Le Monde diplomatique
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Mutations dans la communication

mardi 31 juillet 2007

Dans Le Monde diplomatique d’août 2007, Pierre Lévy, philosophe, directeur de la chaire de recherches en intelligence collective à l’université d’Ottawa, et Armand Mattelart, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-VIII, se penchent sur les bouleversements provoqués par Internet dans le champ intellectuel.

Le premier montre à quel point les immenses possibilités ouvertes par la mise en commun du savoir restent encore sous-exploitées :

« Un des problèmes qui se posent aux intellectuels du XXIe siècle est de trouver les meilleures manières d’exploiter, au service de l’intelligence collective, cette nouvelle puissance. Il s’agit d’un défi nouveau, qui n’a été posé à aucune génération précédente. D’importants obstacles empêchent l’intelligence collective humaine d’exploiter pleinement ces nouvelles potentialités. Il peuvent être décomposés en deux sous-groupes interdépendants. Le premier concerne la multiplicité et le cloisonnement des systèmes symboliques :

— pluralité des langues naturelles ; incompatibilité mutuelle et inadaptation des nombreux systèmes d’indexation et de catalogage hérités de l’ère de l’imprimerie (qui n’ont pas été conçus pour utiliser l’interconnexion et la puissance de calcul du cyberespace) ;

— multiplicité et incompatibilité des taxinomies, thésaurus, terminologies, ontologies et systèmes de classification (liées à des différences de cultures, de traditions, de théories et de disciplines).

Le second sous-groupe d’obstacles concerne les difficultés rencontrées par l’ingénierie informatique à prendre en compte la signification des documents au moyen de méthodes générales. A cet égard, l’obstacle le plus évident est la relative inefficacité des méthodes employées par les moteurs de recherche commerciaux contemporains dès que la tâche qu’on leur confie est un tant soit peu complexe. Rappelons que Google ou Yahoo ! ne brassent qu’entre 10 et 20 % de la masse documentaire du Web. En outre, ces moteurs basent leurs recherches sur des chaînes de caractères, et non sur des concepts. Par exemple, lorsqu’un utilisateur y entre la requête “chien”, ce mot est traité comme la suite de caractères “c, h, i, e, n” et non pas comme un concept traductible en plusieurs langues (dog, perro, kelb, cane...), appartenant, par exemple, à la sous-classe des mammifères et des animaux domestiques.

(...)

En somme, l’information et ses agents de traitement automatique sont en voie d’unification matérielle dans une mémoire virtuelle commune à l’ensemble de l’humanité ; mais, comme les barrières, cloisonnements et incompatibilités sémantiques ne sont que très partiellement levés, la croissance de l’intelligence collective, quoique déjà remarquable, reste bien en deçà de ce qu’elle pourrait être. Faut-il s’en étonner ? L’immense majorité des systèmes de codage du sens disponibles ont été inventés et affinés avant l’existence du cyberespace. Lequel n’existe pour le public mondial que depuis moins d’une génération. La nouvelle matrice culturelle demeure inachevée. Les intellectuels du XXIe siècle sont donc confrontés au problème d’inventer, d’adapter et de perfectionner une nouvelle génération de systèmes symboliques qui soit au diapason de la puissance de traitement désormais disponible. »

Quant à Armand Mattelart, il retrace la genèse du concept hautement stratégique de « société de l’information », objet d’une bataille entre défenseurs de la diversité et tenants de l’hégémonie :

« La nouvelle configuration d’acteurs sociaux et professionnels a commencé à soustraire la question des nouveaux gisements de la richesse immatérielle à l’emprise des doctrines et stratégies hégémoniques. Les différences de fond sont devenues évidentes qui divisent le projet pluriel de construction de “sociétés du savoir” pour tous et par tous, dans la sphère de la circulation comme de la production, et le projet univoque et abstrait d’une “société globale de l’information”, oublieux des rapports de forces entre les cultures et les économies. C’est ce que confirment les contributions de ces nouveaux sujets de l’espace public aux débats de l’Union internationale des télécommunications (sur la société de l’information) et de l’Unesco (sur la protection et la promotion de la diversité culturelle).

Deux principes articulent le projet critique des logiques marchandes qui poussent à la patrimonialisation. La philosophie (balbutiante) des biens publics communs, d’une part. Ces biens concernent non seulement la culture, l’information, le savoir et l’éducation, mais aussi la santé, l’environnement, l’eau, le spectre des fréquences de radiodiffusion, etc., tous ces domaines qui devraient constituer des “exceptions” par rapport à la loi du libre-échange. Des “choses” auxquelles les gens et les peuples ont droit, produites et réparties dans des conditions d’équité et de liberté, lesquelles sont la définition même du service public, quels que soient les statuts des entreprises qui assurent cette mission. Les droits universels humains et écologiques en sont la règle, les institutions internationales légitimes le garant, la démocratie l’exigence permanente, et le mouvement social la source. Et, d’autre part, le “droit à la communication”.

Ironie de l’histoire, il s’agit là du retour en force d’un concept apparu dès 1969. Il a été avancé par Jean d’Arcy, alors directeur de la division de la radio et des services visuels au département de l’information de l’Organisation des nations unies (ONU), à un moment où prenait forme à l’Unesco le débat sur les libertés dans le domaine de l’information. Dans un article publié dans la revue de l’Union européenne de radiodiffusion, d’Arcy affirme : “La Déclaration universelle des droits de l’homme qui, il y a vingt et un ans, pour la première fois établissait en son article 19 le droit de l’homme à l’information aura un jour à reconnaître un droit plus large : le droit de l’homme à la communication... Car, aujourd’hui, les peuples savent, et s’ils sont plus difficiles à gouverner, c’est peut-être que l’instrument de communication, d’information et de participation qu’on leur offre ne correspond plus au monde actuel et à l’avance de sa technique.” »

Les lecteurs de ces articles sont invités à en débattre sur le forum ci-dessous.

11 commentaires sur « Mutations dans la communication »

  • permalien JL :
    1er août 2007 @08h00   »

    Mr D’Arcy que vous citez, dit : "Car, aujourd’hui, les peuples savent, et s’ils sont plus difficiles à gouverner, c’est peut-être que l’instrument de communication, d’information et de participation qu’on leur offre ne correspond plus au monde actuel et à l’avance de sa technique.”

    Je regette bien les temes de ce discours. Les hommes ne sont pas difficiles à gouverner, puisqu’ils ne sont pas à gouverner : ce sont les institutions qu’il s’agit de gouverner. Nuance.

    D’autre part, nul n’a à offrir quelque système de communication que ce soit. Mais nul n’a le droit de restreindre ou limiter les systèmes de communication que les hommes se donnent.

    La vision de Monsieur d’Arcy et de ceux qui s’en réclament me parait très totalitaire.

  • permalien
    1er août 2007 @11h23   « »
    Mutations dans la communication, Le lavage de cerveaux en liberté, Noam Chomsky

    Il faut avoir vécu à bien des endroits et avoir voyage un peu à travers le monde pour comprendre ce dont il est question ; l’énormité des enjeux.

    Hélas, pas tout le monde n’a (eu) l’occasion de le faire. Ni n’en a tiré les conclusions qui s’imposent à tout esprit épris de libertés digne d’un cerveau humain non perverti.

    A défaut d’ouvertures d’esprit « on » ne manquera pas d’ouvrir le chemin à une nouvelle période d’obscurantisme qui pourrait s’appeler l’époque « néo-féodal ». C’est sans doute un objectif bon à prendre pour certains. Le résultat sera un nouveau chaos provoqué par les mégalomanes de tous bords – probablement le dernier !

    Voir en ligne : Hugo Chávez, Ignacio Ramonet ; Le lavage de cerveaux en liberté, Noam Chomsky ; Il y a cent cinquante ans, la révolte des cipayes, William Dalrymple

  • permalien riton1 :
    1er août 2007 @16h11   « »

    suite à l’article panégérique sur les bienfaits de 2°life et y voir Freud y apporter ex-post 1 validation tout à fait déplacée ->commentaire :

    >Rassurez-vous, le réél reste vénal sur 1 »pseudo » 2° vie !

    vénalité
    Passer sa journée à jouer (et à perdre) des Linden dollars au blackjack et au poker, c’est fini. Linden Lab, éditeur de l’univers virtuel Second Life, a annoncé, le 28 juillet, l’interdiction des jeux d’argent et la fermeture des casinos.

    La société californienne se met ainsi en conformité avec la loi américaine, qui interdit les jeux d’argent en ligne. Et ce, même si les millions d’utlisateurs de Second Life ne résident pas tous aux Etats-Unis. Linden Lab menace même de dénoncer aux autorités les contrevenants ou de leur interdire l’accès au site.
    PÉTITIONS OU JEUX CLANDESTINS
    Cette décision a été assez mal accueillie par les usagers de Second Life, où les jeux d’argent constituent une activité florissante. Sur les forums ou les blogs consacrés à cet univers virtuel, certains proposent de s’adresser directement au Congrès américain. D’autres suggèrent de déménager les serveurs informatiques du jeu dans une zone non soumise à la loi américaine. Quant aux propriétaires de casinos virtuels, ils s’inquiètent pour leur avenir : les uns organisent des pétitions au sein de Second Life, d’autres promettent de "résister" en organisant des jeux clandestins. Mais ils pourraient être facilement détectés par Linden Lab, qui contrôle les flux financiers de l’univers virtuel.
    Outre cet épineux dossier, Linden Lab doit gérer celui des activités à caractère sexuel dans son monde virtuel. Les pratiques trop explicites et extrêmes l’obligent à revoir constamment sa politique d’accès aux différentes tranches d’âge, en fonction des nombreuses législations internationales.
    Le Monde.fr, avec AFP

    Anti business
    Loin de la transparence du loft & autres comedies ….le débat est loin d’être clos car les démêlés de "face book" ou "my face" d’avec leur audience laisse présager 1 retour de forclos dans ces différences absences de relations-

    > Second life :
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-940461@51-824668,0.html

    > > Robert LINDEN :
    http://blog.secondlife.com/2007/07/25/wagering-in-second-life-new-policy/

    Voir en ligne : freud introduira l’enfer dans 2°life ...

  • permalien riton1 :
    1er août 2007 @16h17   « »

    Et un contre-exemple :

    > > l y a cinq ans, Niklas Zennström, jeune ingénieur suédois vivant entre Stockholm et Amsterdam, était un inventeur fauché, presque aux abois. Il campait dans un meublé sous-loué à un vague copain et tenait ses réunions de travail dans le restaurant végétarien le moins cher de son quartier. Il survivait surtout grâce au salaire de son épouse Catherine, une Française. Aujourd’hui, Niklas, 41 ans, vit à Londres, où il mène une vie de grand patron, après avoir vendu une start-up pour 2,6 milliards de dollars. Entre-temps, il a déclenché trois révolutions, dans le show-business, les médias et les télécoms, et s’apprête à récidiver.

    > > Hiver 2002. Niklas Zennström vient d’investir toutes ses économies dans la création de Kazaa, un système révolutionnaire de partage de musique sur Internet, gratuit et construit sur le modèle peer-to-peer, entièrement décentralisé et quasi indestructible. Pour cela, il a réuni via Internet une équipe internationale de programmeurs, qui veulent être payés, au moins de temps en temps.
    > Pourtant, dès 2005, la situation se complique, car les géants américains Google, Yahoo et MSN se lancent à leur tour dans la téléphonie gratuite. Niklas comprend que, pour les affronter, il devra s’allier à une grosse entreprise. Il a l’embarras du choix, car tous les investisseurs rêvent de s’offrir Skype. Il finit par choisir l’Américain eBay, leader mondial des ventes aux enchères sur Internet : "Au début, je n’étais pas chaud, se souvient Niklas, mais ils m’ont promis que Skype continuerait à exister en tant que société autonome et que je resterais directeur général. Et puis ils m’ont proposé 2,6 milliards de dollars cash, pour une société qui avait deux ans. Une somme étonnante, comment refuser ?"
    Comme cela ne suffit pas à son bonheur, Niklas participe au développement de Fon, une société espagnole qui a créé une communauté internationale d’utilisateurs de Wi-Fi (Internet sans fil). Fon permet notamment à ses membres de se connecter gratuitement quand ils sont loin de chez eux : "J’avais eu la même idée, affirme Niklas, mais je n’ai pas eu le temps de la mettre en pratique. Alors quand j’ai vu que les Espagnols l’avaient fait, j’ai eu envie de les aider." En fait, Niklas imagine déjà une fusion entre Skype et Fon, qui permettrait de créer un réseau de téléphonie mobile planétaire, entièrement gratuit.

    Voir en ligne : 2°life

  • permalien Blogger errant :
    1er août 2007 @21h03   « »

    Poster un commentaire c’est déjà être dans un niveau de communication et d’information . Ceci à titre individuel et isolé. A ce niveau la question est presque philosophique. Elle porte sur la liberté , la justice et l’égalité des chances. Pour les hommes libres avertis , l’idée est claire. Pour d’autres , ils pourront poser la question suivante : qu’allez vous faire de votre libérté, si les peuples savaient, que doivent-*ils savoir, et s’ils savaient tout, que feraient-ils ? Avoir la libérté, la jeter à la mer, c’est vivre, le contraire de la mort. Pour les peuples c’est différent, il faut des élites eveillées, pas souales, et courageuses et conscientes , pas baroudeuses. Les peuples seuls doivent être guidés. Et pas seulement informés.
    Pour rester dans le vif du débat, je dois ajouter qu’un moteur comme google, nous guide grace aux lettres à des information inouies, il me semble d’abord qu’il y’a trois ans de cela , il était beaucoup plus performant . A-t-il subi des contraintes ? on ne sait pas.Mais c’est déjà ça.
    Pour un journal comme le votre, qui ouvre les yeux sur les vrais thèmes d’actualité lié au destin de l’humanité , aux droits bafoués des peuples,occultés et mis à mort par les autres médias, c’est déjà plus que cela, plus qu’on espererait par ces temps ...les autre médias,tous les néo-connisés ; télé , journaux, qui devaient apporter la lumière, ont mené vers des hétacombes d’une ère obscure de mensonges si dure qu’elle met en danger tous les efforts consentis depuis 1969 et allant dans le sens d’une "démocratisation de l’information et de la communication".

    Voir en ligne : Mutations dans la communication

  • permalien rudolf BKOUCHE :
    3 août 2007 @02h08   « »

    Que vient faire dans le Monde Diplomatique l’article obscurantiste et futuriste de Pierre Lévy qui propose aux sciences de l’homme de s’aligner sur les sciences de la nature ? Quant à la présentation des sciences de la nature par Pierre Lévy, elle semble oublier que celles-ci se construisent sur un monde extérieur qui ne dépend pas que de l’homme, que l’espace unifié qui se met en place avec Newton ne relève pas de la seule volonté de l’homme mais de son adéquation pour représenter les phénomènes mécaniques. Au nom de quoi peut-on demander aux sciences de l’homme de mimer les sciences de la nature ? C’est non seulement un vœu pieux mais un enfermement de l’homme, une façon de le chosifier, ce que l’idéologie dominante d’aujourd’hui marquée par la mercantilisation du monde (ce que l’on appelle la mondialisation) sait faire avec un certain succès. Ce n’est pas en ajoutant un peu plus de scientisme au scientisme ambiant que l’on permettra aux hommes de s’émanciper. Et les ouvrages de Pierre Lévy ne conduisent qu’à un nouvel asservissement de l’homme à la machine informatique, laquelle semble le fasciner. Quant à ce qu’il appelle l’intelligence collective,il oublie que le "cogitamus" ne peut se définir que par les divers "cogito" qui y participent, que sans ces "cogito", le "cogitamus" ne veut rien dire, sauf peut-être à soumettre les "cogito" à ceux qui se prétendent les représentants du "cogitamus" officiel.

    rudolf bkouche
    professeur de mathématiques, université des sciences et techniques de lille

  • permalien Laurent Sabarthez, Homo sapiens :
    12 août 2007 @13h14   « »
    La bulle spéculative du professeur Lévy

    Je partage l’étonnement et l’irritation de Rudolf Bkouche devant la place que votre journal croit devoir accorder aux élucubrations de Jean-Pierre Lévy.

    A ceux de vos lecteurs qui disposent d’une culture élémentaire, je me permets de recommander la lecture des articles concernant le "langage" IEML, créé et promu par notre "philosophe" (voir lien ci-dessous).

    Partout où Lévy ne peut se contenter d’assoupir ses lecteurs avec des affirmations inexactes, approximatives, invérifiables ou dénuées de sens, c’est-à-dire partout où son sujet le contraint pour son malheur à la clarté et à la précision (voir par exemple la description "formelle" d’IEML), on constate que le discours de Lévy relève du bluff technologique (si répandu à propos d’Internet) et d’une ignorance crasse des rudiments de la linguistique ou de la logique (hélas endémique dans la tradition de l’enseignement de la philosophie dans l’université française).

    Est-il bien nécessaire que le Monde diplomatique prenne sa part dans une opération de marketing qui ne pourra se terminer que par la déconfiture publique de l’imposteur ?

    Voir en ligne : Le site IEML

  • permalien Citoyen Etienne :
    12 août 2007 @17h14   « »

    Armand Mattelart est un combattant anti-impérialiste. Habitué sans doute à débusquer le diable dans tout ce qui vient du monde anglo-saxon, il en est devenu myope, prenant les déclarations de n’importe quel officiel américain pour argent comptant. C’est étonnant de la part d’un spécialiste de la communication, qui devrait savoir à quoi s’en tenir en matière de propagande.

    Du coup, ainsi que l’explique l’article de Scaramouche ci-dessous, son analyse de l’impact d’Internet dans la domaine géopolitique, empreinte de son anti-américanisme, passe à coté des principaux aspects - positifs - de la révolution des réseaux.

    Voir en ligne : Les concepts géopolitiques ne se décrètent pas.

  • permalien albert :
    18 août 2007 @11h30   « »

    Aujourdhui 18 aout impossible de se connecter aux sujets postérieurs au 31 juillet...
    De plus, problème récurrent de mise en page sous Internet explorer : le texte à gauche est mal formaté : à l’extérieur de la marge donc illisible.
    Merci de jeter un coup d’oeil aux problèmes ?
    Bien amicalement

  • permalien
    18 août 2007 @11h36   « »

    De mutations en mutineries...
    Si l’analyse en matière de prédominance active des grandes entreprises Anglos-Saxonnes de communications qui encadrent la toile est évidente elle ne doit pourtant pas conduire à rejeter systématiquement la faute sur ces vaisseaux amiral qui veulent guider l’armada des felouques de nos esprits soumis aux différents vents qui agitent, parfois dangereusement, les voiles qui nous font avancer sur l’océan de nos incertitudes.
    Moi, j’ai appareillé par une belle nuit d’été et loin des côtes du nouveau continent si constament photographiées par nos esprits d’anciens colons et considérées par beaucoup comme le stade ultime du développement des libertés individuelles, j’ai navigué à l’abris de lectures ondulantes d’auteurs, non pas englués sur une toile et prêts à être dévorés par une sanguinaire araignée, mais se nourrissant des petites perles de rosées diséminées par des lecteurs cheminant, eux aussi, sur le fil de leurs pensées les plus fécondes.
    Voilà que je me met à divaguer vous dites-vous et bien je pense que chaque outil a droit de citer dans la compréhension
    entre les peuples. Et un outil ne sera jamais qu’un outil à la fois magnifique et dérisoire aux yeux des forces de la nature et pour faire un lien avec votre article je pense futile de comparer un yaourt cosmologique dont nous ne connaissons pas encore tous les composants et les meringues de nos cerveaux régissant nos comportements des plus absurdes aux plus sophistiqués. Je ne suis pas expert en communication et encore moins en nouveaux médias mais j’ai une base théorique qu’il m’a fallu étudié pendant trois ans et même s’il en résulte une certaine saturation devant la spectacularisation de l’information rien n’empêche de s’émanciper de l’ambiance dominante par de petits détours non pas novlangues mais aux contraires free duty . Voilà rassemblées quelques réponses que j’èspère pas trop bateaux sur un sujet aussi passionnant qu’essentiel à mes yeux de convertit mais pas trop pratiquant...

  • permalien
    22 août 2007 @03h17   «

    On parle de quoi au juste : On parle de réseau ; et de son influence dans la structuration de discours explicatif dans toutes sortes de domaines.

    Existe t il une théorie des réseaux (capable de nous restituer une vision du monde novatrice et porteuse) ; de laquelle on pourrait tirer une méthode des réseaux.

    J’ignore si cette théorie existe à tout hasard je soumets cette réflexion.

    Voici les questions qui pourraient en préciser le cadre théorique :

    Qu’ est ce qu’ un réseau (définition qui rend compte de tous les cas possibles car tout est réseau).

    Quel est le but du réseau (sa finalité).

    Et par quel principe structurant le réseau (qui a une existence en propre) arrive t il à son but (sa finalité).

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