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Le Rhône pollué par les PCB : un Tchernobyl français ?

En l’espace de quelques mois la consommation humaine de toutes les espèces de poissons pêchées dans le Rhône a été interdite sur 300 kilomètres du fleuve, de l’amont de Lyon à son embouchure en Camargue. Des analyses ont révélé que différentes espèces de poissons contenaient des quantités de polychlorobiphényles (PCB), jusqu’à 40 fois supérieures aux normes admises pour une consommation quotidienne par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités sanitaires européennes et françaises. S’ils sont ingérés sur de longues périodes, les PCB peuvent provoquer des cancers ou des problèmes de fertilité. Or des centaines de milliers de tonnes de sédiments du fleuve seraient contaminés par ces "Polluants organiques persistants", classés par l’ONU parmi la douzaine de substances chimiques les plus dangereuses pour l’homme. Le désastre est sans précédent. Les multiples enquêtes engagées depuis quelques mois pour cerner l’origine de cette pollution, connue depuis plus de vingt ans, pourraient révéler un véritable Tchernobyl à la française.

par Marc Laimé, 14 août 2007

Les préfets de l’Ain, de l’Isère et du Rhône ordonnaient le 22 février 2007, quinze jours avant l’ouverture de la pêche à la truite, « au nom du principe de précaution », l’interdiction de toute consommation humaine et de commercialisation de poisson dans une zone d’une centaine de kilomètres, depuis le barrage de Sault-Brénaz dans l’Ain, à 55 kilomètres à l’est de Lyon, jusqu’à celui de Vaugris au sud de Vienne dans l’Isère.

L’analyse des poissons, et surtout celle des sédiments du fleuve, avait révélé qu’ils contenaient des quantités alarmantes de polychlorobiphényles (PCB), qui appartiennent à une catégorie de douze polluants chimiques particulièrement dangereux, désignés par l’ONU sous l’appellation de Polluants organiques persistants (POPs).
aux termes du protocole d’Aarhus de juin 1998 et de la convention de Stockholm de mai 2001.

Les POPs sont des molécules complexes qui, contrairement aux autres polluants, ne sont pas définies en fonction de leur nature chimique mais à partir de quatre propriétés :

 la toxicité : elles ont un ou plusieurs impacts prouvés sur la santé humaine ;

 la persistance dans l’environnement : les molécules résistent aux dégradations biologiques naturelles ;

 la bioaccumulation dans les tissus vivants et l’augmentation des concentrations le long de la chaîne alimentaire ;

 le transport sur de longues distances.

Pour leur part les PCB sont des produits chimiques organiques chlorés utilisés pour leur grande stabilité thermique et leurs caractéristiques électriques. Ils ont notamment été employés comme isolants électriques dans les transformateurs et les condensateurs, sous l’appellation commerciale de pyralène, et comme fluides caloporteurs pour le transfert de calories dans des installations industrielles diverses.

Les applications commerciales de ces composants ont commencé à être diffusées dès les années 1930, mais il faudra attendre plusieurs décennies avant la prise de conscience progressive qu’ils peuvent être nocifs pour l’environnement et pour l’homme. Ils sont insolubles dans l’eau, mais solubles dans la plupart des solvants organiques et dans les huiles végétales, stables et pratiquement non biodégradables.

De plus ils sont cumulables dans la chaîne alimentaire (concentration dans les tissus vivants), et dégradables à haute température en conduisant à la formation de furanes et de dioxines (toxiques et cancérogènes).

Très peu solubles, ils se sont donc accumulés dans les sédiments du Rhône, puis dans les graisses des poissons. Or leur toxicité est équivalente à celle de la dioxine pour des consommateurs réguliers de poissons, selon l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa).

Les PCB en France

L’utilisation des PCB dans les applications ouvertes telles que les encres d’imprimerie et les adhésifs a été interdite en Europe en 1979.

La vente et l’acquisition de PCB ou d’appareils contenant des PCB, ainsi que la mise sur le marché de tels appareils neufs sont interdites en France depuis un décret du 2 février 1987.

Un décret du 18 janvier 2001 a ensuite transcrit en droit français la directive 96/59/CE du 16 septembre 1996 concernant l’élimination des PCB et des PCT, et prévoyait la réalisation d’un plan d’élimination des PCB, à partir d’inventaires constitués sur la base des déclarations des détenteurs d’appareils qui en contiennent.

Un plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et des PCT a été approuvé par un arrêté du 26 février 2003.

L’échéance pour cette élimination est fixée au 31 décembre 2010, en plusieurs étapes selon le type d’appareil.

Hormis, la précision est importante, "pour les transformateurs ayant entre 50 et 500 ppm de PCB (qui ne seront) éliminés qu’à la fin de leur terme d’utilisation."

On verra donc encore très longtemps fonctionner des transformateurs contenant du PCB...

Pour la réalisation du plan, le ministre chargé de l’Environnement est assisté par une commission nationale créée par un arrêté du 23 octobre 2001.

Sur la base des données fournies par chaque département, l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (ADEME) à réalisé un inventaire national des appareils qui en contiennent.

Le nombre d’appareils contenant plus de 5 litres de PCB inventoriés en France par l’Ademe s’établissait au 30 juin 2002 à 545 610, L’ensemble de ces appareils représentant un poids de 33 462 tonnes de PCB à éliminer…

Dont la majorité sont utilisés pour la production, le transport, mais surtout pour la distribution d’énergie électrique sur tout le territoire.

En 2001, 7800 tonnes de PCB avaient été incinérées et 14 400 tonnes décontaminées, selon les données de l’Ademe.

Reste que pour France Nature Environnement, qui consacrait un dossier aux PCB dans sa lettre d’information Industrie-Déchets de février 2007 (n° 30) :

« Depuis le début ce dossier a mal démarré, déjà au niveau de l’inventaire des appareils contaminés, fait uniquement sur le principe du volontariat, tout le monde s’est accordé à dire qu’il est largement incomplet (545 610 appareils répertoriés en 2004, dont plus de 450 000 pour EDF). Depuis, par manque de moyens humains et financiers le MEDD et l’Ademe n’ont pu suivre, ni mettre à jour cet inventaire... La France n’a donc aucune visibilité (mise à part des chiffrages de quantités éliminées uniquement en France par les éliminateurs de déchets dangereux) sur l’élimination de ces déchets.

L’Ademe prévoyait une mise à jour et donc un suivi de l’inventaire pour 2007, pour le moment rien n’est moins sûr que cela puisse ce faire !

Dès 2004, notre crainte a été de voir des pollutions diffuses de PCB dans l’environnement dues à des éliminations non maîtrisées de ces déchets, avec le risque de voir leur abandon sur des friches industrielles, ou des dépôts sauvages, ou lors de simple élimination par ferraillage. »

Or, dans le cadre du « Plan national » d’élimination et de décontamination des appareils contenant du PCB, défini par l’arrêté du 26 février 2003, seules deux usines en France sont homologuées pour éliminer les quantités considérables de PCB concernées...

Car outre les centaines de milliers de transformateurs électriques concernés, les PCB ont aussi massivement été utilisés des décennies durant comme lubrifiants dans les turbines et les pompes, dans la formation des huiles de coupe pour le traitement du métal, les soudures, les adhésifs, les papiers autocopiants sans carbone, etc.

Et seulement deux sites industriels homologués en France pour décontaminer le tout en quelques années : L’usine Tredi de Saint-Vulbas, dans l’Ain, rachetée en 2002 par le groupe Séché, spécialiste du traitement des déchets. Et une seconde usine appartenant au groupe Arkema, implantée à Saint-Auban dans les Alpes de Haute-Provence, entre Sisteron et Digne, près de la Durance...

Les PCB dans le Rhône

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Le Rhône

La présence de PCB dans le Rhône est attestée de longue date.

Ils ont été largement déversés dans le fleuve dans les années 1980. La responsabilité de l’usine de retraitement de déchets Tredi, implantée à Saint-Vulbas, dans l’Ain, avait notamment été mise en cause lors d’un épisode de pollution survenu dans les années 80.

« Vieux serpent de fleuve que la pollution du Rhône aux PCB, rappelait Politis le 5 juillet 2007. Cela fait vingt ans que la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) a déposé une plainte contre X pour le déversement annuel de centaines de kilogrammes de PCB, tellement dangereux que sa toxicité se calcule en picogramme (millième de milliardième de gramme) ! »

« Aujourd’hui, nos rejets dans l’eau sont très en deçà des normes, nous avons investi en masse », déclarait au Figaro le 1er mars 2007 M. Henri Petitgand, directeur de la communication du groupe Séché-Tredi qui a racheté l’usine en 2002.

« Tant que l’origine de la pollution n’est pas trouvée, on continuera de nous pointer du doigt », déplorait-t-il. Sans exclure catégoriquement de pollution plus récente, il soulignait que « l’on finira bien par trouver l’origine (de la pollution) car les PCB portent leur marque de fabrique. »

L’usine Tredi de Saint-Vulbas aurait donc très fortement limité ses rejets, tombés à quelques dizaines de grammes par jour.

« Car l’administration ne les a pas totalement interdits, s’offusquait Alain Chabrolle, vice-président de la Frapna-Rhône dans Politis. Tout le monde pensait la contamination largement diluée au cours du temps. La surveillance environnementale s’est allégée. »

Les différents services de l’Etat concernés devraient néanmoins pouvoir sans peine analyser les sources de cette pollution catastrophique, si l’on en croit le nombre et la portée des investigations qui se sont succédé depuis près de vingt ans…

Vingt ans d’empoisonnement

Au cours du premier semestre 2005, des analyses de chair de poissons pêchés dans le canal de Jonage mettent à nouveau en évidence une contamination par les PCB.

L’affaire débute par l’analyse inopinée des prises d’un pêcheur professionnel du département du Rhône, dont la production, dix tonnes par an de sandres, brèmes, carpes, barbeaux…, approvisionnait les restaurants de la région : des taux de PCB jusqu’à 12 fois supérieurs au seuil de l’OMS sont en effet enregistrés.

Le 26 août 2005, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) rendait un avis mettant en avant un risque pour les consommateurs réguliers de ces poissons.

En application du principe de précaution, le préfet du Rhône interdisait, par arrêté du 14 septembre 2005, la commercialisation et la consommation des poissons pêchés dans le canal de Jonage, un bras du Rhône bordant les communes de Meyzieu et Décines. et le plan d’eau du Grand Large.

Non sans que subsiste quelque ambiguïté : les prises restent toutefois autorisées, sous la pression des fédérations de pêche, qui voient leurs adhérents déserter par centaines…

Les services de l’Etat mettaient ensuite en place un protocole d’analyses et d’enquête « indispensable à la cohérence des résultats et à leur comparaison », confiés au Cemagref (Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement), et la Direction des services vétérinaires du Rhône.

Le 9 janvier 2006, les ministères de la Santé et de l’Agriculture indiquaient que le taux de contamination nécessitait le maintien de l’interdiction de consommation et la détermination des origines de cette contamination.

Dès lors, des investigations étaient menées sur le Rhône en s’éloignant, par étape, du premier secteur où la contamination avait été découverte.

Différents arrêtés préfectoraux et inter-préfectoraux étendaient la zone d’interdiction à un tronçon de près de 80 kilomètres, du barrage de Sault Brénaz (dans l’Ain), près de Lagneu, à la confluence Rhône-Saône.

Plusieurs plans d’eau lyonnais en relation avec le Rhône étaient également concernés : l’étang du Grand large et le lac des Eaux bleues du Parc public de Miribel, qui constitue la ressource de secours en eau potable du grand Lyon !

Dans le cadre de la poursuite des investigations, les résultats des analyses menées en aval de la confluence Rhône-Saône confirmaient que les poissons de ce secteur étaient également contaminés en PCB et dioxines.

En effet, l’Union européenne avait adopté le 3 février 2006 la norme recommandée par l’OMS de 8pg/g de matière brute (8 picogrammes/gramme), représentant la concentration admissible en dioxine et PCB type dioxine dans les aliments destinés à la consommation humaine.

Or les résultats enregistrés sur les poissons pêchés à la hauteur de Vernaison et de Pierre-Bénite indiquaient des taux allant de 1,71 à 32,28 pg/g en moyenne selon les espèces.

Un nouvel arrêté inter-préfectoral Isère-Rhôneétait donc pris le 22 février 2007, pour étendre la zone géographique de l’interdiction de consommation en aval de la confluence Rhône Saône jusqu’au barrage de Vaugris, obstacle physique limitant le passage des poissons contaminés plus en aval, selon la préfecture de Bassin.

En conséquence, l’interdiction de consommer le poisson pêché s’appliquait à partir du 22 février 2007 sur tout le linéaire du fleuve Rhône depuis le barrage de Sault Brénaz, à l’amont, jusqu’au barrage de Vaugris (au sud de la Vienne), à l’aval. Cet obstacle physique devant, selon la Préfecture, limiter le passage des poissons contaminés plus en aval.

Autant de mesures qui décidaient la Fédération Rhône-Alpes d’associations de protection de la nature (Frapna) à déposer (à nouveau) plainte contre X pour pollution, la première initiée il y a vingtaine d’années n’ayant jamais abouti…

Mais l’affaire n’allait malheureusement pas en rester là.

Plusieurs centaines de milliers de tonnes de sédiments contaminés

Davantage que la contamination des poissons, celle des sédiments inquiétait M. Alain Chabrolle, administrateur de la Frapna : « Nous sommes confrontés à un nouveau type de pollution, car les PCB ne sont pas solubles, ne sont pas biodégradables, ils se « scotchent » sur les sédiments, une sorte de pollution invisible qui n’a pas de toxicité à court, mais à moyen et long terme. On commence à prendre conscience avec effroi que la contamination a été excessivement importante. Avec une telle accumulation dans les sédiments que l’interdiction de consommation des poissons pourrait être prononcée pour des années sur tout le Rhône ! »

Or, comme le soulignait l’arrêté inter-préfectoral Isère-Rhône du 22 février 2007, qui avait étendu dans un premier temps l’interdiction de consommation du poisson à un tronçon de 80 kilomètres du Rhône, immédiatement en aval de Lyon, il n’existe aucun seuil réglementaire pour les PCB dans les sédiments…

« Cependant, précisait l’arrêté, des disparités géographiques apparaissent et les résultats obtenus sont en adéquation avec ceux observés sur les poissons. Ainsi, les sédiments du canal de Miribel contiennent beaucoup moins de PCB que ceux du canal de Jonage ou du Rhône dans Lyon. Les sédiments de Loyette contiennent 3 fois plus de PCB indicateurs et 6 fois plus de dioxines et furannes que ceux de Lucey. Les plus fortes valeurs sont observées dans les sédiments en profondeur du Grand Large. La Bourbre présente une contamination comparable à celle du canal de Jonage. Dans ces conditions, le Préfet coordonnateur du bassin Rhône Méditerranée a décidé d’étendre les analyses à l’échelle du bassin. »

Le préfet du Rhône, coordinateur de bassin, demandait dès lors aux collectivités situées plus en aval de pratiquer également des analyses qui pourraient, en cas de résultat positif, conduire à une extension du périmètre d’interdiction de consommer le poisson.

Restait à expliquer, si l’hypothèse d’une contamination ancienne se confirmait, les motifs de ce regain.

Le Cemagref émettait l’hypothèse de modifications du régime hydraulique du fleuve dues au changement climatique. Une hypothèse qui inquiète très fortement depuis deux à trois ans, à raison de ses conséquences catastrophiques pour le célèbre « couloir de la chimie », les représentants du Medef au Comité de bassin Rhône-Méditerrannée-Corse…

Les autorités indiquaient à ce stade que l’interdiction de consommation des poissons pourrait durer plusieurs mois, voire des années, car ce sont des centaines de milliers de tonnes de sédiments du fleuve qui sont contaminés.

Or la décontamination des sédiments, à cette échelle, pose des problèmes considérables, comme vont en témoigner les Journées nationales sur la gestion des sédiments portuaires et fluviaux, qui se tiendront à Lille les 24 et 25 septembre 2007. A l’instar du Symposium international sur le management des sédiments, organisé par l’Ecole des mines de Douai, qui se tiendra également à Lille du 9 au 11 juillet 2008.

Mais on devrait en savoir davantage sous peu puisque une autre manifestation, évoquera les jeudi 22 et vendredi 23 novembre 2007 à Paris le « nouveau rôle des collectivités locales (face) aux sites et aux sols pollués ».

Il s’agira de « Comprendre les enjeux de la nouvelle stratégie nationale du 8 février 2007. Identifier les responsabilités des acteurs et les recours possibles. Appliquer la nouvelle stratégie nationale des sites et sols pollués. Et… partager les actions innovantes mises en place par la Communauté urbaine de Lyon. »

S’intégrant dans « la Semaine de l’environnement urbain », ce séminaire tombe donc à pic (de pollution).

Chronique d’un désastre annoncé

Les medias n’ont commencé à évoquer la catastrophique pollution du Rhône qu’en mars 2007, après l’annonce des premières mesures d’interdiction de consommation humaine et de commercialisation du poisson, qui vont aller crescendo jusqu’à l’été 2007, avec par étapes successives des arrêtés d’interdiction qui concernent, en aout 2007, 300 kilomètres du Rhône, jusqu’à son embouchure en Camargue.

Mais la Frapna est mobilisée depuis… vingt ans contre la pollution du Rhône par les PCB !

Elle rappelait ainsi le 26 janvier 2007, lors d’une rencontre avec Mme Nelly Olin, alors ministre de l’Ecologie et du développement durable, présente à Lyon pour une réunion de suivi du « Plan Rhône », ses souhaits, déjà présentés à la ministre en novembre 2006, sur la qualité des eaux du Rhône, et notamment sa pollution par les PCB :

 Nécessité d’interdire tout rejet direct de PCB dans les milieux aquatiques ;


 Dégager les moyens nécessaires pour trouver l’origine et l’étendue exacte de cette contamination (80 kilomètres déjà concernés), et examiner les moyens pour y remédier (financements 2007 ?) ;


 Introduction d’un volet PCB et pollutions sédimentaires dans le Plan Rhône, dans le cadre des actions d’études à programmer, avec engagement de principe de financement ;


 Effectuer la synthèse des analyses (poissons - sédiments…) déjà réalisées ; 


 Améliorer l’information des pêcheurs (interdiction formelle de consommer tout poisson du Rhône) ;


 Mettre en place des suivis environnementaux spécifiques pour les zones industrielles à risques et un suivi environnemental global du Rhône ;

La Fédération ajoutait attendre « des réponses précises, même si des échanges constructifs avec les services de l’Etat ont déjà pu se concrétiser. »

Et notait ainsi que « les discussions engagées par la Frapna avec le groupe Séché-Trédi permettent d’ envisager à court terme l’arrêt de rejets de PCB (même en faibles quantités) dans le Rhône à Saint Vulbas et la mise en place d’un suivi environnemental régulier avec des indicateurs de contrôle partagés. »

Forcing bienvenu.

Avant de quitter le gouvernement en mai 2007, Mme Nelly Olin donnera son accord pour la réalisation d’un vaste programme d’investigation : périmètres, évolution des stocks (PCB, mais aussi d’autres polluants persistant ainsi que le mercure), conséquences sur l’irrigation, l’épandage de limons, la potabilité, etc.

Démarche novatrice, si bien tardive, qui devrait permettre de mieux cerner cette pollution dont on ne connaît aujourd’hui que les inquiétantes contaminations sporadiquement révélées par l’analyse de poissons.

Car les inquiétudes des associations allaient se révéler prémonitoires.

Des mairies portent plainte contre X pour pollution

Le 23 mai 2007 les municipalités de Meyzieu, à l’est de Lyon, et Décines-Charpieu (Rhône) annonçaient avoir déposé plainte contre X, dès le mois de février pour Meyzieu, pour la pollution sans précédent du Rhône par le PCB.

Meyzieu et Décines sont bordées au nord par le canal de Jonage, particulièrement affecté par cette pollution, les autorités ayant interdit dès 2005 la consommation des poissons pêchés dans ce bras du Rhône.

"Nous avons déposé plainte pour pollution des eaux et abandon de déchets contenant du PCB, après une délibération de notre conseil municipal le 29 mars", précisait à l’AFP M. Serge Pupovac, directeur général des services de Décines.

La municipalité de Meyzieu, après avoir placardé les avis d’interdiction sur les berges communales du fleuve et de ses canaux, tentait dès lors de convaincre les 113 communes alors concernées par les arrêtés d’interdiction de déposer plainte à leur tour. Elle était rejointe par les communes de Vaux-en-Velin, Jonage, Jons, Grigny…

Son maire, M. Michel Morissier confiait le 5 juillet 2007 à Politis : « Je dérange, mais je n’admets pas que l’on me rétorque que "ça fait vingt ans que ça dure, alors..." Tout le monde est au courant, mais c’est la passivité qui domine trop souvent. Pour ma part, je redoute un scénario comme celui de l’amiante... »

Lors d’un point-presse les candidats Verts aux élections législatives dans le Rhône estimaient que cette pollution, dont ils entendaient faire "le fil rouge" de leur campagne, concernait probablement d’autres départements. Le parti écologiste souhaitait donc que les pouvoirs publics lancent une enquête sanitaire approfondie.

M. Alain Chabrolle, administrateur de la Frapna, assurait à cette occasion que la préfecture avait accepté le principe d’un groupe de travail, chargé de mener cette nouvelle étude approfondie de 2008 à 2010.

La Fédération se félicitait toutefois de la mise en œuvre d’un avenant de l’arrêté d’exploitation de la société Trédi à Saint Vulbas, dans l’Ain, réduisant les rejets de PCB autorisés, et de la mise en place d’un programme de recherche sur les pollutions sédimentaires (comprenant PCB et dioxines) du Rhône, dont la coordination a été confié à la Diren (Direction Régionale de l’Environnement) Rhône-Alpes.

Elle exprimait le souhait de faire partie de son comité de pilotage et que de nouvelles analyses soient réalisées et communiquées rapidement jusqu’à la Méditerranée sur les sédiments, les poissons (avec des nouvelles espèces comme l’anguille), et sur des aliments indicateurs comme les tellines (coquillages) ramassées sur les bords des plages, ou le riz en Camargue.

L’interdiction de consommer des poissons étendue à l’Ardèche et la Drôme

Deux nouveaux arrêtés préfectoraux, datés du 13 juin 2007, étendaient ensuite l’interdiction de la consommation humaine et animale, ainsi que la commercialisation, de poissons pêchés dans le Rhône, du barrage de Sault Brénaz dans l’Ain, jusqu’aux limites administratives de la Drôme et du Vaucluse et les limites administratives de l’Ardèche et du Gard, concernant à ce stade plus de 200 kilomètres de tronçons du Rhône, y compris les canaux de dérivation et les contre-canaux du fleuve.

Les dernières analyses réalisées attestaient d’une concentration de PCB dans les poissons jusqu’à 7 à 8 fois la norme recommandée par l’OMS et adoptée par l’Union européenne, correspondant à une dose 40 fois supérieure à la dose acceptable quotidiennement, déclarait la Frapna dans un communiqué diffusé le 19 juin 2007. 


La région Rhône-Alpes s’alarme de la pollution du fleuve

Après l’annonce de l’interdiction décidée par les préfets de la Drôme et de l’Ardèche, le président (PS) du conseil régional Rhône-Alpes, M. Jean-Jacques Queyranne, demandait le 19 juin 2007 au préfet de région d’organiser dans les meilleurs délais une rencontre avec les élus des territoires concernés par la contamination du fleuve.

Evoquant “une pollution sans précédent et qui s’amplifie”, M. Queyranne précisait que cette rencontre permettrait de vérifier la mise en œuvre des actions de dépollution déjà programmées et d’examiner des mesures complémentaires. La région et l’Union européenne ayant prévu d’affecter 7 millions d’euros entre 2007 et 2013 pour conduire des actions de lutte contre la pollution.

En outre, Rhône-Alpes, avec les régions Paca et Languedoc-Roussillon, est très impliquée dans le « plan Rhône », qui vise à restaurer la qualité des eaux du fleuve, en mobilisant les acteurs des territoires riverains.

On conçoit aisément que tous les « acteurs de l’eau » concernés se mobilisent puisque la France est tenue, comme tous les Etats-membres de l’UE, d’appliquer désormais les dispositions découlant de la mise en œuvre de la Directive 2006/44/CEdu Parlement européen et du Conseil du 6 septembre 2006 concernant la qualité des eaux douces ayant besoin d’être protégées ou améliorées pour être aptes à la vie des poissons…

Les analyses du Cemagref

La Direction de la citoyenneté et de l’environnement de la préfecture du Rhône rendra publique le 21 juin 2007 la synthèse des données recueillies en 2005-2006 par le Cemagref, intitulée « Contamination des poissons et des sédiments du Rhône par les polychlorobiphényles. »

L’inquiétude croît, le mystère aussi…

Dans son édition du 26 juin 2007 Le Monde publiait une enquête de sa correspondante régionale, qui ne levait toujours pas le voile sur les sources de cette pollution dont il semblait désormais qu’elle puisse souiller le Rhône jusqu’à son embouchure…

« (…) Le périmètre s’étend désormais sur 200 kilomètres et pourrait encore être élargi : le Vaucluse, le Gard et les Bouches-du-Rhône attendent les conclusions d’analyses avant de prendre d’éventuelles mesures de protection similaires.

Dans la Drôme, les résultats des prélèvements réalisés sur six espèces de poissons ont montré une contamination allant jusqu’à 59 picogrammes/gramme (pg/g) (l’unité utilisée pour les dioxines sur le plan de la toxicité), alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé à 8 pg/g la concentration admissible en dioxine et PCB dans les poissons destinés à la consommation humaine. Le poisson le plus contaminé présentait une dose 40 fois supérieure à la dose acceptable quotidiennement. »

Quant à la dangerosité de cette pollution chimique exceptionnelle, rien de rassurant non plus :

« (…) La contamination se fait par ingestion d’animaux ou de produits d’origine animale contaminés. Les autorités préfectorales font valoir que la "toxicité aiguë des PCB est faible pour l’homme et qu’une exposition accidentelle de courte durée n’a pas de conséquence grave". Les mêmes sources précisent toutefois qu’une exposition aiguë à forte dose est associée à des irritations de la peau et plus rarement des infections hépatiques, neurologiques, des bronchites chroniques, des maux de tête et vertiges et parfois de l’impuissance. Des troubles qui peuvent être irréversibles et entraîner des cancers.

« Des analyses devraient être prochainement étendues à de nouvelles espèces, comme les anguilles, et à de nouveaux polluants, comme le mercure. »

« Le Rhône n’est pas une poubelle »

Lors d’une réunion du Comité de bassin Rhône-Méditerranée-Corse le jeudi 28 juin 2007, des élus Verts de la région Rhône-Alpes, M. Jean-Marc Léculier, membre du bureau de l’Agence de l’eau et Mme Geneviève Soudan, porte-parole du groupe des verts à la région, enfonçaient le clou et diffusaient un communiqué soulignant la gravité de la situation :

« (…) Il est question de déversements de pyralène contaminant depuis plus de vingt ans les sédiments.

« Le Rhône est une richesse et les élus Verts à la Région Rhône Alpes, depuis 2004, ont œuvré dans le sens de sa protection : élaboration d’ un plan Rhône en partenariat avec les autres régions concernées assurant l’aménagement équilibré du Rhône respectueux de l’homme, de son environnement et de ses activités. Accord-cadre entre l’Etat, l’Agence de l’Eau et la région quant à la qualité des eaux...

« Depuis février les Verts ont interpellé le Préfet afin que les études nécessaires soient réalisées pour connaître l’origine de cette pollution. Aujourd’hui les Verts insistent pour que les membres du comité de bassin prennent leurs responsabilités et engagent les démarches nécessaires pour identifier le pollueur, faire cesser la pollution et que le Rhône retrouve sa qualité, pour le bien-être des riverains, comme l’impose d’ailleurs la directive cadre européenne sur l’eau. »

L’interdiction est étendue jusqu’à la Méditerranée

La préfecture du Vaucluse annoncera à son tour le mardi 7 aout 2007 que la consommation et la commercialisation de poissons pêchés dans le Rhône, déjà interdite de l’Ain à la Drôme, était étendue au sud jusqu’à la Méditerranée, aux termes d’un arrêté signé ce même jour par les préfets du Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-Rhône.

La mesure découlait "d’analyses défavorables révélant une contamination de ces poissons en PCB", indiquait la préfecture.

L’interdiction est valable jusqu’à l’embouchure du fleuve, ainsi que pour ses canaux dérivés et les étangs qui sont lui sont liés en Camargue.

"Une information a d’ores et déjà été faite auprès de la filière professionnelle de pêche", rapportait la préfecture des Bouches-du-Rhône dans un communiqué.

Le contact sur la peau "ne présente pas de danger", précisait M. François-Xavier Temple, directeur des services vétérinaires du Vaucluse. Une exposition de courte durée non plus. La baignade et les sports nautiques ne font d’ailleurs pas l’objet d’interdiction.

Enquêtes tous azimuts

La préfecture de la région Rhône-Alpes, coordinatrice du bassin du Rhône, rappelait avoir confié une enquête à la Direction régionale de l’environnement (Diren) pour rechercher les causes de cette contamination, ses conséquences ainsi que la manière de la juguler.

En soulignant que le pré-rapport de synthèse du Cemagref, rendu public le 21 juin 2007 avait conclu que les sources de contamination étaient "anciennes, multiples et difficilement identifiables", la préfecture du Vaucluse précisait que le programme de la nouvelle enquête confiée à la Diren « sera débattu d’ici fin septembre avec les élus, les représentants de la société civile et les industriels concernés".

On apprenait le même jour qu’une nouvelle expertise de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) serait également effectuée d’ici à l’automne 2007…

L’usine Trédi, spécialisée dans le retraitement des déchets spéciaux hors radioactifs, de Saint-Vulbas (Ain), l’une des deux en France habilitées à retraiter les appareils contenant des PCB, est autorisée à rejeter de faibles quantités de ce produit dans le Rhône, "mais cela ne peut être la seule cause", affirmait M. François-Xavier Temple, Directeur des services vétérinaires du Vaucluse, qui donnait l’exemple de "gens qui jettent les batteries dans l’eau »…

Suspicions et contrôles

"Ce n’est pas une surprise, réagissait le président du groupe Verts au conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« Comment croire que la contamination se soit arrêtée en amont ?"

Selon lui, "on paie aujourd’hui la gestion des déchets du passé. (...) Il en va de la santé de tout le monde".

Pour la directrice départementale des services vétérinaires des Bouches-du-Rhône, Mme Joëlle Feliot, les taux relevés dans le sud sont "supérieurs aux normes mais pas catastrophiques", et "moins élevés que ceux qu’on peut avoir" plus au nord.

"L’origine à ce stade n’est pas connue mais il y a des suspicions. La pollution ne peut venir que du relarguage de déchets", indiquait Mme Feliot.

Selon elle, la Drire a conclu qu’il n’y avait pas de rejets dans les Bouches-du-Rhône, "mais probablement en amont".

Interrogée sur les rejets de l’usine Trédi de Saint-Vulbas (Ain), l’une des deux en France habilitées à retraiter les appareils contenant des PCB et à rejeter de faibles quantités de ce produit dans le Rhône, elle déclarait : "Ce sont des installations classées soumises à des normes très strictes. (...) La Drire de l’Ain suit cela."

Les pêcheurs professionnels pénalisés

La contamination des écosystèmes aquatiques aux PCB entraine aussi des conséquences économiques graves pour le secteur de la pêche professionnelle.

Pour M. Philippe Boisneau, président de la Coordination nationale des pêcheurs professionnels en eau douce (Cnapped) et M. Didier Bertin, président de l’Association interdépartementale des pêcheurs professionnels de la Saône et du Haut-Rhône : « Les pêcheurs sont dans l’obligation d’honorer leurs nombreuses charges (loyer à l’Etat, charges sociales…) sans pouvoir percevoir de recettes puisque, de fait, la vente des poissons leur est interdite. Il ne faut pas minimiser l’impact et les conséquences économiques de cette pollution. »

La pêche en soit n’étant pas interdite, les pêcheurs de loisirs peuvent, eux, continuer leur hobby sous respect du principe « no kill », qui consiste à rejeter le poisson à l’eau après qu’il ait été pêché.

Plusieurs associations, à l’instar de WWF-France, qui s’alarmait à son tour de la contamination du Rhône dans un communiqué rendu public le 16 aout 2007, s’apprêtent donc à apporter leur soutien aux professionnels de la pêche en eau douce et à interpeller l’Etat pour qu’une indemnisation pour perte de revenus substantiels leur soit accordée.

Car de fait, dans son édition du 17 aout 2007, l’édition Isère Nord du quotidien régional Le Dauphiné Libéré stigmatisait à son tour « Un Tchernobyl à la française », en titrant sur "les pêcheurs professionnels dans la tourmente" :

« (…) Dénoncée par les fédérations de pêche du Rhône et de l’Isère, qui ont porté plainte contre X, cette situation a aujourd’hui des conséquences dramatiques sur les pêcheurs professionnels en eau douce.

« Ils sont en effet une trentaine à exercer sur le Rhône entre le Haut-Rhône et le delta du fleuve. Il est interdit de consommer, mais pas de pêcher. Or, en l’absence de toute interdiction de pêcher, on ne peut réaliser aucune recette, on n’a pas le droit de se déclarer en faillite et on doit toujours payer nos charges. L’État ne fait absolument rien », dénonce M. Didier Bretin, le président du syndicat des pêcheurs professionnels du Haut-Rhône et de la Saône.

« On est face à un véritable scandale. L’État refuse soit de savoir ce qui se passe réellement, soit de divulguer ce qu’il sait, alors que le Rhône est devenu un Tchernobyl à la française », poursuit M. Bretin.

« On sait d’où vient la pollution et pour avoir une idée précise des dégâts qu’elle occasionne, il suffirait de réaliser des prélèvements en amont et en aval de l’usine incriminée, avance t-il.

« Pour M. Didier Bretin, on laisse mourir les pêcheurs professionnels du Rhône. De son côté, M. Philippe Boisneau, le président national des pêcheurs professionnels en eau douce va encore plus loin.

« On dépend du ministère de l’Agriculture en ce qui concerne la qualité sanitaire des poissons et de celui du Développement durable, car on est censé veiller sur la qualité des eaux. Or, en liquidant les pêcheurs professionnels en eau douce, on liquide les veilleurs du fleuve au profit des pollueurs.

"M. Philippe Boisneau dénonce aussi l’attitude de ministère des Finances.

« En plus, Bercy ne veut pas nous entendre et nous fait payer plein pot, malgré le fait qu’on n’ait plus aucune recette depuis des mois. On est les victimes et les payeurs ! On est face au "black out" d’une administration intransigeante et intégriste », fulmine t-il.

"Toutefois pour les pêcheurs professionnels, l’administration pourrait changer de cap dès que d’autres pêcheurs, ceux de la Méditerranée, entreront dans la danse car, c’est une évidence, la pollution aux PCB ne s’arrêtera pas au delta du Rhône mais va toucher la Grande bleue. « Avec nos collègues d’en bas, ça risque de se passer autrement », prophétise M. Philippe Boisneau.

Les associations se mobilisent

La Frapna et France Nature Environnement avaient réagi dès le 8 aout 2007 à ces nouvelles annonces :

« Les mesures d’interdiction doivent désormais être étendues jusqu’à la mer : les préfets du Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-Rhône ont signé hier un arrêté dans ce sens. 


« Cette problématique concerne maintenant plus de 300 kilomètres de tronçons du Rhône !

« La Frapna et FNE apprennent ainsi avec consternation, mais sans réelle surprise, cette mauvaise nouvelle. 


« Nous demandons que de nouvelles investigations soient engagées sur les grands affluents comme la Saône, l’Isère et la Durance. 


"Que le nouveau Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durable mette en oeuvre tous les moyens indispensables pour le suivi de cette pollution ainsi que pour le programme de recherche sur les pollutions sédimentaires lancé cette année, à notre demande, sur le bassin Rhône Méditerranée. 


« Nous souhaitons que des analyses soient réalisées sur la pêche côtière dans le delta du Rhône (poissons et coquillage) et en Camargue. 


« Enfin, vu l’importance de la problématique, la Frapna et FNE demandent d’étendre les investigations au niveau national et la création d’un observatoire national des pollutions sédimentaires.

« La pollution par les PCB n’est qu’un exemple parmi d’autres substances toxiques présentes en trop grand nombre dans l’environnement alors que la ressource en eau est au cœur des débats politiques au niveau international.

« En France, à l’heure du Grenelle de l’Environnement, la pollution aux PCB doit être prise en compte de manière urgente, au même titre que les pollutions engendrées par les pesticides. »

Un Tchernobyl à la française ?

Voir :

« Comme un poison dans l’eau », Envoyé spécial, 22 mai 2008

Lire :

Le Rhône pollué par les PCB : un Tchernobyl français ?

Carnets d’eau – Le Monde Diplomatique, 14 août 2007.

Pollution du Rhône : 10 questions sur un désastre écologique majeur.

Les eaux glacées du calcul égoïste, 23 août 2007.

« Le Rhône interdit : il est pollué jusqu’à la Méditerranée »

Le Nouvel observateur, 23 août 2007.

Le « couloir de la chimie » sur la sellette

Les eaux glacées du calcul égoïste, 28 août 2007.

Pollution au PCB : après le Rhône en France, la Suisse découvre à son tour l’ampleur de la contamination.

Carnets d’eau – Le Monde Diplomatique, 30 août 2007.

Le pyralène, poison des poissons du Rhône

Rue 89, 1er septembre 2007.

Pollution du Rhône : la video qui accuse

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 septembre 2007.

Pollution du Rhône : questions sans réponses

Les eaux glacées du calcul égoïste, 26 septembre 2007.

The ’French Chernobyl’ that has poisoned the Rhône’s fish

The Guardian, 23 février 2008.

Lire : Fred Pearce, Quand meurent les grands fleuves, Enquête sur la crise mondiale de l’eau, Calmann-Lévy, 2006.

Marc Laimé

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