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Défendre le Tibet sans (forcément) encenser le dalaï-lama

mercredi 13 août 2008, par Martine Bulard

Toujours à la recherche d’un héros positif, la presse a trouvé un nouveau candidat : le quatorzième dalaï-lama. En visite en France jusqu’au 22 août, le chef des bouddhistes tibétains est transformé en dieu vivant, défenseur des valeurs spirituelles contre les diables rouges matérialistes, promoteur de la démocratie contre la dictature chinoise. David contre Goliath, le bien contre le mal… Le feuilleton est pimenté, si l’on peut dire, par le ballet médiatique de M. Nicolas Sarkozy, qui ne reçoit pas le dirigeant bouddhiste mais « envoie sa femme » (selon une vision féministe du rôle des épouses dans l’histoire), en attendant de serrer la main de l’impétrant après les Jeux olympiques.
Face à cette overdose de déification médiatique, rappelons quelques principes de base.

1/ La répression et l’écrasement culturel au Tibet (comme ailleurs) doivent être condamnés sans l’ombre d’une hésitation — tout comme les exactions commises par les extrémistes tibétains contre les Hans et les Huis lors des émeutes de Lhassa, dont ont témoigné plusieurs journalistes alors sur place (lire, par exemple, James Miles, « Fire on the roof of the world », The Economist, 14 mars 2008). Et, bien sûr, les arrestations arbitraires de Pékin sur l’ensemble du territoire chinois. On vient d’apprendre que la femme de M. Hu Jia, l’un des animateurs du mouvement des avocats condamné à trois ans et demi de prison, a disparu de son domicile, où elle était assignée à résidence.

2/ Le Tibet jouit d’un statut de région autonome, qui reste purement formel. Même si, comme le reconnaissait M. Wangpo Bashi, le représentant du dalaï-lama en France, les choses ont bougé : « Dans les années 1960, (…) les attitudes, les gestes et les propos de chacun étaient décortiqués, analysés, critiqués ; les déplacements étaient interdits ; les vêtements et la nourriture étaient rationnés. Aujourd’hui ça n’est plus ainsi ; on ne peut plus dire que tous les Tibétains sont visés. Actuellement, ils peuvent faire des pèlerinages, et même si les Chinois leur causent parfois des difficultés, bien des pratiques religieuses sont possibles. Avant, c’était interdit ! Les Tibétains peuvent aussi reconstruire les monastères, faire du commerce, etc. Il est important de dire les choses telles qu’elles sont. Parfois les Tibétains sont trop passionnés, ils racontent les choses de façon exagérée, ce qui est regrettable. C’est jouer le jeu de la propagande ! Si les Chinois ont fait des progrès, il faut le dire. Ils ne sont pas là avec une hache pour couper tous les arbres, tuer les hommes et les femmes… Bien sûr le Tibet est une zone occupée et surveillée, où les droits politiques sont très réduits, mais, depuis les années 1970, il y a eu beaucoup de progrès. Les marges de manœuvre sont plus larges aujourd’hui pour les Tibétains ; c’est ainsi que le reste du monde a pu connaître les problèmes du Tibet. Je dirais que le problème, aujourd’hui, c’est l’absence de liberté dans le sens politique du terme. »

Certes, depuis 2003, date de cette interview, l’arrivée des Hans dans la région s’est intensifiée, tandis qu’à la veille des Jeux olympiques les tensions se sont accentuées. En droit international, les Nations unies reconnaissent la Chine dans ses frontières actuelles — le Tibet n’a jamais été répertorié comme pays à décoloniser. Toutefois, une résolution de 1961 donne aux Tibétains le droit d’être consultés sur leur avenir. Les autorités pékinoises seraient donc bien inspirées de négocier avec les mouvements tibétains majoritairement modérés qui demandent que leur aspiration — légitime — à l’autonomie prenne corps. Selon l’entourage du dalaï-lama : « Nous avons eu vent que des dirigeants militaires chinois plaidaient pour une détente dans la question tibétaine (...) et, au sein du bureau politique, les “réformateurs” auraient apparemment une courte majorité de cinq contre quatre ». Nul ne sait ce que sera l’après-JO...

3/ On peut défendre la liberté au Tibet sans pour autant encenser le dalaï-lama. Contrairement aux biographies à l’eau de rose publiées dans les médias, le représentant des Tibétains en exil n’a rien d’un ange naïf, tout à sa spiritualité. Son histoire personnelle est ponctuée de mini-scandales et fréquentations de personnages douteux, comme le gourou de la secte japonaise Aum, Shoko Asahara, auteur de l’attentat au gaz toxique dans le métro de Tokyo en 1995, qui avait tué plusieurs dizaines de personnes. Selon le journaliste Christopher Hitchens, auteur de His Material Highness, le gourou aurait financé la « cause tibétaine » à hauteur de 1,2 million de dollars. Ce que démentent les dirigeants tibétains.

En revanche, le financement de l’organisation tibétaine par la CIA ne relève pas du fantasme des communistes chinois : dans les années 1960, l’agence américaine aurait versé 1,7 million de dollars, et l’enquête du New York Times (« Dalai Lama group says it got money from CIA », 2 octobre 1988) parle d’une subvention annuelle — modique mais néanmoins significative — de 180 000 dollars versée directement au leader religieux, qui a démenti. Nul ne sait aujourd’hui ce qu’il en est. La transparence ne serait-elle pas de ce bas monde ?

Au-delà de ces amitiés particulières, c’est le projet politique du dalaï-lama qui devrait inciter ses apôtres médiatiques à la prudence. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne se pose pas en inconditionnel de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dont on nous vante les mérites tous les matins. « La religion, a-t-il expliqué dans son discours-programme au Parlement de Strasbourg, le 15 juin 1988, constitue LA source de l’identité du Tibet, et le gouvernement devra en sauvegarder et en développer la pratique. » Cette (con)fusion n’aide pas à la résolution des problèmes. Comme l’explique Helène Le Bail, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (IFRI), « c’est là toute l’ambiguïté du dalaï-lama. S’il voulait obtenir une plus grande autonomie pour le Tibet, il faudrait, pour la Chine laïque, que la séparation entre le religieux et la politique soit claire ». On en est loin.

Certes, la théocratie n’est pas l’apanage du dalaï-lama. Mais on ne peut fustiger cette conception d’un autre âge quand il s’agit de l’Iran et l’encourager au Tibet. Comparaison n’est pas raison, mais la récente expérience de soutien occidental aux talibans pour bouter les Soviétiques hors de l’Afghanistan devrait amener à quelques réserves. D’autant que l’expérience du « gouvernement tibétain en exil » (qui ne tolère aucune opposition organisée) ne prête guère à l’optimisme sur le projet démocratique du chef religieux bouddhiste. Comme l’écrit Mathieu Vernerey : « Le “Parlement” fonctionne sans partis. Sans pour autant proscrire ce système de représentation, la “Constitution” provisoire n’y fait aucune allusion. Ce, malgré des réformes qui ont permis la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire), le droit de vote, l’élection de ses membres et du “premier ministre” au suffrage universel. Mais bénéficier d’institutions démocratiques ne suffit pas à établir une démocratie si perdure l’absence de toute expression partisane selon des objectifs ou des idéaux politiques. A commencer par le clivage sous-jacent — mais non formalisé — entre indépendantistes et autonomistes. »

La pensée profonde du dalaï-lama n’apparaît guère plus progressiste quand on aborde la question des femmes (qui sont « les égales des hommes » mais quasi absentes au sein du gouvernement en exil) ou les pratiques sexuelles. Sans forcément donner foi à tout ce qu’écrivent Victor et Victoria Trimondi, deux anciens bouddhistes allemands protibétains qui règlent (parfois) leurs comptes dans La Face cachée du dalaï-lama. Sexualité, magie et politique dans le bouddhisme tibétain, on peut s’en tenir aux paroles même du dalaï-lama dans un entretien au Point sur l’homosexualité : « Cela fait partie de ce que nous, les bouddhistes, appelons “une mauvaise conduite sexuelle”. Les organes sexuels ont été créés pour la reproduction entre l’élément masculin et l’élément féminin et tout ce qui en dévie n’est pas acceptable d’un point de vue bouddhiste. » Quand un imam tient de tels propos, tout le monde crie au scandale. Pourquoi se taire lorsqu’il s’agit du « petit Bouddha », pour reprendre l’expression de certains de ses amis ?

Un bouddhiste parmi d’autres

Contrairement à l’idée abondamment répandue, le quatorzième dalaï-lama n’est pas le représentant universel des bouddhistes dans le monde, qui seraient entre 350 millions et... 1,2 milliard. Fourchette très large, en raison des difficultés à définir les catégories religieuses. Cette religion est répandue principalement en Asie (Thaïlande, Cambodge , Birmanie, Sri Lanka, Laos, Japon, Taïwan…). Le bouddhisme se divise en plusieurs écoles : le bouddhisme du Grand Véhicule, qui compte environ 300 millions d’adeptes ; celui du Petit Véhicule (autour de 100 millions) ; le Véhicule tantrique, dit également bouddhisme tibétain, compte autour de 8 millions, surtout présent en Mongolie, au Bhoutan, en Chine. Comme on le constate, si ce courant est le plus répandu en Occident, particulièrement chez les personnalités connues, il n’est pas dominant dans le monde.

L’affrontement Géorgie-Russie vu d’Asie

Pour la plupart des commentateurs français, l’affrontement entre la Géorgie et la Russie vient de l’agressivité et des ambitions de Moscou. Vu d’Asie, l’histoire n’est plus exactement la même. Citons notamment, dans Asia Times, M K Bhadrakumar, « The end of the post-Cold War era » (la fin de l’ère post-guerre froide) : « Le meurtre de milliers des gens dans la région géorgienne séparatiste d’Ossétie du Sud va se révéler comme un moment décisif dans les relations de la Russie postsoviétique avec l’Ouest. » Une nouvelle étape des relations internationales est franchie, montre Bhadrakumar, qui analyse les liens entre le démantèlement du Kosovo et les affrontements caucasiens, sans oublier les enjeux pétroliers contemporains. Quelques jours auparavant, John Helmer, toujours dans Asia Times, essayait de comprendre « ces huit cents ans d’histoire du Caucase qui expliquent la folie destructrice de Saakachvilli » ; il sollicitait également l’opinion de l’opposition géorgienne, qui dénonce « l’escalade de la militarisation » de la Géorgie mais regrette que l’intervention russe « transforme le président géorgien en victime » et donc renforce, au moins temporairement, son emprise sur le pays. A noter que, dans son prochain numéro, Le Monde diplomatique (en kiosques à partir du 28 août) publiera l’analyse de Jean Radvanyi.

53 commentaires sur « Défendre le Tibet sans (forcément) encenser le dalaï-lama  »

  • permalien chamil :
    13 août 2008 @21h55   »

    On pourrait parler aussi de l’autre minorité encore plus sauvagement opprimée par les communistes chinois : les ouigours. Hélas, ceux-ci ont la malchance supplémentaire d’être musulmans, donc à l’instar des tchétchènes, palestiniens et quelques autres, ils peuvent être colonisés en paix et dans le silence de la communauté internationale...

    Puis ils demandent à vivre leur foi, comme les tibétains, ce qui pour la très laïque France est difficile à comprendre- déjà que la fille voilée est une terrosite en puissance dans nos contrées...

    Quant à l’argumentaire anti-Dalaï Lama (rappelons tout de même que celui-ci défend les droits de l’homme et n’a plus les conceptions théocratiques du régime féodal tibétain) habilement vendu par la Chine, il est toujours savoureux de voir que le colonisateur, quelque soit le régime ou la latitude, reprochera au colonisé le caractère archaïque de son existence pour justifier implicitement ou explicitement sa colonisation : "indigènes" algériens pour la France, intégristes palestiniens pour Israël, musulmans rétrogrades pour la Russie communiste... et boudhistes obscurantistes pour le pouvoir de Pékin.

  • permalien Aacitoyen :
    14 août 2008 @04h11   « »

    Le dalaï-lama, continue à recevoir des financements du gouvernement américain a travers une ONG écran appelée "Tibet Fund" cette ONG reçoit directement des subventions du Département d’État américain et finance entre autres le bureau du dalaï lama.

    Selon le rapport annuel 2005 de Tibet Fund, cette ONG reçoit plus de 2,5M$ du département d’état, et reverse 491 019$ au bureau du dalaï lama (voir dernière page du rapport).

    Plus d’info sur la page wikipedia Troubles au Tibet en mars 2008

  • permalien chamil :
    14 août 2008 @10h40   « »

    Ah oui, et en plus, le Dalaï-Lama est un suppôt des Etats-Unis.

    Réactionnaire et stipendié par les américains, décidément le peuple tibétain mérite d’être colonisé par le grand frère chinois, qui lui apporte tant de bienfaits civilisateurs... De quoi se plaignent-ils ces colonisés ?

  • permalien java :
    14 août 2008 @10h58   « »

    De nombreuses approximations, raccourcis dans ce texte... et une vision très occidentale des termes, notamment le terme "Religion" qui est de façon plutôt manichéenne opposé à "Laïcité". Classique pour un occidental laïque (dont je suis). Et facile pour une autorité dictatoriale comme la Chine, qui sait que la séparation du religieux et de la gestion des affaires de l’Etat est impossible.

    De même, si, l’auteur le reconnait lui-même, comparaison n’est pas raison, celle de comparer les autorités tibétaines à celles d’Iran se passe de commentaires.

    Quant au fait surprenant de s’en tenir aux paroles même du Dalaï Lama sur l’homosexualité (auxquels je n’adhère pas) pour aborder la question des femmes, ne pourrait-on pas "s’en tenir" à ceci ? :
    http://www.buddhachannel.tv/portail...

    Etc.

    Java

    ps : le Tibet c’est aussi une immense ressource d’Uranium pour alimenter les usines nucléaires que la France souhaite implanter en Chine, une immense forêt, les sources des grands fleuves chinois, etc. etc. Le combat de la Chine au Tibet est bien loin d’être culturel, il est avant tout économique. Eh oui, le peuple du Tibet a bien d’autres richesses que sa sagesse.. ;-)

  • permalien marc :
    14 août 2008 @11h40   « »

    finalement, plus les opprimés que je défends sont loin, plus facilement je peux me donner bonne conscience pour ne pas voir chez moi...
    (nouveau tantra du dalama Lai)

  • permalien K. :
    14 août 2008 @16h10   « »

    M K Bhadrakumar affirme, après avoir démontré chiffres à l’appui l’écrasante supériorité militaire de la Russie par rapport à la Géorgie, que l’“irresponsabilité” du président géorgien est évidemment calculée.

    L’objectif est de vaincre les résistances européennes pour une entrée de la Géorgie au sein de l’OTAN. Or la question de la demande l’adhésion de la Géorgie doit etre remise sur le tapis lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN en Décembre prochain.

    La guerre dans le Caucase, donc, serait à ce stade, un moyen très pratique pour l’administration Bush de faire pression pour l’entrée de la Géorgie (et de l’Ukraine) dans l’OTAN.

    Les enjeux sont énormes :

    L’entrée de la Géorgie au sein de l’OTAN a de lourdes implications stratégiques. Avec la nomination de la Géorgie, l’OTAN traverserait la région de la mer Noire aux approches de l’Asie. Cela constituerait un grand bond en avant pour l’alliance [atlantique], qui n’était même pas assurée jusqu’à récemment - en apparence, du moins – de sa pérennité jusqu’au 21e siècle après la guerre froide.

    Les États-Unis visent à établir une chaîne de pays liés dans un « partenariat » avec l’OTAN et dans lesquels seraient introduits son système de défense de missiles –chaîne étendue qui comprendrait ses alliés dans la mer Baltique et l’Europe centrale, la Turquie, la Géorgie, Israël, l’Inde, et conduirait jusqu’à la région Asie-Pacifique.

    Le fait est que l’administration Bush ne peut se permettre d’échouer dans cette entreprise caucasienne. Un échec serait perçu comme avoir inutilement du sang sur les mains à moins que la diplomatie américaine ne retourne la situation en sa faveur et conduit les évènements a leur conclusion logique - l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN.

    Si l’administration Bush réussit, une page de l’histoire est écrite. Nous pourrions alors définitivement dire adieu à l’après-guerre froide. Les relations de la Russie avec l’Europe et les États-Unis ne pourront alors jamais plus être les mêmes.

  • permalien K. :
    14 août 2008 @20h30   « »

    John McCain, le « farouche partisan de l’invasion de l’Irak » :

    “Au vingt-et-unième siècle, des nations n’envahissent pas d’autres nations”

  • permalien K. :
    14 août 2008 @22h04   « »

    Alain Joxe, « Barbarisation moderne des guerres dans l’empire global : le paradigme de la guerre de banlieue », Astérion, Numéro 2, juillet 2004 :

    Les dégâts introduits dans les économies locales par les dérégulations néolibérales sont aujourd’hui considérés par l’ensemble des opinions populaires comme augmentant les injustices sociales. Dans ces conditions, tous les éléments s’articulent pour qu’il y ait recherche par l’empire d’une « réhabilitation de tous les niveaux de barbarie ... »

    ...l’alliance euro-américaine, même douteuse, repose bien sur des intérêts communs des élites économiques transnationalisées adeptes des théories néolibérales.

    Les États-Unis pensent sans doute pouvoir compter, après quelques contorsions humanistes, sur l’Europe pour mettre au point leur propre système de limes antisud. Quelle que soit la différence de point de vue entre l’Europe et les États-Unis, la relation nord-sud entraîne aussi des flux de main-d’œuvre déracinée d’Afrique et du Moyen-Orient et l’alliance euro-américaine, même douteuse, repose bien sur des intérêts communs des élites économiques transnationalisées adeptes des théories néolibérales.

    C’est ici qu’il faut penser la stratégie globale dans des termes un peu nouveaux, mais sans trop d’illusions humanistes sur la perspective de voir l’Union européenne, comme telle, entrer en lutte contre la barbarie pour des raisons philosophiques, mais sans perdre l’espoir de la voir mener une lutte contre le modèle américain pour des raisons réalistes, politiques, sociales et sécuritaires.

    (Et pour ceux qui doutent que Sarkozy est un atlantiste : « Les Etats-Unis annoncent par le plan du Grand Moyen-Orient un projet de transformation de tout le monde arabe en glacis de transition qui ne peut évidemment pas se réaliser sans que l’Europe s’y intéresse (..), et qu’elle reprenne au sérieux, à son propre compte, le projet méditerranéen de Barcelone. »

  • permalien Sardon :
    14 août 2008 @22h25   « »

    Bonjour,

    @ Chamil :

    Le fait que le peuple tibétain soit cruellement opprimé (et soumis à une espèce de "purification ethnique soft", qui consiste à le noyer sous le flot des Chinois Han), n’est malheureusement pas incompatible avec le fait que le Dalaï-Lama prône une croyance religieuse de type réactionnaire, couplée avec un idéal politique théocratique et féodal. Certes, le Dalaï-Lama (d’abord, pourquoi n’utiliserait-on pas son véritable nom, qui est Tenzin Gyatso ?), Tenzin Gyatso donc, alias le Dalaï-Lama, est quelqu’un de très subtil et de très intelligent qui connaît toutes les ficelles des relations publiques, et qui a donc savamment évité de suivre l’exemple de Ruhollah Khomeyni ou de tous les papes depuis au moins Pie IX (1846-1878) : au lieu de mettre en avant sa théocratie féodale et son bouddhisme réactionnaire, il a mis l’accent sur un espèce de machin à l’eau tiède vaguement New-Age qui attire les gogos, surtout quand ces derniers sont des bobos en quête de "sens". Il n’empêche que quand on gratte un peu le vernis, sa théologie arriérée saute aux yeux.

    Il est vrai, par contre, qu’on ne peut pas s’attendre à ce que l’Occident chrétien manifeste une quelconque sympathie à l’égard des Ouïgours. Le gouvernement chinois a su très habilement jouer de l’islamophobie occidentale pour avoir les mains libres au "Xinjiang" (en fait, Turkestan). Quand on a un ennemi commun avec l’Occident, autant en profiter et ne pas laisser passer l’aubaine.

  • permalien K. :
    14 août 2008 @23h09   « »

    - L’adhésion de la Géorgie à l’OTAN « sérieusement compromise », selon Julie Lerat de RFI :

    « En lançant une opération militaire pour reprendre le contrôle de l’Ossétie du Sud, la Géorgie a réduit ses chances d’adhérer prochainement à l’Alliance atlantique. Elle a donné l’image d’un pays instable, qui pourrait entraîner les membres de l’OTAN dans un conflit dont ils ne veulent pas. En vertu de la clause de défense mutuelle et de solidarité, les Etats de l’Alliance atlantique seraient tenus de voler au secours de la Géorgie lors d’un éventuel futur conflit. Une crainte que Moscou a su attiser en ripostant à l’opération géorgienne sans laisser le moindre doute sur sa volonté. »

    - Table ronde de l’“Huma” sur l’OTAN et la défense nationale de la France (12/08/2008).

    Avec un François Heisbourg nettement moins (honteusement) manipulateur qu’à son habitude, peut-etre parce qu’en face il y avait un certain Alain Joxe, “directeur de recherches à l’École des hautes études en sciences sociales.”

  • permalien chamil :
    14 août 2008 @23h41   « »

    A Sardon :

    je n’aime pas le Dalaï-lama, pas plus que tout autre chef d’un gang religieux- on ne se refait quand on est de gauche et anticlérical ! Je suis d’accord sur sa duplicité et - dirons-nous- son habilité à cacher ses thèses conservatrices dans une guimauve mangeable pour les bobos.

    Mais peu importe qu’il soit réactionnaire- et il l’est. Entre le colonisé et le colonisateur, il n’y a pas d’équivalence morale. Il est trop facile de dominer un peuple au nom du progrès. La Chine ne procède pas différement des Israéliens dénonçant "l’arriération" ou le "nihilisme" des Palestiniens, ou les Français critiquant le caractère rétrograde du FLN, ou etc...

    Entièrement d’accord sur les Ouigours. Ceux-là vont déguster encore longtemps les bienfaits du communisme chinois...

  • permalien K. :
    14 août 2008 @23h53   « »

    « Bouclier antimissile : Bush "très satisfait" de l’accord USA-Pologne »

  • permalien Alias :
  • permalien K. :
    15 août 2008 @19h29   « »

    Il y a des phrases qui laissent reveur :

    « ..face aux pressions de leur allié géorgien, les Américains se raidissent [contre les Russes] » écrit-on dans cet édito du journal de référence, édito qui conclue :

    « Au-delà de la seule violation de la souveraineté et du territoire d’un Etat indépendant, la brutalité de la Russie ne peut pas être admise par la communauté internationale [sic]. Le pire serait que Moscou retire de cette crise un sentiment d’impunité. C’est un défi à la fois pour les diplomaties européenne et américaine. »

    Edito dont l’auteur pourrait etre Philippe Bolopion qui écrit ailleurs : « George Bush, a réitéré, jeudi 14 août, son soutien à "une Géorgie souveraine et libre". Et ce, alors que la Russie restait solidement implantée dans le pays, en dépit des imprécations de la communauté internationale [re-sic] et de l’accord de cessez-le-feu conclu le 12 août. »

  • permalien K. :
    15 août 2008 @20h02   « »

    « Une autre gaffe ? Bush a promis trop tôt une aide Navale à la Géorgie » titre le site McClatchy en date d’hier.

    La dite promesse aurait été faite avant-hier, sans que la Turquie ne soit mise au courant. Or les navires en question doivent passer par la Mer Noire dont l’accés est controlé par la Turquie. Jusqu’à tard dans la nuit hier la Turquie n’avait pas donné son accord.

    De plus des officiels du Pentagone se seraient étonnés d’une telle promesse dans la mesure ou les navires en question ne pourraient atteindre les ports géorgiens qu’au bout de quelques semaines.

    « "Le président signait des chèques aux Géorgiens sans savoir ce qu’il avait en banque," a dit un représentant de haut rang de l’administration . »

  • permalien K. :
    15 août 2008 @20h41   « »

    Amnesty International, 14/08/2008 :

    Les bombardements de cibles non militaires entrainant la mort de civils a été rapporté, ainsi que la destruction d’immeubles civils.

    Ceci comprend, en particulier, l’assaut Georgien lancé le 8 Aout contre Tskhinvali, dont 14 heures de bombardement. Le 9 Aout, les forces russes ont débuté une serie d’attaques sur des cibles en Georgie, dont, en particulier, la ville de Gori.

    Il est très difficile de vérifier les affirmations des uns et des autres ajoute Amnesty international.

  • permalien Popolon :
    15 août 2008 @23h17   « »

    A propos du Bouddhisme :
    Comme le rappel le Zen (collection Que-sais-je), la Chine est le pays ou a majoritairement grandit le Zen. Et depuis que la laïcité y est revenue dans les années 80 par opposition a un seul athéisme), le nombre de pratiquant chinois (incluant Han) du bouddhisme est tres important, il s’agit sans doute du pays ayany le plus de pratiquant du bouddhisme du monde, il n’y a pas qu’au tibet et qu’en Mongolie (et Mongolie interieure) que le bouddhisme tantrique est pratiqué, même si c’est la religion majoritaire de ces 2 régions. D’autre part, le plateau du Tibet ne comprend pas que des bouddhistes puisqu’il y a aussi des Bon (religion ancienne tibetaine (pas forcement appréciée du Dalaï Lama), et quelques autres religions spécifiques (Dongba, etc...). Si aujourd’hui ces religions (ainsi que l’Islam) sont toléré par le gouvernement Chinois, il n’est pas certain que ca le serait par un gouvernement du Dalaï Lama. De toute façon, le Panchen Lama, l’autre grand chef religieu tibétain, qui confirme le choix du Dalaï Lama officie toujours. Pour mémoire le Dalaï Lama était accompagné du Panchen Lama lorsqu’il a rencontré Mao Zedong à Pékin dans les années 50, des films et des documents d’époquent le montre, le Dalaï Lama n’était pas habillé avec un simple tissu, mais plutôt comme un empereur chinois à l’époque :
    http://video.cctv.com/opus/subplay....

  • permalien K. :
    16 août 2008 @10h59   « »

    HRW accuse Moscou d’avoir utilisé des bombes à sous munitions en Géorgie.

    Y net, journal israélien rapporte l’info en précisant : « Plus de 100 nations ont accepté d’interdire l’utilisation de bombes à sous munitions. Pas la Russie. »

    Il n’y a vraiment plus de sens de la décence...

  • permalien Pierre :
    16 août 2008 @11h08   « »
    Une décence sans sens...

    Les forces israéliennes ont lâché environ quatre millions de bombes à sous-munitions sur le sud du Liban. D’après les estimations des Nations Unies, près d’un quart de ces bombes n’auraient pas explosé, et ont ainsi causé des dizaines de morts et de mutilations depuis le 13 août, date de la fin des hostilités.

  • permalien Pierre :
    16 août 2008 @11h31   « »
    ... et ma concierge alors !

    L’organe de référence révèle :

    « Un soldat russe, cité anonymement par l’agence Reuters, a été plus direct : "Nous resterons ici jusqu’à ce que Saakachvili démissionne", a-t-il lancé. »

    voilà Bush et sa “clique”, prévenus (une occasion de saluer le dévouement des vrais reporters sur le terrain)

    De là, de la part des Russes de faire passer le message, que tant que Saakachvili sera au pouvoir, Moscou garantira la sécurité de l’acheminement du pétrole, dans la région, il n’y a pas loin.

    ... d’autant plus comme dirait ma concièrge qu’il y quelque chose sur le gaz.

  • permalien K. :
    16 août 2008 @12h59   « »

    Paul Craig Roberts, (dans un article intitulé : Cette fois le monde n’est pas dupe) :

    Soudainement les Européens de l’Ouest ont réalisé que s’allier avec les Etats-Unis est comme tenir un tigre par la queue.

    L’Ukraine, ou un nationalisme malsain s’est renforcé grace à des fonds assurés par le National Endowment for Democracy néocon, sera le prochain motif de conflit entre les Americains et la Russie. Les néocons sont en train de dire à la Russie que la perte des anciens satellites de son empire n’a pas résulté en leur independance mais en leur absorption dans l’Empire Americain.

    Les néoconservateurs représentent le plus grand danger auquel ait du faire face les Etats-Unis et le monde. L’humanité n’a pas d’ennemi plus grand.

    La BBC n’est pas du tout d’accord sur le fait que la propagande occidentale ne soit pas efficace.
    http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7...

    (PS : on peut se demander si une des causes du déclenchement de la guerre par la Géorgie n’a pas été de pouvoir permettre aux autorités polonaises de justifier auprés de leur population l’installation des missiles américains sur leur territoire)

  • permalien K. :
    16 août 2008 @16h01   « »

    “L’argent est le nerf de la guerre” parait-il.

    Ou l’on retrouve Randy Scheunemann, principal conseiller de politique étrangère de McCain (et néocon notoire) :

    AP :

    « Le principal conseiller de politique étrangère de John McCain et son partenaire en affaires a fait du lobbying auprès du sénateur [McCain] ou de son personnel à 49 reprises en l’espace de 3 ans et 1/2 tout en étant payé des centaines de milliers de dollars par le gouvernement de l’ancienne république soviétique de Géorgie. »

    « Les paiements soulèvent des questions éthiques sur l’intersection entre les intérêts financiers de Randy Scheunemann et ses conseils au candidat à la présidence républicaine. »

    Et par le plus pur des hasards, Randy Scheunemann « compte aussi parmi ses anciens clients Ahmed Chalabi, le fugitif favori de l’administration Bush pour gouverner l’Irak après l’invasion. »

    Le président géorgien n’est pas en reste : « Lorsqu’on lui a demandé si les armes israéliennes ont joué un rôle dans les succès militaires que l’armée géorgienne aurait accompli selon lui, il a plaisanté : "Êtes-vous en train de m’interroger en tant que représentant de Elbit ou de Israel Aerospace Industries ?" »

    Et puis cette déclaration du meme président dans la meme interview et le plus tranquillement du monde :

    « En réponse a la question d’un journaliste sur des Juifs ayant fui les combats pour venir en Israël, il a déclaré : "Nous avons deux ministres du cabinet israélien, l’un traite de la guerre [le ministre de la Défense David Kezerashvili], et l’autre de négociations [le Ministre d’État pour l’intégration territoriale Temur Yakobashvili], et c’est cela la participation israélienne ici : la guerre et la paix sont entre les mains de Juifs israéliens. " »

  • permalien K. :
    16 août 2008 @16h11   « »

    Autant pour moi, le "représentant de Elbit ou de Israel Aerospace Industries" est censé etre le journaliste qui interroge et non pas le président géorgien. Donc le "n’est pas en reste" n’est pas pertinent.

  • permalien K. :
    16 août 2008 @16h22   « »
    L’affrontement Géorgie-Russie

    - Monde diplo : “Géorgie-Russie, les enjeux de la crise

    - WAPO traduit par le Courrier International : “McCain et Obama face à la guerre en Géorgie” :

    Plusieurs spécialistes de la Russie qui ne sont affiliés à aucun des deux candidats disent comprendre la nécessité d’un durcissement du discours en campagne électorale. Mais ils craignent que la crédibilité des Etats-Unis n’en pâtisse, car le pays n’a pas les moyens de mettre ses menaces à exécution. "Ce genre de rodomontades est plutôt contre-productif, parce que c’est du bluff, nous ne pouvons rien faire à ce sujet", constate Clifford Gaddy, de la Brookings Institution. Mais il remarque que "désormais, il s’agit de voir qui peut avoir l’air le plus dur. Je n’imagine pas que l’un ou l’autre fera soudain marche arrière pour devenir la voix de la modération et lancer des appels au calme."

  • permalien Pierre :
    17 août 2008 @11h24   « »
    Défendre la Chine sans (forcément) encenser le dalaï-lama

    ... de la darfouritude à la dalaïtude... qui sauvera la Chine des assauts de Ségolène ?

    n’empêche que si on avait écouté, le message universel de Ségolène pour boycotter les JO pour sauver le Darfour (éventuellement) il n’y aurait jamais eu de cérémonie d’ouverture des JO avec une gamine qui chante en play-back, Saakachvilli n’aurait pas osé envahir l’Ossétie et Laure Manaudou serait toujours championne olympique !... et le Darfour serait bel et bien sauvé.

    Avec Ségolène, boycottons le Darfour pour sauver le Dalaï Lama !

  • permalien chamil :
    17 août 2008 @20h01   « »

    Mais Pierre, n’oublions pas que Ségolène Royal trouvait il n’y a pas si longtemps que la justice des communistes chinois était un exemple à suivre...

  • permalien K. :
    18 août 2008 @08h11   « »

    La Russie aurait déployé des missiles en Ossétie du Sud” :

    ..la Russie aurait, selon le New York Times, déployé plusieurs rampes de lancement de missiles tactiques SS-21 en Ossétie du Sud, mettant la capitale géorgienne Tbilissi à portée de tirs. En citant, dimanche 17 août, des responsables américains spécialistes des services de renseignement, ayant requis l’anonymat, le quotidien américain précise que les sites de lancement ont été localisés au nord de Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud. Le quotidien ajoute par ailleurs que des troupes d’élite russes se déploieraient dans la région, ou se prépareraient à le faire. Pour le New York Times, ces mouvements sont vus par le Pentagone comme une démonstration de force déstinée à faire douter certains membres de l’OTAN de l’opportunité d’accepter la Géorgie au sein de l’alliance, et non comme un signe selon lequel la Russie envisagerait d’attaquer Tbilissi.

  • permalien Pierre :
    18 août 2008 @08h19   « »

    Le bouclier anti-missile US est un acte de guerre

    Chomsky le 2juin 2007

    L’installation d’un système de défense anti-missiles en Europe orientale est pratiquement une déclaration de guerre. Essayez d’imaginer comment réagirait l’Amérique si la Russie, la Chine, l’Iran ou n’importe quelle autres puissance étrangère osait ne serait-ce que penser installer un système de défense anti-missiles sur les frontières des Etats-Unis ou dans leur voisinage, ou si ils exécutaient ce plan. Dans de telles circonstances inimaginables, une réaction américaine violente serait non seulement quasi certaine, mais aussi compréhensible, pour des raisons claires et simples.

     

  • permalien K. :
    18 août 2008 @10h47   « »

    - Patrick Seale :

    « La démonstration de force de la Russie contre la Géorgie a d’ores et déjà des répercussions bien au-delà des frontières du Caucase. Elle est un ferme rappel que le pays dirigé par le Premier ministre Vladimir Poutine et le président Dimitri Medvedev n’est plus aujourd’hui l’Etat pauvre et faible des années 1990, mais qu’il est maintenant une puissance avec laquelle il faut compter. »

    - « Russophobie : Une pathologie politique »

  • permalien chamil :
    18 août 2008 @20h24   « »

    Tout à fait K.

    Les noirs et basanés lynchés à Moscou, les islamovoileurs tchétchènes et les "culs-noirs" caucasiens peuvent témoigner que la Russie est de retour, qu’elle est virile, qu’elle cogne et qu’elle n’a pas de faiblesses.

    Merci à Poutine !

  • permalien K. :
    18 août 2008 @22h24   « »

    Très intéressant article du NYT, sur l’incroyablement mauvaise estimation des positions et de la puissance russes de la part du gouvernement américain.

    Non pas tant du coté des “faucons” (Dicky and [neo]Co) qui restent dans l’histoire rapportée par le NYT égaux à eux-memes (Big Stick d’une main et Stick encore plus Big de l’autre), que des “réalistes” (Condo and Co) qui auraient averti avant la crise qu’il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin, Condo ayant par exemple refusé la vente d’armes trop puissantes à la Géorgie.

    Le problème est que Condo aurait également promis au président géorgien de lui assurer son entrée au sein de l’OTAN. Et de promettre aussi au dit président qu’elle y arriverait, à condition qu’il n’aille pas provoquer les Russes. Je ne le ferais pas, mais comment allez-vous vous y prendre ? C’est simple, répond la Ministre des Affaires Etrangères, on va leur offrir des broutilles en échange....

    Tout le monde connait la suite.

  • permalien K. :
    18 août 2008 @23h18   « »

    Avec Itamar Rabinovitch, Ambassadeur israélien aux Etats-Unis, tous les chemins mènent à ...Beyrouth :

    « La Russie est l’Iran de l’Europe et Saakashvili est le Saniora de l’Europe »

  • permalien K. :
    19 août 2008 @00h30   « »

    Dedefensa :

    « ..tout, tout vaut mieux que les épouvantables mensonges, que le conformisme collant comme du miel, que la fermeture de l’esprit de cette intoxication mortelle de la psychologie qu’est leur virtualisme. »

  • permalien
    19 août 2008 @19h25   « »

    « [...] ce que l’on veut [des Tibétains], c’est qu’ils soient authentiquement spirituels pour nous, à notre place, afin que nous puissions continuer notre jeu consumériste effréné. » (S. Zizek, dans le Diplo de mai 2008, p.32).

    C’est ce qu’exprime à la perfection Sa Très Haute et Irremplaçable Précieuseté dans son blog du 13 août http://le-tampographe-sardon.blogspot.com

    On peut aussi faire l’effort considérable et jouissif de lire Donald S. Lopez, Prisoners of Shangri-La. Tibetan Buddhism and the West (University of Chicago Press, 1998). Traduction (bonne ou pas, je ne sais) : Fascination tibétaine. Du bouddhisme, de l’Occident et de quelques mythes (éd. Autrement/Frontières, 2003).

    Il existe aussi d’excellents ouvrages sur l’histoire du Tibet, mais il faut aller les consulter dans des bibliothèques (ça existe encore), ou les commander sur les sites de rébarbatives institutions universitaires toutes pleines d’historiens à qui on ne peut pas demander de faire le boulot ET de le mâcher (le marché juteux de l’extase pour édentés est déjà suffisamment encombré).

  • permalien édith nolot :
    19 août 2008 @19h38   « »

    Par inadvertance je n’ai pas signé le message précédent. Édith Nolot.

  • permalien K. :
    20 août 2008 @12h35   « »

    Pour Le Monde (« avec AFP et Reuters »), L’OTAN hausse le ton, et Condoleezza Rice, s’est satisfaite du "message très fort [envoyé par l’OTAN] à la Russie

    Pour MATTHEW LEE de l’AP, l’OTAN montre de la retenue face à la Russie et refuse de se plier aux désirs les plus dangereux des Etats-uniens.

  • permalien K. :
    20 août 2008 @19h52   « »

    L’hommage de BHL au président Saakashvili :

    « Il est francophile et francophone. Féru de philosophie. Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen, du mot. De tous les grands résistants que j’aurai rencontrés dans ma vie, de tous les Massoud ou Izetbegovic dont il m’a été donné de prendre la défense, il est le plus évidemment étranger à l’univers de la guerre, à ses rites, ses emblèmes, sa culture – mais il fait face. »

    Et, grace à BHL, le “grand résistant” a pu expliquer que, “contrairement à la propagande russe”, c’est la Russie qui a déclenché les hostilités.

  • permalien K. :
    20 août 2008 @20h30   « »

    D’après le Times britannique la Russie semble chercher maintenant à se faire des alliés non seulement dans son “arrière-cour” mais aussi partout où les Etats-Uniens sont partie prenante : donc non seulement dans le Caucase, mais aussi en Amérique latine et au Moyen Orient d’où le resserrement en cours des liens russo-syriens.

  • permalien K. :
    20 août 2008 @20h49   « »

    On admirera le titre de l’article du Times britannique :

    « Fear of new Mid East ’Cold War’ as Syria strengthens military alliance with Russia » (Crainte d’une nouvelle guerre froide au M-O alors que la Syrie renforce son alliance militaire avec la Russie)

    Et qui c’est qui “craint” cette nouvelle guerre froide ? La “communauté internationale” ? Non, Israel :

    « As Syria renews its Soviet-era close ties with Moscow, many in Israel fear that the region could once again become a theatre for the two great powers to exert their spheres of influence, militarily and politically. »

    A moins que pour le journaliste du Times la communauté internationale se réume à Israel ?

  • permalien Shashushi :
    21 août 2008 @10h20   « »

    On pourrait aussi écrire :

    "Critiquer le dalaï-lama sans (forcément) faire de l’anticléricalisme primaire."

    Il est nécessaire de faire quelques distinctions. Nécessaire par exemple de séparer les enseignements généraux du dalaï-lama donnés indifféremment dans le monde, et sa position politique et temporelle. Ses enseignements, à vocation universelle, tendent à aider chacun à emprunter une voie de liberation. Jamais ses enseignements n’ont eu pour objet de "légiférer" moralement ou politiquement. Il n’y a pas dans le bouddhisme, surtout dans son approche moderne de plus en plus nettoyée de ses archaïsmes, d’occasion de gérer le temporel. Ceci du effectivement à l’effort de ses chefs spirituels qui de plus en plus tendent à moderniser la pensée bouddhiste et à l’adapter au monde actuel.
    Tout cela est très différent de l’histoire des religions occidentales ! Au moyen-âge les discutions étaient nombreuses et virulentes autour du problème du pouvoir religieux. Nous savons tous que l’Église a pendant longtemps eu une influence énorme à tous les niveaux de la société. Et nous savons tous comment cela a fini. S’il a été nécessaire d’opérer en occident une séparation si nette entre l’église et l’état, sommes-nous obligés d’assimiler les situations occidentales et tibétaines ? Et donc de rejeter tout dirigeant religieux comme incarnant le retour d’une instance que l’on considère à tort comme forcément obscurantiste ?

    Bien sur, le dalaï-lama est aussi un dirigeant politique. C’est un fait culturel : n’oublions pas quel était le fonctionnement du tibet avant l’invasion. C’est un fait aussi que sa manière de penser le politique est profondément marquée par un bagage culturel relativement archaïque. De ce point de vue, son action peut être critiquée, et ce n’est pas un mal, cela ne peut qu’aider à améliorer les choses. Le dalaï-lama est un chef spirituel accompli, ET un leader politique en chemin. Il a d’ailleurs évolué du point de vue politique. D’une pensée culturelle profondément féodale il en vient petit à petit et de plus en plus clairement à une pensée démocratique.
    On n’est pas obligé en critiquant une facette de son action de rejeter tout le personnage. Ce serait un amalgame douteux. On peut donc s’efforcer de défendre la laïcité sans tomber dans l’anticléricalisme.

    Il me semble, d’autre part, que certains ont trop tendance à vouloir casser ce qui est "à la mode". Le dalaï-lama l’est, et par principe, certains n’aiment pas. C’est dommage car comme souvent on fait le procès de quelque chose ou quelqu’un sur un rejet de principe plutôt que sur une réflexion claire. Le phénomène de mode, comme son rejet, amène forcément à des raccourcis fâcheux. Et à des jugements sans fondement (lisons ses enseignements pour juger sa théologie), et des attaques faciles (les livres cités sont assez marginaux et critiquables).

  • permalien K. :
    21 août 2008 @11h07   « »

    CONN HALLINAN :

    « ...éviter la guerre, signifie éviter le genre de politiques qui rendent la guerre possible. Si vous avez une stratégie qui dit que vous avez le droit de déterminer ce qui se passe dans le monde, puis que vous alliez encercler vos concurrents potentiels avec des bases militaires et des systèmes d’armes de déstabilisation, tôt ou tard, quelqu’un va riposter. Il ya cent ans cela aurait conduit à une tragédie. Dans le contexte actuel d’un monde armé nucléairement, c’est une question existentielle. »

  • permalien chamil :
    21 août 2008 @12h04   « »

    A K.

    Heureux de voir que la dictature la plus brutale envers son propre peuple du Moyen Orient trouve en Russie tant d’amitiés. Il faut croire que Poutine aime la compagnie des grands humanistes, dont la famille Assad est une digne représentante...

    Les syriens disparus/torturés/emprisonnés/humilés/exilés apprécieront.

  • permalien K. :
    22 août 2008 @19h33   « »

    Tu noteras que [pour BHL] l’artilleur israélien est "jeune", alors que le tankiste russe est "petit".

  • permalien K. :
    23 août 2008 @00h21   « »

    Jim Lobe :

    Si la notion que la crise géorgienne nous ramène à la fin de l’après guerre froide et au "retour de l’histoire" est devenu un cliché dans la plupart des commentaires (tandis que certains néo-conservateurs comparent sans surprise la situation à celle des Sudètes, Munich et 1938), deux articles (voir ici et ici) voient le moment actuel comme signalant des défis historique beaucoup plus profonds et même décisifs vis-à-vis de l’hégémonie des États-Unis et occidentale, dans ce qui est aujourd’hui, de plus en plus clairement, un monde multipolaire qui rejette la Pax Americana.

    Et, si les dirigeants des États-Unis, actuels et imminents, continuent à insister sur une ligne dure envers la Russie, ce rejet va très probablement s’étendre à l’Europe aussi. En effet, l’Europe occidentale (ou "vieille"), en particulier, a à prendre de grandes décisions stratégiques qui lui sont propres, après avoir vu ou l’a menée son habituelle déférence vis-à-vis de Washington.

  • permalien K. :
    23 août 2008 @13h51   « »

    « Géopolitique des pipelines et le rôle d’Israël » :

    Israël fait maintenant partie de l’axe militaire anglo-américain, qui sert les intérêts des géants pétroliers occidentaux au Moyen-Orient et en Asie centrale. Comme il fallait s’y attendre, Israël a des accords de coopération militaire avec la Géorgie et l’Azerbaïdjan.

    Bien que les rapports officiels indiquent que l’oléoduc BTC "conduira le pétrole jusqu’aux marchés occidentaux", ce qui est rarement reconnu, c’est que une partie du pétrole de la mer Caspienne serait acheminé directement vers Israël. À cet égard, un sous projet israélo-turque a été envisagé qui permettrait de relier Ceyhan au port israélien d’Ashkelon et de là, par l’intermédiaire du principal pipeline d’Israël, jusqu’à la mer Rouge.

    L’objectif d’Israël n’est pas seulement d’acquérir du pétrole de la mer Caspienne pour ses propres besoins de consommation mais aussi de jouer un rôle clé dans la réexportation de pétrole de la mer Caspienne vers les marchés asiatiques à travers le port d’Eilat de la mer Rouge . Les implications stratégiques de ce ré-acheminement du pétrole de la mer Caspienne sont majeures.

  • permalien K. :
    25 août 2008 @11h21   « »
  • permalien
    28 août 2008 @14h05   « »

    « Les partenaires asiatiques de la Russie, dont la Chine, affichent leur soutien »

  • permalien K. :
    28 août 2008 @20h39   « »

    Le correspondant de l’Economist en géorgie, 21/08/2008 :

    « Une grande partie des dommages ont été le fait des Géorgiens, affirme Human Rights Watch (HRW). Peu de temps avant minuit, le 7 août, M. Saakashvili a ordonné un barrage de bombes utilisant des lance- multi-roquettes Grad. Cela a duré toute la nuit. Même ses partisans reconnaissent que l’utilisation aveugle de roquettes Grad, qui a causé la mort de civils, a été impitoyable et disproportionnée. M. Saakashvili a déclaré qu’il était en train de rétablir "l’ordre constitutionnel". »

  • permalien distout :
    2 septembre 2008 @10h09   « »

    l’opinion publique est souvent sympathisée pour la partie faible lorsqu’il y a un conflit,par conséquent,le Dalai Lama a fabriqué bcp de mensonges pour gagner la compassion publique en faveur de lui,genocide,stérilisation des femme tibétaines,tortures........si j’étais un PDG une grande société, je vais embaucher le Dalai Lama être mon directeur de marketing, ses mensonges et propagande sont bien étudiés pour faire plaisir les occidentaux,droits de homme,democratie,protection l’environnement,anti-nuclaire......les occidentaux sont traditionnement anti-chinois,et le Dalai Lama est triomphé partout.tout le monde croie ce qu’il raconte sans reflechir.c’est pk qu’il a déchainé,il y a 2 semaines, il a raconté que les chinois tuent les tibetains par centaines tous les jours.
    il y a 2 semaines un interview avec TF1,il a dit que le controle des informations au Tibet était au plus haut niveau maintenant, peu des information peuvent sortir, en suite il a dit partout il y a de controles sur la route,les chinois tortuent les tibetains jusqu’à mort au moment de controle, pour moi, c’est assez contradictoire, puisque le controle est tellement servre, comment il peut obtenir les informations ?

  • permalien K. :
    15 septembre 2008 @21h56   « »
    L’affrontement Géorgie-Russie vu d’Asie

    Dedefensa :

    L’excellent commentateur M K Bhadrakumar, ancien diplomate indien (notamment en Turquie) devenu commentateur de politique extérieure, publie sur Atimes.com, le 12 septembre 2008 une superbe analyse sur la situation dans le Mer Noire et le Caucase.

    L’évolution de la Turquie, l’activisme de la Russie dans la région, rendent compte d’une situation qui change en profondeur. Comme le souligne M K Bhadrakumar, il s’agit de l’exact contraire de ce que décrit la propagande anglo-saxonne (isolement de la Russie).

    La description que nous donne M K Bhadrakumar dans son analyse confirme que cette évolution dans la zone Caucase/Mer Noire se fait vers une situation correspondant à une structure de multipolarité telle que les Russes la recherchent, telle que les Turcs l’évoquent et ainsi de suite. Il s’agit d’une structure dont les composants s’établissent autour d’un pôle régional (la Russie en l’occurrence), selon des conditions assez exemptes de pressions, d’ingérences et d’influence excessives.

    Dans cette situation, la Turquie a une politique autonome, décidée d’une façon très indépendante, qui rencontre les vœux de la Russie sans être soumise aux pressions de la Russie. La position des autres pays concernés est assez similaire, avec les nuances évidentes dues aux positions et aux puissances respectives. L’évolution régionale dans un cadre multipolaire restitue des relations internationales beaucoup plus apaisées, beaucoup plus “démocratiques” en un sens, que la situation imposée par l’unipolarité, marqué par l’influence excessive, l’ingérence, le terrorisme idéologique, la concurrence irresponsable des pays concernés pour s’attirer soutien et protection de la puissance dominante. La concordance des intérêts, les proximités culturelles et linguistiques, des visions historiques communes expliquent évidemment cet apaisement.

  • permalien K. :
    6 octobre 2008 @08h40   « »

    “Attentat près d’une base russe en Ossétie du Sud”

    Tandis que Euronews invoque le machiavélisme russe :

    Un attentat qui intervient dans un contexte particulier (..) : les troupes russes doivent évacuer la zone tampon dans une semaine pour laisser place aux observateurs européens...

    Pour d’autres de sinistres alliances sont possibles :

    A car bomb in the Caucasus ?

    This is a weapon, and a method of terrorism, with a very familiar signature. It points to the introduction of a rather sinister aspect to the Russia-Georgia conflict – the entrance of radical Islamic elements on the field of battle, and clearly on the side of the Georgians.

  • permalien K. :
    25 octobre 2008 @18h56   « »
    L’affrontement Géorgie-Russie vu par Natalie Nougayrède

    Mikheïl Saakachvili a coupé court aux plans des militaires russes [“Moscou préparait la guerre en Géorgie depuis 2004”] en lançant, le 7 août, ses forces à l’assaut de Tskhinvali, le chef-lieu d’Ossétie du Sud. Il a ainsi gagné le temps nécessaire pour rallier des soutiens à l’étranger et prévenir une entrée des forces russes dans sa capitale, Tbilissi.

    Le 7 août, en prenant les devants, le président géorgien "a sacrifié trois choses", selon M. Illarionov : "son armée" - elle a été détruite mais les trois jours de combats ont aussi ralenti l’avancée russe et permis de mobiliser la communauté internationale -, "sa réputation" - la responsabilité du conflit allait pouvoir lui être imputée -, et "les deux régions" sécessionnistes. "Mais (le président) Saakachvili a aussi gagné trois choses : il est resté en vie, la structure de son pouvoir a été maintenue, et ses réformes vont recevoir un fort soutien financier occidental."

  • permalien K. :
    7 novembre 2008 @08h39   «
    L’affrontement Géorgie-Russie vu par le New York Times

    ..qui contredit Natalie Nougyrède :

    Newly available accounts by independent military observers of the beginning of the war between Georgia and Russia this summer call into question the longstanding Georgian assertion that it was acting defensively against separatist and Russian aggression.

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