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Liban, vers la guerre civile ?

vendredi 9 mai 2008, par Alain Gresh

Il n’est pas facile de suivre les développements de ce qui se passe à Beyrouth à partir des Etats-Unis. Pour un suivi en direct de l’actualité, on peut se reporter au site des démocrates arabes, « Al-Oufok », qui écrit que la résistance contrôle une grande partie de Beyrouth. Il est toutefois important de rappeler quelques éléments que j’ai pu donner dans des précédents envois.

Cela fait déjà plusieurs mois que le pays est « au bord de l’abîme », selon la formule du secrétaire général des Nations unies. En voyage au Liban en mars 2007, au début de la crise, je décrivais « une guerre civile silencieuse » :

« Le fossé de méfiance entre la majorité et l’opposition libanaise s’est approfondi au cours des mois précédents, et il ne semble subsister aucun niveau de confiance. Rares sont les personnalités capables de se présenter comme « médiatrices », comme « au-dessus de la mêlée ». Chacun des deux camps prête à l’autre les pires intentions. Les surenchères sont nombreuses. Deux dirigeants de la majorité se distinguent par leur extrémisme, Walid Joumblatt, le dirigeant du Parti socialiste progressiste, et surtout leader « féodal » de la communauté druze. Il a réussi à s’imposer aussi comme porte-parole des sunnites (ceux-ci étant très divisés et ne disposant pas d’un leadership affirmé, notamment depuis l’assassinat de Rafic Hariri). On peut affirmer que Walid Joumblatt, qui été récemment reçu par le président Bush, a multiplié les voyages à Washington et les déclarations incendiaires, n’a aucun intérêt à la détente : un compromis ferait perdre à son parti qui ne représente qu’une toute petite communauté, le rôle central qu’il a acquis récemment au Liban. L’autre jusqu’au-boutiste est Samir Geagea, le leader des Forces libanaises, une milice bien organisée, qui serait aussi marginalisée en cas d’accord. »

Dans un envoi du 6 janvier 2008, « Le Liban, la Syrie et Nicolas Sarkozy », je mettais en garde contre les simplifications auxquelles avaient recours la presse et les médias français :

« Cette analyse (de Libération), comme bien d’autres, occulte un certain nombre de faits qu’il faut rappeler :

– la majorité parlementaire dirigée par Saad Hariri et Fouad Siniora ne représente pas la majorité de la population libanaise ; lors des élections parlementaires de 2005, les partis de l’actuelle majorité ont été alliés au Hezbollah (passé depuis dans l’opposition) contre le Courant patriotique libre du général Aoun ;

– l’opposition représente l’immense majorité des chiites et, d’après tous les observateurs, une majorité des maronites avec Michel Aoun ;

– qualifier l’opposition de simple pion syrien est difficile quand on sait que Michel Aoun fut le principal opposant à la présence syrienne, à l’époque où Rafic Hariri, Samir Geagea et Amine Gemayel (mais aussi Nebih Berri et le Hezbollah) acceptaient cette présence syrienne ;

– présenter la majorité comme « démocratique » est un abus de langage. Ni dans leur histoire, ni dans leurs pratiques, les phalanges ou les Forces libanaises n’ont démontré le moindre attachement aux formes démocratiques. De ce point de vue, on peut douter qu’il existe un fossé entre majorité et opposition. »

Enfin, il faut garder à l’esprit les dimensions régionales de cette crise :

– la question palestinienne, et notamment celle de la présence palestinienne au Liban (rappelons-nous le siège de Nahr el-Bared) ;

- la volonté israélienne et américaine d’en finir avec le Hezbollah (dont a témoigné la guerre de 2006) et, demain, avec l’Iran ;

- la présence de groupes se réclamant d’Al-Qaida au Liban (lire « Enquête sur l’implantation d’Al-Qaida au Liban », Le Monde diplomatique, février 2008).

88 commentaires sur « Liban, vers la guerre civile ? »

  • permalien Lou :
    9 mai @15h59   »

    Et c’est reparti, on entend de nouveau les journalistes parler, sur les ondes, de "mouvement anti-syrien", et "pro-syrien".

    Jamais , au grand jamais ces journalistes parlent de parti pro-israélien ou de mouvement pro-étatsunien.

    C’est comme si au sud du Liban, il n’y avait rien, absolument rien , de toute éternité. Surtout Rien qui puisse excercer une influence quelconque sur la politique libanaise.

    Mais alors à quoi ça sert que l’armée israélienne utilise tous ses engins , comme en août 2006, pour tuer plus d’un millier de libanais si nos journalistes ne s’en souviennent même pas ? Ne seraient-ils pas anti-israéliens ?

  • permalien K. :
    9 mai @17h14   « »
  • permalien K. :
    9 mai @18h25   « »

    Téléphone Arabe (suite)

    Al Moustaqbal, organe de presse des Hariri, déclarait le 6 mai : Si nous voulons démanteler ce réseau c’est parce qu’il est connecté à celui de l’armée syrienne ce qui permet à la Syrie de controler le Liban.

  • permalien epimethee :
    9 mai @18h59   « »

    La question qui mériterait d’être posée plus clairement, c’est de savoir si les Libanais souhaitent ou non poursuivre la lutte armée contre Israel. Il conviendrait de rappeler que le Hezbollah a pour raison d’être son combat contre Israel (avec pour derniers objectifs la libération des fermes de Shebaa et la libération légitime des prisonniers libanais - mais cela mérite-t-il une guerre ?). Et que (c’est une interprétation probablement sioniste et proaméricaine !!!) la guerre de juillet déclenchée par le Hezbollah, qui a pu être surpris par l’ampleur de la réaction mais pas par la réaction en elle-même, a permis au Hezbollah de modifier la donne au plan national. Est-il normal qu’une milice déclenche une guerre nationale ? Par ailleurs : Les FL ne sont plus une milice, ce qui n’empêche pas ses membres d’être des extrémistes peu fréquentables et désireux d’en découdre - mais les chrétiens ont-ils encore un rôle essentiel à jouer ? Joumblatt a un objectif politique : obliger le Hezb à choisir le Liban ou la guerre civile (sauf à considérer qu’être Libanais c’est être pro-Hezbollah). Aoun enfin n’a remporté les élections d’août 2007 qu’avec une poignée de voix issues pour l’essentiel du vote arménien. Au vu de ces résultats et non d’après les observateurs (lesquels ?), il représente donc 50 % et quelque chose des voix exprimées dans cette élection du Metn et nettement moins que 50 % des voix maronites. Un peu d’exactitude ne nuit pas au propos. Vers la guerre civile, malheureusement, peut-être. Mais au nom de quoi ? Evoquer le passé pour discréditer les personnalités politiques d’aujourd’hui demanderait peut-être à toute personne se réclamant de la gauche de se souvenir que le Hezbollah a éliminé en son temps tous les opposants chiites véritablement de gauche (membres du PCL alors, à commencer par Mahdi Amel). A noter encore qu’aujourd’hui, une partie des intellectuels, écrivains et artistes qui sont nés par le hasard de la naissance chiites sont peu amènes avec le Parti de Dieu. Il faut néanmoins reconnaître après cette nuit de combats violents que la violence reste une solution apparemment. J’espère que ni Joumblatt ni Hariri ne s’engageront dans cette voie. Certainement que vue de Paris, la lutte islamiste et anti-sioniste reste poétique et exaltante... Bien à vous Au plaisir de vous lire

  • permalien Pierre :
    9 mai @19h05   « »
    Ici Londres

    Il semble que l’enjeu soit le contôle des communications : Les enjeux de la crise libanaise

    Le parti chiite n’a pas apprécié que des dirigeants de la majorité, notamment le dirigeant druze Walid Joumblatt, dénonce le réseau de télécommunications mis en place par le Hezbollah dans le pays, et notamment à l’aéroport de Beyrouth. Le gouvernement a menacé de mener une enquête et a limogé le chef de la sécurité internationale de Beyrouth, présenté comme un proche du Parti de Dieu.
    Les miliciens chiites, bien armés et entraînés, n’ont pas eu de difficultés à prendre possession des médias liés à la famille Hariri, à faire fermer leurs locaux, et à mettre au pas les quartiers où se côtoient populations chiites et sunnites dans la capitale.

    Piqure de rappel pour ceux qui comme moi ont perdus leurs notes.

    Les prémices de lendemains sombres.

  • permalien K. :
    9 mai @19h47   « »

    La question qui mériterait d’être posée plus clairement, c’est de savoir si les Libanais souhaitent ou non poursuivre la lutte armée contre Israel.

    Non, la question est complètement à coté de la plaque. Elle n’a strictement rien à voir avec les enjeux.

    Parce que aucun Libanais ne “souhaite poursuivre la lutte armée contre Israel.”

    La question qui mériterait d’être posée plus clairement, est : est-ce qu’Israel qui n’a jamais défini ses frontières, qui a un problème crucial d’eau, se contenterait simplement de négocier avec un état sans armée véritable le partage des eaux du Sud-Liban, ou trouvera-t-il plus simple de se saisir des zones abritant ces eaux ?

    Ce que dit le Hezbollah est : créons d’abord une armée digne de ce nom, et nous remettrons nos armes ensuite. Ceci dit peut-etre que le Hezbollah ment, qu’il veut maintenir ses armes ad vitam eternam, que ce n’est qu’un prétexte. Mais pourquoi ne pas batir une véritable armée d’abord pour le mettre devant le fait accompli ?

    Pour le jugement sur Joumblatt qui veut un Liban libre, on lira ce qui suit.

    Concernant le lien du Monde proposé par Pierre, ce journal a l’habitude de ne jamais mentir,... sauf par omission, ce qui est le pire des mensonges.

    Ainsi on peut lire que le 14 Mars comprend aussi des militants de la gauche laïque, du Mouvement de la gauche démocratique. Par contre il semblerait que l’opposition ne comprenne pas de gens de gauche. D’abord il faut bien savoir que le principal parti de “gauche” du 14 mars est celui de Joumblatt, criminel de guerre notoire, à la mentalité on ne peut plus féodale, et girouette notoire. Ensuite, la seule télévision laique et de gauche au Liban, la “NTV”, prend fait et cause pour l’opposition.

    Je ne lis pas le reste de l’article du Monde, parce que c’est lassant.

  • permalien K. :
    9 mai @20h21   « »

    Après 5 heures de réunion le 14 mars vient de faire un communiqué, lu par Samir Geagea.

    Qualifiant ce qui arrive de coup d’état armé contre le pays, l’union nationale, et la Constitution, M. Geagea a affirmé que Beyrouth n’a pas chuté lors de l’occupation israélienne et ne tombera aucunement entre les mains de la milice du Hezbollah.

    De quelle occupation parle le boucher de Sabra et Chatila ? Tout simplement de celle avec laquelle il avait collaboré.

  • permalien Lou :
    9 mai @20h52   « »
    Encore un effort Monsieur Geagea

    M. Geagea a affirmé que Beyrouth n’a pas chuté lors de l’occupation israélienne

    Après la reconnaissance de l’occupation israélienne, si on ne le retient pas,il va dénoncer les violations israéliennes du territoire libanais

  • permalien K. :
    9 mai @21h22   « »

    L’objectif du 14 Mars me semble clair maintenant : devant le risque trop grand d’élire un président à la moitié plus un, (Berri aurait en réaction menacé d’élire à “la moitié moins un” selon Scarlett Haddad- à anti-constitutionnel, anti-constitutionnel et demi), et sous les conseils des Cheney and Co, ils ont choisi de pousser le Hezb vers ce qu’ils ont toujours refusé de faire : intervenir dans les rues de Beyrouth.

    ça leur permet surtout de confessionnaliser le conflit (il faut voir Al arabiya). Probablement dans l’espoir de voir les gens d’al qaeda intervenir. La politique du pire toujours.

    Si les gains militaires du Hezbollah ne se transforment pas rapidement en gains politiques, et cela me semble extremement difficile, le pire est à prévoir.

  • permalien Lou :
    9 mai @21h34   « »
    Amal

    Le compte-rendu de Pierre Prier du Figaro

  • permalien epimethee :
    9 mai @22h11   « »

    Je ne sais pas quel est l’objectif du Hezb. Et me soucie sans plus des discours et intentions de principe. Ce que dit le Hezb, ce que dit le 14 mars, ce que dit Aoun... En revanche, déployer des hommes armés, des miliciens dans les rues, ça c’est clair. Joumblatt attire sur lui des sentiments et propos souvent haineux de la part de ses ennemis (criminel de guerre ??? mais hormis Saad Hariri, en raison de son jeune âge, lequel ne l’est pas ? Nabih Berry, les responsables du Hezb, Geagea, Quanso, Aoun même...). Entre la féodalité et la tendance à éliminer toute opposition chiite (car j’imagine que le mufti de Tyr El Amin constituait un danger militaire et méritait que ses bureaux soient saccagés), difficile de choisir. Les reproches qui sont adressés à Joumblatt pourraient l’être à bien d’autres. Il a depuis maintenant 15 ans renoncé à la logique milicienne et à la violence. Et il a conclu une alliance stratégique et constante avec Hariri. Or ce que nous vivons aujourd’hui c’est la suite d’un acte politique bien concret : l’élimination directe de ce roitelet, à bien des égards critiquables mais qui proposaient de sortir le Liban des tensions régionales en s’affranchissant de la tutelle syrienne. Ce qui signifiait aussi ne plus être un instrument de pression entre les mains de Damas dans le conflit israelo-arabe. Et retour à la case départ : oui la question, c’est la relation avec Israel. La Syrie non plus n’a jamais défini ses frontières avec le Liban ? Mais il est bon d’être contre le Grand Satan sioniste. Le Hezb n’a d’ailleurs pas manqué dans le début de l’année 2006 de rappeler que certains avaient conservé l’esprit du 17 mai 1983. Le Hezb aurait dû disparaître sinon en 1992, alors en 2000. Il n’était pas évident de sortir de la "grande prison syrienne", reste à ne pas se retrouver dans les geôles iraniennes. Sinon j’aime bien la proposition "construire une véritable armée". Et même pourquoi pas un Etat ? Et mieux encore un Etat laïque ? Mais de toute façon, le Hezb s’y emploie avec un beau slogan "Le Liban, mourez pour lui ou quittez-le" ! Bref ne parlons pas trop à la place des autres, contentons-nous de "juger" sur les actes. Et pour cette nuit, moi qui suis à Beyrouth, j’espère que les fusillades que j’entends au loin ne vont pas trop se rapprocher. Hier soir, c’était une très belle démonstration de l’amour que les miliciens portent à leur pays. Bonne nuit à tous Au plaisir de vous lire.

  • permalien K. :
    9 mai @22h32   « »

    Sinon j’aime bien la proposition "construire une véritable armée". Et même pourquoi pas un Etat ? Et mieux encore un Etat laïque ?

    Très cher co-habitant de Beyrouth, essayons si possible de ne pas louvoyer.

    Oui, bien sur un Etat. Et mieux encore un Etat laïque. Et oui bien sur, la Syrie aux Syriens et le Liban aux Libanais.

    Mais affirmer que l’on puisse batir un Etat laïque et libre, sans une armée forte au préalable, avec des voisins comme Israel et la Syrie à vos frontières, ce n’est plus de la foi...

  • permalien epimethee :
    9 mai @22h33   « »

    Un autre commentaire pour K. sur le dernier post. Evidemment. Doublement évidemment. Depuis 15 ans, tout le monde a déposé les armes (enfin lourdes). Depuis 3 ans, l’alliance (par ailleurs hétéroclite et pas très présentable) du 14 mars voit les siens mourir. Ses "intellectuels", ses symboles, ses députés... Et depuis 3 ans déjà l’objectif de Joumblatt est en effet très "clair" : le Hezb doit choisir. Le 8 mars, le Hezb a voulu remercier la Syrie. Et fin avril les Syriens partaient sous les huées - à comparer avec le départ des Palestiniens en 1982 qui malgré tout partirent acclamés. Et même avec l’arrivée tant attendue des Syriens en 1988 dans Beyrouth Ouest quand Hezb et Amal faisaient régner la terreur. Et depuis le Hezb a cherché à prouver que le Liban devait rester allier à la Syrie, en s’opposant notamment au tribunal international (démission des ministres à cette occasion) pour conserver ses armes. Jusqu’à emmener le pays dans la guerre et gagner une glorieuse victoire que les 1200 Libanais transformés par la grâce divine en Martyrs auront à coup sûr appréciée à son juste prix. La politique du pire... en effet. Qui n’a pas espéré ce dimanche 6 mars que le Hezb choisisse le Liban ? Mais non... Alors oui, la milice hezbollahie n’est qu’une milice, un groupe armé qui fort de ses armes compte dicter au pays ses choix. Quant au confessionnalisme, il est malheureusement un fait social. Le hezb en est un bel exemple - et Amal aussi. Quant au vieux général, s’il existe encore, c’est en vertu d’une victoire chrétienne dont on peut se demander ce qu’il en reste aujourd’hui. Aujourd’hui le Hezb démontre qu’il n’est pas le Liban, mais une milice, la dernière, la seule. Reste à espérer qu’elle disparaisse et qu’aucune autre ne voie le jour. Et que le Hezb devienne une force politique importante, ultra conservatrice et populiste. Et au fond, l’ironie tragique, ce serait que finalement le Hezb incite les autres parties à reprendre le chemin des armes. Bref pas de quoi se réjouir. Enfin pour l’instant c’est calme.

  • permalien K. :
    9 mai @23h05   « »

    Epimethée, Votre rhétorique est très chatiée. Keep Going.

  • permalien Pierre :
    9 mai @23h07   « »
    L’incohérence comme logique politique...

    Il n’est pas évident de savoir où est la vérité dans cette avalanche de déclarations toutes plus irrationnelles les unes que les autres.

    - D’un coté, le Figaro dans un article titré “Le coup d’État du Hezbollah” déclare : « Seule milice libanaise à avoir refusé de désarmer, comme l’exigent pourtant les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, le Hezbollah a eu son heure de gloire en 2006, lorsqu’il a réussi à entraîner Israël dans une guerre à laquelle il a pu résister, au prix de la destruction du pays. »,
    - d’autre part Xinhua déclare : « C’est le troisième jour des conflits sectaires entre le Hezbollah et les partisans pro-gouvernement à Beyrouth, où les deux parties belligérantes ont échangé des tirs d’artillerie et de roquettes dans la nuit de jeudi à vendredi. »

    On peut donc en conclure que les partisans pro-gouvernements ont “accepté” de rendre les armes mais ne l’on pas fait.

    Ensuite, nous apprenons par RSR.ch que : « Les combats s’étaient apaisés vendredi soir alors que l’armée libanaise commençait à se déployer dans le calme dans certaines zones abandonnées par les militants pro-gouvernementaux. Un allié du Hezbollah a fait savoir que le groupe entendait se retirer, au moins partiellement, des zones occupées dans la nuit et la matinée de vendredi, laissant entendre que le mouvement chiite pro-syrien ne comptait pas prendre le contrôle permanent de ces quartiers. ».

    Il en résulte que le Hezbollah aurait fait un coup d’état en complicité avec l’armée régulière, contre un gouvernement défendu par des milices illégales.

    Arrivé à ce point, on peut se demander s’il est vraiment raisonnable d’évoquer un prétexte pour se battre. J’ai surement du rater quelque chose...

    (je ne sais pas vous, mais là, d’un coup, j’ai une grosse fatigue)

  • permalien K. :
    10 mai @00h05   « »

    Nir Rosen :

    « Say what you will about Hizballah and its allies, whether you sympathize with them or oppose them, it is clear that they cannot be dislodged, that they are an integral part of Lebanon and the Middle East. They proved this when they won the war of 2006 and proved this once again yesterday when they dispatched pro American and Saudi militias with ease and seized control of Beirut. If one dreams of a Hizballah without weapons, or a Hamas that does not engage in violent resistance, or any sort of peaceful resolution in the Middle East, then one has to begin at the beginning, with the Israeli occupation of Palestine ... »

  • permalien Pierre :
    10 mai @07h41   « »
    Des Gouguenheims par milliers...

    ... (suite)

    Pour la presse sarkozienne, il ne s’est rien passé le

    10 mai 1948

    ... pourtant :

    Le 10 mai 1948, David Ben Gourion, le président de l’Organisation juive pour la Palestine, annonça la création de l’Etat d’Israël, en déclarant : "La Shoah, qui a englouti des millions de Juifs en Europe, a démontré une fois encore l’urgence de la reconstitution d’un Etat, qui résoudrait le problème des Juifs sans patrie en ouvrant ses portes à tous les Juifs et en élevant le peuple juif à un niveau d’égalité dans la famille des nations."

    ... car le 10 mai, la presse sarkozienne, n’a rien de spécial à cacher, alors, elle préfère bâtir des romans sur le dos d’un peuple libanais "chauffé a blanc", maudissant et marteau et enclume et pourtant le 10 mai 1948, le forgeron onusien allumait la forge.

  • permalien Chahid :
  • permalien Jean-Marie :
    10 mai @09h57   « »

    Il serait tout de même très souhaitable que les militants pro-palestiniens connaissent les dates essentielles de la cause qu’ils défendent, Pierre

    Ce n’est pas le 10 mai, mais le 14 mai, suite à une décision prise le 12 au soir en petit comité exécutif, y compris pour ce qui est du choix du nom du nouvel état qui était entre Sion et Israël

    A ce propos qui a trouvé l’explication sur le début des fêtes sionistes du 60ième anniversaire ?

    Elles auraient commencé le 3 liar (mois juif) au lieu du 5 liar (aujourd"hui) parce que c’est un jour de shabat.

    Or le 14 Lai 1948 c’est tout simplement le jour où, à 23 H 59 les Britanniques se "barraient" et pas un jour spécial de fête juive

    (Le gouverneur s’est mêe gourés d’une heure à cause des fuseaux horaires)

    Merci à qui fournira ici des explications sur la date des festivités ironiquement troublées par le scandale Olmert

    Voir aussi "pour réviser ses connaissances" sur les trois dates et textes-clé le site déjà cité

    http://israeltextescles.site.voila.fr/

  • permalien Pierre :
    10 mai @11h17   « »

    Il serait tout de même très souhaitable que les Il serait tout de même très souhaitable que les militants pro-palestiniens connaissent les dates essentielles de la cause qu’ils défendent, Pierre

    Jean-Marie, merci pour vos pertinentes précisions (que j’avais déjà).

    En échange de quoi, je vous informe que je suis pro-rien-du-tout, je ne défends pas plus le Hamas,la Fatah que le Likoud (dans la mesure où ça puis être intéressant).

    Mes propos depuis le 8 mai concernent la réécriture de l’histoire faite pour des raisons de propagande néo-libérale, qui utilise le discours masqué pour effacer de nos mémoires la mise en place du Programme du Conseil National de la Résistance, que le gouvernement Sarkozy est en train de démanteler à coup de ce qu’il a le cynisme d’appeler “réformes”. Il vise aussi à effacer la mostruosité des massacres de Sétif (pays des droits de l’"homme africain") et constitue une négation du fait colonial (ce n’est pas par hasard que le thermomètre rectal de la République, Le Pen, nous faite une resucée de détails).

    Le 8 Mai dans tous les médias a été consacré au 60ième anniversaire de la Shoa pour ne pas a avoir à parler de ce qui est ci-dessus.

    Hors nos sommes aujourd’hui le 10 Mai date à laquelle Ben Gourion a annoncé la création de l’état d’Israël (Je vous ai mis le lien où est l’information, Encyclopédie Multimedia de la Shoa, si vous avez des réclamations), et c’est silence radio à sarkoland.

    Par contre on nous bassine avec le "coup d’état" du Hezbollah, comme si Cheney, puis Rice, n’étaient jamais venus foutre le feu à la région, comment les velléités d’Olmert de modifier la politique d’Israël via la Turque et l’Égypte, n’était pas en train de sombrer dans un de ces fameux procès pour corruption qui arrivent toujours à point nommé, et comme si le Liban comme un seul homme luttait contre l’expan-sionisme.

    Merci de m’avoir permis de d’exprimer tout ça. Rendez-vous le 14 Mai, Jean Marie. Amicalement

  • permalien epimethee :
    10 mai @11h54   « »

    Un bref rappel des événements précédents - pour ceux qui ont oublié le noeud de l’intrigue :

    http://www.lemonde.fr/proche-orient...

    merci Mouna Naim. La photo est un tantinet partisane...

  • permalien K. :
    10 mai @12h01   « »

    Robin Wright, WAPO, 10/5/08 :

    "Les Etats-Unis ont énormment investi au Liban pour appuyer le coté le plus faible politiquement et militairement. L’approche des Etats-Unis repose sur [l’idée que] un coté peut prévaloir, et les choses ne se déroulent pas de cette manière. C’est un pays ou le consensus politique représente l’indispensable règle du jeu" a dit Augustus Richard Norton, (..) "Il ne peut y avoir de solution sans compromis avec l’opposition, et cette solution devra inclure le Hezbollah."

    Jusqu’à maintenant, les officiels U.S ont dit qu’ils ne considèrent pas les combats comme étant un coup d’etat ni une guerre civile. "Nous voyons les évènements plus comme un combat politique que physique," a dit l’officiel de haut rang du Département d’Etat, ajoutant que la plupart des Libanais ne veulent pas d’une repétition de la guerre civile qui a fait rage de 1975 à 1990.

    Washington considère que le Hezbollah a "mordu plus qu’il ne fallait" et qu’il risque de s’aliéner les populations de leurs partisans [non-chiites], y compris de leurs précieux alliés chrétiens, a-t-il dit. " Le Hezbollah a subi un coup politique après ses agissements ce cette semsine," a-t-il dit.

  • permalien Daniel :
    10 mai @12h35   « »

    Pour avoir d’autres informations que celles données par les médias occidentaux sur la situation au Liban, on peut s’adresser à Raymond Richa, l’auteur de la lettre ouverte ci-dessous, qui fait un bulletin quotidien très documenté et précis sur les événements actuels.

    - http://libanresistance.blogspot.com...

  • permalien Pierre :
    10 mai @12h39   « »

    @K

    Washington considère que le Hezbollah a "mordu plus qu’il ne fallait"

    Un tel scénario vous semble-t-il possible :

    1. la Turquie, la Syrie, Olmert (pas Israël) se rapprochent autour du Golan
    2. la Turquie et l’Iran se rapprochent contre les Kurdes.
    3. le Hezbollah voit ses alliances lui échapper.
    4. Joumblat aboie trop tôt
    5. le Hezbollah frappe un grand coup pour remettre tout le monde à sa place.
     ?
  • permalien Lou :
    10 mai @13h04   « »
    Une introduction au Hezbollah par Lara Deeb

    Hizballah : A Primer

    Lara Deeb

    July 31, 2006

    (Lara Deeb, a cultural anthropologist, is assistant professor of women’s studies at the University of California-Irvine. She is author of An Enchanted Modern : Gender and Public Piety in Shi‘i Lebanon.)

    traduction de l’article en français

    (...)le Hezbollah est né du combat contre l’occupation israélienne du sud Liban entre 1982 et 2000 et, plus généralement, afin de défendre la communauté chiite du Liban, opprimée au cours des siècles. Bien qu’il ait beaucoup d’adversaires au Liban, le Hezbollah est totalement chez lui dans ce pays, dont il est un élément constitutif.(...)

  • permalien Zulfikar :
  • permalien K. :
    10 mai @13h42   « »

    @ Pierre

    Honnêtement Pierre je ne sais pas.

    Il est clair que les Iraniens, comme tout le monde d’ailleurs, voient leurs propres intérêts avant tout. Est-ce que aujourd’hui leur position est devenue assez forte pour leur permettre de larguer le Hezbollah ? Ce qui ressort essentiellement de mes lectures c’est le fait que les différents protagonistes ne se font pas du tout confiance ce qui irait contre votre hypothèse.

    Ce que je peux vous assurer par contre c’est qu’on n’a jamais vu Walid Joumblatt (lors de ses différentes prestations télévisées) aussi serein que depuis le début de l’actuelle flambée. Il s’est mis complètement en retrait, laissant Geagea et Hariri sur le devant de la scène. Il a sagement confié les locaux de son parti (“Parti Socialiste Progressiste”) non seulement à Beyrouth mais aussi dans le Chouf (son fief) à l’armée libanaise. Et il observe. Et, comme à son habitude, le moindre frémissement d’un vent qui tourne lui fera retourner sa veste en même temps.

    À l’instant et pour la première fois depuis le début des évènements, Saniora prend la parole : le ton général est le meme que celui de Geagea : ce que l’occupation israélienne (citée nommément) n’a pas réusssi à faire, le Hezbollah ne le réussira pas non plus.

  • permalien Lou :
    10 mai @13h50   « »
    L’article de Scarlett HADDA

    Éclairage

    Une nuit d’orage et un changement de donne, mais le beau temps n’est pas encore annoncé…

    (...) Les proches de l’opposition révèlent que l’opération menée sur le terrain dans la nuit de jeudi à vendredi a pris la majorité et le gouvernement de court. Selon eux, en prenant ses dernières décisions jugées inacceptables par le Hezbollah et Amal lundi soir, le gouvernement misait sur les déclarations répétées de Hassan Nasrallah de rejet de toute discorde entre sunnites et chiites, ainsi que sur le discours dans lequel il avait affirmé, après les incidents de Mar Mikhaël, que l’opposition « est prête à donner un millier de martyrs, mais elle ne se laissera pas entraîner dans une guerre civile ni dans une confrontation avec l’armée ». De la sorte, le gouvernement croyait pouvoir prendre des décisions aussi importantes contre le Hezbollah et que ce dernier se contenterait de communiqués virulents, voire d’une manifestation, mais n’oserait pas entreprendre une quelconque opération sur le terrain. Et même s’il devait le faire, il serait entraîné dans des combats de rue sanglants et violents qui dureraient au moins deux ou trois jours et permettraient au gouvernement d’ameuter la communauté internationale. Selon ces mêmes sources, le gouvernement avait ainsi bien étudié son timing, à la veille de la réunion du Conseil de sécurité destinée à étudier le rapport de Terjé Roed-Larsen sur l’application de la résolution 1559. Il ne serait donc pas nécessaire de convoquer une réunion spéciale du Conseil de sécurité, mais de profiter de celle qui était déjà prévue, pour alerter la communauté internationale et demander à ceux qui veillent sur la mission de la Finul d’élargir les responsabilités de celle-ci pour la pousser à se déployer à Beyrouth. Cette situation aurait été couronnée par la prochaine visite du président américain George Bush dans la région et sa rencontre prévue à Charm el-Cheikh la semaine prochaine avec le Premier ministre Fouad Siniora. Les milieux de l’opposition estiment ainsi que les forces du 14 Mars avaient choisi cette période en connaissance de cause pour marquer un coup décisif contre elle. Mais que leur plan n’a pas fonctionné comme prévu parce que Hassan Nasrallah avait mis au point un plan d’action rapide, qui a pris ses adversaires de court. De plus, l’opposition a pris soin de remettre toutes les positions conquises à l’armée et de laisser ses alliés sunnites sur le terrain pour « démentir toute volonté d’invasion chiite de la capitale » de sa part. Pour quelle raison se déploierait donc la Finul ou toute autre force internationale à Beyrouth, puisque les combats ont cessé et que l’armée y est déployée ? (...)

  • permalien K. :
    10 mai @14h48   « »

    Edito du Monde : « D’un côté, l’opposition conduite par les deux partis musulmans chiites, le Hezbollah et l’Amal. [final] De l’autre, le camp de la majorité gouvernementale : les musulmans sunnites, la plupart des chrétiens et des Druzes. »

    Et toujours pas de “réagissez à l’article”.

  • permalien K. :
    10 mai @15h09   « »

    - Le bon argumentaire au service de la mauvaise foi dans l’Edito du Monde :

    « A cette double malédiction, la manipulation par Damas et Téhéran, s’en ajoute une troisième : l’irresponsabilité historique d’une classe politique libanaise, tous partis confondus, qui cultive les divisions communautaires du pays. Au bout de cet enchaînement, il y a la perspective d’une nouvelle guerre civile. »

    L’Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont des Saints.

    - Saniora : "Nous n’avons pas déclaré la guerre au Hezbollah et n’allons pas la déclarer. Mais ses milices et celles d’Amal ont envahi les maisons et les quartiers de Beyrouth, mais nous ne permettrons pas cela", a-t-il ajouté.

    Ce sont les partisans de Saad Hariri qui ont été chassés la veille des quartiers de l’ouest de Beyrouth par les combattants du Hezbollah, seul mouvement à ne pas avoir désarmé après la guerre civile..

    La vie avait timidement repris le matin dans l’ouest de Beyrouth, où des combats de rue, les pires depuis la guerre civile (1975-1990), avaient opposé le Hezbollah et un autre mouvement chiite Amal aux partisans de Saad Hariri.

    Les commerces, boulangeries et marchands de légumes, ont rouvert leurs portes, et les habitants s’aventuraient dans la rue. "C’est la première fois que je quitte ma maison depuis la nuit de jeudi", dit Samia, à Hamra.

    Un nombre très limité de combattants chiites étaient visibles dans l’ouest de Beyrouth.

    "La présence des éléments armés a diminué de manière significative et il n’y a plus de danger pour les civils", selon un porte-parole de l’armée.

    L’armée, traditionnellement chargée au Liban du maintien de l’ordre, était aussi fortement présente sur les principaux axes de la capitale. Mais les soldats avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir dans les combats, de crainte d’une scission au sein de la seule institution encore solide et unie au Liban.

    La route menant à l’aéroport international de Beyrouth, où aucun vol n’était prévu, est toujours bloquée par des pneus et des monticules de terre placés par le Hezbollah.

  • permalien K. :
    10 mai @15h22   « »

    L’article de l’AFP utilisé par le Nouvel Obs est ici.

  • permalien K. :
    10 mai @15h35   « »

    L’article de Nir Rosen dont j’avais donné le lien hier, est traduit par Contre-Info.

  • permalien K. :
    10 mai @15h50   « »

    Discours du Premier Ministre Fouad Siniora sur les derniers évènements tragiques au Liban” :

    Fouad Siniora a fait part des cinq points suivants :

    1- Les deux résolutions prises en début de semaine n’ont pas encore été publiées, mais seront remises entre les mains de l’armée libanaise qui est appelé à les mettre en application. ...

    L’armée aurait déclaré que Choucair ne quitterait pas son poste à l’aéoroport selon un flash de la station de TV NTV à l’instant.

  • permalien Isma :
    10 mai @15h59   « »

    En tout cas, le Hezbollah vient de (re)prouver que lui aussi savait tuer des Libanais, loin de sa gentille image de "résistant" anti-israélien. Et le gouvernement qu’il savait se comporter en clan armé doublant les institutions légales, loin de sa marque publicitaire "démocratique" hâtivement gobée par les naïfs.

    Décidément, cela arrange tout le monde, entre les voisins intéressés, les chefs féodaux et les seigneurs de guerre, les puissances occidentales et orientales, que ce pays ne soit pas doté d’un vrai Etat, d’une vraie armée...

  • permalien K. :
    10 mai @16h56   « »

    L’armée libanaise révoque les décisions du gouvernement.”

    Un flash à l’instant, toujours d’après la NTV, affirme que l’armée demande au gouvernement d’officialiser les décisions qu’elle vient de prendre.

  • permalien Pierre :
    10 mai @17h06   « »

    L’intermédiaire turc

    L’apparition turque s’est produite après des années de calculs méticuleux. La Turquie a prudemment traité le monde d’après le 11 septembre. Elle a su tirer de façon spécifique un bénéfice de la coexistence dans des institutions de l’Etat d’un parti ayant des racines islamiques et d’une armée qui garde l’héritage laïc d’Ataturk. Elle est allée en Afghanistan sous son uniforme de l’OTAN et au sud-Liban avec la couverture de la légitimité internationale. Elle a également tiré bénéfice du besoin de Damas d’équilibrer son alliance avec Téhéran par des liens plus étroits avec Ankara, comme si la Syrie se rendait compte de son besoin d’un intermédiaire turc. Dans cette région en difficulté et turbulente, la Turquie s’est préparée pour un jeu régional dont elle a préparé les cartes. C’est un Etat dans l’OTAN dont les liens étroits avec les Etats-Unis ne l’ont pas empêché de s’opposer à l’invasion américaine en Irak. C’est un Etat qui rêve du club européen bien qu’il ait également un pied dans le Moyen-Orient. Par conséquent, il a veillé à maintenir sa capacité à parler à toutes les parties, y compris Israël, pour exercer sa capacité à transmettre plus tard des messages.
  • permalien Pierre :
    10 mai @17h22   « »
    Avant ce conflit n’avait pas de dimension régionale...

    Déluge de menaces américaines contre l’Iran

    Mardi, dans des remarques adressées au Comité juif américain, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a apporté un soutien complet au refus israélien de négocier avec le Hamas, déclarant « A notre plus grande inquiétude, les dirigeants du Hamas servent de plus en plus de combattants de l’ombre à un régime iranien qui déstabilise la région, cherchant à obtenir une capacité nucléaire et proclamant le désir de détruire Israël. » Elle s’en est prise à une « ceinture de l’extrémisme » qui s’étendrait du Hamas et du Hezbollah à l’Irak et l’Afghanistan, qui serait « soutenue principalement par l’Iran et dans une certaine mesure par la Syrie, mais particulièrement l’Iran ». Elle a prévenu que « Cela donne à ce conflit une dimension régionale qu’il n’avait pas auparavant ».

    Si ce n’est pas, d’une part un sacré aveux de culpabilité et d’autre part le scénario d’une future politique au Proche Orient...

  • permalien K. :
    10 mai @17h45   « »

    @ Pierre

    Si j’ai bien compris, le scénario d’une future politique au Proche Orient serait celui d’un éloignement de la Syrie (“la Syrie mais surtout l’Iran”) de l’Iran ?

  • permalien Pierre :
    10 mai @18h40   « »

    @K,

    Certainement, mais ce serait surtout un Proche Orient avec des conflits régionaux, nationaux, religieux, sociaux ou territoriaux (financés depuis Washington bien sûr) et un désengagement physique des USA et d’Israël, surtout pas de paix. Et encore moins ce qui était en train de se tramer depuis Annapolis.

    Depuis que j’ai lu sur le blog de Julien Sallingre, l’image de notables libanais monnayant des avantages claniques avec Israël m’obsède.

    Avec la Guerre des Six Jours et l’occupation israélienne la situation va progressivement se modifier. Israël fait le choix de maintenir une partie des structures locales de pouvoir (les maires sont laissés en place jusqu’à l’organisation d’élections en 1972), espérant pouvoir se décharger d’une partie des responsabilités de la gestion des territoires palestiniens en s’appuyant sur les leaders locaux, notamment les Maires et les Mukhtars (chefs de villages).

    D’un autre côté le Hezbollah, à qui on reproche d’intervenir dans les conflits internes libanais alors que son rôle devrait être la lutte contre Israël (? faudra qu’on m’explique...), sans se demander si ce n’est justement pas ce qu’il fait (lutter contre Israël), devient paradoxalement le meilleurs alliés des USA, qui n’en finissent pas de s’agiter dans tous les sens, pour maintenir des tensions qui leur ont été profitables jusqu’à présent.

    Pendant ce temps, le sionisme est en crise et là aussi, 2 voies se présentent. Quoiqu’on en dise les tentatives d’Olmert de rechercher des interlocuteurs régionaux, s’oppose à la volonté de Barak de multiplier les colonies dans le giron US.

    J’ai le sentiment que l’adminstration Bush constatant l’échec de la guerre idéologique, fait le ménage avant de partir en rétablissant les fondamentaux de la realpolitik de Kissinger.

    Où qu’on se tourne on est pris entre Mani et manichéisme (vous qui êtes lecteur de Malouf, vous comprendrez).

    Amicalement.

  • permalien K. :
    10 mai @19h10   « »

    Pierre, la piste est intéressante et mérite réflexion.

    Interlude surréaliste. Fou rire garanti grace au Colonel Pat Lang :

    Après une récente conférence à un petit collège, un membre du corps enseignant en sciences de l’entreprise m’a demandé si j’avais vraiment voulu dire que les Iraquiens et d’autres Moyen-Orientaux ne voulaient pas être "nous". Après que je le lui ai confirmé, il a dit que c’était on ne peut plus inquiétant et que l’idée ne l’avait jamais effleuré.

    Il a poursuivi en disant qu’une telle notion était menaçante parce que, si on y croyait, il faudrait réévaluer la valeur de la culture occidentale. Il a dit qu’il avait toujours supposé que les gens qui vivaient de façon très différente [de la société occidentale] le faisaient par ignorance ou parce que la structure de leurs sociétés fonctionnait de telle manière à les maintenir dans la soumission à un mode de vie primitif.

    Il a dit que si cela n’était pas vrai et qu’en fait la plupart des non-occidentaux voulaient une vie meilleure sur le plan matériel sans pour autant vouloir adopter les valeurs de l’Occident, alors une grande partie de sa vie aura été vécu dans l’erreur. "Je pense à tous les étudiants étrangers que je pensais être en attente de la révélation."

  • permalien Yann :
    10 mai @19h34   « »

    Land and people

    (blog sur le Liban conseillé par Helena Cobban)

    "PM Sanioura gave a speech today from the grand serail. Besides the attacks and refutations of Nasrallah’s rhetoric, he made the following offer : The fate of the contentious decrees (which, he said, have not come into effect) is to be decided by the Army ; all armed presence is to be removed from the streets ; the sit in and the strike are to be lifted and the airport re-opened, a new president is elected (I assume he meant army general Sleiman, but he didn’t say that) following which a national unity government is created in which neither the parliamentary majority nor the opposition have veto power, and the new government will prepare for elections on the basis of the qada (district), with minor "demographic" (read sectarian) adjustment. He added that this offer can form a basis on which one can build to get to a compromise. I think so too.

    Moments later, the army responded by taking positive steps and reinstating the airport chief of security. The Opposition accepted to remove all armed presence, but promised to keep the "civil disobedience" going. En passant, it reminded Sanioura that the decrees are as effective as can be, as they have been sent to the UN for support in implementation.

    In West Beirut, and for a reason I cannot fathom, sand barricades have been erected, blocking traffic in almost all the main streets."

  • permalien K. :
    10 mai @20h04   « »

    Vers la guerre civile ?

    - Khalil (membre du bloc parlementaire du mouvement Amal) répond à Saniora : “L’Opposition se retirera mais maintient un état de désobéissance civile au Liban” :

    Critiquant les propos de Siniora qui a déclaré que les deux résolutions n’ont pas été encore officiellement publiées, le député du mouvement Amal a rappelé que le gouvernement avait annoncé que ces deux décisions ont été publiées et dépêchées aux Nations Unies.

    - “Le Hezbollah accuse « la milice de Joumblatt » d’avoir exécuté 2 de ses partisans” dans le Chouf :

    Dans un communiqué du bureau de relation publique du mouvement chiite Hezbollah, on indique que « des éléments de la milice de Walid Joumblatt » auraient enlevé 3 membres du Hezbollah dont 2 auraient été retrouvés exécutés par balle puis égorgés. Selon le même communiqué, le sort du 3ème membre de la milice chiite serait pour le moment inconnu.

    Le mouvement chiite, qualifiant ce crime de monstrueux, appelle le député druze Walid Joumblatt a faire la lumière sur le sort de ce dernier homme.

    Une conférence de Presse a été tenue par Joumblatt il y a quelques minutes, qui a déclaré ne pas etre au courant “des 3 morts” du Hezbollah. Il demande à l’armée de se saisir de l’affaire et déclare qu’il ne s’opposerait pas à l’arrestation des éventuels coupables.

    L’intervention a mis le feu aux poudres coté Hezbollah à cause du fait que Joumblatt ait parlé de “3 morts” ce qui prouverait qu’il serait parfaitement au courant de l’affaire. Il vaudrait mieux que le troisième ne soit pas découvert mort.

    Le ministre de l’information, Aridi, également membre du PSP, s’est empressé après l’intervention de Joumblatt, de rectifier les propos de son patron.

    Un flash parle d’enlèvements de véhicules de transports publics (chargés de passagers) dans le Chouf.

  • permalien K. :
    10 mai @20h22   « »

    - Depuis le Koweit ou il s’est rendu aujoud’hui, le député Saad Hariri a indiqué accepter la décision de l’armée de révocation des décisions gouvernementales.

    - Le député druze Walid Joumblatt a indiqué accepter la décision de l’armée libanaise de révoquer les mesures adoptées au gouvernement à l’encontre du responsable de l’aéroport et du réseau de communication du Hezbollah.

    Et d’officialiser leur annulation auprès de l’ONU ? Espérons que ce ne soit pas une partie de fumisterie.

  • permalien K. :
    10 mai @20h27   « »

    Les véhicules de transports publics auraient été relachés selon la TV “Pan-arabe” ANB.

  • permalien Pierre :
    10 mai @20h29   « »

    Liban : L’armée libanaise révoque les décisions du gouvernement

    Premièrement, l’armée indique, étant données que les deux résolutions ne sont pas encore officiellement publiées par le gouvernement libanais, qu’elle estime maintenir le chef de la sûreté général de l’aéroport le colonel Wafik Choucair dans son poste jusqu’à ce que les décisions techniques et juridiques soient prises à son égard à la fin des investigations, pour la sauvegarde de la sécurité de l’aéroport et des citoyens libanais.

    Deuxièmement, en ce qui concerne le réseau de télécommunications privé du Hezbollah, l’armée libanaise décide de l’annulation de la décision de démantèlement de ce réseau et indique vouloir mener une enquête sur les armes du signal du Hezbollah, et veiller à ce que cela ne porte atteinte ni aux intérêts publics ni aux intérêts de la Résistance.

    Troisièmement, le commandement de l’armée exige que la situation normale reprenne au pays, que les hommes armés soient retirés des rues de Beyrouth et des autres régions où se déroulent les affrontements et que toutes les routes bloquées soient ouvertes de nouveau à la circulation.

  • permalien K. :
    10 mai @20h54   « »

    Pierre, je suis vexé comme un pou :-) : vous ne lisez pas mes posts. À moins que vous ayez une hypothèse ?

    - Parce que vous ne le lirez pas dans Le Monde : Selon la NBN [Amal], des partisans du Courant du Futur au Nord Liban attaquent les domiciles de partisans de l’Opposition libanaise. Le site électronique du Naharnet [pro-gouvenement] indique que le chef du Courant du Futur Saad Hariri appelle ses partisans au calme et à la retenue.

  • permalien K. :
    10 mai @21h03   « »

    @ Pierre : en fait ici

    Joumblatt confirme en fait.

  • permalien Chahid :
    10 mai @22h16   « »

    Le Hezbollah a malheureusement mordu à l’hameçon à un moment très délicat. Il devrait très vite le « vomir »… mais les « réticents » ont déjà basculé vers l’autre camp… La politique du « flagrant délit ». Israël en connaît des choses.

    Le Liban aujourd’hui. Ni sunnites ni chiites, c’est l’armée libanaise la cible.

  • permalien Pierre :
    10 mai @22h55   « »

    @K,

    désolé, mais pour des raisons techniques, (depuis le changement de présentation de blog), j’utilise des alertes sur des messages plus longs, maintenant que le blog est mis à jour en permanence (les liens sur les côtés et en bas), sinon j’aurais des alertes en permanence.
    - En plus j’ai envoyé coup sur coup 2 posts après le votre,
    - en plus j’ai accédé à cet article par un autre.
    - et enfin je l’ai lu en diagonale en sautant directement au "Premièrement".

    Mais rassurez-vous, je lis toujours vos posts avec grand intérêt, car ils me montrent les évènements avec une sensibilité et une perception différentes des miennes, c’est très enrichissant et en plus vous êtes toujours intéressant.

    Amicalement.

  • permalien said :
    10 mai @23h30   « »

    durant les 15 dernières années ou le Hezbollah infliger aux sionistes des défaites l’une après l’autre ,Mr Walid Joumblat du haut de sa montagne n’a même pas bouger le petit doit pour libérer son pays !peut être qu’il ne voyait pas en l’armée d’occupation un ennemi mais plutôt un allié très chers a lui,qu’ils n’hésitait pas a aller voir en France et Washington pour recevoir ses consignes .peut être c’est pour cela que son propre père le détestait et pour cela aussi qu’il préfère s’allier a Mr Geagea qui vient qui a profité de l’anarchie actuelle pour sortir de sa cellule ou il purger sa peine pour les crimes qu’il infligé au peuple libanais

  • permalien K. :
    11 mai @00h06   « »

    Contre-Info donne une analyse intéressante, après un rappel qui semble-t-il a besoin d’etre tout le temps rappelé :

    Le réseau téléphonique du Hezbollah, partie intégrante de la chaine de commandement de la branche armée de la milice chiite, lui permet de garantir la confidentialité de ses communications -en temps de guerre comme en temps de paix - au grand dam, on s’en doute, des services israéliens et américains qui rêvent de casser ce mouvement de résistance qui persiste à s’opposer à leur vision d’un Grand Moyen Orient réduit à un ensemble d’états-clients dociles ne songeant pas à remettre en cause la suprématie et les intérêts de Washington et de son allié indéfectible dans la région.

    Ensuite, le bon sens le plus élémentaire (mais il est vrai que c’est souvent moins une question de bon sens que de fumiste et de faux-cul) : entre deux maux, masochisme mis à part, on choisit toujours le moindre :

    Vouloir s’en prendre à ce dispositif stratégique pour l’organisation chiite ne pouvait que provoquer sa réaction et conduire aux affrontements auxquels nous assistons depuis trois jours.

    Quant à ce que disent les larbins journaleux des Saoud (Hezbollah : The End of a Legend), on verra bien.

    Quoi qu’il en soit, Alain Joxe affirme que les Libanais chiites “n’ont nulle intention de connaître le sort interminable des réfugiés Palestiniens des camps : « plutôt mourir ».” Et c’est bien cela qui risquerait d’arriver vu les plaisantins qui mènent le pays : Messieurs les sionistes on vous offre le Sud puis “Business as usual”.

  • permalien Zulfikar :
    11 mai @01h32   « »

    Bonsoir à tous,

    - Sur le Liban : il semblerait que c’est Walid Joumblatt qui ait effectivement pousser le Premier ministre Fouad Saniora à promulguer les 2 décrets si controversés à propos du réseau téléphonique du Hezbollah ; Fouad Saniora aurait, durant son entretien avec Joumblatt, été opposé à cette initiative car il ne voyait pas qui serait en mesure de l’appliquer. Joumblatt aurait alors menacé de démissionner, ce qui aurait, bien évidemement, fait voler la majorité parlementaire et le gouvernement libanais en éclats. Il semblerait donc que toute " cette lubie", qui a provoqué des dizaines de morts, soit le fait d’un maître-chanteur irresponsable...Et nous sommes polis.

    - Sur la Palestine : selon le quotidien saoudien, Al Okaz, Bush devrait déclarer, lors de son discours prévu à la Knesset, Israel comme Etat juif, ce qui impliquerait l’annulation pur et simple du droit de retour des réfugiés palestiniens.

    Les sources d’Al-Okaz émaneraient de haut officiels américains. Le discours de Bush serait une nouvelle déclaration Balfour.

    A titre personnel, je n’ai jamais vu une politique étrangère aussi criminelle et aussi débile.

  • permalien K. :
    11 mai @02h42   « »

    - C’est là la malédiction - la folie profonde - des politiques de conquête et de domination écrit Contre-Info dans le dernier lien. Illustration : Plus de 43 000 soldats américains en Irak et Afghanistan seraient "inaptes" au combat.

    - Les Infos cachées du Monde : on ne saura jamais que « l’opposition poursuivrait son mouvement de "désobéissance civile" » parce que Saniora, “de-la-majorité-anti-syrienne”, a menti en prétendant ne pas avoir publié les deux fameuses décisions de son gouvernement à l’encontre du Hezbollah.

    - En prenant les armes contre la majorité antisyrienne, le Hezbollah a trahi son engagement de ne pas intervenir militairement dans les affaires intérieures libanaises, explique Mouna Naïm, correspondante du "Monde" à Beyrouth, pour qui il est "très difficile" de comprendre le projet politique qui sous-tend cette soudaine offensive.

    - Avraham Burg : « Le temps ne joue pas en faveur d’Israël. Pas du tout. »

  • permalien Zulfikar :
    11 mai @11h35   « »

    Cher K.,

    Concernant Mouna Naïm : je peux t’assurer que son entourage familial ne partage pas du tout ses opinions. Bien au contraire.

    Très amicalement.

  • permalien K. :
    11 mai @12h02   « »

    @ Zulfikar

    Merci pour le renseignement.

    Le plus désolant est que cette dame ne pratiquait pas du tout son métier de cette manière ; comme souvent ce n’est pas une question d’incompétence.

  • permalien Daniel :
    11 mai @13h40   « »
  • permalien K. :
    11 mai @13h43   « »

    Affrontements entre le PSP de Joumblatt et le Hezbollah dans le Chouf (“fief” de Joumblatt).

  • permalien K. :
    11 mai @15h14   « »

    - Berri à Saniora concernant la “révocation” des décisions contre le Hezbollah, faussement déclarées non publiées : Vivrais-tu dans le pays des Merveilles ? (selon Al Akhbar) :

    ..the government took the decisions and only the government can revoke them while the army can only comply. Birri announced : “these decisions can only be cancelled by similar decisions. Do not try to maneuver legally...”

    - Mouna Naïm (En prenant les armes contre la majorité antisyrienne, le Hezbollah a trahi son engagement de ne pas intervenir militairement dans les affaires intérieures libanaises, explique Mouna Naïm), et les “leaders du 14 Mars” (Some government leaders were already accusing the Shiite group of betraying its promise to use its weapons only against Israel) utilisent pratiquement les mêmes mots pour qualifier le comportement du Hezbollah apprend-t-on Grâce au NYT.

    Le NYT ajoute que le 14 Mars est "le vainqueur moral de la confrontation pour avoir refuser l’engrenage de la violence"

    - Joshua Landis après lecture de l’article du NYT est dégoûté : The spin has begun (“les manipulations ont commencé”). Et voit les choses autrement :

    By pulling back from the city it so easily conquered and by turning over its strategic centers to the Lebanese army, Hizbullah has been gracious in victory.

    It has not pressed its superior hand, putting paid to the irresponsible claim that Hizbullah wants to impose an Iranian-style, Islamic mullocracy on Lebanon’s Christians and Sunnis. On the contrary, it can be argued, Hizbullah is trying to broker the type of power-sharing government that the US would only be too eager to see emerge in divided Baghdad.

    Et il avertit :

    It is surprising to hear that Hizbullah is not demanding more in exchange for its withdrawal. It accepted to return to the "status quo ante" on rather easy terms. The next few days will clarify whether it is not demanding more.

  • permalien K. :
    11 mai @15h17   « »
  • permalien Hassan :
    11 mai @15h58   « »

    "qualifier l’opposition de simple pion syrien est difficile quand on sait que Michel Aoun fut le principal opposant à la présence syrienne, à l’époque où Rafic Hariri, Samir Geagea et Amine Gemayel (mais aussi Nebih Berri et le Hezbollah) acceptaient cette présence syrienne "

    Samir Geagea prosyrien ? est-ce bien le même homme qui a passé plus de 10 ans en prison pour s’être opposé à la mainmise de la Syrie sur le Liban ? Quant à Aoun, on sait aujourd’hui qu’il est devenu "antisyrien" lorsque la Syrie a choisi un autre candidat que lui à la présidence. Aujourd’hui que le Hezbollah, allié de la Syrie, en a fait son candidat à la présidence, Aoun est prosyrien. Rien de bien compliqué à cela (on se demande d’ailleurs pourquoi Joumblatt qui était allié de la Syrie peut désormais être qualifié d’antisyrien tandis qu’Aoun qui a été antisyrien ne pourrait pas être devenu pro-... les renversements d’alliance, cela existe !)

  • permalien Chakazoulou :
    11 mai @16h58   « »

    Malheureusement, nous assistons a un debut de guerre civile.

    Je voudrais juste mentionner qu- -a mon sens-, le Hezb a cesse d’etre un mouvement de resistance le jour ou il a mis les pieds dans les sables mouvantes de la politique libanaise. Des deux cotes de l’eventail politique, on ne voit que des alliances contre nature. Pour le non libanais que je suis, voir un feodal se procalamnt socialiste et fils d’un authentique dirigeant nationaliste main dans la main avec un ex chef de milice fasciste ; ou voir un chef d’un mouvement de resistance main dans la main avec un chef de milice hisse au perchoir du parlement ou l’allie d’un gneral felon, c’est completemnt surrealiste. Cela n’arrive qu’au Liban !

    En lachant ses miliciens sur Beyrouth Ouest, Hassan Nassrallah a commis la la pire erreur de l’existence du Hezb. Il est certain maintenant d’avoir sur le dos et pour des generations tous les sunnites, qui ont de tout temps etes les principaux partisans de la cause nationaliste arabe et palestinnienne. LDes generations futures vont maudire le Hezb et son dirigeant Hassan Narallah pour avoir ete le declencheur de la nouvelle guerre civile.

    On peut reoprocher beaucoup de choses au gouvernement Seniora, comme ses accointances avec les USA, la France, l’Arabie ou la Jordanie ; ou meme le fait d’avoir provoque la reaction du Hezbollah avec ses deux decisions -discutables- ; mais la reponsabilite de la guerre incombera pour toujours au Hezb.

    le Hezbollah a desormais cesse d’etre un mouvement de resistance, c’est une milice comme une autre qui pille, terrorise, tue et brule les sieges des organes de presse. C’est bien dommage pour tous ceux -comme moi- croyaient dur comme fer, que seule le Hezb a constitue le veritable rempart contre l’ennemi agresseur de toujours l’armee d’Israel.

    Cordialement

  • permalien K. :
    11 mai @17h32   « »

    16h23 : Combats dans la région de Choueifat à proximité de la banlieue Sud de Beyrouth entre combattants du Hezbollah et du PSP de Walid Joumblatt - Combats à Kmatiyé et Ein Anoub, Eitan Keyfoun [CHOUF]

    16h 32 : Sur les ondes de la chaine libanaise LBCI, le député druze Walid Joumblatt a indiqué demander au président de la chambre des députés Nabih Berri et à l’ancien député Talal Arslan de tenter une médiation pour l’obtention du déploiement de l’armée libanaise dans la région du Chouf, suite aux combats entre miliciens chiites et druzes à Aley et Choueifait. Le député a également demandé à ses hommes de préserver la paix civile avec la communauté chiite.

    16h55 : Selon la LBC, les partisans du PSP livrent leurs armes et leurs bureaux à Choueifat entre les mains de l’armée.

    17:02 : Le ministre de l’Information [et lieutenant de Joumblatt] M. Ghazy Aridi a décrit ce qui se passe aujourd’hui au Chouf de très grave, craignant que ces combats entraînent le Liban dans une guerre civile sans fin. Formulant que les efforts déployés par l’émir Talal Arslan comme médiateur avec le Hezbollah puissent réussir, Aridi a assuré que les contacts entre le chef du PSP Walid Joumblatt et le président de la Chambre M. Nabih Berri sont en cours depuis le début des conflits.

    17:22 : En réponse aux déclarations du chef du Rassemblement Démocratique [bloc parlementaire de Joumblatt] M. Walid Joumblatt, l’émir Talal Arslan s’est déclaré, depuis la chaîne Al-Manar, tout à fait d’accord avec Joumblatt et sa proposition de remettre les bureaux du PSP entre les mains de l’armée libanaise.

    - 17h 50 : Les combattants de la majorité et de l’opposition ont conclu un cessez le feu devant entrer en vigueur à 18h dans les régions du Chouf et de Choueifait.

  • permalien K. :
    11 mai @17h41   « »

    17h 50 : Les combattants de la majorité et de l’opposition ont conclu un cessez le feu devant entrer en vigueur à 18h dans les régions du Chouf et de Choueifait.

  • permalien K. :
    11 mai @17h50   « »

    Talal Arslan est un membre druze de l’opposition qui avait déclaré il y a quelques jours que toute menace physique contre Joumblatt serait considée comme une menace contre sa propre personne.

  • permalien K. :
    11 mai @18h12   « »

    @ Chakazoulou

    1- Quel est le plus important à vos yeux : le fait que Nasrallah ait “laché ses miliciens sur Beyrouth Ouest”, ou “d’avoir été le déclencheur de la nouvelle guerre civile.” [nous espérons ici que la “guerre civile” s’arretera rapidement]

    2- À part crever, avec panache certes, mais crever quand meme, avec le danger de voir les terres ou résident leur familles offerts gracieusement par les civilisés à Israel, qu’aurait du faire le Hezbollah pour empecher qu’on lui coupe son réseau téléphonique ?

    3- “le Hezbollah (..) est une milice comme une autre qui pille, terrorise, tue et brule les sieges des organes de presse.” Un conseil amical, arrétez de regarder Al Arabiya, c’est abrutissant.

  • permalien sylvain :
    11 mai @18h19   « »

    Quelle analys(t)e indépendant(e) en français permet de savoir si oui ou non Hariri et Joublatt sont volontairement ou non, et jusqu’à quel point, par delà leur ambitions politiques personnelles et leurs intérêts financiers, des pions d’Israël d’une part, des USA d’autre part ?

    Par ailleurs y-a-t-il,en pratique, plusieurs significations possibles au qualificatif (vite employé) de "pro-syrien"

    Merci

  • permalien Zulfikar :
    11 mai @18h45   « »

    Quelle analys(t)e indépendant(e) en français permet de savoir si oui ou non Hariri et Joublatt sont volontairement ou non, et jusqu’à quel point, par delà leur ambitions politiques personnelles et leurs intérêts financiers, des pions d’Israël d’une part, des USA d’autre part ?

    On peut juger soi-même en fonction du discours et du champ sémantique qu’emploie les différents protagonistes. Pour ce qui est de Joumblatt, il est assez proche de celui des néocons de l’administration américaine.

    Le père de Walid Joumblatt, était feu Kamal Joumblatt, qui était une sorte de porte-parole de tous les Libanais progressistes et laïques. Son parti était multi-confessionnel. Kamal Joumblatt était un homme d’envergure mondiale : il fut reçu par Mao Zedong, par Jawaharlal Nehru, par Gamal Abdel Nasser - par tous les grands leaders de la Conférence de Bandung de 1955 qui marqua l’entrée du Tiers-Monde dans la scène internationale et des pays non-alignés. Ça c’était Kamal Joumblatt.

    Le fils, Walid "Bey" reçoit ses ordres de Dick Cheney. Il n’en faut pas plus, je crois, pour comprendre. Un peu d’histoire et d’analyse de discours.

    Amicalement.

  • permalien yasmina :
    11 mai @18h58   « »

    je suis dégoutée par certains commentaires. les gens du Hizb sont les meilleurs, les plus courageux les plus stoiques, les plus magnanimes car ils ont toujours pardonnés les offenses les plus aptes à défendre le pays m^me contre les traites de l’interieur, les allies des sionistes,les jumblat et consort.

    J’ai vu la conférences de presse de Nasrallah : il était calme, souriant, parfois ironique mais ferme et determiné, toujours rassurant. Il a trs bien expliqué la situation, comment son parti et les combattants/resistants sont attaqués et qu’il se doit maintenant de riposter pour se defendre . On sentait sa poigne et le patron qui sait ce qu’il fait et qui fera ce qu’il faut pour remettre les choses dans les rails.

    Ausitot fini sa conférence de presse : c’est Saad hariri qui lui réponds : nerveux, les yeux cernes, l’air hagard, lisant un texte ecrit par d’autres, butant sur les mots, etonnés de s’entendre lire ce qu’il lisait( c’est l’impression qui’il m’a donne) car c’est d’inseolance à l’égard de Nasrallah , lui donnant des ordres m^me et déformants la réalité. un pur tissu de mensonges et de propagande. j’ai eu honte pour lui. Une piètre carricature de son père envers qui j’avais beaucoup d’admiration ( je l’ai personnellement rencontré deux fois pour organiser sous son patronage une manifestation en 2004 au BIEL à beyrouth). Ce qui me fait encore plus mal : pourquoi Saad hariri ne comprends pas que son allié naturel est le Hizb ! Pourquoi, diable s’est- il embarqué dans cette galère !

    n’ayez craite tant que c’est Nasrallah le patron, il ny à pas de guerre civile, ni de conflit sunnite-chiite comme les medias nous expliquent à longueur de commentaires, tres orientés et qui ne reflettent pas la réalité sur terrain.

  • permalien Zulfikar :
    11 mai @19h21   « »

    @ Yasmina,

    je l’ai personnellement rencontré deux fois pour organiser sous son patronage une manifestation en 2004 au BIEL à beyrouth).

    C’est drôle, j’étais à Beyrouth à ce moment là - j’y suis resté plusieurs mois. Dommage que le blog d’Alain Gresh n’existait pas à l’époque...Et j’aurais eu la chance de faire ta connaissance.

    Bises [conformément à la ... :) ]

    Très amicalement.

  • permalien yasmina :
    11 mai @19h52   « »

    oui cher Zulfikar. Dommage mais une autre fois peut etre quand le calme sera revenu ce dont je ne doute pas une seconde.

    pour revenir à Rafik Hariri que Dieu lui accorde sa miséricorde, je suis e plus en plus convaincu qu’"on " l’a assasiné pour mettre à nu le Hizd afin de le casser et faire oublier toute idée de resistance. Tant que Rafik Hariri était en vie, il a toujours défendu la résistance et a toujours utilisé sa stature internationale pour la défendre et lui éviter l’appelation de "milice terroriste" et qu’elle soit mise sur la liste des terroristes. Vous souvez- vous du sommet de la francophonie tenu à Beyrouth en 2002 ?? Rafik Hariri était alors premier ministre recevant les presidents dont Chirac en grande pompe . Hassan Nasrallah était invité et assis au premier rang à coté de Hariri lors des conferences et autre manifestations.( je me souviens que le premier ministre du Canada a été interpelé par ses opposants car il a serré la main à Hassan Nasrallah) Mon Dieu, comme cette époque me parait lointaine..

  • permalien Chakazoulou :
    11 mai @20h02   « »

    @ K

    Ci dessous mes reponses :

    Question N 1 : Quel est le plus important à vos yeux : le fait que Nasrallah ait “laché ses miliciens sur Beyrouth Ouest”, ou “d’avoir été le déclencheur de la nouvelle guerre civile.” [nous espérons ici que la “guerre civile” s’arretera rapidement]

    Quelle difference ? ce sont ces miliciens qui ont ete laches les premiers a Beyrouth en compagnie de ceux du mouvement Amal et qui ont ont ete les declencheurs de la guerre civile.

    Il suffisait de voir leur accoutrement pour se rememorer les "vaillants miliciens" de la guerre civile de 1975-1989 ou ceux de Charles Taylor.

    Ce qui s’est passe lors de l’enterrement de ce jeune de "tariq jdida" n’aurait jamais eu lieu s’il n’y avait pas eu cette "sortie" des miliciens de l’opposition.

    Question N 2- À part crever, avec panache certes, mais crever quand meme, avec le danger de voir les terres ou résident leur familles offerts gracieusement par les civilisés à Israel, qu’aurait du faire le Hezbollah pour empecher qu’on lui coupe son réseau téléphonique ?

    La survie du Hezbollah dependait donc du reseau telephonique ? personne n’aurait pu s’attaquer a leur reseau et surtout pas l’armee. Ils font ce qu’ils veulent et personne ne peut les en empecher. Le reseau et cet officer ont servi de pretexte a cette debauche de haine, comme l’enelevement des deux soldats a servi de pretexte a Israel pour pilloner le Liban et punir de maniere collective le peuple libanais.

    Quesation N 3- “le Hezbollah (..) est une milice comme une autre qui pille, terrorise, tue et brule les sieges des organes de presse.” Un conseil amical, arrétez de regarder Al Arabiya, c’est abrutissant

    Qui a saccage les locaux du jouranl "Al Moustaqbal" ? Qui a terrorise les journalistes du Future ? Meme si ce sont les miliciens du PNSS qui sont passes a l’acyte, rien ne se serait passe si le Hezb avait protege les biens.

    J’ai telephone a quelques amis libanais aussi bien a l’etranger qu’a Beyrouth pour m’enquerir de l’etat de leurs familles. Ils vivent terres chez eux, effrayes. ce sont de simples citoyens qui n’ont jamais touche une arme ! Ce n’est pas de la terreur.

    Question pour question : qui a saccage les locaux de la fondation Hariri ? ou est ce une vue de l’esprit ?

    Si ce n’est pas le regne de la terreur, alors c’est quoi ?

    Je sais que l’autre bord, les exactions contre l’opposition a Tripoli doivent etre nombreuses, je n’en doute guere. Rien n’excuse aucune exaction contre des civils ou la terreur. Cela n’a ete possible que grace a la decalration de guerre de Hassan Nasrallah passe du statut de "Chef de la resistance" a celui de "chef de milice" Il a rejoint en cela Geagea, Berri et Joumblatt

    Merci pour le conseil sur Arabiya. Je crois avoir depasse l’age de recevoir des lecons ; occupez vous de vos lectures et chaines TV, je m’occupe des miennes. Si "Al Manar" rend intelligent, il faudrait la prescrire a tous !

  • permalien K. :
    11 mai @20h20   « »

    Rami Zurayk du blog Land and People révélé plus haut par Yann :

    Voila ce que j’ai à dire au sujet de la dernière série de discours politiques au Liban : Nasrallah parle comme si il n’y a pas d’avenir, mais Joumblatt, Hariri et Sanioura (JHS) parlent comme s’il n’y avait pas de passé.

    Pour Nasrallah, les performances et les actions passées des loyalistes est le seul point de référence. Le passé (?) de collusion de certains d’entre eux avec Israël, leur alliance actuelle avec les États-Unis et l’intersection de certaines de leurs positions avec l’agenda israélien, ainsi que l’incapacité de l’État libanais à libérer le Sud et à protéger la résistance semblent être la seule unité de mesure.

    D’autre part, les discours du trio JHS sont délivrés comme si le passé n’existait pas, comme si la résistance n’était pas sous la menace d’élimination physique par les plus proches alliés des loyalistes, comme si des membres des loyalistes n’avaient pas détruit Beyrouth de nombreuses fois et invité et appuyé les Israéliens quand ils avaient envahi le Liban, comme s’il n’y avait pas eu un certain nombre de jeunes tués par les voyous du Mouvement du Futur à Tarik Jadideh et Ard Jalloul, comme s’il n’y avait pas eu de milices du Mouvement du Futur à Beyrouth venues du Nord (..) ou de milices du PSP (Joumblatt qui a assassiné des opposants politiques druzes dans la montagne), et comme si l’Etat était tout-puissant, appartenait à tous ses citoyens, et était capable d’étendre son autorité sur les 4 coins du pays et de contrecarrer l’agenda israélien.

    Lorsque vous commencez de si loin les uns des autres, le prochain arrêt est Xanadu, comme le dirait mon ami Anna. La première chose que ces gars-là devraient faire, c’est de passer dans le même fuseau horaire. C’est s’ils veulent trouver un moyen de s’en sortir.

  • permalien Zulfikar :
    11 mai @20h43   « »

    @Yasmina,

    oui, je me souviens de cette époque - le sommet de la francophonie en 2002.

    Pour ce qui est de l’assassinat de Hariri, il y a également une thèse soutenue par le journaliste américain indépendant Wayne Madsen, selon laquelle Hariri aurait été assassiné car il aurait refusé aux Américains la construction d’une base militaire US au Nord du Liban.

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