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Egypte, l’envers du décor

vendredi 11 avril 2008, par Alain Gresh

Egypte, l’envers du décor, tel est le titre d’un livre que vient de publier Sophie Pommier aux éditions La Découverte, et qui tombe à point, alors que des grèves et des émeutes ébranlent l’Egypte. Il est d’autant plus important qu’il n’en existe pas d’équivalent récent en français : un ouvrage politique qui retrace l’histoire contemporaine de ce pays, de Mohammed Ali à Hosni Moubarak, en passant par Gamal Abdel Nasser, et qui décrit à la fois le régime dans ses rouages et ses ajustements (notamment l’instrumentalisation du religieux) et les réalités du pays (les tourments du quotidien comme le bilan des contestations).

On peut lire, en quatrième de couverture :

« Avec la fin de l’Etat-providence, le fossé se creuse entre riches et pauvres. La contestation est étouffée par des pratiques policières brutales et la restriction des libertés publiques. Les repères se brouillent, entre diffusion du modèle standardisé anglo-saxon et réislamisation. Les nouvelles mesures impopulaires imposées par la loi du marché peuvent-elles provoquer un soulèvement de masse ? La perspective d’instauration d’un régime islamiste est-elle réaliste ? Les militaires ont-ils dit leur dernier mot ? »

Donc, à lire d’urgence, pour comprendre ce qui se passe en ce moment, le mouvement de contestation ouvrière, les conséquences de la hausse du prix du pain et des céréales et les élections municipales, bien évidemment truquées (notons l’extension des émeutes de la faim dans de nombreux pays, de Haïti au Sénégal, suite à l’augmentation des prix des denrées alimentaires).

Envoyé spécial du Monde en Egypte, Patrice Claude note dans un article paru sur le site du journal le 9 avril, « Municipales sous contrôle et tensions sociales : le pouvoir égyptien contesté » :

« Déploiements policiers massifs, gaz lacrymogènes, bastonnades, arrestations : dimanche 6 avril, la "Journée de colère" doublée d’une grève générale à laquelle une myriade d’activistes et de mouvances antigouvernementales avaient appelé les Egyptiens, via Internet, le site Facebook, le bouche-à-oreille et des milliers de SMS, n’a pas eu le succès escompté. »

« Sous un ciel ocre voilé d’un gros nuage de poussière annonciateur d’une tempête de sable, des groupes de plusieurs centaines de manifestants se sont heurtés, en différents points de la capitale et ailleurs dans le pays, à des forces anti-émeutes cent fois plus nombreuses, casquées, bottées et harnachées comme pour prévenir une révolution. Quelques milliers de travailleurs ne se sont pas présentés à leurs postes et la plupart des écoles et des universités du Caire étaient quasi désertes.

Au total, il y a eu une centaine de blessés dans des échauffourées et environ 250 protestataires arrêtés. La journée "laissera des traces", espèrent les opposants. Mais il faut reconnaître au régime autocratique du raïs Hosni Moubarak que le contrôle qu’il exerce depuis un quart de siècle sur les 80 millions d’Egyptiens demeure total. Ou presque. »

Quant aux élections municipales qui s’y déroulent, voici ce qu’en dit Patrice Claude :

« Pas d’intervention divine, en tout cas, pour les Frères musulmans. Après l’arrestation, ces dernières semaines, de près d’un millier de ses membres et la disqualification, pour divers motifs, de 99,99 % de ses 7 000 candidats potentiels, la plus puissante formation d’opposition d’Egypte a décidé de boycotter le scrutin. "Pourquoi participer puisque tout est joué d’avance", ont dit les chefs, encore libres, de la confrérie. »

« Refrain connu, refrain entendu mille fois dans les restaurants, les taxis, les hôtels, sur les marchés, dans les magasins, dans les quartiers misérables comme Imbaba, aussi bien que dans les très chics, comme Zamalek. Mardi matin, avant même l’ouverture des bureaux de vote, le journal d’Etat Al-Goumhouriya annonçait la couleur : "Victoire" pour le parti du raïs Moubarak dont les candidats étaient les seuls autorisés dans 70 % des municipalités ! »

La Maison Blanche a exprimé, par la voix de son porte-parole, sa préoccupation à la suite « des informations selon lesquelles les élections municipales du 8 avril ont été caractérisées par de nombreuses violations. Nous avons été troublés par des rapports sur le harcèlement, la détention et les arrestations de candidats et de militants de l’opposition dans la période pré-électorale, ainsi que par les affirmations qu’un grand nombre de candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter ».

A ma connaissance, la France n’a pas réagi à ces élections truquées. Il est vrai que la complaisance de Paris à l’égard des multiples manipulations de la démocratie en Egypte est sans borne. Lors de son voyage en Egypte en décembre 2007, Nicolas Sarkozy saluait une fois de plus son « ami » Hosni Moubarak.

Dans un long article publié le 5 avril sur le site de Middle East Report (Merip), « Underbelly of Egypt’s Neoliberal Agenda », Joel Beinin, de l’Université américaine du Caire, raconte le développement des grèves ouvrières. Il évoque d’abord Orascom, un immense conglomérat avec des intérêts étendus, de la construction des autoroutes à des villages touristiques sur la mer Rouge, en passant par le téléphone portable en Irak.

« C’est le 26 février que Orascom Construction Industries, une des filiales d’Orascom, annonçait fièrement qu’elle avait acquis The International Company for Manufacturing Boilers and Steel Fabrication (IBSF) pour la somme de 13,6 millions de dollars. Le communiqué de presse annonçait le doublement de la capacité de production d’acier de la société, mais ne disait rien sur l’avenir des travailleurs ou sur son histoire récente. Pourtant, ces histoires racontées par des ouvriers qualifiés d’IBSF (...) sont le point faible du programme néolibéral en Egypte. »

Après avoir décrit la lutte des ouvriers à IBSF, il poursuit :

Celle-ci n’est qu’une « des centaines de manifestations collectives ouvrières qui ont eu lieu depuis que le premier ministre Ahmad Nazif a pris ses fonctions en juillet 2004 et a commencé à accélérer le mouvement pour la privatisation du secteur public industriel et financier. Selon le rapport de 2004 du Land Center for Human Rights, entre 1998 et 2004, on a compté 1 000 actions ouvrières collectives, dont plus d’un quart ont eu lieu en 2004 (soit le double de celles de l’année 2003). On en a compté 74 durant la première moitié de 2004, mais 191 après la mise en place du gouvernement Nazif. 25% de ces actions en 2004 concernaient le secteur privé, une proportion jamais atteinte jusque-là et qui montre le développement du secteur privé industriel ».

« Et, depuis, le nombre d’action a continué à croître. Le journal libéral Al-Misri al-yawm indique que 222 grèves, manifestations et protestations se sont déroulées en 2006, et 580 en 2007. Workers and Trade Union Watch, un site favorable au mouvement ouvrier, cite 27 actions collectives dans la seul première semaine de 2008. Les estimations du nombre de gens concernés par ces mouvements varie entre 300 000 et 500 000. Durant l’année 2007, les grèves se sont étendues de leur centre traditionnel dans l’industrie textile et d’habillement pour inclure d’autres secteurs (matériel de construction, transport, métro du Caire, industrie agro-alimentaire, voirie, pétrole à Suez, etc.). Les ouvriers du privé représentent une partie plus importante que jamais de ces mouvements. »

Sur le site Political Islam Online, le 8 avril, Raouf Ebeid revient sur l’attitude des Frères musulmans à l’égard des grèves, dans un texte intitulé « It’s the Economy Stupid...As Riots Break out in Egypt. The Muslim Brotherhood Is Sidelined » :

« Examinant la question complexe du refus des Frères musulmans de participer aux protestations, certaines analystes ont accusé les Frères d’agir dans les coulisses pour provoquer l’insatisfaction qui conduit aux protestations alors qu’ils se cantonnent publiquement dans un rôle de spectateurs. Pourtant, il est difficile de savoir si les Frères ont retenu leurs membres parce qu’ils avaient peur des représailles du gouvernement (après les nombreuses arrestations récentes dans leurs rangs), ou s’ils voulaient se dissocier de protestations organisées par des personnes et des organisations laïques, ce qui irait à l’encontre de leur objectif : que toute réforme soit basée sur la religion. »

« La situation apparaît encore plus complexe si l’on prend en compte les élections municipales qui doivent se dérouler aujourd’hui pour choisir 52 000 conseillers. Le gouvernement a tenté de réduire la participation des Frères musulmans à ces élections, d’abord par des mesures administratives. Selon les Frères, 4 000 des leurs ont été empêchés de se présenter aux élections, et sur les 498 qui ont été acceptés, seuls 21 ont été mis sur les bulletins de vote. Selon la plupart des observateurs, le gouvernement voulait éviter que les Frères réitèrent leur succès de 2005 aux élections générales (ils avaient obtenu 20% des sièges). »

« Parce que les Frères n’ont toujours pas été autorisés à créer un parti politique, ses membres se présentent comme indépendants. Prenant tout le monde par surprise, les Frères ont annoncé leur retrait quelques heures avant l’élection. Leur dirigeant Mohammad Habib a proclamé : "Nous demandons au peuple égyptien de boycotter les élections car elles se déroulent dans un mépris total par l’exécutif des instances judiciaires." »

« Ainsi, alors que les Frères ont refusé de participer aux manifestations populaires contre la détérioration des conditions économiques qui frappent les gens dans leur vie quotidienne, ils ont demandé à la population de boycotter les élections parce que les Frères étaient traités de manière injuste. Ces différents événements suggèrent que les Frères sont sur la touche. Il est de plus en plus évident que la population égyptienne se désintéresse d’élections qui ne mettront pas de nourriture sur la table. Elle se rend compte aussi progressivement que le programme religieux des Frères musulmans ne résoudra pas non plus ses problèmes économiques. »

Rappelons aussi que les Frères musulmans se sont tenus à l’écart des luttes contre la liquidation de la réforme agraire, luttes décrites par Beshir Sakr et Phanjof Tarcir dans « La lutte toujours recommencée des paysans égyptiens », Le Monde diplomatique, octobre 2007.

104 commentaires sur « Egypte, l’envers du décor »

  • permalien K. :
    11 avril @14h26   »

    Toute la question pour les pays arabo-musulmans est peut-être là : comment ces centaines de millions de gens qui n’ont d’autre souci qu’une plus grande justice sociale peuvent-ils parvenir à une assise politique aussi solide que celle des groupes islamistes ?

    À partir de ce que je vois sur place, mon sentiment personnel est qu’ils ne le peuvent pas.

    Et c’est là, me semble-t-il, que ces groupes islamistes ont une immense responsabilité devant l’histoire : ils doivent faire passer les considérations sociales avant le modèle étatique religieux dont ils rêvent.

    Sauf si, in fine, ce dont ils rêvent n’est rien d’autre que la banale détention du pouvoir étatique.

  • permalien Pierre :
    11 avril @15h00   « »

    Au cours de ses différentes faillites le système libérale a vu ses artifices sémantiques s’effondrer pour a chaque fois voir réapparaitre un langage plus adapté aux réalités vitales des hommes.

    Voici comment le Courrier de Genève décrit le passage qui allait mener à l’effondrement de 1914 :

    Pendant la période des luttes confessionnelles, la question sociale est occultée. Elle refait surface dans les années 1880, mise en avant par un courant radical et socialiste regroupé autour du député Georges Favon, fondateur et rédacteur du Genevois. Le Courrier polémique régulièrement avec le journal radical. Lorsque Georges Favon, en 1882, propose une loi pour établir des tribunaux de prud’hommes, élus par les ouvriers et les patrons, Le Courrier y voit une innovation « inutile aux ouvriers et dangereuse aux patrons et bourgeois » et appelle à rejeter la loi. Quand elle est ratifiée par le peuple (à 54%), il commente : « très mauvaise journée pour Genève : ce premier anneau de la chaîne socialiste a été rivé au sol genevois » (édition du 31 octobre 1882).

    En Égypte on continue à parler des Frères Musulmans, mais on parle aussi de plus en plus de riches et de pauvres, de grèves et d’activistes. Bafouillages dirait Malraux

  • permalien Esther :
    11 avril @16h19   « »

    Et oui, quand cela va mal, ces gens veulent plus d’islam. Mais l’islam ne nourrit pas, à moins que les poches de l’état ne soient aussi profondes que celles des Saudiens. Les charités islamiques nourissent le peuple, mais l’endoctrinent aussi si bien que l’Egypte comme tant d’autres se dirige vers le moyen âge en s’enfonçant dans la victimisation et dans la diabolisation de l’occident et d’israel. Mais c’est la science et la liberté qui font progresser un pays. La matière grise et le talent ne va pas là où on l’opprime.

  • permalien Ana :
    11 avril @17h17   « »

    Esther, il faudra que nous nous redisiez tout ça en français. Et que vous nous expliquiez comment on passe du Moyen-Age à la victimisation et la diabolisation de l’Occident et d’Israël. De nos jours, il ne suffit plus de psalmodier sa messe en latin.

  • permalien Zulfikar :
    11 avril @17h21   « »

    @Esther

    Pour l’aider dans son argumentation : Israel demande que l’aide étrangère américaine soit payée en Euros !

    Dans l’esprit de Yom Kippur, les Etats-Unis n’obligeront pas Israel à accepter des dollars comme paiement pour leur aide étrangère. Nous échangerons nos obligations en euros ou en devises qui conviendront le mieux à Israel" a déclaré le secrétaire d’Etat Rice dans une annonce le 21 septembre dernier.

    "Nous devons placer nos engagements envers les Israéliens au sommet de notre liste de priorité nationale. Israel ne devrait pas souffrir des fluctuations actuelles de notre devise" a déclaré Rice avant de partir pour Camp David.

    Une demande similaire de l’Egypte a été refusée la semaine dernière.

  • permalien K. :
    11 avril @17h38   « »

    Article du journal Al Akhbar (Liban), traduit sur ISM :

    Les Frères Musulmans se sont donc toujours positionnés en matière économique dans le camp de l’économie capitaliste radoucie par quelques interventions sociales des pouvoirs publics pour alléger les malheurs des pauvres.

    L’origine sociale des Frères Musulmans peut fournir une explication : issus des classes moyennes, comme leur fondateur Hassan Banna, les Frères Musulmans recrutent traditionnellement et majoritairement des cadres moyens et des étudiants de l’enseignement supérieur.

    Cependant, la société égyptienne a connu ces dernières années des transformations radicales qui ont mis en avant l’urgence de la question sociale. En effet, les politiques de privatisation, de restructuration et de transformation économiques ont profondément déstabilisé la société egyptienne : effondrement des classes moyennes, paupérisation des ouvriers et paysans, accroissement du chômage et disparition des petits métiers qui permettaient la survie d’une importante partie des classes populaires.

    Plus récemment, une inflation record et la flambée des prix des produits alimentaires et des loyers ont déclenché des mouvements de protestation et de revendication qui ont rassemblé, au-delà des ouvriers et des artisans, de larges secteurs d’employés et de salariés (enseignants, médecins, journalistes, juges).

    Les Frères Musulmans se sont trouvés impliqués dans un mouvement qui touchait désormais les classes moyennes.

    ...les Frères Musulmans, qui pourraient jouer un rôle dans l’organisation des mouvements de classe et de masse actuels, vont-ils réussir à tromper, ou à trahir, leur base sociale désormais embarquée dans le même naufrage avec les classes les plus déshéritées de la société égyptienne ?

  • permalien Zulfikar :
    11 avril @17h41   « »

    Courage Esther, tu vas finir par nous convaincre

    Une aide américaine à bon escient

  • permalien Urluberlu :
    11 avril @17h47   « »

    Désolé Esther mais je ne vois pas pourquoi Islam ou Islamisme ne rimerai pas avec Science, Modernité et Economie... Et pourquoi au contraire il rimerai à Moyen Age ??!

    Renseignez vous un peu au lieu de parler en ne vous basant que sur dles clichés digne de TF1 ou BHL....

    l’Islam n’est pas le Christianisme et jamais en terre d’Islam "juste" les savants n’ont été chassé comme des sorcières...

    Enfin, ne mettez pas tout les islamistes dans le même paquet, je ne crois pas que les chrétiens démocrates européens soient tous les même, ils vont des plus extrémistes aux plus ouverts....

    Mais bon c’est tellement facile de tout mettre sur le dos des Islamistes, par contre Hosni Moubarak lui il a remplit les assiettes de son peuple en 25 ans (ou plus !!) d’état d’urgence, n’est ce pas ???

  • permalien Pierre :
    11 avril @18h08   « »

    Charité & clientelisme vs état providence : les contres et les contres

    Le secteur associatif dans le monde arabe

    Selon Sarah Ben Néfissa, la grande majorité des associations dans le monde arabe sont de nature caritative ou sociale. Ces associations se caractérisent par leur faible poids social, leur nature élitiste et par les rapports clientélistes qu’elles entretiennent aussi bien avec les pouvoirs publics qu’avec leurs adhérents. Il existe des associations qui cherchent à remplir de nouvelles fonctions sociales, en tant que partenaires dues pouvoirs publics dans les choix de développement, mais celles-ci restent encore très fragiles et rencontrent des obstacles divers, allant jusqu’à la répression gouvernementale.

    Quel avenir pour l’Etat providence et la solidarité sociale ?

    Les limites de l’Etat providence

    - Le coût de l’Etat providence a considérablement crû
    - Le principe de l’intervention de l’Etat est mis en doute au nom de l’efficacité
    - Problèmes de concurrence.
    - Enfin, l’Etat providence sait-il s’adapter aux évolutions de la société ?

    Ceux qui s’amusent a stigmatiser "l’état providence", oublient que celui-ci s’est imposé pour palier aux catastrophes humaines engendrées par les théories loufoques des économistes classiques et qu’il fait partie de la famille des théories classiques.

  • permalien K. :
    11 avril @18h31   « »

    “Charité & clientelisme”

    C’est bien la réalité. Excellent article.

  • permalien Pierre :
    11 avril @18h38   « »

    @K,

    oui et il explique les conséquences du désengagement des états, souvent sous la pression des organismes de Breten Woods qui avaient justement été créés pour garantir la présence des états. Là les néocons ont fait fort.

  • permalien K. :
    11 avril @19h27   « »

    “Richistan”.

    - MAHALLA AL-KOUBRA, (Journaliste, The Economist, 10/4/2008- extraits) :

    ..en général, les plus de 77 millions d’habitants de l’Égypte sont célèbres pour leur passivité, et, théoriquement, ont raison d’être placides. Leur économie, qui a progressé de 7% l’an dernier, bat les record d’investissements étrangers, notamment en provenance de la trésorerie pleine à ras bord du Golfe. Le tourisme est en plein essor. Les ventes de voitures neuves ont quadruplé en cinq ans. Les banlieues du Caire sont illuminées par les villas clinquantes, les terrains de golf et les centres commerciaux.

    Pourtant, ces gains n’ont pas encore [sic] atteint les pauvres, la grande majorité des Égyptiens. Malgré les subventions qui gardent le pain et le carburant à des prix moindres que ceux du reste du monde, le coût des autres éléments essentiels, tels que l’huile de cuisson, les aliments frais et les matériaux de construction, a augmenté plus rapidement que les maigres salaires. Le taux annuel officiel de l’inflation a atteint 12% en février.

    Ces pressions ont fait que les Egyptiens comptent plus que jamais sur le pain, juste au moment où les prix mondiaux du blé sont très élevés. Le gouvernement a porté sa subvention de moins de 2 milliards de dollars l’an dernier à 2,5 milliards de dollars. Mais la corruption et l’inefficacité conspirent encore pour rendre le pain rond et plat, coûtant cinq piastres (un cent Américain), de plus en plus rare.

    - Observatoire des Inégalités :

    Les historiens futurs de cette société [française] retiendront sans doute comme une de ses caractéristiques principales de la fin du XXe et du début du XXIe siècle le ralentissement, l’interruption, voire le retournement de la tendance pluridécennale antérieure de réduction des inégalités entre catégories sociales. Souvent encore mal mesurée par les données statistiques disponibles, inégalement accentuée selon les différents domaines ou dimensions de la vie sociale, cette inflexion a été confirmée par différentes synthèses consacrées à la question au cours des dernières années.

  • permalien K. :
    11 avril @19h42   « »

    Une parenthèse. Je l’ai entendu récemment sur la radio publique libanaise en langue française de la bouche d’une “experte” locale en économie (je vous conseille d’ailleurs fortement, si jamais vous faites un tour dans le coin, de vous y brancher [96.2 FM] parce que sa musique [jazz, blues, classique..] et ses animateurs sont excellents..tant qu’ils ne se melent pas de parler politique et économie) : Les menaces sur l’environnement, et bien c’est du aux agriculteurs..

    PS : Pour les infos, c’est pure langue de bois, quelque soit le régime au pouvoir (syrien ou américain).

  • permalien K. :
    11 avril @20h25   « »

    - “La hausse des prix agricoles est une menace pour la sécurité mondiale, selon l’ONU”. Par The guardian, traduit par Contre Info.

    - ...aussi incroyable que cela puisse paraître, personne ou pratiquement personne ne relie communément la hausse des matières premières à « l’orgie de spéculation sur les marchés de « futures » », pour parler comme le sénateur américain démocrate Byron Dorgan (cité dans le « Financial Times » du week-end dernier). Ce déchaînement ne date pas d’hier.

  • permalien Pierre :
    11 avril @20h54   « »

    Bretton Woods et la faim dans le monde

    Banque Monidiale : Robert Zoellick

    La Banque n’a pas autant investi dans l’agriculture que dans d’autres domaines, alors qu’elle est trois fois plus efficace pour faire reculer la pauvreté. Elle va donc participer à une nouvelle "Révolution verte" comme celle qu’a connue l’Asie, ce qui nécessite de revoir la chaîne alimentaire depuis le foncier, les semences, les engrais, l’irrigation et jusqu’à la commercialisation.

    F.M.I. : Dominique Strauss-Kahn

    « Les pays en développement doivent disposer d’un volume plus important d’aide extérieure et de ressources intérieures pour atteindre les ODM. [objectifs de développement pour le Millénaire]. Une forte croissance économique et un cadre macroéconomique stable demeurent indispensables pour réduire la pauvreté et accroître l’investissement dans la santé et l’éducation. »

    O.M.C. : Pascal Lamy

    ...
  • permalien Pierre :
    12 avril @00h14   « »

    A propos de l’O.M.C., tout de même...

    Tract de l’Organisation Nationale du Travail :

    Nous ne sommes pas dupes de l’argumentaire pseudo-humanitaire libéral selon lequel les OGM seraient la solution à l’éradication de la faim dans le monde. La vraie cause des famines est la disparition des cultures vivrières au profit de monocultures d’exportation imposées par l’OMC. La souveraineté alimentaire des peuples ne doit pas plier sous la volonté des multinationales agroalimentaires. Les OGM ont été créés et commercialisés sur un court terme, non pas dans un élan humaniste mais malheureusement et simplement pour réaliser un profit maximal.

    La souveraineté alimentaire prend forme aux États-Unis

    La souveraineté alimentaire commence à faire des petits aux États-Unis et l’absence d’entente prévisible à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avant 2009-2010 fournit une opportunité pour promouvoir cette alternative à la libéralisation sans garde-fou des marchés agricoles.

    Michel Barnier au Sénat - Paris demande une "initiative européenne pour la sécurité alimentaire"

    Enfin, M. Barnier réaffirme que l’Union Européenne ne doit pas accepter, dans les conditions actuelles, un accord à l’OMC "dont les pays les plus pauvres seraient les premières victimes".
  • permalien Pierre :
    12 avril @11h43   « »

    ... et l’O.N.U. ?

    (...)Pourtant, malgré les déclarations médiatiques, la plupart des gouvernements des pays riches renient l’engagement, pris en 1970 devant les Nations unies, de consacrer à l’APD 0,7 % de leur revenu national brut (RNB) – produit intérieur brut plus revenus « reçus du reste du monde ».
    (...) Cet objectif de 0,7 % n’est atteint que par quelques pays du nord de l’Europe – la Norvège, le Luxembourg, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas – alors que trois pays ne dépassent pas 0,2 % – l’Italie, les Etats-Unis et le Japon. Le 24 mai 2005, les pays de l’Union européenne ont avancé le chiffre de 0,56 % d’ici à 2010, et 0,7 % d’ici à 2015. Cette promesse a-t-elle davantage de chances d’être tenue que celle de 1970 ?
    (...) La définition des objectifs de ces dons et prêts est suffisamment floue pour laisser libre cours à de multiples manipulations statistiques. En fait, les principales activités financées sont très éloignées des besoins prioritaires des populations. L’examen des chiffres 2003 révèle que 12 % de l’APD ont été consacrés à des remises de dette, ne créant donc aucun flux financier positif pour les pays endettés. Et ce chiffre a quadruplé en trois ans. L’imposture vient du fait que bien souvent les créances annulées sont de vieilles créances douteuses.
    (...) Par ailleurs, la coopération technique – plus du quart de l’APD – englobe « les dons à des ressortissants de pays bénéficiaires de l’aide qui reçoivent un enseignement ou une formation dans leur pays ou à l’étranger » et « les paiements destinés à défrayer les consultants, conseillers et personnels analogues, de même que les enseignants et administrateurs en mission dans les pays bénéficiaires ». Pourtant, il est de notoriété publique que les enseignants de pays riches expatriés donnent souvent des cours dans des structures scolaires fréquentées majoritairement par les enfants des autres expatriés…
  • permalien Zulfikar :
    12 avril @12h24   « »

    L’opinion publique iranienne ne croit pas à une attaque imminente américaine

    C’est ce qui ressort d’un sondage publié sur le site World public opinion. Cf. Rapport complet sous format Pdf.

    - Page 12 : L’opinion publique iranienne et la menace américaine
    - Page 14 : L’opinion publique iranienne et la question du nucléaire
    - Page 18 : L’opinion des Iraniens sur leur gouvernement
    - Page 19 : L’opinion des Iraniens sur leur président : Mahmoud Ahmadinedjad

  • permalien K. :
    12 avril @13h15   « »

    IPS : L’UE rappelle sans cesse qu’elle est le plus important donateur international. Ainsi, le portrait que vous en faites risque de choquer les Européens qui pensent aider les pays en voie de développement.

    Tetteh Hormeku (avocat ghanéen travaillant pour le groupe ’Third Network Africa’) : Les gens qui croient cela accordent trop de confiance aux institutions européennes. L’UE joue un rôle de bandit dans les négociations internationales. Elle n’est pas différente des Américains. Mais, au moins, les Américains vous disent : "Je veux votre bière, votre bébé, et si vous refusez, je vous tuerai". Quant aux Européens, ils disent : "Je veux votre bière parce que c’est dans votre propre intérêt de me la donner".

  • permalien Pierre :
  • permalien Pierre :
    12 avril @14h21   « »

    500 millions de dollars pour nourrir le monde

    Regardez l’Afghanistan. En janvier 2007, le président de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, a lancé un appel pour obtenir une aide de 77 millions de dollars afin de fournir des aliments à plus de 2,5 millions de personnes. Une première pour un chef d’Etat du Moyen-Orient. Il a attiré l’attention sur un fait alarmant : le ménage afghan moyen dépense aujourd’hui, en moyenne, 45% de ses revenus pour la nourriture, par rapport à 11% en 2006. Pour les citadins, c’est pire : 75% de leurs revenus sont consacrés à l’alimentation. La guerre, les mauvaises récoltes et la multiplication des camps de réfugiés expliquent en partie cette situation. Mais le contexte économique régional en reste la principale cause.

  • permalien Pierre :
    12 avril @18h44   « »


    - Bien entendu que l’islamisme militant à une foultitude de sous mouvement, sans chef précis, sans coordination précise, c’est un réseau et c’est ce qui fait sa force par rapport à des entités tel un Etat. Encore un changement de paradigme.

    - Si le communisme n’était pas une menace militaire, à quoi ont servi les SS20, à quoi aurait servi les plans d’invasion de la RFA par l’armée rouge, pourquoi les révolutions de Budapest et de Pragues ont été écrasées dans le sang, pourquoi Cuba a installé des misilles sur son sol etc...

    Ben dit donc, vous en savez des choses Jugurta ! Vous êtes infiltré ou quoi ?

    A moins que vous nous ressassiez la bonne vieille rengaine maccarthyste du complot des ennemis mystérieux, fourbes et tentaculaires !

    Chasses aux sorcières, des communistes aux musulmans par Paul Labarique

    Une perception un peu assassine de liberté d’autrui, mais un écran tellement puissant pour masquer ses carences démocratiques !

  • permalien K. :
    12 avril @20h59   « »

    L’Orient-Presse d’aujourd’hui sur RFI était, et ça n’arrive pas souvent, intéressant.

    Dans le role du délirant, Mohammed Ballout, correspondant à paris ...d’As Safir !!!

    Je ne connaissais pas Patricia Allemonière de TF1 et j’ai été très agréablement surpris.

    Paul Khalifeh est égal à lui-meme, c’est à dire remarquable.

  • permalien saintyves :
    12 avril @21h25   « »

    Bonjour

    La belle Esther a ecrit :

    Et oui, quand cela va mal, ces gens veulent plus d’islam

    Comme toujours, les sionistes, (meme la belle Esther) n’hesite pas à recourir à la technique obsolete de l’amalgame dans leur discour, technique classique, dénoncée partout dans les sphères intellectuelles, sauf chez les sionistes islamophobes , et dans les cercles racistes "Amazigh" (clan de Jugurta). Etrangement ce sont ces deux sphères qui deffendent les politiques hégémonistes et sanguninaires des neoconservateurs de l’administration Bush, et des sionistes d’Israel.

    Voire :

    - les sionistes à l’oeuvre à Gaza - 11-04-2008

    8 morts dont 4 enfants et 28 blessés dans des frappes aériennes israéliennes à Gaza

    Par Maan News

    - Bush et ses neocon’s à l’oeuvre en Irak

    L’occupation US de l’Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ?

    par Michael Schwartz

  • permalien Pierre :
    12 avril @22h31   « »

    Le Monde.fr : Emeutes de la faim : un défi inédit pour l’ONU - Organisations internationales - 1/2

    l’ONU se prépare au pire. "Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l’ensemble du système d’aide alimentaire d’urgence soit incapable de faire face", prévient une note interne de l’ONU

    (...)

    la hausse des prix, qui pourrait se révéler non pas passagère mais "structurelle", risque de plonger dans l’"insécurité alimentaire" des millions de personnes.

    Parmi les défis qui attendent l’ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des "émeutes de la faim", comme celles qui ont secoué l’Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie...

    Ces troubles pourraient imposer "des interventions humanitaires hautement délicates" notamment en termes "de ciblage et de distribution", dans des périodes d’agitation et d’instabilité.

    (...)

    Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l’ONU selon laquelle, pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l’insécurité alimentaire. Cela "signifie que 1,2 milliard d’êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025 ; 600 millions de plus que précédemment anticipé", prévient le document. Parmi les pays en première ligne : l’Erythrée, la Sierra Leone, Madagascar, Haïti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe.

    (...)

    Bien que les groupes les plus vulnérables se trouvent traditionnellement dans des zones rurales, la nouvelle crise risque, selon l’OCHA [Bureau de la coordination des affaires humanitaires], "d’avoir un impact important sur les pauvres en milieu urbain".Le phénomène a commencé au Pakistan, où plus d’un tiers des 56 millions de citadins sont considérés comme vivant dans une situation "d’insécurité alimentaire".

    (...)

  • permalien Pierre :
    12 avril @22h31   « »

    Le Monde.fr : Emeutes de la faim : un défi inédit pour l’ONU - Organisations internationales - 2/2

    (...)

    Pour faire face, l’ONU devra aussi, selon l’étude de l’OCHA, envisager "des interventions alternatives", telles que la distribution d’argent liquide, de bons alimentaires, ou la mise en place de "filets de secours sociaux".

    (...)

    Jusqu’à présent, les modèles d’analyse de l’ONU se sont rarement appliqués à "des situations où il y a de la nourriture, mais où les gens n’ont pas de quoi se la payer", relève le document.

    (...) L’ONU pourrait par ailleurs aider les gouvernements touchés à trouver "les bonnes réponses". Cela pourrait passer par l’adoption d’une posture claire sur la question de la reconversion de terres agricoles pour produire des biocarburants. Cette tendance nouvelle a été qualifiée de "crime contre l’humanité", en octobre 2007, par Jean Ziegler, alors rapporteur des Nations unies sur le droit à l’alimentation, mais ni l’ONU ni ses agences humanitaires ou environnementales n’ont adopté de position définitive sur la question.

  • permalien Pierre :
    12 avril @23h32   « »

    Les Égyptiens ne voient pas la "main invisible".

    Membre de la délégation de l’Egypte à l’OMC, Saad Nassar exposait, en septembre 2002, la stratégie agricole égyptienne dans le paysage des négociations mondiales. Une posture résolument libérale, pour un secteur qui pèse encore 20 % du PNB du pays, et qui a connu plusieurs décennies d’intensive modernisaiton pour parvenir à l’autosuffisance puis à la sécurité alimentaire au sens large.

    Les accords égyptiens sur l’agriculture avec l’OMC :

    Les mesures prises ont porté sur la libéralisation des prix et de la commercialisation des principaux produits ainsi que sur l’élimination des subventions destinées aux intrants agricoles, la libéralisation des marchés des intrants et la suppression des subventions relatives aux taux d’intérêt des prêts agricoles. (...)Actuellement les pouvoirs publics n’exercent plus aucun contrôle sur le secteur agricole. Les seules exceptions restent le prix d’achat imposé pour la canne à sucre, la superficie maximum autorisée pour la riziculture et la répartition géographique des différentes variétés de coton, au niveau des districts (Siam, 1999). (...) Le programme d’ajustement structurel a eu peut-être des effets négatifs sur la répartition des revenus dans le sous-secteur agricole et sur l’instabilité des prix et des revenus, mais il a permis une amélioration importante de l’autosuffisance alimentaire au plan national, ce qui est un élément important pour la sécurité alimentaire. La superficie cultivée en céréales (blé, maïs et riz) a beaucoup progressé au détriment de celle réservée au coton et aux cultures fourragères.

    Si l’OMC a encouragé l’Égypte à un retour vers l’autosuffisance, elle lui a imposé une libéralisation des marchés qui a entrainé une spéculation sur les produits agricoles. Il semble que nous soyons dans le cas où "il y a de la nourriture, mais où les gens n’ont pas de quoi se la payer".

  • permalien Pierre :
    12 avril @23h51   « »

    Après les bulles sur le net, l’immobilier (subprimes), les matières premières, il semble que les vautours se jettent sur les matières premières agricoles :

    Fringale sur les produits agricoles

    La fable qui nous est offerte, c’est : "Les changements d’habitudes alimentaires dans les pays émergents et le développement des bioénergies nourrissent la hausse des matières premières agricoles."

    ... et les plus value nourrissent les portefeuilles des affameurs.

  • permalien saintyves :
    13 avril @00h25   « »

    Bonsoir

    Dans une declaration rapportée par le site alencontre le premier ministre egyptien, Ahmad Nazif met le doigt sur l’une des causes de la crise de la faim, inherente au sous developpement, il s’agit de de la corruption, fleau qui continue à ronger les societés du tier-monde, et dont les consequences produisent un effet nefaste sur tous les aspects de la vie sociale, dont le pouvoir d’achat, suivant le model : corruption, speculation, pénurie, hausse des prix, emeutes.

    Selon le premier ministre, Ahmad Nazif, c’est « la hausse des prix du blé sur les marchés mondiaux qui est à la base du problème, vient ensuite le trafic de la farine subventionnée ». Pour résoudre le problème, le gouvernement a décidé de séparer la production de la distribution. La Société des Egyptiens pour la distribution des services vient de voir la lumière. « Nous sommes chargés de prendre le pain subventionné des boulangers et de le distribuer à travers des points de vente dépendant de la société », explique le directeur tout en affirmant qu’un seul point de vente a été créé à Madinet Nasr. Une région qui ne souffre pas assez de la crise par rapport aux quartiers populaires du Caire !

  • permalien Zulfikar :
    13 avril @01h12   « »

    Le général Petraeus au gouvernement irakien : il faut reconnaître la légitimité du mouvement de Muqtada Sadr

    Il faut vraiment arrêter net le whisky pour pouvoir suivre la politique américaine...

  • permalien Pierre :
    13 avril @07h58   « »

    Famine, diététique, charité, pouvoir... et fables

    Dans une étude intitulée "Pauvreté et richesse dans le monde musulman méditerranéen", J. P. PASCUAL, nous montre comment l’enrichissement n’entraine pas forcément un augmentation de la consommation des aliments de base, mais par une augmentation de la variété et de la qualité des aliments.

    Elle montre aussi la complexité des rapports qui s’établissent dans une sociétés, à travers le développement de la charité et la montée du pouvoir des généreux redistributeurs, pourquoi ces situation risquent de se pérenniser.

    Elle montre enfin comment un tel système génère ses propres mécanismes économique et détourne les dons au profit des donateurs.

    (...) La lumière demeure un luxe rare puisque même les demeures les plus aisées ne peuvent se prévaloir que de deux chandeliers. Comme pour les habitudes alimentaires, la variété et la qualité caractérisent les riches et définissent une hiérarchie au sein de ce groupe.

    (...) A partir des listes de bénéficiaires de distributions alimentaires dans l’‘imâra de Jérusalem, A. Singer démontre l’utilisation politique de cette institution par les autorités ottomanes : comme le waqf, l’‘imâra sert davantage à s’attacher une élite locale qu’à secourir les nécessiteux. L’auteur dispose de quatre registres grâce auxquels elle peut suivre l’évolution des dépenses de la fondation, comme du nombre et de la personnalité de ses bénéficiaires. Il est frappant de constater l’écart entre la souplesse d’interprétation du texte fondateur (autorisant à ajouter de nouveaux bénéficiaires au gré des besoins politiques) et l’hérédité de ce titre de bénéficiaire.

    (...) Il est donc logique de s’interroger sur l’utilité de l’‘imâra dans la lutte contre la pauvreté, surtout dans un contexte d’exclusion progressive des mendiants et des pauvres des villes. L’étude des textes fondateurs des grandes institutions souligne le peu de place réservée aux pauvres : l’essentiel des paiements est consacré à l’entretien de l’‘imâra et aux salaires de ses employés. Les bilans comptables de trois ‘imârât au XVIe siècle, récapitulés dans trois tableaux, montrent l’absence des pauvres comme catégorie définie de bénéficiaires. La multiplication des foyers de pauvreté au cours du XIXe siècle renforça l’insuffisance de l’‘imâra dans la lutte contre la paupérisation et contraint à la création de nouvelles institutions telles que les maisons d’asile et les hôpitaux.

  • permalien K. :
    13 avril @10h19   « »

    @ St Yves

    Concernant les déclarations du premier ministre egyptien, Ahmad Nazif sur la corruption comme une des causes de la crise de la faim, “inherente au sous-developpement”.

    StYves, ce que Ahmad Nazif oublie de préciser c’est que

    1- lui et ses pareils sont une des causes du sous-developpement qui conduit à la corruption et la crise de la faim.

    2- au Moyen-Orient la corruption est savamment orchestrée aux plus hauts échelons de l’état par l’intermédiaire de personnes qui ne sont que des sbires. Pour preuve, exceptionnelles sont les arrestations de corrompus.

    À la limite l’augmentation des subventions n’est qu’un moyen supplémentaire pour les “élites” politiques de renflouer leur propre compte en banque.

  • permalien K. :
    13 avril @11h29   « »

    Hors sujet, juste comme exemple de langage psychotique :

    Le département US de la défense va livrer au Liban un équipement militaire d’une valeur de $7.2 million pour que puisse etre constituée une “unité spéciale de combat contre le terrorisme”.

    Le département de la défense justifie cette requete auprès du président Bush par la nécessité de combattre l’influence déstabilisatrice sur le Liban de l’Iran et de la Syrie à travers le Hezbollah.

    En clair, Le département US de la défense va livrer au Liban un équipement militaire pour aider à créer une guerre civile au Liban, à travers les milices du gouvernement libanais.

  • permalien Pierre :
    13 avril @11h53   « »

    "Pourquoi participer puisque tout est joué d’avance", ont dit les chefs, encore libres, de la confrérie. »

    Friedrich ENGELS dans son introduction à Les luttes de classes en France (1848-1850) de K. Marx apporte un élément de réponse :

    Lorsque Bismarck se vit contraint d’instituer ce droit de vote comme le seul moyen d’intéresser les masses populaires à ses projets, nos ouvriers prirent aussitôt cela au sérieux et envoyèrent August Bebel au premier Reichstag constituant. Et à partir de ce jour-là, ils ont utilisé le droit de vote de telle sorte qu’ils en ont été récompensés de mille manières et que cela a servi d’exemple aux ouvriers de tous les pays. Ils ont transformé le droit de vote, selon les termes du programme marxiste français de moyen de duperie qu’il a été jusqu’ici en instrument d’émancipation .

    ... si « La Maison Blanche a exprimé, par la voix de son porte-parole, sa préoccupation à la suite « des informations selon lesquelles les élections municipales du 8 avril ont été caractérisées par de nombreuses violations. » il est fort à penser que comme Bismark et pour des raisons qui lui sont propres ladite Maison Blanche, a besoin d’intéresser les masses populaires en Égypte à ses projets.

    ... avis aux chefs, encore libres, de la confrérie !

  • permalien Pierre :
    13 avril @20h09   « »

    Les responsables anonymes égyptiens, sont soumis urbi et orbi à la pression des affamés.

    À la frontière avec Gaza Les troupes égyptiennes en état d’alerte

    Selon ce responsable qui a requis l’anonymat, les hommes du Mouvement de la résistance islamique s’apprêteraient à démolir à coups de bulldozer le mur qui sépare l’Égypte de l’étroite bande côtière palestinienne et faire exploser le principal point de passage avec des mines.

    Cet état d’alerte survient au lendemain de la déclaration d’un responsable politique du Hamas, Khalil al-Haya, estimant que « la situation n’était plus supportable » à Gaza et menaçant d’ouvrir à nouveau des brèches dans le mur de séparation.

  • permalien Pierre :
    13 avril @20h50   « »

    L’odeur du pain et de la vie

    Tandis que l’odeur du pain baladi (de pays) s’échappant des fours flottait dans l’air, à l’extérieur de cette boulangerie gouvernementale, les esprits se sont échauffés.

    En arabe égyptien, le mot qui désigne le pain est aish - la vie - et en obtenir suffisamment est vraiment une question existentielle. "Ce mot est lourd de sens", dit Mohammed Sayyid Saïd, un intellectuel de gauche. "C’est l’élément de base de la vie".

    "Je suis arrivée ici avant six heures et voici ce que j’ai obtenu", ronchonne Oum Islam, le visage déformé par la colère.

    "Il y a six mois, les ministres égyptiens faisaient allusion à la recherche de moyens pour mettre fin ou réduire les subventions", dit un diplomate. "Ils se sont fourvoyés en eaux troubles. Cette discussion est désormais close".

    "La pauvreté en elle-même ne blesse pas", dit Abdel-Wahhab el-Massiri, du mouvement d’opposition Kefaya. "Ce qui fait mal, c’est l’inégalité dans un pays où 20 millions de personnes vivent dans des taudis et où vous avez quelques-uns des meilleurs parcours de golf du monde".

    Egypte : Un pays en lutte où le pain est la vie

  • permalien K. :
    13 avril @23h37   « »

    Pour Info. “Pendant que le monde a les yeux tournés”, le veuf de Benazir Bhutto, Asif Zardari (“monsieur 10%”), présenté comme pis qu’Iznogoud par China Hand, serait en train de déblayer le terrain pour assurer le triomphe d’un triumvirat comprenant sa propre personne, Mousharraf et les Etats-Unis, en créant des alliances avec les pires des gredins (selon China Hand) de la scène politique pakistanaise, alliances qui compenseraient le probable prochain retrait de Nawaz Sharif.

    China Hand affirme que ce faisant Asif Zardari est en train de paver le chemin du Pakistan vers “l’enfer”.

  • permalien saintyves :
    13 avril @23h59   « »

    @ K

    1- lui et ses pareils sont une des causes du sous-developpement qui conduit à la corruption et la crise de la faim.

    2- au Moyen-Orient la corruption est savamment orchestrée aux plus hauts échelons de l’état par l’intermédiaire de personnes qui ne sont que des sbires. Pour preuve, exceptionnelles sont les arrestations de corrompus.

    EN effet Tu as tout a fait raison, et ce qui est plus grave, c’est l’impunité dont bénéficient ces corrompus, à cause de l’influence des sphères de pouvoir sur l’appareil juridique.

    Y a-t-il un économiste dans la salle (forum), qui pourrait éclairer mes lanternes à propos de la relation entre le crash financier américain, et la crise economique mondiale, sur fond des emeutes de la faim, et aussi sur la réaction en chaîne qui a conduit à cette situation.

  • permalien Zulfikar :
    14 avril @02h43   « »
    @saintyves

    Salut sainthomme (Jazakoullahkhayran),

    Je te conseille ce lien Immobiler américain & Subprimes : Crime financier et Châtiment qui reprend 2 articles sur ce thème :

    - Quand la finance prend le monde en otage, le Monde Diplomatique de septembre 2007, par Frédéric Lordon (économiste) et
    - Immobilier américain, la crise risque de s’aggraver, Le Monde du 19/09/07, par Maguy Day et Isabelle Rey-Lefebvre

    En résumé,la crise des subprimes a pour origine l’effondrement des valeurs internet qui a duré jusqu’en mars 2003. On a parlé de krach lent. La tendance baissière du marché a commencé précisément à partir de mars 2000 et a pris fin en mars 2003, date coïncidant avec le début de la dernière guerre d’Irak.

    Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed, a, dès janvier 2001 baissé les taux directeurs de la banque centrale américaine de façon régulière, passant de 6.5%, en janvier 2001, à 1% en juin 2003 - taux historiquement bas.

    En baissant les taux, il a stimulé le marché des crédits et a permis aux investisseurs institutionnels de compenser leur perte sur les marchés actions en investissant massivement sur l’immobilier, notamment en ayant recours à la titrisation (cf. Wikipédia). Le problème c’est que ces titres étaient mal évalués en termes de risques.

    Actuellement, l’envolée des matières agricoles est dûe, en grande partie au succès des biocarburants, car le développement des usages non-agricoles du blé se répercute sur les autres céréales, dans un contexte favorable aux carburants végétaux...et également la spéculation des fonds alternatifs (hedge funds).

    Les marchés actions internationaux ont connu une croissance moyenne de 5% en 2007,tandis que le blé s’appréciait de 70%

    En septembre 2007, la bourse de Londres a lancé de nouveaux, exchange traded funds (ETF) sur les matières agricoles ; en France nous appelons les ETF, trackers : ce sont des actions qui répliquent l’indice boursier (exemple tracker sur le Cac 40).Ce sont les produits vedettes de la gestion de portefeuille collective (dite passive) car ils évoluent en parfaite corrélation avec le marché (indice boursier). La création de ces produits n’est pas une bonne nouvelle. Les autres bourses continentales européennes vont très probablement suivre.

    En gros, un krach prépare le terrain au suivant : les investisseurs n’aiment jamais perdre et doivent compenser ailleurs. Sachant que le taux de rentabilité exigée est aux alentours de 15% annuel, il existe une inflation des profits très encouragée pour ces investisseurs institutionnels, mais pas pour le reste de la population qui, eux, doivent s’accomoder du gel de leur salaire pour cadrer avec l’objectif des 2% d’inflation de la BCE

    Bien amicalement.

  • permalien Pierre 1/2 :
    14 avril @08h38   « »

    @saintyves

    Y a-t-il un économiste dans la salle (forum), qui pourrait éclairer mes lanternes

    Bien que pas économiste, je me permets de vous soumettre mon point de vue sur le sujet :

    Votre question en apparence simple, appelle une réponse à laquelle toute la littérature du monde depuis l’invention de la Démocratie, (et la querelle des platoniciens et des aristotéliciens) n’a toujours pas su répondre.

    Est-ce que les lois protègent la société contre les individus ou est-ce le contraire. Pour les "libéraux", les lois sont perçu comme une entrave au développement de l’individu.

    L’économiste (libéral) Ricardo, a énoncé un principe, qui décrète que le protectionnisme est une entrave à l’enrichissement, et une autre dite de "l’avantage comparatif" (l’intérêt de la Grande Bretagne, à ce moment, consistait à spécialiser les productions des colonies sans se soucier de leurs réalités vitales dans l’unique but de faire baisser les coût de production).

    Le mode de fonctionnement des libéraux, consiste a produire des théories en fonction du profit qu’ils peuvent en tirer sur le moment et le rôle de l’économie pour les libéraux, c’est d’en vérifier l’éventuelle réalité.

    A chaque effondrement du système libéral (c’est à dire de la non vérification de la justesse des théories), les sociétés humaines se protègent par des lois contre les prédateurs,la dernière après l’effondrement de 1929 étant le keynésianisme. Les organismes de Bretton Woods ont étés créés pour protéger les états.

    Les libéraux (renommés néo) ont noyauté les organismes de Bretton Woods pour en faire un Cheval de Troie de la dérèglementation et imposer aux pays fragilisés par une dette illégale (conséquence de la colonisation), des agricultures industrielles au seul profit des pays riches, qui leur revend leurs excédents agricoles subventionnés.

  • permalien Pierre 2/2 :
    14 avril @09h15   « »

    Les capitaux à la recherche de plus-values se déplacent à la vitesse des dérèglementations, parce que c’est à ce moment que les caisses collectives s’ouvrent et que la spéculation (achats/ventes à seule fin de faire monter les prix) devient possible et comme d’habitude au moyen d’une rhétorique criminelle.

    Les pays qui suivant les principes de Ricardo se retrouvent obligés, par le FMI, la Banque Mondiale ou l’OMC d’abandonner leur agriculture vivrière, au profit de cultures intensives (colza, café, cacao, coton etc.) qui appauvrissent les sols, ils deviennent dépendants des marchés financiers quant à leur alimentation (phénomène amplifié par la dépendance de plus en plus forte de céréaliers transgéniques comme Monsanto).

    Parce que le maitre mot de tout ça, c’est la financialisation de l’activité humaine. Ainsi le risque que prend un banquier pour prêter de l’argent à un particulier (donc de ne pas être remboursé), est supprimé si le banquier a la possibilité de garantir son profit par la titrisation de ce risque. Dès que les subventions développées par les pays en dépendance alimentaire, sont supprimés par les gouvernement, les prix sont soumis aux caprices de marchés complètement détachés des réalités et protégés d’une part par des produits financiers dérivés (assurances) et d’autre part par les états eux-même (Banques centrales B.C.E. B.M.) soumis au chantage de la récession.

    Ainsi les bulles spéculative sautillent allègrement d’une activité humaine à l’autre, en toute impunité, en suivant le jeu de la patate chaude, sachant que de toute façon il n’ y aura pas de perdant, car les états paieront les dégâts en dernier ressort.

    J’abrège car le sujet est infini.

    Amicalement.

  • permalien Zino :
    14 avril @09h29   « »

    Je pense qu’avant de penser à instaurer une démocratie, il faut réunir des conditions de vies dignes des êtres humains, et que ces régimes arabes qui sont pour la plupart soutenus financiérement et mediatiquement par l’occident ne sont pas prêts de disparaitre tant qu’il y aura de l’or noir en jeu.

    Les préoccupations des millions de pauvres, ne suciteront que des enjeux politiques à court terme, et ne profiteront à aucun parti politique, tant que les injustices demeureront.

  • permalien Pierre :
    14 avril @10h32   « »

    Quand le libéralisme, qui au passage ne se mouche pas du pied, appelle "au secours" les démocraties :

    Ce n’est pas faire injure au libéralisme de souhaiter que les démocraties reprennent vite la main sur la comptabilité, sans laquelle la confiance des investisseurs ne peut exister de manière durable. Ce n’est pas seulement une question conjoncturelle liée à la crise du moment. C’est un problème structurel. De la comptabilité dépendent les faits et gestes des grands groupes, comme les humeurs des marchés financiers, c’est-à-dire des acteurs de la mondialisation. C’est donc une question bien trop cruciale pour être laissée aux mains d’une poignée de professionnels, fussent-ils dotés de la meilleure volonté du monde.

    peu importe que ce soit faire injure à la Démocratie, que de la cantonner au rôle de comptable (entendre : trésorier/payeur) d’une poignée de professionnels, fussent-ils dotés de la meilleure volonté du monde.

  • permalien Pierre :
    14 avril @13h19   « »

    @SaintYves

    Quelques avis éclairés des plus grands spécialistes de la science économique.

    Je ne résiste pas une citation de Charles P. Kindleberger, historien de l’économie : « Quand tout le monde agit follement, l’attitude rationnelle consiste à être soi-même fou. » - Histoire mondiale de la spéculation financière - éditions P.A.U., indispensable pour ceux qui veulent comprendre dans quel monde ils vivent.

  • permalien Pierre :
    14 avril @18h13   « »

    La spéculation financière accusée

    Le développement des biocarburants, considérés par de nombreux pays comme un moyen de réduire leur dépendance au pétrole, a radicalement changé la donne. Des milliers d’hectares de maïs, de blé, de soja et de sucre ont ainsi été détournés... à des fins plus rentables.

    Depuis 2007, les courtiers ont investi des milliards dans les céréales et les produits tropicaux. Ce nouveau dada participe de manière significative à la hausse des prix, qui provoque aujourd’hui de nombreuses émeutes de la faim dans les pays en développement : selon la Banque Mondiale, l’alimentation représente jusqu’à 70 % des salaires dans ces pays.

    Les « hedge fund » favorisent la famine Pour Jean Ziegler, rapporteur de l’ONU pour l’alimentation, il ne fait pas de doute que les « hedge funds » pèsent dans la flambée de famine qui sévit actuellement. Il dénonce notamment le rôle de la bourse des matières premières de Chicago, dont les règles spéculatives sont, selon lui, trop permissives. Jean Ziegler montre également du doigt le Fond Monétaire International qui ne soulage pas la dette des pays pauvres. Face à ces multiples causes, l’ONU a-t-elle les moyens de régler la crise alimentaire mondiale ?

  • permalien Zulfikar :
    14 avril @18h59   « »

    L’idée d’une guerre préemptive contre la Syrie semble tenter Ehoud Olmert.

    L’armée israêlienne étant incapable de casser la résistance du Hezbollah et du Hamas, le gouvernement israelien pencherait pour une attaque éclair du type de celle de 1967 dont l’objectif serait de casser la Syrie afin de briser la chaine de ravitaillement en armes du Hezbollah.

    Ces derniers jours, des manoeuvres militaires israeliennes de grande ampleur -les plus importantes depuis 1948 - ont été observées près des frontières israelo-syro-libanaises.

    La guerre d’Irak a focalisé l’attention du monde entier sur cette région et a fait " rétrograder " la question palestinienne au second plan. Le gouvernement israelien en a bien profité et a continué "sa guerre d’indépendance" selon les termes employés par Ariel Sharon.

    Casser les résistances du Hezbollah et du Hamas en frappant la Syrie s’inscrit dans le cadre de l’agenda américain consistant à créer un nouveau Proche-Orient.

  • permalien K. :
    14 avril @20h56   « »

    - Mahmoud Hamdi Zaqzouq, ministre des Affaires religieuses d’Egypte, dit aux Imams de son pays ce qu’ils doivent dire : “Ceux [les manifestants des émeutes de la faim] qui essayent de détruire notre pays sont des hors-la-loi et n’en font pas partie.”

    - Manifestants egyptiens blessés enchaînés à leurs lits d’hôpital. Une photo est disponible sur le site anglais de Almasry-Alyoum. Une autre photo ici.

    - Mais tout ça ne sera bientot qu’un mauvais souvenir, nous rassure, contrairement à Jean Ziegler, Guillaume Daudin. Au passage il nous apporte d’excellentes nouvelles d’Afghanistan :

    Concernant ce qu’il [Jean Ziegler] appelle "l’hécatombe annoncée", je reste très sceptique. Cette affirmation me paraît très bizarre. D’ailleurs, les famines sont dues à des problèmes de redistribution plus qu’à des pénuries de denrées. Je ne pense pas qu’il y aura une très longue période d’émeutes ou de conflits. Nous sommes vraiment dans une crise conjoncturelle, pas dans une crise de long terme. Dans deux ou trois ans, tout le monde se sera adapté à la demande et les capacités de production seront remises à niveau. Pour l’anecdote, la culture de blé a supplanté récemment celle du pavot en Afghanistan, qui n’est pas, à proprement parlé, un pays qui fonctionne sur des mécanismes de marché.

  • permalien K. :
    14 avril @21h36   « »

    @ Zulfikar.

    Un excellent article de Khaleej Times traduit par Contre-Info, sur le sujet que tu as abordé.

  • permalien Pierre :
    14 avril @22h04   « »

    Grèves illégales...

    L’Egypte met en garde contre un appel à la grève générale

    Ils n’ont qu’à manger de l’éthanol ! Par Sharon Smith

    En Egypte, où les manifestations et les grèves sont illégales, des milliers d’ouvriers du textile et de sympathisants se sont soulevés les 6 et 7 avril à Mehalla el-Kobra contre les prix alimentaires élevés et les bas salaires. Au cours de la nuit, la police a occupé l’usine d’Etat Misr Spinning & Weaving, afin d’empêcher les ouvriers de faire la grève comme ils avaient projeté. Mais les manifestants ont riposté en incendiant des bâtiments et en lançant des briques sur la police qui les aspergeait de gaz lacrymogène. La répression de la police n’a pas réussi à effrayer ces manifestants, elle a plutôt nourri leur colère.

    jeûne autorisé...

    Environ 40% des Egyptiens survivent avec moins de 2 dollars par jour, tandis que le prix du pain non-subventionné a été multiplié par dix ces derniers mois et que le prix du riz a doublé en une seule semaine. Le salaire minimum national est resté inchangé depuis 1984, à 115 livres égyptiennes par mois [14 €]. Les ouvriers de Mehalla demandent un salaire minimum national de 1.200 livres par mois [145 €] - ce qui laisserait encore une famille de quatre en dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour.
  • permalien Lou :
    14 avril @22h35   « »
    L’OTAN, après le dernier sommet de Bucarest

    L’enregistrement est mauvais mais le fond de l’émission est fort intéressant.

    L’OTAN, après le dernier sommet de Bucarest en compagnie du géographe diplomate Michel Foucher et de Dominique David, rédacteur en chef de la revue Politique étrangère, la revue de l’IFRI, l’Institut français des relations internationales.

    RFI

  • permalien Zulfikar :
    15 avril @00h57   « »

    @K,

    Merci beaucoup pour le lien, cela m’évite de traduire les miens.Tâche longue et fastidieuse.

    Une guerre silencieuse contre l’Iran a commencé. Si la probabilité que cela ne soit pas imminent, il est fort à parier qu’un enlisement soit à craindre avec la prochaine administration américaine... Surtout si McCain est élu.

    McCain a prévu une guerre de cent ans ; les pauvres Irakiens n’ont plus qu’à espérer une nouvelle Jeanne d’Arc, ou plutôt Jeanne d’Irak.

    Mais la Chine, le Japon et l’Arabie saoudite accepteront-ils de financer une troisième guerre bushienne ? Et la Russie acceptera-t-elle la mainmise américaine sur l’Iran ? L’opinion publique américaine suivra-t-elle ?

    Bien amicalement.

  • permalien Pierre :
    15 avril @06h53   « »

    Selon Corinne Lepage, l’OMC, accuserait les consommateurs et le climat de ne pas respecter les théories économiques.

    Les causes de cette situation sont multiples : demande accrue soulignée par Pascal Lamy, directeur général de l’OMC liée à l’émergence de classes moyennes en Chine et en Inde,. « qui consomment de plus en plus de poulet et de porc, eux-mêmes transformateurs de céréales ». mais surtout, offre alimentaire en berne due au changement climatique (inondations au Bangladesh, intempéries en Chine, sècheresse accrue ...) et à l’essor des agrofuels qui n’ont rien de biocarburants.

    du coup, Les amis de Monsieur Lamy (une poignée de professionnels, fussent-ils dotés de la meilleure volonté du monde), sont désemparés :

    En octobre dernier, nous avions préconisé d’acheter des certificats pour jouer la poursuite de la hausse des cours du blé. Le prix de la céréale s’envolait alors de 32% en raison des dégâts causés par la sécheresse australienne. Les craintes d’un déséquilibre entre l’offre et la demande soutenaient alors les cours du blé. Notre stratégie, gagnante dans un premier temps, s’essouffle désormais, les certificats 1171N d’ABN Amro perdant 5%. Nous préférons solder la position.
  • permalien Pierre :
    15 avril @07h39   « »

    Hactivist News Service : Bruxelles, le 20 décembre 2002 (La Libre Belgique, mardi 10 décembre 2002, par Marie-France Cros )

    En effet, malgré le fait que, dans une économie de marché comme la nôtre, où tout s’achète et tout se vend, les pauvres en général et ceux du Sud en particulier ne disposent pas d’assez de moyens financiers pour se nourrir suffisamment, cela n’empêche cependant pas les tenants de l’économie néolibérale de refuser, au nom des prétendues lois du sacro-saint marché, tant les redistributions gratuites et systématiques de produits alimentaires excédentaires du Nord aux populations pauvres du Sud que les ventes de ces mêmes denrées à des prix que les pauvres pourraient payer. De plus, les théories capitalistes qui favorisent la création artificielle de la rareté et la fixation du prétendu "juste prix" justifient aussi bien la destruction honteuse des excédents alimentaires occidentaux que leur écoulement via une aide humanitaire urgente et limitée ; elles légitiment de surcroît les illogiques compensations financières qui incitent de nombreux agriculteurs du Nord à limiter voire à arrêter leur production.

    Les Programmes d’ajustement structurel, enfin, imposés dans le cadre de la mondialisation néolibérale aux pays du Tiers Monde par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, avec l’assentiment intéressé d’une partie des dirigeants locaux, et qui consistent notamment à développer les monocultures d’exportation dont l’Occident a besoin au détriment des cultures vivrières locales, contribuent en outre à rompre le fragile état d’indépendance alimentaire que la plupart des pays pauvres avaient connu jusque-là. Cette désorganisation inavouée des économies des pays du Sud est surtout profitable aux pays riches dont les industries et les populations bénéficient rapidement de l’offre de matières premières agricoles à des prix fixés avantageusement par la Bourse des matières premières agricoles de Chicago, alors que ce prétendu remaniement organisationnel nuit beaucoup aux économies des pays du Sud dont les marchés se trouvent en retour inondés non seulement par des produits industrialisés à partir de leurs propres matières premières, mais aussi par d’autres produits agricoles venant du Nord et financièrement très concurrentiels parce que largement subsidiés par leurs pouvoirs publics.

    HNS-info : Pas de famine sans faim !

    ... on ne pourra pas savoir
  • permalien Pierre :
    15 avril @10h22   « »

    Selon Attali la spéculation serait une conséquence du développement de la pauvreté :

    « La spéculation et l’écart entre l’offre et la demande, explicable par une pauvreté "considérable" au niveau mondial, se retrouvent dans les deux cas », affirme ainsi le président de la commission pour la libération de la croissance française.
    ... selon lui la “croissance” sera venu à bout de ce qui pour lui ara été "la crise de 2008" :
    "La grande différence avec la crise de 1929, c’est le potentiel de croissance de l’économie mondiale et son ouverture", explique Attali
    ... vu la "liberté" de ses propos tout laisse à croire qu’il fait allusion à la croissance du crétinisme ambiant.

    ... libérer la croissance et interdire la pauvreté... merci Jacquot !

  • permalien K. :
    15 avril @10h50   « »

    La situation du M-O expliquée aux “leaders du Golfe” par Tzipi Livni : “La menace c’est l’Iran, non pas Israel.”

    Non Madame, la menace pour Israel est encore plus l’Israel de Tzipi Livni que l’Iran.

  • permalien saintyves :
    15 avril @11h45   « »

    Bonjour

    Merci Zulfikar et Pierre pour tous les liens et precisions.

    Une auteur egyptienne Bissant Rachad, qui se reclame d’Al Azhar, vient de publier un pamphlet sur la necessité de revision de la Sunna en Islam, son livre souleve une grande polémique, et une offensive mediatique de la part de quelques "Muftis" officiels, affaire à suivre.

    ci-dessous son interview transcrite, avec la chaine Al Arabia (pour les arabophones)

    Eclairage : Bissant Rachad (إضاءات : بسنت رشاد( كاتبة مصرية)

  • permalien Zulfikar :
    15 avril @13h38   « »

    @saintyves (jazzkoullahkhayran)

    J’ai lu rapidement l’interview de Bassant Rashad. Son livre, qui a été présenté à la foire internationale du livre du Caire en janvier dernier, a pour sujet la vie intime et sexuelle du prophète de l’Islam.

    2 remarques :
    - 1.le timing de la parution, janvier 2008, soit à quelques semaines des élections municipales...dont les Frères musulmans ont été 99% exclus.Cette formule - la provocation- est une pratique bien connue pour attiser les passions et attirer l’attention des médias occidentaux. Le gouverenement algérien l’a déjà fait.

    - 2. L’incompétence de l’auteur. Elle ne justifie pas ces sources et de plus elle remet en cause les hadith rapprotés par Boukhari - ce qui n’est pas en soi condamnable - , mais encore faut-il qu’elle en est les compétences.Or, Bassant Rashad n’a pas de formation religieuse adéquate pour un tel travail.

    Ce qui m’a frappé, en cherchant sur le Net, c’est l’absence de liens qui traite du contenu du livre et des sources de l’auteur - qui semblent nuls.

    Comme d’habitude, c’est l’aspect "sensationnel" et polémique qui a retenu l’attention.

    "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose", disait Bacon.

    Bien amicalement

  • permalien aromar :
    15 avril @13h49   « »

    Je tiens à préciser les points suivants :

    —> ISLAM
    - Les musulmans sont les plus pauvres de la planète. Il pleut moins dans les terres musulmanes. il y a de la colonisation partout et au cours de l’histoire. Il y a des richesses comme le petrol ce qui assoiffe les impérialistes ouevrant pour les intérêts des capitalistes.
    - Les guerres sous pretexte de lutte contre le terrorisme islamiste n’est qu’une façade pour approprier les richesses des pays musulmans, employant pour cette fin les médias diabolisant l’islam et les musulmans, crédibilisant et justifiant ainsi tout traitement abusif contre eux ; à titre d’exemple le centre de détention défiant tous drois et toutes lois humaines "Gointanamou".
    - L’Islam était, contrairement à ce que croit la plupart, le précurseur du développement des sciences. revenez SVP à l’histoire et remarquez le début de l’islam les sciences se sont développées grâce à des savants musulmans (pas seulement arabes).
    - Il existe de nombreux textes sacrés de l’islam incitant à la recherche scientifique.
    - Il existe de même pour l’exercice de la démocratie. le mot "choura" qui signifie échange de points de vue, concertation, consensus ... pour la prise des décisions à intérêt collectif.
    - Le seul et unique Dieu de l’univers n’a besoin ni d’une femme ni d’un fils ni de la nourriture ni monde entier. nous (humains) sommes comme des petites poussières dans un vaste univers

    —> EGYPT
    - L’Egypt est un desert sauf le contour du "Nil" avec une population d’environ 80 millions d’habitants. Donc l’importation en denré alimenataire est couteuse pour le pays.
    - La corruption c’est grave en Egypt.

    CONCLUSION :
    - L’Egypt a besoin de l’islam pas le contraire.
    - les puissances mondiales et leurs alliés au pouvoir en Egypt s’entraident pour que les islamistes n’accèdent pas au pouvoir.

  • permalien Pierre :
    15 avril @14h06   « »

    L’islam branché de la bourgeoisie égyptienne par Patrick Haenni et Husam Tammam.

    Trente ans après les débuts de la vague de l’islam politique, qui semblait devoir emporter l’egypte et le monde arabe, on assiste à une nouvelle forme d’usage de la religion, plus compatible avec les valeurs de la mondialisation libérale. Le foulard se porte selon les standards de la mode internationale, tandis que des télévangélistes vantent le succès individuel et le « souci de soi ». Mais ce libéralisme islamisé ignore les problèmes de société qui déchirent le pays.
  • permalien aromar :
    15 avril @14h19   « »

    @ pierre l’Egypt est tenue par la force d’un pouvoir militarisé tenant sa crédibilité d’un soit disant parti poloitique qui est le seul autorisé à être effectivement actif. Les islamistes sont maintenant les seuls qui ont pu faire face à ce régime d’exception depuis des dizaines d’années conduisant le pays vers la faille.

  • permalien Pierre :
    15 avril @14h30   « »

    @aromar,

    L’article est de 2003, il décrit, entre Islam politique et Islam traditionnel, une troisième voie qui est un Islam néo-libéral, qui se fiche éperdument (d’apès l’article) des besoins du peuple.

    Nous sommes en 2008 et des gens se font tuer dans des manifestation contre une famine qui est la conséquence directe des mesures libérales revendiquées par le gouvernement égyptien.

    Je ne juge pas, je constate.

  • permalien aromar :
    15 avril @15h10   « »

    @ pierre : merci pour les éclairages. Juste à signaler : La doctrine musulmane encourage les iniciatives privées, l’économie libérale et demande aux croyants de ne pas être jaloux des richesses des autres. Mais au contre parti, elle oblige les riches à donner une aumône (au voisinage de 10%)de leur épargne accumulé annuellement aux pauvres et nécessiteux. on ne peut rien reprocher à un musulman bon vivant répondant à ses obligations (zakate abligée et charité facultative).

  • permalien yasmina :
    15 avril @15h22   « »

    bonjour Zulficar et Styves : la meilleures biographie du Prophète que j’ai lu à ce jour est celle d’un specialiste en islam/ sociologue antropologue/ Universitaire Hichem Djait( issue d’une famille d’érudit et grand Sheikh ) l’avantage de cette biographie est qu’elle est ecrite par un musulman croyant qui connait le Coran par coeur depuis l’enfance et a grandi dans une famille parlant une langue chatiéé et pleine d’érudition. La traduction française a été faite par l’auteur lui m^me car il est parfaitement bilingue français/arabe. Ca s’appele MUHAMMAD est c’est 3 livres. L’auteur fait une approche antropologique. On y appends une foule de choses sur la société en Arabie à cette epoques. les tabous, les interdits, les valeurs tribales, le statut des femmes, les Puissances politiques en presences... Etc c’est costaud et laborieux à lire car il faut se concentrer. Par exemple l’auteur nous exlique pourquoi un verset du Coran autorise le prohète à épouser Zeineb ?!!! On y apprends que Zeineb était la cousine maternelle du prohète et que le marriage entre cousin était un tabou tout comme le fait de se marier avec un conjoint de son propre clan . Les arabes étaientt exogames tout comme les nomades d’asie les Turc et mongols qui ont su crer un vaste empire en se déplaçant toujours vers l’ouest à la recherche d’épouses et de buttin .

    Par ce verset, le coran autorise le marriage entre cousins. Ensuite l’auteur démolit la version des orientaliste qui ont inventée une version où on montre le Prophète qui découvre par hazards une belle femme et qui l’a desire ! Alors que c’est sa cousine, qu’il l’a toujours connue belle et qu’il a lui même marié à Zeid. En fin l’auteur nous explique comment par ce marriage, l’adoption est interdite. Les liens de sang sont au dessus des liens magiques( allaitement, adoption) pour l’heritage par exemple.

  • permalien yasmina :
    15 avril @15h45   « »

    @aromar : le taux d’imposition de la Zakat est 2,5 % par an sur la valeur du patrimoine..... qui sera épuisé au bout de 40 ans si vous ne travaillez pas. L’Islam interdit de vivre en parasite.

    Je vous conseille de lire( ou relire ça dépend, personnellement je l’ai étudié en classe terminale) le contrat social de Rousseau. Etrangement c’est en meditant LA CHARTE DE MEDINE du Prophète instituant ainsi la première "démocratie théocratique" je me suis dis c’est celle que préconise Rousseau dans le Contrat social : Il ne peut y avoir de démocratie, dit Rousseau, que dans un peuple de dieux. Rousseau montre les deux obstacles à toute démocratie veritable : l’inégalité des fortunes et l’athéisme ,qui ,en enlevant tout fondement à des valeurs absolues, transforme une société en une jungle d’individus et d’interets rivaux.

    Deux siècles d’experiences historiques ont confirmé les craintes et les avertissements de Rousseau.