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La riposte graduée, projet sécuritaire contre la révolution numérique

mardi 8 juillet 2008, par Marie Bénilde

Le projet de loi « Création et Internet », qui sera présenté au parlement à l’automne prochain, entend régler la question des téléchargements illicites par des armes héritées de la guerre froide.

Le projet de loi « Création et Internet », qui sera présenté au parlement à l’automne prochain, emprunte beaucoup au vocabulaire militaire. Mieux connu des internautes sous le nom de « riposte graduée », ce dispositif prévoit de sanctionner les téléchargements « pirates » de fichiers numériques de musique ou de cinéma par des actions progressives qui vont du simple courriel d’avertissement envoyé à l’internaute à une suspension pure et simple de l’accès à Internet pour un délai de « trois mois à un an ».

Serait-ce parce qu’elle est de nouveau membre de l’OTAN que la France a emprunté à l’organisation atlantique une stratégie élaborée en 1967 sous la pression américaine pour lutter contre la menace soviétique ? Le gouvernement ferait bien en tout cas de relire attentivement son précis d’histoire militaire. Car la tactique qui consistait à riposter de façon graduée, avec des armes conventionnelles, à toutes les menaces qui se profilaient sur la planète s’est vite révélée aussi coûteuse qu’inefficace. En ira-t-il de même de la future loi, qui devrait entrer en vigueur dès le début 2009 et qui assimile une génération numérique non respectueuse du droit d’auteur à de simples délinquants ?

Il suffit d’écouter, pour s’en convaincre, le président de la République. Dans un discours édifiant qui a accompagné la remise du rapport de Denis Olivennes, alors PDG de la Fnac, sur le téléchargement illicite, Nicolas Sarkozy a fustigé des « comportements moyenâgeux où, sous prétexte du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l’étalage ». Avec un sens aigu du syllogisme qui a de quoi faire rire n’importe quel connaisseur de la révolution numérique, le chef de l’Etat a retrouvé ses accents de ministre de l’intérieur pour traduire en hyperboles sa compréhension d’un phénomène : « On dit parfois que quand personne ne respecte la loi, c’est qu’il faut changer la loi. Sauf que si tout le monde tue son prochain, on ne va pas pour autant légaliser l’assassinat [1]. »

Les intérêts bien compris de l’industrie du disque

C’est Christine Albanel, la ministre de la culture et de la communication, qui a vendu la mèche. La future loi sur la riposte graduée devrait être votée assez vite « compte tenu de l’implication personnelle du président » sur ce dossier [2]. Difficile de ne pas faire le rapprochement entre cet intérêt soudain de Nicolas Sarkozy pour la défense du droit d’auteur dans la musique et son union avec la chanteuse Carla Bruni, qui regrette de son côté qu’Internet soit « un lieu en dehors des lois », sachant qu’« aucun d’entre nous ne peut être hors-la-loi [3] ».

On ne saurait en vouloir à une artiste et à son époux de défendre ainsi des intérêts communs. Sauf que, depuis les premiers débats à l’Assemblée nationale, en décembre 2005, sur le droit d’auteur dans l’économie numérique, où s’étaient illustrés les lobbies de l’industrie du disque (notamment Virgin et la Fnac, dont les représentants avaient dû être chassés de l’enceinte du palais Bourbon où ils distribuaient des cartes prépayées aux députés), jusqu’au choix du patron de la Fnac pour mener la concertation entre industriels et acteurs de l’Internet, ce sont toujours les mêmes intérêts qui se sont exprimés. Des intérêts de majors, de distributeurs ou de stars du disque qui sont parvenus à convaincre l’exécutif que s’ils avaient perdu en cinq ans la moitié de leurs revenus, c’était uniquement à cause d’un internaute-pirate que l’on n’avait pas su sanctionner.

Il faudrait pourtant faire la part d’une politique commerciale consistant à concentrer sur quelques noms l’essentiel de l’effort marketing au détriment de la diversité musicale. Ou des maisons de disque qui ont joué la carte d’une stratégie à courte vue en cherchant à sauver leurs marges bénéficiaires à grands renforts de licenciements au lieu d’investir sur des plates-formes de téléchargement payantes dignes de ce nom. Aujourd’hui, il est bien sûr un peu tard pour rattraper le temps perdu, et il leur faut prendre en marche le train du numérique en sollicitant — à l’instar de TF1 dépassé par la TNT —, l’intervention de l’Etat pour tenter de sauver un négoce ouvert à des formes inédites de concurrence.

Un système inadapté à la vague de la gratuité

Pourtant, peut-on réellement blâmer le téléchargement illicite dans un monde numérique ouvert où la véritable révolution vient sans doute moins de la diffusion de contenus multimédias sur des réseaux à haut débit que de la vague du tout gratuit qui accompagne cette distribution culturelle ? Le débat sur le droit d’auteur n’est pas nouveau. Au XVIIIe siècle déjà, il opposait Condorcet à Diderot, le premier estimant que nul ne pouvait s’approprier une œuvre utile au progrès de l’humanité, alors que le second faisait valoir l’importance de la juste rémunération de l’auteur pour permettre à la création de s’épanouir dans l’intérêt du public. Seulement, ce n’est plus tout à fait le même air qui peut se siffler aujourd’hui. La gratuité et la mondialisation sont indissociables d’Internet. Aussi est-il étrange de voir les mêmes prescripteurs d’un monde des affaires sans frontières s’accommoder d’une police nationale des contenus dès lors qu’il ne s’agit plus d’une économie du profit mais d’une société de l’échange…

Car le « peer to peer », comme on dit en anglais, autrement dit l’échange de fichiers, n’est pas nécessairement le « pire du pire ». Il est un moyen reconnu d’irriguer la création artistique avec de nouveaux publics et de nouveaux talents. Il met à la disposition du plus grand nombre, et notamment des jeunes désargentés ou des citoyens pauvres, un accès illimité aux œuvres de l’esprit. En pénalisant les internautes récalcitrants à l’arrêt d’une consommation gratuite de la musique, du cinéma et demain du livre, la stratégie dite de la « riposte graduée » risque de glisser vers une répression disproportionnée. Est-il en effet normal de suspendre l’abonnement à un fournisseur d’accès, donc à l’information, à la télévision gratuite, à tous les usages d’Internet pour le non-respect d’un droit lié au seul téléchargement ? Selon Christine Albanel, le mécanisme graduel permet d’espérer un dispositif très efficace qui fera baisser le piratage de « 70 à 80% ». On se demande sur quel précédent la ministre peut s’appuyer, dans la mesure où la France est tout à fait pionnière dans ce domaine.

La mise sous surveillance des biens culturels

Bien sûr, on peut aussi considérer que le système a le mérite d’apporter une solution volontariste à une question où la démission impuissante fait parfois office de politique. Que l’enjeu essentiel est d’éviter à la création intellectuelle de sombrer dans une zone de non-droit, ou plutôt de non-propriété, où les artistes ne pourraient plus vivre du produit de leurs œuvres. Après tout, la création d’une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), dotée d’un budget de 15 millions d’euros, n’est-elle pas un acte responsable quand il s’agit d’envoyer des courriels de rappel à l’ordre ou des lettres recommandées ? Du reste, selon un sondage Ipsos, 74% des Français se déclarent favorables à un tel système de riposte graduée.

Hélas, la réalité risque d’être moins reluisante, car les producteurs de disques ou de films chercheront sans aucun doute à identifier les adresses IP des internautes qui téléchargent des contenus illégalement. Et ils les transmettront ensuite à l’Hadopi, autorité administrative indépendante de la justice. On risque donc bien d’aboutir à une mise sous surveillance de biens culturels sous le regard de firmes privées, même si cette haute autorité est requise pour les avertissements et que seul le Tribunal de grande instance est habilité à procéder à la suspension de la ligne Internet. Plus ennuyeux encore, ce sera sans doute un jeu d’enfant pour les vrais pirates de masse de contourner le dispositif en allant sur des plates-formes de téléchargement qui masquent l’identité de l’utilisateur. Les professionnels du piratage sont déjà passés maîtres dans l’art de faire sauter les verrous numériques. Il leur suffira d’aller vers des sites étrangers qui brouillent les adresses IP pour poursuivre leurs activités [4].

Les solutions alternatives

Alors que faire ? Bien entendu, nul ne peut admettre de laisser sans financement une création en libre circulation dans le monde numérique. Mais si l’on en revient à l’idée fondamentale de l’échange, voire du don, il apparaît clairement que ce ne sont pas sur les œuvres elles-mêmes que doit être adossée la rémunération des ayant droits. Aucun éditeur, aucun auteur ne touche d’argent sur un livre qu’on prête à son voisin : c’est le principe de la copie privée. La solution est donc plutôt à chercher dans des offres globales adaptées à l’univers numérique et à son système d’échange de fichiers virtuellement illimité. Avec le développement de forfaits garantissant un accès permanent à Internet, à la télévision ou au téléphone, ne peut-on pas envisager un supplément de prix garantissant des possibilités de téléchargement sans fin de la musique, voire du cinéma ? C’est le principe de la licence globale – ou légale – qui permettrait de mettre au point des accès autorisés au téléchargement moyennant des suppléments de 4 à 7 euros sur l’abonnement mensuel. Aux pouvoirs publics de garantir ensuite une équitable répartition de cette manne venue des fournisseurs d’accès à Internet, en assurant une répartition des droits d’auteurs qui ne se contente pas d’entériner des situations établies et favorise l’expression de nouveaux talents…

Cette solution, qui a la faveur de l’association UFC-Que Choisir, ainsi que de nombreux parlementaires, n’a pourtant pas été retenue par l’Elysée et le gouvernement. Serait-ce par vieux réflexe sécuritaire face à un monde incontrôlable, ou par étroite unité de vues avec les grands labels de l’industrie musicale ? Il y a aussi une réalité encore plus prosaïque : si Nicolas Sarkozy s’est refusé à obliger les opérateurs télécoms et les fournisseurs d’accès à intégrer dans leurs forfaits un supplément pour financer la musique ou le cinéma, c’est tout simplement parce qu’il avait besoin d’eux pour assurer le financement de la télévision publique (avec une taxe de 0,9% sur un chiffre d’affaires de 42 milliards d’euros). Hé oui, dans un monde hérité de la guerre froide, il n’y a pas que la stratégie de la riposte graduée qui s’impose. A l’heure de la convergence, et dès lors que toute intervention dans un secteur a nécessairement des répercussions sur un autre, il faut aussi penser à la théorie des dominos….

Notes

[1] Nouvelobs.com, discours de Nicolas Sarkozy du 23 novembre 2007.

[2] Les Echos, 19 juin 2008.

[3] Libération, 21 juin 2008.

[4] Lire à ce sujet Catherine Muyl, avocate spécialiste en propriété intellectuelle, dans La Tribune du 27 juin.

17 commentaires sur « La riposte graduée, projet sécuritaire contre la révolution numérique »

  • permalien
    8 juillet 2008 @12h22   »

    Je crois que vous faites erreur sur au moins deux aspects :

    - compte tenu du mode opératoire de la détection d’un fichier musical ou vidéo lié aux droits d’auteur, cela n’empêche pas du tout d’utiliser un outil P2P le plus normalement sans ne rien craindre de qui que ce soit. Pourquoi ? parce que les prestataires comme AdVestigo ont déjà expliqué qu’ils implantaient LEURS FICHIERS dans le réseau et qu’ensuite ils se contentaient de relever les adresses IP de ceux qui téléchargent. Cette logique ne peut pas s’appliquer aux artistes qui mettent eux-mêmes leurs fichiers sur le réseau. La porte de sortie pour les artistes du futur est de surtout ne JAMAIS signer avec les intermédiaires des droits d’auteur, pour éviter que leurs fichiers ne soient prétexte à collecte d’adresses IP

    - enfin, quand vous évoquez la décrue du business des majors, il ne me semble pas que cela soit réaliste. A l’époque où la loi scélérate DADVSI a été votée, Universal batait record sur record. Bien entendu, leur chiffre d’affaires ne comprenait pas que la vente de CDs, mais en tout cas le discours des "victimes majors" n’est pas tenable. Deuxio, les habitudes des utilisateurs ont changé : 1) les fournisseurs d’accès à internet bloquent ou freinent des logiciels P2P comme Kazaa 2) les utilisateurs surfent sur Dailymotion et les réseaux dits sociaux. L’acte d’achat de musique numérique ne les effleure même pas. La riposte graduée sanctionne un changement d’habitude de consommation, pas un excès de piratage. Mais elle plait à sarkozy car elle permet, à l’instar des radars automatiques, de culpabiliser et criminaliser le citoyen.

  • permalien Tuttle :
    8 juillet 2008 @18h02   « »

    Extrait de la réaction de 31 cinéastes :

    Face à cette nouvelle proposition adaptée et graduée, nous sommes frappés par le mutisme de ceux qui, pour légaliser le pillage des oeuvres, ont ressorti le modèle de la licence globale pour la musique mais qui, en revanche, n’ont aucune proposition concrète et alternative au financement actuel des films et à la rémunération des cinéastes. A ce mutisme, nous souhaitons opposer le volontarisme et la justesse d’une loi équilibrée qui ne dresse pas de barricades entre des créateurs supposés incapables de se projeter dans l’avenir numérique et des internautes forcément soucieux de l’intérêt général et de la circulation des oeuvres.

    réaction complète : http://www.lemonde.fr/opinions/arti...

  • permalien Susiste :
    8 juillet 2008 @18h27   « »
    @ Tuttle

    En parcourant la liste des "glorieux" défenseurs de la Loi Hadopi, une boutade m’est revenue en mémoire : chez certains artistes, le coeur est à Gauche, mais le portefeuille reste à Droite...

    Salut & Fraternité.

  • permalien
    8 juillet 2008 @18h30   « »

    Tout à fait d’accord avec vous sur le fait que le P2P n’est pas un phénomène mauvais par nature contre lequel il suffit de dresser le rempart de la loi. Par contre, je trouve plutôt astucieux ce système de responsabilisation qu’a obtenu Denis Olivennes après concertation avec les pros du net des majors, et du cinéma. Si ça marche et que ça peut éviter à ma fille de télécharger tout et n’importe quoi sous prétexte que ça ne coûte rien, ce sera plutôt pas mal.

  • permalien
    8 juillet 2008 @19h50   « »

    "Si ça marche et que ça peut éviter à ma fille de télécharger tout et n’importe quoi sous prétexte que ça ne coûte rien, ce sera plutôt pas mal."

    Vous vous rendez compte que vous êtes d’accord pour qu’une entreprise privée décide ce que votre fille peut télécharger ou non ?

    Un type comme vous ne devrait plus avoir le droit de toucher un clavier jusqu’à la fin de ses jours. C’est trop dangereux.

  • permalien grx :
    9 juillet 2008 @03h56   « »

    Le problème avec la riposte graduée c’est qu’elle n’encouragera pas la créativité. D’une certaine manière on légalise et légitime des monopoles de fait, gigantesques conglomérats uniformisant.
    Je ne sais pas si cette option mènera notre pays dans la voie de la modernité. Il semble qu’aujourd’hui le développement économique de la musique puisse s’appuyer sur un rapport direct entre le public et les artistes notamment par le biais des concerts et festivals, de découvertes numériques sponsorisées, et de partages forfaitaires et universels . Ce dernier peut créer une somme incalculable de valeurs ajoutées.
    On préfère favoriser production aseptisée et rentière ; pas sûr que de cela sorte la Piaf ou le Brel du 21ème siècle.
    Dommage

  • permalien v/ :
    9 juillet 2008 @07h35   « »

    "Est-il en effet normal de suspendre l’abonnement à un fournisseur d’accès, donc à l’information, à la télévision gratuite, à tous les usages d’Internet"
    - "Tous les usages internet" :
    j’ai travaillé 1.5 an à la Hotline de Free. 90% des appels suite à perte d’accès des abonnés en dégroupage total (opérateur unique pour ts les services) ont pour objet le rétablissement du téléphone, l’internet n’est que secondaire dans l’ordre des inquiétudes, derrière la TV. Bcp de famille monoparental en difficulté (en général une maman, des enfants) s’offre l’ADSL comme vecteur de lien/promotion social. Mais le téléphone gratuit reste la priorité des choix qui oriente ceux-là vers l’adsl. Donc couper l’internet revient à couper le téléphone. La loi dont il s’agit ici serait donc contraire aux lois et dispositions Françaises sur la communication régit par le code des télécom. (voir l’ARCEP) qui exige une obligation de service par les opérateurs en matière de communication téléphonique ; cela veut dire que l’accès au téléphone est un droit pour vous et une obligation pour l’état que vous soyez au fin fond de l’Auvergne ou en pleine ville. Cette loi serait à mon sens innaplicable en la matière. Pour un opérateur comme Free, les abonnements en DGP Total sont largement majoritaire. cdt,

  • permalien pako :
    9 juillet 2008 @07h39   « »

    En effet c’est risible...
    ce qu’ils semblent ne pas pouvoir comprendre est que le telechargement...c’est l’avenir. Personnellement les choses que je telecharge, je ne les aurait JAMAIS acheté de toutes facons...donc ce n’est pas comme s’ils perdaient un client...
    On ne telechargera plus sur internet ?...on se fera tourner les sons de Ipod a Ipod, de clef USB a clef USB a travers le monde entier...ca prendra juste un peu plus de temps...
    solution simple pour les rapaces des industries musicales : le CD a 5 euros

  • permalien Chino :
    9 juillet 2008 @09h41   « »

    Merci pour votre blog. Le bourrage de crânes orchestré par M Sarkozy, le gouvernement et par M Olivennessur la "nécessité", "l’obligation morale" de sanctionner les "pirates" a été intégré par les artistes eux-mêmes (cf (l’appel des 53 musiciens et la tribune des cinéastes dans Le Monde). Le fait que M Olivennes soit juge et partie ne semble pas les gêner beaucoup... Quel aveuglement ! La licence globale était pourtant la meilleure solution... Car faire payer les mêmes oeuvres sur des supports différents et successifs à des prix prohibitifs, c’est une supercherie. Les majors du disque se sont engraissées sur le CD et n’ont pas anticipé la révolution numérique, trop occupées qu’elles étaient à regarder leurs profits. Par ailleurs, certaines (comme Sony par exemple) fabriquent ordinateurs, graveurs internes et et externes, et CD/DVD vierges ! Et elles s’étonnent que le public utilise tout ce matériel ? Les majors ont ensuite réagi en vendant du MP3, ce qui est une nouvelle imposture : le MP3 est en effet un format destructif, auquel on enlève des fréquences (les aigües) pour le rendre moins lourd. Donc l’album que vous achetez en MP3 n’aura absolument pas la même qualité qu’un vrai album : ainsi, acheter un titre ou un album en MP3 revient à acheter une baguette mais à laquelle il manque un croûton !

  • permalien v/ :
    9 juillet 2008 @10h29   « »

    après réflexion et discussion, je me permets de rajouter pour infos utiles à l’exercice du droit : un ami me dit : "oui, mais ils pourraient [les opérateurs] ne couper que l’internet, et laisser le téléphone". Je répond : "oui, mais c’est irréalisable pour des raisons qui ne sont pas techniques". Explication : dans un abonnement ADSL, les CGV (conditions générales de ventes) - tout opérateur confondu - n’oblige pas l’abonné à utiliser le matériel de l’opérateur, et n’engage donc pas l’opérateur sur l’état du matériel. Ce dernier prête du matériel (parfois avec un supplément ..), à titre de facilité d’accès. Si celui-ci tombe en panne, l’abonnement suit son cours, car les termes du contrat vont de la prise du tél. au point de raccordement. Cela veut dire qu’on peut mettre n’importe quel type de matériel d’accès à l’adsl pour jouir de sa liaison et de ses services. Le "téléphone ADSL" passe par la même techno que l’internet. Pour ne couper que l’internet et pas le téléphone, les opé n’ont pas d’autre choix que de brider le matériel d’accès (c’est possible et ça se fait). Si le matériel utilisé n’est pas celui de l’opérateur, ils ne peuvent le brider, donc le seul choix qu’ils leur restent à l’heure actuelle est de couper toute la liaison. Le serpent se mord la queue : ils ne pourront imposer l’utilisation de leur matériel car cela implique une garantie de service sur celui-ci (48h), et cela coûte très cher.
    Par ailleurs, dans le cas d’usage d’un matériel autre que celui prêté par l’opérateur, il est tjrs possible que l’opérateur filtre en amont les flux internet, et de ne laisser passer que les flux téléphones ; mais techniquement cela ne tient pas (facilement ’hackable’), je ne rentrerais pas dans les détails (voir VOIP/SIP). La seule solution envisageable est de limiter la bande passante adsl (par ex. de la brider à 56kbps qui est larg. suffisant pour le tél.) et c’est probablement ce qu’ils feront (ils le font déjà par ex. pour les utilisateurs d’eMule) ; mais même à 56kbps, il sera tjrs possible de télécharger du mp3, ce sera simplement plus long. CETTE LOI EST DONC INNAPLICABLE A MOINS DE TRANSGRESSER LE CODE DES TELECOM ET NOTRE DROIT ACTUEL. A mon humble avis, cette loi sera facilement opposable. Attendons de voir la solution envisagée par les opérateurs. L’état joue le principe de l’ignorance crade (de nos droits), et du "ils n’auront pas le temps de se défendre". Preuve est fait ici qu’encore une fois, la révolution internet est incontournable, que ces lois sont sans avenir, et tel que le suggérait le rapport de Guy Bonno (député EU), les Majors n’ont pas su s’adapter au monde moderne et souffrent de leur archaïsme. (sous réserve : les propos ci-dessus sont à bien vérifier selon chaque type de contrat adsl) cdt,

  • permalien Wam :
    9 juillet 2008 @18h24   « »

    Tout d’abord Chino :
    Tu devrais savoir que ce qu’il y a sur tes CD audio ce n’est rien de plus que du MP3...
    Donc il y a forcément destruction de données. Si tu ne veux pas de destruction et que tu veux pas payer (parce que le MP3 n’est pas libre et gratuit) tu utilise le FLAC.

    J’aurais juste une question.
    Ces personnes qui pensent pouvoir légiférer ou influer sur ces derniers savent elles utiliser leur connexion ?

    Et oui parce que internet ce n’est pas que lire ses mails, lire le figaro, tenir un blog, ou d’autre bêtises dans ce genre. Ça ne se limite pas qu’à cela.

    Pourquoi copie-t-on les pays scandinaves pour leur systeme éducatif alors que nous n’avons pas la meme culture mais pas pour le P2P alors qu’on est au meme niveau d’interrogation...

    On fonce dans le mur car ce sont des personnes inexpérimentées et ignorantes dans ces domaines comme on a pu le voir pour cette satanée loi DADVSI, qui décident et ils ne demandent conseil qu’auprès de personnes qui ne cherche qu’à gagner de l’argent.

    Je considère ne pas avoir été représentée dans cette "réflexion" menée par la Fnac pour ce Gouvernement...

  • permalien Etienne Le Goff :
    9 juillet 2008 @19h19   « »

    La riposte graduée, c’est l’autre nom de l’incapacité à comprendre l’autre monde, qu’il soit numérique ou réel. Qu’on ait repris ce terme de l’époque de la guerre froide montre bien à quel point les autorités publiques sont dépassées par ce phénomène du téléchargement gratuit qui touche toute une génération. Riposte graduée au piratage ? Pour les téléchargeurs en gros, il y a déjà une loi pour cela (sur la contrefaçon) qui n’est pas du tout remise en cause à mon sens (300 000 euros d’amende, 3 ans d’emprisonnement...). C’est donc bien riposte graduée au téléchargeur gratuit, occasionnel, bref l’internaute lambda : l’internaute est donc l’ennemi, CQFD

  • permalien Sardon :
    9 juillet 2008 @22h46   « »

    Bonjour,

    Apparemment, personne ne semble avoir remarqué sur ce blog que Denis Olivennes est maintenant le rédac’ chef du Nouvel-Observateur-de-Monsieur-Perdriel.

    Mélanges des genres, me direz-vous ? Mais vous n’y êtes pas, voyons : tant que ça reste dans le privé, on peut passer du coq à l’âne, de la direction d’un grand groupe à celle d’un journal, sans qu’il y ait conflit d’intérêts ; tant que ça reste dans le privé, un homme d’affaires peut se métamorphoser du jour au lendemain en journaliste sans qu’on se pose des questions sur ses compétences en la matière. C’est si cela se passait au sein du secteur public que cela serait un scandale ; mais, tant qu’on reste dans le privé, circulez, y’a rien à voir.

    De plus, le Nouvel-Observateur-de-Monsieur-Perdriel se prétend un journal "de gauche" (je sais, plus personne n’y croit depuis longtemps, mais ils ne s’en sont visiblement toujours pas aperçus). Et qui met-on à la tête de ce journal "de gauche" ? Un PDG qui vient de remettre un rapport à un ministre de qui-vous-savez. Il faut que quelqu’un leur dise, au Nouvel-Observateur-de-Monsieur-Perdriel, parce que ça commence vraiment à se voir.

  • permalien Chino :
    10 juillet 2008 @10h06   « »

    "Tout d’abord Chino : Tu devrais savoir que ce qu’il y a sur tes CD audio ce n’est rien de plus que du MP3... Donc il y a forcément destruction de données. Si tu ne veux pas de destruction et que tu veux pas payer (parce que le MP3 n’est pas libre et gratuit) tu utilise le FLAC."

    Wam, je pense qu’il y a un malentendu : un CD acheté dans le commerce n’est pas du MP3 par exemple, c’est pourquoi je critique la vente sur les plateformes de téléchargement d’albums en MP3, albums qui sont donc de qualité inférieure à celle d’un album classique acheté dans le commerce.

    En d’autres termes, tu achètes par exemple 9,99 euros un album en MP3 qui a une qualité sonore très inférieure à celle du même album acheté dans le commerce ! C’est donc une imposture.

    En effet, je télécharge en FLAC quand c’est possible : le FLAC est une compression non destructive, à la différence du MP3 : c’est ce format lossless (FLAC, SHN, APE etc), c’est-à-dire "sans perte de données" qui devrait être proposé en téléchargement payant, non le MP3.

  • permalien
    20 août 2008 @11h47   « »

    Concernant Denis Olivennes >
    Effectivement, les journalistes du N.O n’ont pas l’air de savoir dans la gueule de quel loup ils se sont fourrés...
    Sans parler de l’"indépendance" de vue d’un homme qui était PDG d’une des plus grande entreprise de "distribution de produits culturels" (sic !), il suffit de voir le fonctionnement de la FNAC (tout ce qui suit à été vécu en interne) pour se rendre compte du positionnement "à gauche" de ce monsieur :
    - Répression antisyndicale manifeste (le CDD d’une collègue tout à fait compétente n’a pas été renouvelé après, Oh hasard !, que celle-ci est été vu à discuter (!) avec un syndicaliste)
    - Logique "manageuriale" totalement contre-productive sur le plan commercial (réunion de département musique et jeux vidéos, parce que "c’est la même chose" (!) dixit la direction ; extension permanente des responsabilités de employés de base sans revalorisation de leur statut => les vendeurs deviennent aussi caissiers, les caissiers doivent vendre les cartes adhérents et sont jugés aux objectifs, etc etc...).
    Seuls résultats de ces évolutions : à court terme, de nombreux licenciements, donc des frais moins élévées, donc une hausse du ROE pour les actionnaires...à long terme ?
    Une baisse de la qualité du service, le mécontentement d’une part importante de la clientèle qui ne venait à la FNAC que pour ça (le service), une baisse des chiffres d’affaires des magasins, donc la nécessité d’autres licenciements pour équilibrer les bilans et rémunérer les actionnaires...se nourrir sur la bête on appelle ça...

    Concernant le téléchargement>
    Je ne sais plus qui disait que le mp3 n’est pas libre ? c’est faux cela dépend totalement de la licence sous laquelle est déposé le morceau (ou même de l’absence de licence).
    Ensuite pour prendre mon exemple (et j’en connais d’autres dans mon cas) je ne télécharge depuis mon ordinateur que de la musique libre de droits (et parfois j’achète ensuite les cds de ces artistes que je suis d’autant plus heureux de soutenir qu’ils m’ont permis de découvrir leur musique librement !)...pourtant j’ai plus de 20go de musique dont une bonne partie ne l’est pas (libre).
    C’est simple comme un transfert de fichiers d’un disque dur à l’autre, et c’est tout ce qu’il ya de plus légal...

  • permalien BIBI :
    10 septembre 2008 @17h48   « »

    « Téléchargez-moi », l’appel de quatre-vingt-six artistes contre le projet de loi Création et Internet

    (Paris, le 10 septembre 2008). Pour la première fois, la scène du Net s’unit pour publier un texte manifeste intitulé « Téléchargez-moi », qui dit non au projet de loi « Création et Internet », projet présenté en juin par la ministre de la Culture que le Parlement est supposé adopter cet automne.

    Quatre-vingt-six artistes de milieux et de pratiques différents (art contemporain, art urbain, net-art, design, architecture, graphisme, littérature, poésie, son, théâtre…) signent cette pétition publiée sur Poptronics.fr lundi 8 septembre et dans « Libération » mercredi 10 septembre. Ce texte exige du gouvernement qu’il revoie sa copie en matière de « riposte graduée ». Concrètement, cette expression désigne une politique fondée sur la surveillance généralisée des réseaux et sur la mise en place d’une politique d’exclusion des internautes via leurs fournisseurs d’accès en cas de comportement contraire à la loi, c’est-à-dire en cas de téléchargement illégal de fichiers musicaux ou de films.

    Cette pétition est désormais ouverte à tous sur le site d’Internet mon amour, le collectif d’« artisans » du réseau (chercheurs, artistes, critiques, observateurs et activistes) à l’initiative du texte. Elle sera au centre d’une Rencontre Internet Mon Amour « hors les murs » à Strasbourg le 27 septembre 2008, à deux pas du Parlement européen.
    Les Rencontres Internet Mon Amour ont été initiées à Paris au Centre Pompidou au début 2008.

    Pourquoi le parlement européen ? Parce qu’il étudie en cette rentrée le « paquet Télécom » grâce auquel la France tente de gagner du terrain en termes de « riposte graduée ». Des signataires et un représentant de la Quadrature du Net, un des groupes d’influence qui œuvrent contre ce texte, seront présents à Strasbourg dans le cadre du festival de musique électronique de l’Ososphère, le 27 septembre à 15h.

    Le site de la pétition
    « Téléchargez-moi » :
    http://www.internetmonamour.fr

    Le site des Nuits de l’Ososphère
    http://www.ososphere.org/2008/

    La pétition sur Poptronics, l’agenda des cultures électroniques
    http://www.poptronics.fr/Telecharge...

    La pétition dans « Libération » :
    http://www.liberation.fr/rebonds/35...

  • permalien
    5 janvier 2009 @15h10   «

    Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, certains de vos propos sont erronés comme par exemple le fait que la "France soit pionnière en ce domaine" absolument pas, si l’on regarde au Etats Unis ou meme en Asie (euuh ptete pas une reference !!) ou meme le Canada... des systemes similaire on été mis en place.
    De même cette loi ne prévoit que la suspension de l’accès internet et non pas la ligne téléphonique et la télé !l’abonnement continu d’être payé, et mis a part l’accès a la toile les autre services sont toujours proposés.

    Je ne dis pas que je suis d’accord avec ce projet... j’aimerai seulement que vous fondiez vos arguments ou que vous vérifiez la véracité de vos sources.

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