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Un journal féministe interdit en Iran

mercredi 13 février 2008, par Alain Gresh

Un journal féministe interdit en Iran

Les autorités iraniennes ont décidé d’interdire le magazine Zanan (le site est en farsi) qui existe depuis seize ans. Un texte de solidarité circule qui précise que « ce magazine a joué un rôle prépondérant dans la diffusion des idées féministes dans ce pays. Il est à l’origine de changements de plusieurs lois et a aussi tenté de rendre compatible le Coran et les traditions islamiques avec les droits des femmes à travers leur réinterprétation au féminin. Grâce aux efforts de ce magazine, les militantes laïques et islamiques des droits des femmes sont conduites à lutter ensemble. Aujourd’hui, face à la montée de la résistance des femmes contre les lois et les institutions dont l’incompatibilité avec le temps présent n’est plus à démontrer, le gouvernement réagit en réprimant les mouvements des femmes ». Un texte de protestation circule que vous trouverez en document attaché.

Dans un article du Monde diplomatique de novembre 1996, signé par Azadeh Kian et titré « Islamistes et laïques pour la première fois unies. Des femmes iraniennes contre le clergé », l’auteure insistait déjà sur l’importance de ce magazine.

« Rédactrice en chef du magazine féminin Zanan ("Les femmes"), Mme Chahla Cherkat va plus loin et, au nom d’une lecture féministe de l’islam, exige une réforme de la pensée religieuse. "Face aux problèmes qu’affrontent les femmes, un changement radical des lois est nécessaire. Puisque plusieurs articles du code civil sont fondés sur la charia, la réinterprétation de celle-ci est indispensable, et les femmes doivent participer à cet effort." Evoquant M. Abdolkarim Soroush, un intellectuel religieux moderniste influent de l’ère post-révolutionnaire, qualifié de "Luther de l’islam iranien" , elle explique : "Certains intellectuels religieux ont énormément travaillé sur le sujet et ouvert la voie à une évolution de la pensée religieuse. Leur réussite aura sans doute des conséquences sur la condition féminine. Nous croyons que notre compréhension de la religion varie selon chaque époque historique et que les interprétations religieuses doivent en tenir compte." »

« En novembre-décembre 1992, dix mois à peine après son lancement, Zanan publie une série d’articles pour démontrer que le Coran n’interdit pas aux femmes de délivrer des édits (fatwas) religieux et qu’elles peuvent, a fortiori, prendre la direction religieuse, juridique et politique de la société. Rédactrices de la revue féminine Farzaneh , Mmes Ma’soumeh Ebtekar et Mamboubeh Ommi mettent l’accent sur la distinction entre l’islam et les traditions patriarcales sur lesquelles certains articles de loi sont fondés. Elles souhaitent donc que les religieux réformistes débarrassent les textes de ces articles, qu’elles ne jugent pas authentiques. Ces femmes font partie d’une nouvelle génération d’islamistes, issue de la révolution. Elles tentent d’adapter la religion à la réalité d’une société dans laquelle les femmes participent activement à l’activité économique, sociale et politique. »

Dans une tribune parue dans The International Herald Tribune du 9-10 février, Farideh Farhi, professeure adjointe à l’université de Hawaï (« Silencing a voice of reason ») écrit que la raison officielle de l’interdiction a été de menacer « la sécurité psychologique de la société », en montrant de manière délibérée sous un jour noir la situation des femmes dans la République islamique. Le magazine a été aussi accusé d’avoir des positions féministes extrémistes, parce qu’il défendait l’idée que de nombreuses lois inégalitaires dans les pays musulmans n’avaient pas de base islamique.

On peut aussi lire l’envoi Femmes, islam et libération.

On trouvera une très violente attaque contre Zanan (et, par la même occasion, contre Le Monde diplomatique) sur un site lié aux Moudjahidin du peuple. L’article du 1er février (« Iran : Le féminisme frelaté de la revue Zanan et la gauche française ») affirme que la suspension du magazine est « une mesure factice du régime pour rappeler à tout un chacun qu’en Iran il existe un courant dissident et féministe ».

On trouvera des données sur les femmes iraniennes sur un site "officiel" en anglais, Women’s Information & Statistics Center

Censure contre les chaînes satellitaires arabes Retour à la table des matières

Le site Sezame publie le 12 février un article intitulé « Les pays arabes restreignent la liberté des chaînes sattelitaires ». Selon cet article, « les pays arabes, sous l’impulsion de l’Egypte et de l’Arabie saoudite, ont adopté mardi un document restreignant les libertés des chaînes satellitaires arabes et prévoyant des sanctions en cas d’"offense aux dirigeants ou aux symboles nationaux et religieux". Le texte, présenté comme "régulant" le fonctionnement des chaînes satellitaires, a été approuvé par 21 des 22 ministres de l’information des Etats membres de la Ligue arabe lors d’une réunion extraordinaire convoquée à l’initiative de l’Egypte. Seul le Qatar, siège de la chaîne Al-Jazira, a voté contre ».

Cette inititiative vise, en priorité, la chaîne Al-Jazira, dont le ton a déplu notamment aux dirigeants égyptiens et saoudiens.

Israël confronté à son passé Retour à la table des matières

Israël confronté à son passé, c’est le titre du livre que vient de publier Sébastien Boussois aux éditions L’Harmattan, avec une préface de Dominique Vidal, et une postface de Charles Enderlin. Sous-titré « Essai sur l’influence de la "nouvelle histoire" », l’ouvrage revient sur la place des nouveaux historiens en Israël depuis 1988 et la manière dont ils ont profondément influencé la vision du conflit israélo-palestinien.

40 commentaires sur « Un journal féministe interdit en Iran »

  • permalien
    13 février @17h45   »

    « Les nouveaux historiens apportent ainsi la preuve que, malgré les conséquences de la détestable politique d’occupation et de colonisation, la démocratie israélienne peut encore servir de terreau à la critique de sa propre histoire. »

    Et la démocratie palestinienne ? peut-elle servir de terreau à la critique de sa propre histoire ? Prévenez-nous si ça arrive !!

    Personne ne se réjouit de la mort du terroriste Moughnieh ? alors je le fais pour vous. Youpi !!! il est mor, o re ! il ne mettra plus de l’eau dedans son ver, r e.

    http://chroniquesbeyrouthines.blog.20minutes.fr/index.html

    ah,au fait, non, ce n’est pas nous. (nous, les Sionistes).

  • permalien
    13 février @17h49   « »

    Le lien de l’article du site sezame.

  • permalien Pierre :
    13 février @18h38   « »
    Censure contre les chaînes satellitaires arabes...

    ... et le mystère des Coupures de Câbles Internet, Espions, Mensonges, Conspirations : Qu’y a-t-il Derrière la Panne Internet au Moyen Orient ?

    La rue arabe que le racisme ordinaire, s’emploie à présenter comme inflammable à la moindre information , serait-elle en passe d’être "canalisée" vers une vision plus favorable au mercantilisme globalisé ? Le site Anti-War se pose des questions.

    Imaginons pour la rigolade, des milliers de Texans fraichement initiés aux subtilités de la langue arabe, en train de noter scrupuleusement les mails proche-orientaux.

    En tout cas le rue occidentale est toujours prompte à générer des paranoïas !

  • permalien K. :
    13 février @19h25   « »

    - « Les critiques [internes] se multiplient contre les rejets de candidatures de réformateurs aux législatives du mois prochain en Iran. »

    Ces derniers jours, les critiques se sont multipliées contre le rejet de plus de 2.000 candidats, dont bon nombre de réformateurs et modérés, par les instances chargées d’organiser le scrutin du 14 mars.

    Dans ce contexte, le petit-fils de l’imam Khomeiny, l’hodjatolislam Hassan Khomeiny, qui avait déjà critiqué vendredi les disqualifications, est intervenu de nouveau pour critiquer cette fois-ci l’entrée des militaires en politique.

    - Marche arrière concernant ces disqualifications mais semble-t-il très partielle puisque sur les 2,200 écartés, la plupart “réformistes”, seuls 280 ont été repêchés. On apprend aussi que Hassan Khomeiny a subi des attaques verbales très dures de la part des plus “durs” du régime partisans d’Ahmadinejad.

  • permalien bert :
    14 février @10h27   « »

    Quelle tristesse... Je ne parviens pas à comprendre la "méthode occidentale" vis à vis de l’Iran... Toute menace extérieure, toute tentative de déstabilisation intérieure renforce les élements les plus durs et dénie à 60 millions de personnes d’espérer un renouveau et une évolution dans leur pays. On critique l’Iran théocratique, mais les réactions sont bien plus dures que celles concernant l’Arabie Saoudite (modèle de civilisation) ou le Pakistan (démocratie exemplaire...). On attribue les pires intentions à un pays qui n’en a pas agressé d’autre depuis 250 ans, et qui est signataire des traités TNP, quand Israel bafoue le droit international et que ni ce dernier, ni le Pakistan, par exemple ne sont signataires desdits traités alors qu’ils détiennent effectivement des armes nucléaires.

    Ce sont les iraniens, et donc les iraniennes, qui paient pour de telles politiques. Les hommes au pouvoir font des affaires, et asseoient leur pouvoir sur les menaces extérieures. La révolution iranienne est un élément majeur de la fin du 20ème siècle, qui aurait pu être un exemple d’évolution et de transition. La guerre voulue par l’occident et lancée par l’Irak aura été la première tentative globale de déstabilisation, et le premier exemple de renforcement des plus durs du régime. Depuis, l’Iran est menacée, villipendée, exclue, tenue à l’écart, alors même que les pays du Golfe, ces "modèles" détiennent désormais une importante part des actifs économiques de l’occident et sont présentés comme des alliés. Là où la révolution iranienne apporte un espoir d’évolution politique (la doctrine Khomeyni n’est pas la seule, l’opposition existe, la résistance iranienne est réelle), que peut on espérer des monarchies du Golfe ? de la dictature militaire du Pakistan ? Il faut cesser cette destructrice politique, et au contraire attirer l’Iran dans une sphère de coopération et d’entente au sein de laquelle les durs du régime ne pourront maintenir leurs politiques rétrogrades et contre-productrice. Israèl et les USA (et la France, aujourd’hui) veulent-ils la destruction de l’Iran.

  • permalien K. :
    14 février @11h47   « »

    Ce que dit Bert est essentiel. Le seul choix qui soit laissé pour les populations de la région est toujours des régimes autoritaristes, qu’ils servent ou qu’ils soient contre les intérets occidentaux.

    Il serait intéressant de comparer la situation matérielle et spirituelle (au sens large) des populations selon que leur régime se situe du coté dit modéré, c’est-a dire agissant pour les intérets occidentaux et le leur propre, ou du coté dit extrémiste c’est a dire agissant essentiellement pour leurs intérets propres.

  • permalien Pierre :
    14 février @12h46   « »

    Autour de la campagne "UN MILLION DE SIGNATURES POUR LE CHANGEMENT DES LOIS", Marie Ladier Fouladi, chercheuse au CNRS, retrace les parcours du mouvement féministe iranien :

    On peut considérer comme pionnières des courants féministes deux générations de femmes : celles que l’on appelle les « féministes islamistes », et celles formées sous le régime monarchique qui s’inspiraient des droits de l’homme et du concept de l’égalité entre les sexes. Parmi les premières, certaines étaient éditrices des magazines et qui ont commencé à publier dans les années 1990, des articles notamment ceux rédigés par les secondes proposant une lecture nouvelle de la charia, protestant contre les injustices rencontrées et revendiquant un nouvel équilibre homme-femme. Dans ces articles, ces femmes évoquaient les questions de garde d’enfant, de mariage, de divorce. Leur but était d’avertir les femmes sur leurs droits. Mais ce faisant, elles pointaient aussi les contradictions d’un régime islamiste qui se définit comme égalitaire mais impose des barrières aux femmes. Elles prenaient ainsi la plume avec l’ambition de pousser à un adoucissement des lois, invoquant un islam de tolérance et d’humanité pour justifier leur démarche. Parmi les secondes, certaines sont devenues très célèbres, comme Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix 2003, ou une autre juriste encore, Mehrangiz Kar : aujourd’hui exilées aux Etats-Unis, elles se sont mobilisées par exemple sur la question de la violence conjugale envers les femmes…

    « Les mouvements féminins en Iran sont porteurs de changements pour l’ensemble de la société »

  • permalien Pierre :
    14 février @13h06   « »

    Apropos des Campagnes iraniennes pour.... "sauver le monde",

    Alterinfo a mené son enquête

    La campagne de signatures pour ’sauver le monde’ n’est rien d’autre qu’une opération de manipulation de l’opinion publique organisée par les services de propagande des Etats-unis.

  • permalien K. :
    14 février @18h09   « »

    = Les “Moudjahidins du peuple d’Iran” ou Moudjahidin-e-Khalq (MEK) présentés par le site jamestown.org :

    Bien que n’étant pas un mouvement à fondement ethnique ou sectaire, le MEK est affilié au Conseil national de la Résistance d’Iran (NCRI), une organisation parapluie regroupant des mouvements anti-régime établis en Iran et dans la diaspora qui comprennent des groupes dirigés par des minorités ethniques et sectaires agissant pour mettre fin au régime islamiste chiite.

    [Il s’agit] d’un étrange groupe militant classé par le Département d’Etat américain comme une organisation terroriste étrangère, dont l’idéologie combine un mélange de discours gauchiste et islamiste avec une vénération fanatique de type culte pour ses dirigeants.

    Certains américains partisans d’une attaque américaine contre l’Iran sont allés jusqu’à appeler à l’enrôlement des Moudjahidins du peuple d’Iran comme une procuration armée dans une future invasion. Sous Saddam Hussein, l’Iraq a fourni des armes au MEK, lui assurant formation et des bases sur le sol irakien, comme le Camp Achraf situé près de la frontière Iran-Irak. Les unités du MEK ont été désarmées [il s’agit plutot d’un cessez-le-feu entre MEK et Américains selon RAW STORY- voir lien ci-dessous] et restent sous la surveillance des forces menées par les Américains. Téhéran, néanmoins, craint qu’elles puissent encore être mobilisées pour servir comme forces terrestres dans un futur affrontement avec les États-Unis.

    - Chronologie de l’alliance MEK-administration américaine colligée par le site américain Raw Story dans un article repris par le site Contre Info. Tout commence par : ..mid-August 2002 The National Council of Resistance of Iran (which considers itself an Iranian government in exile, and of which Mujahedin-E-Khalq or for short MEK, is the dominant member) holds a press conference in Washington and states that Iran has a secret nuclear facility at Natanz, due for completion in 2003.

    - En Mai 2003, Daniel Pipes appelle à soutenir le MEK. Et conseille : « To deter the mullahs from taking hostile steps (supporting terrorism against coalition troops in Iraq, building nuclear weapons), it could prove highly effective to threaten U.S. meetings with the MEK or providing help for its anti-regime publicity campaign. » Apparemment ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

  • permalien K. :
    14 février @19h50   « »

    La rose rouge déclarée “anti-islamique” par les principaux pays arabes dit modérés :

    « L’Arabie saoudite, qui applique une version ultra-rigoriste de l’islam, considère la Saint-Valentin comme une "fête chrétienne païenne", en vertu d’une fatwa (décret religieux) édictée il y a sept ans par son grand mufti, cheikh Abdelaziz Al-Cheikh. »

    Pour une fatwa déclarant la présence des troupes américaines au M-O comme étant “anti-islamique” c’est promis, ce sera à la Saint-Glin-Glin.

  • permalien K. :
    14 février @20h12   « »

    Pourtant, les positions réellement anti-islamiques du principal groupe religieux militaire américain (Officers Christian Fellowship) mériteraient bien une petite fatwa :

    Un ex-aumonier de l’armée américaine démis de ses fonctions :

    « “Je ne suis pas prêt à dire que si quelqu’un ne professe pas le Christ comme son sauveur il va aller en enfer ... Cela a mis beaucoup de gens en colère”, a précisé l’aumonier, parlant sous condition d’anonymat par crainte de représailles contre sa conjointe qui est un officier supérieur. »

    « “Le leader du groupe des jeunes qui administre les adolescents (à l’académie) a déclaré que les catholiques ne sont pas chrétiens et que les musulmans haïssaient les chrétiens, ce qui a créé beaucoup de tension” a ajouté l’ex-aumônier. »

  • permalien Pierre :
    15 février @07h35   « »

    Le nez dans l’Armagédon :

    Alors que le Liban manifeste ses divisions, après l’assassinat de Moughnieh, Israël a réussi à détourner l’évènement en replaçant l’insécurité d’Israël au centre des priorités.

    Surfant sur de petites informations soigneusement rédigées :
    - Un ancien haut fonctionnaire de la CIA : Le Mossad est derrière l’assassinat de Mughniyah
    - en alimentant une "juste" colère du Hezbollah :

    Israël a officiellement démenti mercredi toute implication dans l’élimination mardi à Damas d’Imad Moughnieh, qui était considéré comme l’ennemi numéro 1 de l’Etat hébreu. Mais le Hezbollah a immédiatement accusé l’Etat hébreu d’être responsable de l’assassinat de Moughnieh qui avait été dans le passé, selon des médias étrangers, la cible de tentatives d’élimination du Mossad, les services de renseignements israéliens.

    preuve est apportée qu’Israël a eu raison de s’assoir sur les promesses d’Annapolis.

    L’accusé de réception du message envoyé à Washington est en cours d’envoi : Nasrallah : Washington "alarmé"

  • permalien Anièry :
    15 février @11h10   « »
    Irshad MANJI, une féministe musulmane d’origine indienne.

    Irshad Manji renouvelle la tradition de l’ijtihad, cet esprit de questionnement et de liberté qui a animé l’âge d’or de l’islam entre 750 et 1250. Elle est certainement très proche des féministes de l’Iran.

    The Trouble With Manji

  • permalien
    15 février @11h15   « »
    Irshad Manji, le cauchemar des intégristes

    Un autre portait d’Irshad Manji en français :

    Le cauchemar des intégristes.

  • permalien K. :
    15 février @15h13   « »

    Irshad Manji

    Concernant le succès des écrits d’Irshad Manji dans des pays à majorité non-musulmane (voir article du Monde), est-ce essentiellement la majorité non-musulmane de ces pays qui s’est procurée son livre ou la minorité musulmane ?

    Dans le premier cas de figure, comment ce livre a-t-il été perçu, à quoi est du son succès ? Est-ce parce qu’il prouverait que la notion de clash des civilisations est une fabrication ? Parce qu’il prouverait que la religion musulmane est compatible avec la tolérance et le progrès ?

    Ou est-ce parce que les gens y ont vu la preuve que tout mouvement islamiste est rétrograde et intolérant ? Dans cette dernière hypothèse, pourquoi cette perception plutot que la première ? N’est-il pas aisé de conclure que, puisque les résistances au diktat occidental sont essentiellement le fait des groupes islamistes, ces résistances sont injustifiées ?

    Beaucoup d’hypothèses certes, mais il me semble que ce sont des questions qui méritent d’etre soulevées.

  • permalien Pierre :
    15 février @15h41   « »

    "J’éprouve un malaise absolu en pensant à toutes les fatwas proclamées par le brain-trust de notre religion, pas vous ?" déclare Irshad Manji dans l’article du Monde.

    Brain-trust de notre religion, voilà un bien curieuse formulation qui si elle s’applique mystérieusement très bien à l’Islam, ne passe pas le filtre de la traduction en Français. Le Clash des Civilisations sans doute...

    Après une campagne menée contre elle dans toute l’Europe sur son mensonge, Ayaan Hirsi Ali démissionne de son siège de député et s’exile aux États-Unis, où elle a été recrutée par l’American Enterprise Institute, un think tank néo-conservateur proche de l’administration Bush.

  • permalien yasmina :
    15 février @18h32   « »

    1/ on dirait que pour devenir celebre à l’echelle planétaire, le bon tuyeau consiste à critiquer avec virulence, insulter l’Islam. Plus c’est gros, plus on sucsite de protestation, voire une fatwa( c’est le cas idéal) plus on est celebre. Le cas de la dame Ali est vraiment pathétique.

    2/ depuis le début,l’Islam( religion de l’équité qui défends le droit des opprimées y compris celui des femmes,qui glorifie la vertu et condamne le vice,preche la charité et la tolérance,interdit le fanatisme et la contrainte en matière de foi, réprouve les passions criminelles, la haine, le racisme, la cupidité,les représentations figurés de Dieu, l’attachement excessif aux vaines richesses de ce monde, protège la proprièté privée ) était combattu car jugé revolutionnaire à son époque. Ce qui ne l’a pas empecher de se répandre. L’agression contre l’Islam continue et continuera jusqu’à la fin des temps. Les chiens aboient, la caravanne passe.

    3/ C’est vrai qu’on reconnaie l’arbre à ses fruits et actuellement beaucoup de fruits sont mauvais . Mais est ce la faute à l’Islam ? Plutot aux musulmans eux meme ,, au fait qu’ils se sont éloignés au fil des temps, se sont égarés,divisés, ont manqué de fermeté et de constance, de justice et d’équité ......

  • permalien Ahmad :
    15 février @18h45   « »

    Salam

    Aniéry dit :

    "Irshad Manji renouvelle la tradition de l’ijtihad, cet esprit de questionnement et de liberté qui a animé l’âge d’or de l’islam entre 750 et 1250. Elle est certainement très proche des féministes de l’Iran."

    L’’ijtihad date de la période du prophète Mouhammad, ses fondements sont coranique, et le prophète a formé ses compagnons femmes et hommes à cela.

    Un de ceux qui redonnera sa grandeur, et de sa vivacité à cette outils n ’est autre qu’ibn Taymyia.

    IBN taymyia c’est comme Hassan al Banna, beaucoup de discours(surtout des calomnie), mais très peu lu.....

    Des éléves d’ibn taymyia, prendront la relève,comme ibn qayim

    D’autre sont connus, pour leur apports au renouveau de la lecture des textes, comme shatibi chawkani.....

    Malheureusement certaines tendances ont une lecture de certains savants, bien loin de ce qu’ils étaient

    Salam

  • permalien K. :
    15 février @19h18   « »

    - Michel Foucault et l’Iran :

    « Le problème de l’islam comme force politique est un problème essentiel pour notre époque et pour les années qui vont venir. La première condition pour l’aborder avec tant soit peu d’intelligence, c’est de ne pas commencer par y mettre de la haine »

    - (Im)politiques de Foucault. Avec le point de vue de Maxime Rodinson.

  • permalien Yann :
    15 février @19h24   « »
    La PAIX est POSSIBLE en Terre sainte

    Le Hamas soutient une initiative importante elaboree par deux hommes tres serieux (selon Helena Cobban) - le rabbin Menachem Froman et le journaliste proche du Hamas Khaled Amayrehe - visant une treve. Qu en sera-t-il du gouvernement israelien ?

    Helena Cobban (justworldnews.org) demande, a juste titre, de diffuser cette video partout.

  • permalien K. :
    15 février @22h18   « »

    On n’est pas sorti de l’auberge.

    Le journaliste et président du conseil d’administration du journal Al-Akhbar Ibrahim al-Amine (sur Al Manar TV) concernant la mort d’Imad Moughnieh :

    Pour le Hezbollah ne pas répliquer c’est renforcer la conviction d’Israel que ce qui ne peut etre réglé par la force peut etre réglé par plus de force encore. Le hezbollah répliquera ce qui obligera Israel à faire un choix capital.

  • permalien K. :
    16 février @00h38   « »

    Les terroristes courageux (du haut de leur appareil volant) dont France 2 et David Pujadas, éminents membres de la gente civilisée, ne parleront pas :

    - Ce jour en Irak : Une frappe aérienne américaine tue au moins 8 membres d’une famille irakienne dont une femme et 5 enfants.

    - Ce jour à Gaza : Les FDI (sic) bombardent un immeuble de 3 étages dans lequel se trouvait un membre du Jihad Islamique : “5 autres personnes meurent, y compris des femme et des enfants”.

    Mais Pujadas qualifie la mort des plus de 200 marines américains, venus preter main forte au “boucher de Beyrouth” d’acte terroriste. Et il met sur le compte de Moughnieh l’attentat d’Argentine sans avancer la moindre preuve.

  • permalien Pierre :
    16 février @09h22   « »

    L’interdiction d’un journal féministe (ou autre) est toujours une marque de faiblesse pour une démocratie, il y a cependant des formes de censures qui s’exercent de façon plus hypocrite.

    Aujourd’hui, à la tête de l’état français , une personne sous prétexte qu’elle a été élue démocratiquement, s’arroge le droit de faire porter a chaque enfant de France, la culpabilité de la mort de quelqu’un qui aurait pu être son grand-père.

    Ce qui est grave dans cette démarche ce n’est pas seulement la volonté de vouloir manipuler la conscience de jeunes enfants, mais aussi la censure qui s’exerce sur la réalité de l’action du gouvernement.

    Si un devoir de mémoire doit s’exercer, il ne doit pas se limiter à la compassion des victimes, mais il doit aussi s’attacher à la révélation de la continuité de l’impunité des bourreaux, qui du vel d’hiv à aujourd’hui, en passant par Sétif et le 17 octobre 1961, par delà les régimes, les guerres, les politiques, ont avec une belle constance organisé la CHASSE AUX IMMIGRÉS AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.

  • permalien
    16 février @12h26   « »

    Ainsi donc, Mr sarkozy, au diner du CRIF, déclare qu’il ne rencontrera ni ne serrera la main de quelqu’un qui ne reconnait pas l’état d’Israel. Bien, cela est dit après avoir serré la main des saoudiens, qataris, emiratis et lybiens réputés pour leur reconnaissance d’Israel...

    la ficelle atteignant la taille du cable, petite marche arrière de ceux qui sont chargés de corriger les élucubrations présidentielles a posteriori : il disait cela suite à la mention du risque posé par l’Iran. La phrase était donc à comprendre comme "je ne rencontrerais ni ne serrerais la main de quiconque ne reconnait pas l’état d’Israel ET est iranien". C’est plus clair...

    par contre, allusion est faite aux "déclarations" d’Ahmadinejad sur Israel. Il faut rappeler qu’Ahmadinejad n’a jamais dit qu’il voulait "rayer Israel de la carte" ; il a dit que le "régime qui occupe Jerusalem doit disparaitre de la page du temps", citant plus ou moins précisément Khomeyni (Imam goft in rezhim e ishgalgar e Qods bayad az safeh ye ruzgar mav shavad) dans son contexte, cette phrase reprend ce que disait Khomeyni, à savoir que s’il apparaît impossible que le régime sioniste disparaisse, ne serait-ce que par l’appui militaire et économique donné par les USA, l’exemple du régime du Shah, mais aussi de l’Union Soviétique (auquel les iraniens aujourd’hui ajoute l’Irak de saddam Hussein) montre que cela est possible. Pour autant il n’appelle pas à la destruction d’Israel, mais reste fidèle à la position iranienne selon laquelle le régime sioniste est le bras oppressif occidental sur le monde arabe et moyen oriental. Il s’agit d’évoquer le "régime change" cher à nos alliés américains, et non la destruction de l’état d’israel.

    De plus, j’aimerai que soit rappellé que les juifs iraniens ne sont pas persécutés, qu’ils disposent d’une représentation au parlement iranien, de la liberté de conscience et que très peu d’entre eux souhaiteraient émigrer en Israel, malgré la récente implantation de l’agence juive dans le pays. Beaucoup, il est vrai, souhaiteraient partir, surtout aux USA, mais cela a peut être plus de rapports avec la situation globale de l’Iran, où les ultras, confortés par les politiques occidentales, oppriment le peuple sans pour autant le soulager économiquement et socialement.

    je n’ai nullement l’intention de défendre Ahmadinejad, que je n’apprécie pas en tant que dirigeant, ni ses soutiens politiques, qui ont fait la preuve de leur incapacité, de leurs oeillères idéologiques et de leur corruption. J’ajoute que je déplore la fermeture de zanan, excellent magazine dans lequel, au delà de ce qu’il apportait aux femmes iraniennes et à la société, mes filles ont appris leurs rudiments de farsi...

  • permalien K. :
    16 février @14h09   « »

    - Le point de vue de René Naba :

    « Une diplomatie de la canonnière et la négation des profondes aspirations des peuples autochtones, dans la plus pure tradition coloniale européenne, ont fini par générer une réplique matérialisée par l’usage de l’arme de la terreur dans un combat asymétrique développant à son paroxysme une culture de la mort avec pour objectif, tant à New York, qu’à Washington, qu’en Israël Palestine, qu’à Ryad, à Kaboul, Ankara, Casablanca, Madrid, Londres, Falloujah, Nadjaf, ou ailleurs, une déstructuration de l’adversaire à défaut de sa destruction. »

    - Un article d’aujourd’hui dans le Monde de Caroline Fourest (il existe un choc "fanatisme contre laïcité") :

    Il existe plusieurs façons de se battre contre ce nouveau totalitarisme qu’est le fanatisme. (..) Seul le surcroît de danger de l’islamisme oblige aujourd’hui [les laïques authentiques] à mener [le combat] surtout contre l’islamisme, et même parfois contre l’islam, puisque la religion sert de prétexte au fanatisme.

    - avec une réponse de LMSI.. en 2004 :

    « ..à l’inverse [de Caroline Fourest], il faudrait en déduire la dangerosité ou la nocivité accrue de la politique américaine plutôt que celle de l’intégrisme musulman ! »

    - Une série d’articles de LMSI concernant Caroline Fourest.

  • permalien Ana :
    16 février @18h20   « »

    Hier un journal féministe interdit en Iran, aujourd’hui l’obligation pour tous les enfants de France âgés de 10 ans de porter en eux 11 000 cadavres d’enfants vieux de 60 ans (chacun le sien, je me demande si 11 000 cadavres suffiront à la tâche) ou l’extraordinaire projet de Sarkozy de faire parrainer des enfants de la Shoah. Parmi les déclarations de diverses personnalités, ma préférée est celle, « formidable », de Marek Halter.

    Marie Lavin, agrégée d’histoire, déplorait dans Le Monde d’hier (‘Ignorance et irresponsabilité’)  : « Déjà sur Internet fleurissent les plaisanteries douteuses comme "les enfants de CM2 auront un correspondant Shoah" ». Je ne trouve pas la plaisanterie douteuse, mais toute bonne. Elle est très bien illustrée ici.

    Heureusement, il n’y a pas que Sarkozy, mais aussi Souad Belhaddad et Isabelle Wekstein-Steg.

  • permalien K. :
    16 février @20h36   « »

    En attendant que les journaux de référence français en parlent (rien sur “actualités” google en langue française) :

    Guardian : le prince Bandar Ben Sultan, de l’axe arabe dit modéré, à Tony Blair en Decembre 2006 : je facilite les attentats terroristes contre ton pays si tu ne m’arrêtes pas ce foutoir immédiatement. Et Blair d’obtempérer.

    Le foutoir, c’est bien évidemment l’enquête britannique qui était dirigée contre le prince Bandar Ben Sultan soupçonné de corruption.

  • permalien Pierre :
    16 février @21h24   « »

    Ce doit être un virus domestique :

    Scandale sur les rives du Potomac

    Plusieurs articles de la presse américaine, accusant la femme de l’ambassadeur Bandar Ben Sultan d’avoir indirectement financé les attentats du 11 septembre, ont placé le royaume sur la défensive. Au même moment, les exigences politico-militaires de Washington à l’égard de Ryad se font plus pressantes que jamais.

  • permalien Pierre :
    17 février @07h27   « »

    Kathleen & Bill Christison, nous donnent des indications importantes, sur la situation géographiques des murs à abattre en vue d’une normalisation de la situation en Palestine :

    Ce que pense l’Amérique de la Palestine

  • permalien Ahmad :
    17 février @10h16   « »

    Salam

    Décalages entre discours islamique et message spirituel : 2eme Partie

    Comment peut-on approuvé que des coutumes patriarcales se substituent au texte sacré jusqu’à faire croire que le Coran est lui-même un texte fondamentalement patriarcal ! Or il n’y a rien de plus faux que cette assertion puisque depuis le début de la révélation, l’islam a, bien au contraire, lutté contre les traditions et les coutumes patriarcales fortement ancrées dans cette région d’Arabie.

    On peut même affirmer que le Coran est un texte anti-patriarcal puisque dans de nombreux versets il y a une critique et même un refus catégorique des principales formes de culture patriarcale.

    En effet, le Coran refuse radicalement l’un des fondements de base du patriarcat à savoir celui de « Dieu le Père – mâle » qui perpétue une réelle continuité entre le Père – Dieu et le père mâle et dont le pouvoir va s’étendre à celui du mari qui par droit divin va exercer son pouvoir sur l’épouse[1]. Ce concept de Dieu le père, est d’ailleurs antinomique avec le concept de l’unicité de l’islam.

    Le Coran condamne aussi la sacralisation des prophètes comme ‘pères’ de leurs communautés et critique durement et dans plusieurs versets ceux qui suivent aveuglément le chemin de leurs pères : « Et lorsqu’on leur dit : ‘ conformez vous à ce que Dieu a révélé’ ; ils rétorquent : ‘Non, nous devons plutôt nous conformer à que nous ont légué nos pères’, et quoi les suivraient-ils même si ils étaient dans l’erreur ? » Coran 2 ; 170[2].

    Le Coran a donc bel et bien fustigé ce pouvoir patriarcal représenté par l’autorité du mâle et l’on ne peut accepter, qu’au nom même de ce que l’islam dénonce, on puisse avaliser des coutumes patriarcales discriminatoires.

    Il est donc consternant de voir que l’élan de libération amorcé par la dernière religion révélée a été brisé en cours de chemin. Le discours sur la femme, tel qu’il fût formulé par le Coran et la Sunna, il y a plus de 1 400 ans, était résolument plus émancipateur, nettement différent voire des fois même opposé à celui que l’on nous propose aujourd’hui.

    Alors que le Coran transmet un message égalitaire avec des droits et des responsabilités, qu’il parlle des femmes dans un but de revalorisation évident, qu’il répond à leurs requêtes… qu’il dialogue avec elles… qu’il soit question de participation politique, de Bayâa, d’exil politique, de participation sociale, de revendications de droits, de liberté d’expression… aujourd’hui, l’essentiel du discours sur la femme dans la rhétorique islamique se focalise autour de concepts moralisateurs abstraits et surtout très infantilis

  • permalien Ahmad :
    17 février @10h18   « »

    ants !

    La femme est Fitna – tentation, la femme est Awrah – illicite au regard, on polémique sur son retour obligatoire au foyer et on insiste de manière réellement démesurée sur son comportement vestimentaire et sur son corps…

    La majorité du discours islamique actuel sur la femme se résume à son corps, à la manière la plus appropriée pour le couvrir, à ce qui est licite ou illicite en matière d’habits, à l’interdiction de se parfumer, de parler à haute voix, de rire ? ! Est-ce donc, à cela, que se résume l’essentiel du message de l’islam pour une femme ? Où est donc passé l’esprit libérateur du Coran et toutes les initiatives qui ont été proposées par le texte pour initier un véritable statut d’autonomie aux femmes ?

    Il est vrai qu’il y a dans l’islam, comme dans toutes les religions monothéistes d’ailleurs, une éthique du comportement et des valeurs fondamentales de décence par rapport au corps, à suivre et à respecter. Mais on oublie trop souvent que les hommes sont tout autant concernés que les femmes par cette « décence » physique…

    Et puis, on ne peut réduire l’essentiel du message spirituel à un code vestimentaire, comme la question récurrente du voile et à des discours perpétuels sur les dangers de la tentation féminine et sur des thèmes focalisés à outrance sur le corps de la femme…Le voile est devenu une priorité voire la priorité absolue pour toute femme musulmane qui se respecte et des musulmanes en se voilant vont réduire l’essentiel de leurs revendications à cette symbolique qui à force d’être rabâchée perd de sa crédibilité et devient par la force des choses un « étendard » vide de sens et ô combien dérisoire devant d’autres revendications prioritaires !

    Au- delà de la « recommandation » coranique du voile (le Coran parle de Khimar) qui ne peut être ni imposée ni interdite puisque cela répondrait à la même logique totalitaire, c’est à la femme et à elle seule de choisir d’en définir le sens et à personne d’autre ! Ce voile prétendu symbole de l’oppression des femmes chez certains, est devenu à force de tapage médiatique et à travers une construction idéologique entretenue, le symbole d’un véritable repoussoir, qui génère, aussi bien en occident qu’en terre d’islam, de véritables réactions passionnelles !

  • permalien Ahmad :
    17 février @10h20   « »

    Finalement, c’est le même type de discours que l’on retrouve de part et d’autre, d’une part celui qui veut libérer les femmes de cet islam qui les opprime et qui les « couvrent » un peu trop et qui reste obsédé, d’une autre manière, par le corps de la femme qu’il veut dans ce cas « dé-couvrir » .Alors que d’autre part, il y a celui qui focalise l’essentiel du message spirituel autour d’un corps de la femme qu’il faudrait « sur-couvrir » car il représenterait à lui seul la VISIBILITE de l’islam en tant qu’identité à préserver et le voile résumerait à lui seul toute la morale de l’islam…

    Dans les deux cas, et à quelques différences près, on est devant une idéologie sexiste qui fait fi de l’intelligence de la femme, qui fait l’impasse sur sa dignité d’être humain et sur sa capacité personnelle à faire ses propres choix au nom de ses convictions.

    L’esprit de cette dynamique de libération entreprise par la révélation a donc été contourné et l’impulsion qu’a connu la question de la femme musulmane a été petit à petit minimisée au détriment d’une juridiction qui s’est acharnée à verrouiller toutes les issues laissées ouvertes, aussi bien par les orientations coraniques que par la tradition du prophète.

    La philosophie du « gradualisme » prôné par le Coran qui, entre autres, visait une libération et une émancipation progressives, a été ignoré ce qui a favorisé la régression du statut de la femme.

    La révolution féminine fut donc rapidement avortée et les coutumes patriarcales discriminatoires ont vite fait de reprendre le dessus et d’orienter le discours religieux vers une restriction des libertés acquises, au nom d’une morale religieuse vidée de sa quintessence.

    La décadence du monde musulman s’accompagnera inévitablement d’une décadence encore plus marquée du statut de la femme du fait de deux grandes tragédies, d’abord celles des multiples conflits politiques inhérents au pouvoir autocratique et la persistance de l’esclavage. Alors que le Coran énonce à plusieurs reprises des dispositions pour l’abolition progressive de l’esclavage en déclarant tout acte de libération comme un acte méritoire, les musulmans vont, durant des siècles, faire perdurer cette pratique, qui concernant les femmes, va contribuer à institutionnaliser leur claustration dans les harems. .

  • permalien Ahmad :
    17 février @10h22   « »

    Et durant des siècles, alors qu’on fermera la porte de l’Ijtihad[3] – outil indispensable pour l’évolution de la pensée islamique – on ouvrira celle des « spéculations juridiques » à l’instar de « Sad Addarai », véritable dispositif juridique de dissuasion qui a largement contribué a institutionnalisé la culture officielle de subordination des femmes. Conçu comme un véritable « code préventif » autrement dit un « code de la peur », son contenu sera, du moins en ce qui concerne le statut de la femme, fortement répressif. Même si il est certain que certains savants ont élaboré ce genre de « code » dans le souci de préserver leurs sociétés respectives d’éventuelles dépravations des mœurs. Il n’en reste pas moins qu’il y a eu de véritables dépassements et des lois très contraignantes concernant les acquis islamiques en matière de droit et de liberté pour les femmes. C’est ainsi que l’on verra de nombreuses lois interdirent au nom de « Sad Addarai », des droits des plus élémentaires en islam. Comme le droit à l’éducation et au savoir qui sera pendant longtemps dénié aux femmes au nom de la prévention des mœurs sociales et des règles morales ! Or, quand on dénie aux femmes le droit au savoir on leur dénie le droit de justice et dans les deux cas on est en flagrante contradiction avec les principes de base de l’islam.

    Elaborer ce genre de lois juridiques qui prône des interdits à tout bout de champ afin de se prémunir contre les risques toujours probables d’une dépravation des mœurs est la preuve que notre pensée est une pensée mortellement « assiégée » ! C’est, en plus d’être une solution de facilité, une démarche qui témoigne de la démission intellectuelle de notre système de pensée islamique incapable de faire face aux véritables problèmes de nos sociétés[4]. Or, il ne s’agit pas d’interdire par anticipation mais plutôt d’éduquer afin d’éveiller la quête du sens et de la conscience, seules à même de nous prémunir contre toute amoralité et contre toute débauche… Il s’agit d’élaborer une véritable éthique de la gestion des libertés à partir d’une éducation spirituelle appropriée qui tienne compte des réalités subtiles de chaque contexte…

    Ceux, parmi les savants, qui ont utilisé de façon rigoureuse, ce concept « préventif » de « Sad Addarai », ont sûrement tenté, de bonne foi, de façonner ainsi la communauté islamique afin d’atteindre une supposée « cité islamique idéale » Or, ceci est de l’ordre de l’utopie car même du temps du prophète il n’y avait pas de communauté islamique idéale ! !

  • permalien Ahmad :
    17 février @10h23   « »

    Ceci est d’ailleurs de l’ordre de l’impossible à l’échelle de la réalité humaine… Dieu a voulu que la diversité humaine soit un principe de base dans cette vie et même une véritable épreuve… Il a voulu que la société humaine soit une société où le bon côtoie le mauvais, où le bien se confronte au mal, où les bommes œuvres rivalisent avec les mauvaises ou les moins bonnes… Notre vie sur terre n’est pas celle des anges qui eux sont des êtres parfaits évoluant dans un monde de perfection… Notre vie est celle de toutes les expériences humaines… faites de contraintes et de réussite, d’échecs et de tourmentes, de drames et de joies, de bonheur et de détresse, pour tester notre endurance, notre résistance, notre foi et notre soumission…

    Comment peut-on gérer cette réalité avec des doctrines immobiles et figées à mille lieux de nos préoccupations quotidiennes ?…

    Comment justement faire face à la complexité de nos réalités sociales quand on reste emprisonné dans des juridictions qui en plus d’avoir été légiférées dans des contextes radicalement différents, sont parfois en profonde contradiction avec les principes vecteurs du message coranique ? !

    Comment faire revivre alors cet élan de libération prôné par l’islam de la révélation mais étouffé dans les confins d’une histoire islamique qui se maintient dans un silence effroyable ?

    Comment faire revivre cet élan dans le cœur des musulmans mais surtout des musulmanes qui en tant que femmes sont les premières concernées par ce déni de justice ?

    Comment pourrait-on convaincre ceux ou celles qui semblent résister à toute cette dynamique de réformisme par crainte de se perdrent eux-mêmes… ?

    Comment leur expliquer que l’on ne peut justement rester fidèles à l’islam, sans renouveau, sans conscience critique, sans réflexion profonde, sans débat constructif …

  • permalien Ahmad :
    17 février @10h24   « »

    C’est en cela que cette troisième voie, celle d’une pensée profondément ancrée dans la tradition réformiste islamique, pourrait être la voie idéale pour tenter de sortir de ce dilemme vécu par des femmes musulmanes au quotidien . Cette approche de relecture des sources et de ses interprétations dans le but d’une revalorisation du statut de la femme est primordiale afin de pouvoir ouvrir d’autres perspectives de libération pour la femme musulmane que celles qui nous sont proposées actuellement et qui entre acculturation et immobilisme intellectuel ne nous laisse que peu de choix possibles…

    De toutes les façons il faudrait savoir qu’en terre d’islam- et en Occident aussi- des femmes, mais des hommes aussi, sont en train de faire ce travail là car il y une conscience qui s’est désormais réveillée, celles de femmes et d’hommes qui veulent s’affirmer pleinement musulmans tout en inscrivant leur démarche dans un universel humaniste commun.

    Le chemin est peut être encore long, ardu et parsemée d’embûches mais c’est toute une nouvelle page de l’histoire des femmes qui est en train de prendre forme … au nom de la liberté, de la dignité et de la foi …

    Asma Lamrabet

    [1] Asma Barlas ; Believing women in islam, unreading patriarchal interpretations of the Qu’ran ; University of Texas Press, 2002.

    [2] Autres versets qui vont dans le même sens : Coran 10 ; 78. 31 ; 21 et 43 ; 23.

    [3] Ijtihad : effort intellectuel qui permet de comprendre, d’extraire et d’appréhender le relatif, ce qui est sujet à historicité, pour le ramener vers sa finalité universelle…(l’explication est de Tariq Ramadan)

    [4] Voir la liste des interdits légiférés au nom de ce principe dans le livre de Abu Chouka ; tahrir el maraa fi ahd errissala, Dar El kalam ; 4 editions ; 1995, Le Caire.

    Salam

  • permalien PADMAN :
    17 février @12h52   « »

    vive israel

    i m back like shady

  • permalien K. :
    17 février @16h16   « »

    Un article sur les jeunes et la religion dans le plus grand pays arabe, l’Egypte : Generation Faithful de MICHAEL SLACKMAN du New York Times. Extraits :

    Autrefois, M. Sayyid avait un emploi décent et une chance de se marier. Mais la famille de sa fiancée a annulé l’engagement, parce que, après deux ans, il n’a pu réunir les fonds suffisants pour acheter un appartement et le meubler.

    M. Sayyid a fait une dépression et a perdu près de 40 livres. Pendant des mois, il s’est enfermé chez lui et s’est concentré sur une unique chose : la lecture du Coran. Aujourd’hui, à 28 ans, avec un diplôme de tourisme, il habite avec sa mère et travaille comme chauffeur pour moins de 100 dollars par mois. Chaque déception et blessure ont attiré M. Sayyid plus près de religion.

    Ici, en Egypte et dans tout le Moyen-Orient, de nombreux jeunes sont obligés de ne pas envisager le mariage, qui est la porte d’entrée vers l’indépendance, l’activité sexuelle et le respect de la société. Entravés par l’incapacité du gouvernement à assurer une scolarisation adéquate et contrecarrés par une économie sans emploi, ils sont empêchés d’exprimer leurs capacités ou aspirations, ils sont coincés dans les limbes se situant entre la jeunesse et l’âge adulte.

    "Je ne peux pas trouver d’emploi, je n’ai pas d’argent, je ne peux pas me marier, que puis-je dire?" a dit un jour M. Sayyid, après être avoir atteint un tel dégoût qu’il a refusé d’aller au travail ou de rentrer chez lui, passant la journée à se cacher chez un ami.

    Dans leur frustration, les jeunes se tournent vers la religion pour trouver un réconfort et donner un sens à leur vie, entraînant leurs parents et leurs gouvernements avec eux.

    Avec 60 pour cent de la population ayant moins de 25 ans, cette juvénile ferveur religieuse a des répercussions énormes pour le Moyen-Orient. Plus que jamais, l’islam est devenu la pierre angulaire de l’identité, remplaçant d’autres idéologies ayant échoué : arabisme, socialisme, nationalisme.

    La vague d’identification religieuse a forcé les gouvernements, qui sont de plus en plus perçus comme corrompus ou ineptes, à rechercher leur propre rédemption publique par la religion. En Égypte, Jordanie, Syrie, Maroc et Algérie, les dirigeants qui autrefois ont joué la carte de la laïcité ou minimisé la religion ont lutté pour se repositionner comme gardiens des valeurs de l’Islam. De plus en plus de parents envoient leurs enfants dans des écoles religieuses, et certains pays ont infusé plus de contenu religieux dans les systèmes éducatifs de leur état. (À suivre)

  • permalien K. :
    17 février @16h21   « »

    Generation Faithful de MICHAEL SLACKMAN du New York Times. Extraits (suite 1) :

    Il existe plus de jeunes respectent une séparation plus stricte entre garçons et filles, disent des sociologues, ce qui alimente les frustrations sexuelles. La focalisation sur l’islam éloigne aussi davantage les jeunes de l’Occident et aggrave les griefs politiques déjà alimentés par les politiques étrangères occidentales. La ferveur religieuse parmi les jeunes est en grande partie un soutien à l’islam pour qu’il joue un rôle accru dans la vie politique. Cela, en retour, a accru la répression politique, parce que de nombreux gouvernements de la région voient les mouvements politiques islamiques comme une menace à leur propre pouvoir.

    Bien qu’il existe peu de statistiques concernant la pratique religieuse chez les jeunes, presque tout le monde est d’accord que les jeunes sont en train de favoriser un renouveau islamique, déjà sous-jacent depuis des années, mais qui s’intensifie de plus en plus dans la mesure ou la proportion de jeunes au sein de la population est en train d’atteindre un pic.

    En Égypte, où les gens ont toujours été religieux et conservateurs, les jeunes sont maintenant beaucoup plus attentifs et stricts dans leur interprétation de leur foi. Il y a une génération, par exemple, peu de jeunes femmes avaient la tête couverte, et peu d’hommes égyptiens avaient l’habitude d’aller à la mosquée pour les cinq prières quotidiennes. Maintenant, le hijab, un foulard qui couvre les cheveux et le cou, est quasiment universel, et les mosquées sont remplies tout au long de la journée par de jeunes hommes, et souvent leur père.

    En 1986, il y avait une mosquée pour 6031 Egyptiens , selon les statistiques gouvernementales. Depuis 2005, il y a une mosquée pour 745 personnes - et la population a presque doublé.

    L’Égypte a toujours mené une rude bataille contre l’extrémisme religieux. Mais dans le même temps, ses dirigeants ont essayé d’utiliser la religion pour leurs propres gains politiques. Le gouvernement du président Hosni Moubarak - dont l’épouse reste non voilée - a mis plus de prédicateurs à la télévision d’État. Ses tribunaux ont émis ce qui revient aux décrets religieux, et M. Moubarak a infusé dans ses discours plus de références religieuses.

    "L’ensemble du pays est pris par une extrême attitude conservatrice », a déclaré Mohamed Sayed Saïd, directeur adjoint du Centre Ahram d’études politiques et stratégiques au Caire financé par le gouvernement. « Le gouvernement ne peut y échapper et ne peut l’affaiblir."

    À suivre

  • permalien K. :
    17 février @16h25   « »

    Generation Faithful de MICHAEL SLACKMAN du New York Times. Extraits (suite 2) :

    Colère et honte

    La dépression et le désespoir tourmentent des dizaines d’hommes et de femmes interrogés à travers l’Egypte dont l’age tourne autour de 20 ans. Ces sentiments concernent les hommes des zones urbaines à l’instar de M. Sayyid, comme les villageois frustrés comme Walid Faragallah, qui a autrefois espéré que l’enseignement lui garantirait une mobilité sociale. Leurs rêves étouffés attisent la colère envers le gouvernement.

    « Personne ne se soucie du peuple », a déclaré M. Sayyid, reflétant un sentiment répété lors de nombreux entretiens avec des jeunes à travers toute l’Égypte. « Personne ne se soucie. Je suis sanctionné par le système. Cherchez un général qui a des enfants et il aura un appartement pour chacun d’entre eux. Mon gouvernement n’est proche que de ceux qui lui sont proches. "

    M. Sayyid, à l’instar d’un nombre croissant d’Egyptiens, aimerait que l’islam joue un rôle accru dans la vie politique. Lui et beaucoup d’autres ont dit que ce gouvernement même qui prétend élever et favoriser leur foi est insincère et hypocrite.

    "Oui, je crois que l’islam est la solution", a déclaré M. Sayyid, citant le slogan des Frères musulmans, une organisation interdite mais tolérée en Égypte, qui appelle à imposer la charia, ou loi islamique, et veut qu’un comité de religieux supervise toutes les affaires de l’Etat. "Ces gens, les islamistes, ils seraient préférables que le faux rideau, l’illusion, qui se dresse devant nous aujourd’hui."

    l’attitude résignée de M. Sayyid masque une pointe de colère. Il a déclaré que lui et ses amis entrent parfois dans un restaurant, commandent un repas, puis refusent de payer. Ils menacent de casser le lieu si la police est appelée, intimidant les propriétaires. Il explique ceci comme pour prouver qu’il est une victime. Il raconte ces histoires avec colère et honte, et explique ensuite que ses prières sont conçues comme un moyen de compenser ses péchés.

    À suivre

  • permalien K. :
    17 février @16h27   «

    Generation Faithful de MICHAEL SLACKMAN du New York Times. Extraits (suite 3 et FIN) :

    "Ouais, comme des voyous", dit-il de lui-même et de ses amis. "Quand nous étions jeunes, nous regardions les gars plus âgés se comporter ainsi, et ensuite nous avons pris la relève. Nous en avons hérité."

    M. Sayyid, cependant, n’est pas un islamique radical, qui surferait dans les sites Web militants et appellerait au djihad.

    Il pourrait passer inaperçu en Occident. (..)

    Comme la plupart des jeunes pratiquants, M. Sayyid n’est pas un extrémiste. Mais le conservatisme religieux devenant la norme - le point de départ - il est plus facile pour les extrémistes d’inciter les jeunes à franchir la ligne. Il existe tout simplement un plus grand terrain de recrutement, surtout quand on l’associe à un désespoir à grande échelle.

    "Il y a beaucoup de répercussions psychologiques et de rejet de la part de la société", a déclaré Hamdi Taha, professeur en communication à l’Université Al Azhar, qui dirige une association caritative financée par le gouvernement qui programme des mariages de masse pour les couples à faible revenu les plus vieux. "C’est effectivement un des éléments qui pourraient conduire au terrorisme. Ils désespèrent. Ils pensent que, s’ils ne reçoivent rien dans ce monde, peut-être obtiendront-ils quelque chose dans l’autre vie. "

    (…)

    “En étant pratiquant, Dieu vous empêche de faire de mauvaises choses,” a dit Mr. Sayyid, révélant sa principale peur et motivation : celle que le temps et l’ennui puissent le conduire au mal. “C’est toute l’atmosphère dans laquelle nous vivons qui est une erreur, une véritable erreur.”

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