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Consensus américain sur l’Irak et l’Iran

dimanche 30 septembre 2007, par Alain Gresh

L’islam politique

Un nouveau site en anglais sur l’islam politique est intitulé Political Islam Online. Ce site revient sur la lettre d’Al-Awdah à Ben Laden dont j’ai parlé dans mon précédent envoi, ainsi que sur une lettre ouverte du cheikh Youssef Al-Qaradawi au président algérien Bouteflika qui condamne les attentats en Algérie. Il publie notamment les réactions à la lettre d’Al-Awdah telles qu’on peut les lire sur six sites islamistes. Deux tiers des réponses sont favorables aux critiques qu’Al-Awdah adresse à Ben Laden, même si nombre de personnes s’interrogent sur ses motivations.

Luttes ouvrières en Egypte

Peu couvertes par les médias, les luttes ouvrières se sont considérablement développées en Egypte durant ces dernières années, obtenant des succès non négligeables. Dans un article de Middle East Report Online, Joel Beinin revient sur l’une d’entre elles (« The Militancy of Mahalla al-Kubra »)

« Pour la seconde fois en moins d’un an, dans la dernière semaine de septembre, les 24 000 ouvriers de la Misr Spinning and Weaving Company à Mahalla al-Kubra ont fait grève et ont gagné. Comme lors de leur première action, en décembre 2006, les ouvriers ont occupé les usines textiles de la ville du delta du Nil et rejeté les premiers efforts de médiation du parti au pouvoir. Mais cette grève a été encore plus militante que celle de décembre. Les ouvriers ont établi des forces de sécurité pour protéger les locaux de l’usine et ont menacé d’occuper aussi les bureaux de l’administration. »

PS du 1er octobre. Le Figaro d’aujourd’hui consacre un article à cette grève, de son envoyé spécial Tangi Salaün, sous le titre “L’Egypte à l’heure de l’agitation sociale”.

Mort de Haydar Abdel Shafi

Haydar Abdel Shafi, l’une des personnalités les plus respectables du mouvement national palestinien, est mort à Gaza le 25 septembre à l’âge de 88 ans. Son histoire coïncide avec celle du mouvement national palestinien. Il a été membre du premier comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dès 1964. Il a dirigé la délégation palestinienne à la conférence de Madrid et aux négociations israélo-palestiniennes (1991-1993). Gilles Paris a écrit sa nécrologie dans Le Monde du 29 septembre. « Haidar Abdel Shafi, qui s’est prononcé sans ambiguïtés en faveur de deux Etats vivant côte à côte, négocie âprement pendant plus d’un an en liaison avec la direction extérieure palestinienne sans rien obtenir d’Israël. Il est frappé de stupeur lorsqu’il découvre très tardivement l’existence d’un canal secret de négociations supervisé par Yasser Arafat qui parvient à Oslo à un accord paraphé de manière spectaculaire sur les pelouses de la Maison Blanche, le 13 septembre 1993. »

« Cet accord, selon lui, porte les germes de son échec. Le chef de l’OLP, bientôt patron de l’Autorité palestinienne, n’est pas parvenu à obtenir le gel de la colonisation de Gaza et de la Cisjordanie que lui considère comme un préalable non négociable. »

Consensus américain sur l’Irak et l’Iran

Dans seize mois, l’administration Bush arrivera au terme de son mandat. Dans l’intervalle, il lui est encore possible d’accomplir quelques exploits, comme une attaque contre l’Iran. Mais l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle administration changera-t-elle la politique étrangère américaine ? La question mérite d’être posée, tant le 11-Septembre semble avoir profondément modifié la vision internationale des élites américaines et tant les démocrates apparaissent timorés sur l’engagement militaire au Proche-Orient, malgré une opinion publique très hostile à la présence de l’armée en Irak.

Plusieurs déclarations récentes des candidats démocrates qui aspirent à la nomination pour l’élection présidentielle le confirment. Dans un article « Democrats signal capitulation on Iraq – and Iran » sur le site Antiwar.com, Justin Raimondo demande aux candidats démocrates s’ils s’engagent à ce que en 2013, à la fin de leur mandat, il n’y ait plus de troupes américaines en Irak. Voici leurs réponses :

Barack Obama : « Il est difficile de se projeter si loin dans les quatre prochaines années. Ce serait irresponsable. Nous ne savons pas ce qui peut se passer d’ici là. »

Hillary Clinton : « Je suis d’accord avec Barack. C’est très difficile de savoir ce dont nous allons hériter. »

Edwards : « Je ne peux pas prendre un tel engagement. »

Par ailleurs, le site « Loubnan ya loubnan », revient sur une importante information passée sous silence par les médias, le projet de partition de l’Irak, sous le titre « La partition ? Quelle Partition ? »

Le Sénat américain a approuvé le mercredi 26 septembre, par 75 voix contre 23, le plan parrainé par le sénateur démocrate et candidat à la Maison Blanche Joseph Biden et qu’il présente comme... la clé politique pour permettre un retrait des troupes américaines tout en prévenant le chaos. Ce plan prévoit la division de l’Irak en trois entités (sunnite, chiite et kurde), unies de manière très superficielle par une autorité fédérale. 75 voix (sur les 100 sénateurs), cela veut dire un large consensus entre démocrates et républicains.

Cette résolution a soulevé un tollé en Irak et a été critiquée par de nombreux responsables et forces politiques, dont le premier ministre Al-Maliki. Voir l’article de Qassim Abdul-Zahra dans le Washington Post du 28 septembre, Al-Maliki Criticizes Senate Proposal

Pour prolonger la réflexion sur l’idée de la partition, on lira l’excellent texte de l’universitaire Roger Owen, paru dans International Herald Tribune des 29-30 septembre, « Chaos and unity in a fragmented Iraq ». L’auteur explique comment la politique américaine sur le terrain alimente les divisions ethniques, régionales et confessionnelles et crée une dynamique de fragmentation qui échappe à tout contrôle. Dans le même journal, le même jour, Gary Langer (« What they’re saying in Anbar »), s’inscrit en faux contre le discours de Bush qui fait de la province d’Al-Anbar (où l’armée américaine collabore avec des chefs tribaux contre Al-Qaida) un exemple de succès. Langer rappelle que les sondages d’opinion indiquent que 72% de la population n’ont aucune confiance dans les troupes américaines et qu’une large majorité souhaite leur départ.

Par ailleurs, dans un vote survenu le même jour (mercredi 26 septembre), le Sénat, par 76 voix contre 22 a appelé l’administration Bush à qualifier le corps des Gardiens de la révolution (qui fait partie de l’armée régulière iranienne) d’« organisation terroriste étrangère ». La sénatrice Hillary Clinton a voté pour ce texte. Parallèlement, la Chambre des représentants a voté de manière presque unanime (408 voix contre 6) pour le Iran Sanctions Enabling Act. Ce texte prévoit des sanctions contre les compagnies étrangères qui investiraient plus de 20 millions de dollars dans le secteur iranien de l’énergie. Rappelons que ce type de texte, contraire au droit international, avait déjà été adopté dans les années 1980 contre la Libye et l’Irak. En France, le gouvernement de Nicolas Sarkozy n’a pas attendu ce texte pour demander à Total de ne plus investir en Iran.

77 commentaires sur « Consensus américain sur l’Irak et l’Iran »

  • permalien Ph. Arnaud :
    30 septembre 2007 @19h04   »

    Je me demande si la timidité des Démocrates sur les questions irakienne et iranienne ne signifie pas une chose effrayante : que la machine de guerre américaine (armée + fabricants d’armes + intérêts financiers + politiques liés aux industries d’armement) a acquis une telle masse qu’elle a fini par susciter son propre fonctionnement...

  • permalien Ali :
    30 septembre 2007 @19h06   « »
    Au sujet du cheikh al Qardawi

    bonjour Al ahdath al maghribia (journal marocain) du 14/08/2007,un article est question de al Qardawi dans lequel il condamne par une fatwa le mariage d’un communiste Musulman et d’une Musulmane . Merci

  • permalien
    30 septembre 2007 @19h25   « »

    J’aimerai que l’on m’explique encore et encore « comment la politique américaine sur le terrain alimente les divisions ethniques, régionales et confessionnelles » ; et comment on peut se fier à la fiabilité de sondages d’opinion dans un pays occupé.

    Si les irakiens s’accordaient sur la nocivité de l’occupation américaine, ils feraient taire leurs dissensions de manière à bouter l’ennemi hors d’Irak. C’est ce que les français ont fait lors de l’occupation allemande du territoire, avec la création du Conseil National de la Résistance. Quand un peuple est Un, il sait trouver en lui-même la force de surmonter ce qui sépare.

    La partition de l’Irak est donc la seule solution qui permettra de voir revenir la paix dans cette région. Sinon, il faut revenir à la solution d’un Etre Supérieur qui fera régner la concorde par la force et par la peur.

  • permalien Patrick :
    30 septembre 2007 @19h42   « »

    "comment la politique américaine sur le terrain alimente les divisions ethniques ? "

    En tirant à vue sur les uns et fournissant des armes aux autres, par exemple.

  • permalien Pierre :
    30 septembre 2007 @19h51   « »

    Tous les Irakiens ne refusent pas l’idée de partition de l’Irak :

    Irak : les Kurdes favorables au plan de partition américain

  • permalien Daniel :
    30 septembre 2007 @20h17   « »

    La partition ? Quelle partition ? - Loubnan ya Loubnan, 29 setpembre 2007

  • permalien K. :
    30 septembre 2007 @20h39   « »

    Si l’on en croit le site Missing Links il semble y avoir plus que les seuls Kurdes comme partisans de la partition.

    C’est un peu compliqué, mais voila :

    Tareq al-Hashemi, le vice président irakien (sunnite) y serait également favorable. Et, toujours d’après Missing Links, bien que les chiites au pouvoir (parti SIIC) soient officiellement contre l’idée de la partition, le fait qu’un porte-parole du “grand Ayatollah” irakien (chiite) Sistani, qui serait (toujours d’après Missing Links) proche du SIIC (a spokesman for the major Sistani client SIIC, dit le site), ait déclaré qu’il ne fallait pas rejetter les propositions de Tareq al-Hashemi (déclaration rapportée par le quotidien Dar Al Hayat en arabe dont les allégeances éventuelles me sont inconnues), laisse penser en fait que le SIIC aussi y est favorable.

  • permalien K. :
    30 septembre 2007 @20h52   « »

    Traduction de l’article de Roger Owen :

    « Ce que le Général David Petreaus et son maître, le Président George W. Bush, voudraient nous faire croire, est que la récente politique américaine en Irak peut être vue comme un succès militaire et comme un échec politique eu égard a l’incapacité des leaders sectaires du pays de s’unir. Ce qu’ils ne peuvent pas voir c’est que les deux constatations sont beaucoup plus étroitement liées qu’ils ne sont disposés à l’admettre.

    Un facteur est qu’en armant et finançant les tribus sunnites dans la province d’Anbar comme milices locales, les militaires américains reconnaissent le manque de contrôle du gouvernement central et aident à le miner encore plus.

    Mais il y a encore beaucoup plus. Les raisons principales pour lesquelles les leaders sectaires ne peuvent s’unir pour créer un leadership pour un Irak uni est que, plutôt que de pouvoir contrôler leurs partisans hors de la zone verte, ils sont aujourd’hui, en grande partie, contrôlés par eux.

    Il existe deux raisons liées entre elles qui expliquent comment et pourquoi on en est arrivé la. L’une concerne la longue histoire de décentralisation du pouvoir au profit des acteurs locaux par les autorités britanniques et américaines, d’abord en faveur des Kurdes, puis en faveur de ces partis irakiens sectaires qui ont gagné une majorité dans les élections provinciales en 2005.

    (..)

    La seconde raison, d’importance croissante, est le fait que, comme dans le cas du Liban pendant sa guerre civile, il a existé suffisamment de ressources économiques disséminées dans le pays pour permettre aux seigneurs de guerre locaux qui les contrôlaient de maintenir la fidélité de leurs milices et des civils de leurs zones sans devoir compter sur l’aide financière du leadership.

    Ces ressources économiques ont inclus des avantages matériels tels que des commissariats de police et des arsenaux, aussi bien que des avantages économiques comme des canalisations ou des raffineries de pétrole, des sous-stations d’électricité capables d’assurer les approvisionnements locaux, des ports, et des routes essentielles a partir desquelles un trafic avec le Kowéit au sud et la Jordanie et la Syrie a l’est pouvait aisément être taxé, utilisé pour la contrebande de drogues et des armes. »

    À suivre

  • permalien Ph. Arnaud :
    30 septembre 2007 @20h54   « »

    Au contributeur inconnu de 19 h 25.

    Il est faux de croire que, face à un ennemi commun, un peuple se réunisse : bien au contraire, la règle est la division et l’unité l’exception. Ce fut le cas dans tous les pays occupés durant la Seconde Guerre mondiale. Durant la guerre d’Espagne, communistes et anarchistes, avec les franquistes à leurs portes, s’affrontèrent au canon… La division de la résistance irakienne ne plaide, en aucun cas, pour la légitimité de l’intervention américaine !

  • permalien K. :
    30 septembre 2007 @20h56   « »

    Traduction de l’article de Roger Owen (suite) :

    « Un système reposant de plus en plus sur la lutte pour le contrôle des ressources locales a constitué un encouragement énorme pour l’émergence et le renforcement de toutes sortes de mafias, minant encore plus toute cohésion sectaire au bénéfice de l’opportunisme et de l’extorsion. Dans beaucoup de cas, ces groupes, avec des connections frontalières identiques, avaient été en activité plus ou moins de la même façon pendant les dernières années du régime de Saddam Hussein.

    Pour empirer les choses, il était relativement facile de mêler des troupes américaines et britanniques dans les combats en support d’un groupe contre un autre, à plus forte raison s’il pouvait être allégué que ce dernier était sous la coupe d’Al Qaeda ou des Iraniens.

    En même temps, les fidélités initiales reposant sur la promesse de récompenses en échange de l’appui du processus électoral deviennent plus ténues puisque la probabilité de la tenue d’autres d’élections est devenue plus faible. Résultat : un patchwork de groupes locaux et d’alliances qui ne se sont plus nettement englobés, si tant est qu’ils l’étaient vraiment, dans différents partis sectaires, la gestion desquels a subi une mutation telle qu’elle dépasse la capacité du gouvernement Maliki, des forces d’occupation ou même des Iraniens de comprendre, et encore moins de diriger ou de contrôler.

    L’implication est que la politique anglo-américaine visant à l’établissement d’un gouvernement central consistant en un consensus entre les leaders des plus grands partis sectaires a échoué. Ces leaders dépourvus de la capacité de fournir des ressources à leurs partisans, sont devenus largement captifs des plus belliqueux et des plus bruyants de ces partisans.

    En effet, ce fait incommode est souvent reconnu sur le terrain dans la mesure ou, étant donné le chaos à Bagdad même, les équipes américaines de reconstruction sont forcés de remettre de nouveaux projets à toute faction a qui on pourrait faire confiance afin de les initier sur une base locale. De telles tendances ne peuvent que croître une fois qu’apparaîtra n’importe quel plan raisonnable pour un redéploiement ou un retrait militaire américain.

    Plus alarmant encore, sans un mécanisme central quelconque pour guider les politiques et arbitrer les conflits, sans parler du contrôle de l’hypothétique armée nationale, la tentation d’une des parties sectaires d’employer sa puissance militaire afin d’essayer de soumettre les autres parait plus attrayante de jour en jour, en particulier si ceci pouvait être fait de concert avec l’armée américaine, Ou peut-être même avec les Iraniens s’ils acceptaient d’entrer dans le pays en utilisant la force. »

  • permalien K. :
    30 septembre 2007 @20h58   « »

    Traduction de l’article de Roger Owen (suite et Fin) :

    « Etant donné la tendance actuelle des membres d’un parti ou d’une milice d’assassiner les leaders des autres partis ou milices, cela peut finir par sembler le seul moyen raisonnable d’auto-préservation.

    Si cette analyse est correcte, alors Bush a raison de croire que la présence d’une grande force militaire américaine est la seule à pouvoir éviter la partition du pays. Mais, du même coup, il ne peut réussir à unifier l’Irak derrière un gouvernement central fort parce que les forces de désintégration lâchées par l’occupation sont maintenant bien trop fortes.

    En conséquence l’Irak fait face à une situation très analogue à celle du Liban pendant sa guerre civile vers la fin des années 70 et des années 80 ou à celle de l’Afghanistan après le retrait de l’armée soviétique dans les années 90 ; une situation dans laquelle les barons de guerre des milices tiendront de plus en plus le haut du pavé jusqu’à ce que l’un ou l’autre, ou peut-être une combinaison, puisse obtenir assez de force pour créer les commencements d’un nouvel ordre. »

  • permalien K. :
    30 septembre 2007 @22h15   « »

    N’allez surtout pas chercher dans les “erreurs” suivantes “l’échec politique” en Irak :

    - Mark Danner : En écartant et en humiliant les soldats et les dirigeants de l’armée irakienne, nos chefs, en effet, ont fait beaucoup pour favoriser l’insurrection. En assurant bien trop peu de troupes pour sécuriser les énormes dépôts d’armes de Saddam ils l’ont armé. En apportant un trop petit nombre de troupes pour maintenir l’ordre ils ont favorisé l’énorme violence et la désintégration sociale qui ont fourni à l’insurrection un sol si fertile. En expurgeant gaiement des dizaines de milliers de personnes de l’élite Baasiste du pays, quelles que soient leurs responsabilités, et par l’établissement musclé et inepte de l’occupation américaine sans « visage irakien, » ils ont créé un ressentiment croissant parmi les Irakiens, qui ont stimulé l’insurrection et ont encouragé les gens à l’abriter. Et en fournissant trop peu de troupes pour sécuriser les frontières d’Irak ils l’ont aidé a se renforcer d’un nombre sans fin d’extrémistes islamiques sunnites des états voisins. C’était avant tout la stratégie des Islamistes étrangers de favoriser leur cause de Djihadistes en provoquant une guerre civile sectaire en Irak ; en n’empêchant pas leurs attaques et en ne protégeant pas les Chiites qui sont devenu leurs cibles, les leaders Américains leur ont permis de réussir.

    - Les pelotons de la mort sont le sous-produit direct de la politique des USA, [puisque] on a rapporté qu’au début de l’année 2004, ne voyant pas de fin à l’insurrection sunnite en cours, le Pentagone avait décidé de former des combattants Chiites et Kurdes pour mener à bien « des missions irrégulières ».

    - Reuel Marc Gerecht (un des brillants inspirateurs des “stratégies” américaines), avant les élections irakiennes de 2005 (traduit ici) : « Allaoui et les Américains doivent clairement montrer que les chiites arrivent et que l’élite arabe sunnite a au plus un an pour rejoindre le nouvel Irak. Au même moment, lui et les Américains devraient affirmer ouvertement et régulièrement que la nouvelle armée irakienne sera majoritairement composée de chiites et de Kurdes parce que les sunnites arabes ne leur ont pas laissé le choix... Les sunnites arabes doivent savoir, ils doivent le sentir dans leur chair, qu’ils sont en passe de tout perdre en Irak »

  • permalien Pierre :
    30 septembre 2007 @23h12   « »

    Youssef Al-Qaradawi est loin de faire l’unanimité ni dans sa lecture du Coran, ni dans ses tribulations politico-hospitalières : Transporté d’Alger au Caire à bord de l’avion présidentiel, celui qui avait abreuvé les écrans et les cassettes de prêches enflammés pendant les années noires contre le régime militaire et son allié l’Occident a fait l’objet de soins appliqués lors de sa récente admission à l’hôpital militaire de Aïn Nadja pour un ulcère, alors que bon nombre d’Algériens ont du mal à se faire soigner.

  • permalien K. :
    30 septembre 2007 @23h14   « »

    Je me demande si la timidité des Démocrates sur les questions irakienne et iranienne ne signifie pas une chose effrayante : que la machine de guerre américaine (armée + fabricants d’armes + intérêts financiers + politiques liés aux industries d’armement) a acquis une telle masse qu’elle a fini par susciter son propre fonctionnement...

    Phillipe, je suis d’accord avec vous mais je ne crois pas du tout qu’il faille sous-estimer la prise en compte par les Démocrates de la psychologie américaniste (role du lobby des armes dans les prochaines élections mis a part). Ce qui gène la plupart des citoyens américains n’est pas la guerre en elle-meme, ce n’est meme pas qu’elle ait été déclenchée sous de faux prétextes, mais qu’elle ne se solde pas par une victoire :

    Bush’s ratings have fallen steadily not because he took us into war under false pretenses, but because he failed to deliver the expected triumph. Going to war without winning just doesn’t fit our national self-image, what Tom Engelhardt has called our "victory culture."

    il a ainsi suffi que Bush arrive à convaincre une partie de son opinion publique que l’Irak était un succès militaire pour que sa cote de popularité remonte dernièrement meme si elle reste faible. Les Démocrates savent que Bush sème le doute dans l’esprit des électeurs américains.

  • permalien K. :
    1er octobre 2007 @00h32   « »

    MARC LYNCH 13 Septembre 2007 : Sunni World :

    ..

    Tandis que les Américains célèbrent leurs relations cordiales avec certains cheikhs tribaux, les leaders de l’insurrection ont publiquement fait savoir que les fruits de leur victoire pourraient être saisis par des intrus opportunistes. Les images largement disséminées du Président Bush serrant la main de Sattar Abou Richa, l’épitomé de tels “bon vivantes” illégitimes, ont probablement signé son arrêt de mort.

    En attendant, certaines tribus s’inquiètent du fait que le terrain soit préparé pour la domination de la politique sunnite par d’autres tribus, et que c’est en fait le plan américain – de créer un champ divisé, soupçonneux, et compromis de tribus qui ne pourront plus agir politiquement. Une récente lettre ouverte importante de la très influente et puissante “Association des Universitaires Musulmans” a rappelé l’expérience du jihad afghan, qui a implosé après avoir défait l’Union Soviétique. Cette forte tête de l’insurrection travaille d’arrache pied afin de proposer un front politique publique pour éviter ce vide, bien qu’en ce moment les divers projets semblent n’exister la plupart du temps que sur le papier.

    La partition, à minima ou radicale, a moins de partisans à Anbar qu’à Washington. La plupart des Sunnites continuent à soutenir un état irakien unifié, et ont mis en exergue les espérances sur le rôle qu’ils devraient jouer dans un tel état. Une lettre récente de l’"Emir" de l’Armée Islamique de l’Irak a déclaré que les Sunnite composaient 60 pour cent de la population de l’Irak, et peu de Sunnites semblent prêts à accepter le statut « de minorité tolérée » dans un état dominé par les chiites-. Le gouvernement Maliki est presque unanimement dénoncé comme sectaire, coupable de nettoyage sectaire, et comme étant une marionnette iranienne.

    Il n’existe absolument rien dans le discours sunnite actuel suggérant qu’un type quelconque de « réconciliation croissante » avec les chiites ait lieu ou que la coopération tactique avec les forces américaines contre Al-Qaeda soit la preuve d’une intégration signicative quelconque dans l’état irakien. Bien plus commune est la nécessité de se préparer au futur conflit avec les chiites et, de plus en plus, les Kurdes (voir Kirkouk et Mossoul). Le ressentiment concernant le « nettoyage » sectaire de Bagdad est particulièrement vif, et peu de Sunnites semblent préparés a accepter n’importe quel règlement politique qui n’inclut pas leur retour a Bagdad – chose que les milices chiites (qui continuent à dominer la police irakienne) semblent plutôt peu disposées a accepter.

    À suivre

  • permalien K. :
    1er octobre 2007 @00h37   « »

    MARC LYNCH 13 Septembre 2007 : Sunni World (suite et fin)

    En conclusion, l’alliance de circonstance avec les forces américaines ne s’est pas traduite en un soutien aux Etats-Unis au niveau des masses. Une enquête d’opinion publique conduite le mois dernier – en plein surge — a constaté que seulement 1 pour cent des Sunnites ont confiance dans les forces américaines et seulement 1 pour cent des Sunnites soutiennent la présence américaine en Irak. A l’inverse, 72 pour cent des Sunnites indiquent que les forces américaines devraient immédiatement partir, 95 pour cent disent que la présence des troupes des États-Unis empire la situation sécuritaire, et 93 pour cent voient toujours les attaques contre les forces de la coalition comme acceptables. De tels résultats devraient montrer la vacuité des déclarations américaines disant que le retournement contre Al-Qaeda est une victoire pour la diplomatie américaine.

    Cette vision irakienne met en exergue la remarque que j’ai faite en début août, disant que la stratégie américaine de renforcement des Sunnites au niveau local agissait en fait contre le but de renforcer l’état national irakien. Cette contradiction a émergé comme thème principal lors des auditions du congrès cette semaine, et a forcé l’équipe du président à concocter un argument stratégique liant les développements locaux aux développements nationaux. Mais ces scénarios sont utopistes à l’extrême et incroyablement éloignées des sordides réalités politiques. L’idée que la stratégie courante aboutira à une réconciliation, qui irait crescendo, permettra le développement d’un collège électoral politique en faveur de la modération, et favorisera un développement politique au niveau national, est profondément fallacieuse. Quelqu’un croit-il vraiment que le fait de fournir à ces jeunes Sunnites en colère un travail au sein des forces de police dominées par les milices chiites les plus sectaires leur donnera l’envie de participer au système politique actuel ?

    Le meurtre d’Abou Richa démontre la naïveté stratégique de ces arguments. La stratégie d’Anbar se fonde sur une série de scénarios qui n’envisagent que le meilleur des cas et dans lesquels pratiquement rien ne peut aller de travers – tout ne s’est-il pas toujours parfaitement déroulé en Irak ? Il existera toujours de puissants acteurs qui seront disposés à prendre des mesures contre un processus qui menacent leurs intérêts : Pas seulement Al-Qaeda, mais aussi des tribus rivales, des groupes insurrectionnels, et des chiites irakiens, tous craignant que les armes pourraient bientôt se retourner contre eux.

  • permalien ahmad :
    1er octobre 2007 @08h15   « »

    Salam

    Pierre

    Le choix de se référer aux courants les plus litéralistes , et suvent très proche du pouvoir Saoudien, pour présenter le savant Youssouf al Qardaoui, n’est pas la meilleure route, surtout que c’est ce courant qui est dans le monde musulman minoritaire, donc quand vous dites : Youssef Al-Qaradawi est loin de faire l’unanimité ni dans sa lecture du Coran on peut se poser des questions, car ce savant est surement le plus écouter et suivit dans le monde musulman

    Salam

  • permalien Pierre :
    1er octobre 2007 @08h20   « »

    Le clash de LA civilisation.

    Le carburant de la civilisation romaine, a été la main d’œuvre bon marché.A la fin de l’empire, il n’y a pratiquement pas de distinction juridique entre l’esclave et l’homme libre à qualification égale. La civilisation étasunienne s’est développée, dans le prolongement des courants humanistes puis philosophiques de la"métropole européenne" sur l’illusion de matières premières bon marché. Même si les Démocrates sont électoralement tentés d’argumenter pour un retrait rapide, Bush sait régulièrement leur rappeler les priorités civilationnelles ("l’Irak n’a pas progressé de manière "satisfaisante" au regard de trois critères, à commencer par l’adoption d’une loi sur le partage des ressources du pétrole et l’augmentation des capacités des forces de sécurité irakiennes à opérer de manière indépendante.").

    Tant que l’abandon des valeurs humanistes ne sera pas complet dans l’empire et ses satellites et que le retour au carburant humain à bas coût ne sera pas totalement accompli, la survie de l’empire sera conditionné par les opportunités de glanages des matière premières bon marché ( v. Le coût humain et financier du "Travailler plus pour gagner plus" par Andy Vérol.).

    Dès lors que comme pour le réchauffement de la planète, l’épuisement des matières premières est inéluctable et n’épargne personne (ni Démocrates ni Républicains), la marge de manœuvre des uns et des autres est proche de zéro et se borne à la formulation des priorité.

  • permalien Pierre :
    1er octobre 2007 @08h35   « »

    @ ahmad,

    Je ne suis pas en mesure de juger du bien fondé des critiques adressées à Youssef Al-Qaradawi sur son interprétation du Coran. Ma remarque ne faisait que souligner l’existence d’un débat à l’images desmutation des civilisation islamiques.

    Par contre sa situation politique en Algérie peut être perçue comme celle de ces entraineurs de football soviétiques ou ces professeurs de mathématiques égyptiens de l’époque Boumédiene, c’est à dire comme une forme d’ingérence.

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er octobre 2007 @10h37   « »

    @ Pierre

    Il est effectivement judicieux d’opérer, sur ce plan, le rapprochement entre empire romain et empire américain. Dans les débuts, les Romains étaient des paysans durs à la tâche, qui fournissaient de bons légionnaires. Avec l’empire, cette paysannerie laborieuse a dégénéré en plèbe qui n’attendait plus que « du pain et des jeux » (aujourd’hui, RMI et TF1). De même, les Américains abandonnent-ils (sauf en agriculture) la plupart des activités productrices du secondaire, voire du tertiaire (logiciels et calculs faits en Inde). Il s’ensuit une déperdition dramatique du savoir-faire.

    Cette déperdition ne peut être compensée ni par les services (vente de pizzas, d’assurances ou travaux chez Wal Mart) puisque la qualification est bien moindre et que des Américains ne font que vendre à d’autres Américains, ni par les activités de finance (Wall Street et Cie) puisque ces activités ne brassent que du vent. L’empire américain, comme l’empire romain (et sans doute très tôt pour celui-ci, peut-être même avant les Antonins) est juste un empire prédateur. Il prend plus qu’il ne fournit…

  • permalien guitl :
    1er octobre 2007 @10h37   « »

    les turcs ne sont pas favorables à la partition de l’irak, ils voient d’un mauvais oeil un Kurdistan indépendant.

    En tirant à vue sur les uns et fournissant des armes aux autres, par exemple

    pour tirer à vue, les sunnites et les chiites n’ont ps besoin des américains. Ils faisaient ça très bien déjà du temps de Saddam, la preuve, les charniers que nous avons découvert et qui ne sont pas le fait des américains, et dont vous semblez faire peu de cas.

    Quand aux fournisseurs d’armes, bien entendu les américains arment le gouvernement démocratiquement élu (en tout cas aussi démocratique que le gouvernement palestinien) mais les iraniens arment les autres, les bandes armées anti-gouvernementales.

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er octobre 2007 @12h01   « »

    @ Guitl

    Les massacres de Saddam Hussein, les Américains s’en moquaient totalement : ils n’ont pas cessé de soutenir le dictateur ! Et ce, du coup d’Etat du Baas en 1963 à la restitution, à ce même dictateur, des armes qui venaient juste de lui être prises en mars 1991, pour écraser les insurrections kurdes et chiites que les Américains avaient précisément appelées à se déclencher ! Et n’oubliez pas que, durant la guerre Irak/Iran, les Américains ont armé les deux côtés… comme durant la guerre des Malouines.

    Le « gouvernement » irakien, contrairement au gouvernement palestinien, n’a aucune légitimité : si les Américains se retiraient, il ne tiendrait pas une journée ! Quant aux bandes armées, de quoi voulez-vous parler ? Des sociétés de mercenaires payées par les Américains, et qui tirent sur tout ce qui bouge ?

  • permalien K. :
    1er octobre 2007 @12h10   « »

    La dernière analyse de Seymour Hersh (New Yorker en date du 8 Octobre 2007) :

    Shifting Targets- The Administration’s plan for Iran.

  • permalien K. :
    1er octobre 2007 @18h29   « »

    Un résumé du dernier article de Hersh par l’Agence France-Presse :

    Selon le journaliste vedette américain Seymour Hersh, citant des responsables américains parlant sous couvert de l’anonymat, l’administration Bush a opté pour un changement de stratégie dans ses plans d’attaques éventuels contre l’Iran et viserait plutôt à procéder à des frappes aériennes ciblées contre les Gardiens de la Révolution, ou Pasdarans.

    Les États-Unis accusent les Gardiens de la Révolution d’apporter notamment leur soutien aux insurgés en Irak.

    Ce changement de stratégie intervient alors que le Président Bush et ses conseillers commencent à décrire la guerre en Irak de plus en plus comme « une bataille stratégique entre les États-Unis et l’Iran », écrit Hersh.

    Lors d’une vidéoconférence cet été avec l’ambassadeur américain à Bagdad Ryan Crocker, M. Bush aurait indiqué qu’il envisageait de frapper des cibles iraniennes de l’autre côté de la frontière et que les Britanniques « étaient avec lui », ajoute l’article.

    Bien qu’aucun ordre officiel d’exécution n’ait été donné pour une opération militaire en Iran, le rythme des préparatifs militaires se serait accéléré et la CIA aurait renforcé son unité travaillant sur l’Iran, indique le New Yorker.

    L’article affirme également que les dirigeants israéliens étaient consternés par la décision de Washington de ne pas frapper les installations nucléaires iraniennes et que des responsables français avaient exprimé des doutes sur les possibles raids aériens ciblés.

    Le plan envisagerait notamment « la destruction des camps d’entrainement les plus importants des Gardiens de la Révolution, ainsi que de leurs dépôts de munitions et leurs installations de commandement et de contrôle », selon l’hebdomadaire.

    Voir aussi la rubrique Tendances du site Voltairenet.org

  • permalien K. :
    1er octobre 2007 @21h21   « »

    - Seymour Hersh interviewé par la CNN hier (traduit en français par Contre Info).

    - Deux extraits de l’article de Hersh :

    Une attaque limitée de bombardement de cette sorte « ne fait sens que si les renseignements sont bons, » a indiqué le conseiller [une des sources de Hersh]. Si les cibles ne sont pas clairement définies, le bombardement « commencera de manière limitée, mais alors il y aura une “spéciale escalade”. Les planificateurs diront que nous devons nous occuper du Hezbollah par-ci et de la Syrie par-là. Le but initial sera de frapper de manière décisive. Mais on prévoit toujours des ajouts dans les plans de frappes ».

    Les israéliens précisent que ce n’est pas tant la fabrication de bombes nucléaires qui pose probleme que la possibilité pour les iraniens de maitriser la technologie nucléaire, parce que l’Iran pourrait alors passer du matériel nucléaire aux “groupes terroristes”. De ce fait, “Nous pensons que cette maitrise technologique va plus rapidement que le calendrier diplomatique . Et si la diplomatie ne marche pas, comme ils disent, toutes les options sont sur la table.”

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @00h45   « »

    Concernant l’amendement Biden, Reidar Visser insiste sur l’inconstitutionnalité de cet amendement :

    « Joe Biden, le sponsor de l’amendement, pense vraisemblablement qu’il a réellement un « plan pour l’Irak » - c’est du moins ce qu’il dit quand il promeut sa candidature présidentielle pour 2008. Il est [..] logique de se concentrer sur les parties de sa rhétorique qui impliquent de pousser les Irakiens dans une direction particulière. Les mots clés sont à cet égard « les factions principales de l’Irak », présents dans toutes les premières ébauches de l’amendement de Biden [et qui ont disparu dans le document final]. » ..

    « C’est un domaine où les idées de Biden violent clairement la constitution irakienne : n’importe quelle tentative de la part des américains de reconnaître « des factions principales » serait une solution de bout en bout imposée de l‘extérieur sur une question dans laquelle les Irakiens eux-mêmes se sont déjà prononcés. Biden ne semble pas apprécier le fait que les pionniers fédéralistes parmi les Irakiens ont toujours mis en garde contre le fédéralisme basé sur des appartenances ethniques : à leur avis, le fédéralisme basé sur des critères géographiques et non sectaires pourrait peut-être servir de « ciment » national ; réciproquement, et excepté pour les Kurdes et la faction chiite qui s’avère être la plus proche de l’Iran, les défenseurs irakiens du fédéralisme ont toujours condamné les variantes ethno-sectaires du fédéralisme comme un saut géant vers la partition. »

    « On devrait exiger de Biden de définir très explicitement les modalités par lesquelles il s’attend à faire tout simplement disparaître le droit constitutionnel de former des régions non-sectaires de petite taille, et comment il pense que le sacro-saint nombre « trois » doit être atteint. Peut-être pourrait-il alors mieux comprendre comment ses actions sont équivalentes à encourager des guerres civiles dans l’Irak d’aujourd’hui et représentent une véritable étape vers une partition complète ? A-t-il seulement entendu parler des arrangements fédéraux non-sectaires de petite taille qui avaient circulé à Bassora dans le sud dès 2003 ? » À suivre

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @00h52   « »

    Reidar Visser insiste sur l’inconstitutionnalité de l’amendement Biden (suite 1) :

    « De manière intéressante, dans la version finale de l’amendement Biden, la dénomination « factions principales », a été éliminée ce qui a signifié de plusieurs manières que le « plan de Biden » passait de nouveau au premier plan, sans la rhétorique explicite sur l’appartenance ethnique, mais également avec moins de références au texte original. Cependant, le problème essentiel qui demeure dans l’amendement est qu’il porte sévèrement atteinte aux dispositions de la constitution irakienne pour le fédéralisme. Biden ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre, qu’il n’existe aucun impératif dans la constitution irakienne voulant que chaque partie du pays doive rechercher un statut fédéral.

    Le fédéralisme ne représente qu’une de deux options possibles : les provinces peuvent également choisir de maintenir leur état actuel. C’est un dispositif de la constitution 2005 qui est en harmonie avec l’histoire politique irakienne. Les constitutionnalistes irakiens se sont rendus compte que le pays a une longue tradition unitaire avec un scepticisme largement partagé au sein de la population envers le fédéralisme ; à partir de la constatation de ces tensions politiques ils ont abandonné toute idée d’imposer le fédéralisme « par le haut ». En fait, les principaux politiciens irakiens qui ont rédigé la loi 2006 de mise en application du fédéralisme ont suggéré que probablement pas plus d’une ou deux provinces (comme par exemple Bassora dans le sud) rechercheraient un statut semblable au Kurdistan quand l’option de fédéralisme deviendra formellement applicable en avril 2008. »

    « Des preuves diverses tirées du processus politique Irakien et des sondages d’opinion publique suggèrent que ce scepticisme anti-fédéral persiste. Depuis que la constitution a été adoptée en 2005 il y a eu plusieurs propositions d’amendement constitutionnel par les partis irakiens - Chiites et Sunnites – pour limiter le fédéralisme afin de s’assurer qu’on ne puisse permettre à aucune région fédérale purement sectaire de se développer. [..] À suivre

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @00h56   « »

    Reidar Visser insiste sur l’inconstitutionnalité de l’amendement Biden (suite 2) :

    « Plus fondamentalement, Biden doit comprendre le défaut de la logique de son argument actuel : il ne peut revendiquer la paternité d’un « plan » distinctif et en même temps affirmer qu’il ne cherche pas a imposer quoi que ce soit aux irakiens. En fait les contradictions dans ce domaine sont encore pires dans la version finale de l’amendement que dans les premières ébauches : le texte stipule maintenant que la conférence internationale proposée sur le fédéralisme irakien devrait se baser sur la loi 2006 pour mettre en application le fédéralisme. C’est en soi contradictoire à l’extrême parce que le point clé de la législation 2006 est que le fédéralisme ne serait jamais imposé de l’extérieur ou par le haut lors d’une simple conférence, mais émergerait plutôt progressivement, seulement dans les parties du pays qui souhaitent adopter un modèle de gouvernement fédéral. En outre, a qui appartient-il de décider quels Irakiens participeront à la conférence projetée ? Le gouvernement Maliki ? Ceci rapporte à la question de la façon de nommer les invités de la conférence et, plus fondamentalement, des bases (ethnique versus non-ethnique) de la définition de la représentativité dans tout grand « règlement fédéral » de la sorte envisagée par Biden. »

    Au coeur de ce texte de loi contradictoire repose plusieurs malentendus plus fondamentaux sur l’Irak chez les nombreux défenseurs du plan de Biden dont les panégyristes ornent le site Web du sénateur et sont interprétés comme des preuves du grand potentiel du plan. Prenez par exemple la suggestion d’Henry Kissinger qu’« une attitude plus sage serait de se concentrer sur les trois principales régions ». Il semble réellement croire que ces régions existent déjà ! De même, un autre défenseur prééminent de Biden, David Brooks, a récemment utilisé l’histoire du politicien irakien Shadha al-Musawi comme source d’inspiration pour une défense enthousiaste du fédéralisme ethnique qui a été publié au New York Times - le seul minuscule problème étant que Musawi elle-même est une ennemie avérée de l’idée d’une partition molle de l’Irak.

    À suivre

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @01h02   « »

    Reidar Visser insiste sur l’inconstitutionnalité de l’amendement Biden (suite 3) :

    « Ou considérez l’exégèse récente de l’histoire Ottomane de Sam Brownback, délivrée au sénat lors de l’adoption de l’amendement Biden, et reproduite ici avec des annotations supplémentaires entre crochets » :

    « Je montre a mes collègues une carte qui je pense est intéressante. C’est une carte de l’Irak sous l’empire Ottoman. C’est avant les divisions de la Première Guerre Mondiale en Irak. Je pense que nous devons étudier l’histoire pour que nous ne répétions pas les erreurs passées. Je pense que nous répétons l’histoire aujourd’hui parce que nous ne l’avons pas étudiée suffisamment. Ainsi voici une carte de 1914. C’est fascinant. Vous avez l’Ottoman du nord [sic], qui était appelé vilayets. C’est dans l’état de Mossoul, le nord Kurde [c’était en fait une zone multiethnique, Kurdes, sunnites, chrétiens, Turkmènes, Yazidis]. Vous aviez le vilayet de Bagdad, le secteur sunnite en Irak [il était multiethnique et contenait toutes les villes saintes shiites]. Vous aviez le vilayet de Bassora, l’état chiite [il y avait moins de chiites qu’à Bagdad, et était politiquement dominé par les Sunnites]. Bagdad était la ville fédérale - une ville réelle en ces temps [c’est un pur non-sens : il n’y avait aucun fédéralisme dans ces parties de l’empire Ottoman ; Bagdad a cependant eu quelques fonctions de surveillance de tous les vilayets irakiens par exemple concernant la douane, les affaires militaires et la justice]…voici une solution de trois-état que l’empire Ottoman a mis en place comme manière de contrôler ces différents groupes qui ne peuvent pas s’entendre entre eux, [la encore, ceci suggère que Brownback croit complètement que Bassora était d’une façon ou d’une autre « plus chiite » et « moins sunnite » que Bagdad, tandis qu’en fait tous les vilayets de l’empire Ottoman dans cette région étaient dominés par les Sunnites]. »

    À suivre

  • permalien Jean Bosco Nganhou (étudiant à l’ENA d’Alger) :
    2 octobre 2007 @01h03   « »

    je ne pense pas que le consensus americain sur l’Iran et l’Irak soit étonnant, l’interet vital americain en depend.....et cela, democrates et republicains en sont bien conscients.Il faut plutot se poser la question de savoir si les democrates comme les republicains vont defier la communauté internationationale et transgresser le droit international ? En fait, l’idée d’un anéantissement complet de l’Iran est présent dans l’esprit des américains( pour la survie et la montée d’Israel). La question est de savoir comment s’y prendre, quelles methodes utilisées.......rappellons à cet effet que la différence entre républicains et démocrates n’est pas souvent grande.............

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @01h06   « »

    Reidar Visser insiste sur l’inconstitutionnalité de l’amendement Biden (suite 4 et Fin) :

    « Au total l’amendement Biden est une indication numérique alarmante mais utile du niveau de support d’une approche « ethnique » de la politique irakienne au sénat américain (parmi les partisans on comptait la candidate présidentielle Hillary Clinton), ainsi qu’un rappel du remarquable manque de familiarité avec les points les plus fins de la législation irakienne sur le fédéralisme même au sein de l’élite des politiciens américains.

    Le fait que les successeurs potentiels du Président Bush semblent converger vers un schéma qui serait bien plus désagréable au monde musulman que la politique actuelle de Washington, ne laisse rien présager de bon pour l’avenir. C’est vrai, Bush a envahi L’Irak, et Paul Bremer a sévèrement affaibli le pays. Il existe des signes inquiétants que certains dans le département d’état, comme Ryan Crocker, aient un comportement déjà identique a celui de Biden en « encourageant » inlassablement les sunnites a penser en termes de fédéralisme.

    Mais si ses plans de partition étaient mis en application, les Musulmans et les Arabes autour du monde se rappelleraient de Joe Biden d’une manière tout à fait différente. Il serait placé à côté d’autres personnalités historiques qui sont couramment accusées par les moyen-orientaux d’avoir complètement détruit leur région : Arthur Balfour, Mark Sykes et François Georges-Picot . »

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @01h34   « »

    Concernant le SIIC (parti chiite pro-iranien qui “dirige” le pays) Juan Cole confirme qu’il est en fait ouvertement partisan d’un fédéralisme sectaire :

    Un mystère concernant toutes les dénonciations du vote du Sénat est que la résolution des sénateurs est tout simplement le plan de Abdoul Aziz al-Hakim, le leader du SIIC, un membre central de l’Alliance (chiite) Irakienne Unifiée, qui dirige l’Iraq. Al-Hakim a poussé a travers le parlement (par une simple majorité avec a peine un quorum) son plan de confédération chiite de 8 provinces en Octobre dernier. La seule concession qu’il avait du faire avait été d’attendre 18 mois, (c-a-d. jusqu’a Mars prochain) pour l’application. Bien sur, le plan de al-Hakim diffère de celui de Biden en ce qu’il ne force pas les Sunnites de former leur propre gouvernement régional. (Les Sunnites n’aiment pas l’idée de confédérations provinciales, préférant une direction centrale forte “a la France”.)

    La ressemblance entre le plan de al-Hakim et celui de Joe Biden est embarrassant pour le SIIC, dans la mesure ou les américains ne sont pas populaires en Iraq.

  • permalien Pierre :
    2 octobre 2007 @06h06   « »
    Consensus démocrato-britanico-iranien sur l’Irak ?

    - Tzipi Livni : "Aucun Etat responsable ne nie le fait que l’Iran est le principal soutien du terrorisme. Il est une source importante d’instabilité et de conflit en Irak, au Liban, en Palestine et dans tout le Proche-Orient et est l’ennemi de la coexistence arabo-israélienne", a-t-elle déclaré dans un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.

    - Seymour Hersh : « Ils vont attaquer le quartier général des gardiens de la révolution et leurs installations. Ils vont diminuer le bombardement, ils vont le cibler, ce sera plutôt chirurgical. »

    - Ali Larijani : Si le gouvernement américain dispose d’"une définition claire sur un calendrier, nous les aiderons à le concrétiser", a déclaré M. Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.

    En revanche, si Washington "persiste dans ses erreurs, il ne devrait pas demander notre aide", a-t-il ajouté.

    Il a rejeté l’accusation américaine selon laquelle l’Iran fournit des armes aux militants anti-américains en Irak, affirmant que cette critique était "fausse".

    L’Iran est l’unique pays dans la région qui a prêté assistance au gouvernement irakien et au processus démocratique du pays, a-t- il souligné.

    Il a également noté apprécier les politiques sur l’Irak du Parti démocrate américain et du gouvernement britannique.

    L’expérience irakienne a montré que la néo-conservation est imperméable à l’humour (sauf pour les caricatures rigolotes). Finalement le feu nucléaire attendra !

  • permalien Pierre :
    2 octobre 2007 @08h32   « »

    Quand Cheney et l’Aipac torpillent les efforts de dialogue Iran-USA : Il [l’Iran] est une source importante d’instabilité et de conflit en Irak, au Liban, en Palestine et dans tout le Proche-Orient et est l’ennemi de la coexistence arabo-israélienne(Tzipi Livni, à l’ONU.)

    Les ultras préparent la guerre contre l’Iran. Par Selig S. Harrison

    Dans la lutte qui se déroule au sein de l’administration Bush sur la question de la politique iranienne, deux camps se font face. D’un côté, le vice-président Richard Cheney et ses alliés au Pentagone et au Congrès, aiguillonnés par l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), poussent au bombardement non seulement de l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, mais aussi des sites militaires iraniens situés près de la frontière de l’Irak. De l’autre, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice souhaite continuer dans la voie diplomatique, en renforçant et élargissant les négociations avec Téhéran, entamées en mai à Bagdad, sur la stabilisation de l’Irak. Mais elle n’a obtenu l’ajournement d’une décision sur l’option militaire qu’au prix d’un compromis dangereux : une intensification des opérations clandestines visant à déstabiliser la République islamique, lesquelles ont été confirmées par une directive présidentielle fin avril 2007 .

    Ces opérations se poursuivent depuis une dizaine d’années ; mais, en l’absence d’une couverture officielle, la Central Intelligence Agency (CIA) n’a agi que par personnes interposées. Le Pakistan et Israël, par exemple, ont fourni des armes et de l’argent à des groupes rebelles dans le sud-est et le nord-ouest de l’Iran, où les minorités baloutche et kurde, sunnites, combattent de longue date le pouvoir central perse et chiite.

    Tzipi Livni, en défenseur zélée de la paix, et en toute logique, ne devrait pas tarder à demander une intervention militaire de l’ONU contre Washington et Tel-Aviv. (sans parler des sanctions économiques pour possession d’armement nucléaire).

  • permalien ahmad :
    2 octobre 2007 @09h15   « »

    Salam

    Hamas : Dugard affirme que le Quartet et l’ONU prennent position en faveur de l’occupation [ 01/10/2007 - 19:31 ] Gaza-CPI

    Le mouvement de la résistance islamique Hamas a apprécié, ce samedi 1/10, les déclarations de John Dugard, responsable à l’ONU, qui a accusé l’ONU et le Quartet de prendre position au profit de l’entité sioniste, et de négliger régulièrement les rapports concernant les crimes de l’occupation contre le peuple palestiniens.

    De son côté, le porte parole du Hamas Sami Abou Zouhri a dit, dans sa déclaration dont le Centre Palestinien d’Information a reçu une copie, que les déclarations de ce responsable de l’ONU sont une preuve claire que l’ONU et son secrétaire générale Ben Kimon prennent une position au profit de l’occupation tout en négligeant ses crimes perpétrés contre les Palestiniens.

    On note que le responsable de l’ONU (John Dugard ) a remarqué dans son discours sur Al-Jazzera que Ben Kimon (le secrétaire général de l’ONU) reçoit ses engagements de Washington pour soutenir l’entité sioniste.

    En conséquence, Abou Zouhri a ajouté que ses déclarations justes condamnent fortement le Quartet et ses engagements qui servent les objectifs et les intérêts de l’entité sioniste, alors qu’Abbas devra arrêter de s’engager dans les promesses de cette commission (Quartet) qui pratique le rôle de l’ennemi du peuple palestinien.

    Salam

  • permalien ahmad :
    2 octobre 2007 @10h55   « »

    Salam

    Israël : Vous avez dit "démocratie" ?

    La "démocratie" israélienne : il y a des Israéliens qui ne sont pas dupes et qui le font savoir. Kibush un site internet israélien qui remet régulièrement les pendules à l’heure. C’est court, net et précis.

    "La discrimination à l’encontre des citoyens palestiniens d’Israël se manifeste aussi dans la politique des condamnations et dans les conditions de détention.

    David Ben Shimol avait été condamné pour avoir tué une personne et en avoir blessé des dizaines en tirant un missile Law sur un autobus rempli de voyageurs arabes. Il avait été condamné à la prison à vie. Après quelques temps, sa peine avait été commuée en une peine de 24 ans, puis de 17 ans. Il a finalement été libéré après avoir purgé 11 ans, suite à une réduction d’un tiers de sa détention.

    Mahmed Mantsour Ziada, un habitant de Lod, 51 ans, marié et père de 7 enfants, a été condamné à la prison à vie pour sa participation au lancement d’une grenade sur un autobus transportant des soldats. La grenade n’avait pas explosé et n’avait causé aucun dommage. Il est en prison depuis 18 ans et sa peine n’a pas été réduite.

    Moukhles Ahmed Bourgal, un habitant de Lod : même charge que Mahmed Mantsour Ziada. Il a été condamné à la prison à vie. Sa peine a été commuée en une peine de 40 ans. Il est en prison depuis 18 ans.

    Ami Popper a été condamné à sept détentions à vie, pour avoir tué sept ouvriers palestiniens et en avoir blessé 14 autres. Il a vu sa peine commuée en 40 ans de prison. Pendant sa détention, il s’est marié et a eu 5 enfants. Il sort chaque jour pour aller étudier dans une yéchiva ou pour travailler. Il a droit à des vacances et bénéficie de l’usage illimité du téléphone. A l’inverse, Mahmed et Moukhles ne sont pas autorisés à parler au téléphone, tout contact physique leur est interdit lors des visites de leurs proches et ils ne se voient pas autoriser la moindre sortie."

    Amos Gvirtz

    Kibush, 26 septembre 2007 www.kibush.co.il/show_file.asp ?num=22517

    (Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

    CAPJPO-EuroPalestine

    salam

  • permalien Lou :
    2 octobre 2007 @22h12   « »

    merci beaucoup à K. pour ses traductions ;

    Irak :

    Rapport accablant contre Blackwater

    Birmanie-État d’Israël :

    L’aide militaire israélienne au régime Birman

    Cet article semble ébranler le site Israël Valley

    "Seul problème pour Israël et ses firmes qui font le commerce d’armes : les sites internet citent des sources très sérieuses comme le Jane’s."

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @23h19   « »

    Un petit rappel historique sur les chiites irakiens pour comprendre l’évolution des différents leaders actuels et leurs différents.

    Le premier parti chiite structuré est le parti Da’wa, créé en 1959. « Quand l’Ayatollah Baqir Al-Sadr, un oncle de l’actuel Mouqtada, a émergé comme le leader le plus influent du mouvement Da’wa, l’Ayatollah Mohammad Al-Hakim, également membre actif du parti, a été éclipsé. »

    Une division importante au sein du parti Da’wa s’est produite quand Mohammad Al-Hakim, en exil en Iran pour fuir les persécutions du régime, a formé le SCIRI a Téhéran le 17 novembre 1982 (“conseil supreme chiite pour la révolution islamique”, ces deux derniers mots trahissant l’allégeance au modèle iranien d’ou les changements de nom apparus dernièrement pour donner une coloration plus nationaliste au parti). En parallèle, ceux qui formeront plus tard le mouvement sadriste, sont demeurés en Irak malgré les persécutions dont ils faisaient eux aussi l’objet. Une autre partie du parti Da’wa s’était exilé en Syrie : l’actuel Nouri Al Maliki en faisait partie.

    « La formation du SCIRI en Iran a été perçue par beaucoup d’Irakiens chiites, y compris le père de Mouqtada Al-Sadr, l’Ayatollah Sadeq Al-Sadr, qui a plus tard formé le mouvement Sadriste dans les années 1990, comme une ingérence iranienne dans la politique islamique locale des chiites, qui était censée demeurer un mouvement du cru. Depuis sa création, le SCIRI a été perçu comme une greffe, un agent étranger, par la plupart des Sadristes. »

    « Avec l’échec de l’entreprise militaire de la brigade Badr contre l’armée de Saddam Hussein lors du soulèvement chiite de 1991, la capacité du SCIRI de gagner l’appui populaire de la population chiite a été considérablement réduite. La mort du grand Ayatollah Abd al-Qasim al-Khoi, le doyen des religieux du pays, en 1992 a ouvert la voie a la formation de mouvements chiites autochtones alternatifs cherchant a activer les aspirations chiites en vue de se libérer du joug tyrannique de Saddam, et l’Ayatollah Sadeq Al-Sadr a émergé comme principal candidat. »

    « La base du pouvoir de Sadeq était tellement profondément ancrée au sein des masses populaires chiites, particulièrement à l’Est de Bagdad, que quatre ans après son assassinat en 1999 par le régime de Saddam son mouvement continuait toujours à croître. En entrant en Irak en 2003 après plus de 20 ans d’exil en Iran, Hakim était témoin de la montée en puissance d’un rival politique chiite important, un jeune religieux appelé Mouqtada Al-Sadr, qui le questionnera publiquement sur son courage et ses qualifications irakiennes, non seulement parce qu’il n’avait pas fait face à Saddam, mais également en tant qu’agent étranger soutenu par le gouvernement iranien. »

    À Suivre

  • permalien K. :
    2 octobre 2007 @23h53   « »

    Suite sur les chiites irakiens :

    En Août 2003 Mohamad Al-Hakim est assassiné et son frère, l’actuel Abdoul Aziz Al Hakim, prend le devant de la scène du SCIRI.

    Chaque parti a sa milice, la brigade Badr pour le SCIRI devenu SIIC puis dernièrement ISCI (selon l’acronyme anglo-saxon), l’armée du Mahdi pour les sadristes.

    Il semble bien que les “escadrons de la mort” soient composés non seulement d’hommes de la Brigade Badr mais aussi de l’armée du Mahdi.

    Patrick Cockburn, à qui Mouqtada Sadr interrogé par lui avait répondu que ces tueurs qui se réclament de l’armée du Mahdi n’était pas sous son controle, précise : « c’est probablement vrai, mais il ne cherche pas à les en empécher. Et toutes les milices chiites, quelque soient leurs déclarations par ailleurs, avaient participé au nettoyage ethnique de Bagdad au début de 2007 en refoulant les sunnites vers le quart sud-ouest de la ville ».

    Concernant ces groupes qui échappent au controle de Mouqtada Sadr, on pouvait lire dans un article d’Avril 2007 :

    « L’augmentation récente du nombre des groupes dissidents sadristes est le signe d’un important bouleversement dans le mouvement Sadriste, jusqu’ici principalement dominé par Moqtada Al-Sadr. Ces groupes dissidents représentent un changement très réel de la faction Sadriste en termes aussi bien idéologiques que militaires. »

    « Ces groupes regardent Al-Sadr comme un traître qui a abandonné la position contre les menaces étrangères de son père pour un gain personnel et politique. La participation des représentants d’Al-Sadr dans le parlement et son flirt avec Téhéran depuis 2005 ont directement mené à la création de deux groupes dissidents distincts. Ces deux groupes ont le culte du millénarisme sur le plan idéologique et un comportement de gang quant à leur organisation. Ils se regroupent la plupart du temps dans des endroits tels que Bagdad et l’Irak du Sud et se composent de jeunes hommes qui maintiennent une animosité anti-occupation ou anti-Sunnite. »

    À suivre

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h12   « »

    Suite sur les chiites irakiens :

    Concernant le “flirt avec l’Iran” de Mouqtada Al Sadr on peut lire en Mai 2007 (intervient le “Grand Ayatollah” Ali Al Sistani) :

    « Au milieu de ce conflit [entre Sadristes et l’ISCI] se trouvent l’Iran et Sistani. Globalement, tous deux sont grandement concernés par cette subtile rivalité entre deux des principales factions politiques de l’Irak. Puisque l’éclatement d’un conflit entre ces groupes rivaux pourrait nuire à leur autorité et leur influence en Irak, Nadjaf et Téhéran font de leur mieux pour empêcher un clash. »

    « L’Iran essaye désespérément de rassembler assez de soutien chiite afin d’augmenter son influence en Irak et de se protéger contre des attaques américaines potentielles contre ses intérêts dans la région. Mouqtada pourrait représenter un énorme atout pour les ambitions régionales de l’Iran, mais il pourrait également être un frein. Pour Téhéran, Mouqtada est une voix chiite indépendante qu’il faut apprivoiser et introduire dans le cercle du pouvoir chiite de Qom avec Khamenei comme principale source d’autorité. »

    « Sistani, cependant, partage la vision de Mouqtada d’un état-nation uni et non-sectaire, mais il s’oppose énergiquement à sa juvénile aspiration pour le pouvoir en Irak. Pour Sistani, Mouqtada devrait être apprivoisé et introduit dans le cercle du pouvoir chiite avec Sistani et les autres principaux religieux chiites comme source principale d’autorité. »

    On peut aussi lire ailleurs : « Cette nouvelle alliance [entre Sadr et Téhéran], cependant, reste peu développée. Des différences profondes bouillonnent sous la surface des politiques chiites iranienne et irakienne, car le nationalisme joue un rôle décisif dans la formation de la politique interne des deux pays. Al-Sadr prétend toujours être un nationaliste irakien avec la capacité de mener l’Irak à se libérer des influences américaine et Iranienne. Les officiels iraniens sont préoccupés par le nationalisme irakien d’Al-Sadr. Le degré de fidèlité d’Al-Sadr à l’Iran reste à voir. SCIRI, le rival d’Al-Sadr, reçoit un appui financier et militaire plus grand de Téhéran, et ceci pourrait certainement poser des problèmes majeurs entre les officiels iraniens et Al-Sadr. En raison des rivalités chiites internes, l’aboutissement de l’alliance reste incertain. »

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h21   « »

    Dernière précision sur les chiites irakiens :

    « Bien que les Sadristes soient des chiites dévoués, ils sont énergiquement opposés à l’appel d’août 2005 de Hakim en faveur de la formation d’une région chiite de neuf provinces, avec Bassora comme principal centre gouvernemental. En tant que nationalistes irakiens, les Sadristes sont très rétifs à l’idée d’un modèle fédéraliste pour l’Irak et considèrent la proposition de Hakim comme éloignant tout pouvoir économique et politique des partisans de Mouqtada basés à Bagdad. Hakim, pour sa part, s’oppose à l’appel de Mouqtada de créer une alliance avec les Arabes sunnites et depuis 2004 a été hésitant quant à accepter une date limite dans le sens d’un retrait des troupes américaines d’Irak. »

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h31   « »

    Et pour terminer, la traduction d’un article récent de Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq :

    (..)

    « Dans le sud de Bagdad, le corollaire logique à ce genre de politique de « surge » aurait été d’établir des alliances locales avec ces groupes chiites qui ont une tradition historique d’opposition ferme à l’Iran et sont clairs dans leur condamnation de l’interférence iranienne en Irak. Le but principal serait de créer un contrepoids aux factions pro-Iraniennes à l’intérieur du système, tel que le Conseil irakien islamique suprême (SIIC), qui est maintenant connu comme le Conseil suprême islamique de l’Irak et leurs Brigades Badr - qui depuis 2003 ont réussi a obtenir un degré disproportionné de pouvoir politique formel dans le système politique irakien et profitent actuellement de leur rôle dans le gouvernement de Nouri Al-Maliki pour consolider leur position.

    Dans le sud, il existe un vaste choix de groupes avec une longue tradition d’hostilité envers l’Iran, surtout les diverses factions Sadristes comme Fadhila et les disciples de la « ligne » de Moqtada Al-Sadr (dont une partie ont même purgé des peines dans les prisons iraniennes dans le passé), mais également des groupes tribaux chiites indépendants qui sont férocement fiers de leur héritage arabe. Ces groupes se distinguent également de l’ISCI par le fait qu’ils maintiennent que n’importe quel genre de direction religieuse en Irak sous le principe du wilayat Al-faqih (les règles de jurisprudence) devrait avoir comme point de départ des religieux irakiens et non pas Iraniens.

    La politique actuelle sur le terrain des Etats-Unis au sud de Bagdad en est l’exact opposé. L’ISCI Pro-Iranien et ses amis de l’organisation Badr (maintenant puissante dans les forces irakiennes de sécurité) sont soutenus par les Etats-Unis dans leurs efforts de règlement par la force de toute opposition chiite interne, comme on l’a vu par exemple dans la bataille à grande échelle contre un mouvement prétendument millénariste a Nadjaf en janvier 2007, et également dans les opérations actuelles contre l’armée du Mahdi Sadriste et ses factions dissidentes. Des arrestations de masse aveugles ont souvent accompagné ces incidents, la désignation par le gouvernement d’Al-Maliki de ses ennemis comme « terroristes » étant apparemment prise au premier degré par les forces des États-Unis, et les plaintes réitérées de ceux qui sont arrêtés concernant une « intrigue iranienne » étant ignorées. » À suivre

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h34   « »

    Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq (suite 1) :

    « Aujourd’hui, en dehors d’enclaves rurales isolées, les uniques bastions de solide résistance chiite à l’ISCI a l’extérieur de Bagdad sont Maysan et Bassora (qui s’avèrent justement être hors du contrôle direct des États-Unis, dans la zone britannique dans l’extrême sud), mais ici aussi des changements peuvent apparaître : l’ISCI essaye depuis plus d’un an de renverser le gouverneur Fadhila de la riche (en pétrole) Bassora (il était encore en fonction au début de septembre 2007 en dépit d’un ordre d’Al-Maliki pour le faire remplacer), et les Brigades Badr seraient influentes au sein des forces de sécurité de Maysan. Ironiquement, les ennemis de longue date de l’Iran comme le parti Fadhila se sentent maintenant si isolés qu’ils ne voient d’autre recours que celui de chercher a améliorer leurs contacts avec leurs ennemis d’autrefois de Téhéran, ne serait-ce qu’a titre d’esai [5]. Le raisonnement apparent des États-Unis pour laisser tout ceci se produire est que l’armée du Mahdi Sadriste constituerait d’une façon ou d’une autre leur pire adversaire en Irak, et que certaines factions de l’armée du Mahdi seraient même fournies en armes par Téhéran.

    Une lecture alternative est que l’Iran pourrait délibérément alimenter en armes des éléments Sadristes marginaux (ou dissidents) précisément afin d’affaiblir le mouvement Sadriste dans son ensemble, et pour s’assurer que l’énergie Sadriste s’épuise dans des clash avec les forces américaines. En ce moment, du point de vue de Téhéran, l’exécution du « surge » au sud de Bagdad se déroule de la meilleure manière possible. Aujourd’hui, les forces américaines travaillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour affaiblir l’ennemi suprême traditionnel de Téhéran dans le centre chiite de l’Irak – les Sadristes- tandis que le partenaire privilégié et préféré de l’Iran depuis les années 1980, SCIRI/ISCI, renforçe son influence partout. »

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h40   « »

    Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq (suite 2) :

    « Aux Etats-Unis, les groupes de réflexion se focalisent sur les liens entre les Sadristes et l’Iran et négligent uniformément ces factions qui ont réellement des liens étroits et de longue date avec Téhéran, alors que le dernier rapport récent du National Intelligence Estimate était exempt de toute initiative conciliatrice entre les chiites - suggérant qu’il existe peu d’idées à Washington sur des politiques chiites alternatives. Les médias de référence américains apportent également leur contribution : après avoir d’abord diabolisé Ibrahim Al-Jaafari pour ses liens supposés avec l’Iran en 2005, les journaux américains sortent aujourd’hui les grands titres chaque fois qu’il y a la plus légère indication d’une connexion quelconque entre l’Iran et Moqtada Al-Sadr.

    Par-dessus tout, les militaires américains eux-mêmes sont exposés à une source significative d’irritation représentée par les heurts constants avec les groupes miliciens dissidents et le conflit de basse intensité qui les accompagne – il s’agit la sans aucun doute d’un autre facteur fonctionnant à l’avantage de Téhéran.

    La grande ironie en cela est que, d’un point de vue historique, l’assertion néo—conservatrice en cours voulant que l’on puisse faire confiance aux chiites irakiens pour résister a la domination iranienne est généralement pertinente - a l’unique exception de la faction particulière que Washington a choisi comme partenaire spécial dans le pays. Dans les années 1980, le SCIRI a été conçu par l’Iran pour maximiser le contrôle de Téhéran de l’opposition irakienne indisciplinée. A travers tout son histoire, le SCIRI a montré l’importance de son allégeance aux leaders Iraniens, de Khomeini a Khamenei. Au milieu des années 1990, son Chef Muhammad Baqir Al-Hakim est devenu l’un des premiers intellectuels chiites a présenter un plan élaboré pour l’unification politique des chiites de l’Iran au Liban dans un système fédéral sous la direction de Téhéran, et en 1999 une des principales figures du SCIRI, Sadr al-Din al-Qubbanji, a violemment attaqué les Sadristes pour avoir audacieusement suggéré que l’opposition chiite irakienne pouvait fonctionner indépendamment de Khamenei.

    L’examen minutieux de la signification du changement de dénomination annoncé en grandes pompes du SCIRI et de la « modification idéologique » supposée de mai 2007 montre qu’en fait rien de cet héritage n’a été annulé d’une façon convaincante : la nouvelle « allégeance » annoncée en grandes pompes au Grand Ayatollah Ali Al-Sistani n’est en réalité rien de plus qu’une simple manifestation de respect sans engagement, et ne comporte nullement un abandon d’une politique vieille de plusieurs décennies de subordination à Khamenei. »

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h45   « »

    Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq (suite 3) :

    « Il est suspect que l’ISCI et l’Iran tiennent toujours un langage pratiquement synchronisé sur la sacro-sainteté du gouvernement Al-Maliki et de la constitution 2005. Tous deux tendent à décrire l’idée de tenir tête a Al-Maliki comme une « activité subversive » et ils sont unis dans leur rejet de toute tentative de modification de la constitution qu’ils décrivent comme néo—Baathiste. »

    « Le problème est que le « surge » de Washington est charpenté comme une franche opération de contre-insurrection dans laquelle le besoin d’ériger une nation est largement ignoré. « L’ennemi » est défini sur la base d’une interprétation myope conduisant à combattre ceux qui sont directement hostiles aux forces américaines tandis que la dimension historique de l’alliance entre l’Iran et des factions chiites irakiennes est négligée. Ceci empêche Washington de comprendre entièrement qui est l’ami et qui est l’ennemi en Irak.

    On peut imaginer que l’ISCI puisse aider Washington en réduisant temporairement les dangers extérieurs, et il se peut bien que ce soit ce que l’administration Bush recherche en ce moment. Cependant, même si ses membres sont plus distingués et polis que les Sadristes, le genre de « modération » que l’ISCI est vraiment capable d’apporter en Irak est très flou, particulièrement en termes de système politique basé sur une véritable réconciliation entre chiites et sunnites. Pour que l’on puisse y aboutir, beaucoup d’Irakiens, indépendamment de leur affiliation sectaire, auront besoin de réponses claires de la part de l’ISCI sur certaines questions essentielles : Son leadership croit-il toujours au principe des règles de la jurisprudence (Al wilayat Al-faqih) et a l’idée d’un leader chiite suprême (wali amr al-muslimin), et si oui, qui devrait jouer ce rôle de leadership ? Sont-ils disposés à rejeter, carrément et explicitement, un rôle possible de Khamenei de l’Iran dans leurs décisions politiques ? Peuvent-ils offrir des assurances aux irakiens que le schéma de fédération chiite dominée par l’Iran présenté par Muhammad Baqir Al-Hakim a ’Aqidatuna dans les années 1990 est maintenant nul et non avenu ?

    Après tout, la futilité d’une approche basée sur des idées vagues de « modérés, proaméricains » et des assurances faites dans le privé aux fonctionnaires américains (« l’Irak ne deviendra jamais une copie conforme de l’Iran ») est particulièrement prononcée dans le contexte strictement hiérarchique chiite. Tous les chiites orthodoxes qui ne sont pas eux-mêmes des théologiens qualifiés (moujtahids) doivent se reporter au clergé plus élevé sur les questions importantes. Aucun des acteurs chiites en Irak avec qui Washington traite n’est un moujtahid reconnu. »

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h50   « »

    Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq (suite 4) :

    « La clarification de ces questions aiderait énormément l’ISCI et pourrait aider le parti à trouver un rôle beaucoup plus constructif comme courant principal, pour devenir réellement un acteur « modéré » de la politique irakienne. Mais jusqu’à ce que les réponses de l’ISCI soient énoncées très publiquement (plutôt qu’à travers des changements brumeux de dénomination et des réunions privées avec des délégués spéciaux des États-Unis), beaucoup d’Irakiens auront des sentiments mitigés sur les liens de l’organisation avec l’Iran.

    Dans ces conditions, le « surge » sera condamné a échouer à moins qu’il puisse être redéfini pour inclure une composante crédible de construction de la nation englobant les secteurs sud de Bagdad : les chiites nationalistes irakiens resteront a l’écart, et l’alliance de l’ISCI et des deux partis Kurdes estimera qu’elle peut sans risque continuer à ignorer les Sunnites, les laïques et les chiites indépendants et leurs appels pour une révision constitutionnelle plus substantielle (et une véritable réconciliation nationale). Même les principaux partis Sadristes, qui ont investi une énergie considérable pour se présenter comme « made in Irak » et ridiculisent l’ISCI pour ses liens avec Iran, pourraient finir ironiquement comme des clients iraniens à moins que Washington commence à traiter avec eux d’une manière plus constructive.

    Cependant, si les Etats-Unis sont disposés à repenser certaines de leurs assertions clés au sujet de la politique irakienne, plusieurs options d’ajustements politiques demeurent. Washington pourrait, par exemple, adopter une approche plus ouverte par rapport aux efforts actuels de créer une coalition plus largement représentative en opposition au gouvernement Al-Maliki -tel, par exemple, les tentatives récentes d’Ibrahim Al-Jaafari et Iyad Allawi de monter des coalitions multiconfessionnelles, et comme on l’a vu dans la récente décision du comité juridique du parlement irakien de condamner la décision d’Al-Maliki de limoger le gouverneur de Bassora. »

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @00h54   « »

    Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq (suite 5 et fin) :

    « En théorie, ces genres d’alliances pourraient conduire a des compromis sur des questions où le consensus s’est opposé au gouvernement Al-Maliki (comme la loi sur le pétrole et le fédéralisme), et tandis que les Etats-Unis devraient certainement s’abstenir de toute machination en coulisses (qui ne ferait que nuire a n’importe quel gouvernement alternatif), ils pourraient se concentrer sur la simple recalibration de leurs propres politiques - y compris leur « surge » - de manière à s’assurer que la nouvelle participation améliorée de la communauté sunnite dans le système s’accompagne en parallèle de développements positifs chez les chiites irakiens.

    Ceci, en soi, peut être suffisant pour aider le parti Da’wa a recouvrer ses idéaux nationalistes irakiens, et oblige de ce fait le gouvernement Al-Maliki a se montrer plus conciliant. Réciproquement, si Washington continue à concevoir « la menace iranienne » en Irak comme exclusivement une question de sécurité au sens le plus strict – qui ramène aux « terroristes Sadristes » - alors Téhéran et ses alliés de l’ISCI semblent devoir avoir la partie facile en Irak. »

  • permalien saintyves :
    3 octobre 2007 @05h15   « »

    Bonsoir

    22/09/2007 haaretz.com

    on vient d’annoncer qu’un israélien portant un passeport allemand a été arrêté au liban. cet homme est entre au liban 11 fois depuis 2005. les services de renseignement millitaires sont entrain d’interroger un haut responsable de securité pour sa relation avec l’israélien arreté.

    Connexions ou pas avec les recents assassinats de personalités libanaises ?

  • permalien Chahid :
    3 octobre 2007 @07h18   « »

    A chaque empire ses accords Sykes-Picot ! Version américanisée de Sykes-Picot oblige !

    Kouchner, un médecin va-t-en-guerre sans frontières.

  • permalien guitl :
    3 octobre 2007 @19h10   « »

    Ah saintyves a trouvé un juif possible assassin de personnalités libanaises. (d’après lui)

    ouf !! nous avions peur que certains ne pensent que les arabo-musulmans soient capables d’une telle vilenie.

    Et je présume que dans le cas d’attentat suicide, il s’est fait sauter plusieurs fois ? Avec Jésus, nous avons la preuve que la résurrection est une spécialité juive, n’est-ce pas...

  • permalien K. :
    3 octobre 2007 @19h44   « »

    - Récemment, « le gouvernement provincial du Kurdistan d’Irak a conclu un contrat d’exploitation de pétrole avec une compagnie de Dallas, la Hunt Oil Company. Le PDG de Hunt Oil, Ray L. Hunt, est un proche de George Bush. Il est membre du President’s Foreign Intelligence Advisory Board. »

    « Normalement, les provinces ne sont pas censées passer des deals séparés avec des compagnies étrangères. Et les Américains sont censés soutenir la politique officielle qui est d’encourager le gouvernement central Irakien et les valeureux parlementaires qui recherchent inlassablement (saut en août) un accord sur la répartition de l’argent du pétrole. »

    - Depuis, nous apprend aujourd’hui l’AFP, ce gouvernement provincial du Kurdistan d’Irak a conclu 4 accords supplémentaires, dont l’un concerne Perenco S.A, “filiale d’une société française du même nom”. La zone d’exploration de la société française serait à haut risque (car située à la frontière turque).

    - En même temps, en échange d’une compensation financière, les non-kurdes du Kurdistan d’Irak plient progressivement armes et bagages, anticipant ainsi les résultats d’un référendum qui devrait avoir lieu à la fin de l’année, dans le cadre d’un “plan de normalisation englobé dans la constitution irakienne”.

    Il apparaît clairement que cette constitution, que les américains ne trouvent pourtant pas aujourd’hui assez à leur avantage, porte bien des marques de “collaborationnisme”.

    - Pour Pepe Escobar, « Le quotidien Irakien Az-Zaman a dit l’essentiel en notant que pour les Etats-Unis, l’Irak est et restera "un état vassal". Un Irak faible, démembré ne fait sens que dans un scénario ou les Etats-Unis exercent le contrôle, directement ou indirectement.. »

    - Pour terminer, un blog, highclearing.com, discute les arguments de Gabriel Kolko, pour qui une guerre avec l’Iran est hautement improbable parce qu’elle entraînerait une catastrophe économique mondiale que ne supporterait pas l’Amérique, en soulignant que cette catastrophe concernerait peut-être l’Amérique mais pas les hôtes de la Maison Blanche.

  • permalien Yann :
    3 octobre 2007 @21h02   « »
    Judaïsme et cultures juives

    Un site (de France 5) qui me semble riche.

  • permalien
    3 octobre 2007 @22h52   « »

    merci,Yann.

  • permalien Pierre :
    4 octobre 2007 @05h59   « »

    Iran : Ni Républicains, ni Démocrates, Fox News.

    « Il faut en revenir au droit et exiger son application »

  • permalien el hak :
    4 octobre 2007 @12h06   « »

    mr Pierre,détrompez vous ,el ghardaoui dispose d’une trés grande audience dans le Monde Arabe et le Monde Musulman.

    quant au probleme Iraquien,il s’agit d’un fiasco de la politique Américaine,la solution passe par la mise en place d’un gouvernement élu démocratiquement et non pas par des élections de personnes désignés pro-americains pour ne pas dire des aventuriers qui vivent à l’intérieur de quartiers super protégers en laissant la population livrée à elle meme et son aucune protection.la partition de l’Iraq ne règlera pas le probleme,le vrais probleme se presente en terme de décolonisation.

  • permalien Pierre :
    4 octobre 2007 @13h00   « »

    mr Pierre,détrompez vous ,el ghardaoui dispose d’une trés grande audience dans le Monde Arabe et le Monde Musulman. a dit el hak

    - 1 le salafisme ce n’est pas l’Islam.

    - 2 l’Islam ce n’est pas les Arabes.

    - 3 S’il n’avait pas d’audience, il ne serait pas discuté.

  • permalien K. :
    4 octobre 2007 @23h07   « »

    Hillary Clinton endosse le projet de loi proposé par son collègue sénateur Jim Webb, voulant que si une guerre devait etre déclenchée, elle devrait recevoir l’autorisation préalable du congrès.

    D’après l’ancien colonel Patrick Lang, cela ne signifie nullement que la guerre serait empechée, mais que cette loi si elle était votée rendrait Bush passible de poursuites au cas ou il la déclencherait sans autorisation préalable. D’après l’ex colonel (qui n’est pas du tout un va-t-en-guerre) cette proposition de loi a de bonnes chances de passer, et est une bonne chose.

    - Glucksman, lui, est pressé d’en découdre parce que, voyez-vous, « Si les Américains sont désemparés, c’est qu’ils affrontent un adversaire capable de tuer les siens à l’infini - plus j’en tue, plus tu perds. Impossible de protéger chaque Irakien contre ce terrorisme indiscriminé. Le chaos est plus fort que les hélicos, les tanks et le fric. » Et si ces « furieux » sont capables de telles « cruautés collectives » qu’en serait-il s’ils disposaient « de nos joujoux atomiques » ?

  • permalien saintyves :
    5 octobre 2007 @02h47   « »

    Bonsoir

    @ Guitl

    Ah saintyves a trouvé un juif possible assassin de personnalités libanaises. (d’après lui)

    vous savez comme moi que ce que vous appelez "un juif possible assassin de personnalités libanaises" n’est en fait que le sommet de l’iceberg, ou l’arbre qui cache la foret, en effet des reseaux d’espions de tout bord trafiquotent en douce au liban, le plus structuré grace à l’appui de la CIA est le Réseaux israéliens MOSSAD, qui travail en parfaite collaboration avec "Le Gouvernement du Liban libre - basé en Israël et dirigé par Nagi N. Najjar - et le Comité pour un Liban libre de Ziad K. Abdelnour, un financier néo conservateur proche du Likoud et de Daniel Pipes, et que les services secrets israéliens ont tout intérêt à créer une déstabilisation politique du Liban. afin d’y voir un jour s’installer au sud, un "etat ami" capable d’assurer la sécurité du nord d’Israel, Il ne faut pas oublier qu’Israël est toujours de fait en état de guerre avec le Liban et avec la Syrie..

    Si l’on sait que tous les assassinats d’hommes politiques enfonce le clou dans le cercueil syrien, il conviendrait d’ecarter logiquement toute tentative d’impliquer le regime de Damas, mais (propagande sioniste oblige) la Syrie est de fait condamnée, meme avant que des efforts d’enquettes libanaises ou internationales ne soit menés.

  • permalien Pierre :
    5 octobre 2007 @05h40   « »

    Ce n’est qu’une question d’image :

    L’ancien président des États-Unis Bill Clinton a déclaré dans une interview au journal The Guardian de vendredi, que si sa femme est élue à la Maison-Blanche, elle l’emploiera a « restaurer » à l’étranger l’image des États-Unis. (Bill Clinton se voit « restaurer » l’image des États-Unis)

  • permalien Pierre :
    5 octobre 2007 @09h53   « »

    En Irak, l’incompétence et l’impuissance des armées de l’axe du bien, doivent être dénoncées (il avait prévenu : "Sur la moitié des sujets, nous n’étions pas d’accord, donc la tonalité c’est la franchise", a déclaré à la presse M. Kouchner à l’issue d’un entretien avec le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le démocrate Tom Lantos.)

    Donc Pour Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, l’Iran fait "tout" en Irak, devenu son territoire d’exercice "rêvé" : "aussi bien l’aide aux milices chiites que l’aide aux milices sunnites" et "le déclenchement des conflits inter-chiites". "Ce n’est pas la peine d’aller en Irak pour savoir que c’est un territoire d’exercice pour l’Iran, rêvé", a estimé, jeudi 4 octobre, Bernard Kouchner devant l’Association de la presse diplomatique française (APDF). "Tout est fait par l’Iran, aussi bien l’aide aux milices chiites que l’aide aux milices sunnites", a-t-il ajouté. (Kouchner accuse l’Iran de tous les maux en Irak)

    À Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré à L’Orient-Le Jour que l’assassinat d’Antoine Ghanem a « donné un coup d’arrêt aux efforts de conciliation » entre la France et la Syrie et que les conditions d’une visite à Damas « ne sont pas réunies ». (Kouchner à « L’Orient-Le Jour » : « Coup d’arrêt à la conciliation » entre Paris et Damas)

    Nous sommes aux frontière de la poésie Surréaliste.

    Pourtant Bernard Kouchner Ministre des Affaires Étrangères à la France avait déjà dénoncé l’ignoble complot médiatico-journalistique qui se trame contre sa personne : Hier, à Moscou, il a accusé la presse de « manipulation » : « On se retrouve à la tête d’un maelström. On dit : Bernard Kouchner veut la guerre, mais ce n’est pas vrai. C’est une manipulation. Je ne veux pas la guerre, je veux la paix », a déclaré Bernard Kouchner sur l’antenne de radio Echo de Moscou. « Il faut négocier [avec l’Iran] sans s’arrêter et sans craindre les reculs. Nous sommes prêts à travailler sur des sanctions avec les pays qui le proposent, des sanctions techniques qui ne visent en rien le peuple iranien ».(Iran : Kouchner entendu par la commission des Affaires étrangères).

    Après le droit d’ingérence, le toubib nous invente la sanction chirurgicale !

  • permalien guitl :
    5 octobre 2007 @13h11   « »

    1 le salafisme ce n’est pas l’Islam.

    ce sont des martiens, peut être ? vous auriez écrit "ce n’est pas "tout" l’islam, encore....mais ça en fait partie, et une bonne partie.

    saintyves, le liban n’a besoin de personne, et surtout pas d’Israël, pour se mettre dans la merde. Il suffit du hezbollah, pour ça. N’oubliez pas que le liban a été crée pour secourir les populations arabes chrétiennes en butte aux massacres commis par les arabes musulmans, et que les musulmans dans ce pays sont des squatters.

    On est incapable de chiffre "l’apport" de la population que la syrie a expédié pour coloniser le Liban, apport dont la majorité des chrétiens libanais se serait bien passé.

  • permalien Pierre :
    5 octobre 2007 @13h19   « »

    1 le salafisme c’est l’Islam.

    Guilt

  • permalien K. :
    5 octobre 2007 @13h44   « »

    Chassez le naturel et il revient au galop.”

    Illustration a partir de Monsieur Kilcullen, un “conseiller en contre-insurrection australien présent a Bagdad qui a servi dans le staff de Petraeus dans la première moitié de cette année”.

    On est d’abord agréablement surpris, surtout de la part d’un employé de l’administration américaine, de lire son analyse de la situation irakienne : “La véritable question n’est pas la date du retrait ou le nombre des troupes. La véritable question est : À quoi voulons-nous que l’Iraq ressemble une fois que nous n’aurons plus 160.000 troupes présentes sur place ? Et notre but est-il a notre portée ?” (Bien sur, comme dirait Jean, ce monsieur ne fait en fait qu’enfoncer des portes ouvertes, mais bon, il y a des gens qui “créent” leurs réalités).

    Puis on est abasourdi par ce qui suit : “Plus nous resterons longtemps a faire la police et du contre-renseignement, et plus le pays aura des chances d’etre réllement stable une fois que nous aurons quitté.” Puis la perle : « Il a comparé le surge a une cure d’antibiotiques : “Vous la poursuivez aussi longtemps que possible, meme après que les symptomes aient disparu, pour éradiquer l’infection causale.” » Ce monsieur ignore qu’une “course d’antibiotiques” trop longue, favorise l’émergence des germes résistants, cauchemar de tous les bactériologistes, dont Mr Kilcullen ne fait certainement pas parti.

  • permalien Pierre :
    5 octobre 2007 @14h33   « »

    Avant son voyage a New York, Ahmdinejad, avait bien été chauffé par le correspondans de CBS. Dans sa réponse Ahmadinejad rappele quelques principes fondamentaux de la démocratie à Scott Pelley.

    (CBS) PELLEY : Une dernière chose. C’est important pour que les américains comprennent. Quand votre avion approchera de Manhattan cette semaine, vous regarderez par la fenêtre et vous verrez que le World Trade Center a disparu. Beaucoup d’ Américains, pour être Franc, M. président,croient qu’en regardant par cette fenêtre et vous vous direz, « Bien. Quelqu’un l’a fait. » Ils croient que nos pays sont ennemis.

    AHMADEINEJAD : Bien, vous ne devriez pas parler au nom des américains. Je peux parler au nom des Iraniens, mais vous ne pouvez pas parler au nom des Américains. Pourquoi insistez-vous là dessus ? Pourquoi ne permettez-vous pas aux Américains de parler pour eux-mêmes ? Pourquoi ? Laissez les parler pour eux-même. Le peuple s’est rassemblé à la Maison Blanche il y a quelques jours. Il a dit ce qu’il a dans le coeur et dans l’esprit. Ne sont-ils pas des citoyens américains ? Les centaines de milliers de personnes se sont rassemblées contre la guerre. Ne sont-ils pas des citoyens ? Notre gouvernement avait alors exprimé sa condamnation. Nous avons publié un communiqué officiel condamnant cet incident. Comment pouvez-vous, en tout conscience, en accuser et en condamner d’autres ? Bien, si un Iranien avait fait la même chose, de cette manière, ça aurait été honteux, et ça n’aurait pas été bien. Et maintenant ce n’est toujours pas bien. Peut-être est-ce votre point de vue ou celui de votre rédacteur. Et vous dites que les américains disent ces choses. Les américains ne savent toujours pas qui était derrière le bombardement des tours jumelles. Beaucoup de livres aux États-Unis ont été écrits au sujet de l’incident., et il y a des questions qui circulent dans votre société. Une fois de retour, allez dans les rues, demander aux passants qui étaient derrière ça, et quelle en était la raison ? Et, encore, je ne vois pas pourquoi vous dites continuellement « les américains ». J’ai les derniers sondages, quatre-vingts pour cent des citoyens américains disent que le gouvernement américain connaissait l’attaque à l’avance. Ils ont eu l’information. (Transcript : Ahmadinejad Interview, Part 2)

    et tout le reste est du même tonneau.

  • permalien Daniel :
    5 octobre 2007 @16h02   « »

    "Le salafisme, c’est l’Islam"

    Et vous Guitl, l’essentiel du judaïsme à vous tout seul. Soyez sans crainte, personne n’en doute.

  • permalien guitl :
    5 octobre 2007 @17h30   « »

    Consensus américain sur l’Irak et l’Iran 5 octobre 16:02, par Daniel "Le salafisme, c’est l’Islam"

    Et vous Guitl, l’essentiel du judaïsme à vous tout seul. Soyez sans crainte, personne n’en doute.

    moi j’ai écrit ça ? mon pauvre Daniel qui ne sait pas lire....c’est la conclusion de Pierre, et Pierre sait toujours ce qu’il dit. Par exemple, sur Amandinejaja ; il est très bien, Amandinejaja, hein, Pierre ? un vrai démocrate. Bien capable de venger l’honneur arabe en décimant les juifs. Du moins c’est ce que vous espérez ?

  • permalien Pierre :
    5 octobre 2007 @17h45   « »

    , et Pierre sait toujours ce qu’il dit. dit Guitl

    Pierre il ne dit rien, c’est Scott Pelley qui dit.

    et ça ce n’est pas Pierre qui le dit, c’est Michel Bôle-Richard :

    Israël poursuit le maillage routier des colonies juives en Cisjordanie

    Pierre il dit qu’Abbas devrait être un peu plus regardant quant au choix de ses camarades.

  • permalien K. :
    5 octobre 2007 @18h16   « »

    - Sur le site de l’OTAN (2005), débat « Les pressions extérieures contribuent-elles à la démocratisation au Moyen-Orient ou l’entravent-elles ? » Oui pour Jana Hybaskova, Non pour Toby Dodge.

    - Hamit Bozarslan, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (remm) : « L’Irak en perspective », juillet 2007.

  • permalien guitl :
    5 octobre 2007 @20h11   « »
  • permalien Pierre :
    5 octobre 2007 @20h25   « »

    L’hypocrisie du nucléaire au Moyen-Orient par Kathleen et Bill Christison

    Nous, citoyens des Etats-Unis, qui ne voulons pas que notre pays soit impliqué dans une guerre plus vaste avec l’Iran, n’auront pas la plupart de la presse écrite et télévisée avec nous, ni les complexes militaro-industriels qui veulent d’autres guerres. Le lobby pro Israël s’opposera farouchement à la mise en accusation de Bush et de Cheney parce qu’elle permettra d’identifier immédiatement les deux principaux dirigeants du pays comme les premiers commanditaires de la guerre avec l’Iran dans le lobby. Dans le même temps, la plupart des dirigeants du Parti démocrate et tous les candidats démocrates à la présidentielle, à part un ou deux, ne sont pas prêts de soutenir cette accusation car ils sont engagés dans une compétition avec les Républicains ou chaque parti veut montrer qu’il soutient Israël plus que l’autre.
  • permalien K. :
    5 octobre 2007 @23h22   « »

    William Pfaff soulève la question de savoir pourquoi les programmes des candidats américains à la prochaine présidence sont quasiment identiques « (les États-Unis doivent rester en Irak ou dans la région environnante avec d’importantes forces militaires jusqu’après l’élection de 2016 - afin d’« empêcher le chaos, » empêcher l’Irak de devenir « un terreau du terrorisme » stimuler l’avènement d’un gouvernement démocratique, assurer la stabilité régionale que les Etats-Unis ont détruite en envahissant l’Irak, préserver les intérêts de l’Amérique en pétrole arabe, et protéger Israël contre l’Iran, la Syrie, et peut-être par la suite contre les Palestiniens) ». La question est surtout soulevée concernant les démocrates qui ont été théoriquement élus pour mener à la fin de la politique belliqueuse de l’administration Bush.

    C’est à cause du « processus de l’industrie électorale présidentielle » répond-t-il : « aujourd’hui, les Etats-Unis, sous la doctrine imposée par la Cour suprême, puisque l’argent dépensé en publicité politique télévisée est considérée comme une liberté d’expression protégée constitutionnellement, ont créé une industrie électorale présidentielle entièrement motivée par le profit, les principes étant pratiquement mis à l’encart. »

    On sait que « La publicité télévisée coûte des sommes immenses et dans [le] système de gouvernement [américain], on ne peut pas obliger les stations de télévision à accorder du temps d’antenne gratuit aux candidats ou aux partis politiques. (..) [V]ous achetez le temps d’antenne à la mesure de vos moyens. »

    Cet argent est procuré aux candidats en partie par les divers lobbys, soit directement (lobbys industriels) soit par des mesures indirectes (lobbys pro-israéliens par exemple) qui procèdent en indiquant aux donateurs les “bons” candidats.

  • permalien Yves :
    5 octobre 2007 @23h44   « »

    Guitl, pourrait-on espérer un jour nous passer de vos commentaires stériles, nauséabonds et racistes ?

    Rejoignez le Bétar ou tout autre gropuscule partageant la même vision ethnocentriste et xénphobe que vous, si cela vous plaît, mais cessez de polluer ce forum avec des posts qui seraient immédiatement mis à la poubelle si un modérateur en avait la charge.

  • permalien saintyves :
    6 octobre 2007 @04h49   « »

    Bonsoir

    En epilogue à la traduction par K (remercié) de l’article de Reidar Visser : The Surge, the Shiites and Nation Building in Iraq, j’ajoute ces quelques élements historiques qui aideraient à la comprehension de la situation actuelle en Irak, et à la complexité de ses rapports avec l’Iran des ayatollahs, origine, la revue "Les Cahiers de L’orient" n° 3 sep. 1986, sous le titre L’axe Najaf-Teheran.

    Comme pour bien des pays, le XXeme siecle fut marqué par l’effondrement colonial. au moment meme ou, par la faute de l’Angleterre, le sionisme s’implantait en Palestine, les autres pays de la region etaient depecés, remaniés et, si necessaire, reduits par la force. En Irak, la luttte contre l’envahisseur britanique eatait particulierement violente. une levée en masse contre le colonisateur s’y produisit, tant et si bien, que Londres envoya sa flotte aérienne bombarder sans repit les populations du sud irakien pour mater leur resitance...

    La revolution de 1920, 1922, 1924-5 marquerent fortement l’inconscient collectif de l’Irak moderne, une des particularités de la revoltes fut le role joué par par le clergé : structure du chiisme clerical...

    En 1958 l’Irak etait à nouveau bouleversé ; pendant une decenie j’usqu’à l’arrivée du Baas au pouvoir, emeutes et coups d’etat se succederent, les regimes etaient ephémeres...

    En 1970 ... une veritable renaissance religieuse avait pris forme. sa figure de proue etait Sadre, son noyau formé à Najaf etait le "cercle scientifique", Al Hauza Al Ilmiyya : rassemblement d’ulémas dont les qualités intellectuelles et le génie organisationnel allaient vingt ans plus tard ebranler le monde...

    A Najaf dans la Hauza il y avait Muhammad Baqer As-sadr (surnommé en 1978 le " Khoméyni d’Irak", mais aussi Muhammad hussein Fadlallah, le fils de MuhsinAl Hakim, Muhammad Baqer Al Hakim etait à la tete de l’opposition irakienne en éxil à Téheran...

    Au confins de la Hauza, siégeait le discret Rouhallah Khomeyni, heros de la resistance de juin 1963, qui etait parti de Qom ou devrait tomber 10 000 victimes de la repression impitoyable du Shah, Khomeyni résida à Najaf durant quinze (15) ans. c’est là qu’il tissa patiemment les fils d’une toile qui s’etendra jusqu’à Berkley en Californie... Tous les personages de premier plan de la premiere Republique Islamique firent reglierement le pelerinage de Najaf...

    Mohammad Baqer As-Sadr entreprit la lourde tache qui s’inscrit dans le cadre de la refutation du materialisme historique incarné par les theses de la vague marxiste, par la redaction dés l’age de 25 ans de son premier ouvrage sur l’analyse legale et politiquo-historique, intitulé : Fadak fit-Tarikh (Fadak dans l’histoire).

  • permalien saintyves :
    6 octobre 2007 @04h55   « »

    A lire la note la "note juridique preleminaire" de Sadr en juxtaposition avec les articles de la constitution de 1979, il est frappant de constater la reprise, parfois verba-tim, de passage sadriens, voila qui montre encore une fois de plus le signe de la simbiose intellectuelle et organisationnelle qui regnait au sein de l’internationale chiite dans les années soixante à Najaf.

    Le depart intellectuel inauguré à Najaf et Krbala allait heurter de front la conception baasiste de l’Irak d’abord puis se prolonger en une confrontation Irak/Iran...

    En juin 1979 Muhammad Baqe As-Sadr etait arreté alors qu’il s’appretait à se rendre en Iran, afin de feliciter Khomeyni ; à la suite de manifestation de protestations organisées à Najaf par la soeur de Sadr, therocienne du femininisme connue sous le nom de BintAl Huda, Sadr etait relaché et placé sous rsidance surveillée... dans la journée du 8 avril Sadr et sa soeur Bint-Al-Huda etaient executés, et furent discretement enterrés à Najaf.

    Le 22 avril Khomeyni ordonnait un deuil de trois jours à Teharan, la situation à la frontiere montait tres vite. Quelques mois plus tard, l’Irak envahissait l’Iran.

  • permalien saintyves :
    6 octobre 2007 @05h08   « »

    Suite du premier post coupé par erreur

    Mohammad Baqer As-Sadr entreprit la lourde tache qui s’inscrit dans le cadre de la refutation du materialisme historique incarné par les theses de la vague marxiste, par la redaction dés l’age de 25 ans de son premier ouvrage sur l’analyse legale et politiquo-historique, intitulé : Fadak fit-Tarikh (Fadak dans l’histoire).

    Ce n’est qu’au debut des années soixantes que paraissent, le chef-d’oeuvre de Sadr "Iqissaduna" (notre economie) et son complement "Falsafatuna" (notre philosophie)...

    Lorsque la revolution de 1958 eclata, les dernieres années de la monarchie avaient vu se succeder au pouvoir plusieurs premiers ministres chiites dont l’oncle de Muhammad Baqer As-Sadr, le processus fut interrompu par l’arrivé des militaires au pouvoir. le Baas arrivé au pouvoir en 1968, à l’origine assez equilbré confessionnelemnt, s’etait cependant retrouvé avec une élite composée presque exclusivement de sunnites... en 1978-79 la polarisation entre le sunnisme dirigeant de Bagdad et le chiisme militant de Najaf est totale, tout ce processus est extrmement subtil, ni le gouvernement, ni l’opposition ne mettent en avant la querelle confessionnelle, attitude sage sans laquelle l’unité de l’Irak se trouverait menacée.

    Marja’iyya et pouvoir religieux

    Apres une àpre lutte en Iran entre deux tendances du chiisme, la tendance "usuli" et la tendance "akhbari", la structure juridico-théologique du chiisme connait une distinction fondamentale : d’une part se trouve les "moqallids" (imitateurs) qui designenet la masse des no-initiés au droit musulman, et de l’autre, les "mujtahids" l’elite du clergé detenteur de la connaissance et savants dans le domaine canonique, cette élite intellectuelle est connue en occident sous le vocable celebre d’Ayatollah. en realité les ayatoullah ou grands mujtahids ne sont que le sommet d’une pyramide socio-religieuse hierarchisée. dans cette hierarchie on trouve par ordre decroissant, les Ayatoullah, les Hujjat Allah, les Tiqat Allah, les Ayatollah sont egalement des Marji’.

    Pour comprendre le developpement de la situation en Irak et en Iran, le pouvoir de la "marjiiyya" (reference) comme pouvoir des clercs est theorisé dans la "note juridique préleminaire pour un projet de constitution islamique en Iran" et dans la "succession de l’homme et le témoignage des prophetes" or le pouvoir de la marjiiyya n’est autre que la necessité du gouvernement du Faqih etablit par Khomeyni comme base de l’etat islamique et institutionalisée dans le paragraphe 5 de la Constitution iranienne.

  • permalien Pierre :
    6 octobre 2007 @08h11   « »

    Les grandes manœuvres des propagandistes :

    « J’ai vivement encouragé le président George W. Bush d’agir contre les sites nucléaires iraniens et je lui expliqué pourquoi je pense qu’il n’y a pas d’autre solution, » disait Podhoretz. « J’ai développé le scénario du pire, c’est-à-dire celui qui consiste à bombarder l’Iran, par rapport aux conséquences du pire, c’est-à-dire le cas où l’Iran se dote de la bombe atomique. » (Norman Podhoretz*, le gourou de la secte néo-conservatrice et actuellement le conseiller en politique étrangère de l’ancien maire de New York et candidat à la présidentielle américaine Rudolph Giuliani)
    « Aucun État responsable ne nie le fait que l’Iran est le principal soutien du terrorisme. Il est une source importante d’instabilité et de conflit en Irak, au Liban, en Palestine et dans tout le Proche-Orient et est l’ennemi de la coexistence arabo-israélienne », a déclaré Tzipi Livni dans un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.
    Hier le ministre français des affaires étrangères, Monsieur Bernard Kouchner a annoncé que « l’Iran faisait tout en Irak, devenu son territoire d’exercice », « aide aux milices chiites comme aux milices sunnites » et « déclenchement des conflits inter-chiites comme à Kerbala il n’y a pas longtemps, qui a fait des dizaines de morts, sinon des centaines. »

    Madame Maryam Radjavi, présidente de la République élue de la Résistance iranienne, a qualifié ces propos de réalistes et responsables et a affirmé que les préoccupations du ministre français des Affaires étrangères sur ce qui n’est qu’une partie de l’ingérence du régime des mollahs en Irak, montrent la nécessité et l’urgence d’adopter une politique de fermeté contre le régime iranien et de lui barrer la route en Irak.

    les salières magiques démentent les mensonges déments du Ministre des Affaires Étrangères à la France, les américains font aussi des trucs en Irak : Selon la version américaine, des troupes au sol ont attaqué une cellule des "groupes spéciaux", liée aux Gardiens de la révolution iraniens et impliquée dans le trafic d’armes avec l’Iran, pour capturer son commandant. (Irak : un raid contre des cellules liées à l’Iran fait 25 morts)

    Dr Krouckyll et Camarade Hydner ne sait plus où papillonner, entre propagande sioniste-chrétienne et sioniste-pas-chrétienne.

  • permalien Emanuel Sidonio Simba Chindecasse :
    19 novembre 2008 @22h55   «

    Il est vrais que les democrates sont, traditionnelle moins agressifs, que les republicains, en matiére de politique etrangére, mais il ne faut pas oublier que les grandes lignes de leurs politiue hors pays ne chagent pas. A ce moment, de changement d’administration, la politique americainne au moyen orient n’est pas bien defini : Nous avons vu un Barack Obama, en campagne, determiné à quitter l’Iraque (c’est vrais que c’est jolie a entrendre dans les médias, mais en realité les choses ne sont pas aussi faciles, pou cela il faudra redefinir les veritables interets des americains dans ce pays) ; d’autre côté il y a le cas Iran, d’où Barack Obama n’a pas encore dit quelque chose de concrete....Les rumeurs de s’assoir avec l’Iran reste encore des rumeurs...et je pense qu’il profite de cette periode de transition, debut de mandat, et elections en Iran l’année prochainne pour n’est pas encore definir de façon concrete "quoi faire avec ce pays". La question se pose...meme si les democrates sont aujourd’hui au pouvoirs et partagent relativement les memes idées sur l’Iraque, le meme ne se passe pas sur la problematiue Iranienne. Et je pense que cette "non definition", de la part d’Obama, sera justement pour sonder l’opinion au sein de son parti.

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