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Proche-Orient - Palestine - Israël - Conflits - Frontières

1948 : la Palestine des archives aux cartes

lundi 18 février 2008, par Dominique Vidal

Auteur, avec Sébastien Boussois, de « Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) », publié aux Editions de l’Atelier et qui propose une synthèse de vingt ans de travaux des « nouveaux historiens israéliens », Dominique Vidal fait ici le lien entre les révélations de ces chercheurs et leur traduction cartographique.

De Gaza à Dimona, en passant par Bagdad et Beyrouth, le Proche-Orient subit aujourd’hui encore les conséquences des événements qui se sont déroulés il y a soixante ans. Inversement, le règlement de la question israélo-palestinienne, née avec la Nakba (catastrophe, en arabe), reste la condition nécessaire - même si elle n’est pas suffisante – d’un apaisement régional.

29 novembre 1947 : l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) partage la Palestine en un Etat juif, un Etat arabe et une zone internationale pour Jérusalem et les Lieux saints. 14 mai 1948 : Israël déclare son indépendance et, dès le lendemain, fait face aux armées des Etats arabes qui ont refusé le partage. 20 juillet 1949 : la signature du dernier armistice entre Tel-Aviv et ses voisins (en l’occurrence la Syrie) met fin à vingt mois de guerre judéo-palestinienne, puis israélo-arabe.

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Cartographie de Philippe Rekacewicz.
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1948-1949 : les différents mouvements militaires de la première
guerre israélo-arabe
Ph. R.

Entre ces trois dates, que s’est-il vraiment passé ? C’est ce que les « nouveaux historiens » israéliens, en trente ans de recherches dans les archives ouvertes à partir de 1978, ont largement contribué à expliquer, confirmant d’ailleurs, pour l’essentiel, les thèses de leurs confrères palestiniens. Chacun à sa manière, avec des convictions et une méthodologie différentes, Benny Morris, Ilan Pappé et Avi Shlaïm – entre autres – ont ébranlé les principaux mythes de l’historiographie israélienne traditionnelle :

- Contrairement à la légende dépeignant un frêle Etat juif à peine né et déjà confronté aux redoutables armées d’un puissant monde arabe, les « nouveaux historiens » établissent la supériorité croissante des forces juives (en effectifs, armement, entraînement, coordination, motivation...). Israël domine aussi stratégiquement, bénéficiant du soutien politique, diplomatique et militaire des Etats-Unis comme de l’Union soviétique. A quoi s’ajoute l’accord passé le 17 novembre 1947 par Golda Meïr avec le roi Abdallah de Transjordanie : la Légion de ce dernier, seule armée arabe digne ce nom, s’engageait à ne pas franchir les frontières du territoire alloué à l’Etat juif en échange de la possibilité d’annexer celui prévu pour l’Etat arabe ;

- Contrairement à la vision d’un Etat juif recherchant, après la guerre, la paix avec ses voisins, les « nouveaux historiens » montrent qu’Israël accepte, dans un premier temps, un protocole reprenant le droit onusien - plan de partage et droit au retour des réfugiés – afin de devenir membre de l’ONU. Mais ses dirigeants saboteront ensuite systématiquement la conférence de Lausanne, comme Walter Eytan, codirecteur général du ministère israélien des Affaires étrangères, le reconnaîtra : « Mon principal objectif était de commencer à saper le protocole du 12 mai, que nous avions été contraints de signer dans le cadre de notre bataille pour être admis aux Nations unies » [1].

- Contrairement à la thèse expliquant le départ des Palestiniens par un appel de leurs dirigeants, les « nouveaux historiens » prouvent que, dans l’immense majorité des cas, il s’est agi d’une expulsion. Ni les archives ni les programmes des radios arabes – enregistrés par la BBC – ne recèlent d’appel national à la fuite. En revanche, les services de renseignement de la Hagana, l’armée clandestine juive, évaluent à près de 400 000 les départs survenus dans la première phase de l’exode (novembre 1947-juin 1948), qu’ils attribuent aux quatre cinquièmes à l’action des armées et milices juives. Et, dans la seconde phase, à partir de juillet 1948, le processus d’expulsion ne fait plus le moindre doute. Un symbole : le transfert forcé, à la mi-juillet 1948, de 70 000 Palestiniens de Lydda et de Ramla - près d’un dixième de l’exode total ! - à la demande de David Ben Gourion par Igal Alon et... Itzhak Rabin...

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Un exode massif forcé
Ph. R. Source : Palestine Land Society (PLS), d’après une carte de Salman Abou-Sitta élaborée principalement à partir des travaux de Benny Morris, Walid Khalidi, Basheer Nijim, B. Mouammer et Mustapha Al-Dabbagh.

Si certains historiens israéliens défendent encore la version officielle de cette tragédie, pour la plupart des chercheurs le débat ne porte plus sur la question « fuite ou expulsion ? », mais sur le caractère planifié, ou non, de cette dernière. Benny Morris s’est récemment rallié à la nécessité du « nettoyage ethnique » [2], contredisant du coup sa thèse de toujours, selon laquelle « le problème palestinien est né de la guerre, et non d’une intention, juive ou arabe » [3]. Celle-ci ne l’empêche toutefois pas d’insister sur l’importance de ce qu’il appelle le « facteur atrocité », précisant même, dans la seconde version de son maître-livre [4] : « Ce que montrent les nouveaux matériaux, c’est que les Israéliens ont commis bien plus de massacres que je ne l’avais pensé auparavant. » Pour sa part, Ilan Pappé consacre tout son dernier livre, le plus convainquant de tous, à « défendre le paradigme du nettoyage ethnique et le substituer à celui de guerre », en recourant aussi bien aux archives qu’aux témoignages oraux [5]. Après une étude sur la place du « transfert » [6] dans la pensée sioniste, il travaille à démontrer dans le détail comment, dès le début des années 1940, la direction du Yichouv, la communauté juive de Palestine, a préparé puis mis en œuvre, étape après étape, l’expulsion des Palestiniens.

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Massacres et annexions (1948-1949)
Ph. R.

Quoiqu’il en soit, la nouvelle carte du Proche-Orient issue de la guerre judéo-palestinienne, puis israélo-arabe ne ressemble guère à celle qu’avait tracée la jeune ONU. L’Etat juif est né, mais il a augmenté son territoire d’un tiers et en a chassé les quatre cinquièmes des Arabes palestiniens qui y vivaient. L’Etat arabe, lui, est mort-né : s’en partagent la dépouille Israël, qui en a conquis une partie, la Transjordanie, qui annexera ce qui reste de la Cisjordanie, et l’Egypte, qui occupe la bande de Gaza. Quant à Jérusalem, elle est coupée en deux pour près de vingt ans : Israël installe bientôt sa capitale à l’ouest, l’est – dont la vieille ville, quartier juif et mur des Lamentations compris – étant aux mains des Jordaniens.

On ne saurait donc comprendre ce premier grand conflit proche-oriental de la seconde moitié du XXe siècle sans avoir recours aux cartes : celle du plan de partage, celle des armistices de 1949, mais aussi, entre les deux, celles des combats et des massacres de la guerre. Indispensable, ce passage par la cartographie l’est d’autant plus qu’une partie des frontières ainsi définies a été effacée par les auteurs et les descendants des faits accomplis à l’époque. Faut-il préciser que rarissimes sont les cartes israéliennes contemporaines à rappeler, par exemple, que la Galilée, la plaine côtière entre Ashdod et la bande de Gaza ainsi qu’une partie du Néguev faisaient partie intégrante de l’Etat arabe ? A l’heure où même la Ligne verte, frontière internationalement reconnue de l’Etat d’Israël avant le 5 juin 1967, disparaît des Atlas, il devient presque subversif de ressusciter les tracés issus du droit international, les différentes phases de son affirmation – et de sa violation… Paradoxalement, la seule frontière vraiment visible, sur le terrain comme sur les cartes, c’est désormais le mur, que pourtant la Cour internationale de justice de La Haye a déclaré illégale et dont elle a exigé, suivie par l’Assemblée générale de l’ONU, la destruction.

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La région vue d’Israël
La flèche précise « Israël était une partie du Proche-Orient ». Source : livre scolaire, Center for Educational Training (CET), 2000.
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Dans les livres scolaires israéliens, pas l’ombre d’une Ligne verte...
Source : livre scolaire, Center for Educational Training (CET), 2000.
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La Cisjordanie, un territoire morcelé :
situation en janvier 2008
Ph. R.

Une dernière remarque, au-delà de la seule période de la naissance d’Israël et du problème des réfugiés palestiniens. L’ensemble des cartes que nous publierons, le 14 mars prochain, dans le numéro 98 de Manière de voir, intitulé « Histoires d’Israël », et que nous reprenons partiellement ici, illustrent une période qui s’étend de l’implantation juive en 1920 à la Palestine morcelée de 2008.

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1920 : la Palestine à la veille du mandat britannique
Ph. R.

Elles soulignent la continuité du projet conçu par Theodor Herzl, réalisé au fil des décennies par ses héritiers. Elles ne montrent cependant pas – car elle n’est pas aisément cartographiable - la rupture intervenue du fait de la seconde guerre mondiale.

Le passage du Yichouv à l’Etat d’Israël doit en effet beaucoup à la situation qui prévaut après 1945 : le génocide a donné une légitimation tragique à la revendication sioniste d’un Etat, incité les Alliés à la soutenir, et travaillé la mauvaise conscience des opinions dans les pays complices de l’entreprise nazie. Sans oublier les centaines de milliers de personnes déplacées qui, ne pouvant pas rentrer dans leur pays ni émigrer en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, n’ont d’autre choix que l’émigration vers la Palestine. Autant de facteurs qui participent au « lien entre l’Holocauste et Israël » souligné par le grand intellectuel palestinien Edward Saïd…

Bibliographie :

- Mohammed Al-Asaad, Mémoires d’un village palestinien disparu, Albin Michel, Paris, 2002.

- Joseph Algazy, Dominique Vidal, Le péché originel d’Israël, Editions de l’Atelier, Paris, 2002 (1998).

- Alain Gresh, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit, Fayard, Paris, 2001.

- Ilan Halevi, Question juive, Les Editions de Minuit, Paris, 1981.

- Shlomo Sand, Les mots et la terre, Fayard, Paris, 2006.

- Michel Warchawski, Sur la frontière, Hachette, Paris, 2004.

Sauf mention contraire, les sources des cartes sont : Howard M. Sachar, History of Israel, Knopf, New York, 1979 ; Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs (Passia) ; Before Their Diaspora, Institute for Palestine Studies, 1984 ; Nations unies, New York ; Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 clés du Proche-Orient, Hachette, Paris, 2006 ; La Maison de l’Orient, Jérusalem.

Notes

[1] Ilan Pappé, The Making of the Arab-Israeli Conflict, 1947-1951, I. B. Tauris, New York, 1992, p. 212.

[2] Cf. son interview au quotidien Haaretz, Tel-Aviv, 8 janvier 2004.

[3] Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949, Cambridge University Press, Cambridge, 1987, p. 286.

[4] The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, Cambridge, 2004.

[5] Ilan Pappé, The Ethnic cleansing of Palestine, One World, Oxford, 2006. Il vient de paraître en français chez Fayard, sous le titre Le Nettoyage ethnique de la Palestine.

[6] Sur la question du « transfert », voir Amira Hass, Ces Israëliens qui rêvent de « transfert », le Monde Diplomatique, 2003.

24 commentaires sur « 1948 : la Palestine des archives aux cartes »

  • permalien Ph. Arnaud :
    18 février @11h41   »

    Il y a trois points sur lesquels j’aimerais avoir des précisions. Le premier est celui-ci : la carte n° 1 mentionne, par des petites croix, les lieux des principaux massacres. Je suppose qu’il s’agit de massacres commis à l’encontre des Palestiniens. Si c’est le cas, y a-t-il eu, à l’inverse, des massacres commis à l’encontre des juifs ? Et, si oui, par qui ? Par les Palestiniens ou par les armées arabes ?

    Le deuxième point est celui-ci : peut-on avoir, en quelques chiffres brefs (guère plus de 4 ou 5 lignes), l’état des forces militaires en 1948 ? Je veux dire nombre d’hommes, de chars, de canons, d’avions ou de mitrailleuses. En ce qui concerne les éléments non matériels de l’armée (ce qui est regroupé sous le nom entraînement, motivation, coordination), je suppose que cela veut dire qu’un certain nombre de soldats de la future armée d’Israël avaient combattu dans les armées alliées (anglaise ou soviétique) comme gradés – voire hauts gradés – et qu’ils avaient la maîtrise d’armes techniques (canons, tanks, avions), et une grande expérience, que n’avaient pas les Arabes, qui n’avaient pas fait la guerre… A-t-on des données à ce sujet ?

    Le troisième découle du deuxième : aujourd’hui, l’armée israélienne domine de loin toutes les armées arabes. Est-ce que cette situation poursuit sans interruption celle de 1948, ou y a-t-il eu des moments où (au moins sur le papier), les Arabes ont repris le dessus ?

  • permalien Ana :
    18 février @12h57   « »

    "La région vue d’Israël - La flèche précise « Israël était une partie du Proche-Orient ». Source : livre scolaire, Center for Educational Training (CET), 2000."

    Contrairement à ce qui est dit ici, le texte de la flèche ne comporte pas le verbe être au passé. La flèche indique, littéralement : " Carte 3 : Israël, elle, partie de l’Orient le Moyen". Soit en français correct : Israël est bien une partie du Proche-Orient ou Israël fait bien partie du Proche-Orient.

  • permalien Dominique Vidal :
    18 février @16h23   « »

    Sur les trois questions de Ph. Arnaud :

    1) parmi les massacres indiqués sur cette carte figurent les deux principaux commis par la Légion arabe (Gush Etzion) ou par des Palestiniens (Mont Scopus, représailles après la tuerie de Deir Yassine). Tous les autres ont été le fait, soit de la Hagana ou, après leur création en juin 1948, des Forces de défense d’Israël (Tsahal), soit des milices des groupes dits « révisionnistes », l’Irgoun de Menahem Begin et le Lehi de M. Itzhak Shamir ;

    2) vous trouverez le détail des faits et chiffres concernant les forces militaires dans les livres cités par l’article ou sa bibliographie. Concernant les effectifs, ceux des forces juives ont évolué d’environ 50 000 à la fin de 1947 à près de 90 000 à la fin de 1948 ; les forces combinées des Palestiniens et de l’Armée de libération des volontaires arabes de Fawzi Al-Qawukji ont plafonné à moins de 10 000 hommes. Quant aux contingents envoyés par les Etats arabes, leurs effectifs, de 23 000 hommes le 15 mai 1948, atteindront un maximum de 25 000 à 30 000. A cette supériorité numérique des armées juives, puis israéliennes, s’ajoute une écrasante supériorité en armements, notamment à partir des livraisons tchèques qui commencent à la fin mars 1948 et s’intensifient avec le pont aérien entre la base de Zatec et le territoire du futur Etat d’Israël. Au-delà, on aurait tort de sous-estimer l’avantage stratégique majeur qui découle, pour Israël, du soutien soviétique et américain ainsi que de l’accord passé avec la Transjordanie ;

    - depuis la première guerre de 1948, l’armée israélienne a bien sûr considérablement accru sa supériorité militaire et stratégique. L’acquisition de la bombe A puis H, avec l’aide de la France, et d’armes sophistiquées dans tous les domaines, avec l’aide des Etat-Unis, l’ont garantie. Les revers enregistrés durant les premiers jours de la guerre de Kippour (ou de Ramadan), en 1973, provenaient surtout de l’effet de surprise de l’attaque égypto-syrienne. Avec la guerre du Liban, en 2006, c’est une tout autre situation, très préoccupante pour Israël, qui s’est créée : le rapport des forces militaires, pourtant très favorable, ne lui a pas suffi à l’emporter sur le Hezbollah. Les guerres asymétriques constituent un défi auquel l’armée israélienne, comme d’autres, n’a pas trouvé de réponse efficace.

    Dominique Vidal.

  • permalien Ph. Arnaud :
    18 février @19h18   « »

    Je remercie Dominique Vidal de ses réponses précises et denses, qui, pour moi, ont vraiment constitué une surprise ! En particulier, j’ai été sidéré par le nombre de soldats que la petite population juive de 1948 a été capable de mobiliser. Par rapport à des pays arabes, dont la population totale était bien supérieure, l’effort militaire, je m’en aperçois, n’a pas du tout été proportionnel…

    De façon générale, je note qu’un certain nombre de pays liés ou alliés aux Etats-Unis (ou, en général, dans l’aire occidentale), même s’ils apparaissent peu peuplés, ont des budgets de la défense importants et des armées musclées : je pense à la Suisse, mais aussi à Singapour, à Taïwan ou à la Corée du Sud. Le chiffre de la population (souvent invoqué quand il s’agit de pays musulmans) ne signifie pas grand-chose…

  • permalien Mathieu :
    18 février @19h21   « »

    A noter que les cartes ne comportant pas la ligne verte se retrouvent régulièrement des deux cotés de la balance. Chacun a son propre intérêt à ne pas vouloir reconnaitre l’autre.

  • permalien K. :
    18 février @22h24   « »

    Meron Rappaport 17/02/2008 :

    Plus d’un tiers des colonies de Cisjordanie ont été construites sur des terrains privés palestiniens qui avaient été confisqués provisoirement par l’armée pour des « raisons de sécurité », selon un rapport de l’Administration Civile qui est publié ici pour la première fois.

    L’avocat Michael Sfard, qui représente plusieurs Palestiniens dont les propriétés ont été volées par des colons, a déclaré que les données "prouvaient que le vol systématique des terres avait été effectué pour l’installation de colonies via l’utilisation totalement illégale du terme" nécessité militaire ". La dissimulation de cette information pendant toutes ces années montre également que les autorités savaient qu’elles commettaient des actes illégaux ».

  • permalien Ana :
    19 février @17h23   « »

    Note 2 : Cf. son interview au quotidien Haaretz, Tel-Aviv, 8 janvier 2004.

    On peut trouver, à partir de l’original en hébreu, une traduction en français de l’interview de Benny Morris par Ari Shavit : "En attendant les barbares".

    Version anglaise : "Survival of the fittest".

  • permalien zulfikar :
    20 février @11h56   « »
    1948 : Une Question à M. Vidal

    Bonjour M. Vidal,

    Je viens de lire une interview de M. Benny Morris,intitulée "En attendant les barbares, du lundi 23 janvier 2006 sur le site Info-Palestine.net, grâce au lien de Ana - que je remercie vivement au passage.

    Un passage m’a particulièrement choqué :

    « Telle était la situation. C’est ce qui se dressait face au sionisme. Il n’y aurait pas d’État juif sans le déracinement de ces 700.000 Palestiniens. C’est pour ça qu’il fallait les déraciner. Il n’y avait pas d’alternative à l’expulsion de cette population. Il était nécessaire de nettoyer l’arrière, de nettoyer les zones de frontière et de nettoyer les principaux axes routiers. Il était nécessaire de nettoyer les villages d’où ils tiraient sur nos convois et sur nos localités. »

    J’aimerais avoir votre avis. Etait-ce réellement le cas ?

    Y a t’-il eu une tentative de "modus vivendi" ? Ne serait-ce qu’une seule ?

    Merci d’avance.

  • permalien Dominique Vidal :
    20 février @13h27   « »

    Cher Zulfikar,

    Avec cette interview à Haaretz, qui date du 8 janvier 2004, Benny Morris est devenu complètement schizophrène : il a passé presque trente ans de sa vie à chercher dans les archives de quoi prouver que les Palestiniens avaient bel et bien été expulsés… pour finir par justifier le « nettoyage ethnique » passé et, le cas échéant, futur.

    Mais l’argument qu’il avance ne tient pas. En fait de « nettoyer l’arrière, les zones de frontières et les principaux axes routiers », les forces juives, puis israéliennes ont expulsé les quatre cinquièmes de la population palestinienne du territoire qui allait devenir Israël, avant de les déposséder, puis d’interdire par tous les moyens leur retour.

    Loin d’assurer la sécurité de l’Etat juif, cette négation du droit à l’autodétermination du peuple palestinien l’a engagé dans un conflit sans fin avec ses voisins arabes. Soixante ans et six guerres plus tard, le « mur de fer » - l’expression est de l’ultrasioniste Zeev Jabotinsky en 1923 – grâce auquel Israël espérait imposer ses conditions aux Arabes est ébranlé. Durant l’été 2006, son armée n’a pas réussi à protéger le nord du pays des roquettes du Hezbollah, comme le sud, depuis, de celles du Djihad islamique.

    En 2008 comme en 1948, il n’a pas d’alternative à une paix négociée avec les Palestiniens, clef d’une intégration durable d’Israël dans le Proche-Orient arabe. Sauf si l’on prophétise Armageddon, comme Benny Morris à la fin de l’interview en question : « La guerre entre les civilisations est la caractéristique principale du XXIe siècle. (…) Et nous nous trouvons en première ligne. Exactement comme les Croisés, nous sommes la branche vulnérable de l’Europe dans cette région. (…) Le risque d’annihilation existe. (…) Tout le projet sioniste est apocalyptique. Il existe à l’intérieur d’un environnement hostile et dans un certain sens son existence est déraisonnable. »

  • permalien zulfikar :
    20 février @18h14   « »
    A M.Vidal : une question sur les paradigmes

    Cher M. Vidal,

    Merci d’avoir répondu si rapidement.

    J’ai lu avec grand intérêt le chapitre 10 de votre dernier ouvrage, "Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), sur le présent site. Je ne manquerai pas de lire votre ouvrage.

    L’historien israëlien, Ilan Pappé, a remis en cause le paradigme de Benny Morris, à savoir que l’expulsion des populations palestiniennes a été la conséquence de la guerre. Le paradigme de Pappé est que l’expulsion était le résultat d’un nettoyage ethnique méticuleusement préparé.

    Nous savons, aujourd’hui, qu’à la veille de la guerre des six jours, le solde migratoire de l’Etat d’Israël était négatif et que la victoire-éclair a été vécu comme une résurrection (selon les mots de Tom Segev).

    La guerre du Liban, en 2006, et un Iran potentiellement nucléaire ne risquent-ils pas d’avoir une influence négative sur le solde migratoire et, à terme, de "tuer le rêve sioniste" ?

    Il est, par conséquent, à craindre une guerre de " réaction " de grande envergure, cette fois - l’attaque en septembre dernier, en Syrie, par l’avion israelienne et l’assassinat de Imad Moughnieh, n’étant qu’une simple préparation.

    Ma question est la suivante : quel est, selon vous, le paradigme qui domine la politique étrangère israélienne vis-à-vis de ses voisins arabes ?

    Merci beaucoup.

  • permalien Dominique Vidal :
    21 février @00h21   « »
    Pour conclure (provisoirement) un dialogue

    Cher Zulkifar,

    Je ne voudrais pas que notre dialogue monopolise ce blog – si vous m’envoyez votre adresse mel, nous pourrons, le cas échéant, le poursuivre directement.

    Comme je vous l’ai déjà écrit, je crois que la stratégie israélienne est entrée, avec la guerre du Liban, dans une crise profonde. Son paradigme constant depuis 1948 – le « mur d’acier » - est remis en cause.

    Si les dirigeants politiques et militaires du pays du pays tiraient les leçons de l’histoire, cet ébranlement pourrait déboucher sur un tournant vers la recherche d’une solution négociée. Encore faudrait-il qu’ils soient pris en étau entre la résistance unie du peuple palestinien, les pressions – voire les sanctions – déterminées de la communauté internationale à l’extérieur et l’exigence de paix de leur propre opinion à l’intérieur incarnée par une force alternative et représentative.

    Autant de conditions qui sont, on le constate, loin d’être réunies. D’où, effectivement, le risque d’une fuite en avant n’excluant pas une aventure militaire grosse de dangers pour la paix régionale et mondiale. Mais le premier ministre qui engagerait Israël, par exemple, dans une escalade contre l’Iran resterait sans doute aussi dans l’histoire comme celui qui a fait bombarder Tel-Aviv…

    Et, puisque c’est de cartographie qu’il est question ici, il faudrait donc ajouter une nouvelle carte indiquant le rayon d’action des missiles d’ores et déjà aux mains des Etats de la région, Israël compris.

    Dominique Vidal.

  • permalien Agustin Hernandez :
    23 février @20h52   « »

    I hope there was no problem if I write in english, you can reply in French. This is just a curiosity about Sderot. When and where was it founded ? Was it founded over a previous arab village ? in which side of the 1948 partition ? Thanks.

  • permalien Dominique Vidal :
    23 février @22h05   « »
    Sderot

    Dear Agustin Hernandez,

    La ville de Sderot a été créée au début des années 1950 sur les ruines d’un village palestinien, Najd, qui fut occupé par les forces juives le 12 mai 1948, donc avant la déclaration d’indépendance d’Israël et l’entrée des troupes arabes. Expulsés, ses 719 habitants arabes de l’époque se sont réfugiés dans la bande de Gaza.

    D. V.

  • permalien Agustin Hernandez :
    23 février @22h32   « »

    Thanks for your prompt reply. But still have a doubt, was the arab village of Najd in the part corresponding to the Arabs or in the part corresponding to the Jewish as per the 1947 ONU partition ?

    Muchas gracias de nuevo.

  • permalien Dominique Vidal :
    24 février @09h57   « »
    Sderot (suite)

    Sur les cartes du plan de partage du 29 novembre 1947 dont je dispose, le village de Najd ne figure pas.

    Mais la description de la frontière entre l’Etat juif et l’Etat arabe que contient la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies est précise : Najd se trouvait à l’est de la bande de Gaza (qui se prolongeait beaucoup plus au nord) et faisait donc partie de l’Etat juif tel que les Nations unies l’avaient défini.

    Remarquez, au passage, que les textes onusiens étaient suffisamment élaborés pour qu’on puisse... se passer de carte !

  • permalien Petits grincements :
    24 février @11h02   « »

    Israël et les Palestiniens », Lettre du Professeur Benny

    Juste quelques précisions pour ce forum de convaincus

    Première partie

    Morris au "Irish Times" Imprimer Envoyer à un ami 21 février 2008

    Titre original anglais : "Israel and the Palestinians".

    Traduction française : Menahem Macina

    Madame,

    Ceux qui haïssent Israël raffolent de citer – et plus souvent de mal citer – mes travaux, à l’appui de leurs arguments. Permettez-moi d’apporter quelques corrections.

    Les Arabes palestiniens ne furent pas responsables « de manière plutôt bizarre » (David Norris, 31 janvier) de ce qui leur est arrivé en 1948. Leur responsabilité fut très directe et très claire.

    Au mépris de la volonté de la communauté internationale, telle qu’exprimée dans la Résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, du 29 novembre 1948, ils déclenchèrent les hostilités contre la communauté juive de Palestine, dans l’espoir de faire avorter l’émergence de l’Etat juif et peut-être de détruire cette communauté. Mais ils ont perdu ; et l’une des conséquences fut le déplacement de 700 000 d’entre eux loin de leurs foyers.

    Il est exact, comme l’a fait remarquer Erskine Childers il y a longtemps, qu’il n’y a pas eu de messages radiodiffusés arabes pressant les Arabes de fuir en masse ; en fait, il y a eu des messages diffusés par plusieurs stations de radio arabes les appelant à rester sur place. Mais, au niveau local, dans des dizaines de localités de Palestine, des dirigeants arabes conseillèrent, ou ordonnèrent l’évacuation de femmes et d’enfants, ou de communautés entières, comme cela se produisit à Haïfa, fin avril 1948. Le 22 avril, le maire de Haïfa, Shabtai Lévy, parlementa avec eux pour qu’ils restent, sans résultat.

  • permalien Petits grincements :
    24 février @11h04   « »

    2ème partie

    La plupart des 700 000 "réfugiés" ont fui leurs maisons à cause du fléau de la guerre (et dans l’espoir de revenir promptement dans leurs foyers sur les talons des envahisseurs arabes victorieux). Mais il est également vrai qu’il y eut plusieurs dizaines de sites, dont Lydda et Ramla, dont des communautés arabes furent expulsées par des troupes juives.

    Le déplacement des 700 000 Arabes qui devinrent des "réfugiés" – je mets le mot entre guillemets, car deux tiers d’entre eux furent déplacés d’une partie de la Palestine à une autre, et non de leur pays (ce qui est la définition habituelle d’un réfugié) – ne fut pas un « crime racial » (David Landy, 24 janvier), mais le résultat d’un conflit national et d’une guerre, à connotations religieuses, d’un point de vue musulman, déclenchée par les Arabes eux-mêmes.

    Il n’y eut pas de "plan" sioniste ou de politique globale d’expulsion de la population arabe, ni d’"épuration ethnique". Le Plan Dalet (Plan D), du 10 mars 1948 (rendu public et accessible à quiconque veut le consulter dans les archives de Tsahal et dans diverses publications), était le plan-directeur de la Haganah – la force militaire juive qui devint l’Armée de Défense d’Israël (Tsahal) – pour contrer l’assaut panarabe contre l’Etat juif naissant. C’est ce qu’il dit explicitement et c’est ce qu’il était. Et l’invasion des armées d’Egypte, de Jordanie et d’Iraq eut lieu comme prévu, le 15 mai.

    Il est exact que le Plan D donnait carte blanche aux commandants régionaux pour occuper, installer des garnisons, ou expulser, ou détruire les villages arabes situés à côté des lignes de front et derrière elles, ainsi que les routes prévues comme devant être empruntées par les armées arabes d’invasion. Il est également vrai qu’au milieu de la guerre de 1948, les dirigeants israéliens décidèrent d’empêcher le retour des "réfugiés" (ces "réfugiés" qui venaient juste d’attaquer la communauté juive), parce qu’ils les considéraient comme une cinquième colonne et une menace pour l’existence de l’Etat juif. Pour ma part, je ne peux incriminer leurs craintes ou leur logique.

    La diabolisation d’Israël est largement fondée sur des mensonges – tout comme la diabolisation des Juifs, durant les 2000 ans écoulés, a été basée sur des mensonges. Et il y a un lien entre l’une et l’autre.

  • permalien Petits grincements :
    24 février @11h05   « »

    3ème partie

    Je recommande à des gens tels que Norris et Landy de lire quelques livres d’histoire et de prendre connaissance des faits, et non de remettre en circulation une propagande arabe éculée. Ils pourraient alors apprendre, par exemple, que la "Guerre de Palestine" (la "Guerre d’Indépendance", comme l’appellent les Israéliens) a commencé en novembre 1947, et non en mai 1948. A la date du 14 mai, près de 2 000 Israéliens étaient morts, parmi les 5 800 morts qu’a coûtés, en tout, à Israël, cette guerre (soit près de 1% de la population juive de Palestine/Israël, qui comptait environ 650 000 âmes).

    Salutations distinguées

    Prof. Benny Morris, Li-On (Israël) [*]

  • permalien zulfikar ou petits rires :
    24 février @13h51   « »
    Réponse à Petits grincements

    Sur Benny Morris et son travail d’historien. Texte de Ilan Pappé : Response to Benny Morris’ "Politics by other means" in the New Republic Ilan Pappe, The Electronic Intifada, 30 March 2004

    "Why did he twice write the book on that episode in history ? Just by sheer accident ? Morris tells us in the preface to the updated book on the 1948 war that new material prompted him to revise the book. But in fact this is not what distinguishes his two books. The first was written at a time when it was bon ton to be a ’peacenik’ and his version of history was that the ethnic cleansing in Palestine (the massive expulsion of about 750,000 Palestinians in 1948) was not the result of a master plan. It happened through a war and therefore there was no Israeli accountability or direct responsibility — a narrative that fitted the peace camp at the time. But with such views after Netanyahu’s victory in the 1996 elections it was difficult to get professorship in an Israeli university. This is when the shift began.

    And it was even easier to get tenure and professorship he gladly found out if he would air the set of views, he believed in any way. So when the second Intifada broke out, our charlatan finds out that the bon ton in Israel has shifted to the right. In his new book the ethnic cleansing becomes a master plan that is criticized by Morris for not being efficient enough as too many Palestinians were left in their houses (almost 10 percent of those living within the Jewish State). Nonetheless, the ethnic cleansing is now represented as a wise foresight of the Israeli leadership at time that should be repeated once more. This is not based on new evidence, but on an ideological twist.

    Thus the strong conviction Morris expresses in the following way that ’my own view is that the historian must base his work on the primary sources, that is, on contemporaneous documents’ is not the basis for his historical conviction. His primary sources come almost exclusively from the IDF archives. With the help of these documents he reconstructs 1948 (he used some English sources in a lame and insignificant biography he wrote on Glubb, I believe, but this is an exception not the rule).

    Israeli officers lied in the past and lie in the present — but they are the basis for the true history for Morris. In fact, when his ideology changed he guessed they told only part of the truth about the ethnic cleansing and therefore he was willing to be a post-modernist and read into, and outside, the texts. But his picture of the 1948 war will never be complete. There are plenty of Arab and Palestinian documents, but Morris who cannot read Arabic, will not be able to use them."

    Je suis sûr que vous trouverez quelqu’un pour vous le traduire

  • permalien Petits grincements :
    24 février @17h45   « »

    JE SUIS SUR QUE ILLAN PAPPE COMME IL LE CLAME ET LE PROCLAME CONTRAINT A L’EXIL EST UN REFUGIE POLITIQUE

    CE GENRE DE CHOSE EST BIEN CONNUE D’ISRAËL N’EST CE PAS M. ZULFICAR ?

  • permalien Dominique Vidal :
    24 février @19h12   « »
    Benny Morris est-il schizophrène ?

    La lettre de Benny Morris publiée dans le Irish Times et qu’un internaute a mise en ligne ici est doublement révélatrice.

    Sur le fond, elle confirme le déplacement du débat historique sur 1948 : les chercheurs ne se demandent plus s’il s’est agi d’une fuite ou d’une expulsion, mais si cette expulsion est une conséquence de la guerre ou le résultat d’un plan prémédité. Benny Morris, on le sait, soutient la première thèse, Ilan Pappé la seconde.

    Mais ce texte souligne aussi les contradictions dans lesquelles se débat Benny Morris depuis qu’il a pris politiquement position en faveur du « nettoyage ethnique » que ses travaux avaient historiquement contribué à mettre à jour.

    Dans Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), je reprends l’essentiel de la fameuse interview d’Arié Shavit avec Benny Morris, que le quotidien Haaretz a publiée le 8 janvier 2004. Le pionnier de la nouvelle histoire y déclare d’emblée : « Rien ne justifie les viols. Rien ne justifie les massacres. Ce sont des crimes de guerre. Mais, dans certaines conditions, une expulsion n’est pas un crime de guerre. Je ne pense pas que les expulsions de 1948 étaient des crimes de guerre. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. On doit se salir les mains. »

    « Le calme avec lequel vous dites cela fait froid dans le dos », lance le journaliste à l’historien. Nullement désarçonné, celui-ci répond : « Si vous espériez que j’allais fondre en larmes, je suis désolé de vous décevoir, je ne le ferai pas. » Car il « comprend » tout à fait pourquoi les dirigeants des forces juives, en 1948, ont organisé des expulsions : « Je ne pense pas qu’ils aient eu de problèmes de conscience, et, à leur place, je n’en n’aurais pas eus. Sans cet acte, ils n’auraient pas gagné la guerre et l’Etat n’aurait pas vu le jour. »

    Stupéfait, Shavit revient à la charge : ne les condamnez-vous pas moralement ? « Il y a des circonstances dans l’histoire qui justifient le nettoyage ethnique. Je sais que ce terme est complètement négatif dans le discours du XXIe siècle, mais, quand le choix est entre le nettoyage ethnique et le génocide – l’annihilation de votre peuple –, je préfère le nettoyage ethnique. »

    Mais était-ce vraiment la situation en 1948 ? Morris n’en doute pas : « Un Etat juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner 700 000 Palestiniens. Il était donc nécessaire de les déraciner. Il n’y avait pas d’autre choix que d’expulser cette population. »

    S’il y a bien eu « nettoyage ethnique » et que de surcroît Benny Morris juge celui-ci légitime, que reste-t-il des « corrections » que l’historien présente dans sa lettre au Irish Times ?

  • permalien Petits grincements :
    26 février @17h47   « »

    Ravi que Monsieur VIDAL s’est cru obligé de répondre à mon mail pour rassurer ses ouailles.

    Toutefois celui-ci ne connaît pas vraiement les nuances

    Que reste t’il de la lettre de MORRIS ?

    Il, reste notamment, Monsieur VIDAL, une affirmation historique fondamentale que vous efforcez, vous et Monsieur GRESH, article après article, référence sur référence, de nier, de contester, un fait qui vous insupporte (comme à Monsieur PAPPE ce persécuté par ces mêmes sionistes) :

    "Il n’y eut pas de "plan" sioniste ou de politique globale d’expulsion de la population arabe, ni d’"épuration ethnique".

    Le reste de vos affirmations peut de la même façon être contesté, faits et références à l’appui.

    Bien à vous

  • permalien Dominique Vidal :
    26 février @23h50   « »
    Dialogue de sourds

    Le principe d’une discussion, c’est de répondre à ce que l’autre dit ou écrit et non à la caricature qu’on en fait. Sinon, on risque un dialogue de sourds...

    Relisez l’article introductif à ce forum comme la discussion qui a suivi. Il s’agit, entre autres, de rendre compte des recherches des « nouveaux historiens » israéliens et des débats qui les agitent. L’une des questions que ceux-ci se posent est la suivante : l’exode palestinien est-il né de la guerre ou de la mise en œuvre d’un plan prémédité ?

    Le nouveau livre d’Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, apporte beaucoup d’arguments à l’appui de la seconde thèse. Benny Morris, pour sa part, continue à défendre la première.

    J’observe simplement que, dans son interview à Haaretz, à la veille de la parution de la seconde édition de son livre The Birth of the Palestinian Refugee Problem, Morris a ouvertement contredit sa propre version, en affirmant notamment :

    Benny Morris : « Il y a des circonstances dans l’histoire qui justifient le nettoyage ethnique. Je sais que ce terme est complètement négatif dans le discours du XXIe siècle, mais, quand le choix est entre le nettoyage ethnique et le génocide - l’annihilation de votre peuple - je préfère le nettoyage ethnique. »

    Arié Shavit : Et c’était la situation en 1948 ?

    Benny Morris : « C’était la situation. C’était ce que le sionisme affrontait. Un Etat juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner 700 000 Palestiniens. Par conséquent il était nécessaire de les déraciner. Il n’y avait pas d’autre choix que d’expulser cette population. »

    Prenez en acte.

  • permalien
    10 avril @21h07   «

    un commentaire sans doute inutile, mais je crois qu’après ces lignes de critique, l’article méritait quelques félicitations ! Cette lecture a été plaisante. Merci pour ces informations et la diversité des sources.

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