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Percée sur le nucléaire iranien ?

par Alain Gresh, 2 juillet 2008

Dans un envoi du 2 juillet signé par Gareth Porter, « Official Says Iran Accepts P5+1 Talks Proposal », Inter Press Service annonce que l’Iran aurait accepté les nouvelles propositions du groupe 5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni + Allemagne), présentées par Javier Solana le 14 juillet. Selon les propos du ministre des affaires étrangères Manoucher Mottaki, reproduits par l’agence de presse officielle, l’Iran aurait accepté d’ouvrir des pré-négociations sur la base du principe « gel contre gel » durant six semaines, le temps d’ouvrir les pourparlers : Téhéran suspendrait son programme d’enrichissement et les 5+1 suspendraient toute sanction supplémentaire.

Selon l’agence de presse iranienne, Gholam-Reza Aghazadeh, chef de l’agence nucléaire iranienne, aurait déclaré qu’un des aspects positifs du compromis était que l’Occident acceptait la possession par l’Iran de trois mille centrifugeuses qui permettent l’enrichissement de l’uranium.

Le journaliste cite aussi Ali Akbar Velayati, un ancien ministre des affaires étrangères (1981-1997) et l’un des principaux conseillers politiques de l’ayatollah Khamenei : « Les Américains ne veulent pas que nous acceptions les propositions de Solana. C’est donc de notre intérêt de les accepter. » Gareth Porter fait aussi référence plusieurs fois à la menace d’intervention militaire américano-israélienne, qui aurait pesé sur la décision iranienne.

Ce 2 juillet, le quotidien Libération propose un dossier de quatre pages intitulé « Nucléaire : l’offre de Téhéran à l’Occident ». Le quotidien publie aussi une lettre d’Ali Akbar Velayati, titrée : « Au nom de Dieu, que veut l’Iran ? ».

L’éditorial de François Sergent, « Ouverture », se conclut ainsi :

« C’est pourquoi l’ouverture de Velayati, aussi ambiguë soit-elle et que nous publions aujourd’hui est intéressante. On aurait tort d’expliquer simplement cette inflexion par les manœuvres et règlements de comptes inhérents au régime iranien, un système de pouvoir à peu près aussi limpide qu’un conclave. A l’Occident, et en particulier à la France qui vient de prendre la tête de l’Union européenne, de répondre à ce geste de Téhéran. Barack Obama a lui-même eu le courage d’affirmer la nécessité d’ouvrir le dialogue avec les ennemis de l’Amérique, dont l’Iran. Il s’agit sans illusion ni précondition de voir si Téhéran est prêt à être enfin transparent sur son programme nucléaire. Il ne l’a jamais été et le régime a beaucoup menti. Mais un mauvais accord vaudra toujours mieux qu’une bonne guerre. »

Peut-être parce que le quotidien a obtenu le scoop de la lettre, son ton tranche avec l’agressivité habituelle à l’égard des positions défendues par l’Iran, toujours soupçonné des plus noirs desseins.

On entre peut-être dans de longues négociations ; en tous les cas, c’est ce que l’on peut espérer de mieux. Car le dossier nucléaire iranien sert de prétexte à une politique américaine agressive dont les conséquences pourraient être désastreuses pour tout le Proche-Orient.

Sur ce dossier, on pourra lire nombre d’envois sur ce blog, notamment « A nouveau le nucléaire iranien » et « Fischer : Israël pourrait attaquer l’Iran ».

Alain Gresh

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