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Les Etats-Unis vont-ils gagner la guerre en Irak ?

mercredi 27 février 2008, par Alain Gresh

« Alors que l’ennemi est encore dangereux et qu’il reste encore du travail, la mobilisation [surge [1]] américaine et irakienne a obtenu des résultats que peu d’entre nous auraient imaginés il y a seulement une année [applaudissements]. Quand nous nous sommes réunis l’an dernier, beaucoup pensaient qu’il était impossible de contenir la violence. Un an plus tard, les attaques terroristes de grande envergure diminuent, les morts civiles aussi, et les tueries confessionnelles également. (...) Quand nous nous sommes réunis l’an dernier, Al-Qaida avait des sanctuaires dans de nombreuses régions d’Irak, et ses dirigeants proposaient à nos forces une voie sûre pour quitter le pays. Aujourd’hui, c’est Al-Qaida qui cherche une voie sûre [pour s’enfuir]. »

Ainsi le président George W. Bush, dans son dernier discours sur l’état de l’Union prononcé devant le Congrès le 28 janvier 2008, dressait-il le tableau de la guerre entamée voilà cinq ans en Irak. Il serait tentant de disqualifier d’un haussement d’épaules cette péroraison, tant cette administration a trompé l’opinion, manipulé les faits, tronqué les données... Une récente étude a d’ailleurs confirmé que M. Bush et six de ses plus proches collaborateurs avaient menti, entre le 11-Septembre et le début de la guerre, à... 935 reprises à propos du danger que représentait l’Irak pour les Etats-Unis [2] !

Cette fois, pourtant, les déclarations de l’hôte de la Maison Blanche, reprises et amplifiées par les médias et par certains responsables américains – y compris démocrates –, semblent s’appuyer sur des données solides.

Selon un rapport américain [3], en deux ans, le nombre des victimes de mort violente est passé pour les civils irakiens d’un maximum de 3 000 en novembre 2006 à 700 en décembre 2007 ; et, pour les soldats de la coalition, d’une moyenne de 100 par mois à la fin 2006 (130 en mai 2007) à une vingtaine à la fin de l’année dernière. Les attaques de grande envergure (voitures piégées, attentats-suicides, etc.) sont tombées de 130 en juin 2007 à 40 en décembre de la même année. Enfin, alors que 2 200 Irakiens étaient tuées en décembre 2006 dans des violences interethniques (pour l’essentiel entre sunnites et chiites), ce bilan chutait à environ 200 en novembre 2007. Ces succès ont amené l’administration à annoncer un retrait graduel de 5 000 soldats par mois – qui a, en partie, commencé : les forces américaines passeraient d’un pic de 170 000 soldats à 130 000 d’ici l’été.

Et pourtant, à la fin de l’année 2006, la situation des troupes américaines en Irak paraissait sérieusement compromise, et la pression de l’opinion pour un retrait rapide était forte, comme le confirmait la victoire des démocrates aux élections du Congrès de novembre. La commission bipartite, présidée par l’ancien secrétaire d’Etat James Baker et par l’ancien président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants Lee Hamilton, rendait un jugement très sévère sur la politique de Washington. Elle proposait un changement de cap, un désengagement progressif de l’armée américaine, ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec la Syrie et l’Iran, et la prise en compte du problème palestinien.

Mais, contre vents et marée, le président Bush refusait de céder. Il s’engageait dans une autre voie, celle que préconisait un rapport de la fondation de droite American Enterprise Institute. Le texte, préparé par Frederick Kagan, une des plumes néoconservatrices, et par le général à la retraite Jack Keane, intitulé « Choosing victory : A plan for success in Iraq » (« Choisir la victoire : un plan pour réussir en Irak »), préconisait, au contraire de la commission Baker-Hamilton, un envoi de troupes supplémentaires et leur concentration dans la région de Bagdad afin d’y rétablir l’ordre.

(...)

La suite de cet article est à lire dans le numéro de mars du Monde diplomatique, disponible en kiosque. Le texte est accompagné de deux autres articles : « L’anthropologie, arme des militaires », par William O. Beeman, et « Au service du colonisateur », par Alain Ruscio, qui reviennent sur les ethnologues qui se sont mis au service de l’armée, en Irak aujourd’hui, dans les colonies françaises hier.

Notes

[1] On peut aussi traduire par « poussée ». Le terme, ici, signifie l’accroissement du nombre de soldats américains en Irak.

[2] Charles Lewis et Mark Reading-Smith, « False pretense », The Center for Public Integrity. Lire également le dossier du Monde diplomatique, « Cinq années de “guerre au terrorisme” », septembre 2006.

[3] Anthony Cordesman, « The evolving security situation in Iraq : The continuing need for strategic patience », Center for Strategic and International Studies, Washington, 21 janvier 2008.

55 commentaires sur « Les Etats-Unis vont-ils gagner la guerre en Irak ? »

  • permalien Pierre :
    27 février 2008 @13h47   »

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    La guerre ? ... contre qui ?

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  • permalien Ph. Arnaud :
    27 février 2008 @19h00   « »

    Dans l’appréciation de la situation des Etats-Unis en Irak, il y a peut-être un élément à prendre en compte : l’érection de la nouvelle ambassade US à Bagdad. Celle-ci, comme nombre de journaux l’ont relaté, couvrira 42 hectares (420 000 m²). Par comparaison, l’Etat du Vatican couvre 44 hectares, le Château de Prague, avec sa cathédrale Saint-Guy, ses places, ses chapelles, ses palais, sa Ruelle d’or, s’étend sur une surface de 570 x 130 m (soit 74 100 m²). Et le Kremlin, autre citadelle, et lieu métonymique du pouvoir, couvre 28 ha, soit à peine les deux tiers de l’ambassade américaine…

    Une ambassade peut être belle et prestigieuse sans être démesurée. A Paris, l’ambassade des Etats-Unis, place de la Concorde, est dans un des plus beaux quartiers de la capitale et visible de loin. A Rome, l’ambassade de France est logée dans l’ancien palais Farnèse. L’une comme l’autre sont des couronnements de carrières pour leurs titulaires, des « coups de chapeau ».

    Mais il en va tout différemment de l’ambassade américaine à Bagdad. Et ce n’est pas par hasard que j’ai choisi de la comparer au Château de Prague [qui, plus qu’un château au sens strict, est une citadelle, une Ville du haut, d’où sa majuscule] et au Vatican : par leur superficie, comme par leur richesse architecturale, par leur visibilité dans la cité, ces deux sites symbolisent le pouvoir. A Prague, le pouvoir des rois Luxembourg et Habsbourg, à Rome, le pouvoir de l’Eglise universelle sur la catholicité (et, jadis, sur la chrétienté).

    Certes, il n’y aura pas, à Bagdad, les splendeurs picturales ou sculpturales du Vatican ou du Hradčany. Mais il y aura des murs de 4,5 mètres d’épaisseur, des batteries de missiles, une caserne de marines (autre chose que les gardes suisses !), des puits autonomes, un système indépendant de traitement des eaux usées et des ordures, une centrale électrique, la plus grande piscine de la ville, des snacks, des supermarchés, des restaurants, des gymnases.

    D’où les deux questions qui s’ensuivent. D’abord : avec un investissement financier et symbolique aussi démesuré, comment imaginer que les Etats-Unis quitteront l’Irak, même si on le leur demande poliment ? Ensuite, comment imaginer que le véritable pouvoir, en Irak, résidera ailleurs qu’au sein de ces murailles ?

  • permalien K. :
    27 février 2008 @19h12   « »

    Décidément, vous etes irrécupérable Pierre ! GUERRE CONTRE LA TERREUR !! Voyons !

  • permalien Ana :
    27 février 2008 @19h20   « »

    « L’idée de Nicolas Sarkozy de "confier à chaque élève de CM2 la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah" était "enterrée avant même qu’on se réunisse", a déclaré, mercredi 27 février, l’historien et cinéaste Claude Lanzmann, à l’issue d’une réunion sur la question au ministère de l’éducation. "Ce n’était pas praticable car il y a 11 500 enfants juifs de France et 600 000 élèves en CM2", a-t-il expliqué. »

    Comme tout cela est infiniment regrettable. N’ayant pas aujourd’hui les moyens d’ajouter 588 500 petites victimes juives au 11 500 enfants juifs de France assassinés pendant la Deuxième Guerre mondiale, je propose de supprimer 588 500 enfants français d’aujourd’hui afin qu’il n’y ait pas matière à dispute en classe pour s’approprier les 11 500 petites victimes juives d’alors.

    Quoi ! A chacun sa victime. Nous n’allons pas procéder à un démembrement des corps, histoire que chaque élève de CM2 de 2008 ait son morceau d’enfant juif bien à lui : ce serait témoigner là d’une grande sauvagerie… envers la mémoire.

  • permalien K. :
    27 février 2008 @21h13   « »

    Les Américains semblent effectivement vouloir rester pour très longtemps en Irak. Déjà le niveau de retrait des troupes a été revu à la baisse.

    N’eussent été les prochaines élections présidentielles, il est probable qu’il aurait été encore moins élevé. Une réduction du nombre des troupes coïnciderait avec les mois vitaux de fermeture de la campagne présidentielle, ce qui serait supposé profiter au candidat républicain (même plus, peut-être, s’il s’avère être le candidat pro-guerre, pro-surge bien qu’adversaire de Bush, John McCain) a écrit récemment Paul Rogers. Nancy Pelosi, consciente de la manoeuvre (le beurre et l’argent du beurre), vient de contre-attaquer et un débat a maintenant lieu au Sénat.

    On sait maintenant que John McCain sera effectivement le candidat républicain aux prochaines élections. Et il est en train d’essayer de convaincre les Américains que les Etats-Unis vont réussir en Irak. En effet John McCain trouve que les électeurs américains y pensent encore trop, à cette guerre d’Irak, malgré tous les efforts du NYT et du WAPO pour les convaincre que La guerre est terminée.

    Et McCain a du pain sur la planche. Parce que, selon le meme Paul Rogers, Les événements les plus récents en Irak reflètent trois tendances sérieuses. La première est une augmentation des attentats suicide (..). La seconde est une augmentation des pertes américaines après un décembre 2007 relativement calme (..). La troisième tendance est un effort concerté des insurgés de cibler les dirigeants des milices sunnites coopérant avec l’armée américaine.

    La réponse américaine, devant ces dernières tendances, a été d’augmenter les bombardements aériens. Or comme le dit Rogers toujours, Cette tactique, comme en Afghanistan, entraîne la possibilité constante de créer de nouveaux ennemis même si elle permet de se débarrasser des anciens.

    Finalement, Le fait de savoir si telles forces peuvent réellement être maintenues est discutable, mais il révèle l’intention claire d’établir ce qu’on peut au mieux décrire comme un protectorat Etats-unien à long terme de l’Irak. écrit le meme Rogers qui confirme donc les suppositions de Ph Arnaud.

  • permalien K. :
    27 février 2008 @21h34   « »

    @ Ph Arnaud. Voici ce qu’écrit Paul Rogers concernant la question que vous soulevez (1/2) :

    Les officiers Etats-unien négociant actuellement des accords avec le gouvernement iraquien de Nouri al-Maliki sont accusés de rechercher un niveau tout à fait extraordinaire d’influence et de contrôle. Ceci est déjà apparent dans la construction de la plus grande ambassade du monde a Bagdad ; ce qui est moins noté est que Washington poursuit une stratégie reposant sur des règles posées par la Coalition de l’Autorité Provisoire de Paul Bremer (CAP) au début de la deuxième année de l’occupation Etats-unienne.

    Peut-être, l’indicateur le plus clair des projets Etats-uniens concernant le pouvoir en Irak est la tentative d’imposer ou d’étendre des exemptions de grande envergure des lois iraquiennes pour les non-Iraquiens. Les plus de 150.000 soldats américains en Irak sont déjà exemptés, comme le sont un noyau d’environ 13.000 contractuels de sécurité privée travaillant là-bas pour le département de la défense nationale des Etats-Unis ; le dessein est maintenant d’attribuer le même statut extralégal à 154.000 contractuels civils travaillant aussi pour le Pentagone. Ainsi le total du personnel sous les auspices des Etats-Unis qui auraient l’immunité vis-à-vis de n’importe quelle infraction sous le système légal iraquien se ramènerait à presque un tiers de million.

    Le besoin de garantir la sécurité d’un protectorat sur l’échelle envisagée - et, de façon plus immédiate, d’éviter des assauts contre les patrouilles terrestres Etats-uniennes - est déjà rempli par un second surge militaire en grand partie caché. Celui-ci est aéroporté, et implique l’expansion de la puissance aérienne Etats-unienne en Irak bien au-delà même des bombardements intensifs de secteurs tenus par des insurgés autour de Bagdad. En témoigne la présence d’une escouade d’avions d’attaque au sol A-10 dans la base aérienne d’al-Assad et d’une escouade supplémentaire d’avions de frappes F-16C dans la base aérienne de Balad.

  • permalien K. :
    27 février 2008 @21h44   « »

    @ Ph Arnaud. Voici ce qu’écrit Paul Rogers concernant la question que vous soulevez (2/2) :

    À l’image de l’ambassade de Bagdad, Balad a grandi pour devenir la plus grande base aérienne Etats-unienne du monde : une mini-ville de quinze miles carrés avec ses propres lignes d’autobus, ses centres de restauration rapide, deux supermarchés et des services pour 40.000 membres du personnel et des entrepreneurs militaires. La base - de laquelle 550 opérations aériennes sont menées chaque jour - est un site en construction permanente ; la dernière addition est un système de commande et de contrôle de 30millions de $, destiné a l’ensemble du trafic aérien du pays.

    En somme, le plan Etats-unien pour l’Irak est d’établir une série de mécanismes de contrôle politiques serré, suivant en cela directement les accords établis par le CAP : une énorme structure présentée comme une ambassade a Bagdad pour surveiller et maintenir ces accords ; l’immunité pour plus de 300.000 employés étrangers ; et le contrôle et l’accès continu aux avoirs iraquiens. L’ensemble de l’opération doit être sécurisée par l’armée Etats-unienne et ses contractuels privés, de plus en plus protégés par l’usage de la puissance aérienne.

    Ce projet ambitieux est difficilement compatible avec l’idée – qui est toujours la ligne officielle propagée par Washington, et est aveuglément entretenue par une bonne partie des organes de Presse de l’establishment - que l’objectif politique Etats-unien est de soutenir la gouvernance indépendante de l’Irak par les Iraquiens eux-mêmes. En effet, cela va au-delà du considérable pouvoir exercé par les Etats-Unis dans plusieurs pays d’Amérique centrale au début du vingtième siècle ; sa véritable envergure est mieux comparée à certains protectorats français ou britanniques de l’ère coloniale. En termes contemporains, il s’agit pratiquement d’établir une véritable colonie américaine au cœur du monde Arabe et Islamique. Que l’administration de George W Bush et ses partisans s’en rendent compte ou pas, les implications - pour l’Irak lui-même et pour l’ensemble de la région - sont mêmes plus grandes que ce qui est arrivé durant ces cinq dernières années.

  • permalien Pierre :
    27 février 2008 @22h24   « »

    Merci K, de m’avoir rappelé qu’effectivement une guerre contre la terreur était en cours en Irak. J’avais pris ça pour du management à la Colombine, mais il est vrai à ma décharge, que la nuance est diaphane.

    Avec la négociation du Status of Forces Agreement (SOFA), je sens que je vai encore me planter :
    - d’une part « M. Gates a assuré que les Etats-Unis ne cherchaient pas à implanter des bases militaires permanentes en Irak. »,
    - d’autre part, « Les Etats-Unis signent des accords de type SOFA avec tous les pays où ils souhaitent établir des bases permanentes. »

    voilà une alternative qui ne risque pas d’éclairer le rôle que s’octroient les États-Unis dans un Irak dé-terrifié.

    D’autant plus que « "L’accord sur le statut des forces qui est en discussion ne contiendra pas d’engagement à défendre l’Irak et ne sera pas non plus un accord-cadre stratégique", a déclaré le secrétaire à la défense, interrogé par la Commission des Forces armées du Sénat. »

    Ce ne sera finalement qu’un cadre juridique de gestion d’une armée d’occupation permanente, temporaire hors la loi irakienne.

    ... enfin je crois...

  • permalien Pierre :
    27 février 2008 @22h39   « »

    L’article de Romandie News me fait rappeler, qu’il n’y a pas du tout de guerre en Irak, mais l’application d’un mandat de l’O.N.U..

  • permalien K. :
    27 février 2008 @22h45   « »

    M. Gates a assuré que les Etats-Unis ne cherchaient pas à implanter des bases militaires permanentes en Irak”. Ce qui est certainement “diaphane”, c’est la nuance qui existe entre un “réaliste” (meme avec un r minuscule) et un fantaisiste américains.

  • permalien K. :
    27 février 2008 @22h47   « »

    L’avis d’un spécialiste compétent et honnete de l’Irak, Patrick Cockburn (extraits) :

    Les Américains ont-ils renversé la tendance à Bagdad ? La diminution de violence signifie-t-elle que le pays soit en train de se stabiliser après plus de 4 ans de guerre ? Ou assistons nous seulement à une pause temporaire des combats ?

    Les commentateurs américains sont dans leur majorité en train de faire la même erreur qu’ils ont faite il y a cinq ans, alors que l’invasion de l’Irak n’était qu’envisagée. Ils évaluent l’Iraq de manière simpliste - et exagèrent le degré de maîtrise des États-Unis du climat politique et du contrôle des événements.

    La donne de la politique iraquienne a changé au cours de l’année écoulée, mais pour des raisons qui ont peu à voir avec le "surge" et beaucoup à voir avec la bataille pour la suprématie entre les communautés musulmanes sunnites et chiites.

    Les Arabes sunnites de l’Irak se sont retournés contre al Qaida en partie parce que celui-ci essayait de monopoliser le pouvoir, mais surtout parce qu’il conduisait leur communauté à la catastrophe. La guerre des sunnites contre l’occupation américaine s’est étonnamment bien déroulée pour eux depuis ses débuts en 2003. C’est la deuxième guerre, celle menée par Al-Qaida contre la majorité chiite, que les sunnites étaient en train de perdre, avec des résultats désastreux pour eux-mêmes. "Les sunnites pensent maintenant qu’ils ne peuvent mener deux guerres, contre l’occupation et le gouvernement, dans le même temps," m’a dit la semaine dernière un ami sunnite à Bagdad. "Nous devons être plus réalistes et accepter l’occupation pour l’instant."

    C’est pourquoi une grande partie de l’insurrection sunnite non liée à Al-Qaïda a effectivement changé de camp. Une des raisons pour lesquelles Al-Qaida a perdu du terrain si rapidement est une scission au sein de ses propres rangs. L’armée américaine- le Département d’État a été fortement marginalisé dans les prises de décision à Bagdad - ne veut pas insister sur le fait que nombre des combattants sunnites aujourd’hui rémunérés par les États-Unis, appelés à tort " citoyens responsables ", appartenaient jusqu’à récemment à Al-Qaïda et ont dans les mains le sang d’un grand nombre de civils irakiens et de soldats américains. À suivre

  • permalien K. :
    27 février 2008 @23h00   « »

    L’avis d’un spécialiste compétent et honnete de l’Irak, Patrick Cockburn (extraits- suite et fin) :

    (..)

    La défaite à Bagdad [contre les chiites] et l’extrême impopularité d’Al Qaida a donné l’impulsion pour la formation d’une milice sunnite forte de 77000 hommes contre Al-Qaida, souvent sous leadership tribal, qui est armée et payée par les États-Unis. Mais la création de cette force est une nouvelle étape dans la guerre en Irak plutôt qu’une fin du conflit.

    Un grand nombre de combattants sunnites disent ouvertement qu’ils voient l’élimination d’al Qaida comme un préalable à une attaque contre les milices chiites, en particulier contre l’Armée du Mahdi de Muqtada al-Sadr, qui a triomphé l’année dernière.

    La création d’une milice sunnite appuyée par les américains à la fois renforce et affaiblit le gouvernement irakien. Il est renforcé dans la mesure où l’insurrection sunnite est moins efficace et est affaibli parce qu’il ne contrôle pas cette nouvelle force.

    Si la guérilla sunnite a été une des sources de la violence en 2006 l’autre a été l’Armée du Mahdi, dirigée par Muqtada al-Sadr, le nationaliste religieux chiite. Il y a eu un arrêt parce qu’il veut purger sa milice des éléments qu’il ne contrôle pas, et tient à éviter un affrontement militaire avec ses rivaux de la communauté chiite quand elles sont appuyées par l’armée américaine. Mais l’Armée du Mahdi luttera certainement si la communauté chiite état attaquée ou les Américains exercent sur elle des pressions trop dures.

    Rien n’est réglé en Irak. Le pouvoir est totalement fragmenté. Les Américains découvriront, comme les Britanniques l’ont appris à leurs dépens à Bassora, qu’ils ont peu d’alliés permanents. L’Irak est devenu une terre de seigneurs de guerre dans laquelle des cessez-le-feu fragiles peuvent durer des mois de même qu’ils peuvent s’effondrer en un jour.

  • permalien Ph. Arnaud :
    27 février 2008 @23h24   « »

    @ K

    Je vous remercie de votre obligeance pour les citations de Paul Rogers. Je crois que la position américaine est fondamentalement faible, en ce qu’elle doit sans cesse jongler entre deux contradictions. Par exemple, choisir entre les Kurdes (protégés jusqu’à présent) et les Turcs. Or, il semble bien que les Américains aient choisi les plus forts (ou, plutôt, ceux dont ils estiment que l’hostilité leur ferait le plus de tort) : les Turcs. Cela devrait édifier tous les autres sur leurs promesses... Par ailleurs, ils gèrent les problèmes en choisissant de les éviter : par exemple en séparant les sunnites des chiites. Mais il faudra bien qu’un jour ceux-ci se retrouvent : ni les uns ni les autres ne renonceront à un Irak uni.

    L’accentuation des bombardements rappelle l’accentuation homologue de la guerre du Vietnam, inversement proportionnelle au désengagement terrestre : on se souvient des terribles bombardements sur Hanoi et Haiphong de Noël 1972. Mais on ne gagne pas une guerre avec des avions. L’adage de Napoléon demeure toujours valable : en amour comme à la guerre, pour vaincre, il faut se voir dans le blanc des yeux…

  • permalien K. :
    27 février 2008 @23h40   « »

    L’“ambitieux projet” américain est-il réaliste ? Dans un article paru par la suite Paul Rogers y répond (extraits) :

    (Rogers rappelle d’abord Le principe de “L’imperium bénin” du néocon Krauthammer proclamé en juin 2001 et qui sera appliqué par la suite : « Multipolarité, oui, quand il n’y a pas d’autre choix. Mais pas quand il y en a. Pas quand le déséquilibre de pouvoir est à ce point en notre faveur comme aujourd’hui – et cela a donné au système international une stabilité et une tranquillité essentielle qu’il n’avait jamais connu depuis au moins un siècle. L’environnement international est bien plus à même d’apprécier la paix sous un seul “hégémon”. De plus, nous ne sommes pas n’importe quel hégémon. Nous menons un imperium d’une bénignité sans précédent » puis Rogers écrit...)

    ..l’approche menée par les Etats-Unis ne fonctionne tout simplement pas. Les pouvoirs coloniaux européens des siècles récents ont pu avoir tort d’occuper une bonne partie du monde, mais cela leur était politiquement possible. Aujourd’hui - bien que la vérité ne soit en train de s’imposer que lentement - le monde est dans un âge très différent. En particulier deux changements sont décisifs.

    Le premier est que les médias mondiaux (les médias arabes et du monde musulman n’étant pas en reste) se sont ouverts et diversifiés avec une rapidité étonnante. En un peu plus d’une décennie, des télévisions donnant des nouvelles 24 heures/24 sont apparues, offrant des perspectives fraîches et des comptes-rendus graphiques des occupations. De plus, la toile, le haut débit, le téléphone cellulaire et beaucoup d’autres systèmes de communication s’ajoutent à la gamme d’information disponible, comprenant souvent une propagande évidente et percutante.

    Le deuxième changement est que la guerre asymétrique – surtout la capacité du faible à prendre les armes contre le fort – signifie que les puissants états du monde ne peuvent plus s’assurer la maîtrise des évènements. Dans l’année fiscale 2009, le budget militaire des Etats-Unis sera le plus grand en termes réels depuis la deuxième guerre mondiale - dépassant les dépenses lors de la guerre coréenne (1950-53), la guerre de Vietnam (1965-75), ou à l’acmé de la guerre froide. Il sera aussi plus grand que les budgets additionnés de l’ensemble des autres pays du monde, même en excluant les coûts de guerre directs en Irak et en Afghanistan. À suivre

  • permalien K. :
    27 février 2008 @23h47   « »

    L’“ambitieux projet” américain est-il réaliste ? Dans un article paru par la suite Paul Rogers y répond (extraits- suite et Fin) :

    Pourtant même avec tout ceci, et une conviction quant a la justesse de leur cause, la réalité est que les Etats-Unis ne peuvent pas continuer - militairement, financièrement, ou politiquement – d’occuper des pays tels que l’Irak et l’Afghanistan dans les années a venir. Les problèmes sont largement reconnus et beaucoup de centres de réflexion et de politiciens libéraux des deux côtés de l’Atlantique plaident aujourd’hui pour des retraits partiels des deux pays. Ces derniers peuvent avoir les meilleurs motifs, mais peut-être qu’eux aussi n’ont pas reconnu ce qui a changé.

    L’occupation de pays au Moyen-Orient et en Asie du sud-ouest par des forces militaires occidentales n’est plus faisable politiquement. Le point de départ pour toute nouvelle politique devra être le retrait complet. Toute autre approche a été rendue obsolète par les effets cumulatifs des six dernières années. Cette pensée n’atteint pas en ce moment Washington et Londres, mais c’est une réalité à laquelle ils devront tout simplement faire face un jour.

  • permalien yasmina :
    28 février 2008 @09h55   « »

    bonjour à tous.
    Voici deux articles du monde diplomatique parru en 2003

    leçons d’une histoire coloniale oubliée par Charles TRIPP paru en janvier 2003
    http//www.monde-diplomatique.fr/20...

    Comment l’Empire Ottoman fut dépecé par Henry Laurens paru en avril2003
    http//www.monde-diplomatique.fr/20...

  • permalien Ahmad :
    28 février 2008 @11h22   « »

    Salam

    En attendant la mort : l’histoire de K. atteinte de cancer, à qui la Haute Cour d’Israël refuse toute possibilité de soins

    Le Dr. Miri Weingarten, de l’association israélienne Physicians for Human Rights (Médecins pour les Droits de l’Homme) nous envoie un témoignage concernant la manière dont la gouvernement israélien et sa "Justice" condamnent à mort les malades de la bande de Gaza. Merci à Carole Sandrel pour sa traduction.

    "En attendant la mort : l’histoire de K. à qui la Haute Cour d’Israël refuse tout recours

    K. A.D. est une femme gazaouite de 33 ans, atteinte d’un cancer (lymphome de Hodgin) diagnostiqué en 2006. Elle a subi, en Egypte avant la fermeture du passage de Rafah, en juin 2007, une chimiothérapie et une radiothérapie avec transplantation de moëlle osseuse. Elle a été dirigée sur un autre centre médical à Naplouse en Cisjordanie pour sa chimiothérapie. Elle a dans un premier temps demandé et obtenu des autorités israéliennes, un permis de sortir de Gaza, et entrepris deux séances de chimiothérapie intensive en août dernier. Son état s’est amélioré dès le premier traitement et ses médecins lui ont dit qu’il était essentiel qu’elle continue la chimiothérapie et la radiothérapie, afin de prévenir une récidive de la maladie. Elle devait être soumise à deux autres séances, à Naplouse, fin novembre 2007.

    K a demandé un permis de sortie par l’intermédiaire d’un médecin du service médical palestinien, mais elle a été refusée « pour raisons de sécurité » par les autorités israéliennes du passage d’Erez.

    K. a reporté son traitement au 17 décembre 2007 et a redemandé un permis le 6 décembre 07. PHR-Israël (Médecins pour les Droits de l’Homme-Israël) a adressé une demande en sa faveur à la Haute Cour Israélienne le 11 décembre 2007. Aucune réponse n’a été apportée ni à la demande de K. ni à celle de PHR-Israël.

    A la suite d’une autre demande restée sans réponse, PHR-Israël a sollicité pour elle la Haute Cour israélienne le 29 décembre 2007.

  • permalien Ahmad :
    28 février 2008 @11h23   « »

    Dans un compte-rendu médical reprenant les dossiers médicaux communiqués par le Professeur israélien Dina Ben Yehuda - hémato-cancérologue, chef du Département d’hématologie de l’hôpital Ein Karem d’Hadassah à Jérusalem-Est- et soumis à la Haute Cour, le Pr Yehuda souligne que K. risque la mort si son traitement s’interrompt.

    Pourtant la Haute Cour de Justice a rejeté la demande de passage le 8 janvier dernier, indiquant qu’elle ne voit « aucun motif d’intervenir » dans l’interdiction faite) pour des raisons de sécurité.

    Un nouveau rapport a été soumis par le médecin traitant palestinien le 26 février 2008. Selon ce rapport et selon le Professeur Ben Yehuda, les chances de survie de K. sont maintenant très minces en raison d’une rechute. Actuellement son état général est au plus bas, elle est ventilée et souffre de terribles douleurs.

    Le Pr. Ben Yehuda recommande son envoi d’urgence vers un centre médical de pointe en Israël pour recevoir les soins supplémentaires qui peuvent augmenter ses chances ou, au moins, alléger ses souffrances.

    PHR-Israël tient le gouvernement d’Israël, les Services de Sécurité Générale et la Haute Cour Isréalienne pour responsables de l’état de santé de cette femme. "

    Pour plus d’informations contacter : Miri Weingarten at miri@phr.org.il T : 00 972 546 995199.

    (Traduit par Carole SANDREL)

    CAPJPO-EuroPalestine

    salam

  • permalien jugurta :
    28 février 2008 @13h01   « »
    rapide passage...

    Les USA et leur alliés ne sont pas en train de gagner la guerre en Irak. Ils ont par contre réduit significativement le niveau de violence dû à la combinaison de trois facteurs :

    1 / Le "surge", renforts des troupes depuis février 2006

    2 / Les milices du "réveil" sunnites retournées avec des dollars

    3 / la trêve de 6 mois du leader Sadr, reconduite dernièrement

    Reste maintenant à savoir si les milices sunnites ne vont pas se retourner contre la coalition ou contre les Chiites ? L’avenir seul le dira ? J’ose espérer pour les irakiens que cette relative accalmie perdurera...

    Ph Arnaud et les autres, que pensez vous de ce site qui donne des statistiques en quasi temps réel ? Peut-on le considérer comme fiable ?

  • permalien
    28 février 2008 @13h19   « »

    Le mythe du bénéfice économique de la guerre (2003) :

    Une vision traditionnelle et orthodoxe de la guerre part du principe que toute guerre stimule l’économie, du moins à court terme. Mais, selon de nombreux économistes, cette vision simpliste de l’économie de guerre est trop étroite pour décrire les effets possibles d’une guerre contre l’Irak. Ainsi, selon Jeffrey D. Sachs, professeur d’économie et directeur du Earth Institute de l’Université de Columbia, même si l’économie américaine peut bénéficier à court terme d’une stimulation de la demande suite à l’augmentation des dépenses militaires, il n’en va pas de même pour le reste du monde. La plupart des pays n’en ressentirait que les effets négatifs : dérèglement des échanges, augmentation des prix du pétrole, retrait des capitaux internationaux, coupes dans les programmes d’investissement, sans qu’aucune stimulation directe ne vienne les compenser.

    C’est également l’avis de Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 1991, pour qui si les marchés détestent l’incertitude et la versatilité, le conflit amène les deux phénomènes. Stiglitz rejette l’idée que la guerre entraîne un boom économique ainsi que l’argument développé par certains experts suggérant que le capitalisme a besoin de la guerre et que, sans elle, la récession apparaît inévitablement. Selon lui, la croissance économique des années 90 démontre que la paix est de loin économiquement préférable à la guerre. La guerre du Golfe de 1991 a montré que les guerres peuvent en fait s’avérer économiquement néfastes. Ce conflit a contribué considérablement au déclenchement de la récession de 1991 et fut probablement à l’origine de la non-réélection de George Bush père en 1992. La situation actuelle ressemble bien plus à la guerre du Golfe qu’aux conflits qui ont finalement contribué à la croissance économique, comme la Seconde Guerre mondiale. Les conséquences économiques d’une seconde guerre seront probablement beaucoup plus néfastes encore, même si les coûts directs d’une attaque militaire contre le régime de Saddam Hussein restent minimes comparés aux dépenses américaines totales. La volonté affichée par Bush de privilégier la prudence au niveau de la fiscalité laisse penser que la plupart des coûts de la guerre seront couverts par des coupes budgétaires dans d’autres secteurs (éducation, santé, recherche et environnement). Pour Stiglitz, la guerre sera donc néfaste en termes de niveau de vie.

    ..

    Un article passionnant de Joseph Stiglitz sur le sujet est diponible dans le Guardian d’aujourd’hui : La guerre ne bénéficie qu’a Halliburton et ses pareils. Et aux messieurs 10%.

  • permalien Laurent M :
    28 février 2008 @14h53   « »

    S’agissant d’une guerre pour déterminer qui exploitera la majeur partie de l’or noir irakien, il semble que les Étas Unis ai déjà gagné la partie, n’ayons pas peur de rappeler que c’est malheureusement la seule réelle motivation ayant poussé le gouvernement américain à installé ses jeunes troupes dans ce pays. Néenmoins lorsque l’on pretexte la destitution d’un dictateur au nom de la liberté des droits de l’homme, il convient de réfléchir avant toute action d’ingérence au risque possible d’une guerre civile, inter-éthnique et inter-religieuse dans un pays ou la complexité culturelle et la pauvreté sont autant d’étincelle pouvant mettre le feu aux poudres. Je pense que cette guerre ne sera pas gagnée par les État Unis car son "énnemi" est multiple. À présent que le mal est fait, le pire ennemi de l’Irak est certainement l’Irak.

  • permalien Pierre :
  • permalien Pierre :
    28 février 2008 @17h27   « »

    Les préoccupations de la Turquie sont allées en croissant au cours de la dernière année alors que le le gouvernement régional kurde sollicite sur l’arène internationale plus d’investissements pour le pétrole et pour d’autres projets économiques sur son territoire. Ces craintes auraient dramatiquement augmentées par la déclaration d’indépendance du Kosovo et la décision des États-Unis et des autres puissances de le reconnaître.

    (...)

    C’est trop tôt pour déterminer quel sera l’impact d’une invasion turque sur le flux d’investissements dans le Kurdistan et sur le statut de Kirkouk. Cependant, cela aggravera les tensions ethniques dans la ville entre les Kurdes et les Turkmènes. Toute action par le gouverenement régional kurde en vue d’un référendum sera possiblement accompagnée de provocations violentes ayant pour but d’exacerber les divisions et de justifier l’intervention de la Turquie.


    Avancée des forces turques au nord de l’Irak kurde

  • permalien Pierre :
    28 février 2008 @17h33   « »

    Bagdad — Au « souk » de l’argent d’El Harithiya, dans le centre de Bagdad, les affaires vont bon train et les changeurs évoquent comme des souvenirs du passé les mésaventures qui les rendaient naguère nerveux.

    (...)

    Selon lui [Hossam al-Samouk], la grande erreur des décideurs irakiens réside dans le fait qu’ils « n’ont pas pris en compte l’importance de la création d’emplois ou de programmes d’investissements appropriés ». Il cite l’exemple du secteur social, qui représente le sixième poste budgétaire. « Ils ont grevé le budget en réservant 720 millions au secteur social pour payer deux millions de chômeurs », dit-il. « En réalité, ils transforment deux millions de personnes en mendiants au lieu d’investir cet argent dans des projets de développement et de création d’emplois », insiste M. Al-Samouk.


    Irak : le « souk » de l’argent reprend des couleurs

  • permalien Pierre :
    28 février 2008 @17h37   « »

    BAGDAD (Reuters) - Plus de 70 groupes internationaux se sont mis sur les rangs pour exploiter le pétrole irakien, considéré comme vital pour financer la reconstruction du pays, a annoncé le ministère irakien du Pétrole.

    Certains groupes pétroliers ont déjà signé des accords avec la région largement autonome du Kurdistan, dans le nord de l’Irak, suscitant la colère du gouvernement de Bagdad, qui a menacé de placer ces groupes sur une liste noire et de déclarer ces accords illégaux.

    (...)

    Plus de 70 candidats à des concessions pétrolières en Irak - La Tribune.fr

  • permalien K. :
    28 février 2008 @20h22   « »

    Ce que ne dit pas Le Monde dans son bref compte-rendu de l’article du Guardian est que Stiglitz aborde la question des intérêts corporatifs privés, (dont on a du mal à croire qu’ils ne sont pas les véritables décideurs des politiques du gouvernement des Etats-Unis) comme dans le passage suivant,

    « ..il y a l’administration américaine qui insiste sur "une source unique d’appel d’offres" – les grosses attributions de contrats pluriannuels a Halliburton, par exemple- au lieu de les mettre en adjudication. » Et aussi que,

    « Beaucoup d’emplois en rapport avec la reconstruction, sont allés à des entreprises américaines chères plutôt qu’aux locaux irakiens bon marché - une source supplémentaire de gaspillage des ressources (un travail de peinture, par exemple, coûte 25 millions de $US au lieu de 5m)- Ces entreprises américaines, qui cherchent à diminuer leurs propres coûts et conserver des marges bénéficiaires élevées, importent de la main-d’œuvre bon marché de pays tels que le Népal - alors même qu’une personne Irakienne sur deux est sans travail. »

  • permalien K. :
    28 février 2008 @20h34   « »

    3000 milliards.

    Et c’est, dit Stiglitz, « une estimation parmi les plus basses : “Nous n’avons pas voulu paraître bizarres.” »

  • permalien K. :
    28 février 2008 @23h47   « »

    "No one can spend some 10 days visiting the battlefields in Iraq without seeing major progress in every area. . . . If the U.S. provides sustained support to the Iraqi government — in security, governance, and development — there is now a very real chance that Iraq will emerge as a secure and stable state."

    Dixit Anthony Cordesman, du CSIS alias maison close de luxe, cité par le créateur du “concept” de “l’impérium bénin”, Charles Krauthammer, qui y trouve bien sur motif à poursuivre l’aventure néocon.

    Mais ce que Krauthammer ne révèle pas à ses lecteurs, c’est que Cordesman (le tout se trouve dans le rapport signalé par AG) dit que pour que la “very real chance” se concrétise il faut d’abord résoudre certains problèmes :

    « Consolider les gains contre Al Qaïda en Mésopotamie.

    « Arriver à des accords stables : Changer la loi de de-Baathification, les procédures des pouvoirs et des élections provinciaux, la loi sur le pétrole, etc..

    « Gardez les milices chiites (forces Sadr) sous contrôle, et prévenir la survenue d’un plus grand nettoyage sectaire et ethnique dans la région de Bagdad.

    « Consolider la création de milices tribales, s’assurer qu’ils reçoivent le soutien adéquat du gouvernement central, et que le gouvernement central reconnaisse l’importance des Cheiks sunnites.

    « Stabiliser les provinces qui continuent d’avoir de graves conflits - Ninive, Salah al Din, Diyala - et empêcher les forces d’Al Qaïda en Mésopotamie de se déplacer vers le nord.

    « Évitez une grande lutte intra-chiite pour le pouvoir dans le sud.

    « Limiter les troubles et l’influence iranienne dans la ville de Bassorah et le sud.

    « Limiter les combats entre les Kurdes et la minorité Arabe dans le Nord.

    « Résoudre la question du "fédéralisme" à travers des référendums pacifiques.

    « Développer une armée irakienne et des forces régulières véritablement capables pour éviter le sur-emploi des troupes américaines.

    « Trouver des solutions à l’échec des tentatives de développement d’une force de police, et des moyens de traiter avec les forces de sécurité, les milices, et la Force de protection des installations.

    « Mettre en place un système local de justice pénale efficace et assurer une présence locale, provinciale et nationale du gouvernement. » À suivre

  • permalien K. :
    29 février 2008 @00h06   « »

    Et comme le dit Andrew Sullivan : “C‘est tout. Oui : presque tout reste à faire.”

    “Very real chance” ? « On notera la tendance de type Bush à réduire les plus insolubles questions - des questions qui n’ont jamais été résolues à travers les siècles - à de simples phrases sur des sujets, comme si le fait d’écrire ces objectifs sur un bout de papier les rend moins délirant. »

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @06h34   « »

    Selon Noam Chomsky, il y a belle lurette que Bush a, lui, gagné sa guerre en Irak, puisqu’il termine tranquillement son deuxième mandat.

    Pour le Wall Street Journal, le show sur le pont de l’Abraham-Lincoln « marque le lancement de la campagne de réélection en 2004 ». La Maison Blanche espère qu’elle « sera axée, autant que possible, sur les thèmes de la sécurité nationale (14) ». Avant les scrutins législatifs de 2002, M. Karl Rove, conseiller électoral de M. Bush, avait déjà demandé aux militants républicains de se focaliser sur les questions de sécurité afin de faire oublier aux électeurs la politique intérieure impopulaire de la Maison Blanche. Vingt ans plus tôt, le président Ronald Reagan ne se comportait pas autrement ; l’invasion de la Grenade en 1983 avait servi sa réélection l’année suivante...

    (...)

    Le cas de la Turquie fut plus instructif encore. Son gouvernement résista aux fortes pressions des Etats-Unis pour qu’elle prouve « ses dispositions démocratiques » en obéissant aux ordres de Washington sans se soucier de l’opinion de 95 % de sa population. Cet entêtement rendit les observateurs politiques américains si furieux que certains allèrent jusqu’à rappeler les crimes commis par Ankara contre les Kurdes en 1990 - sujet auparavant tabou en raison du rôle complice joué par les Etats-Unis dans cette répression. Un rôle qui, toutefois, resta soigneusement passé sous silence.
    Le meilleur des mondes selon Washington, par Noam Chomsky (Le Monde diplomatique 08/2003)

    ... par contre pour la Turquie, nous en sommes encore aux épreuves de rattrapage.

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @09h25   « »

    Les dominos de la démocratie...

    Le chef des armées US s’inquiète d’un retrait rapide d’Irak

    ... a la turca

  • permalien
    29 février 2008 @09h45   « »

    @ Jugurta

    Je ne connais pas le site dont vous avez fourni le lien. J’incline néanmoins à le croire crédible, dans la mesure où il fournit les mêmes chiffres que antiwar.com, qui, à l’appui des statistiques générales, communique, pour chaque soldat tué, son nom, son prénom, son grade, son unité, les circonstances de sa mort, et, éventuellement, sa photo. Ce chiffre de quelque 4000 tués est terrible en ce qu’il est faible (rien à voir avec le Vietnam) et donc, que, psychologiquement, les Américains peuvent le supporter longtemps, d’autant plus que ceux qui meurent ne sont pas les enfants de la bourgeoisie mais ceux des pauvres. Il risque donc d’y avoir, au compte-gouttes, des milliers de parents américains qui vont pleurer durant des années, alors que ce conflit ne menace nullement l’Amérique, et que, de surcroît, les soldats blessés de retour aux Etats-Unis sont traités comme des chiens (à comparer aux cadeaux somptueux faits aux sponsors de Bush). A lui seul, ce traitement indigne des vétérans condamne cette guerre sur tous les plans : non seulement moral (évidemment), mais, surtout, intellectuel…

  • permalien
    29 février 2008 @11h00   « »

    Il n’y a pas que les 4000 morts :

    “..the forgotten American victims of the war : the injured, the traumatized, and the suicides.” Ils sont des dizaines de milliers.

  • permalien
    29 février 2008 @11h46   « »

    Au contributeur de 11 h

    Effectivement, et de manière curieuse, une guerre n’a pas besoin d’être sanglante pour être mal vécue. La guerre d’Algérie, où la France n’a perdu que 25 000 soldats, a moralement été plus éprouvante que la guerre de 14, la pire épreuve militaire (je dis bien militaire) que la France ait éprouvée.

    Cela dit, je vois très mal les Etats-Unis gagner en Irak. Et ce, pour au moins trois raisons : les deux premières sont les relations ambiguës qu’ils ont à gérer avec la Turquie et le Pakistan. Les obligations qu’ils ont avec ces pays sont obligatoirement en contradiction avec d’autres : à un moment ou à un autre, ça craquera. L’autre est le ressentiment qu’ils ont suscité chez les Russes depuis 10 ans : les manipulations des révolutions orange, l’installation des radars en République tchèque et des fusées en Pologne, les humiliations répétées des guerres balkaniques (culminant avec l’indépendance du Kosovo). Les Russes sont très capables de prendre leur revanche dans un des innombrables points de faiblesse des Etats-Unis (et il y en a !), à commencer par l’Afghanistan, qu’ils connaissent bien, qui est près de chez eux, et où ils ont une dent de la guérilla entretenue contre eux, durant 10 ans, par les Américains. Si ceux-ci perdent en Afghanistan, ils ne resteront pas longtemps en Irak…

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @12h42   « »

    « Effectivement, et de manière curieuse, une guerre n’a pas besoin d’être sanglante pour être mal vécue. La guerre d’Algérie, où la France n’a perdu que 25 000 soldats, a moralement été plus éprouvante que la guerre de 14, la pire épreuve militaire (je dis bien militaire) que la France ait éprouvée. »

    Voilà une bien stupéfiante affirmation.
    - « Sanglante » pour meurtrière
    - comparer un évènement vieux de 50 ans avec un autre vieux de 100 ans (à ce compte les guerre Napoléoniennes sont étés encore moins éprouvantes).
    - comparer (rien que ça c’est insupportable) une "guerre de conquête" avec "une guerre civile".
    - et que faire des Monuments aux Morts érigés dans chaque commune en 1918 ?
    - et où sont les ossuaires cimetières et autres lieux de commémoration de la guerre d’Algérie ?

    Je crois bien que les guerres sont toujours « mal vécues » en particulier par les morts.

  • permalien Sébastien :
    29 février 2008 @13h36   « »

    Pour le Kossovo, c’est révélateur des corrant séparatistes qui existent et sont trés puissants.

    Les USA peuvent fraire ce qu’ils veulent, ils y a des raisons internes qui sont les plus importantes : la montée des séparatismes. Déja les serbes du Kosovo pensent à faire sécession.

    Pas étonnant que les Kurdes pensent à leur indépendance.

    Si serbes et kossovards se séparent, j’imaginent mal palestiniens et israéliens vivrent dans le même Etat.

  • permalien
    29 février 2008 @14h06   « »

    @ Pierre

    On peut tout à fait comparer les conflits, quel que soit, d’ailleurs, le point de vue où on se place. Ici, je n’envisageais que le point de vue psychologique. Un conflit est supporté à raison du rapport que les individus établissent entre enjeux et sacrifices. Les Soviétiques ont perdu quelque 20/25 millions d’habitants de 1941 à 1945, et « seulement » 14 000 soldats en Afghanistan. Cependant, ils ont trouvé, durant la « Grande Guerre patriotique », le ressort pour vaincre, alors qu’ils n’ont pu supporter la guerre d’Afghanistan. En effet, dans les années 1940, il y allait de leur existence, alors qu’en 1979, il ne s’agissait que d’une guerre idéologique, menée au nom d’une idéologie… à laquelle la population ne croyait plus !

    Même chose pour les deux guerres (celle de 14-18 et celle d’Algérie). En 1914, les Français, à tort ou à raison, croyaient qu’il y allait de leur existence alors que, à la fin des années 1950, les métropolitains se moquaient complètement de l’Algérie. Dans ce dernier cas, toute mort est intolérable, car perçue comme inutile, voire absurde.

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @14h29   « »

    @ 29 février 14:06

    Si vous essayez de dire que plus une guerre est loin de nous dans le temps et dans l’espace, moins elle nous concerne, je suis complètement d’accord avec vous.

    Merci de rappeler l’existence de la 2ième guerre mondiale, qui est tout de même une conséquences du traumatisme laissé par la première. Mais il semble que ni l’une ni l’autre ne vous concernent, et que rien n’existe hors vous. C’est un comportement enfantin mais courant.

    Pour la guerre d’Algérie, bien qu’étant resté en métropole, j’ai assisté à des mitraillages échappé aux bombes été à l’école entre des colonnes de chars, ai eu des parents de camarades algériens tués, connus les ratonnades, participé à des manifestations, sans parler des ainés qui partaient et qui quand ils revenaient, restaient quasi prostrés dans un silence honteux. Et il y avait aussi tous les dimanches sur Paris-Inter la liste des soldats tombés dans des embuscades pendant la semaine et la description d’horreurs que la morale de l’époque après les camps de concentration ne s’embarrassait pas d’épargner "aux chers auditeurs"

    Mais vous ne parlez certainement pas de cette guerre là ?

  • permalien K. :
    29 février 2008 @15h09   « »

    George W. Bush et Laura Bush étaient interviewé par Ann Curry de la NBC quand le sujet de la guerre en Irak a été abordé. Curry a rappelé au Président que sa femme a une fois dit, "Personne ne souffre plus que le president. J’espère qu’ils se rendent compte combien, chaque jour qui passe, le président est inquiet pour les troupes." La conversation s’est poursuivie :

    "Bush : Et comme les gens peuvent maintenant le constater beginning to see, L’Iraq change, la democratie commence a prendre forme. Et je suis convaincu que dans 50 ans le gens regarderont en arrière et remercieront Dieu qu’il y ait eu des gens voulant se sacrifier.

    "Curry : Mais vous dites que vous allez devoir porter cette charge... Certains Americains pensent que ce sont eux qui la supporte a cause de l’état de l’economie.

    "Bush : Ouais, bien—

    "Curry : Ils disent — Ils disent qu’ils souffrent a cause de cela .

    "Bush : Je ne suis pas d’accord avec cela.

    "Curry : Vous n’etes pas d’accord avec cela ? La guerre n’a-t-elle rien a voir avec l’économie ? Les dépenses de guerre ?

    "Bush : Je ne crois pas. Je pense au contraire que la guerre est créatrice d’emplois.

    "Curry : Ah, ouais ?

    "Bush : Oui, (..). Je pense que l’état de l’économie est mauvais parce que nous construisons trop de maisons."

  • permalien
    29 février 2008 @17h43   « »

    @ Pierre

    Que se passe-t-il ? Quelle mouche vous a-t-elle piqué pour que vous interprétiez ainsi mes propos ? Où êtes-vous allé pêcher que rien n’existerait en dehors de moi ?

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @17h55   « »

    @29 février 17:43

    L’absence totale de références de vos allégations.

    Vous affirmez, vous décrétez, vous décidez, mais pas l’ombre d’un élément tangible, prouvé, observable, rien que de la poésie !

    Ayez au moins la curiosité de chercher sur le net la moindre preuve de vos affirmations (a commencer par votre supposé hit parade des guerres) et ne vous bornez pas a nous révéler votre sentiment.

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 février 2008 @18h39   « »

    @ Pierre

    N.B. : les précédents messages, non identifiés, étaient de mon cru. J’avais simplement omis de vérifier que les identifiants (qui, d’habitude, se réaffichent automatiquement) figuraient bien. L’explication vous suffit-elle, ou voulez-vous d’autres précisions ?

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @19h24   « »

    @ Ph. Arnaud,

    très honnêtement, je n’avais pas reconnu votre style, par ailleurs remarquable.

    Vous qui nous avez habitué à enrichir vos propos de références savantes et pertinentes vous êtes parti là dans des considérations qui ne vous ressemblent pas.

    Pour tout dire (et je vous livre là ma propre poésie), je pense que tout ce qui est arrivé au XXième siècle découle de la guerre de 14, et que son traumatisme continue à nous paralyser.

    Cette guerre a été pour l’Europe le début d’un doute existentiel (décadences ?) qui a permis aux États-Unis de construire son hégémonie, et elle a appris aux colonisés judicieusement placés au premiers rangs quelle bande de "trous du cul" étaient les grands marabouts blancs, et après un siècle nous retrouvons toujours des obus dans les plaines définitivement mornes de la Marnes.

    Je n’ai pas la place de développer les conséquences de cette guerre sur les mœurs (libération des femmes, mariages d’amours), sur la religion (doutes sous toutes les formes), l’organisation du travail, et l’organistion du monde (SDN) etc.

    Alors quand j’ai lu que "La guerre d’Algérie, où la France n’a perdu que 25 000 soldats, a moralement été plus éprouvante que la guerre de 14", je me suis énervé.

  • permalien Ph. Arnaud :
    29 février 2008 @23h17   « »

    @ Pierre

    Je reconnais avoir péché par omission (et, peut-être, inconsciemment, par orgueil…) en m’imaginant que ma seule prose (alors que je ne m’étais pas aperçu que je ne m’étais pas identifié et que je m’apprêtais à vous enguirlander…) suffirait à me faire reconnaître…

    Les quelques connaissances que j’ai de l’histoire des conflits m’ont amené à cette simple constatation : les dégâts provoqués par une guerre ne sont pas corrélés à leur retentissement psychologique. La guerre de 14-18, pour la France, a été deux fois plus éprouvante que celle de 39-45. Et, de surcroît, elle a touché dans les œuvres vives (des hommes, de 18 à 40 ans), alors que la seconde guerre a touché plus équitablement (des hommes jeunes, mais aussi des femmes, des enfants et des vieillards), ce qui a moins handicapé le redémarrage démographique. Néanmoins, à raison de l’Occupation et de la Collaboration, la seconde a laissé un sentiment d’humiliation, d’amertume et de rancœur qui ne s’est peut-être pas encore effacé, 60 ans après.

    De même pour les deux guerres de décolonisation subséquentes. La guerre d’Indochine a vu des batailles rangées où la France a été défaite. Celle d’Algérie n’a rien connu de ça : jamais le FLN n’a affronté l’armée française en bataille rangée. Et néanmoins, malgré un rapport de pertes de 2 à 1, dans l’armée française, de l’une à l’autre, celle d’Algérie a laissé des souvenirs beaucoup plus durs et a entraîné et un changement de régime (passage de la IVe à la Ve République) et une quasi-guerre civile, avec l’OAS, ce que n’avait pas fait celle d’Indochine. La guerre d’Algérie a peu pesé sur la France : c’était les débuts de la construction européenne, du chômage quasi-inexistant, du début de la civilisation de consommation. C’est la raison pour laquelle elle a été si mal perçue : la métropole avait hâte de jouir de sa prospérité, pas de se battre.

    Même chose pour les Etats-Unis : les 418 000 morts de la Seconde Guerre mondiale pèsent peu par rapport aux 58 000 de la guerre du Vietnam. Au prix de ces 418 000 morts, les Etats-Unis avaient une puissance inégalée (l’Europe, le Japon, la Chine, l’URSS étaient exsangues) et un prestige au zénith. Au contraire, la guerre du Vietnam a hâté le transfert de l’industrie des Etats-Unis au Japon et s’est traduite, là aussi, par une perte de prestige énorme : aucun rapport, là aussi, avec les pertes directes.

  • permalien Pierre :
    29 février 2008 @23h50   « »

    @ Ph. Arnaud,

    Pour l’Algérie, c’était une guerre civile : l’OAS plastiquait la métropole, le FLN racketait les populations, les harkis torturaient les fellaghas dans les commissariats de Barbès, les communistes stigmatisaient les pieds-noirs, les socialistes couvraient la torture, l’armée prenait le pouvoir, les métropolitains haïssaient les colons, la police nationale ratonnait les nord-africains,mais l’Algérie comme le reste avait été perdue depuis 1918.

  • permalien Serdnol :
    2 mars 2008 @13h59   « »

    En Irak, La violence a augmenté de 33% entre Janvier et Février...
    Le surge ? De la poudre aux yeux...

  • permalien rachid :
    5 mars 2008 @23h37   « »

    à mon avu je pense que les americaines sont perdu la guerre en irak car il n’y a pas de democratie là bas ni des droit de l’homme et l’irak connu de plus en plus des massacres soit des americaine lui memes soit des autres et je croix que l’intervention des Etats unis dans les affaires des autres pays c’set la cause principales de toutes les confilts exisistants dans le monde.la politiques des americaines se pase sur leur interet stratigique et goipolitique et sur tout economiques ce qu’est contradise avec les discours des responsables americaines qui se difendre pour toujour les principes de democratie et de droit de l’homme .

  • permalien
    8 mars 2008 @21h14   « »

    Les États-Unis vont romporté officiellement la bataille de l’Irak pour pouvoir se retirer. Ce qui sera confirmer et accelerer par le nouveau Pape noir, que Nostradamus avait prédit. Car le problème aujourd(hui ce n’est pas de gagner l’Irak mais comment se retirer sans faire penser à une déroute vietnamienne. C’est pourquoi les parties en conflit en Irak on accepté l’occupation américaine sous la condition d’un retrait effectif et régulier des troupes américaine.

    Un nouveau front au Liban va s’ouvrir. La question est de savoir si les États-Unis vont y participer directement ou pas. Mais ce front qui donnera l’impression d’être circoncis à la zone va être l’enclencheur d’une guerre religieuse entre sunnites et chiites (musulmans). Ce qui arrangera grandement les capitales occidentales. Tout ceci afin de contenir l’Iran, et détourné l’armée du Hizbollah contre Israel.

  • permalien K. :
    25 juin 2008 @11h34   « »

    - Le général David Petraeus, commandant en chef des forces américaines en Irak, a diffusé le week-end dernier de nouvelles consignes à ses soldats : (..) « Patrouillez à pied, comprenez l’histoire et la culture locales, vivez au milieu des habitants », recommande-t-il à ses hommes.

    Le gros problème est de reconnaitre les Irakiens « non conciliants » qu’il faut « identifier, tuer, capturer, écarter » des « conciliants » sur lesquels il faut s’appuyer, au besoin en les achetant.

    L’opération de Relations publiques n’est pour l’instant pas un franc succés :

    - Lundi (avant-hier), deux militaires américains sont morts dans une attaque à l’arme légère qui a également blessé trois soldats et un interprète à Salman Pak, à 25 km au sud de Bagdad. L’Irakien qui a ouvert le feu sur les Américains, Raad Hammoud Ajil, faisait partie des “conciliants”.

    - Attentat à Bagdad hier : 4 Américains et un Italien tués

    - Attentat à la bombe dans le nord de l’Irak hier nuit : trois soldats américains et leur interprète tués

  • permalien jack :
    13 juillet 2008 @07h24   « »
    La veritable question : les Etats-Unis vont-ils continuer la guerre en Irak, en Iran ?

    Si le but du jeu des Etats-Unis est le controle des ressources petrolieres de la region pour bloquer par exemple la croissance de la Chine, alors il n’y a rien a gagner en Irak a part continuer a faire la guerre...
    La question est de savoir s’ils peuvent toujours continuer a faire la guerre en Irak, s’ils auront besoin d’aller en Iran, ou s’ils auront encore l’envie d’aller en Iran apres le desastre irakien.
    Un article de Seymour Hersh au New Yorker informe des activites americaines pour fragmenter encore plus la region.
    http://www.newyorker.com/reporting/...

  • permalien battiato :
    2 mars 2009 @22h52   « »

    moi je vous demande si les usa on perdu ou gagné la guerre en irak car obama parle d un retré total des force américaine

  • permalien K. :
    25 mars 2009 @23h13   « »

    Obama Sainte Nitouche ? Dire le contraire de Bush mais agir comme lui ?

    Gareth Porter :

    Despite President Barack Obama’s statement at Camp LeJeune, North Carolina Feb. 27 that he had "chosen a timeline that will remove our combat brigades over the next 18 months," a number of Brigade Combat Teams (BCTs), which have been the basic U.S. Army combat unit in Iraq for six years, will remain in Iraq after that date under a new non-combat label ["Brigades Enhanced for Stability Operations" (BESO)].

    But the ["BESO"] to remain in Iraq after that date will in fact be the same as BCTs.

    That report suggests that Obama was well aware that giving the Petraeus and Odierno a free hand to determine the composition of a "transition force" of 35,000 to 50,000 troops meant that most combat brigades would remain in Iraq rather than being withdrawn, as he ostensibly promised the U.S. public on Feb. 27.

  • permalien Lou :
    25 mars 2009 @23h48   « »

    Sans doute que Bush et Obama ont les mêmes patrons.
    Président des USA c’est un CDD, même pas la sécurité de l’emploi pour ce job !

  • permalien K. :
    26 mars 2009 @00h13   « »

    @ Lou

    Le site GRAIN s’intéresse,

    ..à la façon dont le travail de reconstruction agricole des États-Unis en Afghanistan et en Irak ne se contente pas de faciliter l’accès aux firmes agro-alimentaires américaines et d’essayer d’imposer des politiques libérales (ce qui a toujours été l’une des fonctions fondamentales de l’aide américaine au développement), mais fait aussi partie intégrante de la campagne militaire américaine dans ces pays et les régions avoisinantes.

    Exemple donné par GRAIN :

    Chemonics est une entreprise internationale spécialisée dans le développement du secteur privé et l’agriculture, dont l’activité est guidée par le slogan « être un catalyseur pour l’agrobusiness ». [3] Elle a été créée en 1975 à Washington et, depuis, l’USAID est son principal client. [4] « À Chemonics, nous sommes fiers de participer à la renaissance agricole et agroalimentaire de l’Afghanistan » déclare son président, Richard Dreiman. [5] Chemonics indique que l’emplacement choisi initialement pour le centre agricole, dans une zone de culture, a été rejeté ; on leur a en revanche « donné l’ordre », pour des « raisons militaires stratégiques et de sécurité », de le créer dans l’aéroport de Lashkar Gah, qui est sous contrôle de l’armée britannique. [6] Il est clair que la ligne de démarcation entre objectifs militaires et objectifs d’assistance a été estompée, et ce de façon délibérée.

    ..les centres agricoles apportent un vernis de reconstruction agricole à une mission militaire qui détruit les systèmes alimentaires de l’Afghanistan. Ils constituent une tentative de légitimer les bases militaires d’une puissance occupante.

    GRAIN cite aussi Tom Shanker « Campaign promises on ending war in Iraq now muted », New York Times, 3 décembre 2008 :

    « des planificateurs du Pentagone » proposent de « rebaptiser certaines unités de façon à ce que certaines qui sont actuellement décomptées comme des troupes de combat voient leur mission requalifiée et leurs efforts redéfinis comme de la formation et de l’aide auprès des Irakiens ».

  • permalien Lou :
    26 mars 2009 @00h31   «

    oui K. là aussi on voit la continuité.

    Et Paul Krugman est désespéré, tandis que Defensa préserve l’énigme BHO .

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