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Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières

mercredi 23 avril 2008, par Frédéric Lordon

Alors que la crise présente n’est que la répétition formelle d’une scène caractéristique de la déréglementation financière déjà expérimentée maintes fois depuis deux décennies, il devrait être parfaitement clair pour tout le monde que, sitôt les pertes digérées – il faudra certes encore quelques trimestres –, banques et fonds n’auront pas d’autre préoccupation que d’identifier le nouveau compartiment de marché susceptible de livrer le surplus désiré de rentabilité financière. Et le cycle apuration des pertes-bulle-krach repartira pour un tour…

Cet éternel retour est suffisamment pénible pour qu’on se décide à y mettre un terme. Il est cependant assez évident que les indigents moyens déployés jusqu’à présent, essentiellement constitués de menaces verbales sans suite ou de supplications à la transparence qui n’engagent à rien, ont peu de chance d’y suffire… Or la crise des subprimes est, ou aura été d’une gravité qui devrait dissuader de feindre l’action une fois de plus, et convaincre d’agir vraiment. C’est-à-dire radicalement.

Cette action radicale devrait être gouvernée par quatre principes fondamentaux – il ne devrait pas être trop difficile de voir en quoi ils rompent avec les stratégies du fil de l’eau suivies jusqu’ici. Elle pourrait prendre la forme plus précise de neuf propositions. Celles-ci revêtent nécessairement un caractère « technique » qui rend difficile de les exposer en peu d’espace. L’esquisse d’un « plan d’arraisonnement » qu’on va lire ici est tirée d’un ouvrage en préparation qui, la place y étant moins comptée, prendra le temps de rendre plus accessibles le fonctionnement des produits et des marchés financiers en cause. L’urgence commande cependant de mettre ces idées en circulation au plus vite, quelque imparfaites qu’elles soient, pour lancer à partir d’éléments substantiels et précis le débat collectif sur la re-réglementation avant que ne se referme cette exceptionnelle fenêtre d’opportunité par laquelle, à la faveur du spectacle de l’effondrement, il devient possible de dire ce qui était jusque là réputé « indicible » et de penser ce qui était décrété « impensable ». Cet empressement se paye au prix d’ellipses qui supposent implicitement connues certaines choses et peuvent rendre l’exposition incomplète et/ou peu accessible pour le non-spécialiste – en espérant que cet arbitrage entre urgence de l’intervention et clarté de la présentation soit au finale à peu près positif.

Quatre principes

Principe 1  : Quand une bulle est formée, il est trop tard. Elle crèvera nécessairement, avec l’éventualité d’armer tous les mécanismes du risque systémique – c’est-à-dire de la prise d’otage des pouvoirs publics (banques centrales et Trésors) sommés de venir socialiser les pertes sous peine de risquer un collapsus majeur. Le schéma de re-réglementation de la finance doit donc poursuivre l’exigeant objectif stratégique d’empêcher la formation des bulles. On voit tout ce qui sépare ce schéma des pauvres tentatives en cours d’élaboration, notamment aux Etats-Unis – pourtant infiniment plus réactifs que les européens sur ces sujets ! – tentatives qui, de l’aveu même du Secrétaire au Trésor Paulson, n’ont ni la vocation ni la capacité d’éviter de nouveaux accidents financiers…

Principe 2  : La finance est serve. Sa présence et son action ne sont tolérables qu’à concurrence des services qu’elle rend effectivement à l’économie productive. Et ceci spécialement si l’on prend en considération le potentiel de catastrophes que recèle toute dérive auto-centrée de l’activité financière. C’est pourquoi, compte-tenu du degré manifeste – et manifestement dangereux – d’autonomie pris par la finance contemporaine, la ramener à la subordination exigera sans doute de lui imposer de brutales, mais salutaires, régressions. Il faut y être prêt.

Principe 3  : Le principe de level playing field retenu jusqu’ici par les institutions internationales de la régulation prudentielle (essentiellement les Accords de Bâle, I et II) est une impasse. Comme son nom l’indique, le level playing field vise à établir des normes communes pour réaliser un espace financier commun. On comprend bien, compte-tenu de ce dernier objectif, qu’il ne doive y avoir aucune « dénivellation » réglementaire sauf à induire des distorsions dans la concurrence des places, les places à basse intensité réglementaire jouissant d’un avantage compétitif évident. Mais comme toujours, l’objectif intermédiaire de normes prudentielles communes a conduit à des normes prudentielles minimales. Par un effet de plus petit dénominateur commun, le dogme du level playing field, c’est-à-dire du marché financier mondial unifié, ne peut mener ailleurs qu’au minimum minimorum de la régulation. L’incapacité des accords de Bâle à empêcher quelque crise que ce soit en est la tragique démonstration. Rétablir des zones financières à régulation adéquate, sans attendre que les plus intéressés à la déréglementation – Etats-Unis et Royaume-Uni – ne finissent par s’y rendre, exige donc de leur aménager des protections, c’est-à-dire de recloisonner le marché financier mondial.

Principe 4  : L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante. Elle peut parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer, comme on s’empresse de le dire, la désertion des capitaux, ou sans que les capitaux extra-européens partis lui manquent. Au demeurant, les impératifs de diversification sectorielle et géographique rendent impossible aux investisseurs extra-européens de « faire l’impasse » sur le marché européen. Qui sait, peut-être même finiront-ils par être séduits par le degré supérieur de stabilité qui y règnera une fois la réglementation mise en place… Il est bien évident que par « Europe » il faut entendre ici les 27 moins le Royaume-Uni. Puisque le Royaume-Uni est manifestement décidé à ne revenir sur aucune des « libertés » de la finance de marché, il faut lui appliquer une stratégie adéquate de cantonnement et le considérer, en tout cas du point de vue de la reréglementation financière, comme de facto non-européen. Le Royaume-Uni ainsi mis à part, il résulte du principe précédent que la zone européenne de réglementation financière ne peut émerger qu’en cessant d’être ouverte à tous les vents de la finance, donc en envisageant certaines restrictions aux mouvements des capitaux. L’abrogation de l’article 56 (renuméroté 63) du Traité européen consolidé est donc un préalable à toute reréglementation financière sur une base européenne. Tel est l’objectif défendu par le mouvement « Stop Finance » (www.stop-finance.org).

Neuf propositions

Les principes précédents ont un caractère stratégique. Mais ils n’ont pas en eux-mêmes de portée opératoire – si ce n’est le principe 4 qui pose clairement le strict encadrement des transactions avec des entités financières extra-européennes qui ne se seraient pas soumises, d’elles-mêmes ou sous l’action de leur propre régulateur, aux normes européennes à venir.

Le passage à l’action re-réglementatrice s’appuie, lui, sur des principes tactiques. On ne s’étonnera pas que tous s’expriment sur le mode négatif du « dé- » car il est bel et bien question de faire régresser la finance et de lui ôter une partie de ce qu’elle a conquis. Ces principes tactiques sont au nombre de six : désincitation, désophistication, détitrisation, déleviérisation, désalimentation et déconnexion. Leur mise en œuvre s’étage sur tous les niveaux de la finance : microéconomique (les comportements des opérateurs) ; mésoéconomique (les constructions institutionnelles gouvernant le fonctionnement des marchés) ; macroéconomique (le pilotage de la politique monétaire).

Proposition 1. Désincitation

Toutes les incitations déterminant les conduites individuelles de la finance sont vicieuses. L’une des pires est incorporée dans les formules de rémunération de ses hommes. En effet l’investissement dans un actif financier quel qu’il soit est toujours l’acquisition d’un couple rendement-risque. Or les formules de rémunération de la finance ne prennent en compte que la première composante : les traders voient la part variable de leur rémunération courante indexée sur leur seule rentabilité courante. Mais cette rentabilité courante a pour compagnon invisible un certain niveau de risque. Il est invisible en temps réel puisque, par construction, le risque n’est matérialisé qu’ex-post ! Le trader touchera donc le profit dérivé de la hausse tant qu’il y a hausse, mais n’enregistrera aucun des effets de la baisse – simplement son bonus sera-t-il nul quand celle-ci se produira. Il est donc de ce fait incité à méconnaître le risque contracté pour privilégier la rentabilité courante qui alimente son bonus courant… puisque, si risque il y a, il ne sera manifeste qu’« après ». Il résulte de cette asymétrie des incitations une sous-appréciation notoire du risque – en d’autres termes il y a de puissants intérêts derrière ce que Hyman Minsky appelait justement « l’aveuglement au désastre ».

La première proposition vise donc à rétablir la symétrie d’incitation en rendant la rémunération des traders pleinement algébrique – c’est-à-dire susceptible de valeurs négatives ! Les pertes issues de la matérialisation des risques antérieurement contractés ne doivent plus seulement annuler les bonus mais les rendre négatifs. Les traders auraient ainsi à rembourser sur leurs gains passés les pertes présentes et dans les mêmes proportions. On imagine sans peine les effets de la rémunération algébrique sur leur comportement ! Soit la hantise d’avoir à restituer les gains antérieurs oblige à les mettre en réserve et paralyse la consommation ostentatoire – détruisant l’une des jouissances qui donne son ressort à l’existence comme trader ; soit elle ne parvient pas à produire le comportement de réserve mais alors au prix d’une nouvelle attitude face au risque rendue drastiquement rigoureuse. Dans tous les cas, la perspective de la perte personnelle cuisante devrait être puissamment régulatrice.

On objectera sans doute que, dans ces conditions, les traders les plus « compétents » prendront le chemin de l’exil sous l’effet de la concurrence des offres salariales de la part des banques qui ne seraient pas soumises à l’obligation de la rémunération algébrique. Surtout, qu’on ne les retienne pas ! L’utilité sociale de ces soi-disant « cerveaux » demeure des plus discutables. Que ne restent que les opérateurs « moyens » – non exportables – ne saurait être en soi un problème : si leur agilité à manier les produits les plus complexes est moindre, leurs employeurs leur en feront manier de plus rudimentaires. Or c’est exactement l’autre effet recherché ! L’une des plaies de la finance libéralisée vient de la dynamique incontrôlable de la dite « innovation » financière qui multiplie les produits d’une invraisemblable complexité dont la mesure de risque devient presque impossible. La proposition de désincitation des financiers est donc par ses effets collatéraux une mesure de dé-sophistication de la finance, mouvement qu’il est urgent d’amorcer pour recréer de meilleures conditions d’appréciation et de contrôle des risques.

Proposition 2. Détitrisation

La dynamique des acquis sociaux semble avoir changé de camp. Tout ce que le travail a gagné est devenu contestable, tout ce que le capital obtient est décrété irréversible. Ainsi de l’« innovation » financière. Deux des plus toxiques, les produits dérivés et la titrisation, dont la finance s’est parfaitement passée pendant des décennies – rappelons qu’ils ont été répandus à partir du milieu des années 80 –, sont maintenant déclarés tellement indispensables qu’il serait simplement inconcevable de vivre sans. Ces braiements de la finance ne doivent impressionner personne. Jusqu’au début des années 90, les banques… ont fait leur métier de banquier : elles ont accordé des crédits, puis les ont conservés sur leurs livres jusqu’à l’échéance ; et il faudrait une certaine audace pour affirmer qu’elles s’en sont mal portées. Nous nous proposons de leur faire faire ce minime saut en arrière et de renoncer à nous convaincre que rien ne serait plus possible si on les privait de l’outil de la titrisation. Comme on sait, la titrisation permet aux banques de se défaire de leurs crédits aussitôt qu’accordés, et de les vendre sous la forme de créances négociables sur des marchés ad hoc. On se demande rétrospectivement comment il est possible de s’étonner que cet instrument de défausse systématique du risque de crédit ait conduit à un effondrement de la sélectivité des prêts – jusqu’à faire surgir la catégorie des prêts subprimes.

L’instrument de la titrisation est particulièrement dangereux car il a la propriété de soustraire le comportement bancaire d’émission de crédits, donc de risques, à toute régulation prudentielle. En effet les banques sont normalement limitées dans leur politique de crédit par les règles prudentielles qui les contraignent à réserver du capital propre à hauteur de 8% du total de leurs encours risqués. Mais les crédits titrisés sortent immédiatement du bilan des banques puisqu’ils sont formellement cédés à des entités juridiques distinctes, les Special Purpose Vehicles (SPV) – dont les fameux CDO (Collateralized Debt Obligations) ont été l’un des représentants les plus en vue lors de la crise du crédit. Par conséquent, des risques-crédit sont émis, et même en quantité gigantesque, mais en échappant à toute provision prudentielle de capitaux propres puisque la banque s’en débarrasse dans l’instant – du point de vue de la supervision, tout se passe comme si ces crédits n’avaient simplement pas été accordés…

Il y a donc dans ce dossier plus qu’il n’en faut pour interdire purement et simplement le recours à la titrisation des crédits. Si quelques timidités se manifestent, deux solutions un peu plus douces sont également disponibles. La première consisterait à drastiquement limiter la part titrisable des portefeuilles de crédit – pas plus de 5% par exemple, qui laissent ainsi une marge aux banques pour le redéploiement de leurs capitaux propres (pour mémoire on rappellera que lors des dernières années de la bulle subprime, près de 50% des crédits immobiliers ont été titrisés…). Une autre solution consisterait à laisser ouverte telle quelle la possibilité de la titrisation… mais à imputer aux banques la totalité des risques titrisés dans le calcul de leurs provisions prudentielles de capitaux propres, quand bien même ils ont été sortis de leurs bilans. Du point de vue de la surveillance du risque, cette formule équivaut donc à une conservation complète des crédits, la titrisation demeurant alors intéressante pour les banques, non plus comme instrument de défausse du risque, mais comme instrument de refinancement de marché.

Proposition 3. Déleviérisation d’endettement

L’un des procédés les plus générateurs de risque de la finance spéculative tient à la mobilisation intensive de l’effet levier – à savoir le recours à de forts taux d’endettement comme démultiplicateur de la rentabilité brute. Les agents prennent alors des positions qui peuvent excéder considérablement leurs capitaux propres, situation extrêmement dangereuse lorsque les paris spéculatifs tournent mal. Il est inutile de souligner la gravité des conséquences lorsque les agents en question sont des banques, à plus forte raison des banques de dépôt… Bien loin des aimables bluettes de certains manuels d’économie financière qui nous laissent croire que la valeur usuelle des leviers tourne entre 2 et 5, on rappellera que la banque Bear Stearns était leviérisée à 35 et le Hedge Fund Carlyle Capital Group à 32… avant de faire faillite l’un et l’autre. Dans le cas de Bear Stearns, la régulation prudentielle et ses ratios de capital (Cooke ou McDonough) ont eu à l’évidence quelques absences. C’est pourquoi il faut reconstruire des ratios réglementaires limitant strictement les effets de levier d’endettement (on verra ci-dessous qu’il est aussi une autre sorte d’effet de levier – à combattre tout autant, et pour les mêmes raisons de fond). On dira que telle était bien en un sens l’intention du ratio de capital lui-même en définissant les engagements risqués comme multiple des capitaux propres. Force est cependant de constater qu’en cette matière, l’échec aura été à peu près complet.

Comme il est impossible d’avoir une vue totalement déconsolidée (opération par opération) de l’activité de marché des banques et que la confusion des flux empêche toute imputation, la proposition présente suggère de construire un ratio de (dé-)leviérisation moyenné à échelle d’établissement. Pour une période donnée, on note P l’ensemble des positions de marchés (tous actifs financiers confondus) prises par la banque. On note D l’ensemble des dettes de toutes échéances contractées par elle. On note enfin E l’ensemble de ses engagements, débours réels et positions de marchés prises (il y a lieu de faire une différence car certains actifs dits unfunded ne réclament aucune avance de fonds donc aucun débours réel). Par convention on impute proportionnellement la dette DM = D*(P/E) aux prises de positions de marché. Il s’en déduit un effet de levier relatif aux positions de marché LM = P / (P – DM). Le ratio prudentiel de (dé-)leviérisation fixera alors une borne supérieure – sévère, c’est-à-dire basse – à LM. À ceux qui feront remarquer que ce ratio est quelque peu grossier, on répondra que dans sa définition même le ratio de capital retenu par les accords de Bâle n’est pas beaucoup plus subtil… L’extrême simplicité de conception du ratio de capital n’a pas empêché que lui soient données des mises en œuvre d’une grande précision de détail. Rien ne s’oppose en principe à ce qu’il en aille de même pour le ratio de (dé-)leviérisation. On ajoutera également que la rusticité, et surtout la brutalité, du ratio de (dé-)leviérisation sont très nécessaires. Bien sûr dans les applications « raffinées » dudit ratio, il faudrait en principe procéder de la même façon que pour le ratio de capital Bâle II, c’est-à-dire en pondérant les différents risques qui entrent dans l’agrégat P des prises de position de la banque. Il ne faut cependant pas avoir une confiance excessive en ces mesures de risque différenciées : pour des raisons fondamentales, qu’il est impossible d’exposer en détail ici, les modèles de mesure du risque en vigueur dans les institutions financières ont révélé des carences rédhibitoires – en témoigne intuitivement l’ampleur des pertes réalisées sur des produits de la finance structurée (notamment les fameux CDO) dont certaines tranches avaient été jugées parfaitement sûres… avant qu’on s’aperçoive qu’elles ne valaient plus tripette. À défaut de pouvoir l’expliquer complètement ici, il faut insister sur ce point : cette carence de la finance mathématique à mesurer les risques en temps de grande instabilité n’est ni accidentelle ni remédiable, elle est essentielle et indépassable – en deux mots tout de même, pour qui voudra, l’argument technique ultra-compacté : cette impossibilité tient au fait que les densités de probabilité qui entrent comme hypothèses dans les modèles dits de Value-at-Risk sont immanentes aux interactions des agents… et sont par conséquent radicalement indéterminées ex ante. C’est pourquoi la solution « du yatagan » qui impose des ratios de (dé-)leviérisation absolument draconiens n’a que d’excellentes propriétés d’économie de moyens puisqu’elle anticipe à raison que les risques jugés modérés par beau temps se révéleront très probablement extrêmes par gros temps : autant donc les limiter ex ante et de la plus sévère façon.

Proposition 4. Régulation impérative de tous les acteurs non-bancaires de la finance de marché

On fera sans doute observer, d’une part que le ratio de (dé-)leviérisation ne s’applique qu’aux banques qui ne sont pas les seuls acteurs de la finance marchéisée, et d’autre part que, en tant que brokers, les banques peuvent être amenées à passer des ordres pour des clients dont les investissements ont déjà été leviérisés par ailleurs (un investisseur peut confier un mandat de gestion à une banque A pour un volume de fonds dont une bonne partie est composée d’endettement contracté auprès des banques B, C, etc.). Les investisseurs, quelle que soit leur nature, doivent être soumis eux aussi à ces ratios de (dé-)leviérisation, pour des valeurs variant éventuellement par catégorie d’établissement. Une attention particulière devrait être portée aux Hedge Funds qui se distinguent des autres investisseurs, entre autres, par leurs leviers extrêmement élevés. Or ces fonds d’investissements, dont les prises de position agressivement spéculatives se révèlent très déstabilisantes, échappent à toute supervision prudentielle ! De fait la majorité des Hedge Funds font de l’évasion réglementaire un élément constitutif de leur stratégie en se domiciliant dans des places financières offshore. Cette carence réglementaire est intolérable et doit être impérativement comblée.

Il faut donc interdire toute transaction entre les opérateurs financiers de la zone européenne régulée et les entités des places offshore. N’auront accès aux marchés financiers européens que les Hedge Funds qui se seront enregistrés auprès de l’autorité européenne des marchés et qui par conséquent se seront soumis à sa réglementation.

Proposition 5. Déleviérisation « de marché » – les marchés organisés de produits dérivés

L’essentiel de la prolifération financière – terme qu’on préférera nettement à celui d’« innovation » financière – est venu du compartiment des produits dérivés. Quoique encore discutée par ceux qui voulant sauver tous les acquis de la finance ne se rendront jamais à l’évidence, leur contribution à l’instabilité financière est devenue patente, pas seulement par les interactions spéculatives qui s’établissent entre marchés à terme et marchés au comptant, mais aussi du fait de l’organisation propre des transactions sur dérivés. Ces transactions se distribuent en deux grandes catégories : transactions sur des marchés dits organisés ou bien sur des marchés de gré-à-gré (ou encore OTC, pour Over The Counter).

Toutes les transactions sur les marchés organisés passent par l’intermédiaire d’une chambre de compensation qui est la contrepartie commune de tous les intervenants : la chambre de compensation est l’acheteur de tous les vendeurs et le vendeur de tous les acheteurs. La chambre de compensation impose à tous les intervenants des avances de fond qu’on appelle dépôt de marge. Ce dépôt de marge est une sorte de coussin de sécurité dont l’épaisseur est beaucoup moins grande que les positions elles-mêmes puisqu’il n’est destiné qu’à enregistrer les variations de prix et à solder les éventuelles moins-values. C’est que la grande caractéristique des transactions sur dérivés (quel que soit le marché) est en effet la suivante : portant sur des promesses de vendre ou d’acheter, donc d’encaisser ou de payer, à une certaine échéance, elles ne nécessitent pas en principe de mise de fond immédiate au moment où elles sont conclues. Les opérateurs s’y engagent donc en quelque sorte à découvert, au sens où ils ne sont tenus à aucun apport de fonds propres (et même de fonds tout court !) au moment de la passation du contrat. Si l’on se souvient que le levier est défini en général comme la capacité de prendre une position sans disposer préalablement en propre de la totalité des fonds, c’en est ici la forme maximale !

Le dépôt de marge sur les marchés organisés instaure donc, mais artificiellement puisqu’elle n’est pas requise en principe, une obligation de mise de fond préalable. Mais cette obligation est d’une telle minceur en proportion des positions prises, qu’elle définit de fait des leviers faramineux. Ainsi, par exemple, un apport de 1000 dollars permet-il de prendre une position de 375.000 dollars sur le marché des futures de l’indice S&P500 ! Ce levier lié à l’organisation particulière des marchés dérivés vient donc se superposer au levier d’endettement proprement dit (voir proposition 3) – un opérateur pourrait en effet très bien avoir emprunté 900 des 1000 dollars requis pour le dépôt de marge et s’être engagé sur les 375.000 dollars de futures avec… juste 100 dollars en poche ! On ne s’étonnera donc pas que Bear Stearns avec 8 milliards de dollars de capitaux propres se soit retrouvé engagée, tous produits dérivés confondus, à hauteur de… 13.400 milliards de dollars ! Certes il ne s’agit pas là d’une position ouverte du même montant car, dans ce total, de nombreuses opérations sont de couverture mutuelle. Il n’en demeure pas moins que ces 13.400 milliards de dollars représentent bel et bien le risque de contrepartie que faisait peser Bear Stearns sur la communauté financière internationale, puisque en cas de faillite, il y aurait eu pour 13.400 milliards de dollars de transactions non réglées… On fera remarquer, là encore, que sur ce total beaucoup d’engagements à payer compensent des engagements à recevoir. Le risque de contrepartie net est donc moins élevé. Même s’il s’établissait à 10% du total, il n’en resterait pas moins 1340 milliards de dollars de transactions non soldées – une paille… S’y ajoute le fait que les compensations des paiements à effectuer et à recevoir n’a pas forcément le bon goût de s’opérer établissement par établissement, de sorte que certains se retrouvent vis-à-vis de Bear Stearns dans une position nette très ouverte… et par conséquent très exposée au risque de contrepartie. On imagine sans peine les effets d’un tel défaut. La Réserve Fédérale les a imaginés sans peine, et l’on comprend aisément l’urgence qui l’a saisie lors du week end du 15 et 16 mars alors que la faillite de Bear Stearns était imminente – et imminente également la ruine d’ensemble du système financier.

Parce que les exigences de fonds propres sur les produits dérivés sont ridicules, et que la leviérisation s’y élève au carré (leviérisation « de marché » x leviérisation « d’endettement ») ces marchés font régner un risque de contrepartie insupportable. La déleviérisation étant l’un des principes tactiques les plus centraux du schéma présent, il faut imposer aux chambres de compensation d’exiger des dépôts de marge beaucoup plus importants que les quelques ridicules pourcents d’aujourd’hui. On pourrait très bien imaginer en principe une règle de couverture intégrale en fonds propres des positions sur dérivés (dépôt de marge 100%, levier 0 – en fait : 1). Si ces produits sont hautement spéculatifs et déstabilisants, il faut donc les rendre inintéressants, or le levier est cela même qui produit par effet multiplicateur de faramineuses rentabilités des fonds propres. Si la couverture intégrale est jugée trop rigoureuse, qu’à cela ne tienne : on pourra mettre le curseur où l’on voudra, 50%, 80%, peu importe, mais en tout cas plus les dérisoires 1% ou 2% des dépôts de marge actuels.

Proposition 6. Nationalisation (européenne) des entreprises de bourse

On objectera peut-être à la proposition précédente que ce sont les chambres de compensation qui ont tout pouvoir de fixer le niveau des dépôts et des appels de marge et que ces « entreprises de marché » sont souveraines car… privées. Et c’est vrai ! Tel est bien l’un des scandales de la libéralisation financière : les places financières, c’est-à-dire l’infrastructure des marchés, ces institutions stratégiques pour la réglementation, sont sous la coupe d’entreprises privées ! Ainsi Eurex, l’entreprise qui tient les marchés organisés de dérivés en Europe est-elle issue de la fusion de Deutsche Börse AG et de Swiss Exchange, dans le but avoué de faire concurrence à une autre entreprise privée, le LIFFE de Londres. On se doute que ces « entreprises de marché » privées n’adhéreront pas spontanément à un projet qui se donne pour but explicite de rendre inintéressants les produits qu’elles cotent, et dont elles tirent leurs revenus… Il est d’une évidence impérative qu’un contrôle politique doit être récupéré sur ces « entreprises de marché » qui doivent par conséquent être nationalisées, dans le cas présent sous une forme européenne (donc sous un statut ou sous un dispositif encore à créer), afin de recouvrer toute latitude en matière de réglementation – et ici de déleviérisation – des produits dérivés. Pour celles de ces entreprises qui, telles Euronext, ont choisi de lier leur destin à leurs homologues américaines ou anglaises, il faudra briser le lien transatlantique ou transmanche, c’est-à-dire la dépendance à des zones financières qui n’ont visiblement aucune intention sérieuse de reréglementation.

Proposition 7. Déleviérisation « de marché » – les marchés OTC

Quand on a dit, comme précédemment, que le dépôt de marge constituait « la forme maximale du levier », on était en fait au dessous de la vérité. Car, par opposition aux marchés organisés, les produits dérivés s’échangent également sur des marchés dits de gré-à-gré (ou OTC, Over the Counter) qui, comme leur nom l’indique, consistent en la simple mise en relation bilatérale des contractants sans intermédiation d’une place (chambre de compensation). Pour le coup, sur l’OTC il n’y a aucun organisme médiateur qui vienne exiger une mise de fonds préalable, fût-elle aussi minime que les dépôts de marge. Il n’y a donc rien qui vienne limiter les positions que peuvent prendre les opérateurs à découvert de fonds propres. Le levier théorique y est par conséquent… infini !

Parce que ces marchés et leurs produits – on pense en particulier aux Credit Default Swaps (CDS) qui sont libres de tout financement préalable (et pour cette raison dits unfunded) et se sont spectaculairement illustrés dans la présente crise du crédit –, parce que, donc, ces marchés et ces produits sont au principe d’une accumulation invraisemblable de risques de contrepartie, il faut y mettre un terme. Dans la zone européenne réglementée, les transactions OTC seront purement et simplement interdites. Il n’est pas une transaction sur produits dérivés qui ne sera autorisée si elle ne passe par un marché organisé avec chambre de compensation, évidemment sous tutelle publique, et dans les conditions d’appel de marge conformes à la précédente proposition.

Comme d’habitude, le monde de la finance hurlera avant d’avoir mal et arguera de la « nécessité » de transactions de gré-à-gré qui offrent des couvertures de risque sur mesure alors que les produits échangés sur les marchés organisés sont standardisés pour être rendus fongibles (et ainsi proposer une meilleure liquidité). Que les couvertures soient alors imparfaites est réel, mais ne devrait pas être vu comme un problème, au contraire : dans le paysage de la nouvelle réglementation, la persistance de quelques risques mal assurés devient paradoxalement vertueuse puisqu’elle oblige les divers agents à plus de prudence. La fausse promesse par excellence était bien celle des marchés de dérivés libres et sans contrôle qui prétendent offrir des couvertures pour tout, incitant par là les agents à s’exposer sur les marchés au comptant à n’importe quel risque avec la croyance que celui-ci serait « de toute façon couvert » par l’acquisition du produit dérivé ad hoc. À voir les décapilotades successives que s’offre la finance de marché, il devrait être clair pour tout le monde que cette promesse d’« assurance universelle du risque financier » aura été une illusion de première grandeur.

Proposition 8. Désalimentation : une politique monétaire anti-spéculative

À l’étage supérieur – macroéconomique – de la nouvelle réglementation de la finance, il y a la politique monétaire. Comme on commence à en prendre conscience rétrospectivement – c’est-à-dire un peu tard – la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine n’aura pas été pour rien dans le gonflement des diverses bulles, et tout spécialement la dernière – Alan Greenspan, avant de tourner casaque pour un peu mieux organiser sa défense, n’a-t-il pas explicitement justifié son action passée en arguant de ce que « le risque valait d’être pris pour réaliser le rêve américain d’une société de propriétaires » ?… Moyennant quoi d’ailleurs des centaines de milliers « d’accédants à la propriété » n’auront « accédé » que le temps d’être jetés à la rue – admirable réussite, vraiment.

Si la spéculation se nourrit de flux de liquidités, dont le crédit représente une bonne part, il est clair que la politique monétaire lâche est une signalée contribution aux bulles financières. A contrario, il suffirait de relever les taux d’intérêt pour priver les marchés d’une part significative de leur carburant… mais au risque, évidemment d’étouffer l’économie réelle en même temps que l’économie spéculative ! On ne sortira pas de ce dilemme qui tient à l’existence d’un seul instrument – le taux d’intérêt – pour une multiplicité d’objectifs contradictoires – l’activité productive d’un côté, la stabilité financière de l’autre – sans… démultiplier les instruments. C’est précisément à cette fin qu’a déjà été avancée la proposition d’une politique monétaire dédoublée, munie d’un taux d’intérêt pour refinancer les banques à hauteur de leurs concours à l’économie réelle, et d’un autre taux d’intérêt pour les refinancer à hauteur de leurs concours à la sphère financière. Ainsi devient possible d’élever le taux d’intérêt « spéculatif » à des niveaux meurtriers, tout en maintenant le taux d’intérêt « productif » à des niveaux maximisant la croissance et l’emploi.

Cette huitième proposition pose à l’évidence le problème de l’indépendance de la banque centrale européenne. Si la régulation de la finance de marché est une affaire hautement politique, et si la banque centrale est un élément important du dispositif, il s’en déduit logiquement que l’action de la banque centrale doit être soumise à une forme de subordination politique autrement plus serrée que le quasi-rien – rapports divers et auditions sans importance – qui lui sert pour l’heure d’alibi. Soit la banque centrale s’exécute d’elle-même et entre pleinement dans le plan d’arraisonnement de la finance, soit il y aura matière à voir là une raison supplémentaire de revenir sur son indépendance.

À statut invariant – invariance qui n’a rien d’un objectif en soi –, notons toutefois que la banque centrale pourrait d’elle-même trouver quelques raisons d’adopter ce dispositif de politique monétaire dédoublée. C’est qu’en effet elle est la toute première victime de la prise d’otage où la jette immédiatement le risque systémique ! Il y a donc dans la logique institutionnelle même de la banque centrale quelque chose qui devrait résister à l’asservissement par la finance privée, puisqu’on ne peut pas qualifier autrement cette sommation impérative de lui venir à la rescousse sauf à provoquer d’immenses dégâts. Si la banque centrale prend au sérieux la mission de la stabilité financière, elle devrait être intéressée au premier chef par le dispositif de la politique monétaire dédoublée qui la sort de son dilemme instrumental autrement insoluble.

Proposition 9. Déconnexion : encadrer les rapports entre la zone européenne financière et les zones non régulées

En application des principes 3 et 4 ci-dessus, il est évident que la parfaite liberté de circulation des capitaux entre la Zone Européenne Financière (ZEF), régulée par définition, et les Zones Non Régulées (ZNR) est immédiatement caduque. Sur quelles bases cependant rétablir de possibles rapports entre ZEF et ZNR ?

Une première solution simple et économe plaiderait pour une base de… non-rapport ! Ceci n’est d’ailleurs que la traduction du principe 4 réaffirmant – en fait constatant – l’autosuffisance de la ZEF. La ZEF n’a aucun besoin d’être inondée de capitaux extérieurs, elle en recèle suffisamment elle-même, ni encore moins que des institutions financières privées aillent chercher l’aventure au dehors, sauf à importer les aberrations de marchés qui resteront le propre des ZNR. En d’autres termes, l’Europe est une zone de chalandise financière suffisamment profonde et diversifiée pour satisfaire les ambitions de la finance privée, telles que le présent schéma les rend raisonnables, c’est-à-dire sensiblement revues à la baisse. La finance privée européenne doit en effet oublier les profits mirobolants des bulles et apprendre à se satisfaire de moins : 50% de rendement des capitaux propres pour la banque de marché, quand la banque de détail n’en dégage « que » 25%, les entreprises du CAC40 entre 15% et 20%, et que les taux d’intérêt qui donnent normalement une mesure de la rémunération du capital sont à 4%, c’est fini ! Il est important d’avoir ces chiffres en tête pour être bien convaincu que les glapissements que la finance privée ne manquera pas de pousser sont moins le fait d’une épouvantable injustice qui lui serait faite que de la fermeture d’un exorbitant et injustifiable privilège de profitabilité. Retour à la normale donc.

On peut toutefois, si on le veut vraiment, songer à des formes de relations financières entre ZEF et ZNR, mais en sachant bien de quoi il y va : la ZEF a pour finalité d’éviter que ne se recréent les dynamiques de marché aberrantes et les formations de risques globaux qui demeureront le lot des ZNR. Si c’est pour que le régime des relations ZEF-ZNR annule tous les effets de la re-réglementation interne à la ZEF, ce n’est pas la peine d’y penser. Il est donc évident que ces relations devront être strictement encadrées et soumises à condition.

Les flux sortants (dans le sens ZEF-ZNR donc) seront contingentés puisqu’il n’est pas question que la finance privée européenne aille contracter aux Etats-Unis les risques qui lui sont interdits – évités – dans la ZEF. Seule une part très minoritaire – 10% ? – de l’accroissement de ses encours risqués (crédits et positions de marché) pourra être engagée en ZNR et parmi eux une fraction obligatoirement en actifs sans risque – les titres de la dette souveraine etatsunienne… pour l’instant.

Les flux entrants (dans le sens ZNR-ZEF) ne seront admis que si les institutions d’où ils sont originaires sont elles-mêmes soumises de fait aux normes européennes, et tout particulièrement au ratio de (dé-)leviérisation tel qu’il pourra être calculé par l’autorité publique européenne de régulation financière à l’aide des données communiquées par le Comité de Bâle et en application des propositions 3 et 4 ci-dessus. En d’autres termes, seuls les acteurs hors-ZEF garantissant par leurs comportements un risque de contrepartie modéré seront admis dans l’espace financier européen. Un contingentement des flux entrants fera vraisemblablement partie du dispositif pour éviter que la restriction de l’alimentation en liquidités de la ZEF du fait de la nouvelle politique monétaire ne soit tournée par des afflux de capitaux en provenance d’une ZNR où la politique monétaire demeure trop accommodante pour la finance.

Il faudrait être spécialement peu perspicace, ou bien malintentionné, pour ne pas voir que ce schéma n’a rien d’un plan achevé. Il n’est pas complet – bon nombre d’autres propositions pourraient lui être ajoutées –, et il reste à travailler sa mise en œuvre détaillée. Mais la matrice est là.

On entend d’ici les cris d’orfraie… Il ne devrait pas y avoir lieu de leur accorder trop d’attention. On le regretterait rétrospectivement tant ceux qui les poussent n’ont pas compris la portée de l’événement et sont simplement en retard sur l’histoire : car cette crise financière est d’une ampleur qui doit produire un changement dans la façon de penser l’organisation internationale de la finance. Les défenseurs de l’ordre ancien n’ont donc pas saisi que celui-ci a failli et qu’il faut en faire surgir un autre. Dans les années trente, ils auraient hurlé au Glass Steagal Act qui a séparé les banques commerciales et les banques d’investissement – une autre excellente idée qu’on pourrait inclure ci-dessus. En fait ils ne pensent jamais que selon l’époque, et sont incapables du moindre effort projectif. De l’époque ils épousent toutes les évidences et tous les impensés. Jusqu’à ce qu’une autre époque détruise les anciennes évidences et en installe d’autres. À ce moment, ils jugent les anciennes évidemment dépassées et les nouvelles évidemment indépassables. On ne va donc pas s’étonner qu’ils se cabrent et poussent de hauts cris puisque le schéma présent leur propose exactement ce que leur esprit est incapable de métaboliser. Et on ne va pas non plus perdre une minute à attendre ni leur bon vouloir ni leur conversion mentale. Car il y a urgence, et eux sont des retardataires.

Voir en ligne : Stop Finance

97 commentaires sur « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières »

  • permalien Pierre :
    23 avril 2008 @10h29   »

    Le Principe 4 a de quoi faire sauter De Gaulle dans sa tombe “comme un cabri”.

    Entre le néo-atlantisme-méditerranéen français, l’américano-irakisme britannique, l’antimissilisme polonais, le poutino-moi-non-plus merkellien, ne serait-il pas prudent de définir ce que vous entendez par “Europe” ?

    Parce que si l’Europe n’est pas qu’« une zone d’activité financière autosuffisante », comme le suggère le Principe 2 (« Sa [la finance] présence et son action ne sont tolérables qu’à concurrence des services qu’elle rend effectivement à l’économie productive. »), le Principe va s’élaborer autour de ses fissures, ce qui n’en fait pas une base solide.

    A moins que l’utilisation de ce “bouclier financier” (ou réglementaire ?) ne devienne une motivation (enfin !) commune aux citoyens aux politiciens et aux entreprises européens, suffisamment puissante, pour décoincer les corporatismes (à mon avis, c’est vendable !).

  • permalien lemmane :
    23 avril 2008 @14h10   « »
    Principes et propositions... simple

    Enfin... une analyse et des propositions sans mièvrerie ni lâcheté. Et merci pour le bon sens : les retardataires et incompétents ne sont évidemment pas ceux que les pouvoirs financiers et médiatiques (mais est-ce bien différent, ou en tout cas les seconds ne sont-ils pas les exécuteurs bienveillants et soumis des premiers : quelques principes et propositions seraient là aussi bienvenues, dans l’espace européen au moins...) désignent tout de go à la vindicte populaire sous couvert "d’aveuglement à l’inéluctabilité de la mondialisation".... qui est bien évidemment synonyme de progrès...

    A lire à ce sujet le clair et court ouvrage de Robert Redeker "Le progrès ou l’opium de l’histoire".

  • permalien Anastase :
    23 avril 2008 @18h00   « »
    Principes et propositions... simple

    Merci pour vos conseils de lecture, je me permet à propos du“ progrès et de la mondialisation” vous soumettre aussi cette interview de F. Lordon :

    J’hésite entre deux stratégies : dénoncer l’indigence conceptuelle du couple « moderne »-« archaïque » - sans lequel l’éditorialiste libéral réformateur de base n’est plus capable de construire une seule phrase -, ou bien le retourner contre ses utilisateurs. Car seule une formidable inversion rhétorique peut donner la régression libérale pour un « progrès »..

  • permalien djam :
    23 avril 2008 @23h08   « »
    Principes et propositions... simple

    évite de nous conseiller de lire un écrivain mineur et islamophobe

  • permalien djam :
    23 avril 2008 @23h09   « »
    Principes et propositions... simple

    précision, je voulais bien-sur parler de Robert Redeker

  • permalien frederic :
    23 avril 2008 @23h13   « »

    J’aime beaucoup votre initiative ; je pense qu’effectivement un maximum de gens en France et a travers l’Europe doit prendre connaissance de cette alternative. Mais je suis convaincu qu’il serait bon de vulgariser encore un peu certains aspects ; j’avoue que j’ai eu un peu de mal avec la proposition 3 par exemple :(
    Si les idées sont bonnes, il faut les rendre accessibles au plus grand nombre.
    En tous les cas, je pense que vous prenez le problème par le bon bout et je vous remercie de votre implication citoyenne !

  • permalien Jc deroubaix :
    24 avril 2008 @00h28   « »

    Et pourquoi ne pas revenir non seulement à une séparation entre banques d’affaires et banques commerciales, mais aussi à une spécialisation du secteur du crédit couplant épargne locale (caisses d’épargne, caisse coopérative, etc) avec investissement local (logement, commerce de détail, artisanat, etc.) ?

    Le fractionnement et la spécialisation sont des garanties que certains besoins de financement seront assurés.

  • permalien Poids-Plume :
    24 avril 2008 @00h56   « »

    Bonjour,

    excusez moi, mais je ne comprends pas cette phrase dans la proposition n. 2 :

    "On se demande rétrospectivement comment il est possible de d’étonner que cet instrument de défausse systématique du risque de crédit ait conduit à un effondrement de la sélectivité des prêts – jusqu’à faire surgir la catégorie des prêts subprimes."

    Un petit "s" peut-être ?

  • permalien Poids-Plume :
    24 avril 2008 @01h15   « »

    A quel public est destiné ce texte ?
    Des économistes parlant latin ?

  • permalien DSK :
    24 avril 2008 @09h22   « »

    L’incipit prévient que ce texte est ardu, votre remarque est donc superflue.
    Contrairement à la propagande libérale qui s’étale dans les médias cet argumentaire ne se cantonne pas à des principes simplistes faisant appel à un prétendu "bon sens", il demande de la réflexion.

  • permalien Utopia :
    24 avril 2008 @09h39   « »

    Merci pour cet excellent article.

    Mais quitte à donner un coup de pied dans la fourmilière, n’aurait-il pas fallu aller aussi loin par exemple que Paul Jorion qui propose (à la suite d’un débat fort animé et argumenté ) sur son blog dans un projet d’article intitulé "La monnaie : projet de réforme"

    Une réforme de la manière dont la monnaie est créée est indispensable. Cette réforme devrait prendre la forme suivante.

    Toute création de monnaie doit relever de l’État et de l’État seul par l’intermédiaire de la Banque Centrale indépendante du pouvoir politique mais œuvrant dans le cadre de la démocratie.

    La monnaie créée et prêtée par la Banque Centrale à l’État ou aux collectivités publiques ne peut financer que des dépenses d’investissement, d’aide à des secteurs à vocation d’intérêt collectif tels que l’éducation, la santé et la protection de l’environnement, et en cas de crise ou de catastrophe naturelle. A l’exception de cela, les dépenses de fonctionnement et d’amortissement doivent être financées par les recettes fiscales.

    La Banque Centrale détermine, afin de contenir l’inflation dans des limites raisonnables, de viser un objectif de plein emploi et de faciliter le développement durable de l’économie, la quantité de monnaie proposée et les taux d’intérêt auxquels les banques commerciales peuvent emprunter entre elles et auprès d’elle-même.

    Le réseau des banques privées comporte 3 types de banques :

    1. - Banques de dépôts : encaissements, paiements, garde de dépôts de leurs clients.

    2. - Banques de prêts : le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés (épargne préalable ou émission monétaire de la Banque Centrale). Les financements proposés par les banques de prêts doivent être assurés par des emprunts dont le terme est au minimum de même durée.

    3. - Banques d’affaires : investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.

    Dans une perspective assurantielle, les banques ont le droit de couvrir leurs positions mais les positions nues, équivalentes à des paris directionnels sur l’évolution des marchés, leur sont interdites.

    A moins que vous ne pensiez que c’est une mauvaise proposition de réforme, bien qu’elle aurait comme conséquence de rendre à la collectivité les revenus de l’ensemble des intérêts sur la création monétaire et par la même occasion de diminuer aussi sérieusement la charge de la dette publique ?

    Quitte à changer les statuts de la BCE (car ce sera nécessaire, je pense), autant aller jusqu’au bout et laisser la "collectivité" se réapproprier la création monétaire, toute la création monétaire...

  • permalien Frédéric Lordon :
    24 avril 2008 @10h34   « »

    En réponse à Utopia (début) :

    La création monétaire est un sujet effervescent au sein de la gauche alternative et critique en ce moment — il est sans beaucoup de rapport, je le dis immédiatement, avec la problématique de la régulation de la finance. En ces temps de congélation du débat, tout motif d’effervescence devrait être bon à prendre. Malheureusement je n’entre pas dans celui-ci. Je crois que ce débat sur la "création monétaire publique" a la vertu de poser certaines questions très légitimes, notamment (à la façon de AJ Holbeq et Etienne Chouard) celle de l’intérêt dont les banques font leurs gains, mais qu’il est émaillé par ailleurs de nombreux contresens et confusions sur ce qu’est la monnaie et comment on en régule l’offre. On annonce, en certains endroits, avoir mis au jour un terrible scandale : la monnaie serait créée par les banques privées. En fait cette proposition est vraie mais trivialement : on l’apprend aux étudiants en première année d’université (peut-être même aux lycéens de ES)... il est donc peu pertinent d’en faire la matière d’un gigantesque scandale politique sur le thème "tout ce qu’on vous a toujours caché".

    Dans un registre proche on lit également des choses comme "l’Etat a abandonné la création monétaire aux banques privées", proposition qui est parfaitement fausse — ou terriblement mal construite. 1) L’Etat n’a jamais eu en direct la capacité de création monétaire, ce sont toujours les banques privées qui en ont été les émettrices (pour 95% de la masse monétaire) ; 2) il est vrai cependant que l’Etat a eu jusqu’aux années 80 la capacité de faire financer monétairement une partie de son déficit par création monétaire, non par ses soins directs mais par les avances de la banque centrale (la vraie créatrice de monnaie). On dira que la banque centrale de l’époque étant aux ordres du Trésor, ça ne fait pas grande différence politiquement, et c’est vrai — mais conceptuellement un peu plus. Et maintenant ? (suite et fin au message suivant)

  • permalien Frédéric Lordon :
    24 avril 2008 @10h38   « »

    Suite de la réponse à Utopia

    3) et maintenant ? En effet l’Etat ne jouit plus de cette facilité monétaire. Est-il donc "par conséquent" tombé dans les mains des banques privées ? Non : lorsque l’Etat se finance, il le fait par des instruments obligataires, donc en s’adressant, non aux banques, mais aux marchés financiers, et il n’y a là aucune opération de création monétaire en direct. Ces modalités actuelles de financement de l’Etat peuvent — et doivent — être contestées. Les dispositions des traités de l’UE qui interdisent tout financement monétaire des déficits publics sont une aberration économique et une honte politique. Mais la question est hélas passablement plus compliquée que de redonner tel quel tout pouvoir de création monétaire à l’Etat, ce qui navigue entre l’absurde et le dangereux — à mes yeux. Mais là, il me faudrait beaucoup de temps et de place pour vous donner mes arguments là dessus. Comme pour vous donner ceux de mes désaccords avec la proposition de P. Jorion.

    Je ne vous donne donc ici qu’un très petit échantillon de mes désaccords avec tout ce courant de pensée par ailleurs fort honorable car pour beaucoup, ce sont des amateurs qui se saisissent d’une matière économique ordinairement jugée "réservée" et il n’y a pas mieux que ce genre de transgression grâce à quoi les citoyens constestent le monopole des "experts" et se ré-approprient la discussion de questions qui les concernent. Pour autant on n’est pas obligé non plus de valider tout ce que disent ces mouvements au seul motif qu’ils procèdent de ce sain principe de ré-appropriation. En l’occurence celui-ci me semble s’égarer gravement en plusieurs occasions.

    Comment cependant avoir un débat public — qui en vaut 1000 fois la peine — sur ces questions ? Ca n’a rien d’évident, je le vois aux seules difficultés que j’ai eues à avoir des débats privés avec certains des agitateurs (le terme est très positif ici, croyez moi) de cette question monétaire. Ca n’est pas qu’il est "difficile" de parler avec eux, mais c’est que le débat est tellement dense en arguments, contre-arguments, interruptions mutuelles que je ne vois pas comment il serait possible, pour l’heure, de l’avoir à plus de quatre personnes ! Mais il faudra bien que nous trouvions une solution !

  • permalien A-J Holbecq :
    24 avril 2008 @13h54   « »

    Bonjour Frédéric

    "sans beaucoup de rapport, je le dis immédiatement, avec la problématique de la régulation de la finance" ; je suis d’accord !

    Je crois effectivement que cette page de commentaires à ton article très puissant n’est pas le bon lieu de débat concernant les avantages et inconvénients d’une émission monétaire totalement centrale (ce qui équivaudrait à ce que ce soit l’Etat qui émets la monnaie, simplement parce qu’il est seul "actionnaire" de la Banque de France, institution dont le capital "nous" appartient).

    Puisque les arguments de ceux (dont je fais partie) qui défendent ce point de vue sont maintenant un peu mieux connus (même si parfois l’expression est un peu excessive), pourquoi ton blog ne te servirait il pas à développer les arguments opposés ; le débat pourrait à ce moment là prendre forme ici même ? Mais si tu préfères un débat "privé", je suis ton homme ;-)

    Je voudrais juste soulever un point de détail ..
    Lorsque tu écris " lorsque l’Etat se finance, il le fait par des instruments obligataires, donc en s’adressant, non aux banques, mais aux marchés financiers, et il n’y a là aucune opération de création monétaire en direct ", c’est indéniablement exact, mais qui donc a créé cette monnaie qui au terme d’un certain nombre de "cycles" (ou directement par les banques pour une part, peut-être ?) sera prétée à l’Etat si ce n’est les banques qui l’auront émise lors d’une demande satisfaite de crédit bancaire par des agents non bancaires ?

    Très cordialement,

    André-Jacques Holbecq

  • permalien Poids-Plume :
    24 avril 2008 @16h36   « »

    Bon, ben ça va DSK, le clampin dégage...
    Parlez entre vous, pas de problème.

    Le "bon sens" conselllerait probablement des sauts de lignes dans les textes ardus (mais les mises en pages compactes semblent être de nos jours un signe ostentatoire de "savoir" et de "sérieux"), ainsi que la précision sur les éléments qui constituent les "équations" avant de "spéculer" avec (et pas pendant, parce que cela contribue à rendre un texte ardu pour un néophyte en texte complètement illsible... je rajoute que c’est ce qui se pratique généralement dans les ouvrages de science... pourquoi ?)
    En l’occurrence, le passage suivant :
    "Comme il est impossible d’avoir une vue totalement déconsolidée (opération par opération) de l’activité de marché des banques et que la confusion des flux empêche toute imputation, la proposition présente suggère de construire un ratio de (dé-)leviérisation moyenné à échelle d’établissement. Pour une période donnée, on note P l’ensemble des positions de marchés (tous actifs financiers confondus) prises par la banque. On note D l’ensemble des dettes de toutes échéances contractées par elle. On note enfin E l’ensemble de ses engagements, débours réels et positions de marchés prises (il y a lieu de faire une différence car certains actifs dits unfunded ne réclament aucune avance de fonds donc aucun débours réel). Par convention on impute proportionnellement la dette DM = D*(P/E) aux prises de positions de marché. Il s’en déduit un effet de levier relatif aux positions de marché LM = P / (P – DM). Le ratio prudentiel de (dé-)leviérisation fixera alors une borne supérieure – sévère, c’est-à-dire basse – à LM."
    Où je me suis dis que l’auteur n’avait pas vraiment envie que Poids-Plume puisse le comprendre.
    Il est probable que cette "ardutitude" soit liée à une nécessaire "dé-sophistication" de la pompe à finance...
    Et il est encore plus probable qu’un certain sens de la vulgarisation soit nécessaire dans un monde vulgaire.

    En ce qui concerne le "latin", auquel le langage économique peut-être comparé semble-t-il, le Mouvement de Libération du Clampin International que je représente sur cette page, quand on lui dit "Ad hoc", il répond "Sick transit".
    Il serait temps que le Concile des Economistes élise Paul VI.

    J’ai la réponse à la question que je posais, ce texte a été écrit pour vous, c’est bon, je n’ai rien à faire ici, je m’en vais.
    Je vous aurais normalement tiré ma révérence comme il se doit entre clampins, mais si le plumage de votre pseudo correspond au ravages de quelques institutions financières internationales, je m’assois sur vous, Monsieur.
    Comme je m’assieds sur tous les puissants de cette Terre.

    Cordialement.

  • permalien
    24 avril 2008 @17h22   « »

    Réponse à André-Jacques

    Je me rends compte que je mets un tel soin à écorcher soit ton prénom, soit ton nom, soit les deux, que t’en faire l’excuse publique est bien le moins que je puisse faire...

    Au fait maintenant : non, je ne peux pas être convaincu par ton argument sauf à le reconnaître trivialement vrai. Certes, en dernière analyse, tout paiement n’a été rendu possible que par échange de signes monétaires. C’est une vérité absolue... mais triviale, car obtenue par définition — "un paiement est la livraison de signes monétaires en échange de quelque chose" — et dont on ne peut donc tirer aucune conclusion intéressante.

    La vraie question est bien celle de savoir si le paiement dont nous parlons — en l’occurence celui d’un titre de la dette publique — a été effectué à l’aide de réserves préconstituées ou bien s’il a été solvabilisé par une avance — c’est-à-dire au sens strict du terme : un crédit. Or quand l’Etat émet des obligations sur les marchés financiers, en première analyse, il se fait payer à l’aide de fonds déjà là. Il se pourrait cependant, diras tu, que certains de ces fonds aient été préalablement pré-constitués, pour une part, à l’aide d’emprunts antérieurs. En effet c’est possible. Mais ceci n’aurait rien à voir avec ton argument et renverrait à une tout autre problématique : celle du levier.

    Nous avons donc bien besoin de ce débat ! J’espère bien que nous trouverons une occasion de l’avoir dans les meilleures conditions. Je ne suis pas pessimiste.

  • permalien A-J Holbecq :
    24 avril 2008 @18h16   « »

    Frédéric

    Pas de problème pour "l’écorchement" ;-)

    Pour ne pas polluer ce débat "Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières", j’évite de relancer : mais ce n’est donc que partie remise à une autre occasion...

    Cordialement

    André-Jacques

  • permalien Yohann :
    24 avril 2008 @19h55   « »

    Bonjour,
    J’ajouterai une 10e proposition : pourvoir à l’instruction des foules sur ces affaires financières. Alors NON ce n’est pas une critique du texte ou de l’intention de M. Lordon, non pas parce que celle-ci serait en soi illégitime, mais parce que M. Lordon prend la peine de nous prévenir - à l’instar de Rousseau - qu’il ne connaît point l’art d’être clair pour qui ne veut être attentif. Exit, donc, poids-plume dont le 2e post était de pure mauvaise foi. Salut clampin ! Je fais donc partie des gens qui apprécient M. Lordon tant pour son savoureux parlé que pour la qualité de ses explications. Néanmoins, la jouissance de son verbe chatoyant (pour reprendre une de ses expressions favorites) ne doit pas nous empêcher de voir le problème que pose la méconnaissance des arcanes de l’économie financière. De fait, l’opacité de ce milieu constitue le premier et le plus sûr rempart contre la colère des foules et donc - puisque c’est la le premier moteur, contre tout changement politique. M. Lordon a pour projet un livre qui répondra à cet objectif stratégique, soit, mais ne devrions-nous pas faire plus ? Il serait assez simple de mettre en place un site web pédagogique s’adressant au plus grand nombre de ceux qui veulent penser. J’y insiste car je possède quelques heures de lectures et de discussions sur le sujet me permettant au moins d’appréhender une partie des raisons et arguments, mais j’éprouve des difficultés considérables à en entretenir mes amis qui pourtant sont dans d’autres domaines à la plus fine pointe de la circonvolution théorique. C’est qu’en matière économique l’ignorance est largement partagée jusque dans les sphères académiques qui ont massivement démissionné face au byzantinisme des théories et des institutions économiques. Ce qui est fort pratique pour ces dernières.
    Alors donc l’idée : un site web pédago usant - pourquoi pas - de tutoriels vidéo avec un ensemble d’étapes, un parcours et peut-être deux niveaux (débutant, avancé), un comité scientifique chargé de veiller à la rigueur des propos et un ensemble de bénévoles travaillant à la production de contenus accessibles. Bref, un outil de réappropriation et de diffusion du savoir. Tout cela est techniquement facile à faire, les outils de gestion et de publication sont là, il serait facile de se doter d’une routine, reste que ce genre de projet n’est pas très économe en énergie humaine et demande une masse critique pour démarrer. Je crois que les mécanismes financiers seraient la cible première de cet exercice d’éclaircissement... reste à former un collectif et mon expérience des dernières années m’a fait comprendre que c’est là le premier souvent ultime obstacle. Je lance donc cette idée comme une bouteille à la mer, en espérant que ça ne sera pas une robinsonnade de plus.

  • permalien Hispano :
    24 avril 2008 @21h27   « »

    Stop les robinsonnades ! Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’en démocracie la pédagogie est essentielle. M. Lordon a une rhétorique délicieuse et saisissante lui permettant d’humaniser voire de poétiser une science, l’économie, perçue trop souvent comme froide, implacable, mécanique...
    Alors oui il nous faut des démagogues de l’économie alternative qui la simplifient la rendant plus populaire, accessible et ce lieu est bon pour commencer. Des gens comme nous, lecteurs profanes mais engagés et curieux.
    Je ne sais pas si M. Lordon entend convaincre à travers ce blog la horde des économistes orthodoxes, apôtres de cette oligocratie délirante, mais il est certain que la tentation narcissique de certains de déblatérer sur la pertinence de tel ou tel technicisme risque d’égarer le lecteur lambda (et non vulgaire)en quête de lumière.

  • permalien fécalucsein. :
    25 avril 2008 @05h27   « »

    ce n’est pas un texte facile il faut du travail et l’honnête homme peut très bien le comprendre ce qui est mon cas. bravo à l’auteur.

  • permalien jardin :
    25 avril 2008 @06h35   « »

    Poids Plume, tu as tort de t’énerver, moi non plus je n’ai rien compris au principe 3, je l’ai quand même lu jusqu’à la fin, espérant la lumière. Elle était, comme souvent, au bout du tunnel, et ce sont les derniers mots qui me l’ont apportée.

    Je fais ça assez souvent, lire bêtement sans me soucier de pas comprendre, puis relire. Même si ça ne passe pas cette fois-là, je m’imprègne, genre "bain de langage" : après tout, c’est comme ça que les enfants apprennent leur langue.

    Ils finissent même par la parler, mais bien sûr je n’espère pas aller jusque là !

  • permalien jardin :
    25 avril 2008 @07h56   « »

    "un site web pédago usant - pourquoi pas - de tutoriels vidéo avec un ensemble d’étapes, un parcours et peut-être deux niveaux (débutant, avancé), un comité scientifique chargé de veiller à la rigueur des propos et un ensemble de bénévoles travaillant à la production de contenus accessibles. Bref, un outil de réappropriation et de diffusion du savoir".

    Je fais partie de ceux que ça intéresserait sacrément. Je barbote dans l’économie en autodidacte et en dilettante, j’essaie de glaner ça et là quelques miettes de compréhension. Résultat, il commence à y avoir des lacunes dans mon ignorance, et quelques petits détails commencent lentement à émerger de la brume.

    Mais ça va quand même pas très vite. Votre proposition pourrait, si elle se concrétise, m’aider à accélérer un peu le débit.

  • permalien Utopia :
    25 avril 2008 @08h43   « »

    Merci Monsieur Lordon, pour cet avis qui quand même (mais vous vous en expliquez), n’est pas très argumenté. J’espère donc, comme le souhaite Monsieur Holbeq, que vous pourrez ici faire assez rapidement (pendant que le fer est chaud) un article complet expliquant votre position et pourquoi vous rejetez ces propositions de Paul Jorion (identiques à celles de quelques mouvements qui " semble(nt) s’égarer gravement en plusieurs occasions.")

  • permalien vladimir :
    25 avril 2008 @09h00   « »

    bonjour a toutes et tous,

    ce debat ne peut se limiter a la finance, la comprehension des
    mecanismes d’une reforme de celle ci et de ses enjeux implique l’apprehension d’un debut de strategie de changement de société, une piste :

    il n’y a pas d’alternative !
    par Jean Zin

    http://jeanzin.fr/

    Alors que les menaces écologiques se font de plus en plus pressantes, on peut s’étonner du léger des solutions qu’on prétend y apporter, pas du tout à la hauteur des enjeux et sans une véritable vision globale. Au lieu d’une écologie-politique collective et réaliste, on nous vend plutôt habituellement une écologie individualiste et moralisante, que ce soit dans sa version religieuse ou libérale, mais, en dehors de quelques marginaux, il n’est jamais question, ou presque, d’une véritable alternative au productivisme qu’on impute à l’avidité humaine plus qu’au système du profit.........

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    http://jeanzin.fr/index.php?2008/04...

  • permalien Frédéric Lordon :
    25 avril 2008 @10h26   « »
    Réponse à Yohann et Jardin : éducation populaire et diffusion du savoir

    Je finis par me demander si la 10ème proposition de Yohann n’est pas la plus importante. En tout cas elle est la plus universelle puisqu’on pourrait la mettre en n+1 ème — ou en 1er — de toutes les listes de propositions sur tous les sujets...

    Pour avoir l’occasion de temps en temps de faire des débats à l’invitation d’associations diverses, le plus souvent Attac et les AMD, j’ai fini par prendre conscience de l’intensité de cette demande de savoir.

    N’étant pas membre d’Attac — contrairement à ce qu’on voit parfois écrit — je ne m’en sens que plus libre pour dire que c’est sans doute ce qu’il y avait (ce qu’il y a) de meilleur et de plus fort dans le projet de départ : l’éducation populaire. Comme le disent de nombreux messages, ici et ailleurs, "l’expertise" économique fonctionne, inintentionnellement mais aussi parfois très délibérément, comme un instrument de dépossession. La "complexité" des choses est le tout premier des arguments pour renvoyer les gens à leur passivité et les écarter de toute compréhension de... ce qui leur arrive. Comme on sait, l’ignorance est la première béquille de tous les pouvoirs abusifs. Surtout ne pas la dissiper...

    Or l’expérience montre — et ça n’est pas démagogie de le dire — qu’une très grande partie de la population est très apte à saisir les principaux mécanismes économiques, mais, bien sûr, pourvu qu’on se donne la peine de les lui expliquer de manière appropriée. Mais on imagine sans peine les dégâts qui en résulteraient pour les pouvoirs si leurs mandants venaient à être éclairés...

    Comme cette demande d’éducation populaire est très forte et qu’elle se manifeste, entre autres, ici mais dès les premiers articles — en quoi je vois un indice très significatif — je dois m’empresser de faire une précision pour éviter les déceptions ou les faux espoirs : le blog ne me semble pas l’outil le plus adéquat pour un projet d’éducation populaire. Peut-être lui arrivera-t-il de temps à autre d’avoir de bonnes propriétés en cette matière, mais à la vérité c’est à un autre outil qu’il faudrait penser. Car le blog procède par sujets ponctuels, or, comme le demande Jardin, c’est à une exposition complète, méthodique, progressive et systématique des choses de l’économie qu’il faudrait penser. Yohann donne des idées à ce propos. Je me demande s’il ne faudrait pas envisager quelque chose comme une université populaire d’économie : rendez-vous périodiques, salle ou amphi, programme bien balisé, etc. Et pour ma part je n’aurais plus qu’à militer pour la journée de 35h.

  • permalien Jean-Camille de Barros :
    25 avril 2008 @12h04   « »

    Le texte de M. Lordon s’inscrit dans un projet bien plus vaste que Cornélius Castoriadis a essayé de dessiner et de "desseiner".

    Comme à chaque fois, l’hétéronome se cache derrière son ignorance pour clamer un texte qui lui soit compréhensible ; il est évident que l’enfant de deux-ans acquière le langage – donc le sens – grâce à un gène qu’il ne nous resterait plus qu’à découvrir.

    Le projet d’Autonomie que Castoriadis a poursuivi dans toute son « œuvre » impose, à l’individu qui se lance sur son chemin d’autonomie, de se former – de s’auto-apprendre ; donc de faire l’effort intellectuel et matériel nécessaires pour se dépasser et pour accéder au sens, donc à la compréhension, des choses publiques (j’aurai tendance à utiliser ce mot : « polistique »).

    Avec M. Lordon donc il faut prendre rendez-vous pour son ouvrage que j’attends fébrilement, et à qui je demanderai de ne pas être avar de références bibliographiques.

    Jean-Camille de Barros

    P.-S. : les mots : « autonomie » et « hétéronomie » n’ont pas du tout leur sens usuel. Quant au mot « polistique », je l’ai créé pour remplacer « intellectuel » tel que définit par Castoriadis.

  • permalien
    25 avril 2008 @14h41   « »
    Réponse à Yohann et Jardin : éducation populaire et diffusion du savoir

    Cher Mr Lordon,

    Je constate, non sans un certain sentiment de désolation, que depuis que j’ai laissé 2 petits commentaires, certes taquins mais certainement pas méchants sur cette page, allez hop, c’est reparti comme en 40... c’est à dire vers une défaite.

    Alors, afin que vous puissiez reprendre le cours normal (ou prévu) de vos discussions économiques, je précise que mes commentaires n’impliquaient pas nécessairement la création d’un grand service d’éducation populaire (il existe bel et bien une association du nom d’Attac... qui ferait bien de communiquer très largement et avec la plus grande transparence sur ce qui s’est passé à sa "tête" si elle veut gagner la confiance du peuple sujet de sa mansuétude).
    Ils n’impliquaient pas non plus que vous fassiez le Tour de France des conférences et rencontres-débats (vous le faites déjà, félicitations).
    Et pas davantage que vous passiez à des journées de 35 heures.
    Non.

    Par contre, si vous faites lire vos textes avant publication à 2 ou 3 néophytes (à différents degrés) de votre entourage (vous arriverez bien à en trouver... ou alors votre cas est désepéré) et qu’ensuite, sans leur ré-expliquer de vive voix (motus et bouche cousue), vous leur demandez de vous dire ce qu’il en ont compris... je pense que vous aurez fait un pas en direction de la disparition du hiatus entre "spécialistes" et "clampins".

    La disparition de ce hiatus me semble assez essentielle parce que je crois que la plupart des autres spécialistes auxquels vous vous adressez ne seront sensibles à une argumentation raisonnable qu’à la la condition d’avoir le peuple aux fesses.

    Me réjouissant par avance de l’impact de ma "chatoyante élégance fessue" sur la corporation,
    et n’ayant rien à ajouter,

    je vous salue Mr Lordon.

  • permalien MLeD :
    25 avril 2008 @15h04   « »
    Et maintenant ?

    J’avais suivi avec interet vos interventions sur le SLAM pendant la campagne presidentielle, et j’ai ete decu qu’elles n’aient aucun echo dans la campagne, ayant moi meme pointe celles ci a l’attention de la candidate socialiste sur son site web. Vos proposition me paraissent frappee du sceau du bon sens, du moins pour toute personne qui ne risque pas de pousser des "cris d’orfraie". Il reste que ces gens la tiennent les levier de commande, du moins de ce que je puis en voir. Y a-t-il des canaux dont vous avez connaissance qui pourrons faire remonter ces proposition au niveau decisionnaire europeen pertinent pour leur mise en oeuvre ?

  • permalien zéro comme nul :
    25 avril 2008 @15h13   « »

    La finance pour les nuls :

    - Principe 1 : Quand une bulle est formée, il est trop tard... Pour se moucher.

    - Principe 2 : La finance est serve... Les financiers dépendent de nous pour nourrir leur famille.

    - Principe 3 : Le principe de level playing field retenu jusqu’ici... parce que "l’égalité des chances" c’est trop ringard.

    - Principe 4 : L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante. ... l’Europe a une activité financière opaque.

    Faites un effort bande d’assistés, on va tout de même pas tout vous expliquer !

  • permalien
    25 avril 2008 @18h50   « »
    Réponse à Yohann et Jardin : éducation populaire et diffusion du savoir

    Bonjour M. Lordon,
    Ce n’est pas à vous d’être plus clair ou pédagogue. Ceux qui écrivent dans ce blog le font en vertu de leur capacité à dépasser leurs limites en matière économique et financière, et se délectent avec ce que vous écrivez et comment vous le faites !
    Je pensais plutôt à ces lecteurs qui n’étant pas de "ce monde" ;) devraient, et c’est mon cas, traduire, décoder ce que vos articles et conférences véhiculent pour que le plus grand nombre puisse comprendre qu’il existe un autre discours, d’autres voies possibles et qu’on reconnaisse enfin les responsables de nos malheurs. C’est vital pour la démocratie en absence de médias réellement indépendants.

  • permalien Poids-Plume :
    25 avril 2008 @21h40   « »
    Réponse à Yohann et Jardin : éducation populaire et diffusion du savoir

    Charmante inconnue,
    j’aimerais beaucoup être "parfaitement" d’accord avec vous...
    mais je ne peux pas car je crois que dans les moments "vitaux pour la démocratie", c’est à nous tous de faire des petits pas.
    Et en réalité, Mr Lordon en a fait un (grand) en écrivant ce texte... et j’en ai fait un (petit) en commençant à le lire.

    Arrivé à un moment de sa lecture, Poids-Plume se retrouve soudain un peu perdu... il relit la phrase étrange... et comprend que si on remplace un "d" par un "s", la phrase devient beaucoup plus compréhensible.
    Alors Poids-Plume le signale... et continue sa lecture...
    (vous voyez, ça en fait des petits pas...)

    Arrive un autre moment où Poids-Plume est à nouveau perdu.
    Quand Poids-Plume est perdu au milieu d’une classe d’école, il lève le doigt en criant "Hé M’sieu Lordon, M’sieu Lordon, vous en avez pas une version un peu moins tarabiscotée ?"
    (eh oui, il vient d’une cité, Poids-Plume)

    Je ne sais pas si vous avez, étant petite, fait "les pattelles" pour former les équipes de jeux (c’est fort possible, vous avez l’air très portée sur le football), mais il y a quelque chose qui me rappelle cela dans la situation présente.

    Alors Mme Lordon, si vous avez entrepris la difficile tâche de traduire les textes de votre mari et que vous pensez que des personnes "venant d’un autre monde" devraient y contribuer, le plus intelligent serait de le faire en équipe.
    C’est que faire chanter la prose de votre mari est beaucoup plus difficile que mettre l’annuaire en musique.
    (Non, ce n’est pas une vacherie, c’est une évidence)

    Vous savez, de nos jours, même les morts ont le téléphone.
    Si vous ne me croyez pas, regardez le film de Bunuel...
    "Le fantôme de la liberté".

  • permalien Frédéric Lordon :
    26 avril 2008 @09h57   « »
    Réponse à MLeD : de la catatonie des forces de gauche

    Je vous avoue que je suis aussi perplexe que vous... Le SLAM était fait pour que des organisations politiques et syndicales s’en saisissent. Travail mâché, juste se pencher pour ramasser. Eh bien non, rien, nada !

    Même chose pour la pétition Stop Finance, et je gage que les présentes propositions connaîtront le même destin.

    Mon carnet d’adresses est plat comme une limande, je n’ai pas de connexions dans le monde politique et on n’arrive visiblement pas à faire boire de lui-même un âne qui n’a pas soif. Comment sortir de cette impasse ? Vous l’avez parfaitement identifiée vous-même, si vous avez des idées, très franchement je suis preneur !

  • permalien Frédéric Lordon :
    26 avril 2008 @09h58   « »
    Réponse à Yohann

    Pas de place pour les "sentiments de désolation" puisque nous sommes d’accord sur presque tout

  • permalien Ollier Dominique :
    26 avril 2008 @19h30   « »
    Il faut changer de société

    Désolé, mais le capitalisme s’accommode de TOUT ! Donc, il faut démanteler les supports du capitalisme :

    1- Démanteler les multinationales : cela à déjà été fait (IBM par exemple), et fixer une taille limite aux entreprises, afin de dimminuer les risques de corruption.
    2- SUPPRIMER tout système d’actionnariat et de cotation à la bourse.
    3- SUPPRIMER TOUTE PUBLICITE DEFINITIVEMENT (bien sûr que l’on peut s’informer sur tout ce qui existe sans pub !)
    4- INTERDIRE TOUT PASSAGE DE RESPONSABLE D’ENTREPRISE PRIVEE
    VERS LE POUVOIR POLITIQUE d’ETAT (mauvais exemples actuels et passés : Mme Lagarde, ex Thierry Breton ...)
    5- UN SEUL MANDAT lors d’exercice du pouvoir, LIMITER à une seule personne par famille dans un temps à déterminer, la possibilité de prendre des responsabilité politiques
    6- ETABLIR VITE UN SALAIRE MAXIMUM pour tout le monde
    7- PASSER à la 6e REPUBLIQUE : Objectifs : favoriser la prise de responsabilité politique pour toutes les couches sociales possibles, et non plus la caste des milliardaires, et à tous les échelons du pouvoir, organiser un pouvoir à l’abri de la corruption et des lobbies en tout genre ... Créer une justice réellement indépendante ...
    8- Small is beautiful : développer des petites entreprises et relocaliser, dans tous les domaines : démanteler (c’est mon mot préféré, désolé ...) les supermarchés ...
    9- Tout le monde doit faire des propositions : je ne veux pas passer pour un dictateur ou un mégalo ...

    Allons, courage, ca se fera de toute façon, mais si personne n’adhère, cela se fera malheureusement dans le chaos ..

  • permalien Jp :
    26 avril 2008 @21h59   « »

    Votre article est d’un intérêt vital : présenter une alternative de bon sens.

    Quant à la manière de la faire passer, ce devrait être l’affaire d’autres spécialistes, des publicitaires, créatifs et autres scénaristes, car c’est la série tv et le spot publicitaire qui servent aujourd’hui de premier vecteur éducatif pour ces masses qui en ont tant besoin, et qui ne sont plus réceptive qu’à ce format.

    Je pense que nous devons nous inspirer de projets comme Linux ou Wikipedia pour envisager un tel chantier éducatif. Dreamworld emploie des centaines de personnes pendant 2 ou 3 ans pour produire un dessin animé de 90 minutes comme "Ratatouille". Il nous faut "Finance-ouille", écrit, dessinée, mis en musique via un collectif international de compétences, et diffusé gratuitement via le web...

    (J’imagine déjà le tableau de bord du spéculateur, les indices de performance complétés avec les conséquences (nombre de morts, nombre de nouveaux pauvres créés, pollution), et son fils lui demandant chaque soir quand il rentre : "ça va p’pa ?"...)

  • permalien Utopia :
    27 avril 2008 @07h45   « »

    @jp

    Small is beautifull, comme le dit l’intervenant précédent.
    Inutile d’envisager un dessin animé de plusieurs dizaine de milions d’euros... des "spots" diffusés sur youtube ou équivalent devraient déjà avoir de l’effet... mais des films à petit budget (la monnaie, la double face de la monnaie..) ont déjà de bons impacts ... et ca serait encore mieux si ça se passait chez les ch’tis :-)

  • permalien zéro comme nul :
    27 avril 2008 @09h20   « »
    Il faut changer de société

    Désolé, mais le capitalisme s’accommode de TOUT ! Donc, il faut démanteler les supports du capitalisme :

    Parce que le capitalisme s’accommode de tout, il faut renforcer les règles qui protèges les citoyens.

    La solution paradoxale (changer tout parce que le capitalisme se nourrit du changement) que vous semblez appeler de vos vœux a déjà été décrite par Marx :

    En faisant de son lieu funéraire le berceau de la République bourgeoise, le prolé-
    tariat força celle-ci à apparaître aussitôt sous sa forme pure comme l’État dont le but
    avoué est de perpétuer la domination du capital, l’esclavage du travail. Les yeux
    toujours fixés sur l’ennemi couvert de cicatrices, implacable et invincible, - invincible
    parce que son existence à lui est la condition de sa propre vie à elle - force était à la
    domination bourgeoise libérée de toute entrave de se muer aussitôt en terrorisme
    bourgeois. (Les luttes de classes
    en France
    1848-1850
    )

    , désolé
  • permalien Ollier Dominique :
    27 avril 2008 @10h30   « »
    Il faut changer de société

    Bien sûr que j’ai lu et relit parfois Marx : c’est le manque de temps qui me rends inculte moi aussi : mais par rapport à Marx qui était dénigré par les déjà capitalistes, on peut depuis déjà bien longtemps constater ses PREDICTIONS ! Donc, l’avenir du capitalisme est déjà presque achevé ...
    Dans un autre style bien décrit : LIRE OU RELIRE les tribulations du Bernard Tapi de l’époque du roman d’anticipation de ce bon vieil Emile Zola : "L’argent" : Aristide Saccard ! et la Banque Mondiale ! : Aristide, c’est aussi Moi Monsieur le Maître du Monde : Jean-Marie Messier ! : il a fidèlement reproduit la démarche d’Aristide : ce qui est à pleurer, c’est que Emile Zola avait déjà bien compris les travers (c’est un minimum, pour que je reste calme et poli) du libéralisme-capitalisme-mondialisation ! Quel talent cet Emile ! Et ca n’a pas fait réfléchir quiconque au pouvoir à l’époque !
    Allez, on y croit tout de même, on a des enfants à charge, battons nous pour eux au moins... Dr D. OLLIER

  • permalien goutelle lionel :
    27 avril 2008 @12h51   « »

    Les choses du « monde de la finance » que vous expliquez (mais y a t’il aujourd’hui un autre monde tant son pouvoir est devenu monstrueux ?) et les propositions élémentaires et incontournables que vous faîtes (et qui, à la manière de celles du rapport Attali, se tiennent toutes ) semblent d’une importance civique élémentaire tellement évidente qu’il est profondément anormal que vous ne disposiez pas, justement comme Attali, d’un « battage médiatique » élémentaire. Personnellement, je vis très mal cette acceptation de l’incivisme des médias comme faisant parti de l’ordre normal des choses. Je sais que vous allez me rétorquer que d’une part les médias alternatifs (là bas si j’y suis, internet, etc…) ont une puissance aujourd’hui intéressante, et d’autre par que vous n’acceptez logiquement de parler dans les médias que si les conditions élémentaires de la communication sont remplies et qu’elles ne le sont quasiment jamais (parole non coupée,longueur et temps d’exposition des séquences causes effets respectées, etc…), mais personnellement je vis mal que vous/nous ne touch-iez/ions que le cercle habituel des « convaincus d’avance » qui écoutent et lisent les médias alternatifs (et dont je fais bien sûr parti,et je m’incrimine moi le premier). Ne serait-il pas possible sur ce cas d’école particulièrement stratégique de faire coup double (une collaboration avec Acrimed ?) et d’attaquer aussi le mur du silence des médias et la façon anormale dont ils ne couvrent pas la « crise financière » (pléonasme) pour ne pas informer le citoyen du danger qu’il court à laisser ce monde dans l’état ou il est ? Je pensais par exemple à une pétition parallèle (ou on n’hésiterait pas à entrer dans le détail technique de la non communication des arguments essentiels sur un problème pourtant vital pour la société)…Bref frapper aussi en passant les mœurs de nos médias qui « oublient » qu’ils devraient être là dans l’intérêt des citoyens les plus anonymes….

  • permalien MLeD :
    27 avril 2008 @14h27   « »
    Réponse à MLeD : de la catatonie des forces de gauche

    De ma tentative, certe timide, de diffuser l’idee du SLAM sur le site Desir d’avenir, je tirerais la consequence qu’il aurait peut etre fallu etre moins timide et engager un veritable lobbying aupres des politiques les plus a meme d’apprecier ces alternatives. Cependant je n’etais pas le meilleur avocat du SLAM, car pour batailler et convaincre il faut plus que la lecture du seul article explicatif, mais aussi une connaissance fine des contrarguments economiques qui ne manqueraient pas de lui etre oppose. En definitive, le meilleur avocat serait vous-meme, M Lordon, arme de patience et de 35 heures par jour pour faire le siege de personalites susceptible d’atteindre au pouvoir tout en etant peut etre sensible aux alternatives economiques que vous presentez. Naivement et par exemple, je penserais, au vu de leurs prise de positions publique et en supposant leur honnetetee, aux reformateurs socialistes comme Arnaud Montebourg
    amontebourg@assemblee-nationale.fr
    ou Laurent Fabius
    http://www.laurent-fabius.net/rubri...
    Bien sur la liste peut s’etendre.
    En plus d’un contact et argumentaire direct, je penses qu’un lobbying de vos lecteurs, sur ce blog par exemple, en proposant un message type et facile a faire suivre, attirerait l’attention. De plus il serait interessant de savoir publiquement les reactions des politiques contactes a vos propositions, a la maniere d’ATTAC lors des campagnes electorales, en essayant d’en tirer les raison fines plutot que les reactions de relations publiques.
    Avez-vous tente aussi de faire paraitre quelque chose dans les colonnes debat du Monde ?

  • permalien Kazeo :
    28 avril 2008 @12h18   « »

    "Lorsque l’effondrement se produisuit, il fut naturellement d’autant plus drastique aux Etats-Unis que l’essor léthargique de la demande avait été compensé par une expansion considérable du crédit à la consommation. Déjà frappées par le boom spéculatif de l’immobilier qui, avec l’aide habituelle des optimistes incurables et des escroqueries finncières foisonnantes, avait déjà atteint son faîte quelques années avant le Grand Krach, les banques cribblées de mauvaises dettes, refusèrent d’accorder de nouveaux prêts immobiliers ou de refinancer les crédits existants. Celà ne devait pas les empêcher de faire faillite en masse, tandis que près de la moitié des hypothèques américaines étaient en défaut et que les saisies immobilières se multipliaient à raison d’un millier par jour."

    Qui donc a bien pu prononcer un discours d’un telle justesse pour parler de la crise actuelle ?
    Comme vous l’aurez remarqué il ne parle pas de subprime mais du Grand Krach. En effet, celui qui parle n’est pas économiste mais historien.

    Il s’agit de Hobsbawm dans L’âge des extrêmes, Histoire du Court XXème siècle, p 142

    La finance serait-elle incapable de tirer les leçons que lui fournissent sa propre histoire ? Il semblerait bien que oui et les ardents défenseurs de la dérèglementation financière, eux qui n’ont qu’à la bouche le paradigme de la modernité et du pragamatisme, de se retrouver ramenés près de 80 ans en arrière, à leurs premiers "errements" dont on se souvient des conséquences...

  • permalien vonB613 :
    28 avril 2008 @18h29   « »

    Que de commentaires pour un premier billet. Vous idées ont des echos chez les nostalgiques de la société passée, d’une finance contrôlée et manoeuvrée depuis Bercy. Malheureusement pas capable d’affronter la mondialisation et la complexité des échanges actuels. Je suis tout à fait d’accord avec votre constat : la dérive du système financier, mais certainement pas avec vos solutions, qui consiste à élever des règlementations etatiques dans un système aujourd’hui international et décoreller des problèmes et des frontières étatiques (la preuve étant que les crédits à risque américain ont un impact direct sur l’économie française).

    C’est au contraire en évoluant, en trouvant de nouveaux modèles financiers (qui peuvent être liés au nouvelles technologies), comme le micro crédit, ou encore le controle de l’épargnant sur son investissement, et réaliser ainsi une intelligence collective financière (plutot qu’une intelligence centralisée chez les enarques de Bercy), ou avec l’avènement prochain de l’open money, et la liberté à tout un chaque de frapper sa monnaie, qui nous permettrons de sortir de l’égémonie du monde financier.

  • permalien zéro comme nul :
    28 avril 2008 @18h55   « »

    @vonB613

    Vous idées ont des echos chez les nostalgiques de la société passée, d’une finance contrôlée et manoeuvrée depuis Bercy. Malheureusement pas capable d’affronter la mondialisation et la complexité des échanges actuels.

    ... dites vous, en reprenant les arguments des années 80 de Maggy Tatcher( "There Is No Alternative") et en nous présentant comme un progrès un phénomène qui est vieux comme l’humanité.

    Il semble que contrairement aux “nostalgiques” vous soyez capable "d’affronter" la mondialisation comme Don Quichotte “affrontait” les moulins à vent. Je vous souhaite une guerre joyeuse.

  • permalien Auxenfans joël :
    28 avril 2008 @19h00   « »

    Encouragements pour cette réflexion encourageante !

    Je diffuse largement ce que vous développez et l’appel. Je suis persuadé que les néophytes peuvent comprendre petit à petit les idées et les mécanismes en jeu, et ne plus s’en laisser autant conter (ou compter), en tout cas s’y intéresser de plus près. En fait dès qu’on s’approche un peu de la réalité des comptes, des faits, on entre dans une possibilité d’imagination et de proposition. Je ne ferai que répéter ce que j’ai compris de ce que vous écrivez, mais en le disant avec mes mots je m’approprierai une perspective de proposition. Je suis aussi convaincu que la circulation des idées (comme au temps des Lumières entre autres) peut contribuer à modifier le rapport de force des idées d’une époque. Sans quoi autant se considérer comme des insectes.

  • permalien NoE :
    28 avril 2008 @20h35   « »

    Bonjour.

    Pour faire écho au 10ème principe (l’éducation populaire), sa réalisation se pourrait être, effectivement, indispensable. Les "cris d’orfraies" deviennent singulièrement puissants quand il s’agit de "cris d’or frais". A part une crise systémique ou une guerre, rares seront les motivations qui ferons bouger notre caste politico-journalistique parisienne.
    Alors pourquoi pas un grassroot movement ?

    Les sites internet ont pour cela une puissance limité : auditeur solitaire, éduqué et rarement bruyant, difficile de pénétrer les masses...

    Vous voulez de la conscientisation ? Parlez aux artistes et aux réseaux locaux. Nos maisons de quartiers ont beau faire peur, avec leurs tags et leurs dealeurs, je connais peu d’endroit où les débats s’allument avec autant d’énergie et où les rumeurs se répandent plus vite. Un peu du style "Hé Papa ! Tu sais pourquoi on t’as mis à la porte ya deux ans ?". Les rappeurs ont des mots qui interrogerons bien plus sûrement la foule que les timides questions de nos journalistes. Le premier pas peut être difficile à faire (un artiste, c’est rarement un blanc aisé hétéro) mais la demande est réellement là.
    Quasi-certain que coté étudiant et agriculteurs (entre autre), il y aurait aussi matière à agitation...

    Pour ceux qui comme moi tirent un peu la langue sur les questions techniques, une émission de M. Lordon (à écouter ne serai-ce que pour les légionnaires, le bordel et la canasta !)et un kit d’attac sur la crise financière.

    En tout cas, merci pour cette douche mentale, ça réveille et donne espoir.

  • permalien ∞ comme infini (vonb613) :
    29 avril 2008 @18h49   « »

    @ Zero comme nul

    Votre pseudonyme révèle un peu la teneur de votre discours.

    Je ne me suis absolument pas placé dans une perspective "There is no alternative", au contraire, il me semble que notre époque est très prometteuse en alternatives à la société pyramidale centralisée et aujourd’hui dominée par une finance débridée. J’en ai d’ailleurs cité 3 : la micro finance, l’investissement direct et l’open money.

    Les alternatives nous viennent des nouvelles donnes technologiques, qui peuvent changer structurellement la société (comme l’invention de l’impression à directement influencé la révolution française). Nous évoluons vers une société avec une plus grande prise de conscience et une intelligence collective et des moyens qui nous donnent la possibilité de s’organiser à petite échelle et de s’affranchir d’un pouvoir tout puissant centralisé.

    L’anachronisme est de vouloir imposer des règlementations de plus en plus compliquées par une soi disant autorité territoriale. Ceci est aller à l’encontre du courant inexorable actuel (et c’est à mon avis cela que de lutter contre des moulin à vent, car il est complètement utopiste de vouloir dans la société d’aujourd’hui établir ce genre de règlementations, ce n’est plus la politique qui a le pouvoir mais la finance justement).

    Alors qu’inventer le monde de demain, qui ne sera plus régi par des financiers, mais éventuellement (c’est mon pari) par les informaticiens et blogueurs et sera certainement beaucoup plus communautaire.

    Pour une illustration de mon propos de nostalgique je vous invite à vous familiariser avec la spirale dynamique, et de comprendre que ces propositions, sont des tentatives de retourner dans une organisation bleu, alors que nous sommes dans orange, donc une régression à l’évolution naturelle. De mon côté j’essaie plutôt de motiver votre orientation vers le meme vert, la prochaine étape de l’évolution, à mon avis innexorable.

    Bien cordialement,

    ∞ comme infini

  • permalien Aabcdefre :
    29 avril 2008 @19h50   « »

    Juste 2-3 petits mots :

    Le texte n’est pas facile à comprendre parce que nous ne sommes pas socialisés à ce vocabulaire et ces concepts. Ils sont exclus de notre champ sémantique, car l’économie (comme chose) a sérieusement besoin de légitimité et a, à vrai dire, toujours un manque de ce côté-là. L’opacité et la force de la reproduction tient donc le pouvoir d’occultation, de censure. C’est pourquoi ce n’est pas facile. Si toutes les 3 semaines vous aviez un débat d’économistes sur Tfrance 44, vous pourriez sans aucun doute comprendre ce texte plus facilement. D’ailleurs les économistes parlent de la légitimité des capitalistes en général, mais ils semblent fort mal pourvus en outils pour comprendre la légitimité à d’autres niveaux de l’échelle social. Ce qui n’est pas étranger à ce que je voudrais évoquer maintenant.

    A F. Lordon :
    Les meilleures idées, aussi bonnes soient-elles, n’ont de valeur qu’à partir du moment où elles peuvent être publiciser (bravo pour le moment donc, parce que c’est plus que les autres). Il faut donc trouver des médiateurs politiques et des stratégies médiatiques. Des alliés, il faut mettre les mains là où on ne veut pas les mettre. Au passage, il ne serait pas mal de redonner un coup de fouettage à la pétition. Vous avez des solutions en main.

  • permalien zero comme nul :
    29 avril 2008 @20h45   « »

    @∞ comme infini,

    je faisais référence au TINA parce que vous présentiez la mondialisation (c’est ainsi que le l’ai perçu) :
    - comme une fatalité imposée (par la "main invisible" peut-être).
    - comme un phénomène unique, alors que l’histoire de l’humanité est jalonnée de périodes de mondialisations, et des périodes de “fragmentations” le plus souvent initiées par des tendances communautaires exacerbées par la mondialisation précédente et se matérialisant par des conflits sur la “légitimation” des frontières.
    - comme un phénomène nouveau apportant des "solutions" a la situation antérieure en général mal perçue par les individualistes, parce que basée sur la solidarité.

    Les désagréments engendrés par une paresse quant à la mise à niveau des règlementations, ne devrait pas se traduire par une remise en question du principe de règlementation, mais par celui de la paresse. Considérer que la norme humaine c’est d’être un adulte actif en bonne santé, qui vit dans l’instant, c’est du dogmatisme.

    Là où nous convergeons (au delà de vision micro ou macro économiques), c’est A. Smith, J.M. Keynes, ou K. Marx (pour faire court) n’ont jamais considérés leurs théories comme des dogmes, et que nous avons les économies que nous méritons.

    Si la brouille des cartes peut profiter à quelques aigrefins, pourquoi pas. Là où elle pose problème c’est quand les victimes sont légions. Ceux que vous qualifiez de nostalgiques, sont le plus souvent des gens qui vivent dans l’avenir, dans l’anticipation, en fonction des règles établies. Bien souvent pour faire des choses aussi élémentaires que vivre une vie digne où le risque est assumé. Les périodes de mondialisation s’accompagnent de pertes de repères en particulier dans le perception du risque et entraine une judiciarisation des rapports humains et dans la finance, par la titrisation des risques, ou l’assurance sur des marché dérivés, avec la certitude qu’au bout du compte la "collectivité" par ailleurs tant haïe sera là pour réparer les dégâts (la certitude d’avoir un prêteur en dernier ressort).

    Ainsi les "petits malins" non seulement ne sont pas ces grands chevaliers solitaires qu’ils aiment s’afficher, mais sont totalement asservis à solidarité des "nostalgiques", car ils basent leurs stratégies sur leur aide.

    Cordialement.

  • permalien Utopia :
    30 avril 2008 @07h40   « »

    J’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi Monsieur Lordon n’a pas repris l’idée de la taxe (européenne) sur les transaction financière ; Attac, Tobin ou autre ..
    Ou alors ai-je loupé cette proposition dans ce texte ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    30 avril 2008 @08h55   « »
    Réponse à Utopia

    C’est une question fort courte... mais fort importante. Il faut que j’y réponde. Je crois bien que je vais vous faire un papier là dessus. Rendez vous donc dans pas longtemps...

  • permalien Flow :
    30 avril 2008 @11h46   « »

    Bonjour,

    J’ai pris connaissance de votre article sur contreinfo.info mais venant en au fond :
    j’ai bcp de bonne volonté pour essayer de comprendre les alternatives que vous proposez au système de finance actuel mais un citoyen landa comme moi,n’étant de plus pas issu du milieu de la finance n’a pardonnez moi qu’une certitude en lisant votre article : c’est du chinois !

    Je suis pourtant sur qu’une fois clarifié, vos propositions susciteraient bcp plus d’attention qu’en la situation actuelle !
    Et je suis en même temps conscient qu’il faudrait reprendre la base... un livre à me conseiller Mr Lordon ?

  • permalien dindane :
    30 avril 2008 @19h26   « »

    L’ article est tres interessant, seulement voila pour les places boursieres europeennes( sauf Londres) on souhaite toujours une plus grande capitalisation boursiere pour atteindre le niveau de la bourse de LONDRES ?? Pour la BCE, le fait que la bourse de LONDRES soit superieur de 3 a 4 fois la bourse de PARIS constitu un handicap pour l’economie en EURO. Voila le complexe que nourrissent les financiers europeens (hors GB ) et il ne sera pas possible de les convaincre que la ZEF n’a pas besoin d’une plus grande capitalisation boursiere pour offrir un minimum de stabilité.Il y a un mal que vous ne saisissez pas , c’est l’orthodoxie des fondamentaux arbitraires du capitalisme financier actuel..Mais
    comment voulez vous que les riches predateurs
    financiers consentent a perdre de l’argent pour
    une hypothetique re-regulation ??? .Affaire a suivre..

  • permalien Aspiral :
    30 avril 2008 @19h58   « »

    Le mythe scientifique a fait disparaitre les paramètres d’espace et de temps de la pensée collective. L’accélération des communications que permettait l’accroissement des moyens technologiques a aussi fait disparaître les structures d’espace et de temps. Il s’en est suivi un lent remplacement, insidieux, des vrais investisseurs par des joueurs qui ont pris la bourse en otage. Remettre des délais entre les investissements et la prise de bénéfice serait la solution s’il n’était déjà trop tard. Les mafieux gouvernent déjà le monde. Ceux qui interviendront le paieront du raccourcissement de leur vie.

  • permalien lodin :
    30 avril 2008 @21h41   « »

    J’ai trouvé Frederic Lordon très pessimiste sur les conditions de réception de ses initiatives, y compris sur les effets de la pétition en cours... Il me rappelle les coups de cafard de Bourdieu que j’ai rapidement croisé en 2001....Bref, je crois qu’il est urgent qu’un travail collectif s’engage pour sensibiliser les "politiques" à d’autres modalités dans la régulation économique. C’est une chance d’avoir quelqu’un de la compétence de Lordon dans un combat contre le monde tel qu’il va....Son énergie doit trouver des relais...Pardon pour ce texte allusif et un peu pontifiant mais je suis pas argumentatif ce soir.

  • permalien Emirabel :
    5 mai 2008 @23h16   « »

    Merci à F.Lordon pour l’effort d’éducation populaire qu’il entreprend. Il est fort dommage qu’ATTAC ne se soit pas concentrée sur cette mission et se soit aventurée sur des chemins semés d’embûches.

    Je me retrouve dans les propos de Yohann :
    "(…) je possède quelques heures de lectures et de discussions sur le sujet me permettant au moins d’appréhender une partie des raisons et arguments, mais j’éprouve des difficultés considérables à en entretenir mes amis (…)"

    ou ceux de Jardin :
    "Je fais ça assez souvent, lire bêtement sans me soucier de pas comprendre, puis relire. Même si ça ne passe pas cette fois-là, je m’imprègne, genre "bain de langage" (…)"
    "(…) il commence à y avoir des lacunes dans mon ignorance (…) "

    et je suis définitivement pour l’université populaire d’économie proposée par F.Lordon. Je ne pourrais pas y être prof mais je suis volontaire pour y participer activement au niveau logistique par exemple.

    Je reste très pessimiste sur les possibilités de mettre en œuvre les propositions de F.Lordon. Les gens que nous avons en face de nous ne sont pas des bisounours plein de compassion pour le sort de leur prochain. Alors un autre monde est sûrement possible ……. mais il va peut-être falloir employer les grands moyens pour l’imposer !

  • permalien glattering :
    6 mai 2008 @12h02   « »

    Comme Flow et quelques autres, je suis complètement ignorant du monde de la finance. Je suis ingénieur de formation, assez avide comprendre ce qui m’entoure, et fatalement, j’ai voulu me renseigner. Je suis depuis maintenant quelques mois vos textes, qui me paraissent très pédagogiques, très clairs, qui suivent un fil argumentaire très agréable à lire. Seulement voilà, si je comprends bien les aspirations idéologiques et la critique sévère du système tel qu’il est, à force de m’imprégner des termes et à force de lecture, je finis par avoir une petite idée de comment tout cela fonctionne (cela, monde de la finance), mais une petite idée seulement ; je suis donc en mal d’ouvrages de référence à lire pour connaitre (et comprendre) le système tel qu’il est. Auriez vous des conseils de lecture à ce sujet pour qu’en plus de savoir dans quelle direction aller, je sache d’où on part.
    Merci.

    /glattering

  • permalien Emirabel :
    8 mai 2008 @20h10   « »

    @Glattering
    J’ai un profil semblable au votre et je vous conseille, suite à mon expérience personnelle, les ouvrages suivants qui m’ont permis de créer quelques lacunes dans mon ignorance comme dirait Jardin :

    Une initiation à l’économie de l’Ecole des Mines de Paris que l’on peut télécharger gratuitement ici :
    http://www.cerna.ensmp.fr/Enseignem...

    Pour mieux comprendre la monnaie et ses mystères (qui à mon sens est à la base de beaucoup de choses) :
    Monnaie et financement de l’économie 3ème édition par Christian Ottavj aux éditions HU Economie (Hachette)

    Pour se familiariser avec la macroéconomie :
    Macroéconomie 4 ème édition par O.Blanchard et D.Cohen aux éditions Pearson Education. Dense et complet mais ne devrait pas poser de problème majeur de compréhension à un ingénieur.

    Sinon je vous invite fortement à éviter un ouvrage comme l’Economie pour les nuls (chez First Editions) qui est une véritable escroquerie truffée d’erreurs (que l’auteur refuse d’expliquer)

  • permalien NingúnOtro :
    20 mai 2008 @22h47   « »

    "Je reste très pessimiste sur les possibilités de mettre en œuvre les propositions de F.Lordon. Les gens que nous avons en face de nous ne sont pas des bisounours plein de compassion pour le sort de leur prochain. Alors un autre monde est sûrement possible ……."

    F. Lordon analyse la situation actuelle, et avance quelques changes possibles pour que celle-ci évolue vers une autre situation qui lui sembleraît plus appropriée selon quelques critères auquels lui, et on peut supposer quelques-uns d’autres tiennent pour des raisons particulièrement intéressantes.

    Mais ce que je ne vois nullepart, c’est une explication du point de départ. Je veux dire par cela, que la situation actuelle n’est pas aléatoire... elle à évoluée jusque-la parce-que ceux qui avaient assez de pouvoir pour faire valoir leur thèses l’ont fait, et ont imposés les mechanismes qui leur rendaient évidamment le mieux service en poursuivant leurs buts (de maximisation du gain économique, je présume ;) ).

    Si on croit à cette évidence... comment faire pour imposer ne soit-ce qu’aux puissants de l’Europe de faire la compétence à ceux du reste du monde avec des instruments à rendement sub-optimal ?

    Même si l’Europe est auto-suffisante en matière de services financiers, ceux qui se bagarrent pour maximiser leurs bénéfices, et qui ont de la compétence parmi les "copains" européens, mais aussí parmi les "moins-que-copains" non-européens, ne peuvent pas se permettre d’accepter l’obligation d’être moins compétitifs.

    Des que vous essayerez de mettre en place ne fusse qu’une seule de ces limitations que vous mentionnez, ce n’est pas une régulation que vous obtiendrez, mais la délocalisation totale et absolue de tout les services financiers (il n’y à pas de secteur plus volatile que le financier, les transactions électroniques, cela peut s’organiser n’impotre ou).

    On ne peut agir que sur l’ensemble de la planête, ou pas du tout, sous peine d’accepter d’être dépassé par les autres qui retiendront la liberté d’évoluer plus vite que vous ne pouvez le faire avec les règles que vous vous imposez.

    Le monde des finances n’est pas l’origine des problèmes, il ne fait qu’absorber les consequences d’actes déployées pour obtenir des résultats optimales au service de buts plus basiques : la course folle à l’accumulation sans fin de ressources pour assurer la survie d’individus ou de groupes d’intéret.

    Si vous n’analisez pas leurs besoins, vous n’êtes pas prets de trouver les moyens de leur enlever les instruments les plus performants qu’ils ont su mettre en place jusqu’a aujourd’hui, ni d’anticiper la prochaine génération de ceux-ci, encore plus performants.

    P.S. : je suis plutôt philosophe, et pas du tout économiste, c’est peut-être pourquoi je mets plutôt le doigt sur ce que vous avez apparamment oublié, plutôt que sur les détails assez techniques, que je comprends, neaumoins.

  • permalien NingúnOtro :
    20 mai 2008 @22h49   « »

    Zut pour la haute finance... j’ai dû amputer 36 caractères la-haut. ;)

  • permalien urbain :
    25 mai 2008 @09h48   « »
    Oui, mais : le 5ème principe, la dixième proposition

    Fort bien, enfin une pensée économico-politique. Je ne suis pas surpris qu’elle vienne de vous, et je constate qu’elle commence à être diffusée et trouver une audience ( je suis arrivé sur cette page d’un lieu de la blogosphère où j’avais vanté , il y a bien longtemps, les mérites de démarches théoriques telles que la votre ).
    Mais , pour faire bref, il manque au moins un principe à cette liste : le principe ... d’application.
    Non pas au sens où ces principes et propositions induites ne pourraient être validés que par une perspective explicite de débouché réel, qui leur permettraient d’être "en actes" im-médiatement, mais au sens où les modalités de leur propre "actualisation" seraient également définies, et cela dans le champ du politique, seul à pouvoir les accueillir .

    Concrètement et "actuellement" l’horizon politique est proprement bouché par la perspective unique et globalement extensive du libéralisme et du "marché" : le processus de vassalisation des "partis de masse" naguère qualifiés « de gauche » est pratiquement achevé. Le PS ne débat que sur les « nuances » , degrés et modalités du ralliement aux thèses du capitalisme sous son appellation « moderne » ( le libéralisme).
    Je propose donc ce cinquième principe ( dont il faudra déduire les différentes propositions de modalités d’ « actualisation » ) :
    Faire la place à ces principes et propositions, dégager un espace politique libre où ils puissent trouver une possibilité d’être exprimés « en actes » et dans un premier temps en tant que « projet » dans le champ politique, dans l’espace d’expression publique et dans les modalités d’actions sociales locales, urbaines , régionales et nationales.

    La (dixième) proposition que j’en induit c’est que : cette place ne pouvant être dégagée qu’au détriment des formations qui occupent tout cet espace, il faut s’attaquer avec constance et détermination, et en priorité, aux « occupants » : les formations qui ont détournés les mandats et la confiance que leur avaient confié les couches populaires et les victimes de la domination pour conduire une la politique d’émancipation qu’ils attendent.
    Bref : sortir à tous les sens du terme, et par tous les moyens, les formations politiques prétendument de gauche et désormais ralliées au libéralisme.

  • permalien lodin :
    27 mai 2008 @03h47   « »

    je viens de me balader sur le net suite à un article de christian walter "en attendant le prochain krach" (libé du 26mai). J’ai vu que cet auteur travaillait avec éric Brian (un X qui a écrit des articles intéressants notamment dans "actes de la recherche en sciences sociales" sur l’histoire des sciences. Bref je suis un peu étonné de l’orientation de ces articles récents sur la finance ou plutôt sur la modélisation des comportements de la finance. En gros, ce n’est pas la finance libérale qui est en crise mais les modèles de mathématiques financières (pour aller vite) qui sont à revoir....Est-ce que Fredéric Lordon est lecteur attentif de ces travaux ? J’avoue être un peu décontenancé

  • permalien Frédéric Lordon :
    27 mai 2008 @10h19   « »
    Réponse à Lodin

    J’ai en effet du mal à partager le point de vue de Walter et pour les raisons que vous dites. Désirer mettre un terme à la série des crises financières sans vouloir mettre en cause les mécanismes fondamentaux de la finance libéralisée, c’est rêver les yeux ouverts. Et c’est beaucoup demander aux modèles mathématiques que de porter à eux seuls le poids des tares de tous les effets délétères de la concurrence, de la cupidité et de "l’innovation" non maîtrisée.

    Ca l’est d’autant plus que, à mon sens, la finance mathématique, quelles que soient ses options, rencontre un obstacle insurmontable lié à l’indétermination ex ante des comportements en phase critique. Dit un peu plus clairement, si on a toujours la possibilité de faire une hypothèse sur la loi de probabilité qui gouverne les prix des actifs "par beau temps", c’est-à-dire quand le marché fonctionne "normalement", nul ne sait ce que devient cette loi lorsque le marché entre en crise, ou plus exactement nul ne le sait avant. Pour faire image, on peut dire que lors d’une crise le marché connaît une "transition de phase", c’est-à-dire une transformation qualitative de la densité de probabilité des prix. Le produit de cette transformation n’est connu qu’ex post,d’où l’incapacité à mesurer les risques ex ante. En tout cas le risque matérialisé par l’éclatement de la bulle — le risque "ordinaire", celui du marché en fonctionnement normal peut l’être... mais ça n’est pas une donnée très intéressante !

  • permalien Pierre-Henri Leroy - :
    11 juin 2008 @15h59   « »

    ah quel bonheur !
    laissez moi finir !
    Pierre-Henri Leroy - Proxinvest 0145515043

  • permalien Pierre :
    20 juin 2008 @23h45   « »
    une question me tarabuste

    Une question de novice qui cherche quand même à comprendre (comme beaucoup de monde sur ce blog, semble-t-il) me tarabuste :

    1) la finance doit être remise au service de l’économie productive (principe 2). OK.

    2) Pour la contrôler, il faudrait construire une zone européenne financière (ZEF) régulée, plus ou moins étanche par rapport aux zones non régulées (ZNR). Pourquoi pas.

    3) Mais les multinationales (économie productive) possèdent des filiales dans la (future ?) ZEF ET dans les ZNR : au sein d’un même groupe financier, on peut donc, me semble-t-il, librement faire transiter des capitaux d’une filiale de la ZFR vers une autre située en ZNR (c’est un point technique sur lequel j’avoue d’ailleurs avoir besoin de compléments d’informations).
    Auquel cas, n’y a-t-il pas là une faille dans les propositions énoncées dans cet article ? Dans l’hypothèse très improbable où les avancées politiques de l’Union Européenne permettraient la mise en place de cette ZEF, qu’est-ce qui empêcherait les multinationales de constituer de nouveaux tuyaux financiers permettant de re-connecter les deux zones, et de pomper des capitaux provenant de la ZEF pour aller les jouer au casino dans les ZNR ?

    Je retiens par ailleurs une intéressante proposition sortie dans ce blog : se donner RV, avec Frédéric Lordon, sur le site d’un candidat socialiste à la présidentiel bon en économie (pourquoi pas Fabius puisque la proposition a été faite et que l’adresse a été donnée : http://www.laurent-fabius.net/rubri...). Une demande de débat répercutée par une dizaine de blogers pourrait peut-être suffire pour forcer à un échange autour de ces propositions (peut-être une vingtaine, mais pas plus, c’est quand même un candidat mineur).

    L’initiative doit d’abord être acceptée et portée par vous, M. Lordon, mais avec votre feu vert et une indication de date pour ce débat, il ne devrait pas être trop compliqué de trouver 20 personnes pour envoyer un message à Fabius lui demandant de discuter publiquement avec vous de vos propositions.

  • permalien Frédéric Lordon :
    23 juin 2008 @12h34   « »
    Réponse à Pierre

    La possibilité de recyclage de capitaux entre les diverses entités des entreprises multinationales existe sans doute mais je ne pense pas qu’elle soit trop à craindre. Pour grassouillets que soient les profits de ces entreprises, ils sont sans commune mesure avec les flux de liquidités qui se déversent sur les marchés et qui ont pour origine les épargnes des salariés collectées par les investisseurs institutionnels et le crédit bancaire accordé aux opérateurs de la finance. Pas loin d’une goutte d’eau dans la mer donc.

    L’idée d’aller porter le débat chez un candidat pour voir ce qu’on peut lui faire dire sur tous ces sujets ne manque pas d’intérêt ! Pour ma part c’est OK. La question est : quand serait le bon moment pour passer à l’attaque ?

  • permalien Mark :
    24 juin 2008 @18h31   « »
    Réponse à Pierre et à Frédéric

    Il faut effectivement porter le débat ailleurs que sur le blog du Diplo puisque ni les médias ni les politiques ne semblent venir y traîner leurs guêtres.
    L’idée de Pierre reprise par Frédéric est excellente et pourquoi ne pas essayer, concomitamment ou non, d’intervenir sur d’autres sites ou blog (plus visibles médiatiquement parlant) .
    Si Frédéric pose la question du quand, c’est qu’il possède sûrement déjà un élément de réponse.
    Pourquoi devrait-on attendre ?

  • permalien Frédéric Lordon :
    24 juin 2008 @23h11   « »
    Réponse à Mark

    Pour une fois que j’étais d’une parfaite innocence... Je crois que c’est Pierre qui a soulevé le premier la question du quand et j’en ai déduit qu’il disposait d’une intelligence tactique que je n’avais pas — j’ai donc répété en tentant d’avoir l’air habile aussi. Toute plaisanterie mise à part, je pense que Pierre a parfaitement raison, il y a un bon moment à trouver. L’été est-il propice ou à éviter ? Je n’en ai pas la moindre idée... En tout cas je pars pour retour le 15 juillet, on en reparle à ce moment là ?

  • permalien Mark :
    25 juin 2008 @11h27   « »
    Réponse à Frédéric et Pierre

    Les bonnes intentions risquant de « s’émousser » durant les deux prochains mois, il serait effectivement préférable d’attendre le mois de septembre d’autant que nous ne serons plus qu’à deux mois et demi du Congrès de Reims du Parti socialiste qui se tiendra à Reims du 14 au 16 novembre 2008.
    Nous pourrons essayer d’en reparler donc après le 15 juillet ou au mois de septembre dans tous les cas.

  • permalien lodin rennes :
    25 juin 2008 @12h18   « »

    Certes il faut intégrer les dates du prochain congrès du PS mais aussi la fête de l’huma à mi-septembre. Depuis quelques mois c’est bizarre mais je me retrouve dans la lecture de l’huma (pages idées/débats)...Sans être un crypto-coco je note simplement que ce journal signale plus promptement l’état des débats importants de la gauche que libé par exemple. Bonnes vacances pour F. Lordon, le débat qu’il a co-organisé à la Sorbonne samedi dernier était de très haute tenue et son énergie très rassurante pour ceux qui veulent agir pour "arraisonner" la finance.

  • permalien Pierre :
    27 juin 2008 @10h50   « »

    Désolé d’avoir laissé quelques jours sans passer par le blog. Je ne suis pas sûr d’avoir une intelligence tactique particulière, mais j’avais effectivement pensé qu’il faudrait que le débat ait lieu avant le congrès socialiste de novembre pour pouvoir y être porté.
    Par ailleurs, je l’imagine nécessairement en deux temps :

    1) sur le fond : est-on d’accord sur le bien fondé des propositions de Frédéric (dans l’absolue, et à part peut-être sur un ou deux points techniques, je n’imagine pas de franche hostilité : il faut que ce soit dit)

    et 2) d’un point de vue stratégique : quelles conditions faut-il réunir pour faire émerger ces propositions sur la scène publique, française d’abord, et européenne ensuite. Sachant que les difficultés risquent d’être aussi bien politiques (la liberté des médias laisse à désirer en ce moment...) que techniques (le sujet est ardu).
    C’est sur ce deuxième aspect qu’un homme politique aguéri (et qui aurait intérêt à faire émerger ce débat au congrès du PS) pourrait peut-être nous éclairer...

    Dead line au 15 septembre pour agir en tout cas. Le mot d’ordre du départ pourrait être donné par Frédéric sur son blog et à travers ses différents réseaux, mais il faut le préparer à l’avance. Dès le retour de vacances de Frédéric, j’imagine (je part pour ma part du 17 juillet au 15 août).

  • permalien pierre :
    28 juin 2008 @09h41   « »

    Je suis à peu près d’accord avec les principes émis.On verra la résonance de vos propositions.

    pierre,
    http://www.rachatducredit.com

  • permalien Mark :
    26 juillet 2008 @18h42   « »

    En attendant....septembre.
    Comment procéder concrètement sur le "blog" de Fabius puisque ce dernier ressemble plus à une boîte à suggestions qu’à un véritable blog où réponses et commentaires seraient visibles par tous, permettant ainsi de mesurer la réactivité de l’intéressé.
    Ne faudrait-il pas "trouver" un contingent de "volontaires" (par quel biais) susceptibles d’intervenir en masse sur ce blog.
    A bientôt, j’espère....en septembre

  • permalien des_armes :
    4 août 2008 @11h39   « »

    Bonjour,

    merci pour ces propositions qui m’apparaissent très constructives et fournissent un socle solide de réflexion sur les dérives de la finance actuelle et les changements nécessaires qu’elles appellent. Ne pensez-vous pas néanmoins que seule une crise de l’ampleur de celle de 1929 (en termes réels j’entend) soit à même d’ouvrir les consciences à ces changements si nécessaires ?
    En d’autres termes, pensez-vous que le credit crunch va se poursuivre et s’amplifier, ou bien que les institutions actuelles sont suffisamment armées pour empécher une telle crise ?

    Cordialement

  • permalien eltrigo :
    5 août 2008 @15h43   « »

    Je prend le risque béotien, d’être encore plus iconoclaste que vous (selon vos adversaires ultra libéraux, ca va sans dire) et propose l’idée suivante : Prenons l’exemple du marché de l’automobile. Des normes techniques très strictes encadrent fortement la conception et la mise sur le marché des produits. Personne ne trouve à y redire, tant tout le monde est bien conscient du risque inhérent à ces produits, et ces normes ont pour objectif de faire baisser ce risque. Le risque n’est pas lié au seul produit, mais aussi à la façon dont on l’utilise. Personne ne viendrait remettre en cause un permis de conduire permettant (un peu) de réguler le comportement des acteurs pour diminuer les risque pour eux même et pour les autres. Prenons maintenant le cas des médicaments. Au delà des mécanismes de contrôle de non dangerosité de ces produits, au delà des contrôle sur la distribution par des professionnels compétents (Pharmaciens,...), de nombreux organismes d’autorisation de mise sur le marché (français, anglais, américains,...) s’interrogent aussi sur l’utilité de ces produits. Personne (ou presque) n’y trouve à redire. Proposons donc un système d’autorisation de mise sur le marché des produits financiers basé sur leur utilité et leur dangerosité, un système d’habilitation très stricte pour la manipulation de ces produits, un système de contrôle permanent des engagements (à découvert bien entendu) pris par ces opérateurs, puisque c’est presque toujours la puissance publique qui bouchera les trous en cas de dérapage ! J’entends d’ici les cris d’orfraie des financier ultra libéraux (je me demande si ce n’est pas maintenant devenu un euphémisme ?).

  • permalien Loïc, étudiant autodidacte :
    20 août 2008 @13h37   « »

    Merci pour ces lectures
    (même si, moi non plus, je n’ai pas TOUT compris...à force de travail ça finira par rentrer...d’ailleurs j’attaque "Une introduction à l’économie politique" de P.Salama et J.Valier, peut-être un peu daté par rapport au pb de la finance mondiale, puisque publié en 79, j’espère y trouver quelques clés...).

    Je tiens à vous informer de mon soutien (et de ma volonté de participer) à toute initiative visant à forcer le débat, à le "publiciser", que ce soit par le biais des candidats des partis "classiques" (envers lesquels je n’ai aucune confiance, je l’avoue, encore moins depuis mes rares expériences militantes) ou mieux encore dans le cadre d’une démarche d’éducation populaire qui me paraît en effet indispensable pour de nombreuses raisons, sur internet ou "irl" (plutôt comme ça d’ailleurs, la médiation induisant forcement une distance...).

    Je repasserais régulièrement sur ce blog pour m’informer à ce sujet (si une telle démarche voit le jour et que sa coordination se déroule ailleurs, merci d’indiquer un lien...)

  • permalien Mark :
    4 septembre 2008 @18h44   « »

    Nous sommes le 04 septembre et rien ne bouge.Que deviennent donc toutes ces bonnes intentions ? Elles s’évaporent déjà !!!
    La faute au réchauffement climatique sans doute.
    La lecture de "Comprendre le pouvoir" T1,2,3 de Chomsky fait apparaître clairement qu’il n’est rien à attendre des médias. Alors pourquoi ne pas oser l’idée proposée par Pierre.
    Je n’ai n’y la culture économique ni la verve nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit seul.
    J’avais cru comprendre que les propositions de Frédéric semblaient en séduire plus d’un.
    J’aurais, somme toute, aimé que ses idées soient examinées, sondées,pesées,critiquées, jugées par ses pairs.

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @12h29   « »

    COMMENTAIRES AUX PROPOSITION DE LORDON POUR EVITER LES CRISES FINANCIERES (1)

    Proposition 1, soit rendre la remuneration des traders indexee au performances, negatives comme positives.

    Je rappelle que le trader est l’employe en CDI d’un organisme financier, salarie, et dont on motive la productivite par des primes liees aux gains qu’il realise pour sa societe.
    Meme s’il s’agit d’une curieuse intrusion du legislateur dans les contrats salaries. Meme s’il serait un jeu d’enfant de contourner cette regle par des primes (negatives ou positives) minimales, sans incidence reelle sur les salaires, et par des augmentations annuelles consequentes liees -elles- a la performance.
    Meme comme cela, je suis favorable a cette proposition, a la seule condition qu’elle n’introduise pas une discrimination contraire a l’egalite entre salaries.
    Si le travail du trader conduit a des pertes, qu’il doit payer de sa poche, en se responsabilisant davantage, pourquoi le meme principe ne doit pas etre applique au chercheur CNRS, qui conduit le CNRS a des deficits de bilan, que le chercheur devrait donc repayer de sa poche ?

    Le travail du trader est assujetti comme celui de tout autre salarie a d’importantes contraintes. Il n’a pas le droit d’operer sur certains marches, il n’a pas le droit de faire certains investissement ou speculations, il n’a pas le droit de depasser une certain montant investi. Le resultat de son travail, exactement comme celui d’un chercheur, est soumis a des evenements qu’il ne sait pas controler, a l’action de sujets plus forts que lui qui agissent de facon imprevisible.

    Donc la meme proposition qu’on invoque pour le trader devrait etre applique a tous les travailleurs salaries, en les transformant en petits patrons, responsabilises et attentif aux resultats de leur employeur.

    J’approuve donc sans reserves la proposition n.1 de LORDON, extendue evidemment a tous les salaries, a fin d’eviter toute discrimination qui serait d’ailleurs sujette a opposition juridique aupres de la Cour Europeenne de Justice

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @13h05   « »

    COMMENTAIRES AUX PROPOSITION DE LORDON POUR EVITER LES CRISES FINANCIERES (2)

    Proposition 2, soit interdiction de la titrisation des credits, ou bien imputation a bilan des credits titrises.

    La, j’avoue, je suis paume. Faisons un petit example.
    La banque imaginaire Subprime Speculation LLC. possede 8 millions en assets financiers AAA ou liquides. Donc, elle peut octroyer credits pour 100 millions. Elle a donc des encours dette et credit pour 100 millions. Ensuite, elle cede ces credits de 100 millions a la banque Epargne du Papy Inc. en echange de liquidites ou equivalents. Elle aura 108 millions de liquidites, et elle pourra reprendre a octroyer de nouveaux credits. C’est la multiplication voulue par le systeme de la fractional reserve.
    Meme si vous imputez a bilan les 100 millions de credits risques, en plus des 100 millions de dette, cela vous fait 200 millions, qui demande 16 millions des reserves, et 108-16=92 millions d’argent frais a utiliser comme reserve pour un bon milliard de nouveaux credits.

    Ou alors j’ai mal entendu et vous ne voulez pas imputer les 100 millions titrises a bilan mais les deduire de la reserve de 108. Mais pourquoi du moment que le non-remboursement des credits titrises impacte desormais la banque Epargne du Papy Inc. et non plus la Subprime Speculation Inc.?? Du coup, meme si Subprime Speculation Inc. a u capital de 108, elle ne peut preter que 100.
    Cela equivaut a fixer une reserve obligatoire de 100% !!

    En conclusion, vous avez bien compris que la titrisation et cession de credits est une methode pour contourner les limites sur les reserves bancaires. Mais les problemes ne viennent pas de la titrisation et cession, ils viennent de la creation de liquidite intrinsequement non garantie consequente a la multiplication liee au systeme lui meme de la reserve bancaire. Avec une reserve obligatoire de 100%, on obtient exactement ce vous voulez, de facon plus simple et plus sure.
    Mais il faudra alors revoir plus qu’una chapitre de la Theorie de Keynes.

  • permalien G. :
    17 septembre 2008 @13h21   « »

    Si le travail du trader conduit a des pertes, qu’il doit payer de sa poche, en se responsabilisant davantage, pourquoi le meme principe ne doit pas etre applique au chercheur CNRS, qui conduit le CNRS a des deficits de bilan, que le chercheur devrait donc repayer de sa poche ?

    Devant tant de provocation malhonnête et honteuse, le mieux serait de répondre par le silence.

    Cela étant, on s’efforcera de rappeler que si les métiers liés à l’activité financière (non-productive, en somme un luxe inutile de nantis) peuvent être comparés à ceux de la recherche scientifique (ou artistique), c’est uniquement parce que les acteurs sont des hommes, et que comme le disait Pierre Bourdieu dans un de ses derniers textes ("L’objectivation participante", ARSS, 150, 2003, discours prononcé le 6 décembre 2000 lors de la remis de la Huxley Memorial Medal au Royal Athropological Institute de Londres),

    « Que je m’intéresse à une femme kabyle ou à un paysan béarnais, à un émigré algérien ou à un employé, un instituteur ou à un patron français, à un écrivain comme Flaubert, un peintre comme Manet ou un philosophe comme Heidegger, le plus difficile est, paradoxalement, de ne jamais oublier que ce sont des gens comme moi, en cela au moins qu’ils ne sont pas devant leur action - accomplir un rite inaugural, suivre un convoi funéraire, négocier un contrat, peindre un tableau, participer à un rituel académique, faire une conférence publique, assister à une birthday party - dans une position d’observateur et que l’on peut dire que, à proprement parler, ils ne savent pas ce qu’ils font (du moins au sens où j’essaie de le savoir, en tant qu’observateur et analyste). Ils n’ont pas dans la tête la vérité savante de leur pratique que j’essaye de dégager de l’observation de leur pratique. »

  • permalien G. :
    17 septembre 2008 @13h33   « »

    Un chercheur du CNRS, s’il a bien des responsabilités devant la communauté des citoyens du fait qu’il reçoit un salaire de l’État, et c’est un point d’éthique que tout bon chercheur se doit de méditer par deux fois, il est vrai, la rentabilité financière, la logique des pertes et profits économiques n’entre pas en ligne de compte dans le contrat qui est signé entre la communauté et le savant.

    C’est en effet la logique de la connaissance, la logique de la science, qui est l’épine dorsale sur laquelle repose le contrat social du savant.

    À moins de vouloir la fin de l’activité scientifique, qui marquerait pour sûr l’abattement d’une des murs porteurs de la civlisation occidentale, au moins depuis la IIIe République française, sinon depuis le début du XIXe siècle en Allemagne (la création de l’Université de Berlin, dirigée par Wilhelm von Humbolt, dans les années 1800).

    Mais, comme le dit si bien le philosophe Jacques Bouveresse, jusqu’à quel point y a-t-il volonté de savoir ? volonté de science ?
    Peut-être est-ce la valeur la plus fragile en ce monde dominée aujourd’hui par ls banques et l’activité financière, au final ?

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @13h51   « »

    COMMENTAIRES AUX PROPOSITION DE LORDON POUR EVITER LES CRISES FINANCIERES (3)

    Proposition 3, soit imposition d’un levier maximum draconien quoique assez grossier et pas assez fin pour ne pas discriminer entre situations tres heterogenes

    Je ne rentre pas ici dans les details des regles presentes dans la proposition, qui doivent se contenter du peu d’espace disponbile dans le blog et du lecteur moyen, pas toujours expert lecteurs des bilans bancaires actuels.
    Il y a certainement moyen de les ameliorer et les peaufiner, meme s’il faut rappeller que trop de grossierete signifie discrimination et place aux ruses, et trop de finesse et complication signifie difficulte objective de les controler sans une armee de burocrates.
    Il suffit de voir l’entite de la fraude a la TVA transfrontaliere dans l’UE, pourtant plus facile a controler que les taux de levierisation des marches financiers modernes.

    Mais le point est un autre. Tout emprunt est securise par des garanties (collateral). C’est au preteur d’exiger un collateral suffisant, cela fait partie des transactions entre sujets prives. Doit l’Etat s’immiscer la dedans ? Et comment ? Doit-il verifier que chaque credit respecte ces conditions de levier maximum ? D’apres moi c’est au preteur d’exiger cela, comme un vendeur exige un prix pour un bien.
    Alors pourquoi ne pas proposer que l’Etat verifie que le prix de chaque vente (d’un velo a une maison) soit correcte ?

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @14h01   « »

    G.

    sans deranger Humboldt (il y a eu des Universites et Societes des Savants bien avant lui, savez vous ?), decidez-vous :

    - soit vous niez aucune utilite sociale au travail de l’intermediaire financier, donc aux marches financier

    - soit vous lui en reconnaissez une.

    Dans le deuxieme cas, s’ils ont la meme dignite, pourquoi les pertes causees par avoir percu trop d’argent par rapport a son role et son service devraient etre reportees seulement sur le trader et non pas aussi sur le chercheur ?

    Dans le premier cas, vous niez la valeur et l’importance des marches financiers, du financement et de la solvabilite des activites en tout genre, et vous plaidez une sorte de feodalisme ou rien ne se fait si non par les moyens personnelles des riches.

  • permalien habsb :
    17 septembre 2008 @14h22   « »

    COMMENTAIRES AUX PROPOSITION DE LORDON POUR EVITER LES CRISES FINANCIERES (4)

    Proposition 4, soit interdiction d’acces aux marches europeens pour les places off-shore (etrangeres en francais)

    Soit, russification de l’Europe sauf Suisse.
    Et evidemment, le reciproque car les Europeens seront obliges de rapatrier leurs capitaux pour s’en servir.
    Ici on exagere !

  • permalien G. :
    17 septembre 2008 @14h44   « »

    Sans vouloir vous faire passer pour un demi-savant assez usurpateur dans ce forum, avant Humbolt il n’y avait jamais eu de scientifiques payés par l’État (en l’occurrence l’État prussien à l’époque) en tant que "fonctionnaires de l’universel" selon les mots, plus tard, de Edmund Husserl.

    Sur l’utilité sociale de la finance, il n’y en a certainement aucune en soi (ce qui est plus difficile à dire sur le cas de la connaissance).
    Mais dans le système d’interdépendances structuré autour de la banque, de la finance et de la libre circulation des capitaux que représent l’ère de la globalsation (qui a commencé fin 1970 aux USA en somme), elle représente une réalité indéniable qu’il faut bien gérer tant bien que mal, mais que je dirais que c’est plutôt elle, la finance, qui gère la société, de par le fait qu’elle est le pouvoir central du monde actuel. L’idéal régulationniste consiste justment à changer les rapports de force, et à ce que les institutions étatiques démocratiques domestiquent les marchés, et son représentant le plus barbare et le plus criminel, la finance.

    Au lieu de caqueter comme un coq de parade touché par la grippe aviaire néolibérale réactive (changement d’époque oblige), contre les chercheurs du CNRS qui comme tout citoyen lambda n’ont aucune responsablité devant l’irresponsablité des marchés financiers, décidez-vous, devez responsable, cessez d’hystériser sur le monde enchanté de votre Financial Global Village qui n’existe pas mais qui criminalise et détruit vraiment la société.

  • permalien G. :
    17 septembre 2008 @14h57   « »

    Quant à l’alternative hystérique entre la finance dérégulée et le féodalisme, sachez que si l’on convient que l’activité financière fasse partie "normale" du développement capitaliste de l’économie, le déchaînement incommensurable des marchés financiers tels qu’il existe à l’heure actuelle impose l’urgence d’ une domestication des marchés , sous peine de devoir subir toujours plus gravement, la mise en chaos du monde actuel et futur.

  • permalien shoitan :
    1er octobre 2008 @19h46   « »

    Bonjour, je pense que l’actualité nous amène une grande opportunité de reprendre la pétition et de peser le plus possible pour la promotion de ces idées sur la scène europe. Alors courage, le moment est peut-être venu pour les peuples de se lever contre la toute puissante finance internationnal !

    Un militant NPA.

  • permalien Mohamed BEN HASSINE :
    10 octobre 2008 @23h46   « »
    "Good bye America"

    La dernière crise financière a signé la mort deux principes fondamentaux du capitalisme : La liberté du marché et la non-intervention de l’état. Le capitalisme est rentré dans une mort-clinique ! Les 9 points je les ai trouvé aller dans le sens de signature de cette mort, bien qu’il était écrit quelques moins plutôt. Sens de vision louable de Pr. Lordon. Avec l’évolution à une vitesse inférnale de la situation, rares se font les analyses sur l’intérêt affiché des occidentaux (surtout les Européens) au système de finance Islamique. L’article de Federica Miglietta, Professeur à l’université Bocconi (Milan) sur telos-europe (http://www.telos-eu.com/fr/article/...) est l’un des rares analyses franches de ce que j’ai lu sur ce sujet. Pr. Miglietta avait terminé son article par « Good bye, America. » et c’est justement avec cette même phrase que Dr. Al-Jabari, membre du parti panislamique Hizb ut-Tahrir et de son bureau d’information en Palestine avait terminé son article paru en arabe sur plusieurs sites de presse arabe locale. Les deux analyses se concordent sur la conclusion, mais la phrase de Dr. Al-Jabari était chargée de défis intellectuels manifestes du système capitaliste dans sa globalité et prévoit son effondrement imminent pour laisser sa place à l’Islam : « L’ère des Etats-Unis est désormais du passé ; temps et place à l’Islam. ».

    Au fait, au moment où le Sénat reproche au système banquier Français son inertie à intégrer le système de finance islamique, que plusieurs penseurs, politiques et écrivains se sont allés jusqu’à défier le Pape, ou proposer carrément l’adoption de Charia, et considérer la finance islamique comme une finance innovante, Hizb ut-Tahrir (Partie de Libération) panislamique, annonce qu’il possède la vision économique qui lui permet de résoudre les problèmes économiques dans le cadre d’un système global suggéré comme un nouvel ordre mondial : "Hizb ut-Tahrir possède la vision pour faire face à la crise mondiale de l’économie" est un article que j’ai trouvé intéressant que vous sachiez son existence (http://www.archive.org/download/Vis...)

    Bonne lecture
    Mohamed BEN HASSINE
    Senior Consultant

  • permalien Fabrice :
    30 novembre 2008 @14h57   « »

    Bonjour

    Quelques questions

    Dire que l’Europe est autosuffisante financièrement me semble aventureux, l’existence de capitaux dépend de l’existence des machines et donc des matières premières productives, c’est un facteur limitant de toute économie, or l’Europe en est peu dotée - et celles du monde sont en voie d’épuisement. Ajoutons à cela les énormes externalités telles que les changements climatiques. Suffit-il de réguler la finance ou ne faut-il pas aussi repenser ce que "productif" signifie, ce qui donne une raison supplémentaire de marginaliser la finance dans l’ensemble des régulations économiques ? Sans cela, nous risquons de jouer le rôle de la Croix-Rouge en temps de guerre : remettre le soldat sur pied pour qu’il puisse aller à la mort.

    Un autre point. L’isolement de l’Europe ne va-t-il pas, d’une certaine manière, pérenniser l’exploitation du Tiers-monde et empêcher leur développement économique, par souci de stabilité interne, un peu comme dans le domaine de la PAC (les aides visant entre autres à assurer la stabilité provoquent la déstabilisation des marchés du Sud) ? Comment faire pour que la protection de l’Europe ne soit pas de facto un transfert d’une partie du prix à payer sur les pays en développement, en premier lieu les plus pauvres ? Il me semble que cet élément est absent des propositions.

    Un dernier point, qui rejoint le premier. L’ensemble du système repose, comme vous le dites, sur l’espoir de faire des profits dans l’avenir - d’où la spéculation. On peut pourtant douter de l’existence de tels profits, sauf à engager le monde vers des technologies (biotech nanotech etc.) hyperrisquées, à ne pas se soucier des externalités ou accepter des conditions de travail indécentes. Quelle est l’importance de cette croyance pour tout le système financier, politiques inclus puisque bon nombre d’entre eux pensent qu’on ne peux rien faire sans croissance ? C’est bien sûr à la question de la décroissance que je fais référence ici.

    Bien à vous,

    Fabrice Flipo

  • permalien Nico :
    9 janvier 2009 @21h04   « »

    Votre principe numéro 4 m’amuse : "L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante."

    Si vous l’aviez dit dans les années 60, vous seriez passé pour un progressiste et vous auriez été critiqué par les gaullistes. La France était bien entendu autosuffisante. Elle n’avait pas besoin de l’Europe.

    Maintenant, vous ( votre école de pensée) a abandonné cette idée. C’est l’Europe qui est autosuffisante. On avance. Dans 40 ans, votre disciple parlera d’un ensemble économique plus grand.

  • permalien charles :
    11 janvier 2009 @00h26   « »

    @Nico

    Peut-être que c’est le monde qui change et que cette "école de pensée" ne fait que s’adapter à la réalité d’aujourd’hui ?

    C’est toujours mieux que de s’accrocher à un dogme sans se préoccuper du monde réel, comme croire que la finance peut s’autoréguler !

  • permalien Kergadon :
    27 février 2009 @11h52   « »

    Redeker islamophobe ?
    Ah, je ne savais pas, mais c’est un bon point pour lui. S’il est de plus christianophobe, judaïsmophobe, et bouddhophobe, ce sera presque parfait.

  • permalien Michel MARTIN :
    28 février 2009 @14h44   « »

    A quel niveau d’endettement sera-t’il encore possible d’obtenir un prêt si toutes vos préconisations étaient appliquées ?

    La crise financière occulte la crise idéologique (c’est à dire la crise du progrès main dans la main avec la croissance). Faut-il changer d’idéologie ou bien changer d’indicateur de progrès (PIB) ? Je vous propose de changer d’indicateur et d’adopter le PIBED (PIB équitable et durable), en attendant que les experts de la commission Sen/Stiglitz rendent leur copie dans une dizaine d’années.
    http://solidariteliberale.hautetfor...

  • permalien Adrien :
    6 avril 2009 @17h35   « »
    Baisser les taux

    Bonjour Mr Lordon,

    J’étais à la conférence du 3 Avril à Saint-Etienne, et je ne suis pas satisfait de la réponse que vous m’avez donné quand j’ai demandé si il faudrait baisser les taux d’intérêts. En effet seul la BCE a ses taux à 1%, mais les taux réels sont encore très élevés : 2.5% pour le livret A, 4.2% pour l’assurance vie, et les prêts sont à 5%. je pense que des taux élevés :
    - augmentent les inégalités entre riches et pauvres
    - fragilisent les entreprises, les décourageant d’emprunter pour investir
    - augmente le risque de faillite des entreprises et de surendettement des ménages
    - favorisent la rémunération du capital (actions, immobilier) qui s’allignent au dessus les taux d’intérêts, au dépend des salaires.

    A contrario baisser les taux ne suffirait pas pour relancer l’économie, car il faut aussi encourager les ménages à épargner et non à s’endetter, donc réduire le crédit à la consommation pour favoriser le prêt aux entreprises. De plus le taux d’épargne ne dépend pas des taux d’intérêts mais de la nécessité et d’autres facteurs psychologiques.

  • permalien Jean :
    21 mars 2013 @15h57   « »

    Vous soulevez des points intéressant sur les crises successive que nous subissons. Cependant le système est trop libérale et l’on voit bien qu’il ne s’auto-régule pas.
    http://www.creditsansjustificatifs.net/

  • permalien Vinicius :
    23 décembre 2013 @11h15   « »
    Some bank’s history from Clinton’s teacher...

    Tragedy and Hope, Carroll Quigley !

  • permalien swbnawfal :
    27 mars @18h17   « »

    Je trouve pas mieux que : http://www.film-en-lignee.com

    Milliers de films en streaming Gratuit et sans limite de temps !!

  • permalien swbnawfal :
    27 mars @18h19   «

    Salut moi je vous propose http://www.film-streamingvk.fr
    De nombreux films ajoutés chaque jours sur demande, un tchat pour rester en contact et surtout pas de pub envahissantes. Bon film !

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