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Dompter la sphère de la finance

lundi 27 août 2007, par Frédéric Lordon

En complément de son article publié dans Le Monde diplomatique de septembre, et qui analyse la crise financière partie cet été du marché américain du crédit immobilier (lire Le Monde diplomatique, septembre 2007), Frédéric Lordon livre, dans un article exclusif pour notre site Internet, ses pistes de réflexion sur la finance... et les moyens de mettre fin à sa suprématie.

A lire :
- Quand la finance prend le monde en otage,
Le Monde diplomatique, septembre 2007.
- Comment protéger l’économie réelle (inédit).
- Le SLAM (débat de février).

En espérant susciter un débat et faire émerger d’autres propositions, plus ambitieuses ou plus affinées, nous vous invitons à débattre de cet ensemble d’articles dans le forum ci-dessous.

44 commentaires sur « Dompter la sphère de la finance »

  • permalien Apta :
    28 août 2007 @10h54   »

    D’abord je vous remercie de cet article, trés riche, trés explicatif et dont je trouve les propositions trés interessantes. N’est-il pas vrais que lors de crise comme celle-ci il y a des intervenants qui s’enrichissent en profitant de la baisse des marchés ? Qui sont-ils ? Sont-ils les mêmes qui sont à l’origine de la crise ? Laa banque centrale europeenne est intervenue en insufflant dans le systéme plus de 100 milliards d’euros, beaucoup plus que la FED et que la banque du Japon ou de Chine, pourquoi ? Les banques centrales sont des organismes privées. Comment fonctionnent-elles ? Qui en est propiétaire ? Comment sont rémunérés ses mebres ? Quel est leur relation aux Etats, sur quel critéres ? etc.... Un article donnaant des explications serait le bienvenu . Je vous remercie. Cordialement ; Apta

  • permalien L’équipe du site :
    28 août 2007 @11h15   « »

    Bonjour,

    Toutes ces questions sont l’objet de l’article de Frédéric Lordon dans le « Monde diplomatique » de septembre (en kiosque) :

    Voir en ligne : Quand la finance prend le monde en otage

  • permalien
    28 août 2007 @12h40   « »

    Merci pour ce lien vers un article incomplet... !!

    Mais oui, on l’achètera quand-même, notre diplo ce mois-ci !

  • permalien
    28 août 2007 @14h00   « »
    Et l’autodiscipline libérale-patronale sauvera le monde...

    Peut-on encore accorder le bénéfice du doute aux décideurs de la planète financière ? C’est à voir...

    Un lecteur-groupie de M. Lordon

  • permalien Pierre :
    28 août 2007 @16h22   « »

    Mais avec Ben Bernanke (7), c’est autre chose. La finance glapit qu’elle s’étrangle, et il ne fait rien.

    Ne sommes nous pas là devant une redéfinition globalisée du "préteur en dernier recours" ?

    Jusqu’à la faillite de la Baring les banques centrales intervenaient régionalement comme préteurs en dernier recours. Greenspan résonnait encore au niveau régional, il semble qu’avec Ben Bernanke on soit passé dans une autre dimension dans laquelle la Banque Centrale Américaine s’appuierait sur la globalisation pour se comporter en préteur en dernier recours des autres banques centrales du globe obligées de couvrir les turpitudes des marchés régionaux américains pour cause d’interdépendance néo-libérale.

    D’autre part je ne vois dans aucune analyse concernant les subprimes le rôle qu’aurait pu jouer l’abandon de l’estimation des biens par la valeur historique au profit de la "juste valeur". Quand on sait aujourd’hui le rôle que peuvent jouer les affects dans l’estimation d’un bien, on ne peut que regretter la sécurité que représentait la valeur historique, même si elle était aussi farfelue que la "juste valeur". Il serait surprenant qu’une telle opportunité n’est pas été exploité par quelques accumulateurs.

  • permalien
    28 août 2007 @18h36   « »

    Ne serait-il pas temps de suivre les préconisations d’Allais ?

    Dominique

  • permalien François :
    29 août 2007 @12h04   « »

    Simplement merci d’enrichir notre vision ,trop souvent parcellaire, du Monde .

  • permalien pbl :
    29 août 2007 @16h56   « »

    Je ne suis pas spécialiste de la finance....L’article (comme le SLAM) m’éclaire un peu plus. Néanmoins j’aurais 3 questions :
    - Quel est le cout, pour une banque centrale, lorsque elle fait tourner massivement "la planche à billets" (plusieurs milliards d’euros) comme ça été le cas il y a 3 semaines ?
    - La BCE est public à 100% ? (en tout cas ils aiment bien le mot "transparence" sur leur site !!)
    - J’ai pas bien saisi le concept de titrisation. Merci

  • permalien Jacques Weber :
    29 août 2007 @17h30   « »

    D’abord, bravo pour ces articles qui nous changent des discours pleurnichards et passablement soporifiques, y compris, malheureusement, « à gauche ». Il semble que l’on oublie un peu trop souvent cette maxime d’Allais (Alphonse...) : « Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres. »

    J’en viens à une interrogation au sujet d’une politique « dédoublée ».

    L’enrichissement des uns, quand il quitte le monde virtuel des transactions immatérielles pour se concrétiser dans des richesses bien palpables (villas, yachts, tableaux de maîtres, etc.) vient forcément d’un mécanisme de pompe qui prend sa source dans l’économie réelle, donc en pompant la richesse chez les autres. Dit d’une autre façon, il faut bien de temps en temps tondre la pelouse pour lui permettre de repousser ; c’est triste pour les millions de salariés piégés par leur endettement, mais essentiel au transfert. Le système dédoublé reviendrait donc, s’il était appliqué efficacement à tuer la spéculation financière en asséchant sa source.

    Vrai ou faux (je ne suis pas économiste) ?

    Si vrai, j’en conclus que ceux qui ne souhaitent pas de telles mesures radicales souhaitent, en réalité maintenir en vie la spéculation financière. Ce n’est pas toujours dit clairement, évidemment.

    Je complèterais bien vos propositions de mesures par un petit paquet concernant la propriété foncière et les prix associés. La montée des prix de l’immobilier donne à des millions de petits propriétaires l’impression complètement fausse de s’enrichir. En réalité cette richesse factice (parce qu’irréalisable sous peine de coucher dehors) ne sert qu’à alimenter, par le jeu des intérêts des crédits, la sphère financière.

  • permalien CHENU Gérard :
    29 août 2007 @21h42   « »

    Depuis .. trente ans, l’homme politique américain Lyndon Larouche se bat pour le sytème américain d’économie politique (Alexander Hamilton), basé sur une banque nationale chargée exclusivement d’émettre du crédit productif à toux réduit à long terme, pour les grands travaux d’infrastructure publique et les grands projets industriels. Son ami Jacques Cheminade, en France , candidat aux Présidentielles de 1995, se bat pour changer complètement le système financier international, devenu fou depuis l’abandon de l’étalon-or en 1971 et encore plus pendant l’ère Greenspan. Ce système ne peut pas être sauvé, sous peine d’emporter dans l’échec certain d’une tentative de réanimation toute l’économie mondiale, comme le montre très bien F.LORDON : il doit être changé. Vous trouverez sur le site http://www.solidariteetprogres.org/... un appel international adressé à tous les dirigeants politiques au pouvoir ou non pour un nouveau Bretton-Woods dont la mise en oeuvre est aussi urgente que réalisable, comme le confirme F.LORDON, et autant d’analyses convergeant avec l’article ci-dessus. Le parlement italien soutient déjà cet appel.

  • permalien Laurent :
    29 août 2007 @22h26   « »

    Le sentiment de jubilation que procure la lecture de votre article fait rapidement place à celui de nausée particulièrement désagréable. Il a au moins le mérite d’être éclairant et le moins que je puisse faire est de le faire connaître dans mon entourage. Question cependant : De crise en crise, les spéculateurs prenant chaque fois plus de risques (et pour cause), existe-t-il une limite et de quel niveau au prêteur en dernier recours à limiter vraiment la casse ? Car si rien n’est réellement fait pour réguler le système financier et il semble quand même que ce soit l’hypothèse la plus problable (un peu comme pour le réchauffement climatique...), le collapsus général ne viendra-t-il pas justement des limites de ce dernier prêteur ? Merci pour votre éclairage

  • permalien Pancho :
    30 août 2007 @08h27   « »
    Dompter la sphère de la finance. Où est mon fouet ?

    Merci pour cet exposé décapant sur comment l’éternelle avidité de l’homme engendre sa cécité ; c’est d’une simplicité "biblique" pourrions nous dire.

    Deux questions :

    * qui paye quand les banques centrales interviennent ? utilisent-elles des réserves, la planche à billet ? quelles sont dans tous les cas les conséquences de leur intervention sur l’économie et comment ces dépenses se déplacent-elles ou se répercutent-elles finalement sur des variables qui nous affectent directement (emploi, inflation, etc) ? un économiste pour nous éclairer sur l’économie politique des banques centrales ?

    * Personnellement je suis particulièrement intéressé par le pouvoir discursif des élites politiques et financières : pour qu’un tel système financier se développe il faut perpétuellement secréter une idéologie qui le justifie, des écrans de fumée qui occultent les risques réels et, surtout, la distribution des risques et des bénéfices, des discours lénifiants et des leurres, des justifications en trompe l’oeil où l’intérêt privé se déguise en intérêt public. Il me semble important de déconstruire ces discours et de mieux comprendre comment ils sont produits et disséminés, ainsi que la "vie sociale" des concepts qui les sous-tendent. Des pistes bibliographiques ?

  • permalien
    30 août 2007 @11h09   « »

    Le marché a perdu 10% !!! La belle affaire. Faut-il tout remettre en question ? Et bien non, le marché fonctionne bien mieux maintenant qu’il y a 10, 20 ou 100 ans quand tous les types de produits dérivés n’existaient pas ou si peu. Pour vous en convaincre, regardez un graphe du Dow Jones depuis 1900. Vous remarquerez, d’abord, que la plus grosse catastrophe financière a eu lieu dans les années...30. A cette époque, il ne devait pas y avoir beaucoup de Hedge Fund, ni beaucoup de produits dérivés ainsi que d’ordinateurs "jouant" tout seul. Vous remarquerez ensuite que la courbe avait un profil plus accidenté à l’époque. Actuellement, depuis 20 ou 30 ans la courbe est plus plane, plus régulière. Il y a évidemment encore beaucoup de choses à améliorer, mais globalement cela ne se passe pas trop mal finalement.

  • permalien Camille :
    31 août 2007 @13h01   « »

    Cet article apporte en effet une lumière salutaire sur le fonctionnement bien opaque des marchés financiers pour les yeux du quidam. Le parti pris est clair et assumé, ce qui est plutôt réjouissant au regard de tous les prétendus papiers neutres, qui sous couvert d’expertise dispensent incidieusement le lecteur de remettre en cause un état de fait souvent discutable. Toutefois, la contreverse est le plus souvent vitale. A cet égard le précédent commentaire est intéressant. Il reprend un argument très souvent repris dans la défense du système capitaliste, arguant que malgré toute les imperfections du système , et les inégalités croissantes, il y a eu globalement une amelioration des conditions de vie à l’échelle de la planète. Il se pourrait que le traitement imposé à là dite planète vienne rapidement tempérer cet optimisme. Quoiqu’il en soit j’aimerais avoir une réponse d’économiste concernant l’idée que l’économie moderne est moins sujette, ou en tout cas plus resisistante aux crises.

  • permalien
    31 août 2007 @19h11   « »

    Tout d’abord merci pour ces articles qui sont de nature à nous éclairer tous sur la présente crise ; je n’ai pas pu finir de lire le dernier et je n’en aurai malheureusement pas l’opportunité avant quelques temps, toutefois je souhaiterais soumettre deux opinions.

    Premièrement, je suis toujours très étonnée que l’on "découvre", le système financier à chaque crise, et ses vices ; les mécanismes de la finance sont très bien compris, et expliqués depuis cent ans, et pourtant, ni les adeptes de la "transparence", ni les vrais économistes, ne semblent s’en souvenir. N’y aurait-il donc personne qui ait lu Schumpeter ? Ou Finance Capital (Hilferding, 1910), lequel décrit un certain nombre des phénomènes que l’on observe dans toutes les crises modernes ? Ou encore Imperialism (Hobson, 1902 si je ne m’abuse) dans lequel il décrit la vision apocalyptique d’une Chine comme manufacture du monde pendant que l’Europe sera pleine de retraités et de services / domesticité ?

    Deuxièmement, il me semble que limiter les crises est une idée défendable en soi, mais peut-être pas la plus raisonnable ; car pour m’en tenir à la vision marxiste ou schumpeterienne, ce sont elles précisément qui régulent le capitalisme, qui détruisent littéralement des valeurs tout en remettant dans leur chaos l’offre et la demande dans une relative proportion (au plus bas, certes). En escomptant qu’il soit possible d’éliminer les crises et la spéculation (c’est-à-dire en spéculant sur cette disparition), cela ne signifierait-il pas éliminer le capitalisme (qui se base sur la liberté de produire, et donc la variation de l’offre et de la demande de manière indépendante l’une de l’autre, et la "main invisible" qui n’est autre que la concurrence pour rétablir l’équilibre en permanence). Je n’ai rien contre cette éventualité, mais je crois que si éliminer les crises c’est éliminer le capitalisme, la "transparence" vient comme un prétexte inconscient pour ne pas limiter les crises, ce qui serait un danger pour les spéculateurs et les "accumulateurs" (les actionnaires sur le long terme).

    Voilà, je ne suis pas économiste, mais j’espère que ce que je dis n’est pas dépourvu de tout sens, et j’espère sincèrement avoir le temps de lire cet article qui s’annonce excellent.

  • permalien RHF :
    31 août 2007 @22h25   « »

    Merci à Frédéric Lordon pour son bel article très vulgarisateur et très clair.

    Déjà en décembre 2006, le très responsable http://www.responsiblelending.org tirait la sonnette d’alarme.

    À la clé 2.000.000 de propriétaires (majoritairement afro-américains et Latinos) vont se retrouver avec leur logement saisi.

    La meilleure est le rappel de la déclaration de M. Alan Greenspan qui déclarait le "subprime lending" comme un signal de la "démocratisation du crédit".

    Jolie démocratie !

    voir http://www.responsiblelending.org/p...

    Voir en ligne : Losing Ground:Foreclosures in the Subprime Market and Their Cost to Homeowners

  • permalien Michel Castel :
    1er septembre 2007 @19h26   « »

    mon texte est parti avant d’être fini par une fausse manoeuvre. j’essaie de terminer :

    le crédit rapporte au mieux 1 à 1,5 % alors que les produits de marché preuvent rapporter 20 à 30 % pour des opérations de très court terme ( dans ces opérations il y a le financement de fonds d’investissement de type hedge fund qui avec un de collecte obtiennent des prêts très court permettant un effet de levier de 10 20, voire beaucoup plus).

    Ainsi une nouvelle donne des rôles s’est mise en place. Le risque est sorti des bilans des professionnels pour être reporté sur les ménages, voire les trésoreries des entreprises...quand ce n’est pas leur actionnariat qui a été évincé par un fonds d’investissement et leurs salariés mis sous pression ou remerciés.

    Emiettement des risques, envolées de ceux-ci parce qu’atomisés et renvoi sur les agents les moins avertis de la chose financière, à savoir les ménages, de l’essentiel du risque. Tout le contraire de la mutualisation des crédits, des clients et du temps dans les financements bancaires classiques. C’était sans doute moins sexy mais assurément plus stable quand ce type d’intermédiation prévalait. Elle a permis les trente glorieuses ou l’équivalent dans toute l’Europe et finance. Les marchés ne font pas mieux mais avec beaucoup plus de risques.

  • permalien Michel Castel :
    3 septembre 2007 @12h46   « »

    1 ère partie manquante au commentaire 17

    La nouvelle finance, ou la défausse des risques.

    Avec la nouvelle finance, les banques et les assureurs ont très largement changé de métier. Auparavant quand ils accordaient un crédit ou concluaient un contrat, ils le gardaient dans leur bilan jusqu’à l’échéance.Ils en conservaient donc la propriété avec les risques. Maintenant, de plus en plus, aussitôt conclus, ces crédits et contrats sont vendus sur les marchés. Qui sont les acheteurs ? Ce sont les investisseurs institutionnels,c’est-à-dire ces mêmes banques et assurances mais aussi les fonds de pension,les caisses de retraites , les Sicav et autres fonds communs de placements collectifs, et accessoirement les particuliers fortunés. Les institutionnels travaillent avec l’argent de leurs clients. Rien de nouveau sauf que leur offre de produit est maintenant fortement orientée vers des produits transférant le risque à l’épargnant. Aux traditionnelles actions et d’obligations(à bonne signatures), ils ajoutent par exemple des contrats multi-supports au rendement plus attractif mais qui vous laissent tous les risques.

    Pourquoi de tels changements ? C’est d’abord le modèle américain dans lequel les titres prévalent sur les crédits depuis des décennies. C’est ensuite parce queles autorités demandent des fonds propres fonction des risques en portefeuille. Sage mesure pour assurer la robustesse des banques et des assurances mais qui contrarie le besoin de bien traiter les actionnaires. Leur assurer plus de 15 % de rendement alors qu’ils doivent avoir règlementairement beaucoup de fonds propres fait problème. La solution ? Transférer les risques aux agents non financiers au lieu de les mutualiser. Le système ne s’arrête toutefois pas en si bon chemin ! Ainsi allégés d’une partie des besoins de fonds propres, ces entreprises peuvent prendre de positions sur des produits de marché risqués, mais aux rendements très élevés en un temps très bref. Des titres remplacent des crédits (c’est la titrisation). Ainsi banques et assureurs parviennent à offrir à leurs actionnaires un rendement moyen de plus de 20 % . Au total, bien que financièrement très rentables et allégées de risques, banques les assurances n’en sont pas moins fragiles. La crise interbancaire majeure d’août l’a montré, et aux prochaines alertes sur une baisse de leur rentabilité, leur capitalisation,voire leur signature,vont souffrir … presqu’autant qu’il y a 15 ans quand elles affichaient une perte ! Et dans leur sillage, l’économie réelle souffrira.

  • permalien Sam :
    3 septembre 2007 @13h49   « »

    La plume est acérée, l’ironie érudite et le tempérament offensif. C’est un bonheur de lire un économiste comme Frédéric Lordon.

    Quand j’ai eu l’occasion de m’interesser d’un derrière distrait aux productions tristement alignées de l’éléphanteau que d’aucun ne purent que surnommer "le plus mauvais économiste de France", ou plus récemment d’écouter les gargouillis distingués de ce résolu apôtre de la transformation sociale, courant maintenant pour empocher la cagnotte FMI et nous faire du Friedmann à donf, je ne peux que répéter : "Longue vie à Frédéric Lordon !".

    PS : je reviendrai pour commenter un peu plus dans le texte, si je peux.

  • permalien Olligarcide :
    3 septembre 2007 @21h50   « »

    Merci à Frederic Lodron et au Diplo pour cet article très clair et vulgarisateur. J’ai lu et relu cet article et je viens de lire aussi “Comment protéger l’économie réelle” et cela confirme ma défiance vis à vis de la bourse et de tout investissement en action.

    L’idée de dédoubler les taux d’intérets, « un premier taux d’intérêt dit « économique » pour les agents de l’économie productive, et d’en attribuer un second dit « spéculatif » à l’usage exclusif de la finance de marché », peut sembler un bon procédé de régulation. Cependant cela est déjà complètement dépassé par les entreprises. Elle n’hésitent pas à contracter des prèts “productifs” auprès des banques pour ensuite utiliser ces liquidités sur les marchés financiers ou pour spéculer en bourse. Si bien que leurs résultat d’entreprise doit des fois plus aux gains réalisé en bourse, quand tout va bien, qu’à la production elle-même.

    Aux yeux des olligarches, réguler la finance revient à les ruiner. En fait ils n’ont besoin de personne pour les ruiner, ils vont se ruiner tout seul quand “la grosse bulle des marchés” va exploser, entrainant la faillite de toute la société, malheureusement. C’est à ce moment là que les politiques devront être courageux pour “refuser de pivatiser les bénéfices et de socialiser les pertes”. La pression des citoyens sera déterminante. Peut-être, comme en Argentine, il y a quelques années, les salariés devront-ils prendre le controle des entreprises et continuer à les faire tourner. On vend bien une entreprise en faillite pour l’euro symbolique aux repreneur. Pourquoi pas la donner aux salariés ?

  • permalien Mr Mouha C. :
    7 septembre 2007 @23h28   « »
    Le monde pris en otage par la finance doit jouer le jeu...

    Quand la finance prend le monde en otage nous écrit Frédéric Lordon ! Le monde ! Le monde ? Mais qui est le monde ? Ne serait-ce pas nous ? Alors jouons le jeu ! Comment ?

    C’est ce que je vais tenter de vous expliquer en cinq parties. Chacune d’entre-elles sera ’publiée’ mensuellement. A l’issue de la dernière partie, vous pourrez vérifier concrètement mes dires et savoir enfin si je vous ai écrit une vérité ou La Vérité.

    Vous comprendrez alors pourquoi lire ’Le Monde Diplomatique’ est une véritable chance.

    Mais d’abord de quel jeu s’agit-il ? Ca me semble logique : ’Le jeu de l’économie, outils de la finance’ (partie n°1).

    Et oui, l’économie n’est qu’un jeu. Certe, aux conséquences heureuses pour certains et aux conséquences malheureuses pour d’autres.

    Dans l’article de Frédéric Lordon, les heureux sont les vendeurs de prêts inscrupuleux qui ont touchés des bénéfices pour chaque contrat conclus avec des clients qui n’avaient aucune chance de pouvoir rembourser leur prêt, ainsi que les firmes de crédit qui, en mettant en confiance les investisseurs ont pu profiter de l’aubène.

    Les malheureux sont ces millions d’amércains qui devront probablement revendre leur maison, sans oublier, la facture de ce gigantesque gâchis qui sera payée par...le monde c.à.d vous et Mouha.

    Mais avant de contiunuer, remettons l’égise au milieu du village. Cela vous permettra de mieux comprendre la suite.

    - Si l’économie est un jeu, quel en sont les règles ?

    Tout simplement l’offre et la demande. Si vous possédez un objet qui est rare et qui est très demandé, votre objet aura une grande valeur, pourtant cela ne fera pas de vous un riche ou ’heureux’. A l’inverse, si vous possédez un objet très banal et courant et que celui-ci n’est pas très demandé, votre objet aura une très petite valeur. Mais cela ne fera pas de vous un pauvre ou ’malheureux’.

    - Mais alors qu’est-ce qu’être riche ou pauvre ?

    Un riche (heureux), c’est quelqu’un qui dépense moins qu’il ne gagne. Au contraire, un pauvre (malheureux), c’est une personne qui dépense plus qu’elle ne gagne. On peut donc, par exemple, être riche en possédant 2,00EUR si on ne doit dépenser que 1,00EUR pour subvenir à ses besoins et ses envies.

    - Et que voulons-nous, locataires de ce monde pris en otage par la finance ?

    Tout simplement être riche (heureux). Mais ayant des besoins et des envies de plus en plus grandes et en croissances constantes, nous sommes obligés de gagner plus et donc de faires des bénéfices. C’est très exactement ce qu’avait déjà compris Mr Ponzi en 1920.

    Suite le mois prochain dans la deuxième partie intitulée ’Mr Ponzi, voleur, idiot ou... génie ?’.

    Voir en ligne : Quand la finance prend le monde en otage

  • permalien Baruch :
    8 septembre 2007 @09h32   « »
    Enrichir l’outillage d’argumentation

    Tout simplement : merci à Frédéric Lordon pour cet article clair et complet publié dans un journal non spécialisé.

    Dans le concert optimiste que nous entendons continuellement, en particulier dans les grands médias, il est tout au moins lumineux si ce n’est prophétique. Il gagnerait à être lu par tous ceux qui, empoisonnés par des années de discours louangeurs sur la finance, restent confiants mais surtout sceptiques à l’égard de tout discours un tant soit peu critique, fût-il construit comme celui de Frédéric Lordon.

    Comme l’écrivait Robert Musil : “Il n’est pas une seule pensée importante dont la bêtise ne sache aussitôt faire usage ; elle peut se mouvoir dans toutes les directions et prendre tous les costumes de la vérité. La vérité, elle, n’a jamais qu’un seul vêtement, un seul chemin : elle est toujours handicapée. La bêtise dont il s’agit là n’est pas une maladie mentale ; ce n’en est pas moins la plus dangereuse des maladies de l’esprit, parce que c’est la vie même qu’elle menace.”

    Il ne s’agit bien évidemment pas chez Frédéric Lordon de vérité, mais essentiellement d’enrichir l’outillage argumentatoire qui nous permettra de sortir du dangereux délire collectif de la finance incantatoire.

  • permalien SammyD :
    10 septembre 2007 @11h46   « »
    Le système de la pyramide ?

    Tous mes compliments à l’auteur pour son article, bijou de clairvoyance et de pédagogie. Question de néophyte : ce système de dilution par étages me fait penser au schéma de l’escroquerie bien connue dite "de la pyramide" (j’achète mais à condition de revendre illico à d’autres gogos plus nombreux). Cela est-il le cas ? Si oui, cette démonstration ne pourrait-elle pas servir de base juridique à l’interdiction de ce genre de pratiques ?

  • permalien Jean-luc :
    10 septembre 2007 @22h39   « »

    à Mr LORDON , J’ai lu avec un vif intérêt votre article " Quand la finance prend le monde en otage" . Il est très clair et permet de comprendre les " bêtises" de notre monde bien pensant et bien entendu de comprendre qui , à terme en paiera "les pots cassés" si pots cassés il y a .Car , actuellement , tout va bien en à croire les déclarations des grands dirigeants . Pas de "profits warnings" et maintient des objectifs de résultats pour ceux qui détiennent dans leurs actifs si peu de créances dites " pourries". Pour l’instant , nul n’est capable de dire quels seront à terme les dégâts. Beaucoup de chiffres circulent ça et là , mais comment vérifier ? J’ai lu au travers de vos lignes , et au delà de vos connaissances économiques un certain humanisme mais aussi un cri d’alarme à l’ensemble de la communauté financière. Vous dîtes que les crises sont de plus en plus fréquentes et vous avez raison . D’autres vous rétorqueront que celles-ci sont nécessaires car elles permettent de progresser et qu’in fine tout le monde s’y retrouve , n’est-ce pas ? Regardons les courbes des bourses mondiales depuis 20 , 3O ans tout progresse ...et ceci malgré les crises . Seulement voilà , le temps s’accélère et les laissés pour compte aussi .

    L’esprit scientifique de notre civilisation est arrivé à un niveau tel que nous fabriquons des FICTIONS que nous en vivons , et qu’elles dictent toute notre conduite. Nous avons perdu tout BON SENS et notre capacité à sentir les choses devient aussi ténue que notre bêtise s’accroît. L’animal sent arriver le tremblement de terre , nous nous mettons au point des sismographes !

    Car enfin , faut-il être :
    - NIAIS pour penser que l’immobilier va croître indifiniement alors que quelqu’un qui a fondé une famille ou a des proches jeunes , doit se demander sincèrement comment feront les générations futures pour se loger ?
    - faut-il être NIAIS pour croire en tant que porteur de parts sociales ou d’actions que les dividendes vont croître de 20% par an indifiniement alors que chaque individu actionnaire doit avoir un membre proche ou lointain de sa famille qui "trime" à des cadences infernales ou est soumis à des objectifs annuels de plus en plus délirants et ceci précisemment dans ces entreprises petites ou grosses d’ailleurs ? Question de bon sens . ( telle entreprise annonce X licenciements et le cours monte ! ) Aucune législation , aucun règlement ne pourront arrêter le cours des choses. Un très grand philosophe ( R.A SCHALLER de LUBICZ ) a écrit la chose suivante ( C’est un mystique dit-on de lui) : " Le sociologue doit savoir que ce n’est pas avec les qualités mais avec les défauts de l’humanité que se construit le cadre social" Pourquoi pas ? Les défauts sont connus , il n’y a que se reporter aux septs péchés dits capitaux . C’est de nos jours ,enfantins !

  • permalien Denis LION :
    16 septembre 2007 @13h05   « »

    Bonjour,

    L’article de septembre 2007 de F. Lordon est tout simplement clair, précis et pertinent.

    Il serait opportun qu’un prochain article éclaire les paradoxes des attitudes de politiciens (ex : sarkosy et merkel) face à la BCE et des positions ambigues de cette dernière.

    Merci

  • permalien pierre :
    17 septembre 2007 @10h47   « »

    Frederic Lordon a écrit un article remarquable par sa clarté et par ses qualités pédagogiques peu de journeaux spécialisés ont fait cet effort d’explication des mécanismes de la crise financière actuelle . Le plus surprenant dans cette crise est le mécanisme de transfert des risques par l’opacité des outils financiers ,tellement complexes que même les experts s’y laissent prendre . Quel rôle et quelle complicité faut -il de la part des organismes de contrôle pour arriver à une telle situation ?

  • permalien
    19 septembre 2007 @11h39   « »

    Un grand bravo à l’auteur de cet article ! Enfin un exposé complet et pédagogue sur un sujet difficile. Merci de mettre un peu de lumière sur ce monde obscure de la finance.

  • permalien Michelange Baudoux :
    22 septembre 2007 @13h58   « »
    L’hypocrisise de l’Etat, aussi dans le social et dans le politique

    Un vrai plaisir que cet article, clair et intéressant, démontant les hypocrisies du monde financier.

    Bien que totalement néophyte en matière de finance, je pense que le même discours hypocrite nous est imposé concernant les rapports sociaux : sauver les social en Europe aujourd’hui revient à entériner l’esclavage du sud à l’échelle globale...

    Pour ce qui est de l’hypocrisie politique, vous pouvez éventuellement voir Syriana, de et avec Georges Clooney. J’y vois une fiction qui n’a pas peur de la réalité.

    Je suis persuadé que l’ignorance fait le lit de la manipulation, donc, cher Monsieur, continuez à vulgariser !

    Bravo et merci.

  • permalien Tatyana, Finamrus :
    28 septembre 2007 @13h57   « »

    Un article tres interessant, et en serait d’autant plus si le debat continue.

    Le 18 septembre la Reserve Federale semble de faire leur choix en faveur du Wall Street. Une nouvelle vague d’inflation, suivie par le reflux du capital non-residentiel sont tres probables. La suite est deja connue.

    M.Lordon, a votre avis, est-ce que le moment est venu pour parler de la fin de l’epoque du dollar ? Quells en seronts les consequences possibles pour l’euro et pour le systeme financier mondial ? En Vous remerciant d’avance

  • permalien Frédéric Lordon :
    28 septembre 2007 @14h58   « »
    Eléments de réponse : le coût des injections de liquidités

    Je vais tâcher de répondre ici à certaines des questions à la fois les plus saillantes et les plus fréquentes.

    L’une d’entre elles interroge soit le coût des injections de liquidité par les banques centrales (BC) soit l’origine de leurs fonds. C’est une des questions les plus classiques et dont la réponse peut sembler le plus déconcertant pour le non-spécialiste. Le coût de ces injections est nul (en première approximation) et l’origine de ces fonds est : nulle part ! En effet les banques en général, mais tout spécialement la BC, créent de la monnaie ex nihilo. La création de monnaie est un acte purement scripturaire (opéré par une écriture) et ne suppose pas autre chose que l’inscription d’un crédit au compte d’un agent. La monnaie étant créée ex nihilo son émission est d’un coût intrinsèque nul. Certes l’accès à ces liquidités demeure payant pour l’agent (en l’espèce la ou les banques privées qui en bénéficient) puisque la BC prête cet argent à intérêt. Mais le point important est que ces fonds ne proviennent pas d’une accumulation préalable, et en particulier pas d’un prélèvement fiscal antérieur — en résumé, ce ne sont pas les contribuables qui financent ces opérations...

    Certains estiment cependant que ces opérations peuvent entraîner un coût, mais un coût indirect et macroéconomique, lié à l’inflation induite par un surplus de liquidité. Cet argument n’est guère convaincant : en premier lieu ces liquidités sont employées dans la sphère financière et non dans la sphère des échanges de biens et services, par conséquent elles sont sans grand effet sur les prix de ceux-ci. En second lieu nous sommes dans une époque où les pressions inflationnistes sont très peu dangereuses (pour un grand nombre de raisons tenant entre autres à l’intensité de la concurrence)...

  • permalien Frédéric Lordon :
    28 septembre 2007 @15h17   « »
    Réponses à Jacques Weber et Pancho

    Jacques Weber a bon !! Les propositions de régulation tranchent dans le vif des intérêts. Qui soutient contre toute évidence la thèse des immenses bienfaits de la finance, sinon l’industrie financière elle-même qui a tiré des profits colossaux de la déréglementation ?... Cette industrie financière est même devenue le fer de lance de la spécialisation de l’économie britannique. Comment s’étonner dès lors de rencontrer au niveau européen le veto anglais systématique lors de chaque proposition destinée à restreindre si peu que ce soit les libertés de la finance. Or l’idée d’une politique monétaire dédoublée avec des taux d’intérêt punitifs pour l’activité spéculative a la mauvaise propriété d’organiser l’asphyxie de cette industrie financière. Certes il lui reste toute les ressources des épargnes agrégées, collectées par les fonds de pension, les fonds mutuels, les compagnies d’assurance, pour nourrir le casino. Mais priver les marchés du surplus de liquidité qu’ils tirent du crédit bancaire, c’est déjà ça de pris !

    Il est par ailleurs utile de mettre en rappport l’intervention de Jacques Weber et celle de Pancho car, en effet, le travestissement rhétorique, la maîtrise des schèmes mentaux par le choix et l’imposition de certains mots, sont le b-a-ba de l’exercice de la domination et de la reconduction de l’hégémonie de certains intérêts. J’avais à une certaine époque travaillé sur ce qu’il s’ensuit de parler de "franc fort" pour requalifier les politiques de désinflation compétitive. Voulez vous critiquer la politique du franc fort, c’est donc que vous êtes pour celle du "franc faible" ? Voilà typiquement comment fonctionne ce genre de piège à cons rhétorique. Or l’époque néolibérale est indiscutablement à l’enfumage sémantique permanent. D’où la nécessité de rincer tout ça à grands flots de dissolvant. Acrimed et le plan B passent au jet les sous-produits intellectuels qui résultent de l’intoxication dogmatique et médiatique. Plus loin des urgences de la riposte politique, c’est également tout un programme de recherche en sciences sociales.

  • permalien Frédéric Lordon :
    28 septembre 2007 @15h33   « »
    Réponses : le capitalisme plus stable ?

    Un intervenant fait observer qu’il n’y a pas de quoi s’alarmer d’une chute de 10% du marché — "la belle affaire" dit-il... Mais cet intervenant a visiblement un horizon temporel qui ne dépasse pas la semaine. J’étais d’abord tenté de me dire que, postant son commentaire le 30 août, il ne pouvait pas avoir idée de ce qui se passerait ensuite ni que cette affaire se terminerait — ou plutôt se poursuivrait — avec une panique bancaire, celle de la Northern Rock, comme on en n’avait pas vu depuis le XIXe siècle — événement qui donne un certain reflet au "progrès" et à la "modernité" du néolibéralisme... En fait si ! on pourrait lui reprocher de ne pas avoir pensé à tout ça ! Certes pas dans le détail, mais dans les grandes lignes. Et pour deux raisons. Premièrement parce que les mécanismes fondamentaux de la finance produisent toujours les mêmes enchaînements — et les mêmes catastrophes. Croyant étayer son propos, cet intervenant fait observer qu’il n’y avait pas d’ordinateurs ni de Hedge Funds en 29. J’aime beaucoup cet argument et j’y vois une preuve à l’appui de la proposition que je viens d’énoncer. Les ordinateurs ne font qu’intensifier des mécanismes qui ont fondamentalement avoir avec les structures de la liquidité et avec le décloisonnement de tous les compartiments de la finance. En effet, ceci était déjà à l’oeuvre en 29 et on a vu l’admirable résultat qui s’en est suivi...

    C’est à ce point précis que se révèlent les horizons temporels très courts de notre intervenant. Car - 10% sur les marchés, ça peut tout de même finir dans certaines conditions en credit crunch et en pertes de croissance et d’emplois six mois plus tard. Evidemment, certaines personnes n’en ont cure : leur emploi et sécurisé, leur patrimoine également si les marchés repartent. Le choc a peut-être été lissé dans la valeur des titres, mais il n’en a pas moins laissé une trace durable dans l’économie réelle. On peut s’en moquer. Mais ce ne sera pas le cas de tout le monde. S’agissant de la crise actuelle, j’aurais tendance à dire qu’on est loin d’en avoir vu le bout, et qu’elle ne sera pas sans effet sur l’économie réelle.

    Qu’on me comprenne bien : si les gamelles de la finance restaient strictement confinées aux limites de la Bourse et ne ruinaient que quelques golden boys, je n’aurais strictement rien à redire au fait que ces messieurs s’amusent entre eux. Mais d’une part, le salariat s’est retrouvé mouillé de fait (et de force)dans la financiarisation puisque de plus en plus ses épargnes sont investies sur les marchés. Et d’autre part, la finance a le mauvais goût de transmettre le plus souvent sa vérole à l’économie réelle. Tout ça, me semble-t-il,donne des raisons suffisantes de se préoccuper d’y mettre un terme.

  • permalien Frédéric Lordon :
    28 septembre 2007 @15h52   « »
    D’une objection contre les taux dédoublés

    Une objection revient fréquemment contre l’idée des taux d’intérêt dédoublés, à savoir que le dispositif pourrait faire l’objet d’un contournement, les entreprises empruntant au taux bas pour reprêter à des agents financiers ainsi dispensés de se financer à taux haut.

    L’objection ne manque pas de sens en principe. Mais j’ai tendance à penser qu’elle ne représente pas un risque très grand. Serions nous en Russie, je serais beaucoup moins optimiste. Le capitalisme russe, en effet, est dominé par des entités conglomérales qu’on nomme les GFI (Groupes Financiers-Industriels) intégrant des entités industrielles et une banque (dite assez souvent "banque de poche", pour ne pas dire "banque de convenance"). Il est évident que dans ces GFI les fonds peuvent circuler sans la moindre difficulté des composantes industrielles qui se financeraient à taux bas vers les composantes financières qui pourraient ensuite aller jouer sur les marchés.

    Mais ces GFI n’existent pas en France. On pourra cependant suggérer que rien n’empêche en principe les entreprises d’aller jouer elles-mêmes sur les marchés ni de prêter en sous-main à des banques. Et, de fait, les entreprises sont déjà présentes sur les marchés où elles placent leur trésorerie. Mais les entreprises ressortissent du capital industriel et, si elles savent prendre le chemin des marchés quand elles ont des excédents à placer, d’une part leur part dans l’ensemble des transactions financières demeure ultra-marginale, et d’autre part leur vocation n’est pas d’être, ou de devenir, d’authentiques acteurs financiers — en premier lieu parce qu’elles ne disposent pas du savoir spécialisé pour ce faire. Leur vocation d’entreprise c’est de faire du profit dans leur secteur, c’est ce qui mène leurs patrons et pas autre chose — sinon ils seraient devenus banquiers... Il me semble tout à fait improbable que s’opèrent des conversions d’acteurs industriels en acteurs financiers dans des proportions telles que le dispositif des taux dédoublés perdrait toute efficacité. Pour qu’il en soit ainsi il faudrait que les entreprises contractent des surplus d’emprunt tout à fait considérables et on peut très bien imaginer un dispositif complémentaire de surveillance des bilans des entreprises qui repérerait facilement des écarts massifs entre volumes empruntés et volumes effectivement investis — et sanctionnerait ces tentatives manifestes de contourner le dispositif.

  • permalien Gus :
    28 septembre 2007 @17h05   « »

    Juste un détail technique sur le titre

    Quand on vous prive de votre liberté physiquement cet acte fait de vous un otage

    Lorsque l’ont vous fait payer un service que vous ne solicitez pas c’est du racket

    donc

    le titre serait a mon humble avis plutot "Quand la finance rackete le monde"

    euh sinon jai parcouru le débat rapidement et je ne vois pas les reponses a certaines questions posée , je suis bigleux ou bien ?

  • permalien kazeo :
    1er octobre 2007 @22h18   « »

    Bonjour tout le monde,

    Je me posai quelques question théoriques à propos de cette crise financière et la création de monnaie des banques centrales. En effet cet crise n’est-elle pas à même de ranimer un vieux débat que certains ont appelé "une tempête dans un verre d’eau" à savoir le fait de déterminer dans le cadre d’une théorie post-keynesienne de la monnaie endogène, si le comportement bancaire est strictement accomodant ou non ? La description que vous en faîtes M. Lordon ne pourrait-elle pas donner raison à ceux qu’on a appelé les accodomationnistes (cf les écrits de Kaldor et de Moore) ? Même plus encore, ne pourrait-elle pas être l’occasion de rapprocher les structuralistes de ceux-ci en réfléchissant sur leur comportement bancaire actuel et pendant la crise ?

    On devrait même dire qu’il y a là quelque chose de paradoxal, dans le sens où précisément les structures objectives de la finance "imposent" au banque une attitude accomodante (en tout cas pour le marché financier). Dès lors faut-il en conclure qu’il existe d’une part une création monétaire ex nihilo de monnaie pour les marchés financiers et une création endogène pour les crédits à destination des entreprises ? Celà corroborait votre analyse d’un dédoublement des taux, même si, à priori,(dans le cadre d’une offre de monnaie endogène par création scripturale) il n’agit pas sur l’offre de monnaie, mais sur les conditions de solvabilité nécessaires au débiteur.

    Enfin et j’en terminerai, et j’aurai peut-être du commencer par là. En tant que membre de l’école de la Régulation, partagez vous cette idée de création de monnaie endogène ? Dans quelle mesure ? A quel niveau ? et dans le cas contraire en quoi votre interprétation du rôle de la monnaie se différencie-t-il des monétaristes ?

    Voilà c’est peut-être un peu compliqué pour les non-initiés mais il me semble qu’il y a là quelque chose d’intéressant à creuser, notamment dans le but de contrer les discours monétaristes actuels et tout particulièrement celui de M. Trichet. Même si, bizarrement, il aura su ne rien lâcher sur les taux d’intérêt. (d’où d’ailleurs les invectives de notre Président jamais rassasié d’aller sauver ses amis spéculateurs).

    Merci d’avance pour vos réponses.

  • permalien Zitoun :
    15 octobre 2007 @19h55   « »

    Bravo pour cet article : même si je suis un parfait néophyte, j’ai la sensation de mieux appréhender les tenants et aboutissants de cette crise... Je vais le diffuser largement autour de moi !

    J’ai quelques questions, qui trouveront peut-être leur réponse :
    - quels dispositifs sont actuellement mis en place pour contrôler les spéculations sur la marché financier ? J’entends parler de "déréglementation", c’est donc qu’il doit y avoir un minimum de règles à respecter... Pourquoi ces règles n’empêchent-elles pas les bulles ?
    - si la banque centrale se trouve en position "d’otage", se pourrait-il que ce soit du fait de son propre laxisme envers les "golden boys" qui s’aventurent toujours plus loin au-dessus du précipice ? N’a-t-elle aucun moyen pour remettre de l’ordre dans des spéculations qui s’emballent, avant même que la crise n’éclate ?
    - je suis d’accord qu’un tel organisme doive être mis à contribution pour "sauver" le monde capitaliste de la faillite générale, mais au départ d’une telle crise, il y a des décisions prises par des hommes, et de telles décisions devraient être punies par la loi, à mon goût... Pour moi, la faillite est la "punition" réservée à l’entreprise. N’existe-t-il aucun levier pour frapper les "golden boys" qui prennent des risques inconsidérés et font boire la tasse au monde entier, les banquiers qui ont participé à l’orgie, les contrôleurs et les politiques trop laxistes, bref, les hommes qui ont du pouvoir pour mettre en place une telle situation et en profiter ? Et je ne parle pas seulement d’amendes... Il doit y avoir moyen d’apposer les mots "vol", "escroquerie", "délit", ou "crime" à des actions qui visent à faire de l’argent avec celui des ménages ou de l’état. Le fait par exemple d’inciter à souscrire à des placements douteux n’est-il pas taxé d’escroquerie ? Car enfin, si le "golden boy" déchu ne rejoint pas les familles qu’il a ruinées plus ou moins directement sous les ponts, ce serait la moindre des choses que de le coller dans une cellule. Que fait la police des finances ?

    A part ça, j’aimerais bien comprendre l’intérêt que peut avoir un chef d’état à lâcher la bride (déjà bien lâche) au monde des affaires, à se désengager totalement de tout contrôle, pour ensuite se payer les pots cassés et avoir à affronter une situation sociale désastreuse et dangereuse... Ce n’est pas très clair... (et je ne parle pas d’avantages distribués à tort et à travers à une partie de la population qui n’en a pas besoin pour manger). Pourquoi le pouvoir politique renoncerait au contrôle de l’un de ses outils les plus puissants ?

  • permalien Olligarcide :
    29 octobre 2007 @20h27   « »
    Où les banques prennent-elles l’argent pour rembourser la banque centrale ?

    Si une banque est en difficulté, au point 1/ qu’ aucunes de ses consoeurs ne veuillent plus lui prèter, 2/ de ne plus être capable de rembourser ses clients qui y ont placé leur argent, alors elle est en faillite. Donc que la banque centrale lui prète de l’argent ne changera rien à sa situation puisqu’elle devra rembourser son emprunt, capital plus intérets. elle n’aura pas plus d’argent après qu’avant. à moins de prèter cet argent à un taux usuraire et de trouver des "pigeons à plumer" pour cela.

    Tout cela pour dire M. Lordon que vous nous avez expliquer la logique ascendante de la crise, c’est à dire, comment en partant d’un bien réel ( la construction d’une maison avec emprunt) on en arrive à la faillite des banques.

    Il serait interressant que vous nous expliquiez la logique descendante : comment font les banques pour trouver de l’argent pour rembourser leur dette vis à vis de la banque centrale ? Car si cette opération est juste un jeu d’écriture et que cela ne coute rien à la société, il faut bien que quelqu’un paye.

    Soit elles empruntent pour rembourser l’emprunt précédent, qui remboursait déjà l’emprunt précédent, etc... et elle courrent vers le gouffre ;

    soit elle prètent à des clients qui vont jouer sur les marchés financier avec, et alors elles prennent de gros risques, pour se renflouer au maximum jusqu’à la prochaine crise, comme vous l’expliquez ; alors la banque centrale devra de nouveau intervenir pour sauver tout le monde ;

    soit elle trouvent grace à la publicité , entre autre, ou au harcellement des démarcheurs commerciaux, des clients qui vont investir cet argent sur le marché des biens réels, pour faire construire une maison neuve, par exemple.

    Conclusion : cette crise n’est-elle pas le résultat de la crise précédente ? Cette crise ne prépare-t-elle pas la crise suivante ? Dans tout les cas l’impact sur le monde réel n’est-il pas beaucoup plus important qu’une question d’inflation ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    30 octobre 2007 @16h23   « »
    Réponse à Zitoun

    1. "S’il y a eu déréglementation, c’est qu’il doit bien rester quelques règles". En effet il en reste mais ce sont les règles élémentaires assurant le bon déroulement des transactions. Elles ne posent aucune borne réelle à ce que doivent être ces transactions et par conséquent sont tout à fait incapables d’empêcher la moindre bulle — hélas...

    2. "Les banques centrales pourraient-elles mettre de l’ordre avant que la bulle ne se forme ?" Pour le moment non : elles n’en ont aucun moyen. Le seul que je puisse discerner à l’heure actuelle... c’est celui que je viens de proposer dans cet article, à savoir un taux d’intérêt spécifique à l’usage exclusif de l’activité spéculative pour restreindre le volume des liquidités investies sur les marchés.

    3. Peut-on punir les "responsables" ? On en a bien envie. Mais hélas on ne voit pas sur quelle base juridique on pourrait l’envisager. Les opérateurs qui, par leurs comportements collectifs, élèvent le risque financier à des niveaux où la crise est inéluctable "n’ont fait que" prendre des positions... risquées dont les risques ont mal tourné. Pendant les années qui ont précédé la crise, les mêmes opérateurs prenaient les mêmes positions, sauf qu’alors ça se finissait bien... C’est surtout un processus très collectif dans lequel il est extrêmement difficile de pointer des responsabilités individuelles. Moralité : c’est aux STRUCTURES qui déterminent ces comportements collectifs qu’il faut s’en prendre — à savoir les structures de la finance déréglementée. C’est pourquoi, au delà de ma proposition de politique monétaire "dédoublée", le véritable objectif politique, c’est la RE-REGLEMENTATION de la finance.

    4. "Les Etats dérérglementent puis s’aperçoivent qu’ils ne contrôlent plus rien..." Très franchement, il m’arrive de penser que l’hypothèse de la pure bêtise n’est pas à exclure. Plus sérieusement il faudrait étudier les connexions sociologiques, politiques et organiques entre les élites gouvernementales et financières. "Ne plus contrôler" est bien avantageux quand les mécanismes "hors de contrôle" travaillent tous dans le même sens, à savoir la domination du capital sur le salariat...

  • permalien Frédéric Lordon :
    30 octobre 2007 @16h33   « »
    Réponse à Olligarcide

    On pourrait considérer d’une certaine manière que "LA dette" n’est jamais remboursée. Elle n’est que perpétuellement renouvelée. Ca n’est pas un problème qu’il en soit ainsi, ni pour les agents privés, ni, encore moins, pour l’Etat. Ceci ne signifie évidemment pas que LES dettes particulières (dont l’enchaînement constitue LA dette) ne sont jamais remboursées ! Evidemment elles doivent l’être. Pour les banques en difficulté actuellement, les dettes seront remboursées quand l’activité bancaire aura repris un cours un peu plus normal et que les cash flows dégagés par cette activité permettra de servir la dette. Plus précisément il faut remarquer que les dettes "de détresse" contractées par les banques privées auprès de la banque centrale ont été des dettes de très (très) court terme (du jour au lendemain, ou à 48h). Par construction, celles-ci ont déjà été remboursées... et renouvelées. Ce processus illustre d’ailleurs mon point initial : il n’y a jamais qu’un "roll over" de la dette.

    Pour autant ce renouvellement permanent ne signifie pas qu’il ne puisse y avoir de situation critique. Celle-ci apparaît lorsque les difficultés d’un agent à honorer le service de ses engagements passés sont telles, c-à-d si importantes en volume et si chroniques, que même un prêt de secours ne parviendra pas à restaurer sa liquidité. L’agent est alors insolvable. En gros l’insolvabilité c’est une crise de liquidité dont on ne voit pas le bout... Par exemple, la banque anglaise Northern Rock est dans une situation telle que des prêts de court terme ne suffisent pas à la tirer d’affaire. Ce sont des lignes de dettes de plus long terme (et plus importantes) qui ont dû être mises à sa disposition. Le remboursement de ces dettes-là est encore incertain, même si il ya de bonnes raisons d’estimer que la banque a une probabilité raisonnable d’en venir à bout — mais une probabilité seulement...

  • permalien erict :
    28 novembre 2007 @21h25   « »

    "Baisser les taux d’intérêt pour maintenir l’économie à l’équilibre quand il y a des évolutions négatives sur les marchés diminue le prix à payer par certaines personnes qui font preuve d’un pauvre jugement. Mais ces personnes paient quand même le prix de leurs décisions et nous ne devons pas prendre l’économie en otage pour infliger une leçon à une petite partie de la population", a déclaré M. Kohn, lors d’une intervention tenue à New York, faisant renaître l’espoir d’une nouvelle baisse des taux en décembre. C’est assurément une tendance à scruter de près quant à la manière de resoudre ce qui constitue une crise marquante. Alors que celle ci pourrait servir à comprendre (s’il en était encore besoin !) et apporter des solutions à un phénomène récurent maintenant, il semblerait qu’il soit plus important de soulager le mourant que de neutraliser le poison qui se diffuse ! En outre, comment ne pas souligner l’ironie du propos, les fameuses personnes "de pauvre jugement" sont celle qui sont le mieux pourvues en terme de richesse pécuniaire !

    Ceci étant, si le prix à payer par "certaines personnes" est diminué, cela ne veut pas dire que celui à payer par tous le sera. On peut bien se douter que cette manière de mutualiser les pertes, surtout en période électorale aux états unis, s’assimilera à une tentative d’exportation des difficultés. La monnaie, en ce sens, est un très bon instrument, et la fluctuation du dollar en constitue un début de preuve. Inconnue de taille cependant, il se pourrait que le scénario mainte fois éprouvé trouve sa limite dans l’existence de l’euro maintenant, qui pourrait jouer un rôle important cette fois dans la redistribution des cartes.

    Je voudrais revenir également sur le propos tenu un peu plus haut sur la relative "inimportance" de cette crise, si l’on se réfère à la décote relative restant faible (10% de baisse du CAC) et montrant l’amélioration de la situation par rapport à celle en cours en 1929. C’est oublier un peu vite que les données d’ajustement ont suffisamment changé pour que la grille de lecture soit différente. Songez que le taux de chômage moyen à cette époque en France était d’environ 10% dans des régions industrieuses comme celle de la région Lyonnaise, alors qu’aujourd’hui ces mêmes espaces géographiques s’accommodent de taux de chômage réel bientôt trois fois supérieurs... ! A méditer.

  • permalien hayekFan :
    18 janvier @14h56   « »

    M. Lordon

    vous ecrivez :

    "Certains estiment cependant que ces opérations peuvent entraîner un coût, mais un coût indirect et macroéconomique, lié à l’inflation induite par un surplus de liquidité. Cet argument n’est guère convaincant : en premier lieu ces liquidités sont employées dans la sphère financière et non dans la sphère des échanges de biens et services"

    Je crois que la spectaculaire hausse de l’or, mais aussi de l’immobilier dans les 7 dernieres annees soit la pour vous convaincre de la bonte de cet argument. Certes, les prix des jouets importes de Chine n’ont pas augmentes, mais allez faire vos beaux discours aux jeunes menages qui n’arrivent plus a se loger !

  • permalien hayekFan :
    18 janvier @15h30   « »

    M. Lordon je viens de lire vos deux articles, de louables effors de vulgarisation de sujets intriques. Mes commentaires : 1) votre sarcasme sur les lois Sarbanes-Oxley me parait deplace. Elles ne sont pas anti-liberales ! Pas dans la mesure ou liberalisme n’est pas anarchie, comme vous semblez le croire. Bien au contraire, le liberalisme relegue l’Etat et son oeuvre legislative au domaine de la justice, de la garantie du Fair Trade, exactement ce que fait Sarbanes-Oxley, et demande que l’Etat s’abstienne de la competition economique en tant que joueur, vu qu’il en est deja arbitre. 2) Je suis tres decu que vous persistiez dans l’idee du SLAM, absolument injuste, irrealiste et cripto-communiste. 3) Vous prenez une cible qui n’est point coupable : la libre circulation des capitaux, (heureusement inscrite dans le Traite Constitutionnel europeen) sans laquelle il n’y a pas de Nation, de Marche’, de Communaute, mais une ribambelle de litigieux duches moyenageux, qui ruineraient l’Europe 4) La vraie et seule coupable des actuelles derives financieres, aux US comme en Europe, est bien au contraire l’infame politique de creation de monnaie ex-nihilo, qui devalue la monnaie existante, produit inflation des assets comme or, immeubles, societes, avec une illusion d’enrichissement qui pousse prives, banques et institutions a l’investissement improductif (immobilier, emprunts). Mais on est arrive au terminus : la vache a lait finale, les menages, ne peuvent plus soutenir les prix surrealistes de l’immobilier et le risque refait surface pour tout investissement immmobilier ou lie a l’immobilier. Voila donc l’envolee de l’Euribor, de l’or, et il ne servira a rien d’insouffler encore des centaines des milliards dans la mesure ou cet argent n’arrive pas aux acheteurs de logements. Il finira dans l’or bien sur et dans la Bourse, du moins sur les societes saines. Et on repart dans une baisse immobiliere, jusqu’a ce qu’on pourra reprendre le petit jeu de l’inflation immobiliere, pilotee par la desastreuse politique keynesienne de creation de monnaie ex-nihilo.

  • permalien glattering :
    24 janvier @16h32   « »
    à hayekFan

    A hayekFan :

    Je suis un néophyte total en économie, mais il me parait assez (peut être faussement) évident pourtant, que la hausse de l’immobilier aurait plus à voir avec la spéculation qu’avec l’inflation due à trop de liquidités...

    Sinon, d’une manière générale, je remercie et applaudis M Lordon pour ses articles, qui, on le sent bien, cherchent à montrer et faire comprendre, et ne se contentent pas de véhiculer et de faire perdurer les éternels flous et clichés qui au fil du temps, finissent par faire partie de nous, nous empêchant de les remettre en question.

    /glattering

  • permalien hayekFan :
    25 janvier @10h22   «

    M. Glattering

    pour speculer il faut bien disposer de liquidites, on achete pas a l’oeil. Or, d’ou viennent les liquidites qui ont alimente la speculation immobiliere des annees durant ? De l’argent prete au banques par une BCE qui a augmente la base monetaire (M0) au joli rythme de 10% par an environ, suivant les mauvaises idees de Keynes sur le soutien artificiel de la demande. Le savant britannique pensait a l’investissement qui cree occupation, mais il y a bien d’autres formes d’investissement, vous l’avez dit, la speculation. Immobiliere mais aussi sur l’or, passe de $200 a $900 en quelques annees. C’est bien la preuve finale que Keynes se trompait et qu’il est necessaire d’arreter la creation artificielle de monnaie.

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