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Gaza, la pire situation humanitaire depuis 1967

jeudi 6 mars 2008, par Alain Gresh

« La guerre, c’est la paix », tel était un des slogans de la dictature décrite par George Orwell dans son roman 1984. Quelques mois après le sommet « de la paix » d’Annapolis, c’est la guerre qui prévaut à Gaza, avec un lot inimaginable de souffrances pour les populations civiles. La « communauté internationale » reste pourtant inactive.

Huit organisations humanitaires lancent un appel adressé notamment aux gouvernements européens pour leur demander de prendre les mesures nécessaires pour alléger les souffrances des Palestiniens, mais aussi de dialoguer avec toutes les parties, y compris le Hamas. Voici le texte du communiqué des organisations françaises :

« La situation humanitaire dans la Bande de Gaza n’a jamais été aussi grave depuis le début de l’occupation israélienne en 1967, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui (6 mars) par une coalition d’ONG comprenant Oxfam Grande-Bretagne, Amnesty International UK, CARE UK, Médecins du Monde UK, Save the Children UK, CAFOD et Trocaire. »

« Le rapport « Bande de Gaza : une implosion humanitaire » avertit que le blocus de Gaza pratiqué par Israël constitue une punition collective pour la population civile gazaouie, soit 1,5 millions de personnes, et conclut que la politique de blocus du gouvernement israélien est inacceptable, illégale, et échoue à garantir la sécurité des Palestiniens comme celle des Israéliens. Ce rapport appelle la communauté internationale à définir une nouvelle stratégie pour Gaza. »

« Les ONG françaises Oxfam France - Agir ici, Amnesty International France et Médecins du Monde - souscrivent aux analyses et recommandations formulées dans ce rapport et en appellent au gouvernement français afin qu’il engage des actes concrets en faveur des habitants de Gaza. »

« A Gaza, la pauvreté et le chômage ne cessent de croître, les hôpitaux sont confrontés à des coupures de courant qui atteignent 12h par jour, les systèmes de distribution d’eau et de traitement des eaux usées sont au bord de l’effondrement. L’augmentation de la violence et de la misère humaine le week-end dernier illustre l’urgence de la situation. »

« Adam Leach, responsable d’Oxfam International pour le Moyen-Orient, a déclaré : "La récente montée de la violence, aussi bien du fait des tirs de roquettes que des frappes militaires, va rendre la vie encore plus insupportable à Gaza. Le chômage a explosé et désormais 80% de la population de Gaza dépend de l’aide alimentaire, contre 63% en 2006. Les infrastructures de distribution de l’eau et de traitement des eaux usées sont au bord de l’effondrement total. A moins que le blocus ne prenne fin maintenant, il sera impossible de sortir Gaza de cette situation désastreuse et tous les espoirs de paix pour cette région seront réduits à néant." »

« Selon le rapport, le blocus de Gaza a gravement accru les niveaux de pauvreté et de chômage et a provoqué la dégradation des services d’éducation et de santé. Plus de 1,1 millions de personnes dépendent maintenant de l’aide alimentaire et, sur les quelques 110 000 travailleurs qui étaient encore employés récemment par le secteur privé, 75 000 ont désormais perdu leur travail. »

« Stephan Oberreit, directeur général d’Amnesty International France : "Israël a le droit et l’obligation de protéger ses citoyens, mais en tant que puissance occupante de Gaza, elle a également une obligation juridique de garantir que les Gazaouis ont accès à la nourriture, à l’eau potable, à l’électricité et aux soins médicaux. Punir la population de Gaza dans son ensemble en la privant de ses droits humains fondamentaux constitue une grave violation du droit international humanitaire. La situation actuelle est la conséquence d’interventions humaines et doit être inversée." »

« Les ONG françaises Oxfam France - Agir ici, Amnesty International France et Médecins du Monde - en appellent au gouvernement français afin qu’il engage des actes concrets et s’implique au sein de l’Union européenne (UE) pour que, dès demain, la France et l’UE :

— exercent davantage de pression sur le gouvernement israélien afin qu’il ouvre les points de passage vers Gaza et mette fin aux coupures d’électricité et de carburant pour limiter la crise humanitaire en voie d’aggravation ;

— contribuent à faciliter un processus de réconciliation palestinienne qui pourra mener à un processus de paix crédible et effectif avec Israël ;

— abandonnent la politique de non-implication, vouée à l’échec, et entament un dialogue avec toutes les parties palestiniennes, y compris le Hamas. »

« Marie Rajablat, responsable de la mission Palestine à Médecins du Monde, a déclaré : "Le gouvernement français devrait reconnaître qu’une nouvelle stratégie est nécessaire pour Gaza. La politique actuelle ne permet pas de sécuriser les intérêts vitaux des citoyens israéliens et, même si c’était le cas, elle en n’en demeurerait pas moins inacceptable et illégale. L’aide humanitaire peut contribuer à retarder l’effondrement complet, notamment du système de soins, mais n’apportera pas la solution de long terme qui est requise. Gaza ne peut pas devenir un partenaire pour la paix à moins qu’Israël, le Fatah et le Quartette ne se mettent à dialoguer avec le Hamas et offrent ainsi un futur aux populations de Gaza." »

« Selon Nicolas Vercken, responsable de plaidoyer à Oxfam France – Agir ici : "Il ne suffit pas d’avoir fait des annonces de contributions de fonds records lors de la conférence de Paris. Les gouvernements étrangers et l’Autorité palestinienne doivent augmenter la pression sur le gouvernement Israélien pour lever le blocus de Gaza. Cela est essentiel si l’on souhaite que le processus de paix d’Annapolis aboutisse. En tant que pays hôte et président de la conférence de Paris, la France continue de porter une responsabilité particulière pour mettre fin au blocus de la bande de Gaza et contribuer ainsi à poser les fondements d’un processus de paix viable." »

Réagissant à ce rapport, un porte-parole du ministère israélien de la Défense, Peter Lerner, a imputé la dégradation de la situation à Gaza au Hamas, affirmant qu’Israël veillait à ce que les besoins humanitaires de base de Gaza soient assurés. « La responsabilité pour ce qui se passe à Gaza depuis le retrait israélien et le démantèlement des colonies (en 2005) repose largement sur le Hamas et c’est à lui que toute plainte doit être adressée », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Dans une tribune publiée par l’International Herald Tribune le 5 mars, « Bring in Hamas », Henry Siegman appelle lui aussi à ouvrir des négociations avec le Hamas.

Rappel Retour à la table des matières

Le 13 février 2008, Nicolas Sarkozy avait affirmé : « L’aide sans précédent mobilisée par [la conférence de Paris] est le signe concret de la confiance de la communauté internationale dans la solution de deux Etats. Il est primordial de traduire cet espoir dans les faits. [...] Les dirigeants israéliens doivent accepter de mettre en oeuvre sur le terrain les mesures de confiance [...]  : levée de barrages, réouverture de points de passage à Gaza pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. »

Le 3 mars 2008, le ministère français des affaires étrangères déclarait : « La population civile de Gaza ne peut continuer à supporter cette souffrance collective. (...) Israël doit ouvrir les points de passage et laisser passer l’aide humanitaire. Une solution politique doit être trouvée pour mettre un terme aux violences et réinsérer Gaza dans le processus de paix. »

Comment la Maison Blanche a essayé de renverser le Hamas Retour à la table des matières

Dans son numéro d’avril, la revue américaine Vanity Fair revient dans une longue enquête, « Gaza Bombshell » , sur la manière dont la Maison Blanche a tenté de renverser les autorités à Gaza (notamment durant le premier semestre 2007) et comment cette politique s’est retournée contre ses instigateurs américains et a contribué à la prise de pouvoir du Hamas. « Moitié Iran-Contra, moitié Baie des cochons », écrit l’auteur, faisant référence à deux fiascos majeurs de la politique américaine. Ces analyses confirment des informations qui avaient circulé à l’époque (lire « Gaza, quelques articles contre la "pensée unique" »).

La Maison Blanche a publié un vigoureux démenti à ces accusations, démenti auquel David Rose répond « David Rose : Answering Denials with Documents »

Aux origines de la stratégie américaine Retour à la table des matières

Au début de l’année 1992, l’administration de George Bush père préparait un nouveau document stratégique. Ce texte, élaboré par le secrétaire à la défense Richard Cheney (celui-là même qui sera l’architecte de la guerre d’Irak en 2003), était dévoilé en partie en mars 1992 par le New York Times. Seize ans plus tard, le National Security Archive dévoile le contenu des documents sous le titre « "Prevent the Reemergence of a New Rival" — The Making of the Cheney Regional Defense Strategy, 1991-1992 ». La publication de ces documents n’est pas allée de soi, le département de la défense ayant tenté de l’empêcher. Le fait qu’il n’y soit pas parvenu confirme que, aux Etats-Unis, contrairement à ce qui se passe en France, les citoyens ont beaucoup plus facilement accès à des documents officiels. On ne peut que s’en féliciter.

Ces documents couvrent la période 1991-1992. Paul Wolfowitz et Colin Powell (à l’époque chef d’état-major) ont participé à l’élaboration de la nouvelle stratégie qui visait, en premier lieu, à utiliser tous les moyens pour empêcher la renaissance d’un nouveau rival (la Russie ou une puissance équivalente). Parmi les objectifs cités, l’intégration des « nouvelles démocraties » de l’ancienne URSS dans le système américain, la préservation de la supériorité américaine en matière d’armement, la poursuite de la mise en place d’un système de missile antimissile. Dans ce cadre, les Etats-Unis devaient être prêts à agir seuls et unilatéralement (si leurs alliés de l’OTAN étaient réticents). Les documents indiquent aussi qu’il y a eu un débat autour de la notion de guerre « préemptive ». La victoire de William Clinton aux élections de novembre 1992 a « enterré » ce document, mais son esprit demeurera vivant et sera ressuscité après la victoire de Bush fils.

176 commentaires sur « Gaza, la pire situation humanitaire depuis 1967 »

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  • permalien Ph. Arnaud :
    6 mars 2008 @10h55   »
    Les origines de la stratégie américaine

    Sur les origines de la stratégie américaine, je signale un très intéressant article, paru aujourd’hui dans www.antiwar.com : http://www.antiwar.com/orig/klare.p...

    Il s’agit d’un article de Michael T. Klare, intitulé « The China syndrome », et où l’auteur explique, de façon très convaincante, que les dépenses délirantes des Etats-Unis en matière d’armement ne se justifient absolument pas par une « menace » des pays musulmans, qui, militairement, ne représentent strictement rien (et sans doute pas avant longtemps…).

    Il n’est, d’ailleurs, que d’examiner les programmes d’armement pour s’en convaincre : chasseur-bombardier F-22 Raptor, porte-avions de type CVN-78, destroyer de classe Zumwalt, sous-marin de classe Virginia. A quoi peuvent bien servir un avion en or massif et des navires dans des guerres de guérilla, toutes contre des Etats terrestres et contre des combattants armés, au mieux, de lance-roquettes ?

    Ces armements ne peuvent être dirigés que contre un « Peer competitor », c’est-à-dire un rival de même niveau, et il n’en existe aujourd’hui qu’un seul : la Chine. Le fait que 3 sur 4 de ces types d’armes soient des navires indique l’effort pour empêcher la Chine de se lancer sur les océans, notamment vers l’Afrique et l’Amérique latine. Après la « menace militaire soviétique », dont l’amiral Sanguinetti avait fait prompte justice dans le Diplo, l’idée d’une « menace militaire islamique » est sans doute l’une des plus énormes manipulations de tous les temps…

  • permalien jugurta :
    6 mars 2008 @12h39   « »
    USA vs CHINA

    @ Ph Arnaud

    Qu’est ce qu’il y a de répréhensible à ce qu’une puissance militaire, encore démocratique, essaye de contrer une autre puissance militaire, pour le moins, autoritaire ?

  • permalien koui :
    6 mars 2008 @13h19   « »
    USA vs China

    @jugurta Les USA dépensent 57% des dépenses militaires dans le monde. De plus, le restant est dépensé en majorité par ses alliés de l’OTAN. Il n’y a donc aucune menace chinoise contre les USA. Par contre, il n’est pas insensé que la Chine, la Russie et l’Iran se sentent menacés.

    Pourquoi dépenser autant d’argent en arme, si ce n’est pas pour envahir les autres ? Le fait que les USA soit une démocratie n’est pas contradictoire avec une politique étrangére agressive. Il y a d’ailleurs de multiples exemples d’agressions commises par des démocraties. Le génocide des indiens par les USA en est un exemple.

  • permalien Ph. Arnaud :
    6 mars 2008 @13h58   « »
    Les origines de la stratégie américaine

    @ Jugurta

    Vos messages me donnent le sentiment que vous interprétez les rapports de force (internationaux et mondiaux) à l’inverse de ce qu’ils sont en réalité !

    - Il n’y a pas de relation nécessaire entre la nature d’un régime à l’intérieur et son comportement à l’extérieur. L’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar, le Rwanda des Hutus, le Cambodge des khmers rouges étaient, à des degrés divers, des dictatures. Néanmoins, ils n’ont exercé leurs méfaits que sur leurs concitoyens, étant trop faibles pour menacer leurs voisins. A l’inverse, le Royaume-Uni, du XVIIIe au XXe siècle, tout en étant une démocratie formelle, s’est appesanti lourdement et cruellement sur les pays qui ont excité ses convoitises : de l’Irlande à l’Inde et de l’Afghanistan à la Chine, de l’Egypte à l’Irak et aux Boers d’Afrique du Sud…

    - Même chose pour les Etats-Unis : apparemment, vous ne vous êtes jamais mis dans la peau d’un Haïtien sous le règne des Duvalier, ou d’un Nicaraguayen sous celui des Somoza, ou d’un Iranien sous le shah, ou d’un Indonésien sous Suharto, ou d’un Timorais sous ce même Suharto, et, de façon générale, jamais dans celle d’un habitant pauvre d’une de ces innombrables dictatures oligarchiques tenues à bout de bras par les Etats-Unis pour préserver les intérêts de leurs multinationales et de leur impérialisme…

    - Actuellement, le budget militaire des Etats-Unis dépasse celui de l’ensemble des autres pays réunis. Et même si on doit relativiser ce rapport (pour tenir compte des parités de pouvoir d’achat), au point de vue réel (effectifs, matériels, bases), les Etats-Unis détiennent une variété et une quantité d’armes dont aucun autre pays (et notamment pas la Chine) ne possède même un semblant d’équivalent. L’entretien de cet arsenal n’a rien à voir avec la démocratie et tout à voir avec l’impérialisme et l’imposition du mode d’économie et de société le plus inégalitaire qui soit…

    Les Etats-Unis s’opposent à la Chine tout comme, avant 1914, le Royaume-Uni s’est, sous divers rapports, opposé à la Russie (dans les Balkans, en Afghanistan ou en Extrême-Orient), pour des motifs géostratégiques, à l’Allemagne (pour l’empêcher d’avoir une Hochseeflotte équivalant à la Home Fleet) et à la France en Afrique, pour de vulgaires motifs impérialistes. Aujourd’hui, le pays qui menace tous les autres, ce sont les Etats-Unis. La Chine, pour le moment, ne menace personne, et si cela doit advenir, ce n’est pas aux seuls Etats-Unis à s’en occuper…

  • permalien Zulfikar :
    6 mars 2008 @14h01   « »
    @Jugurta

    Ce que l’article de Michael Klare montre est ce que Noam Chomsky soutient depuis longtemps : la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis.

    Hey Jug, t’es encore là ? Après tout ce que tu t’es pris à la tronche par Philippe Arnaud et les autres ? Je croyais que tu devais "t’absenter pour un moment pour raisons professionnlles et personnelles". Heu Heu Ha Ha Heu HHHaaaaaaaa !!!! (c’est le rire du commandant Sylvestre des guignols de l’info)

  • permalien jugurta :
    6 mars 2008 @14h08   « »
    USA vs CHINA 2.0

    "Il n’y a donc aucune menace chinoise contre les USA."

    Les autorités chinoises menacent indirectement les USA via leurs revendications sur Taiwan par exemple...Encore une fois les USA tentent d’endiguer les menaces...tout en préservant leurs intérêts particuliers...

    Selon moi, sauf crise exceptionnelle, les chinois et les américains n’entreront pas en guerre ouverte et directe, du fait que ces deux puissances sont de plus en plus liées économiquement, et ont des intérêts communs.

    "Mieux vaut prévenir que guérir", vieil adage, qui convient, je pense, à la politique extérieure US.

  • permalien jugurta :
    6 mars 2008 @14h18   « »
    @ zulfikar

    Oui "zulfi", j’ai plus le web "at home" et j’essaye de trouver deux minutes au "taf" pour lire ta prose d’une grande clairvoyance...:o)

    @Ph arnaud,

    Je reviens dès que j’ai cinq minutes

  • permalien Zulfikar :
    6 mars 2008 @14h53   « »
    @Jugurta

    Hey jug,

    T’as plus de connection at "home" ? Apperemment les israeliens ont dû te lancer un missile. Comme ils sont très clairvoyants,eux aussi, je crois qu’ils ne savent pas faire la différence entre un kabyle et un arabe.

    D’ailleurs, ils nous appelent les "araboushim" ; terme qu’on pourrait traduire par ce néologisme obtenu par contraction d’arabe et racaille, soit : "arabacaille"

    Hey Jug, comme disait Dark Vador à Luke : "ton destin est lié au mien Skywalker, Obi Wan le savait ".

    Tu ne manques pas d’humour, Jug.

    A+

    Zulfi.

  • permalien Orangerouge :
    6 mars 2008 @15h09   « »

    Le site Rue89 traduit aussi l’article de David Rose.

    http://www.rue89.com/2008/03/06/van...

    Un commentateur, au pseudo d’"alan.smithee" (dont les commentaires sont souvent de qualité), ajoute un petit historique qui me semble pertinent :

    Je reste sidéré. Il semble que l’on vient de découvrir l’eau chaude.
    - Dans la semaine du 20 mai 2007, 500 hommes du Fatah (surnommés « les gars de Dayton ») sont entrés dans la Bande de Gaza, en provenance d’Egypte. Ils l’ont fait avec l’accord d’Israël (forcément) et des EU qui avaient financé leur entraïnement.
    - Début juin 2007 le Washington Post écrivait qu’il avait appris qu’Israël envisageait de permettre le transfert de millions de balles et de milliers de kalachnikovs d’Égypte vers les forces fidèles au président de l’Autorité Palestinien Mahmoud Abbas, dans la bande de Gaza. les chefs de la sécurité du bureau d’Abbas ont passé mi-mai une « liste d’achat d’armes » au général Keith Dayton, le coordonnateur de la sécurité US pour Israël et la bande de Gaza. Dayton avait personnellement recommandé qu’Israël permette la fourniture des armes. En témoignant devant le sous-comité sur le Moyen-Orient de la Chambre à Washington, Dayton a souligné l’importance des efforts Étasuniens pour appuyer les forces fidèles au Fatah et a dit que davantage d’aide était nécessaire : « il est crucial que ceux qui soutiennent l’autorité légitime et les forces représentées par le Président Abbas reçoivent l’aide déterminante dont ils ont besoin ».
    - lundi 20 août 2007 : "Des responsables de la sécurité américaine commenceront cette année à entraîner la garde présidentielle palestinienne afin de soutenir le gouvernement de Mahmoud Abbas", a annoncé dimanche le département d’Etat. Lorsque le Hamas a appris qu’encouragés par les Etats-Unis, le chef de la sécurité d’Abbas, Mohammed Dahlan, préparait un coup de force contre lui à Gaza, il a tiré le premier. Il n’y a aucun intérêt pour les EU et Israel à des pourparlers de paix sérieux avec les Palestiniens ni à un accord définitif. Ils entendent seulement imposer des solutions conformes à leurs intérêts : abandonner les Palestiniens à un tel degré de faiblesse et de division qu’ils ne seront jamais en mesure d’opposer un défi sérieux aux diktats.

    Suite sur le second post...

  • permalien Ph. Arnaud :
    6 mars 2008 @15h09   « »
    Les origines de la stratégie américaine

    @ Jugurta

    La Chine n’a pas plus de « revendications » sur Taiwan que l’Italie n’en a sur la Sicile, la Grèce sur Samos ou le Royaume-Uni sur l’île de Wight. Taiwan est partie constitutive de la Chine. Si, en 1949, Tchang Kaï Chek avait gagné sur le continent et que Mao Ze Dong ait dû se réfugier à Taiwan, pensez-vous que les Américains auraient hésité longtemps avant de fournir aux Nationalistes les moyens navals pour conquérir l’île ? Les Etats-Unis n’ont pas plus à s’immiscer dans les relations entre la Chine et Taiwan qu’entre le gouvernement français et la Corse ou le gouvernement espagnol et les Baléares.

    L’histoire des liens économiques qui empêcheraient la guerre est une fable ultralibérale. Avant 1914, la France et la Russie avaient de grosses disponibilités à la Bourse de Berlin. [Qui servirent, d’ailleurs, à Joseph Caillaux lors de la crise de 1911]. Cela n’empêcha pas la guerre trois ans plus tard... De même, les capitalistes américains avaient, avant 1939, de gros intérêts en Allemagne (et Prescott Bush, grand-père de l’actuel président des Etats-Unis s’acoquina avec les nazis jusqu’en 1942). Mais ces liens financiers bien réels n’empêchèrent pas que les bombes au phosphore américaines qui tombèrent sur les villes allemandes fussent tout aussi réelles… François de Wendel, grand-père d’Ernest Antoine-Seillière, avait des intérêts en France et en Allemagne. Et, en 1916, il avait demandé bien poliment au GQG français de ne pas bombarder ses aciéries de Briey (alors occupées par les Allemands), ce qui permit à ces mêmes Allemands de fabriquer force obus et force canons, qui écrabouillèrent les biffins français, grâce à quoi François de Wendel (qui fabriquait aussi des obus en France) récolta beaucoup d’argent sur son compte en banque, merci pour lui. Comme quoi la guerre ne gêne pas les affaires …

  • permalien Orangerouge :
    6 mars 2008 @15h12   « »
    suite du commentaire d’"alan.smithee" :

    suite du commentaire d’"alan.smithee" :

    Il vous faudra aussi cerner la personnalité de Mohamed Dahlan (« le Ahmed Chalabi palestinien ») En avril 2002, témoignant à la Knesset devant la Commission des Affaires Etrangères et de la Défense, le Ministre de la Défense (israélien) Benjamin Ben-Eliezer a déclaré avoir offert le contrôle de la Bande de Gaza à Dahlan. En échange, ce dernier, qui contrôlait la force militaire la plus importante à Gaza, devait garantir le calme complet le long de la frontière. Source Ha’aretz, Gideon Alon (30 avril 2002). On continue d’évoquer une possible implication de cet homme dans le décès de Yasser Arafat, mais les preuves ne sont pas encore toutes réunies. Quand le QG de l’agence palestinienne du renseignement (nom de code « The Ship ») est tombé aux mains du Hamas, de nombreux documents ont été découverts apportant des preuves de la corruption qui règnait au Fatah, de la collaboration active avec le Shabak... L’eau chaude est un peu tiède depuis le temps.

    Qu’en pensez-vous ?

  • permalien Daniel :
    6 mars 2008 @15h47   « »

    @ Orangerouge :

    - "La doctrine Bush en déroute à Gaza", par Ali Abunimah - 15 juin 2007
    - "Un filon d’informations sur les services de renseignements découvert à Gaza", par Al-Quds al-Arabi - 20 juin 2007
    - "Dahlan aurait contacté Al Qaeda pour tenter de discréditer le Hamas", par Arablinks - 23 juin 2007

  • permalien Pierre :
    6 mars 2008 @16h06   « »

    L’Egypte entame la construction d’un mur sur sa frontière avec Gaza, l’ombre serait gratuite pour les gazaouis.

  • permalien Danièle :
    6 mars 2008 @16h24   « »

    Dans son numéro d’avril, la revue américaine Vanity Fair revient dans une longue enquête, « Gaza Bombshell » , ....

    Y’a un lien francophone pour celles et ceux qui speak not currently the big breton, SVP ?

    Merci

  • permalien Ana :
    6 mars 2008 @16h48   « »

    D’Annapolis à Gaza (Denis Sieffert, 6 mars 2008)

    « Et voilà Condoleezza Rice au Proche-Orient, appelant, comme si de rien n’était, à la « reprise des négociations israélo-palestiniennes » ! Jamais sans doute la prose diplomatique n’a été plus éloignée de la réalité palestinienne qu’en ces premiers jours de mars 2008. Pendant que la secrétaire d’État américaine invoque le processus de paix d’Annapolis, les habitants des camps de Jabaliya et de Khan Younis, eux, comptent leurs morts. Après cinq jours d’enfer, les survivants émergent des ruines de leur maison, tentant de sauver leurs blessés, brûlés ou mutilés, qui agonisent dans des hôpitaux de fortune. Et lorsque Mme Rice dénonce la violence, ce n’est pas celle des avions et des chars israéliens qui ont fait 120 morts, dont 22 enfants, mais celle des tireurs de roquettes Qassam. Son problème n’est pas l’injustice d’un territoire économiquement et socialement asphyxié, c’est l’acte de rébellion que cette injustice provoque. Comme si, depuis peu, le Hamas avait inventé le conflit israélo-palestinien. (...)

    « En Cisjordanie, le projet est connu. Il passe par des programmes d’extension des colonies que le gouvernement israélien ne manque pas une occasion de confirmer. Il passe par un morcellement du territoire et la confiscation des ressources. À Gaza, la situation est évidemment différente. En se retirant de cette étroite bande de terres, en août 2005, mais en la verrouillant, en la privant de tout débouché, de port, d’aéroport, et évidemment de toute communication avec la Cisjordanie, Israël a inventé la colonisation sans colonies. (...)

    « ... ou bien, après un moment de deuil, il [Mahmoud Abbas] repart dans « le processus de paix d’Annapolis » et il donne en quelque sorte le feu vert à l’écrasement de Gaza et de tout ce qui, en Cisjordanie, manifesterait de la solidarité. La paix d’Annapolis ne sera alors plus tout à fait une fiction. Ce sera le nom donné par les Israéliens et les Américains à l’état des lieux après le massacre. »

  • permalien nordine :
    6 mars 2008 @17h13   « »

    UN BIEN SINISTRE RAPPEL D’UNE NAQBA QUI DURE DEPUIS 60 ANNEES !

    Tous ceux qui s’informent correctement sur la véritable situation qu’endurent les Palestiniens sentaient que des choses graves se préparaient. Particulièrement, dans le désormais Camp d’extermination de Gaza…

    http://mcpalestine.canalblog.com/ar...

  • permalien Zulfikar :
    6 mars 2008 @17h41   « »

    « ... ou bien, après un moment de deuil, il [Mahmoud Abbas] repart dans « le processus de paix d’Annapolis » et il donne en quelque sorte le feu vert à l’écrasement de Gaza et de tout ce qui, en Cisjordanie, manifesterait de la solidarité. La paix d’Annapolis ne sera alors plus tout à fait une fiction. Ce sera le nom donné par les Israéliens et les Américains à l’état des lieux après le massacre. »

    Ou bien, il aura la décence de démissionner...

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @18h17   « »

    - @ Orangerouge (“Qu’en pensez-vous ?”)

    Je crois que la réponse est simple : tant que ce n’est pas dit par un MSM, ça n’existe pas et ce n’est qu’affirmation de paranoiaques. L’élément de propagande le plus incisif “c’est ce qu’on dit pas” disait (il a récemment disparu) un expert en la question, E Philip Agee, ancien agent de la CIA.

    - Concernant le document stratégique (DPG) de 1992 dévoilé par le National Security Archive, deux remarques :

    1- les sites et les auteurs dissidents sérieux sont infiniments plus crédibles que les MSM. Le temps finit presque toujours par faire la différence. En l’occurence Jim Lobe de l’IPS a été l’un des premiers, en Décembre 2001, à faire la relation entre ce DPG et la désinhibition des instincts impériaux des Etats-Unis après le 9/11.

    2- Il ne faut pas oublier le role essentiel de “Scooter” Libby (ancien assistant principal de Wolfowitz et ancien chef du personnel du Vice-président Cheney) qui est, d’après Jim Lobe, souligné par les documents dévoilés par le National Security Archive :

    Among other things, the document illustrates the important role played by Scooter Libby, as well as Paul Wolfowitz (who is generally given credit or blame for the document) in coordinating the project, an additional piece of evidence that Libby, rather than Wolfowitz or Elliott Abrams, was probably the most important and influential neo-conservative in the current administration.

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @18h59   « »

    Récession aux USA ? Personne ne veut prononcer le mot en "R"...”.

    Mais pas pour tous les “Américains” (Richistan is here and there comme dit Joshua Landis) :

    40 milliards de dollars de bénéfices pour Exxon Mobil. Le groupe pétrolier américain a dégagé le plus gros gain de l’histoire du capitalisme, écrit Le Point en date du 01/02/2008.

    Le Point se contente d’étaler son admiration. Le WAPO, est un peu plus dissert, et nous aide a comprendre le pourquoi de cette excellente santé.

    Mais pour connaitre le fin fond de l’histoire, il faut bien sur se tourner encore une fois vers des auteurs dissidents qui s’expriment sur un site dissident :

    Les majors pétroliers ne sont en réalité entrés (encore) en Irak d’aucune façon significative, mais ils ont profité énormément des ravages que la Guerre d’Irak a entraîné au Moyen-Orient aussi bien que du fait que, dans ces années, il y a eu moins de pétrole irakien dans le marché que lors des plus mauvaises années de l’ère de Saddam Hussein.

  • permalien Pierre :
    6 mars 2008 @19h35   « »

    @Ph. Arnaud et K

    “Ne sous-estimez pas la résistance du capitalisme ! Après l’effondrement du boom internet et du boom immobilier, une troisième ligne de défense contre la stagnation, causée par la surcapacité, pourrait encore émerger. Par exemple, le gouvernement des Etats-Unis pourrait sortir l’économie des mâchoires de la récession par la dépense militaire.” - Un "bouche-à-bouche" ne réussira pas à ressusciter les économies naufragées Par Walden Bello

  • permalien Shyankar :
    6 mars 2008 @19h46   « »

    Voilà un lien tiré de Rue 89 qui peut amener quelques éléments de plus. Pour l’aspect un peu plus diplomatique des forces en présence voici un autre lien.

    Cordialement

  • permalien Orangerouge :
    6 mars 2008 @19h50   « »
    Sarkozy et Kouchner étaient au courant de l’opération israélienne

    Le Canard Enchaîné (il faut absolument lire le Canard, bon complément d’Internet) de cette semaine :

    Sarkozy et Kouchner étaient parfaitement au courant de l’opération israélienne avant son déclenchement : l’objectif d’Israël est de liquider le Hamas. L’idée est qu’il vaut mieux l’éliminer avant tout bombardement des sites nucléaires iraniens ou avant toute guerre avec la Syrie.

    Au Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant français avait ordre de n’émettre aucune protestation. Et le trio Sarkozy-Kouchner-Levitte (ambassadeur français aux Etats-Unis) seraient encore plus pro-israéliens que Bush.

    Lors de la réunion des directeurs des affaires politiques des ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne, le représentant français (Gérard Araud) a suggéré que les européens puissent prendre la relève de Bush (pour faire la guerre sur la planète).

    Nous sommes gouvernés par des assassins.

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @19h53   « »

    - Poutine : "Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la course aux armements"

    - John Feffer, Asia Times Online : “La course asiatique aux armements prend de la vitesse”.

    Et “l’impérium bénin” dit ne pas comprendre pourquoi.

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @20h31   « »

    Pierre il est curieux que Walden Bello (par ailleurs excellent) cite le concept du “keynésianisme militaire” de Chalmers Johnson alors que pour ce dernier il est justement un leurre qui ne peut que conduire les Etats-Unis a leur perte.

    Avez-vous vous-meme des arguments en faveur du fait que “le gouvernement des Etats-Unis pourrait sortir l’économie des mâchoires de la récession par la dépense militaire” ?

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @20h51   « »

    Gwynne Dyer fait siennes les vues de Michael Klare.”

  • permalien Pierre :
    6 mars 2008 @21h30   « »

    @k,

    si j’ai bien compris la démonstration de Walden Bello, celui-ci explique que la capitalisme saute de l’éclatement d’une bulle à l’autre et chacune prépare la suivante, après internet, les subprimes, la prochaine pourrait être l’armement, et la suivante pourquoi pas les ours en peluche. Il décrit une course folle des capitaux à la recherche de plus-values.

    Chalmers Johnson, lui se borne à l’étude de la bulle militaro-industrielle, qu’il qualifie de keynésienne, parce qu’elle est une immense pompe à argent public (l’économie vidée de sa substance). Alors que les subprime, pompait aussi l’argent des citoyens, mais par des processus privés (les lessiveuses vidées de leurs substance).

    Tout deux disent que les bulles éclatent quand il n’y a plus de substance à vider, c’est pour ça que si demain les tirelire se révèlent être prometteuses de substances elles pourraient très bien alimenter la bulle des ours en peluche.

    Quant à l’incidence, de l’armement sur la multiplication des guerres, il suffit de regarder ce qui s’est passé pour les subprimes. La bulle n’a pas éclaté parce qu’il n’y avait plus de maison à vendre, mais parce qu’il n’y avait plus de substance à vider. De même, accumulation d’arme créera des sur-stocks (le seul énnemi du capitalisme), mais c’est le trésor américain qui sifflera la fin de la récréation en coupant les crédits et poum ! champagne, la bulle éclatera.

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @22h21   « »

    Merci Pierre pour les éclaircissements.

    Zvi Bar’el, dans le Haaretz du 2/3/2008, faisait remarquer “l’assourdissant silence du monde arabe” par rapport aux massacres israéliens dans la bande de Gaza.

    Il en est du “monde arabe” comme de la “communauté internationale” (dont il fait partie intégrante d’ailleurs) : c’est une gigantesque fumisterie.

    Quelques réactions du “monde arabe”, tel que rapporté par le journaliste israélien :

    - Riad al-Malki, ministre de l’information palestinien : "Hamas gave Israel an excuse to start a war in Gaza."

    - Président Mahmoud Abbas : "operation in Gaza is not just a reaction to the rocket barrage." (toute la hideuse duplicité du “monde arabe” dans le mot “just”)

    Et Zvi Bar’el de conclure, triomphal : ..the IDF raid is perceived by the Arab world to be first and foremost a war against Hamas

    Quant a la “rue” Arabe, Egyptienne en l’occurence, sa colère par rapport a Israel « approche le point d’ébullition » selon l’IPS.

  • permalien K. :
    6 mars 2008 @23h04   « »

    Ce jour :

    - Un soldat israélien tué et 3 autres blessés dans une opération palestinienne.

    - “Un attentat perpétré jeudi soir à Jérusalem-ouest, dans un institut d’études talmudiques du quartier de Kyriat Moshé, a fait huit tués et au moins 35 blessés

  • permalien Pierre :
    7 mars 2008 @08h26   « »

    L’attentat a eu lieu dans l’institut d’études talmudiques « Mercaz Harav », centre de l’héritage et de l’enseignement du Rav Kook, premier grand rabbin d’Israël, qui avait su réconcilier les Sionistes, souvent laïques, et les religieux, en fondant un courant de pensée syncrétique appelé « sionisme religieux ».

    C’est bien le sionisme religieux qui a été ciblé jeudi soir ; il ne faudrait pas occulter la dimension idéologique de l’attentat. Le sionisme religieux aime s’installer dans les villages de Judée et Samarie, sur la trace d’ancêtres bibliques, déclare son opposition à la politique de désengagement menée par le gouvernement israélien, martèle ses réserves sur la politique de la paix à tout prix que son Premier ministre met en œuvre à la hâte.

    Le Mercaz Harav, une institution célèbre en Israël, a valeur symbolique comme un haut lieu du nationalisme religieux.C’est en son sein qu’est né après la guerre des Six jours de juin 1967, le mouvement du Bloc de la Foi, le Goush Emounim, fer de lance de la colonisation juive en Cisjordanie occupée.

    "J’ai vu des policiers et des civils, armés, échanger des coups de feu avec les agresseurs", a déclaré un témoin, selon lequel la fusillade a duré une dizaine de minutes.

    Peu après l’attentat, quatre combattants palestiniens ont été tués dans un raid aérien israélien dans le sud de la bande de Gaza, selon une source médicale palestinienne.

    Le Conseil de Sécurité divisé

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @11h24   « »

    - “Au fil des ans, l’historien britannique Lewis a popularisé la notion selon laquelle les Arabes et les « Orientaux » ne comprennent que la force. Il aurait été bien inspiré de lire Arendt, qui écrivait : « Nonobstant tous les espoirs du contraire, il semble qu’il y a un argument que les Arabes sont incapables de comprendre : c’est la force. »”

    - Des Palestiniens “disent” :

    “We were sleeping at midnight when there was a lot of shooting, An Israeli sniper took a position in the house next door, and he could see me, and me him. I was with all my kids. At 2 a.m., Iyad wanted to go to the bathroom, and when he got up they shot him in the chest. and I could feel the bullet pressing out his back.” Jacqueline had been sleeping, and woke up and said, ‘My mother, Iyad is injured,’ and she moved her head a little and she was shot in the mouth, and the bullet came out the back of her head.There was blood everywhere, and I fell to the floor, and the sniper kept shooting, every 30 seconds, and I managed to help my children crawl out of the room.”

  • permalien Jeff :
    7 mars 2008 @13h25   « »

    Rarement tant de compassion n’aura été formulée de la part des journalistes français dans les infos données sur France Inter ou France Infos à propos de l’attentat d’hier à Jérusalem ("nous sommes tous choqués", "Israël est sous le choc", etc.).

    Comme si c’était une surprise, un éclair tombé au milieu du ciel bleu.

    Aucune compassion en revanche vis-à-vis des Ghazaouites.

    Le seul fait invoqué pour expliquer cet attentat est l’assassinat d’Imad Maghnieh attribué aux Israéliens, et pas du tout le blocus économique et physique du plus grand ghetto du monde et la mort d’une centaine d’hommes, femmes et enfants à Ghaza.

    Les médias français semblent marcher sur la tête, totale incompréhension et scandaleux silence sur la ghettoïsation forcée de tout un peuple.

    Victimes israéliennes : "adolescents âgés de 15 à 16 ans", "jeunes étudiants"

    Victimes palestiniennes : "activistes", "civils"

    Bref personnalisation (émotion) d’un côté et globalisation (indifférenciation) de l’autre...

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @13h59   « »

    Yonatan Mendel :

    Mon ami Shay du département graphique m’a clarifié les choses : “Si tu vas dans la bande de Gaza et que tu abattes les gens, tu serais un terroriste. Mais quand c’est l’armée qui agit ainsi, c’est une opération visant à rendre Israël plus sûr. Il s’agit de la mise en oeuvre d’une décision du gouvernement !”

    Le mot terrorisme a pourtant été créé à l’origine pour qualifier les actes de terreur des Etats parait-il.

  • permalien Sébastien :
    7 mars 2008 @14h25   « »

    Bonjour,

    68 irakiens tués hier soir à Bagdad, apparemment par les djiadistes.

    Comment ne pas voir que ces gens sont dangereux pour les classes ouvrières des pays occidentaux mais aussi pour les peuples arabes ?

    Al Qaïda et sa mouvance tuent en premier lieu des arabes, parfois des américains, (3000 en une journée), et des européens, toujours en visant les ouvriers, jamais les militaires ou les dirigeants politiques.

    S’en sont-ils pris une seule fois à l’armée israélienne ?

    Et il y en a qui en font des héros de la lutte anti-impérialiste, qui les voient comme des gens de leur camp, tout juste un peut plus turbulents, c’est tout.

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @14h41   « »

    Si l’on suit strictement les tenants de la théorie du caractère intrinsèquement violent de l’Islam, qui s’appuient sur les parties les plus belliqueuses du Coran, alors s’il y a une religion qui aurait bien besoin d’être non pas réformée, mais littéralement révolutionnée, de fond en comble, de manière radicale, ce serait bien la religion juive que se sont accaparés les sionistes. Les textes religieux juifs justifiant les massacres et même l’extermination d’autres peuples au nom de “la promesse donnée à Abraham par Dieu” trouvent toute leur illustration dans l’Etat d’Israël.

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @14h56   « »

    Noam Chomsky :

    Le meurtre de Klinghoffer avait été vu à juste raison avec horreur, et est très célèbre. Il a été le sujet d’un opéra et d’un téléfilm renommé, ainsi que l’objet de nombreux commentaires choqués déplorant la sauvagerie des Palestiniens - « des bêtes à deux têtes » (le Premier ministre Menahem Begin), “semblables aux sauterelles, pour nous”, dont les têtes doivent être "brisées contre les rochers et les murs" (le Premier Ministre Yitzhak Shamir). Ou, le plus souvent, juste des "Araboushim", l’équivalent argot de "kike" ou "nègre".

    Ainsi, après une pratique de terreur et l’humiliation délibérés particulièrement dépravée des colons et des militaires dans la ville cisjordanienne de Halhul, en décembre 1982, qui avait même dégoûté des faucons israéliens, le célèbre militaire/analyste politique Yoram Peri a écrit consterné qu’une des "tâches de l’armée d’aujourd’hui [est] de démolir les droits des gens innocents simplement parce qu’ils sont Araboushim vivant dans les territoires que Dieu nous a promis ", une tâche qui devenait beaucoup plus pressante, et a été menée avec beaucoup plus de brutalité, lorsque les Araboushim ont commencé à "relever leurs têtes", quelques années plus tard.

    Nous pouvons facilement évaluer la sincérité des sentiments exprimés au sujet de l’assassinat de Klinghoffer. Il est seulement nécessaire d’enquêter sur la réaction aux crimes israéliens comparables soutenus par les États-Unis. Prenez, par exemple, l’assassinat en avril 2002 de deux Palestiniens mutilés, Kemal Zoughayer et Jamal Rachid, par des forces israéliennes déchaînées à travers le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie. Le corps broyé de Zoughayer et les restes de son fauteuil roulant avaient été retrouvés par des journalistes britanniques, en même temps que le reste du drapeau blanc qu’il tenait quand il a été abattu, tout en cherchant à fuir les chars israéliens qui l’avaient écrasé, déchirant son visage en deux et lui coupant les bras et les jambes. Jamal Rachid a été écrasé dans son fauteuil lorsque un des énormes bulldozers Caterpillar d’Israël offerts par les Etats-Unis ont démoli sa maison de Jénine sa famille se trouvant à l’intérieur. Les différences de réaction, ou plutôt la non-réaction, est devenu si routinière et si facile à expliquer qu’aucun autre commentaire n’est nécessaire.

  • permalien chaman :
    7 mars 2008 @16h05   « »

    Conférence-Evénement à la découverte de la richesse du patrimoine culturel de la Palestine : « Gaza à la croisée des civilisations »

    Gaza, reflet de la Méditerranée et de l’Orient, a suscité six mille ans de convoitises. Carrefour des civilisations, la Bande de Gaza regorge d’un patrimoine d’une richesse exceptionnelle et d’une diversité insoupçonnée.

    Salon du livre de Paris (14-19 mars 08) porte de Versailles, Hall 1 Dimanche 16 mars, 13h30-15h00 Salle Yehuda Amichaï, 1er étage

    www.chaman.ch/salondulivreparis

  • permalien jugurta :
    7 mars 2008 @16h07   « »
    @Ph Arnaud

    Vos messages me donnent le sentiment que vous interprétez les rapports de force (internationaux et mondiaux) à l’inverse de ce qu’ils sont en réalité !

    Les rapports de force internationaux sont :

    Une puissance mondiale, les USA, qui heureusement sont une démocratie.

    Une myriade d’organisations djihadistes prêtes à imposer par la force leur modèle de société haineux.

    Des puissances régionales, souvent sous régime autoritaire (Iran, Chine...), que les USA tentent d’endiguer.

    Encore une fois les USA ne sont pas le bien absolu, ils sont le « bien relatif ». Je préfère un monde sous hégémonie américaine, pour l’instant, qu’un monde avec des puissances autoritaires voire totalitaires prêtes à annihiler les libertés individuelles.

    La Chine n’a pas plus de « revendications » sur Taiwan que l’Italie n’en a sur la Sicile, la Grèce sur Samos ou le Royaume-Uni sur l’île de Wight. Taiwan est partie constitutive de la Chine.

    Exact, mais la Chine est toujours une dictature communiste, Taiwan est une république où le pluralisme politique est un fait.

    Je préfèrerais une démocratisation à la Taiwanaise de la Chine coco qu’une influence coco de feu Formose...

    Les Etats-Unis n’ont pas plus à s’immiscer dans les relations entre la Chine et Taiwan

    Oui, mais les USA ne font que défendre leur intérêts propres et par la même une démocratie anti-communiste.

    L’histoire des liens économiques qui empêcheraient la guerre est une fable ultralibérale.

    L’histoire a démontré, même si rien n’est arrêté, que les démocraties libérales ne se font pas la guerre. La construction européenne en est le meilleur exemple : CECA, CEE, UE.

  • permalien Ana :
    7 mars 2008 @16h43   « »

    La démocratie, le pire cauchemar (Patrick St Paul, Le Figaro) :

    « Si nous poursuivons au rythme actuel, il n’y aura pas d’accord fin 2008, prévient-t-on dans l’entourage d’Abbas. Si nous sommes incapables d’aboutir à la création d’un État viable, nous pourrions alors décider de dissoudre l’Autorité palestinienne, Israël devra alors combler le vide et assumer la responsabilité de l’occupation. Ce pourrait alors être la fin de la solution de deux États. Fatigués de se battre, de plus en plus de Palestiniens sont tentés de partager un même État avec les Israéliens, avec les mêmes droits pour tous. »

    C’est le pire cauchemar, qui hante Israël. (...)

  • permalien Zulfikar :
    7 mars 2008 @18h47   « »
    Jugurta : The Comeback

    La perle du jour, par Jugurta himself :

    Encore une fois les USA ne sont pas le bien absolu, ils sont le « bien relatif ». Je préfère un monde sous hégémonie américaine, pour l’instant, qu’un monde avec des puissances autoritaires voire totalitaires prêtes à annihiler les libertés individuelles.

    Le problème de cette hégémonie - qui te plaît tant parce qu’elle est recouverte des oripeaux de la démocratie à l’athénienne - est le fait que moins de 300 millions d’Américains (4.6 % de la population mondiale selon [4]) consomment 25 % du pétrole mondial.

    Ce système s’il est appliqué à la lettre est une catastrophe complète pour l’humanité. Ce pays a besoin de 2 milliards de dollars par jour pour faire face à ses déficits jumeaux (commercial et budgétaire. Ce pays prend en otage le monde par ses guerres incessantes, coûteuses et chaotiques. Ce pays a toujours soutenu les régimes autoritaires car plus facilement maniables qu’une démocratie, où il faut composer avec des parlementaires,des représentants du peuple et leur opinion publique.

    Ce pays est en train de banaliser l’arme nucléaire et prépare l’opinion publique mondiale à en légitimiser son usage.

    Je ne dis pas que la Chine, c’est mieux. Mais j’appele de mes voeux un monde multipolaire ( qui serait un tout petit peu plus démocratique - ça devrait te plaire ça, non ? - et où le recours à la force ne serait pas automatique.

    Après tout, le monde de Yalta (1945-1991) avait des frontières fixes.C’était un monde dominé par deux super-puissances : les Etats-unis et l’URSS. Sous Yalta, les Etats-Unis pratiquaient la politique de l’endiguement, comme tu dis, et elle est morte depuis.

    La péninsule arabique, est devenue, depuis cette date, un immense lac américain. Au delà de l’idéologie, il y a les rapports de force. Et le vide de puissance attire la puissance.

    Pour Bush-Père, l’"american way of life " n’était pas négociable. Pour son con de fils, non plus. Tu imagines les problèmes que cela va poser.

    Quant à L’histoire a démontré, même si rien n’est arrêté, que les démocraties libérales ne se font pas la guerre ; dois-je te rappeler qu’en 1914 les Alliés faisaient déjà la guerre pour sauvegarder la civilisation face à la Barbarie. A l’époque la Barbarie était allemande - il est vrai que Hegel, Kant, Einstein, Bach, Mozart, Gödel, Gauss, Beethoven, Mach et j’en passe étaient le produit d’une civilisation qui n’avait rien avoir l’Europe...

    La guerre entre démocraties libérales existe toujours. Elle est économique. Tu en sais quelque chose avec la crise des subprimes, non ?

    Un monde multi-polaire est devenu une nécessité absolue.

  • permalien Xavier :
    7 mars 2008 @19h13   « »

    Bonsoir à tous et merci K pour vos commentaires éclairés.

    A Jeff 13h25 : j’adore la délicieuse candeur de votre message. Vous avez dû sauter un épisode : france inter s’appelle depuis quelques années Radio Shoah, et sa ligne éditoriale est bien entendu largement axée sur ce sujet. Si l’on y tolère quelques déviances, de préférence aux heures creuses, l’information, ou ce qui en tient lieu, est soigneusement expurgée de tous contenus incorrects. Si une bombe tombe sur Gaza, nous aurons un reportage sur les suites de l’affaire Ilan Halimi, si 11000 prisonniers palestiniens de tous âges et tous sexes croupissent dans des prisons infâmes depuis des années (ah bon, c’est possible ?), nous aurons une diatribe contre les terroristes qui détiennent le bon soldat Shalit. Mais voyez-vous, cela n’a vraiment rien de bizarre, dans le PAF, c’est même très conformiste.

    Colombie : pendant quelques heures des journalistes se sont permis d’annocer "l’assassinat" de Raoul Reyes. Dieu merci, cette attaque en terre équatorienne est vite devenue une opération antiterroriste presque banale, et RR a depuis seulement été tué...

    A l’instant, journal de 19 heures, l’horreur à Gaza "en direct" (de Jerusalem) se conclut dans les affres des bruits de boycott du salon du livre israélien. Ouf, l’ordre des choses est respecté, tout de même !

    Vive le Diplo et internet, qu’on respire un peu.

  • permalien Ph. Arnaud :
    7 mars 2008 @19h16   « »

    @ Jugurta (n° 1)

    « …les USA, qui heureusement sont une démocratie ». Il faut le dire vite ! A l’intérieur, le pouvoir reste toujours entre les mains d’une oligarchie (et de plus en plus depuis Reagan). La première élection de Bush fils, en 2000, a eu lieu dans des conditions plus que douteuses... Le nombre d’incarcérés pour 100 habitants est le plus haut du monde 4 fois supérieur à celui de la Chine, et même supérieur, en valeur absolue, à ce pays (et, majoritairement, les prisonniers appartiennent aux classes les plus pauvres, et, parmi celles-ci, les Noirs, métis et Latinos y ont plus que leur part). Les Etats-Unis n’ont toujours pas ratifié la charte des droits de l’enfant (les seuls avec la Somalie) et, jusqu’à une date récente, exécutaient encore des condamnés mineurs au moment des faits ainsi que des débiles mentaux…

    A l’extérieur, comment justifiez-vous que cette « démocratie », après avoir « aidé » les Philippins à chasser le colonisateur espagnol, aient tué au moins 200 000 de ces Philippins juste pour prendre la place des Espagnols dont ils étaient censés avoir délivré ces mêmes Philippins ? Pensez-vous qu’en 1783, les Américains auraient apprécié qu’à l’issue de la guerre d’Indépendance les Français tuent 200 000 d’entre eux et ne leur accordent l’indépendance réelle… que 50 ans après ? Où les Philippins ont-ils vu la démocratie ? Où les 1400 habitants de Diego Garcia, déportés de leur île pour construire une base militaire géante des Etats-Unis ont-ils vu la démocratie ? Où le Panama, privé un siècle de la zone du canal, a-t-il vu la démocratie ? Si l’URSS s’était taillé une zone autour du canal de Kiel, l’auriez-vous accepté ? [Je m’arrête là, mais rassurez-vous, j’ai d’autres exemples…].

    « …Une myriade d’organisations djihadistes prêtes à imposer par la force leur modèle de société haineux ». Parmi les sociétés les plus férocement islamistes figurent l’Arabie saoudite et le Pakistan, alliés des Etats-Unis, que les violations des droits humains dans ces pays n’empêchent pas de dormir... Du jour au lendemain, il a suffi que Kadhafi change de camp (sans changer de régime) pour que son pays ne figure plus parmi les Etats voyous ! Enfin, le renversement de Saddam Hussein, qui protégeait les chrétiens irakiens, a eu pour effet, sous un gouvernement à la botte des Etats-Unis, de rendre invivable l’existence de ces mêmes chrétiens… Dans tous ces pays « amis » des Etats-Unis, elle est où, la démocratie ? Les Américains vont prochainement implanter leur GQG pour toute l’Afrique au Maroc, où la moindre critique du roi est punie de prison. Elle est où, au Maroc, la démocratie ?

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @20h10   « »

    N’étant pas un connaisseur j’aimerai bien etre aidé :

    Le 05/03/2008, l’Arabie Saoudite, le plus grand exportateur de pétrole du monde, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Qatar ont, avec les autres membres de l’OPEP, ont décidé de maintenir inchangé leur taux de production de brut, entraînant de fortes critiques de la Maison blanche.

    Une chose sur laquelle, si j’ai bien compris, tout le monde est d’accord, c’est que les prix du brut dépendent du “marché”, c’est a dire, si j’ai bien conpris toujours, de la spéculation. Il semblerait néanmoins qu’il y ait désaccord quant a l’importance du marché sur les prix (en particulier par rapport au taux de production)

    Récusant ces critiques, Le ministre du pétrole algérien Chakib Khelil, [est allé] jusqu’à accuser la "mauvaise gestion" de l’économie américaine de perturber le marché pétrolier. Deux jours avant, il avait estimé que "des taux d’intérêt plus faibles aux Etats-Unis pour redynamiser l’économie" entraîneraient probablement "un dollar plus faible" et donc "plus de forces spéculatives sur le marché pétrolier".

    Cependant, un autre spécialiste de la question, Raymond Learsy, qualifie ailleurs l’analyse de Chakib Khelil comme étant un “flagrant non-sens” et qualifie de meme une autre analyse, celle du ministre du pétrole saoudien qui aurait déclaré : “il n’y a pas de relation entre les fondamentaux du marché du pétrole et les prix

    Pourtant au moins deux autres spécialistes confirment cette dernière affirmation : l’économiste saoudien Aboulwahab Abou-Dahech (premier lien) et Vera de Ladoucette, du Cambridge energy research associates qui déclare (deuxième lien) "La dernière poussée de fièvre du pétrole n’a rien à voir avec les fondamentaux, c’est lié au dollar. Il y a un mouvement inverse entre la chute du dollar et les records du brut"

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @20h29   « »

    " Le Hamas n’est-il pas un mouvement terroriste ? "

    Mamoun Alabbasi, chroniqueur du Middle East Online essaye de répondre à la question :

    Sans entrer dans les diverses définitions du terrorisme et où la résistance contre l’occupation est différente, il est important de noter que rien, absolument rien, n’excuse le meurtre de civils innocents. "Le recours à la force ou la menace de recourir à la force ou à la violence contre des civils ou des biens civils dans l’intention d’intimider ou de contraindre" ressort du terrorisme.

    Le Hamas a-t-il été impliqué dans de tels actes par le passé ? Oui. Est-il seul dans ce cas ? Non, bien sûr que non. Les pères fondateurs d’Israël sont un exemple classique de ce qu’est exactement le terrorisme. Le Hamas doit avoir lu quelque part qu’une nation peut être construite à partir du terrorisme. Mais on n’a pas besoin d’aller si loin en arrière, les politiques quotidiennes israéliennes sont un exemple classique de terrorisme d’état.

  • permalien Orangerouge :
    7 mars 2008 @20h30   « »
    La compassion sélective des médias dominants atteint des sommets

    Cents victimes palestiniennes font quelques brèves. Huit victimes juives alimentent des articles entiers plein de déclarations emphatiques.

    C’est insupportable, c’est du racisme pur.

    Mais je suis désolée, cela vient d’où ?

    Je pense que si les journalistes des médias dominants sont dix fois plus touchés par les victimes juives que par les victimes palestiniennes, c’est parce qu’ils sont plus souvent juifs, qu’arabes ou musulmans.

    Avez-vous une autre explication à me proposer ? Dois-je me couvrir de cendres ? Est-ce une remarque antisémite ?

  • permalien Orangerouge :
    7 mars 2008 @20h38   « »

    @ K,

    Les factures pétrolières étant exprimées en dollar, à chaque fois qu’il baisse, les rentrées des pays pétroliers sont érodées. C’est une des raisons qui a provoqué la cartellisation des pays pétroliers et la hausse du prix du pétrole de 1973 (le dollar avait baissé).

    En Europe, actuellement, la hausse de l’euro par rapport au dollar a ainsi beaucoup amorti l’impact de la hausse du prix du pétrole sur l’économie.

    Ceci dit, je me demande si les pays pétroliers ne pourraient pas négocier que les factures soient exprimées en euros (question de poids dans les négociations commerciales sûrement).

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @20h50   « »

    Orange-rouge, qu’en est-il du poids respectif de la spéculation et du taux de production dans le prix du pétrole ?

    J’ai trouvé ça :

    Les études empiriques montrent que ce prix du pétrole est relativement indépendant de la stratégie de l’OPEP : ce n’est pas l’OPEP qui fixe le prix du pétrole, c’est le marché ; l’OPEP suit la tendance et peut, à la marge, influencer les cours selon qu’elle respecte ou non les quotas qu’elle se donne. En revanche, l’incertitude politique, les tensions militaires sont de nature à favoriser les spéculations et à accroître sensiblement la volatilité des prix sur les marchés.

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @21h07   « »

    Ce qui est sur c’est que les majors font partie des gros bénéficiaires de cette envolée des prix. Et quand on lit que “la Maison Blanche reconnaît l’impuissance de Bush devant l’Opep”, elle qui ne reconnait meme pas que la terre est ronde, on se dit qu’il y a anguille sous roche.

  • permalien Pierre :
    7 mars 2008 @21h28   « »

    @K,

    les spéculateurs ce n’est pas le marché (même si les spéculateurs interviennent sur des marchés).

    Le marché, c’est ce qui crée le prix d’équilibre entre l’offre et la demande.
    - pour les matières premières, c’est un équilibre entre la production réelle et la consommation réelle. Il faut aussi y ajouter les disponibilités de transport et de raffinage (une raffinerie inactive augmente le prix)
    - pour le spéculateur, c’est l’équilibre entre ce qu’il est prêt a payer et ce qui est offert par d’autres spéculateurs, sans se préoccuper, si derrière les contrats, il y a réellement des stocks, car le but du spéculateur, ce n’est pas d’utiliser les matières premières, mais faire des plus-values en achetant et revendant des contrats. C’est un marché "papier"

    Quand les Saoudiens déclarent : “il n’y a pas de relation entre les fondamentaux du marché du pétrole et les prix”, celà veut dire que de nombreux contrats soumis à la spéculation n’ont pas de réalité, c’est une bulle qui se prépare. Les pays consommateurs (et souvent spéculateurs) demandent au producteurs d’augmenter la production pour honorer les contrats. Les pays producteurs refusent, car il ne veulent pas "couvrir" un développement de la spéculation (en plus c’est de l’argent qui leur échappe).

    Le rôle du spéculateur est très discuté, il est au centre d’une polémique idéologique, pour les "classiques", il assure une régulation des prix. Dans la réalité ça ne fonctionne pas du tout comme ça, et le spéculateur, agit comme un prédateur concentré uniquement sur ses plus-values sans aucune considération sur les réalités du marché.

    Le problème devient un vrai casse tête, si on considère que les monnaies sont aussi soumise à spéculation, et finissent par constituer une nouvelle sorte de matière première (fonds souverains).

    Si on ajoute à ça que certains gisements ne sont rentables qu’à partir d’un certain prix de vente (Sables bitumineux de l’Athabasca), on comprendra que la tentation d’influencer la production existante, par des "pannes" ou des guerres ou tout autre procédé peut-être grande pour que certain pays garde son indépendance énergétique.

  • permalien Orangerouge :
    7 mars 2008 @21h51   « »

    @ K

    Tous les gisements n’ont pas le même coût de production. On peut dire que le prix du pétrole comme le prix des terres, est déterminé par le prix suffisant pour que la dernière tonne demandée soit extraite. Il va donc être égal au coût de production du gisement le plus difficile à travailler plus la marge du producteur et des intermédiaires.

    Les pays pétroliers chez qui le pétrole est facile à extraire ont un coût de production moindre que les autres. Cela doit être le cas des pays du Golf (je ne suis pas un expert du secteur pétrolier...). Il font donc une marge supérieure aux autres et c’est normal (on appelle cela une rente différentielle). Ils peuvent avoir intérêt à réduire leur offre sur le marché de telle sorte qu’on soit obligé d’aller chercher du pétrole encore plus difficile à extraire, ainsi le prix monte. Ainsi la marge des pays à pétrole facile à extraire sera encore un peu plus grande (on apelle cela une rente absolue en plus de la rente différentielle).

    On ne doit pas jeter l’opprobre sur ce comportement, tout le monde se comporte ainsi sur un marché, celui qui ne le fait pas se fera avoir sur un autre marché où il sera en position moins favorable (sauf dans l’ex URSS, où c’était du troc entre pays, donc des échanges très restreints et peu favorables à la croissance).

    Ces mécanismes économiques de rente se produisent pour tout bien qu’on ne peut pas produire (donc l’espace la terre, qui est d’inégale fertilité, les mines, le pétrole etc...).

    Le treme de spéculation introduit un jugement de valeur à mon avis pas justifié. Il y a des règles légales et reglementaires à respecter sur un marché quelqu’il soit (le produit est de la qualité affichée, dans la qualité affichée etc...). A partir du moment où ces règles sont respectées, celui qui pense que le prix de son produit va monter et qui a les moyens d’attendre de le vendre, spécule effectivement. Mais pourquoi ne le ferait-il pas ? Sauf à être idiot ou execssivement généreux.

    En fait nous spéculons tous. Si on rentre d’un pays étranger dont la monnaie ne vaut pas grand chose, on va rapidement la changer en rentrant, on ne va pas attendre, donc on spécule contre cette monnaie (et son cours va baisser parce qu’on accroit l’offre sur le marché).

    Bon je ne sais pas si je suis compréhensible. Un cours d’économie en post c’est pas évident !

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @21h54   « »

    @ Pierre

    Concernant Raymond Learsy, pourquoi pensez-vous qu’il récuse les propos des Saoudiens ? Et, s’ils disent bien la meme chose, ceux des Algériens (il dit vouloir expliquer dans un prochain article) ?

  • permalien Orangerouge :
    7 mars 2008 @22h16   « »
    Suite du post à K :

    Evidemment je ne suis pas d’accord avec Pierre !

    Les marchés à terme permettent de se "couvrir" contre les variations de prix. C’est à dire qu’on peut (moyennant un paiement) se garantir d’avoir du pétrole dans ... x mois, ou un an à un prix qu’on décide aujourd’hui. Plus le risque de perdre en accordant cette promesse est grand, plus le paiement de la couverture sera important : parce que ce "contrat de couverture" se vend sur un marché et varie en fonction de si il y a beaucoup, ou peu de gens, pour vouloir faire l’opération inverse de la nôtre.

    Je pense que se focaliser sur la spéculation est une erreur. La seule chose que l’on puisse se demander sur la spéculation c’est si elle n’accroît pas la variabilité des prix, mais ce n’est pas prouvé. Le vrai problème par contre c’est la sortie des capitaux des pays pauvres pour aller s’investir sur les bourses des pays des pays riches (ou en appart à paris ou sur la côte d’azur). Mais ce n’est pas le mécanisme de spéculation en lui-même.

    Ce qui serait probablement le plus utile : Empêcher les dirigeants et les élites des pays du tiers-monde de capter d’énormes parts des richesses crées par ces pays (avec l’aide des multinationales notamment des secteurs de l’énergie et des marchands d’armes, qui achètent ainsi l’accès aux matières premières et aux droits de les exploiter) serait certainement très efficace. Comment créer un consensus international pour imposer cette régulation des échanges, une police de la corruption par les multinationale ? Ce devrait être le boulot de l’OMC, peut-être… Eva Joly en parle dans son bouquin sur l’affier Elf. Elle montre que pour des pays très pauvres, les prélèvements de la corruption via les multinationales sont très importants par rapport aux PIB de ces pays.

  • permalien Pierre :
    7 mars 2008 @22h33   « »

    @K,

    je suppose que c’est parce Raymond Learsy adopte un point de vue dogmatique et qu’il considère que les marchés sont “vertueux”, que le spéculateurs assument leur rôle de régulateurs, donc le problème ne peut venir que des producteurs, puisque les prix montent, c’est que l’offre est insuffisante pour couvrir la demande.

    C’est un parti pris polémique, car il connait très bien la réalité de la situation et ressort les vieux poncifs néo-classiques, parce que certainement il n’a pas vu venir la bulle et a la pétoche pour ses propres engagements.

    Chakib Khelil fait allusion aux mystérieuses pannes qui toujours a propos touchent les raffineries ou les oléoducs nord-américains en fonction du prix du brut (c’est un propos cynique comme souvent en Algérie mais Learsy n’a pas accès à ce genre d’humour).

  • permalien Pierre :
    7 mars 2008 @22h52   « »

    Si Orange Rouge nous sommes d’accord, mais vous vous placez du coté du prix et moi du côté des volumes :

    « Depuis le début des années 1980, et après plusieurs tentatives infructueuses, les contrats à terme sur le pétrole se sont développés, à tel point qu’aujourd’hui les prix de ces contrats sont très souvent utilisés en référence (les volumes de pétrole brut traités par des contrats à terme a dépassé le volume de la production mondiale). »

    Le problème des contrats a terme, ce n’est pas le prix fixé à la signature du contrat, mais, si le contrat porte sur des volumes réalisables à terme. Il est évident que les producteurs perdent par ces contrats la main mise sur leur production et sont condamné à suivre la fanfare, d’où leur volonté de rester maitres de la production.

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @22h53   « »

    @ Pierre

    En tous les cas c’est cohérent. Une dernière question si vous le voulez bien : je ne saisis pas trop “l’astuce” des mystérieuses pannes en fonction du prix du brut.

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @23h09   « »

    - “M. Abbas est en conflit avec le Hamas qui s’est installé par la force dans la bande de Gaza en juin”, dixit LEMONDE.FR avec AFP et Reuters ce jour. À bon entendeur salut : l’article de Vanity Fair est nul et non avenu.

    - "J’entends déjà sur les radios religieuses sionistes les gens parler de l’attaque en termes prophétiques, comme dans le livre d’Isaïe 59 verset 20 : ’Un rédempteur viendra pour Sion, pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, dit l’Eternel’. Dans leurs talk-shows radiophoniques, les colons interprètent cette prophétie en disant que si les juifs n’arrêtent pas le Hamas, les Palestiniens, le Hezbollah, Dieu obligera les juifs à le faire"

  • permalien saintyves :
    7 mars 2008 @23h18   « »

    Nouvelles révélations sur les crimes commis par les Sionistes à ‎Gaza

    @ Orangerouge

    Avez-vous une autre explication à me proposer ? Dois-je me couvrir de cendres ? Est-ce une remarque antisémite ?

    Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner, André Glucksmann ...

    LES PROPAGANDISTES Par Silvia Cattori

    Les rabbins de l’entité sioniste affirment que leur religion permet l’assassinat des civils

  • permalien Pierre :
    7 mars 2008 @23h20   « »

    @K,

    on soupçonne les étasuniens et les canadiens, de créer des pannes fictives sur leurs installations pour maintenir le prix du brut a un niveau rentable pour l’extraction des sables bitumeux. Chakib Khelil en conclue logiquement, que les infrastructures nord-américaines sont pourries.

    exemple ; L’EIA note que "même si la hausse des prix de l’essence l’an dernier a été principalement due au renchérissement du brut, un nombre inhabituellement élevé de pannes dans les raffineries a aussi contribué à pousser les prix à la pompe en 2006 et 2007".

  • permalien K. :
    7 mars 2008 @23h55   « »

    OK Pierre c’est pigé.

    En fin de compte des prix élevés de pétrole sont dans l’intéret, non pas seulement des majors comme je le pensais, mais aussi des Etats-Unis eux-memes en permettant l’exploitation de champs dans des pays alliés, exploitation qui aurait été non rentable en cas de prix pas assez élevés. Je me trompe ?

  • permalien Ana :
    8 mars 2008 @00h01   « »

    "Je pense que si les journalistes des médias dominants sont dix fois plus touchés par les victimes juives que par les victimes palestiniennes, c’est parce qu’ils sont plus souvent juifs, qu’arabes ou musulmans. Dois-je me couvrir de cendres ? Est-ce une remarque antisémite ?" - Orangerouge, 7 mars 20:30

    Pourquoi poser cette (dernière) question, Orangerouge ? Il suffirait donc qu’un quidam y réponde positivement pour que vous vous couvriez de cendres ?

  • permalien Orangerouge :
    8 mars 2008 @01h00   « »

    Merci de votre humour Ana ;-)

    La période s’y prête peu. Cela m’affecte de me rendre compte à quel point Israël compte de soutiens dans les pouvoirs médiatiques et politiques de mon pays, en dépit de ses crimes sur des dizaines d’années.

    Je ne voterai pas socialiste à cause de cela, les dirigeants de ce parti (pas les militants de base) me paraissent finalement plus proches des milieux du CRIF que des beurs de leur propre parti.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @08h43   « »

    Extraits d’un article intitulé, “Faire de la Chine le prochain grand Ennemi” du conservateur américain Doug Bandow :

    Le point essentiel du pouvoir militaire, c’est qu’il est beaucoup plus facile de défendre et de dissuader que d’attaquer et de défaire. C’est la raison pour laquelle Washington dépense autant sur le plan militaire aujourd’hui. Très peu des moyens militaires américains sont consacrées à la défense des Etats-Unis. Après tout, où est la menace ? (..). ce que fait le Pentagone essentiellement est de se consacrer à la défense et à la domination d’autres nations. (..)

    La question est donc de savoir si les États-Unis vont mettre en branle un processus destiné non pas à défendre l’Amérique, mais à préserver la capacité de l’Amérique à contraindre la Chine. Richard Fisher, de l’International Assessment and Strategy Center, note que « En 2010, l’essentiel des forces de contre-accès de la Chine seront en place, rendant très difficile l’utilisation des forces du Pacifique pour venir en aide à Taiwan. À moins que nous ne doublions le nombre de nos porte-avions et triplions notre flotte de bombardiers, la Chine sera un peer competitor en 2030. "

    Si les États-Unis sont disposés à tempérer leurs objectifs, l’Amérique peut demeurer confiante même si la Chine devient plus puissante. Le monde commode de la Pax Americana se termine, en particulier en Asie de l’Est : une RPC plus forte est inévitable. Mais un USA moins dominant n’est pas nécessairement un USA moins sécurisé. Une Amérique moins belliqueuse a même toutes les chances de devenir une Amérique plus pacifique.

    Les États-Unis n’ont pas d’ennemis sérieux aujourd’hui, mais le lent processus de passage d’une puissance unique à celui de deux, voire plus, superpuissances a débuté : la position dominante actuelle de l’Amérique a toujours été artificielle. L’Europe n’a pas la volonté et la Russie n’a pas la possibilité de contester la primauté militaire des États-Unis. Ce n’est pas le cas de la Chine. Washington doit faire face à un nouvel ordre en Asie de l’Est, dans lequel la Chine exige de plus en plus d’être traité sur un pied d’égalité. Aussi douloureux que cela puisse être pour Washington, traiter Pékin avec respect vaut mieux que s’en faire un ennemi.

  • permalien Pierre :
    8 mars 2008 @08h44   « »

    @K,

    en fait c’est plutôt du "fine tuning", c’est n’est pas haut ou bas, mais "pas trop haut" ou "pas trop bas", dans ce domaine la situation de Bush est particulièrement schizophrène, car il doit garantir de confortables profits a ses sponsors, mais aussi garantir l’indépendance énergétique des États-Unis (comprendre union nord-américaine), sans favoriser les “ennemis” de la liberté (... pour les États-Unis de contrôler les mouvements de matières premières)

    Il s’en suit toute une série d’interventions à court terme, qui peuvent aller de la "panne technique" jusqu’à, peut-être, la pendaison d’un fournisseur devenu incontrôlable, ou, pourquoi pas, une aide à un quelconque "massacre ethnique" quelque part en Afrique. En fait ce "tuning" fait partie intégrante d’un paquet englobant idéologies et intérêts qui ne manque pas au bout du compte de créer des situations d’autant plus paradoxales et imprévisibles que développement des biocarburants vient brouiller la donne et porte le front sur les guerres alimentaires.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @08h47   « »

    Rectificatif

    Une Amérique moins belliqueuse a même toutes les chances de devenir une Amérique plus en sécurité” plutot que “pacifique”.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @08h52   « »

    Merci infiniment Pierre

  • permalien saintyves :
    8 mars 2008 @10h56   « »

    Bonjour

    Palestine

    Holocauste à Gaza : Message en Images de Carlos Latuff 08/03/08

    Carlos Latuff est un caricaturiste brésilien dont les dessins d’art sont un appel lancé au monde pour condamner l’Holocauste commis par Israel à Gaza

    Déclaration de Carlos Latuff :

    J’aimerai que tous ceux qui voient ces images les répandent partout, comme moyen d’exposer les crimes de guerre d’Israel contre les Palestiniens. Utilisez les sur des T Shirts, des posters, des bannières. Reproduisez les sur des zines, des journaux, des magazines et faites qu’elles soient visibles partout .

    Merci au nom de chaque Palestinien qui souffre.

    Aux noms des bébés, des enfants, des femmes, des handicapés, des vieillards, des civils, aux noms de tous ces laissés pour compte par la "communauté internationale gouvernante" au nom de toutes les victimes du sionisme

    Au nom d’un peuple a qui "on" a spolié la terre, qu’"on" a privé de liberté, qu’"on" a condamné à vivre dans des camps de concentration, pardon de reffugiés, qu’"on" a empeché de lutter pour la liberté et accusé de terrorisme, qu’"on" a impunement menacé de shoa.

  • permalien saintyves :
    8 mars 2008 @11h53   « »

    ........................................SIONISME..................................................

    Les sionistes règnent en maitres incontestés et craint in USA, ou les organisations ( AIPAC ADL JINSA ...), les médias (NYT, Fox News, CNN, WP ...) et les thin-thank ( MEMRI J I N S A et C S P ) orientent la politique exterieure, aujourd’hui, les dernières élections françaises ont permis à un sioniste de prendre le pouvoir, son allégeance aux sionistes et à Israel est on ne peut plus avouée, et meme revendiquée, son dernier discours devant le CRIF, est une sorte de sermon devant ses maitres sionistes qu’il a juré en véritable monarque, de servir et de glorifier durant tout son règne (et non plus mandant ou quinquénat), Israel par ses outils et ses agents sionistes a conquit le monde.

    Le sionisme dispose d’outils invulnerables et efficaces pour, d’un coté orienter l’opinion publique sur tout ce qui est favorable à Israel, de l’autre, fustiger toute action critique envers cet etat, comme transformer des crimes de guerre en "droit de se deffendre", occulter l’occupation, legitimiser le blocus et les massacres ...

    Le lobby pro-israélien aux USA : interview de Stephen Walt Le lobby pro-israélien aux USA : interview de Stephen Walt

    A propos du livre de Walt et Merchaimer, aucun debat télévisé, le livre est passé sous silence absolu, ou peut etre que j’ai raté une emission, qui peut m’informer, merci

  • permalien Jeff :
    8 mars 2008 @12h50   « »

    @ saintyves

    Merci pour le lien vers le site de Carlos Latuff. Je connaissais déjà un de ses excellents dessins (celui avec le prisonnier étendu et portant le keffieh palestinien), mais pas les autres.

    A diffuser...

    @ Xavier

    Ce n’est pas tant de la candeur qui ressortait de mon précédent message, mais cela partait plutôt d’une indulgence modérée vis-à-vis des infos diffusées par France Inter qui m’avait habitué à entendre jusque-là un traitement relativement équilibré de la situation Israël-Palestine. Ces derniers jours, le parti-pris était tellement criant qu’il était urgent pour moi de pousser un coup de gueule. Certes, cela n’avance pas à grand chose, mais qu’est-ce que ça fait du bien sur l’instant !!

    Néanmoins, résumer ce média à "Radio-Shoah" me semble trop caricatural. Sans faire d’angélisme, il est toujours bon d’éviter de tels raccourcis qui feraient penser que tous les journalistes s’alignent sans sourciller sur une même ligne éditoriale.

    PS : Merci à K, Orangerouge et Pierre pour ces échanges sur les relations prix-volume-spéculation-pouvoir à propos du pétrole. On en apprend tous les jours grâce à vous.

  • permalien Zulfikar :
    8 mars 2008 @12h58   « »
    @ saintyves

    Bonjour Saint Homme,

    J’ai cherché à savoir si, l’ouvrage de Stephen Walt et John Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, avait fait l’objet d’un compte rendu quelconque ou d’une présentation sur une chaine télévisée française quelconque.Je n’ai rien trouvé.

    Mais, j’ai une idée : vous pourriez contacter le service de presse des éditions La découverte, l’éditeur français de l’ouvrage, qui pourrait, éventuellement, vous répondre.

    Voilà, j’espère que cela vous aidera.

    Z.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @13h07   « »

    Ce qui est extraordinaire dans les liens donnés par Pierre, c’est qu’ils montrent que les puissances sont prêtes à accélérer la fin des temps (par le biais de la pollution- voir le lien wikipedia et celui de novethic) pour assurer leur indépendance énergétique qui pourrait être menacée par leur propre attitude prédatrice. La dynamique qui prend le pas sur la raison..

  • permalien Zulfikar :
    8 mars 2008 @14h22   « »
    @ K

    "A conversation with Colin Powell" , ou la vision de l’establishment américain sur " la menace " potentielle

    http://www.theatlantic.com/doc/200704u/powell-interview

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @15h56   « »

    David Grondin :

    ...la politique étrangère américaine ne rompt pas avec sa philosophie mondialiste néolibérale défendue depuis au moins la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Sinon, cela ferait de la lutte anticommuniste la motivation principale, voire unique, de la stratégie globale américaine durant la guerre froide, comme si on pouvait faire table rase de l’engagement très solide et central de l’État américain dans la régulation et la reproduction du capitalisme mondial.

    ..une « logique duale transnationale et nationale inhérente à l’Empire contemporain américain cherche à promouvoir les intérêts américains dans le monde et à maintenir un ordre mondial favorable à la reproduction générique du capitalisme global ».

    Doug Stokes propose de considérer qu’une « logique duale transnationale et nationale inhérente à l’Empire contemporain américain cherche à promouvoir les intérêts américains dans le monde et à maintenir un ordre mondial favorable à la reproduction générique du capitalisme global ». Si dans les années 1990 et 2000, dans la lignée postmarxiste et postmoderniste d’Empire de Michael Hart et Antonio Negri et même dans les travaux néomarxistes de William Robinson notamment, une tendance a été de voir le capital uniquement dans une logique d’agence transnationale, la force de l’argumentation de Stokes est justement de reterritorialiser et recentrer le capital en n’omettant pas le rôle central joué par la classe dirigeante américaine dans la défense des intérêts nationaux capitalistes américains. Il indique comment l’hégémonie militaire globale américaine et la prépondérance américaine dans les marchés internationaux et dans l’internationalisation du capital ont fait et font en sorte de sécuriser le capital transnational et de faire bénéficier les bourgeoisies de plusieurs nations orientées sur le capital transnational même si cela bénéficie d’abord aux corporations et capitalistes américains.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @16h03   « »

    En ce sens, Doug Stokes a fort raison de souligner que l’intervention en Irak constitue le « moment le plus national de l’Empire américain », car il risque de miner sa légitimité (son apparence) acquise dans l’institutionnalisation d’une conduite d’orientation multilatérale.

  • permalien
    8 mars 2008 @17h44   « »

    Sarkozy et Kouchner étaient au courant de l’opération israélienne 6 mars 19:50, par Orangerouge Le Canard Enchaîné (il faut absolument lire le Canard, bon complément d’Internet) de cette semaine :

    Sarkozy et Kouchner étaient parfaitement au courant de l’opération israélienne avant son déclenchement : l’objectif d’Israël est de liquider le Hamas. L’idée est qu’il vaut mieux l’éliminer avant tout bombardement des sites nucléaires iraniens ou avant toute guerre avec la Syrie.

    et le hamas n’étant pas liquidé, je pense que cela prouve l’idiotie des affirmations du canard qui prend ses "scoops" dans les poubelles des cuisines du Ministère des A.E.

    Au Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant français avait ordre de n’émettre aucune protestation. Et le trio Sarkozy-Kouchner-Levitte (ambassadeur français aux Etats-Unis) seraient encore plus pro-israéliens que Bush.

    ah bon ? et vous avez un lien prouvant ces soi-disant ordres ?

    Lors de la réunion des directeurs des affaires politiques des ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne, le représentant français (Gérard Araud) a suggéré que les européens puissent prendre la relève de Bush (pour faire la guerre sur la planète).

    Seulement en Irak je présume ? ou alors expliquez nous ce que vous entendez par "planète", vous devriez utiliser un dico.

  • permalien
    8 mars 2008 @17h52   « »

    Gaza, la pire situation humanitaire depuis 1967 7 mars 20:29, par K. " Le Hamas n’est-il pas un mouvement terroriste ? "

    Mamoun Alabbasi, chroniqueur du Middle East Online essaye de répondre à la question :

    vos sources étant arabes ne sont pas fiables pour juger le conflit, ou alors je vais vous envoyer Aroutz 7 et vous présenterait ce média comme un Evangile.

  • permalien
    8 mars 2008 @18h08   « »

    « ah bon ? et vous avez un lien prouvant ces soi-disant... »

    « vos sources étant arabes ne sont pas fiables pour juger le conflit, »

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @18h36   « »

    Merci pour votre lien Zulficar.

    Il y a alors de quoi être effrayé quand on lit le rapport intitulé "Ready, Aim, Foreign Policy" rédigé par plusieurs organisations des droits humains américains et récemment publié.

    Jim Lobe en a rendu compte avant-hier sur IPS.

    Il y est question du fait que “la politique étrangère américaine devient de plus en plus dominée par le Pentagone au lieu du Département d’état, et le Congrès ne réagit pratiquement pas.”

    Cette domination se fait non seulement par la création de nouvelles aides et de programmes de formation contrôlés par le Pentagone — particulièrement ceux liés a la dite « guerre globale contre la terreur » — mais aussi par le pouvoir croissant des « commandants combattants », les officiers de premier plan qui surveillent les opérations militaires à travers l’ensemble les régions du globe selon le rapport.

    Trois éléments expliqueraient ce “changement dans la balance du pouvoir” :

    - des fonds en veux-tu-en-voila pour les “programmes d’aide” du Pentagone.

    - les propositions de la Secrétaire d’état Condoleezza Rice de restructurer l’aide étrangère d’une façon qui permette de transférer la gestion de l’aide militaire américaine au Department de la Défense [au lieu du Département d’état] réduisant par conséquent la surveillance du congrès

    - la non différenciation des taches civiles et militaires, comme par exemple en Irak, où le Pentagone s’est plaint [SIC] à plusieurs reprises que le Département d’état et d’autres agences civiles ont été incapables de faire preuve de compétence et d’expertise pour mener la reconstruction. Par conséquent, des milliards de dollars d’aide économique ont été dirigés vers the Army Corps of Engineers au lieu de l’Agence américaine pour le Développement International (USAID).

  • permalien saintyves :
    8 mars 2008 @22h25   « »

    Bonjour

    Merci Zulfikar

    J’ai suivi ton conseil Je viens d’adresser un mail aux editions "la decouverte"

    Une chose est cependant sure, l’ouvrage n’est pas exposé comme il faut dans les librairies, il est meme introuvable ...La main sioniste n’est surement pas etrangère à cette situation

    Liberté d’expression : du droit d’assimiler Gaza à Auschwitz

    Par Gilad Atzmon

    ... En dépit des faits, sous nos yeux, en dépit de la famine imposée à Gaza, en dépit de l’aveu, par un responsable gouvernemental israélien, de ses inclinations génocidaires vis-à-vis des Palestiniens, en dépit du carnage et des morts allant croissant, nous avons encore peur de reconnaître que Gaza est un camp de concentration et qu’il est à la veille de devenir un camp de concentration mortel. Pour quelque raison particulière, beaucoup, parmi nous, refusent encore de reconnaître que question malfaisance, Israël est champion du monde de l’absence de pitié et de la vengeance.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @22h31   « »

    La signification de la “Shoah” de Gaza d’après Jonathan Cook (extraits) :

    Premièrement, le développement par le Hamas de technologies plus sophistiquées et de roquettes de plus grande portée menace de majorer nettement la capacité de résistance du Hamas (..). La roquette qui a atterri la semaine dernière à Ashkelon, l’une des plus grandes villes du pays, pourrait être le signe annonciateur d’un changement de politique en Israël.

    Après les frappes sur Ashkelon, les médias israéliens étaient remplis de rapports de mécontents manifestant dans les rues de la ville et brûlant des pneus en signe de protestation contre l’incapacité du gouvernement à les protéger. C’est leur première réponse. Mais à Sderot, où des attaques ont lieu depuis des années, le maire, Eli Moyal, a récemment appelé à des pourparlers avec le Hamas. Un sondage publié dans le quotidien Haaretz a révélé que 64 pour cent des Israéliens sont maintenant d’accord avec lui. Ce chiffre pourrait augmenter encore si la menace des fusées grandit.

    La peur chez les dirigeants d’Israël est que l’"annexion rampante" des territoires occupés ne puisse être atteinte si l’opinion publique israélienne commence à demander que le Hamas soit amené à la table de négociation.

    Deuxièmement, la capacité du Hamas à amener les Gazaouis à briser le mur de Rafah et entrer en Égypte a démontré aux politiciens-généraux d’Israël comme Barak et Vilnai que le mouvement islamique a le potentiel, encore non réalisé, de lancer une protestation de masse pacifique contre le siège militaire de la bande de Gaza.

    Meron Benvenisti, ancien maire adjoint de Jérusalem, a noté que ce scénario " effraie plus l’armée qu’un violent conflit avec les Palestiniens armés ». Israël craint que la vue de femmes et d’enfants non armés en train d’être exécutés pour le crime d’essayer de se libérer de la prison qu’Israël leur a construit puisse donner un démenti à l’idée que le désengagement a mis fin à l’occupation. À suivre

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @22h37   « »

    La signification de la “Shoah” de Gaza d’après Jonathan Cook (extraits- 2/3) :

    Lorsque plusieurs milliers de Palestiniens ont organisé une manifestation il y a quinze jours, pendant laquelle ils ont créé une chaîne humaine le long d’une partie de la clôture entre Gaza et Israël, l’armée israélienne pouvait difficilement contenir sa panique. Des batteries d’artillerie lourde ont été amenées dans le périmètre et des tireurs d’élite ont reçu l’ordre de tirer sur les jambes des manifestants s’ils s’approchaient de la clôture.

    Comme Amira Hass, reporter vétéran du Haaretz dans les territoires occupés, l’a observé, Israël a jusqu’à présent réussi à terroriser la plupart des habitants de Gaza de telle manière a les paralyser. Dans leur majorité les Palestiniens ont refusé de prendre le parti "suicidaire" de remettre directement en cause leur emprisonnement par Israël, même pacifiquement : « Les Palestiniens n’ont pas besoin de mises en garde ou de rapports pour savoir que les soldats israéliens tirent sur les gens non armés aussi, et qu’ils tuent aussi des femmes et des Enfants ».

    Mais cela pourrait changer dans la mesure ou le siège apporte toujours plus de misère à Gaza.

    En conséquence, les priorités immédiates d’Israël sont : provoquer régulièrement et violemment le Hamas pour le détourner de la voie de l’organisation pacifique de protestations de masse ; d’affaiblir le leadership du Hamas en organisant régulièrement des assassinats, et de veiller à ce qu’un mécanisme efficace de défense contre les fusées soit développé (..) pour protéger le pays des attaques.

    Conformément à ces politiques, Israël a rompu la dernière période de "calme relatif" dans la bande de Gaza en lançant l’exécution de cinq membres du Hamas mercredi dernier. Comme on pouvait le prévoir, le Hamas a riposté en tirant en direction d’Israël une série de roquettes qui ont tué l’étudiant à Sderot, ce qui a justifié le bain de sang de Gaza.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @22h40   « »

    La signification de la “Shoah” de Gaza d’après Jonathan Cook (extraits- 3/3) :

    Mais une stratégie à plus long terme est également requise, et est en cours d’élaboration par Vilnaï et d’autres. Consciente du fait que la prison de Gaza est minuscule et ses ressources rares et du fait que la population palestinienne ne cesse de croître à un rythme rapide, Israël a besoin d’une solution plus durable. Elle doit trouver un moyen de mettre fin à la menace croissante posée par la résistance organisée du Hamas, et à l’explosion sociale qui arrivera tôt ou tard du fait de la surpopulation et des conditions inhumaines de la bande de Gaza.

    (..)

    Toutes ces mesures - de l’intensification de l’état de siège empêchant la fourniture d’électricité, de carburant et de médicaments a Gaza à la concentration de la population dans des espaces encore plus confinés, ainsi que de nouveaux moyens d’intensifier les violences infligées à la bande de Gaza – sont des excuses à peine voilées pour cibler et punir la population civile. Elles excluent nécessairement toute négociation et dialogue avec les dirigeants politiques de la bande de Gaza.

    Jusqu’à présent, il apparaissait que le plan d’Israël était de convaincre l’Egypte de prendre la relève quant à la gestion de Gaza, soit un retour à son statut d’avant la guerre de 1967. L’idée était que Le Caire serait encore plus impitoyable dans la répression des militants islamistes qu’Israël. Mais de plus en plus Vilnaï et Barak semblent sur une autre voie.

    Leur but ultime semble être lié à la "shoah" de Vilnai : le dépeuplement de Gaza, la bande étant coincée sur trois côtés jusqu’à ce que la pression force les Palestiniens à jaillir de nouveau en Égypte. Cette fois-ci, peut-on supposer, il n’y aura aucune chance de retour.

  • permalien K. :
    8 mars 2008 @23h11   « »

    Ron Ben-Yishai Yediot Aharonot traduit par le Courrier International.

    Le gouvernement a le choix entre deux solutions. La première consisterait à accepter la proposition égyptienne négociée avec le Hamas pour s’entendre sur un cessez-le-feu. Cette trêve permettrait aux localités [israéliennes] proches de Gaza de souffler un peu et de rabaisser le niveau d’alerte antiterroriste en Israël. Mais dans le même temps, le Hamas pourrait se targuer d’une belle victoire et n’en sortirait que grandi, ce qui signifie que la prochaine vague d’attaques ne toucherait pas seulement Ashkelon mais aussi les habitants d’Ashdod et d’autres localités. Le Hamas victorieux pourrait également gagner des partisans en Cisjordanie et finir de discréditer ce qui reste du gouvernement de Mahmoud Abbas.

    Une autre solution consisterait à rejeter les conditions du Hamas pour augmenter la pression militaire sur la bande de Gaza. Le Hamas pourrait ainsi être amené à revoir sa stratégie et à accepter les conditions d’Israël pour un cessez-le-feu. Mais avant cela, il faudra s’attendre à une multiplication des tirs de roquettes et une aggravation du risque d’attentat en Israël et dans les Territoires occupés.

    Si le gouvernement opte pour cette seconde option, nous devrons nous préparer à une longue période de combats sur tous les fronts ainsi qu’à un possible ralliement du Hezbollah libanais au Hamas. C’est toute la ligne de front qui doit être prête, notamment dans le Sud, y compris à une possible évacuation des femmes et des enfants. Il nous faut également œuvrer au plan diplomatique pour faire comprendre les motivations d’Israël.

  • permalien Pierre :
    8 mars 2008 @23h13   « »

    "Le veto du président Bush sera l’un des actes les plus honteux de sa présidence", avait prévenu à l’avance le sénateur démocrate Edward Kennedy. "Le recours à la torture n’est pas seulement illégal, c’est aussi une piètre technique qui donne des résultats peu fiables, risque de porter gravement atteinte aux efforts subséquents de collecte [d’informations] et peut inciter la source à dire ce qu’elle pense que l’interrogateur veut entendre", avait ajouté le sénateur du Massachusetts en lisant un extrait du "manuel pratique de l’armée". Le Monde.fr : George W. Bush met son veto à un projet de loi interdisant d’utiliser le "waterboarding" - Amériques

    Au moins, il ne pourra plus dire je ne pouvais pas savoir.

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @16h19   « »

    La Résolution 951 du Congrès américain adoptée le 5/3/08 a 404 contre 1 (Ron Paul), qui condamne le lancement de roquettes et “l’utilisation de boucliers humains” par le Hamas et souligne “la complicité active de la Syrie quant au terrorisme du Hamas”, affirme que :

    La question des victimes civiles [palestiniennes] non intentionnelles résultant des opérations défensives israéliennes contre des cibles militaires [du Hamas], quoique profondément regrettable, n’est pas du tout moralement équivalente au ciblage délibéré de populations civiles tel que pratiqué par le Hamas et d’autres groupes terroristes de Gaza…

  • permalien Yann :
    9 mars 2008 @16h48   « »

    Soldiers (not innocent students) killed at settler center, Khalid Amayreh, 08/03/2008, The Palestinian Information Center

    « (...) killing knowingly is killing deliberately and (...) when the number of victims is so vast, as is the case in Gaza, even intent itself becomes irrelevant.  »

    [« (...) tuer sciemment équivaut à tuer délibérément et (...) quand le nombre de victimes est si élevé, comme c’est le cas à Gaza, même intention, en soi, devient hors de propos. »]

  • permalien Yann :
    9 mars 2008 @16h49   « »

    Soldiers (not innocent students) killed at settler center, Khalid Amayreh, 08/03/2008, The Palestinian Information Center

    « (...) killing knowingly is killing deliberately and (...) when the number of victims is so vast, as is the case in Gaza, even intent itself becomes irrelevant.  »

    [« (...) tuer sciemment équivaut à tuer délibérément et (...) quand le nombre de victimes est si élevé, comme c’est le cas à Gaza, même l’intention, en soi, devient hors de propos. »]

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @17h06   « »

    Le “Système” et le “Complexe” (militaro-industriel bien sur).

    Le complexe, qui a toujours porté à bout de bras le système, pourrait maintenant se dresser (bien involontairement) contre le système.

    Il semble qu’il commence à y avoir quelques mouvements d’humeur contre les “abus” du système. Mouvements ayant d’autant plus de chance d’être pris au sérieux, qu’ils ne viennent pas du tout d’ennemis du système.

    Bien sur ce n’est pas du tout parce que « le système est parvenu à un stade caractérisé par la puissance monstrueuse de ses capacités destructrices. Destructions de l’être humain, de la nature, de sociétés humaines tout entières », mais tout simplement parce que, comme le dit un des plus grands serviteurs français du système, l’élite des affaires [prend] conscience que son intérêt de classe [est] de revenir sur ses excès.

    Il n’y a pas de doute, Orwell a encore pas mal de choses à nous apprendre.

  • permalien Sébastien :
    9 mars 2008 @17h15   « »

    Attention à ce que l’on dit : ce n’est pas étonant que la mouvance propalestinienne soit accusé d’antisémitisme quand on voit les termes employés, et les liens qui sont fait.

    Il y en a qui veullent assimiller sionisme et mazizme, politique israélienne et nazizme, et nous ne pouvons pas cacher que parfois ca cache de l’antisémitisme, (Israël Shamir et Dieudonné en sont l’exemple).

    Nous allons dire que c’est l’émotion qui l’emporte sur la raison.

    Ce qui c’est passé à Gaza est comparable à ce qui se passait en Indochine il y a 60 ans, ou actuellement en Irak aujourd’hui.

    Dans les camps d’extermination, qui sont la marque du nazizme, les tuées étaient quasiment tous des civils, du nouveau né au veillard. Il y avait des centaines, voir des milliers de morts par jours, et la quasi totalité des victimes n’avait pas d’arme.

    A Gaza il y a eut 120 à 130 morts, des civils certe, mais aussi une forte proportion de combatants armés.

    Je suis contre la politique israélienne à Gaza, il ne peut pas y avoir d’ambiguïté la dessu, mais elle est plus proche de celle de la France en Algérie et en Indochine que de celle des camps de la mort.

    Attention à ne pas tomber dans le piége.

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @17h15   « »

    À moins que la “mondialisation” ne se transforme en une dictature militaire globale ?

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @17h20   « »

    Aaaah boonn ? Yann a assimilé le sionisme au nazisme ?

  • permalien Sébastien :
    9 mars 2008 @17h34   « »

    Orangerouge, je ne sais pas si les journalistes qui traitent du Proche Orient sont plus juifs que musulmans, débat à deux balles et trés dangereux.

    Les médias ont une couverture du conflit qui rend les français plutôt pro palestinien, ne sur estimez pas donc le "lobby sioniste."

    En général les victimes occidentales, et pas seulement israéliennes, sont plus médiatisées que les victimes arabes,(palestiniennes et irakiennes).

    Les journalistes sont des occidentaux, et c’est avant tout comme cela qu’ils réagissent : lorsqu’un attentat à lieu ils s’identifient aux victimes, car ils se disent : demain c’est moi qui pourrait être touché.

    Si un bombardement tue des civils arbes, même si le journaliste occidental est choqué, tout comme moi je le suis devant les destructions des maisons palestiniennes ou par la politique israélienne, IL NE S’IMMAGINE PAS QU’IL POURRA UN JOUR ETRE TOUCHE.

    Autrement dit orangerouge les journalistes raisonnent comme des occidentaux : ils pensent qu’un jour des attentts pourront les toucher, mais ils ne s’immagiment pas bombardé et occupé par les USA ou par l’armée israélienne.

    Vous devriez contacter des organisations juives commes l’UJFP.

  • permalien Sébastien :
    9 mars 2008 @17h37   « »

    Je dis K que plûtot dire Gaza = Auchwitz, il est plus pertinant de dire Gaza = Algérie 1958.

  • permalien Pierre :
    9 mars 2008 @17h40   « »

    @Sébastien

    Ce que les français ont fait en Indochine et en Algérie ne doit pas être pris en exemple, pour Israël ni pour personne.

    Le jeudi 29 novembre 2007, l’intersection de l’avenue de la Motte-Piquet et de l’avenue de Suffren (7 et 15ème arrondissements de PARIS)a pris le nom deCarrefour du Général Jacques PÂRIS de BOLLARDIERE

    Vos exemples résonnent comme des condamnations insultantes et sans appel pour Israël !

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @18h18   « »

    Apparemment j’ai du rater un épisode, mais comme d’habitude il ne faut compter sur Sébastien pour éclaircir les choses, bien au contraire !

  • permalien Yann :
    9 mars 2008 @18h29   « »

    Distorting anti-Semitism, Khalid Amayreh

    Dix petites minutes de lecture pour clarifier son point de vue...

  • permalien Pierre :
    9 mars 2008 @18h36   « »

    @K,

    à l’heure où la France reconnait ses erreurs en honorant le général PÂRIS de BOLLARDIERE qui a lutté contre le nazisme et contre la torture en Algérie, au nom des mêmes principes, notre Sébastien ne trouve rien de mieux que de prendre les exactions, les lois d’exceptions et autres tortures institutionnalisées de le France comme référence pour "excuser" le comportement d’Israël. Comme si les crimes des uns pouvaient excuser les crimes des autres. Le comportement de la France était d’autant moins acceptable que celle-ci sortait d’une "épuration" menée par une population de résistants “exemplaires” qui avaient étés très empressés de dénoncer les crimes du nazisme.

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @19h04   « »

    @ Daniel (et les autres)

    Ce qui s’est vraiment passé à Gaza”. En français et meme avant l’article de Vanity Fair. L’article affirme que tous les gens du Fatah ne sont pas semblable.

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @19h54   « »

    Il serait dommage de s’en priver : In an exclusive interview with the ’Post,’ renowned Arabist Bernard Lewis likens what he calls the ’monstrous perversion of Islam’ to the evils of Nazism and Bolshevism -

    Ce qui permet d’aborder le livre de Mersheimer et Walt (édition française) sur le “Lobby pro-israélien”. À la page 22, les auteurs rappellent les exactions commises par l’Europe contre les Juifs et poursuivent : "les juifs ont aussi - bien que moins durement- été persécutés dans diverses parties du monde arabe18"

    Ref 18 ? Bernard Lewis...

  • permalien Ana :
    9 mars 2008 @20h32   « »

    « Orangerouge, je ne sais pas si les journalistes qui traitent du Proche Orient sont plus juifs que musulmans, débat à deux balles et très dangereux. » - Sébastien, 9 mars 17:34

    Je ne comprends ni pourquoi le débat serait à « deux balles », ni pourquoi il serait « très dangereux ». L’absence de débat est dangereux, la censure est dangereuse. Et le coup du « débat à deux balles et très dangereux » n’en est pas loin.

    « Les médias ont une couverture du conflit qui rend les français plutôt pro-palestiniens », décrète Sébastien, sans preuves. Sébastien n’imagine pas que l’Etat d’Israël et ses interminables dévastations, vols, bouclages, emprisonnements, tortures, tueries et autres assassinats puissent rendre les Français « plutôt pro-palestiniens ». Non, la seule responsabilité en revient aux médias.

    « Les journalistes sont des occidentaux, et c’est avant tout comme cela qu’ils réagissent : lorsqu’un attentat a lieu, ils s’identifient aux victimes, car ils se disent : demain c’est moi qui pourrait être touché. »

    Sébastien pousse l’entendement jusqu’à savoir, non seulement ce que les journalistes occidentaux disent, mais aussi ce qu’ils « se disent ».

    « Vous devriez contacter des organisations juives comme l’UJFP ».

    Pourquoi l’UJFP, Sébastien ? Pour prendre acte de ce qu’il est permis dire ou de ne pas dire, de demander ou ne pas demander, d’écrire ou ne pas écrire, Pierre Stambul nous faisant part de « son intime conviction » comme nouveau bréviaire et mesure indépassable en matière d’antisémitisme ou de négationnisme ?

    Quant à Dieudonné… « Liberté d’expression, dites-vous ? ». Eclairant.

  • permalien K. :
    9 mars 2008 @20h35   « »

    - En anglais, on appelle ça le “U-Turn” :

    . “M. Abbas a décidé dimanche [dernier] de suspendre les négociations de paix avec Israël pour protester contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza”

    . « A la suite de sa rencontre, mardi, avec Mme Rice, M. Abbas avait conditionné la reprise des conversations sur le processus de paix à une trêve.

    "J’insiste sur la nécessité de faire instaurer une trêve globale dans la bande de Gaza et en Cisjordanie pour que nous puissions atteindre notre but qui est de faire de 2008 l’année de la paix", avait-il insisté.

    Cette fermeté n’a pas résisté longtemps. Mercredi, Mahmoud Abbas acceptait de reprendre le dialogue sans exiger formellement la mise en place d’une trêve. »

    - According to Abed, the rockets that struck Askhelon were not the Soviet-designed Katyusha or Grad rockets spoken of in the Israeli media (there is, in fact, no such thing as a Grad missile) but were designed and built by himself and other militant artificers. "The new rockets are neither Grads nor Katyus has - they are home-made," he claims. "I myself am producing a 17km rocket and I’m working on one that will go 45km. The real trouble is the cost. The new 45km rockets will cost $7000 each (£3500) to build. They’ll need equipment and chemicals for the fuel that are hard to get. The ones that hit Ashkelon only cost about 2500 shekels (£350)."

  • permalien Pierre :
    10 mars 2008 @08h57   « »

    Dans Le Quotidien d’Oran, Akram Belkaïd, s’interroge :

    Pourquoi en est-on arrivés à la situation où les agissements israéliens paraissent fondés ? Est-ce l’une des conséquences des attentats du 11 septembre et du choc annoncé des civilisations ? Est-ce l’effet de la tentation réactionnaire que l’on sent bien traverser les démocraties occidentales qui sont bien plus effrayées qu’on ne le dit par la mondialisation et par l’émergence de nouvelles puissances ? Est-ce parce que la majorité des Palestiniens sont musulmans ? Est-ce aussi, car il faut bien se poser la question, la faute, non pas des Palestiniens, mais de leurs dirigeants, qu’ils soient du Hamas ou du Fatah, et de leur incroyable manque de discernement politique ? Toutes ces explications sont valables et sont déjà abordées à longueur de colonnes. Mais il y en a une qui reste assez peu évoquée et qui concerne le fait que la cause palestinienne n’a plus de héraut crédible et inattaquable sur le plan moral et éthique.

    [Bakchich] Qui, pour défendre les Palestiniens ?

    On peut essayer d’apporter quelques réponses :

    Concernant les "hérauts crédibles" faisant défaut aux palestiniens, il faut rappeler l’amour du gazon anglais, exprimé par les Israéliens qui se précipitent sur la tondeuse, dès qu’une herbe rebelle dépasse. La question concernant le "coté" musulman des palestiniens, Akram Belkaïd devrait s’interroger sur le pourquoi, Oran n’est pas systématiquement bombardé par les F-16 de Tsahal. Passons sur l’évocation du 11 septembre qui ne répond a aucune question sur ce qui s’est passé entre 1946 et 2001.

    Quant à la responsabilité des Palestiniens concernant leurs propres malheurs, elle est la seule explication recevable, puisque Akram Belkaïd ne sait toujours pas que l’Amérique a été découverte, ou s’il le sait, il lui est bien confortable de feindre d’ignorer, la brutalité d’un empire qui ne recul devant rien pour imposer sa barbarie.

    Il est possible aussi que ce « problème », somme toute énervant, « palestinien », soit dû au fait que le monde (musulman ou non) ne se précipite pas pour contrarier l’Empire, ou mieux invente d’hypothétiques prétextes pour occulter la responsabilité des États-Unis.

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