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Le « bling-bling » humanitaire frappe (aussi) la Birmanie

dimanche 18 mai 2008, par Martine Bulard

Accusant la junte militaire birmane de « crimes contre l’humanité », M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, réclame une « intervention humanitaire » immédiate. Jamais en retard d’une opération médiatique, le ministre a sans doute, comme Bernard-Henri Lévy, cette « nostalgie du temps où la France inventait, et imposait au monde, le droit et le devoir d’ingérence » (bloc-notes du Point, n° 1861, 15 mai 2008). Heureux temps où M. Kouchner débarquait à Mogadiscio, en Somalie, sac de riz sur le dos, accompagné par les caméras de télévision, telle une star montant les marches du Festival de Cannes. C’était en décembre 1992. On connaît les conséquences dramatiques de ces opérations humanitaro-militaires à grand spectacle.

Il est vrai que le ministre connaît fort bien la Birmanie. Voici peu, il s’était transformé en enquêteur (rétribué) pour le groupe pétrolier Total, accusé d’accepter le « travail forcé » de prisonniers, voire d’enfants, pour la construction et le fonctionnement d’un gazoduc dont il assure l’exploitation. M. Kouchner n’a rien vu, sauf les bienfaits apportés par le pétrolier, largement détaillés dans son rapport, « Relation d’un voyage et de la découverte d’une industrie muette » (BK Conseil, 29 septembre 2003). Avec cette caution morale, Total a pu continuer ses affaires birmanes comme si de rien n’était.

Que l’on soit ému par les rares images qui nous parviennent de Birmanie, c’est normal. Comme l’a écrit ici même Mira Kamdar, la junte militaire est à la fois paranoïaque et corrompue. Les généraux au pouvoir veulent à la fois limiter les coopérations étrangères qui perturbent leurs plans et s’approprier une partie de l’aide.

Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), le typhon a fait au moins 133 000 morts ; plus de deux millions de personnes survivent dans des conditions extrêmement difficiles, car la majorité n’a reçu aucun secours, sauf l’entraide des populations et des rares migrants qui ont pu rentrer. Certaines organisations internationales comme la Croix-Rouge, Médecins sans frontières, World Vision, et des agences de l’ONU – présentes avant le désastre - ont pu commencer à travailler. Mais, pour les organisations arrivées depuis, les autorisations ne sont délivrées qu’au compte-gouttes, alors que la vie de millions de personnes est en jeu. Ignoble. Chacun aimerait voir cette clique militaire éjectée du pouvoir. Faut-il pour autant croire à l’efficacité d’une éventuelle intervention militaire ?

Même les éditorialistes américains les moins enclins à excuser les dirigeants birmans émettent quelques doutes, tel Robert D. Kaplan, dans l’International Herald Tribune. Sous le titre : « L’aide au bout du fusil », Kaplan salue l’initiative de M. Kouchner, et détaille les capacités de la marine américaine, justement présente près des côtes de la Thaïlande, où sont menés les exercices militaires communs dans le cadre de l’opération « Cobra d’or ». Intervenir, écrit-il, « c’est militairement possible. Mais comme on n’est jamais sûr qu’une opération se déroulera sans encombre, il est indispensable que les Etats-Unis réalisent cette mission uniquement dans le cadre d’une coalition, incluant la France, l’Australie et les autres puissances occidentales. Bien sûr, il serait mieux d’avoir l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU, mais la Chine – la meilleure amie de la junte – mettrait probablement son veto ».

L’analyse est réaliste. Il reste que la Chine, comme il le précise, « serait alors dans une situation diplomatique inconfortable, ainsi que l’Inde, la Thaïlande et dans une moindre mesure Singapour ». On ne le dit jamais dans les médias français, qui se focalisent sur Pékin. Mais « la Chine comme l’Inde ont investi dans l’élargissement de ports et l’exploitation des hydrocarbures de Birmanie. Le gouvernement démocratique de la Thaïlande s’est rapproché de la junte pour faire des affaires [à elle seule, elle absorbe 40 % des exportations birmanes]. Singapour est suspecté de servir de banquier aux généraux ». Tous ces pays, précise Kaplan, n’apprécient guère les leçons de morale de l’Amérique. C’est un euphémisme.

« Néanmoins, le désastre [engendré par le cyclone] offre une opportunité pour Washington » , notamment la possibilité de faire pression sur Pékin, et même de conduire « à l’écroulement du régime birman ». Et après ? L’opposition et le parti de Mme Aung San Suu Kyi, souligne Kaplan, apparaissent « désorganisés ». Le pays comprend de nombreuses minorités ethniques dont la cohabitation peut s’avérer difficile. « L’invasion humanitaire », comme il l’appelle, « semble une décision morale simple : aider les survivants du cyclone. Mais la libération de l’Irak du Staline arabe semblait aussi simple et morale. (…) L’envoi de soldats est la partie facile ; une fois réalisée, il faut alors réparer les dégâts. »

Le coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, M. John Holmes, a rejeté toute idée d’invasion, fût-elle humanitaire. « Je ne pense pas, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, qu’il serait utile, pour la population, d’envahir la Birmanie à ce stade (…) Si le pays avait refusé totalement l’assistance, cela aurait été une autre question. » La coordination est « plus lente qu’elle n’aurait été dans l’idéal », ce qui peut alimenter des « frustrations », a-t-il assuré un peu plus tard. Sur les deux cents personnes que l’ONU souhaitait déployer, seules cent ont reçu l’autorisation d’agir ; plus généralement, les organisations doivent, au pied levé, remplacer leurs intervenants qualifiés par du personnel local qui ne l’est pas forcément ; l’encadrement fait souvent défaut. Toutefois, M. Holmes est formel : « Il n’est pas utile d’entrer dans un mode de confrontation. » Cela compliquerait même la situation, en retardant un peu plus les aides.

Pas d’autre choix que de négocier, négocier encore et en appeler à la mobilisation des membres de l’Association des pays d’Asie du Sud-Est (Anase, ou Asean en anglais, qui comprend la Birmanie, Brunei, l’Indonésie, le Cambodge, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam). Le 13 mai, l’association a décidé de former une « coalition de la compassion » pour aider la Birmanie. « Nous travaillons à ancrer des rapports de confiance », a expliqué M. Surin Pitsuwan, le secrétaire général de l’Anase. Une équipe d’experts (formée de ressortissants des pays de l’association) a pu obtenir des visas. Plus lentes, ces voies, qui mêlent pressions, dialogue et action, sont certainement plus efficaces que les mouvements de menton et autres déclarations de va-t-en-guerre, dont on sait qu’elles ne seront jamais mises en œuvre. Fort heureusement d’ailleurs.

Une fois de plus, Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières et professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), a mis en garde contre les débordements verbaux, dans un entretien à Sud Ouest du 15 mai 2008. « Afin d’être utiles, déclare-t-il, il faut conserver une vision rationnelle, ce qui n’est guère apprécié dans ce genre de situation, où l’émotion prend le pas sur les autres considérations. J’ai été stupéfié de voir resurgir dans Le Monde, sous la plume de Bernard Kouchner et de son collègue anglais David Miliband, ce vieux mythe des épidémies mortelles qui seraient causées par les inondations. Il est pourtant médecin et bien informé sur ce genre de situation... Ma réaction a été la stupéfaction : c’est le poncif le plus éculé. Déjà, après le tsunami, cela avait été un enjeu énorme, j’avais eu l’occasion de dire qu’il ne fallait pas envoyer d’équipes médicales ou de vaccins, mais que les gens avaient davantage besoin de moyens de transport, de déblaiement et de terrassement. L’urgence n’est pas vitale. La plupart des secours immédiats sont assurés par le voisinage. Il faut aider les gens à s’abriter temporairement, les aider à se nourrir, à avoir de l’eau potable. (…) Comme chaque fois, [la dramatisation] permet de répondre avec des airs de flic ou de surveillant général qui me sidèrent. On a l’impression que notre ministre des affaires étrangères rappelle à l’ordre avec son gros bâton ceux qu’il considère comme de mauvais élèves. On veut se donner des airs de justicier sauveur dans un contexte où le gouvernement birman, par ailleurs criminel et corrompu, ne mérite aucune complaisance.  » De plus, note Brauman, « en Birmanie autant qu’en Chine les incursions occidentales ont laissé des souvenirs cuisants. Notre mémoire en privilégie certains aspects. En Asie, la mémoire en privilégie d’autres. Prétendre ignorer ce passé, c’est nous condamner à une incompréhension ».

En d’autres circonstances – la répression par la junte des manifestations des moines bouddhistes en septembre 2007 –, le spécialiste Renaud Egreteau mettait, lui aussi, en garde contre les solutions qui apparaissent simples et peuvent se révéler dangereuses. Rappelant que l’armée est au cœur du pays – et pas seulement depuis l’arrivée de la junte -, il écrivait dans Le Monde du 29 septembre 2007, sous le titre « Quelle transition en Birmanie? » : « L ’armée ne peut pas être écartée du processus de transition ; de la même manière que l’opposition civile incarnée par Aung San Suu Kyi et les minorités ethniques (insurgées ou non) ne peut être marginalisée. (…) Pousser la population birmane, les étudiants, les bonzes et les militants pro démocratie à se révolter dans leur pays sans leur apporter un soutien extérieur concret, immédiat et autre que symbolique ne permettra pas d’accélérer le processus de transition, mais accentuera le désespoir d’un peuple qui se sentira abandonné de l’extérieur une fois la répression achevée.

Ainsi, soit la communauté internationale intervient directement dans les affaires birmanes en optant pour un scénario d’ingérence semblable à ceux proposés au Kosovo, au Timor ou en Afghanistan, ce qui est peu probable. Soit elle choisit de faciliter le dialogue et la réconciliation dans le pays, et, dans ce cas, n’en appelle pas au renversement de l’armée birmane, mais plutôt à l’établissement d’un dialogue, ce que de nombreux bonzes, militants et manifestants ont scandé depuis plusieurs jours dans les rues de Rangoun. Appeler le régime militaire à dialoguer ne suffit pas, il faut être aussi prêt, de son côté, à accepter de le rencontrer. Ostraciser un régime xénophobe qui se complaît dans son isolationnisme est une erreur diplomatique. Le dialogue ne signifie pas le soutien idéologique, loin de là. L’instauration d’une démocratie en Birmanie passe d’abord par une réconciliation entre l’armée et son peuple, mais aussi par une nouvelle approche de la communauté internationale.  »

Dans Le Monde diplomatique, Renaud Egreteau était encore plus explicite : « Une transition politique passe par de nombreuses concessions, de la part de toutes les parties en présence – junte, opposition civile birmane, minorités ethniques, “communauté internationale” –, et non par une simple rébellion de rue, fût-elle guidée par les moines bouddhistes. » (« Pas de “révolution safran” en Birmanie », novembre 2007.) Voilà qui devrait être médité par tous ceux qui veulent (vraiment) aider les Birmans.

A la découverte de la Chine Retour à la table des matières

Ceux qui jusqu’à présent mettaient un trait d’égalité entre la Chine et la Birmanie, chacune livrée à la dictature, sont un peu pris de cours. Ils doivent reconnaître que Pékin ouvre ses portes, que les journalistes chinois peuvent faire leur travail avec professionnalisme (ce qui ne s’improvise pas), et que les secours sont correctement organisés. Que le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao en profitent pour redorer leur blason après la répression tibétaine – tout comme Carrefour, qui a fait un gros chèque pour les victimes afin de soigner son image auprès des consommateurs chinois –, c’est évident. Quelles que soient les motivations, ce qui compte, c’est que cela avance. Et les commentateurs auraient intérêt à regarder la réalité en face plutôt que de rester prisonniers de leurs fantasmes.

Une mention spéciale pour Simon Winchester, l’auteur de The Man Who Loved China et d’une tribune, au demeurant intéressante, publiée dans l’International Herald Tribune (15 mai 2008). Après avoir noté que la Chine fut une grande nation d’innovation et de recherche scientifique (lire à ce propos le chapitre deux de mon livre Chine, Inde, la course du dragon et de l’éléphant, Fayard, 2008), il s’interroge : « Pourquoi est-ce que les Chinois n’ont pas été capables au minimum de contrer les effets des mouvements de la terre - au moins comme peut le faire l’Amérique ? » Il suffit de se rappeler le drame de La Nouvelle-Orléans, après le passage du cyclone Rita, pour comprendre que comparaison n’est décidément pas raison (lire notamment Mike Davis, « A La Nouvelle-Orléans, un capitaliste de catastrophe », Le Monde diplomatique, octobre 2005). Pour une part, on retrouve en Chine comme aux Etats-Unis les mêmes mécanismes qui conduisent à des dégâts considérables : des constructions modernes de peu de qualité, ce que montre d’ailleurs Winchester.

29 commentaires sur « Le “bling-bling” humanitaire frappe (aussi) la Birmanie »

  • permalien Pierre :
    18 mai @20h20   »
    Le « bling bling » humanitaire frappe (aussi) la Birmanie

    Ce qui est frappant dans les images qui proviennent de Chine, l’évolution des commentaires off.

    Immédiatement après l’accident, l’arsenal rhétorique du temps de la révolution culturelle était ressorti de la naphtaline, avec un mépris légèrement condescendant qu’une Édith Cresson n’aurait pas désavoué, alors que les images nous montraient un peuple moderne dans des villes en ruine certes mais modernes.

    Puis le discours s’est voulu “décrypteur”, les sous-entendus appuyés, les images (surement de propagande) qui ne montraient pas de victimes, des responsables qui s’affichaient pour les caméras (ce que les habitants de la Nouvelle Orléans avaient regretté de ne pas voir).

    Le temps pour les journalistes d’arriver au cœur du sinistre et là devant l’énormité de la catastrophe, les artifices sont tombés. Là où la flamme olympique avait échoué, la nature a triomphé, le monde a vu la Chine, mais a quel prix !

    Ce soir au JT, priorité est donnée aux drames personnels, des gens comme nous avec leur immense désespoir, et comme chez la recherche des "responsables" pointe son nez car en Chine aussi la mondialisation a frappé et la judiciarisation de la société avance aussi.

  • permalien Kermarron :
    19 mai @19h08   « »

    Bonjour, Quelles sont vos sources pour l’affaire Total en Birmanie ?

  • permalien Yvan :
    19 mai @19h25   « »

    Le rapport de Bernard Kouchner


    A force d’instrumentaliser l’aide humanitaire, les puissances démocratiques terrorisent les régimes dictatoriaux.

    Pourquoi cette campagne de propagande pour une intervention internationale en Birmanie ? Par Peter Symonds

  • permalien
    19 mai @20h18   « »
    Le « bang-bang » humanitaire frappe (pas encore) la Birmanie

    La schizophrénie des donateurs

    Une ambitieuse conférence sur les bombes à sous-munitions débute à Dublin

    De grands pays producteurs - les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et Israël - sont absents de la conférence. Ils s’opposent toujours à l’interdiction de ces armes encore récemment utilisées en Irak, ou en 2006 au Liban.

  • permalien Diouf :
    21 mai @05h07   « »
    Un train peut en cacher un autre

    N’étant pas médecin, je suis bien reconnaissant à M. Braumann pour ses précisions concernant les risques d’épidémie : si on ne sait pas cela, il est facile de croire au loup. Par contre, je crois que les villages de tente au Sichuan ou en Birmanie restent malgré tout des zones à risque en cas d’épidémie, par exemple de grippe aviaire. Donc on souhaite que ces situations soient le plus transitoires possibles.

  • permalien id :
    21 mai @11h22   « »

    Alors que, nous-mêmes, plus ou moins directement et consciemment, nous sommes les auteurs et les acteurs principaux d’une fratricide, dévastatrice et génocidaire guerre économique mondiale comment ne pas s’interroger quand l’un de nos semblables affirme solennellement que « le régime birman est un crime permanent contre l’humanité ». Autrement dit, tel l’enfant vaniteux refusant catégoriquement de voir ses propres travers nous décrivons avec force et détails les travers de tel ou tel autre.

    En d’autre termes, de l’étude approfondie des dommages causés par la guerre économique mondiale et de l’étude approfondie des dommages causés par les quelques dictatures dispersées sur la surface du globe il ressort nettement que la première est infiniment plus meurtrière* et dévastatrice que les secondes et, partant, que nous avons infiniment plus à redouter de la première que des secondes. Dès lors, il ne s’agit ni de justifier l’immonde ni de travestir l’horreur mais au contraire de cesser de se voiler la face quant à notre propre monstrueuse monstruosité et de courageusement s’y attaquer.

    Bref ! Et cette mille et unième funeste situation et ce mille unième pointage du doigt puéril et a-productif en témoignent, ce n’est plus une poignée d’indices mais un flot ininterrompu de faits bien concrets et rouge sang qui, jour après jour, trahit le démentiel infantilisme de l’humain.

    * entre autres, c’est plus de 7 millions d’enfants (chiffre ONU) qui meurent chaque année des conséquences, plus ou moins directe, de notre guerre économique mondiale, c’est-à-dire des conséquences des rêves puérils et de l’avidité sans nom de l’humain dit « normal ».

    Proposition de contribution scientifiquement fondée à la résolution de problèmes urgents d’importance nationale et internationale : http://www.psy-desir.com/textes/spi...

  • permalien Jean Philippe Demont-Pierot :
    21 mai @18h03   « »

    Vraiment satisfait d’avoir lu cet article et cet échange. L’auteur que je suis du roman "Réchauffement Climatique" titre sans doute avec une certaine ambigüité mais qui évoque de plein pied la Birmanie de Monsieur Kouchner, donc celle de Total, mais aussi la vraie, celle des opposants, des Karen massacrés et d’un peuple tout entier. Dans mon blog, j’ai écrit quelques mots sur Bernard Kouchner, et la question de savoir s’il a le droit de droit de parler de ce pays... Jean Philippe Demont-Pierot http://demontpierot.wordpress.com/

  • permalien Joëlle :
    22 mai @04h41   « »

    En complément de cet excellente analyse, on peut lire :

    Pourquoi cette campagne de propagande

    pour une intervention internationale en Birmanie? : http://internationalnews.over-blog....

    Et :

    Myanmar Cyclone by Sara Flounders (+lien trad.en français) :

    http://internationalnews.over-blog....

  • permalien nicolas zawgyi :
    25 mai @15h19   « »

    Votre raisonnement gagnerait en crédibilité à ne pas s’appuyer sur les analyses d’un partisan des généraux birmans. M. Egreteau que vous citez longuement s’est fendu d’un papier dans Le Monde daté du 16 mai dernier appelant la communauté internationale à reconnaître le referendum en cours en Birmanie. Il nous présentait la chose en soutenant "qu’un score stalinien n’était pas envisageable". Il n’en était pas à sa première et, puisque vous faites référence à ses anciens papiers, il nous présentait aussi (consultable sur http://www.egreteau.com, dans "La junte referme le jeu", P. 22) le général Khin Nyunt, ancien chef de la Military Intelligence et ancien plus gros bénéficiaire birman du business gazier de la MOGE partie prenante du projet Yadana de Total Myanmar, comme un "modéré", "pragmatique" voulant "une transition en douceur vers la démocratie". Il y trouvait aussi nécessaire de dire que la sangha n’est pas une force d’opposition" p.13.

  • permalien Pierre :
    25 mai @16h20   « »
    à propos de Renaud Egreteau

    La Birmanie se dirige donc vers une "démocratie disciplinée", selon les propres termes de la junte, mais qui sera peut-être la première étape d’une très longue "voie birmane" vers une démocratie véritable.

    @nicolas zawgyi

    votre lien ne fonctionnant pas je me permets d’indiquer celui de l’article du Monde que vous analysez.

    ci-dessous un résumé de l’argumentation d’Renaud Egreteau, qui paraissent être en totale contradiction avec votre analyse.

    1. (...) Ni lors de la "fronde safran" menée par les moines bouddhistes en septembre 2007 ni aujourd’hui, après le drame humanitaire provoqué par le cyclone Nargis, la communauté internationale n’a été capable de faire fléchir des généraux birmans ainsi confortés dans leur attitude xénophobe. (...)
    2. (...) Ecartelée entre le mutisme forcé de sa figure charismatique, les flambées médiatiques de milieux activistes exilés jusqu’au-boutistes et une répression impitoyablement efficace de la part du régime, l’opposition birmane souffre d’une absence cruelle de renouveau.(...)
    3. (...) les minorités sont d’ailleurs largement restées à l’écart de la "fronde safran", qui toucha principalement le coeur bama’r du pays, soulignant la persistance d’une question ethnique qui mine la Birmanie depuis son indépendance et favorise le maintien d’un pouvoir autoritaire.(...)
    4. (...) un certain équilibre de forces semble se maintenir au sein même de l’armée et de la junte, écartant provisoirement l’hypothèse d’un effondrement de la structure militaire.(...)
    (...) Pourtant, une "révolution des capitaines" est pour l’heure loin d’être envisageable. Depuis son accession au pouvoir en 1962, l’armée birmane a su se purger régulièrement et efficacement des éléments qui menaçaient son unité. (...)

    Aussi le régime militaire se trouve-t-il dans une position favorable pour promouvoir son propre agenda politique et appliquer sa "feuille de route" censée préparer une transition politique graduelle et sous le contrôle de l’armée.

    Le résultat du référendum ne semble pas faire de doute, quoiqu’un score stalinien ne soit pas envisageable. Il devrait en tout état de cause entériner une Constitution qui instaurera un régime présidentialiste "civil" dans lequel les forces armées garderont une très forte prédominance.

    Il est possible que cette divergence de perception de la condamnation sans appel de Renaud Egreteau, et votre analyse, tienne à la différence de définition d’un régime totalitaire d’écrit dans l’article comme (xénophobe, liberticide, cruel et implacable) , et une vision de la démocratie que beaucoup voudraient contraignante et imposée (comme par exemple l’administration Bush au Moyen Orient).

  • permalien Pierre :
    25 mai @16h23   « »
    à propos de Renaud Egreteau (suite)

    Le lien : Birmanie : la junte impavide, par Renaud Egreteau

  • permalien michel :
    26 mai @11h22   « »

    Pierre répond à Nicolas Zawgyi ; celui-ci reprenant une critique que j’ai déjà adressée à R. Egreteau, je me permets de réagir.

    1. Dire que les généraux birmans vont mener la Birmanie à la démocratie véritable, alors qu’elle a laissé mourir des milliers de victimes du cyclône pour avoir le temps d’organiser son referendum truqué, c’est vraiment se moquer du monde.

    2. "Un score stalinien n’est pas envisageable", c’est bien R. Egreteau qui l’a écrit.

    3. "Un certain équilibre des forces semble se maintenir au sein même de l’armée et de la junte, écartant provisoirement l’hypothèse d’un effondrement de la structure militaire... Une révolution des capitaines est pour l’heure loin d’être envisageable". Ca, c’est l’inverse de ce que ce même auteur écrivait dans "Birmanie : la junte referme le jeu". Qu’écrivait-il ? "...Quel avenir pour la transition ?... La loyauté des soldats, en particulier les jeunes recrues (parfois enrôlées de force) et les plus bas échelons issus du monde rural est visible..." C’est dans cet article qu’il écrivait que la sangha n’était pas une force d’opposition à la junte. Depuis, il y a eu la Révolution safran qui a montré à quel point R. Egreteau était dans l’erreur.

    Essayons d’être juste. Je ne crois pas que R.Egreteau soit un partisan des généraux birmans ; ça serait d’abord contraire à ses ambitions de carrière. Il est par contre opposé aux démocrates birmans, guidé par ce qui est peut-être du pragmatisme, mais il faudrait le lui demander. Aujourd’hui le referendum et la constitution, comme avant l’existence d’une faction modérée au sein de la junte (ça donnait, toujours dans le même papier, le très comique : "avec la purge des services de renseignements le paysage politique birman s’est considérablement assombri").

    Et il faut ajouter à cela le fait que les papiers de R. Egrenau contiennent toujours des erreurs de prévision : cette fois c’était "un score stalinien n’est pas envisageable" (99% de participation et 92% en faveur de la junte, annoncés dans le centre et le nord du pays). Je pense qu’il l’a écrit parcequ’il se trompait, pas parce qu’il est partisan des généraux.

  • permalien Pierre :
    26 mai @12h51   « »

    @michel,

    Je comprends bien votre argumentation sur la critique de la junte birmane, qui soit dit en passant, ne diffère de celle de Renaud Egreteau, principalement que par sa formulation, mais je ne comprends pas bien comment vous envisagez le passage à la démocratie.

    Renaud Egreteau, nous dit la junte birmane veut nous faire la farce de la démocratie, et bien soit, prenons les au mot et ils finiront par se prendre au jeu.

    L’autre façon d’amener un pays à la démocratie, c’est la méthode qui est en train (et pour longtemps hélas) d’être utilisées en Irak. Si c’est votre option, je vous suggère d’y envoyer le plus démocrate d’entre nous, Ben Ali (1989 : 99,27%, 1994 : 99,91%, 1999 : 99,44%, 2004 : 94,49%).

    Mon but en mettant le lien de l’article de Renaud Egreteau, était que chacun puisse juger sur pièce et se fasse sa propre opinion.

  • permalien michel :
    26 mai @13h02   « »

    Ma dernière citation de R. Egreteau était tronquée.

    Il fallait lire, trouvé dans "Les études du CERI, n° 114 mars 2005. Birmanie : l’armée referme le jeu politique" ; dans sa conclusion : "...La loyauté des soldats, en particulier les jeunes recrues (parfois enrôlées de force) et les plus bas échelons issus du monde rural, vivant dans la pauvreté mais aussi la peur du régime, pourrait être mise à l’épreuve en cas d’une nouvelle vague de soulèvement populaire. Le désarroi des soldats de rang est visible..." Et en fait de désarroi, les soldats ont une fois plus tiré sur les manifestants en septembre et octobre dernier.

    J’en profite pour vous donner la dernière info : la junte vient d’annoncer que les votants de la région sinistrée par le cyclone ont accepté la nouvelle constitution avec le même score que dans le reste du pays : 92%. Qui parlait de score "pas stalinien" et "d’opportunité" pour la communauté internationale ?

  • permalien michel :
    26 mai @13h10   « »

    De Michel à Pierre

    Prenons les généraux au mot dîtes-vous. D’accord, reconnaissons le résultat des élections de 1990 ; c’est eux qui les avaient organisées.

  • permalien michel :
    26 mai @13h42   « »

    Toujours en réponse à Pierre.

    On trouve dans l’article du Monde auquel vous renvoyez, toujours sous la même plume :

    "il semblerait que les possibilités d’évolution interne ne puissent provenir que d’une nouvelle génération d’officiers, frustrés par la situation de blocage économique et politique, et qui tenteraient de renverser les leaders d’aujourd’hui afin d’instaurer un nouveau pouvoir militaire plus pragmatique et ouvert sur le monde extérieur".

    C’est un appel à la poursuite des sanctions économiques ; pas à faire semblant de les laisser nous jouer une mascarade.

  • permalien Pierre :
    26 mai @14h15   « »

    @Michel,

    Je n’ai malheureusement pas de compétence pour dire quelle est la meilleure voie pour un pays subissant une tyrannie pour établir une démocratie.

    Ce que je sais par contre c’est :
    - qu’une tyrannie à du mal à durer plus d’une génération (il semble que ce soit aussi l’avis de Renaud Egreteau).
    - que par définition un système démocratique ne puisse réellement se mettre en place qu’à partir, d’un processus populaire interne à chaque nation (qui semble aussi être l’avis de Renaud Egreteau).

    La soumission apparente du peuple birman, ne semble pas pour l’instant permettre d’envisager une “révolution” autre que militaire. Bien que si l’attitude actuelle de la junte est perçu comme une forme de faiblesse par le peuple (et c’est, ce à quoi travaillent semble-t-il les gouvernements occidentaux au travers des ONG et les médias), un renversement de la junte peut-être envisagé. Mais il ne signifiera pas pas nécessairement un accès à une véritable démocratie (surtout si ce soulèvement est financé par la CIA, dans le cadre d’une politique d’endiguement de la Chine, en coordination avec les évènements du Tibet par exemple).

    Mais je vous le répète, ce ne sont que les hypothèses d’un amateur.

  • permalien michel :
    26 mai @17h53   « »

    Michel à Pierre.

    Pour ce qui est du "processus populaire interne à chaque nation", d’accord avec vous et d’ailleurs les élections de 1990 étaient très bien ; reconnaissons leur résultat ! De toutes façons, l’élection suivante ayant été truquée et criminelle (le referendum) c’est bien en 1990 qu’ont eu lieu les dernières élections dont la communauté internationale peut tenir compte si elle veut parler d’élections birmanes.

    Le problème est que pour que les généraux acceptent l’aide humanitaire occidentale, il ne faut surtout pas parler d’élection ; car les Occidentaux vont être forcés de dire tout haut que le referendum a été truqué et criminel. Donc, bien evidement s’il y avait une mauvaise recommandation à donner, c’était de dire de saisir l’opportunité du referendum comme dans l’article du Monde que vous nous invitez à relire.

    Vous dîtes aussi qu’une tyrannie a du mal à durer plus d’une génération ; dans le cas de la Birmanie, elle dure depuis 1962 et on en est au moins à la seconde génération de dictateurs après Ne Win. Précisément un des forfaits des généraux en place est qu’ils ont prolongé la dictature qui aurait pu connaître sa fin en 1990. Je crois d’ailleurs que la nouvelle constitution prévoit explicitement de leur donner l’impunité pour les crimes commis alors.

    Je connais des Birmans démocrates qui disent que Ne Win a sacrifié trois générations (il avait commencé à massacrer minorités ethniques et communistes déjà avant 1962)... On risque de devoir y ajouter tous ceux qui à l’avenir subiront la démocratie disciplinée.

  • permalien michel :
    26 mai @18h18   « »

    J’ajoute que le mouvement démocratique de 1988 a également été réprimé au motif alors exprimé par le général Khin Nyunt, déjà chef de la military intelligence, qu’il s’agissait d’un complot communiste. C’était à peu près ça la "faction modérée" de la junte : un groupe d’officiers qui lorsqu’ils donnaient l’ordre aux soldats birmans de tirer sur les démocrates prenaient la peine de leur dire qu’ils avaient affaire à des communistes déguisés, avant de le redire aux Occidentaux.

  • permalien Pierre :
    26 mai @18h41   « »

    @Michel,

    quand je parlais de génération, je parlais de durée de vie, et je pensais en particulier à Gorbatchev premier secrétaire du parti n’ayant pas connu la Révolution d’Octobre, à Wen Jiabao né 8 ans après la Longue Marche, a l’amorce de transitions en Corée du Nord et à Cuba.

    Bien souvent ces régimes se mettent en place à l’occasion de situations bien particulières, (corruption, ingérence, incompétence) et s’enferment dans des systèmes autistes et justifient leur maintient, par le souvenir du traumatisme fondateur (films d’Eisenstein, Opera de Pekin etc.). Quand le souvenir meurt dans l’existance de la population, le régime meurt, et il ne reste plus que l’art.

    Autrement dit, si la démocratie ne se décrète pas, la tyrannie ne vient jamais vraiment par hasard.

  • permalien Docteur Blanche :
    26 mai @22h53   « »

    Selon Rony Brauman dans les catastrophes "La plupart des secours immédiats sont assurés par le voisinage. Il faut aider les gens à s’abriter temporairement, les aider à se nourrir, à avoir de l’eau potable. (…)" Pour les Karens rescapés du Delta de l’Irrawadi, il n’y a pas d’aide à espérer, ni à attendre du voisinage. Il sont isolés. La spécificité du régime de terreur de la junte à nul autre pareil bat son plein. Les dons privés sont confisqués par le junte, les temples vidés de leur stock de riz, les donateurs menacés.Les birmans -on a vu les images stupéfiantes- jettent de leur camionnette des vivres aux rescapés. Ils roulent à toute vitesse pour ne pas être arrêtés. A -t -on déja vu cela lors d’un cyclone ou d’un tremblement de terre ? A ma connaissance non. La référence au Tsunami a ses propres limites : Rony Brauman devrait se rappeler l’omerta de la junte Birmane sur le nombre des noyés et des villages de pêcheurs anéantis, effacés de la carte. Les chiffres censurés rendait l’aide inutile.. A l’ époque cette omerta n’avait pas ému grand monde. Le comportement des généraux birmans face au cyclone Nargis est la copie conforme de celui face au raz de marée Tsunami. Un solide mépris de victimes ; Une solide manipulation de l’aide internationale, qui n’en est qu’à ses débuts. Par ailleurs, du point de vue du médecin , le Tsunami a eu lieu en été. Mai, c’est la saison des moussons, avec les moustiques et les malarias cérébrales chez les nourrissons. Pour avoir travaillé comme médecin chez les Karens en cette saison,Oui, Docteur Brauman, il faut amener des médicaments et les moustiquaires et les couvertures .

  • permalien Pierre :
    27 mai @06h15   « »

    Sans vouloir remettre en question l’ensemble de votre intervention, permettez moi de réagir à vos propos :

    « on a vu les images stupéfiantes- jettent de leur camionnette des vivres aux rescapés. Ils roulent à toute vitesse pour ne pas être arrêtés. A -t -on déja vu cela lors d’un cyclone ou d’un tremblement de terre ? A ma connaissance non. »

    Non mais on voit ça tous les ans dans la caravane du tour de France. Des enfants qui courent au cul d’un camion pour attraper des barres chocolatées, c’est très courant, surtout quand dans le camion il y a des journalistes l’œil rivé à la caméra.

    Là où vous avez vu une distribution de vivre a haut risque, j’y vois une mise en scène assez lamentable d’une bande de vautours faisant du scoop à bon compte.

    Les véritables images des sinistrés sont l’objet d’un marché à haute valeur ajouté, et là, les figurants n’ont pas la force de courir après les camions.

    Birmanie Vendues sous le manteau, les images du cyclone s’arrachent

  • permalien Pierre :
    27 mai @10h06   « »

    Finallement cette junte arrange tout le monde (sauf les Birmans bien entendu).

    La position de l’Union européenne sur la question birmane n’est pas assez ferme

    Mais le commerce avec la Chine, l’Inde et la Thaïlande est florissant. Des pays riches tels que les Etats-Unis, l’UE, l’Australie, le Canada et le Japon ont imposé de rares sanctions mais elles n’ont pas d’impact face au commerce en pleine croissance entre la Birmanie et ses voisins. Après les manifestations survenues l’année dernière, l’UE a interdit les importations de bois, de métal et de pierres précieuses de Birmanie, la vente d’armes et les visas pour les dirigeants et leurs familles et a partiellement gelé les avoirs de la junte en Europe. (...)

    Des sanctions plus dures pour l’industrie du gaz et les services financiers mettront la junte à mal, mais pas le peuple, ajoute la CSI [1], les gens ordinaires n’ayant aucun lien avec ces secteurs.

    ... alors a quoi bon remettre un si juste équilibre en question avec ces référendums imbéciles pour une soit disant transition vers la démocratie ?

  • permalien Pierre :
    29 mai @11h21   « »
    "vous avez beau dire... y a p’têtre pas que du bling-bling"

    On ne parle pas des milliards de dollars d’aide apportée par l’Extrême-Orient au Myanmar (Birmanie) par Brigitte Queck

    On a prétendu que la junte avait très mal géré la catastrophe, qu’elle avait échoué politiquement, qu’elle avait d’abord refusé l’aide internationale pour lui opposer ensuite des quantités d’obstacles bureaucratiques. Tout cela parce que le gouvernement ne veut pas laisser entrer des équipes humanitaires sans les contrôler. Or aucun pays au monde, et surtout pas l’Amérique, ne laisse entrer des équipes, quelles qu’elles soient. Après tout, il pourrait s’agir de terroristes, de militaires ou d’agents de services de renseignements qui préparent une occupation ou des attentats. Ce qui est particulièrement suspect, c’est la demande des Etats-Unis d’envoyer des troupes depuis la Thaïlande. Ils subordonnent directement leur aide « désintéressée » à la condition de pouvoir faire entrer leurs forces armées dans le pays. Les nombreux autres moyens d’aide ne les intéressent absolument pas s’ils ne sont pas liés à la possibilité d’exercer une influence politique.

    (...) A propos de cette aide, il est intéressant de constater que les médias occidentaux n’ont pas dit un mot de l’aide de plusieurs milliards de dollars en biens humanitaires apportée par le Laos, le Viêt-nam, la Thaïlande, la Chine, l’Indonésie et l’Iran. Comme si seules les puissances occidentales étaient en mesure d’apporter une « véritable » assistance au Myanmar.Le devoir des pays de s’entraider lors de catastrophes est inscrit dans plusieurs conventions internationales, mais des conventions internationales, par exemple, ne peuvent aucunement annuler le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays inscrit dans la Charte des Nations Unies (chapitre premier, article 2, alinéa 7).

    D’ailleurs, les Etats-Unis ont eux-mêmes interdit à d’autres pays (p. ex. à Cuba) d’apporter de l’aide, bien que celle-ci n’ait pas été de nature militaire, lorsque la Nouvelle-Orléans a été inondée à la suite du passage de l’ouragan Katrina, il y a quelques années. (Que l’on considère la proximité de Cuba et de la Nouvelle-Orléans!) A l’époque, le gouvernement des Etats-Unis laissa surtout les couches les plus pauvres de la population noire une semaine sans eau ni nourriture. Quand on considère l’objectif politique de l’arme climatique HAARP, on comprend pourquoi l’armée américaine n’a pas pu ou n’a pas été autorisée à apporter une aide d’urgence à la Nouvelle-Orléans alors qu’elle l’impose quasiment à des Etats frappés par des typhons et des inondations, Etats qui lui sont pourtant hostiles.

  • permalien michel :
    29 mai @14h42   « »
    Et "flop" !

    Le résultat du référendum est tombé, la junte continue à persécuter sa population. On a à présent le spectacle d’une dictature qui arrête aussi ceux dont on nous dit qu’ils voteraient pourtant pour elle.

    Mais j’y pense. Une telle popularité ne peut tout de même pas tomber du ciel et on n’avait pas vu non plus les généraux anticiper le résultat en libérant 9 prisonniers sur 10. Je crois bien qu’ils n’avaient pas plus retiré leur troupes des zones frontières, où parait-il les "minorités" ont également massivement exprimé leur soutien. Ils pouvaient d’autant plus le faire qu’ils se sentaient renforcés par la Révolution safran et par le cyclône nous avait-on dit.

    Addendum pour une analyse future : Peut-on pourtant encore nous faire le coup de la disgrâce de la "faction modérée" ? Non. Bon nombre des officiers de cette faction, un temps purgés avec leur patron Khin Nyunt, ont été depuis lors presque tous réembauchés pour remettre sur pied les services du renseignement un temps défaillant. Et ils n’ont pas perdu leur modération en retrouvant du travail, ils n’étaient pas devenus modérés quand ils persécutaient pour le compte de Khin Nyunt. La conclusion est en fait qu’il semble bien qu’aucun officier supérieur de l’armée birmane n’a jamais pensé qu’il y avait une opportunité non stalinienne à saisir.

  • permalien Docteur blanche :
    31 mai @17h58   « »

    ... Pierre a l’obligance de me préciser à propos de ma description des Birmans affamés courant après les véhicules non autorisés pour recevoir un peu de nourriture "Non mais on voit ça tous les ans dans la caravane du tour de France. Des enfants qui courent au cul d’un camion pour attraper des barres chocolatées"

    Je ne savais pas qui était Pierre. Maintenant je sais.

  • permalien Pierre :
    2 juin @06h08   « »

    @Docteur blanche,

    heureux de vous aider à développer votre sens critique, surtout si, quand les ficelles sont aussi grosses, je n’ai pas les mérites que vous m’attribuez.

    Pour vous aider à affiner votre perception, voici comment se passent réellement les distributions, de vivres, vous remarquerez que non seulement on ne s’amuse pas à les faire courir des gamins derrière un camion, mais en plus ça se fait dans le respect des individus. Désolé si c’est beaucoup moins spectaculaire.

    J’aurais bien aimé pouvoir vous mettre le lien avec la séquence qui vous a bouleversée, pour vous permettre de mieux l’analyser, mais malheureusement, personne n’a cru bon la retenir pour la mettre en ligne, par contre sur les images de CNN, vous pouvez voir que là où les ravitaillements sont nécessaires, les gens ne courent pas et les camions ne peuvent pas rouler.

    Amicalement.

  • permalien Pierre :
    2 juin @08h51   « »
    erratum

    @Docteur blanche,

    Les liens ci-dessus sont mauvais, ceux-ci sont les bons :

    - les distributions, de vivres
    - CNN

  • permalien sam :
    22 juin @15h24   «

    La France ne doit pas s’occuper de la politique intérieure d’un autre pays. Elle doit reconnaître le referendum.

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