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Percée sur le nucléaire iranien ?

mercredi 2 juillet 2008, par Alain Gresh

Dans un envoi du 2 juillet signé par Gareth Porter, « Official Says Iran Accepts P5+1 Talks Proposal », Inter Press Service annonce que l’Iran aurait accepté les nouvelles propositions du groupe 5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni + Allemagne), présentées par Javier Solana le 14 juillet. Selon les propos du ministre des affaires étrangères Manoucher Mottaki, reproduits par l’agence de presse officielle, l’Iran aurait accepté d’ouvrir des pré-négociations sur la base du principe « gel contre gel » durant six semaines, le temps d’ouvrir les pourparlers : Téhéran suspendrait son programme d’enrichissement et les 5+1 suspendraient toute sanction supplémentaire.

Selon l’agence de presse iranienne, Gholam-Reza Aghazadeh, chef de l’agence nucléaire iranienne, aurait déclaré qu’un des aspects positifs du compromis était que l’Occident acceptait la possession par l’Iran de trois mille centrifugeuses qui permettent l’enrichissement de l’uranium.

Le journaliste cite aussi Ali Akbar Velayati, un ancien ministre des affaires étrangères (1981-1997) et l’un des principaux conseillers politiques de l’ayatollah Khamenei : « Les Américains ne veulent pas que nous acceptions les propositions de Solana. C’est donc de notre intérêt de les accepter. » Gareth Porter fait aussi référence plusieurs fois à la menace d’intervention militaire américano-israélienne, qui aurait pesé sur la décision iranienne.

Ce 2 juillet, le quotidien Libération propose un dossier de quatre pages intitulé « Nucléaire : l’offre de Téhéran à l’Occident ». Le quotidien publie aussi une lettre d’Ali Akbar Velayati, titrée : « Au nom de Dieu, que veut l’Iran ? ».

L’éditorial de François Sergent, « Ouverture », se conclut ainsi :

« C’est pourquoi l’ouverture de Velayati, aussi ambiguë soit-elle et que nous publions aujourd’hui est intéressante. On aurait tort d’expliquer simplement cette inflexion par les manœuvres et règlements de comptes inhérents au régime iranien, un système de pouvoir à peu près aussi limpide qu’un conclave. A l’Occident, et en particulier à la France qui vient de prendre la tête de l’Union européenne, de répondre à ce geste de Téhéran. Barack Obama a lui-même eu le courage d’affirmer la nécessité d’ouvrir le dialogue avec les ennemis de l’Amérique, dont l’Iran. Il s’agit sans illusion ni précondition de voir si Téhéran est prêt à être enfin transparent sur son programme nucléaire. Il ne l’a jamais été et le régime a beaucoup menti. Mais un mauvais accord vaudra toujours mieux qu’une bonne guerre. »

Peut-être parce que le quotidien a obtenu le scoop de la lettre, son ton tranche avec l’agressivité habituelle à l’égard des positions défendues par l’Iran, toujours soupçonné des plus noirs desseins.

On entre peut-être dans de longues négociations ; en tous les cas, c’est ce que l’on peut espérer de mieux. Car le dossier nucléaire iranien sert de prétexte à une politique américaine agressive dont les conséquences pourraient être désastreuses pour tout le Proche-Orient.

Sur ce dossier, on pourra lire nombre d’envois sur ce blog, notamment « A nouveau le nucléaire iranien » et « Fischer : Israël pourrait attaquer l’Iran ».

42 commentaires sur « Percée sur le nucléaire iranien ? »

  • permalien Jean-Marie :
    2 juillet 2008 @21h01   »
    Mesure préventive

    Au cas où quelq’un en profiterait pour nous ressortir le "rayer de la carte"

    Qu’a donc réellement dit Ahmadinejad ? Commençons par citer ses mots exacts en persan : « Imam ghoft een rezhim-e ishghalgar-e qods bayad az safheh-ye ruzgar mahv shavad. »

    Ce passage ne signifiera rien pour la plupart des gens, mais un mot cependant devrait faire dresser l’oreille : « rezhim-e ». C’est le mot « régime », prononcé comme le mot anglais [« regime », NdT] avec un son supplémentaire – « eh » - à la fin. Ahmadinejad ne se référait pas au pays-Israël ou au territoire-Israël, mais au régime israélien Il s’agit là d’une distinction cruciale, puisqu’il est impossible de rayer un régime de la carte Ahmadinejad ne se réfère même pas à Israël par son nom ; à la place, il utilise la périphrase « rezhim-e ishghalgar-e qods » (c’est-à-dire littéralement « régime occupant Jérusalem »). Ce qui soulève une autre question : que voulait-il exactement voir « rayé de la carte » ? La réponse est : rien du tout. Puisqu’il n’a jamais utilisé le mot « carte ». Nulle part dans sa phrase originale en persan, ni d’ailleurs dans l’intégralité de son discours, n’apparaît le mot persan « nagsheh » qui signifie « carte ». Pas plus que la formule occidentale « rayer ». Et pourtant, on nous pousse à croire que le Président de l’Iran a menacé de « rayer Israël de la carte », bien qu’il n’ait jamais prononcé les mots « carte », « rayer » ni même « Israël ». « The Imam said this regime occupying Jerusalem must vanish from the page of time »

    Ahmadinejad introduit le premier et le troisième exemples par les propres mots de Khomeiny prédisant la fin de ces régimes personnels. Il conclut en rappelant le vœu inaccompli de Khomeiny : « L’Imam disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. Cette affirmation est très sage. » C’est là le passage qui a été si fameusement isolé, déformé et dénaturé.

    http://www.tlaxcala.es/pp.asp?refer...

  • permalien K. :
    2 juillet 2008 @21h25   « »

    L’ouverture ne semble pas qu’iranienne :

    La semaine dernière, « sur fond de rumeurs selon lesquelles Tel-Aviv cherche l’accord tacite de Washington pour attaquer l’Iran », le chef de l’état-major américain l’amiral Mike Mullen s’était rendu en Israel.

    Il s’est exprimé aujourd’hui :

    « Une frappe israélienne contre les installations nucléaires en Iran serait une initiative à haut risque qui pourrait déstabiliser l’ensemble de la région, a averti mercredi le président de l’état-major interarmes de l’armée américaine, estimant qu’un troisième front au Moyen-Orient placerait une "pression extrême" sur Washington. »

    « L’amiral Mullen a par ailleurs jugé qu’"il y a un besoin de plus de clarté, même de dialogue à un certain niveau" entre le gouvernement américain et le gouvernement iranien. »

    Bush a même inversé son leitmotiv favori (“Qu’il est laid le bidet”/“Le bidet, il est laid”).

  • permalien lou :
    2 juillet 2008 @22h06   « »
    La rengaine de la plainte du prédateur

    « L’ancien patron du département de recherche des services de renseignement de Tsahal, le général Yossi Kuperwasser, affirme dans une interview au quotidien Yediot Aharonot que les pays occidentaux vont laisser à Israël le soin de faire le “sale boulot”, c’est-à-dire, laisser l’aviation militaire israélienne seule, frapper les installations nucléaires iraniennes.

    Selon le général Kuperwasser, le rapport de services de renseignement américains faisant état d’une attaque israélienne en Iran à la fin de l’année 2008 confirme ses déclarations. De cette façon, indique Kuperwasser, l’Etat d’Israël sera tenu pour responsable en cas d’embrasement du Moyen-Orient à la suite de ces frappes.— »

    Source

  • permalien Sardon :
    2 juillet 2008 @22h20   « »

    Bonjour,

    Malheureusement, il est à craindre que cette tentative désespérée de la part de l’Iran d’éviter l’anéantissement nucléaire ne serve à rien. En effet, il est maintenant plus que probable que la frappe nucléaire "chirurgicale" des forces U.S., assistées par Israël et par les caniches européens, ait déjà été décidée. Le but des Etats-Unis, c’est de transformer l’Iran en gros trou radioactif, afin de montrer au reste du monde ce qu’il en coûte d’oser défier le parrain.

    Ce que les Etats-Unis semblent ne pas prévoir, c’est que cette attaque entraînera très probablement une troisième guerre mondiale ; avec le stock d’armes nucléaires accumulé depuis plus de soixante ans, la survie de l’espèce humaine, et même de toute forme de vie sur terre, est en jeu.

    Je ne sais pas quant à vous, mais moi, je n’ai rien prévu de spécial pour Noël prochain.

  • permalien Jo :
    3 juillet 2008 @03h03   « »

    @Sardon « Je ne sais pas quant à vous, mais moi, je n’ai rien prévu de spécial pour Noël prochain. » Vous auriez au moins pu commander un abri antiatomique au père noël.

  • permalien Sardon :
    3 juillet 2008 @07h44   « »

    Bonjour,

    @ Jo :

    "Vous auriez au moins pu commander un abri antiatomique au père noël."

    Il semble en effet que ce soit la seule chose qui reste à faire.

  • permalien yaj :
    3 juillet 2008 @08h38   « »
    sagesse

    and

    Bonjour,

    des frappes sur les sites iraniens auront les conséquences suivantes :

    1. Finalisation de la fascisation des régimes occidentaux 2. Elévation du risque de guerre nucléaire à un niveau préoccupant 3. Perte de contrôle total de la situation moyen-orientale par tous les acteurs, domestiques et étrangers 4. répercussion importante sur les questions pétrolières (prix, apprivisionnement, sécurité) 5. Fin du dialogue islam-occident 6. Entrée dans une phase perpétuelle de guerre asymétrique impliquant la plupart des minorités sur l’ensemble du globe 7. Début d’une phase conflictuelle permanente dans les relations internationales et fin du droit international (déjà entamé par guerre d’irak) 8. Assassinat de milliers d’innocents

    Donc résistance est le mot d’ordre

  • permalien bert :
    3 juillet 2008 @09h08   « »

    @ Jean Marie : Vous avez entièrement raison...mais cela n’empechera pas que le "rayer de la carte" ressortira encore et encore sous la plume de nos journalistes les plus en cour, de même que dans la presse israélienne, ou aux USA...Dans la même veine, se multiplient les articles et déclarations (du Monde à Obama, du Nouvelobs à l’UMP) affirmant que Jerusalem est la capitale d’Israèl...

    C’est la vieille méthode "répétez encore et encore un mensonge, il devient une vérité"...

    @ Yaj : Oui pour l’enfoncement des régimes occidentaux dans la boue de l’extrême droite, bien que sans bombardement de l’Iran, cela se vérifiera aussi. Oui pour l’assassinat de millions d’innocents, mais cela n’est pas important, n’est ce pas, quand c’est au nom de la "liberté"... (voir Irak, Afghanistan, Palestine...). Par contre, il ne faut pas mésestimer l’isolement iranien dans la région. Les royaumes du Golfe sont toalement inféodés aux USA/Europe et économiquement dépendants. Ils ne bougeront pas le petit doigt et exigerons un parapluie de protection au moindre incident. En Irak, il n’y aura que peu de soutien aux iraniens, et les iraniens ne peuvent faire grand chose sur le terrain. Les pakistanais ne feront rien non plus, de même que leurs marionettes afghanes. La Syrie est trop menacée pour réagir, et les turcs trop engagés en occident. Peut être russes et chinois se plaindront-ils, mais cela n’aidera pas la population iranienne, qui verra un renforcement de la droite religieuse chez elle, et encore plus d’isolement à l’étranger. Le "dialogue" interreligieux ne règle jamais rien politiquement, puisqu’au niveau des modérés, il a toujours existé sans jamais être déterminant, et aux niveaux des extrémistes, il est inexistant, et ce sont les extrémistes qui mènent le bal. De plus, l’Islam chiite n’est que peu représenté, et ses disciples sont carrèment des apostats pour nombre d’extrémistes sunnites. Les relations conflictuelles au niveau international, nous ne connaissons que cela depuis 50 ans, et surtout depuis 2001. L’augmentation du prix du brut ne désole pas tout le monde, bien au contraire, dans le golfe comme à Neuilly ou les îles Vierges...

  • permalien Sardon :
    3 juillet 2008 @12h14   « »

    Bonjour

    @ Yaj : "Des frappes sur les sites iraniens auront les conséquences suivantes (...) : Fin du dialogue islam-occident"

    Ah bon. Je n’étais pas au courant qu’il y avait jamais eu un "dialogue islam-occident". Je croyais naïvement que la seule attitude qu’avait adopté l’Occident face au monde musulman était celui de la conquête, de la domination, de l’humiliation et du mépris. L’Occident n’a jamais été intéressé par un quelconque "dialogue" avec l’Islam, pas plus d’ailleurs qu’avec les civilisations autres que la sienne propre : le seul intérêt qu’a jamais revêtu pour lui le monde musulman (comme d’ailleurs le reste du monde), c’est comme objet d’un pillage colonial, avec extermination systématique de ceux qui ne voulaient pas se laisser faire (hors du monde musulman, il y a l’exemple des Amérindiens). Malheureusement, l’Occident a démontré depuis longtemps au reste du monde que le "dialogue" ne l’intéressait pas, si ce n’est pour amuser la galerie : le seul langage qu’il comprend est celui de la force, et c’est celui qu’il s’apprête à tenir à la malheureuse nation iranienne, pour la punir de ne pas capituler en rase campagne face à ses exigences de soumission absolue.

    Rappelez-vous aussi que partout où l’Occident a mis les pieds (empires coloniaux en Amérique, en Asie, en Afrique), il n’est jamais parti de son plein gré, et que seule la force est parvenue à l’en faire partir. On peut donc comprendre, même si on la déplore, la volonté tenace de l’Iran de se procurer des armes nucléaires : c’est tout simplement pour ne pas être anéanti par le feu nucléaire, et que Téhéran ne subisse pas le sort de Nagasaki et d’Hiroshima.

    Le reste n’est que littérature.

  • permalien Zulfikar :
    3 juillet 2008 @14h09   « »

    Bonjour à tous,

    Sur le dossier nucléaire iranien, on pourra consulter avec profit l’article de Trita Parsi - co-écrit avec Shlomo Ben-ami : The alternative to an Israeli attack on Iran.

    Les deux auteurs soutiennent que même en cas de bombardement "réussi", les capacités nucléaires iraniennes ne seraient pas complètement entamées. Au mieux, cela retarderait le programme de cinq années.

    En revanche, le scénario le plus probable, en cas d’attaque, serait la possiblité qu’a l’Iran d’invoquer l’article 10 du traité de non prolifération (TNP) qui "donne le droit à une partie de se retirer de ses obligations si des événements extraordinaires venaient à mettre en danger les intérêts suprêmes du pays"

    Par conséquent, l’Iran cesserait toute coopération avec l’AIEA et expluserait tous les inspecteurs onusiens, empêchant toute transparence vis-à-vis de la Communauté internationale [l’Occcident]sur son programme nucléaire.

    Un article paru en aout 2006 sur le site du National Iranian American Council, avait énuméré les cinq options possibles pour l’Iran Influencing Iran’s Nuclear Options sur la question du nucléaire.

    La deuxième option serait la plus plausible : "Un accord sur une durée indéterminée qui limiterait le taux d’enrichissement de l’uranium, taux qui ne lui ne permettrait pas de fabriquer une arme nucléaire.Toutefois, l’option militaire ne serait pas définitivement enterrrée [cela dépendrait du contexte régional].

    On pourra également consulter le dernier article de Condoleeza Rice sur le site du Foreign Affairs : Rething the National Interest. Dans cet article, Mme Rice expose les défis auxquels l’administration américaine devra faire face. On notera que la Russie, la Chine et le Moyen-Orient ont attiré toute son attention...Un seul petit paragraphe étant consacré à l’Afrique.

    En gros, Mme Rice nous fait un cours sur la démocratie, les valeurs universels, les droits de l’homme, l’Etat de droit [rien de neuf depuis Juan Ginés de Sepúlveda et la controverse de Valladolid]

    Sans doute, Mme Rice a dû oublier un "détail" : Mandela disparaît des listes terroristes américaines Ouuff !!!....Mieux vaut tard que jamais

    Condie Rice aurait donc une âme...

  • permalien K. :
    3 juillet 2008 @15h25   « »

    @ Zulfikar

    « Condie Rice aurait donc une âme... »

    Oui, mais des plus tordues : Pragmatisme avec les forts (Chine, Russie, Inde) et, comment dire ? défense des valeurs de la civilisation avec les faibles :

    Pour les derniers mois de son règne les objectifs de l’Administration se concentrent sur la question du legs comme le confirme le récent forcing médiatique de la Secrétaire d’Etat Rice, spécialement dans son discours du 19 juin dernier au Council on Foreign Relations. Tout en affirmant l’engagement pragmatique de la Maison Blanche avec des puissances comme la Chine, la Russie et l’Inde, Rice a laissé entendre que la “diplomatie transformationelle” de l’Administration serait désormais une constante de la politique étrangère US. Ceci reflète la conception neo-conservatrice de l’intéret national en tant que fondamentalement lié à la promotion des valeurs politiques Américaines, si nécessaire en usant de la force.

    En invoquant ce principe comme la principale motivation sous-tendant l’engagement actuel de Washington par rapport à la question Israélo-Palestinienne, l’Iran, (et l’OTAN en ce qui concerne l’Afghanistan), Rice affirme que certaines réalités stratégiques et morales exerceront désormais une influence déterminée sur la politique US quel que soit l’Administration.

    D’un point de vue historique, cette affirmation comporte une part de vérité, dans la mesure ou la politique étrangère US est depuis longtemps influencée aussi bien par une vision idéaliste que pragmatique. Que ces thèmes puissent représenter les paramètres politiques definitifs est peut-etre une interprétation trop rigide, comme en témoignent les différences de vue radicales concernant l’Iraq.

    Bien que nous anticipions un certain niveau de basic continuité des politiques de bas en 2009, le climat électoral indique uu dynamisme politique sur une multitude de questions.

  • permalien Zulfikar :
    3 juillet 2008 @17h54   « »

    @K,

    Cher K,

    Bien sûr que Condie Rice a une âme tordue.

    Et comme le dit si bien le réalisateur Spike Lee : "Condi, arrête de fumer du crack ! Je sais que tu aimes ces chaussures Ferragamo, mais tout de même..." continue t-il ! : "Alors que les gens se noyaient à la Nouvelle-Orleans [conséquences de l’ouragan Katrina qui a dévasté la Louisiane], elle se baladait sur Madison Avenue pour acheter des chaussures Ferragamo, avant d’aller voir une comédie musicale à Broadway !"

    Rappel des faits : Le troisième jour des inondations en Louisiane, elle faisait des courses s’achetant plusieurs paires de coûteuses chaussures chez Ferragamo’s, certaines à 500$ la paire, sur l’élégante 5è Avenue à New York. Aux insidieux reporters, il ne leurs vint pas à l’esprit que, peut-être, elle pensait les envoyer, comme aide humanitaire, à ses compatriotes du sud.

    A bientôt K. Très amicalement.

  • permalien Sardon :
    3 juillet 2008 @19h31   « »

    Bonjour,

    "Peut-être parce que le quotidien [Libération] a obtenu le scoop de la lettre, son ton tranche avec l’agressivité habituelle à l’égard des positions défendues par l’Iran, toujours soupçonné des plus noirs desseins."

    Dès qu’on donne un su-sucre à Laurent Joffrin, ce dernier devient aussitôt un caniche à sa mémère.

    La veulerie morale de ce triste individu est sans limite.

  • permalien K. :
    3 juillet 2008 @19h51   « »

    Un article de David Ignatius du WAPO dont le sujet est à cheval entre le précédent envoi d’AG et le présent :

    Jeux d’espionnage en Iran (1)

    Les demi-mesures US masquent une politique indécise.

    Dans la nouvelle guerre froide entre l’Amérique et l’Iran, les États-Unis semblent être en cours d’exécution d’un nombre limité d’opérations clandestines à travers la frontière iranienne. Mais selon des sources bien informées, cet effort partage le défaut de l’ensemble de la politique américaine envers l’Iran - il est provisoire et mal coordonné, et il sape la diplomatie sans qu’il n’ait un effet véritable sur le régime.

    "Dites-nous quelle est votre politique envers l’Iran », a déclaré un officiel arabe au fait du programme clandestin. "Allez-vous leur parler ou faire la guerre contre eux ?" Cet officiel décrit les opérations de la façon suivante : "Il existe des tentatives de provoquer des troubles en Iran et de confronter les forces Al-Qods. Certaines choses sont en train d’être réalisées, mais pas avec le sérieux qui serait nécessaire."

    Un ancien fonctionnaire des renseignements a argué, « c’est un programme d’actions secretes PowerPoint. Il semble agressif, mais manquent la cohérence et la stratégie à long terme qui entraîneraient l’Iran à changer sa politique."

    Les Iraniens, en revanche, semblent aptes à mener de pair opérations agressives et diplomatie. Le dernier exemple en date est celui d’hier, lorsque le ministre des Affaires étrangères iranien Manouchehr Mottaki a déclaré aux journalistes sur place que l’Iran était en train d’examiner une nouvelle série de mesures d’incitation des États-Unis et d’autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, qui pourraient déboucher sur des négociations pour résoudre la question nucléaire iranienne. Il n’a pas fourni de détails, mais le ton conciliant est de nature à désamorcer un peu les dernières tensions, alors même que les Iraniens et leurs clients continuent à faire pression pour prendre l’avantage en Iraq, au Liban et à Gaza.

  • permalien K. :
    3 juillet 2008 @20h09   « »

    Jeux d’espionnage en Iran (2)

    Le programme d’actions secrètes US a été révélé cette semaine dans The New Yorker par Seymour Hersh. (..)

    Le danger de ces activités transfrontalières m’a été expliqué par une source du renseignement. Il a dit que les Iraniens avaient capturé récemment plusieurs dissidents iraniens qui avaient été recrutés par des officiers militaires US à l’intérieur de l’Iraq et ensuite envoyés en Iran. Les Iraniens, dont le réseau de renseignement à l’intérieur de l’Iraq est très vaste, guettaient les réunions, puis suivaient les agents à travers la frontière avant de s’en saisir.

    Le programme américain semble se concentrer sur l’action politique et la collecte de renseignements plutôt que sur les opérations meurtrières. Les actions létales en Iran pourraient être menées de manière indépendante par certains groupes. On signale, par exemple, que la guérilla kurde a riposté en réponse aux bombardements iraniens du Kurdistan.

    Le programme clandestin illustre plus généralement le dilemme auquel fait face l’administration Bush et son successeur - Que faire vis-à-vis d’un Iran de plus en plus agressif et confiant ? Les Iraniens font peu d’efforts pour cacher leur propre campagnes d’actions clandestines - y compris de soutien financier et militaire au Hezbollah au Liban et au Hamas à Gaza. Les Iraniens ont utilisé de manière efficace la Syrie comme une plate-forme pour ces opérations de renseignement, de l’action politique à des opérations paramilitaires et au terrorisme clandestin.

    Israël, qui a eu un succès limité dans ses tentatives de lutte contre ces groupes militaires soutenus par les iraniens, a récemment opté pour la diplomatie : Il a décidé le mois dernier d’une trêve avec le Hamas et d’un échange de prisonniers avec le Hezbollah. Israël mène également des négociations de paix avec la Syrie par le biais d’intermédiaires turcs.

    L’Arabie saoudite a adopté une position plus sévère pour s’opposer à ce qu’il considère comme une ingérence iranienne dans la région. Il existe des rapports venant de Syrie, par exemple, disant que l’attaché militaire de l’Arabie saoudite à Damas a été expulsé il y a quelques mois après que les Syriens aient découvert ce qu’il considère comme un complot consistant à payer 50 millions de dollars de subventions à des membres d’une importante tribu syrienne. Une source a déclaré que l’argent était simplement destiné à soutenir les amis tribaux de longue date du royaume plutôt qu’à organiser une opposition politique contre le président Bachar al-Assad. Mais les Saoudiens n’ont fait aucun secret de leur désir de changement de régime en Syrie.

  • permalien K. :
    3 juillet 2008 @20h18   « »

    Jeux d’espionnage en Iran (3 et fin)

    Les partisans d’une stratégie US plus dure font valoir que l’Iran devrait être combattu partout où elle opère, tout comme l’administration Reagan a décidé de défier l’Union soviétique, de l’Afghanistan au Nicaragua. Cette faction partisane d’une ligne dure, généralement identifiée au Vice President Cheney, aimerait voir un effort systématique de perturbation de l’économie iranienne, monter une opposition politique interne et, d’une façon générale, faire payer cher à l’Iran ses activités à l’étranger. Mais à ce jour, cet argument en faveur d’un démantèlement du pouvoir iranien n’a pas prévalu au sein d’une administration divisée.

    La question de l’Iran occupera la prochaine administration dés la première journée, et les options de base ne seront probablement pas très différentes de celles en cours : parler ou combattre, ou faire quelque chose d’intermédiaire ?

  • permalien lou :
    3 juillet 2008 @22h02   « »

    Mullen en super-Fallon : pas d’attaque contre l’Iran, c’est compris ?!

    (...) la position de Fallon n’était ni accidentelle ni isolée. Elle confirme de façon éclatante deux choses :

    • Bien entendu, l’opposition catégorique de toute la hiérarchie du Pentagone, civile et militaire, à l’idée d’une attaque contre l’Iran. L’intervention de Mullen s’adresse aussi bien à Cheney qu’aux Israéliens, et de la façon la plus vigoureuse. Pour interrompre ce processus d’affirmation du Pentagone, il faudrait un véritable “coup d’Etat” (mise à pied de Gates et de Mullen au moins), ce qui semble absolument impensable dans l’état de faiblesse et de fragmentation actuel du pouvoir aujourd’hui aux USA.

    • Egalement, et peut-être de façon encore plus marquante et importante, l’affirmation d’un véritable contre-pouvoir sur ces questions de la politique belliciste de la Maison-Blanche. L’éclatement du pouvoir aux USA est désormais un fait quasi-officiel. On sait que ce n’est pas la première intervention de la sorte de l’amiral Mullen. Elle complète une position extraordinaire par rapport à ce que nous avons coutume de croire à propos du pouvoir aux USA. A cet égard, les canaux officiels occidentaux, notamment en Europe, restent aveugles sur la réalité américaniste, tant celle-ci contredit les croyances à cet égard. Cela n’empêche pas cette réalité de s’affirmer à son rythme, qui est particulièrement puissant comme on le voit avec l’intervention de Mullen.

  • permalien K. :
    3 juillet 2008 @23h40   « »

    « .. l’administration Bush a davantage tenu du côté "con" que du côté "néo" »

  • permalien tex :
    3 juillet 2008 @23h55   « »

    Avec un petrole à 145 dollars, personne n’attaquera l’Iran. Malgré leur stupidité apparente, les néo-cons ne sont pas complétement fous.

  • permalien K. :
    4 juillet 2008 @00h30   « »

    Selon Farideh Farhi, contrairement à ce que pourrait le laisser croire les déclarations publiques des officiels iraniens (présentation « des rapports d’attaque imminente comme partie intégrante d’une "guerre psychologique" visant à intimider les dirigeants iraniens afin qu’ils acceptent des restrictions sur leur programme nucléaire »), ces derniers prennent très au sérieux les menaces d’attaques et s’y préparent.

  • permalien Pierre™ :
    4 juillet 2008 @08h15   « »
    Percée sur le nucléaire iranien... ou sur la bitroukimia nucléaire ?

    Le pétrole marque une pause après les records de jeudi

    - La Tribune.fr

    La dernière poussée de fièvre en date sur les cours de l’or noir est due à la montée de la tension entre Israël et l’Iran, deuxième pays producteur de l’Opep. Les cours ont enregistré des records cinq fois au cours des sept dernières séances.Certains ont craint ces dernières semaines qu’Israël ne prépare une frappe préventive contre Téhéran et son programme nucléaire. La République islamique a en réponse menacé de bloquer le transit via le détroit d’Ormouz par lequel transitent près de 40% des acheminements maritimes de brut.

    C’est parti pour le second EPR

    - Economie - leParisien.fr

    Le chef de l’Etat a justifié le développement de ces réacteurs de nouvelle génération qui « remplacent une centrale à gaz avec une économie de 2 milliards de m3 de gaz par an. Il a aussi plaidé pour que tous les pays du monde puissent accéder au nucléaire civil. « Y compris l’Iran », a-t-il affirmé (...)
  • permalien bert :
    4 juillet 2008 @08h39   « »

    @ Tex

    "Avec un petrole à 145 dollars, personne n’attaquera l’Iran. Malgré leur stupidité apparente, les néo-cons ne sont pas complétement fous."

    Il ne s’agit pas de stupidité, les attaques des Etats-Unis sont délibérées et mûrement réfléchies. Est-ce une folie de bombarder des pays, de les attaquer "préventivement" ? Oui, selon moi, mais la "realpolitik" ne connait pas la folie...

    Mon avis, c’est que les iraniens sont extrêmement isolés, ils sont les derniers à tenir tête à l’occident, et principalement aux USA. A part peut être la Syrie, pas un seul pays de la région ne sera solidaire de leur situation. Et contrairement à l’époque de la guerre contre l’Irak, il n’y aura pas de business à faire avec eux, donc aucun espoir qu’ils puissent contrebalancer leur isolement avec leur engagement militaire.

    S’il n’est pas envisageable d’envahir l’Iran, il est tout à fait possible de bombarder des sites en Iran, en espérant un renversement du régime (hypothétique) et un affaiblissement militaire (rapide). Les iraniens ne sont pas suicidaires, ils ne devraient pas trop mal réagir vis à vis du pétrole et du gaz, l’augmentation du baril sera alors plus ou moins acceptable (qui aurait imaginé 150 US$ pour cet été ?). la seule réponse réaliste de l’Iran est une réponse "terroriste", et c’est pain béni pour nos néo-con des USA ou d’ailleurs, qui ont hâte de remplacer Bin Laden par quelque chose de plus crédible.

  • permalien hayekFan :
    4 juillet 2008 @09h21   « »

    En lisant certaines analyses, on se croirait sur une autre planete ? Et si on retournait sur Terre ? 1) L’Iran, exactement comme Russie et Etats du Golfe, est une economie basee sur gaz/petrole : son interet est de gonfler les prix de ces commodities, par tous les moyens, y compris l’instabilite et le terrorisme. La paix ferait degonfler les prix du petrole. 2) A difference des Etats du Golfe, mais comme la Russie, l’Iran est un poids moyen militaire : personne peut l’envahir ou le soumettre sans un cout prohibitif. Voila qui rend possible a Ahmadinejad une politique d’affrontement et un ouvert soutien des terroristes de Hamas et Hiz’bulah. 3) En meme temps le desastre economique et sociale d’une dictature qui n’arrive pas a faire decoller le pays, (il suffit de penser que la catastrophique gestion des ressources extrait desormais moins de petrole qu’aux temps du Shah), rend necessaire une rhetorique de guerre permanente, pour motiver las masses de pauvres et les distraire de la ruine economique et sociale.

    Donc pas de soucis, l’Iran continuera a aboyer contre Israel, en rajoutant a chaque menace quelques dollars au prix du "light crude" et quelques persuades en plus que les choses vont mal a cause de TelAviv. Et certainement personne ne va l’attaquer, soutenu comme il est par Russes et Chinois. D’autant plus que les seules qui parlait d’’envahir l’Iran, M. Gore et Mme Clinton, ont ete mis a la retraite par le peuple americain.

  • permalien bert :
    4 juillet 2008 @11h30   « »

    @ hayekfan

    D’accord avec vous sur la première partie de votre réponse (un bémol, cependant, entre le Shah et aujourd’hui, il y a eut aussi 8 ans de guerre contre l’Irak, et la destruction d’une grande partie de l’infrastructure de gestion des hydrocarbures, ce qui explique aussi le faible rendement).

    Par contre, moins d’accord avec la fin : Qui aboie ? Qui aboie le plus fort ? Oh, pas de défense de la politique étrangère d’Ahmadinejad, mais il n’est que le président, c’est à dire aux pouvoirs limités en la matière. De plus, les aboiements israéliens et américains me semblent tout autant bruyant et ridicules, exemple de la reprise in extenso d’une phrase que le président iranien n’a jamais prononcé... Les iraniens n’ont pas le pouvoir, à eux seuls, de "rajouter quelques dollars au light crude"...De plus, leur initiative de créer une nouvelle bourse des produits pétroliers se heurte beaucoup plus aux occidentaux, dont la plupart ne produisent pas, qu’aux autres producteurs, OPEP ou non ! Enfin, si l’Iran veut agir de la sorte, c’est "rajouter quelques euros", qu’il faut dire, et c’est une importante différence... La rhétorique de MM Obama, et surtout Mc Cain (souvenez-vous du bomb, bomb, bomb Iran...) est tout aussi martiale et même d’avantage que celle de Gore ou Clinton.

    D’accord pour condamner les errements politiques et sociaux de l’Iran, dictature théocratique dont le peuple est victime. Pas d’accord pour accorder un quelconque brevet de vertu à ses ennemis israéliens et US. Il suffit simplement de visualiser qu’Israèl, détenant l’arme atomique sans jamais avoir ratifié un quelconque traité, et donc en s’affranchissant du respect de toute règle, veut imposer à l’Iran, signataire desdits traités, une interdiction de disposer de la même arme. On croit réver, et rien ne donne à Israèl une quelconque légitimité en la matière. Le Pakistan, allié des USA, dictature militaro-religieuse, en guerre larvée avec son voisin indien (dont il y aurait aussi beaucoup à dire) dispose de l’arme nucléaire sans s’entendre menacer d’aucune sorte...

  • permalien K. :
    4 juillet 2008 @16h37   « »

    Pour info (via Joshua Landis) : un site francophone sur la Syrie.

  • permalien Pierre™ :
    4 juillet 2008 @18h27   « »
    Question posée en octobre 2007

    par Andrew Winkler. « La seule question est :

    qu’arrivera-t-il si tout ce travail concerté d’intimidation, dans les médias principaux et alternatifs, n’a pas le résultat escompté, à savoir que les décideurs politiques influents derrière le Président Ahmadinejad installent une administration plus coopérative ? Seul le temps le dira. Mais une chose est sûre : l’élite au pouvoir en Amérique sait très bien qu’une guerre contre l’Iran déclencherait une révolte ouverte du peuple américain contre son propre gouvernement. »

    réponse ici et maintenant.

  • permalien Yann :
    4 juillet 2008 @18h50   « »
    Libérez le peuple libanais !

    Il est temps de s’intéresser vraiment aux Libanais

    (Georges Corm, Le Monde, 04/07/08)

  • permalien Pierre™ :
    5 juillet 2008 @09h06   « »
    Vers un programme pétrole contre uranium (enrichissant)...

    La réponse "unilatérale" à une proposition "unilatérale".
    - AFP : Nucléaire : l’Iran a répondu à l’offre de coopération des grandes puissances

    (...) M. Jalili n’a pas donné davantage de précisions sur le contenu de la réponse et n’a pas révélé s’il s’agissait d’un simple "oui" ou "non" ou si elle contenait quelque chose de plus vague.
    Il a aussi indiqué que les deux parties étaient convenues de nouveaux pourparlers d’ici la fin du mois actuel de Tir, qui selon le calendrier iranien se termine dans deux semaines, sans donner plus de précisions.
    Dans leur offre, les grandes puissances "reconnaissent le droit de l’Iran à développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques" et proposent notamment de garantir son approvisionnement en combustible nucléaire.

    (...) L’Iran avait de son côté présenté à la mi-mai un ensemble de propositions pour régler les "problèmes du monde", notamment la création d’un consortium en Iran pour l’enrichissement d’uranium. Les grandes puissances ne l’ont pas commenté.

  • permalien Pierre™ :
    5 juillet 2008 @11h35   « »

    Ici aussi la réponse à la question. Les Etats-Unis s’interrogent sur les signaux contradictoires émis par l’Iran - Proche-Orient - Le Monde.fr

    L’administration américaine semble peu pressée d’ouvrir "un troisième front" (après l’Afghanistan et l’Irak), selon l’expression du chef d’état-major interarmées, l’amiral Michael Mullen. "Cette région du monde est extrêmement instable, a-t-il indiqué dans une conférence de presse mercredi. Il n’est pas besoin de la déstabiliser davantage." Il y a quelques semaines, les journaux indiquaient même que le département d’Etat envisageait d’ouvrir une section d’intérêts à Téhéran, près de trente ans après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

    Vu l’état de décrépitude de l’axe du bien, l’Iran serait bien naïf d’accepter son ultimatum.

    ... vraiment de décrépitude !

  • permalien K. :
    5 juillet 2008 @22h55   « »

    The Swoop :

    Nous avons déjà abordé la question de l’impact des prix élevés de l’énergie sur les politiques de l’administration. .. un point de rupture a été atteint où le poids cumulatif des préoccupations d’ordre économique exerce une influence dominante sur l’agenda politique des États-Unis.

    ...les préoccupations économiques imprègnent de larges aspects de la politique étrangère de la Maison-Blanche [et] deviennent le principal critère des engagements américains. C’est surtout clair en ce qui concerne le Moyen-Orient, (...)

  • permalien habsb :
    9 juillet 2008 @11h04   « »
    L’IRAN TIRE UN MISSILE EN PLEINE CRISE SUR LE NUCLEAIRE

    Qu’est-ce qu’il vous faut encore, amis anti-israeliens, pour vous convaincre que la strategie du bloc russo-iranien est celle d’envenimer les rapports au Moyen Orient, dans le but de gonfler le prix du petrole ? A chaque fois que le prix du petrole cede quelques dollars, voila comme par hasard une declaration explosive de Ahmadinejad, un tir de missile, un attentat au bulldozer pendant un cessez-le-feu... Et les speculations boursieres des milliardaires de Moscou ou du Golfe sur les actions petrole ou sur la matiere premiere elle meme, apportent des juteux benefices, des que les marches reagissent a la hausse, sous la crainte d’une deflagration et consequente chute de la production.

  • permalien Pierre ™ :
    9 juillet 2008 @11h31   « »

    @habsb,

    je suis globalement d’accord avec votre analyse, qui est étayée par une analyse du Blog finance, qui prévoit un éclatement de la “bulle pétrole”.

    L’annonce de Bagdad aurait pour effet le retard de l’éclatement de cette bulle.

    Cet éclatement comme vous le notez desservirait les intérêts de la Russie dans sa compagne d’étranglement économique de l’Ukraine.

    Par contre je ne comprends pas ce que l’expression "amis anti-israéliens" signifie dans ce contexte.

  • permalien habsb :
    9 juillet 2008 @13h18   « »

    PIERRE

    "Par contre je ne comprends pas ce que l’expression "amis anti-israéliens" signifie dans ce contexte."

    Nul besoin d’un diplome de Science Po pour voir que ce blog est frequente surtout par des convaincus anti-israeliens. Or, soyons cartesiens : si l’instabilite au Moyen-Orient est entretenue par Iran et Russie dans le but de gonfler les prix de leurs matieres premieres, quel est l’interet economique de tout europeen et moral de tout homme ? Refuser ce jeu miserable, ou le seconder en faisant lobbye contre le soutien francais a la stabilite des frontieres et a la paix en Moyen Orient ?

  • permalien Pierre ™ :
    9 juillet 2008 @14h07   « »

    Honnêtement, Habsb, je ne vois pas à quelle occasion des propos anti-israéliens (juifs-israéliens ou arabes-israéliens) auraient étés tenus sur ce blog.

    Il y a des critiques de la politique israélienne, de même qu’elle est critiquée à l’intérieur d’Israël, et même jusque dans le gouvernement israéliens (voir les divergences entre Olmert, Barak et Livni) , il y a des critiques de la politique étasunienne parce qu’elle se fait au détriment de tous les habitants du Proche Orient, y compris au détriment des Israéliens.

    Par contre il y a une condamnation de nombreux participants (dont je fais partie), du sionisme, qui est une idéologie dépassée (au même titre que le communisme ou le nazisme), qui est construite sur un modèle ancré dans le colonialisme et les racismes du 19ième siècle et qui depuis 2 guerres mondiales est totalement hors de propos et qui pour beaucoup est l’ennemi des juifs.

  • permalien K. :
    9 juillet 2008 @20h37   « »

    Gareth Porter se pose la question de savoir pourquoi l’AIEA, sans qu’il y ait eu d’élément nouveau significatif si ce n’est l’évocation de certains documents (douteux selon Porter et que l’AIEA refuse de faire parvenir à l’Iran pour qu’elle puisse s’en expliquer), a dans un rapport de Mai 2008 introduit des éléments qui soulevaient des doutes sur l’enrichissement nucléaire iranien.

    Porter évoque des pressions qu’aurait subi l’AIEA.

  • permalien K. :
    11 juillet 2008 @22h34   « »

    Un site d’information irakien, citant des sources non identifiées, a affirmé que des appareils israéliens s’entrainaient en Irak pour des frappes contre l’Iran, provoquant un démenti vendredi du ministère de la Défense irakien.

  • permalien Pierre ™ :
    11 juillet 2008 @22h47   « »

    Quand les intérêts économiques étasuniens, déterminent que le “diabolisme” iranien est somme toute très supportable.

    Volonté diplomatique pas entamée par les missiles iraniens : Maison Blanche

    Avec ce regain de tensions géopolitiques, associé à un nouvel accès de faiblesse du dollar, les cours du pétrole brut ont dépassé pour la première fois 147 dollars le baril à Londres et à New York vendredi.

    Le prix du pétrole ajoute aux difficultés de l’économie américaine.

  • permalien Pierre ™ :
    11 juillet 2008 @22h58   « »
  • permalien K. :
    12 juillet 2008 @00h27   « »

    Pourquoi, pour Nicolas Sarkozy aussi, toutes les options sont sur la table ?

  • permalien Pierre ™ :
    12 juillet 2008 @05h38   « »

    ... pour ce genre d’analyse "même-pas-peur" :

    « le pétrole repart à l’assaut des $150, et cela n’a pas grand-chose à voir avec les 4 missiles iraniens qui n’étaient que 3 (le 4ème étant resté sur sa rampe, bonsoir la photo retouchée !), mais bien plus avec le naugrage annoncé des 2 géants hypothécaires Freddie MAc et Fannie Mae. »
    ...pathétique... quand l’Iran produit de l’uranium enrichi, donc s’invite dans le marché du nucléaire, on fait canoter la 5ième flotte, mais quand il se donne les moyen de faire vraiment des dégâts, on cherche les retouches sur les photos. C’est dire le poids que représente un guerre nucléaire, face à la menace des intérêts commerciaux dans le cerveau des analystes.

    Alors devant le flop des pétards, l’Iran relance ses centrifugeuses, mais sécrètes ce coup-ci.

    La question est de savoir qui de l’Iran avec ses rumeurs ou de l’Arabie Saoudite avec ses cutters, sera le plus nocif aux USA. L’enjeu n’est pas mince, il s’agit ni plus ni moins que du leadership du monde musulman !

  • permalien K. :
    13 juillet 2008 @20h12   « »

    Le Président Bush aurait donné son feu vert pour une frappe israélienne contre l’Iran selon le Times britannique qui cite un officier “haut gradé” du Pentagone.

  • permalien K. :
    5 août 2008 @21h14   «

    - « L’Iran a encore ignoré, mardi 5 août, les appels à donner une réponse finale à l’offre de coopération des grandes puissances pour résoudre la crise du nucléaire, ouvrant la voie à l’étude de nouvelles sanctions à son encontre. »

    - Babak Rahimi (extraits) :

    ..la dernière réunion à Genève qui, pour la première fois en 30 ans, a réuni des diplomates de haut rang américains et iraniens à la table de négociation, révèle le vice fondamental dans la logique de suspension de l’enrichissement, à court et à long terme. Par la promotion de la proposition "gel contre gel" (..), les six puissances ont, une fois de plus, aidé les faucons iraniens a renforcer la vision en Iran que l’Occident, c’est à dire Washington, vise à empêcher le développement du pays, un affront à une nation indépendante qui cherche à devenir le symbole d’une forme non occidentale de la modernité.

    Ce que les six pouvoirs continuent d’ignorer est la signification des négociations pour Téhéran : afficher sa force et, avec une augmentation de la pression, maintenir l’hégémonie politique sur le front intérieur. Les pourparlers nucléaires servent également comme une étape pour résoudre la politique iranienne de Washington, et non pas comme un moyen de parvenir à un compromis technique diplomatique sur la procédure de production de l’uranium. Ce que la proposition gel-pour-gel n’a pas réussi à inclure est une réponse globale aux préoccupations iraniennes concernant la politique de pression économique et politique américaine, qui n’a fait que permettre à la ligne dure de Téhéran de s’affirmer encore plus sur le front intérieur et celui des affaires étrangères.

    Le défi ultime pour Washington n’est pas de résoudre la question nucléaire, mais de concevoir une nouvelle politique Iranienne dans le but de normaliser les relations. Cela permettrait de susciter le débat dans la sphère publique iranienne et entraîner de sérieux problèmes idéologiques pour les idéologues réactionnaires, qui prospèrent grâce aux menaces étrangères. Une nouvelle politique pourrait permettre aux Iraniens ordinaires d’exiger des changements de politique intérieure et étrangère en Iran.

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