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Lettre de Rome

Impunité à l’italienne

vendredi 27 juin 2008, par Geraldina Colotti

« On ne juge pas la lutte de classe », disait un vieux slogan des années 1970. On pourrait affirmer, de la même manière, « on ne juge pas la lutte de... caste », en observant les choix sécuritaires et liberticides du gouvernement italien. Du décret « Sauve Berlusconi » aux nouvelles règles sur les prisons, les Roms et les migrants, voilà en effet un véritable tournant en faveur d’un bloc de pouvoir qui a tout d’une caste. « On ne juge pas Berlusconi », répète pour sa part d’une seule voix la coalition du Peuple de la liberté, en se réclamant du vote massif, qui lui a fourni, en avril, une solide majorité parlementaire.

« On ne juge pas la lutte de classe », disait un vieux slogan des années 1970. On pourrait affirmer, de la même manière, « on ne juge pas la lutte de... caste », en observant les choix sécuritaires et liberticides du gouvernement italien. Du décret « Sauve Berlusconi » aux nouvelles règles sur les prisons, les Roms et les migrants, voilà en effet un véritable tournant en faveur d’un bloc de pouvoir qui a tout d’une caste. « On ne juge pas Berlusconi », répète pour sa part d’une seule voix la coalition du Peuple de la liberté, en se réclamant du vote massif, qui lui a fourni, en avril, une solide majorité parlementaire.

Sous-entendu : si les Italiens nous ont élus en sachant qui nous sommes — et même parce que nous sommes ce que nous sommes —, nous pouvons avancer en bousculant encore une fois les règles démocratiques. Il s’agit, en l’occurrence, d’aller vers l’impunité des gouvernements et vers la suspension de quelques procès significatifs. Comment ? En introduisant dans le « paquet sécuritaire » soumis par le gouvernement au Parlement un amendement surprise qui, outre l’annulation d’un procès impliquant M. Silvio Berlusconi lui-même, pourrait suspendre bien d’autres procédures pour un an, parmi lesquelles des procès pouvant déboucher sur des peines de dix ans de prison...

Parmi les procès suspendus figurent, par exemple, le procès dit « Oil for Food », concernant les commissions qu’auraient touchées, à l’époque de Saddam Hussein, une série de personnalités, dont le gouverneur de Milan Roberto Formigoni ; ou bien encore le krach de la firme Parmalat, qui met en cause des entrepreneurs célèbres.

Pourrait aussi « disparaître » le procès des violences policières perpétrées durant le sommet de Gênes qui, en août 2001, sous un précédent gouvernement Berlusconi, avaient notamment entraîné la mort d’un jeune de 20 ans, Carlo Giuliani. Le soir même de ce meurtre, dans les casernes Diaz et Bolzaneto, des manifestants sans défense avaient subi cette « boucherie mexicaine » dont un policier repenti et plusieurs réalisateurs de télévisions témoignèrent : policiers, gardiens de prison et médecins pénitentiaires, souvent l’injure à la bouche et le bras droit tendu pour le salut fasciste, les soumirent, des heures durant, à des intimidations, des coups et même des tortures.

Et les avocats des manifestants de protester : de cet événement, défini par Amnesty international comme « la plus grave suspension des droits démocratiques dans un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale », il ne resterait donc que les condamnations des manifestants et l’impunité des forces de l’ordre ?

Pour sa part, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a évoqué le risque d’inconstitutionnalité du décret « Sauve Berlusconi », pointant notamment l’article 111 de la Constitution sur la « durée raisonnable des procès ». Quant au président de la République Gorgio Napolitano — le seul détenteur d’une haute fonction à ne pas être mis en cause dans une procédure judiciaire —, il a paru embarrassé : il avait, à l’origine, donné son aval au « paquet sécuritaire » qui, entre-temps, s’est vu adjoindre des éléments plus graves encore.

Au Parlement, l’opposition a pris le parti de la magistrature. Ces forces politiques, que M. Berlusconi qualifie de « gauche justicialiste », s’expriment toutefois avec des accents divers : certaines défendent sabre au clair les actes d’une magistrature élue se substituant au vote de la représentation politique ; d’autres chevauchent l’ardeur répressive de ceux qui, dans les secteurs populaires, n’ont pas digéré les remises de peine accordées aux détenus par le gouvernement de M. Romano Prodi, tombé à la fin janvier dernier.

Au sein de Rifondazione comunista — désormais absente du Parlement pour n’avoir pas atteint, avec la coalition Arc-en-ciel, la barre fatidique des 4 % —, le courant de M. Fausto Bertinotti parle d’un régime de « veltruconismo » [en mêlant les noms du leader démocrate Veltroni et de celui de la droite Berlusconi]. L’ex-chef du groupe de Rifondazione au Sénat Giovani Russo Spena, lui-même juriste, se réclame de Hannah Arendt et utilise l’oxymoron « démocratie despotique » : une démocratie de façade qui cherche à supprimer la garantie de la magistrature au nom de la gouvernabilité du pays, supprime une partie de l’état de droit, propre à la démocratie représentative, et adopte des pratiques typiques des démocraties présidentielles et plébiscitaires.

« Si le problème est la gouvernabilité (et non la représentativité, aujourd’hui en crise ouverte) — poursuit Russo Spena —, alors chaque dirigeant, même accusé de corruption, doit continuer à gouverner tranquillement au nom des intérêts du pays. Mais quiconque proteste contre une base militaire ou contre une décharge ou contre le naufrage d’immigrés sur nos côtes doit être poursuivi parce qu’il met en danger la sécurité nationale. »

Cette situation, pour l’ex-sénateur de Rifondazione, est aussi le fruit de l’abandon par la gauche du terrain de la lutte sociale, de son acceptation des règles d’un système capitaliste jugé indépassable. En revanche, ajoute l’ex-sénateur, « il faut mener le conflit dans ses propres lieux et non le parquer dans un enclos. C’est le conflit social qui fait progresser les bonnes lois et les bonnes règles. Les règles de Berlusconi, à l’inverse, servent à le protéger lui, mais aussi tout un ensemble d’appareils, au nom d’un “garantisme” intéressé guidé par des besoins de classe. »

Rondes militaires, expulsions en chaîne et maintenant prise forcée des empreintes digitales des mineurs roms. Tandis que le président du conseil tonne contre le « cancer de la magistrature », qui l’empêche de défendre le pays en assurant la sécurité des citoyens, il fait passer au second plan les mesures répressives et a-constitutionnelles. Comme l’écrit Gabriele Polo, le directeur du quotidien il manifesto : « Il faut reconnaître que M. Berlusconi a accompli un chef d’œuvre maléfique en réunissant la peste et le choléra : la peste des mesures sécuritaires et le choléra de l’impunité personnelle. »

* Geraldina Colotti est journaliste au quotidien il manifesto, Rome. Elle dirige l’édition italienne du Monde diplomatique www.monde-diplomatique.it.

 

Dans Le Monde diplomatique :

  • « Italie, laboratoire du “Cavaliere” », par Pierre Musso et Guy Pineau, Manière de voir n° 95, « Les droites au pouvoir », octobre-novembre 2007 (disponible sur notre boutique en ligne). Comment l’importation, dans le champ de la représentation politique, des techniques de mise en scène de la télévision commerciale généraliste, crée la force de Silvio Berlusconi.
  • « Accablant bilan du berlusconisme », par Pierre Musso, avril 2006.
    Eclairages sur les ressorts et les conséquences d’une politique sociale menée par une coalition de droite et d’une politique économique conduite par un chef d’entreprise.
  • « M. Silvio Berlusconi trébuche sur les médias » (P.M.), février 2004.
    Les menaces contre le pluralisme sont si graves, en Italie, que la Cour constitutionnelle a dû, en janvier 2004, stopper l’appétit de M. Silvio Berlusconi, invalidant la loi qui suspendait, pendant leur mandat, les poursuites contre les cinq plus haut responsables de l’Etat.
  • « L’Italie saisie par la tentation autoritaire », par Salvatore Palidda, octobre 2001.
    La répression brutale du sommet altermondialiste du sommet de Gênes, en août 2001, a révélé la dérive répressive des autorités italiennes qui, de droite comme de gauche, accordent une autonomie croissante à la police.
  • « L’ordre libéral et ses basses œuvres », par Susan George, août 2001.
    Retour sur les émeutes qui ont éclaté en marge du sommet du G8 organisé en juillet 2001. Gênes ou l’escalade dans la tentative de criminalisation de l’opposition à la mondialisation libérale.
  • « Retour sur l’Italie des années 70 », par Toni Negri, août 1998.
    Le philosophe italien, ex-dirigeant historique du groupe Pouvoir ouvrier, l’équivalent transalpin de la Gauche prolétarienne (maoïste), évoque l’expérience politique des « années de plomb » en Italie.
  • « Justice “de plomb” en Italie », par Anne Schimel, avril 1998.
    L’application des accords de Schengen a vu la remise en cause du statut, déjà précaire, dont bénéficiaient les anciens des Brigades rouges réfugiés en France depuis la fin des années 1970.

37 commentaires sur « Impunité à l’italienne »

  • permalien giloc :
    27 juin @14h28   »

    L’immunité à l’italienne est un problème. Celle qui a protégé ou continue à protéger les politiques français n’est pas brillante non plus...

  • permalien lippert :
    27 juin @15h49   « »

    POURRAIT_ON AVOIR LE TEXTE COMPLET DES DITS AMENDEMENTS POUR JUGER SUR PIECE ET NON SUR UNE INTERPRETATION BASEE SUR "IL SE POURRAIT..." MERCI DE VOTRE REPONSE

  • permalien Jean-Marie Le Ray :
    27 juin @16h32   « »
    Impunité à l’italienne

    Quels amendements ?

    Les politiques italiens en produisent tellement et dans tous les sens qu’ils ne le savent plus eux-mêmes.

    Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus, lire le blog de Beppe Grillo.

  • permalien Patrizia Chiara :
    27 juin @17h10   « »

    Les juges italiens qui osent faire le procès à berlusconi sont publiquement outragés,menaces par le tout puissant repris en justice et appelés:cancer de la démocratie.Le chef de l’Etat,Napolitano,qui est aussi le chef de la magistrature,devrait les défendre,mais il ne le fait pas.Trop timide face à berlusconi.Les criminels ont le dessus,à ce moment sur l’Etat de droit,en Italie.Les avocats de berlusconi,parlementaires,parmi lesquels le ministre de la justice Alfano utilisent le Parlement italien,ancore une fois,comme usine privée pour lois sauve Premier ,sauve 100.000 mille criminels de 2002,le meme an des crimes de berlusconi et surtout pour approuver la mère de toutes les lois,celle qui mettra à l’abri de la justice définitivement Berlusconi:l’impunité pour le premier ministre.La magistrature italienne qui s’oppose à ces abérration devrait avoir le soutien pas seulement de la société civile italienne,mais de toute la société civile européenne.Elle est seule contre l’assaut des criminels tout puissants qui sont allés au pouvoir

  • permalien Brams :
    27 juin @18h28   « »

    L’impunité à laquelle il est fait référence n’est pas le propre de l’Italie. Elle correspond à une nouvelle manière de gouverner les Etats et les sociétés qui est "à la mode" actuellement. Cela va de l’Amérique ( Bush qui a détruit l’Irak dans l’impunité) à la France (Sarkosy qui a détruit les valeurs de la France dans l’impunité) au Zimbabwé où Mugabé agit dans l’impunité. C’est l’évolution historique qui a conduit vers l’instauration des nouvelles dictatures qui dirigent le monde . Celles-ci ne disparaitront qu’à travers un processus où, malheureusement, la violence devrait dominer.

  • permalien JJ Franco :
    27 juin @19h38   « »

    "Pourrait aussi « disparaître » le procès des violences policières perpétrées durant le sommet de Gênes qui, en août 2001, sous un précédent gouvernement Berlusconi, avaient notamment entraîné la mort d’un jeune de 20 ans, Carlo Giuliani. Le soir même de ce meurtre,[...]"

    Je suis toujours étonné quand un journal de la qualité du Monde Diplomatique "désinforme", ou transforme l’information...

    Le drame de Gênes ne peut être qualifié de "meutre" : vous savez très bien que ce jour-là, la Land Rover des Carabinieri s’est retrouvée coincée et attaquée par des manifestants (des photos -et videos ?- de la scène ont été éditées juste après, pour ma part je les ai vues dans Libé), et que le jeune Carlo Giuliani (masqué d’un foulard), après avoir cassé la vitre arrière du véhicule à l’aide d’un extincteur s’apprêtait à s’en servir contre un des policiers toujours à l’intérieur, celui-là même qui a utilisé son arme de service pour se défendre...

    Le bilan est désastreux : un jeune homme de 20 ans mort pour on ne sait quoi (mais vous savez certainement...) et dont on a fait avec délectation un (de plus) martyr de la Révolution (laquelle ?...), un autre certainement traumatisé à vie (quel âge avait-il celui-là ?...) et qu’on fait passer désormais pour un assassin à la solde des puissances financières (!)... Bien sûr, si ce policier n’avait pas été armé Carlo Giuliani ne serait pas mort, mais il serait peut-être aujourd’hui l’assassin d’un policier...

    Moi, les questions que je me pose sont "Pourquoi tant de haine ?", "Qui a fait croire à ce garçon que ça valait le coup qu’il perde la vie en attaquant une voiture de police ?", "Est-ce qu’en mélangeant allègrement des anti-mondialistes - devenus depuis alter-mondialistes, ça fait un peu plus réaliste, Dieu merci !- avec des nihilistes et des casseurs en tout genre dans un grande vague de protestation mal définie on ne se préparait pas à des drames de ce genre ?"... Vous en avez d’autres ?...

    Ce que je viens d’écrire n’a évidemment pas pour but d’occulter les violences et humiliations policières qui ont eu lieu lors des arrestations de manifestants...

  • permalien denis l. :
    27 juin @20h42   « »

    "Rondes militaires, expulsions en chaîne et maintenant prise forcée des empreintes digitales des mineurs roms." ...

    ... Mieux valent des rondes militaires que des milices improvisées par une population exaspérée par les innombrables délits, couronnés de quelques crimes, commis par les Roms. Les "expulsions en chaîne" doivent se résumer à quelques maillons, l’Italie n’expulsant pas grand-monde - encore moins que la France, c’est tout dire. Enfin, il faudra que l’on m’explique en quoi la prise, forcée ou non, des empreintes digitales des "mineurs" roms, constitue un drame éthique.

  • permalien Ph. Arnaud :
    27 juin @21h31   « »

    @ JJFranco

    Il ne faut pas inverser les choses : la question n’est pas de savoir où, quand et comment la voiture des carabiniers a été entourée par des manifestants. Ça, c’est sans intérêt. C’est comme de se demander ce qui se serait passé, à Waterloo, si Ney avait attaqué plus tôt, si l’infanterie était partie avec la cavalerie, si Grouchy avait marché au canon, si, si, si, etc. Balivernes que tout cela : Napoléon était inévitablement perdu. Une semaine, quinze jours ou un mois plus tard, il aurait été écrasé, parce que les Alliés étaient plus nombreux, parce qu’ils avaient trouvé des parades à sa stratégie et à sa tactique, parce que les Français étaient las de plus de 20 ans de guerre, parce que les profiteurs de la Révolution et de l’Empire avaient reçu des Bourbons l’assurance qu’ils garderaient leur butin.

    Le reste, l’examen à la loupe des tactiques, des mouvements des unités, des pertes, etc., c’est de l’historiette à la Georges Lenotre ou à la André Castelot, c’est de la myopie maniaque d’historiens de chef-lieu de canton, qui consacrent toute une vie à l’histoire d’un demi-bataillon entre la bataille de Dennewitz et celle de Champaubert.

    Même chose pour le sommet de Gênes : la violence, des manifestants, on s’en moque ! La violence, elle n’était pas de leur côté, mais d’abord, et essentiellement, du côté des organisateurs du sommet, dont la finalité était de multiplier les métastases de l’ultralibéralisme, qui est violence à l’état pur. Elle était aussi dans la personne de Berlusconi, dont le parti avait déjà exercé des violences lors de son premier mandat, elle l’était dans les provocations, par exemple cette lettre piégée expédiée quelques jours avant le sommet dans un commissariat de Gênes, où un policier avait perdu un œil et dont (bien entendu…) on ne retrouva jamais l’expéditeur, ce qui accrut encore la fureur des policiers à l’égard des futurs manifestants. Elle l’était aussi dans l’organisation des forces de l’ordre, agencées de telle façon à la fois à provoquer les affrontements (quand ce n’était pas à les susciter en fermant les yeux sur certains débordements) et en plaçant les policiers dans des situations telles qu’ils ne pouvaient qu’être débordés.

    Les casseurs et la haine ne se trouvaient pas du côté des manifestants, et la violence policière n’a pas été un débordement conjoncturel et accidentel d’une police par ailleurs irréprochable, cette violence, elle était (elle est toujours) structurelle… Le drame de Gênes était inscrit dans la nature même des chefs d’Etat et de gouvernement du G8. La mort de Carlo Giuliani fut donc bien un meurtre, mais pas un meurtre commis par le policier, un meurtre commis par la société ultralibérale.

  • permalien hayekFan :
    30 juin @12h58   « »

    Ph Arnaud "...commis par la societe ultraliberale"

    Il est de plus en plus derisoire, meme trop caricaturale pour pouvoir enerver, de lire cet adjectif "ultraliberal" a tout va, sans qu’aucun ne sache lui donner une definition quelconque. Qu’est-ce que "ultraliberal" ? Le financement des certains personnalites politiques par les industriels et les chefs d’Etat africains ? Je pense aux genereux amis francais de Laguiller et Besancenot, et au dictateur du Cameroun qui declare avoir finance des decennies durant tous le partis francais, y compris l’extreme gauche. Qu’est-ce que ultraliberal ? L’exemption de l’ISF de la collection d’art de M. Fabius ? Le shopping europeen de EDF, France Telecom, GDF ? Les morts par cancers des ouvriers d’Areva au Niger ? Et le jeune italien gache par de mauvais maitres, en train de balancer un extincteur sur le tete d’un carabiniere de son age, qui etait la pour gagner sa vie et non pas pour tuer l’ennui, cela est-ce aussi ultraliberal ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    30 juin @13h46   « »

    @ Hayekfan

    Je comprends que l’adjectif « ultralibéral » vous énerve (raison pour laquelle je continuerai à l’employer), car il s’agit d’une définition dans laquelle vous avez – à juste titre, d’ailleurs – le mauvais rôle... Il est donc compréhensible que vous cherchiez avec acharnement à la nier. Ne dit-on pas que la plus grande ruse du Diable est de faire croire qu’il n’existe pas ?

    L’ultralibéralisme, vous savez très bien ce que c’est ! C’est l’idéologie obtuse qui prône de travailler comme des mules pour consommer comme des gorets (ou, plutôt, qui contraint certains à travailler comme des mules pour que d’autres consomment comme des gorets…). C’est l’idéologie funeste qui, arrivée au pouvoir avec Margaret Thatcher, puis Ronald Reagan, Bush, Sarkozy, Aznar, Berlusconi et autres compères, a opéré un gigantesque hold up au détriment des pauvres et au bénéfice des riches…

    L’ultralibéralisme, c’est ce qui, depuis plus de trente ans, a nourri la « pensée unique » qui, comme les liquides des marées noires, s’infiltre partout : c’est la propagande qui cherche à faire croire qu’il n’y a pas de chômage aux Etats-Unis ou en Angleterre, qu’il existe un problème de retraites (qui ne peut être résolu que par les fonds de pension – ce qui est une absurdité sans nom !), c’est l’argumentation spécieuse au nom de laquelle on fait crever le tiers monde plutôt que de baisser les bénéfices de Big Pharma, c’est la doctrine qui sort toutes les arguties possibles pour « prouver » qu’il n’y a pas de dérèglement climatique lié à l’action de l’homme, que les ressources naturelles sont illimitées et que la science résoudra tout, et mille autres billevesées toutes plus délirantes les unes que les autres…

    Et arrêtez de seriner les mêmes anecdotes, ragots et historiettes sur la corruption des (et par), les hommes politiques, au demeurant jamais étayées. Les quelques cas que vous avancez ne représentent en tout état de cause qu’une goutte d’eau à côté de l’enrichissement des classes privilégiées (soutien des Reagan, Bush, Berlusconi et autres Thatcher). Voyez les bénéfices faramineux réalisés par le complexe militaro-industriel et son rôle dans les guerres : car l’ultralibéralisme n’est pas seulement voleur, il est aussi assassin !

  • permalien Liguria Indymedia :
    30 juin @14h45   « »
    Gênes-2001

    C’est pas exactement comme dit par M.me Colotti pour ce qui regarde le G8 de Gênes et les procès. Plus d’infos ici :

    http://nantes.indymedia.org/article...

    http://liguria.indymedia.org/node/1605

  • permalien hayekFan :
    30 juin @15h21   « »

    Ph. Arnaud "C’est l’idéologie obtuse qui contraint certains à travailler comme des mules pour que d’autres consomment comme des gorets.." Bien au contraire : dans la France ultraliberale de Sarkozy on travaille 35 heures, voire 18. Dans des pays anti-liberaux comme RPC et Russie on travaille 60 heures voire 72. Est-ce votre modele ?

    "C’est l’idéologie funeste qui, arrivée au pouvoir avec Margaret Thatcher, puis Ronald Reagan, Bush, Sarkozy, Aznar, Berlusconi et autres compères, a opéré un gigantesque hold up au détriment des pauvres et au bénéfice des riches…" Ah l’age d’or de l’Espagne pre-Aznar, quand de la Croisette a Gstaad on n’entendait que la langue de Cervantes !

    "L’ultralibéralisme, c’est la propagande qui cherche à faire croire qu’il n’y a pas de chômage aux Etats-Unis ou en Angleterre," Quelqu’un a dit cela ? Qui donc ? Il y en a, moins qu’en France et Allemagne, mais il y en a.

    "..qu’il existe un problème de retraites (qui ne peut être résolu que par les fonds de pension – ce qui est une absurdité sans nom !)" Non, en France il n’y a aucun probleme de retraite, et si tout le monde sauf nous s’est mis au fonds de pension c’est qu’ils ne doivent pas avoir lu Descartes..

    "..c’est l’argumentation spécieuse au nom de laquelle on fait crever le tiers monde plutôt que de baisser les bénéfices de Big Pharma" Pouvez-vous remplacer votre ’on’ par un sujet mieux defini ? Qui fait mourir le tiers monde plutot que baisser les benefices de Sanofi ? Les francais (actionnaires de Sanofi) ? Sarkozy ? Bush ? Le pape ? Dieu ? Faudrait-il demander aux tyrans africains mis en place par Mitterrand d’acheter plus de medicaments a Sanofi, au lieu de financer les partis politiques francais ? Ou donner (en Afrique seulement)les medicaments, pour que les pharmaciens francais puisse s’aprovissioner gratis ?

    "c’est la doctrine qui sort toutes les arguties possibles pour « prouver » qu’il n’y a pas de dérèglement climatique lié à l’action de l’homme" Ah, mais par le complexe militaro-industriel le rechauffement est du pain beni : vous imaginez, plus d’argent a Putin et arabes pour leur petrole, que du nucleaire fait maison..

    "..que les ressources naturelles sont illimitées et que la science résoudra tout" ce n’etait pas cela le positivisme marxiste, Comte Marx et Lenin ? Alors que le liberal Malthus nous prevenait il y a plus que 300 ans que les ressources sont limitees, mais il etait classe par Marx dans la droite egoiste ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    30 juin @19h08   « »

    @ Hayekfan (n° 1)

    Vous dites : « dans la France ultralibérale de Sarkozy on travaille 35 heures, voire 18. ». Faux ! Argument spécieux ! Vous savez très bien que, dans les faits, on travaille beaucoup plus, parce que, depuis des années, les gouvernements de droite se sont évertués, en conservant hypocrite-ment la façade des 35 heures, à vider celles-ci de leur substance. Par ailleurs, l’invocation d’un travail de 18 h est spécieuse, car elle vise sournoisement à laisser entendre que ces 18 heures suffiraient à faire vivre leur salarié…

    Vous dites : « Dans des pays anti-libéraux comme RPC et Russie on travaille 60 heures voire 72. ». Ce n’est pas parce qu’un pays est libéral (au sens hayékien du terme) qu’il respecte les liber-tés individuelles. Au contraire ! Après le coup d’Etat de Pinochet, le régime ultralibéral a été ex-périmenté in vivo par les « Chicago Boys », ces docteurs Mengele de l’ultralibéralisme, sur les Chiliens enchaînés, à la manière dont le docteur Mengele et ses séides faisaient leurs expériences mortifères sur les déportés. Les grandes sociétés et leurs actionnaires (comme Wal Mart) se satisfont pleinement du régime chinois, qui, en réprimant tous les droits (syndicaux et autres), et en faisant travailler les gens comme des mules, leur permet d’engranger de gras dividendes – et de non moins grasses plus values… C’est dans les Etats du tiers monde, où les droits syndicaux sont réglés à coup de pistolet, que les actionnaires engrangent de juteux bénéfices. Les maquiladoras, ça vous dit quelque chose ? Ça fait partie de votre vocabulaire ?

    C’est par ailleurs dans la très libérale Angleterre que la durée légale du travail n’existe pas, qu’en 1996, 38,8 millions de salariés travaillaient plus de 48 heures par semaine. C’est en Angle-terre que Londres, en 1996, a reçu l’aval de la Commission européenne pour dépasser la durée du travail des enfants de 13-14 ans, fixée à 12 heures, et la porter à 17 heures. C’est aux Etats-Unis qu’il y a une douzaine d’années, certains salariés de l’automobile travaillaient 84 heures par se-maine. C’est le Royaume-Uni qui pousse à la roue pour que tous les pays plongent dans l’opt-out (c’est-à-dire aient la possibilité de dépasser allègrement le plafond légal), etc., etc.

  • permalien hayekFan :
    30 juin @19h26   « »

    Ph. Arnaud

    eh bien dites nous donc : de qui faut-il suivre l’example ? Pas des anti-liberaux RPC et Russie, j’imagine et j’espere. Pas des liberaux US, GB, Japon, Allemagne (ou on parle de retraite a 67 ans) ou Suede (qui coupe de la moitie les impots sur les societes et licencie les profs d’Etat) ou Danemark (ou la precarite s’installe). Que dites-vous de l’abbaye de Theleme, ou la devise de "Fay ce que tu vouldras" rendait heureux tout le monde ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @01h14   « »

    @ Hakekfan (n° 2)

    Avant de reprendre votre dernier message, je passe en revue les divers points de votre avant-dernier.

    Vous dites : « Ah l’age d’or de l’Espagne pre-Aznar, quand de la Croisette à Gstaad on n’entendait que la langue de Cervantes ! ». Vous reprenez l’histoire de l’anglais qui débarque à Calais, voit une rousse et décrète que toutes les Françaises sont rousses… Vous n’auriez pas plus sérieux, comme argument ?

    Vous dites [parlant de la pensée unique qui nous répète qu’il n’y a pas de chômage aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni] : « Quelqu’un a dit cela ? Qui donc ? Il y en a, moins qu’en France et Allemagne, mais il y en a. ». Quelqu’un ? Mais vous ne lisez donc pas les écrits de votre bord ! Mais tout le monde le dit ! Et Jean-Marc Sylvestre, omniprésent sur France Inter, TF1, LCI, et Eric Le Boucher, chroniqueur attitré du Monde, et Claude Imbert, directeur du Point, et Guy Sor-man et Yves Roucaute, et Pascal Salin, et Jacques Garello, et les ultralibéraux de tout poil, et Le Figaro, et Le Figaro Magazine, et Le Nouvel observateur, et Alain Madelin,et les 80 parlementaires du groupe « réformateur » [expression politiquement correcte pour dire ultralibéral] menés par Hervé Novelli, député d’Indre-et-Loire, et last but not least, Nicolas Sarkozy lui-même…

    Et, ne vous en déplaise, du chômage, aux Etats-Unis, il y en a, et bien au-delà des taux ridicu-les que nous présentent leurs adorateurs béats. A commencer par le taux d’incarcération [91 pour 100 000 en France, 96 en Allemagne, 725 aux Etats-Unis (et 2500 pour la population noire)], soit 8 fois plus qu’en France, et qui concerne majoritairement une population pauvre : aux Etats-Unis, la modalité la plus courante du traitement social du chômage est la prison. A continuer par les 30 millions d’Américains qui même en cumulant deux emplois, des crédits d’impôts et des tickets repas, n’ont ni assurance santé, ni congés payés, ni congés maternité (pour les femmes), et un taux de remplacement (ratio salaire/retraite) ridicule. Après cela, on peut raconter n’importe quelle bil-levesée sur le chômage : sur les galères de Louis XIV, l’emploi ne manquait pas…

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @01h15   « »

    @ Hayekfan (n° 3)

    Vous dites, « Non, en France il n’y a aucun problème de retraite, et si tout le monde sauf nous s’est mis au fonds de pension c’est qu’ils ne doivent pas avoir lu Descartes… ».

    Exactement. L’argument du nombre n’est pas un argument de raison, et si la France (qui n’est pas seule, d’ailleurs, conserve la retraite dite – bien à tort – par répartition, c’est, effectivement qu’elle a lu Descartes et qu’elle sait que le système de fonds de pension n’a aucun fondement ni logique, ni moral). Et je vous mets au défi de m’en fournir une démonstration rationnelle !

    Ce que vous n’arrivez pas à vous fourrer dans la tête (et c’est pourtant simple !) c’est que les retraites (toutes les retraites) ne peuvent être que par répartition, que le transfert des richesses pro-duites aux retraités se fait toujours dans l’instant même, car (je me tue à vous le répéter), la ri-chesse ne se transporte pas à travers le temps : c’est strictement impossible ! Le système de fonds de pension ne peut fonctionner que si le nombre des bénéficiaires est petit et le nombre des exploi-tés grands. Transplanté à tous, il revient exactement au même !

    La propagande effrénée (et honteusement trafiquée) martelée depuis des années en faveur des fonds de pension ne vise qu’à une chose : faire basculer dans l’escarcelle des banquiers, boursiers, boursicoteurs, agents de change, experts financiers et autres aigrefins des sommes qui les font baver de rapacité ! Il n’existe aucun argument contre la répartition (enfin, j’entends, au-cun argument rationnel ou honnête…). Les efforts acharnés (fanatiques même) de la droite de-puis les réformes Balladur de 1993 ne poursuivent qu’un objectif idéologique.

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @01h17   « »

    @ Haykefan (n° 4)

    Vous dites, s’agissant de Big Pharma : « Pouvez-vous remplacer votre ’on’ par un sujet mieux défini ? ». Vous n’avez jamais entendu parler du procès intenté à l’Afrique du Sud, en 2000, par 40 firmes pharmaceutiques du Nord pour l’empêcher de fabriquer des médicaments hors brevet ? Vous n’avez jamais entendu parler de la demande adressée par les Etats-Unis à l’OMC, en 2001, d’annuler une loi brésilienne destinée à contourner les droits de brevets ? Vous n’avez jamais entendu parler des efforts acharnés des Etats-Unis et de l’Europe pour vi-der de leur substance l’accord de Doha ?

    Vous dites, à propos de la croyance ultralibérale que la science pourrait tout résoudre : « ce n’était pas cela le positivisme marxiste, Comte Marx et Lénine ? Alors que le libéral Malthus nous prévenait il y a plus que 300 ans que les ressources sont limitées, mais il était classé par Marx dans la droite égoïste ? ». Vous reprenez l’argutie habituelle que la droite imagine imparable : celle de reprendre les déclarations de tel ou tel homme de gauche du temps passé, pour les mettre en contradiction avec les idées de la gauche actuelle. Je m’en fiche totalement ! Ce qu’ont pu dire Comte, Marx ou consorts, ça m’est indifférent ! Ce qui m’importe, c’est qu’aujourd’hui, des ultra-libéraux abrutis (vous me pardonnerez ce pléonasme) comme Guy Millière croient à ces billevesées…

    Quant à choisir un modèle, ce n’est ni compliqué ni utopique : il suffirait simplement d’en revenir au partage des richesses entre capital et travail tel qu’il existait il y a 20 ans, c’est-à-dire avec quelque 10 % en plus pour le travail et autant de moins pour le capital. Ce qui représente, selon les calculs, de 120 à 170 milliards volés par les riches, soit 10 fois le déficit de la Sécurité sociale et 20 fois celui des retraites. Ou, mieux encore, en revenir à la situation de l’été 1944, lorsque la droite et le patronat rasaient les murs en raison de leurs choix récents lors de l’Occupation. Au-jourd’hui, les riches glapissent comme des gorets quand on envisage de leur retirer un minuscule pourcentage de leurs rapines. Mais quand on a le choix entre lâcher un peu de son butin et recevoir 12 balles dans la peau, on a vite fait de trouver ce qui est essentiel et ce qui est superflu… Voyez-vous, Hayekfan, ce qui manque aux riches, c’est des situations comme celle de 1793 ou de l’été 1944 : ça vous aide à avoir une vision plus saine des choses…

  • permalien hayekFan :
    1er juillet @09h33   « »

    Ph. Arnaud qu’est-ce qu’il est drole, votre monde parallele ! "taux d’incarcération aux USA" c’est peut-etre pour cela que des villes comme Dallas et NewYork sont parmi les plus sures du monde, alors qu’en France on se fait cambrioler et agresser. Mais cela ce n’est pas grave, du moment qu’il n’arrive qu’aux riches, pas vrai ?

    "assurance santé aux USA" vous ne connaissez rien des USA, il y a bien deux assurances sante etatiques et gratuites : MediAid et MediCare, comparables a notre CMU.

    "fondement logique des fonds de pension" Un fond de pension n’est qu’une forme d’epargne : garder ce qu’on a en plus, pour les mauvaises annees. Nos paysans font ainsi depuis des millenaires. Rien de plus logique et moral. Alors que la repartition est vivre aux crochets des autres. Recevoir une retraite sans avoir travaille et cotise a la meme hauteur. Se servir des cotisations pour les hors-bilan de l’Etat. Ce n’est pas moral, ni logique ni soutenable, et dans tous les pays l’epargne-retraite ou fonds de pension reviennent au galop.

    "brevet sur les medicaments" La defense de la propriete intellectuelle est la base du progres. Si on ne reconnait pas les brevets, et tout le monde peut copier le travail des autres (faisiez-vous comme cela a l’ecole?), il n’y aura plus de recherche. Qui va sacrifier sa vie pour decouvrir quelque chose qu’on pourra copier ?

    "10 % en plus pour le travail et autant de moins pour le capital" tres bien : on augmente donc le salaire de M. Sarkozy de 10%, et le bonus de M.Zacharias de 90millions a 100millions. (travail!). Et du cote du capital, on baisse de 10% la pension de chaque retraite. Dans votre aveugle fureur ideologique, atrophiee sur des formules obsoletes, vous oubliez que la separation capital-travail est TRASVERSALE a celle riches-pauvres, et on peut bien parler de capital des pauvres et travail des riches. Eh oui, le monde reel est plus complexe que dans les pamphlets de la LCR. Et c’est bien cela le peche originale de la gauche, l’extreme comme la votre ou la moderee comme celle du Modem : le refus obstine d’etudier la realite dans sa complexite empirique, en ne faisant confiance qu’a ses aphorismes farfelus et immuables (toute retraite est par repartition, aux USA pas de Secu, tous les travailleurs sont pauvres, le capital ne beneficie qu’aux riches, etc etc). Mais si on n’etudie pas la realite, on ne la comprends pas non plus, et on tourne en rond comme la gauche francaise d’aujourd’hui, qui ne sait proposer que des greves ou de nouvelles impots.

    "situations comme celle de 1793 ou de l’été 1944" et quand on ne comprend pas la realite, il ne reste plus qu’a la detruire par la violence, comme un enfant qui casse le Lego qui n’arrive pas a construire, ou comme un ado qui balance un extincteur sur la tete d’un carabiniere de son age. A qui la faute si non a leurs mauvais maitres qui n’ont pas etudie, pas compris et pas explique ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @11h25   « »

    @ Hayekfan (n° 1)

    Décidément, vous ne comprenez que ce que vous vous voulez bien comprendre ! Vous dites : « c’est peut-être pour cela que des villes comme Dallas et New York sont parmi les plus sures du monde, alors qu’en France on se fait cambrioler et agresser. ». A tous les égards, votre remarque est à côté du sujet. D’abord, vous ne parlez « que » de deux villes, sur le très grand nombre de celles qui existent aux Etats-Unis. Ensuite, comme d’habitude, vous ne donnez aucun chiffre, ni sur la France, ni sur les Etats-Unis. Enfin – et surtout – je n’ai pas parlé de criminalité (ni même de délinquance) et c’est bien là le problème ! Aux Etats-Unis, la criminalité est effectivement comparable à celle des autres pays. Mais, d’une part, la tranquillité n’est pas liée à la répression, et, d’autre part, cette répression n’a justement pas pour objet une punition des délits mais un traitement de la misère. C’est en cela qu’elle constitue un traitement social du chômage.

    Je me doutais que vous ressortiriez la tarte à la crème des Medicare et Medicaid ! C’est le joker défraîchi que ressortent tous les Garello, Salin, Millière, Roucaute, Sorman, Salin et autres dévots des Etats-Unis. Mais, d’une part, contrairement à Medicaid, Medicare ne prend pas en charge les médicaments prescrits par ordonnance. Or c’est là une dépense très lourde pour les personnes âgées qui souffrent de maladies chroniques (diabète, cancer, hypercholestérolémie, hypertension, dépression) dont la médication peut coûter plusieurs centaines de dollars par mois. » Et, d’autre part, cette « Sécurité sociale » (au demeurant bien faible), ne dit rien de ceux qui, pour un jour ou un dollar sont au-delà du seuil d’éligibilité : les 48 millions d’Américains vivant précisément sans couverture du tout ! Pensez-vous sérieusement un seul instant que les bénéficiaires de Medicare ou de Medicaid auraient des prestations de nababs alors que, pour un dollar de plus ou un jour de moins, leurs concitoyens moins fortunés crèveraient la gueule ouverte ? Pour vous aérer les idées, lisez un peu « Mad in USA » (sous-titré Les ravages du « modèle américain ») par Michel Desmurget, chez Max Milo (Paris, 2008).

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @11h27   « »

    @ Haykefan (n° 2)

    Décidément, d’une part vous n’entendez rien ni au principe ni aux mécanismes de la retraite ! Contrairement à ce que vous pensez, les salariés épargnent pour leur retraite, et ils épargnent tous : cette épargne est visible sur tous les bulletins de salaire, mais la plupart d’entre eux n’en ont pas conscience. Et c’est bien là ce qui vous gêne : parce que vous voudriez, c’est que le versement n’ait plus lieu directement par l’employeur mais qu’il soit effectué par une démarche volontaire de chaque salarié. Et c’est bien là qu’apparaît la perversité de votre démarche : parce que vous savez très bien que, statistiquement, un certain nombre de salariés n’épargneraient pas, qu’ils préféreraient dépenser leur argent immédiatement ! Or, la motivation d’un certain nombre de gens de votre espèce (j’en ai connu de près, qui me l’ont avoué cyniquement) n’est pas tant de profiter de leur tranquillité sur leurs vieux jours, que de jouir de la détresse de ceux qui, toute leur vie, ont préféré les joies de l’instant à celle de l’épargne et qui, sur leurs vieux jours, se retrouvent dans le dénuement !

    Pour vous (par le mécanisme de je ne sais quelle éducation pervertie ?), la récompense ne peut venir qu’à la suite d’une longue série de sacrifices douloureux, et je connais la joie mauvaise de ceux qui me disaient : moi, je n’ai pas fait de sorties, moi je n’ai pas mangé de la viande tous les jours, moi j’ai rarement pris de vacances, moi j’ai usé mes vêtements jusqu’à la corde, moi je n’ai acheté que de petites voitures d’occasion mais je vois un tel qui a bien profité de la vie et qui, aujourd’hui, va tirer le diable par la queue ! Il y avait là comme l’explosion d’une rancune remâchée durant 40 ans, d’idées de vengeance ressassée, de revanche sur une vie entière de médiocrité et de renoncements ! Ce que vous ne pouvez pardonner, c’est qu’on soit prévoyant à la place des autres, que ceux qui, par tempérament, sont cigales, soient protégés contre eux-mêmes ! Eh bien, ne vous en déplaise, « ils » épargnent, mais sans le savoir…

    Enfin, ce qui est encore plus ignoble, c’est que vous savez que la fonction d’épargne n’est pas proportionnelle au revenu : elle augmente plus que proportionnellement à celui-ci. En valeur relative (donc en valeur absolue) les riches peuvent y consacrer une plus grande part. Les premiers déciles du revenu (jusqu’au-delà de la valeur du SMIC en France) sont toujours consacrés aux dé-penses de première nécessité : nourriture, logement, vêtement, santé. Les pauvres épargnent très peu, vous le savez et s’il n’y avait pas, précisément, une part de redistribution, ils ne toucheraient rien ! Ce que vous voudriez, c’est que les pauvres se serrent encore plus la ceinture pour épargner, qu’avant de jouir de leur retraite, ils le sentent bien passer…

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @11h29   « »

    @ Hayekfan (n° 3)

    Là où vous ne comprenez rien non plus, c’est que celui qui a épargné dans des fonds de pen-sion ne touche pas « son » argent : au moment de sa retraite, il ne dispose que de titres (des actions, des obligations, des parts de propriétés d’immeubles, de l’or, etc.). Or, tous ces éléments n’ont pas valeur libératoire : on n’achète pas son pain avec une action et on ne paye pas son médecin avec une action. Si, à la retraite, personne n’est là pour acheter les titres, le retraité crève avec sa richesse virtuelle ! Pas d’acheteur, pas de retraite : la retraite, même dans le cas de la capitalisation, est toujours prélevée sur les richesses de l’instant…

    Elle l’est à un autre niveau, beaucoup plus profond, celui de la production matérielle. In fine, les disponibilités monétaires du retraité (que celui-ci ait une répartition ou une capitalisation) se transforment toujours en quelque chose de concret : une fourniture de biens ou de services (sinon le retraité mourrait à brève échéance). Or, ces biens ou services sont fournis par la population active : si, demain celle-ci disparaissait subitement, les retraités (tous les retraités) n’auraient plus rien du tout, et ceux qui auraient capitalisé pas davantage que les autres, auraient-ils accumulé des milliards en titres ! La retraite, c’est la part de la production que la collectivité décide d’allouer à ses aînés sortis du circuit productif. Et, à cet égard, les titres issus de la capitalisation n’ont pas davantage de valeur que ceux de la répartition. Dans les deux cas, il ne s’agit pas de richesse réelle, mais d’ouverture de droits de créance sur la collectivité.

    Enfin, vous ne prenez, dans la présentation des fonds de pension, que ce qui est le plus idyllique. Vous ne prenez pas, en particulier, les trous béants : les 14,5 milliards de déficit de Ford, les 17 milliards de General Motors. Vous ne prenez pas en compte le comblement de ces trous (très partiel au demeurant) par la collectivité, selon l’excellent principe de l’ultralibéralisme : privatisation des bénéfices, socialisation des pertes. Enfin, vous ne prenez pas en compte ce fait (qui en dit long sur la confiance des gestionnaires de FDP en leur propre système) : le passage des systèmes à prestations définies au passage au système à cotisations définies. Le premier, au Etats-Unis, est passé de 43 % en 1975 à 20 % en 2000…

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @11h31   « »

    @ Haykefan (n° 4)

    Vous dites : « Si on ne reconnaît pas les brevets, et tout le monde peut copier le travail des autres (faisiez-vous comme cela a l’école?), il n’y aura plus de recherche. ». Vous voulez rire ou quoi ? Ce que vous décrivez est ce qui s’est passé depuis les débuts de l’humanité : chacun a copié sur les autres, et c’est ainsi que l’humanité a progressé. Mais c’est là la perversité du libéralisme : profiter gratuitement du savoir engrangé par l’humanité depuis les origines, puis lors-qu’on a ajouté sa pierre, la faire payer très cher… Une grande part des revenus des laboratoires pharmaceutiques n’est pas consacrée à la recherche (ça, c’est de la propagande pour les gogos) mais à la publicité et à la rémunération des actionnaires ! D’ailleurs, lorsque, après le 11 sep-tembre 2001, les Etats-Unis se sont crus victimes d’une attaque à l’anthrax (jamais prouvée…), ils ont obligé Bayer à baisser drastiquement ses prix, selon le principe que ce qui était bon pour les Américains ne l’était pas pour les nègres d’Afrique : deux poids et deux mesures…

    Ne me faites pas rire non plus avec les salariés capitalistes ou les capitalistes travailleurs ! Qu’est-ce que les trois francs six sous gagnés par les salariés à la petite semaine par rapport aux milliards engrangés par les classes supérieures ? Ce que vous dites, ce n’est jamais que les fan-tasmes des classes supérieures (comme l’exprime Philippe Manière dans son très superficiel et très idéologique « Marx à la corbeille ») de faire cautionner par les classes moyennes leur propre exploitation…

  • permalien hayekFan :
    1er juillet @13h46   « »

    Ph Arnaud "les 48 millions d’Américains vivant précisément sans couverture du tout " Bien heureux ! Car 75% d’eux ont des revenus superieurs a $100000. En d’autres mots, ils PEUVENT CHOISIR de se soustraire a cette sorte d’IMPOT qu’est notre Secu, et de ne payer qu’a la carte, si besoin. Forme de liberte inconcevable dans la dictature fiscale francaise.

    "Eh bien, ne vous en déplaise, « ils » épargnent, mais sans le savoir…’" Dommage que cet epargne, au lieu de rester de leur propriete comme ce serait le cas avec les fonds pension, va tout droit dans les caisses noires de l’Etat, et le peu qui en reste est distribue aux retraites d’aujourd’hui (y compris tous les paysans qui ont acquis leurs droits sur une declaration sur l’honneur "on faisait pas de papiers a l’epoque, mais il est toujours venu nous aider aux vendanges..."). Magie ineffable de la repartition, profitez-en bien, tant que cela dure.

    "privatisation des bénéfices, socialisation des pertes" Eh non ! permettez-moi de vous rappeller qu’il s’agit la du principe meme du socialisme. Vous n’avez jamais cotise ? Peu importe, on socialise votre existence fallimentaire et on vous donne un revenu vital. Je suis contre toute allocation sociale, de sorte quelconque. Mieux alors fournir des sevices gratuits a qui ne peut pas (plus) travailler.

    "chacun a copié sur les autres, et c’est ainsi que l’humanité a progressé" Qui a copie quoi ? Un seul exemple, si vous y arrivez... Cela dit, si tout le monde pouvait copier le luxe francais, les Airbus, les TGV, la France deviendrait une prolongations de l’Afrique..

    "Qu’est-ce que les trois francs six sous gagnés par les salariés à la petite semaine par rapport aux milliards" Vous etes pas tres fort en arithmetique. 1500 euro de salaire moyen fois 60millions de francais cela fait 90milliards qui rentrent chaque mois sur le marche’. Meme si tous le 12 milliardaires de France liquidaient leurs fortunes, n’arriveraient pas a la moitie, et le mois suivant ? Plus de 60% des francais investissent desormais en produits financiers, ils font donc partie de la classe capitaliste que vous haissez de toutes vos forces, a qui vous revez de voler 10% de revenus, pour renflouer le comptes caribiques des travailleurs enarques qui ont lu Descartes. Mais ouvrez les yeux, nom d’une pipe. La gauche n’a qu’a proposer un referendum pour taxer les revenus financiers, d’assurance vie, PEA, et similaires, et vous verrez la claque historique et monumentale qu’elle se prend. Ce n’est pas pour rien qu’elle se limite a proposer quelques greves de moins en moins suivies, autre que 1793 ou 1944. Le francais, peuple ouvrier en 1700 est desormais peuple d’assistes et rentiers, et la rhetorique socialiste du travail lui fait de plus en plus tordre la bouche, sale de foie gras bio.

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @14h35   « »

    @ Hayekfan (n° 1)

    Vous dites : « Bien heureux ! Car 75% d’eux ont des revenus supérieurs à $100 000. En d’autres mots, ils PEUVENT CHOISIR de se soustraire à cette sorte d’IMPOT qu’est notre Sé-cu, et de ne payer qu’à la carte, si besoin… ». Comment pouvez-vous ajouter foi à de telles billevesées (au demeurant jamais étayées), à ces raclures de Millière ou de Roucaute, qui puent l’argument spécieux à chaque mot ? Comment pouvez-vous proférer de telles sottises ?

    Aux Etats-Unis, selon le Bureau of Labor Statistics, « The Profile of the working poor 2003 », report 983, 2005, il y a 4,5 millions de travailleurs pauvres si l’on prend en compte ceux qui ont travaillé à plein temps toute l’année, 7,4 millions si l’on inclut ceux qui ont travaillé un minimum de 27 semaines en équivalent plein temps et 30 millions si l’on mesure le nombre de travailleurs percevant un salaire inférieur à 65 % du revenu national médian. Où êtes-vous allé pêcher vos chiffres invraisemblables ?

    Aux Etats-Unis aussi, les gens ne sont pas fous : ils ne « choisissent » pas, comme vous le di-tes, de ne pas s’assurer ! Comme tout le monde le fait (et les riches en premier), ils préfèrent se reposer sur le système de la mutualisation des risques plutôt qu’au paiement à l’acte qui, aux Etats-Unis, non seulement est particulièrement salé (un pontage cardiaque coûte entre 55 000 et 60 000 $, ce qui fait déjà la moitié des revenus mirifiques que vous prêtez à 75 % des Américains), mais, par une perversité bien « libérale » (au sens d’ultralibérale), ce même pontage cardiaque revient entre 123 000 et 177 000 $. Comment le simple bon sens, le calcul rationnel, qui commande de s’assurer pour tout ce que l’on peut (et que les riches, eux pratiquent abondamment, alors que, selon vos théories à la noix, ils pourraient s’en passer), comment des gens qui pourraient le faire ne le font-ils pas ?

    La dictature fiscale, ça n’existe pas ! C’est un slogan creux inventé par les riches (ou ceux qui ont une âme de requin) pour camoufler leur mesquinerie et leur égoïsme sordide. L’impôt, ne vous en déplaise, c’est, selon le très beau mot de Condorcet, « un tribut que le peuple se paie à lui-même ». Et là où certaines prestations (comme l’éducation, la santé ou la retraite) qui, en France sont couvertes par l’impôt, le sont, aux Etats-Unis, par des sociétés privées, cela coûte les yeux de la tête. J’en sais quelque chose : mes études à l’université (publique) ne m’ont coûté qu’un droit symbolique d’entrée. Les études de commerce (privées) de notre fils ont coûté il y a 10 ans, 30 000 francs par an sur 3 ans (hors livres, ordinateur, chambre, nourriture, voyages et distractions)…

  • permalien hayekFan :
    1er juillet @15h24   « »

    "ce qui fait déjà la moitié des revenus mirifiques que vous prêtez à 75 % des Américains" Non pas a 75% des Americains, cela va de soi et je pensais etre suffisamment clair, mais a 75% des 45millions de non assures. Rendez libre la cotisation a la Secu francaise, et vous aurez en France aussi quelques millions de non assures.

    "comment des gens qui pourraient le faire ne le font-ils pas" Car tout le monde ne va pas avoir besoin des soins.

    "mes études à l’université (publique) ne m’ont coûté qu’un droit symbolique d’entrée. Les études de commerce (privées) de notre fils ont coûté il y a 10 ans, 30 000 francs par an sur 3 ans (hors livres, ordinateur, chambre, nourriture, voyages et distractions)…" D’abord vous comparez les pommes aux oranges : vos etudes n’ont pas la meme valeur que ceux de votre enfant. Et puis vous faites erreur en disant que vos etudes n’ont rien coute : ils ont coute des grands sous payes en impots par les autres et donc indisponibles pour investissement, consommation et croissance. Si vous aviez paye vous meme votre ecole, peut-etre un entrepreneur aurait ete moins impose, et il aurait pu investir et creer des postes de travail.

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @16h31   « »

    @ Hayekfan (n° 2)

    Vous dites : « comment des gens qui pourraient le faire ne le font-ils pas" Car tout le monde ne va pas avoir besoin des soins ». Mais comment pouvez-vous, en si peu de mots, témoigner d’autant de mauvaise foi et proférer de telles âneries ? Comment savez-vous, a priori, qu’on ne va pas avoir besoin de soins ? Comment savez-vous que vous, ou vos enfants ne vont pas avoir une maladie infectieuse, une appendicite, un accident ? Contrairement à ce que vous sous-entendez pernicieusement, les aléas de la vie, ça arrive à tout âge…

    Vous dites : « D’abord vous comparez les pommes aux oranges : vos études n’ont pas la même valeur que ceux de votre enfant. ». Qu’en savez-vous ? Que savez-vous de ma situation ? Que savez-vous de la situation ou des satisfactions que m’ont procuré mes études ? Qui êtes-vous pour juger de ma situation à ma place ?

    Vous dites : « Dommage que cette épargne, au lieu de rester de leur propriété comme ce serait le cas avec les fonds pension, va tout droit dans les caisses noires de l’Etat, et le peu qui en reste est distribue aux retraites d’aujourd’hui… ». Mais où allez-vous chercher toutes ces légendes ? Dans quels fonds de poubelles ? Depuis plus de 40 ans, j’ai pu observer, autour de moi, plein de gens qui sont partis à la retraite, avec des taux de remplacement de 70 à 75 %, et j’ai pu vérifier, effectivement, d’après le train de vie qu’ils menaient (et leurs bulletins de pensions qu’ils me montraient) que ce taux était bien celui-ci ! J’ai vu des parents, des voisins, des collègues, dans divers points de France, diverses situations et divers états de fortune. Quand cesserez-vous de ra-masser des ragots ?

    Le versement direct des actifs aux retraités n’est jamais que la traduction de la solidarité (ça vous dit quelque chose ?) de la collectivité, de la communauté, de la nation, de la société (je sais bien que ces mots vous écorchent les oreilles) envers ses membres les plus faibles : ceux qui ont eu un métier faiblement payé, les femmes veuves ou délaissées, les couples sans enfants, etc., qui, dans votre société de jungle, n’auraient qu’à crever la gueule ouverte… Quant au versement aux fonds de pension, il ne sert jamais qu’à alimenter la spéculation ou à nourrir des parasites (quand ce n’est pas à ruiner les épargnants avec des opérations des plus hasardeuses : Enron, Maxwell), voire – ironie du sort ! – à se retourner contre les enfants des ayants droit, voire contre les ayants droit eux-mêmes, en les fichant à la porte de leur entreprise pour voir monter les actions…

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @16h33   « »

    @ Hayekfan (n° 3)

    Vous dites : « Non pas a 75 % des Américains, cela va de soi et je pensais être suffisam-ment clair, mais a 75 % des 45 millions de non-assurés… ». Décidément, on nage en pleine in-cohérence ! Alors, selon vous, 45 millions [je note au passage, lapsus significatif, que les 48 millions initiaux ont subi un allègement de 3 millions d’un message à l’autre…] disposeraient de plus de 100 000 $ par an, soit plus de 8300 euros par mois et ils ne s’assureraient pas ! Aux Etats-Unis, selon l’American Census Bureau, 7 % des ménages américains disposent d’un revenu supérieur à 150 000 $, 18 % reçoivent plus de 100 000 $...et 50 % gagnent moins de 50 000 $ ! (Ce qui en dit long sur l’inégalité de la société américaine…).

    Comment un ménage américain qui dispose de plus de 8300 $ par mois peut-il être assez fou pour choisir (volontairement !) de ne pas s’assurer ! Si l’on admet une PPA (parité de pouvoir d’achat) de 0,9 à 1 entre les Etats-Unis et la France. [On peut se payer avec 9 unités monétaires européennes ce qu’on se paye avec 10 aux Etats-Unis], un revenu de 8300 $ mensuels correspondrait, en France, à près de 7500 euros, ce qui est effectivement très confortable (toutes choses égales par ailleurs, notamment la localisation de l’habitation). Même en prenant en compte toutes les entourloupes des assureurs (franchises à 500 ou 1000 $, plafond de remboursements fixé à 250 000 ou 500 000 dollars, existence de co-paiements de 20 % entre le client et l’assurance), comment ce ménage peut-il être assez fou pour ne pas s’assurer alors qu’une simple appendicectomie (très courante) peut aller de 2500 $ (si l’on n’est pas assuré) à 14 000 $ (si l’on est assuré), soit 1,12 mois du revenu des ménages américains les mieux lotis ? Comment ce ménage peut-il être assez fou pour ne pas se couvrir alors que l’ablation d’un kyste revient de 6900 à 74 000 $ (selon qu’on est assuré ou non), soit près de 6 mois des revenus de la plus basse tranche des 7 % de ménages américains les plus favorisés ? Comment ce même ménage peut-il être assez fou pour risquer (au sens propre du terme) de bouffer la baraque sur un coup du sort en rabiotant des queues de cerises ?

    J’ajoute que je tiens ces données à la fois de plusieurs ouvrages (dont celui que je vous ai mentionné) mais aussi de plusieurs Américains – de divers degrés de la classe moyenne, femmes seules ou ménages avec et sans enfants – qui font l’aller et retour au moins une fois l’an entre la France et les Etats-Unis. Alors ne venez pas me bourrer le mou avec vos histoires croquignolesques !

  • permalien Ph. Arnaud :
    1er juillet @17h50   « »

    @ Hayekfan

    - Deux précisions : j’ai inversé les données ! Aux Etats-Unis, il faut lire que les opérations chirurgicales sont "plus" chères et non pas « moins » chères lorsqu’on n’est pas assuré que lorsqu’on est assuré. Et elles le sont dans des proportions telles que votre hypothèse de ne pas être assuré alors qu’on le pourrait est encore plus irrationnelle eu égard au peu de bénéfices escomptés par rapport aux risques encourus...

    - Je vais partir quelque temps en un lieu où je ne disposerai qu’épisodiquement d’Internet. Mes réponses tarderont donc…

  • permalien hayekFan :
    1er juillet @18h12   « »

    Ph Arnaud "plein de gens qui sont partis à la retraite, avec des taux de remplacement de 70 à 75 %"

    eh bien, meme si vous etes faible en arithmetique, essayez donc de calculer combien ils auraient pu avoir avec un simple placement de leur cotisations pendant 40 ans sur l’index actionnaire de Wall Street (18% par an en moyenne), et comparez le a la misere que la dictature socio-fiscale francaise leur laisse, a savoir 70% de leur maigre paie. Apres que le behemot etatique s’est servi au passage..

    Sur les assures aux US, vous avez le plus grand mal a me croire, dommage pour vous, renseignez vous sur le pourcentage d’assures sociaux chez les classes aisees et vous aurez de belles surprises. Mais vraiment croyez-vous que les revenus de plus de $100000 mettent leur vie dans les mains des toubibs des dispensaires des mutuelles ou des hopitaux etatiques ? Mais meme en France quand on est rentier on va se faire soigner dans les cliniques suisses, monegasques, au New Jersey ou au New York. Alors a quoi cela sert de payer cette abominable CSG/CRDS ?

    Vous faites profession de foi dans votre Dieu, l’Etat, qui est cense faire tout a la perfection. Desole de vous reveiller, l’Etat est un pietre investisseur (ne lui confiez pas votre epargne) et pire medecin (encore moins votre sante). Et vous avez bien fait de ne lui confier meme pas l’education de votre fiston.

  • permalien Myriam Solange :
    2 juillet @19h45   « »
    Savoir à l’italienne

    Bonjour, Saviez-vous que nul n’est en droit de critiquer le régime gouvernemental italien ? Le résidant permanent européen vivant en Italie se doit d’accepter les limites sont nombreuses mais elles invoquent inconditionnellement la charte des droits et libertés révisée et améliorée lors de la fondation de l’union européenne. Si madame du manifesto critique berlusconi c’est pour gagner sa vie et son pain. Effectivement, c’est un métier et non une profession que de critiquer vivement ou à couvert. Mais l’Amérique est beaucoup moins généreuse à l’égard des propos mensongers, malmenés et pauvres en originalité et en recherche. Il y a presque trois ans, j’ai couvert l’enlèvement de Giulia Sgrena pour la chaîne télévisuelle Canadian Broadcasting. J’ai traduit une entrevue italienne menée à l’anglaise par un journaliste anglais. A plusieurs reprises le mec se permettait de critiquer, j’en ai pris bonne note et j’ai utilisé cette expérience de transcription télée pour avancer mes études en diplomatie par correspondance à l’université. Ce que je tiens à dire se dit ainsi : les critiques du gouvernement ne doivent pas être considérés comme des guides ou des conseillers pour comprendre la politique internationale. Ils sont nombreux les italo-canadiens ou américains qui craignent leur président ou premier ministre et qui ne redouteraient pas retourner dans leur pays qu’est L’ITALIE.

    ps parmalat est un faux scandale cesser d’en parler. Infantino, M. 282891431

  • permalien Ph. Arnaud :
    3 juillet @17h12   « »

    @ Hayekfan

    1. Et le nombre des retraités qui ont été ruinés ou spoliés par le combinaisons hasardeuses, voire carrément délictuelles (Maxwell, Enron) des gestionnaires de ces fonds ? Et tous ceux qui ont appelé l’Etat à l’aide pour les renflouer ? 2. Si les rendements sont si mirifiques, expliquez-moi pourquoi tous les fonds de pension abandonnent progressivement les systèmes à prestations définies pour des systèmes à cotisations définies ? 3. Les rendements mirifiques des fonds de pension, ça n’existe que dans Perrette et le pot au lait... 4. Vous avez encore déformé ce que je disais à propos de la santé ! Quel que soit le système (Sécurité sociale générale, mutuelles ou assurances), le système de prévention contre le risque santé repose sur la mutualisation. Même pour les plus riches, même aux Etats-Unis. je ne vois donc pas ce que des gens qui gagnent 100.000 $ par an (c’est-à-dire se situent dans les 15 % les plus riches) gagneraient à payer à l’acte, vu la cherté délirante de ces prestations aux Etats-Unis. 5. Enfin, je vous l’apprends si vous ne le savez pas : en France, le coût de gestion de la Sécu est inférieur à celui des mutuelles, lui-même inférieur à celui des assurances. Le prédateur se situe du côté privé, pas du public...

  • permalien hayekFan :
    3 juillet @18h25   « »

    Ph. Arnaud vous savez, si Enron avait ete Bull, Credit Lyonnais, France Telecom et plethore d’autres, elle serait encore en vie, sous perfusion de l’argent des contribuables. Mais non, elle a fait faillite et c’est un cas isole. Combien d’heureux retraites prosperent aux US, malgre Enron ? Renoncer aux fonds de pension a cause d’Enron, ce serait comme renoncer a se soigner en France a cause du sang contamine ou des irradies d’Epinal. De toute facon, je vous le repete, les fonds de pension sont incontournables : les retraites francaises futures ne sont pas financees, meme si on travaillait tous jusqu’a 70 ans (alors que le taux d’emploi des over-50 est de 28%). On va devoir faire comme tout le monde : peut etre que apres avoir lu Descartes on aurait du lire aussi Locke !

    Sur la sante je vous repete qu’il est plus interessant de payer (si et quand necessaire) vos soins, plutot qu’une cotisation tous les mois pendant 40 ans. Essayez de calculer le capital que vous generez en 40 ans si vous placez a 18% par an (index boursier USA) toutes vos cotisations Secu, plus CSG/CRDS. Suivant vos cotisations, cela peut se chiffrer en millions.

  • permalien Nicolas Krebs :
    6 juillet @13h20   « »

    Qu’est-ce que "ultraliberal" ?

    (hayekFan)

    C’est une idéologie portée par exemple par Friedrich Hayek. Vous le connaissez, peut-être ?

    je vous repete qu’il est plus interessant de payer (si et quand necessaire) vos soins, plutot qu’une cotisation tous les mois pendant 40 ans.

    (hayekFan)

    Pauvres entreprises d’assurance.

  • permalien habsb :
    7 juillet @09h01   « »

    NICOLAS KREBS

    "C’est une idéologie portée par exemple par Friedrich Hayek. Vous le connaissez, peut-être ?"

    Bien sur, je le connais, ce que je connais pas c’est cet adjectif "ultraliberal", totalement etranger a la tradition philosophique, et utilise par un certain sous-bois pseudo-intellectuel pour connoter les positions liberales classiques et en meme temps les disqualifier comme extremistes. Un adjectif qui est deja un jugement de valeur (negatif). Soit, on qualifie Hayek d’ultraliberal, mais quel journaliste qui a tapote au clavier cent fois le mot ultraliberal, aurait lu un seul livre d’Hayek, en original, sans les malentendus d’un franchouillard "lost in translation" ?

  • permalien Stef :
    7 juillet @17h32   « »
    France, USA, libéralisme (1 de 2)

    Suivant ma propre idéalogie, le meilleur se situe toujours entre les deux extrêmes. Mon avis est que la crise monétaire américaine/anglaise actuelle va donner un bon coup à l’idéalogie libérale (ultra ou néo). Je crosi que celle-ci ne fonctionne que pour ceux qui sont riches. Par exemple, une famille pauvre ne peut envoyer son enfant dans une grande école privée et ce dernier ne pourra donc pas occuper certains postes dans nos sociétés. Il est très facile pour un français d’aimer le libéralisme alors que la France est un pays riche qui possède plusieurs entreprises multinationales. Mais qu’arrivera-t-il lorsque des pays comme la Chine, l’Inde ou la Russie achèteront ces grandes entreprises et qu’il ne restera que les petites et moyennes ? Comment les français réagiront-ils ?

    Demandez au reste du monde ce qu’ils pensent d’un système comme celui de la France et voyez ce qu’on vous répondra. Ils vous diront très certainement, à moins qu’ils ne soient riches, qu’ils admirent les soins de santé gratuits, le régime de retraite pour tous, l’assurance chomage, le RMI, le salaire minimum, etc. La liberté doit avoir la même priorité que la fraternité et la solidarité. Le juste milieu. Le liberalisme ne doit pas se faire au dépend de la solidarité.

    Si une personne est assez riche pour acheter des fonds de pension, pourquoi n’est-elle pas assez riche pour cotiser à la Secu ? Selon moi, la cotisation à la Sécu doit être proportinnelle au salaire. Une personne riche ne peut être riche sans les pauvres qui l’entourent. Qui ramasse les ordures, nettoie les rues, change les ampoules, réparent les voitures, conduit les métros, etc ? La France s’est battue pendant si longtemps pour obtenir une certaine forme de solidarité et on voudrait tout détruire en quelques années...

  • permalien Stef :
    7 juillet @17h33   « »
    France, USA, Libéralisme (2 de 2)

    L’égocentrisme vient très souvent avec la richesse. Quand on a plus besoin des autres, on le rejette, on les classe, on les sélectionne, on les oublie, on les ignore, etc. Mais on fini toujours pas avoir besoin de ces mêmes personne un jour ou l’autre... Une malchance (investissement dans Enron) ou l’approche de la mort.

    La "faillite" d’Enron, de Anderson Consulting, de Bear Sterns a ruiné des milliers d’Américains, surtout les petits investisseurs comme nous. 18% par an, ça n’existe tout simplement pas ! Vous ne semblez pas vous rendre compte que ce chiffre est un rendement énorme. Un rendement élevé n’est atteignable que par un risque également élevé. Ce qui signifie qu’on peut très bien faire 100% par an sur une courte période, mais une baisse de 100% est autant possible sur le même titre. La bourse américaine (Dow Jones) a un rendement se situant plutôt à moins de 6% par an, ce qui est trois fois moins que vos 18% !!

    Les français devraient apprendre à aimer la France et son système. D’où vient ce sentiment de haine contre l’état ? Pourquoi vouloir à tout prix contourner le système au lieu de l’accepter ? Pourquoi l’état ne peut-il pas faire confiance à ses citoyens ? L’état coûte cher parce que les citoyens abusent autant qu’ils le peuvent. Avant d’avoir confiance aux autres, il faut apprendre à avoir confiance en nous, ce qui implique que nous devons nous-même agir pour attirer cette confiance.

  • permalien habsb :
    7 juillet @19h21   «

    STEF

    "Mon avis est que la crise monétaire américaine/anglaise actuelle va donner un bon coup à l’idéalogie libérale"

    La crise monetaire USA est due a l’effondrement des banques, inevitable apres 12 ans de mefaits de la loi votee sous Clinton ("changes to CRA"). Cette loi empeche a toute banque de refuser un credit aux emprunteurs defavorises, et permet la creation de titres negociables composes de subprime credits, pour decharger sur le marche la non-solvabilite de tels emprunteurs.

    "Par exemple, une famille pauvre ne peut envoyer son enfant dans une grande école privée et ce dernier ne pourra donc pas occuper certains postes dans nos sociétés."

    Combien d’enfants de famille pauvres occupent ces memes postes en France ou en Russie, ou en Chine ? Les elites se debrouillent dans chaque pays pour trouver des moyens de selection autres que le simple talent : le niveau scolaire des enclaves riches, la frequentation d’un reseau ferme, ... L’argent reste le moyen le plus ouvert, aussi l’enfant de famille pauvre ne sera pas ministre mais simple dentiste ou commercant, et son fils pourra frequenter une grande ecole.

    "Mais qu’arrivera-t-il lorsque des pays comme la Chine, l’Inde ou la Russie achèteront ces grandes entreprises et qu’il ne restera que les petites et moyennes ?"

    Si le monde reste liberale, on pourra acheter les leurs, et on ne sera pas moins riche ici que la bas.

    "ils admirent les soins de santé gratuits, le régime de retraite pour tous, l’assurance chomage, le SMIC"

    Choses disponibles dans chaque pays liberale, avec de petites differences de pays a pays. Par example aux US vous avez une assurance chomage, mais en echange de prestations, un salaire minimum, soins de sante gratuits appelles MediAid et MediCare, et comme en France, la retraite pour ceux qui ont travaille et cotise.

    "Selon moi, la cotisation à la Sécu doit être proportinnelle au salaire."

    C’est comme cela dans tous les pays liberaux.

    18% par an, ça n’existe tout simplement pas !..La bourse américaine (Dow Jones) a un rendement se situant plutôt à moins de 6% par an, ce qui est trois fois moins que vos 18% !!"

    Le rendement moyen des meilleurs fonds americains sur les derniers 30 ans est autour de 20% par an.

    "D’où vient ce sentiment de haine contre l’état ? ..L’état coûte cher parce que les citoyens abusent autant qu’ils le peuvent. ."

    Non, l’Etat (francais) coute cher parce que un grand nombre de personnes se sert au passage. Tous les politiciens, les elus locaux, les burocrates, beaucoup d’assistes sociaux qui pourraient marcher des propres jambes, tous les soins medicaux inutiles et j’en passe. Vivre grace aux travail des autres, cela s’appelle pratiquer de l’esclavage et attire la haine des personnes qui vous entretiennent.

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