Le Monde diplomatique
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Pourquoi ce blog

jeudi 24 avril 2008, par Marie Bénilde

Le règne de l’information dirigée a-t-il vécu ? Sous l’influence des nouveaux médias (chaînes de télévision numérique, sites Internet, blogs, canaux de diffusion mobiles), le concept de média dominant semble avoir du plomb dans l’aile. Google Actualités n’agrège-t-il pas plus de 10 000 sources provenant d’une quinzaine de langues à travers le monde ? La France ne recense-t-elle pas cinq millions de blogueurs touchant plus d’un internaute sur deux ? La révolution numérique ne marque-t-elle pas l’émergence d’une audience participative, d’un « journalisme citoyen » qui concourent à la diversité des contenus ? Ne voit-on pas naître sur la Toile de nouveaux sites d’information indépendants des grands groupes de médias traditionnels ? Enfin, le pluralisme de l’information télévisée n’est-il pas renforcé par la présence de trois chaînes d’information en continu, deux chaînes parlementaires et un canal international ? En attendant, demain, le lancement de la radio numérique ou de la télévision mobile personnelle…

Cette nouvelle ère de foisonnement numérique s’accompagne néanmoins d’une reconfiguration du rôle des médias, où la logique d’audience le dispute à la volonté de conserver ses prérogatives dans la production du discours légitime. Le Nouvel Observateur exhibe un faux SMS portant sur la vie privée du président de la République. Europe 1 annonce à tort la mort d’un animateur de télévision. L’Express fait des escapades sentimentales de Nicolas Sarkozy un filon éditorial. Seul lien entre tous ces débordements de vecteurs d’information faisant autorité : la recherche d’une compétitivité nouvelle à l’heure où Internet plonge les médias dans la nécessité assumée d’une hyperréactivité à l’instantanéité et aux nouvelles émotionnelles. Il est vrai que de l’audience dépend la ressource publicitaire, principal levier de financement dans une nouvelle économie marquée par la gratuité. Sous l’effet combiné de la quête d’audience et de la perte de repères (périodicité, charte éditoriale, conception de l’information), il pourrait bien résulter de cet éclatement des sources un écoulement monolithique d’informations à gros débit, multidiffusé sur la Toile.

Information 2.0 se propose donc de voir comment le numérique transforme la production de l’information. Comme la fabrication de programmes destinés à une audience commerciale a transformé la télévision et la radio.

25 commentaires sur « Pourquoi ce blog »

  • permalien Pierre :
    24 avril 2008 @17h23   »

    Cette nouvelle ère de foisonnement numérique s’accompagne néanmoins d’une reconfiguration du rôle des médias, où la logique d’audience le dispute à la volonté de conserver ses prérogatives dans la production du discours légitime.

    ... production du discours légitime... ou fabrique du consentement, c’est selon. Face aux exemples du Nouvel Obs., d’Europe 1 et de l’Express, on peut énoncer le désormais historique site d’Etienne Chouard, et du débat qu’il a déclenché autour du projet de constitution, des sites de campagnes aux présidentielles, et des débats plus récent autour de la flamme olympique et du traitement infligé au massacre des Hans dans le monde et le discours légitime “français”.

  • permalien Kitetoa :
    24 avril 2008 @19h06   « »

    Vous évoquez vous-même ce qui me semble être le coeur de la problématique de la presse.

    Si elle veut gagner de l’argent, elle doit attirer la publicité (à part quelques exceptions).

    Pour attirer la publicité il lui faut de l’audience.

    Or, la réflexion, l’analyse, la mise en perspective n’attirent pas l’audience. Ou alors, une audience très faible. En tout cas jugée trop faible par les annonceurs. Pourtant, il peut s’agir d’une audience de qualité et très ciblée. Ce qui "pourrait" avoir un intérêt pour les annonceurs.

    La presse (ou tout au moins ses propriétaires et gestionnaires) se sent donc obligée de "faire de l’audience". Et pour celà, elle cherche la voie la plus courte, la plus efficace et la moins chère. Il y a donc de moins en moins de journalistes dans les rédactions, ceux qui restent ont de moins en moins de moyens pour faire leur travail et... Finissent très souvent par faire du rewriting de dépêches d’agences (à peu près ce que l’on trouve sur les agrégateurs de news que vous citez). De la vraie valeur ajoutée. Je ne parle même pas du bi-media, le nouveau truc à la mode.

    La voie la plus courte évoquée consiste souvent à servir des contenus qui tirent le lecteur vers le bas. Un beau cercle vicieux. Car plus le lecteur est attiré par des choses stupides, plus on lui en servira, etc.

    A l’opposé, on peut rêver d’une presse qui ne s’intéresserait pas au nombre de ses lecteurs, mais à la qualité de ses publications. Dans un monde de bizounours, si toute la presse passait sur ce modèle, on aurait beaucoup de lecteurs, qui seraient tirés vers le haut, la publicité serait au rendez-vous, bref, tout serait parfait.

    Je me trompe ?

    Amicalement,
    K.

  • permalien sophie.m :
    24 avril 2008 @22h54   « »

    oui... et si le vrai problème c’était le pouvoir d’achat... ça revient bien moins cher de converser sur blogs, plutôt que de se déplacer dans un musée, ou dans un café... voire même d’inviter des amis... nous ne serions donc que de pauvres communiquants... comme c’est triste !
    Révolution numérique certes,... si on pouvait juste rajouté un zéro...

  • permalien bob :
    25 avril 2008 @00h40   « »

    En fait, la situation économique a une influence très importante sur le comportement d’achat, c’est évident. Je pense quand même que les blogeurs ont déjà la chance d’avoir un matériel communiquant et le temps de s’y concacrer et qu’ils samusent... Au-delà, la révolution numérique en entraîne une autre plus sinueuse qui creusent les écarts sociaux. On peux ajouter un zéro mais pour qui ?
    Bob

  • permalien Anastase :
    25 avril 2008 @06h32   « »

    et si le vrai problème c’était le pouvoir d’achat...

    ... c’est ce que nous répète le "discours légitime", mais ça n’empêche pas de garder son sens critique, et d’admettre que le "pouvoir d’achat" n’affecte que ceux qui ont été réceptifs au discours "de l’information dirigée", où depuis 50 ans on nous persuade que le problème c’est les autres et que l’individu (et son pouvoir d’achat), importe plus que tout ce que les sociétés ont construits pierre après pierre, à force de tâtonnements.

  • permalien T. Albert Gamotte :
    25 avril 2008 @08h04   « »

    Nous évoquons "mai 68" en cette année et un des axes de réflexion importants de cette période était déjà "pourquoi produire et consommer de plus en plus" avec, en toile de fond le problème écologique qui apparaissait. L’échec de cette révolution se situe bien là : avec l’aide des "saints dictats" et de partis politiques institutionels tout a continué comme avant... en pire ! Aujourd’hui il est évident que nous devons changer d’urgence sous peine de disparaître et de faire disparaitre avec nous bien des formes de vies qui n’ont que subi notre folie. Il est encore des policiens rétrogrades (mais ne le sont-ils pas tous ?) pour axer leurs discours sur du "encore plus" ! Effectivement il semble bien que le relais de ce discours létal soit l’info officielle qui "fabrique du consentement"... consentement de tous les nantis que nous sommes...
    « Il est temps de changer de civilisation, pour nous, pour nos enfants, pour les enfants de nos enfants. »
    Jean-Marie Pelt

    T. Albert Gamotte

  • permalien Socrate :
    25 avril 2008 @09h45   « »

    Le blog traduit l’envie de tout un chacun de se dire (comme moi qui écrit ce message). Il y a beaucoup d’humanité dans cette démarche et aussi beaucoup de narcissisme (donc d’humanité). On écrit pour se faire plaisir (parfois se surprendre soi-même). On écrit dans l’espoir que celui qui nous lit se dise "houlala qu’est-ce qu’il écrit bien qu’est ce qu’il pense bien !..". Voilà, c’est tout. Vous voyez c’est pas grand chose. Fais-toi plaisir futur blogger (et empaquette ton joli projet d’un article accrocheur et de hautes considérations philisophiques si tu veux... tu ne fais que reproduire notre humaine condition. Pauvre de toi).

  • permalien Anastase :
    25 avril 2008 @09h54   « »

    Cher Socrate, Aristote vous expliquerait que ce n’est pas nouveau.

  • permalien mizu-no-oto :
    25 avril 2008 @10h09   « »

    Bonjour,
    Je crois en effet que vous oubliez quelque chose d’important, c’est que la "publicité" est par nature destinée à influencer les gens pour provoquer des actes d’achats ou orienter des opinions et ce en utilisant des pulsions inconscientes et jamais en faisant appel à la réflexion. La publicité est l’opposée de l’information. Les journaux qui ont fondé leurs ressources sur la publicité devaient évidemment petit à petit abandonner l’information pour se soumettre à la publicité. Ce fut le cas du Monde avec la sanction qui arriva.

    Cordialement

  • permalien dogue :
    25 avril 2008 @10h17   « »

    - la liberté de la presse passe par l’existence des marchands de journaux dont les principaux ennemis sont les services commerciaux de la presse.

    - la valeur d’un "support pour la pub" étant fondée sur les ventes de "Paris surface" et les abonnements les "horribles commerciaux" jouent sur les prix réduits, les cadeaux etc tandis que les "bons" journalistes serinent les grands principes.

    - j’ai pris comme position d’acheter chez "ma" marchande de journaux "Le monde diplomatique" et parfois "Manière de voir" dont les thèmes ne m’intêressent pas toujours ...
    L’achat tous les deux ans du "CD monde diplomatique" permet de ne pas trop stocker les exemplaires "papier"

    « - la création de blogs paraît un complément excellent en particulier pour les étrangers qui disposent de faibles moyens financiers et ne sont pas toujours proches des institutions disposant d’exemplaires imprimés . »

    - le monde diplomatique est un titre très respecté dans de nombreux pays et il est fréquent qu’en Amérique latine ou au Moyen Orient, des personnes le citent ou de noter l’intérêt éprouvé lors d’une conférence de Monsieur Romanet.

    - merci à ceux qui "osent" ces initiatives .

  • permalien Socrate :
    25 avril 2008 @10h59   « »

    Cher Anastase c’est précisément de cela dont je parle : sous le vernis de la nouveauté "technologique" du Web, la permanence narcissique. Le blog n’efface pas la volonté de se faire plaisir, au contraire elle lui en donne une dimension planétaire. Narcisse tombe amoureux de son reflet comme d’autres tombent amoureux de ce qu’ils écrivent. Le journalisme narcissique (et profondément humain) a trouvé là une nouvelle expression. En lisant et relisant ses phrases évoquant les périgrinations des autres humains, certains vont y trouver une nouvelle façon de tomber amoureux d’eux-mêmes. Chacun se rassure comme il peut. Cliquez, cliquez, braves gens...

  • permalien Anastase :
    25 avril 2008 @11h21   « »

    Cher Socrate, nous sommes donc d’accord (ma remarque ne se voulait pas critique), conjurer sa peur en se blottissant les uns contre les autres (en gazouillant), n’est-ce pas la justification des vraies démocraties ?

    Par contre ce qui est nouveau c’est cette confiscation puis cette ré-appropriation du forum par les citoyens , le temps d’une larme (ne rêvons pas les marchands et oligarques sont déjà à l’œuvre !).

    Amicalement.

  • permalien bwaje :
    25 avril 2008 @12h19   « »

    Une utilisation sympathique web 2.0 liée à l’info mondiale :
    http://marumushi.com/apps/newsmap/newsmap.cfm?

  • permalien Philippe Muléro :
    25 avril 2008 @18h47   « »

    Les blogs servent aussi à contrecarrer la censure des médias en France pays des droits de l’homme. Regardez par exemple sur : www.lapetite-annonce.com les projets pour la sauvegarde de la planète et les nombreuses créations d’emplois que cela pourrait générer. Mais je suis CENSURE !
    Aussi j’ai crée un blog pour élever la voix contre un système mafieux et fasciste qui contrôle l’économie mondiale
    Voir : http://initiatives.blog.20minutes.fr
    par exemple au Journal le Monde quand ils ont commencé à parler de suppression d’emploi, j’ai envoyé à au moins 25 Journaux Français un mail ( dont Réporter sans frontière) qui s’insurge pour la liberté en Chine et qui ferme les yeux sur ce qui ce passe en France)
    J’ai proposé au Monde sur toutes les publications de laisser un espace publicitaire de 20CM2 environ le plus souvent possible pour commercialiser des articles de consommation courante Savez-vous que si 1000 lecteurs sur 500 000 lecteurs de toutes les publications du Journal le Monde achetent un objet avec 2 euros de bénéfice cela peut rapporter 2000 euros/jour ; AUCUNE REPONSE !
    Dans quelques temps on va nous annoncer qu’un investisseur va lacher quelques millions d’euros, qui viennent de société X ;....où des paradis fiscaux avec la crainte d’investissement de l’argent sale. Mais de cela TOUT LE MONDE S’EN FOUT !

  • permalien sophie.m :
    25 avril 2008 @21h04   « »

    hé... si on se retrouvait tous dans un p’tit troquet sympa... j’aimerais bien rencontrer Socrate, Anastasia, Paul et les autres, moi...
    ps/ peut-on supprimer mon nom de famille sur mon précédent message ? merci

  • permalien telbus :
    25 avril 2008 @22h45   « »

    Oui Pourquoi ?
    - Parce que on sait plus à qui se fier,parce qu’on peut penser que le journaliste n’a pas pu tout dire dans sa dernière feuille, qu’il a déjà été censuré dans son journal, etc... Donc qu’il nous dise enfin sa vraie vérité.

    - Un journaliste qui se met à bloguer, c(est justement qu’il a un plus à dire, et pour nous simple citoyen lambda c’est ce plus qui nous importe pour nous faire une opinion la plus sûre possible.

    - Le narcissisme ? (cf ci-dessus 2 intervenants) bien sûr ça fait partie de la nature humaine, nous le partageons tous : nous le savons, donc il faut savoir faire avec.
    Par contre il est de la nature humaine de dialoguer :si cela se fait sincèrement il en sortira qqchose pour soi mais aussi pour tous les autres. L’enjeu est bien supérieur à toutes les mesquineries colatérales.

    Donc d’accord pour ce blog.
    Amicalement

  • permalien sophie.m :
    26 avril 2008 @09h48   « »

    "... le monde virtuel pour les pauvres...le monde réel pour les riches...c’est en marche..."vient de dire Hervé Juvin dans rue des entrepreneurs, l’émission d’Adés. C’est donc bien cela, le blog c’est le troquet des pauvres... bon, je continue mes aquarelles moi,....

  • permalien Ollier Dominique :
    26 avril 2008 @19h08   « »
    Un admirateur

    Marie Bénilde : je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais je vous admire pour vos analyses, notamment "le Lavage des cerveaux". Je sympathise avec le courant "La décroissance", et adhère depuis quelques années à "Casseurs de Pub", je hais littéralement la pub que je fuis le plus possible, et par ailleurs, j’exerce la médecine générale depuis plus de vingt ans : je vois les dégâts entrainés par ce cancer de la société capitaliste : obèse, frustrés, anxieux, dépressifs, surendettés, diabétiques, incultes !!!
    Vous faites des analyses assez exactes alors que vous ne fréquentez pas les gens pauvres et modestes tels que nous le faisons tous les jours, nous les médecins "mains dans le cambouis" ...
    J’espère vous lire encore longtemps, vous saurez donc que vous avez au moins un lecteur du Diplo qui cherche vos articles en premier ! Encore merci. Dr D. Ollier

  • permalien Niko :
    27 avril 2008 @00h38   « »
    Un admirateur

    "alors que vous ne fréquentez pas les gens pauvres et modestes" dit le docteur et j’adore l’expression "les mains dans le cambouis"...

    Franchement, si on pouvait aujourd’hui enfin se passer des divisions de classes - en cessant de prendre au pied de la lettre nos leçons d’histoire assez rebâché comme l’ordre normal des choses par tous les systèmes d’éducation dans le monde entier - peut-être pourriont nous enfin voir la réalité en face et PARLER aux gens dans la rue. Ce sera peut-être le lot de ma génération, de se libérer du manque de communication à un niveau personnel que nos parents nous ont légués - "faites l’amour pas la guerre" n’était que l’expression d’une minorité, et le reste ne partage aujourd’hui - et au mieux - avec leur prochain qu’un silence paranoïaque...

    Pour faire passer la flamme sur un autre commentaire, je ne pense pas que le blog soit le troquet du pauvre, mais plutôt le troquet des inconnaissables, si vous trouvez qu’il faut donner à ce nouveau système de communication le plaisir d’être comparé aux structures sociales du siècle dernier...

    Ceci étant dit, merci pour le blog - merci de l’avoir en RSS aussi...

  • permalien Aspiral :
    30 avril 2008 @19h50   « »

    On assiste surtout à une psychopathisation du lien social. Le mythe scientifique qui confond systématiquement la dernière goutte avec "la" cause qui a fait débordé le vase, laisse la part belle et surtout l’impunité à toutes les personnalités narcissiques qui se sont emparées des médias, à force de débats d’arguments bien inutiles puisque le bien et le mal ne se mesurent en réalité qu’à leurs conséquences ! C’est comme si on assistait à la multiplication miraculeuse de Radio Mille Collines.

  • permalien pièce détachée :
    7 septembre 2008 @23h45   « »

    Oui, Internet est irremplaçable quand on n’a pas d’argent et qu’on vit dans une région complètement sinistrée. Oui, quand on cumule les voluptés d’écrire avec papier, stylo ou vieille Olivetti mécanique, enveloppe et timbre, à Agone, à Acrimed, à CQFD, on n’a pas de réponse (exception et sourire pour Alice Barzilay). Oui, ça coûte moins cher d’envoyer un mail que de téléphoner. Oui, on ne peut pas s’abonner à tous les journaux dans lesquels Gilad Atzmon publie ce qu’il écrit. Oui, on peut différer l’écoute de Là-bas si j’y suis, avec en prime les références musicales (impossibles à obtenir autrement). Oui, on peut suivre un peu le Times Literary Supplement, qui n’est pas à la papeterie du village et auquel on n’a pas les moyens de s’abonner. Oui, on peut, après avoir insisté pour que le Diplo au numéro soit disponible à la papeterie, aller voir sur les sites que ses articles mentionnent.
    Oui, les lutins rapiécés des archives en papier jauni, rescapés des eaux et des cambriolages, dansent plus légers dans la bibliothèque qu’il faudrait repeindre (mais les catalogues en papier d’Agone sont infiniment plus beaux que le PDF). Oui, sans Internet, il n’y aurait pas Palestine Remembered, ni Le Tampographe Sardon, ni la donnée géopolitique dont on a besoin, etc., etc. ; et beaucoup moins de Mona Chollet, de Yes Men, et ainsi de suite, qu’il revient à chacun de découvrir au milieu des fatras, comme ça s’est toujours fait, avec ou sans Internet, pour se construire une culture et l’entretenir (penser à repeindre la bibliothèque). Il y aurait beaucoup moins de Marie Bénilde.
    Oui, naviguant de blog en blog, on se rend compte que c’est parfois, souvent même, "le troquet des pauvres" (dixit sophie.m). Mais quels pauvres ? Financièrement ? Alors pas de matériel, pas d’Internet. Socialement ? Culturellement ? Oui Sophie, certainement : il arrive aux meilleurs blogs d’apparaître comme un entassement de solitudes en friche. Mais c’est ce qui arrive aussi dans les meilleurs "troquets" d’habitués, avec leurs trognes mêlées plus ou moins conformément, et cette illusion de rencontre après picole qui ne tient la route que parce qu’elle est l’illusion d’une confrérie (bloguante ou non, virtuelle ou non).

    Non, sophie.m cum Hervé Juvin — "le monde virtuel pour les pauvres, le monde réel pour les riches" —. Le réel des pauvres leur explose à la figure, particulièrement quand ils s’aventurent dans les troquets des riches, et sinon rien (que d’emballer des biscottes allégées la nuit chez Jacquet, par exemple). Le virtuel des riches leur permet de publier leurs vraies rencontres sous la forme qu’ils préfèrent (roman de la rentrée, Paris-Match, blog subreptice ou non, etc.).

  • permalien pièce détachée :
    8 septembre 2008 @02h51   « »

    Quant à la publicité sur Internet, à laquelle on ne peut pas échapper entièrement (boîte e-mail, "actualités" en ligne, météo locale), elle n’est pas plus polluante que sur d’autres supports. Ici comme ailleurs, il faut et il suffit de prendre le savoir qu’on cherche où il est, et de se tailler avec. On se rend très vite compte que les sites qu’on préfère sont sans pub. Tout nus. Ca ne date pas d’Internet.

    Et puis les e-mails, ce n’est pas du "virtuel pour les pauvres" : entre le coup de fil (heurté, tremblant, pâteux, exalté, fatigué, pas là, etc.), la rencontre physique ("je pare ce qui du désir va être raté" [Roland Barthes]) et la lettre (un objet grandiose quel que soit son contenu), le mail est à la fois écrit (on le rédige, mais sans plus) et oral (on transcrit au clavier juste ce qu’il faut). On se voit dans dix minutes, on s’empoigne à bras le corps tout le temps.

    Le "monde réel" des riches... le "monde virtuel" des pauvres... aïe... aïe... aïe... C’est mis à l’envers, ou bien moi qui ai le tournis ?

    D’où j’écris (personne ne le fait mais je trouve ça important) : 56 ans, femelle, blanche, française ; formation et carrière scientifiques ; actuellement RMIste (549,54 euros par mois, moins 144,40 de loyer) ; feignassant dans le monde réel du nord de la Nièvre ; présidente de l’association A.L.A.C.O.N. Matériel et connexion Internet offerts et installés de force fin avril 2008 par les bienfaiteurs (?) X et Y ; ne participe à aucun blog, ne réagit jamais "à l’instantanéité et aux nouvelles émotionnelles".

    Oui, Internet, c’est bien. Ce que ça change, ce n’est pas l’alerte critique de tous les instants et où que l’on soit ; c’est son champ d’application.

    Merci à Dogue, au Dr Dominique Ollier, à Sophie.m qui retourne à ses aquarelles, et moi à ma tronçonneuse pour abattre les arbres du bois de chauffage (ici, la tronçonneuse libère la femme, qui trouve à l’intérieur des écorces des manuscrits terribles).

    Et au Diplo (bizarre : ma deuxième intrusion publique sur le Net est encore sur ce site).

    Et à Marie Bénilde, dont le blog me tire par le haut depuis trois semaines, m’obligeant enfin à ces longues élucubrations.

  • permalien pièce détachée :
    15 septembre 2008 @14h17   « »

    Je suis très contente, me rengorge et la ramène : Patrick Champagne pense comme moi (http://www.acrimed.org/article2879.html).

  • permalien Fred :
    9 juillet @22h01   « »

    L’information est un concept qui est mort avec le web, les gens dotés d’un cerveau n’ont besoin de personne pour s’informer, ils peuvent le faire eux-mêmes ; pourquoi faudrait-il que quelqu’un vous dise ce qu’a dit Ossama Bin Laden, Joseph Ratzinger, ou je ne sais qui, alors qu’il est si simple de les lire tout bonnement ? Pourquoi faudrait-il croire un sinistre pingouin, qui vous affirme qu’il s’est passé telle chose à tel endroit à tel moment, sur un ton docte et grave à en croire qu’il dit la messe, quand il suffit d’interroger ses camarades sur les lieux des événements ? L’information, ce sont les cauchemars d’Orwell, on n’en veut pas !

  • permalien Fred :
    10 juillet @20h47   «

    J’avais lu un papier super intéressant dans le Monde Diplomatique, je ne sais plus il y a combien de temps, pardonnez-moi, à propos d’un projet au Vénézuéla visant à équiper les écoles, les services publics, etc. avec du matériel informatique performant mais bon marché, en court-circuitant les schémas traditionnels de vente de hardware et d’OS propriétaires. Pourquoi n’en parlez-vous pas sur ce blog ? C’est un challenge intéressant que de permettre à des populations déshéritées d’accéder à des technologies innovantes, afin qu’elles puissent s’exprimer librement et accéder à des sources cultuelles, en matière de littérature, d’art, de philosophie, de sciences, comme tout le monde devrait pouvoir le faire sur notre petite planète, non ?

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