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Politique étrangère française (suite)

jeudi 13 septembre 2007, par Alain Gresh

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, une offensive se développe pour que la France se débarrasse de l’héritage gaulliste en politique étrangère. Cette offensive s’appuie sur le virage pro-américain du président de la République tel qu’il s’est exprimé dans son discours sur la politique étrangère que j’ai critiqué dans un envoi précédent. Un nouveau livre d’Isabelle Lasserre, rédactrice en chef adjointe au Figaro, L’impuissance française, reprend toutes les accusations-poncifs contre les choix français depuis des décennies : compromissions africaines, relations particulières avec les autocrates du Proche-Orient, antiaméricanismes, etc. Dans une tribune du journal Les Echos du 12 septembre, « Politique étrangère : la fin du "consensus" », Laurent Cohen-Tanugi s’en prend à l’analyse de Hubert Védrine.

« Pour convaincre, en ces temps de « rupture », de la nécessité de conserver une politique étrangère nationale ambitieuse, Hubert Védrine s’en prend en effet sur un ton exagérément défensif aux supposés ennemis d’une telle ambition : les « européistes » (ou fédéralistes européens) d’un côté, les « atlantistes » - rebaptisés « occidentalistes » par référence à la problématique huntingtonienne du « choc des civilisations » - de l’autre. Or, si tant est qu’il ait jamais prôné la fin des diplomaties nationales, le mouvement fédéraliste européen est aujourd’hui pratiquement mort. Quant à la nouvelle inspiration euro-atlantiste résultant d’une analyse lucide du monde du XXIe siècle, elle n’aspire que dans l’esprit de ses détracteurs à inféoder la politique étrangère de la France (ou celle de l’Europe) à Washington. Il s’agit plutôt de construire une France forte dans une Europe assez forte pour que l’une et l’autre soient des alliés pertinents et respectés des Etats-Unis. »

Au moins, sur un point, on peut être d’accord avec Cohen-Tanugi :

« Le discours de Nicolas Sarkozy innove, plus que l’on ne l’a généralement souligné, par rapport à la tradition diplomatique gaullienne, en rejetant l’opposition stérile entre ambition européenne et solidarité atlantique, Europe de la défense et Otan, mais aussi en renouvelant la vision traditionnelle de nos rapport avec le monde arabe et le continent africain, et en affirmant haut et fort nos valeurs et nos intérêts de Français, d’Européens et d’Occidentaux, face aux menaces qui les visent. »

C’est bien un tournant qui s’amorce, on aurait tort d’en sous-estimer les conséquences pour la France. Deux autres remarques : ce tournant n’est en rien soutenu par une majorité de la population, au contraire ; ce rapprochement avec Washington s’amorce au moment même où la faillite de la politique américaine dans le monde n’a jamais été aussi flagrant.

On lira aussi l’entretien que Bernard Kouchner a donné au quotidien israélien Yedioth Ahronot du 7 septembre. Notons sa prudence sur le Darfour : « Attention aux fausses évidences sur le Darfour, c’est un dossier complexe. On a exagéré parfois, même si l’on a bien fait d’attirer l’attention sur un massacre inacceptable, sur les réfugiés en masse et les personnes déplacées, record du monde des malheurs. » En revanche, il justifie le bombardement par l’aviation isralienne du réacteur irakien Osirak en 1981 (un technicien français fut tués) et se prépare au pire en Iran :

Q - Quand Begin a bombardé le réacteur nucléaire en Irak, tout le monde l’a condamné…

R - « Mais il avait raison ! Cela ne l’a pas empêché d’être un homme de paix. Il a bombardé mais il voulait aussi la paix et savait qu’il n’y a pas de solution militaire. »

Q - Mais peut-être que sur la question iranienne le choix sera, comme l’a dit le président Sarkozy, "la bombe ou le bombardement". Peut-être n’y aura-t-il pas d’autre solution ?

R - « J’espère que nous n’en arriverons jamais là. Il y a encore de nombreuses autres solutions à envisager, de voies à explorer, des pourparlers de paix à mener. Ce sera l’honneur de la diplomatie que de se montrer obstinée. Ecoutons, écoutons, négocions, négocions toujours et préparons-nous au pire. »

Population israélienne Retour à la table des matières

Selon le bureau central des statistiques cité par Ynet, on comptait à la fin de l’année 2006 7,1 millions de personnes en Israël, dont 76% sont des juifs, 20% sont des arabes, 4% autres. La croissance de la population est de 1,8%, similaire à ce qu’il était les années précédentes. Celle de la population arabe est de 2,6% et celle de la population juive de 1,5%. 34% des juifs israéliens sont d’origine israélienne, c’est-à-dire nés de parents eux-mêmes nés en Israël.

L’objectivité du New York Times Retour à la table des matières

Récemment, l’organisation Human Rights Watch a publié deux rapports sur la violation des droits de la personne durant la guerre au Liban de juillet-août 2006. Le premier rapport s’intitule « Lebanon/Israel : Hezbollah Rockets Targeted Civilians in 2006 War. Attacks on Northern Israel Violated Laws of War » Le second rapport s’intitule « Israel/Lebanon : Israeli Indiscriminate Attacks Killed Most Civilians. No Evidence of Widespread Hezbollah ‘Shielding’ »

L’organisation américaine Fairness & Accuracy in the Media (FAIR) revient sur la manière dont le New York Times a rendu compte de ces deux rapports. Le texte s’intitule : « Whose Human Rights Matter ? NYT on Hezbollah and Israeli attacks on civilians ».

Quand le premier rapport a été publié, celui sur les accusations contre le Hezbollah, le New York Times a consacré, le 31 août, 800 mots à l’information sous le titre « Rights Group Accuses Hezbollah of Indiscriminate Attacks on Civilians in Israel War » (Une organisation de défense des droits de la personne accuse le Hezbollah de bombardements indiscriminés durant la guerre avec Israël) accompagnés d’une photo de civils israéliens sous la menace de roquettes du Hezbollah.

Mais quand Human Rights Watch s’est intéressé aux actions israéliennes, le New York Times n’a publié qu’un texte de 139 mots, sans photo, sous le titre « Israel Criticized Over Lebanon Deaths » (Israël critiqué pour les morts du Liban).

Or, note FAIR, du point de vue de l’information, il est difficile d’argumenter que le premier rapport était plus intéressant que le second, alors que la critique du Hezboallah avait déjà été largement reprise dans la presse américaine. En revanche, les conclusions du second rapport contestent une affirmation largement répercutée par les médias américains : celle que les combattants du Hezbollah se seraient cachés parmi les civils utilisés comme boucliers humains, ce qui expliquerait les lourdes pertes dans la population libanaise.

Ceux qui sont intéressés par le droit international en temps de guerre pourront lire mes précédents envois, « Droit humanitaire » et « Crimes de guerre ».

35 commentaires sur « Politique étrangère française (suite) »

  • permalien K. :
    13 septembre 2007 @17h26   »

    Mais où est donc passé Jan Egeland, l’homme de “l’approche équilibrée”, lui qui accusait le 25 juillet 2006 le Hezbollah de « se fondre lâchement dans la foule » ?

    HRW ne fait en réalité que médiatiser (il est vrai que ce n’est pas rien!), des choses connues depuis des mois :

    J. Cook : « Les medias israéliens ont relevé que l’armée israélienne appelle ces sites des « réserves naturelles » ; de même, l’ONU n’a pas annoncé avoir découvert de bunkers du Hezbollah dans des zones urbaines. Se fondant sur des sources militaires, Haaretz disait le mois dernier : « La plupart des roquettes lancées contre Israël pendant la guerre de l’année dernière provenaient des « réserves naturelles ». Bref, Israël ne prétend plus que le Hezbollah envoyait ses roquettes depuis des zones habitées par des civils. » (Au passage on remarquera la bien plus grande honnêteté de certains médias israéliens par rapport aux MSM arabes).

    Quoi d’étonnant en fait (sauf pour les défenseurs du “Monde Libre”) quand on sait que les “zones habitées” étaient habitées par le père, la mère, les enfants, la femme, les frères et les soeurs du combattant du Hezbollah. J. Cook : le bon sens suggère que les combattants du Hezbollah aient été peu disposés à mettre leurs familles, qui vivent dans les villages du sud du Liban, en danger en lançant des fusées en se fondant parmi elles..

  • permalien pako :
    13 septembre 2007 @18h14   « »

    Parler de Begin comme d’un homme de paix, faut oser quand meme. Il avait BEAUCOUP plus de sang sur les mains que Bush même !!!

    Védrine a raison bien sur, mais il s’oppose a la frange historiquement collaboratrice de notre nation. En 40 ils étaient avec les allemands, aujourd’hui avec les américains, qui "occupent" la France de mille manières... On sait tous ce que Sarkozy aurait fait en 41...Rappelons évidemment que les résistants DE LA PREMIERE HEURE n’étaient pas de droite mais bien communistes !

    Les chiffres sur la colonie occidentale en Orient sont intéressants

    http://beforeits2late.blogspot.com/

  • permalien K. :
    13 septembre 2007 @19h19   « »

    ...nous préparer au pire dit Bernard Kouchner. ET il sait de quoi il parle.

    Après avoir affirmé que la politique iranienne des Etats-Unis s’expliquait essentiellement par le fait que, comme le disait déjà The Swoop, « les Etats-Unis considèrent l’Iran comme un concurrent direct et global qu’il faut affronter et contrer sur tous les terrains », et que le concept de “démocratisation régionale” correspond en fait à celui de “transformation régionale” où tous les acteurs régionaux doivent être mis au pas, expliquant que même sans le nucléaire, la politique iranienne ne peut rester en l’état pour les américains « dans la mesure où l’Iran dispose de deux alliés forts dans la région » (Hezbollah, Hamas), Gareth Porter écrit le 8/9/2007 dans le Huffington Post :

    « ..les "modérés" dans l’administration, de même que les principaux candidats démocratiques et pratiquement chacun dans le leadership du parti démocratique — soutiennent la menace de guerre contre l’Iran depuis des années, en grande partie parce qu’ils partagent les illusions voulant que le pouvoir s’accompagne du fait d’être l’état militairement dominant du monde. La principale illusion est de croire que l’on puisse et que l’on doive employer le pouvoir américain en tant que moyen de contraindre un état non coopératif.

    Tout le spectre du leadership politique dans ce pays semble maintenant accepter cette idée, qui représente une indication du degré d’influence du concept de la domination militaire des États-Unis sur les discussions politiques dans ce pays.

    L’implication de l’acceptation générale de la menace de guerre contre l’Iran comme instrument politique est que ni les « modérés » à l’intérieur de l’administration ni les démocrates ne seront en mesure d’offrir une résistance efficace à la guerre réelle contre l’Iran avant qu’il ne soit trop tard. À moins que quelqu’un ne commence bientôt à sérieusement s’y opposer, la logique tordue de la domination peut porter cette nation à mener une guerre irrationnelle et criminelle dont les conséquences pour nous et pour le monde seraient les plus graves que l’on puisse imaginer. »

  • permalien K. :
    13 septembre 2007 @20h17   « »

    « À moins que quelqu’un ne commence bientôt à sérieusement s’y opposer, la logique tordue de la domination peut porter cette nation à mener une guerre » [contre l’Iran] dit Gareth Porter.

    - Sur le plan international on ne voit guère que Mohamed ElBaradei comme personnalité d’envergure pour s’y opposer. Ce qui lui vaut les attaques virulentes d’un édito du Washington Post dont voici un extrait (traduit par Contre Info) : « Depuis quelques temps Mohammed El Baradei, le diplomate égyptien qui dirige l’Agence Internationale de l’Energie, a clairement manifesté qu’il se considérait au dessus de sa position de fonctionnaire de l’ONU. Au lieu d’appliquer la politique du Conseil de Securité ou des instances de l’agence, pour lesquels normalement il travaille, M. El Baradei se comporte comme s’il était indépendant d’eux, libre d’ignorer leurs décisions et d’utiliser son agence pour contrarier ses membres dirigeants - en premier lieu les USA. »

    Pour la petite histoire (en fait pas petite du tout), l’auteur de l’édito du WAPO serait un dénommé Fred Hiatt. Or il se trouve que celui-ci avait déja été l’auteur en Mars 2003 dans le meme journal d’un article incendiaire contre le meme Mohamed ElBaradei (et contre l’inspecteur en chef de l’ONU en Irak de l’époque, Hans Blix) ... avant la guerre d’Irak.

    Dans un autre article Gareth Porter rappelle aussi qu’en Avril 2005, les Etats-Unis avaient été les seuls à s’opposer à la reconduction de Mohamad Al Baradei à la tête de l’AIEA lors d’un vote où les 35 autres pays votants avaient résisté aux pressions américaines.

    - Du coté américain ce “quelqu’un” pourrait-il être :

    ...le Sénateur Barack Obama, qui a déclaré hier dans un discours : « George Bush and Dick Cheney must hear - loud and clear - from the American people and the Congress : you don’t have our support, and you don’t have our authorization for another war ». ?

    ...ou l’amiral William Fallon, le chef de toutes les armées en Irak, qui aurait traité son inférieur hiérarchique David Petraeus, après la prestation de ce dernier auprès des députés et sénateurs américains, de “petit poltron de merde lèche-cul” ("an ass-kissing little chickenshit") et aurait précédemment promis qu’il démissionnerait si cette guerre venait à éclater. ?

  • permalien Pierre :
    13 septembre 2007 @21h04   « »

    Une journée et demi bien remplie :

    M. Kouchner : il faut "un Etat palestinien" au plus vite

    Après une journée et demie passée en Israël et dans les territoires palestiniens, Bernard Kouchner, le ministre français des affaires étrangères, a acquis une conviction : "Il faut que l’Etat palestinien soit créé dans les semaines qui viennent."

    Maintenant que les choses sont dites, il ne reste plus qu’à règler les problèmes administratifs.

    Le Ministre français des Affaires étrangères devrait dans les prochaines heures suivant l’usage réclamer la démission d’Olmert.

  • permalien
    13 septembre 2007 @21h18   « »
  • permalien K. :
    13 septembre 2007 @21h49   « »

    France en tête : Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier l’application du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), l’Egyptien Mohamed ElBaradei (..) se trouve aux prises avec des critiques récurrentes des Etats-Unis et de certains Européens, Royaume-Uni et France en tête.

    Initiatives “diplomatiques” françaises : Le gouvernement français a fait savoir aux entreprises travaillant en Iran qu’elles devaient surseoir à leurs nouveaux investissements en République islamique. Cette consigne concerne notamment Total et Gaz de France (GDF) et porte sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.

    Voir en ligne : Tensions à l’AIEA entre Mohamed El Baradei et certains Occidentaux

  • permalien
    13 septembre 2007 @22h01   « »

    On peut savoir ce qu’il disait le "13 septembre 21:18" ?

  • permalien
    13 septembre 2007 @22h20   « »

    Le Monde est éclectique :

    - François Heisbourg : « ...les conséquences du non-recours à la force [contre l’Iran], dans certaines hypothèses, risquent d’être aussi dramatiques que l’intervention militaire, voire pires ».

    - Edito : « M. Sarkozy semble opérer ainsi un véritable tournant diplomatique (..) Mais le tournant diplomatique de M. Sarkozy pose problème ».

  • permalien
    13 septembre 2007 @22h49   « »

    Comme beaucoup de journaux qui se prennent pour la Voix des peuples, Le Monde ne dit que des conneries, si l’on accepte d’être honnête ne serait-ce qu’une minute.

    Une vision du monde qui n’appartient qu’à ces journalistes "bien vus" et bien friqués, pétant allègrement dans la soie, qui n’appartient qu’à tous ces gens qui font partie de la cour de Sarkozy, parfois sans le savoir, mais qui restent objectivement liés à la sphère du pouvoir en dépit des critiques légères que ces mêmes journalistes pensent pourtant exprimer en mouillant leur pantalon.

    Finalement, sans risque véritable de perturbation sociale qui, en d’autre temps, aurait explosé à la gueule des véritables responsables.

    C’est bien triste car c’est la réalité du jour.

  • permalien K. :
    14 septembre 2007 @00h33   « »

    @ pako

    Si l’on en croit Marc Ferro (Questions sur la Seconde Guerre Mondiale- Editions Complexes, 2007 pp 67-82), l’entrée en résistance des communistes français ne s’est réellement faite qu’après l’attaque de l’Allemgne nazie contre l’URSS en Juin 1941. Et si des militants communistes ont bel et bien été des résistants de la première heure, cela se serait fait contre la volonté du parti. D’ou la réponse suivante du Général de Gaulle au poète Vercors, qui avait réagi à ses Mémoires en se disant “bouleversé de retrouver sous sa plume les « calomnies ordinaires »” (de dénigrement du comportement des communistes) : « comment contester que, sous réserve de ce que firent les individualités, leur parti, jusqu’en 1941, ne s’engagea pas dans la lutte. »

    Amicalement

  • permalien
    14 septembre 2007 @06h40   « »
    C’est bien triste car c’est la réalité du jour.

    J’vous l’fait pas dire mon p’tit 13 septembre 22:49, mais aujourd’hui est un autre jour...

    ... et en plus y’a plus d’saisons !

  • permalien Pierre :
    14 septembre 2007 @08h20   « »
    Politique étrangère aux Français et aux Françaises (commencement)
    Comment expliquer cette implication française dans le bourbier afghan ? La réponse se trouve sans doute dans cette information voulant que la compagnie américaine Chevron ait accepté que Total prospecte avec elle le champ pétrolifère de Majnoun en Irak, autrefois attribué à Elf (l’ancêtre de Total) du temps de Saddam Hussein et dont les réserves sont estimées à 12 milliards de barils.

    En échange d’une plus grande implication de la France en Afghanistan – qui, en plus de ses avions, a 1 100 militaires stationnés à Kaboul – les États-Unis consentiraient à partager avec la France l’exploitation des richesses pétrolières irakiennes.

    (...)

    Desmarais est un proche de Sarkozy et de la famille Bush. George Bush le père et Nicolas Sarkozy sont des habitués du domaine Sagard que possède la famille Desmarais dans Charlevoix. La rumeur veut que Desmarais ait joué le rôle de « facilitateur » dans l’organisation de la visite estivale de Sarkozy à la résidence des Bush à Kennebunkport dans le Maine.

    Voir en ligne : Desmarais et le rapprochement Sarkozy-Bush par Pierre Dubuc

  • permalien Pierre :
    14 septembre 2007 @13h22   « »
    Politique étrange française (suite)

    Donc, d’après Dassault, l’attentat de Lockerbie est en fait l’oeuvre des syriens. Les pauvres, ils ne doivent pas avoir, eux, les moyens de se payer le Rafale ... alors que Mouammar, si ! !

    Persuadé que le Rafale finira par trouver preneur hors de France, Charles Edelstenne préfère tabler à court terme sur la Libye - « un de nos anciens plus grands clients » - ou sur le Maroc, intéressé par dix- huit avions.

    Hervé Morin critique des programmes conçus pendant la guerre froide : Le Rafale est un "avion formidable, a-t-il reconnu, mais qu’on a beaucoup de mal à vendre". Chez Dassault, comme à l’état-major de l’armée de l’air, les propos ministériels ont été accueillis avec consternation. Les gouvernements successifs se sont faits les champions du Rafale, lequel a bien du mal à percer sur les marchés export. Or, c’est au moment où l’avion de combat français entrevoit des débouchés (au Maroc et peut-être en Libye), que le ministre de la défense émet des critiques. L’armée de l’air et la marine ont commandé 294 appareils, mais, pour cause de rigueur budgétaire, elles s’attendent à une réduction d’au moins une trentaine d’exemplaires. Or une réduction des commandes de l’Etat ne pourrait avoir qu’un effet déplorable sur l’image du Rafale à l’export.

    Affaires : un silence assourdissant - Sarkozy joue de son influence sur ses amis Bouygues, Dassault, Lagardère, Pinault, tous patrons de presse, pour intimider les rédactions, ce qui explique le silence assourdissant sur cette question capitale et scandaleuse.

    Tous ces renvois d’ascenseurs finissent par donner des nausées.

  • permalien K. :
    14 septembre 2007 @18h31   « »

    Population israélienne :

    - La Jewish Agency For Israel (JAFI) écrivait il y a quelques années, à propos de la question de la démographie en Israel/Palestine :

    « This dry statistic, according to many, has only one meaning. If Israel keeps the West Bank and Gaza under its control, it will have to choose between two painful options : either losing its Jewish character or ceasing to be a democratic state. That is, if Israel wants to remain both Jewish and democratic, it has to pull out of the territories, in which presently reside some 3.5 million Palestinians. With natural population growth working to their advantage, the Arabs are assured of becoming a demographic majority in what is now Israel and the West Bank and Gaza. »

    Se retirer de Gaza et de la Cisjordanie ? on sait ce qu’il en est : création pure et simple de bantoustans et pousser des cris d’orfraie à l’accusation d’Apartheid.

    - HENRY SIEGMAN, en juin 2005 :

    « Au Proche-Orient, c’est l’existence de l’État juif beaucoup plus que celle de l’État palestinien qui est aujourd’hui menacée. Quelles que soient les incertitudes qui pèsent sur ce dernier, il est évident que, même après l’évacuation de Gaza par Israël, les Arabes constitueront un jour ou l’autre la majorité de la population entre la Méditerranée et le Jourdain. Lorsque tel sera le cas, Israël cessera d’être un État juif, à la fois officiellement et dans les faits, sauf à enfermer la population arabe majoritaire dans des bantoustans et à instaurer l’apartheid. » Qu’à cela ne tienne, on enfermera et on discriminera.

    - Voir aussi : Israël. Racisme d’État par Jonathan Cook

  • permalien
    15 septembre 2007 @00h26   « »

    Divergences franco-allemandes sur le dossier nucléaire iranien, et de toute façon, « si Washington peut se targuer de l’appui français, l’adoption rapide d’une nouvelle résolution semble quoi qu’il en soit improbable du fait de l’hostilité de la Chine et de la Russie ».

  • permalien Ana :
    15 septembre 2007 @00h31   « »

    En effet, qu’à cela ne tienne : on enfermera et on discriminera.

  • permalien Pierre :
    15 septembre 2007 @05h41   « »

    Si Suha SIBANY ne sait plus très bien qui elle est :

    En tant que membre de ce groupe appelé « Arabes israéliens », je vais tenter, à travers ma propre expérience, que je qualifie désormais de « palestinienne » et non plus d’« arabe israélienne », d’expliquer les raisons de ce changement. Mon identité actuelle et ma conscience socio-politique de minoritaire dans l’État d’Israël sont constituées de plusieurs éléments dans lesquels l’injustice et les humiliations quotidiennes que subissent les Arabes israéliens jouent un grand rôle. Au cours de la guerre du Liban en juillet2006, les Arabes d’Israël ont manifesté leur solidarité avec le peuple et la résistance libanais et leur hostilité à la politique israélienne. Les Israéliens juifs y ont vu la preuve irréfutable de la déloyauté des Arabes israéliens, tandis que ces derniers considèrent l’attitude des Juifs israéliens envers eux comme la manifestation laplus éclatante de l’incapacité d’Israël à accepter leur présence.

    la mondialisation se charge de lui "construire" une identité :

    Les 10 plus grandes agences d’Israël ont consacré 5,1 millions de dollars de publicité au secteur arabe

    Les agences de publicité d’Israël ont compris le potentiel de consommation des Arabes d’Israël. Désormais, les campagnes publicitaires sont conçues spécialement pour toucher les arabophones. C’est ainsi qu’en 2006 le volume des publicités destinées au secteur arabe a augmenté de 20% par rapport à l’année précédente. Les 10 plus grandes agences du pays ont consacré 5,1 millions de dollars de publicité au secteur arabe.

    Voir en ligne : Les Arabes d’Israël : une minorité nationale palestinienne ? par Suha SIBANY

  • permalien K. :
    15 septembre 2007 @14h38   « »

    Ai écouté l’émission du Samedi consacrée au M-O de RFI aujourd’hui. 13h40 heure locale. Grosse, grosse déprime.

    Il y était question d’El Baradei attaqué par certains pays, la France notamment. Et l’animateur de rappeler qu’il en était de meme avant la guerre d’Irak (pas par la France). Et de dire que le motif de l’invasion américaine de l’Irak avait été le 11/9. Il ne fait pas mention de la farce des ADM. Et à aucun moment, que ce soit l’animateur ou les invités, quelqu’un ne rappelle qu’il s’est avéré faux que Saddam Hussein ait eu quoi que ce soit à faire avec l’explosion des tours jumelles.

    Il y a des gens qui semblent aimer un certain genre de feux d’artifice.

  • permalien K. :
    15 septembre 2007 @16h54   « »

    Mais peut-être que sur la question iranienne le choix sera, comme l’a dit le président Sarkozy, "la bombe ou le bombardement". Peut-être n’y aura-t-il pas d’autre solution ?

    Apparemment, au moins avant la fin du mandat de Bush, la “bombe” ne pourra plus etre prise comme prétexte du “bombardement” :

    Selon la dernière analyse du Swoop, la dernière estimation du National Intelligence Estimate américain (qui reste à paraitre) évalue à plusieurs années (“jusqu’à 10 ans”) la possibilité pour les iraniens d’acquérir l’arme nucléaire.

    Ainsi l’insistance de Petraeus et Crocker à présenter l’Iran « comme une menace pour la stabilité Iraquienne » lors de leur témoignage devant le congrès serait « entièrement déliberée », le prétexte de la bombe iranienne n’étant plus viable à court terme pour un bombardement.

    Autre prétexte possible, non abordé dans ce numéro du Swoop, la mort des troupes américaines dont l’Iran serait responsable.

  • permalien
    15 septembre 2007 @17h12   « »
    Le verrouillage mental du Proche-Orient

    Tiré de James Brooks, "Le verrouillage mental du Proche-Orient" (Counterpunch)

    — Le « droit de se défendre » d’Israël suppose la « rigoureuse nécessité » de son occupation militaire et civile de la terre palestinienne qui est un acte de guerre illégal : autodéfense = agression.

    — La sécurité d’Israël dépend de la continuelle provocation à l’égard de forces qui, une fois provoquées, menaceront la sécurité d’Israël : sécurité = promotion de l’insécurité.

    — La liberté des Israéliens dépend de l’emprisonnement d’un autre peuple : liberté = déni de liberté.

    — La démocratie israélienne dépend de l’exclusion raciste de ses citoyens autochtones et de l’octroi de pouvoir aux plus intolérants de ses citoyens privilégiés : démocratie = apartheid.

    — Israël est un « bastion de liberté religieuse » dans lequel la loi civile est fondée sur une version « orthodoxe » d’une seule religion : liberté religieuse = exclusivisme religieux.

    — La prospérité continue d’Israël requiert une « libéralisation du marché » qui accroît dramatiquement la pauvreté et consolide la richesse au sommet. : prospérité = pauvreté.

    — L’engagement d’Israël à l’égard de l’autorité de la loi et d’une politique économique saine (ce qui devrait lui valoir d’obtenir un siège à l’OCDE l’an prochain) se reflète dans sa chute continue au niveau des index internationaux de la corruption, dans une interminable série de scandales politiques graves et une criminalité organisée florissante : légalité = non respect de la loi.

    — La paix pour Israël exige de ses partenaires de négociation qu’ils acceptent des conditions qui ne répondent pas aux critères de paix minimum pour leur propre peuple. Que ces conditions soient ou non rencontrées, la formule est : paix = guerre continuelle.

    — Les perspectives de paix sont mises en valeur lorsque les partenaires de négociation collaborent au bannissement, à l’emprisonnement et à l’isolement des électeurs qui s’opposent aux conditions d’Israël. Pareilles actions sont également le signe de « l’engagement à la démocratie » des partenaires de négociation : faire la paix = démocratie = oligarchie inconstitutionnelle, châtiment collectif, et contestation civile = illégitimité et échec probable de tout accord obtenu entre Israël et ses partenaires = guerre continuelle, (avec saisie de terres).

  • permalien
    16 septembre 2007 @00h25   « »

    “Réintégrer l’OTAN ?” par Pascal Boniface.

  • permalien
    16 septembre 2007 @17h36   « »

    Tritan Parsi partage l’analyse de Gareth Porter (Ce qui est en jeu c’est la menace de l’hégémonie américaine par les iraniens) et la précise :

    « ..l’assertion voulant que les probabilités d’une confrontation avec l’Iran diminueront automatiquement une fois la présidence de Bush terminée n’est pas pertinente à plusieurs titres. »

    S’il en fallait une preuve le rapport émis par le congrès américain (à majorité démocrate) sur l’Iran le 23/8/2007 ne laisse aucun doute.

    Ce dernier rapport rend compte du programme nucléaire iranien d’une manière qui a, selon des fuites, scandalisé l’AIEA « par sa malhonnèteté ».

  • permalien K. :
    16 septembre 2007 @17h41   « »

    Tritan Parsi partage l’analyse de Gareth Porter (Ce qui est en jeu c’est la menace de l’hégémonie américaine par les iraniens) et la précise :

    « ..l’assertion voulant que les probabilités d’une confrontation avec l’Iran diminueront automatiquement une fois la présidence de Bush terminée n’est pas pertinente à plusieurs titres. »

    S’il en fallait une preuve le rapport émis par le congrès américain (à majorité démocrate) sur l’Iran le 23/8/2007 ne laisse aucun doute.

    Ce dernier rapport rend compte du programme nucléaire iranien d’une manière qui a, selon des fuites, scandalisé l’AIEA « par sa malhonnèteté ».

  • permalien Pierre :
    16 septembre 2007 @17h46   « »

    Gros contentieux entre les Démocrates étasuniens et la République islamique iranienne.

    Rappel des faits :

    Le jeu du chat et de la souris continue donc pendant des semaines, des mois. Mais le 4 novembre 1980, l’Amérique refuse à Carter un second mandat présidentiel et lui préfère le républicain Ronald Reagan, qui jure, une fois élu, de faire la guerre à l’Iran si les otages de l’ambassade ne sont pas libérés. Khomeini, le réaliste, change de politique. Le 20 janvier 1981, au moment précis où Carter se retire de la Maison Blanche et Reagan va prêter serment, les cinquante-deux Américains quittent Téhéran par avion. Ils auront été séquestrés pendant quatre cent quarante-quatre jours.

    Voir en ligne : Iran/ De Khomeini à Khamenei

  • permalien
    16 septembre 2007 @19h13   « »

    Forgive us our racism. Enfin un peu de lucidité...

  • permalien Daniel :
    16 septembre 2007 @19h29   « »

    En français : Veuillez nous pardonner notre racisme ! Goel Pinto

  • permalien http://questionscritiques.free.fr/edito/haaretz/racisme_anti-arabe (...) :
    16 septembre 2007 @19h33   « »

    Version française de "Forgive our racisme".

    Tout juif a le droit d’être raciste, et d’être blâmé pour ce racisme.

  • permalien Pierre :
    16 septembre 2007 @20h28   « »

    Le "french doctor" socialiste, livre un diagnostique désespéré sur l’Iran, il va être obligé de bombarder les iraniens pour casser leur bombe atomique, tandis que l’ancien premier ministre (UMP) Galouzeau (dit de Villepin) déclare qu’"Il faut, pour éviter ce double risque ( un bombardement de l’Iran ou la bombe nucléaire iranienne), pousser plus loin la négociation, que j’avais initié avec nos amis britanniques et allemands en direction des iraniens, pour qu’elle puisse aboutir."

    Cette dernière option, n’est pas envisageable, vu la lâcheté de sa démarche.

    Attendons nous dans les prochains jours à voir le"french doctor", secouer sa salIère magique à la tribune de l’ONU

    Réjouissons nous que le "french doctor" exerce son art en dehors du territoire national.

    Voir en ligne : Iran : "il faut se préparer au pire", selon Bernard Kouchner

  • permalien
    16 septembre 2007 @21h19   « »

    Le "droit d’être raciste" ?

    Le racisme n’est pas acceptable - d’où qu’il vienne bien évidemment - et on le tolère encore pourtant.

    Mais de là à déclarer l’existence d’un "droit" d’être raciste ?

    Ô bonne mère, tout est bon pour justifier les pires s.peries dans ce bas monde.

  • permalien
    16 septembre 2007 @22h17   « »

    @ 16 septembre 21:19,

    Vous n’aimez pas les racistes ?

    A votre avis les racisme c’est génétique ou acquis ?

  • permalien Sébastien :
    18 septembre 2007 @12h23   « »

    J’ai lu l’article de Goel Pino, et si je suis conscient qu’il y a un problème de racisme anti arabe, et que des dirigeants de la communauté juive ont une attitude dangereuse, (procès fait à Daniel Mermet), mais j’ai un profond désaccord avec ces conclusions, et avec son analyse des causes de l’antisémitisme. Lorsqu’il dit :

    « C’est aussi le moment approprié pour les chefs de la communauté juive de France, conduite par le Grand Rabbin Yosef Sitruk, de rendre visite à la Grande Mosquée de Paris et de demander pardon. Pardon pour ce meurtre, mais aussi pour le racisme anti-musulman qui est enraciné dans leur communauté et qui est l’une des causes principales de la détérioration, en France, des relations entre les Juifs et les Musulmans. »

    Je ne crois pas que les juifs soient responsables de l’antisémitisme, c’est tellement facile d’accuser les juifs d’être responsable de l’antisémitisme. Les responsables communautaires auraient pu adresser des condoléances aux responsables musulmans, mais ils ne sont pas responsables de l’antisémitisme ou des « tentions communautaires », (les guillemets s’imposent, tant ce mot me déplait, mais je n’en ai pas trouvé d’autre).

    J’ai ressenti l’antisémitisme dans ma vie, autour de moi, c’est du vécu, même s’il faut nuancer, car la situation n’est pas désespérée. Et le problème n’est pas forcément entre juifs et musulmans, mais entre antisémites, anti-arabe, et les autres, quelqu’ils soient. Et je me refuse de stigmatiser telle ou telle communauté, comme Goel Pino stigmatise la communauté juive. Il y en a mare de classer les gens par communauté.

    Il y a peut-être un fort soutient à Sarkozy dans la communauté juive, mais le FN à lancé une offensive de séduction dans les cités et dans les milieux propalestiniens, Dieudonné et Alain Soral en sont la représentation.

    Cette tentative de séduction a eut apparemment un succès limité, vu l’effondrement du FN lors des dernières élections, et c’est tant mieu.

  • permalien Daniel Mazir :
    22 septembre 2007 @03h47   « »
    Comment les medias engendrent la haine pour justifier la guerre

    On dit qu’une image vaut mille mots. Les photos du président iranien, Mr Ahmadinedjad, à la une du journal américain Daily News du 20 et 21 Septembre 2007 valent bien plus (voir liens ci-après). La guerre contre l’Iran semble imminente.

    1. http://www.nydailynews.com/news/gal... 2. http://www.nydailynews.com/news/gal...

  • permalien ELKHOURY Georges :
    3 décembre 2007 @13h56   « »

    Cher Monsieur,

    Je vous ai ecoute hier sur TV5, et j’ai cru a un certain moment que c’etait moi qui parlait. Vous ecouter ou vous lire d’ailleurs me rend parfois optimiste sur la diffusion de la vraie verite. Une question me taraude souvent : Comment ca se fait qu’il faut tant d’efforts pour que la verite soit connue, et pourquoi les journalistes, dont c’est leur metier, soient aussi ignorants. Cela fait plus de 50 ans qu’au Moyen Orient on sait que les sionistes de l’epoque ont chasse les palestiniens, et que cette histoire de "radios arabes" etaient une invention. Il a fallu attendre que des "historiens " israeliens le disent pour qu’en France on commence juste a se poser la question.

    PS : desole pour les accents, mon clavier est anglais

  • permalien Leblanc Stéphane :
    5 décembre 2007 @23h27   «

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

    Drôle de politique étrangère de la part de Kouchner, il refuse d’aider la femme d’un français détenu injustement à l’étranger, faite connaissance de ce fait divers à travers le site ci-dessus et jugez vous même nos politiciens qui font des droits de l’homme vraiment que ceux qu’ils veulent.

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

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