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Nicolas Sarkozy, l’Afghanistan et l’universalisme européen

samedi 5 avril 2008, par Alain Gresh

Le président Nicolas Sarkozy a donc annoncé l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, cet « Etat défaillant », sans même qu’un débat réel se soit engagé en France, sans doute parce que la grande majorité de la population est opposée à cette escalade.

Le blog de Jean-Dominique Merchet, « Secret défense », nous donne « Les vrais chiffres : la France enverra plus d’un millier d’hommes en Afghanistan ». Aux 700 hommes annoncés, on doit en effet ajouter :

- « En août, la France doit prendre, pour la deuxième fois, la responsabilité de la RCC (Regional Command Capital), c’est à dire la région de Kaboul. C’est un commandement tournant entre trois pays : France, Italie et Turquie. Pour assumer cette responsabilité, un état-major ainsi que des moyens de soutien et de protection seront envoyés à Kaboul, en plus du bataillon français présent dans la capitale. Soit 300 hommes supplémentaires. Cette mission durera environ un an. »

- « Dans le cadre de son effort de soutien à l’armée nationale afghane, la France avait prévu d’envoyer une cinquième équipe d’OMLT (Operationnal Mentoring Liaison Team) dans la province d’Oruzgan, un secteur confié aux Hollandais. L’effectif de cette OMLT sera d’environ 80 hommes, issus pour l’essentiel du 2ème Régiment étranger d’infanterie (REI). »

Cette décision s’inscrit dans une volonté affirmée depuis longtemps par le président de la République de réintégrer les structures militaires intégrées de l’Alliance que le général de Gaulle avait quittées en 1966. Pour Nicolas Sarkozy, il faut que la France s’inscrive clairement dans « le camp occidental ». Mais face à quel ennemi ? Dans un monde marqué par l’émergence de la Chine et de l’Inde, le retour de la Russie, l’affirmation du Brésil, ne faudrait-il pas réfléchir à ce qui nous lie aux Etats-Unis ? Dans un article publié dans Le Monde diplomatique de ce mois d’avril, Pierre Conesa s’interroge : « Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ? »

Pour justifier l’envoi de ce contingent supplémentaire, Nicolas Sarkozy a ressorti l’argument des femmes afghanes : « Quand on sait ce que les talibans ont fait aux Afghans, surtout aux femmes afghanes… »(Libération, 4 avril, « Otan et défense européenne : le pas de deux de Sarkozy »). Rappelons l’article publié dans Le Monde diplomatique de mars 2002, de Christine Delphy, « Une guerre pour les femmes ? »

Le site « Bakchich » revient sur ce thème le 3 avril, « Après les infirmières bulgares, Sarkozy va-t-il libérer les femmes afghanes ? » Pourquoi envoyer 1 000 nouveaux troufions français en renfort en Afghanistan ?

« Est-ce pour « éradiquer les Talibans », comme l’a virilement annoncé Hervé Morin la semaine passée ? Est-ce pour « lutter contre le terrorisme » comme le défendent depuis toujours Bush et Sarko ? Ou est-ce encore pour accomplir une généreuse mission de « développement », laquelle consisterait à bâtir des maisons et des routes, à installer un beau système démocratique qui libérerait les femmes afghanes de leur pesante burqa… »

« Si l’on s’en tient aux dernières déclarations de Sarkozy et Morin, ce serait pour accomplir d’un seul élan ces trois nobles missions ! Ce qui voudrait dire que nos petits gars des forces spéciales, avec le matériel de persuasion qu’ils emportent avec eux, vont en fait s’évertuer à nous bâtir un Afghanistan des Lumières. »

Toutes ces entreprises coloniales bâties au nom des Lumières ! Je suis revenu sur ce thème dans le numéro d’avril du Monde diplomatique, « De l’esclavage et de l’universalisme européen », une longue analyse de plusieurs livres parus sur le sujet. L’un d’eux a été écrit par Immanuel Wallerstein, un universitaire américain, intitulé L’universalisme européen. De la colonisation au droit d’ingérence (éditions Démopolis). Il fait un utile rappel historique :

« Le droit des puissances européennes à coloniser avait été théorisé dès 1550, par Juan Ginès de Sepúlveda. Opposé à Bartolomé de Las Casas dans la célèbre controverse dite de Valladolid – pouvait-on réduire les Indiens en esclavage ? –, il défendit le droit de l’Espagne à soumettre les populations des Amériques. »

Wallerstein rappelle « l’importance du raisonnement de Sepúlveda. Premier argument, les Amérindiens sont des « barbares, simples, illettrés, sans éducation, (…), remplis de vices et cruels, d’une espèce telle qu’il vaudrait mieux qu’ils soient gouvernés par autrui » ; le joug espagnol est nécessaire « à titre de rectification et punition des crimes contre la loi naturelle et divine… » ; c’est d’ailleurs cette loi divine qui oblige les Espagnols à « empêcher le mal et les grandes calamités » dont les Indiens ont accablé « un grand nombre d’innocents » ; enfin, dernière thèse, la domination espagnole va faciliter l’évangélisation chrétienne. On retrouve, écrit Wallerstein, « les quatre arguments de base qui ont toujours servi à justifier les “ingérences” des “civilisés” du monde moderne dans les zones “non civilisées” : la barbarie des autres, le devoir de mettre fin à des pratiques qui violent des valeurs universelles, la défense des innocents face à la cruauté des autres, la nécessité de faciliter la diffusion des idées universelles ». »

Ce raisonnement est, bien évidemment, celui de M. Sarkozy en Afghanistan. Et, au nom de la civilisation, l’OTAN multiplie les bombardements et... les victimes civiles.

Des membres du Congrès s’enrichissent grâce à la guerre Retour à la table des matières

Dans un article intitulé « Members of Congress Profit Iraq War Contractor Stocks », publié le 3 avril sur le site « Voters for Peace », Lindsay Renick Mayer écrit :

« Le général David Petraeus, le plus haut gradé américain en Irak doit venir au Capitole la semaine prochaine pour briefer le Congrès. Il s’adressera à des élus qui ont plus qu’un intérêt politique dans cette guerre de cinq ans. Selon les calculs du Center pour des politiques réactives (responsive) (centre non partisan), les élus qui entendront un rapport du général et de l’ambassadeur américain en Irak, ont gagné 196 millions de dollars grâce à leurs investissements dans des compagnies qui font des affaires avec le département de la défense. Des industries d’aviation et d’armes aux producteurs de matériel médical et de boissons non alcoolisées, les investissements en action de plus du quart du Congrès incluent des compagnies qui ont reçu des milliards de dollars mensuellement pour appuyer l’intervention militaire en Irak et ailleurs. »

Voici quelques fourchettes de gains pour certains d’entre eux :

Sen. John Kerry (D-Mass) entre $28,872,067 $38,209,020
Rep. Rodney Frelinghuysen (R-NJ) $12,081,050 $49,140,000
Rep. Robin Hayes (R-NC) $9,232,037 $37,105,000
Rep. James Sensenbrenner Jr. (R-Wis) $5,207,668 $7,612,653
Rep. Jane Harman (D-Calif) $2,684,050 $6,260,000
Rep. Fred Upton (R-Mich) $2,469,029 $8,360,000
Sen. Jay Rockefeller (D-WVa) $2,000,002 $2,000,002
Rep. Tom Petri (R-Wis) $1,365,004 $5,800,000
Rep. Kenny Ewell Marchant (R-Texas) $1,163,231 $1,163,231
Rep. John Carter (R-Texas) $1,000,001 $5,000,000

Ce que dit le Hamas Retour à la table des matières

Lors d’un long entretien avec le quotidien palestinien Al-Ayyam publié à Ramallah le 3 avril, Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas a expliqué que son mouvement était favorable à une trêve avec Israël, à la condition que celle-ci soit globale et non limitée à la seule région de Gaza.

Par ailleurs, il a déclaré qu’il approuvait la position arabe concernant la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. « La plupart des factions palestiniennes ont accepté le document signé en 2006 entre le Fatah et le Hamas affirmant qu’un Etat palestinien devait être établi dans les frontières de 1967, y compris Jérusalem ; cet Etat devrait disposer d’une souveraineté totale et le droit au retour devrait être reconnu. C’est la position palestinienne. C’est aussi la position arabe officielle avec des différences de détail. Israël doit donner son accord à une telle solution. »

Mais, lui demande-t-on, les Européens et les Américains disent que le Hamas veut la destruction de l’Etat d’Israël. Que répondez-vous ?

« Nous sommes un mouvement qui se tient au programme politique sur lequel nous nous sommes mis d’accord avec les autres factions palestiniennes, un programme qui est appuyé par le monde arabe. Donc les Américains et les Européens et les autres parties internationales devraient accepter cette réalité politique et nous juger en fonction de celle-ci. On ne juge pas les gens par ce que vous croyez qu’ils ont dans la tête, mais par ce sur quoi ils se sont engagés par écrit. Le défi principal auxquels les Américains et d’autres membres de la communauté internationale sont confrontés est de savoir comment forcer Israël à accepter ce que nous avons offert. C’est cela la solution. Après cela, que l’un veuille ou non reconnaître Israël c’est son affaire. »

Notons que Politis de cette semaine (N° 996, 3 avril) publie un entretien avec Ahmed Youssef, principal conseiller d’Ismaïl Haniyeh, « La division interpalestinienne ne sert qu’Israël », ainsi qu’un reportage d’Eugénie Rébillard sur Gaza, « Nous n’avons devant nous que des solutions extrêmes ».

314 commentaires sur « Nicolas Sarkozy, l’Afghanistan et l’universalisme européen »

  • permalien Rémi :
    5 avril @18h48   »

    Tout le monde doit s’inquiéter de cette brutalité politique qui engage la France dans un système de reconquête coloniale. Quel scandale d’annoncer d’un côté 11000 suppressions de postes dans l’éducation ( nationale) et de l’autre envoyer un corps expéditionnaire de plus de 1000 hommes à 10 000 kilomètres de nos frontières ! Une véritable insulte a notre jeunesse. par dessus le marché on nous bouure le crâne sur la réduction nécessaire des dépenses pour se mettre aux "normes". Ce que suggère Howard Zinn dans un article publié par Michel Collon, est tout aussi valable au USA qu’en France : Zinn :http://www.michelcollon.info/articl...

    Rémi

  • permalien Pierre :
    5 avril @19h14   « »

    La mission civilisatrice de la France :

    Ainsi le 03 Avril pouvait-on entendre sur les ondes officielles de France-INFO un militaire français en Afghanistan chargé de formation de l’armée afghane – la formation est la mission la plus présentable – expliquer que la difficulté pour apprendre aux soldats afghans à tirer au mortier (sur d’autres afghans) était que ses recrues étaient à 80 % analphabètes.
    La France en guerre
  • permalien Lou :
    5 avril @20h03   « »
    Afghanistan : Le Légendaire Chef des Mujahideen, Jalaluddin Haqqani, De Retour sur le Front pour Lancer l’Offensive de Printemps Contre les Forces de l’OTAN

    (...) Haqqani a bruyamment rejeté toute idée – comme s’en sont vantés les hauts officiers de l’OTAN- que les Talibans étaient affaiblis et pourraient renoncer à leur offensive de printemps. « L’ensemble des 37 alliés de l’OTAN seront humiliés et chassés de l’Afghanistan – le jihad est obligatoire, et continuera jusqu’à la fin des temps, nous n’avons pas de ressources, mais nous avons le soutien de Dieu. »

    Haqqani a dit que les Talibans et leurs alliés en Afghanistan ont mis au point de nouveaux plans pour combattre l’OTAN, et il n’y avait pas place dans ses plans pour la réconciliation. « Nous nous orientons vers la guerre » a déclaré Haqqari.

    « (Président Georges W. ) Bush et ses alliés ont décidé de nous tuer ou de nous arrêter – Ils nous considèrent comme étant faibles et se pensent comme tout puissants. Ils pensent qu’il n’y a pas de place pour survivre pour nous dans le monde – ils pensent que notre destin c’est de mourir ou d’être capturés… Ils pensent que se sont des nations riches, qu’ils ont derrière eux leur argent et la moitié du monde.

    « Ils pensent qu’ils peuvent réduire en esclavage les pauvres afghans – nous bombarder avec leurs avions et leurs hélicoptères armés de mitrailleuses – Ils pensent qu’ils ont tout et que nous sommes sans voix – les médias sont de leur côté, et ils minimisent notre résistance. Nous en tuont 80 et ils rapportent que nous en avons tués 2 ou 1. Je promet à la nation Afghane que nous serons bientôt victorieux » a dit Haqqani. (...)

    Syed Saleem Shahzad Karachi 04/04/08 Copyright www.atimes.com

  • permalien Pierre :
    5 avril @21h39   « »

    Le Mollah Omar découvre Sarkozy...

    les talibans accusent Sarkozy de fausse promesse

    "Les membres de l’Otan ne sont pas seulement en train de faire de fausses promesses aux Afghans, mais ils le font aussi à leur pays respectifs", a affirmé le Conseil du commandement des talibans, dirigé par le mollah Mohammed Omar, dans un message lu au téléphone à l’AFP par un porte-parole, Zabihullah Mujahed.

    "Un bon exemple est l’actuel président Sarkozy. Durant sa campagne électorale (en vue de la présidentielle de mai 2007), il a promis de se concentrer sur le retrait des troupes françaises d’Afghanistan", ajoute la déclaration.

    Les talibans ont libéré deux Français qu’ils détenaient en otage, poursuit le message, eu égard à cette promesse. "Maintenant il semble qu’il ait oublié sa promesse", affirment-ils.

    ... les FARCS ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.
  • permalien Lou :
    5 avril @22h44   « »
    Nicolas Sarkozy et les Etats-Unis : même déshonneur

    Notre petit président de la République Française reçoit une leçon d’éthique des Talibans dont il n’a sans doute rien à faire comme le département d’État des États-Unis qui a décidé "en renouvelant pour un an le contrat de la société de mercenaires Blackwaterde [de]passer outre les critiques du gouvernement irakien mais également des parlementaires américains."

    RFI

  • permalien K. :
    5 avril @23h26   « »

    Tout le monde connait le complexe militaro-industriel-“congressionnel”. Il y a aussi le complexe militaro-universitaire. Et il ne s’agit pas que des équivalents de St Cyr, selon un article de 2004 de Nicholas Turse, traduit en français par Jean, sur le site Oulala.

    « Tandis que le complexe militaro-universitaire formel des académies et des établissements du DoD (Department of Defense) est un appareil éducatif massif, sa taille, sa portée et sont coût sont bien pâles en regard de celui des structures universitaires civiles de plus en plus militarisées. »

    Il semblerait donc qu’il faille soigneusement rechercher la source des recherches académiques sur les questions stratégiques. Voir entre autres, « ...Incapable d’envisager une vie sans le financement fédéral, Harvard se plia, initiant ainsi une nouvelle ère d’autonomie réduite pour les universités et de commandes militaires croissantes. »

  • permalien K. :
    5 avril @23h52   « »
  • permalien K. :
    6 avril @00h23   « »

    - Emmanuel Todd : L’occidentalisme est une doctrine d’extrême droite en émergence.

    - Selon un sondage BVA pour le quotidien Sud-Ouest publié lundi, 68% des Français désapprouvent l’envoi de renforts français, contre 15% qui l’approuvent et 17% qui ne se prononcent pas.

    - Philippe Marlière dans Counterpunch :

    As one of his critics in the French media cruelly put it : Sarkozy is not small, but low.

  • permalien K. :
    6 avril @01h53   « »

    Les raids aériena de l’armée américaine, ne tuent que des “insurgés”, comme le prouve cette photo de l’AFP.

    The US military said one "criminal was killed in the strike" and there were "no civilian casualties."

  • permalien Pierre :
    6 avril @08h03   « »

    Les droits de l’homme sont chahutés dans leur patrie :

    Rama Yade dément avoir posé des "conditions" à la participation de Nicolas Sarkozy à l’ouverture des JO de Pékin, la secrétaire d’état desdits droits, du coup n’a pas eu le temps de s’exprimer sur la participation de 700 citoyens, à la leçon de civilisation que le chef (ira, ira pas) des droits de l’homme a décidé de donner aux barbares Afghans.

    A l’occasion de la fin de la participation, en terre sarrasine, de Terry John, à la mission civilisatrice à laquelle Rama Yade, n’a pas pris le temps de donner sa bénédiction, le goupillon en la personne de l’aumonier Darren Persauld, s’est allié au sabre et « a conseillé aux troupes de ne pas désespérer après la perte de l’un des leurs. Il leur a plutôt suggéré de poursuivre la mission entreprise par le jeune soldat. ».

    Ainsi soit-il.

  • permalien K. :
    6 avril @10h04   « »

    Un débat sur les victimes civiles des guerres s’est tenu vendredi dernier à la George Washington University. 3 intervenants : Paul Huth, professeur à l’université de Maryland, Colin Kahl, professeur à Georgetown University et spécialiste des opérations américaines en Irak, et Marc Lynch du blog Abu Aardvark. Un blog en rend compte en français :

    Pourquoi tuer délibérément des civils ? Deux raisons : mettre fin à la guerre lorsque les moyens militaires ont échoué, et réduire le coût de la guerre. Finalement, dit Huth de manière assez pessimiste, « il semble que les normes internationales n’aient aucun pouvoir restrictif sur les tueries de la population civile ».

    Colin Kahl explique que les Etats-Unis ne sont pas responsables pour toutes ces morts. Il estime entre 10.000 et 20.000 le nombre de civils tués par les Américains lors d’opérations, ou d’échanges de tirs. « Ce nombre peut paraître élevé, dit Kahl, mais en comparaison avec d’autres conflits similaires, cela reste 100 fois inférieur aux Russes en Tchétchénie et 10 fois inférieur au Vietnam ». Colin Kahl conclut en disant que cela reflète un apprentissage des Américains au niveau tactique et stratégique de l’importance de la protection de la population civile.

    Le New York Sun, journal bushiste, s’est procuré une copie (non destinée à etre diffusée) du compte rendu écrit du débat : Il y apparait notamment que Colin Kahl conseille d’arriver à 60,000-80,000 troupes US en Irak en 2010. Or Colin Kahl est un conseiller d’Obama. Au-dela de la colère des iraniens (voir, Is Obama lying about Iraq too ?), l’histoire risque d’avoir un gros intéret, ce qui est expliqué par Abu Muqawama :

    The real danger here is that Hillary Clinton, who has thus far demonstrated a willingness to say and do anything to win the election, will pounce on this story and start a war of words — some stupid rhetorical contest to see who can pledge to end America’s involvement in Iraq quickest.

    The winner of that contest will be John McCain. And this is the reason why the Democrats wish their primary season were over right now — thanks, Hillary ! — because this is a time when campaigns should be taking sensible moves toward the political center. Instead, they still have to pay lip service to the crazy MoveOn base.

  • permalien Pierre :
    6 avril @15h20   « »

    Chronique d’une gamelle annoncée :

    Douze ans après le départ des soviétique d’Afghanistan, Bernard Dorin, Ambassadeur de France s’interrogeait : « Existe-t-il des Afghans ? ».

    Au cours des première et deuxième et deuxième vagues de guerre après le 11/9, la population sur le sol afghan s’es enrichi des populations des forces de la coalition à savoir :

    1. Allemagne
    2. Australie
    3. Bahreïn
    4. Belgique
    5. Canada
    6. Croatie
    7. Danemark
    8. Espagne
    9. États-Unis
    10. France
    11. Italie
    12. Japon
    13. Jordanie
    14. Lituanie
    15. Norvège
    16. Nouvelle-Zélande
    17. Pakistan
    18. Pays-Bas
    19. Pologne
    20. Portugal
    21. République tchèque
    22. Roumanie
    23. Royaume-Uni
    24. Suède
    25. Ouzbékistan
    auxquels nous devons ajouter :
    - l’Albanie, de la Croatie et de la Macédoine
    - La Nouvelle-Zélande envoie des renforts en Afghanistan
    - La Géorgie offre à l’Otan d’envoyer des renforts en Afghanistan
    - et pourquoi pas :
    Les membres de l’Alliance atlantique ont par ailleurs salué la disposition de Moscou à soutenir la coalition internationale en Afghanistan en matière de transit de cargaisons non militaires.

    700 Français.

    ... et quelques dictionnaires multi-langues.

  • permalien K. :
    6 avril @15h22   « »

    Qu’ils mangent des bombes,” de Terry Jones :

    De nos jours, il se pourrait qu’il y ait près de 3.6 millions d’enfants vivant au-dessous du seuil de pauvreté au Royaume-Uni et 12.9 millions aux USA, sans qu’existe le moindre espoir que ces deux gouvernements ne trouvent quelque argent que ce soit pour que change cette situation. Mais c’est certainement le prix à payer si cela signifie que George Bush et Tony Blair peuvent mettre à disposition n’importe quelle somme d’argent pour l’achat de bombes, obus et balles pour améliorer les vies des enfants irakiens. Vous savez, ça se tient.

  • permalien Pierre :
    6 avril @19h01   « »

    "Selon Europol, en 2006, il y a eu en Europe cinq cents actes de terrorisme, dont... un seul était imputable à des islamistes - et celui-là à échoué." - Les régimes arabes modernisent ... l’autoritarisme, par Hicham Ben Abdallah El Alaoui - Diplo d’avril 2008

    Voilà qui explique le renforcement de l’intervention sarkozienne en Afghanistan : cet acte terroriste aurait pu réussir !

  • permalien K. :
    6 avril @19h53   « »

    Frappes aériennes

    - « Sémantique et rhétorique de la guerre impériale dans les médias français. L’exemple de la guerre d’Afghanistan en 2001 » (I/II)

    - « Sémantique et rhétorique de la guerre impériale dans les médias français. L’exemple de la guerre d’Afghanistan en 2001 » (II/II)

    - Tom Engelhardt : De Guernica à Arab Jabour : la banalisation de la guerre aérienne (I/II) :

    - Tom Engelhardt : De Guernica à Arab Jabour : la banalisation de la guerre aérienne (II/II) :

    - Human Rights Watch, en 2003 :

    « Des centaines de morts civils survenus au cours de l’invasion de l’Iraq menée par les Etats Unis auraient pu être évités en abandonnant deux tactiques militaires malavisées, l’usage des munitions à fragmentation et les attaques de " décapitation " [assassinats ciblés par avion] »

  • permalien
    7 avril @00h07   « »
    Le dalaï lama, le Tibet et la non-violence

    « Finally, I want to reiterate and appeal once again to Tibetans to practice non-violence and not waver from this path, however serious the situation might be. »

    (Le Dalai Lama, 6 avril 2008)

    [Finalement, je tiens à renouveler l’appel aux Tibétains, une fois encore, à pratiquer la non-violence et à ne dévier de cette voie sous aucun prétexte.]

  • permalien Pierre :
    7 avril @10h05   « »

    Où l’engagement de "l’universalisme européen" passe par Otawa :

    Quoi qu’il puisse dire aujourd’hui, le premier ministre du Canada a bel et bien plaidé auprès du président Nicolas Sarkozy l’envoi de ses Forces spéciales dans le sud de l’Afghanistan. Pour obtenir le prolongement de la mission canadienne dans la région de Kandahar, Stephen Harper avait promis d’obtenir le renfort d’un millier de soldats d’un des membres de l’OTAN. La France enverra effectivement un bataillon là-bas, mais dans l’est du pays, près de la frontière du Pakistan.

    Coupons le cordon avec la France par Michel Vastel

  • permalien Ahmad :
    7 avril @11h07   « »

    Salam

    Un rappel trouvé sur le net :

    Le calife Omar Ibn El khattab a dit : « N’empêchez point les gens d’accéder à leurs droits, vous les pousseriez à l’hérésie. »

    Il a également fait savoir : « Celui qui subit une injustice de la part de l’un de mes gouverneurs n’a pas besoin d’autorisation pour venir me voir afin qu’il puisse m’en informer et que je lui rende justice. »

    Il a encore affirmé, précédant en cela de plusieurs siècles les associations de défense des animaux : « Si une brebis venait à mourir sur les rives de l’Euphrate, j’aurais peur que Dieu me questionne à son sujet. »

    L’imam Ali a dit quant à lui : « Sois juste et renonce à l’oppression et à la tyrannie, car l’oppression engendre l’expatriation et la tyrannie incite à la révolte par l’épée. » Il a dit aussi : « Les cœurs des gouvernés sont les réceptacles de leurs gouvernants. Selon que ceux-ci les emplissent de justice ou d’iniquité, ils y trouveront ce qu’ils y auront mis. »

    Le calife Omar Ibn Abdelaziz a observé pour sa part : « Celui qui fuit un émir tyran ne désobéit point ; c’est plutôt cet émir tyran qui est désobéissant. »

    Le muphti algérien Ibn El Annabi a affirmé : « La dureté du cœur à l’encontre des faibles, l’injustice dans l’application des lois, le fait d’empêcher les gens de jouir de leurs droits sont parmi les causes de la ruine des pouvoirs et de la disparition de l’État. »

    Salam

  • permalien Pierre :
    7 avril @12h57   « »
  • permalien K. :
    7 avril @14h05   « »

    Le retour des révoltes de la faim

    Dans l’ensemble de l’Afrique :

    L’indice de la FAO est formel : en un an, le prix des produits alimentaires de base ont augmenté de 35%. Une moyenne qui masque des flambées bien plus importantes pour certaines denrées courantes. Résultat ? Des dizaines de pays connaissent des heurts violents, des émeutes et autres saccages ou bousculades pour accéder à un morceau de pain, de l’huile ou du riz. En Afrique, la Guinée, la Mauritanie, et le Sénégal, principalement, on assiste désormais à des émeutes de la faim. Au Maroc, le ministère de l’Intérieur a dû intervenir à la suite de manifestations violentes, tout aussi violemment réprimées, en baissant d’autorité le prix du pain.

    En Haïti :

    Des centaines de personnes manifestant violemment contre la cherté ce la vie se livraient à des scènes de pillage dans la ville des Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince) où toutes les activités étaient paralysées et des blessés enregistrés tandis qu’aux Gonaïves (171 km au nord de la capitale) un autre mouvement de protestations a contraint les écoles à fermer leurs portes, ont constaté les correspondants de Radio Kiskeya.

    Partout en fait.

    "Depuis l’Antiquité, la plupart des révolutions commencent par une révolte contre la hausse du prix du pain ou d’une autre céréale de base. Aujourd’hui, la même menace se profile...", rappelle Jacques Attali dans le Blog de l’ Express.

  • permalien Pierre :
  • permalien K. :
    7 avril @20h50   « »

    - Pascal Boniface : Un engrenage potentiellement dangereux en Afghanistan.

    - Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a estimé aujourd’hui que Nicolas Sarkozy adoptait "une attitude gaullienne" dans son positionnement vis-à-vis de l’Otan.

    - Le principal thème du témoignage de Petraeus devant le congrès demain sera celui de la guerre iranienne par procuration (via des groupes sadristes “dissidents”) contre les Etats-Unis en Irak selon Gareth Porter. À la lecture de l’article on comprend que pour savoir d’avance ce que Petraeus peut dire, il suffit de lire la presse et les “auteurs” néocons (et seulement eux).

    - L’USIP, un centre américain pour la paix qui a les pieds sur terre, prédit un échec certain pour les Américains s’ils poursuivent leur politique actuelle.

    Des phrases ont été honteusement exploitées et sorties de leur contexte par certains organes de presse et journalistes pour présenter le rapport comme un encouragement à la prolongation de la présence américaine : Lasting political development could take five to ten years of full, unconditional U.S. commitment to Iraq. ; et plus loin (il s’agit d’une analyse d’une des manières de quitter l’Irak), This policy risks a complete failure of the Iraqi state, massive chaos and even genocide.

    C’est le cas par exemple de Chris Baltimore de Reuters, et de l’Express (qui ne fait en fait que traduire, dans le désordre, l’article de Chris Baltimore, sans le signaler apparemment)

  • permalien Yann :
    7 avril @22h25   « »
    Nicolas Sarkozy, l’Afghanistan et la dictature universelle

    ’Ruthlessness gene’ discovered

    Dictatorial behaviour may be partly genetic, study suggests.

    (Nature, 04/04/08)

    « Researchers at the Hebrew University in Jerusalem found a link between a gene called AVPR1a and ruthless behaviour. (...)

    (...) It may mean that for some, the old adage that "it is better to give than to receive" simply isn’t true, says team leader Richard Ebstein. The reward centres in those brains may derive less pleasure from altruistic acts, he suggests, perhaps causing them to behave more selfishly. »

    Un petit coup d’eugénisme et hop !... Tout le monde il sera beau, tout le monde il sera gentil, non ?!

  • permalien Lou :
    7 avril @22h27   « »

    Une émission télé , aussi sur l’Afghanistan

    Ce que j’aime dans l’écoute sur Internet, c’est de couper le sifflet aux intervenants en les faisant défiler à toute vitesse.

    Dans cette émission le ministre de la défense de la République française reproche à Emmanuel Todd des propos qu’il qualifie à la limite de l’insulte ; [le fait de déclarer qu’il est irresponsable de la part du gouvernement français d’envoyer de jeunes soldats à la mort]

    Et Emmanuel Todd lui répond : "Non, ce n’est pas à la limite, c’est une insulte"

    Alors le ministre de la défense de la République française le remercie pour cette insulte .

    Engagez-vous, engagez-vous qu’ils disaient ....

  • permalien K. :
    7 avril @22h44   « »

    Rubrique insolite.

    Les musulmans de Hollande, “effrayés”, ne se sont pas fait entendre lors de la parution en ligne du film anti-Islam de Geert Wilders. C’est... l’organisme de la communauté juive, le CJO (dont fait partie le groupe pro-sioniste CIDI, partie prenante dans la critique du film), qui a pris le relais, selon une enquete du Haaretz :

    Last Friday, hours after the film’s online release, CJO, the Jewish community central board of which CIDI is a member, condemned the footage as generalizing and counterproductive to the fight against extremism. The board described parts of the film as unacceptable, adding it had crossed the line of legitimate criticism

    Le directeur du CIDI, le Dr Ronny Naftaniel, a meme déclaré :

    "If I were a Muslim, I would speak out and I would blame Wilders for this film. I wouldn’t stop shouting about it. I don’t understand their silence, I really don’t. I think they are scared."

    L’héritage de Spinoza peut-etre..

  • permalien K. :
    7 avril @23h09   « »

    Les invités de Shmuel Rosner” se suivent et se ressemblent. Aujourd’hui une américaine juive du JINSA : Il faut que les Etats-Unis annoncent aux Palestiniens qu’ils devront renoncer à formuler des souhaits, accepter ce qu’on leur offre, et ce seulement après qu’ils aient complètement désarmés afin d’assurer la sécurité d’Israel.

    The US should tell the Palestinians that the consequence is the US will no longer support political Palestinian independence (no Road Map, no Quartet), but rather will seriously support two unrelated objectives : Israeli security and Palestinian efforts to formulate a civil society that might, in the future, result in the emergence of leadership and institutions that could sustain a Palestinian state.

  • permalien K. :
    8 avril @00h09   « »

    Questions des lecteurs/Réponses de Joseph Stiglitz et Linda Bilmes sur McClatchy :

    L’une des questions :

    « Nous savons que les dépenses militaires de la fin des années 1930 et des années 1940 ont contribué à protéger la nation de la grande dépression. Pourquoi les énormes dépenses actuelles sur l’Iraq n’ont pas eu un effet équivalent sur notre économie ? »

    R : « Contrairement à la Seconde Guerre mondiale, celle d’Iraq a eu un effet net négatif sur l’économie. Ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’argent que nous dépensons tous les mois, va en grande partie vers des coûts opérationnels (carburant, lessive, cuisine, transports, réparations) dont une grande partie est assurée par des sous-traitants basés aux Philippines, au Népal et d’autres pays. Donc, en fait, les montants affectés n’ont pas de retour positif pour l’économie américaine. Deuxièmement, parce que tout l’argent pour mener la guerre a été emprunté, en grande partie de l’étranger, nous avons ajouté au déficit et à la dette nationaux, ce qui signifie que nous devons payer plus d’intérêts et ajoutons un fardeau de l’économie. Troisièmement, la guerre a contribué à l’augmentation des prix du pétrole, ce qui, bien entendu, retire de l’argent des mains des consommateurs, diminue les marges des affaires (lower business margins), et les transfèrent vers les producteurs de pétrole. »

    Lire aussi l’article de dedefensa sur le sujet.

  • permalien habsb :
    8 avril @09h57   « »

    M. Gresh "Dans un monde marqué par l’émergence de la Chine et de l’Inde, le retour de la Russie, l’affirmation du Brésil, ne faudrait-il pas réfléchir à ce qui nous lie aux Etats-Unis ?"

    Il ne faut pas tout melanger. Les deux premieres puissances economiques, et les plus actives sur l’echiquier geostrategique, sont certainement USA e RPC, a des annees lumieres aussi pour culture, droits de l’homme, niveau de vie moyen. C’est entr’elles que la partie se joue. Les Etats europeen, toujours eparpilles a cause du refus par certains d’une integration politique, qui demanderait en premier lieu l’adoption d’une langue commune majoritaire, doivent choisir quel camp integrer, et pour moi il n’y a pas de doute. Ce camp est aussi celui d’autres grandes puissances democratiques moyennes comme le Japon, le Bresil, l’Inde. La Russie de Putin aime adopter une attitude opportuniste, et sa mission sera celle de choisir son camp, ainsi que de montrer a l’Occident democratique que elle en partage les valeurs de respect des droits de l’homme, de la pleine liberte d’information, de commerce et d’entreprise. Ce qui constitue la reponse a la question de M.Gresh, ce qui nous lie aux USA

  • permalien Pierre :
    8 avril @10h16   « »

    Le renforcement de la France en Afghanistan est à la convergence de 3 processus directement issus de la deuxième guerre mondiale.

    - la création de l’OTAN pour lutter contre l’invasion soviétique dont il est aisé de penser qu’elle a ses racines dans la victoire soviétique de Stalingrad.

    - la création de l’ONU et de ses satellites bâtie sur les ruines de la SDN, respectant les principes démocratiques et humanistes, conformément à une idéologie universaliste, issu entre autres, de mouvements tel le mouvement olympique, avec en plus des moyens d’intervention militaire.

    - l’échec de la CED, qui a entrainé un gel de l’établissement d’un marché commun européen, pénalisant ainsi les entreprises commerciales européennes, et retardant la création d’un marché intérieur fort.

    Aujourd’hui, l’effondrement du bloc soviétique, ainsi que l’adoption de la politique néo-libérale américaine (renforcement du protectionnisme américain, dérèglementation dans le reste du monde comme standard mondial, s’est accompagné par une baisse de l’engagement des états (hors USA) dans la gestion des nations.

    Cette baisse de l’engagement s’est traduite par un transfert des prélèvements fiscaux vers les rémunérations des actionnaires privés, empêchant ainsi les états européens de maintenir efficacement des armées à 3 niveaux de compétence : national, européen, OTAN (l’ONU étant alimentée par l’armée nationale).

    Bien que le bloc soviétique n’existe plus, les États-Unis ont décidé de maintenir l’OTAN, afin d’étendre ses principes néo-libéraux, qui avaient très bien fonctionné en matière économique, au domaine militaire, tout en dénigrant systématiquement les institutions démocratique et universalistes (ONU UNESCO, JO etc.), incompatibles avec la doctrine néo-libérale.

    Le renforcement de l’engagement de la France dans un conflit sans objectifs exprimés, ne peut s’expliquer que par une volonté de ses dirigeants d’augmenter leur influence dans structure intégrée de l’OTAN, et l’abandon de l’idée de la création d’une défense européenne opérationnelle.

    Si les règles néo-libérales continuent à se développer, il faut s’attendre, rapidement a voir une privation, non seulement, des logistiques (ce qui est déjà le cas) mais des initiatives militaires, afin, que les prélèvements fiscaux des nations soient dirigés vers des intérêts privés. Il va de soit qu’ avec la légalisation des guerres asymétriques, la justification d’une guerre devient futile.

  • permalien habsb :
    8 avril @10h45   « »

    Pierre je constate que vous utilisez frequemment l’adjectif neo-liberal. Pouvez-vous m’expliquer a quel systeme philosophique, a quel auteur il fait reference ? Je connais fort bien la tradition liberale en politique, introduite par John Locke et sa formulation des Droits Universels de l’Homme (Vie, Liberte’, Egalite’ Juridique, Propriete’ Privee), formulation suivie un siecle plus tard par la Constitution USA, et apres par la Revolution Francaise. Je connais fort bien la tradition liberale en economie, introduite par Smith et Ricardo et suivie par de nombreux economistes dans tous pays, dont les plus grands ont ete ceux de la celebre Ecole Autrichienne, Bohm Bawerk, von Mises, Hayek etc Or, c’est quoi au juste cette nouvelle pensee "neo-liberale" dont vous parlez ? Aurais-je rate un important mouvement de notre siecle ?

  • permalien Pierre :
    8 avril @11h23   « »

    @habsb

    je garde la définission de Pierre Bourdieu

    Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable. En effet, le discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l’asile, selon Erving Goffman (2), c’est un « discours fort », qui n’est si fort et si difficile à combattre que parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est, notamment en orientant les choix économiques de ceux qui dominent les rapports économiques et en ajoutant ainsi sa force propre, proprement symbolique, à ces rapports de forces. Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d’action, s’accomplit un immense travail politique (dénié puisque, en apparence, purement négatif) qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » ; un programme de destruction méthodique des collectifs.

    une définition qui présente le discours néo-libéral comme assez proche du cri du mâle dominant en rut, et qui ne vaut plus par la puissance de son expression que par la justesse de ses démonstrations. Je connais suffisamment aussi les"théories" libérales et néo-libérales, pour pouvoir affirmer qu’elles sont toujours établies à postériori, pour justifier une prise de richesse ou de pouvoir (toute chose égale par ailleurs bien entendu).

  • permalien habsb :
    8 avril @11h33   « »

    Pierre

    je vous remercie pour votre reponse, mais je continue malheureusement d’ignorer quelles sont les theses de cette hypothetique pensee neoliberale, et quels sont les auteurs philosophiques qui les auraient enoncees. J’ai desormais appris grace a vous qu’un enseignant francais, tel Bordieu, est fortement critique par rapport a ces theses, mais comme je ne les connais pas, je ne peux moi meme m’en faire une opinion. Est-ce que vous connaissez les theses de la pensee neo-liberale ? Pouvez-vous me renvoyer au texte philosophique ou elles sont enoncees ? Merci d’avance

  • permalien Pierre :
    8 avril @12h01   « »

    @habsb

    (...) mais je continue malheureusement d’ignorer quelles sont les theses de cette hypothetique pensee neoliberale, et quels sont les auteurs philosophiques qui les auraient enoncees.

    rassurez vous tout le monde est dans votre cas, car c’est une théorie opportuniste qui évolue en fonction des besoins de celui qui l’énonce. Je ne peux que vous renvoyer vers ce liens, qui évoque les différents propagandistes de cette idéologie en fonction des aléas de leurs besoins personnels. Si vous arrivez à en tirer une synthèse alors bravo !

    Cette idéologie, utilise la rhétorique libérale pour énoncer des pseudo-lois dirigistes (donc anti-libérale) au profit d’un intéret particulier. Par exemple "tous les marchés doivent être libre sauf le marché du travail", d’où la nécessité de créer une loi pour défendre la circulation des marchandise et interdire la libre circulation des travailleurs.

    Les États membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions nécessaires pour éviter que le fonctionnement du marché intérieur ne soit affecté par les dispositions qu’un État membre peut être appelé à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l’ordre public, en cas de guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre, ou pour faire face aux engagements contractés par lui en vue du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Article III-16 (Projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe)
  • permalien Pierre :
    8 avril @12h35   « »

    @habsb (suite),

    autre exemple le pseudo-théoricien dont se réclame l’administration Bush pour justifier son action militaire dans le monde est bien sûr Galbraith

  • permalien K. :
    8 avril @13h46   « »

    Dominique Moisi :

    « Malgré leur intérêt pour l’élection présidentielle, ce que les Européens en attendent est loin d’être clair. Ils veulent d’une Amérique plus "normale", qui se rapproche davantage de leurs propres valeurs, mais en même temps ils ne veulent pas d’une Amérique plus modeste qui leur demanderait davantage en matière de puissance militaire.

    « Les USA en tant que modèle ou en tant que puissance protectrice ? Ce "dilemme "européen" est nouveau. (..)

    « (..) L’effondrement de l’URSS, les blessures que se sont infligés eux-mêmes les USA - notamment en Irak - et la spectaculaire montée en puissance de l’Asie ont modifié la perception des USA par l’Europe. L’Amérique n’est plus le bouclier protecteur et le modèle qu’elle a été, ni même la seule source d’influence et de pouvoir.

    « On peut même dire que l’Union européenne est peu à peu devenue une force "normative" dans le monde en réaction à l’évolution de la puissance américaine. L’Europe sait depuis longtemps qu’elle ne peut rivaliser avec l’Amérique en terme de puissance militaire, mais avec le déclin de l’influence américaine, il est plus important que jamais pour elle d’incarner le coté "humain" et légaliste de l’Occident.

    « En ce sens, L’Europe a fini par se considérer plus ou moins comme une alternative au rêve américain. Mais vu de l’intérieur, le modèle européen est moins convaincant.

    « Beaucoup d’Européens portent en eux la nostalgie de l’Amérique en tant que modèle. Pour eux, Barack Obama qui fait campagne sous la bannière de "l’espoir" est le choix idéal pour restaurer, comme par magie, l’influence et l’image de l’Amérique, car il incarne lui-même le rêve américain.

    « Pourtant, certains Européens lui préfèrent Hillary Clinton ou même John McCain, car ils appréhendent pour L’Europe les conséquences d’un président moins audacieux et moins expérimenté. Pour eux, ce n’est pas seulement une question de compétence, mais c’est aussi la vieille question du partage des tâches. La question implicite derrière une certaine réserve en Europe à l’égard d’Obama se résume en une question : "Devrons-nous en faire davantage en Afghanistan et ailleurs ?

    « ...Est-il possible que ce soit un candidat de la peur - McCain ou de plus en plus, Clinton - qui s’accorde mieux aux intérêts de L’Europe que le candidat de l’espoir ? » ..

  • permalien habsb :
    8 avril @14h31   « »

    Pierre

    je vous remercie de votre reponse. J’ai lu avec la plus grande attention l’article d’il y a 10 ans, de cet enseignant francais, Bourdieu. Vous conviendrez avec moi qu’il ne s’agit point d’une definition de la pensee neoliberale. L’auteur, loin de proposer et definir le neoliberalisme, comme un nouvel Locke ou Hayek, se limite a le critiquer sans le definir, comme si c’etait un courant philosophiqe bien connu et classique. Si je pouvais lui parler, je lui poserais les memes questions que je vous ai deja posees : quels sont les auteurs qui definissent ce courant ? Quelles sont les theses de ce mouvement ? Mais j’ai comme l’impression que ni lui ni vous, ne sauriez me repondre. Or, que diriez vous a qui delirait des mefaits d’un phantomatique "neo-socialisme", tout en profitant pour faire passer sa pensee politique et syndicale ? Qu’il raconte n’importe quoi, peut-etre ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    8 avril @14h32   « »

    @ habsb (n°1)

    Sur la définition de néo-libéral. Comme le dit Pierre, peu importe qu’un mouvement ait reçu son nom de ceux qui l’ont créé. La plupart des courants de pensée n’ont reçu une qualification que postérieurement, par de tout autres gens que leurs promoteurs (souvent même par leurs adversaires…)

    Le néo-libéralisme (ou l’ultralibéralisme) ne se réduit pas à de savants traités théoriques (ou, plutôt, à de pseudo-savants traités), comme voudraient le faire croire ses partisans. Il s’agit simplement de la mise en forme cuistre d’un certain nombre de pratiques féroces, d’une théorisation de l’égoïsme forcené (parfois poussé à l’extrême, par des fous comme Pascal Salin, qui veut supprimer les couloirs de bus, ou Bertrand Lemennicier, qui veut privatiser les rues…).

    Les pouvoirs dominants ne peuvent se maintenir durablement par la force, il leur faut fonder leur pouvoir en raison, pour le faire accepter par les dominés. De tout temps, il s’est trouvé des clercs pour exécuter ces basses besognes. Au Moyen âge, ces clercs s’appelaient théologiens. Comme les manants avaient la tête dure, il fallait passer à des exercices concrets. Sur un amoncellement de fagots, on liait un pauvre hère à un poteau, et on boutait le feu à l’ensemble. Cette pratique était œuvre pie, car œuvre de salubrité. En effet, qui brûlait-on ? Des hérétiques, des schismatiques, des apostats, dont la perfide parole détournait de pauvres âmes sur le chemin de l’enfer. Or, qu’était-ce qu’une crémation – au pire de quelques heures – d’une poignée de vilains par rapport aux tourments des multitudes dans les flammes éternelles ? Sans savoir compter, on saisissait vite la pertinence du calcul. Aujourd’hui, de temps à autre, on jette des gens à la porte de leur entreprise (on restructure, on modernise, ou on dégraisse). Cette pratique est œuvre pie, car œuvre de salubrité. En effet, qui restructure-t-on ? Des gens de faible productivité, de faible employabilité, et qui risquent d’entraîner la Bourse sur la voie de la baisse. Or, qu’est-ce que la perte d’un salaire par rapport à une chute des dividendes ? Dans un cas, ce sont quelques milliers de francs qui disparaissent, dans l’autre, des milliards. Sans savoir compter, on saisit vite la pertinence du calcul. Aujourd’hui, les clercs s’appellent économistes et leur travail relève de la « pédagogie ».

    L’agacement récurrent des néolibéraux, depuis des années, sur la qualification de leur courant de pensée, leur chipotage sur les termes, ne traduit qu’une chose : le sentiment dépité que l’initiative leur a échappé, que le nom qui leur a été accolé (et dont ils ont autant de mal à se défaire qu’une tunique de Nessus) est définitivement porteur de connotations négatives : ce qui n’est que la réalité. Et ce qui n’est que justice…

  • permalien Ph. Arnaud :
    8 avril @14h38   « »

    @ habsb (n°2)

    L’insistance à revenir sur les « valeurs communes » entre la France et les Etats-Unis (institutions, religion, pratiques politiques, culture, etc.) est une opération idéologique qui vise à occulter une autre division de la société, autrement pertinente (et opératoire) : la division en classes.

    Dans le passé, au cours de l’époque moderne, la France, qui partageait avec l’Espagne et l’Autriche la religion, la culture (et même les familles régnantes – par suite des mariages inter-dynastiques) ne s’en est pas moins alliée à des pays musulmans contre d’autres pays chrétiens et à des pays protestants contre d’autres pays catholiques. Et grand bien lui en a pris ! Car, autrement, elle eût été soumise au catholicisme le plus bigot, le plus étroit, le plus obscurantiste, celui qui régnait chez le roi d’Espagne, chez l’Empereur ou dans les Etats du pape.

    Pour moi, aujourd’hui (et pour la majorité des Français qui ne leur sont pas inféodés), les Etats-Unis, ce n’est pas le pays avec qui la France partage les souvenirs de la guerre d’Indépendance, la déclaration des droits de l’homme, la démocratie libérale, Disneyland ou Macdonald. C’est le pays vers qui se tournent les plus acharnés des ultralibéraux, les Madelin, Novelli, Mariton, Lellouche et autres Millière. C’est le pays dont, en 2003, Ernest-Antoine Seillière a regretté que nous ne l’ayons pas suivi dans la guerre d’Irak. C’est le pays qui, partout dans le monde, soutient les riches et les patrons (au moyen de complots, de sabotages de l’économie, d’interventions armées ou de coups tordus en tout genre).

    Et, de la même façon que, jadis, l’affaiblissement politique des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne a amené l’affaiblissement idéologique concomitant du catholicisme, j’escompte bien que l’affaiblissement des Etats-Unis (politique, stratégique, idéologique, économique ou quoi que ce soit) amènera l’affaiblissement idéologique du funeste modèle idéologique néolibéral (ou ultralibéral) dont ils sont, dans le monde, le principal porteur ! La France n’a pas vocation à se trouver dans le même camp que des Etats-Unis ultralibéraux, mais dans un camp antagoniste…

  • permalien Pierre :
    8 avril @15h12   « »

    @habsb ,

    je me suis trompé dans mon lien, je voulais vous orienter vers l’article de Wikipédia, qui montre que les "penseurs" se réclamant du néolibéralisme, partent dans tous les sens, suivant les lieux et les époques.

    De même s’ils sont capables aujourd’hui de revendiquer le keynésien Galbraith, pour défendre leur politique guerrière, ils n’ont aucun problème pour faire appel à son ennemi le libéral Milton Friedman pour justifier les ouvertures de marchés aux OGM, ou réclamer l’avance sur recette française pour financer leurs films.

    Officiellement le néolibéralisme est censé faire la synthèse entre le libéralisme et le collectivisme. Si ont tente un principe général, c’est que dès que les néolibéraux identifient un magot collectif (sécurité social, trésor public, trésoreries d’associations), ils énoncent des théories qui déboucheront vers l’adoption de lois qui leur permettrons de détourner ces richesses à leur profit, au nom de la "science". Je sais ça parait énorme mais c’est bien comme ça que ça se passe.

  • permalien habsb :
    8 avril @15h23   « »

    Ph. Arnaud

    "Et, de la même façon que, jadis, l’affaiblissement politique des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne a amené l’affaiblissement idéologique concomitant du catholicisme, j’escompte bien que l’affaiblissement des Etats-Unis (politique, stratégique, idéologique, économique ou quoi que ce soit) amènera l’affaiblissement idéologique du funeste modèle idéologique néolibéral (ou ultralibéral) dont ils sont, dans le monde, le principal porteur !"

    Cher Ph. Arnaud, je vous remercie d’avoir porte un peu plus de lumiere a ma quete de la definition de "neoliberalisme", que vous semblez appeler aussi "ultraliberalisme". Ce serait donc quelque chose de lie aux Etats-Unis. Mais je continue de ne pas connaitre sa definition, sa formulation. Serait-ce peut-etre alors la Constitution Americaine ? Pensez-vous que cette Constitution peut etre consideree comme le texte reference du "neoliberalisme" ? Dans ce cas toutefois, le phantomatique "neoliberalisme" ne serait que le liberalisme tout court, theorie politique a la base de la Constitution Americaine comme de la Constitution Francaise, et le renier impliquerait de re-ecrire la Constitution Francaise.

    Si, par ailleurs, la Constitution Americaine ne definissait pas le "neoliberalisme", quelle serait jamais sa formulation, ses theses ? Comme je suis las de repeter des questions sans etre daigne de reponse, j’essaie de vous aider. Peut-etre le "neoliberalisme" enonce-t-il de nouveaux droits universels de l’homme, comme le liberalisme l’avait fait avec John Locke (vie, liberte, egalite juridique, propriete) ? Peut-etre le "neoliberalisme" n’a rien de politique, et il ne s’agit que d’une explication naturelle de l’economie comme celle de Ricardo, qui ne fait pas recours a des idees abstraites et mal definies comme les "contradictions", la "dialectique", la "bourgeosie" introduite plus tard par Marx ? Mais alors, qu’est-ce qu’elle rajoute aux celebres pages de Ricardo et Von Mises ? Enfin, quelle est la nouveaute du "neoliberalisme" par rapport au liberalisme ?

  • permalien jugurta :
    8 avril @15h25   « »
    néolibéralisme, libéralisme, libertariens, capitalisme etc...

    @ Ph Arnaud,

    Remarquable démonstration de la vacuité de vos propos sur le "néo ou l’ultra-libéralisme".

    Sous couvert d’attaquer un néologisme, vide de sens, vous fustigez en fait un courant de pensée, le libéralisme, philosophie de la liberté individuelle.

    En quoi Pascal Salin est-il fou ? Je vous avais connu plus fin dans votre argumentation.

    Habsb a simplement raison, le "néolibéralisme" n’a pas de sens, ni de contenu.

    Par contre il existe des dégres dans l’application du libéralisme qui vont des libertariens aux libéraux dit de "gauche". Tout dépend en fait de la place qui est dévolue à l’Etat dans la société.

    Une explicaiton ici.

    Pierre, comment être libéral ou "néolibaral" et défendre une intervention accrue de l’Etat qui irait dans le sens des "dominants" ?

    Ne confondez pas libéralisme et capitalisme d’Etat.

    ps : Jeff, vous aviez raison.

  • permalien Pierre :
    8 avril @15h31   « »

    @Jugurta,

    Pierre, comment être libéral ou "néolibaral" et défendre une intervention accrue de l’Etat qui irait dans le sens des "dominants" ?

    On ne peut pas être libéral ou néolibéral.

    Être néolibéral c’est-être anti-libéral et anti-collectiviste, c’est être opportuniste.

  • permalien habsb :
    8 avril @15h40   « »

    cher Pierre

    merci de votre message Je precise que je ne l’avait pas encore lu, quand j’ai ecris ma reponse a Ph. Arnaud. Comme je me doutais fort bien et vous le dites, apres lecture de Wikipedia, il n’existe aucune theorie rigoureuse nommee neoliberalisme, et l’utilisation de ce mot devrait etre evitee. Les personnes qui se qualifient de Neoliberales ne sont pas a prendre au serieux, il y en a qui ne jurent que par Keynes et Galbraith, d’autres qui preferent le monetariste de Chicago Milton Friedman, et Dieu sait combien d’autres encore. Vous rajoutez que le neoliberalisme est cense faire un douteux amalgame entre liberalisme et collectivisme. Mais ce dernier est la negation meme du liberalisme du moment qu’il definit un sujet collectivite en annullant ainsi le contenu d’information qui fait les minorites, desormais soumises voire inexistantes. Example du Tibet. Il ne peut y avoir de compromis. Si on est liberaux, on croit aux 4 droits fondamentaux de Locke (vie, liberte, egalite juridique, propriete), dont doivent beneficier le BCBG gauche caviar, et le moine tibetain. Ou alors on est dans le camp chinois, celui que je combats.

    En tous cas, il parait bien evident, et je suis ravi que vous concordiez, que aucune nouvelle theorie n’existe sous le nom de neoliberalisme. Il ne s’agit que d’intox, propagande destinee a qui ne connait point l’economie. Evitons desormais d’utiliser ce terme, et si jamais nous voulons parler des 4 droits fondamentaux de l’homme a la base de nos Constitution, ou des decouvertes des lois de l’offre et demande, des advantages comparatifs et autres qui seules permettent et sont permises par une politique soucieuse des droits de l’homme, alors appellons les choses avec leur vrai nom de LIBERALISME

  • permalien Pierre :
    8 avril @15h59   « »

    @habsb,

    tout a fait d’accord avec vous, sauf sur l’abandon du terme neolibéral, qui comme la finement fait remarquer Ph. Arnaud, est revenu dans la poire de ceux qui l’ont forgé.

    Car enfin, même si aucune théorie ne peut définir l’opportunisme, sa manifestation est bien réelle en particulier dans les processus de destruction des états, ou dans la légalisation des guerre asymétriques et pourquoi pas demain dans l’utilisation du nucléaire dans des guerres d’agression.

    Car derrière ce néologisme, se cache un vide métaphysique suicidaire et destructeur qu’avait perçu Thorstein Veblen (The Theory of the Leisure Class) à la fin du XIXième siècle.

  • permalien habsb :
    8 avril @16h11   « »

    cher Pierre,

    ravi de votre reponse et de votre accord, je vous pose neanmoins une question ulterieure : si " derrière ce néologisme, se cache un vide métaphysique suicidaire et destructeur " (je vous cite), alors a quoi bon utiliser ce neologisme ? Pour designer le vide ? Et pourtant Wittgenstein a depuis longtemps interdit d’utiliser les termes qu’on ne sait definir. Personnellement je me retrouve dans la pensee liberale qui a produit les droits de l’homme et explique l’economie, et j’avoue etre fortement gene et offense par ce terme vide de sens et definition, comme pourrait l’etre "neofrancais" ou "neolaique", sans doute une facon de sousentendre que liberale, francais ou laique seraient facons d’etre o combien depassees..

  • permalien Alain Gresh :
    8 avril @16h20   « »

    Libéralisme, néolibéralisme et colonisation

    Je ne veux pas entrer dans le débat sur les différentes définitions du libéralisme et du néolibéralisme, débat qui dépasse largement le sujet de ce blog.

    En revanche, je voudrais vous renvoyer à un livre dont Le Monde diplomatique a parlé, François Denord, Néo-libéralisme, version française (éditions Démopolis) qui explique de manière intéressante les différences entre le néo-libéralisme actuel et les thèses d’Adam Smith et des penseurs libéraux des XVIIIe et XIXe siècles.

    Sur Adam Smith, je renvoie au livre de Jeniffer Pitts, Naissance de la bonne conscience coloniale (éditions de l’Atelier) et qui vient de sortir. J’en parle dans mon article du Monde diplomatique d’avril. Je donne ci-dessous un extrait :

    La lecture du livre de Pitts permet d’abord de redécouvrir des penseurs libéraux, souvent cités mais rarement lus. Et de mesurer tout le fossé qui sépare le libéralisme classique de ce que l’on appelle aujourd’hui le néolibéralisme. Adam Smith et ses successeurs attachaient à l’étude des communautés humaines une attention soutenue – et ils n’auraient jamais entériné la formule de Mme Margaret Thatcher, « There is no such thing as society » (« Il n’existe pas de société »). Ils consacrèrent, au contraire, des ouvrages approfondis non seulement aux sociétés européennes, mais aussi à celles que le Vieux monde découvrait, de l’Océanie aux Amériques.

    Ils étaient des universalistes, convaincus que les êtres humains étaient tous rationnels et qu’ils appliquaient cette rationalité à la résolution de leurs problèmes. Pour eux, aucune culture n’était globalement supérieure ou inférieure aux autres : la diversité des croyances et des pratiques était une réponse à des situations différentes. Sans jamais céder au relativisme, Adam Smith expliquait ainsi dans sa Théorie des sentiments moraux que la coutume des Amérindiens de mouler les têtes des nouveaux-nés, dénoncée par les missionnaires comme absurde et barbare n’était pas plus absurde que le port du corset imposé aux femmes, dont les effets négatifs étaient connus et qui était pourtant accepté… Cette vision l’amena à une condamnation de tout ce qui pourrait fonder l’idée d’une supériorité globale des sociétés européennes.

  • permalien habsb :
    8 avril @16h38   « »

    Alain Gresh

    merci de nous avoir donne une piste pour comprendre ce que un auteur francais peut entendre pour "neoliberalisme". En cherchant le nom de ce humble chercheur CNRS, tel Denord, j’ai retrouve le morceau suivant, issu de sa plume :

    "Le néolibéralisme n’est pas le produit de la globalisation financière des années 1980-1990 : son histoire s’enracine dans le bouillonnement intellectuel de l’entre-deux-guerres. Des économistes, des patrons et des hauts fonctionnaires jettent alors les bases d’un libéralisme nouveau qui se veut une troisième voie entre un « laisser-faire » jugé moribond et une planification économique supposée faire le lit du socialisme (1). Leur mobilisation a pour point d’orgue la tenue à Paris du colloque Walter Lippmann en 1938. Les rénovateurs du libéralisme y déclarent tourner le dos au maximalisme et à la chimère d’une société sans Etat. Ils inventent un art de gouverner plutôt qu’une utopie.

    Loin d’être antiétatiste, le néolibéralisme déploie l’intervention publique dans trois directions principales. De manière offensive, il cherche à faire sauter les verrous législatifs, réglementaires ou corporatifs qui entravent la libre concurrence et à désengager l’Etat du secteur productif. De manière pragmatique, il crée un cadre légal favorable au marché, supplée l’initiative privée là où elle s’avère défaillante, incite à la concentration industrielle ou, au contraire, la freine. Çà et là enfin, il confie à l’Etat le soin d’adapter le droit aux évolutions économiques, de sanctionner les fraudes et de venir en aide aux plus défavorisés."

    On dirait donc que pour neoliberalisme a la Denord, nous devons entendre l’actuel art de gouvernance economique a la francaise, celle qui privatise et concentre suivant les opportunites et qui a ete pratique aussi bien par la gauche (France Telecom..) que par la droite. On est en effet loin des droits de l’homme et de Hayek.

    Deux remarques 1) On dirait, a partir du texte ci dessus, que le mot "neoliberalisme" designe une idee et mouvance uniquement franco-francaise, le rayonnement international du colloque Walter Lippmann en 1938 etant negligeable. Utiliser ce mot pour des politiques etrangeres parait donc incorrecte 2) Petite question pour Alain Gresh : le livre cite de M. Denord, "qui explique de manière intéressante les différences entre le néo-libéralisme actuel et les thèses d’Adam Smith et des penseurs libéraux des XVIIIe et XIXe siècles" analyse-t-il aussi les difference entre le neoliberalisme et les grands penseurs liberaux du XX siecle, comme Hayek, ou arrete-t-il sa comparaison a la premiere partie du liberalisme ? Merci

  • permalien Bruce :
    8 avril @17h22   « »

    Bonjour,

    Vous trouverez une définition en langue anglaise du néo-libéralisme dans les liens suivants :

    http://web.inter.nl.net/users/Paul.Treanor/neoliberalism.html

    http://www.globalexchange.org/campaigns/econ101/neoliberalDefined.html

    Bonne journée

  • permalien jugurta :
    8 avril @17h34   « »

    M. Gresh,

    Le libéralisme ne s’arrête pas à la théorie d’Adam Smith, dont la plus connue est "la main invisible".

    Le libéralisme n’est pas qu’économique, avec le "laissez-nous faire" de Legendre à Colbert.

    C’est une philospohie qui défend avant tout la liberté individuelle. Comme l’a rappellé habsb, les droits naturels d’un individu sont : le droit à la vie, à la liberté à l’égalité en droit et à la propriété, droits reconnus par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

    J’ajouterai que le tryptique liberté-responsabilité-propriété sous-tend cet édifice philosophique.

    Sans libéralisme, sans cette théroie du droit de la primauté de l’individu face à un groupe quel qu’il soit, point de révolution française.

    Le libéralisme rappellons le est tout autant politique, social, qu’économique. Ses détracteurs ne voient souvent qu’un seul versant, l’économique.

    *********************

    Pour en revenir à votre billet : où s’arrête la non assistance à personne en danger et où commence la "néocolonisation" en matière de politique étrangère ?

  • permalien Pierre :
    8 avril @17h44   « »

    @ A. Gresh

    "Nicolas Sarkozy, l’Afghanistan et l’universalisme européen" et la question des réalités se cachant derrière le terme “néolibéral” « dépasse largement le sujet de ce blog » ?

    Excusez moi, mais je pense qu’au contraire c’est le point central qui donne un sens a toute cette "aventure". Sauf si bien sûr la lutte contre le terrorisme est la cause réelle de cette montée en puissance de... l’OTAN. A moins que ce soit pour empêcher le parti communiste de Russie d’envahir le monde.

    Sans la politique néolibérale (pardon habsb, opportuniste) que mènent les États-Unis depuis Regan, comment expliquer la survivance de l’OTAN, la multiplication de conflits aux perspectives incertaines, les querelles autour du rôle de l’OTAN, l’abandon de principes universalistes de leurs dirigeants, de leurs "penseurs", et si on croit ce qu’on a vu autour de la flamme olympique, de leurs citoyens.

  • permalien Ph. Arnaud :
    8 avril @17h50   « »

    @ habsb (n° 3)

    Question de principe, d’abord : je veux bien échanger avec vous, mais je n’entrerai pas dans votre problématique. Je comprends ce que vous voulez : c’est relier un courant de pensée à un empyrée d’idées pures (Locke, les rédacteurs de la Constitution américaine, etc.), bien propres sur elles et laver le libéralisme (au sens où vous l’entendez) des turpitudes bien réelles que couvre l’ultralibéralisme actuel. Je comprends aussi que, dès lors que j’entre dans vos schémas de pensée, je suis automatiquement vaincu, puisque c’est vous qui imposez les règles du jeu.

    En conséquence, que ce qu’on appelle néolibéralisme (ou ultralibéralisme) soit lié – ou pas lié – à Locke, à la Constitution américaine, à Ricardo, à Hayek, à Friedman, à von Mises, à Böhm-Bawerk, à Becker, à Hoppe, à Salin, à Lemennicier, à Garello, à Naudet, à Caccomo ou à n’importe qui m’est parfaitement indifférent (et, au fond, n’a aucune importance).

    Le néolibéralisme (ou l’ultralibéralisme), ce n’est pas – quoi que l’on veuille prétendre – une belle construction intellectuelle, semblable à ces cathédrales de la pensée que furent (ou que sont) les mouvements philosophiques en général : platonisme et néoplatonisme, stoïcisme, aristotélisme, thomisme, kantisme, marxisme, existentialisme, phénoménologie, structuralisme, etc., et qui continuent à être pertinentes. Le néolibéralisme, ça n’est jamais que la justification, par des clercs (qui ne sont même pas achetés, qui croient même, naïvement, à ce qu’ils disent) d’une situation très vulgaire : la domination des riches. Ce que veulent ces riches – qui, au fond, méprisent les plumitifs dont ils se servent – c’est qu’on habille leur domination d’effets seyants. Jadis, la besogne était confiée à des théologiens, qui avaient recours à des arguments scripturaires. Aujourd’hui, la mode a changé, elle est à la science : on ne se réfère plus à la Bible, aux Pères de l’Eglise ou aux docteurs angéliques, on veut des équations et des courbes. Mais la démarche d’esprit est la même… et la pensée aussi creuse.

  • permalien Ph. Arnaud :
    8 avril @17h56   « »

    @ habsb (n° 4)

    Vous comprendrez donc que je n’accepte aucun de vos présupposés. Les quatre droits fondamentaux que vous décrivez, loin d’être ce socle d’airain que vous imaginez, ne sont, en fait, qu’un cadre idéologique pour riches. Et il est d’ailleurs révélateur que vous vous limitiez à ces quatre (dont le dernier, celui de propriété, est, d’ailleurs, tout à fait contestable). Car les droits humains ne se limitent pas à ces « droits de », qui ne mangent pas de pain. L’humain a aussi des droits de créance, ou « droits à » : droit au travail (et non pas de travailler), droit au logement, droit à l’éducation, droit à la santé, droit aux congés, droit à la retraite, droit à la culture, droit à un environnement sain (et ainsi de suite, tant qu’on peut en trouver ! Et, pour les satisfaire, la société est fondée à prendre l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez les riches. Car la société n’est pas la stricte somme des individus qui la composent : non, c’est le contraire, c’est l’ensemble qui est premier et ses éléments qui ne sont que seconds (comme l’organisme vivant – celui d’un humain ou d’une fourmi – n’est pas réductible aux cellules dont il est formé).

    Je me résume : le néolibéralisme (ou l’ultralibéralisme), ce n’est pas un docte traité théorique, dont l’application des principes nous vaudrait le paradis sur terre. Pas plus que le protestantisme ne se résume aux écrits de Luther, de Bucer, de Calvin ou du doux Melanchthon. Le protestantisme (j’aurais aussi pu prendre l’exemple du catholicisme), c’est aussi Luther adjurant les seigneurs d’écraser les paysans, et c’est Calvin faisant brûler Servet. Eh bien, le néolibéralisme (ou l’ultralibéralisme), c’est la même chose : du pas propre et du pas joli. Le néolibéralisme, c’est ce qui justifie le coup d’Etat contre Allende, les fonds de pension ou la diminution des impôts sur les riches. Le néolibéralisme, c’est la rengaine quotidienne (de Jean-Marc Sylvestre à Claude Imbert) qui nous serine que l’endettement de l’Etat français est catastrophique – alors qu’il ne s’agit là que d’une présentation des choses spécieuse (et biaisée), inspirée par un étroit point de vue idéologique…

  • permalien habsb :
    8 avril @18h01   « »

    Pierre "Sans la politique néolibérale (pardon habsb, opportuniste) que mènent les États-Unis depuis Regan, comment expliquer la survivance de l’OTAN, la multiplication de conflits aux perspectives incertaines"

    je vous pardonne, mais vous etes injuste avec Reagan. Oubliez-vous peut-etre un certain JF Kennedy et son sous-fifre Johnson qui s’embourberent au Vietnam ? Au nom d’un celebre discours ou JFK declara "We will use any means to spread democracy into the world" Et que dire de la doctrine Carter, que vous trouverez aussi sous Wikipedia, et qui declare le Moyen Orient region strategique pour les USA, menacant d’intervention militaire toute tentative de modifier les equilibres actuels (et dont la guerre en Iraq n’est que logique application) ?

  • permalien habsb :
    8 avril @18h09   « »

    cher Bruce

    je remercie pour les liens indiques. Vous conviendrez toutefois qu’ils n’ont aucune validite philosophique, le deuxieme etant specialement pauvre d’idee et de rigueur.

  • permalien Pierre :
    8 avril @18h14   « »

    @habsb,

    c’est vrai (je vous ai même dit que Veblen l’avait senti à la fin duXIXième siècle).

    Si je parle de Reagan, c’est parce c’est grâce a la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran par les mollahs , que l’histoire qui nous occupe aujourd’hui a commencé.

    Bien sûr les États-Unis étaient déjà très actifs dans la région depuis qu’ils avaient développé leur culture sur des matières premières "bon marché". Mais c’est à ce moment là que les confrontations directes se sont multipliés et ont remplacé les manipulations hérités de la tradition britannique (Lawrence).

  • permalien Bruce :
    8 avril @18h27   « »

    @ Habsb

    Bonjour,

    Le second lien est un résumé du premier (je pense que vous avez noté qu’il s’agit des mêmes auteurs).

    L’objet de mon précédent message était de vous pousser à chercher des références en anglais ; références bien plus nomrbreuses et plus fournies. Vous finirez par trouver la définition qui vous convienne.

    Commme M. Gresh vous l’a rappelé : << [ce]débat dépasse largement le sujet de ce blog >>.

    Bien à vous.

  • permalien Ph. Arnaud :
    8 avril @19h09   « »

    @ Jugurta

    Remarque liminaire : une partie des réponses à habsb vous sont également destinées. Mais comme, de mon côté, je réponds aussi à des remarques adressées par habsb à Pierre, je n’ai pas cru devoir vous faire figurer en interlocuteur. Vous voudrez bien me pardonner cette entorse aux bonnes manières.

    Réponse à une question antérieure : je n’ai pas de référence où vous renvoyer pour ma critique des médias. Je n’ai pas monté de blog. En revanche, j’ai tout archivé mais comme l’ensemble comprend 1,1 millions de caractères (espaces compris), il me semble délicat de déverser cette prose dans le blog de M. Gresh…

    Pour revenir proprement au thème de ce blog. Qu’entendez-vous par non-assistance à personne en danger ? Vous ne prétendez tout de même pas, « sérieusement », justifier par cette formule l’intervention des Etats-Unis en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003 ? Durant des décennies, contre le nationalisme arabe ou le « communisme » (entendu au sens vulgaire, car, comme habsb, j’ai mes pudeurs…), les Etats-Unis ont instrumentalisé sans vergogne les pires obscurantismes et soutenu sans scrupules les pires dictatures. Ils ont instrumentalisé les talibans dans la guerre contre les Soviétiques et soutenu Saddam Hussein de 1963 à 1991 (et l’ont remis en selle pour 12 ans à l’issue de la première guerre du Golfe). Et vous gobez les fables selon lesquelles ils sont venus libérer les peuples afghan et irakien ?

    En Afghanistan, jamais la culture du pavot n’a été plus prospère que depuis que les Américains y sont intervenus. En Irak, les chrétiens arabes, protégés par Saddam Hussein, sont menacés d’extinction. En Irak, les femmes, qui se déplaçaient vêtues à l’occidentale, sont de plus en plus voilées ! En Afghanistan, les critiques de l’Islam sont condamnés à mort !

    Prenez-le de la façon dont vous voudrez, il n’existe pas d’autre mobiles aux interventions américaines de 2001 et 2003 que des mobiles impérialistes. C’est ce que nombre de contributeurs à ce blog s’évertuent à vous démontrer depuis des mois et que vous vous refusez à admettre ! On vous apporte les preuves et vous ne croyez pas ! Vous me faites penser à ce mari anxieux qui soupçonne sa femme de le tromper. Il engage un détective pour la suivre. Au bout d’un mois le limier vient au rapport. « Et alors ? », demande le mari. Et l’autre : « Alors, votre femme, à la sortie du bureau a rencontré un homme et ils sont allés au restaurant ». « Et après ? ». « Après, ils sont allés à l’hôtel et ont pris une chambre. J’ai regardé par la serrure, et j’ai vu votre femme poser sa robe, son chemisier, ôter son soutien gorge et son slip ». « Et après ? ». « Après, plus rien, ils ont éteint la lumière ». Et le mari, se tordant les bras de désespoir : « Ah, le doute, toujours le doute ! »

  • permalien K. :
    8 avril @20h12   « »

    Le renforcement du contingent français en Afghanistan s’avère une véritable aubaine pour les Etats-Unis et potentiellement casse-cou pour les militaires français.

    Selon le dernier numéro du Swoop (7-13 Avril), les derniers évènements en Irak feront que les Américains ne pourront pas renforcer leurs opérations en Afghanistan. Cela pourrait devenir une contrainte importante si le nouveau gouvernement au Pakistan devient plus réticent à satisfaire aux pressions US pour l’amener à empecher l’infiltration [d’insurgés] en Afghanistan à partir du Pakistan

    Et l’intervention américaine en Afghanistan a d’autant moins de chance de se “renforcer” que l’engagement du President Bush à assurer un Iraq stable “quoi qu’il en coute” reste dur comme fer.

  • permalien Pierre :
    8 avril @20h33   « »

    La motion de censure au gouvernement au parlement :

    (...)

    L’ouverture de négociations sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, la compréhension affichée envers la funeste intervention américaine en Irak, le discours prononcé par le Chef de l’État devant le Congrès américain, ont posé les jalons d’un alignement atlantiste global dont nous récusons la pertinence et l’opportunité pour notre pays.
    (...)
    Nous nous opposons en premier lieu à la décision présidentielle parce que nous refusons un enlisement dans une guerre sans but et sans fin. Nous refusons d’exposer inutilement la vie des soldats français tant que les leçons de l’échec de la coalition n’auront pas été tirées. Nous refusons que la France supporte en Afghanistan le fardeau de la guerre américaine en Irak alors même qu’elle avait été la première à en dénoncer la nocivité.
  • permalien K. :
    8 avril @20h36   « »

    Des nouvelles du "nouveau grand jeu", par le Swoop :

    Au-delà des gros titres, le "nouveau grand jeu" pour les ressources énergétiques et l’avantage géopolitique en Asie centrale continue d’avoir un impact plus large sur la conduite de la politique étrangère américaine. Dans une nouvelle dynamique, les États de la région cherchent de plus en plus à devenir acteurs de leur propre droit. L’annonce du 11 Mars par le Gazprom Russe (qui appartient à l’Etat) qu’il commencera à payer les prix mondiaux pour le gaz naturel de la région indique la coordination croissante entre le Kazakhstan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Washington est d’avis que ces Etats veulent exploiter l’intensification de la concurrence stratégique entre la Chine, la Russie et les États-Unis dans la région. Cette évolution complique le but de Washington de fournir à l’Europe des voies d’acheminement du pétrole et du gaz qui contournent la Russie. Moscou a conservé le contrôle de la part du lion des exportations de gaz dans la région, à un prix qui menace aujourd’hui la viabilité économique des pipelines Caspiens parrainés par les Etats-Unis. Le seul point lumineux à l’horizon pour les États-Unis est la plus grande coopération dans la lutte contre le radicalisme islamique. Les sources de la Maison Blanche insistent sur un récent réchauffement des relation