghanistan en 2001 et en Irak durant les trois semaines de campagne ont aussi été très faibles. D’où la tentation de recourir à une arme avec aussi peu de risques. D’autant plus que la résistance irakienne, à la différence des Vietnamiens, n’a pas de DCA.

    - Psychologiquement, cette guerre révèle la « supériorité » (morale, technologique, économique) de celui qui l’emploie. Elle permet de se bercer de l’illusion de la guerre gadget, presse-bouton, et de la frappe « chirurgicale ». Elle donne aussi bonne conscience en ne voyant pas les résultats de ses tirs, contrairement au soldat, qui voit hurler des soldats ou des civils blessés. Cette facilité a un revers, condensé dans un aphorisme de Napoléon : « En amour comme à la guerre, pour vaincre il faut se voir dans le blanc des yeux ». En 2007, cette constatation est toujours valable. En privilégiant la guerre aérienne, les Américains avouent qu’ils ont perdu…

  • permalien Sophie :
    4 juin 2007 @23h40   « »
    @ Cordoba

    Cordoba,

    Il se fait tard, et j’ai sommeil.

    Je lirai demain l’article que vous avez mis en lien. Je note seulement que vous parlez de l’injustice commise jadis envers les Palestiniens, que les Israeliens ne renonceront pas à un Etat juif (tiens et quid des Israéliens arabes ?). Et quand je parle de mourir pour Israel, c’est une métaphore. Je veux dire mourir moralement, en assistant impuissante aux tentatives d’élimination d’un peuple, et avec l’absence de réactions (ou si peu, un peu de retenue svp, et surtout "Israel a le droit de se défendre") du gouvernement que, hélas, nous allons subir pendant 5 ans.

    Bonne nuit, quand meme .

  • permalien Chahid :
    4 juin 2007 @23h41   « »

    Depuis Anouar el-Sadate, la liste des vermines (au sens de Kafka), proxénètes et collabos arabes ne cesse de s’allonger. Le reste n’est que « gloutonnerie » intellectuelle. L’Intifada sans ces vermines, proxénètes et collabos reste la seule solution pour le David palestinien.

    « Comment devient-on un " collaborateur " ? On peut, d’après les théories de notre bien-aimé nouveau Président de la République, naître collaborateur. Peut-être existe-t-il un gène de la traîtrise. Quand on voit avec quelle impudence et crânerie s’affichent aujourd’hui les retournements de veste, alors que nous vivons dans une époque paisible et un état de droit, où personne n’est menacé dans sa vie et dans ses biens, on comprend que l’attraction du pouvoir est si puissante que beaucoup d’esprits, tels des phalènes attirés par la lumière, ne résistent pas à la douceur de pactiser avec lui. (…) Depuis lors, le monde a appris qu’Israel a autorisé l’entrée à Gaza de 500 miliciens pro-Abbas directement placés sous le commandement de Mohammad Dahlan. Ces troupes, entraînées dans des camps militaires égyptiens sous supervision américaine, ont pour fonction de participer à la lutte contre le Hamas. Dans le même temps, les Américains ont alloué la coquette somme de 86, 4 millions de dollars aux représentants du Fatah et livré, tant à Gaza qu’en Cosjordanie ; un armement considérable en vue du "renforcement de la garde présidentielle", laquelle se trouve directement placée sous le commandement de Mohammad Dahlan. (…)Grâce aux bontés de ses protecteurs officiels israéliens et américains, il pourra se délecter du "choix d’aliments comestibles étalés sur un vieux journal " qui lui seront généreusement offerts : "des trognons de légumes à moitié pourris, des os du dîner de la veille couverts d’une sauce blanche figée, des amendes, un fromage jugé immangeable quelques jours auparavant… un pain rassis…". (Kafka, La Métamorphose) (…)Mais aujourd’hui, c’est le vieux fromage pourri qui "attire particulièrement " la vermine. Comme Grégoire Samsa, il l’avalera "comme un goulu ", avec des yeux " mouillés de satisfaction ". Peut-être même le futur "Président" accèdera-t-il à la gloire suprême de devenir le Pinochet de Gaza. »

    Israël et la Palestine sous le regard de Primo Levi et de Kafka

    Voir en ligne : Time, Kissinger, Amr Khaled et les fameux « musulmans modérés ».

  • permalien Jeff :
    4 juin 2007 @23h46   « »

    David n’est peut-être plus du même côté que dans l’antiquité. L’actualité est là pour démontrer que Goliath est peut-être plus aujourd’hui dans le camp des Israëliens et des Etats-Uniens que dans celui des Palestiniens.

  • permalien K. :
    4 juin 2007 @23h57   « »

    Une autre traduction d’un article d’Avraham Burg sur ISM France : La fin d’une époque

  • permalien Chahin :
    5 juin 2007 @00h00   « »
    Israël-Palestine

    Paul a raison c’est la forme qui fait le sens.

    Les mots révèlent ce que vous pensez - cf. article du Monde diplomatique de mars 2007 de Joris Luyendijk intitulé « Les mots biaisés du Proche-Orient » .

    Extrait : « Le mot « occupation » peut-il être, lui aussi, vide de sens pour les lecteurs et les téléspectateurs occidentaux ? Un tel vide expliquerait pourquoi on multiplie les pressions sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle prouve qu’elle « en fait assez contre la violence » alors qu’on ne demande presque jamais aux porte-parole du gouvernement israélien s’ils « en font assez contre l’occupation ». Nul doute qu’en Occident le citoyen sait ce qu’est la menace terroriste, ne serait-ce que parce que les responsables politiques le lui rappellent régulièrement. Mais qui explique aux publics occidentaux la terreur qui se cache derrière le mot « occupation » ? Quelle que soit l’année à laquelle on se réfère, le nombre de civils palestiniens tués en raison de l’occupation israélienne est au moins trois fois supérieur à celui des civils israéliens morts à la suite d’attentats. Mais les correspondants et les commentateurs occidentaux, qui évoquent les « sanglants attentats-suicides », ne parlent jamais de la « sanglante occupation ». »

    Cent-dix ans après le congrès de Bâle qui marque le début du sionisme politique , soixante ans après la résolution 181 de l’ONU et quarante ans après la guerre des Six-Jours , les Palestiniens n’ont toujours pas de pays viable et voient leur territoire - en voie de bantoustandisation - se réduire comme peau de chagrin .

    Pour vous consoler , je vous livre une formule de Socrate : « Il vaut mieux subir l’injustice plutôt que de la commettre » .

    Enfin n’oubliez pas de regarder le documentaire sur la guerre des Six-Jours diffusé demain soir sur Arte

    Voir en ligne : Les mots biaisés du Proche-Orient

  • permalien Chahin :
    5 juin 2007 @00h11   « »
    Précision

    Entendons-nous bien le documentaire passe mercredi soir sur Arte.

    Jeff , Goliath a toujours été Israël - objectivement .

  • permalien
    5 juin 2007 @00h18   « »

    la charte du hâmas

    Israël, par sa judéité et ses Juifs, constitue un défi pour l’islam et les musulmans : "que les lâches jamais ne fer­ment l’oeil".

    Au foyer d’un combattant du jihad comme dans la famille d’une combattante du jihad, qu’elle soit la mère ou qu’elle soit la soeur, la femme tient le premier rôle dans le maintien de la maison, l’instruction des enfants quant aux concepts et va­leurs morales fondées sur l’islam, ainsi que dans l’éducation de ses fils à l’observance des obligations religieuses les préparant ainsi au rôle de combattant du jihad qui les attend. A partir de là, il faut prêter attention aux écoles et aux programmes qu’y suit la jeune fille musulmane pour qu’elle devienne une mère juste et consciente de son rôle dans la lutte de libération.

  • permalien K. :
    5 juin 2007 @00h21   « »

    La fin d’une époque :

    « Lorsqu’ils me menacent et parlent d’une "guerre fratricide", je m’arrête tout net. Ces gens-là sont-ils mes frères ? Non !

    Faisons la distinction : ce ne sera pas "une guerre fratricide". Si un jour une lutte plus violente éclate un jour ici, on l’appellera "une guerre civile".

    Parce que ce n’est pas une guerre entre les différents courants du peuple juif, mais une lutte sans merci entre le bien et le mal. Toutes les personnes qui sont bonnes, les leurs et les nôtres, alliées contre toutes les personnes mauvaises —et on n’en manque pas— des deux camps. »

  • permalien K. :
    5 juin 2007 @01h09   « »

    Un pro-israélien pourrait vous dire qu’il existe une autre solution au conflit du Proche-Orient, connue sous le nom d’« option jordanienne ».

    Parce que vous, vous n’etes pas un pro-israélien ? Vous nous prenez pour des imbéciles Cordoba, après votre hallucinant Ce que vous ne saurez pas c’est qu’en Israël, l’effroi et l’angoisse sont tels qu’on creuse des tombes dans les parcs publics en attendant la guerre..

    Par ailleurs croyez-vous qu’ici on danse de joie à l’idée d’aller rejoindre le paradis d’Allah à l’approche des bombardiers israéliens ?

  • permalien saintyves :
    5 juin 2007 @03h14   « »

    Bonsoir

    Je constate un phenomene tres interressant dans le forum d’AG, de tous les sujets traités, l’évolution des debats se focalisent toujours sur le role d’Israel dans la politique du MO, sa relation avec le conflit au Liban (occupation des fermes de Chabaa) avec la Palestine (encore une occupation), avec la Syrie (occupation du Golan), avec l’Iran (exageration du risque iranien non confirmé officiellement, et complaisance sur le risque réel israelien), sur le terrorisme (on califie de de terrorismes, les actions de la resistance légitime palestinienne dont on denie le droit à la sécurité, et de lutte antiterroriste, les bombardements aveugles et les assassinats ciblés israeliens, on insistant avec intransigeance sur le droit d’Israel à la sécurité)

    Quant on flirt avec la verité, tous les moyens sont bons à prendre, pourvu que le message passe, meme s’il est dénué de tout fondement, les sionistes le font, ceux qui sont favorables à un transfert du peuple palestinien en Jordanie, je me demande comment peut on proférer de telles abominations, surtout de la part des fils d’un peuple qui a jadis subit le meme prejudice ..., qui déclarent que :

    Si Israël n’existait pas, le monde n’en serait pas moins dangereux.

     ; Oh que si, les palestiniens ne subiraient pas les calvaires de l’occupation, des gens des deux bords, israeliens et palestiniens seraient encore en vie, le Hizb n’aurait aucune raison d’exister, les camps de refigiés palestiniens n’existeraient pas n’on plus, donc pas de conflit de Nahr El Bared, l’Iran n’aurait pas de raison de developper un programme militaire nucleaire, et enfin l’ONU ferait des economies en moyens humains et materiels sans les 63 resolutions non appliquées par Israel.

  • permalien Chahid :
    5 juin 2007 @05h41   « »

    « Si Israël n’existait pas », ses armes et son fameux pistolet semi-automatique le Desert Eagle n’auraient pas fauché la vie à des centaines de milliers d’innocents. Le Desert Eagle est l’arme des mercenaires, des gangs et des tueurs à gages. Israël a rendu un grand service aux hommes à la gâchette facile. Merci qui !

    Voir en ligne : Time, Kissinger, Amr Khaled et les fameux « musulmans modérés ».

  • permalien Pierre :
    5 juin 2007 @09h17   « »

    6 jours pour vendre son âme au "Grand Satan".

    The right to strike

    Depuis quelques temps les États-Unis avaient un plan d’urgence pour attaquer Israël. En mai 1967 un ordre U.S. fut donné pour les ressortir et les rafraîchir pour action. Cependant les préparatifs traînèrent derrière les développements dans l’arène diplomatique, et encore plus après les succès de l’aviation israélienne et des division blindées dans le Sinaï.

    40e anniversaire de la Guerre des Six Jours

    C’est en octobre 1967, 4 mois après la fin de la guerre des Six Jours, que le président américain Johnson a décidé de commencer à livrer massivement des armes à l’Etat juif. De moins de 50 mio de dollars avant 1967, l’aide américaine passera à trois milliards de dollars par an à partir de 1985 et jusqu’à maintenant, favorisée par le fort soutien de l’opinion publique américaine en faveur d’Israël.
    L’islamisme, l’autre vainqueur de la guerre des Six Jours .
    Discrédité, l’arabisme sombre avec les armées arabes ; bientôt, l’islamisme, le pétrole et la résistance palestinienne seront le moteur du monde arabe. L’échec militaire vaut constat de faillite. L’effondrement des Etats ouvre une crise politique de grande ampleur qui sape la légitimité des élites laïques au pouvoir : Nasser en Egypte, Atassi en Syrie.
  • permalien Cordoba :
    5 juin 2007 @09h38   « »
    Réponse à K.

    Apparemment, vous aimez bien mettre les gens dans des cases. Me voilà pro-israélien maintenant. Pourquoi pas ? Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que cela implique, mais après tout, je suis sans doute, sur ce forum, infiniment plus « pro-israélien » que la moyenne des intervenants. En fait, j’ai un peu de mal avec les « pro » ou les « anti ». Comme si l’on pouvait, sans insulter l’intelligence et porter atteinte à la complexité des problèmes, être à 100 % pour un camp et à 100 % contre un autre. Moi, dans cette affaire, j’essaye d’être contre les gens des deux camps qui essayent de simplifier les choses et qui refusent de tenir compte de la légitimité de l’autre à exister. Peut-être trouvez-vous que les Israéliens sont à ce point indéfendables qu’ils n’ont pas le droit d’exister. C’est un point de vue. Mais c’est un point de vue qui ne fera jamais rien avancer là-bas et surtout pas la cause de la paix. Vous-même avez cité un texte d’Avraham Burg que je pourrais signer des deux mains. Avraham Burg est sioniste avez-vous précisé. Pourtant, j’aurais sans doute tort de croire que vous êtes sioniste, n’est-ce pas ? Alors pourquoi ce procès d’intention en pro-israélisme ? Dernière chose :

    Ce que vous ne saurez pas c’est qu’en Israël, l’effroi et l’angoisse sont tels qu’on creuse des tombes dans les parcs publics en attendant la guerre.

    Cette phrase, que j’ai écrite plus haut, vous la sortez de son contexte. Je parlais de l’atmosphère régnant en Israël au cours du mois de mai 1967, tandis qu’au même moment, au Caire, on manifestait pour presser Nasser d’aller rayer Israël de la carte. Ce sont des faits historiques. Et comme tous les faits, ils sont têtus. Le creusement de fosses communes dans les parcs publics en Israël a été rapporté par Zeev Sternhell (qui n’est pas tout à fait ce qu’on pourrait appeler un likoudnik !) dans une émission remarquable de Marc Kravetz diffusée l’été dernier sur France culture et intitulée « Mémoires israéliennes, mémoires palestiniennes ».

  • permalien Pierre :
    5 juin 2007 @09h50   « »

    Ne soyer pas modeste Cordoba, quand ça vous arrange : "Apparemment, vous aimez bien mettre les gens dans des cases" aussi : "Pierre, on aura fait des progrès le jour où les gens comme vous cesseront de raisonner avec des œillères et une approche manichéenne des relations internationales. « L’axe du Mal » contre « l’axe du Bien », c’est aussi ridicule que « l’axe américano-sioniste » contre « les peuples opprimés ». Vous ne croyez pas ?

  • permalien Cordoba :
    5 juin 2007 @10h48   « »

    @ Pierre :

    Pour être tout à fait complet et honnête, il faudrait rappeler pour quelle raison j’ai pu écrire que vous versiez dans le manichéisme : vous opposiez les Etats-Unis à l’Iran en décrivant les premiers comme "un pays dirigé par des menteurs qui passent leur temps à déclencher des conflits là où il y a des matières premières à rafler" et en disant du second qu’il s’agit de "gens qui habitent chez eux et qui n’ont agressé personne depuis plus d’un siècle".

  • permalien Pierre :
  • permalien Jeff :
    5 juin 2007 @12h13   « »

    C’est bien joli le relativisme mais pendant que l’on applique cette forme de "politiquement correct", des peuples continuent de souffrir et de mourir. On ne peut chercher systématiquement des excuses à la politique israëlienne, il y a des vérités qui doivent être énoncées clairement, sans tomber forcément dans le manichéisme, et amener à des actes de paix décisifs. Les territoires palestiniens sont toujours occupés, ou encerclés et emmurés, ce qui revient au même.

  • permalien K. :
    5 juin 2007 @14h10   « »

    Apparemment, vous aimez bien mettre les gens dans des cases. Décidément ce n’est pas le culot qui vous manque, mais on vous a déjà (partiellement, il aurait fallu ajouter Saint-Yves, Philippe Arnaud, et Sophie dans la liste) répondu.

    Peut-être trouvez-vous que les Israéliens sont à ce point indéfendables qu’ils n’ont pas le droit d’exister.

    Me voilà donc (“peut-être”) situé dans une de vos cases ou plutot dans LA case infame des “manichéens”..

    Comme si l’on pouvait, sans insulter l’intelligence et porter atteinte à la complexité des problèmes, être à 100 % pour un camp et à 100 % contre un autre. N’allons pas jusque là : montrez moi quand est ce que vous avez “été” à 1% pro-arabo-musulmans, ou à 1% anti-israéliens ? Ah oui j’ai compris, c’est pour équilibrer (sens de la mesure oblige) les propos trop largement pro-arabo-musulmans du Blog. Pourriez vous, pour me convaincre, me diriger vers un (un seul suffirait amplement) des innombrables blogs anti arabo-musulmans dont lequel vous feriez preuve du meme “sens de la mesure” ? Voilà qui serait convaincant au lieu des belles déclarations de principe.

    Concernant la remarque de Jeff (que je salue au passage) sur le relativisme, je l’aurai dit de manière beaucoup plus violente, il est donc heureux que ce soit lui qui l’ait dit : voilà ce qui pour moi correspond véritablement au sens de la mesure au lieu des fumisteries, “dans le contexte”, qui semblent tant vous tenir à coeur ainsi qu’à quelques autre participants du blog.

  • permalien K. :
    5 juin 2007 @15h12   « »
    Juin 1967 : Quarante ans plus tard.

    « Comment la guerre de 1967 a condamné Israël », par Tony Karon

    ...

    « Beaucoup de commentateurs pro-israéliens déplorent aujourd’hui ce qu’ils décrivent comme un changement de la mentalité politique palestinienne, passant du nationalisme laïque du Fatah à une vision islamiste plus implacable, qui serait infiniment moins raisonnable parce qu’elle présente son opposition à Israël en termes religieux. Cependant, ce qui est souvent négligé est la manière dont la victoire israélienne de 1967 a conduit à un décalage semblable dans l’idéologie sioniste, s’éloignant du nationalisme laïque de la génération de Ben Gourion vers un nationalisme religieux bien plus dangereux. Tom Segev, mon historien israélien préféré, a écrit que la guerre de 1967 a eu comme conséquence d’amener de nombreux israéliens à voir l’armée comme l’instrument d’une théologie messianique. (..) »

    « Les sionistes religieux ont vu la Cisjordanie et la terre sainte comme étant « à purifier à nouveau » ou « à libérer » par la colonisation, et avec l’appui tacite de tous les gouvernements israéliens depuis lors (et l’appui plus actif de certains) ils se sont précipités pour y établir des structures permanentes et pour y installer une population civile, au mépris du droit international, afin d’exclure la possibilité de rendre cette terre au Palestiniens comme élément de base pour la paix. »

    « Comme le note David Remnick dans la revue d’une partie de la littérature sur 1967, beaucoup d’israéliens se sont rapidement rendus compte que « la guerre des six jours » avait provoqué un désastre potentiel pour le projet sioniste, parce que Israël s’était non seulement alors retrouvé aux commandes de tout les territoires du Mandat Britannique de Palestine, mais également de tous ses habitants du moment. Il cite le sombre avertissement de Amos Oz :»

    « Pendant un mois, pendant une année, ou l’espace d’une génération entière nous devrons nous comporter en occupants dans des endroits qui nous tiennent a coeur par leur histoire. Et nous devons nous rappeler : en occupants, parce qu’il n’y a aucune alternative. Et comme tactique de pression pour accélérer la paix. Pas en sauveurs ou en libérateurs. Ce n’est qu’au crépuscule des mythes que l’on peut parler de libération d’une terre sous un joug étranger. La terre n’est pas asservie (..). Il y a des personnes asservies, et le mot « libération » ne s’applique qu’aux êtres humains. Nous n’avons pas libéré Hébron et Ramallah et EL-Arish, ni n’avons assuré la rédemption de leurs habitants. Nous les avons conquis et nous ne faisons que régner sur eux jusqu’à ce que notre paix soit assurée. »

    A suivre

  • permalien K. :
    5 juin 2007 @15h14   « »
    Juin 1967 : Quarante ans plus tard.

    « Comment la guerre de 1967 a condamné Israël », par Tony Karon

    Suite et Fin (de la traduction partielle)

    « les religieux-nationalistes and les Likoudniks, qui ont toujours imaginé un “Grand Israel”(..) [disaient] qu’ils ne peuvent se permettre de donner aux Palestiniens le droit de vote en Cisjordanie, mais l’objectif des implantations de colonies était de s’assurer qu’Israël ne se retirerait pas de la terre qu’il avait conquise. Le résultat serait qu’Israël régnerait sur ses résidents palestiniens sans leur donner les droits de citoyens - l’essence même du régime de l’apartheid. »

    « Et c’est, en effet, ce qui s’est passé. Aujourd’hui, la Cisjordanie est trouée par des centaines de colonies israéliennes, et des routes et des terres réservées aux colons. Et ils n’ont aucune intention de partir, tandis qu’aucun gouvernement israélien dans l’avenir ne rassemblera la force politique nécessaire pour pouvoir les retirer (même si c’était son intention). »

  • permalien Cordoba :
    5 juin 2007 @16h03   « »
    Réponse à K., Jeff et les autres

    Bien. J’ai l’impression qu’il n’en faut pas beaucoup pour vous énerver.

    Si je vous comprends, je suis censé montrer patte blanche afin de vous convaincre que je suis capable de critiquer Israël et de prendre la défense des « Arabo-musulmans ».

    Mais pourquoi devrais-je faire une telle chose et me plier à votre mise en demeure ? Nous ne sommes pas à mon procès. Je ne viens sur ce blog que pour discuter et échanger des arguments. Et je n’exige pas de vous que vous disiez du bien d’Israël – ce qui serait stupide. Imaginez un instant que je vous accuse d’antisémitisme et que je vous enjoigne de m’indiquer les sites sur lesquels vous seriez intervenu pour pourfendre l’antisémitisme ! Vous trouveriez ça stupide et vous auriez bien raison…

    Mais soit. Je n’ai rien à cacher et je ne tiens pas à ce que vous puissiez penser que j’avance masqué : à la vérité, Nouvelles d’Orient est le seul forum sur lequel j’interviens, et depuis récemment. Il m’arrive aussi de laisser des messages sur le site de Libé ou de poster des questions pour les tchatts du Nouvel Obs. C’est tout. Si je viens sur Nouvelles d’Orient, c’est parce que je lis occasionnellement le Monde diplo et que je suis attentif à ce que peut écrire Alain Gresh, bien que je sois souvent en désaccord avec lui.

    Toujours pour montrer patte blanche, je vous dirai que je trouve par exemple très bien l’article de Meron Rapoport intitulé « Comment l’occupation a transformé Israël » et qui est publié dans le dossier consacré à la guerre de 1967 du Diplo de ce mois-ci. Je pourrais aussi vous exposer mon parcours intellectuel, lister les livres que j’ai lu et les éléments qui m’ont permis de me forger quelques idées sur le Moyen-Orient mais ce serait pour le moins fastidieux.

    En attendant, je ne peux que constater que vous n’avez pas tenté de répondre à mes arguments concernant le sérieux de l’article d’Henry Laurens.

    Enfin, je me rends bien compte que je suis plutôt « minoritaire » sur ce blog. Mais à quoi cela servirait-il de débattre entre gens qui, peu ou prou, pensent la même chose ? Moi, je n’en vois pas l’intérêt. Quant à vous… : vous préféreriez vraiment ne plus avoir à entendre parler de moi ?

  • permalien Sophie :
    5 juin 2007 @16h32   « »
    Et toujours nous parlons d’Israel et des Palestiniens, @Cordoba

    Bonjour à tous,

    Cordoba, apparemment vous etes dans l’oeil du cyclone de ce blog...Mais ce n’est qu’un débat, pas des balles. De toute façon, à un certain point d’engagement il est inutile de chercher à se convaincre. Au fond, en participant à ce blog ,je n’essaye que d’y voir un peu plus clair.

    Et d’abord l’expression "Etat Juif " auquel aspirent selon vous, tous les Israeliens (moins les Israeliens Arabes, je pense , je l’ai déja écrit). En quoi donc cet état diffère t’il, par sa nature religieuse d’une République ou d’une Monarchie Islamique ? Meme soumission à la loi religieuse, meme classification des habitants en citoyens de 1ère classe, de 2ème classe, et en citoyens sans aucun droits. D’ailleurs je me demande ce qu’il peut y avoir de commun entre un Juif d’origine occidentale et disons un Juif d’origine Ethiopienne ? J’ai vu un documentaire stupéfiant sur la volonté de couler dans le moule à marche forcée des Juifs Ethiopiens (merde pour les majuscules et minuscules, malgré tout mon respect pour Chahin et Paul !), par une jolie blonde très girl-scout." Allez on va apprendre les chansons X et Z, autour de jus de fruits", et les regards vides de ces presque vieillards.

    Si le monde se porterait mieux si Israel n’existait pas en tant qu’état ? Saintyves, je crois, a déjà répondu. J’ajouterais que cela permettrait aux sociétés arabes d’évoluer selon les aspirations de leurs peuples sans que leurs dirigeants brandissent l’appel à la guerre sainte contre Israel, qui leur sert de bouc émissaire. Je sais que cette argumentation est un peu bizarre, et devrait etre mieux présentée. Mais elle a une certaine logique pour qui considère, comme moi, qu’Israel est une pure création occidentale, un "cadeau" empoisonné fait à cette partie du monde.

    J’ai mieux compris , après avoir entendu la conférence de Denis Sieffert, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire "Politis",- tenue près de mon bled (patelin en arabe)-, à quel point après l’Holocauste, Israel a représenté un refuge pour les Juifs du monde entier et doit toujours etre vécu comme tel encore maintenant. Comment les Juifs peuvent-ils dépasser ce traumatisme dont ils font subir les conséquences aux pays environnants et surtout aux Palestiniens qui n’en sont pas responsables ?

    (à suivre)

  • permalien Pierre :
    5 juin 2007 @16h33   « »

    Cordoba, personne n’a à vous dire ce que vous devez faire ou dire. Si vous pouvez nous faire partager vos expériences, des informations, des documents,,des points de vues, tout le le monde vous en sera reconnaissant.

    Si vous voulez transformer ce blog en école de rhétorique, en inversant systématiquement la preuve de la charge, vous allez vous sentir isolé.

    Chacun ici avec plus ou moins de régularité a fait un bout de chemin avec les autres, et évolue selon sa voie. Personne n’a rien a prouver, car nous ne nous connaissons qu’à travers ce blog, nous n’avons aucune influence sur les évènements.

    Vous aimez provoquer, vous n’êtes pas le seul, apprenez a être bousculé, c’est comme ça qu’on bouge.

    Ceci n’engage que moi.

  • permalien Sophie :
    5 juin 2007 @17h10   « »
    Lacher les baskets à Cordoba

    (suite), Je viens de lire le post de Cordoba, et décide de continuer à penser à voix haute et à lui lacher les baskets. Je n’aime pas participer à des lynchages. Je veux aller au ciel après ma mort.

    Comment les Juifs pourraient-ils dépasser le traumatisme de l’ Holocauste ?

    Il s’est tenu les 17 et 18 mars 2007 un colloque à l’Université de Birzeit, organisé par les services culturels du Consulat de France à Jérusalem intitulé "Autour de la résilience". Vous avez du entendre parler de ce concept ( terme de physique correspondant à la capacité de résistance des matériaux et retravaillé par Boris Cyrulnik pour l’intégrer en psychiatrie ).

    Je n’ai pas lu le compte-rendu de ce colloque qui d’ailleurs doit se poursuivre en septembre, mais ai vu le programme. Selon le communiqué "Les Territoires palestiniens offrent bien malgrè eux un terrain particulièrement propice pour mesurer la pertinence de l’utilisation du concept de résilience."..etc...

    Je suggère au Consulat de France de Jérusalem d’organiser le meme colloque en Israel , avec la participation de Boris Cyrulnik et d’autres chercheurs pluridisciplinaires. Si ce concept a une efficacité, la société israelienne en a autant besoin que la société palestinienne.

    Sources : http://www.france-palestine

    (à suivre)

    Voir en ligne : colloque "autour de la résilience"

  • permalien Cordoba :
    5 juin 2007 @17h15   « »
    Réponse à Sophie

    Ecoutez Sophie, je ne voulais pas m’engager dans une discussion sur la légitimité de l’existence d’Israël (dont je remarque que c’est le seul Etat au monde à qui on la conteste), sur la place de la religion dans ce pays, et sur les discriminations dont les Arabes israéliens ont à souffrir. Je ne veux pas non plus me prêter au jeu consistant à refaire l’histoire et à se demander ce qu’aurait été le Proche-Orient ou le monde si Israël n’avait pas existé. Le fait est qu’Israël existe et qu’une probable majorité de Juifs ainsi qu’une majorité d’Israéliens entendent que cela continue.

    Cela étant, il vous suffit de vou