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Mort de Georges Habache

dimanche 27 janvier 2008, par Alain Gresh

Le dirigeant du Front populaire de libération de la Palestine vient de mourir à Amman à l’âge de 82 ans. Voici sa biographie telle que nous l’avons publiée, Dominique Vidal et moi-même, dans Les 100 clés du Proche-Orient (Hachette, coll. « Pluriel », 2006).

Né le 2 août 1926 à Lydda (Palestine), Georges Habache est issu d’une famille de commerçants chrétiens de rite grec orthodoxe. En juillet 1948, durant la guerre de Palestine, sa famille est expulsée de sa ville natale. Installé à Beyrouth, il poursuit à l’université américaine des études de pédiatrie, qu’il achève en 1951. Il est déjà très actif politiquement, mais ce n’est que l’année suivante qu’il fonde le Mouvement des nationalistes arabes (MNA). A partir de ce moment, sa vie se confond avec celle de son organisation.

C’est cette même année 1952 que Georges Habache ouvre à Amman un “dispensaire du peuple”. C’est de là qu’il participe à la direction du MNA, dont le but est ainsi défini : “Tant que n’existera pas l’Etat unifié regroupant l’Irak, la Jordanie* et la Syrie (comme premiers pas), notre confrontation avec les Juifs et l’alliance occidentale sera quasiment impossible.”

Arrêté en 1957, il se réfugie à Damas, au moment de la constitution de la République arabe unie entre l’Egypte et la Syrie. Convertis au nassérisme, Georges Habache et le MNA développent des théories contraires à celles du Fath. L’essentiel, selon eux, pour la “libération de la Palestine”, n’est pas la mobilisation des Palestiniens* eux-mêmes, mais l’engagement des pays arabes contre Israël*. Le rôle des Palestiniens se borne à celui de “catalyseur”. En 1964, le MNA crée une branche palestinienne qui agit à partir de Beyrouth, où le Dr Habache s’est installé. Elle mène sa première action armée en 1966.

La guerre de 1967, qui porte un coup sérieux au prestige de Nasser, frappe de plein fouet le MNA. Celui-ci disparaît, emporté par le naufrage de l’idée arabe que le raïs égyptien a incarnée. Le MNA donne naissance à plusieurs sections régionales, dont les plus célèbres sont la branche du Yémen du Sud, qui s’empare du pouvoir à la fin de 1967, et le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) que dirige Georges Habache.

Installé en Jordanie avec les autres organisations de fedayin, le FPLP développe un grand activisme sur le terrain et se fait connaître de l’opinion internationale par les détournements d’avions, dont le premier frappe, le 23 juillet 1968, un appareil de la compagnie El Al. Affaibli en février 1969 par une scission impulsée par Nayef Hawatmeh, le FPLP n’en joue pas moins un rôle provocateur dans le royaume hachémite, où il appelle à la chute du régime. “La libération de la Palestine passe par Amman”, clame-t-il, entraînant l’OLP dans l’affrontement de septembre 1970 (voir “Septembre noir”), qui verra l’élimination de la résistance de Jordanie.

Après cette lourde défaite, le FPLP infléchit ses orientations. Il renonce, en 1972, aux “opérations à l’extérieur”, préférant concentrer ses coups en Israël, mais sans établir de distinction entre objectifs militaires et cibles civiles. Il adopte le marxisme-léninisme comme théorie. Il rompt avec ses éléments les plus extrémistes, comme le Dr Wadid Hadad. Après 1973, le FPLP n’en est pas moins au cœur de l’opposition aux nouvelles orientations de l’OLP. Georges Habache condamne l’idée d’un mini-Etat en Cisjordanie et à Gaza ; il s’oppose à la tenue de la conférence de Genève et au voyage de Yasser Arafat aux Nations unies ; il attaque violemment l’URSS, coupable à ses yeux de pousser l’OLP dans la voie de la capitulation. Son seul allié sur la scène internationale, à l’époque, est l’Irak*.

Après la signature des accords de Camp David, l’unité palestinienne se ressoude mais le FPLP, qui a quitté le Comité exécutif en 1974, ne le réintègre qu’en 1981. Ayant subi une grave opération du cerveau à la fin de l’année 1980, le Dr Habache reste à l’écart pendant de longs mois. Les divergences restent profondes entre le FPLP et le Fath, et éclateront après 1982. Georges Habache se retrouve à nouveau au centre d’une coalition anti-Arafat : le Front de salut national palestinien, auquel participent également les dissidents du Fath, la Saïka et le FPLP-Commandement général d’Ahmad Jibril. Pourtant, contrairement à ces groupes, il ne refuse pas de participer au CNP d’Alger d’avril 1987 – à l’issue duquel il rejoint à nouveau les organes exécutifs de l’OLP – et à ceux de novembre 1988 et de septembre 1991. S’il rejette certaines décisions de cette dernière session, en particulier l’acceptation de la résolution 242, il déclare vouloir maintenir l’unité palestinienne.

Les accords d’Oslo prennent Georges Habache et le FPLP à contre-pied. Le mouvement tente, avec les organisations de la gauche palestinienne et islamistes, de créer un front d’opposition, mais sans véritable succès. En Cisjordanie et à Gaza, il voit son influence s’effriter et de nombreux militants, même hostiles à l’accord d’Oslo, regrettent une opposition stérile ; certains participeront même aux élections du 20 janvier 1996. Le FPLP assiste au Conseil national palestinien qui se tient à Gaza, en avril 1996. Il se contente de discuter le nombre de sièges qui lui sont attribués, et ses représentants n’assistent pas à la session qui abroge la Charte de 1968.

Pragmatique, croyant que les accords d’Oslo sont devenus une réalité incontournable, il répond positivement, en 1999, à l’offre de dialogue de l’Autorité palestinienne à la veille de l’échéance sur le statut final des territoires palestiniens. L’Autorité et l’opposition se mettent d’accord sur les “constantes palestiniennes” : la création d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale, le démantèlement des colonies israéliennes, le retour des réfugiés dans leurs foyers et la réactivation de l’OLP “en tant que cadre de l’action politique palestinienne”. Israël accepte le retour du FPLP et des cadres à condition qu’ils renoncent à la lutte armée.

En juillet 2000, Moustapha Al Zibri, alias Abou Ali Moustapha, succède à Georges Habache au poste de secrétaire général. Un an plus tard, en août 2001, le nouveau chef du FPLP est victime de la politique de liquidation israélienne. L’organisation, jusque-là peu active dans la seconde intifada, engage une série de représailles, dont de nombreux attentats suicides et l’assassinat en octobre de Rehavam Zeevi, ministre du tourisme israélien au discours radical prônant le transfert des Palestiniens. Le nouveau chef du FPLP, Ahmad Saadat, représentant l’aile la plus radicale du mouvement, est arrêté par l’Autorité palestinienne en janvier 2002.

Dirigeant intransigeant, le Dr Habache, qui a longtemps gardé une grande autorité dans l’OLP, chez ses amis comme chez ses adversaires, a su, quelles qu’aient été ses alliances avec des régimes arabes, notamment avec Damas, préserver l’indépendance du FPLP et conserve une influence dans les camps du Liban, de Jordanie et de Syrie.

L’islam et l’Occident à Davos

Le Forum mondial de Davos qui se réunit en ce moment a rendu public un rapport intitulé Islam and the West : Annual Report on the State of Dialogue (Islam et Occident : rapport annuel sur l’état du dialogue). Je n’ai pas eu le temps encore de le lire, mais je pense que c’est un texte important sur lequel je reviendrai.

Argentine, la piste iranienne (suite)

Dans un envoi du 18 novembre 2006, j’étais revenu sur l’attentat contre un centre communautaire juif à Buenos Aires en 1994. Plusieurs responsables iraniens avaient été inculpés en 2006, dont l’ancien président Rafsandjani. Gareth Porter revient sur ces accusations dans un article du 24 janvier 2008 intitulé « US Officials Rejected Key Source on ’94 Argentina Bombing ». Le journaliste cite l’agent du FBI responsable de l’enquête en 1997-1998. Celui-ci met en doute la crédibilité du soi-disant « déserteur » iranien qui avait expliqué que l’attentat avait été planifié par la direction iranienne dès 1993.

Un film égyptien contre la torture

Une dépêche de l’agence Associated Press du 25 janvier, écrite par Nadia Abou El-Magd, et intitulée « Egypt cheers films critical of police », rapporte les polémiques provoquées en Egypte par la projection du film Heya Fawda (En français, Le Chaos - le film est projeté en ce moment à Paris). Le fim s’ouvre sur des scènes de brutalités policières contre des manifestants et se termine sur une scène de masses en colère prenant d’assaut un commissariat où les manifestants sont torturés. Et le public du film, projeté depuis novembre, applaudit...

Heya Fawda a été réalisé par Youssef Chahine, un des metteurs en scène les plus connus en Egypte et dans le monde, et par Khaled Youssef. Selon ce dernier, « le film n’est pas sur la torture, il porte sur la corruption et sur la répression qui prévaut ». Le film a connu un immense succès depuis sa sortie et a suscité un vif débat, la presse gouvernementale l’attaquant fortement.

47 commentaires sur « Mort de Georges Habache »

  • permalien Ph. Arnaud :
    27 janvier 2008 @16h54   »
    L’Islam et l’Occident à Davos

    Ce qui est étonnant, dans l’expression « L’Islam et l’Occident », c’est « Occident ». Celui-ci, en effet, n’avait de sens que lors de la guerre froide, où l’Occident était ce qui s’étendait à l’Ouest de la principale ligne de confrontation potentielle (celle de l’Europe, car, sur Terre, on est toujours à l’ouest de quelque chose et, sur le détroit de Béring, qui séparait les Etats-Unis de l’URSS, c’était cette dernière qui était « l’Occident »…).

    Or, même si un certain nombre de pays musulmans se situent à l’est de l’Europe, nombre d’entre eux sont plutôt au sud (tout le nord de l’Afrique, de la Mauritanie à l’Egypte). En gardant le terme « Occident », qui n’a donc plus de sens, on lui confère, à lui qui n’est qu’un relatif, la valeur d’un absolu (comme en disant l’« Amérique » pour les « Etats-Unis », on établit une partie comme égale au tout).

    Mais, surtout, en gardant « Occident », chargé d’une forte connotation idéologique, on invite subrepticement l’esprit à penser « Islam » sous les espèces de « monde communiste », c’est-à-dire d’adversaire ou d’ennemi. Et l’identification est d’autant plus forte que l’on pense les deux ensembles comme des blocs, ce qui, là aussi est une manœuvre idéologique déguisée.

    En effet, si « l’Occident » (entendu comme Europe + Etats-Unis) ne fournit pas un bloc homogène et ce, malgré des institutions communes (OTAN, Communauté européenne), à plus forte raison en est-il de l’Islam, dont les membres présentent une bien plus grande hétérogénéité : quel rapports y a-t-il entre le Nigeria, la Turquie et l’Indonésie ? Lier ainsi ensemble des pays qui ont, avec « l’Occident », des liens différenciés, c’est inscrire cette manoeuvre idéologique dans le cadre d’une confrontation…

  • permalien K. :
    27 janvier 2008 @18h40   « »
    Mort de George Habache

    Cette opposition entre “Islam”, religion et “Occident”, définition géographique (création de Samuel Huntington et Bernard Lewis) est en effet assez fantastique.

    À vouloir ainsi imposer les termes du débat celui-ci n’est-il pas en effet, dans le meilleur des cas, faussé dès le départ ?

  • permalien Bert :
    27 janvier 2008 @19h27   « »
    Mort de George Habache

    En page 11 du rapport en question, vous trouverez une définition des termes "ouest" et "islam" en ce qui concerne ledit rapport, que j’encourage les lecteurs à consulter. On y trouve évidemment des choses interessantes.

    A noter que le responsable du rapport est J DeGioia, président de l’université privée jésuite de Georgetown (USA), en partenariat avec un fils Saud (chef d’entreprise...), la "Gallup org" (consultants US...), la "kingdom foundation" (organisation "philantropique" saoudienne...), un think tank US pour le business dans le Moyen Orient et une holding saoudienne...
    Je rappelle qu’il s’agit du formu de Davos...!

    Quant à l’Iran, le ridicule de la position israelo-US atteint des sommets : que vont devenir les mandats d’arrêt lancés contre les iraniens supposés être mélés à cette affaire ?
    Israel signera t’il un jour le TNP, ou restera t’il en compagnie de l’Inde et du Pakistan ?

    Plus généralement, le sentiment d’injustice est évident, à la lumière de la situation exceptionnelle dont jouit cet état qui ne respecte aucune des résolutions de l’ONU pour lesquelles d’autres pays sont régulièrement la cible des nations dites "libres".
    Mais au delà d’être en marge du droit international, Israel mène régulièrement de pénibles et pathétiques campagnes de désinformation qui ne font qu’augmenter un peu plus le ressentiment de ses adversaires et la peine de ceux qui, comme moi, ne remettent pas en cause son existence, mais sont désormais incapables de soutenir des régimes aussi hystériques et manipulateurs.

  • permalien jugurta :
    27 janvier 2008 @19h27   « »
    islam, occident etc...

    @ Ph Arnaud, et K,

    Si le débat est faussé d’entrée de jeu avec les termes "Occident" et "Islam" mis côte à côte, quelle alternative à ces deux notions proposez vous pour expliciter le monde dans lequel nous vivons ?

  • permalien Pierre :
    27 janvier 2008 @21h02   « »
    Mort de George Habache

    A une époque ou des rapports officiels se remplissent d’expressions "christianisme et occident" et "dialogues entre Islam et occident", qui sont finalisés par l’étude des rapports entre "écoliers chrétiens et musulman", la mort de Georges Habbache vient rappeler, que bien que les chrétiens sionistes soient favorables au grand Israël, les chrétiens déplacés et spoliés par les fantaisies sionistes, rabaissent l’opposition ISLAM - OCCIDENT à une simple éructation raciste.

  • permalien Ph. Arnaud :
    27 janvier 2008 @21h28   « »
    Mort de George Habache

    @ Jugurta

    L’alternative consiste, précisément, à ne pas prendre ces termes comme « notions » ! De même qu’on n’aurait pas l’idée, aujourd’hui, de parler de « la chrétienté » en y incluant des pays comme les Philippines, la Russie ou l’Autriche, il est pour le moins étrange de dire « l’Islam » en y rangeant des pays comme le Nigeria, la Turquie ou l’Indonésie.

    De même pour l’Occident. Je ne vois pas en quoi, par exemple, la France devrait avoir – ou même se sentir – une quelconque affinité (ou solidarité) avec les Etats-Unis, dont le président symbolise un type d’économie et de société si néfaste à la grande majorité des Français… Je ne vois pas, non plus, pourquoi la France envoie des troupes en Afghanistan, et pourquoi elle ne se retirerait pas de l’OTAN en s’alliant à la Russie, pour constituer une coalition de revers et désintégrer ce fameux « Occident »….

    Après tout, je ne me lasse jamais du plaisir de le rappeler, on a des précédents fameux : quand François Ier, « Roi très chrétien », s’alliait au sultan Soliman contre le « Roi catholique » Charles Quint, quand Louis XIII, roi catholique, s’alliait aux protestants contre d’autres catholiques, quand le comte de Bonneval apportait aux Turcs une aide bienvenue contre l’Autriche, quand le général de Gaulle se retirait de l’OTAN et reconnaissait la Chine, quand la France allait aux Jeux de Moscou en 1980 en dépit des interdictions de Washington. Bref, quand la France n’a pas fait ce qu’on attendait d’elle, quand elle a brisé des « solidarités », en deux mots, quand elle s’est mise debout plutôt que de ramper… (Comme maintenant, par exemple).

  • permalien Pierre :
    27 janvier 2008 @22h04   « »
    Mort de George Habache

    Pour illustrer le propos de Ph. Arnaud sur les rapports est-ouest et rappeler un temps ou les juifs étaient opposés à "l’occident" (comme aujourd’hui les musulmans), un petit rappel historique : le "Mouvement Occident" de Pierre Sidos, qui en son temps à bien pourri l’atmosphère.

  • permalien K. :
    27 janvier 2008 @22h54   « »
    Mort de George Habache

    Sheikha Mozah Bint Nasser Al-Missned (voir lien sur Davos) :

    L’auteur Franz Fanon, a une fois noté que "le travail d’obscurcissement du langage est un masque derrière lequel se dresse la plus grande entreprise de pillage." Si nous voulons réellement évaluer l’état actuel du dialogue entre "islam" et "Occident", il nous faut commencer par souligner que le dialogue lui-même est un masque qui obscurcit de très réels conflits matériels et politiques.

    (..)

    Malheureusement, nous qui sommes sur le terrain sommes encore en train de discuter selon des termes qui ont été construits pour nous.

    Qu’on me permette de réagir ici à un précédent post d’Ana :

    Quand je vois quelqu’un écrire qu’il est légitime qu’Israel tue des civils parce que les laches terroristes se réfugient en leur sein et ceci au nom de la survie d’Israel, et qu’il l’ait écrit malgré des rapports qui prouvent que les dits terroristes tiraient à partir de zones non peuplées, et qu’il l’ait écrit alors qu’Israel n’hésite pas à exploser un immeuble de Beyrouth rempli de civils avec comme seule raison le fait qu’ils avaient reçu des renseignements leur disant qu’un responsable du Hezbollah s’y trouvait, et qu’il l’ait écrit en sachant que la Hasbara prétend qu’elle avertit les civils avant tout bombardement alors qu’en l’occurence elle n’a averti que 3 jours plus tard, je vous assure, Ana, que je trouve mon post auquel vous avez réagi tout à fait mesuré. Et peut-etre partagerez-vous mon avis si je vous disai que, dans l’immeuble en question, mes enfants auraient pu s’y trouver. Amicalement.

  • permalien K. :
    27 janvier 2008 @23h15   « »
    Mort de George Habache

    Je m’excuse d’insister :

    « Le 10 août, au début de l’après-midi, des avions israéliens ont largué sur le centre de Beyrouth, la capitale libanaise, des tracts invitant les habitants des quartiers de Hay Sallum, Bourj al Barajneh et Chiyah à évacuer ces zones, celles-ci étant susceptibles d’être attaquées par les forces israéliennes. Un de ces quartiers, Chiyah, avait déjà été bombardé par les forces israéliennes trois jours plus tôt, le 7 août, et plus de 50 civils avaient été tués. Des délégués d’Amnesty International se sont rendus sur les lieux le lendemain du bombardement ; ils ont découvert une scène de désolation, des corps de femmes et d’enfants étant encore dégagés des décombres. Trois jours après l’offensive, les équipes de secours étaient encore à pied d’œuvre. Les forces israéliennes n’avaient pas prévenu les habitants de la zone de l’imminence d’attaques aériennes. Ce secteur était même jugé plus sûr que d’autres quartiers de la capitale et des personnes qui avaient dû fuir leur foyer, dans d’autres régions du pays, y avaient trouvé refuge. »

  • permalien Ph. Arnaud :
    27 janvier 2008 @23h33   « »
    Mort de George Habache

    @ Jugurta

    Allez sur le précédent billet "Le Pakistan...", j’ai un mot pour vous à propos de la "civilisation" en Amérique du Nord...

  • permalien Ana :
    28 janvier 2008 @00h05   « »
    Mort de George Habache

    Bonsoir K.,

    Soit je me suis mal exprimée, soit vous m’avez mal comprise, ou plus simplement, c’est moi qui vous avais mal compris.

    Je vous vois répondre longuement et douloureusement, et je ne comprends pas bien à quoi ni pourquoi, d’autant que je partage vos deux posts d’aujourd’hui, et bien d’autres, au mot près.

    Faisons, si vous le voulez bien, que ce post qui vous a touché bien malgré moi ne soit pas et laissons Maurice Blanchot avoir raison quand il écrit : « La réponse est le malheur de la question » (L’Entretien infini).

  • permalien
    28 janvier 2008 @00h44   « »
    Mort de George Habache

    Apparemment je vous avais mal compris Ana. Autant pour moi.

    Michel Serres (L’incandescent, Livre de Poche, p. 166) :

    « ..mon père, né en Gascogne, sur le fleuve Garonne, non loin du confluent du Gers, entre deux crues à catastrophes, s’opposait souvent à ma mère, issue du Quercy, par des collines à vignes caillouteuses et sèches, comme un étranger à une femme exotique, distants l’un de l’autre de trente kilomètres, ce qui équivalait naguère à un écart d’astronome. Comme ils s’aimaient, ils s’adaptèrent ; comme ils s’adaptaient ils s’aimèrent. Mais s’ils se disputaient un moment, chacun revenait à son dialecte propre, car ils ne disposaient pas tout à fait du même mot, dit avec le même accent pour désigner le pain et le sel. Quoique nourri dans un particularisme minuscule, j’y ai connu cependant ce que les derniers racistes appellent aujourd’hui le choc des civilisations... »

  • permalien K. :
    28 janvier 2008 @01h56   « »
    Mort de George Habache

    Juste un conseil à ceux dont le racisme, d’autant plus malodorant qu’il s’appuie sur une lamentable malhonneteté intellectuelle, suinte à travers le moindre de leur écrit. La plus grande sagesse du monde, de nos jours, consiste à ne pas souhaiter le malheur de son prochain : il y a trop d’Arabes, trop de Musulmans. Et trop d’armes.

  • permalien Pierre :
    28 janvier 2008 @08h58   « »
    Mort de George Habache

    "Islam/Occident", 2 points de vues mesurés...

    - Bat Yé’or.

    (...) l’Europe est, comme Israël, un territoire sous juridiction « infidèle » (kafir) à islamiser. Et elle est encore plus en danger qu’Israël en niant l’histoire, l’idéologie totalitaires du jihad, qui règle toute relation avec les non-musulmans. Pour vaincre l’islamisme, il convient d’abord de l’analyser lucidement sans se voiler la face, puis en aidant les musulmans modérés. Ensuite en assumant les valeurs judéo-chrétiennnes et humanistes de l’Europe qui ont permis le développement des droits fondamentaux de la personne humaine

    - Tariq Ramadan :

    La première des choses qu’il faut dire, c’est qu’il y a déjà de l’islam dans la tradition occidentale et il y a déjà de l’Occident dans la tradition musulmane : il me paraît faux de proposer une approche binaire. Cela étant, il n’y a absolument aucune contradiction entre les principes sur lesquels se fonde la démocratie et les références islamiques. L’Etat de droit, la citoyenneté égalitaire, le suffrage universel, le fait pour l’élu d’avoir à rendre des comptes devant ses électeurs et la séparation des pouvoirs, qui sont les principaux éléments qui définissent la démocratie, sont tout à fait compatibles avec l’islam. Ce que nous devons espérer, c’est que ces principes soient appliqués partout, mais que chaque société trouve son modèle de démocratie correspondant à son histoire, à sa culture et à sa psychologie collective, comme cela est le cas dans chacune des différentes sociétés européennes ou américaines.

    ... à l’aune des Droits de l’Homme... ou du droit des hommes ?

  • permalien
    28 janvier 2008 @14h07   « »
    Mort de George Habache
  • permalien Pierre :
    28 janvier 2008 @15h27   « »
    Mort de George Habache

    Opinion sur "L’incompréhension grandit entre Islam et Occident (Traduction)"

    Dès les premières lignes, tout est dit voici ma version corrigée :

    "Selon un rapport publié par le Forum Economique Mondial, dans les pays musulmans de 62% à 82% des personnes musulmans interrogées ont le sentiment que l’occidentles non-musulmans ne les respectent pas. En occident, moins de la moitié des sondés [non-musulmans] estiment que l’ouest [comprendre le monde non-musulman] respecte le monde musulman."

    Le sondage ne nous dit pas le sentiment des non-musulmans sur le respect que leur accorde les musulmans, mais c’est une information sans intérêt car elle n’alimente aucun phantasme.
  • permalien Sébastien :
    28 janvier 2008 @17h51   « »
    Mort de George Habache

    Arnaud :

    "De même pour l’Occident. Je ne vois pas en quoi, par exemple, la France devrait avoir – ou même se sentir – une quelconque affinité (ou solidarité) avec les Etats-Unis, dont le président symbolise un type d’économie et de société si néfaste à la grande majorité des Français… Je ne vois pas, non plus, pourquoi la France envoie des troupes en Afghanistan, et pourquoi elle ne se retirerait pas de l’OTAN en s’alliant à la Russie, pour constituer une coalition de revers et désintégrer ce fameux « Occident »…."

    Alors pourquoi les pays musulmans seraient solidaire de la Palestine ?

    L’Occident est l’héritier de la chretienté, appartenir au monde occidental fait parti de l’identité nationale de la France ; tout comme appartenir au monde arabo-musulman fait partie de l’identité nationale de l’Algérie.

    Nous vivons à l’époque des nationalismes, il ne faut pas l’oublier.

    Les aires de civilisations se sont crées avant Georges Bush, c’est ce que vous disiez Arnaud en considérant les croisades comme une intrusion de l’occident dans le monde arabo-musulman.

  • permalien Ahmad :
    28 janvier 2008 @18h22   « »
    Mort de George Habache

    Salam

    Tariq Ramadan et Abdelwahab Meddeb seront les invités de Frédéric Taddéi dans "Ce soir ou jamais" sur France 3 le mercredi 30 janvier 2008.

    Salam

  • permalien Ana :
    28 janvier 2008 @19h09   « »
    Mort de George Habache

    "Que pensez-vous de la ’politique de civilisation’ invoquée par Nicolas Sarkozy ? " (Vidéo, 4’27) - Alain Badiou. Ne pas manquer, d’entrée de jeu, la phrase chasse-mouche.

    Pour les amateurs, Alain Badiou, encore : "Quelle forme peut prendre ’l’hypothèse communiste’ aujourd’hui ?" (Vidéo, 5’35)

  • permalien Ph. Arnaud :
    28 janvier 2008 @19h25   « »
    Mort de George Habache

    @ Sébastien

    1. La solidarité des pays musulmans avec la Palestine ne me gêne pas. Celle de la France avec les Etats-Unis, en revanche, me gêne beaucoup ! Tout l’effort des Français devrait consister, précisément, à tourner leur pays vers la Palestine et à saboter tout ensemble (coalition, alliance, groupement d’intérêt) qui se présenterait comme un bloc « occidental » contre le reste du monde… Et spécialement contre les pays musulmans !

    2. Cette position est cohérente avec la mission que j’assigne, en politique intérieure, à la classe moyenne : non pas se solidariser avec les riches, pousser aux privatisations, voter à droite, mais, au contraire, être solidaires des pauvres, pousser aux nationalisations, aux hausses d’impôts directs, et aux votes les plus à gauche possible… Actuellement, la politique internationale, avec la prééminence des Etats-Unis de Bush, n’est que l’amplification, à l’échelle mondiale, de la guerre des riches contre les pauvres menée à l’intérieur de chaque pays, par les privilégiés.

    3. Au demeurant, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, les Etats des deux aires de civilisations ne se sont pas privés de se choisir des alliés dans l’autre aire, au détriment des Etats de leur propre camp :

    - Le résultat le plus clair de deux siècles de croisades a été la destruction, par les croisés, de l’empire byzantin, qui les avait pourtant appelés à l’aide contre les musulmans, et qui constituait, pour la chrétienté occidentale, un glacis protecteur.

    - Peu avant 1453, les Byzantins ont préféré subir la domination turque plutôt que la domination de l’Eglise romaine.

    - En 1683, au moment du second siège de Vienne, l’ambassadeur d’Espagne a poussé jusqu’au bout l’Empereur à s’entendre avec les Turcs pour tourner ses armes contre Louis XIV et celui-ci a utilisé sans vergogne la menace de Kara Mustapha pour pousser ses Réunions.

    - Durant la guerre de Crimée, la France et l’Angleterre, puissances chrétiennes, se sont liguées à l’empire ottoman contre la Russie, autre puissance chrétienne.

    - Lors de la deuxième guerre balkanique, la Serbie et la Grèce, puissances chrétiennes, se sont tournées contre la Bulgarie, leur alliée de la première guerre, avec l’aide de la Turquie, qui avait été leur adversaire commun, 6 mois plus tôt.

    - En 1914-1918, l’empire des Habsbourg, qui avait combattu près de trois siècles contre les Ottomans, a été leur allié.

    - Durant la guerre froide, la Turquie a été dans l’OTAN contre le pacte de Varsovie, alliance qui, bien que communiste, était néanmoins de religion chrétienne. Et lors des guerres de Bosnie et du Kosovo, des avions turcs ont participé à des frappes contre la Serbie. Pour reprendre vos termes, le nationalisme a chaque fois fonctionné – et bien fonctionné ! – au détriment d’une fumeuse solidarité de civilisation…

  • permalien Nadya :
    28 janvier 2008 @20h32   « »
    Mort de George Habache

    Je n’oublierai jamais. Goerge Habash, médecin, s’est vu un jour refusé le droit le plus élémentaire, il s’est refusé des soins. Des médecins ont refusé de le soigner. Souvenez vous il y a quelques années, c’est arrivé en France et ça a déclenché une crise gouvernementale ( pas à cause du refus mais à cause de l’hospitalisation). Un médecin n’a pas le droit de refuser des soins à un malade. Enfin, il est mort chers médecins.

  • permalien K. :
    28 janvier 2008 @22h31   « »
    Mort de George Habache

    “Les éléments du dialogue” entre “l’Islam et l’Occident” selon Davos.

    « Le dialogue ainsi défini comprend la communication au niveau de la société civile, aussi bien qu’au niveau étatique et international. »

    « Cette communication a souvent une dimension stratégique, elle peut tromper, intimider ou ne proposer que des ordres du jour étroits. Mais le discours public ne devrait pas être considéré uniquement comme une manipulation cynique. C’est aussi un moyen d’élaborer des fins, des moyens et des valeurs, ainsi que d’écouter et d’apprendre. C’est une façon de persuader les autres de la justesse de sa cause et de créer des coalitions autour de projets communs concrets. »

    Ça s’annonce pas trop mal, d’autant plus que le contexte politique international est pris en compte :

    This report focuses on dialogue around five issue areas :

    • International politics. , etc..

    Hélas, la première rubrique aurait pu tout aussi bien s’intituler « comment distinguer, selon Davos, les “jérémiades” des “problèmes plus profonds”. »

    « Lors d’une session, un clerc sunnite de premier plan, Youssef al-Qaradawi, a soulevé une jérémiade envers la politique américaine au Moyen-Orient et son soutien inconditionnel à Israël. « Les milliards que vous dépensez pour renforcer la puissance militaire au Moyen-Orient ne vont rien vous faire gagner, comme cela ressort de vos échecs en Irak et en Afghanistan", a-t-il accusé. »

    L’idée que le règlement du conflit israélo-palestinien pourrait conduire à une percée sur l’ensemble des relations islamo-occidentales n’est pas universellement partagée. Lors de la session de janvier 2007 de l’Assemblée annuelle du Forum Economique Mondial, le ministre israélien des Affaires étrangères, Tzipi Livni [sic] a exprimé son scepticisme.

    « Depuis notre création, nous avons été sur le front d’un conflit que beaucoup voient comme une pomme de discorde majeure entre l’Islam et l’Occident », a-t-elle noté. "Certains estiment - à tort, selon moi - que la résolution de ce conflit est la clef de la restauration de l’harmonie entre l’Islam et l’Occident." Elle a fait place à des problèmes plus profonds, en particulier la lutte entre les musulmans modérés et extrémistes. À son avis, ces derniers exploitent le conflit israélo-palestinien pour mobiliser leurs partisans. La question politique fondamentale, Livni a insisté, est la volonté des voisins d’Israël de respecter son droit d’exister dans des frontières sûres.

  • permalien Pierre :
    28 janvier 2008 @23h00   « »
    Mort de George Habache

    "Pourquoi ne nous aiment-ils pas ?"

    Ce qui est surprenant dans cette étude, c’est l’approche marketing de l’étude.

    Il ne s’agit pas du tout comme son titre le suggère d’un "rapport annuel sur l’état du dialogue entre l’Islam et l’Occident", mais d’une étude segment par segment de la preception que les musulmans ont de l’Occident

    Tout se passe comme si l’Occident, décidait de se placer sur les linéaires du Grand Super Market, pour attirer le prospect musulman.

    Ce que la guerre n’a pas pu résoudre, le marché y pourvoira semble nous dire cette étrange initiative.

    C’est vrai que nous sommes à Davos !

  • permalien Pierre :
    29 janvier 2008 @07h42   « »
    Mort de George Habache

    Le dialogue entre Islam et Occident, un faux problème helvéto-suisse ?

    - Le Temps - Islam, la rencontre explosive :


    • Qui aurait cru qu’on verrait un jour, sur la même estrade, l’inspirateur de l’initiative anti-minarets de l’UDC, Ulrich Schluer, et l’ancien président iranien Mohammed Khatami, aujourd’hui président de la Fondation pour le dialogue entre civilisations ?

    • Ulrich Schluer, à la défense de l’initiative, a affirmé qu’il était temps de tracer une limite claire entre l’Etat de droit et une religion qui prétend imposer sa propre loi.

    • Reconnaissant que l’initiative, s’attaquant aux minarets, visait la dimension symbolique du problème tel qu’il le décrit, mais aussi parce que c’est le lieu où selon lui les imams font progresser leur propagande, Ulrich Schluer a été contredit par tous les autres participants.

    • Ingrid Mattson, présidente de la société islamique américaine, estime que les références constantes à notre société « judéo-chrétienne » contredisent l’esprit séculier dont se réclament ceux qui combattent l’islam.

    • Thomas Wipf, président du Conseil des Eglises protestantes, juge que cette initiative fait exactement ce que ses auteurs reprochent aux Etats islamiques de faire vis-à-vis des autres religions : l’exclusion plutôt que l’intégration. C’est le dialogue qui doit prévaloir.

    • Pour Andreas Kley, professeur de droit à l’Université de Zurich, l’initiative « ne cherche pas à résoudre un problème mais à en poser un », rappelant que la loi fédérale sur les constructions permet de régler la question. Au surplus, le texte entre en collision avec le droit international, argument auquel Ulrich Schluer oppose le droit du peuple à disposer souverainement.

    • Et Mohammed Khatami ? « Le problème n’est pas la religion ou le sécularisme, dit-il, mais l’extrémisme. Où qu’il existe, l’extrémisme est dangereux. Il n’a pas d’autres moyens d’expression que la violence. Mais il ne faut pas laisser le sécularisme être un extrémisme. Dans l’islam, la souplesse prévaut aussi. » Et les minarets en Suisse ? « Ce qui compte, c’est d’aller à l’intérieur des lieux saints », conclut-il.

  • permalien
    29 janvier 2008 @08h22   « »
    Mort de George Habache

    Extrémisme est le mot que les extrémistes les plus forts ont inventé pour désigner tous ceux qui ne leur obéissent pas.

  • permalien Pierre :
    29 janvier 2008 @09h06   « »
    Mort de George Habache

    « Extrémisme est le mot que les extrémistes les plus forts ont inventé pour désigner tous ceux qui ne leur obéissent pas. »

    ... donc l’extrémiste a été inventé avant l’extrémisme...

    ... mais par qui ? ... par les désobéissants ? ... les plus forts ?... comme ça ?...

  • permalien Sylvain :
    29 janvier 2008 @09h33   « »
    Mort de George Habache

    "Intellectuels" ou non, nous utilisons trop souvent des mots dont nous ne pesons pas la portée

    C’est quoi un sincère pratiquant modéré de sa religion ?

    A partir de quand pratique-t-on "extrémistement" sa religion ?

    N’est-il pas logique que si on considère sa religion comme la meilleure, comme un précieux trésor ou encore un don de "son" Dieu, on souhaite la voir partagée par tous ?

    De là à imposer sa pratique plus ou moins sincère à tous, il y a un pas que d’aucuns, franchissent en pensant que c’est pour le bien de tous. C’est çà l’extrémisme ?

    L’ennuyeux c’est qu’aucun "cadre" de n’importe quel religion peut démontrer que c’est incontestablement Dieu (concept si mal anthropomorphisé) qui a inspiré les écritures auxquels on fait référence et sur lesquelles certains s’appuient pour tuer.

    La Source de tout est, et elle a mis en nous le plaisir plus ou moins recherché d’être bon et compatissant.

    Mais de là à structurer une organisation et une hiérarchie religieuse avec des textes sacrés, des obligations et des rites ......

    Certains chercheurs théistes (croyant en Dieu) de la sagesse ne le jugent pas nécessaire

  • permalien Sébastien :
    29 janvier 2008 @11h31   « »
    Mort de George Habache

    Arnaud les classes ouvrires des pays occidentaux peuvent se solidariser de leurs dirigeants, surtout si le terrorisme les vise indistinctement.

    Plein d’ouvriers ont voté Georges Bush en 2004.

    Les aliances entre Gouvernements d’Etats d’aires de civilisation diférentes existent, mais les peuples ne suivent pas forcement :

    - Connaissez vous beaucoup de jordaniens fires de l’accord Golda Meir/Habdalah, (partage de fait de la Palestine entre israéliens et jordaniens) ?

    - Est ce que beaucoup de turcs sont fiers des bonnes relations entre la Turquie et Israël, (c’est vrai que la Turquie a un antagonisme ancestral avec le monde arabe) ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 janvier 2008 @12h52   « »
    Mort de George Habache

    @ Sébastien

    1. Les classes ouvrières peuvent juger tout à fait autrement. En particulier les Espagnols, en 2004, qui ont, en 3 jours, basculé après les attentats de Madrid et renvoyé Aznar qui les avait embarqués dans la désastreuse guerre d’Irak (et porté au pouvoir Zapatero, qui a précisément retiré ses troupes de ce pays). La classe ouvrière peut aussi se comporter intelligemment…

    2. Les accords entre Israël, d’une part, et la Jordanie et la Turquie, d’autre part, n’auraient certainement pas eu lieu si les Etats-Unis n’avaient fortement pesé en ce sens. Il est plus que douteux qu’une Jordanie et une Turquie indépendantes des Etats-Unis auraient signé des accords avec Israël.

    3. Dans le cas des rapports entre les orthodoxes et les catholiques romains, la haine des orthodoxes envers les catholiques était bien plus forte que leur animosité envers les musulmans, et cette haine était commune au peuple tout entier, comme le dit Georges Ostrogorsky dans son Histoire de l’empire byzantin. (Payot, 1969, page 590).

    4. Même chose pour les Hongrois : en 1514, une levée paysanne censée appuyer l’armée royale contre les Turcs refusa de déposer les armes, et se souleva contre les nobles sous la conduite de Georges Dozsa. Cette révolte fut écrasée atrocement : Dozsa fut placé sur un trône en fer chauffé à blanc et ses compagnons forcés de le dévorer. 12 ans plus tard, lorsque les Turcs revinrent, les nobles allèrent se faire tuer tout seuls à Mohacs… Dans ces deux derniers cas (je pourrais vous en citer d’autres) le prétendu fossé entre Islam et chrétienté, s’est avéré moins profond que le fossé à l’intérieur de la même religion ou que le fossé de classe…

  • permalien Petit grincement :
    29 janvier 2008 @16h46   « »
    Le Diplo sur Israël : Gresh et Vidal,

    POur ceux qui ne doutent pas de l’honneteté de Messieurs GRESH et VIDAL, je leur recommande vivement de se repporter à cet article sur Sabra et Chatila paru dans L’Arche n° 595-596 (décembre 2007 - janvier 2008)

    Trop long à reproduire ici malheureusement, en ligne sur upjf.org

  • permalien Ana :
    29 janvier 2008 @17h00   « »
    Mort de George Habache

    "Youssef al-Qaradawi, a soulevé une jérémiade envers la politique américaine au Moyen-Orient et son soutien inconditionnel à Israël".
    (…)
    "Certains estiment - à tort, selon moi - que la résolution de ce conflit est la clef de la restauration de l’harmonie entre l’Islam et l’Occident." Elle a fait place à des problèmes plus profonds, en particulier la lutte entre les musulmans modérés et extrémistes."

    C’est comme ça, K. L’Islam ‘geint’ et s’agite, alors que l’Occident ‘réfléchit’. Israël, même si tout vous dit le contraire, c’est l’Occident. Tzipi Livni, c’est l’Occident en Orient.

    Amon Raz-Krakotzkin, dans son livre Exil et souveraineté, s’attache à montrer que :

    (…) «  La définition nationale du judaïsme repose sur le cadre judéo-chrétien commun qui permet d’inclure les juifs dans l’Occident. C’est la signification essentielle du concept de négation de l’exil. Dans le sionisme, le retour remplace la conversion des juifs. Il opère la transformation des juifs en les incorporant à la culture européenne sans qu’ils aient besoin de se convertir » (…)

    (…) «  La pensée sioniste adopte pleinement le paradigme orientaliste. L’orientalisme est manifeste dans tous les aspects du ‘retour à l’Histoire’. (…) Paradoxalement, le départ d’Europe et la création d’une entité juive en Orient ont permis aux juifs de se considérer explicitement comme une nation occidentale – pour employer les termes de Herzl, comme l’avant garde de la civilisation contre la barbarie. Ce n’est pas là un simple accessoire du sionisme, c’est l’aspect essentiel de la définition nationale des juifs, la conséquence de l’adoption du discours politique européen. »

    (A suivre)

  • permalien Ana :
    29 janvier 2008 @17h01   « »
    Mort de George Habache

    « Tandis que le courant juifs dominant en Occident considérait le judaïsme comme une religion européenne et rejetait la vision des juifs comme une nation aux origines orientales ou sémites, le sionisme a adopté la définition des juifs comme nation, mais une nation européenne dont le retour dans son pays, en Orient, était la condition de son rattachement à l’Occident. Dans la négation de l’exil, on peut voir l’expression de l’orientalisme : son discours est basé sur l’attribution au juif exilique de tous les traits négatifs associés à l’Orient dans la culture européenne moderne. La négation de l’exil est donc destinée à faire du juif un occidental, en l’opposant à l’Orient arabe d’un côte, et au caractère oriental du juif exilique de l’autre.

    « Le discours sioniste adressé aux Palestiniens, mais aussi aux juifs orientaux, comporte les deux aspects du paradigme orientaliste, tels que les a présentés Edwart Said. D’un côté, l’image de l’Orient comme origine, et des Arabes (ou des juifs orientaux) comme les gardiens de la tradition hébraïque antique, modèle pour ceux qui édifient la nouvelle culture hébraïque. De l’autre, l’image d’un Orient agressif, irrationnel et archaïque, véritable symbole de la barbarie. Le sionisme a imaginé la nouvelle implantation juive en Palestine comme le contre-pied du monde arabe. »

    Je prends le temps (que je n’ai pas eu l’occasion de prendre dans mon précédent post) de vous remercier pour le goût du pain et du sel.

  • permalien Sébastien :
    29 janvier 2008 @17h39   « »
    Mort de George Habache

    - Arnaud, si Aznar n’avait pas menti sur Al Quaïda, il aurait put gagner les elections, mais sa gestion fut désastreuse, et les terroristes ont eut ce qu’ils voullaient, (condoléances aux familles des victimes).

    - Même sans les USA, les turcs pouraient faire des alliances avec les israéliens, car ils ont un fort clivage avec le monde arabe, (les rivaux de mes rivaux sont mes alliées).

    - En Israël même, les israéliens ont sut jouer sur le clivage entre druzes et arabes, ou disons plutôt que les druzes d’origines palestinienne ont un comportement diférent des chretiens et des musulmans, (ils servent loyalement dans Tsahal).

    - Je ne parle même pas du comportement de certains chretiens maronites, qui quoi qu’arabes ont eut un comportement ambiguë en 1982 lorsque les israéliens sont rentré au Liban, (ah la complexité des alliances de la politique libanaise).

  • permalien Pierre :
    29 janvier 2008 @18h11   « »
    Mort de George Habache

    Afin de dissiper les sous-entendus (qui pourraient être malentendus comme nauséeux et hors propos) de Petit grincement, je me permet de mettre les liens de l’article qu’il nous recommande si mystérieusement :

    Les prétendues « responsabilités israéliennes » dans le massacre de Sabra et Chatila : une enquête de la rédaction de « L’Arche » (œuvre collective et anonyme)

    ainsi que bien qu’ils soient des grands classiques faisant référence, les articles incriminés.

    - Sabra et Chatila, retour sur un massacre Par Pierre Péan

    - « Liban : quand la presse israélienne commence à douter ». par Alain Gresh Dominique Vidal

    Bien entendu, merci à Petit grincement pour avoir attiré notre attention sur les courageuses prises de position de l’Arche.

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 janvier 2008 @21h40   « »
    Mort de George Habache

    @ Sébastien

    « Si Aznar n’avait pas menti sur Al Qaida, il aurait pu gagner les élections… ». Non ! Vous confondez causes conjoncturelles et causes structurelles. Comme ceux qui disent que, si à Waterloo, Grouchy était arrivé à temps, si Ney n’avait pas attaqué à contretemps, si les Français avaient encloué les canons anglais, si…, si… Il ne serait rien passé ! Napoléon, structurellement, était au bout du rouleau. S’il n’avait pas été battu à Waterloo, il l’aurait été deux jours, quinze jours, un mois après… Et l’accumulation même des erreurs n’était pas fortuite : lors de batailles antérieures (Marengo, Eylau, Aspern), des erreurs avaient eu lieu, qui furent rattrapées. Et ce, parce que les Français avaient encore l’énergie et la foi. En 1815, ils ne l’avaient plus !

    Même chose pour Aznar. Les Espagnols totalisèrent la moitié des manifestants de février 2003 contre la guerre américaine qui eurent lieu dans le monde entier ! Structurellement, l’Espagne était contre la guerre : une grosse perte de soldats espagnols en Irak aurait fait le même effet. La guerre de 2003 en Irak était une guerre absurde, une guerre injuste – et injustifiée – une guerre ruineuse. Aznar n’avait pas plus à envoyer des soldats en Irak que Franco la légion Azul sur le front russe…

    Les attentats de Madrid vous scandalisent parce que, depuis 1880, vous aviez l’habitude de voir les musulmans prendre des coups sans les rendre. Contre un adversaire disposant de moyens de rétorsion équivalents (la Russie), les Occidentaux ne se permettraient pas de telles fantaisies. Mais les attentats de Madrid ou de Londres ne sont pas plus scandaleux que ne l’étaient les bombardements américains sur les villes allemandes. Qu’est-ce que la Wehrmacht avait fait aux civils américains pour que l’US Air Force s’en prenne aux civils allemands ? Pourquoi ne s’en prenait-elle pas qu’à l’armée allemande ?

  • permalien K. :
    29 janvier 2008 @21h53   « »
    Mort de George Habache

    - Hiam Nawas, ou l’esprit Davos (“Passerelles commerciales, passerelles entre deux mondes”) :

    « ..qui dit stabilité et prospérité économique en Occident, dit profitabilité et sécurité pour les investissements du CCG. » Et Mme Hiam Nawas omet bien soigneusement de nous dire ou vont les investissements (des roitelets) du CCG (Conseil de Coopération du Golfe).

    - Le clash des civilisations : :

    « Ce religieux, qui s’est fait une spécialité de la chasse aux intellectuels progressistes, n’hésite pas à voir dans le film de Khaled Youssef un éloge de la perversion sexuelle où il reconnaît "les doigts - je traduis mot-à-mot ! - de l’Amérique et du sionisme" !!! »

    C’est par le biais de la trés modérée et très pro-américaine Al-Arabiyya que Sa Sainteté s’exprime.

    (Que l’on ne me comprenne pas mal, je ne suis pas en train de suggérer que le clash est entre religieux et laiques : il y a des religieux “intellectuels progressistes”, comme des laiques obscurantistes)

    Ana, je suis vraiment confus pour ma bourde. Mille excuses encore une fois.

  • permalien Ahmad :
    29 janvier 2008 @21h58   « »
    Mort de George Habache

    Salam

    Quand il sagit d’islam et d’occident, il serait juste de questionner aussi l’occident (sa philosophie,ses pensées), et de ne pas sortir à chaque fois le problème des musulmans modérés et extrémistes, dont il faudra nous dire sur quel critère, on défini la modération et l’extrémisme concernant l’islam.

    On a un peu l’impression quand terme de philosophie, pas grand chose ,voir rien n’est à remettre en cause, , ça ressemble quand même beaucoup à du dogmatisme, enf ait ça en est clairement

    Pourtant à y regarder de plus près les travaux des philosophes des lumières( comme il est dit en toute modestie) et ceux qui suivent, il y aurait beaucoup à dire.......

    Il viendra d’ailleurs,inshallah, un travail de critique de la philosophie occidentale, à partir des sources islamiques,,, très enrichissant.

    travail déjà présent d’ailleurs, et puis on retrouve dans la philosphie occidentale de la pensée islamique.

    L’islam étant une religion autant occidentale qu’orientale, toute ces contributions, participe en même temps de la pensée universel, et aussi occidentale

    Salam

  • permalien K. :
    29 janvier 2008 @22h10   « »
    Mort de George Habache

    ..et surtout des laiques aussi faux-culs que le religieux en question !

  • permalien K. :
    29 janvier 2008 @22h53   « »
    Mort de George Habache

    @ Sébastien

    Les Druzes de Palestine sont des Arabes. À moins que vous ne considériez qu’il suffit d’avoir de bons rapports avec les Juifs d’Israel pour cesser de l’etre ? (ce qui ne m’étonnerait pas soit dit en passant).

    Pour essayer de comprendre la “complexité des alliances libanaises”, commencez par raisonner à l’endroit, par exemple en voyant le Liban comme un état-tampon. Et pour vous aider à vous départir de vos schémas de pensée, apprenez que... En 1982, Les chiites ont accueilli les envahisseurs israéliens avec des fleurs, du riz et des friandises.

  • permalien Pierre :
    29 janvier 2008 @22h53   « »
    Mort de George Habache

    Le dialogue entre l’OTAN ET l’Islam :

    Ce rapport présente une image sinistre du vingt-et-unième siècle, décrivant les principales puissances occidentales comme des nations assiégées par des ennemis réels ou potentiels et par des changements réels dans la situation mondiale.

    En réponse à ces prétendues menaces, le rapport appelle l’OTAN à adopter une stratégie de la « domination de l’escalade, soit l’utilisation de toute une collection de carottes et de bâtons et en fait, de tous les instruments de pouvoir, doux et durs, allant de la protestation diplomatique aux armes atomiques ».

    Il ajoute : « Malheureusement, les armes atomiques, et avec elles l’option du premier emploi, sont indispensables puisqu’il n’y a tout simplement pas de perspective réaliste d’un monde sans armes nucléaires. Au contraire, le risque est imminent que la prolifération continue et avec elle le danger que la guerre nucléaire, de nature limitée certes, devienne possible…..En somme, les armes nucléaires restent indispensables et l’escalade nucléaire continue de rester un élément dans toute stratégie moderne. »

    « En tant que puissance nucléaire, poursuit-il, l’Iran pourrait devenir insensible à des sanctions internationales. De plus, il dominerait la région, qui possède les réserves de pétrole et de gaz naturel les plus importantes au monde.  »

    Dans ses conclusions le document déclare : « Le manque de coopération et même, par moments, la rivalité entre l’Union européenne et l’OTAN est une chose qui doit être corrigée. » Il insiste sur le fait que « pour que les Etats-Unis puissent jouer leur rôle de façon la plus efficace possible, l’accord transatlantique entre les pays européens, le Canada et leur allié américain doit être renouvelé ». La réalité est que cet « accord transatlantique » est en train de se défaire, du fait du déclin historique dans la position internationale du capitalisme américain et du tournant opéré par l’élite américaine vers le militarisme.

    Un rapport insiste pour que l’OTAN se prépare à des frappes nucléaires préventives

  • permalien Pierre :
    30 janvier 2008 @06h31   « »
    Mort de George Habache

    Dialogue entre l’Administration Bush et l’Islam :

    La légèreté des mots le choc de la réalité.

    - NATIONS UNIES (Reuters) - Faute d’un accord sur la formulation entre la Libye, qui assure sa présidence, et les Etats-Unis, le Conseil de sécurité de l’Onu a renoncé à publier une déclaration sur la situation de crise dans la bande de Gaza après une semaine de discussions et de marchandages.

    (...) Selon des diplomates, les exigences de la Libye et des Etats-Unis sur le contenu et la formulation du texte se sont révélées irréconciliables.

    (...) Ce texte avait rallié le soutien de l’ensemble des membres du Conseil, à l’exception des Etats-Unis qui ont fait valoir, par la voix du n°2 de la mission, Alejandro Wolff, qu’il ne traitait pas du coeur du problème, à savoir "le putsch illégal réussi par les terroristes du Hamas contre le pouvoir légitime de l’Autorité palestinienne".

    Le Monde.fr : Le Conseil de sécurité renonce à publier un texte sur Gaza

    - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a promis au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas que le blocus israélien ne provoquerait pas une "crise humanitaire" à Gaza. L’afflux de Palestiniens en Egypte s’est poursuivi ce week-end.

    Romandie News : Olmert promet à Abbas d’éviter "une crise humanitaire" à Gaza

    - Les brèches ouvertes ces derniers jours à l’explosif par des activistes du Hamas dans la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte ont été refermées, hier, par des barbelés de la police égyptienne, seuls deux passages contrôlés par des membres du Hamas et des policiers égyptiens restant ouverts.

    Le Caire referme les brèches de la frontière avec Gaza

    - Gaza, le blocus au quotidien par Heba Zayyan

  • permalien K. :
    30 janvier 2008 @11h58   « »
    Mort de George Habache

    - “Pro-Israel” américains contre Islam :

    Parce que pour eux etre pro-Israel signifie limiter les bases de la politique étrangère américaine au soit-disant conflit des civilisations ; enfermer l’ensemble du monde occidental dans un combat contre le monde islamique.

    - Islam modéré contre Islam extrémiste.

    Tariq Alhomayed, du très indépendant (autant que la TV al-arabiyya) quotidien saoudien al shark al awsat, s’insurge contre le “silence” des modérés face à la “propagande médiatique” des extrémistes(et que les médias arabes soient dans leur immense majorité entre les mains des dirigeants arabes civilisés ne semble nullement géner Alhomayed).

    - Occident contre..Orient ? (Orient qui, tant qu’a faire, englobe l’Amérique du sud et centrale !) :

    In the aftermath of President George W Bush’s recent tour of the Persian Gulf, coinciding with a similar trip by France’s President Nicolas Sarkozy, culminating in a deal with the United Arab Emirates (UAE) for a small French base, Iran’s security calculus has changed.

    It has almost reached the point of Tehran considering the option of reciprocating the perceived excess Western intrusion into its vicinity by allowing a military base for China at one of Iran’s Persian Gulf ports or on one of its islands.

    The net result is the cognitive bifurcation of “West” versus “us” (1) that nicely dovetails with the new “eastern orientation” of Iran under President Mahmud Ahmadinejad. This is part and parcel of an energetic new “globalist” approach that includes new strategic openings with certain Latin and Central American nations.

    (1) : dans un article du nyt daté du 27/1/2008, on apprend que Sarkozy « a tempéré la rhétorique de monde multipolaire de J. Chirac » et qu’il parle de « la place de la France dans sa “famille occidentale,” une expression bien accueillie a Washington. »

  • permalien Sébastien :
    30 janvier 2008 @12h25   « »
    Mort de George Habache

    Arnaud : "Même chose pour Aznar. Les Espagnols totalisèrent la moitié des manifestants de février 2003 contre la guerre américaine qui eurent lieu dans le monde entier ! Structurellement, l’Espagne était contre la guerre : une grosse perte de soldats espagnols en Irak aurait fait le même effet."

    Certe, mais les espagnols manifestérent massivement contre les attentats, (presque autant de monde que contre la guerre). Le mensonge d’Aznar avait scandalisé, mais n’oubliez qu’il y a en Espagne un "sentiment anti-moros", (je simplifie volontairement), hérité de la Reconquista.

    Si Aznar avait été plus habile, se sentiment "anti-moros" aurait put l’emporter.

    Blair à bien gagné des élections malgrés les manifs anti guerre géantes au Royaume-Uni.

    Ceci dit je ne voit pas quelle guerre de libération nationale même Al Quaïda, (le Hezbolah et le Hamas semblent se méfier comme de la peste des auterurs des attentats de Madrid).

  • permalien Ph. Arnaud :
    30 janvier 2008 @14h07   « »

    @ Sébastien

    - « …les Espagnols manifestèrent massivement contre les attentats ». Oui, mais, ils manifestèrent encore plus massivement contre Aznar ! Ce qui est révélateur, c’est que le résultat du vote ait penché non dans le sens d’une confirmation de l’engagement d’Aznar en Irak mais d’un désaveu de cette politique.

    - « n’oubliez qu’il y a en Espagne un "sentiment anti-moros", (je simplifie volontairement) ». Vous simplifiez, en effet ! Parce que, en 1683, le marquis de Borgomanero, ambassadeur d’Espagne en Autriche, pressait l’Empereur de tourner ses armes contre Louis XIV, qu’il considérait comme autrement redoutable (et haïssable) que Kara Mustapha (et ce, à la veille du siège de Vienne). Parce que les franquistes (dont était le grand-père d’Aznar), durant la guerre civile n’eurent pas trop de gêne à utiliser les Moros (comme vous dites) contre les Républicains. Parce qu’en 1967, au moment de la guerre des Six Jours, l’Espagne n’avait toujours pas reconnu l’Etat d’Israël… (Cf. Bazak, La guerre-éclair d’Israël, par Julien Besançon, Seuil, 1967, p. 171).

    - « Blair à bien gagné des élections malgré les manifs anti-guerre géantes au Royaume-Uni. ». Objection sans valeur, à trois égards. 1. Blair a gagné sur d’autres éléments que la guerre, en particulier sur l’économie, perçue comme bonne (je dis bien « perçue »…). 2. Le mouvement général de l’engagement anglais (comme celui de tous les pays) en Irak est celui d’un désengagement et non d’un engagement accru. 3. Cela ne fait que confirmer l’illégitimité et l’impopularité de cette guerre parmi les populations européennes, Blair ne se comportant pas, en l’occurrence, d’une autre façon que Mussolini qui envoyait de pauvres soldats italiens au casse-pipe en Russie.

    - « je ne vois pas quelle guerre de libération nationale même Al Qaïda, (le Hezbollah et le Hamas semblent se méfier comme de la peste des auteurs des attentats de Madrid). ». Deux objections. 1. Il ne s’agit pas d’une guerre de libération nationale, mais d’une réaction du monde musulman dans son ensemble (aux humiliations et aux avanies qui lui sont infligées depuis au moins 130 ans), réaction qui ne peut être prise en charge par les gouvernements de ce monde, la plupart d’entre eux mangeant dans la main des Américains. 2. Les dissensions entre Hamas, Hezbollah et Al-Qaida sont normales : dans toute lutte contre un oppresseur, la division est la règle, l’unité l’exception. (Ex. anarchistes contre communistes dans l’Espagne républicaine, MNA contre FLN en Algérie, et tous les mouvements de l’Europe occupée, partagés entre communistes et nationalistes, mouvements de l’intérieur et mouvements de Londres, etc.).

  • permalien Sébastien :
    30 janvier 2008 @17h14   « »

    Arnaud on peut s’allier avec des armées arabes, c’est la réalpolique, et avoir une politique d’exclusion vis-à-vis de sa propre population musulmane. Les lois de la « Limpiza de sangre » excluant les non chrétiens des fonctions publiques en Espagne, et l’expulsion en 1609 des derniers arabes d’Espagne en sont un exemple. A la fin de la Reconquista les non chrétiens durent se convertir ou partir.
    Voila ce qui a fait un « sentiment anti-moros. »

    « Blair a gagné sur d’autres éléments que la guerre, en particulier sur l’économie, perçue comme bonne (je dis bien « perçue »…). »

    Ce qui veut dire que l’opposition à la guerre n’était pas aussi forte que ça, tout comme « l’antiaméricanisme » des français ne les a pas empêcher d’élire Sarkozy.

    « Il ne s’agit pas d’une guerre de libération nationale, mais d’une réaction du monde musulman dans son ensemble (aux humiliations et aux avanies qui lui sont infligées depuis au moins 130 ans). »

    Ce que vous dites est très dangereux, car la grande majorité des arabes semble ne pas apprécier les djiadistes. Vos propos sont un argument pour amalgamer les musulmans et les djiadistes, puisque pour vous les attentats sont l’expression du monde musulman et non d’une poigné de fanatiques.

    Manger dans la main des américain ça veut dire pour vous dénoncer Al Quaïda, alors la plus par des palestiniens mangent dans la main des américains.

    Vous ne pouvez pas comprendre que le Hezbolah s’inscrit dans la réalité libanaise, alors que les djadistes sont dans une logique fanatique d’islamisation du monde.

    D’ailleurs les musulmans dis impie sont leurs principales victimes.

    Un bon conseil : si la France est touché à son tour, quittez la, mais évitez de vous installer en Algérie.

  • permalien Ph. Arnaud :
    31 janvier 2008 @14h42   « »

    @ Sébastien

    - Vous ne fournissez aucune preuve du sentiment « anti-moros » des Espagnols. Au demeurant, ce sentiment avait fort peu d’éléments sur lesquels s’appuyer, à l’intérieur, en raison de l’absence desdits « Moros », après leur expulsion, et, à l’extérieur, en raison du reflux turc postérieur à 1571 et de la réorientation de l’Espagne sur d’autres terrains, autrement importants pour elle : France, Italie, Allemagne, Angleterre et, surtout, Nouveau Monde… Par ailleurs, les Espagnols ont bien davantage de raisons (objectives et subjectives) de s’opposer aux Anglo-Saxons qu’aux Arabes : en 1982, lors de la guerre des Malouines, la majorité écrasante des opinions publiques hispaniques était favorable aux Argentins (y compris dans des pays opposés au régime militaire). N’inventez donc pas de pseudo solidarités d’un « Occident » mythique…

    - Le fait que les Anglais n’aient pu s’opposer à l’entrée en guerre de Blair comme supplétif de Bush n’est pas une preuve. En 1940, la plupart des Italiens, hostiles aux Allemands et à la guerre n’ont pas pu, non plus, s’opposer à l’entrée en guerre de leur pays aux côtés de l’Allemagne. Quant à Sarkozy, il vaudrait mieux que vous attendiez la fin de son mandat pour vous prononcer…

    - Votre distinction entre « la grande majorité » des musulmans et « une poignée de fanatiques », est une reprise d’un thème éculé des conservateurs, notables et idéologues de droite : le peuple (ou les ouvriers, les paysans…) est naturellement calme, paisible, content de son sort et soumis à ses maîtres (et, sous-entendu, il n’a aucune raison de ne pas l’être). Tout serait donc pour le mieux, si une « minorité » (elle, toujours formée d’éléments extérieurs, agités et bavards), ne venait pas le pervertir en lui faisant croire qu’il est malheureux. Les Arabes, c’est bien connu, ne demanderaient pas mieux que de vendre des glaces aux touristes ou de proposer leurs femmes aux entrées des bases américaines…

    - Que voulez-vous dire par la plupart des Palestiniens ? Si ce sont les gouvernements, votre remarque est aussi peu fondée que pour les autres pays arabes. Et si un danger menace le monde, ce n’est assurément pas l’islamisation (fantasme qui n’existe que dans les délires de Jean Raspail) mais le type de société, d’économie et de politique actuellement incarnés par George Bush (et, en France, par Sarkozy). Les « ennemis » et les « amis » de la France ne sont pas là où vous les imaginez…

    - « Un bon conseil : si la France est touché à son tour, quittez la… » Touchée par quoi ? Et pourquoi devrais-je la quitter ?

  • permalien Sébastien :
    31 janvier 2008 @17h26   «

    Aranaud vut ne nombre de musulmans tués parceque déclarés "impies" par les djiadistes, sa metonerait qu’ils soient si populaires que vous ne le dites.

    les réactions dans le mondes arabo-musulman aprés le 11 septembre 2001 étaient plûtot négatives.

    Vous savez trés bien par quoi le peuple français pourrait trés bien être touché, et à ce moment la il ne faudra pas être du coté de ces ennemis.

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