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Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran

mardi 30 octobre 2007, par Alain Gresh

Dans Le Monde diplomatique du mois de novembre, un dossier de cinq pages intitulé « Le Proche-Orient remodelé ». Plusieurs textes composent ce dossier : « Double défaite du Fatah et du Hamas en Palestine », par Marwan Bishara.

« Une politique israélienne otage des généraux », par Amnon Kapeliouk.

« Dans les coulisses de la réunion d’Annapolis » , par Dominique Vidal.

« Des frontières chamboulées par la guerre américaine », par Alain Gresh.

« Dans les maquis du Kurdistan », par Olivier Piot.

Ce dossier est accompagné par deux cartes : « Géographie du "chaos" » et « Autoroute de "l’Internationale insurgée" », qui montrent les conflits qui ensanglantent la région, leurs liens, les routes de circulation des groupes armés du Maghreb au Pakistan.

Ce dossier est complété, sur Internet, par la carte des réfugiés du Proche-Orient et par un article que j’ai écrit et que je reproduis ci-dessous.

Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran

Proclamer que la troisième guerre mondiale a commencé est une chose ; identifier le « nouvel Hitler » en est une autre. Depuis le 11-Septembre, le président George W. Bush a successivement désigné comme adversaire Al-Qaida, l’« axe du Mal », la prolifération des armes de destruction massive, le fascisme islamique, parfois un panachage de tous ces ingrédients. Désormais, le rôle vedette du « méchant » est tenu par l’Iran et incarné par le président Mahmoud Ahmadinejad et ses déclarations provocatrices. Par Alain Gresh

« Notre problème avec le gouvernement iranien ne concerne pas seulement l’Iran, explique M. Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’Etat américain (1), mais ce que fait ce pays dans le Grand Moyen-Orient. Cette région occupe l’essentiel du temps de notre administration et du Congrès (...), et nous devons inscrire l’Iran dans le contexte de ce que nous faisons au Moyen-Orient et dans le monde. Nous pensons que l’Iran est un défi pour notre génération. Ce n’est pas un défi épisodique ou passager, il sera au centre de notre politique étrangère en 2010, en 2012 et probablement en 2020. »

Bien qu’étant un des principaux pays exportateurs de pétrole, l’Iran constitue-t-il vraiment cette hydre patibulaire que dénonce Washington (2) ? Certes, ses dépenses militaires ont considérablement augmenté depuis le début de la décennie, mais son armée reste sous-équipée. S’il est vrai que l’éclatement de l’Irak a, mécaniquement, augmenté le poids relatif de l’Iran, à qui la faute ? L’existence d’un clergé chiite transnational peut être un atout (certains chiites irakiens ou libanais font allégeance à un ayatollah iranien), mais aussi une faiblesse (l’inverse est vrai, et de nombreux chiites iraniens « suivent » un ayatollah irakien ou libanais) ; de plus, le clergé chiite est divisé, notamment sur le principe fondamental du pouvoir iranien actuel, le velayat-e-faqih (« gouvernement du docte »), qui donne au guide de la révolution (hier l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, aujourd’hui l’ayatollah Ali Khamenei) un pouvoir absolu. Sans même s’attarder sur cette dimension religieuse, la division de la scène politique iranienne n’est pas un facteur de force.

Et l’arme nucléaire ? Dès le début des années 1990, plusieurs rapports américains annonçaient que l’Iran disposerait de la bombe dans les deux ou trois années à venir ; régulièrement démenties, ces prévisions sont toujours « actualisées » : c’était vrai en 1991, en 1995, en 2000, cela reste vrai aujourd’hui. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a répété à plusieurs reprises que, malgré les tentatives de Téhéran pour échapper à certains contrôles, rien ne prouvait l’existence d’un programme militaire iranien.

Supposons même que ce pays se dote demain de l’arme nucléaire, que se passerait-il ? Interrogé en janvier 2007, le président Jacques Chirac faisait un constat d’évidence, qui devait provoquer quelques controverses et une mise au point embarrassée de l’Elysée : « Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait deux cents mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée. (...) Si l’Iran possédait une bombe nucléaire et si elle était lancée, elle serait immédiatement détruite avant de quitter le ciel iranien. Il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition. C’est tout le système de la dissuasion nucléaire (3). » En revanche, comme le soulignait le chef de l’Etat français, la possession par l’Iran de l’arme nucléaire accélérerait la prolifération dans la région. Déjà, les pays du Conseil de coopération du Golfe (4) et l’Egypte ont annoncé leur volonté de développer l’énergie nucléaire civile. L’objectif d’un Proche-Orient débarrassé de l’arme nucléaire devrait rester une priorité, à condition, bien évidemment, d’y inclure tous les pays, y compris Israël, qui fut le premier Etat à l’introduire dans la région.

Aux Etats-Unis, pourtant, règne une vision manichéenne. Le pouvoir iranien, comme hier celui de Gamal Abdel Nasser ou de Saddam Hussein, est qualifié d’irrationnel : auprès du président Ahmadinejad, le concept de dissuasion ne saurait fonctionner. Ainsi a-t-on entendu l’universitaire Bernard Lewis, qui a servi de caution « orientaliste » à l’intervention américaine en Irak, annoncer le plus sérieusement du monde que Téhéran s’apprêtait à lancer une bombe atomique (qu’il n’a pas !) sur Israël le 22 août 2006 car ce jour correspond, dans le calendrier musulman, au voyage que fit le prophète Mahomet à Jérusalem puis au ciel, le président iranien pensant que l’apocalypse accélérera le retour de l’« imam caché » (5). « Cela pourrait bien, écrivait Lewis, être une date appropriée pour la destruction apocalyptique de l’Etat d’Israël et, si nécessaire, du monde. Il est loin d’être acquis que M. Ahmadinejad prévoit de tels cataclysmes pour le 22 août. Mais il serait sage de garder cette possibilité en tête (6). » Ce type de délire est largement répandu à Washington, où, depuis la révolution islamique, l’hostilité à l’Iran est viscérale.

Cette phobie se traduit par un discours de plus en plus agressif de la Maison Blanche, mais aussi de la plupart des candidats à l’élection présidentielle américaine, démocrates et républicains, à l’égard de l’Iran, accusé d’être derrière la « subversion », en Irak comme en Afghanistan. Cette analyse a été reprise par M. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères : l’Iran fait « tout » en Irak, transformant ce pays en territoire d’exercice « rêvé (7) ». Et Paris se distingue désormais de ses partenaires européens par ses positions jusqu’au-boutistes, réclamant plus de sanctions contre Téhéran et s’alignant sur Washington au moment même où chacun peut mesurer l’échec de la guerre américaine contre le terrorisme.

Dans le cadre de sa stratégie, Washington a intensifié son aide aux « minorités » – kurdes, arabes, azéris et baloutches. La fragmentation irakienne va-t-elle s’étendre à l’Iran ? Cette politique n’est pas sans susciter de surprenantes contorsions. Ainsi, alors que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc est inscrit sur la liste des organisations terroristes, une délégation du Parti pour une vie libre au Kurdistan (Pejak) – organisation sœur du PKK en Iran –, conduite par son leader Rahman Haj-Ahmadi, était reçue à Washington en août 2007 (8) !

Ce n’est pas la seule contradiction de la stratégie anti-iranienne que tente de mettre sur pied la Maison Blanche avec la création d’un front commun enrôlant les pays modérés du Golfe, l’Egypte, la Jordanie et Israël – et au renforcement duquel devrait contribuer la conférence d’Annapolis sur la paix israélo-palestinienne. Washington a ainsi, directement ou indirectement, intensifié l’aide à des groupes fondamentalistes sunnites, y compris à des extrémistes proches d’Al-Qaida, pour lutter contre les chiites (9). En avril 2007, dans un entretien à Al-Jazira, le prince Hassan de Jordanie accusait un officiel saoudien (plus tard identifié comme le prince Bandar Ben Sultan, dirigeant du conseil national de sécurité saoudien et proche des responsables américains) de financer les groupes radicaux sunnites. Les autorités jordaniennes ont fait saisir la cassette.

A un an de l’élection présidentielle américaine, à seize mois de la fin du mandat de M. Bush, le risque est grand de voir celui-ci tenté par une fuite en avant, par une opération militaire contre l’Iran qui effacerait ses déboires en Irak. A l’automne 2006, au terme de quatre années passées comme ambassadeur d’Israël à Washington, M. Dani Ayalon était interrogé pour savoir si un président aussi impopulaire pouvait prendre une telle décision : « Oui, je le crois. Vous devez connaître l’homme. J’étais privilégié et je le considère comme un ami personnel. Les gens qui le connaissent savent qu’il est très déterminé. Il est sûr de la suprématie morale des démocraties sur les dictatures. (...) Pour lui, les ayatollahs avec des bombes nucléaires, c’est une combinaison intolérable qui menace l’ordre du monde, c’est pour cela qu’il ne laissera pas cela arriver (10). »

1) http://bostonreview.net/BR32.3/burn...

(2) Lire Selig S. Harrison, « Les ultras préparent la guerre contre l’Iran », Le Monde diplomatique, octobre 2007.

(3) « Iran : quand Chirac rectifie Chirac », Nouvelobs.com, 5 février 2007, http://tempsreel.nouvelob s.com

(4) Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar.

(5) Dans la doctrine chiite, le dernier des imams a « disparu » en l’an 874. Il s’est retiré du monde, mais reste vivant. A la fin des temps, il doit apparaître et installer sur terre un règne de justice et de vérité.

(6) Bernard Lewis, « Does Iran have something in store ? », The Wall Street Journal, New York, 8 août 2006. Lire aussi « Bernard Lewis et le gène de l’islam », Le Monde diplomatique, août 2005.

(7) Agence France-Presse, 4 octobre 2007.

(8) The Washington Times, 4 août 2007.

(9) Lire « Les chiites, le nouvel ennemi », Le Monde diplomatique, juillet 2007.

(10) Entretien accordé au journal Maariv, Tel-Aviv, 19 novembre 2006.

289 commentaires sur « Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran »

  • permalien FB :
    30 octobre 2007 @19h00   »

    Bonjour,

    Les états unis peuvent ils attaquer l’Iran alors que l’opinion publique américaine rejete cette hypothese ?. 75 % des américains dans des récents sondages sont contre la guerre en Iran. L’opposition de l’opinion publique qui s’est amplifiée au E.U. contre l’intervention americaine en Irak a atteint un niveau tel que les plans de l’administration BUSH peuvent être contrariés .

    Est ce que cette situation peut nous donner de l’espoir ?

  • permalien
    30 octobre 2007 @19h11   « »

    Attaquez l’Iran, et vous attaquez la Russie - Pepe Escobar, Asia Times Online

  • permalien K. :
    30 octobre 2007 @19h39   « »

    L’Iran nucléaire, Perspectives et scénarios. Par Tewfik HAMEL

  • permalien Lolo :
    30 octobre 2007 @19h47   « »

    Malheureusement, le parcours géopolitique américain des huit dernières années laisse beaucoup à désirer aux gens de bonne foi qui s’attendent à ce qu’une politique de cohérence, de tempérence et de véritable force morale prévaille dans le monde. Il est bien évident que les voix des peuples, qu’elles soient chants, prières, discours ou cris de rage, ne font écho nulle part dans les corridors du pouvoir. Vous souvenez-vous du rally de Londres en 2003 ?

  • permalien
    30 octobre 2007 @19h59   « »

    Non. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’était ce rally de Londres 2003 ?

    Un lien, quelques précisions ? Merci d’avance.

  • permalien K. :
    30 octobre 2007 @21h21   « »

    - L’avis d’un analyste du CIRPES, 17 octobre 2007 :

    « Le ralliement de quelques tribus sunnites [en Irak] par les Etats Unis en mal de supplétifs vient trop tard : les sunnites restent hostiles à l’occupation américaine. Le président Ahmadinedjad pendant sa visite en Arabie Saoudite, a pu dire que le Moyen Orient n’avait nul besoin des Etats Unis pour résoudre la crise iraquienne. Lui même se chargeait d’apaiser les Chiites et les Kurdes et, si le roi d’Arabie Saoudite se chargeait des Sunnites, la paix pouvait revenir en Iraq et l’Etat renaître à condition que les Américains s’en aillent. »

  • permalien K. :
    30 octobre 2007 @22h13   « »

    L’analyste du CIRPES doit être l’un des rares occidentaux à envisager le réglement de la crise par les Moyen-orientaux eux-mêmes, « à condition que les américains s’en aillent » (et qu’ils n’agissent pas en coulisses).

    Pour la plupart, mêmes les plus farouchement anti-néocons, mêmes de gauche, les préjugés sont tenaces (à moins qu’il ne s’agisse des relents d’un colonialisme refoulé ? Les deux à la fois peut-être.).

    Comme Toby Dodge qui « fait partie de la gauche britannique et s’était énergiquement opposé à la guerre contre l’Irak » :

    ..cet été, quand nous nous sommes réunis dans son bureau de Londres, il a parlé du retrait comme d‘un prélude à la catastrophe.

    La sinistre prévision de Dodge nous dit le journaliste du New-Yorker (tout à fait en phase avec son interlocuteur) qui l’interroge (..) est un rappel que les illusions et les espoirs naïfs par lesquels l’Amérique a commencé la guerre ne devraient pas guider sa fin.

    L’approche de Dodge consiste à mettre une pression maximum sur les politiciens irakiens en persuadant la région et le monde - les voisins de l’Irak, l’union européenne, les Nations-Unies - à venir dans la zone verte, non pas en tant qu’instruments de la politique américaine, mais comme des partenaires égaux dans le cadre d’un effort visant à forcer un accord politique (..). Ceci impliquerait que les américains reconnaissent leur échec. Au lieu de poursuivre des objectifs plus ambitieux en faveur de la démocratie dans la région, les États-Unis offriraient des garanties de sécurité à l’Iran et à la Syrie en échange de leur coopération. « Nous nous tournerons alors vers le gouvernement irakien, » a poursuivi Dodge, « et nous leur dirons, “vous devez réformer votre gouvernement, le rendre plus représentatif, moins corrompu, plus cohérent, moins sectaire.” Nous reconstituons ainsi le gouvernement irakien dans un cadre multilatéral où l’U.E, l’ONU, et les États-Unis sont tous sur la même longueur d’onde. »

    Yankees GO HOME ! Dodge GO HOME !

  • permalien Lou :
    30 octobre 2007 @22h42   « »

    Defensa.org fait référence à un article du Times :

    Traduction mi-potable de la presque fin de l’article :

    "Dans l’ensemble du Moyen-Orient, on a de plus en plus la conviction que l’Amérique est résolue à lancer une attaque. Certaines sources palestiniennes et israéliennes bien placées suggèrent que le mois prochain la conférence de paix au Moyen-Orient, à Annapolis, près de Washington, pourrait être la catapulte pour un ambitieux projet de création d’un État palestinien et de désarmement del’Iran.

     »" L’idée est de lier la Palestine à l’Iran ", a déclaré un expert israélien du Moyen-Orient. "Israël sera obligé d’accepter la création d’un Etat palestinien, dans un temps court et ferme et l’administration américaine devra garantir que la question nucléaire iranienne sera résolue avant que Bush quitte ses fonctions."

     »Si Israël est prêt à aller vers la création d’un État palestinien, l’espoir est que les régimes arabes sunnites comme l’Arabie Saoudite et l’Egypte ne protesteront pas trop fort contre l’attaque américaine sur l’Iran, compte tenu de leurs propres craintes quant à l’impact d’un Iran nucléaire sur l’équilibre des forces dans la région.

     »Comme dans le bombardement israélien d’un site nucléaire suspect syrien le mois dernier, ils pourraient simplement rester muets. En théorie, le président Bush pourrait ainsi négocier un règlement au Moyen-Orient, tout en dénucléarisant Iran - un héritage tentant. »

    Mais un telle "grande négociation" est beaucoup trop délicate et complexe pour être tentée, selon des sources à Washington, même si elle fournit un sous-texte pour certains des négociations. "Nous ne sommes pas assez intelligents pour cela," a dit Bolton carrément.

  • permalien K. :
    30 octobre 2007 @23h24   « »

    Quadrature du cercle ?

    - Selon l’avant derniére analyse du Swoop (20/10/2007), les considérations économiques semblent désormais jouer un rôle dans les décisions de politique étrangère :

    « Alors que les commentateurs conservateurs mettent l’accent sur le fait que l’Administration devrait dépenser "sans compter" pour faire avancer ses objectifs, des contacts officiels, nous suggèrent que les facteurs économiques jouent désormais un rôle plus influent dans les débats internes de l’administration. »

    « La meilleure preuve en est qu’un sentiment croissant de vulnérabilité économique aux Etats-Unis, a produit un climat moins favorable envers les accords commerciaux internationaux. Cela se manifestera par la diminution de l’appui américain en faveur de la libéralisation du commerce, (..). En coulisse, les préoccupations du Trésor concernant la valeur internationale du dollar américain a un impact sur la réflexion sur l’Iran. Un officiel du Conseil de Sécurité Nationale nous a dit : " Les avertissements du Trésor sur les risques pour le dollar qui résulteraient d’une action militaire contre l’Iran ne cessent de croître." »

    « Les responsables américains ont également reconnu que les préoccupations du Bahreïn, des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite en matière de politique monétaire signifient que "nous devons être à l’écoute de leurs points de vue sur la politique américaine au Moyen-Orient." »

    - .. « l’expert indien Aijaz Ahmad : « L’Iran pourrait devenir la cheville ouvrière [d’un] réseau asiatique de sécurité énergétique qui apparaît désormais à la Chine et à la Russie comme une nécessité absolue pour briser le contrôle occidental sur l’offre mondiale d’énergie et sécuriser la grande révolution industrielle d’Asie. » Et pour couronner et corser le tout, les relations sino-saoudiennes sont au beau fixe »

  • permalien K. :
    30 octobre 2007 @23h59   « »

    - Le Pentagone a un nouveau chef depuis le premier Octobre dernier : l’Amiral Mullen. Ses priorités : « Consolidation et non pas de nouvelles guerres » selon le dernier Swoop, qui conclue (bizarrement à mon avis) : « Cela ne veut pas dire que les militaires défieraient Bush, mais que les arguments pour entrer en guerre devront être en béton. »

    - Selon le même numéro du Swoop et concernant la conférence d’Annapolis, “Le simple fait de tenir la conférence serait un succès. Des percées sont hors d’atteinte.”

  • permalien K. :
    31 octobre 2007 @00h58   « »

    Et qu’en pensent les Israéliens ?

    - Le Scoop du Haaretz le 25/10/07 :

    Tzipi Livni : « un Iran nucléaire n’est pas une menace existentielle pour Israël ». Cela aurait été dit “derrière des portes fermées”, et un autre article sr le sujet était censé apparaitre le lendemain. À ce jour toujours rien, et Livni est en tournée internationale pour sensibiliser l’opinion sur le danger iranien. Elle vient de recevoir.. une fin de non recevoir de la part de la Chine.

    - « L’’armée israélienne va lancer prochainement une campagne pour sensibiliser la population à l’éventualité d’une attaque aux missiles, ont indiqué mercredi [dernier] des médias et des sources militaires. »

    - L’éditorial d’aujourd’hui du Haaretz applaudit Sarkozy et Brown, et critique les “fausses raisons” de l’Italie et de l’Allemagne quant à leur mauvaise volonté concernant les sanctions contre l’Iran. Les “mauvaises raisons” invoquées par les pays pointés du doigt sont l’inefficacité des sanctions dans la mesure ou d’autres pays profiteraient de l’aubaine. Faux répond le Haaretz, les sanctions sont efficaces.

    Ce n’est pas l’avis de l’Australian News qui donne plutot raison aux italiens et aux allemands : IRAN has steadily shifted its trade from West to East and, with the benefit of record high oil prices, was likely to withstand new US sanctions imposed last week, reports said yesterday.. La Chine justement serait le premier bénéficiaire.

    - Pour en revenir avec le Pentagone, celui-ci aurait réclamé des fonds "urgents" pour développer une bombe massive. Pour ?

  • permalien
    31 octobre 2007 @01h34   « »

    Le ministre de la Défense français Hervé Morin et le ministre des affaires stratégiques israélien Avigdor Lieberman contredisent El Baradei et L’Iran réagit aux “propos irresponsables” du ministre français.

  • permalien Noway :
    31 octobre 2007 @02h32   « »

    Hey, I just saw the movie, "A Few days in September" and thought Binoche played what I thought would be a "Monde Diplomatique" writer / researcher role ! I have always enjoyed reading your papers, well balanced and informative ; tell me do you think Iran ever saw the Turkish army coming ? Or is their current silence a sign of despair and confusion ? What are they going to do now ?

    Écrire en francais méchape.

  • permalien Pierre :
    31 octobre 2007 @07h01   « »

    Alors que le divorce entre les classes dirigeantes étasuniennes, et les instituts de sondage semble de plus en plus évident, que l’univers de certitudes instauré depuis l’ère Regan, semble sombrer dans l’immense trou noir du doute (Un trou noir se forme lorsque la force de gravité est suffisamment grande pour dépasser l’effet de la pression), la privatisation du système éducatif étasunien, semblent avoir atteint ses limites. Des décénies de programmes scolaires adaptés aux besoins de la société marchande, ont créés une administration de spécialistes, incapables de produire une vision globale e l’avenir.

    Le résultat en est une approche manageriale de la gestion des conflits, dans laquelle l’abus de la rhétorique argumentative (idéale pour la vente de nouilles), a fait perdre tout sens critique aux responsables politiques.

    La question n’est plus de savoir qui est manipulateur, ou qui est dupe dans cet immense maestrom culturel qui va d’Einstein à John Hagee (pour rester dans la problématique nucléaire), l’échec de l’externalisation de la gestion des guerres, ou de la délocalisation des armées ne fait plus débat.

    La question est de savoir combien de temps sera nécessaire, pour que les aspirations du peuple des États-Unis, passe la barrière des sondages et commense sont travail dans le cerveau des dirigeants.

    La question est de voir combien de temps il faudra aux consommateurs US pour faire "péter leurs bulletins de vote, (même si sur le marché politique est quasi-monopolistique et que l’ offre est déficitaire).

    A l’heure ou certain porteur de Ray-ban d’arrière garde exalte les valeurs patriotiques dans les maternelles de la périphérie de l’empire, la question vaut la peine d’être posée., et vite.

  • permalien
    31 octobre 2007 @10h13   « »
    Pub pour un site identitaire sur Nouvelles d’Orient

    >Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran 31 octobre 07:01, par Pierre

    >A l’heure ou certain porteur de Ray-ban d’arrière garde exalte les valeurs >patriotiques dans les maternelles de la périphérie de l’empire, la question vaut la >peine d’être posée., et vite.

    ***

    Alain Gresh, il y a un lien vers Novopresse , site identitaire, sur votre blog.

    Et en plus pour une reprise d’ un article de defensa disponible ici ... http://www.dedefensa.org/article.ph...

  • permalien Vvolodia :
    31 octobre 2007 @10h16   « »

    Impunité, comme toujours

    Le gouvernement d’urgence palestinien n’a pas tenu pour responsables les hommes armés du Fatah qui ont enlevé des partisans du Hamas et incendié leurs maisons, leurs commerces et leurs associations caritatives soupçonnées d’entretenir des liens avec le Hamas en Cisjordanie. Pourtant, les auteurs de ces attaques, souvent connus dans leur quartier, ont agi au vu et au su des forces de sécurité.

    L’arrestation et la détention de plus d’un millier de partisans présumés du Hamas, dont la plupart ne sont accusés d’aucun crime, tranche avec le manque de détermination de l’Autorité palestinienne à interpeller et traduire en justice les membres des Brigades des martyrs d’Al Aqsa (branche armée du Fatah) responsables d’homicides illégaux, de prises d’otages, d’incendies et d’autres attaques contre des personnes et des biens.

    « Le chaos croissant qui règne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis quelques années, culminant dans les récents affrontements entre factions, est en grande partie dû à l’incapacité persistante et systématique de l’Autorité palestinienne de respecter et de faire appliquer la loi », a indiqué Malcolm Smart.

    Cela se perpétue depuis l’ère Arafat qui voyait le désordre et la mort de ses propres concitoyens comme une arme médiatique de destruction massive. Sans pitié, il a laissé s’installer le désordre, la corruption, les dénis de justice, les tortures et exécutions sommaires. Mais, pour les médias, la responsabilité d’Israël ne faisait jamais aucun doute.

    Même Amnesty, à l’époque, n’était pas très pressé de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme Il faut donc, ici même, louer son sens des responsabilités.

    http://www.primo-europe.org/selection.php ?numdoc=Ed-283918413

  • permalien Pierre :
    31 octobre 2007 @10h31   « »

    Le docteur Ahmadinejad aime bien parler du haut des chaires d’université.

    Souvent pédagogue, résolument populiste, toujours à l’écoute d’un électorat vigilant, il n’hésite pas à s’appuyer sur les égarements d’un unilatéralisme étasunien à la dérive pour détourner l’opinion de l’échec de sa politique intérieure.

    Pour être pédagogue, il faut avoir été élève, et à l’école de Saddam Hussein il aura retenu au moins une chose, pour narguer les États-Unis, il ne faut pas rester isolé..

    Défenseur du multilatéralisme, il parle à son électorat et sait se faire entendre par les défenseurs de l’unilatéralisme.

    Ainsi un discours raisonné pour l’Iran sur la "religion de l’holocoste", sera entendu comme un discours antisémite chez les unilatéralistes pour qui juifs = sionistes, et Iran = "forces du mal"

    A ce jeux "gagnant-gagnant" où la seule arme réellement utilisées est comme d’habitude la pression économique,ou chacun de son côté travail son opinion publique le risque d’un malentendu n’est jamais totalement écarté.

  • permalien Vvolodia :
    31 octobre 2007 @10h46   « »

    Petite chronique des médias en folie. Folie douce, bénigne ou furieuse, dans le désordre.

    1/ TV Commençons par l¹immonde, on en sera plus vite débarrassé. Une chaîne libanaise a diffusé une émission sur les Protocoles des Sages de Sion. Ceux qui ont le coeur bien accroché, ou qui, tout simplement, souhaitent s¹informer de ce qui se passe AUSSI dans le monde arabe, peuvent aller voir notre dernier article traduit : http://www.lapaixmaintenant.org/article1705.

    L¹intro : Les télés arabes aiment décidément bien les Protocoles des Sages de Sion. Après l¹Egypte (voir

    http://www.lapaixmaintenant.org/article248

    L¹Iran évidemment, une chaîne de télévision libanaise s¹y met aussi. Entre autres joyeusetés, on y apprend que les Juifs empoisonnent le monde par la drogue.

    2/ Presse écrite Continuons par le sérieux et le bénin. Le Monde, dans son édition d’aujourd’hui (p. 4), consacre un article à l¹info que nous avions diffusée hier soir

    http://www.lapaixmaintenant.org/article1703

    L’article commence ainsi : « Le procureur général de la Cour suprême, Menahem Mazuz, a estimé, etc. » Or, Menahem Mazuz n¹est pas « procureur de la Cour suprême », et encore moins « général », mais procureur de l¹Etat.

    Erreur de détail, direz-vous ? Peut-être, bien que le détail n¹ait pas bonne presse par les temps qui courent, d¹autant que, paraît-il, il arrive au diable de s¹y nicher. En fait, cela relève d¹une certaine ignorance du système politique israélien. La Cour suprême n¹a pas de procureur. Et Menahem Mazuz appartient à l¹exécutif et non au judiciaire. Car la séparation des pouvoirs est une réalité en Israël (cela a ses bons et ses mauvais côtés, le gouvernement pouvant par exemple « s¹asseoir » sur une décision de la Cour suprême sans que cela prête véritablement à conséquences).

    Pour la défense du journaliste du Monde, il est vrai que le système politique israélien est un peu compliqué, et que l¹expression anglaise de « général attorney » ne rend pas bien compte du rôle et de l¹importance de ce personnage de l¹Etat, pas plus d¹ailleurs que l¹hébreu (« yoetz mishpati lamemshala », littéralement : conseiller juridique auprès du gouvernement).

  • permalien Vvolodia :
    31 octobre 2007 @10h48   « »

    suite message Vvolodia

    Que le journaliste veuille bien excuser ce qui peut paraître comme de la cuistrerie, mais après tout, l¹auteur de ces lignes s¹étant farci 2 ans de « mishtar medinat israel » (système politique israélien), il faut bien qu¹il la ramène et se venge d’Eisenstadt (prof) là où il peut.

    3/ Internet Enfin, pour changer et rigoler un bon coup. Par les bons soins de Google, notre site est devenu une star du porno. Si vous tapez une requête « voir une femme toute nue », vous tomberez sur l¹un de nos articles, remarquablement référencé par Google (première page, 4ème position en ce moment). Je vous épargne les différentes requêtes (il y en a de très bizarres) qui mènent à l¹article en question. Au fait, de quel article s¹agit-il ? Si vous n¹avez pas essayé de taper vous-même la requête :

    http://www.lapaixmaintenant.org/article1694

    Les internautes en quête de frissons auront probablement été déçus.

    Site web de La Paix Maintenant (France) :

    http://www.lapaixmaintenant.org/

  • permalien Vvolodia :
  • permalien Ana :
    31 octobre 2007 @12h36   « »

    Intermède

    La Paix Maintenant joue à chipoter la traduction des mots hébreux « yoetz mishpati lamemshala », (2/Presse écrite – Vvolodia), parce que le diable se trouverait dans le détail, dans leur détail. Le diable est ailleurs, dans le détail des mots « od khisul be-aza » et « sikkul memukad ».

    Ce n’est pas La Paix Maintenant qui nous l’expliquera ni Primo Europe ou Vvolodia qui le rapportera.

  • permalien Sébastien :
    31 octobre 2007 @14h53   « »

    Bonjour,

    "Traditoré, tratitoré" Traducteur traitre, il est trés difficile de traduire d’une langue à l’autre, car chaque langue a des mots qui lui sont propres, qui sont intraduisible, ou difficilement traduisibles.

    Intifada est traduit par soulévement, mais ce n’est pas le sens exacte en arabe.

  • permalien
    31 octobre 2007 @15h54   « »
  • permalien Allain GRAUX :
    31 octobre 2007 @15h58   « »

    Cette stratégie de diabolisation assimile injustement l’Iran au terrorisme islamique et peut déboucher sur une aventure militaire catastrophique, non seulement pour les Etatsuniens Que fera le Pakistan si les intégristes prennent le pouvoir, en cas de frappes militaires d’Israël sur l’Iran ? Or certaines sources bien informées indiquent que les Etats-Unis et Israël pourraient procéder à l’envoi de cinq mille missiles en une heure sur l’Iran d’ici novembre à février… Paul Craig Roberts, ancien secrétaire d’Etat de Reagan a déclaré à l’agence russe Novosti le 20 juillet que Georges W. Bush avait élaboré les bases juridiques permettant d’instaurer l’état d’urgence et que d’ici un an, les Etats-Unis pourraient devenir un Etat policier dictatorial, en guerre contre l’Iran. .. Il a mis en garde contre l’administration Bush, qui prépare quelque chose afin d’effrayer le pays et réunir la population autour des républicains, qui dans le cas contraire pourraient perdre totalement le pouvoir lors des prochaines élections. L’amiral Willian Fallon, le nouveau chef du commandement central s’inquiète, de « notre refus d’agir militairement si le conflit s’étendait au-delà de l’Irak…D’autres éléments sont inquiétants comme la récente incursion reconnue de l’aviation israélienne en Syrie* qui a visé « au moins un centre de lancement de missiles Scud et d’entreposages d’armes de destruction massive ». Selon CNN, c’était un convoi d’armes qui était visé…Pour le New York Times, il s’agissait de photographier des installations nucléaires syriennes...En fait des fuites organisées dans les milieux proches de Bush associent des livraisons nucléaires de la Corée du Nord à la Syrie. Les connaisseurs de ces pays soulignent que la Syrie, n’a, ni les moyens économiques ni la base industrielle nécessaire pour développer un programme nucléaire. En fait il s’agit pour Bush de poursuivre par tous les moyens sa politique de remodelage du Moyen-Orient, en réalité de détruire toutes les capacité militaires opposées à sa politique dans la région et de contrôler les ressources pétrolières du Golfe. En France, Nicolas Sarkozy et son ministre Kouchner (qui était favorable à l’intervention en Irak)ont donné tous les signes d’un soutien à la politique guerrière de l’empire américain .Une prise de conscience de l’opinion devant les dangers d’une guerre qui pourrait se généraliser semble pour le moins nécessaire Allain Louis GRAUX (article complet sur allaingraux.over-blog.com)

  • permalien K. :
    31 octobre 2007 @16h05   « »

    - Erdogan : « La position américaine par rapport au PKK va déterminer l’avenir de nos liens avec les Etats-Unis. »

    C’est que Erdogan doit se poser les mêmes questions que Gwynne Dyer s’exprimant sur Arab News : Le PKK n’est-il pas inscrit comme le Hezbollah sur la liste américaine des groupes terroristes ? Alors pourquoi ce qui a été permis, sinon fortement suggéré, aux israéliens, à savoir une frappe sans restriction contre le Liban, est-il déconseillé, sinon interdit, aux turcs ?

    - « L’Armée israélienne est en train de mener les plus grandes manœuvres depuis la guerre du Liban en 2006. Des manœuvres similaires avaient eu lieu un mois avant la Seconde Guerre [guerre des 33 jours] du Liban. »

  • permalien Sébastien :
    31 octobre 2007 @16h18   « »

    Sur le site de l’AFPS un article trés intéressant sur la "La répression des crimes de guerre commis par les responsables politiques et militaires israéliens", avec toutes les dificultées qu’une telle tache représente, que ce soit sur les plans politiques, ou juridique.

    Example :

    "Les nombreux cas de crimes de guerre qui sont ainsi rapportés, (commis par les israéliens), devraient pouvoir faire l’objet de poursuites contre les personnes responsables. Il faut toutefois souligner que les rapports internationaux dégagent le plus souvent des responsabilités générales, mais que l’engagement d’une responsabilité pénale individuelle suppose que puisse être établie la preuve précise de nombreux éléments : les circonstances exactes du comportement reproché, l’identité certaine de son auteur, les supérieurs responsables et leur attitude face au crime commis, l’existence d’une intention particulière pour certaines infractions (par exemple, le caractère intentionnel d’un homicide), etc."

  • permalien Sébastien :
    31 octobre 2007 @16h28   « »

    Autre limite concernant la France :

    "La Convention de Genève oblige également les autres Etats à juger ou extrader les personnes soupçonnées de crimes de guerre, lorsqu’elles sont trouvées sur leur territoire. La mise en oeuvre effective de cette obligation est toutefois tributaire de l’adoption par l’Etat d’une législation nationale qui attribue au juge pénal national une telle compétence universelle. C’est ainsi, par exemple, que la France ne connaît actuellement dans sa législation aucune définition des crimes de guerre ni aucune compétence spéciale qui permette à ses tribunaux de juger des auteurs de crimes de guerre trouvés en France, lorsque l’affaire ne présente aucun autre élément de rattachement avec la France (auteur ou victime de nationalité française, par exemple)"

  • permalien
  • permalien K. :
    31 octobre 2007 @19h22   « »

    - Fukuyama poursuit sa repentance.

    - Gwynne Dyer : l’hyperpuissance américaine pourrait s’effondrer. Mais c’est justement l’importance des enjeux qui rendent les Etats-Unis dangereusement imprévisibles, « comme un gamin de 12 ans armé d’un fusil, » selon le mot d’un diplomate japonais.

    - Selon le dernier sondage du Zogby International, 52 % des américains interrogés soutiendraient une frappe militaire contre l’Iran (71% des Republicains, 41% des Démocrates). Recherche Victoire désespérément. Yankees, STAY HOME !

    - Jerome Slater attribue aux médias américains le manque des Etats-Unis à « user de leur considérable influence envers Israël pour rechercher les changements nécessaires de la politique israélienne, lui fournissant au contraire un soutien presque inconditionnel. »

    Une explication est apportée par Mme Levin, directrice du groupe “pro-israélien” CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America), lors d’une conférence intitulée : « les diffamateurs juifs d’Israel » (la moyenne d’age de l’assistance a été estimée aux alentours de 62 ans). Elle reproche au Haaretz, de ne pas, contrairement au New York Times et autres MSM américains, vouloir accepter un « contrat tacite » :

    « Les médias américains sont beaucoup, beaucoup, plus aptes à comprendre qu’il existe un contrat tacite entre eux et nous. Nous pouvons nous fâcher avec le New york Times parfois, mais nous obtenons toujours des corrections. Ces corrections sont parfois très significatives. Nous pouvons empêcher la répétition d’erreurs graves. ... C’est ce genre de collaboration qui a cours aux Etats-Unis. »

  • permalien Palestine état fantoche :
  • permalien Pierre :
    31 octobre 2007 @19h53   « »

    "On n’a aucune raison pour penser que le président (Bush) est sur le point de lancer une attaque sur l’Iran. Je pense que nous avons besoin d’être clair à ce sujet", a affirmé le secrétaire à la presse de la Maison blanche, Dana Perino, lors d’un point de presse.

    Voire aussi : Washington baisse le ton sur le dossier iranien

    Vive la paix : Baisse du pétrole par Francis Muyshondt

    D’un autre côté, citons les tensions permanentes entre les Etats-Unis et l’Iran, qui se sont à nouveau avivées ces derniers jours après que G. Bush a accusé l’armée iranienne de terrorisme et appelé les entreprises étrangères à rompre leurs liens avec « l’Etat voyou ». Ces chamailleries politiques pourraient entraîner des interruptions de la production, la dernière chose que souhaitent les marchés à l’heure actuelle.

  • permalien
    31 octobre 2007 @20h28   « »

    Vvolodia, t’es hors sujet.

    Si tu veux encore une fois diaboliser les Palestiniens en fermant les yeux sur les conditions historiques (et surtout récentes) qui ont conduit à la situation déplorable et désespérée dans laquelle ils vivent aujourd’hui, sois patient, ronge ton frein, le sujet reviendra sûrement bientôt sur le tapis.

  • permalien Kim :
    31 octobre 2007 @20h32   « »

    MondoWeiss, le blog de Philip Weiss : Le lobby pro-israélien prend Ha’aretz pour cible.

    « J’ai 51 ans et je vis dans l’état de New York. Ce blog existe à cause du 11 Septembre, de l’Irak, et de mon background juif progressiste. Je m’intéresse aux idées, aux livres, à l’identité juive, au pluralisme, à la politique et aux prétentions nationalistes d’Israël sur les juifs américains, à la politique étrangère américaine, à la globalisation et aux luttes intérieures de l’Islam...

    Et je suis un ’Luftmensch’. C’est un mot yiddish pour dire ’doux rêveur’, bien que ce ne soit pas un concept culturellement lié. Il y en a des tas comme nous partout. Parfois, nous avons de bonnes idées. »

  • permalien
    31 octobre 2007 @21h18   « »

    Et bien elle aura bon dos la liberté d’expression si le lobby d’Andrea Levin réussit à museler Haaretz.

    Vive Haaretz, et son ouverture d’esprit !!!

  • permalien
    31 octobre 2007 @22h30   « »

    Un lien sur la Palestine, pour Vvolodia : http://www.france-palestine.org/article7180.html

  • permalien K. :
    31 octobre 2007 @22h30   « »

    - « L’Iran focalise le débat électoral à deux mois des primaires américaines. » Et Hillary Clinton a les faveurs de tous les lobbys.

    - Le Sénateur Rick Santorum “résume” les enjeux : « La seule façon d’arrêter la machine de guerre anti-américaine [sic] est de mettre fin à la révolution chiite radicale contre le monde musulman Sunnite et l’Occident. »

  • permalien Pierre :
    1er novembre 2007 @06h25   « »
    Le monde ne nous appartient plus

    La révolution industrielle n’a été possible que parce que, pendant un siècle et demi, la quasitotalité des ressources naturelles de cette planète a été confisquée à titre gratuit et de manière illimitée par un très petit nombre de pays occidentaux. Alors que le monde entier a longtemps été à notre seule disposition, nous entrons maintenant en concurrence avec de nouveaux venus. Ceux qui ont été confrontés aux files d’attente aux stations services d’Indonésie ou qui ont vu des usines chinoises s’arrêter de produire faute d’électricité comprennent sans peine ce dont il s’agit.

    (...)

    La sortie du libéralisme

    La confrontation entre intérêts américains et européens concernant l’Iran ou la reconstruction de l’Irak nous a fait prendre conscience que désormais, il ne suffirait pas forcément de gagner des appels d’offres pour avoir accès au marché. Il y a encore vingt ou vingt-cinq ans, les grandes compagnies multinationales, toutes occidentales, pouvaient exploiter près de 80 % des réserves mondiales. À la suite des différents mouvements de nationalisation qui ont été évoqués, les grandes multinationales sont en compétition pour obtenir des contrats d’exploitation sur le quart seulement des champs pétroliers.

    Hervé Juvin

  • permalien Pierre :
    1er novembre 2007 @07h11   « »

    Grand concours de poésie militaire.

    - Griffes d’aigle

    - Bonite

    - Tempête du désert

    - Restaure l’espoir

    - Turquoise

    - Renard du désert

    - Corymbe

    - Noroit

    - Amaryllis

    - Daguet

    - Liberté immuable

    - Licorne

    - Choc et stupeur

    - Carbet

    - libération de l’Irak

    - Providence

    - Concordia

    - Proxima

    - Artémis

    - Althée

    - Pamir

    Propositions pour l’Iran :

    - Essaim de feu

    - Morsure

    - Opération Desert Freedom ?

  • permalien Pierre :
    1er novembre 2007 @07h38   « »

    Iran : le général Wesley Clark démasque Dick Cheney

    Le message du général Clark a fait grand effet sur les participants de la conférence et s’est reflété dans des efforts renouvelés d’évitement de guerre par d’autres acteurs politiques importants, en particulier le président russe Poutine.

    Ce dernier a mobilisé tout son appareil diplomatique dans ce sens, pour commencer lors de sa rencontre à Moscou avec le président français Nicolas Sarkozy. Sarkozy était venu à Moscou avec le credo de Dick Cheney menaçant que la volonté iranienne de vouloir construire la bombe pourrait nous conduire à la troisième guerre mondiale. Mais, pendant sa rencontre avec Poutine, Sarkozy, selon des sources américaines bien renseignées, se serait fait gagner par le camp de ceux qui veulent éviter la guerre, et ceci aussi bien sous la pression de la Russie que par l’influence d’institutions militaires et du renseignement français.

  • permalien jugurta :
    1er novembre 2007 @11h00   « »
    Chaos irakien ou esquisse d’une solution à la Petreus ?

    A Alain Gresh,

    Juste une question : que pensez vous de la stratégie du générale Petreus en Irak ?

    Pensez vous qu’elle a permis une relative accalmie des actes terroristes contre les populations irakiennes ? Ou bien qu’elle n’est qu’un leurre de l ’administration républicaine pour cacher son désarroi devant des massacres inter-ethniques et confessionnels aujourd’hui moins médiatisés ?

    Merci pour votre réponse.

  • permalien
    1er novembre 2007 @13h01   « »

    Elran Investissements cède ses 45.4% de parts dans VID et 10% de parts dans Adom Ashkelon Desalination, au français Veolia Eau qui consolide sa position dans l’état hébreu et prouve son désir d’investir en Israël.

    Le montant de la transaction s’élève à 93 millions de shekels (16,2 millions d’ EURO).

    Veolia Eau gère tous les cycles de l’eau dans une optique d’économie et de protection de la ressource, VID est le consortium qui a construit l’usine de dessalement d’Ashkelon et Adom est le consortium qui la gère.

    http://www.intelink.info/fre/actualites/economie/0710312005_veolia_eau_renf orce_sa_position_en_israel

  • permalien Vvolodia :
    1er novembre 2007 @14h36   « »

    ‘‘Israël peut détruire le nucléaire iranien’’ Un ancien général de brigade israélien, en visite au Canada, a affirmé devant des journalistes locaux, qu’Israël pouvait porter un coup sérieux au programme nucléaire iranien, provoquant son anéantissement ou au moins des dégâts énormes aux réacteurs nucléaires du pays. Les propos du général, qui a rencontré cette semaine les dirigeants de la communauté juive, ont été publiés sur le site Internet de l’agence de presse juive canadienne.

    http://www.a7fr.com/default.aspx ?tabid=52&articleType=ArticleView&articleId=42936

  • permalien
    1er novembre 2007 @16h04   « »

    A Vvolodia.

    Israël peut tout détruire, y compris lui-même.
    Fascinant et extraordinaire.

    A quand la Russie ? La Chine ?

  • permalien
    1er novembre 2007 @16h50   « »

    ...La Chine, Le monde ?

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h03   « »

    « Il n’ y a pas que le Lobby israélien » écrit Jon Basil Utley sur Antiwar.

    « Le nouveau débat public sur le lobby d’Israël rate un point essentiel – les alliés du lobby, les nombreux autres groupes d’intérêts, en Amérique, qui veulent le chaos au Moyen-Orient. Par exemple, dans le livre de Walt-Mearsheimer, le "complexe militaro-industriel" n’est pas cité dans l’index. Aussi fameux que soient tous ses fameux pouvoirs, le lobby d’Israël ne pourrait dominer les politiques Américaines du M-O sans la couverture et le soutien actif d’autres groupes puissants. Bien que l’AIPAC donne l’image du lobby tout puissant auprès du Congrès, il ne l’est pas. Le livre précise que les chrétiens sionistes sont une partie intégrante du lobby, mais il néglige de nombreux autres acteurs. »

    Les autre groupes, “alliés” au lobby d’Israel, mais agissant essentiellement pour leurs propres intérêts sont les suivants pour Jon Basil Utley :

    - le complexe militaro-industriel

    - les “Armageddonites” (une partie des évangélistes), « ceux qui voient l’expansion d’Israël comme un moyen d’accélérer le retour du Christ. Ils considèrent Bush comme un agent de Dieu. Ils ont vu, selon les termes de Tom DeLay, que la guerre en Iraq était un prélude au chaos nécessaire pour parvenir à la "fin des temps." »

    - les grandes compagnies pétrolières : « Kevin Phillips affirme dans son livre American Theocracy que les grandes compagnies pétrolières ont soutenu l’entrée en guerre contre l’Irak. Elles craignaient que le comportement de Washington ait tellement lésé les intérêts américains dans une grande partie du monde musulman, que les futures concessions et contrats risquaient d’aller aux entreprises chinoises, espagnoles, françaises, italiennes, indiennes, et russes. Dans cette optique, la conquête de l’Iraq et la mise sur pied de grandes bases militaires sur son sol, soutiendraient un gouvernement ami qui donnerait la priorité aux intérêts américains. »

    - les néocons.

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h13   « »

    Les liens de Jon Basil Utley concernant le complexe militaro-industriel comportent un article publié en 2004 par le Washington Post dont l’auteur est James Mann du Center for Strategic & International Studies (je ne sais pas s’il y est toujours).

    Traduction :

    L’administration Bush a offert une série de raisons changeantes pour justifier la guerre en Iraq. Chacune de ces raisons était tout à fait spécifique : découvrir les armes de destruction massive de Saddam Hussein ; déloger un dictateur brutal ; combattre le soutien de l’Iraq pour le terrorisme ; traiter ce que le Président Bush a appelé une « menace grave et croissante ».

    Laquelle était la vraie ? C’est la grande question qui a dominé le débat public ces derniers mois. Mais la question est trop étroite. Le raisonnement fondamental était à la fois plus large et plus abstrait : La guerre a été exécutée dans le cadre d’une vision plus grande d’utilisation de l’écrasante supériorité militaire de l’Amérique pour façonner l’avenir.

    Les schémas de cette vision ont été esquissés pour la première fois il y a plus d’une décennie, tout de suite après l’effondrement de l’Union Soviétique. L’explication de certains aspects les plus importants et les plus farouchement débattus de la guerre d’Iraq - y compris la volonté de l’administration de s’engager dans une action militaire préemptive - peut être retrouvée dans les discussions et les documents du début des années 1990, quand des officiels du Pentagone, dirigés par Dick Cheney et Paul D. Wolfowitz, respectivement Secrétaire et Sous-secrétaire a la défense, ont conçu la façon de mener une nouvelle stratégie militaire post-Guerre froide pour les Etats-Unis.

    L’essentiel de la stratégie qu’ils avaient formulé était que les Etats-Unis devaient être la superpuissance dominante du monde — pas simplement aujourd’hui, ou pour les 10 années à venir, ou quand un rival tel que Chine apparaîtrait, mais d’une façon permanente. Les éléments de cette vision ont été formulés à travers des phrases lénifiantes : Les Etats-Unis « doivent conserver leur profondeur stratégique » et doivent agir à l’étranger afin de « former l’environnement sécuritaire ». Ce qui pouvait potentiellement découler de ces mots vagues était, cependant, tout sauf lénifiant : La guerre récente en Iraq était, par-dessus tout, un effort pour former l’environnement sécuritaire du Moyen-orient.

    À suivre

  • permalien Jeff :
    1er novembre 2007 @23h16   « »

    Marre des paranoïaques israéliens qui, au lieu de chercher un bonne fois pour toutes à résoudre la question d’une Palestine indépendante dans les frontières définies par l’ONU, tentent d’aggraver le chaos au Proche-Orient (comme si l’Irak ne suffisait pas) en diabolisant l’Iran pour espérer - quelles illusions ! - une situation politique meilleure (pour des raisons affichées de défense identitaire, même si la prédominance dans les affaires économiques de la région en est probablement une des raisons les moins avouées pour les oligarques israéliens).

    Les objectifs ne sont pas le "Grand Israël", comme certains persistent à le croire. Cet objectif est devenue impossible aujourd’hui. C’est d’abord la survie d’une communauté, réunie dans la notion de judéité, qui prévaut, mais en accentuant les différences avec les autres peuples sémites, tout en occultant le mal qui a été fait à - et qui fait encore souffrir quotidiennement - des populations arabes vivant dans une région empreinte d’une histoire pluri-séculaire que l’histoire du monde occidental (histoire coloniale) a finalement, non sans heurts, offert aux juifs du monde entier persécutés au cours de la première moitié du 20e siècle (sans parler des générations antérieures, cela va sans dire).

    Mais suivant une vision paranoïaque vis-à-vis des habitants de la région (en majorité arabe ou perse), les décisions politiques prises par le gouvernement israélien actuel (dans la ligne de celles qui ont présidé sous les gouvernements antérieurs, de droite ou de gauche) tendent malheureusement à rejoindre les intérêts étasuniens qui sont pourtant d’une autre nature (la plupart d’entre vous en conviendront).

    Si Israël avait définitivement l’intention de vivre en paix avec ses voisins, des rencontres, des accords, dans l’idéal, devraient être passés directement avec les pays voisins, un fois résolus les problèmes liés à la constitution d’un état palestinien viable. Certains me rétorqueront que ce sont les états voisins qui devraient faire le premier geste, vu la fragilité géo-diplomatique d’Israël. Mais ce serait oublier que les autres pays restent impuissants, et sans pouvoir véritable, sur la condition première de la paix qui nécessite la constitution d’un véritable pays pour les Palestiniens (dans le sens d’un pays viable, vivant économiquement du développement de ses entreprises et des contrats passés avec d’autres pays concernant les produits exportés ou importés). Seul Israël peut en décider, n’est-ce pas ? Si je me trompe, expliquez-moi.

    Une guerre avec l’Iran ne résoudra rien malheureusement, tout le monde en est conscient. Il faut aller droit au but : donner un pays digne de ce nom aux Palestiniens. Le reste viendra...

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h21   « »

    Traduction d’un article de James Mann du Center for Strategic & International Studies, publié en 2004 par le Washington Post (suite 1)

    Ce témoignage sur la façon dont la stratégie a été développée — et comment elle a influencé les politiques de l’administration Bush actuelle – repose sur des documents et des interviews avec plusieurs des acteurs impliqués dans les discussions d’il y a 12 ans, a une période qui correspondait à la dernière année de l’administration de Bush père. Au début de l’année 1992, les officiels du Pentagone ont commencé à élaborer un document appelé Defense Planning Guidance (DPG). Ce document sur la stratégie militaire de l’Amérique, préparé tous les deux ans, sert de guide pour les budgets de la défense à venir. En tant que premier DPG depuis l’effondrement Soviétique, la version 1992 a eu une signification spéciale.

    Une première ébauche du document a fait l’objet de fuites dans la presse, et a été l’objet d’une légende depuis. Une version essentiellement fictive de cet événement a été colportée a travers les années, se présentant comme suit : “Wolfowitz, le sous-secrétaire à la défense, avait esquissé une version de la stratégie militaire américaine dans laquelle les Etats-Unis agiraient de manière à bloquer tout pouvoir rival en Europe, en Asie ou au Moyen-orient. Après que le document ayant fait l’objet de fuites aient causé un scandale, la première administration Bush a reculé. Le document a été atténué et ses idées clés abandonnées.”

    Mais des entretiens avec les participants montrent que les convictions des uns et des autres concernant cette version sont erronées à plusieurs égards importants. Wolfowitz n’a pas écrit l’ébauche originale. S’il est vrai que l’ébauche a été révisée, elle n’a pas vraiment été atténuée. En effet, de façon subtile, en utilisant une terminologie et de prudents euphémismes, la vision d’une superpuissance américaine se renforçait en fait. Et bien que Wolfowitz et son personnel aient joué un rôle clé, l’ultime instigateur de la nouvelle stratégie fut Cheney.

    À suivre

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h28   « »

    Traduction d’un article de James Mann du Center for Strategic & International Studies, publié en 2004 par le Washington Post (suite 2)

    Tout avait commencé deux années plus tôt. Le Mur de Berlin etait tombé en novembre 1989, achevant efficacement la Guerre Froide et incitant le Pentagone à entreprendre une recherche pour une nouvelle série de principes, en partie pour empêcher le Congrès, alors contrôlé par les démocrates, de taillader le budget de la défense. Les participants clés étaient Cheney, Wolfowitz et Colin L. Powell, alors président des Joint Chiefs of Staff. Si Powell a parfois a été en désaccord avec les deux dirigeants civils sur d’autres problèmes (y compris les événements de 1990 et 91 qui ont conduit a la Guerre du golfe persique), les trois hommes ont travaillé étroitement ensembles pour prévenir des réductions. L’effondrement de l’Union Soviétique a ajouté une nouvelle urgence à leur tâche. « Ce dont nous avions peur était que des gens disent, “. . . Ramenons toutes les troupes à la maison, et abandonnons notre position en Europe”, » a dit Wolfowitz dans un entretien.

    La tache de la rédaction d’une nouvelle DPG avait été assignée à Zalmay Khalilzad, alors assistant de Wolfowitz et actuel ambassadeur américain en Afghanistan. Khalilzad avait produit une ébauche qui insistait sur la nécessité d’empêcher l’apparition d’un pouvoir rival, particulièrement parmi les « nations industrialisées avancées ». (C’est en grande partie oublié aujourd’hui, mais à l’époque, il y avait des craintes que le Japon et l’Allemagne, les deux alliés les plus proches de l’Amérique pendant la Guerre Froide, finissent par devenir les concurrents de l’après-Guerre froide). L’ébauche de Khalilzad proposait aussi que, dans ce nouvel environnement, les Etats-Unis agissent parfois par le biais d’ « assemblées ad hoc » de nations, au lieu d’utiliser des alliances permanentes ; ceci était une première indication de ce que l’administration de Bush fils appellerait plus tard les « coalitions de volontaires ».

    L’ébauche disait que les Etats-Unis « pourraient être confrontés à la possibilité de devoir prendre des mesures militaires pour empêcher le développement ou l’usage d’armes de destruction massive » — une allusion à la possibilité de preémption ou de guerre préventive.

    À suivre

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h33   « »

    Traduction d’un article de James Mann du Center for Strategic & International Studies, publié en 2004 par le Washington Post (suite 3)

    Quand il eut fini, Khalilzad envoya des copies aux autres membres du Pentagone, sollicitant des commentaires. Dans les jours qui ont suivi, une copie de cette ébauche apparut dans la première page du New York Times. La réaction fut immédiate. Les officiels du japon, d’Allemagne et d’autres pays européens étaient peu enthousiastes à l’idée que les Etats-Unis pourraient essayer de limiter leur armée et leur pouvoir économique. Le porte-parole du candidat présidentiel Bill Clinton avait dit que le document représentait une tentative du Pentagone de « trouver une excuse pour obtenir de grands budgets au lieu de les voir se réduire ».

    Wolfowitz n’avait même pas vu l’ébauche de Khalilzad avant qu’elle n’ait fait l’objet de fuites, et il avait gardé une certaine distance par rapport a la controverse. Mais Cheney, en tant que secrétaire à la défense, fut expansif dans sa louange. « Il m’a dit, “Vous avez découvert un nouveau credo pour notre rôle dans le monde”, » m’a dit Khalilzad dans un entretien.

    Les officiels du pentagone ont travaillé à aplanir les aspects les plus rugueux de l’ébauche sans renoncer à ses éléments essentiels. Le travail d’élaboration de la stratégie avait été confié a I. Lewis "Scooter" Libby alors premier assistant de Wolfowitz, et actuel chef du personnel du Vice-président Cheney.

    Venait alors le changement subtil et crucial. Libby et les autres avaient reconnu que la notion de l’Amérique bloquant un pouvoir rival était la partie qui avait engendré la controverse. En même temps ils savaient que cela n’importait pas beaucoup : Selon toute vraisemblance personne ne pourrait contester le pouvoir américain que ce soit en Europe ou en Asie pendant une décennie ou deux, si ce n’est plus.

    Alors la nouvelle ébauche de Libby abandonna l’évocation des concurrents. Il fut alors raconté aux journalistes que l’idée avait été abandonnée, et leurs articles ont créé l’impression que l’ébauche avait été adoucie.

    À suivre

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h39   « »

    Traduction d’un article de James Mann du Center for Strategic & International Studies, publié en 2004 par le Washington Post (suite 4)

    Mais elle ne l’avait pas été. En utilisant un langage prudent, la réécriture par Libby impliquait plutôt une vision plus stupéfiante : Les Etats-Unis développeraient leurs capacités militaires de manière telle qu’il ne pourrait jamais y avoir de rival. L’Amérique développerait une supériorité si énorme en pouvoir et technologie militaires que les autres pays se rendraient compte d’eux-memes qu’il serait ruineux d’essayer de concourir. Un pays tel que, disons la Chine, pourrait s’engager de manière intensive pendant 30 ans dans un programme visant à égaler le pouvoir militaire de l’Amérique – mais s’y engager serait si excessivement cher, que cela paralyserait d’autres efforts de développement économique, et de toute façon cela ne pourrait réussir.

    Au lieu de la rhétorique du blocage des rivaux, la révision de Libby a abordé plus vaguement la question de la conservation de la « profondeur stratégique » de l’Amérique — un terme que Cheney avait commencé à utiliser dans les audiences du congrès sur le budget de la défense.

    En termes militaires, « la profondeur stratégique » évoque d’habitude un supplément de territoires qui fournit une marge supplémentaire de sécurité lors des combats contre des adversaires. Par exemple, un Afghanistan contrôlé par les Talibans- a été présenté comme fournissant une « profondeur stratégique » au Pakistan quant a sa rivalité avec l’Inde. Quand les officiers de Pentagone ont commencé à utiliser le terme en 1990, il avait cette même connotation géographique : Le retrait de forces Soviétiques de l’Europe de l’est a fourni a l’Amérique et ses alliés de l’OTAN une « profondeur stratégique » dans la protection de l’Europe de l’ouest. Mais dans la révision de Libby, la phrase a pris une signification plus large et plus abstraite ; la « profondeur stratégique » se référait à la position avantageuse de l’Amérique dans le monde, son vaste réseau de bases, d’armes et de technologie militaire de haut niveau.

    L’autre idée clé dans la révision était que les Etats-Unis n’attendraient pas passivement de voir si un rival émergeait. Ils agiraient pour s’assurer que les événements se déplaceraient dans un sens favorable aux intérêts américains. Ceci a été appelé la « formation du futur environnement sécuritaire ». Le concept prévoyait tout, des missions de maintien de la paix à l’arrêt de la prolifération des armes de destruction massive.

    À suivre

  • permalien K. :
    1er novembre 2007 @23h48   « »

    Traduction d’un article de James Mann du Center for Strategic & International Studies, publié en 2004 par le Washington Post (suite 5 et FIN)

    La révision de Libby a changé aussi la formulation de quelques autres idées innovatrices de l’ébauche de Khalilzad, sans en changer le sens. L’ébauche révisée a évité la discussion sur les « assemblées ad hoc, » mais elle disait que l’Amérique devait se montrer prête à protéger ses intérêts critiques à l’étranger « avec une aide limitée, ou même seule, si nécessaire ». La nouvelle version n’a pas mentionné nommément la preémption, mais a noté que « parfois une action militaire mesurée peut contenir ou empêcher une crise » [mise en gras par l’auteur].

    Ordinairement, la Defense Planning Guidance est un document classifié. Mais Cheney avait tellement aimé l’ébauche révisée qu’il a ordonné que des parties soient déclassifiés et rendues publiques. « Il en avait pris la paternité, » a rappelé Khalilzad. En janvier 1993, alors que la première administration Bush quittait ses fonctions, le document a été publié comme un document gouvernemental sous le nom de Cheney comme la « Stratégie de Défense pour les années 1990” de l’Amérique. L’administration Clinton mit de côté la vision de Cheney sans vraiment la renier. Une décennie plus tard, alors que l’administration de Bush fils s’engageait dans la guerre contre l’Iraq, les idées contenues dans le document de 1992 ont pris une signification particulière.

    Ce que les officiels du Pentagone étaient arrivés à réaliser, dans les mois qui ont suivi l’effondrement Soviétique, était de jeter les bases intellectuelles d’un nouveau monde dominé — alors, aujourd’hui et à l’avenir — par le pouvoir militaire américain.

  • permalien K. :
    2 novembre 2007 @00h09   « »

    Salut Jeff

    Je nuancerai ton avis sur le fait que la vision du “Grand Israel” soit devenue définitivement caduque. Rappelle toi du Clean Break qui avait trouvé preneur en la personne du likkoudien Benyamin Netanyahou. Celui-ci est loin d’etre hors jeu.

    Pour peu que le rapport de forces redevienne complètement favorable aux israéliens, crois moi cette vision actuellement mise au frais, risque de resurgir.

    Je traduis un petit passage de l’article cité plus haut de Jon Basil Utley :

    « Ce sont les Likoudniks qui siègent à l’American Enterprise Institute de Washington, qui ont les premiers sapé les accords de paix d’Oslo. Ils ont également exhorté à attaquer l’Irak, bien avant le 9/11. Certains, comme David Wurmser [le mari de la fondatrice du memri soit dit en passant], avait même prédit que l’attaque pourrait résulter en un Irak "déchiré", divisé en tribus en guerre entre elles pendant des années. Les sondages montrent que la plupart des Israéliens veulent la paix et soutiennent un Etat palestinien (..) ; En même temps, les Likoudniks veulent que l’Amérique attaque l’Iran et la Syrie. Ils s’adressent à ceux qui ont une vision d’un Grand Israël "du Nil à l’Euphrate." »

    Donne leur des “victoires” et tu verras que le rang de « ceux qui ont une vision d’un Grand Israël "du Nil à l’Euphrate." » grossirait démesurément.

    Très cordialement Jeff.

  • permalien Pierre :
    2 novembre 2007 @08h26   « »

    En Iran, comme en Birmanie, comme au Darfour (pour ne citer que ce qui est sur le gaz), la vigilance des citoyens, face aux manipulateurs, aux aventuriers, aux menteurs et aux affairistes, devient une urgence vitale pour les démocraties.

    Le désarroi dans lequel survit la plus grande partie de la population humaine est au mieux ignorée au pire théâtralisée par la poignée de parvenus qui peuplons la partie occidentale du monde .

    Rony Brauman : "Une responsabilité morale très lourde pèse sur Bernard Kouchner"

  • permalien Vvolodia :
    2 novembre 2007 @12h40   « »

    Que la couleur et les motifs du drapeau israélien ne traduisent aucune visée d’expansion territoriale juive est prouvé par cet extrait d’une lettre de David Wolffsohn, l’un des premiers pionniers du Sionisme national, qui collabora avec Herzl, et lui succéda à la tête du Congrès sioniste mondial.

    Rappelons qu’à l’époque où furent écrites ces lignes, non seulement l’Etat d’Israël n’était encore qu’un rêve, ou tout au plus une aspiration - qui apparaissait à de très nombreux juifs comme une utopie plus ou moins dangereuse, quand ils n’en combattaient pas l’idée de front -, mais la Déclaration Balfour (1917), préconisant l’établissement d’un « Foyer Juif » en Palestine, n’avait même pas vu le jour !

    "A la demande de notre dirigeant, Herzl, je suis venu à Bâle pour faire les préparatifs du Congrès sioniste. Parmi beaucoup d’autres problèmes qui me préoccupaient alors, il en était un dont la teneur avait quelque chose à voir avec l’essence du problème juif. Quel drapeau suspendrions-nous dans la salle du Congrès ? Alors, une idée m’a frappé. Nous avons un drapeau — et il est bleu et blanc. Le talith (châle de prière) [Voir Appendice, ci-après] dans lequel nous nous drapons quand nous prions : c’est notre symbole. Sortons ce Talith de son étui et déroulons-le devant les yeux d’Israël et ceux de toutes les nations. Aussi commandai-je un drapeau bleu et blanc avec une Etoile de David peinte dessus. C’est ainsi que le drapeau national, celui qui flottait sur la salle du Congrès, est venu à l’existence".

  • permalien Vvolodia :
    2 novembre 2007 @12h40   « »

    « Les bandes bleues du drapeau sioniste s’inspirent des bandes du talith (châle de prière). Le talith a deux aspects symboliques distincts : la tonalité bleu-clair et les bandes. Certains disent que les bandes ont pour fonction de rappeler le liseré teint des franges rituelles (tzitzit). Ce qui nous mène à la signification de la teinte elle-même. Selon la Torah une frange des tzitzit doit être bleu-clair. A en croire des passages du Talmud , c’était une nuance entre le vert et le bleu. Beaucoup de significations symboliques ont été attribuées à cette couleur. Rabbi Meir dit qu’elle rappelle la couleur du ciel ; Rabbi Judah ben Illai affirmait que la couleur du sceptre d’Aaron était bleu-clair, de même que les tables de la loi, et que c’est pour cela que Dieu a ordonné aux juifs de faire usage de cette couleur pour leurs châles de prière. "Lorsque le peuple d’Israel regarde ce thelet, cela leur rappelle [ les mots] écrits sur les tables [de la Loi] et [l’obligation de] les observer". En d’autres termes, regarder la couleur thelet amène à observer les commandements. Le blanc et le thelet, avec l’or et la pourpre, étaient les couleurs du haut du vêtement sacerdotal (Exode 28 : 4.43 ) et des rideaux du Tabernacle (Exode 26). Elles étaient considérées comme les couleurs de la pureté symbolisant la spiritualité du peuple juif. » (Alec Mishory).

    (Le texte de Wolffsohn et l’exposé sur l’origine du drapeau israélien ont été traduits par Menahem Macina à partir des originaux anglais qui figurent sur le site Virtual Library, de M.G. Bard).

  • permalien Pierre :
    2 novembre 2007 @13h00   « »

    La voie bédouine :

    Six pays du Golfe persique proposent d’enrichir de l’uranium pour l’Iran

    Dans un entretien au magazine "Middle East Economic Digest", le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Faisal a expliqué que les six pays du Conseil de coopération (Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis) avaient décidé de développer une centrale d’enrichissement de l’uranium dans un pays étranger du Proche-Orient afin de fournir du combustible nucléaire à la région.

    Voire aussi : Les pays du Golfe prêts à fournir de l’uranium à l’Iran

    En ouvrant des perspectives moins apocalyptiques que celles prêchées par l’axe du bien, les Saoudiens, non seulement permettent à chacun de se sortir d’un imbroglio verbal sans trop d’humiliation, mais en douce se positionnent comme une autorité normative pour un après-États-Unis au Proche-Orient.

  • permalien
    2 novembre 2007 @13h20   « »

    En réponse au drapeau et au talith de Vvolodia.

    "Si vous voulez comprendre l’ampleur de la tragédie palestinienne et la profondeur de leur dilemme, jetez un oeil sur le récent décret publié par le Ministère israélien de l’Education qui, en substance, demande aux écoliers juifs et arabes de signer la Déclaration d’Indépendance d’Israël dans le cadre des célébrations marquant le 60ème anniversaire de l’État d’Israël.

    Dans une déclaration distribuée aux écoles, le Ministère de la Jeunesse a fixé les objectifs suivants pour le jubilé : "Pour commémorer le passage des 60 ans de la création de l’Etat d’Israël dans le système d’éducation arabe et juif ; pour renforcer le sentiment d’appartenance, de fierté et d’amour pour les 60 ans de l’Etat parmi tous ceux qui fréquentent les établissements d’enseignement ; pour aider toutes les communautés juives, musulmanes, chrétiennes, druzes et d’autres jeunes à se former une vision claire d’Israël en tant qu’État juif et démocratique ; pour inspirer un sentiment de responsabilité et d’engagement social chez les jeunes et pour les encourager à devenir des participants actifs dans les affaires de la société.

    Un coup d’oeil à ce texte suffit à comprendre qu’il n’y a pas d’Arabes palestiniens en Israël ; Il y a les Israéliens d’abord, et les "Musulmans, les Chrétiens, les Druzes et les autres" ensuite. Les étudiants arabes, selon cet objectif éducatif inspiré, doivent aimer Israël, et se sentir fiers d’être Israéliens — ni plus, ni moins. Autant il serait louable de distribuer un tel mémorandum (avec le changement de nationalité approprié) aux citoyens élevés au Liban, en Irak et ailleurs, autant en Israël, il serait difficile de suggérer un document plus grotesque.

    Il entre en jeu ici une attitude colonialiste très persistante. Il n’était pas suffisant pour cette direction coloniale de saisir la terre d’un peuple, de jeter dehors ses habitants, d’en amener d’autres à leur place et de détruire le tissu de toute une société, puis de justifier cela sous le prétexte d’une promesse divine, alors qu’elle se considérait, en même temps et avec le même degré de sincérité, comme un mouvement laïque de libération nationale.
    ./...

    Texte complet : Obtenir de vos victimes qu’elles vous aiment, par Azmi Bishara (octobre 2007).

  • permalien Vvolodia :
    2 novembre 2007 @14h52   « »

    idha 3ouribet, khouribet ; wa idha khouribet

    I.K

  • permalien
    2 novembre 2007 @15h40   « »
  • permalien K. :
    2 novembre 2007 @15h46   « »

    AKIVA ELDAR (éditorialiste du Haaretz) à AMY GOODMAN (interview du 8/10/2007) :

    - « Nous avons soixante-dix des 120 membres de la Knesset qui soutiennent la solution des deux Etats basée sur les lignes de 1967. »  !!!!

    - « Je me demande pourquoi la Ligue arabe n’a pas ajouté à son initiative récemment renouvelée de 2002 un nouveau paragraphe disant que le Moyen-Orient doit être dénucléarisé, y compris Israël. Je crois que cela doit faire partie d’un accord régional. » Serait-ce parce que les membres de la ligue Arabe comptent sur la protection d’Israel (et de Yossi Alpher) pour poursuivre l’émancipation de leurs peuples ?

  • permalien Daniel :
  • permalien Sébastien :
    2 novembre 2007 @16h21   « »

    Bonjour,

    Aniversaire historique, il y a 90 ans jours pour jours, c’était le Déclaration de Balfour :

    « Cher Lord Rothschild,

    J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui.

    Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

    Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

    Arthur James Balfour »

    En 1922 la SDN donnera un mandat sur la Palestine aux britaniques, mandat qui reprendra la dite déclaration.

  • permalien K. :
    2 novembre 2007 @17h26   « »

    Un très bel anniversaire :

    « Une nation a solennellement promis à une seconde le territoire d’une troisième. »

    Et Sébastien en a les larmes aux yeux.