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La faute professionnelle de M. Elkabbach

mercredi 30 avril 2008, par Marie Bénilde

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a fini par sortir de sa réserve : il se dit « très préoccupé », selon l’Agence France Presse, par l’annonce erronée du décès de l’animateur Pascal Sevran, le 21 avril sur l’antenne d’Europe 1. Il auditionnera donc le 6 mai Jean-Pierre Elkabbach, président d’Europe 1, ainsi que Didier Quillot, le président de Lagardère Active Médias.

Les thuriféraires du système médiatique diront, à raison, qu’un dérapage peut toujours arriver, y compris dans les rédactions les plus aguerries. Et puis, la bévue, annoncée au journal de 19 heures, n’a-t-elle pas été corrigée une demi-heure plus tard par le présentateur d’Europe 1 ?

Sauf que les neuf « sages » du CSA vont être confrontés le 6 mai à un cas de désinformation qui, dans son fonctionnement, est révélateur d’une chaîne de dérèglements typiques de l’info à l’heure du « web 2.0 ». Bien plus grave, dans l’absolu, que l’annonce erronée du retrait de la vie politique d’Alain Juppé par David Pujadas, sur France 2, le 3 février 2004, et qui avait valu au directeur de l’information de la chaîne, Olivier Mazerolle, de démissionner, et au présentateur d’être suspendu pendant quinze jours.

L’autorité du chef

D’abord, comme n’a pas manqué de le souligner la Société des rédacteurs d’Europe 1, tout part d’une faute individuelle, même si, dans un premier temps, Jean-Pierre Elkabbach tente se défausser en se proposant « d’assumer personnellement une erreur collective [1]  ». La SDR a alors aussitôt réagi en rappelant que « lui seul avait été le donneur d’ordre ». Car ordre, il y a bien eu. Dans le fonctionnement hiérarchique de JPE, il ne souffre pas de discussion. On le voit tellement appeler la rédaction d’Europe 1 pour asséner un « je confirme », au mépris des règles élémentaires de vérification que tout journaliste digne de ce nom se doit de respecter (c’est ce terrorisme intellectuel qu’a sans doute voulu faire ressortir Plantu dans Le Monde à travers sa caricature du 29 avril sur « Oussama Ben-Kabbach »). Dans n’importe quelle entreprise de presse, cela s’appelle une faute lourde. Elle fait suite à d’autres, comme la consultation de Nicolas Sarkozy avant le recrutement d’une journaliste d’Europe 1 ou des interviews à longueur variable suivant la sympathie politique que l’intéressé éprouve pour son invité.

Que le patron d’une grande antenne ne puisse plus entendre la voix de la raison, laquelle recommande la prudence plutôt que l’emballement en matière de scoop, qu’il ne puisse plus être freiné par personne dans ses ardeurs d’acrobate de l’information, voilà qui devrait inspirer le CSA, garant de ce bien public que sont les fréquences radio. Il est vrai que JPE est toujours pressé par le temps en raison de ses multiples engagements comme président-animateur de Public Sénat, journaliste et patron d’Europe 1 ou encore conseiller d’Arnaud Lagardère.

La mécanique du pire

Mais il y a plus ennuyeux encore. Jean-Pierre Elkabbach a succombé à ce qu’il dénonçait lui-même, en professeur de vertu journalistique, lorsqu’il annonçait début avril la création d’un comité d’éthique à Europe 1. « Le monde d’Orwell s’installe sur la Toile et nous nous transformons en un rouage de cette mécanique du pire », déclarait-il alors à La Croix [2]. Le grand patron de médias pensait alors au dérapage du Nouvel Observateur qui avait affirmé sur son site que Nicolas Sarkozy avait envoyé un SMS pour tenter de retenir son ex-épouse une semaine avant son remariage (depuis, le PDG du Nouvel Obs, Claude Perdriel, a estimé que ce texto n’a jamais existé). A Europe 1, il avait aussi dans son collimateur le site Bakchich.info, que le journaliste Michel Grossiord avait cité dans sa revue de presse pour annoncer que David Douillet était titulaire d’un compte au Liechtenstein dans l’affaire d’évasion fiscale qui a secoué l’Allemagne. Cela avait obligé Europe 1 à inviter l’ex-champion chiraquien de judo dans une de ses émissions pour qu’il puisse se défendre. « Si nous avions pris le temps de vérifier cette information, nous n’aurions pas été dans ce cas de figure », regrettait JPE [3].

Le 17 avril, le tribunal de Nanterre a pourtant débouté David Douillet lors d’un procès en diffamation intenté par l’ex-judoka et reconnu la bonne foi de Bakchich.info.

Il importe ensuite de bien relire l’interview de Jean-Pierre Elkabbach dans La Croix, une semaine avant son dérapage, afin de mesurer la portée de ce qui va suivre :

« Quelle est la part du vrai et du faux, de l’annonce et du ragot, du savoir et de l’opinion ? Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. A l’ère de l’immédiateté de l’apparence, de la dictature de l’émotion, la contagion est générale. A la manière du marché boursier, il y a une hypersensibilité et une hyperréactivité à toutes les nouvelles, vraies ou fausses (3)  ».

Hyperréactivité ? C’est en effet ce qui pousse JPE à livrer au site d’Europe 1 son info sans attendre confirmation. Les équipes web de la station de la rue François 1er iront même jusqu’à publier la nécrologie de l’animateur et, selon Rue89, qui s’est intéressé à l’adresse IP de l’intervenant, à modifier sa notice biographique sur Wikipedia.

Hypersensibilité ? Elle joue effectivement pleinement son rôle lorsque France 2 et Direct 8, la chaîne du groupe Bolloré, décident de reprendre l’information dans les émissions de Laurent Ruquier et de Jean-Marc Morandini (5), deux animateurs d’autant plus incités à croire Europe 1 qu’ils font partie de sa grille de programmes. Notons au passage que Laurent Ruquier, qui fait réagir tous ses invités et chroniqueurs à la pseudo-information, prétend s’être appuyé sur une dépêche AFP : c’est faux. Il se faisait en l’occurrence la voix de son maître : Jean-Pierre Elkabbach. Là encore, c’est le principe d’autorité qui prévaut, mais Morandini et Ruquier ont une excuse : ils ne sont pas journalistes.

La chaîne de la connivence

Enfin, en matière de contagion, constatons qu’elle s’arrête à la reprise de la fausse nouvelle. Car après le démenti, pas question de se mettre à dos le patron d’une station susceptible ensuite de vous employer. Laurent Ruquier, qui assurait qu’il mettrait la main sur le responsable de cette rumeur (« c’est très grave »), se contente le lendemain de lire une dépêche de l’AFP. Du côté des autres radios, comme l’a observé Daniel Schneidermann (6), c’est la règle de la connivence, pardon, de la confraternité, qui l’emporte. A Europe 1, l’affaire est bien sûr étouffée par Jean-Marc Morandini, qui prend soin de ne pas mettre en cause son patron. Même à France Info, instruction est donnée de ne pas accabler JPE. La station fait donc le minimum et prend soin d’éviter le sujet dans ses émissions consacrées aux médias.

La faute professionnelle de Jean-Pierre Elkabbach est pourtant révélatrice d’un climat hyperconcurrentiel sur la Toile, que le patron d’Europe 1 résumait ainsi le 26 mars : « Tous les jours, nous sommes bombardés d’informations de sites, les uns sérieux, les autres lançant des informations uniquement pour asseoir leur existence. Il nous appartient de savoir si les contenus sont vérifiés (7) » . JPE fustigeait alors ceux qui « en ayant l’œil rivé sur les ventes ou les clics » voient « dans les informations outrancières un salut commercial ». Il ne parlait bien sûr pas d’Europe 1, qui a pourtant reçu du PDG Didier Quillot l’injonction de passer de 1,2 à 2 millions de visiteurs uniques sur son site d’ici à juin 2009.

Logique d’audience, précipitation, non-remise en cause de l’autorité du chef, endogamie et connivence journalistique…L’affaire Sevran est un cas d’école des maux dont souffrent les médias dominants face à la déferlante de l’Internet participatif. Il y a quelques semaines, le site Fuzz.fr d’Eric Dupin était condamné par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir repris de façon automatique un lien vers un blog évoquant la vie privée d’une célébrité. Le web citoyen faisait ainsi son entrée dans le régime juridique commun de la presse (protection de la vie privée, respect du droit à l’image…). A l’inverse, la bévue de Jean-Pierre Elkabbach, parce qu’elle entache au sommet la crédibilité d’une radio réputée, fait entrer les grands médias dans l’ère de l’amateurisme au nom des impératifs de l’immédiateté sur Internet, de la « dictature de l’émotion » et de la nécessité de tenir des objectifs d’audience.

Notes

[1] Communiqué de la Société des rédacteurs d’Europe 1 le 22 avril.

[2] La Croix, 12-13 avril 2008.

[3] Ibid.

(4) Ibid.

(5). Voir les séquences sur les liens suivants : http://www.dailymotion.com/relevanc... et http://www.dailymotion.com/relevanc...

(6) « Médiatiques », Libération, 28 avril 2008.

(7) Correspondance de la Presse, 27 mars 2008.

24 commentaires sur « La faute professionnelle de M. Elkabbach »

  • permalien Anastase :
    30 avril 2008 @14h50   »

    Bien plus grave, dans l’absolu, que l’annonce erronée du retrait de la vie politique d’Alain Juppé par David Pujadas, le 3 février 2004 (...)

    , mais bien moins grave que l’annonce exacte du retrait de la vie politique d’Alain Juppé avec un traitement qui signifiait le contraire, par TF1.

    Il est vrai que les interventions fortement médiatisées, d’Alain Juppé se rendant en voiture à l’ENAP au Québec, Alain Juppé inaugurant le tramway de Bordeaux, et Alain Juppé faisant de la biclyclette, resteront des étapes décisives de la politique française depuis le 3 février 2004.

  • permalien Alain Verdier :
    30 avril 2008 @15h39   « »

    C’est vrai que le retrait de Juppé a été annoncé à tort par la 2 pendant que ce dernier disait le contraire au même moment sur TF1 ; mais je suis d’accord avec vous : Elkabbach concentre pas mal de maux du système médiatique obnubilé par son envie de résister à la déferlante du "2.0"

  • permalien
    30 avril 2008 @16h32   « »

    Mais que dire de l’affaire du bagagiste de Roissy ? De l’agression antisemite du RER D ? De Jerusalem, systématiquement "capitale d’Israël" dans "le monde" ou "le nouvelobs" ? De toutes les bétises et approximations débitées par de supposés journalistes à longueur d’antennes ? Des "tribunes" dans lesquelles l’opinion de quelques uns s’affirme sans jamais contradiction ?

  • permalien yazid :
    30 avril 2008 @18h12   « »
    taisez vous mr elkabache

    aussi loin que je me souvienne mr elkabach à toujours été un professionnel de la propagande de droite. rien de nouveau sous le soleil .

  • permalien matthieu :
    30 avril 2008 @19h23   « »

    je vois mal el kabbach intervenir auprès de ruquier juska france 2 fo pas exagérer !sur ce coup il n’a dc pas suivi la voix de son maitre mais celle de sa prod...menfin cé sans importance

  • permalien arnaud poitrinal :
    30 avril 2008 @21h05   « »

    mais QUI est Pascal Sevran, bon sang de bonsoir ?

  • permalien renaud cabus :
    30 avril 2008 @21h07   « »

    très bonne question, cher Arnaud, je crois qu’il s’agit d’un célèbre liftier de l’Opéra

  • permalien fanny elkabbach :
    30 avril 2008 @21h09   « »

    non, c’est un dresseur de Chihuahua de Belleville à qui l’on a refusé son RMI

  • permalien thalwyn :
    30 avril 2008 @22h42   « »

    Il est important de garder une capacité de s’indigner renouvelée, de na pas sombrer dans l’aigreur et le ton désabusé : "rien de nouveau sous le soleil", etc.

    la faute est grave, la faute est très grave.
    Plus grave encore, me semble-t-il, est la réaction que je qualifierais de mesurée de la rédaction d’Europe 1 qui avale depuis longtemps couleuvres sur couleuvres.
    Se contenter d’un communiqué pour dire "c’est pas nous, c’est lui", c’est déjà en deçà de la réaction de la rédaction de France 2 qui, à l’époque, avait été plus réactive, sans que cela soit nécessairement satisfaisant.

    Que manque-t-il à la rédaction d’Europe 1 pour dire "stop, basta, là on arrête les frais" et d’exiger le départ d’El Kabbach ?
    Que faut-il de plus à ces "grands" journalistes parmi les mieux lotis de France pour qu’ils appliquent les belles théories et les grands idéaux que qu’El Kabbach lui-même professe ?
    Annoncer une grève si El kabbach ne fout pas le camp, est-ce utopique ? Est-ce excessif comme ne manqueront pas de répliquer certains ? Est-ce si banal qu’on ne réagit même plus ?
    Et qu’on ne me dise pas que d’autres ont fait pire... S’il faut se comparer, c’est plutôt à des rédactions autrement plus responsables.

    Tout le monde, toutes les statistiques (des chiffres de vente aux sondages) le montrent : le désamour entre la presse dans toutes ses composantes et les Français est on ne peut plus profond et semble même définitif.
    Lecteurs, auditeurs et spectateurs recherchent plus que jamais une info vraie, vérifiée et surtout une attitude irréprochable des journalistes. Une réaction radicale et rigoureuse de la rédaction d’Europe 1 serait un signe clair autant pour les auditeurs de la station et tous ceux qui suivraient cette info que pour tous les "décideurs" qui entendent régenter l’information dans "leurs" médias.
    Mais j’oubliais, Europe 1, c’est déjà la radio des "décideurs"...
    En tout cas, à l’époque où je l’écoutais encore, elle l’était... Il y avait même une chronique qui s’intitulait ainsi...

    Le monde du journalisme, surtout dans sa composante parisienne est devenu (pourquoi "devenu" au fait ? A-t-il jamais été autre chose ?) un monde incestueux où les cooptations, la connivence, les renvois d’ascenseur, les craintes et les peurs sont devenus monnaie courante. Une monnaie de singes... savants !

    Parions qu’une telle affaire à la BBC vaudrait au Kabbach local d’être poussé à la démission dans les 24 heures...
    Mais au fait la BBC, n’est ce pas ce médium que notre France 24 va concurrencer et détrôner grâce à son Pouzilhac du pauvre et sa reine Christine-416 euros-la-minute-de-verbiage ?
    Voilà un placard tout trouvé pour El Kabbach !
    Allez les journaleux d’Europe 1, un petit effort ! C’est pour l’intérêt supréieur de la France...

    http://thalwyn.blogspot.com

  • permalien freebird :
    1er mai 2008 @00h22   « »

    Ce « grand » journaliste de droite pourra toujours s’inspirer d’un « grand » politique de gauche et faire sienne cette maxime devenue célèbre : “Responsable mais pas coupable” !!

  • permalien El Mansour :
    1er mai 2008 @12h05   « »
    L’autre faute : les barbus

    Bravo pour cette analyse à propos d’une "bévue" somme toute mineure mais qui, appliquée à un autre faux scoop, se révèlerait effectivement assez orwellienne. J’espère seulement que la rédaction d’Europe 1 tirera les conséquences de cette chaîne de mauvais commandements.
    J’espère aussi qu’il y aura sanction de la part du CSA. C’est tout de même incroyable qu’un septuagénaire qui était déjà le porte-flingue du pouvoir gaulliste puis giscardien soit à ce point indéboulonnable et nous serve ses dégoulinantes interviews de complaisance qui ont achevé de marquer à droite Europe 1 (en 68, c’était pourtant avec RTL la radio qui avait la préférence des étudiants).
    Je me souviens aussi d’un autre dérapage d’Elkkabbach que vous ne citez pas : quand il a fait croire au moment des révoltes de la fin 2005 que les cités étaient aux mains de barbus "en grandes gandourah blanches" ("On les a vu, on les a vu"). Je me souviens que c’était alors Sarko (c’est un comble) qui ramenait Elka à la raison en lui conseillant d’éviter les amalgames.
    C’est à ce moment là, je trouve, que les journalistes d’Europe 1 auraient dû se rebeller et dire aux patrons Quillot, Lagardère et Cie qu’il était temps de tourner la page de l’esprit ORTF.

  • permalien eva_bien :
    1er mai 2008 @13h20   « »

    Pascal Sevran est-il un personnage si important qu’il faille interrompre revue de presse, émissions en tous genres pour annoncer son décès ?????

  • permalien
    1er mai 2008 @23h58   « »

    Pascal Sevran fait chanter des morts pour des gens qui ne vivent plus. Y a de quoi s’y méprendre.

    Blague à part, si tout cela est bien révélateur d’un certain nombre de dysfonctionnements dans le système médiatique déjà décrits par Pierre Bourdieu (entre autres), l’histoire fait un peu beaucoup de bruit pour pas grand-chose. On avait effectivement un précédent avec Pujadas annonçant le retrait de Juppé de la vie politique, mais dans ce cas encore il s’agissait d’une annonce erronée concernant une personnalité médiatique.

    Plus grave était le coup du photographe tabassé à mort en face de sa petite fille en banlieue ou de la horde de musulmans ayant pris en otage un TGV (j’exagère un peu, mais on pas loin) dans le sud de la France. Dans le premier cas le photographe avait effectivement été agressé, mais est mort de la chute occasionnée par l’agression, ce qui est tout de même différend que de se faire frapper à mort (ce qui nécessite un certain acharnement). Dans le deuxième il s’agissait d’une bande de jeunes marseillais ivres que la police niçoise avait mise dans un train pour les renvoyer chez eux. la police les ayant laissés seuls à partir de Draguignan ils ont commencé à emmerder les passagers comme on peut le faire quand on est en groupe et que l’on est soul. Rien de particulièrement dramatique et rien avoir avec la version donnée par la télévision.

    Ces deux fausses informations, bien plus grave, car à limite du racisme n’ont eu aucune conséquence et à peine de démenti.

    Il en va de même pour la désinformation scandaleuse à laquelle nous avons le droit chaque agression impériale (Kosovo, Afghanistan, Irak...) et plus récemment concernant la question tibétaine.

    Des gens comme Elkabbach passent tellement de temps à mentir (consciemment dans son cas), qu’ils en arrivent au point de ne plus pouvoir discerner le vrai du faux. Mais ce sont des erreurs, on va dire secondaires, sur lesquels les médias vont choisir de s’attarder, ce qui a pour effet de faire oublier que le mensonge est permanent et que le rôle des médias n’est pas d’informer, mais bien d’accompagner des choix politiques (guerre, reformes antisociales, etc.).

  • permalien Aomapes :
    2 mai 2008 @06h24   « »

    Il est un principe simple qu’il est impératif de prendre en compte pour décrypter correctement les mouvements médiatiques, et bien sûr et surtout politiques, actuels : Plus le tapage est grand plus il est probable que quelque chose de bien plus important soit su et tu.

    C’est une dérive de plus en plus évidente.

    Certains en jouent, d’autres y collaborent sciemment, d’autres encore y participent à leur corps défendant et certains autres finalement, naïvement ignorants du processus, y travaillent tout à fait honnêtement.

    Il est peu probable qu’aucun des deux premiers groupes ne dénoncent le processus bien évidemment. Le quatrième majoritaire dans la plus part des cas refusera toute remise en question de l’ordre établi, ordre pour lequel et par lequel il vit.

    Seul le troisième groupe pourra avoir un sursaut velléitaire sporadique. Mais rapidement pris dans l’étau entre le dessus élitiste et le dessous/l’à côté majoritaire, il aura de plus en plus de peine à faire entendre sa voix.

    Ne nous y trompons pas c’est sur ce groupe que la pression est justement la plus importante.

    M. Elkabbach n’en fait pas partie.

  • permalien Dav. :
    3 mai 2008 @04h03   « »

    Mais enfin, arrêtez d’accabler ce pauvre Elkabbach. Bon, d’accord, il est allé un peu vite en besogne, mais il va bien finir par mourir, Pascal Sevran.

  • permalien Zéro comme nul :
    3 mai 2008 @20h33   « »

    Selon Jules Edouard Moustic :

    « Jean-Pierre Elkabbach, serait toujours vivant. »

    Un bel exemple de déontologie !

  • permalien Les Rockuptibles :
    8 mai 2008 @21h57   « »

    Les Rockuptibles Manifesto,

    Nous Les Rockuptibles déclarons que l’humour demeure la dernière et ultime force critique lorsque toutes les autres demeurent ou deviennent graduellement inopérantes.

    Ce qui est à l’ordre du jour, ce n’est pas tant la lente dégradation de la portée, ni de la qualité du propos critique dans les médias que son instrumentalisation par ceux qui y trouvent un intérêt personnel plus ou moins avoué.

    L’espace de contestation se trouvant occupé par des aigrefins qui usurpent le champ critique et le remplissent sciemment de "bruit" pour maintenir un état d’interférence permanent dans le présent perpétuel de la scène politique et sociale télédiffusée. Leur but étant de suspendre l’Histoire à des fantasmes virtuels, cela s’appelle le zapping des consciences.

    C’est pourquoi nous nous emploierons sans mesure à occuper le terrain et pour cela à déconner sans limites pour ramener du sens derrière l’insensé.

    Les Rockuptibles.
    http://rockuptibles.wordpress.com

  • permalien F.Audigay :
    9 mai 2008 @11h44   « »
    La fausse mort de P.SEVRAN est elle un non événement ?

    La fausse mort de P.SEVRAN est elle un non événement ?

    Que penser d’une personne qui se veut professionnel et qui ne vérifie pas ses sources par peur de manquer le scoop ?
    Pourquoi M.Elkabach attend le journal de 19 H, avant de prendre le risque de donner l’information, pourquoi pas plus tôt ou plus tard, ou bien le lendemain ?
    Parce que, peut être, c’est une édition avec beaucoup d’auditeurs, un moment où les annonceurs payent cher leur passage à l’antenne (il faudrait des données précises sur ces éléments), mais surtout, il y avait la crainte de ne pas être les premiers, les premiers à faire un bon coup et dire implicitement aux concurrents, financeurs (et auditeurs de façon secondaire), : « Voyez comme nous sommes les meilleurs découvreurs d’informations, de scoops. Car l’excellence est ici et pas ailleurs, la nouveauté et la vitesse à laquelle on la met en avant.

    Avoir cette primeur qui fait briller et de dire aux téléspectateurs et auditeurs : « nous avons en exclusivité l’information… » comme si les auditeurs ou téléspectateurs voulaient, désiraient ardemment être informé au plus vite et que la reconnaissance du professionnalisme passer par cette aptitude à dégainer le premier.

    Autres preuves que le monde du journalisme tourne sur lui-même et se regarde essentiellement le nombril afin de répondre à des fins purement mercantiles.
    Audimat = annonceurs = financements, donc pseudo indépendance et autonomie de ton. La célèbre liberté de ton que confèrerait l’indépendance vis à vis du monde politique ou économique !!! Le monde des médias serait pur et parfait loin des influences de ces deux mondes, guidé par le soucis de vérité et d’objectivité et complètement soustrait aux logiques de l’économique /mercantile et du politique électoraliste.
    Car faire de l’hyper rentabilité est incompatible, c’est mon avis, avec cet impératif d’objectivité et de vérité. Je m’explique : si les lois de l’économie dominent le monde journalistique et la production des articles/documentaires/reportages/émissions…la rentabilité devient le maître mot, donc l’audience, l’audimat, alors pourquoi s’embarrasser de considérations qui peuvent, dans nombres de cas, aller à l’encontre de cet impératif économique (et ce ne sont pas les abonnements qui font vivre les entreprises médiatiques). L’épisode Sevran en est la démonstration éclatante et le relais trop facile qu’il a trouvé dans d’autres médias dont France 2 (émission « navrante » de Ruquier par exemple) prouve que la véracité des informations est vraiment la dernière préoccupation de certains journalistes.

    a suivre F.AUDIGAY

  • permalien F.Audigay :
    9 mai 2008 @11h50   « »
    La fausse mort de P.SEVRAN est elle un non événement ? 2

    D’ailleurs, c’est désopilant de voir que M. Ruquier (paix à son quotient intellectuel) tout du moins le rôle qu’il joue à l’écran, a déclaré que la source de l’information « Sevran » était une dépêche AFP (organisation sacrée dans le monde journalistique, caution ultime de la vérité, Vous connaissez le dicton bien connu : « si c’est l’AFP, c’est que c’est vrai, pas la peine de vérifier »)
    Autre fait troublant, dans le Monde du 06 mai que lit-on dans un petit encart dans la page consacrée à : je vous le donne « Emile » Economie et médias : « Europe 1 mise en demeure par le CSA » 12 lignes d’une information descriptive. Y a t-il eu des commentaires sur la façon dont on fait, dont on est journaliste, quel est le système qui organise ce monde, quels sont ces principes de fonctionnement, doit-on les remettre en question ou simplement les questionner ? A priori cela ne fait pas débat, cela serait un accident et ne reflèterait qu’une pratique déviante, anecdotique qui n’impose aucune introspection, c’est vrai il y a les bons et les mauvais professionnels, il n’est pas possible d’avoir des gens compétents et vertueux partout. Le problème est que le responsable n’est pas un pigiste ou un journaliste sans pouvoir qui a commis cet « impair », c’est un homme de pouvoir, un donneur d’ordre, une personne qui définit une ligne éditorial.
    Ce qui est curieux, c’est que dans la vraie vie professionnelle, il est commun d’appeler çela une faute professionnelle grave et qu’en général la porte n’est pas très loin. Alors pourquoi pas de sanction ? (Je n’appelle pas une mise en demeure, une sanction, c’est tout au plus une action guidée par le principe du : faisons semblant d’être outré et d’être les garants de l’intégrité d’une profession ; il aurait été mal vu et venu de ne pas réagir, donc le CSA a assuré le minimum).

    De son côté le groupe Lagardère en la personne de M.Quillot doit saluer la prise de risque de M. Elkabach et se dire que c’est ce genre de coup( lorsqu’il est réussi) qui peut contribuer à faire gonfler les bénéfices et attire les annonceurs

    Le soucis, c’est que les erreurs de ce type sont légions et la pratique journalistique est toujours mue par ce principe de la chasse au scoop, ou tout du moins avoir la primeur, l’exclusivité, le traitement de l’information après importe peu finalement.
    Par ailleurs, et pour confirmer cette hypothèse, nous aurions pu constater que, après le vrai /faux décès, les journaliste se serait empressés d’avoir la primeur, l’exclusivité du témoignage des personnes les pus proches de M. Sevran, la personne qui en parlerai le mieux ou de la façon la plus inédite voir croustillante. Pour appuyer mon propos, il suffit de se pencher sur le traitement médiatique des décès de personnalités et de s’apercevoir que ces pratiques sont avérées

  • permalien Riton :
    10 mai 2008 @12h06   « »
    La disparition de M. Elkabbach

    Il aurait disparu, dans la foulée de Pascal Sevran ?
    http://embruns.net/logbook/2008/05/...

  • permalien Pierre :
    13 mai 2008 @20h16   « »

    Bien que ce soit hors sujet (quoique), je suis effaré du traitement archaïque de l’information concernant le tremblement de terre en Chine (condescendance, mépris, sous-entendus, mensonges).

    Quelqu’un pourrait-il expliquer aux employés (je n’ose pas utiliser le mot “journalistes”) des organes de presse dominants, que

    LA GUERRE FROIDE EST FINIE !

    alors les gars arrêtez de pagayer à contre courant !

  • permalien Pierre :
    15 mai 2008 @12h59   « »

    Il est surprenant de voir avec quelle vitesse l’image de la Chine que nous renvoient les médias a évoluée.

    En une semaine nous sommes passé de la Chine de la révolution culturelle a un pays moderne partenaire fréquentable des pourvoyeurs desdits médias.

    Le tremblement de terre aura réussi ce que la flamme olympique n’aura pas su faire, il faut dire à la décharge de Robert Ménard, que là les chinois ont payé le prix fort.

    La Chine bascule dans le camp des victimes et Sevran est vraiment mort.

  • permalien Semtob Françoise & Karell :
    20 mai 2008 @21h46   « »

    L’ancien Président du csa et de la cnil, Joël Boyer, n’a-t-il pas dit que tout le monde a le droit à une seconde chance ? Ne touchez pas à l’un de nos plus grands journalistes,le plus soucieux de la précision des règles de l’éthique et des valeurs humaines ne touchez pas à Monsieur Elkabbach et respectez ce grand homme.Françoise et Karell Semtob. Avec nos salutations respectueuses et l’attente d’une réponse concernant le respect des archives. Merci à vous.

  • permalien Yvan :
    20 mai 2008 @23h23   «
    La seconde chance d’Elkabbach ...

    @Semtob Françoise & Karell,

    « L’ancien Président du csa et de la cnil, Joël Boyer, n’a-t-il pas dit que tout le monde a le droit à une seconde chance ? » dites-vous.

    Elkabbach l’a eu, sa seconde chance, puisque Pascal Sevran a fini par mourir.

    Vos menaces sont donc imbéciles.

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