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Un accord est-il possible entre Abbas et Olmert ?

dimanche 19 août 2007, par Alain Gresh

Tensions au sein du pouvoir iranien

Selon l’AFP (17 août), l’ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi, chef du pouvoir judiciaire en Iran, a sévèrement critiqué le président Ahmadinejad après que ce dernier a démis de leurs fonctions les deux ministres du pétrole et de l’industrie. Si nous changeons régulièrement les gestionnaires et les ministres, rien ne pourra s’améliorer, aurait-il lancé, selon la presse de Téhéran. Le même jour, la presse iranienne révélait que Tahmasebi, le ministre du pétrole, avait violemment attaqué le président Ahmadinejad dans sa lettre de démission, se plaignant des changements de personnel imposés à son ministère.

Elections au Maroc

Le 7 septembre, des élections générales se dérouleront au Maroc. Le Parti de la justice et de la démocratie (PJD), qui se réclame de l’islam, devrait obtenir, selon divers sondages, d’excellents résultats. Dans un long reportage publié dans Le Monde diplomatique du mois d’août (disponible en kiosque), Wendy Kristianasen se penche sur ce parti, ses différentes tendances et son implantation (« Les islamistes marocains tentés par le modèle turc »). Elle aborde aussi, dans un autre article (« Femmes, le droit au divorce s’installe »), les changements provoqués par la réforme du code de la famille.

Un accord est-il possible entre Abbas et Olmert?

Annoncée pour l’automne par le président Bush, la perspective d’une réunion internationale sur le conflit israélo-arabe a créé un certain vent d’optimisme dans les médias internationaux, mais cet optimisme semble bien prématuré. Selon des sources israéliennes, l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien auraient commencé à discuter un texte sur un accord de principe, mais alors que les Palestiniens font de sa rédaction la condition de leur participation à une conférence internationale, Israël affirme que la conférence ne dépend pas de la rédaction de ce document.

Selon Barak Ravid, (« Olmert, Abbas talks hit snag on refugee problem », Haaretz, 17 août), les conversations buteraient sur le refus palestinien de faire des concessions sur le problème des réfugiés. En revanche, selon Yasser Abed-Rabbo, membre du comité exécutif de l’OLP et proche de Mahmoud Abbas (dans un entretien avec le quotidien arabe de Londres Al-Quds Al-Arabi, du 18 août), aucune négociation n’est en cours car le gouvernement israélien refuse les discussions sur un plan détaillé. Pour lui, il ne peut s’agir de discuter d’un texte général (le plan de paix arabe est suffisant), mais de « transformer ce plan en un cadre détaillé pour résoudre tous les problèmes en vue d’une solution définitive – notamment les réfugiés, Jérusalem et les frontières, avec un calendrier précis et des garanties internationales, de manière à ce que la prochaine conférence soit fructueuse ». Mme Condoleezza Rice devrait se rendre en Israël au début du mois prochain pour tenter de rapprocher les points de vue. Parmi les nombreuses difficultés, l’impopularité des deux gouvernements palestinien et israélien. L’idée du président Abbas de convoquer des élections qui seraient interdites au Hamas risque de déboucher sur des affrontements militaires en Cisjordanie. Sans parler même du coup qu’elle porterait à la démocratie dont les Occidentaux se réclament avec une telle force.

Pourtant, jamais le consensus international sur la solution au conflit israélo-palestinien n’a été aussi fort. En principe, tout le monde est d’accord pour affirmer son soutien à la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël. Même le président Bush a défendu cette option. Pourtant, on peut se demander si ce « consensus » a le moindre rapport avec ce qui se passe sur le terrain. Et s’il n’est pas déjà trop tard pour créer un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza.

Dans un article publié par Le Monde diplomatique du mois d’août (non disponible sur le site Internet), Régis Debray appelle à « une cure de vérité au Proche-Orient ». Il explique notamment cet étrange consensus : « Toutes les parties trouvent intérêt au maintien des faux-semblants et trompe-l’oeil internationaux. Les Israéliens parce que l’histoire avance masquée. Les Palestiniens, parce qu’on ne peut pas dire la vérité à un peuple occupé et qui espère, sans l’inciter à s’autodétruire ; et que notables, élus, fonctionnaires tirent de ce qui est devenu un vœu pieux, gagne-pain, titulatures, dignité et raison d’être. Les Européens, parce qu’ils ont choisi de s’acheter une conduite moyennant une aide financière et humanitaire importante, qui les exonère de leur passivité politique et de leur cécité volontaire. Et les Américains, mentalement plus redevables à l’Ancien Testament qu’au Nouveau, parce que leur lien existentiel avec Israël est de type filial et donc acritique. L’illusion protectrice et partagée résulte ainsi d’une coïncidence d’intérêts opposés – là est l’ironie de l’histoire. »

Et, après avoir rappelé la situation sur le terrain et le développement des colonies : « Se profile en résumé, au lieu de l’Etat palestinien annoncé et souhaité par tous, un territoire israélien encore inaperçu, avec, enclavées, trois municipalités palestiniennes autogérées. »

Pour comprendre le dilemme, il faut lire l’article de Nadav Shragai, « Most settlements lie east of fence, most settlers west » (la plupart des colonies sont à l’est de la barrière, la plupart des colons à l’ouest), dans le quotidien israélien Haaretz (16 août).

« Alors que seulement 48 des 122 colonies en Cisjordanie sont situées à l’ouest du tracé de la barrière de séparation, ces mêmes colonies abritent la grande majorité des colons : c’est ce que conclut une analyse faite par Haaretz, fondée sur des données du ministère de l’intérieur. Ces données montrent que 76,2% des colons – 209 716 – habitent ces 48 colonies. » (...) « Seulement 65 440 colons résident, en 2007, dans les 74 colonies qui sont situées à l’est du tracé de la barrière, soit 23,8% du total. »

Au total, conclut l’article, le nombre de colons est passé en un an de 260 645 à 275 156, soit une augmentation de 5,45%, un taux d’accroissement qui est deux fois plus fort que celui de la population juive d’Israël.

31 commentaires sur « Un accord est-il possible entre Abbas et Olmert ? »

  • permalien Nicolas Krebs :
    19 août 2007 @16h36   »

    « Selon l’AFP (17 août), l’ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi, chef du pouvoir judiciaire en Iran a sévèrement critiqué le président Ahmadinejad après que ce dernier ait démis les deux ministres du pétrole et de l’industrie. »

    Quand auront lieu les prochaines élections présidentielles iraniennes, que les électeurs iraniens nous débarassent de ce guignol ?

    « Parmi les nombreuses difficultés, l’impopularité des deux gouvernements palestinien et israélien. »

    L’impopularité du gouvernement est le gros problème de la démocratie. Les gouvernements birman et syrien (au hasard) n’ont pas ce problème.

    « Dans un long reportage publié dans Le Monde diplomatique du mois d’août (disponible en kiosque), Wendy Kristianasen se penche sur ce parti »

    Cf. http://www.monde-diplomatique.fr/20... ».

    « Dans un article publié par Le Monde diplomatique du mois d’août [...] Régis Debray appelle à "une cure de vérité au Proche-Orient" »

    Cf http://www.monde-diplomatique.fr/20....

    Je me permets de demander l’avis de l’auteur et des lecteurs de ce blog quand à :
    - l’intensification de la répréssion au Kurdistan irannien (cf. Cécile Hennion, « Téhéran intensifie la répression contre les Kurdes », Le Monde, 17/08/2007
    - le film The Kingdom (réal. Peter Berg), qui semble inspiré de l’attentat du 25 juin 1996 en Arabie saoudite, et dont la bande-annonce montre des points à mon avis importants pour comprendr ela situation de l’époque, en particulier la présence importante d’américains (plusieurs milliers), présence pourtant complètement séparée de la population locale (et cela ne semble pas avoir changé, je possède un article comparant les présences française et états-unienne à Djibouti), l’ingérence (justifiée, il faut bien l’admettre) du FBI dans ce pays, le manque de coopération entre eux et les autres équipes d’enquète (à l’image de la concurence entre services aux États-unis).

  • permalien K. :
    19 août 2007 @17h55   « »

    Pourtant, jamais le consensus international sur la solution au conflit israélo-palestinien n’a été aussi fort. En principe, tout le monde est d’accord pour affirmer son soutien à la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël. Même le président Bush a défendu cette option.

    Les bras m’en tombent Monsieur Gresh.

    Vous voyez consensus, accord, soutien, auxquels participerait même le président Bush là ou je ne vois que faux-semblants, hypocrisie, et pour tout dire, encore et toujours « la plus spectaculaire duperie de l’histoire de la diplomatie moderne »

  • permalien Pierre :
    19 août 2007 @18h21   « »

    Israël-Palestine : l’histoire se répète ?

    Les événements de ces derniers jours nous rappellent de plus en plus la situation de 2000. A l’époque, Bill Clinton avait pressé les Israéliens et les Palestiniens de parvenir à une entente avant le terme de son mandat présidentiel. D’un côté, il faut saluer la volonté des deux parties de relancer à nouveau le processus de paix comme il y a sept ans. Mais de l’autre, il ne faut pas oublier que l’échec des négociations avait alors entraîné une nouvelle Intifada. Est-il possible que l’histoire se répète ?
  • permalien Pierre :
    19 août 2007 @18h53   « »

    En tous les cas un accord est possible entre Olmert et Olmert. (au fait, Abbas c’est lequel?)

    Israël lancera un projet économique en faveur des Palestiniens

    JERUSALEM, 16 août (XINHUA) — Israël envisage de lancer un projet économique afin de compléter l’accord de principes que l’Etat hébreu souhaite conclure avec les Palestiniens en prévision d’une conférence internationale de paix prévue pour la fin de l’année, a rapporté jeudi le quotidien local Ha’aretz.

    Une fois que l’Etat palestinien sera créé, Israël va lancer plusieurs projets d’investissements en faveur des Palestiniens, tels que "l’horizon économique", à l’instar de "l’horizon politique", qu’Israël envisage de mettre en oeuvre à travers la voie diplomatique, selon des responsables du gouvernement israélien, cité par le journal.

    A propos de projet justement, a part cette volonté commerciale exprimée par Olmert, il semble qu’on en soit au point mort.

    Avant d’envisager de faire la ’paix" parce c’est bon pour les affaires, il serait intéressant d’entendre la vision du "jour d’après" des belligérants déjà protagonistes.

    Qu’en est-il du Grand Israël, combien de temps le Fatah compte-il s’accrocher à la dernière revendication encore exprimée d’Arafat (le droit au retour).

    Sauf pour le Hamas qui ose encore exprimer des espoirs, cette politique est une politique du "bout de nez".

    Les Israéliens et les Palestiniens n’auraient-ils plus de rêves ?

    A quoi bon faire la paix si on ne dit plus pourquoi on se bat ?

  • permalien guitl :
    19 août 2007 @19h15   « »

    ah oui, le Grand Israël, représenté sur le drapeau, c’est ça, Pierre ? du Nil à l’Euphrate ?

    Intéressant, comme concept.

  • permalien K. :
    19 août 2007 @19h36   « »

    Qu’en est-il du Grand Israël, combien de temps le Fatah compte-il s’accrocher à la dernière revendication encore exprimée d’Arafat (le droit au retour).

    Pierre, pour le Grand Israël il faut s’adresser à qui de droit.

    Pour le droit au retour par contre il n’y a pas l’ombre d’une ambiguité depuis l’initiative de paix de la ligue arabe de 2002, comme d’ailleurs l’a souligné AG dans un de ses précédents envois. Mais c’est le genre de fait qu’en dehors de ce blog et de quelques autres sites non-MSM l’on “oublie” de rappeler.

    C’est l’occasion de le faire avec Henry Siegman :

    « Il est sûr que, dans le passé la demande palestinienne d’un droit de retour était un obstacle sérieux à un accord de paix. Mais l’initiative de paix de la ligue arabe de 2002 ne laisse aucun doute sur le fait que les pays arabes accepteraient un retour nominal et symbolique de réfugiés en Israël dans une proportion approuvée par Israël, l’immense majorité étant rapatriée dans le nouvel état palestinien, leurs pays de résidence, ou dans d’autres pays prêts à les recevoir. »

  • permalien Pierre :
    19 août 2007 @19h57   « »

    K, je crois que pour le "droit au retour", il faudra aussi s’adresser à "qui de droit", parce qu’à y bien regarder, il y a là une source inexplorée de chicanes pour au moins un siècle.

    Pour l’instant on en est encore pour un "oui" ou un "non" global, mais je sens le "peut-être" poindre le bout de son nez.

    Et quand on en sera au "peut-être" la farandole kafkaïenne n’en finira pas de nous enchanter.

    On peut dès aujourd’hui imaginer les informations de demain : "Profond désaccord entre Israéliens et Palestiniens concernant le droit au retour des candidats célibataires nés un jour impaire, d’une année bissextile, exerçant la profession de taxidermiste. Olmert claque la porte, le Fatah se concerte".

  • permalien K. :
    19 août 2007 @20h05   « »

    Les faits rappelés par Henry Siegman (je complète la traduction du texte du LRB) :

    « L’argument d’Israël a toujours été que dans la mesure où aucun état palestinien n’existait avant la guerre de 1967, il n’existe pas de frontière identifiée derrière laquelle Israël puisse se retirer, parce que la frontière d’avant-1967 n’était qu’une ligne d’armistice. De plus, puisque la résolution 242 réclame une « paix juste et durable » qui permettra à « chaque état présent dans le secteur [de] vivre en sécurité », Israël soutient qu’il doit lui être permis de changer la ligne d’armistice, bilatéralement ou unilatéralement, pour la rendre sure avant qu’elle ne mette fin à l’occupation. C’est un argument spécieux pour plusieurs raisons, mais principalement parce que la résolution 181 de Partition de l’Assemblée générale de l’ONU de 1947, qui a établi la légitimité internationale de l’état juif, a également reconnu le reste du territoire palestinien comme le patrimoine non moins légitime de la population arabe de la Palestine sur lequel ces arabes étaient autorisés à établir leur propre état, et il a tracé les frontières de ce territoire avec une grande précision. L’affirmation par la résolution 181 du droit de la population arabe de la Palestine à l’autodétermination nationale était basée sur une loi normative et les principes démocratiques qui garantissent un foyer à la population majoritaire. (Les arabes constituaient alors 2/3 de la population de la Palestine.) Ce droit ne s’évapore pas en raison du retard de son exécution.

    Au cours d’une guerre déclenchée par les pays Arabes [en 1948] qui cherchait à empêcher l’exécution de la résolution de partition de l’ONU, Israël a élargi son territoire de 50 pour cent. S’il est illégal d’acquérir des territoires par des faits de guerre, alors la question aujourd’hui ne peut pas objectivement être de savoir combien de territoires palestiniens supplémentaires Israël peut confisquer, mais plutôt quelle quantité des territoires qu’il a acquis au cours de la guerre de 1948 on peut lui permettre de maintenir. Pour le moins, si des « ajustements » doivent être apportés à la ligne d’armistice de 1949, ceux-ci devraient être faits du côté Israélien de cette ligne, et non pas du coté Palestinien. » À suivre

  • permalien K. :
    19 août 2007 @20h14   « »

    Les faits rappelés par Henry Siegman (je complète la traduction du texte du LRB- suite 1) :

    « Clairement, l’obstacle qui empêche de résoudre le conflit israélo-palestinien n’a jamais été une pénurie d’initiatives de paix ou d’émissaires pour la paix. Ni ne l’a été la violence à laquelle les Palestiniens ont recouru dans leur lutte pour se débarrasser de l’occupation Israélienne, même lorsque cette violence a de façon ignoble visé la population civile d’Israël. Ce n’est pas encourager le meurtre des civils que de rappeler qu’une telle violence se produit, tôt ou tard, dans la plupart des situations dans lesquelles l’aspiration d’un peuple à l’autodétermination nationale est frustrée par une puissance d’occupation. En fait, la propre lutte d’Israël pour l’indépendance nationale n’a pas fait exception. Selon l’historien Benny Morris, dans ce conflit c’était l’Irgoun qui le premier avait ciblé des civils. Dans Righteous Victims, Morris écrit que la montée du terrorisme arabe en 1937 a « déclenché une vague d’attentats à la bombe de l’Irgoun contre les foules et les autobus arabes, donnant une nouvelle dimension au conflit. » Tandis que dans le passé les Arabes avaient « ciblé des voitures et des piétons et parfois lancé des grenades, tuant ou blessant souvent quelques passants ou passagers », maintenant « pour la première fois, des bombardements massifs étaient lancés contre des centres arabes densément peuplés, et des dizaines de personnes ont été assassinées et mutilées aveuglément. » Morris note que « cette “innovation” a bientôt trouvé des imitateurs arabes. »

    Ce qui montre la volonté d’Israël de maintenir les territoires occupés est le fait qu’il n’a jamais vraiment considéré la Cisjordanie comme un territoire occupé, en dépit de son acceptation formelle de cette désignation. Les Israéliens voient les secteurs palestiniens comme des territoires ‘contestés’ sur lesquels ils n’ont pas moins de revendications que les Palestiniens, malgré le droit international et les résolutions l’ONU. C’est une vue qui a été rendue explicite pour la première fois par Sharon dans une page opinion publiée sur la une au New York Times le 9 juin 2002. L’utilisation des désignations bibliques de Judée et de Samarie pour décrire les territoires, termes qui n’avaient été utilisées que par le Likoud dans le passé mais qui sont maintenant de rigueur pour les huiles du parti travailliste également, est une réflexion d’une vue israélienne commune. Que l’ancien premier ministre Ehoud Barak (maintenant ministre de la défense d’Olmert) décrit sans fin les propositions territoriales qu’il a émis au sommet de camp David comme des expressions de la générosité d’Israel, et jamais comme une reconnaissance des droits palestiniens, est un autre exemple de cet état d’esprit.

  • permalien K. :
    19 août 2007 @20h20   « »

    Les faits rappelés par Henry Siegman (je complète la traduction du texte du LRB- suite 2) :

    « En effet, l’expression “droits palestiniens” semble ne pas exister dans le lexique d’Israël.

    Le problème n’est pas, comme le prétendent souvent les Israéliens, que les Palestiniens ne savent pas faire des compromis. (Un autre ancien premier ministre, Benyamin Netanyahou, s’est plaint de manière mémorable que « les Palestiniens ne font que prendre tandis qu’Israël ne fait que donner ».) C’est une accusation indécente, puisque les Palestiniens ont fait de loin le plus grand compromis quand l’OLP a formellement accepté la légitimité d’Israël dans les frontières de l’armistice de 1949. Avec cette concession, les Palestiniens ont abandonné leur prétention à plus de la moitié du territoire que la résolution de partition de l’ONU avait assigné à ses habitants arabes. Ils n’ont jamais reçu le moindre crédit pour cette déchirante concession, faite des années avant qu’Israël ne convienne que les Palestiniens avait droit à un foyer dans une région de la Palestine. La notion que d’autres ajustements de frontière devraient être faits aux dépens des 22 pour cent de territoire qui reste aux Palestiniens leur est profondément blessante, et de manière tout a fait compréhensible.

    Néanmoins, les Palestiniens ont convenu au sommet de camp David des ajustements de la frontière pre-1967 qui permettraient à un grand nombre de colons de la Cisjordanie -environ 70 pour cent - de rester dans l’état juif, s’ils recevaient un territoire comparable du côté de la frontière Israélienne. Barak a rejeté ceci. Il est sûr que, dans le passé la demande palestinienne d’un droit de retour.. (voir plus haut).

    C’est le manque de la communauté internationale à rejeter (autre que dans une rhétorique vaine) la notion Israélienne qui veut que l’occupation et la politique des faits accomplis peuvent continuer indéfiniment, aussi longtemps qu’il n’existe aucun accord qui soit acceptable à Israël, qui a défait toutes les initiatives précédentes de paix et les efforts de tous les émissaires de paix. Les futurs efforts rencontreront le même destin si ce problème fondamental n’est pas abordé »

  • permalien K. :
    19 août 2007 @20h24   « »

    Les faits rappelés par Henry Siegman (je complète la traduction du texte du LRB- suite 3 et fin) :

    « Ce qui est exigé pour qu’il y ait une percée c’est l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution affirmant ce qui suit :

    1. Des changements à la situation d’avant-1967 ne peuvent être faits qu’après accord entre les parties. Les mesures unilatérales ne seront pas reconnues par la communauté internationale.

    2. L’application par défaut de la résolution 242, réitérée par la Résolution 338, la résolution du cessez-le-feu de 1973, est un retour des forces d’occupation Israéliennes aux frontières d’avant 1967.

    3. Si les parties ne concluent pas d’accord dans les 12 mois (l’exécution des accords prendra évidemment plus de temps), L’application par défaut sera évoqué par le Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité adoptera alors ses propres termes pour une fin du conflit, et se chargera de faire entrer une force internationale dans les territoires occupés pour aider à établir les règles de la loi, aider les Palestiniens a établir leurs institutions, assurer la sécurité d’Israël en empêchant la violence frontalière, et surveiller l’application des dispositions pour une fin du conflit.

    Si les américains et leurs alliés s’engageaient à prendre une position assez puissante pour persuader Israël qu’il ne lui sera pas permis de modifier la situation d’avant-1967 sans l’accord préalabe des Palestiniens dans le cadre de négociations statutaires permanentes, il n’y aurait aucun besoin de formules compliquées de plan de paix ou d’émissaires de paix célèbres pour démarrer un processus de paix. La seule chose qu’un émissaire tel que Blair puisse faire pour remettre sur la voie le processus de paix est de dire la vérité concernant le véritable obstacle à la paix. Ce serait également une contribution historique en faveur de l’état juif, puisque le seul espoir de véritable sécurité à long terme pour Israël est d’avoir un état palestinien viable [successful] comme voisin. »

  • permalien K. :
    19 août 2007 @22h27   « »

    Danny Rubinstein (journaliste du Haaretz qui couvre les territoires occupés) :

    - « Il est clair aujourd’hui à chaque Palestinien que si le Hamas est mis hors jeu, alors il n’y a plus de jeu. Abou Mazen [Abbas] ne sera pas capable d’arriver au moindre accord avec Israël sans un arrangement avec le Hamas. Abou Mazen et L’OLP, et les régimes Arabes, doivent faire avec le Hamas, et non pas compter sur l’" aide" d’un siège, ou les assassinats ou les politiques de privation de nourriture mises en place par Israël. »

    - « Tôt ou tard le Hamas échouera dans sa guerre contre Israël. Mais cela signifiera que l’on retournera aux jours d’Oslo et la vision des deux états, qui s’est progressivement fanée et est morte en Septembre 2000. Il y aura plutôt des demandes de plus en plus fortes de la part des Arabes Palestiniens, qui constituent presque la moitié des habitants de cette terre qui diront : Dans les conditions présentes nous ne pouvons établir notre propre état, et ce qui nous reste est de demander des droits civiques dans le pays qui est notre patrie. Ils adopteront les slogans de la lutte des Arabes qui sont citoyens Israéliens, qui demandent l’egalité et la définition d’Israël comme un état de tous ses citoyens. Cela n’arrivera pas demain matin, mais il ne semble pas y avoir d’échappatoire à cette option. S’il n’y a pas deux états pour deux nations, à la fin il y aura un seul état. »

  • permalien LOU :
    19 août 2007 @22h47   « »
    Le Pillage

    Ce qui se passe sur le terrain c’est le vol par l’armée d’occupation de la terre, des arbres des Palestiniens comme ici à Ertas près de Bethléhem, où on voit la pelleteuse mettre de côté las abricotiers qui seront replantés dans les colonies : http://fr.youtube.com/watch?v=1smEB...

  • permalien K. :
    19 août 2007 @23h01   « »

    - « Iran : un régime saisi par la peur et la panique »

    - Uri Avnery : « EHOUD OLMERT est le contraire de Midas, roi de Phrygie. Tout ce que le roi touchait se transformait en or, selon la légende grecque. Tout ce qu’Olmert touche se transforme en plomb. Et cela n’est pas une légende. Aujourd’hui il touche Mahmoud Abbas. »

  • permalien K. :
    20 août 2007 @00h20   « »

    Tensions au sein du pouvoir iranien

    Les prochaines élections, parlementaires, auront lieu en Mars 2008.

    L’analyse de Farideh Farhi, MERIP, 7/2007 :

    « En poursuivant ouvertement une politique sécuritaire, le gouvernement iranien se comporte d’une façon plutôt “normale” pour le gouvernement d’un pays qui se voit, et est en fait, sous le coup des attaques et des pressions extérieures. En effet, les américains fournissent quotidiennement des munitions au gouvernement iranien, non seulement pour mettre en application son approche sécuritaire mais également pour la “vendre” . Les Iraniens qui brûlent des stations service parce qu’ils sont en colère contre le rationnement du gouvernement s’appellent des « terroristes » à la solde des puissances étrangères qui ont « pour but de causer de l’agitation » ; les intellectuels faisant des travaux de recherche sur l’Iran sont de « naïves âmes perdues qui servent sciemment ou inconsciemment l’intérêt des puissances extérieures » en leur fournissant une présentation tronquée de l’Iran ; même les anciens fonctionnaires du gouvernement sont, au mieux, trop conciliants et, au pire, des espions. Il n’y a aucune raison de penser que l’Iran deviendra un pays « anormal » où la pression extérieure affaiblirait plutôt que de renforcer le domaine sécuritaire.

    ..les conservateurs extrémistes, qui se sont emparés de plusieurs ministères depuis l’élection d’Ahmadinejad, comptent sur l’administration Bush pour qu’elle leur fournisse ce qui est nécessaire pour emmurer la sphère publique, accuser des adversaires de trahison et, finalement, obtenir l’appui public au nom de la sécurité et de l’unité nationales. Leurs outils sont le musellement de la dissidence politique et l’« Islamisation » de force du comportement des gens en public. Plus les intransigeants se sentent menacés, plus ils deviendront paranoïdes, et plus ils essayeront de punir les Iraniens ayant des liens – que ce soit en termes de contact direct ou d’habitudes culturelles – avec le monde extérieur, en particulier l’Europe et les Etats-Unis. »

  • permalien K. :
    20 août 2007 @00h23   « »

    Tensions au sein du pouvoir iranien

    Les prochaines élections, parlementaires, auront lieu en Mars 2008.

    L’analyse de Farideh Farhi, MERIP, 7/2007 :

    « En poursuivant ouvertement une politique sécuritaire, le gouvernement iranien se comporte d’une façon plutôt “normale” pour le gouvernement d’un pays qui se voit, et est en fait, sous le coup des attaques et des pressions extérieures. En effet, les américains fournissent quotidiennement des munitions au gouvernement iranien, non seulement pour mettre en application son approche sécuritaire mais également pour la “vendre”. Les Iraniens qui brûlent des stations service parce qu’ils sont en colère contre le rationnement du gouvernement s’appellent des « terroristes » à la solde des puissances étrangères qui ont « pour but de causer de l’agitation » ; les intellectuels faisant des travaux de recherche sur l’Iran sont de « naïves âmes perdues qui servent sciemment ou inconsciemment l’intérêt des puissances extérieures » en leur fournissant une présentation tronquée de l’Iran ; même les anciens fonctionnaires du gouvernement sont, au mieux, trop conciliants et, au pire, des espions. Il n’y a aucune raison de penser que l’Iran deviendra un pays « anormal » où la pression extérieure affaiblirait plutôt que de renforcer le domaine sécuritaire.

    ..les conservateurs extrémistes, qui se sont emparés de plusieurs ministères depuis l’élection d’Ahmadinejad, comptent sur l’administration Bush pour qu’elle leur fournisse ce qui est nécessaire pour emmurer la sphère publique, accuser des adversaires de trahison et, finalement, obtenir l’appui public au nom de la sécurité et de l’unité nationales. Leurs outils sont le musellement de la dissidence politique et l’« Islamisation » de force du comportement des gens en public. Plus les intransigeants se sentent menacés, plus ils deviendront paranoïdes, et plus ils essayeront de punir les Iraniens ayant des liens – que ce soit en termes de contact direct ou d’habitudes culturelles – avec le monde extérieur, en particulier l’Europe et les Etats-Unis. »

  • permalien Pierre :
    20 août 2007 @07h39   « »

    Consommation : Quand il il y a tromperie sur la marchandise, les consommateurs se rebiffent.

    Grande Bretagne : la Coalition Save Darfur condamnée pour publicité mensongère par Brendan O’Neill

    Toujours selon Mamdani, les activistes de Save Darfur et leurs relais dans les médias décrivent la violence au Darfour dans des termes exagérés, une » pornographie de la violence » … « fascinés et se fixant sur des détails sanglants, décrivant avec force détails les pires des atrocités, en en tenant une chronique. » L’implication c’est que la motivation des auteurs de ces atrocités se trouve dans la biologie (race) et si ce n’est pas cela alors dans la « culture ». Selon Mamdani, une partie de cette pornographie de la violence repose sur les chiffres toujours fluctuants du nombre de morts au Darfour, qui augmentent ou diminuent inexplicablement souvent dans le même journal à différents jours d’intervalles, oscillant entre 120 000 et 300 000 et 400 000. Pour lui cette approche voyeuriste s’accompagne d’un discours moralisateur dont l’effet est à la fois d’obscurcir la politique de la violence et de mettre le lecteur dans une position vertueuse, pas simplement d’observateur concerné. Bref, les activistes occidentaux sont obsédés par les morts du Darfour, et derrière les détails macabres de comment ils sont morts il y a une recherche d’un sentiment gratifiant d’outrage vertueux.
  • permalien Pierre :
    20 août 2007 @08h45   « »

    Consommation (suite) :

    De nombreux activistes et écrivains occidentaux ont fait cyniquement et opportunément du Darfour « Notre Mission ». Ils ont fait cela par la propagande et les « bonnes actions ». Au niveau propagande ils insistent sur le fait que le conflit est un simple cas de sauvages arabes essayant de décimer des victimes africaines, et ils ont exagéré le niveau de souffrance pour que cela coïncide avec leurs objectifs de héros versus histoire de nouveaux nazis. Les commentaires qui sont fait sur le Darfour cherche de plus en plus non pas à clarifier ce qui se passe mais plutôt à susciter chez les lecteurs un sentiment de colère auto satisfaisante. Non seulement ces activistes ont floué la compréhension du débat sur le Darfour mais pire par le campagne narcissique la Coalition Save Darfur et d’autres ont aidé à prolonger le conflit voire l’amplifier. Ainsi des responsables du Département d’Etat US ont affirmé qu’alors que le conflit faisait rage, certains rebelles ont » laissé brûler les villages, laisser faire les tueries, parce que plus la pression internationale serait grande sur le gouvernement de Khartoum, plus forte serait leur position face à lui. » De plus, l’intensification de la pression internationale et la « peopolisation » de la campagne de Save Darfur a eu pour effet d’enflammer et d’encourager d’autres rebelles basés au Soudan est à renouveler leur guerre contre le gouvernement de Khartoum.

    En Afrique, l’ingérence et les « bonnes actions » occidentales peuvent se révéler mortelles et l’activisme de Save Darfur en fait partie.

    Voir en ligne : Grande Bretagne : la Coalition Save Darfur condamnée pour publicité mensongère par Brendan O’Neill

  • permalien Pierre :
    20 août 2007 @08h55   « »

    Les tensions du pouvoir iraniens ne seraient-elles pas un subterfuge pour maintenir la pression des gisements pétroliers ?

    Iran : l’ex-ministre du pétrole avertit d’une grave crise Par Elisabeth Studer

    Donc résumons, l’Iran via son ancien ministre du pétrole lance un appel désespéré à la planète toute entière pour lui démontrer que l’Occident court à la faillite s’il n’autorise pas l’Iran à poursuivre dans le nucléaire civil pour alimenter ces centrales électriques. Son argument majeur : compte-tenu de l’augmentation de sa consommation interne en gaz, le pays va se trouver « contraint » à réduire sa production de pétrole (laquelle nécessite du gaz, produit en quantités insuffisantes) ... et donc diminuer fortement ses exportations. Eventuellement, si les Six autorisaient l’Iran à recourir à l’énergie nucléaire, les choses pourraient changer ...

    De même, un des problèmes étant fortement liés aux volumes trop restreints de gaz produits par l’Iran, Téhéran ne pourrait faire là que des appels du pied aux compagnies pétrolières internationales pour qu’elles investissent dans les immenses champs gaziers iraniens.

    Comment on dit gagnant/gagnant en Iranien ?

  • permalien Ana :
    20 août 2007 @13h18   « »

    Un accord entre Abbas et Olmert...

    De plus en plus nombreux sont ceux qui ont abandonné l’idée de deux Etat dans ce qui s’appelait et s’appelle encore la Palestine. Cela fait belle lurette que la solution à deux états est morte, si elle est jamais née. D’autres regardent plus loin et plus sainement. Certains d’entre eux se sont réunis à Madrid cet été pour faire le point. Seul un journaliste de il manifesto s’en est fait l’écho attentif, à ma connaissance. On peut l’entendre ici.

    Tout le reste, c’est du temps perdu, pour tout le monde.

  • permalien guitl :
    20 août 2007 @13h36   « »

    SAVE DARFOUR - Et ces 120 000 morts n’étaient pas tous des « hommes, femmes, et enfants innocents » : cela incluait les combattants de même que des morts violentes de civils et des morts dus à la malnutrition.

    J’en prends bonne note, et ne manquerais pas de vous rappeler ce principe d’urgence au sujet de la Palestine, pour laquelle vous comptez même les accidents de chameaux dans le décompte des morts dû à Israël.

    Vous ne vous sentez pas un peu indécent, non ? en tout cas, j’espère que les israéliens renverront ses réfugiés, non-victimes du Darfour, en Egypte, qui les renverront au Darfour. Ils n’ont pas honte, de nous faire un cinéma pareil ??

    http://www.tv5.org/TV5Site/5sur5/img/sujets/189/darfour.jpg

    Je lui trouvais une mine étonnement superbe, à cet enfant, aussi !

  • permalien guitl :
    20 août 2007 @15h02   « »

    http://fr.youtube.com/watch?v=Yf39qkvwOhU

    un document de la télé israélienne -

  • permalien Pierre :
    20 août 2007 @18h47   « »

    Des rebelles arabes du Darfour se disent eux aussi victimes 20.08.07 | 16h55 Par Stephanie Hancock

    N’DJAMENA (Reuters) - Des rebelles arabes du Darfour accusent le gouvernement soudanais de fomenter des tensions ethniques dans la région ravagée par la guerre afin de diviser pour mieux régner, et rejettent l’assimilation fréquente des Arabes aux redoutés miliciens "djandjaouids".

  • permalien Pierre :
    21 août 2007 @06h11   « »

    les accidents de chameaux :

    La plus odieuse expression de la situation dans les territoires occupés sous Olmert et Barak, c’est l’assassinat quotidien. Il ne se passe presque pas de jour sans une nouvelle atrocité. Un élève est écrasé, ses blessures sont très graves, il est gardé à un barrage plus d’une heure jusqu’à ce qu’il meure. L’armée sort une déclaration laconique : il était sur la liste de ceux "interdits d’entrer en Israël". Cinq soldats saisissent un garçon qui attend à un arrêt d’autobus et le frappent à mort. Une femme malade arrive à un barrage routier et y est détenue sans raison apparente et elle meurt.

    De telles histoires sont devenues la routine et à la longue elles ne causent même pas de vagues. Deux ou trois journalistes continuent de d’indigner et les relatent, les autres se contentent de les ignorer. Les sentiments sont émoussés. Ce ne sont plus des nouvelles.

    dans le seule démocratie de la région :

    C’est encore le Président Bush qui pousse Olmert dans cette direction. Tout comme il veut la tension entre Israël et les Syriens, il désire des nouvelles positives au sujet de sa "vision" d’un "processus de paix" entre Israël et les Palestiniens. Leur faire miroiter un "processus de paix" virtuel, discuter de documents en attendant le Messie, sourire, embrasser. Faire tout ce qu’il faut pour prouver que Bush est après tout gagnant, que sa "vision" prend forme. C’est bon pour Bush, bon pour Olmert, bon pour Abbas.

    Voir en ligne : Miss C. par Uri Avnery

  • permalien K. :
    21 août 2007 @11h53   « »

    For seven-year-old Javaid Iqbal, the holiday to Florida was a dream trip to reward him for doing well at school.

    But he was left in tears after he was stopped repeatedly at airports on suspicion of being a terrorist.

    The security alerts were triggered because Javaid shares his name with a Pakistani man deported from the US, prompting staff at three airports to question his family about his identity.

    Voir en ligne : Seven-year-old Muslim boy stopped in US three times on suspicion of being a terrorist

  • permalien Jean :
    21 août 2007 @13h18   « »

    Pour Ana,

    Votre affirmation sur la "salubrité" de la solution "un état" est je pense très optimiste. N’oubliez jamais qu’Israel est à 100% pour ! Un seul état, juif de surcroît. Pensez-vous que la politique israélienne depuis 1948 (et la politique sioniste avant 48 d’ailleurs) ait jamais eu d’autre objectif ? Ne voyez-vous pas que la colonisation qui progresse à allure soutenue consiste à établir des ’facts on the ground’ irréversibles ? Que l’expulsion des Palestiniens se poursuit chaque jour ? Comment les protégerez-vous dans le cadre de cette solution ? Comment cesserait l’action des hommes d’affaires véreux, soutenus par l’armée et les organisations de colons, dans la spoliation des individus ? Ne voyez-vous pas enfin la pression exercée sur les Palestiniens, et avant tout leurs élites (les jeunes, pas les collabos), pour qu’ils émigrent de leur terre natale ?

    Je ne crois pas un instant que tout ce qui est fait pour que la politique israélienne soit a minima documentée et mise au jour, et mieux, contrée par des luttes de résistance, soit du temps perdu.

    Malheureusement, comme disent les Palestiniens "aujourd’hui c’est terrible mais moins pire que demain", la situation ne cesse d’empirer. Les lobbies dont parlait le dernier sujet d’Alain Gresh y sont pour quelque chose, lobbies, soit dit en passant, très actifs en France également.

    Et alors ? La lutte contre les politiques criminelles et les injustices ne présuppose pas du détail des solutions... Comme dit Pierre, on n’en est pas encore là...

    Cordialement

  • permalien Ana :
    21 août 2007 @19h13   « »

    En réponse à Jean - partielle, évidemment.

    Bil’in et la prochaine Intifada

  • permalien K. :
    21 août 2007 @19h54   « »

    "[En Novembre- date de la prochaine rencontre arabo-israélienne toujours appelée, sans rire, “conférence de paix” malgré les déclarations d’officiels américains montrant qu’il ne s’agit que de “construire des institutions palestiniennes viables”] nous saurons si les israéliens sont sérieux ou pas sur l’etablissement d’un état Palestinien ," déclare Mohamed Basyouni, ancien ambassadeur egyptien en Israel et actuel président du comité du Conseil de la Shura (la plus grande instance du parlement egyptien) pour les affaires arabes.

    Barak se veut rassurant : Dans 3 à 5 ans, le temps d’achever notre bouclier anti-missiles (le fameux dôme de fer- Kipat Barzel), on pourra débuter les discussions sur les modalités de retrait des territoires occupés.

    Par ailleurs, concernant les “réalités sur le terrain”, et pour rassurer encore plus, les sondages donnent le Likoud de Benyamin Natanyahou confortablement gagnant.

    « Toutefois, en Israël comme au sein de l’Autorité palestinienne, on estime que si un accord est obtenu entre les parties, il restera général et flou, et ne résoudra pas les questions de fond. Mais il permettra à Abbas de le faire passer auprès des Palestiniens, et à E. Olmert, de maintenir sa coalition. »

  • permalien Jean :
    22 août 2007 @12h54   « »

    Ana,

    D’accord avec la plupart des constats de Miko Peled. Cependant qui vous dit que la solution à un seul état signifiera de fait la fin de l’apartheid ? Il suffit de voir la situation des arabes israéliens aujourd’hui. Et écouter les discussions surréalistes sur le "danger démographique" (avec un racisme qui n’est même plus contenu). Enfin imaginer Israel intégrer au lendemain d’un accord la notion qu’il existe une population arabe à qui il faudrait reconnaître des droits, voire, n’est-ce pas, des réparations, cela me paraît très utopique.

    Par ailleurs, j’estime que c’est le rôle de Miko Peled et Nader al-Banna de proposer des solutions pratiques pour la suite, mais que ce n’est certainement pas le mien.

    Ce qui m’a fait réagir est votre façon de voir les choses : le "reste" ne serait pas sain, et ne serait que temps perdu... Je suis pessimiste, mais pas à ce point.

    Cordialement

  • permalien Serge ULESKI :
    28 août 2007 @22h50   « »

    Israël est un allié. Soit ! Mais alors... il ne peut s’agir que d’un allié dont les pratiques appartiennent désormais à cette région du monde qui n’a de cesse de cultiver une incapacité au pardon et à la compassion envers quiconque ne possède pas les mêmes attributs religieux, ethnique ou politique : refus d’assumer ses responsabilités ; énergie redoublée quand il s’agit de pleurer ses morts comme pour mieux ne jamais interroger les causes ; propension à toujours trouver assez de corde pour se pendre.

    Israël est une démocratie. Certes ! Des élections libres sont régulièrement organisées. Si Israël est une démocratie, on ne pourra pas s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’une démocratie dont le modèle serait la France des années 50 : Etat démocratique entre deux montées dans le Djebel et, - pour ne pas en être redescendus les mains vides -, deux séances de torture dans les caves d’Alger.

    l’Etat israélien et son armée accompagnée de ses sbires-mercenaires que sont les colons, le Hezbollah et le Hamas.

    - Le Hezbollah qui poursuit ses propres objectifs au détriment de l’unité libanaise et des palestiniens (et ce faisant, renforce la politique de l’Etat israélien) et dont les membres se lèvent chaque matin avec une seule idée en tête : lancer un missile sur Israël.

    - Le Hamas qui sait magnifiquement remplir le rôle que l’Etat israélien lui a confié. Un Hamas qui - soit dit en passant - se contenterait bien d’un Etat palestinien en Cisjordanie seule, pourvu qu’il en soit à sa tête, tout en se gardant de le faire savoir publiquement pour ne pas démotiver ses troupes de choc.

    - Les colons que l’on déplace comme du bétail et qui suivent le mouvement : ligne rouge, ligne verte, devant, derrière, Nord, Sud, Est, Ouest.... et les autres colons, armés jusqu’aux dents, ceux-là ! Et qui ne bougeront pas ! (Boucliers humains, les colons ?)

    Jamais, dans l’histoire récente, un peuple n’a eu à faire face à une telle "coalition" rassemblée dans le cadre d’un tournoi, pour un jeu de massacre allègre, sous le patronage de cette machine infernale qu’est l’Etat israélien. Et avec quel brio !

    Machiavel est hilare ! Oui ! Hilare Machiavel face au petit Peuple palestinien incarné pour l’occasion, dans la personne de Don Quichotte avec son espoir illusionné d’un avenir qui semble continuellement lui faire face mais… de dos, quand il trouve encore la force de se retourner, pour mieux le voir disparaître, cet avenir, la littérature chevaleresque des Accords d’Oslo ne lui étant plus d’aucun secours.

    Halluciné, ce petit Peuple palestinien, son rêve en poche : pouvoir un jour, jouir de la protection et de la compétence d’un Etat...

    Lire la suite de cet article sur mon blog. Cliquez ULESKI ci dessus.

    3000 caractères ! dur ! dur !)

    Voir en ligne : Machiavel face à Don Quichotte...

  • permalien Amélie :
    4 octobre 2007 @09h09   «

    Quid du raid israélien en Syrie ? Pourquoi en parle-t-on si peu ? Qu’est-ce qui s’est passé réellement ? Comment cette question apparaît-elle dans les négociations Israël-Palestine puisque les Syriens seront associés à la conférence internationale ?

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