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Le Hezbollah, l’assassinat de Moughniyeh et Israël

dimanche 17 février 2008, par Alain Gresh

Alors que la situation se dégrade au Liban et que la guerre civile silencieuse risque de devenir ouverte, l’assassinat d’Imad Moughniyeh, un des dirigeants militaires du Hezbollah, à Damas le 12 février a ravivé les tensions non seulement au Liban mais dans la région.

La Syrie a démenti les informations selon lesquelles une enquête commune serait menée sur cet assassinat avec l’Iran et le Hezbollah ; elle a affirmé qu’elle était seule responsable des investigations. Plusieurs personnes auraient été arrêtées selon les autorités syriennes, qui ont affirmé qu’elles n’avaient pas connaissance de la présence de Moughniyeh sur leur territoire.

D’autre part, l’escalade, au même moment, des sanctions américaines contre Damas (Lire Joshua Landis, « Will Sanctions and the Mughniyah Killing Make Syria Blink ? », 16 février) semblent un démenti formel aux thèses conspirationnistes qui voudraient que l’assassinat de Moughniyeh soit un « geste » syrien en direction de Washington pour faciliter un rapprochement entre les deux pays.

Sur le site du quotidien Le Monde, le 15 février, un article de Mouna Naïm, « Hassan Nasrallah déclare le Hezbollah libanais en "guerre ouverte" avec l’Etat israélien » :

« Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, a annoncé, jeudi 14 février, que l’assassinat d’Imad Moughniyeh marquerait "le début du compte à rebours de la chute de l’Etat d’Israël" aux mains des combattants de son parti. "Le sang d’Imad éliminera (Israël) de l’existence", s’est-il exclamé dans un discours enflammé à l’occasion des obsèques d’Imad Moghniyeh, chef des opérations militaires et du renseignement du Hezbollah, tué dans un attentat à la voiture piégée, mardi à Damas. »

J’ai joint à cet envoi, en document attaché, le discours de Hassan Nasrallah prononcé le 14 février à l’occasion de l’enterrement de Moughniyeh.

La veille, Mouna Naïm avait publié un portrait de Moughniyeh, « Imad Moughniyeh, un homme de l’ombre accusé de multiples attentats ».

« Imad Moughniyeh était dans plusieurs collimateurs. Son nom était lié à une série d’attentats terroristes, notamment antiaméricains et anti-israéliens. Cela avait valu à ce chiite libanais, originaire du village méridional de Tayr Dibba où il est né en 1962, de figurer sur la liste des personnes les plus recherchées, en particulier par Israël et les Etats-Unis. En 2001, Washington avait mis sa tête à prix pour 5 millions de dollars. Pour le Hezbollah et ses alliés libanais, il était au contraire un "héros", un "grand chef djihadiste", pour reprendre les plus sobres des qualificatifs évoqués mercredi à son propos. »

« Inconnu dans les années 1970, lorsqu’il était membre de la Force-17, unité d’élite palestinienne chargée de la sécurité de Yasser Arafat, le nom d’Imad Moughniyeh a été propulsé au-devant de la scène en 1983, après trois attentats spectaculaires : en avril contre l’ambassade des Etats-Unis à Beyrouth (63 tués, dont 17 Américains) et en octobre contre les quartiers généraux des forces américaines et françaises alors déployées dans la capitale libanaise : 241 marines et 58 soldats français avaient péri. »

Les responsables et les médias israéliens se sont réjouis de la mort de ce « terroriste » – le gouvernement israélien a nié toute implication dans son assassinat. Gideon Levy fait entendre une voix dissidente dans Haaretz, « Liquidation sale » (17 février) :

« Quel que soit celui qui a tué Moughniyeh, il joue avec le plus dangereux des feux : il mine la sécurité d’Israël. Si c’est Israël, quelqu’un doit se demander s’il y avait la moindre parcelle de sens à une telle action. Si ce n’est pas Israël, nos si célèbres services de renseignement devraient le démontrer rapidement avant le prochain désastre. Est-ce que la sécurité d’Israël a été améliorée ? Est-ce que le terrorisme a reçu un coup durable ? L’histoire, avec tous ses précédents assassinats, nous apprend que la réponse est non. La liste des "chefs terroristes" liquidés par Israël, de Ali Salameh à Abou Jihad (deux dirigeants de l’OLP) en passant par Abbas Moussawi (dirigeant du Hezbollah), Yehya Ayyache, cheikh Ahmed Yassin et Abdelaziz Rantisi (trois responsables du Hamas) – toutes ces "opérations" que nous avons célébrées avec une grande pompe en nous illusionnant pour un moment à la fois agréable et intoxicant – n’ont apporté que des attaques de revanche dures et douloureuses contre Israël et contre les juifs à travers le monde ; et les personnes tuées ont été remplacées par d’autres, parfois plus efficaces que leur prédécesseur. D’assassinat en assassinat, la terreur a seulement augmenté et est devenue plus sophistiquée. »

Dans son éditorial du 14 février, « Mughniyeh - like Hezbollah - was a product of outside aggression », le quotidien libanais The Daily Star, plutôt libéral et pro-américain, note cependant :

« Que l’on condamne ou que l’on loue Moughniyeh, il faut rappeler le contexte dans lequel il a grandi et est devenu l’un des hommes les plus recherchés au monde. Il n’était pas encore né quand, en 1948, les forces israéliennes sont entrées au Liban et ont tué des dizaines de civils dans le village de Hula. Il était juste un bambin quand l’Etat juif envoya un commando sur l’aéroport international de Beyrouth, qui fit sauter 13 avions de ligne. Durant l’enfance et l’adolescence de Moughniyeh, Israël a systématiquement détruit des dizaines de villages musulmans, chrétiens et druzes au Liban, rendant le sud du pays inhabitable et forçant des tas de civils à fuir leur maison ancestrale et à se réfugier dans la banlieue sud de Beyrouth. Que l’on approuve ou désapprouve la réponse de Moughniyeh à la criminalité brutale dont il a été témoin durant ses années de formation, on ne peut nier le rôle que ces événements ont joué pour forger l’homme qu’il est devenu : Moughniyeh, comme le Hezbollah, est né comme une réponse directe à l’agression israélienne. »

Proche-Orient, les guerres du XXIe siècle

Depuis le 11-Septembre, le Proche-Orient est entré dans une nouvelle phase de son histoire. La guerre est devenue une réalité permanente dans de nombreux pays, de l’Afghanistan à la Somalie, en passant par le Liban, l’Irak et la Palestine. Les risques d’un conflit sont toujours présents entre les Etats-Unis et l’Iran. Pour essayer de comprendre, Le Monde diplomatique a réuni dans plusieurs fascicules de son bimestriel Manière de voir l’ensemble de ses textes sur ces évolutions, accompagnés de nombreuses cartes, biographies, bibliographies.

45 commentaires sur « Le Hezbollah, l’assassinat de Moughniyeh et Israël »

  • permalien K. :
    17 février 2008 @19h23   »

    - Pour le Sunday Times, c’est Israel qui est responsable de la mort de Moughnieh : « Israel kills terror chief with headrest bomb »

    - Pour un son de cloche un peu différent de celui de Mouna Naim, on peut lire Elizabeth Picard :
    Mais en réalité nous sommes dans une période d’escalade entre les élites des deux camps et personne n’a l’exclusivité du discours belliqueux. Nasrallah appelle à la « guerre ouverte » contre Israël mais il y a quelques jours, le leader de la majorité Walid Joumblatt a déclaré « Vous voulez la guerre ? Elle sera la bienvenue » : la responsabilité des élites est partagée.

    On retrouve bien la lucidité de la chercheuse qui n’oublie jamais qu’au Liban les consensus comme les désaccords sont avant tout ceux des “élites”, et que la notion d’état au Liban est une sinistre plaisanterie, tellement celui-ci est inféodé aux réseaux de clientèle.

    L’une des principales explications, concernant la facilité avec laquelle ce pays entre en conflit est que ce pays est un pays “en avance” sur son temps : il fonctionne, en temps de paix, d’une manière dont toutes les “démocraties” du monde reveraient.

  • permalien K. :
    17 février 2008 @21h38   « »

    Mona Sarkis du site qantara interroge Fawwaz Traboulsi auteur de A History of modern Lebanon (1/2) :

    Croyez-vous que le lecteur libanais soit vraiment demandeur d’une leçon d’histoire aussi détaillée ?

    Traboulsi : La dernière fois qu’un livre a été écrit sur le sujet c’était en 1965, par l’historien libanais Kamal Salibi. En plus, je voulais donner une perspective historique intégrant la richesse de la littérature qui a été publiée depuis la longue guerre civile de 1975-1990.

    Mais ce ne sont pas mes seules raisons. Il est tout simplement inexcusable que la plupart des ouvrages historiques sur le Liban, qui ont commencé a être écrits en 1920, ne couvrent que la région du Mont-Liban. Toutes les autres régions du pays doivent être réintégrées dans notre histoire. On ne peut également pas éclairer l’histoire du pays que sous l’angle du confessionnalisme, tout en ignorant d’importants facteurs socio-économiques qui ont été parmi les principaux facteurs de conflits depuis des siècles - et ce, même encore aujourd’hui, bien qu’ils ne reçoivent presque aucune attention.

    Cela implique en même temps que le Liban n’est en aucun cas un simple jouet ou champ de bataille de puissances extérieures. Au lieu de cela, toute évaluation doit aborder les facteurs internes- à la fois passés et présents.

    Dans l’ensemble, ce livre est une tentative de réalisation du plan initial de l’Accord de Taëf de 1989 -à savoir écrire un livre d’histoire collectif et, partant, unificateur, pour tous les Libanais. Jusqu’à présent, les diverses communautés libanaises ne présentent que leurs propres interprétations de l’histoire dans les manuels scolaires.

    Par exemple ?

    Traboulsi : Les Maronites remontent leurs origines supposées aux Phéniciens, tandis que les sunnites revendiquent leur patrimoine dans un contexte arabe. Les chrétiens voient l’Emir sunnite Béchir Schihab II, qui a gouverné le Mont-Liban pendant le règne Ottoman et qui s’est converti au christianisme, comme le fondateur de leur règne, alors que les Druzes le dépeindront comme la personne qui a mis fin à leur suprématie. Les citadins sunnites insistent sur l’ère ottomane, alors que les chrétiens la représentent comme une sinistre période de leur histoire. Et ainsi de suite.

    Quiconque tente de se confronter à l’histoire du Liban se heurte à la répression, la censure, les demi-vérités encore et encore- en particulier lorsqu’il s’agit des conflits armés. Les historiens coloniaux français, peignaient déjà la guerre civile de 1860 comme un massacre des chrétiens libanais, un récit qui a ensuite été utilisé plus tard contre les musulmans. Ce qui est ignoré ici, c’est le fait que les victimes passives supposées étaient en fait plus lourdement armées que leurs adversaires druzes de l’époque.

  • permalien Shyankar :
    17 février 2008 @22h24   « »

    Très bonne mise en perspective de la vie de cet homme.

    Pour ce qui est du Sunday Times, voilà un bref résumé

    Bonne continuation pour ce très bon blog.
    Cordialement

  • permalien saintyves :
    17 février 2008 @23h04   « »

    Bonsoir

    Exclusif Infolive.tv : Révélations d’un ancien agent du service action du Mossad. L’interview intégrale

    17/020/2008

    Le Dr Mishka Ben-David, (impliqué dans la tentative d’assassinat avortée de Khaled Michaal) ancien agent opérationnel du Mossad, s’est entretenu sur le plateau d’Infolive.tv avec Margot Dudkevitch, au sujet de la mort récente d’Imad Moughaniyeh dans une explosion à Damas. Israël a vigoureusement dénié toute implication. Mishka Ben David, à la lumière de ses expériences nous parle des répercussions que pourraient avoir une telle opération, de la réponse du Hezbollah, et des opérations similaires qu’il a lui même mené au sein du Mossad. .

  • permalien Pierre :
    18 février 2008 @07h14   « »

    La campagne de propagande initiée conjointement par le Mossad et la CIA, via principalement InfoLive.TV, s’articule sur un argumentaire axé en 4 parties :


    1. Israël est innocent de l’assassinat de Moughnieh .

    2. Moughnieh était un homme nuisible.

    3. Israël aurait eu le droit d’être le responsable de cet attentat.

    4. Le Hezbollah comme prévu accuse Israël (encore à tord).

    La conclusion de cette démonstration, c’est qu’Israël en tant que victime a le droit de se défendre sans avoir de compte à rendre à quiconque et qu’Israël est prêt pour un "2ième round" au Liban.

    A noter qu’une fois le message diffusé, il a été soigneusement effacé du Net, ainsi au résumé de Google : "... ex-patron des services secrets, qui a parlé de "très gros succès pour le monde ... Imad Moughaniyeh était responsable d’un nombre important d’attentats ...", correspond aujourd’hui un lien mort.

    La question qui s’impose c’est : est-ce que le Hezbollah sera assez fair pour accorder sa revanche à Tsahal ?

  • permalien K. :
    18 février 2008 @08h04   « »

    Mona Sarkis du site qantara interroge Fawwaz Traboulsi auteur de A History of modern Lebanon (2/2) (avec retard suite à un dysfonctionement du réseau) :

    Vous soulignez que le confessionnalisme n’est pas ou n’a jamais été la seule caractéristique du Liban. Toutefois, il est évidemment tentant de débattre de l’histoire du pays sur la base de ces divisions.

    Traboulsi : Les formations confessionnelles homogènes auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, n’existent que depuis le milieu du 19ème siècle. Et ce n’est que dans la deuxième moitié du 20e siècle que les confessions ont commencé à s’unir derrière un ou deux dirigeants politiques, comme c’est le cas aujourd’hui. Auparavant, ce type d’homogénéité n’existait pas et les chefs religieux n’avaient pas u tel pouvoir de contrôle. Au contraire, jusque vers 1850, les dirigeants étaient laïques. On peut penser à l’année 1820, lorsque les citoyens Chrétiens, Druzes, chiites, et sunnites se sont rebellés tous ensembles contre les politiques fiscales injustes de Bashir II.

    Qu’est ce qui a conduit aux solidifications confessionnelles qui semblent avoir atteint leur niveau le plus élevé à l’heure actuelle ?

    Traboulsi : Tout d’abord, il y a eu le colonialisme français, les français ont légitimé leur colonisation de la Syrie au nom de la défense des minorités religieuses -Chrétiens, Druzes, Alaouites et Chiites - à l’encontre de la majorité sunnite.

    Finalement, l’Accord de Taëf a institutionnalisé le sectarisme en créant un système dans lequel chaque confession occupe un haut poste gouvernemental. Le président doit être un chrétien maronite, le Premier ministre un musulman sunnite, et le président du parlement un musulman chiite. Ce système a réussi à fonctionner d’une façon ou d’une autre, aussi longtemps que le président de la Syrie avait le rôle d’arbitre en dernier ressort, comme prévu par Taëf.

    Pourtant, lorsque ce dernier refuge a pris fin en 2005, la faiblesse du système est devenue évidente. Sa logique est fondée sur le principe de l’unanimité. Chacun doit être en faveur d’une proposition, ou alors une seule des parties peut opposer son veto. Il s’agit d’un système complètement schizophrénique qui conduit fatalement à une impasse.

    Votre livre se termine par Taëf. Pourquoi n’avez-vous pas inclu la période d’après-guerre de Rafic Al-Hariri ?

    Traboulsi : Cette époque est beaucoup trop proche à la présente pour être intégrée dans un livre d’histoire. Je traiterai de cette période séparément, et j’ai l’intention de couvrir les horreurs de la guerre civile de 1975 à 1998, puisque que celles-ci n’ont jamais été évaluées auparavant. Ceux qui ne connaissent pas leur propre histoire, courent le plus souvent le risque de la répéter.

  • permalien Pierre :
    18 février 2008 @08h13   « »

    Les enfants de France devront-ils adopter les enfants des banlieues ?

    La compassion pour les victimes n’a de sens que conjuguée au "présent", la police qui a raflé, en d’autres temps, les enfants des juifs apatrides, continue en toute impunité ses opérations de ratonnades en investissant le zone "dénationalisée" de Villiers le bel.

    Opération de police de grande ampleur à Villiers-le-Bel

    Faut-il rappeler que cette opération fait suite au meurtre par les forces françaises de police de 2 enfants "dénationalisés".

  • permalien K. :
    18 février 2008 @08h19   « »

    Il y a mieux encore que la Syrie derrière l’assassinat de Mougnnieh. Selon Mike McConnell, le directeur des agences du renseignement US affirme qu’il s’agit d’éléments...du Hezbollah lui-meme !!!

  • permalien K. :
    18 février 2008 @08h44   « »

    Les rumeurs les plus folles circulent ici.

    Le dernier revirement de la “boussole du Moyen-Orient” (Joumblat qui avait avant cela inexplicablement et brusquement adopté une position conciliante vis-a-vis du Hezbollah), s’expliquerait par les assurances qu’il aurait reçu de la part d’Elliot Abrams (qui a récemment visité le pays) que le cas du Hezbollah allait définitivement etre réglé par une attaque israélienne très prochaine (les mois de d’Avril ou Mai sont avancés).

    Dans ce contexte, il serait demandé à la “majorité” libanaise de créer un “front interne” (une guerre civile) afin d’affaiblir le Hezbollah avant que les « FDI » ne passent à l’attaque. Ceci expliquerait que Joumblat appelle de ses voeux une guerre civile (voir article Elizabeth Picard).

    D’autres pensent que les Américains manipulent, une fois de plus, la “majorité” libanaise, une attaque d’Israel n’étant pas envisagée, dans l’espoir qu’une sorte de Gaza bis se répète au Liban (éviction du Fatah par le Hamas) afin de mettre le Hezbollah au ban de la “légitimité internationale” et lui retirer le capital de sympathie dont il jouit au sein des populations arabes des pays dit modérés.

    Ce n’est qu’un petit échantillon..

  • permalien Ahmad :
    18 février 2008 @18h48   « »

    Salam

    DROITS :
    L’UE montrée du doigt pour ses exportations d’armes
    David Cronin

    BRUXELLES, 11 fév (IPS) - Le Code de conduite européen sur les exportations d’armes présente, dans la pratique, de nombreux points faibles, estiment des organisations de défense des droits humains, alors que les représentants d’une trentaine de pays se réunissent cette semaine à New York pour étudier la possibilité d’un Traité international sur les ventes d’armes.

    L’un des incidents les plus dramatiques, lors des affrontements qui ont suivi les élections présidentielles au Kenya du 27 décembre, est la mort de 30 personnes dans l’incendie d’une église où elles s’étaient réfugiées à Eldoret, dans l’ouest du pays. Cette région abrite également une fabrique de munitions, installée vers le milieu des années 1990 par une entreprise belge, la ’FN Herstal’.

    Cette fabrique de munition a déjà été mise en cause pour avoir livré des fournitures aux différentes factions impliquées dans le génocide rwandais en 1994. Selon l’organisation de défense des droits humains Amnesty International, qui enquête actuellement sur des violations des droits l’Homme commises par les forces de l’ordre kenyanes, des armes produites dans cette fabrique auraient été utilisées au cours des dernières semaines.

    Ces allégations interviennent alors qu’il existe, depuis une dizaine d’années, un Code de conduite européen sur les exportations d’armes, qui stipule qu’une licence d’exportation ne peut être approuvée s’il existe un risque que ces armes soient utilisées dans des conflits armés ou des répressions internes. Les munitions produites à Eldoret étant manufacturées hors du territoire de l’Union européenne (UE), elles ne sont toutefois pas concernées par ce code.

    Le Code de conduite européen sur les exportations d’armes n’a cependant pas empêché les exportations vers des pays impliqués dans des conflits. Le dernier rapport annuel sur les exportations militaires de l’UE montre ainsi qu’en 2006, les licences à destination d’Israël, par exemple, ont dépassé 1 milliard d’euros (1,4 milliard de dollars), malgré les vives préoccupations exprimées par l’UE au sujet des offensives menées au Liban ou dans les territoires palestiniens. Par ailleurs, bien que les Etats membres soient tenus de respecter un embargo sur les ventes d’armes au Soudan, en raison du conflit dans la province du Darfour, près de 2 millions d’euros de licences ont été accordées en faveur de ce pays en 2006.

    En outre, l’an dernier, la France a approuvé la livraison de 25 véhicules blindés au Tchad voisin, qui est déchiré actuellement par des combats entre les forces rebelles et les troupes loyales au président Idriss Déby.

  • permalien Ahmad :
    18 février 2008 @18h50   « »

    Pour les organisations de défense des droits humains, le Code de conduite européen sur les ventes d’armes à l’étranger n’est pas efficace parce qu’il n’est pas juridiquement contraignant.

    En 2005, les Etats membres de l’UE s’étaient mis d’accord pour rendre le respect de ce Code de conduite obligatoire. Toutefois, à ce jour, aucune avancée formelle n’a été réalisée dans ce domaine, notamment en raison de la position de la France, qui a déclaré qu’elle n’accepterait la révision du code que lorsque l’embargo sur les ventes d’armes à la Chine — imposé après le massacre de la Place Tiananmen en 1989 — serait levé.

    Cette semaine, les représentants de 28 pays se réunissent à New York, du 11 au 15 février, pour étudier la possibilité d’un Traité international sur le contrôle des ventes d’armes. L’UE a toujours encouragé cette initiative et les organisations de défense des droits de l’Homme saluent cette position, mais elles considèrent que l’influence de l’UE pèserait plus si celle-ci parvenait à renforcer ses propres règles en la matière.

    "La position de l’UE est embarrassante et paraît inconsistante aux yeux du reste du monde", affirme Ollie Sprague, membre d’Amnesty International. Pour ce spécialiste des armes légères, l’UE doit renforcer son Code de conduite afin de répondre à des situations comme celles des firmes qui produisent des armes en dehors des frontières de l’UE ou via des joint-ventures avec des compagnies installées dans d’autres pays.

    "La mondialisation n’épargne pas le commerce des armes. Le Code de conduite ne fonctionnera pas si les gouvernements ne prennent pas en compte les facteurs de la mondialisation", ajoute-t-il.

    En décembre dernier, la Commission européenne a dévoilé une proposition destinée à simplifier la procédure concernant les licences d’exportation d’armes des gouvernements nationaux au sein de l’UE. Pour Günter Verheugen, commissaire européen en charge de l’industrie, cette proposition devrait permettre de simplifier les coopérations transfrontalières entre les compagnies européennes et accroître la compétitivité du secteur de la défense.

    Pour Frank Slijper, qui dirige la Campagne contre le commerce des armes aux Pays-Bas, les plans de la Commission européenne risquent cependant de faciliter les ventes d’armes à des pays qui violent les droits humains. Pour le moment, les compagnies d’armements néerlandaises doivent nommer le pays de destination finale de leurs marchandises, même si celles-ci transitent d’abord par une compagnie européenne.

  • permalien Ahmad :
    18 février 2008 @18h51   « »

    Sous la proposition de la commission, la France sera indiquée comme destination finale si le matériel est envoyé des Pays-Bas vers la France, et les Pays-Bas ne devront plus prendre en compte le fait que la France peut ensuite réexporter ces fournitures. "Et généralement, la France est moins regardante que les Pays-Bas en matière d’exportation d’armes. Nous risquons donc de perdre une grande part du contrôle", explique Slijper.

    "Mais la commission est davantage attentive aux arguments de l’industrie de la défense qu’à ceux des activistes des droits de l’Homme. Le réseau européen d’ONG (organisations non gouvernementales)sait se faire entendre, mais il a peu de poids face aux lobbyistes de l’industrie", souligne-t-il.

    En mai 2007, la Cour pénale internationale de La Haye a émis un mandat d’arrêt à l’encontre d’Ahmad Muhammad Arun, l’ancien ministre soudanais des Affaires humanitaires, suspecté d’avoir notamment livré des fusils G3 aux milices janjaweed, accusées de crimes à grande échelle au Darfour. Ces fusils étaient fabriqués par la firme allemande ’Heckler et Koch’ (H&K) reprise dans les années 1990 par la compagnie britannique Aerospace.

    "Au Darfour, la plupart des fusils ont été fabriqués par H&K, mais peu de gens le savent ici", explique Roman Deckert, du Centre pour la sécurité transatlantique à Berlin. "Officiellement, les gouvernements européens vantent le Code de conduite, mais il a beaucoup de points faibles et sa mise en application laisse à désirer", ajoute-t-il. (FIN/2008)

    Salam

  • permalien K. :
    18 février 2008 @19h25   « »

    Marchandage sur l’Irak” (et les répercussions sur le Liban) selon Marwan Bishara, Al Jazira. (les acteurs du marchandage sont les USA et l’iran) (extraits 1/2) :

    (..)

    Lorsque les représentants des deux pays se rencontreront finalement, ils pourraient très bien transformer leurs positions en accords à long terme.

    Cela est particulièrement important si les États-Unis ont l’intention de négocier avec le gouvernement irakien “les paramètres fondamentaux pour la présence américaine en Irak au-delà de 2008”, comme l’ont déclaré Condoleezza Rice, la Secrétaire d’Etat américaine, et Robert Gates, le secrétaire de la défense, dans le Washington Post la semaine dernière.

    À tous égards, une telle complicité n’est pas une victoire pour “la démocratie et la liberté”, mais limiterait les pertes militaires et financières américaine en Iraq. Pour l’Iran, un tel accord ne serait pas un acte révolutionnaire ou une position de principe de la part des ayatollahs mais pourrait soulever la perspective d’un réel partage d’influence en Irak et empêcher les États-Unis de mener des raids aériens sur son sol.

    Aujourd’hui, Washington et Téhéran sont en faveur d’un gouvernement irakien faible, tributaire de l’argent et des armes provenant des États-Unis, et du soutien des chiites par l’Iran.

    Cela ne signifie pas que la violence va cesser. Au contraire, elle se poursuivra sans relâche, mais pas au point de troubler le statu quo, de voir l’armée se défaire en une multitude de milices ou d’embarrasser le Pentagone. Mais elle ne peut décliner non plus à un niveau suffisamment bas pour permettre à l’Irak de voler de ses propres ailes pour devenir un État souverain et stable.

    Dans un tel scénario, certaines factions sunnites seraient les bienvenues pour se joindre ou rejoindre un gouvernement de coalition dans un esprit d’opportunisme politique plutôt que de véritable réconciliation politique.

  • permalien K. :
    18 février 2008 @19h30   « »

    Marchandage sur l’Irak” (et les répercussions sur le Liban) selon Marwan Bishara, Al Jazira. (les acteurs du marchandage sont les USA et l’iran) (extraits 2/2) :

    Une telle adaptation est possible car elle est bénéfique à la plupart des dirigeants ambitieux et cyniques en charge du spectacle aux Etats-Unis et en Iran - qui tous deux revendiquent l’Iraq.

    Dans le processus, l’Irak devrait continuer à servir d’état tampon entre l’Iran et les " monarchies et régimes sunnites ". Et les Irakiens continueront à être les otages des accommodements ou des frictions géopolitiques entre Washington et Téhéran.

    Une telle détente stratégique pourrait-elle aussi se développer au-delà de l’Iraq vers la région du proche Moyen-Orient ou même en Palestine et au Liban ?

    Pas alors que les dirigeants ont besoin d’exciter leurs soutiens internes contre les vilains étrangers afin de favoriser leur expansion stratégique.

    En outre, Israël refuse de rester les bras croisés alors que les Etats-Unis marchande avec son ennemi régional.

    C’est pourquoi, les tensions pourraient éclater lorsque des besoins géopolitiques se feront ressentir ou que la scène interne l’exigera.

    Sur le front nucléaire, les efforts américains pour renforcer les sanctions contre l’Iran continueront - mais surtout comme moyen de faire pression sur Téhéran pour qu’elle se montre plus accommodante en Irak.

    (..)

    En dernière analyse, ce sera un scénario de "ni-guerre, ni paix" qui maintient toutes les caractéristiques d’un conflit justifiant la sécurité militaire, et tous les ingrédients d’un accord qui évitent une conflagration régionale.

  • permalien K. :
    18 février 2008 @19h49   « »

    La guerre globale contre la Terreur est morte”, par par China Hand, le 6/12/2007. extraits 1/3 :

    La guerre globale contre le terrorisme est morte ... si l’Arabie saoudite s’engage à la tuer.

    Le centre de gravité de la politique moyen-orientale s’éloigne de la dangereuse et déstabilisante doctrine de la guerre contre la terreur, celle qui était menée comme une guerre contre l’Islam puisque les États-Unis allaient d’une nation à une autre à la recherche de clients prêts à ignorer la foi et les intérêts de ses citoyens au service des objectifs de sécurité de l’Oncle Sam.

    Sa place est prise par une vision régionale plus banale et moins apocalyptique, menée par l’Arabie saoudite, qui met l’accent sur un ennemi - l’Iran - au lieu d’identifier et de poursuivre des ennemis dangereux et implacables dans chaque pays musulman du Moyen-Orient.

    Des Ennemis tels que les fondamentalistes sunnites de l’Arabie saoudite qui avaient fourni le financement et les effectifs du 9/11.

    C’est une tentative de changement de cap visant à rétablir l’équilibre des pouvoirs entre l’Iran et les états arabes- un équilibre qui a été brisé par l’invasion américaine et la destruction de l’Iraq en tant que force militaire viable, et par les tentatives de plus en plus mal inspirées et déstabilisantes de l’Amérique de remédier à cette situation en imposant des clients américains reposant sur des régimes chancelants dans la région - pas seulement en Irak, mais aussi au Liban et au Pakistan.

    L’Arabie saoudite et les États-Unis partagent une préoccupation commune -l’Iran -, mais sont divisés sur la question de la stratégie.

    Pendant les cinq dernières années, les États-Unis ont mené une campagne, à haut risque, d’isolement, de confrontation et de pressions accrues, avec comme objectif final le renversement ou au moins l’affaiblissement de l’actuel gouvernement Iranien.

    Les Saoudiens, de leur coté, exercent ce qu’on pourrait appeler un endiguement de type Guerre froide de Téhéran.

    Et il semble que les Saoudiens aient le dessus pour l’instant.

  • permalien K. :
    18 février 2008 @19h56   « »

    La guerre globale contre la Terreur est morte”, par China Hand, le 6/12/2007. extraits 2/3 :

    Le biais fatal de l’approche américaine est que, avec nos forces militaires occupées à occuper l’Iraq, nous étions en train d’essayer de nous décharger du fardeau iranien en le léguant à nos alliés.

    Puisque l’affrontement avec l’Iran était risqué, coûteux, et déstabilisant pour nos alliés, et, enfin et surtout, n’offrait guère de chance de succès, il y avait peu d’enthousiasme en sa faveur.

    Ainsi, cela n’a pas fonctionné.

    Maintenant, il semble que les Saoudiens ont décidé de combler le vide de leadership avec un plan qui leur est propre.

    Riyad cherche à freiner la destructrice élaboration d’une guerre contre le terrorisme que les Etats-Unis ont imposé à la région, et à la remplacer par le renforcement soigneux de régimes conservateurs et stables, dont l’islam appartiendrait à une obédience qui lui serait proche, mais qui seraient hostiles à l’Iran.

    Et le signe en est que – de la conférence d’Annapolis au NIE sur l’Iran – l’aile réaliste du Département d’Etat américain a décidé de s’y rallier.

    (..)

    "Gicler" la Syrie hors de la sphère de Téhéran, est la pièce stratégique maîtresse de tout un chacun vis-à-vis de l’Iran.

    (..)

    Toutefois, comme l’a indiqué la parution du dévastateur National Intelligence Estimate sur l’Iran (dévastateur, pour l’aile dure des américains et des israéliens qui cherchent à diriger la politique sécuritaire du Moyen-Orient en invoquant une menace nucléaire iranienne), le but de la tactique d’éloignement de la Syrie de l’Iran n’est pas nécessairement d’isoler l’Iran dans un but de sanctions de plus en plus dures, de déstabilisation, et de changement de régime que les États-Unis avaient tenté.

    L’objectif, tel que je le vois, a évolué vers un mouvement orchestré par l’Arabie saoudite visant à contenir - à l’opposé d’une destruction- l’Iran en lui retirant l’atout du régime syrien et, par conséquent, encourager l’Iran à se cantonner dans ses mailles locales et repenser ses plans d’extension diplomatiques et militaires dans le pré-carré arabe du Moyen-Orient par le biais de Damas, Beyrouth et Gaza.

    Autrement dit la détente. Ou peut-être juste une nouvelle guerre froide au Moyen-Orient, de celles qui chauffent a un point d’ébullition fatal dès que des opportunités et des mauvais calculs entrent dans l’équation.

  • permalien K. :
    18 février 2008 @20h11   « »

    La guerre globale contre la Terreur est morte”, par China Hand, le 6/12/2007. extraits 3/3 :

    Le Levant étant devenu hors d’atteinte, la véritable lutte du Moyen-Orient se déplace en Iraq. Je m’attends à ce que la stratégie de Riyad sera de faire échec à la tentative de conquête du pouvoir de la majorité chiite pro-iranienne de l’Iraq en soutenant les sunnites, et ce quelle que soit la situation du moment à Bagdad de leur incompétent client américain.

    Diviser pour régner, en d’autres termes. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le peuple irakien, mais, si cela est manipulé adroitement, le peuple iraquien passera quelques années supplémentaires dans le mixeur comme procuration dans une lutte locale sans illusion et limitée entre deux puissances régionales bien nanties - l’Iran et l’Arabie saoudite - chacune essayant d’empêcher l’autre d’acquérir tout avantage décisif dans un Etat central crucial.

    L’aspect le plus intéressant et le moins bien compris de la lutte entre l’Iran et l’Arabie saoudite est en cours, en ce moment même, à l’Est, au Pakistan.

    (..)

  • permalien K. :
    18 février 2008 @22h44   « »

    Si mes renseignements sont bons, Israel avait nié l’assassinat d’Abou Iyad (Salah Khalaf) en 1991 à Carthage, dans la banlieue de Tunis.

    Selon le site MEDEA, « Le groupe dirigé par Abou Nidal a vraisemblablement été l’instrument de l’assassinat à Tunis le 14 janvier 1991 pour le compte de l’Irak d’Abou Iyad ». Mais selon Wikipedia, l’assassin « était en fait un agent double, à la fois du groupe d’Abou Nidal (le Fatah-Conseil révolutionnaire) et du Mossad israélien. »

    D’une manière plus générale existe-t-il des exemples ou Israel a nié faussement avoir été l’auteur d’un assassinat et que le contraire ait été prouvé par la suite ?

  • permalien K. :
    19 février 2008 @08h49   « »

    - Concernant le défi des “guerres asymétriques”, les Américains tirent les enseignements de la guerre des 33 jours. Parmi les moyens non militaires (les moyens militaires sont abordés) de faire face à de tels conflits il y a la “communication” qui, insistent les Américains, est “différente de la propagande” : Soldiers skilled in communication need to be on the front line not for propaganda, but to explain U.S. actions.

    - Les stratèges américains se penchent sur les moyens de combattre l’« Islam radical » :

    On se dit qu’ils commencent à devenir raisonnables : The goal, Leiter said, is "to prevent the next generation of terrorists from emerging,"

    Hélas : and one approach he suggested is "to show that it is al-Qaeda, not the West, that is truly at war with Islam." (et une des approches est de montrer que c’est en fait al-Qaeda qui est en guerre contre l’Islam)

  • permalien K. :
    19 février 2008 @20h16   « »

    Joshua Landis, dans un envoi quelques jours avant le décés de Moughnieh (1/2) :

    La probabilité de l’agenda de la liberté de George W. Bush de porter effectivement ses fruits au Proche-Orient était pratiquement nulle dès le début. Non seulement ses architectes néocons étaient largement ignorants des réalités du Moyen-Orient, mais l’hypocrisie et le cynisme brutal avec lesquels ils l’ont poursuivi le condamnaient dès le début. La liberté est devenue un mot à peine voilé pour imposer les intérêts américains dans la région. La démocratie a été utilisée comme une arme pour punir les ennemis et récompenser les amis de Washington.

    La notion que le Liban pourrait être éloignée de la Syrie, sans offrir à Damas soit la sécurité soit le retour du Golan était un mirage. Certains s’autorisent à rêver que le changement de régime en Syrie apporterait la libération et la renaissance du Liban, mais l’erreur de cette spéculation est apparue dès que les choses ont commencé à aller mal en Irak, c’est à dire presque immédiatement. Le changement de régime s’est avéré être la mauvaise manière d’arriver à des progrès dans la région. Nul n’allait plus risquer de s’essayer à nouveau en Syrie.

    Il est clair que l’avenir du Levant repose sur l’établissement d’un esprit de compromis. C’est la leçon de l’échec de la force en Irak. Compromis signifie satisfaire les conditions minimales exigées par la Syrie et l’opposition libanaise. Refuser de le faire aura de graves conséquences pour le Liban, ses voisins et les Etats-Unis. Certains Libanais semblent croire que si la Syrie échoue, tout sera pour le mieux pour eux, mais c’était une erreur de commencer par là. Plusieurs Américains ont occasionnellement donné leur approbation à ce rêve, convaincant encore plus de Libanais que cela pourrait devenir réalité. Mais le projet néocon a été mal conçu. Le régime syrien s’est avéré avoir une meilleure appréhension des « nouvelles réalités du Moyen-Orient » que la plupart des acteurs de Washington.

  • permalien K. :
    19 février 2008 @20h20   « »

    Joshua Landis, dans un envoi quelques jours avant le décés de Moughnieh (2/2) :

    Washington ignore toujours les leçons d’Irak. Il estime que la Syrie va abandonner le contrôle du Liban et son alliance avec le Hezbollah dans le but de redémarrer à zéro ou la où il se trouvait en 2003, avant que Washington n’envahisse l’Irak. En d’autres termes, Damas accepterait les diktats de la France et de Washington en vue de mettre fin à l’enquête Hariri, levé les sanctions économiques, et voir l’Occident l’accueillir dans sa chaleureuse étreinte, comme cela a été fait pour la Libye.

    C’est ridicule. Que la Syrie puisse accepter ce marchandage aujourd’hui n’a pas de sens. L’isolement diplomatique a échoué. Les sanctions économiques ont échoué. L’enquête Hariri a échoué. Oui, la France et les États-Unis prétendent qu’ils peuvent la remettre sur orbite, mais seuls quelques libanais croyant au Père Noël semblent le croire. L’enquête n’a pu fournir aucune preuve de l’implication syrienne quand elle a été conduit par un enquêteur qui salivait d’avance a l’idée d’épingler la Syrie. Nous voila aujourd’hui au troisième enquêteur, et il n’a que dalle. La Syrie s’est-elle sortie d’un gros pétrin ? Le pétrin n’existait pas depuis le début ? Il est probable que nous ne le saurons jamais.

    En tout cas, les voeux pieux persistent au Liban. Le Hezbollah ne va pas disparaître. Il reste présent pour une raison. Les raisons de l’hostilité de la Syrie envers Israël et sa volonté d’investir dans des organisations qui lui portent atteinte existent toujours. La raison pour laquelle la Syrie n’abandonnera pas son contrôle sur le destin du Liban est multiple et impérieuse.

  • permalien eva journaliste-resistante à l’intolérable :
    20 février 2008 @01h46   « »

    Bonjour

    Je suis depuis longtemps une inconditionnelle du Diplo, et de ses rédacteurs. Des hommes comme toi, par leur honnêteté intellectuelle et leur rigueur, honorent la profession.

    Dans mon blog http://r-sistons.over-blog.com, je parle souvent de la région et de la Palestine en particulier

    Je souhaiterais t’interviewer pour le blog de journaliste que je viens de mettre en place

    http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-b...

    Est-ce possible ? evaresis@yahoo.fr ; ce n’est pas urgent, j’ai une semaine très chargée.

  • permalien saintyves :
    20 février 2008 @10h03   « »

    Bonjour

    Aux portes de Gaza

    Intervention de Nurit Peled-Elhanan à la manifestation du barrage d’Eretz, samedi 26 janvier 2008

    « Lève-toi et va maintenant dans la cité du massacre ton chemin prendra fin dans ses cours et tu palperas de tes mains, et tu verras de tes yeux cherche sur l’arbre, la pierre, la barrière et l’argile des murs le sang éclaboussé et les cerveaux desséchés de la mort ».

    Que peut-on penser quand on se tient devant les portes de Gaza ?

    Seulement ceci :

    « Là, dans le coin morne, dans l’ombre du recoin des yeux innombrables regardent »

    Que pouvons-nous imaginer aujourd’hui quand nous sommes devant les portes de Gaza, si ce n’est

    « un bébé, près de sa mère étendue, près de sa mère transpercée
    pauvre poussin trouvant le repos sur le sein froid et sans lait de sa mère,
    Comme un poignard, le mot du nourrisson a été coupé en deux
    Son MA a été entendu, son MAMAN jamais,
    O ! même à présent son regard me demande des comptes

    Et que pouvons-nous dire à cet enfant, qui nous demande des comptes - à nous qui sommes devant les portes de Gaza, impuissants ? Que lui expliquerons-nous à lui et aux autres enfants affamés et malades, enfermés dans ce terrible ghetto, entourés de barbelés, que pourrons-nous dire aux nouveaux-nés dont les vies ont été étouffées dans des couveuses avant même qu’elles ne commencent, ces vies, parce que l’Etat des Juifs a coupé le flux d’oxygène ? Que pourrons-nous dire aux mères qui vont en quête de pain pour leurs enfants dans les rues de Gaza, et que pourrons-nous nous dire à nous-mêmes ? Seulement cela : soixante ans après Auschwitz, l’Etat des Juifs enferme un peuple dans des ghettos et l’assassine par la faim, l’asphyxie et la maladie.

    Lasse, épuisée, la sombre Shekhina *
    court dans chaque recoin sans trouver de repos.
    Désirerait pleurer ? mais pleurer ne vient pas.
    Elle voudrait hurler... mais comme sourde et muette,
    Sa tête sous son aile,
    et son aile étendue au-dessus des ombres des martyrs morts,
    ses larmes dans l’obscurité d’un hangar de silence
    .

    Parce qu’aujourd’hui, tandis que nous sommes aux portes de Gaza, nous restons sans voix, sans mots et sans actes. Il n’y a pas de Yanosh Korczak parmi nous qui protègera et sortira les enfants du feu. Il n’y a pas de Justes* (Righteous Gentils) qui risqueront leur vie pour sauver les victimes de Gaza. Nous nous tenons là, désespérés et misérables, devant les portes de l’enfer, et obéissons aux lois racistes qui ont tenu nos vies sous contrôle et nous sommes, nous tous, impuissants.

  • permalien saintyves :
    20 février 2008 @10h53   « »

    Aux portes de Gaza (suite)

    Intervention de Nurit Peled-Elhanan à la manifestation du barrage d’Eretz, samedi 26 janvier 2008

    « Lève-toi et va maintenant dans la cité du massacre ton chemin prendra fin dans ses cours et tu palperas de tes mains, et tu verras de tes yeux cherche sur l’arbre, la pierre, la barrière et l’argile des murs le sang éclaboussé et les cerveaux desséchés de la mort ».

    Que peut-on penser quand on se tient devant les portes de Gaza ?

    Quand Bialik écrivit

    « Satan n’a pas encore créé Vengeance pour le sang du petit enfant »

    Il ne pensait pas que cet enfant serait un enfant Palestinien de Gaza et que ses bouchers seraient les soldats de la Terre d’Israël.

    Et quand il écrivit :

    Laissez le sang transpercer l’abîme
    Laissez le sang s’infiltrer vers le bas dans les profondeurs de l’obscurité,
    laissez-le travailler, là, dans l’obscurité, et ouvrir une brèche dans toutes les entrailles de la terre.

    Il n’imaginait pas que ces entrailles seraient les entrailles de la Terre d’Israël.

    Que l’Etat Démocratique et Juif d’Israël qui utilise l’expression « sang sur les mains » pour justifier son refus de libérer des combattants de la liberté et des leaders pacifistes, nous plongerait tous jusqu’au cou, jusqu’aux narines, dans le sang de bébés innocents, jusqu’à ce que chacun de nos souffles ne renvoie des bulles de sang dans le ciel de la Terre Sainte.

    Et moi ? mon coeur est mort, plus de prière sur mes lèvres

    Toute ma force a disparu et il n’y a plus d’Espérance

    Jusques à quand ?

    Combien de temps encore ?

    Jusques à quand ?

    Le ghetto de Gaza raconté par ceux qui y sont enfermés, par Silvia Cattori

    ... Nous sommes maintenant tout à fait conscients qu’en coupant l’eau et les vivres,
    Israël veut nous étrangler. Ne pouvant pas nous massacrer tous en une seule
    fois, on nous coupe les vivres et l’eau. Ainsi, croient-ils que, poussés par la
    faim et la soif, nous finirons par fuir en masse. C’est ce que les Israéliens
    appellent transfert.

  • permalien K. :
    20 février 2008 @15h03   « »

    Le Saban Center for Middle East Policy aborde le problème libanais, avec un Bilal Saab qui discute de la composante interne de ce problème et balaie en particulier d’un revers de main toute théorie se basant sur une prétendue irrémédiable inimitié sunnito-chiite (il cite un article de Moshe Ma’oz, professeur d’études Islamiques et Moyennes-orientales à l’Université hébraique de Jerusalem, qui démonterait cette théorie-)

    La composante externe est abordée par NADIM SHEHADI
    du Chatham House et DAVID SCHENKER, du Washington Institute for Near East Policy.

    NADIM SHEHADI (qui voit la guerre des 33 jours comme ayant eu des répercussions internationales et pas seulement locales et régionales) :

    In a sense the region is also divided, it is not only
    Lebanon that is divided, and if you take it a bit
    further, every single capital in the world including
    Washington, Paris, Madrid, and all the powers that
    have UNIFIL troops in South Lebanon, are also divided
    almost along the same lines on how to deal with the
    future of the region, and what actions would effect
    the direction that that region will take.

    There is an international policy toward the
    whole region and there is an international policy
    toward Lebanon. There is a difference between United
    States policy in the region and United States policy
    in Lebanon, and also between European policy in the
    region and European policy in Lebanon. The way in
    which the policy toward Lebanon is unique in a sense
    is probably symbolized, if you like, by UNIFIL, the
    United Nations forces in South Lebanon. If the forces
    present in Iraq are the coalition of the willing, then
    the forces present in Lebanon are the coalition of the
    unwilling, and they unrepresent the U.N. in a sense
    because policy in Lebanon which started in 2004 was a
    Franco-American understanding that pushed for Security
    Council Resolution 1559 and that was done when, shame
    on you, you were throwing good burgundy down the
    drains in American cities and stopped eating French
    fries. So it is in a sense a transatlantic cooperation which at a time when transatlantic relations were at their worst. The American policy in Lebanon does not follow the path of unilateralism, the Bush doctrine, as it does in other parts of the region.

  • permalien saintyves :
    20 février 2008 @20h05   « »

    Bonjour (1)

    Saban Center for Middle East Policy

    is a research organization established at the Brookings Institution in 2002 through the donation of nearly $13 million by the Israeli media-mogul Haim Saban. Its current director is the veteran pro-Israel lobbyist Martin Indyk, who had earlier founded the Washington Institute for Near East Policy, an AIPAC spinoff, to counter the Brooking Institution which was seen as not pro-Israel enough.

    Qui est le fondateur du "Saban Center for Middle East Policy", il n’est autre que Haim Saban le "petit" producteur de musique de series et de BD qui fit fortune in USA, Ses amitiés politiques sont connues et vont pour le parti démocrate aux États-Unis et pour le parti travailliste en Israël.

    "Saban Center for Middle East Policy" travaille en etroite collaboration avec MEMRI , leAthena Inteligence et le jewishcomment jewish comment tous connus pour leur adhesion sans reserves à la politique etasunienne actuelle, conduite par les neocon et les sionistes.

    @ K

    Bilal Saab qui discute de la composante interne de ce problème et balaie en particulier d’un revers de main toute théorie se basant sur une prétendue irrémédiable inimitié sunnito-chiite

    Voilà ce que Bilal Saab a ecrit dans un autre article,

    ... pourquoi la coalition pro américaine (donc pro-israel) conduite par le chef de la majorité parlementaire Saad Hariri a-t-elle été incapable de gouverner comme l’aurait fait n’importe quelle autre majorité dans un contexte démocratique ? ...

    Pour beaucoup de gens, la réponse a l’air très simple, évidente : l’opposition pro-syrienne et pro iranienne, dont le fer de lance est le Hezbollah, utilise toute une série de moyens de pression pour empêcher la coalition pro américaine de gouverner. ...

    Mais la situation est encore plus compliquée. ...C’est le sectarisme politique (c’est-à-dire le fait que les postes clé dans le gouvernement, le Parlement et l’administration libanais sont attribués sur la base de l’identité sectaire), et pas forcément le programme politique de l’opposition, qui a ruiné les aspirations de tous ces Libanais, qui appellent de leurs voeux un Liban libre, démocratique et souverain. ...

  • permalien saintyves :
    20 février 2008 @20h08   « »

    (2)

    Presque tous les enjeux tournent autour de la politique hegemonique de l’etat d’Israel dans la region, c’est l’eternelle opposition entre deux forces qui s’affrontent pour

    - 1) battir le "Grand Israel" sur les cadavres de la population palestinienne
    ou

    - 2) battir un etat Palestinien viable et independant sur les frontieres de 67, en application des 65 resolutions de l’ONU, ignorées jusqu’à ce jour par Israel.

  • permalien Pierre :
    20 février 2008 @21h03   « »

    Le racisme anti-arabe en Israël atteint des proportions telles, que les projets les plus incensés sont envisagés sans réellement susciter d’étonnement.

    Une ville arabe en Galilée ?

    Une ville arabe en Galilée ? Jusqu’à présent, aucun gouvernement israélien n’a osé prendre une telle initiative. Mais les choses pourraient changer, si l’on en croit le ministre de l’Intérieur qui a fait des promesses à ce sujet, ce mardi, lors d’une tournée dans le centre et le nord du pays.

    Heureusement que l’extrême droite, avec sagesse replace les choses dans leur perspectives :

    Le député David Rotem, du parti Israël Beteinou, s’est élevé avec vigueur contre les intentions du ministre Chetrit. Il a déclaré que le gouvernement avait totalement perdu son sionisme. Il a ajouté : "Il est surprenant qu’un gouvernement, qui interrompt toute construction juive à Jérusalem et en Judée-Samarie, prévoit la création d’une nouvelle ville arabe en Galilée".

    ... là au moins on reste dans l’ignoble, sans tomber dans l’abjecte.

  • permalien K. :
    20 février 2008 @22h26   « »

    @ St-Yves (1/2)

    Je suis vraiment très heureux que tu m’interpelles sur Bilal Saab dont je n’ignore pas les ambiguités
    (Pour le Saban Center il n’y a aucune ambiguité).

    À mon avis s’il avait été skieur sa spécialité aurait été le slalom.

    Exemple dans l’article dont j’ai donné le lien (et à propos duquel je dois avouer que j’ai été un peu trop catégorique concernant la volonté de Saab de voir le système politique libanais changer- Moralité : ne jamais lire en diagonale) :

    To put the country on a course toward durable political stability, Lebanon would have to implement reforms that actually already exist in the Taif agreement (des réformes qui étaient prévues par l’accord de Taef mais n’ont pas été mises en place parce que, d’après Saab, les syriens s’y sont opposées pour mieux régner).

    ...the root causes of Lebanon’s problems do not come from the structure of the system, but largely from political behavior (..) So I would say that political behavior rather than structural issues are the main impediments to Lebanese political stability (mais l’occasion ne fait-elle pas le larron ?).

    This fierce battle that we are seeing today
    between the opposition and the governing coalition is
    that between supporters of the status quo, keeping the
    Lebanese system as it is, and those, if you want to
    call them revisionists, the opposition and Hizballah, who want to change the regime
    (Mais que veulent faire ces derniers par rapport au système ? on peut comprendre que les membres de l’opposition ne pourraient etre que des opportunistes)

  • permalien K. :
    20 février 2008 @23h05   « »

    @ St-Yves (2/2)

    When I say that the governing coalition wants to keep the system as it is, that does not mean that they do not want to implement any reforms, but they are not ready for
    radical changes. They want to keep the system as it is maybe under new auspices, not Damascus but Washington, but they want to keep it mainly as it is.
    Mais les “réformes” que seraient prête à appliquer la majorité au pouvoir correspondent-elles à celles qu’appelle de ses vœux Saab ?

    À propos d’une nouvelle loi électorale : ..we still do not have a new electoral law, and this is key to really starting to change the system, starting to get new blood into the system, get rid of this really old political class that is just bankrupt. (“se débarrasser de cette vieille classe politique qui a tout simplement échoué”)

    Puis Saab insiste sur le fait que tout régime libanais qui ne serait pas amical avec la Syrie est une menace mortelle à la survie du régime syrien, et je veux bien le croire. Mais la comparaison qui suit laisse pantois :

    The Syrian regime is fighting for its survival the same way that the ruling majority is battling for Lebanon,.. (“de la meme manière que la classe dirigeante se bat pour le Liban” !!!) Parce que les Joumblatt, Geagea et autres Saniora de la “ruling majority” ne font pas partie de la “old political class” ??!!

    Malgrè ça, beaucoup de ses analyses sont d’une grande pertinence et je crois qu’il vaut la peine d’etre lu.

    Pour le problème israélien, ce n’est certainement pas moi qui vais te contredire.

    Amicalement

  • permalien Sébastien :
    21 février 2008 @15h09   « »

    Bonjour,

    Est-ce que quel qu’un pourrait me donner des preuves sur l’identité des commanditaires de l’assassinat de Moughnieh ?

    Autrement dit a t-on des preuves pour savoir qui a tué Moughnieh ?

    Quoi qu’il en soit il était un combattant, et la mort fait partie de la vie d’un combattant.

    Lorsque vous vous engagez dans la lutte armée, vous devez comprendre que vous pouvez être tué a tout instant.

    Qu’il repose en paix, je respecte le courage des membres du Hezbolah, et leurs morts ont droit au respect du aux combattants tués.

    Qu’il repose en paix.

  • permalien Anastase :
    21 février 2008 @15h21   « »

    - Sébastien : "Est-ce que quel qu’un pourrait me donner des preuves sur l’identité des commanditaires de l’assassinat de Moughnieh ?"

    Le fait qu’il ait été assassiné prouve l’identité des commanditaires de l’assassinat de Moughniyeh, c’est évident.

    - Sébastien : "Quoi qu’il en soit il était un combattant, et la mort fait partie de la vie d’un combattant."

    ... de la vie d’un combattant et de quelques autres aussi semble-t-il.

    Ce n’est pas parce que le Hezbollah ou la Syrie sont suspectés de l’assassinat, qu’il faut vous croire obligé de les défendre Sébastien.

  • permalien Sébastien :
    21 février 2008 @16h18   « »

    "Le fait qu’il ait été assassiné prouve l’identité des commanditaires de l’assassinat de Moughniyeh, c’est évident."

    Ben non, ce n’est pas évident. Le fait que quelqu’un soit assassiné ne suffit pas à prouver qui l’a tué.

    Il y a plusieures possibilitée.

    rappelez vous l’assassinat d’Abanne Ramdan, le Jean Moulin algérien, en 1956. Et bien nous ne savons pas encor avec certitude s’il a été tué par l’armée française ou au court d’une purge interne au sein du FLN algérien.

  • permalien yasmina :
    21 février 2008 @17h44   « »

    @Sebastien
    on en saura un peu plus demain apres le discour trés attendu de Hassan Nasrallah pour la comemoration de la journée des martyrs tués au combat ou "liquidés" par l’ennemi.

  • permalien zulfikar :
    21 février 2008 @17h58   « »
    @ Yasmina

    Bonjour Yasmina,

    Saurais-tu l’heure à laquelle Hassan Nasrallah devrait parler, demain ?

    Merci d’avance

    Zulfikar

  • permalien Byblos :
    21 février 2008 @19h52   « »

    État des investigations syriennes selon une dépêche du service de presse du « tayyar » traduite de l’Arabe par moi-même.

    > From : Press Office <press.tayyar@gmail.com>
    Date : 21 février 2008 10:14:33 GMT+02:00
    To : Undisclosed recipients : ;
    Subject : تحذير سعودي الى سوريا

    Mise en garde saoudienne à la Syrie

    Le gouverneur de Debbi, Mohammed Ben Rached el Maktoum, a transmis une mise en garde saoudienne claire au président syrien concernant la mise en cause des services saoudiens de sécurité ou de leurs membres, ou encore des services de sécurité de quelque pays arabe que ce soit concernant l’assassinat du chef militaire du Hezbollah, Imad Moghnyé. Ceci aurait pour effet de rompre définitivement le dernier fil des relations entre Damas et les capitales de ces pays qui boycotteraient alors ensemble le prochain sommet arabe de Damas. Une telle mise en cause constitue, en effet, une accusation de trahison et de collaboration avec Israël, ce qui entraînerait, de la part de ces pays, une réaction à la mesure de l’accusation. Damas a reçu des mises en garde semblables de la part de l’Égypte et de la Jordanie.

    Cependant, l’enquête qui se poursuit établit d’ores et déjà l’implication des services jordaniens dans l’exécution sur le terrain pour le compte du Mossad, par l’utilisation d’agents palestiniens ainsi que d’autres ressortissants arabes. De son côté, le Saoudien Bandar ben Sultan se serait chargé du financement de l’opération, alors que les USA auraient assuré le soutien logistique, en particulier le recours aux satellites d’espionnage.

    Des sources sécuritaires ont établi un lien entre le meurtre de Moghnyé et des mouvements de certains militaires observés le soir de ce meurtre, interprétant cela comme une « tentative de coup d’État ».

    C’est ce qu’a affirmé le chercheur Anis Naccache le samedi soir dernier, lors d’une entrevue dans le cadre du programme de Ghassan ben Jadou sur la chaîne de TV Al Jazira. Naccache est connu pour ses liens avec Damas et Téhéran, et il entretient des liens étroits avec les décideurs au sommet du pouvoir en Syrie. Il a, en outre, confirmé l’arrestation d’un certain nombre d’officiers.

    Si des sources françaises ont confirmé des « mouvements » de certains officiers syriens le soir du meurtre, il a été établi par ailleurs que ces officiers étaient en relation avec le président du conseil national de sécurité saoudien, Bandar Ben Sultan, par l’intermédiaire de l’attaché militaire saoudien à Damas.

    Ces militaires ont été arrêtés. Mais ces sources ont refusé d’utiliser les termes de « tentative de coup d’État », préférant évoquer des « mouvements suspects », tout en estimant probable le lien entre ces mouvements et le meurtre.

  • permalien yasmina :
    22 février 2008 @09h47   « »

    @ bonjour Zulfikar : Je n’ai lu votre post que c matin.l’heure du discours n’a pas été précisé. Je surveille El Manar et je vous met au courant.

    D’autre part, concernant les information du journal arabe tayyer, rien d’étonnant pour les arabes. Hassan Nasrallah lui m^me a déclaré dans une interwiew apres la guerre de l’été 2006 et au vu de l’immence sympathie et admiration qu’il a suscité dans le monde arabe et islamique, craindre plus les services secret jordaniens et saoudiens pour le "liquider".

  • permalien yasmina :
    22 février 2008 @10h49   « »

    @Zulficar : la cérémonie de commemoration" Journée des martyrs" débutera à 15h heure de Beyrouth( GMT+2). Donc Nasrallah passera vers 15h30/16h.( je suppose par mesure de sécurité l’heure n’est pas precisée)

    Je vous recommande pour ce soir sur ALMANAR l’emission" discussion de l’heure" l’invitée de ce soir est Najah Wakim( oposition, courant marxiste)

    bonne journée

  • permalien zulfikar :
    22 février 2008 @11h41   « »

    @ Yasmina,

    Merci beaucoup, pour toutes ces informations. Vous êtes une chic fille.

    Le discours de Hassan Nasrallah devrait donc être diffusé entre 14H30 et 15h00 (Heure de Paris ; Beyrouth ayant une heure d’avance).

    Effectivement, plusieurs tentatives d’assassinat ont été perpétrées par des mouvements salafistes contre Sayyed Hassan, probablement financés par l’Arabie Saoudite.

    Merci encore.

  • permalien yasmina :
    22 février 2008 @12h52   « »

    re bonjour Zulficar :
    c’est pour l’horaire( heure de Paris)

    en ce qui concerne Nasrallah, tout à fait d’accord avec vous. C’est le seul héros moderne que nous ayons et "on "veut nous l’enlever car pour en trouver de sa trempe , il faut remonter au moyen-age......

  • permalien NEJMANE ANCIEN DU CEDS PARIS PROMOTION 1995 :
    29 février 2008 @11h42   « »

    QUEL EST LE POINT COMMUN ENTRE L ATTENTAT DU 11 MARS 2004 ET L HEURE DE VERITE DU ROI DU MAROC SUR FRANCE 2 EN 1989 ET LE C.E.D.S PARIS ET LE PALAIS DE L ELYSEE ????

  • permalien Mourad Algérie. :
    2 mars 2008 @13h22   « »

    essalamou alaikoum:l’assassinat de moughnyeh allah yerrahmou porte la signature du futur grand Israel,pourquoi "grand",je l’expliquerai en bas de cette page. la majorité,soit:90% des peuples Arabo-Musulmans ressentent et raisonnent la mème chose,sur les desseins macabre des penseurs,décideurs stratèges Judéo-Chrétiens du plan diabolique pour détruire,ce qui reste de la civilisation Arabo-Musulmane,pour enfin mettre main bassesur leurs richesses,car le peu de civilisation qui nous reste,sera un obstacle pour la cupidité de ces criminels,l’outil euh,je m’excuse l’homme qui pouvait commencer ce sale boulot a été trouver,ils l’ont mis à l’épreuve en Afghanistan,puis l’Irak,il a été auréoler"homme providence" de la planète Terre,cet homme c’est le gentil bouchez (G.W.bush)d’enfants et populations Arabo-musulmans,evidement soutenu par ces serviteurs anglofrancophone que tout le monde connait,sans oublier la bénédiction de la majorité des dirigeants arabe et musulman,puisque devant leurs yeux,des centaines et milliers de nos frères libanais et palestiniens se font massacrés par une horde sauvage de chacals et brigands Israélien,et ce sans lever le petit doigt (un peu de nif s.v.p). Concernant le grand Israel :ça veut dire qu’une fois la palestine dompté ce sera le tour des autres pour devenir le"GRAND",I = irak,S = syrie,R =royaume hahémite, A =arabie séoudite, E =égypte, L = liban.sans oublier les 2 fleuves sur leur emblème.

  • permalien stalinien :
    18 janvier 2009 @09h50   « »

    http://www.invisiblesurfing.com/sur... La robuste défense du Hezbollah infligeait également un lourd tribu aux blindés israéliens. Israël ayant finalement accepté un cessez-le-feu et commencé à se retirer de la zone frontalière, il abandonna derrière lui sur le terrain quarante véhicules blindés, presque tous détruits par des missiles anti-tanks AT-3 « Sagger », utilisés avec une grande expertise – il s’agit du nom utilisé par l’Otan pour désigner un missile de fabrication russe, lancé depuis un véhicule ou portable, guidé par fil, le 9M14 Malyutka de deuxième génération (Malyutka signifiant « Petit Bébé »…) Atteignant des cibles se situant jusqu’à une distance de trois kilomètres, le Sagger (le Malyutka) s’est avéré extrêmement efficace dans l’élimination des tanks israéliens, et cela n’a sans doute pas manqué de donner des sueurs froides aux commandants des blindés israéliens, dans une grande mesure parce que le missile Sagger mis en oeuvre par le Hezbollah est une version ancienne (mise au point et diffusée en 1973) d’une version plus moderne, encore plus aisée à dissimuler et à déployer, et porteur d’une tête explosive plus importante. Si l’armée israélienne n’a pas été capable de protéger ses blindés contre la version de « deuxième génération » 1973, ses commandants doivent aujourd’hui se demander comment ils pourront se protéger contre une version plus moderne, encore plus sophistiquée et létale… Au lendemain du conflit entre Israël et le Hezbollah, un sondage d’opinion a été effectué en Egypte : on a demandé à un échantillon représentatif de la population égyptienne de citer les deux dirigeants politiques les plus admirés. Un nombre écrasant d’Egyptiens a cité Hassan Nasrallah, le président iranien Mahmud Ahmadinejad arrivant immédiatement après…

  • permalien K. :
    13 février 2009 @09h06   « »

    En tuant Moughnieh, Israel a rompu le “moratoire” tacite qu’elle s’imposait concernant l’assassinat de hauts dirigeants du Hezbollah, écrit Nicholas Blanford.

    Ce “moratoire” s’inscrivait dans “l’équilibre de la terreur” entre Israel et le Hezbollah, selon l’auteur. Cet équilibre se trouve donc rompu, en faveur d’Israel, par l’assassinat du dirigeant du Hezbollah. D’ou l’impossibilité “stratégique” pour le Hezbollah de ne pas répliquer.

  • permalien K. :
    14 février 2009 @09h47   «

    L’équilibre des forces” selon (le délire mégalomaniaque d’) Israel :

    « Nous répliquerons d’une manière très dure, si le Hezbollah abat un avion de guerre israélien volant au-dessus du LIBAN. »

    Israel ne répliquerait pas seulement contre les “fiefs” du Hezbollah, mais également l’ensemble du Liban, puisque le Hezbollah est membre du gouvenement libanais.

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