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Iran : Bolton a raison !

jeudi 17 juillet 2008, par Alain Gresh

« L’administration Bush, qui a accepté de participer à des pourparlers avec l’Iran sur le nucléaire (samedi 19 à Genève), semble devenir plus pragmatique et s’éloigner de sa vision d’un “Axe du mal”, selon certains analystes. Le numéro trois du département d’Etat William Burns va participer à Genève aux entretiens entre le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, des diplomates d’Allemagne, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie, et le négociateur iranien Saïd Jalili. » (AFP, 17 juillet.) Par ailleurs, des rumeurs font état de l’ouverture d’une section d’intérêts diplomatiques américaine à Téhéran. Tout cela marque-t-il une percée sur le dossier ? Il est encore bien trop tôt pour l’affirmer. Mais la politique actuelle de l’administration américaine suscite la colère des éléments les plus conservateurs aux Etats-Unis.

Dans une libre opinion publiée le 15 juillet par le quotidien américain The Wall Street Journal sous le titre « Israel, Iran and the bomb », Wiliam Bolton, qui fut notamment le représentant des Etats-Unis aux Nations unies et qui est l’un des néoconservateurs les plus radicaux, écrit :

« Plus de sanctions aujourd’hui (à supposer, de manière irréaliste, l’appui de la Russie et de la Chine) seront tout simplement “trop peu, trop tard”. Alors qu’un changement de régime serait la solution préférable, il n’y a pratiquement aucune chance de déloger les mollahs à temps. Si nous avions fait plus durant les cinq dernières années pour appuyer tous les mécontents – les jeunes, les non-Perses, les laissés-pour-compte de l’économie –, les choses auraient pu être différentes. » (...)

« C’est pourquoi Israël est à un tournant : faut-il qu’il utilise la force pour casser le contrôle par l’Iran du cycle du combustible nucléaire ? Si elle est couronnée de succès, une telle entreprise, hautement risquée et peu attractive, de bombardements aériens ou de sabotage ne résoudra pas la crise nucléaire iranienne. Mais elle aura l’avantage de faire gagner beaucoup de temps. (...) Avec ce temps, nous pourrons effectuer un changement de régime à Téhéran ou, au moins, le mettre en route. » (... )

« Donc, au lieu de débattre pour savoir comment continuer cinq années de diplomatie qui ont conduit à l’échec, nous devrions considérer de manière sérieuse quelle coopération les Etats-Unis accorderont à Israël avant, pendant et après une attaque contre l’Iran. De toute façon, nous serons rendus responsables de l’attaque et nous en subirons les conséquences ; il est donc logique que nous faisions tout notre possible pour qu’elle réussisse. Au minimum, nous ne devrions mettre aucun obstacle à l’action israélienne et nous devrions aider ses efforts autant que possible. »

« Ces sujets ne sont décidément pas très plaisants. Un Iran nucléaire l’est encore moins. »

Le professeur Gary Sick, qui a servi au Conseil national de sécurité sous les présidences Ford, Carter et Reagan, et qui fut le principal conseiller à la Maison Blanche durant la révolution iranienne (1979) et la crise des otages américains, et dont j’ai déjà cité les textes sur ce blog, commente cet éditorial :

« Comme d’habitude, John Bolton a absolument raison. Ses propositions pour une stratégie peuvent être dangereuses et frôler la folie (“Quand vous avez un doute, bombardez!”), mais son analyse de la politique à Washington est incontestablement juste. »

« Alors que tout le monde s’émouvait de la possibilité que les Etats-Unis (et peut-être Israël) se préparent à une nouvelle guerre contre l’Iran, Bolton analysait la réalité et concluait que, loin de se préparer à attaquer, les Etats-Unis se préparaient à un accord (deal) avec l’Iran. Il constatait que, au cours des deux dernières années, les Etats-Unis ont complètement renoncé à leur politique d’opposition à un dialogue européen avec l’Iran. »

« D’abord, les Etats-Unis ont déclaré qu’ils participeraient si les négociations donnaient des signes de progrès. Puis, quand cela n’a pas été le cas, ils ont été plus loin et ont participé à la formulation d’une offre plus attractive pour l’Iran. Bolton note que, quand cette offre a été présentée par Solana à Téhéran, elle comportait une signature de Condoleezza Rice aux côtés de trois autres membres du Conseil de sécurité et de l’Allemagne. »

« Il a sans doute aussi noté la suggestion de la secrétaire d’Etat Rice d’ouvrir une section d’intérêts diplomatiques à Téhéran – un premier pas vers le rétablissement des relations diplomatiques. Et il n’a pas manqué de relever le ton particulièrement conciliant du témoignage sur l’Iran du sous-secrétaire William Burns devant le Congrès. »

« Maintenant, un jour après le cri d’alarme de Bolton selon lequel les Etats-Unis devenaient mous (soft) sur l’Iran, nous avons appris que Burns participerait aux conversations de samedi à Genève avec le responsable iranien du dossier nucléaire. Les pires craintes de Bolton ont été confirmées. »

« Contrairement à beaucoup de commentateurs, Bolton s’intéresse à ce que fait l’administration Bush, pas à ce qu’elle dit. Depuis les élections au Congrès de 2006, les Etats-Unis se sont engagés dans un processus de changement fondamental de leur politique dans de nombreux domaines : le conflit israélo-arabe, la question nucléaire nord-coréenne, et l’Iran. Comme l’administration affirme haut et fort que sa politique n’a pas changé et comme la rhétorique intransigeante du passé domine la discussion, il est facile de ne pas voir ce qui se passe réellement. »

« Bolton a sans aucun doute noté que Rumsfeld est parti, et qu’il a été remplacé par Robert Gates, un secrétaire à la défense très différent. Il a aussi remarqué que les pires des néoconservateurs (y compris lui-même) écrivent des livres et passent plus de temps avec leurs famille et amis, appellent à plus de guerre en écrivant des éditoriaux, tout cela de l’extérieur [de l’administration] : ils ne sont plus à l’intérieur, en train de participer à des réunions à la Maison Blanche. »

« Bolton a sûrement noté le changement progressif du centre de gravité, de Dick Cheney à Rice et Gates. Il a écouté les déclarations du chef d’état-major des armées, qui a affirmé on ne peut plus clairement que l’option militaire, bien qu’elle demeure une possibilité théorique, est la moins attractive des options, et est même pratiquement impossible compte tenu de l’extension de nos forces en Irak et en Afghanistan. »

« En d’autres termes, Bolton – qui défend des politiques qui, à mon avis, sont folles –, reconnaît le pragmatisme et la modération à Washington quand il les voit. Et il n’aime pas ce qu’il voit avec cette administration finissante. »

« Au cours des deux dernières années, nous avons assisté à un traitement sensationnaliste sur l’imminence d’une nouvelle guerre avec l’Iran. Toutes ces peurs et ces prédictions ont un point en commun : elles n’ont jamais été confirmées. Il est peut-être temps pour nous de rejoindre Bolton et de regarder la réalité. Quand Bolton abandonnera ses jérémiades et quand il commencera à exprimer sa satisfaction quant aux orientations de la politique américaine, alors nous devrons nous inquiéter. »

Le Monde diplomatique en arabe en Palestine Retour à la table des matières

L’association des Amis du Monde diplomatique s’est engagée l’an dernier à soutenir la création d’une édition palestinienne réalisée à Ramallah par le quotidien Al-Ayyam. En 2007, quelque 16 000 euros ont été réunis, permettant la parution de douze numéros diffusés chaque mois à 15 000 exemplaires. Cette initiative a été extrêmement appréciée en Cisjordanie occupée (du fait du blocus, notre édition ne peut, pour le moment, entrer à Gaza), et nos amis palestiniens souhaitent qu’elle puisse être poursuivie. Il nous faut pour cela réunir de nouveaux fonds.

Adressez votre chèque à la délégation générale des Amis du « Monde diplomatique », 3, avenue Stephen-Pichon, 75013 Paris, en spécifiant « soutien aux AMD palestiniens ».

« Bons » et « mauvais » musulmans Retour à la table des matières

Un passionnant dossier sur les musulmans et l’islam dans La Revue internationale des livres et des idées (n° 6, juillet-août 2008). On lira notamment l’article de Lila Abu-Lughod, « “La femme musulmane”. Le pouvoir des images et le danger de la pitié », ainsi présenté : « Dans les médias occidentaux, les images de femmes voilées sont très souvent convoquées pour figurer l’oppression qui sévirait de manière uniforme dans le monde musulman. Selon l’anthropologue Lila Abu-Lughod, de telles images, omniprésentes, ne sont pas bénignes : elles contribuent à nourrir la représentation d’un fossé civilisationnel entre Orient et Occident. Niant la complexité des significations du voile comme la diversité des populations qui le portent, ces images figent une relation à deux termes dans laquelle hommes et femmes “libres” devraient voler au secours de femmes purement et simplement contraintes, dépossédées de leurs droits et de leurs choix. »

On trouvera aussi un entretien avec Mahmood Mamdani, qui vient de publier La CIA et la fabrique du terrorisme islamique (Démopolis), ainsi qu’un compte-rendu du livre Les filles voilées parlent (La Fabrique).

D’un grand intérêt également pour les lecteurs de ce blog, l’article d’Enzo Traverso (« Messianisme, orientalisme et Holocauste. Un bilan historique du sionisme »), sur plusieurs livres concernant le sionisme, notamment celui d’Ilan Pappe (Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard).

Burqa Retour à la table des matières

Ne vous inquiétez pas. Je ne vais pas revenir longuement sur la énième polémique concernant l’islam en France. La seule chose dont on est certain est que ce n’est pas la dernière. Mais je ne peux m’empêcher de noter cette phrase dans Libération des 12 et 13 juillet : « Y a-t-il davantage de frictions entre la laïcité et l’islam ? Difficile à dire, le moindre incident concernant des musulmans étant systématiquement monté en épingle. » La journaliste écrit ces quelques lignes dans un numéro dont le gros titre de Une est : « La France ou la burqa » ; et n’est-ce pas Libération qui a révélé le fameux arrêté concernant le mariage annulé et la virginité, et qui en a également fait sa Une ?

97 commentaires sur « Iran : Bolton a raison ! »

  • permalien Pierre ™ :
    17 juillet @18h45   »

    En grand démocrate, Bolton n’énvisage un Proche-Orient, qu’à sa botte et qu’à sa pointure.

    Si nous avions fait plus durant les cinq dernières années pour appuyer tous les mécontents – les jeunes, les non-Perses, les laissés-pour-compte de l’économie –, les choses auraient pu être différentes. »

    les USA, par pragmatisme bien sûr, mais peut-être aussi parce qu’affaiblis par ces 8 années d’orgies idéologiques hystériques, semblent plutôt se mettre à écouter pour mieux se couler dans le moule.

    - Les Etats-Unis pourraient rétablir une présence diplomatique en Iran
    - Bagdad refuse le projet américain sur le futur statut des GI
    - Barack Obama précise les axes de sa diplomatie

    Il semble bien que contrairement à ce que s’imagine Bolton, le Moyen-Orient soit en passe de modeler le régime étasunien actuel... par pragmatisme, sûrement...

  • permalien Sardon :
    17 juillet @20h02   « »

    Bonjour,

    L’aspect le plus frappant des propos de John Bolton n’est paradoxalement pas tellement leur caractère dément (on comprend pourquoi il n’a plus de responsabilité politique et pourquoi il passe "plus de temps avec sa famille et ses amis" [les pauvres !]). En fait, ce n’est pas tellement ce qu’il dit qui est le plus intéressant : c’est le présupposé idéologique qui sous-tend ses propos, lequel est en fait le même que celui de Gary Sick. On pourrait résumer ce présupposé comme suit : il est parfaitement légitime en soi de chercher à renverser par la force un gouvernement qui n’a pas l’heur de vous plaire, et cette légitimité ne souffre aucun débat. Ce qui peut, par contre, susciter un débat (qui peut être très vif, on le voit), c’est de savoir s’il est opportun , à un moment donné, de chercher à renverser tel gouvernement (ici, le gouvernement iranien). Ce que Gary Sick conteste (bien qu’il ait, au demeurant, parfaitement raison dans ce qu’il énonce), ce n’est pas l’illégitimité fondamentale d’un "changement de régime" en Iran, mais son opportunité, en faisant valoir qu’un tel acte ne pourrait, in fine, que desservir les Etats-Unis.

    Noam Chomsky le disait il y a un an à Daniel Mermet : dans les dictatures, la ligne du parti est assénée. En démocratie, elle est sous-entendue, et peut même constituer la trame de débats qui peuvent parfois devenir très vifs, pourvu qu’ils ne remettent pas explicitement cette ligne en cause, et pourvu qu’ils ne sortent pas des bornes acceptables a priori. On en a un bon exemple ici : la ligne du parti, c’est qu’il est fondamentalement légitime d’envahir et/ou de bombarder l’Iran. Par contre, on peut discuter si le jeu en vaut la chandelle ou non.

    Il ne me semble pas que le débat politique français soit, sur ce point, fondamentalement différent du débat politique états-uniens.

  • permalien K. :
    17 juillet @20h21   « »
    Bolton, "l’arme secrète d’Israel."

    - Dan Gillerman, Ambassadeur israélien à l’ONU, en Novembre 2006 : Bolton est l’arme secrète d’Israel

    - M. Bolton a déclaré être « sacrément fier » (damned proud) d’avoir empêché un cesser-le-feu rapide [lors de la guerre des 33 jours].

    No comment.

    Mais tout de même quelques précisions, via Asia Times où Mark Perry et Alastair Crooke ont publié un article éclairant les dessous des négociations pour le moins agitées à l’ONU entre Jean Marc de la Sablière, l’ambassadeur français, et Bolton.

    Selon un membre du secrétariat de Koffi Annan, Bolton aurait à l’époque déclaré :

    Puisque le Liban abrite le Hezbollah, les libanais ont perdu le droit de vivre. ( because Lebanon harbored Hezbollah, Lebanese lives were forfeit)

    Une fois encore, no comment.

    - En guise d’épitaphe pour une hécatombe, Sic transit Gloria Mundi

  • permalien K. :
    17 juillet @21h31   « »

    En attendant de pouvoir lire l’article d’Enzo Traverso, il y a celui de Michel Warschawski, le 20 mai 2002 :

    Les Palestiniens n’ont plus aucun état d’âme. Le discours qui disait : « Nous n’avons rien contre les Israéliens en tant que tels, un jour nous devrons vivre ensemble », on ne l’entend plus. Les attentats sont devenus une façon de se battre aussi légitime qu’une autre. La position officielle qui distinguait lutte de libération - y compris lutte armée - et terrorisme, a vécu. Tout est lutte de libération nationale. C’est le changement le plus douloureux, et j’en rends responsables à 100 % les Israéliens, et à 200 % la gauche israélienne, qui n’a jamais osé défendre auprès de l’opinion israélienne des formes de luttes que, quelque part, elle savait pourtant légitimes. Elle n’a pas fait son travail d’éducation. Très peu ont osé dire que ces actions étaient comparables à celles du FLN pendant la guerre d’Algérie ou de l’ANC en Afrique du Sud, que certains d’entre eux avaient parfois soutenues. Il y a quelques années, Uri Avnery a écrit un article très courageux après une opération dans laquelle des militaires avaient été tués, où il disait en substance : « Ceux qui comme moi dénoncent les attentats doivent avoir le courage d’affirmer qu’en revanche, nous n’avons rien à dire contre ce genre d’opération : faire l’un et pas l’autre, c’est de l’hypocrisie. »

  • permalien
    18 juillet @00h21   « »

    Mercredi 17 juillet, le Hezbollah s’est efforcé par tous les moyens de dépeindre l’échange de prisonniers avec Israël comme une victoire, en soulignant le fait que le leader Hassan Nasrallah avait tenu sa parole et réussi à faire libérer le meurtrier Samir Kuntar.

    Un important journal arabe a tourné ladite "victoire" au ridicule. "L’accord de Radwan", titrait le quotidien A-Shark Alawsat jeudi. Le journal expliquait avec cynisme que l¹échange avait "coûté au Hezbollah plus de 7 milliards de dollars, plus de 1 200 morts et 4 500 citoyens libanais blessés".

    Le journal saoudien Al Wattan indiquait pour sa part que le Hezbollah devait se désarmer et que la résolution 1701 de l’ONU, par laquelle la guerre s’était achevée, n’avait pas été appliquée. Au Liban enfin, dans le journal Al Anwar, on pouvait lire qu’il était "honteux de voir les membres du gouvernement de Beyrouth se joindre aux célébrations du Hezbollah".

  • permalien
    18 juillet @04h05   « »

    Michel Warshawski, Vacarme, le 20 mai 2002

    Il faut bien sûr lier cela au 11 septembre, ainsi qu’à la grande mystification d’Ehud Barak : « On a tout offert aux Arabes et ils ont refusé, preuve est faite qu’ils veulent nous détruire ; il faut donc se défendre, et dans la lutte pour la survie tout est permis. » À Naplouse, à Ramallah, on détruit, on casse tout, et au lieu de voir la barbarie que cela représente, les Israéliens disent : « Nous nous défendons. » C’est dément ! Mais cette déshumanisation est aussi due à une nouvelle réalité née du processus d’Oslo, dans laquelle les Arabes ont disparu. Oslo était un projet de séparation : c’est cela, la paix, pour les Israéliens. En 1994-1995 s’est déroulée à Tel Aviv l’épuration ethnique la plus discrète et la plus pacifique du XXème siècle. La ville s’est vidée de ses dizaines de milliers d’Arabes, en particulier ceux de Gaza, qui avaient contribué à sa construction. De 1967 à 1995, dans la phase antérieure de l’occupation, les Arabes étaient là. On les humiliait, on les réprimait, mais ils étaient là, dans leur dimension humaine. Il y avait des dizaines de milliers de travailleurs arabes, à tous les coins de rue de vieilles paysannes vendaient la menthe et les figues de Barbarie, dans tous les restaurants les garçons étaient arabes... Cela rendait possible, presque nécessaire, une relation humaine - pas égale, mais humaine. Après Oslo, ils n’ont pas tous disparu, évidemment, mais on avait fait le choix de ne plus les voir : même ceux qui restaient étaient invisibles, transparents. Les Arabes ont disparu de la vue, mais aussi de l’imaginaire des Israéliens.

  • permalien Asher :
    18 juillet @04h26   « »

    Donc depuis 2002, il y eut Ariel Sharon, la Seconde Intifada, le Mur de Separation"guerre des 33 jours avec le Hezbollah...

    Ici en France, il eut "le nouveau philosemitisme europeen et le "camp de la paix"", et d’autre part, une espece un peu floue, que pourrait nommer "la tentation antisemite" que le sociologue Michel Wievorka a essaye d’observer.

    Finalement, pour comprendre la spécificité de l’antisémitisme français, il faut désormais y voir un discours nouveau, fait d’un amalgame de stéréotypes les plus variés, nous dit le sociologue. Ce discours serait constitué d’un certain nombre de clichés, comme l’existence d’une « mentalité juive » (incluant le mensonge, la lâcheté, l’arrogance, le goût pour l’argent et le pouvoir, etc.). On y trouverait aussi des pans de négationnisme, à quoi s’ajoutent le discours sur la « Shoah-business » – c’est-à-dire la soi-disant exploitation commerciale de l’histoire de l’extermination des juifs d’Europe par les nazis –, des éléments du vieil antijudaïsme chrétien – comme les accusations de crime rituel – et de l’antisémitisme racial – on trouverait parfois tels quels des éléments de la propagande nazie. À quoi il faudrait ajouter la remise en cause de l’existence de l’État d’Israël, ou encore des citations des Protocoles des Sages de Sion2. Ce discours aurait en outre la caractéristique d’être « globalisé », puisqu’il circule « en boucle », dans des allers-retours successifs entre les « cités » d’Europe et les pays du Moyen-Orient, via Internet et les chaînes de télévision reçues par antenne parabolique. La globalisation, qu’il faut comprendre comme une « double compression de l’espace et du temps » (une formule, empruntée à David Harvey, qui peut rappeler la notion de « surmodernité » chez Marc Augé), nous dit Michel Wieviorka, permet d’unifier ces éléments hétéroclites. C’est dans ce flot de paroles et d’écrits que va piocher presque au hasard le « jeune issu de l’immigration », qui utilisera l’antisémitisme comme une « clé de lecture arbitraire, sommaire et fausse », dans une situation de malaise et de souffrance.

    Un livre important, donc, grâce auquel on cerne mieux un phénomène dramatiquement prégnant, et qui fournit probablement une des clés d’accès importantes au (dis)fonctionnement de notre société contemporaine.

  • permalien Asher :
    18 juillet @05h02   « »

    Si la haine des musulmans est une question serieuse, et elle en est une a n’en pas douter, pourquoi en effet ne pas prendre au serieux la question de la haine des juifs. Car, si Ph. Arnaud a deja voulu exprime son incredulite face a cette supposee haine des juifs en France, comme si parce que l’age d’or de l’antisemitisme avait disparu, tout d’un coup il n’y aurait plus du tout de haine envers les juifs. C’etait notamment le sujet d’un post de K., avec (comme toujours) une excellente citation de Uri Avnery, consistant a debattre du livre de Mearsheimer sur le "lobby pro-Israel". Le grand heros de la paix, si hai par ailleurs lui-meme en son pays par l’establishment des "faucons" et les memes pseudos "colombes", faisait remarquer que le livre des professeurs americains ne pourraient aussi que mettre en lumiere une haine sourde contre les Juifs, devant l’exasperation d’elites fatiguees de soutenir aveuglement Israel, sans y croire, en quelque sorte...

    t le pire, c’est que si l’on n’est pas Uri Avnery, on peut etre soupçonne de soutenir Israel si on fait remarquer la realite de cette "tentation antisemite".

    Il suffit d’etre prof dans un college pendant quelques mois pour se rendre compte que c’est tout ce qu’il y a de plus normal d’etre raciste. Envers un "congolais" si on est "tunisien" (on est souvent en fait, français), un "agerien" si on est "marocain", un "senegalais" si on est "malien", et les "petis blancs" se font tout petits, ou participent tres difficilement dans ce manege des ethnies...quant aux juifs, lorsqu’ils en ont les moyens, ils changent de college pour aller dans un college juif, quand ce n’est pas chose programmee en avance par les parents...

    De la meme façon, en Francite, l’exasperation d’une opinion publique toujours defavorable envers Israel, et en meme temps un president qui fait des courbettes au Crif et a ses amis "juifs", ne fait qu’alimenter la these des complots juifs, dont il se serait malhonnete de nier l’existence dans toujours plus de cervelles pleines de souffrances sociales, de haine d’Israel et de confusions intellectuelles.

  • permalien Chakazoulou :
    18 juillet @08h40   « »

    1/2

    Le retour au pragmatisme de l’administration americaine ne date pas d’hier ou du changement de la majorite parlementaire qui a bascule dans le camp democrate avec Nancy Pilousi. Il est de notoriete publique que l’invasion americaine de l’Irak s’est faite avec plus que la benediction iranienne. Ceux qui sont au pouvoir depuis cette invasion ont passe le plus clair du temps de leur exil en Iran.

    Malgre toute les apparences, il y a une claire convergence d’interets entre l’Iran et les USA, si non comment expliquer le soutien des deux au gouvernement Maleki ?

    L’Irak apparait comme coupe en deux : dans le sud et a Basora, la presence iranienne est plus qu’evidente ; un ami irakien me disait qu’a Basora on se croirait dans n’importe quelle ville iranienne, et on y meme de plus en plus Farsi. L’armee de Mehdi n’a decide de la treve, qui sert les interets du gouvernement de Maleki et des USA, que parce l’Iran parrain de l’armee de Mehdi a voulu cette treve.

    Mais les interets peuvent aussi dvirger dans d’autres domaines : le nucleaire iranien. Du temps du Shah, l’Iran avait ete encouragee a acceder a la technologie nucleaire, et tout le monde se rappelle le tapage sur le pret Eudodif de 1 milliard de francs fait par l’Iran ; mais maintenant que les detenteurs de la cle nuclaire ont change, les regents actuels ne sont plus "dignes de la confiance" en Occident et doivent etre prives de l’acces a cette technologie.

    Avec un petrole superieur a 100$, il est dans l’interet de l’Iran d’exporter son petrole et produire de l’energie grace au nucleaire. La supposee "bombe iranienne" est a mon avis un instrument de propagande qui sert les interets du regime. Comme au Pakistan, le peuple est sensible a l’argument de la bombe nucleaire "Islamique", et cela permet de mobiliser autour du pouvoir actuel, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est d’une incompetence a crever les yeux en matiere economique. L’Iran est le seul pays ou la hausse des prix de petrole ne s’est traduite que par plus de restrictions et le rationnement du petrole ! Cette supposee bombe est aussi un instrument ideal pour les propagandes israelienne et americaine pour faire peur aux pays arabes et mobiliser contre l’Iran. Hier, on mobilisait l’argent du petrole du Golfe et les dirigeants de la region pour soutenir Saddam, devenu l’ennemi a abattre -et abattu- ; aujourd’hui, on mobilise encore contre l’Iran.

  • permalien Chakazoulou :
    18 juillet @09h24   « »

    2/3

    Cela fait vendre beaucoup d’armes a des pays qui n’en ont pas besoin et aussi rapproche les pays du Golfe d’Israel. Maintenant que le petrole est a plus de 130$, les pays du Golfe regorgent de liquidites qu’il faudra assecher ; car il est clair pour les occidentaux et surtout les americains, que les Arabes ne meritent pas d’avoir autant d’argent ; alors on leur vends n’importe quoi. Mais comme ils sont devenus regardants sur ce qu’ils achetent, on essaye de les convaincre en utilisant d’autres moyens. Cela va du paternalisme sur la gestion des fonds souverains, par le biais de la "Corporate Governance", a l’enginnerie financiere Islamique, la vente de centaines d’avions civils a Emirates, Qatar Airways, Ettihad, Fly Dubai ou Gulf Air ; et bien sur, la vente d’armes a l’Arabie, au Qatar et aux Emirats qui ne serviront a rien, pas plus que les armes vendues dans les annees 80 et qui n’ont pas stoppe Saddam d’envahir le Koweit.

    Question : Pourquoi personne ne parle du nucleaire israelien?

    Le double langage des dirigeants occidentaux ne fait qu’aggarver l’ amertume des masses et la haine de l’Occident et d’Israel dans les mondes arabe et musulman. Les tenants de la guerre contre le terrorisme, par ailleurs les memes tenants du "choc des civilisations", doivent se dire que cela n’aboutira qu’ a affaiblir ceux qui oeuvrent pour la paix en Palestine, au profit d’un radicalisme qui brulera tout sur son passage.

    Dans le registre des divergences/convergences entre l’Iran, il y a le rapport a Israel et le Liban. Portee par la vague conservatrice, Israel a tourne le dos au procesus d’Oslo et s’est lancee depuis la deuxieme Intifada dans une politique dans le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est susicidaire. Si hier, elle a refusee de faire la paix avec Arafat et l’OLP, elle sera tot ou tard obligee de la faire avec le Hamas et le Jihad.

  • permalien Chakazoulou :
    18 juillet @09h28   « »

    Israel qui a favorisee le Hamas dans les annees 80-90 pour contrecarrer l’influence de Arafat et du Fatah se doit maintenant de composer avec le Hamas via l’Egypte. L’Iran directement ou par le moyen du modele de resistance qu’ est le Hezbollah se trouve quasi directement implique dans le conflit israelo-palestinien. Il est plus qu’evident que l’Iran supporte de toutes ses forces le Hamas et le Jihad. Quelque soient les origines theologiques differentes (sunnisme vs. chiisme), la communaute d’interets et de l’ennemi fait que des mouvements sunnites issus des Freres Musulmans sont desormais l’allie decalre et objectif du Hezbollah et de l’Iran chiites.

    Au Liban, l’Iran est les USA se font desormais la guerre via leurs allies respectifs ; et comme lors de la guerre civile 1975 1991, Israel ne serait pas mecontent d’une destabilisation de ce pays. Mais a chaque moment, cela aboutit de facto au renforcement du Hezbollah, allie le plus fidele de l’Iran. Les 33 jours de bombardement du Liban ont permis au Hezbollah de renforcer sa position et son pouvoir de negotiation en obtenant "le tiers de blogage" qui fait de lui un incontournable acteur. L’echange de prisonniers renforce l’image d’un Hezbollah qui fait ce qu’il promet contrairement aux regimes arabes. Cela renforce de plus en plus la presence iranienne et lui donne acces a la fronitiere avec Israel. Et meme si les syriens signent demain un accord de paix avec Israel, l’Iran aura la carte du Hezbollah en main. Or ce dernier a montre une grande capacite d’adaptation a toute situation. Le Hezbollah a pris le controle du sommet strategique du Mont Sannine au Liban, et ce n’est la que le debut d’un redeploiement en preparation a une prochaine paix isaelo syrienne.

    De ce qui a precede, il en ressort que quelque soit la nature du rapport entre l’ Occident et l’Iran, consensuel sur l’Irak, conflictuel sur le nucleaire et le Liban, L’Iran marque des points les uns apres les autres et sa diplomatie tres "rusee" qu’on pourrait qualifier de marchanadage intelligent a la maniere de celui des marchands du Bazar de Tehran, est courronee de succes.

    Alors, a quoi bon chercher une confrontation qui n’aboutira qu’ a reconforter l’Iran dans sa position de porte drapeau des desherites du monde musulman ?

    Non, il n’y aura pas de confrontation, sauf si l’adminsitration americaine est sujette a une crise de folie suicidaire sous l’influence des "va t’en guerre" de l’establishment militaire isrelien dont la raison d’etre n’est plus la survie d’Israel, mais la guerre.

    Salam/Paix/Peace/Shalom

  • permalien Yenayer :
    18 juillet @10h15   « »

    @ La personne qui cite Al Sarq El Awsat et El Wattan comme "arguments" contre le Hezbollah doit surement être un vrai novice concernant le Moyen-Orient. Al Sharq El Awsat et El Wattan , sont deux journaux entièrement dévoués au Roi d’Arabie Saoudite. Quand on connait l’attitude et la position de ce pays par rapport au Hezbollah et par rapport à l’agression israélienne contre le Liban en 2006, on ne peut donner aucun crédit aux articles des deux journaux.

  • permalien Pierre ™ :
    18 juillet @10h24   « »

    Chakazoulou :

    Question : Pourquoi personne ne parle du nucleaire israelien ?

    Réponse : Parce qu’Israël de produit pas d’HEU,

    Peu de pays ont la capacité de fabriquer de l’uranium hautement enrichi (HEU). La plupart des utilisateurs passent commande soit aux Etats-Unis soit à la Russie, bien que l’HEU russe n’offre pas toutes les garanties de qualité.

    Son utilisation est bien entendu très réglementée et fait l’objet d’une surveillance très étroite de la part de l’AIEA ou des instituts de contrôle, notamment du NCI. Que l’Euratom vienne à contourner les polices américaines pour satisfaire les besoins d’une centrale nucléaire quelconque d’un pays membre et c’est la voie directe vers un incident diplomatique.

  • permalien hayekFan :
    18 juillet @10h32   « »

    S’il s’etait passe en israel, imaginez les hurlements de la presse anti-Israel et anti-USA !

    http://news.yahoo.com/s/ap/20080718...

  • permalien hayekFan :
    18 juillet @10h36   « »

    Chahazoulou : Alors, a quoi bon chercher une confrontation qui n’aboutira qu’ a reconforter l’Iran dans sa position de porte drapeau des desherites du monde musulman ?

    Ce sont qui au juste les desherites du monde musulman ? Ceux qui viennent de s’acheter le Chrysler Building a Manhattan, chef-d’oeuvre de l’Art Deco americaine ? Le probleme de la pauvrete au moyen orient est la faute a la forme politique de ces pays, certainement pas a l’Occident

  • permalien
    18 juillet @10h42   « »
    Un petit cadeau à Asher

    dont il n’est interdit à personne de profiter aussi.

    Les noms ("gentilés") désignant les habitants d’un pays, d’une province, d’une localité.... (Note de l’expéditeur : et même donc d’un quartier de grande ville !!!) prennent la majuscule initiale : les Français, les Anglais, les Poitevins, les Parisiens. Les noms de langues correspondants gardent une minuscule : parler le français, l’anglais, le poitevin... L’adjectif garde la minuscule : la population française, la cuisine anglaise, le Marais poitevin, le Bassin parisien. L’usage est incomplètement fixé et les codes typographiques diffèrent quant au traitement de l’attribut : Il est anglais (adjectif) ou Il est Anglais (nom). L’Imprimerie nationale tranche en faveur du nom, comme on le fait par exemple en allemand (Sie ist Franzüsin). L’Académie considère que l’on a affaire à un adjectif, que l’on ne dira jamais Elle est Suissesse, mais Elle est suisse, et met donc la minuscule : Ils sont albanais, corses... Elle n’est pas parisienne. Enfin, on distingue généralement les noms désignant proprement des habitants de leurs emplois dérivés : les Albigeois aiment leur ville ; la croisade contre les albigeois, Cathares du Midi de la France, au XIIe siècle.

    A noter qu’à cette règle orthographique souvent massacrée vient s’ajouter , dans le cas, le tout aussi souvent massacré "Juif" et "juif"

    Quand il est utilisé comme nom avec la msjuscule, il est question de l’origine ethnique (réelle ou supposée !!) ; sans la majuscule, c’est un pratiquant de l’un des judaïsmes.

    On peut donc faire parte des Juifs non juifs !!!!

    Mais la règle ne vaut pas au stade de l’adjectif

    Même en orthographe, au moins française, comme dans de nombreux domaines, courageusement humains ou dangereusement fanatiques, "les" Juifs posent problèmes ;-))))

  • permalien Zulfikar :
    18 juillet @10h55   « »

    Bonjour à tous,

    Shaul Mofaz remet ça : Mofaz repeats his talk of attacking Iran

    Ces propos viennent - comme par hasard ? - après que le cours du baril du brut ait enregistré une chute, mardi 15 juillet 2008, de près de sept dollars, soit la chute journalière la plus importante depuis 1991.

    Attendons de voir la réaction des marchés...

  • permalien
    18 juillet @10h57   « »
    Gros cadeau à ;-))))

    « d’une localité.... (Note de l’expéditeur : et même donc d’un quartier de grande ville !!!) »
    - Trois point suffisent...
    - Et un seul point d’exclamation !

    ......................... MERCI !!!!!!!!!!!!!!!!

  • permalien
    18 juillet @13h05   « »

    Justin Raimondo estime que cette « diplomatie coercitive », est un « prélude à la guerre ».

  • permalien Chakazoulou :
    18 juillet @13h51   « »

    @hayekFan

    Les nantis du monde musulman sont tres peu nombreux. Quelques milliers ou centaines de milliers dans les pays du Golfe, au milieu d’un ocean de pauverte de l’Indonesie au Maroc.

    A qui la faute ? ce n’est point le sujet de ce post. Mais on pourra on debattre a un autre moment...

  • permalien K. :
    18 juillet @14h52   « »

    @ Asher

    Votre post est intéressant et me semble mériter débat.

    Une remarque avant de poursuivre, ce n’est pas moi qui avais cité Uri Avnery, mais, je crois, Zulfikar. C’est la deuxième fois :-) que vous me confondez avec lui (c’est d’ailleurs un honneur pour moi).

    Concernant les propos d’Avnery sur le risque d’encouragement de l’antisémitisme par un livre comme celui de Mearsheimer et Walt, je vais le dire tout net : je ne suis pas d’accord.

    A propos d’un de ces posts le Juif Philip Weiss écrivait récemment :

    I always feel guilty when I make posts like this. I feel that I’m arming anti-semites. Then I say, I can’t care, and the only question is whether what I’m saying is true. And I think it is true. So here goes.

    "Je me sens toujours coupable quand je fais des posts comme celui-ci. J’ai l’impression d’armer les anti-sémites. Puis je me dis, je ne peux pas m’en soucier, et la seule question est de savoir si ce que je dis est vrai. Et je pense que c’est vrai. Allons y donc."

  • permalien K. :
    18 juillet @15h01   « »

    Erratum : A propos d’un de ses (propres) posts..

  • permalien Pierre ™ :
    18 juillet @16h27   « »

    Dans un des liens d’Asher,à propos d’un livre de Michel Wievorka, je découvre des révélations qui me stupéfient :

    La question de fond qui est posée est importante : y a-t-il oui ou non un retour de l’antisémitisme [en France] et, le cas échéant, sous quelles formes ?

    J’avoue ne pas bien savoir par quel bout prendre cette pseudo-double-question, tellement elle induit un raisonnement pervers de la part de celui qui la distille.

    Passer directement à la deuxième partie de la phrase, « sous quelles formes? » évite de perdre son temps sur la première dans la mesure où elle nous place de facto, à "l’échéance du cas".

    Mais ce serait tout de même dommage parce que la première partie de la phrase nous informe qu’il y aurait peut-être « un retour de l’antisémitisme ».

    Malgré sa forme interrogative cette phrase, est en réalité une affirmation. Elle affirme que l’antisémitisme avait disparu de France.

    Que penser alors des accusations d’antisémitismes qui n’ont jamais cessées avant l’écriture de ce livre ? Mensonges ? Phantasmes ? Malveillances ? Manipulations ? Dénigrement ?

    Mais le pire c’est que cette affirmation révèle que le peuple français aurait vécu en dehors de l’antisémitisme sans même sans rendre compte !

    Alors retournons à la fin de la phrase, et nous nous apercevons que si l’antisémitisme revenais se serait, ce sera sous plusieurs « formes ». Cela signifie-t-il que la multiplication des formes aggraverait le crime ?

    Finallement pris de vertige je me réfugie dans la seule partie de la phrase, qui n’est pas interrogative et porte en elle toutes les vraies questions : « La question de fond qui est posée est importante ».

  • permalien Zulfikar :
    18 juillet @19h30   « »

    Bonsoir à tous,

    Le Wall Street Journal, porte-parole des milieux d’affaires américains, change de ton lui aussi : il n’appele plus à la guerre contre l’Iran mais s’interroge sur l’efficacité des sanctions...

    Le Wall Street Journal : Les sanctions ont échoué à paralyser l’industrie pétrolière iranienne

    Extrait :

    Un récent rapport du Congrès a qualifié les sanctions à l’encontre du secteur pétrolier et gazier iranien de "discutable".Les officiels iraniens ont dit qu’ils les ont surmontées.La hausse des prix des produits pétroliers y a contribué. L’administration américaine à l’Energie estime que l’Iran a généré pour le premier semestre 2008 un revenu de 54 milliards de dollars US en exportations pétrolières contre 57 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2007.

    Apparemment, les Américains semblent revoir leur stratégie. Ce qui est frappant, c’est qu’il y a de moins en moins de soldats US tués en Irak. Les mouvements de résistance irakiens semblent patir du durcissement des Syriens à leur égard et des Iraniens respectivement à leurs frontières communes.

    Tout cela a un prix : l’Irak.

  • permalien K. :
    18 juillet @19h47   « »

    Accrochez-vous les gars, Fadela Amara pense, et ça déménage !

    « Il y a aussi des mecs qui kiffent des filles avec la burqa, c’est donc parfois de l’ordre du fantasme sexuel »

  • permalien K. :
    18 juillet @20h04   « »

    (Infiniment) plus sérieux, Mona Chollet

  • permalien Chakazoulou :
    18 juillet @20h17   « »

    @ K

    De la part d’un ministre de la RF, c’est completement dement. Meme De Villiers n’aurait jamais ose dire de telles insanites.

    Que l’on soit contre le port du voile, cela se comprend parfaitement, mais de la a legitimer une decision qui va l’encontre de la pierre angulaire de la laicite a savoir la liberte de croyance, cela me depasse

  • permalien Jean-Marie :
    18 juillet @20h40   « »
    Vous avez dit "anti-sémitisme" ?

    Puisque nous savons toute et tous ici que les Palestiniens, entre autres, sont « aussi » des sémites, ne serait-il pas didactique et pertinent de bannir de notre vocabulaire le mot anti-sémite

    Au profit d’anti-juivisme ? D’anti-israélitisme ?

    Pour indiquer ou exprimer soi-même une aversion, une hostilité (une haine ?) envers les Juifs ou les juifs ?

    Où commence effectivement l’un ou l’autre des deux anti-juivismes ? Alors qu’on peut être très "hostile" à la religion et pas du tout à l’ethnie

    Un Palestinien qui déclare ne pas aimer (même tous) les Juifs, c’est de l’anti-juivslme ?

    Trouver que les pratiques religieuses de certains judaïsmes « interrogent » (Faisons gaffe surtout !), et que leur culte de la Bible manque du sens critique élémentaire, c’est déjà de l’anti-juivisme ?

    Dire qu’ il y a des riches Juifs dans le monde qui contrôlent des journaux ou des usines d’armement ou des grosses fortunes, c’est déjà de l’anti-juivisme ?

    Affirmer que beaucoup de sionistes sont racistes, c’est de l’anti-juivisme ?

    Effectivement penser que tous les Juifs ou juifs sont à mettre dans le même sac depuis la nuit des temps, ça c’est effectivement de l’anti-juivisme primaire.

    Mais dire que sans certains Juifs, en Israël et/ou ailleurs, en nombre relativement conséquent, la Planète se porterait beaucoup mieux, et les Palestiniens en particulier, c’est de l’anti-juivisme ?

    Souhaiter qu’un jour le plus proche possible disparaisse pacifiquement l’état ethnique raciste israélien, c’est de l’anti-juivisme ou du réalisme ?

    Quoiqu’il est vrai que dans la bouche d’un Juif ça devient de la haine de soi. C’est sûr ?

    N’est-ce pas seulement de la clairvoyance et de l’éthique élémentaire qu’on aimerait voir logiquement partager par tous les défenseurs des Palestiniens avec le mons possible d’exception ?

  • permalien Pierre ™ :
    18 juillet @20h43   « »
    Encore la burka :

    Peu de temps après l’affaire de la virginité, cette nouvelle imbécilité montre le désarroi, dans lequel ce trouve "l’occident" par rapport à ses valeurs.

    Il y a peu de temps la crème de la démocratie française, nous expliquait qu’exiger la virginité d’une mariée, c’était un manque de respect pour cette femme (c’était la version "officielle") et qu’il fallait casser la décision d’annulation, pour obliger le couple à vivre ensemble.

    Aujourd’hui, on nous explique qu’être marié a un religieux rigoriste, c’est une faute qui mérite d’être punie par une décision administrative et que l’idéal serait que cette femme vive au Maroc et son mari en France.

    Même en lisant ça, je ne comprends rien...

    sauf si l’idée c’est de pourrir la vie des musulmans.

  • permalien Chakazoulou :
    18 juillet @22h59   « »

    Quelle aurait ete la reaction si on avait refuse la naturalisation a un chretien integriste membre d’un groupe repertorie comme proche de Moseigneur Lefebre ? Ou aurait-on refuse la nationalite francaise a un extremiste Juif du Goush ? s’il s’etait presente avec tout l’attirail du parfait talmudique ?

  • permalien Pierre ™ :
    19 juillet @09h13   « »
  • permalien Pierre ™ :
    19 juillet @10h37   « »
    Iran : Bolton a raison ! mais reste néanmoins surpris...

    Dernières paroles du nouveau messie :

    "C’est un retournement complet", s’emporte John Bolton

  • permalien Zulfikar :
    19 juillet @12h35   « »

    Bonjour à tous,

    Dans une libre opinion (op-ed) publiée le 19 juillet par le quotidien américain The New York Times sous le titre « Using bombs to stave off war » (Bombarder pour éviter la guerre),l’historien Benny Morris,un des représentants les plus influents des nouveaux historiens israeliens, estime qu’Israël attaquera l’Iran d’ici quatre à sept mois.

    Extraits :

    Les dirigeants à Washington et même à Téhéran devraient espérer que l’attaque soit couronnée suffisamment de succès afin de retarder significativement le programme iranien, si ce n’est une destruction totale du programme nucléaire de ce pays. Si l’attaque échouait, le Moyen-Orient serait certainement confronté à une guerre nucléaire - soit une frappe nucléaire préventive israelienne, soit des frappes nucléaires bilatérales entre les deux pays dès que l’Iran aurait acquis la bombe.

    Benny Morris n’ignore pas les conséquences suivantes qu’il n’oublie pas de souligner - et qui sonnent comme un ultimatum au monde entier :

    Nous savons ce qu’il en résultera : un choc traumatique déstabilisant l’ensemble du Moyen-Orient ayant des conséquences politiques et militaires retentissantes sur l’ensemble du globe,infligeant de sérieux dégats à l’approvisionnement pétrolier de l’Occident, une pollution radioactive de l’atmosphère terrestre et de l’eau.

    On se demande si Benny Morris, est conscient de ce qu’il écrit :

    1. Où a-t-on déjà vu un pays se faire bombarder et ne pas réagir, et surtout espérer que le bombardement ennemi soit un succès ??!!!

    2. Pourquoi l’ensemble de l’Humanité doit payer pour Israël : 7 millions d’Israeliens (et j’inclus les Israeliens non-juifs) pour 7 milliards d’êtres humains ?

    3. Pourquoi ne se pose-t-il pas la question inverse : dénucléariser tout le Moyen-Orient. Cette option n’a même effleuré son esprit.

    4. Au nom de quel principe pourra-t-il, en cas de frappe nucléaire préventive contre l’Iran, justifier l’existence de l’Etat juif : Les aieux de mes citoyens ont subi un Holocauste, donc je fais subir un Holocauste encore plus destructeur à d’autres. Bravo !

    Mais il ne faut pas trop s’étonner : Alan Hart qui avait interviewé Golda Meir lui fit cet aveu stupéfiant losqu’ils évoquèrent la question suivante : "si Israël [était] en danger d’être vaincu sur le champ de bataille, [serait-il] prêt à emmener en Enfer l’ensemble de la région et le monde entier derrière lui ?".Golda me répondit : "Oui, c’est en effet, exactement, ce que je suis en train d’expliquer." »

    Ps : Merci à K. pour le lien. C’est également un honneur d’avoir un contributeur de ton étoffe.

  • permalien Zulfikar :
    19 juillet @14h56   « »
    La dépendance énergétique d’Israël, la Russie et l’Iran

    Le 19ème congrès mondial du pétrole qui s’est déroulé à Madrid au début du mois de juillet, a révélé un peu plus sur la " partie d’échecs" globale que se livrent les grandes puissances : les Etats-Unis,la Russie et l’Union européenne.

    Selon Robert Bryce, "George Bush et l’Union européenne sont inquiets de la capacité qu’a la Russie de contrôler les flux de gaz naturels vers l’Occident". Et d’ajouter un peu plus loin : "La perspective d’une alliance énegétique russo-iranienne leur fait très peur. Cette nouvelle alliance rend l’occurence d’une attaque militaire par les Etats-Unis ou par les Israeliens de plus en plus éloignée. Pourquoi ? Eh bien, parce que l’une des raisons les plus évidentes est qu’Israêl dépend énormément du pétrole russe." En fait,Israel importe plus de 75% de ses besoins de Russie et de la mer Caspienne.

    Durant le congrès, une jeune femme demanda à Gholam Hussein Nozari, ministre iranien du pétrole, sur l’éventualité d’une attaque israelienne sur l’Iran, il répondit en riant : "C’est une plaisanterie".

  • permalien chakazoulou :
    19 juillet @15h20   « »

    si Israel et/ou les USA bombardent l’ran, comme peuvent ils imaginer que l’ran ne va jeter toutes ses forces et celles de ces allies dans la bataille.

    Ce sont les portes de l’enfer qui vont souvrir sur tous. Un petrole a 250 ou 300 n’en sera que la premiere conseuence... Alors bonjour les degats

  • permalien Yann :
    19 juillet @15h47   « »

    @ Zulficar,

    Benny Morris encourage une attaque israélienne conventionnelle (c’est-à-dire non nucléaire) afin d’éviter une guerre nucléaire.

    D’où l’article d’Helena Cobban, Benny Morris’s nuclear blackmail scenario [Le scenario du chantage nucléaire de Benny Morris] (Just World News, 18/07/08)

  • permalien K. :
    19 juillet @15h47   « »

    En 2001, après le 11 septembre, Mahmood Mamdani s’était exprimé dans un article intitulé : Good Muslim, Bad Muslim - An African Perspective. Extraits (1) :

    (..)

    Au lieu de discréditer l’histoire et la politique comme le font les discussions sur la culture, je suggère que nous placions les débats culturels dans leurs contextes historiques et politiques. Le terrorisme n’est pas un résidu culturel dans la politique moderne. Au contraire, le terrorisme est une construction moderne. Même quand il tente d’exploiter un des aspects de la tradition et de la culture, il le fait au service d’un projet moderne.

    Eqbal Ahmed a écrit a propos d’une image de télévision en 1985, concernant une réunion de Ronald Reagan avec un groupe d’hommes enturbannés, tous afghans, tous dirigeants de moudjahidines. Après la réunion, Reagan les a mené vers la pelouse de la Maison Blanche, et les a présenté aux médias en ces termes : "Ces gentlemen sont l’équivalent moral de l’Amérique des pères fondateurs."

    Ce fut le moment où l’Amérique officielle a tenté de mobiliser une des versions de l’islam dans une lutte contre l’Union soviétique. Avant d’en examiner la politique, permettez-moi de clarifier le contexte historique.

    1975 a été l’année de la défaite américaine en Indochine. 1975 a été également l’année de l’effondrement de l’empire portugais en Afrique. Elle a été l’année où le centre de gravité de la guerre froide est passé de l’Asie du Sud-Est à l’Afrique du Sud. La question était : qui ramasserait les morceaux de l’empire portugais, les États-Unis ou l’Union soviétique?

    Alors que le centre de gravité de la guerre froide se modifiait, passant de l’Asie du Sud-Est à l’Afrique du Sud, il y avait également un changement de stratégie des Etats-Unis. La doctrine Nixon avait été forgée à la fin de la guerre du Vietnam mais n’avait pas pu être mise en œuvre à ce stade - la doctrine selon laquelle "les Asiatiques doivent mener les guerres d’Asie" – Cette doctrine a été vraiment mise en pratique en Afrique australe. En pratique, elle traduit la décision des États-Unis d’exploiter, ou même de cultiver, le terrorisme dans la lutte contre des régimes considérés comme pro-soviétiques. En Afrique australe, le résultat immédiat est un partenariat entre les États-Unis et l’apartheid de l’Afrique du Sud, accusée par l’ONU d’avoir perpétré "un crime contre l’humanité." Reagan a appelé ce nouveau partenariat "engagement constructif".

  • permalien K. :
    19 juillet @16h03   « »

    Good Muslim, Bad Muslim - An African Perspective (2)

    L’Afrique du Sud est devenue à la fois un exutoire et un partenaire des États-Unis dans la guerre chaude contre les gouvernements de la région considérés comme pro-soviétiques. Ce partenariat a renforcé un certain nombre de mouvements terroristes : la Renamo au Mozambique, et l’UNITA en Angola. Leur terrorisme est d’un genre jamais vu auparavant en Afrique. Il ne s’agissait pas simplement du fait qu’ils étaient prêts à tolérer un niveau plus élevé de victimes civiles dans les affrontements militaires - ce que l’Amérique officielle appelle aujourd’hui les dommages collatéraux. La nouvelle donne était que ces mouvements terroristes prenaient spécifiquement pour cible des civils. Elle visait expressément à tuer et mutiler des civils, mais pas tous. A l’idée a toujours été d’en épargner quelques uns pour qu’ils relatent le massacre, de semer la peur. Le but de répandre la peur était de paralyser le gouvernement.

    Dans une autre décennie, le centre de gravité de la guerre froide passait vers l’Amérique centrale, au Nicaragua et El Salvador. De même que le centre de gravité du terrorisme parrainé par les étatsuniens. Les Contras sont non seulement tolérés et protégés par l’Amérique officielle, ils sont activement soutenus et directement aidés, comme lors de la pose de mines dans des ports.

    Le déplacement du centre de gravité de la guerre froide a été le principal contexte dans lequel les politiques concernant l’Afghanistan ont été élaborées. Mais il n’a pas été le seul contexte. Le contexte mineur a été la révolution iranienne de 1979. L’Ayatollah Khomeini a officiellement qualifié l’Amérique comme le "Grand Satan", et l’islam officiel comme l’islam des États-Unis. " Mais au lieu de traiter également les questions - les sources de ressentiment contre l’Amérique officielle - l’administration Reagan a espéré créer un lobby islamique proaméricain.

    Le grand plan de l’administration Reagan avait deux volets. Tout d’abord, il y avait l’idée de réunir un milliard de musulmans autour d’une guerre sainte, une croisade contre l’empire du mal. J’utilise le mot "croisade, et non pas de djihad, parce que la notion de croisade peut transmettre avec précision l’état d’esprit dans lequel cette initiative a été prise. Deuxièmement, l’administration Reagan espérait transformer un schisme religieux de l’islam, entre minorité chiite et majorité sunnite, en un schisme politique. De ce fait, il espérait contenir l’influence de la révolution iranienne en la présentant comme un problème de minorité chiite.

  • permalien K. :
    19 juillet @16h06   « »

    Good Muslim, Bad Muslim - An African Perspective (3)

    C’est le contexte dans lequel une alliance Américano/Saoudo/Pakistanaise a été forgée, et les madrasas religieuses transformées en écoles politiques pour la formation de cadres. Le monde islamique n’avait pas vu un djihad armé depuis des siècles. Mais maintenant, la CIA était déterminée à en créer un. Elle était déterminée à mettre une des versions de la tradition religieuse au service de certaines politiques. On nous a dit que la CIA a recherché un prince saoudien pour le mettre à la tête de cette croisade. Elle n’y a pas réussi. Mais elle a réglé la question en choisissant le deuxième meilleur choix, le fils d’une illustre famille étroitement liée à la famille royale. Ce n’était pas une famille sclérosée dans la pré-modernité, mais une famille cosmopolite. Les membres de la famille Ben Laden sont des mécènes des grandes universités. Ils parrainent des programmes dans des universités comme Harvard et Yale.

    La CIA a créé les moudjahidines et Ben Laden comme une alternative aux nationalismes laïques. De même que, dans un autre contexte, le renseignement israélien a créé le Hamas comme une alternative à l’OLP laïque.

    Le "fondamentalisme" contemporain est un projet moderne, pas le vestige d’une tradition. Lorsque l’Union soviétique a été vaincue en Afghanistan, cette terreur s’est acharnée sur l’Afghanistan au nom de la libération. (..).

    La question de la responsabilité

    Pour comprendre cette question - qui porte la responsabilité de la situation actuelle ?- il est utile de mettre en contraste deux situations, l’une après la Deuxième Guerre mondiale et l’autre après la guerre froide, et de comparer la façon dont la question de la responsabilité a été entendue et prise en compte dans deux contextes différents.

    En dépit de Pearl Harbor, la Seconde Guerre mondiale a été menée en Europe et en Asie, pas aux États-Unis. Ce n’est pas les États-Unis qui avaient subi des destructions physiques et civiques à la fin de la guerre. La question de la responsabilité pour la reconstruction d’après-guerre ne s’est pas seulement poser comme une question morale, elle s’est posée comme une question politique. En Europe, l’urgence avait été soulignée par l’évolution de la situation politique en Yougoslavie, en Albanie et, en particulier, en Grèce. C’est dans ce contexte que les États-Unis ont pris la responsabilité du rétablissement de conditions de vie décentes dans l’Europe non communiste. Cette initiative a été appelée le plan Marshall.

  • permalien K. :
    19 juillet @16h14   « »

    Good Muslim, Bad Muslim - An African Perspective (4 et fin)

    La guerre froide n’a pas été menée en Europe, mais en Asie du Sud-Est, en Afrique australe et en Amérique centrale. Devrions-nous, nous l’humanité ordinaire, tenir l’Amérique officielle responsable de ses actions au cours de la guerre froide ? L’Amérique officielle doit-elle être tenue responsable des bombardements au napalm et de la pulvérisation d’agent Orange au Vietnam ? Doit-elle être tenue responsable pour avoir cultivé des mouvements terroristes en Afrique australe et en Amérique centrale?

    Peut-être aucune autre société n’a payé un prix plus élevé pour la défaite de l’Union soviétique que l’Afghanistan. Sur une population d’environ 15 millions, un million de morts, un million et demi de mutilés, et cinq autres millions de réfugiés. L’Afghanistan a été une société brutalisée avant même que la présente guerre n’ait commencé.

    Après la guerre froide et jusqu’au 10 Septembre de cette année, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont contraint les pays africains à se réconcilier avec les mouvements terroristes. La demande a été que les gouvernements partagent le pouvoir avec des organisations terroristes au nom de la réconciliation - comme au Mozambique, en Sierra Leone et en Angola.

    (..)

    L’Amérique officielle a l’habitude de ne pas prendre la responsabilité de ses propres actions. Au lieu de cela, elle recherche habituellement un prétexte de haute moralité pour justifier son inaction. J’ai été à Durban lors du Congrès mondial contre le racisme (CMR) lorsque les États-Unis l’ont quitté. La conférence de Durban concernait les grands crimes du passé, le racisme et la xénophobie, et les crimes connexes. Je suis revenue de Durban écouter Condoleeza Rice parler de la nécessité d’oublier l’esclavage parce que, dit-elle, la poursuite de la vie civilisée exige que nous oublions le passé.

    Il est vrai que, à moins que nous apprenions à oublier, la vie se transforme en une perpétuelle recherche de vengeance. Chacun d’entre nous n’a rien d’autre qu’un catalogue des torts causés à une longue lignée d’ancêtres. Mais la civilisation ne se construit pas simplement sur l’oubli. Nous devons non seulement apprendre à oublier, nous ne devons pas oublier d’apprendre. Nous devons également mémoriser, en particulier les crimes monumentaux. L’Amérique a été construite sur deux crimes monumentaux : le génocide des Indiens des États-Unis et l’asservissement de l’African American. La tendance officielle de l’Amérique est de garder en mémoire les crimes d’autres peuples et d’oublier les siens - de rechercher un terrain de haute moralité comme un prétexte pour ignorer les vrais problèmes.

  • permalien Pierre ™ :
  • permalien Zulfikar :
    19 juillet @17h43   « »

    @Yann

    Merci Yann pour le lien d’Helena Cobban, je n’ai pas consulté son blog depuis un moment.

    A mon humble avis, les Israëliens, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, sentent que le grand jeu autour du pétrole et du gaz risque de redéfinir géopolitiquement cette région à leur détriment. Dès lors, si un accord - officiel ou non - entre l’Iran et les Etats-Unis devait voir le jour avec la bénédiction de l’Union européenne, leur rôle, aux yeux de l’administration américaine, pourrait en pâtir. D’où, je crois, la rhétorique guerrière que certains dirigeants israëliens pratiquent actuellement.

    Amicalement.

  • permalien vvolodia :
    19 juillet @17h52   « »

    graines de violence

    J’ai écouté cette semaine Monsieur Gresh s’exprimer sur "Radio Chalom", la voix de la communauté juive ; je suis étonné que ce monsieur accepte de s’exprimer sur un média sioniste. (C’était bien Monsieur Gresh ? j’ai eu un tel choc que j’ai eu comme un blanc...)

  • permalien Zulfikar :
    19 juillet @18h08   « »

    @Vvolodia,

    Tiens !? T’es encore là, toi ? Je croyais que tu étais mort de rire. S’il te plaît, Vvolodia, restes mort, au moins jusqu’au jour de la Résurrection. Promis juré, on t’emmènera avec nous.

    Et comme l’a si bien dit Condie Rice à propos de l’Iran : "nous n’avons pas d’ennemi éternel". Nous, non plus.

  • permalien K. :
    19 juillet @19h57   « »

    Haaretz, 18/07/2008 :

    L’Arabie Saoudite veut mettre fin à l’hostilité dirigée contre Israel, parce que c’est un préalable à la fin du boycott du monde arabo-musulman par la communauté internationale

    « The newspaper’s [Asharq alawsat] correspondent in Israel, Nazir Majali, told Haaretz on Thursday that his newspaper reflects a growing tendency of Arab patriots who want to restore Arabism and Islam to a central place in world culture, unlike the direction political Islam has taken. Part of this trend is a change in the attitude toward Israel. »

    « "Saudi Arabia is fulfilling a central role in this trend, (..)," he said. »

  • permalien vvolodia :
    20 juillet @00h47   « »

    Zulfikar je n’aime pas votre ton ; tout d’abord, je ne vous ai pas tutoyé, je vous prierai de faire de même avec moi. Un peu de correction ne nuit pas au dialogue, nous ne sommes pas dans une cour de ferme.

  • permalien Asher :
    20 juillet @03h36   « »

    Cher K.,

    Dire la verite est une chose. Pour essayer d’aller droit au fait, je dirais que tout un chacun sait que l’antisemitisme est l’une des choses les mieux partagees. Bien que depuis la Liberation en France il y ait eu le Grand Tabou contre l’antisemitisme, faisant passe pour un pestifere l’antisemite, apres que cela fut le Juif, il serait reellement malhonnete de penser que l’antisemtisme ait totalement disparu.

    Pensez-vous qu’au Mexique il y ait beaucoup de passions au sujet d’Israel et de la Palestine ? Le Mexique etant d’ailleurs tres indifferent au sujet de l’Holocauste, il est aussi tres indifferent sur Israel et la Palestine. Par ailleurs cela ne veut pas dire qu’il n’y ait un antisemitisme de gauche, anti-imperialiste, assez profond.

    Le probleme est que p’arler de l’antisemitisme dans un contexte de discussions sur le Moyen-Orient peut equivaloir a de l’intimidation, a vouloir affaiblir les positions des adversaires d’Israel, a discrediter meme ces memes positions en voulant montrer une supposee equivalence entre d’une part les antisemites et meme l’antisemitisme qui a conduit l’Holocauste, en faisant un chantage a l’estamac pour dire que la critique d’Irael est la meme chose en definitive.

    Cela est evidemment inaccpetable !

    Mais cela n’epargne pas tout de mme, pour ceux a qui cela interesse, de prednre conscience d’un antisemitisme qui existent parmi les propos contre Israel ou les Juifs.

    C’est etre vraiment aveigle et sourd, ou foncierement malhonnete, ou alors tres ignorant, que de dire qu’il n’y a pas de haine d’Israel et des Juifs dans quelque discours que ce soit sur Israel ou encore les Juifs, la plupart du temps de faon melangee et confuse due a l’ignorance qui caracrisent ces discours. Je veux parler tres conretement des propos tres repandus sur ces questions parmi les classes populaires franaises, surtout musulmanes. C’est tout simplement un fait sans equivoque. Il ne sert a rien de nier tout cela. Meme si ce n’est pas toujours une obsession, "les Juifs" pour dire les puissants, les riches, les imperialistes, l’Etta d’Israel (assimile a une grande puissance-lorsque l’on sait,-c’est tres rare-que Israel sur la carte est plus petit que la Suisse-alors on change peut-etre de discours, on est perplexe...) c’est tres repandu.

    Le probleme apres avoir reconnu ce fait, est de reflechir au statut que l’n va accorder a ces prejuges antisemites. Car ils n’ont rien a voir avec les annees 1930, bien sur. Et tout d’abord parce que lapresse, les intellectuels, les artistes, les ecrivains, les homme spolitiques (a part el FN), s’opposent vigoureusement a toute forme d’antisemitisme, parfois, et meme souvent je dirais, de faon hysterique et disproportionne-et tres injuste envers les autres formes de racisme, anvers les musulmans, justement.

  • permalien Asher :
    20 juillet @03h49   « »

    Cher K. (2)

    Pour resumer de maniere concise mon propos, je ne veux pas dire que des revelations sur la puissance du lobby pro-Israel aux USA soit en soi un encouragement a l’antisemtisme, mais plutot que l’antisemitisme est un fait social assez repandu (pour le cas des USA je crois qu’il l’ait meme plus qu’en France).

    Donc la question est celle-la :

    Savons-nous ce qu’il se passe, en matiere de haine des Juifs, a propos des discours sur Israel ?

    Autrement dit, la critique rationnelle existe (elle-meme jamais epargne par les sentiments, pour ou contre). C’est tres bien.

    Mais la critique irrationnelle, ou plutot l’irrationnalisme dans la vie et les opinions courantes des personnnes est ce qu’il y a de plus commun.

    L’antisemitisme est l’une des ses marques, parmi mille autres.

    Que faisons-nous, dans la critique rationnelle d’Israel, de la question antisemite ?

  • permalien Asher :
    20 juillet @04h02   « »

    Cher K. (3)

    Petite precision.

    Ma croyance actuelle est que certains prejuges antisemites vehiculees aujourd’hui est une moisson de haine bien meritee en un sens par la realite criminelle de l’Etat d’Israel. Que le sionisme, loin d’avoir pu e terminer avec l’antisemitisme, comme il feignait de le vouloir, a plutot fait perdurer et fait renaitre des formes nouvelles et profondes d’antisemitisme. Que ceux qui font croire qu’ils combattent la haine des Juifs s’en servent en quelque sorte pour en vivre par l’exploitation de la haine par la haine et l’adhesion a la Forte Poigne israelienne.

    Que la disparition de ce regime politique ne manquerait pas, sans doute, d’effacer certains haines contre les Juifs. Bien que cela soit de la speculation.

  • permalien Pierre ™ :
    20 juillet @06h27   « »

    Cher Asher,

    ainsi Bolton comme tous les sujets traités par A. Gresh, vous ramène vers votre sujet de prédilection : l’antisémitisme.

    Pourriez-vous respirer sans l’antisémitisme ?

    Pouvez-vous imaginer que des millions et des millions de français, non seulement respirent, mais naissent vivent et meurent sans l’antisémitisme ?

    Pouvez-vous concevoir que malgré tous les livres, le matraquage médiato-germanopratin la France dans sa globalité se fout éperdument de l’antisémitisme ?

    Mais vous-même, savez-vous ce qu’est réellement l’antisémitisme ?

    Peut-être croyez-vous qu’être antisémite, c’est comme le JT veut nous le faire croire, dès sortis du stade oral et anal, l’obsession d’adolescents de faire des croix gammées, à la recherche initiatique des limites de l’interdit ?

    Voilà le véritable visage, aujourd’hui, de l’antisémitisme :

    L’ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton, a lui déclaré qu’il n’y avait aucune chance que les Etats-Unis attaquent l’Iran avant la fin de mandat du Président Bush. Il revient donc à Israël, estime-il, de décider s’il est prêt à recourir à la force pour stopper l’Iran.

    Aujourd’hui l’antisémitisme, c’est quand les USA sont concurrencés sur le marché de l’uranium enrichi, de dire : pourquoi nous salir les mains, puisque les juifs ont une vocation historique à l’holocauste et sont payés assez cher pour régler nos problèmes.

    Amicalement.

  • permalien K. :
    20 juillet @09h28   « »

    @ Asher

    « Que faisons-nous, dans la critique rationnelle d’Israel, de la question antisemite ? »

    Que faisons-nous, dans la critique rationnelle de l’antisémitisme, de la question Israel ? De la question palestinienne ? Des malheurs du Moyen-Orient ?

    Est-il, pour prendre un exemple parmi tant d’autres, rationnel de voir de l’antisémitisme dans un livre qui dénonce un membre du régime de Vichy et le régime de Vichy lui-meme, uniquement parce que son auteur regrette dans sa postface les exactions commises par les Israeliens envers les Palestiniens ?

    Doit-on, sous prétexte que l’on risque d’alimenter d’authentiques antisémites, (dont le pouvoir de nuisance est, soit dit en passant, ridiculement dérisoire par rapport à celui du glorieux tsahal dans le monde actuel), laisser des millions d’etres humains crever ou vivre dans les pires des conditions comme à Gaza ?

    J’avais été très clair avec vous dès le début : « Avant tout, le refus israélien ».

    Amicalement.

  • permalien Wajdi :
    20 juillet @09h44   « »

    Il y a du vrai dans ce que dit Asher :il y a beaucoup d’hypocrisie dans l’"anti-antisémitisme" occidental. Le cas des sionistes chrétiens (genre Bolton, cité par K) en est le meilleur exemple. Lire à ce propos ce post de Jim Lobe : Hagee on Jews : A New Video

    Mais, aujourd’hui, ce reliquat d’antisémistisme n’est rien comparé à l’islamophobie, racisme politiquement correct qui, si les choses continuent sur leur lancée, pourrait atteindre ou dépasser l’antisémitisme européen de l’entre-deux guerres.

  • permalien K. :
    20 juillet @11h08   « »

    Dernier rapport de l’ONU sur :

    « La liberté culturelle dans un monde diversifié », en 2004.

  • permalien Zulfikar :
    20 juillet @11h43   « »

    @Vvolodia

    Zulfikar je n’aime pas votre ton ; tout d’abord, je ne vous ai pas tutoyé, je vous prierai de faire de même avec moi. Un peu de correction ne nuit pas au dialogue, nous ne sommes pas dans une cour de ferme.

    C’est entendu, Vvolodia. Mais ne croyez-vous pas que vous manquez de correction à l’égard de M. Alain Gresh ?

  • permalien K. :
    20 juillet @11h52   « »

    Pour Gareth Porter, il n’est pas sur que Bolton ait raison. Il serait « trop tot pour sabrer le champagne » dit-il dans un article intitulé : Seismic Shift or Non-Decision by Bush on Iran?

    La participation de Burns a officiellement été présentée comme “ponctuelle” et “aucune autre rencontre n’est planifiée à moins que l’Iran ne suspende son programme d’enrichissement d’uranium”.

    De plus cette participation se bornera à “écouter les négociations plutot qu’à y participer”.

    Tout ceci réduirait considérablement “la portée diplomatique” d’une telle participation.

    La décision américaine (de participer) reste en deçà de ce qui avait été prévu par les six puissances, également connus sous le nom de P5 +1, au printemps dernier. Ils avaient convenu officieusement d’une proposition "gel contre gel" qui permettrait des discussions préliminaires sur le programme nucléaire impliquant les États-Unis et l’Iran sur une période de six semaines.

    Des sources diplomatiques ont décrit le "gel contre gel » comme exigeant de l’Iran de ne plus ajouter de centrifugeuses alors que les six puissances s’engageaient à ne pas augmenter leurs sanctions au cours de la période de six semaines.

    Cependant selon une source de l’UE ayant une connaissance directe des réunions de Solana avec le ministre des Affaires étrangères iranien Manouchehr Mottaki et le négociateur nucléaire Jalili, le 14 Juin, ce qu’avait présenté Solana lors de ces réunions était différent de la proposition "gel contre gel"...

    La source n’a pas été autorisé à expliquer la différence entre les deux propositions, mais il semble maintenant que Solana pourrait ne pas présenter la proposition originale "gel contre gel" parce que le plus important acteur des 6 puissances --- les États-Unis — avaient élevé des objections.

    Et de conclure à une Non-Decision, plus qu’à un changement majeur de stratégie.

  • permalien Chakazoulou :
    20 juillet @11h55   « »

    @ K

    Je ne pense pas que l’Arabie par la voix du Roi Abdellah cherche a adopter une attitude plus poitsive a l’egard d’israel. Le sommet qui a reuni les religieux a Madrid est a mettre sur compte de la tentative d’une meilleure comprehension ou entente entre les religions pour contreacrrer le fondamentalisme ou du moins celui que l’Arabie considere comme extremiste par rapport au whabisme.

    Croire que l’Arabie se prepare a normaliser -meme dans le long terme- ses relations avec Israel, c’est meconnaitre l’Arabie et son hostilite plus que farouche a l’Etat d’Israel. Meme si le pragmatisme du Roi Abdellah a l’epoque ou il etait prince heritier l’a conduit a presenter le document dit "initiative arabe" au sommet de Beyrouth, l’Arabie reste tres opposee a Israel, en raison de la place qu’occupe la religion en tant que pierre angulaire du systeme. Le poids des religieux est on ne peut plus important, surtout que face a l’extremisme des groupes "salafistes", le regime ne peut se permettre de leur donner une occasion de l’attaquer ; lui qui est cense etre le defenseur des lieux sacres de l’Islam. Si on ajoute a cela, la necessite de faire contre poids a l’Iran et ses interferneces dans la Eastern Province, a Bahrain, a Koweit, en Irak et au Liban, on comprend que sur ce terrain, il ne me semble pas qu’il puisse y a voir la moindre concession.

    Cordialement

  • permalien K. :
    20 juillet @12h04   « »

    Les enquetes d’opinion sur les Juifs américains se suivent et ne se ressemblent pas : Un coup “colombes”, comme dans la dernière en date, un coup “faucons” comme précédemment.

  • permalien K. :
    20 juillet @12h06   « »

    @ Chakazoulou

    Dieu vous entende!

  • permalien Asher :
    20 juillet @12h16   « »

    Tres bien. C’est entendu.

    Je vois que c’est pour le moins complique d’aborder ces questions.

    Je ne suis pas interesse uniquement par l’antisemitisme, Pierre. C’est l’une des questions qui m’interessent. Je suis plus interesse a ce qu’il n’y ait point de guerre en Iran, au sort des Palestiniens, au sort d’Israel, de l’Irak, du Liban, du Moyen-Orient, donc aussi des USA, etc. Mais comme, voyez-vous, l’antisemitisme me touche sensiblement, permettez que cela m’interesse. Apres tout, on peut s’interesser a l’histoire d’une femme musulmane salafiste qui se voit refuser la naturalisation francaise, alors pourquoi pas a la question antisemite.

    De toutes facons, le ver est dans le fruit, du fait de tous les discours plus ou moins en defense d’Israel, implicitement ou explicitement, qui existent lorsque l’on parle d’antisemitisme. Mais au lieu d’inverser les termes du debat, comme vous le faites, Pierre, ne croyez-vous qu’il puisse etre interessant de se poser reellement la question ?

    "Avant tout, le refus d’Israel". C’est entendu K. D’ailleurs nous sommes parfaitement d’accord la-dessus. Cela regle-t-il la question ?

    C’est vrai, en tout cas, que cela repond a plusieurs problemes, notamment, et ce n’est pas une mince affaire, s’il on parle d’Israel comme une solution au sort des Juifs dans le monde. Je pencherais plutot pour dire que c’est un probleme.

    Quant aux malheurs palestiniens, de l’Irak, de l’Afghansitan, du Liban et du risque ou en du moins des menaces sur l’Iran, je suis bien d’accord avec vous que c’est une question quasiement toujours evacuee lorsque l’on parle d’antisemitisme, et c’est le faiblesse majeure je crois, du livre de M. Wieviorka. (il a par ailleurs d’autres qualites).

    Quant a la question de la haine des musulmans, elle est evidemment tres serieuse. Et elle a surement une importance plus grande.

    Mais cela devrait-il nous dispenser, (ou nous interdire), de considerer la question des prejuges antisemites, eux aussi vivaces a l’heure actuelle ?

    Mais vous me direz que je suis obsede...

  • permalien
    20 juillet @12h49   « »

    PIERRE : Aujourd’hui l’antisémitisme, c’est quand les USA sont concurrencés sur le marché de l’uranium enrichi, de dire : pourquoi nous salir les mains, puisque les juifs ont une vocation historique à l’holocauste et sont payés assez cher pour régler nos problèmes.

    C’est aussi une forme d’antisémitisme, et des plus choquantes. Pourquoi envoyer nos boys faire la guerre, quand ces crétins de Juifs peuvent la faire à notre place ?

    De toute manière, les alliés des américains ou de toute autre nation, en définitive, ne devraient pas avoir la naïveté de croire que l’amitié entre Nations est une réalité ; les Juifs le savent mieux que personne, les Pères fondateurs de l’état le savaient et agissaient en conséquence. Un Juif n’a pas le droit de remettre sa sécurité entre les mains des autres peuples.

  • permalien K. :
    20 juillet @13h22   « »

    « ...les Juifs le savent mieux que personne, les Pères fondateurs de l’état le savaient et agissaient en conséquence....Un Juif n’a pas le droit de remettre sa sécurité entre les mains des autres peuples. »

    Qui c’est les Pères fondateurs ?

  • permalien Asher :
    20 juillet @13h43   « »

    "Un Juif n’a pas le droit de remettre sa securite dans les mains d’un autre peuple". Il est vrai qu’il est bon de rappeler les vieux credos sionistes (auxquels plus personnne ne croit reellement en Israel, sauf Benny Morris, et quelques autres fanatiques, qui a la foi du converti). Voyez-vous, cette idee, qu’Israel, les Juifs, ne doivent se defendre que par eux-memes, m’a toujours paru une espece de fanatisme plus ou moins autodestructeur. Comme "peuple paria", comme l’analyse Max Weber dans Le judaisme antique, dans sa methode sociologique comparatiste (comparant la caste paria des intouchables au "peuple paria" des Juifs-comparer ne veut bien sur pas dire faire equivaloir...), le peuple juif a toujours developpe, il est vrai, des stretegies de survie et de developpement separe. Non pas d’apartheid, bien sur. Mais le developpement separe des Juifs dut se faire dialectiquement en reaction a l’exclusion et la persecution qu’ils devaient subir, et au repli dans la communaute et a l’auto-organisation sociale, religieuse, politique et juridique (d’ou la rigueur du rite juif), d’une certaine maniere en se creant soi-meme son propre espace d’exclusion. Cette attitude est peut-etre, toutes choses etant egales, partagee par les Kurdes, les Tsiganes et d’autres "peuples parias". Max Weber fait aussi remarquer l’aspect extrement rationnel (de l’ideal-type weberien), c-a-d, rejetant la magie, les images de Dieu, simplifiant Dieu en l’unifiant, creation d’un recit de creation dans la construction de l’identite d’un peuple, les Hebreux, simplification des regles de vie-les 10 commandements, qui contrairement a une idee tenace, ne sont pas si restrictifs, mais justement simplifies par rapport aux autres religions et morales, et surtout, creation d’une ideologie revolutionnaire sociale et politique autour de la figure du Messie, etc.). Le sionisme secularise et pousse a l’extreme l’ideologie revolutionnaire de la religion messianique, excluant le contenu universaliste-c’est uniquement pour le peuple juif-et incluant les dogmes universalistes de l’Etat-nation, des revolutions politiques et economiques de la modernite- mais encore une fois, pour le profit seul du "peuple". C’est dans cette perspective que la phrase bizarre de notre ami anonyme sur le fait que le Juif ne doit pas remettre sa securite dans les mains d’aucun autre peuple, prend tout son sens et qu’elle devient interessante pour comprendre le sionisme. Se defendre par soi-meme, de peuple paria devenir peuple souverain, de peuple persecute devenir peuple persecuteur. Mais ce n’est pas a une inversion pure et simple des termes sur quoi le sionisme se fait, mais egalement sur le fond messianique, "autoregule" et communautaire du judaisme, tout autant que sur l’adhesion aux ideaux de la modernite, mis en forme pour le profit du peuple fait nation, fait Etat, fait enfin puissance dominatrice, colonisatrice et imperialiste.

    Je vous donne tout a fait raison, K.

    C’est complique le sionisme.

  • permalien K. :